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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 05:27
Accord commercial avec Singapour - les scandales induits par le libre-échange par Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes (L'Humanité, En débat, 27 février 2019)

Les scandales induits par le libre-échange par Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes

25 novembre 2018 Ivry sur Seine . 38e Congrès du PCF. / MARIE-HELENE BOULARD IAN BROSSAT , @Julien Jaulin/hanslucasLe 13 février, en toute discrétion, le Parlement européen a validé un accord commercial avec le paradis fiscal Singapour. Peu importe que ce pays autoritaire n’ait même pas signé certaines conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail… Ce traité de libre-échange donnera les coudées franches aux multinationales, qui pourront recourir à un tribunal arbitral pour attaquer les législations des pays membres de l’Union européenne. Ces mêmes multinationales qui s’assoient allégrement sur le fisc et utilisent la fraude et l’évasion fiscales à hauteur de milliards d’euros !

La justice privée mise en place par ces traités semble tout droit sortie d’une utopie ultralibérale : les grands groupes peuvent ainsi obtenir des millions de dédommagements de la part des États qui ne leur ouvrent pas leurs portes. En mars 2018, un assureur néerlandais attaquait ainsi la Slovaquie pour ne pas avoir privatisé son assurance-maladie… Et que dire de la fiabilité de ces organismes, dont les jugements sont rendus par des experts la plupart du temps issus du monde de l’entreprise et rétribués à prix d’or ?

Au début du mois, c’était un traité entre l’Union européenne et le Japon qui entrait en vigueur. États-Unis, Canada, Australie… des accords de ce type, l’Union européenne en négocie (dans la plus grande opacité) et en conclut de nombreux. Le but est toujours le même : maximiser les profits des grands groupes. Moins de contrôles douaniers, moins de normes sanitaires ou environnementales, et des marchandises qui font le tour de la terre pour être déversées à des milliers de kilomètres de leur lieu de production.

Pourtant, les scandales induits par le libre-échange à tous crins ne manquent pas. Prenons le cas de l’industrie agroalimentaire : steaks hachés à la bactérie E. Coli, œufs au fipronil, viande de cheval dans nos lasagnes… Ces mêmes groupes qui contestent la moindre intervention des États et veulent en finir avec les normes n’hésitent pas à vendre des aliments dangereux pour la santé, produits dans des conditions terribles par des ouvriers et des employés sous-payés, à l’autre bout de l’Europe ou de la planète. Le tout sur un marché mondial fortement dérégulé et en proie à la spéculation la plus folle.

Un cinquième des flux de transport sont aujourd’hui destinés aux denrées alimentaires. Les traités de libre-échange sont de véritables bombes en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Et ceux qui les dégoupillent sont les mêmes qui promettent la main sur le cœur de « rendre notre planète meilleure »… Il faut en finir avec cette logique absurde et destructrice. L’Europe ne peut plus être façonnée par et pour les multinationales. Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de plus de libre-échange, mais de renforcer les circuits courts et de soutenir l’agriculture paysanne.

Je propose une idée simple : une taxe sur tous les produits alimentaires qui ont parcouru plus de 1 000 kilomètres avant d’arriver dans nos assiettes. Pourquoi importer des denrées de l’autre bout du monde quand on produit les mêmes – et souvent en meilleure qualité – dans nos propres régions ? Chaque euro récupéré grâce à cette taxe sera investi dans la transition écologique et alimentaire, et le soutien aux agriculteurs. La course à la compétitivité accroît les profits des grands groupes et garnit les comptes en banque des plus riches. Elle détruit nos emplois, abîme la planète et coûte des milliards aux peuples. Changeons de logique, vite !

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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 05:12

Magnifique Cédric Herrou, militant solidaire de la vallée de la Roya, qui soutient ici l'Humanité avec des mots simples et vrais!

22 février: Revivez la Grande soirée de mobilisation pour l'Humanité: 4000 personnes et un plateau exceptionnel d'intervenants pour défendre le journal de la défense des classes populaires, de l'internationalisme, de l'exigence critique et culturelle

ils étaient là pour dire haut et fort leur soutien
Lundi, 25 Février, 2019

Monique Pinçon-Charlot, sociologue

« Face à une oligarchie de milliardaires qui possèdent plus que de 90 % des médias dominants et qui contrôlent l’idéologie, nous ne pouvons pas dissocier le combat pour l’Humanité de tous les autres combats que les riches mènent contre les pauvres, classe contre classe. »

Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat

« L’Humanité ne transige pas, elle donne des points de vue. Journal d’opinion, bienveillant, de confrontation, engagé et engageant, il est utile pour protéger les valeurs de notre République, bien trop souvent malmenées. »

Pierre Audin, fils de Maurice Audin

« Deux photos de mon père, faites par ma mère, sont célèbres. Sur l’une, il est en train de lire l’Huma, dont le titre est très reconnaissable : “Paix en Algérie” (…) Le journal a accompagné notre lutte, après l’assassinat de mon père, pendant soixante et un ans. »

Nicolas Devers-Dreyfus, président de la Société des lecteurs de l’Humanité

« Des milliers de lectrices et lecteurs tissent dans tout le pays un exceptionnel réseau de protection et de promotion de leur journal. Plus d’un million d’euros ont été réunis en quelques semaines. Les abonnements réalisés montrent que la mobilisation s’amplifie. »

Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT

« S’il fallait retenir une seule raison, et il y en a mille, pour laquelle il faut se battre pour la survie du journal, c’est qu’il n’y a que dans ce quotidien que le terme de progrès social est encore utilisé régulièrement. »

Kamel Guemari, délégué syndical McDonald’s

« Quand j’ai commencé cette lutte avec les salariés du McDonald’s de Marseille, je croyais que j’étais seul. Grâce à ce journal, j’ai découvert que d’autres personnes menaient les mêmes luttes, j'ai pu prendre contact et construire avec elles. »

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

« Tous les jours, je lis deux quotidiens nationaux indispensables à la réflexion : l’Humanité et le Figaro. Deux journaux de classe, deux visions du monde. (…). Mais comment seraient la France, nos débats politiques, sans l’Humanité ? Nous exigeons qu’il ne disparaisse pas, nous nous battons tous ensemble pour qu’il gagne des lecteurs et de l’audience, car c’est utile à la lutte que nous devons mener pour transformer cette société. L’Humanité doit vivre, l’Humanité vivra ! »

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA

« Quand j’ai appris la possible disparition de l’Humanité, j’ai de suite été révolté. On ne peut pas imaginer une seconde qu’une telle disparition puisse s’organiser à bas bruit. Tout le monde est concerné ! C’est la liberté de la presse, la liberté d’information qui est remise en cause. »

Sandra Regol, porte-parole d’EELV

« On partage l’essentiel : des valeurs d’humanité, d’émancipation. Et on a au cœur de notre conscience l’idée que ceux qui oppriment la nature, les humains et tout particulièrement les plus défavorisés, sont les mêmes. »

Dominique Sopo, président de SOS Racisme

« L’Humanité nous rappelle que les combats contre les discriminations se mènent toujours dans la durée. Si ce n’est l’Huma, qui parlera, qui donnera la voix avec intelligence à ces luttes qui sont souvent méprisées comme étant le combat de ceux qui ne valent plus rien ? »

Mathilde Larrère, historienne

« Il y a peu, je cherchais à faire une histoire du groupe Manouchian, une histoire de Jules Durand, une histoire du 17 octobre 1961. Où est-ce que je trouve des articles historiques là-dessus ? Dans l’Huma ! Je défends une histoire populaire. Celle des sans-grade, des sans-voix, des sans-culottes, des gilets jaunes. Cette histoire, elle n’est pas dans les manuels scolaires, elle n’est pas dans les médias principaux : elle est dans l’Huma. C’est l’histoire de ceux que l’on prend pour des vaincus et qui sont souvent des vainqueurs. »

Patrice Bessac, maire PCF de Montreuil

« Je pense aux journalistes de l’Humanité, à celles et ceux qui se battent dans un conteste épouvantable pour les médias, où la pensée critique est sans cesse remise en cause par la pensée du clash. »

Clémentine Autain, députée FI

« Les fascistes se sont beaucoup battus contre l’Huma, ils n’ont pas eu sa peau. Il est hors de question que le néolibéralisme, le monde de l’argent et la loi du profit aient aujourd’hui la peau de l’Humanité ! »

Benoît Hamon, fondateur de Génération.s

« Les plus pauvres parmi les plus pauvres, les plus persécutés parmi les persécutés, les migrants qui meurent en Méditerranée, si on voit leur corps, leur colère, leur parole, c’est souvent d’abord et seulement dans l’Huma. (...) Dans l’Humanité, on regarde dans les yeux la détresse là où elle est. »

Laurence De Cock, historienne

« Je veux rendre hommage à l’Huma pour avoir alerté et relayé la parole des élèves du lycée Arago arrêtés l’an dernier. »

Cédric Villani, mathématicien et député LaREM

« Perdre l’Humanité, ça serait perdre un élément indispensable de la biodiversité des idées qui font la nation. »

Aurélie Trouvé, membre d’Attac

« L’Humanité fait le lien entre les grévistes pour le climat et les gilets jaunes qui montrent que la fin du monde et la fin du mois sont un même combat. Comme agroéconomiste, je suis heureuse de pouvoir y lire une critique acerbe de l’agriculture productiviste et des dégâts du néolibéralisme. »

Vikash Dhorasoo, ancien footballeur international

« C’est une évidence de soutenir l’Humanité, qui représente mes opinions politiques. J’espère qu’il existera encore longtemps, je serai là pour aider et soutenir. »

Anne Eydoux, des Économistes atterrés

« En tant qu’économistes atterrés, ce journal porte notre voix. »

Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture

« J’ai été ministre de Chirac, alors pourquoi soutenir l’Humanité ? Parce que c’est un bon journal, que je lis quotidiennement. (…) J’appelle l’État, le ministère de la Culture, à mobiliser toutes ses possibilités, toutes ses réserves de crédit disponibles pour assurer la pérennité de la presse en France. »

Erik Orsenna, écrivain et académicien

« Puisque la CGT était là, il fallait que l’Académie française soit là aussi ! (…) Qu’est-ce que ça veut dire, humanité ? Ça veut dire à la fois le genre humain et la bienveillance, qui sont en train de disparaître. (…) Abonnez-vous à l’Humanité, c’est bon pour votre humanité ! »

Anousone Um, délégué syndical chez Free

« Lorsque la direction de Free et tous les acolytes de M. Niel ont souhaité vendre mon entreprise, l’Humanité était là pour couvrir l’événement. C’est lui qui a permis de lever l’omerta. »

Hervé Le Treut, climatologue, académicien des sciences

« L’Humanité a relayé ces sujets sur le climat avec une grande objectivité, une grande précision, un grand respect de la complexité des problèmes posés, et puis aussi un grand engagement, et je pense que ça va avec. »

Yvan Le Bolloc’h, artiste

« Si Jaurès a su sortir le journal l’Huma de l’ornière, nous le ferons aussi ! Je suis abonné depuis hier, une bonne nouvelle ! À très bientôt ! »

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

« L’Humanité, c’est la lecture importante de tous les jours pour bon nombre de militants CGT, tant pour les arguments que pour l’écho des luttes et la reconnaissance du mouvement social. (…) Être un journal à contre-courant des idées dominantes, c’est un label de qualité. »

Élisabeth Roudinesco, historienne, psychanalyste

« Je voudrais saluer ses formidables pages culturelles qui ont défendu magnifiquement et sans sectarisme la psychanalyse contre toutes les attaques immondes de ces dernières années. »

« Enfants de l'invincible espoir

Nous continuons sans faiblesse

Du petit matin au grand soir

Ils ne tueront jamais Jaurès  »

HK Chanteur

Sébastien Crépel, Audrey Loussouarn, Lola Ruscio et Aurélien Soucheyre
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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 20:31
Salon de l'agriculture. Les politiques sommés de sortir les paysans de l'ornière (Olivier Morin, L'Humanité, Jeudi 28 février)
Salon de l’agriculture. Les politiques sommés de sortir les paysans de l’ornière
Jeudi, 28 Février, 2019

Au rendez-vous annuel de la porte de Versailles à Paris, les agriculteurs oscillent entre amertume et volonté de se saisir des prochaines échéances pour changer la politique agricole.

Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes agricoles. Les allées du Salon résonnent, cette année encore, de l’écho des attentes et des revendications des travailleurs de la terre et de ceux, moins visibles, de la mer. Si les curieux peuvent parfois s’en rendre compte au fur et à mesure des rencontres, c’est surtout à destination des décideurs politiques que les agriculteurs veulent faire passer leurs messages. D’autant que, après le discours de Rungis d’Emmanuel Macron en 2017 et la tenue d’états généraux de l’alimentation censés calmer la guerre des prix menée par la distribution et l’industrie, les attentes sont loin d’être comblées.

Sur le stand de la Confédération paysanne, on attend toujours la venue d’Édouard Philippe. Nicolas Girod, éleveur de vaches de race montbéliarde et secrétaire national du syndicat, lui a malgré tout fait part de sa déception, lors d’une rencontre qui a eu lieu en début de semaine, au sujet de la loi agriculture et alimentation. « On a basculé sur la création de valeur, mais sans répondre à la question de la répartition de celle-ci », note-t-il. Si le paysan salue l’annonce par Emmanuel Macron d’une commission d’enquête parlementaire sur les négociations commerciales, il souligne que celles-ci « sont déjà terminées » et que, dans le cadre d’une loi sans contraintes, il y a tout lieu de penser qu’elles continueront à être en défaveur des producteurs.

double enjeu de souveraineté et de démocratie alimentaire

Trois mois avant les élections européennes, la politique agricole commune (PAC) post-2020 agite les conversations. La Confédération paysanne milite pour des politiques agricole et alimentaire communes qui répondent au double enjeu de souveraineté et de démocratie alimentaire. Dans la délégation que conduisait hier Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, cette proposition faisait d’autant plus écho qu’elle figure dans le programme défendu par Ian Brossat, tête de liste aux élections européennes et également membre de la délégation. Auprès des organisations syndicales agricoles auxquelles ils ont rendu visite, ils ont exprimé leur refus de voir diminuer le budget de la PAC actuelle et leur volonté de garantir les revenus par des prix planchers. Pour le président du Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), cette mesure va dans le bon sens et pourrait être prise rapidement. « Des prix minimums garantis dans chaque pays et pour chaque produit, on sait faire », assure l’éleveur corrézien, dont la bataille pour des prix rémunérateurs est la marque de fabrique du syndicat. Pointant l’abstention qui a marqué le scrutin aux chambres d’agriculture, alors que celui-ci en était traditionnellement épargné, il craint que les agriculteurs boudent les urnes aussi aux européennes. Même crainte du côté de la Coordination rurale. Son président, Bernard Lannes, dénonce un chef de l’État qui se montre pendant des heures au Salon de l’agriculture, « mais qui ne fera campagne que comme rempart aux extrêmes lors des élections ». Il pointe un écœurement des agriculteurs, nourri par des prix bas dans toutes les productions. Arpentant lui aussi les allées du Salon, Benoît Hamon s’interroge sur la mise en place d’un prix minimum d’entrée, pour faire face à un dumping fiscal, social et environnemental. Une disposition qui nécessite de sortir du cadre de la « concurrence libre et non faussée » imposée par le dogme libéral de l’UE et qui impose de mettre fin aux négociations ou aux ratifications d’accords de libre-échange. Des mesures fortes que se propose de mettre en œuvre le PCF, mais qui rencontrent un écho mitigé auprès de la FNSEA (majoritaire) et du syndicat Jeunes agriculteurs (JA). Ces deux organisations persistent à nourrir encore des espoirs dans la loi agriculture et alimentation, issue des états généraux, pour que les prix à la production soient rehaussés. « Pour y parvenir, il faudra nécessairement développer le rapport de forces », reprend André Chassaigne, député communiste. Reste que si elle est prise avec plus ou moins de vigueur selon les syndicats, la question de la rémunération du travail paysan monte dans les campagnes. Elle nécessitera du courage politique pour en tirer les résultats attendus.

Olivier Morin
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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 20:25
Lactalis: nous ne sommes pas des vaches à lait: action des candidats aux Européennes du PCF au siège de Lactalis à Laval
Lactalis: nous ne sommes pas des vaches à lait: action des candidats aux Européennes du PCF au siège de Lactalis à Laval
Lactalis : nous ne sommes pas des vaches à lait !

Ian Brossat avec Marie-Pierre Vieu députée européenne, Alain Pagano et Aurelien Gall se sont invités chez Lactalis mardi 26 février 

Après Google (Paris) et Amazon (Hauts-de-Seine), Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste aux élections européennes, s’est invité mardi 26 février dans les bureaux du siège de Lactalis, numéro mondial des produits laitiers, situés à Laval (Mayenne).

Comme le révélaient France inter et Cash investigation, en janvier dernier, la multinationale Lactalis est aujourd’hui accusée d’évasion et de fraude fiscales, via le Luxembourg, pour un montant de 2,2 milliards d’euros. Ce chiffre de 2,2 milliards d’euros « évaporés » en 2015 et 2016 aurait correspondu, lors de la crise laitière, à l’équivalent de 12 centimes en moins par litre volés aux producteurs laitiers français. Lactalis est le symbole de cette Europe de l’argent dont nous ne voulons plus : celle des lobbyistes et des voleurs en col blanc qui étranglent financièrement nos paysans, celle aussi qui met en danger notre santé de consommateur, comme l’a révélé le scandale sanitaire du lait à la salmonelle. Pour Ian Brossat : « Nous ne sommes plus vos vaches à lait, il est venu le temps de nous faire respecter par ces multinationales, faire respecter notre travail, notre santé, nos lois fiscales. » Pour cette action coup de poing, Ian Brossat était accompagné de candidats de la liste « Pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent » : Marie-Pierre Vieu (députée européenne), Aurélien le Gall (représentant des salariés agricoles), Alain Pagano (enseignant chercheur en écologie et biologie), Cinderella Bernard (militante associative)

 
 
"Rencontre avec les dirigeants de Lactalis : un dirigeant de Lactalis considère que ce qui justifie les accusations contre leur groupe, ce serait le fait que les français n aiment pas ceux qui réussissent, ce à quoi j ai repondu qu'à mon sens, ce qui dérangeait les français, ce n'était pas le fait que certains réussissent, c'est le fait que pour permettre à certains de réussir, d'autres devaient en crever !
Qu'en tant qu'elue locale, je dois faire face à la détresse humaine des producteurs laitiers, qu il etait donc de notre devoir d'alerter sur ce drame humain ..on ne peut pas imaginer qu'ils profitent de l'optimisation fiscale/évasion fiscale, quand des producteurs n'arrivent pas à s'en sortir !!!" Cindérella Bernard
 
Aurélien Gall : « Lactalis évite l’impôt et saigne les producteurs »
Mercredi, 27 Février, 2019

Agroalimentaire. Une délégation du PCF conduite par Ian Brossat s’est rendue hier au siège de Lactalis pour lutter contre la fraude fiscale et soutenir les producteurs laitiers.

Après Google et Amazon, Ian Brossat, tête de liste des communistes pour les élections européennes, s’est rendu hier au siège de Lactalis, à Laval (Mayenne). Il était accompagné de plusieurs candidats figurant sur la liste PCF. Quel était l’objectif de déplacement ?

Aurélien Gall Le premier sujet, c’est celui de combattre la fraude et l’évasion fiscales. Lactalis est accusé d’avoir soustrait 2,2 milliards d’euros au fisc en passant par le Luxembourg. Le groupe nous a parlé d’optimisation fiscale légale. Nous verrons bien ce que donnera l’enquête. Quoi qu’il en soit, il faut lutter à l’échelle européenne et changer la loi pour que ces montages fiscaux illégaux ou légaux soient rendus impossibles. En pleine crise du lait en 2015, Lactalis a ainsi soustrait 2,2 milliards d’euros au lieu de, par exemple, payer décemment les producteurs de lait et rémunérer davantage ses salariés. C’est une honte qui concerne tous les citoyens, au final, qui souffrent d’un manque de services publics en termes de transports, de santé et d’éducation. On nous martèle tous les jours qu’il n’y a plus de sous dans le pays, que les Français creusent la dette en vivant soi-disant au-dessus de leurs moyens. Mais la fraude et l’évasion fiscales coûtent entre 60 et 100 milliards d’euros par an en France, et entre 800 et 1 000 milliards d’euros par an dans l’Union européenne. Il faut mettre un terme à ce fléau. C’est l’un des axes forts de notre campagne pour les élections européennes du 26 mai 2019.

Vous êtes aussi représentant de salariés agricoles. Leur situation très difficile a-t-elle été évoquée avec Lactalis ?

Aurélien Gall Nous nous battons pour que les prix payés aux producteurs soient justes, afin de leur assurer une vie digne. Il faut savoir que le coût de revient pour 1 000 litres de lait est de 396 euros, alors que le prix payé aux producteurs de lait est en dessous, à 330 euros ! Il y a des aides européennes pour compenser, mais les producteurs laitiers veulent vivre de leur travail, pas des subventions. Il faut ici souligner que le nombre de ces producteurs a été divisé par deux en quinze ans dans le pays et que leur perte de revenus a été de 26,1 % entre 2015 et 2016, soit plus d’un quart… Ils ne sont pas seuls à vivre une situation très difficile, chaque jour, un exploitant agricole se suicide en France. Lactalis dit qu’il y a eu surproduction en 2015 lors de la crise du lait. C’est vrai, mais en partie à la suite de la suppression des quotas par l’Union européenne. Cette question se joue aussi à cet échelon : nous devons porter la revendication de la régulation et des prix justes sur tout le continent.

Lactalis est aussi accusé d’opacité sur ses comptes, de manquement sanitaire et de lobbying actif…

Aurélien Gall Une enquête est en cours à la suite de la contamination de lait infantile par des salmonelles. Cet aspect sanitaire est très préoccupant et doit être surveillé de près. Lactalis vient également de publier ses comptes pour la toute première fois. Cette multinationale refusait de le faire jusqu’à présent. La famille Besnier, qui dirige le groupe, est la 5e fortune française et prévoit 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020, tout en continuant de saigner les producteurs de lait… Enfin, Lactalis a reconnu avoir des activités de lobbying en France et à Bruxelles. Nous pensons qu’il faut supprimer purement et simplement toutes ces activités pour tous ceux qui les pratiquent.

Aurélien Gall

Secrétaire fédéral PCF de l’Aisne et candidat aux européennes

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre
 
 
 
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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 20:19
Marine Roussillon, membre du CEN en charge des questions d’éducation, détaille les ressorts de la « loi Blanquer » et rappelle les axes du projet d’une école en commun, proposée par les communistes.

Marine Roussillon, membre du CEN en charge des questions d’éducation, détaille les ressorts de la « loi Blanquer » et rappelle les axes du projet d’une école en commun, proposée par les communistes.

Education : pour une école en commun

Contre une école de la concurrence et de la soumission, pour une école en commun. Marine Roussillon, membre du comité exécutif national, en charge des questions d’éducation, détaille les ressorts de la « loi Blanquer » et rappelle les axes du projet d’une école en commun, proposée par les communistes.

COMMENT CARACTÉRISER LA « LOI BLANQUER » ?

MARINE ROUSSILLON : Blanquer parle d’école de la confiance mais sa conception de la confiance est ultra-libérale : que chacun se débrouille comme il peut ! Blanquer vous fait « confiance » pour que vous vous en sortiez seuls, dans un système qui vous abandonne en vérité, qui abandonne les enseignants à la pénurie de moyens, qui abandonne les lycéens aux choix individuels de leurs parcours, dans un marché de l’éducation complètement opaque.

Ce qui est visé ici, c’est de faire le tri social. L’école de Blanquer, c’est une école de la concurrence et de la soumission. Concurrence parce que tous les cadres collectifs sont cassés au profit de parcours individualisés ; chaque jeune est amené à choisir son établissement, ses options, son parcours, et il va être sélectionné de manière de plus en plus précoce, ce qui va l’isoler, le mettre en concurrence avec les autres et produire de plus en plus d’inégalités sociales. Soumission parce que cette loi est extrêmement autoritaire, à la fois dans la manière dont elle a été votée, contre l’avis de l’ensemble de la communauté éducative ; et autoritaire dans ce qu’elle porte, c’est-à-dire une reprise en main autoritaire par le ministre du système éducatif.

L’article 1 est emblématique, il réduit la liberté d’expression des enseignants et introduit la possibilité de les sanctionner, voire de les révoquer, s’ils critiquent publiquement l’institution. Et puis il y a la reprise en main de la formation des enseignants, la reprise en main aussi de l’évaluation du système. J’ajoute deux mesures phares, celles dont on a beaucoup parlé : l’instruction obligatoire à trois ans. La loi introduit de la concurrence en maternelle. On va obliger les communes à financer les maternelles privées. Ça ne changera rien à la réalité de la scolarisation (la quasi-totalité de ces enfants vont à l’école) mais on ouvre un marché à l’enseignement privé, sur le dos des communes. Cela ouvre un nouvel espace en matière de ségrégation scolaire, on trie les enfants dès le plus jeune âge.

Seconde mesure frappante : l’introduction, par amendement, donc sans consultation des organisations professionnelles, de « l’école du socle », c’est-à-dire « des établissements publics des savoirs fondamentaux ». C’est la possibilité de regrouper des classes de primaire et de collège dans une même administration sur simple décision des collectivités locales, sans consultation des personnels. On voit bien les conséquences budgétaires, le but étant de faire des économies en postes, voire de fermer des écoles, en particulier dans les zones rurales, zones déjà désertifiées où l’école reste le dernier service public. Donc fermetures, temps de trajets trop longs pour les élèves, etc. On va aller vers une école primaire à deux vitesses ; d’un côté il y aura ces « établissements publics des savoirs fondamentaux » et puis, pour les autres, des écoles qui permettront d’aller au collège, au lycée, à des études longues. Là aussi s’opérerait un tri de plus en plus précoce.

ET NOTRE PROJET D’ÉCOLE ?

M. R. : Ce qu’on oppose à ça, c’est une école de l’égalité et de l’émancipation, qui permette à tous les jeunes de s’approprier les savoirs complexes qui leur seront nécessaires pour être ensuite, dans leur vie d’adultes, pleinement citoyens, dans la démocratie, dans leur entreprise, pour prendre les décisions auxquelles ils seront confrontés : http://www.pcf.fr/argumentaire_ecole Tous les enfants sont capables d’apprendre, il n’y a aucune raison de les trier de manière précoce. Par contre, il faut transformer l’école pour qu’elle donne à tous les moyens d’acquérir cette culture commune. Plutôt qu’une école qui trie, on défendrait au contraire une école commune, plus longue, avec une scolarité obligatoire prolongée jusqu’à 18 ans, en renforçant le caractère national du baccalauréat, en garantissant pour tous les bacheliers la possibilité d’intégrer le supérieur dans les filières de leur choix.

Propos recueillis par Gérard Streiff

http://reseau-ecole.pcf.fr/110540

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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 07:24
Laval: le Parti communiste dénonce l'optimisation fiscale devant le siège de Lactalis (photo Ouest-France, Laval, 26 février)

Laval: le Parti communiste dénonce l'optimisation fiscale devant le siège de Lactalis (photo Ouest-France, Laval, 26 février)

Une cinquantaine de communistes, dont leur tête de liste aux Européennes, Ian Brossat, se sont rassemblés, ce mardi 26 février 2019, devant le siège social du groupe Lactalis, à Laval (Mayenne). Ils dénoncent un groupe qui « échappe à l’impôt ».

Après une manifestation devant le siège parisien de Google en janvier et le siège français d’Amazon, le 18 février, le Parti communiste français (PCF) a poursuivi son tour des multinationales qui « échappent à l’impôt » avec un rassemblement, ce mardi 26 février, devant le siège du groupe laitier Lactalis à Laval (Mayenne).

 

 

« Les Français qui sont soumis à des taxes particulièrement élevées ne peuvent pas accepter que dans le même temps, une grosse multinationale échappe à l’impôt , assure Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes. C’est le cas de Lactalis qui a mis en place un système d’optimisation fiscale avec des filiales aux Luxembourg où le taux d’imposition est beaucoup moins élevé qu’en France. Je souhaite que cette question soit au cœur des prochaines élections européennes. »

Une cinquantaine de communistes, dont leur tête de liste aux Européennes, Ian Brossat, se sont rassemblés, ce mardi 26 février 2019, devant le siège social du groupe Lactalis, à Laval (Mayenne). Ils dénoncent un groupe qui « échappe à l’impôt ».

Après une manifestation devant le siège parisien de Google en janvier et le siège français d’Amazon, le 18 février, le Parti communiste français (PCF) a poursuivi son tour des multinationales qui « échappent à l’impôt » avec un rassemblement, ce mardi 26 février, devant le siège du groupe laitier Lactalis à Laval (Mayenne).« Les Français qui sont soumis à des taxes particulièrement élevées ne peuvent pas accepter que dans le même temps, une grosse multinationale échappe à l’impôt , assure Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes. C’est le cas de Lactalis qui a mis en place un système d’optimisation fiscale avec des filiales aux Luxembourg où le taux d’imposition est beaucoup moins élevé qu’en France. Je souhaite que cette question soit au cœur des prochaines élections européennes. »

La tête de liste a poursuivi : « La Confédération paysanne a fait un signalement au parquet national financier. Ensuite, il reviendra à la justice de décider si c’est légal ou pas. Mais en tout cas, c’est immoral. »

Laval. Le Parti communiste français dénonce l’optimisation fiscale de Lactalis (Jean-François Vallée, Ouest-France, 26 février)
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26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 06:27
Patrick Le Hyaric « Tracer ensemble de nouveaux chemins d’Humanité »
Lundi, 25 Février, 2019

Le directeur du journal a salué la solidarité qui fleurit pour mettre «  l’Humanité sous protection populaire et citoyenne ». Il a annoncé plusieurs rendez-vous, dont un banquet populaire à la mi-juin.

Devant une assistance attentive, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, s’est d’abord réjoui de « l’impressionnant cordon de solidarité (qui se constitue) autour de notre groupe de presse ». « Nous sommes heureux, a-t-il poursuivi, qu’à travers cette soirée de mobilisation puissent se rencontrer des soutiens aux parcours si divers et aux idées parfois opposées mais qui ont en commun le désir que vive et que se développe l’Humanité. C’est toute la famille républicaine qui se lève, car chacun pressent, même confusément, qu’en disparaissant, l’Humanité serait comme l’une des dernières digues à céder avant le tsunami qui finirait par emporter le pluralisme, et avec lui un pan de la démocratie. »

Pour lui, il s’agit d’être « au combat pour répondre à la demande pressante des citoyens de disposer d’informations qui tranchent avec l’uniformisation galopante ». Puis il s’interroge : « Que cache ce drôle de silence quand les cessions de titres se succèdent à un rythme effréné, que d’importants journaux français sont “vendus à l’encan” à un oligarque tchèque de l’énergie ? Dans quel but, gagner de l’argent ? Pas du tout, ce dont il s’agit dépasse la presse elle-même et pose la question de la souveraineté nationale (…) ce qui est visé c’est l’achat de nos centrales thermiques, d’un groupe phare de l’énergie (alors) que nos secteurs agricole, viticole, industriel sont attaqués de toutes parts. »

Patrick Le Hyaric insiste alors : « Dans ces conditions, l’État, le gouvernement, le président de la République ont une importante responsabilité pour assurer le pluralisme de la presse, pour créer les conditions de l’indépendance des journaux. » Il propose de « lancer une conférence nationale pour le pluralisme et la modernisation de la presse ».

« L’Humanité, poursuit-il, irrigue à sa mesure le débat public, à rebours des fausses informations qui pullulent dans la jungle d’Internet et des simplismes outranciers qui stérilisent la pensée ; à rebours des provocations dont se repaissent les journaux d’extrême droite qui trônent désormais glorieux sur les présentoirs des kiosques », alors que dans nos titres, « au cœur d’une éthique républicaine (…), nous confrontons la rudesse de l’actualité à une forte ambition éditoriale que nous pensons d’une grande nécessité ».

Rappelant ensuite en citant Jean Jaurès que « faire vivre un grand journal sans qu’il soit à la merci d’aucun groupe d’affaires est un problème difficile mais pas insoluble », Patrick Le Hyaric a souligné que « le combat pour que vive l’Humanité prend aujourd’hui, grâce à vous, une dimension nouvelle (…). Maintenant que les lecteurs et les amis de l’Humanité sont si engagés, il est urgent que l’État s’engage plus avant pour augmenter l’aide aux quotidiens à faibles ressources publicitaires, dans un contexte où les conglomérats nord-américains du numérique vampirisent sans vergogne l’essentiel de la manne publicitaire », a-t-il martelé.

Puis il a annoncé le lancement, d’ici à la fin juin, d’un « club des ami-actionnaires de l’Humanité », la tenue dans « un maximum d’endroits de rencontres avec les sociétés des lecteurs, la société des amis et les diffuseurs », avec « un point d’étape de cette mobilisation générale sous la forme d’un grand banquet populaire à la mi-juin ». Ces multiples actions ayant une même volonté : « Tracer ensemble de nouveaux chemins d’Humanité. »

Gérald Rossi
Un puissant élan de vie et d’humanité
Lundi, 25 Février, 2019

Solidarité Près de 4 000 personnes de tous horizons ont participé vendredi, à Montreuil, aux six heures de mobilisation pour mettre l’Humanité sous protection populaire.

L’Humanité est bien plus qu’un journal : c’est une matière politique incandescente ; un lieu sensible où se tissent des solidarités et des combats, des savoirs, des doutes, des convictions et toute une culture. Vendredi soir, à la halle Marcel-Dufriche à Montreuil, cette alchimie s’est manifestée de la plus belle des façons, lors de la soirée de soutien à ce journal sur lequel planent de lourdes menaces. Les lieux eux-mêmes semblaient parler, du métro Robespierre jusqu’au fronton d’une usine voisine désaffectée affichant ces mots du communard Eugène Varlin : « Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines. » À l’ombre de la cheminée de brique, sous un soleil radieux, dès 16 heures, tout un peuple affluait déjà, accueilli dans la rue, en chansons, par la Compagnie Jolie Môme qui raillait gaiement le mépris macroniste pour ceux qui ne seraient que des « riens ».

Un journal indispensable aux luttes et à la pensée critique

L’air espiègle et doux, de longs cheveux noirs, des yeux de jais, Samia venait de l’autre extrémité de la banlieue parisienne. Cette quadragénaire est fidèle au journal depuis l’adolescence et les balbutiements d’une conscience politique solidement ancrée à gauche. « Pour moi, le journal et sa fête sont liés. Ils permettent la rencontre et la surprise à chaque page, dans chaque allée, souriait-elle. Impossible pour moi de ne pas soutenir le journal qui soutient les causes du monde, la culture, l'humanité. Impossible de vivre dans un monde sans couleurs. Cette soirée en est pleine et je suis fière d'y participer. » Dans cette foule d’innombrables amis, lectrices et lecteurs d’un jour ou de toujours, citoyens attachés au pluralisme et à l’existence d’un titre indépendant des pouvoirs et des puissances de l’argent, chacun était venu avec ses raisons, ses souvenirs, ses attentes. Mais tous exprimaient cet indéfectible attachement, cette affection que seul un titre au si beau nom peut susciter. L’Humanité et l’Humanité Dimanche affichent sans ambages leurs opinions. Leurs pages dessinent dans le même mouvement un carrefour de la gauche sociale, culturelle, politique : on y confronte des points de vue, on s’y dispute, on s’y rassemble. Cet esprit-là irriguait la soirée. En quel lieu, ces temps-ci, peut-on croiser, ensemble, des communistes, des insoumis, des écologistes, des socialistes, des syndicalistes, des libertaires ? D’Olivier Besancenot à Benoît Hamon, de Fabien Roussel à David Cormand, de Philippe Martinez à Clémentine Autain ou Jean-Luc Mélenchon, tous sont venus dire à quel point ce journal est indispensable aux luttes, à la pensée critique, à l’invention d’une politique d’émancipation. La détermination à mettre l’Humanité sous protection populaire et citoyenne se joue même des frontières politiques : c’est que la France ne serait plus la France si ce titre venait à disparaître. Ainsi Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture sous la présidence de Jacques Chirac, exprimait à la tribune sa considération pour le journal et pour la haute tenue de ses pages culturelles, les plus exigeantes de la presse quotidienne, saluée par de nombreux participants. D’improbables collisions se sont produites : il fallait voir le mathématicien et député LaREM Cédric Villani, engagé à nos côtés pour la reconnaissance de l’assassinat de Maurice Audin comme un crime d’État, en grande conversation avec un gilet jaune… Des artistes côtoyaient des salariés en lutte ; des sportifs s’entretenaient avec des historiens ou des philosophes ; des dessinateurs, des plasticiens, des journalistes, des humoristes ou des musiciens croisaient des ouvriers ; des cheminotes, des infirmières, des scientifiques échangeaient avec des féministes, des défenseurs du droit au logement ou des militants engagés contre les violences policières. Inestimable creuset. « L’Humanité est le lieu par excellence de l’alliance entre les intellectuels et le peuple, alliance sans laquelle aucune avancée n’est possible », résumait le président des éditions du Seuil, Olivier Bétourné. Il était bel et bien là, ce peuple ancré dans toutes les luttes sociales, dans tous les combats de libération. Certains étaient venus de loin, de Bretagne ou de la Creuse, de Belgique ou du Maghreb. Kamel Guemari, le porte-parole des salariés du restaurant McDonald’s de Saint-Barthélemy, à Marseille, est arrivé épuisé, après un long trajet en voiture. Ce grand gaillard, enfant de la cité de la Savine, tenait à être là, aux côtés du journal qui fut, durant la grève de plusieurs mois qu’il a animée l’an dernier, un précieux porte-voix : « L’Humanité m’a fait sortir de mon quartier. C’est dans ses pages que j’ai compris le sens des mots liberté, égalité, fraternité. » Il y avait tant de monde – près de 4 000 personnes – que les rencontres entre lecteurs et rédaction se sont enchaînées dans un joyeux vacarme.

« C’est parfois de l’extrémité du péril que vient le salut »

Impossible d’en résumer ici la teneur, pas plus que celle de cette longue soirée. Mais, citons l’un de ces échanges, dont se dégageait une admirable densité humaine et politique. Venu des Alpes-Maritimes, Cédric Herrou s’entretenait avec notre confrère Émilien Urbach, premier journaliste témoin, dans la vallée de la Roya, des actions de solidarité envers les migrants pourchassés. « L’indépendance de nos actions, elle a un coût. On reçoit des dons, des soutiens. C’est pareil pour l’Humanité, l’indépendance de ce titre a un coût, il faut l’assumer », insistait finalement le paysan. De virgules littéraires en intermèdes musicaux, la soirée s’achevant, le comédien Yvan Le Bolloc’h faisait entendre les mots d’alarme de Jean Jaurès, redoutant en 1906 de devoir mettre un terme à l’aventure de l’Humanité pour cause, déjà, d’asphyxie financière, deux ans seulement après sa création. Son bouleversant appel aux lecteurs, aux amis du journal, s’achève ainsi : « C’est parfois de l’extrémité du péril que vient le salut. » Nos journaux ne sont pas tirés d’affaire. Mais l’extraordinaire solidarité qui se manifeste autour d’eux insuffle à ceux qui font l’Humanité, comme à ceux qui la lisent, un puissant élan de vie.

Rosa Moussaoui
ils étaient là pour dire haut et fort leur soutien
Lundi, 25 Février, 2019

Monique Pinçon-Charlot, sociologue

« Face à une oligarchie de milliardaires qui possèdent plus que de 90 % des médias dominants et qui contrôlent l’idéologie, nous ne pouvons pas dissocier le combat pour l’Humanité de tous les autres combats que les riches mènent contre les pauvres, classe contre classe. »

Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat

« L’Humanité ne transige pas, elle donne des points de vue. Journal d’opinion, bienveillant, de confrontation, engagé et engageant, il est utile pour protéger les valeurs de notre République, bien trop souvent malmenées. »

Pierre Audin, fils de Maurice Audin

« Deux photos de mon père, faites par ma mère, sont célèbres. Sur l’une, il est en train de lire l’Huma, dont le titre est très reconnaissable : “Paix en Algérie” (…) Le journal a accompagné notre lutte, après l’assassinat de mon père, pendant soixante et un ans. »

Nicolas Devers-Dreyfus, président de la Société des lecteurs de l’Humanité

« Des milliers de lectrices et lecteurs tissent dans tout le pays un exceptionnel réseau de protection et de promotion de leur journal. Plus d’un million d’euros ont été réunis en quelques semaines. Les abonnements réalisés montrent que la mobilisation s’amplifie. »

Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT

« S’il fallait retenir une seule raison, et il y en a mille, pour laquelle il faut se battre pour la survie du journal, c’est qu’il n’y a que dans ce quotidien que le terme de progrès social est encore utilisé régulièrement. »

Kamel Guemari, délégué syndical McDonald’s

« Quand j’ai commencé cette lutte avec les salariés du McDonald’s de Marseille, je croyais que j’étais seul. Grâce à ce journal, j’ai découvert que d’autres personnes menaient les mêmes luttes, j'ai pu prendre contact et construire avec elles. »

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

« Tous les jours, je lis deux quotidiens nationaux indispensables à la réflexion : l’Humanité et le Figaro. Deux journaux de classe, deux visions du monde. (…). Mais comment seraient la France, nos débats politiques, sans l’Humanité ? Nous exigeons qu’il ne disparaisse pas, nous nous battons tous ensemble pour qu’il gagne des lecteurs et de l’audience, car c’est utile à la lutte que nous devons mener pour transformer cette société. L’Humanité doit vivre, l’Humanité vivra ! »

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA

« Quand j’ai appris la possible disparition de l’Humanité, j’ai de suite été révolté. On ne peut pas imaginer une seconde qu’une telle disparition puisse s’organiser à bas bruit. Tout le monde est concerné ! C’est la liberté de la presse, la liberté d’information qui est remise en cause. »

Sandra Regol, porte-parole d’EELV

« On partage l’essentiel : des valeurs d’humanité, d’émancipation. Et on a au cœur de notre conscience l’idée que ceux qui oppriment la nature, les humains et tout particulièrement les plus défavorisés, sont les mêmes. »

Dominique Sopo, président de SOS Racisme

« L’Humanité nous rappelle que les combats contre les discriminations se mènent toujours dans la durée. Si ce n’est l’Huma, qui parlera, qui donnera la voix avec intelligence à ces luttes qui sont souvent méprisées comme étant le combat de ceux qui ne valent plus rien ? »

Mathilde Larrère, historienne

« Il y a peu, je cherchais à faire une histoire du groupe Manouchian, une histoire de Jules Durand, une histoire du 17 octobre 1961. Où est-ce que je trouve des articles historiques là-dessus ? Dans l’Huma ! Je défends une histoire populaire. Celle des sans-grade, des sans-voix, des sans-culottes, des gilets jaunes. Cette histoire, elle n’est pas dans les manuels scolaires, elle n’est pas dans les médias principaux : elle est dans l’Huma. C’est l’histoire de ceux que l’on prend pour des vaincus et qui sont souvent des vainqueurs. »

Patrice Bessac, maire PCF de Montreuil

« Je pense aux journalistes de l’Humanité, à celles et ceux qui se battent dans un conteste épouvantable pour les médias, où la pensée critique est sans cesse remise en cause par la pensée du clash. »

Clémentine Autain, députée FI

« Les fascistes se sont beaucoup battus contre l’Huma, ils n’ont pas eu sa peau. Il est hors de question que le néolibéralisme, le monde de l’argent et la loi du profit aient aujourd’hui la peau de l’Humanité ! »

Benoît Hamon, fondateur de Génération.s

« Les plus pauvres parmi les plus pauvres, les plus persécutés parmi les persécutés, les migrants qui meurent en Méditerranée, si on voit leur corps, leur colère, leur parole, c’est souvent d’abord et seulement dans l’Huma. (...) Dans l’Humanité, on regarde dans les yeux la détresse là où elle est. »

Laurence De Cock, historienne

« Je veux rendre hommage à l’Huma pour avoir alerté et relayé la parole des élèves du lycée Arago arrêtés l’an dernier. »

Cédric Villani, mathématicien et député LaREM

« Perdre l’Humanité, ça serait perdre un élément indispensable de la biodiversité des idées qui font la nation. »

Aurélie Trouvé, membre d’Attac

« L’Humanité fait le lien entre les grévistes pour le climat et les gilets jaunes qui montrent que la fin du monde et la fin du mois sont un même combat. Comme agroéconomiste, je suis heureuse de pouvoir y lire une critique acerbe de l’agriculture productiviste et des dégâts du néolibéralisme. »

Vikash Dhorasoo, ancien footballeur international

« C’est une évidence de soutenir l’Humanité, qui représente mes opinions politiques. J’espère qu’il existera encore longtemps, je serai là pour aider et soutenir. »

Anne Eydoux, des Économistes atterrés

« En tant qu’économistes atterrés, ce journal porte notre voix. »

Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture

« J’ai été ministre de Chirac, alors pourquoi soutenir l’Humanité ? Parce que c’est un bon journal, que je lis quotidiennement. (…) J’appelle l’État, le ministère de la Culture, à mobiliser toutes ses possibilités, toutes ses réserves de crédit disponibles pour assurer la pérennité de la presse en France. »

Erik Orsenna, écrivain et académicien

« Puisque la CGT était là, il fallait que l’Académie française soit là aussi ! (…) Qu’est-ce que ça veut dire, humanité ? Ça veut dire à la fois le genre humain et la bienveillance, qui sont en train de disparaître. (…) Abonnez-vous à l’Humanité, c’est bon pour votre humanité ! »

Anousone Um, délégué syndical chez Free

« Lorsque la direction de Free et tous les acolytes de M. Niel ont souhaité vendre mon entreprise, l’Humanité était là pour couvrir l’événement. C’est lui qui a permis de lever l’omerta. »

Hervé Le Treut, climatologue, académicien des sciences

« L’Humanité a relayé ces sujets sur le climat avec une grande objectivité, une grande précision, un grand respect de la complexité des problèmes posés, et puis aussi un grand engagement, et je pense que ça va avec. »

Yvan Le Bolloc’h, artiste

« Si Jaurès a su sortir le journal l’Huma de l’ornière, nous le ferons aussi ! Je suis abonné depuis hier, une bonne nouvelle ! À très bientôt ! »

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT

« L’Humanité, c’est la lecture importante de tous les jours pour bon nombre de militants CGT, tant pour les arguments que pour l’écho des luttes et la reconnaissance du mouvement social. (…) Être un journal à contre-courant des idées dominantes, c’est un label de qualité. »

Élisabeth Roudinesco, historienne, psychanalyste

« Je voudrais saluer ses formidables pages culturelles qui ont défendu magnifiquement et sans sectarisme la psychanalyse contre toutes les attaques immondes de ces dernières années. »

« Enfants de l'invincible espoir

Nous continuons sans faiblesse

Du petit matin au grand soir

Ils ne tueront jamais Jaurès  »

HK Chanteur

Sébastien Crépel, Audrey Loussouarn, Lola Ruscio et Aurélien Soucheyre
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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 13:16
Laval. Le PCF appelle à une opération coup de poing devant le siège de Lactalis (Ouest-France, 23 février 2019)

Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste français aux élections européennes de mai prochain, sera en visite à Laval (Mayenne), mardi 26 février, pour une « opération coup de poing » devant le siège de Lactalis.

Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux élections européennes de mai prochain, sera en visite à Laval (en Mayenne), mardi 26 février, pour « une opération coup de poing » devant les bureaux du siège de Lactalis, à partir de 13 h 30.

« Nous ne sommes plus vos vaches à lait »

Cette opération s’inscrit dans la continuité de celles menées devant les sièges sociaux de Google (Paris) et d’Amazon (Hauts-de-Seine). « Nous ne sommes plus vos vaches à lait, il est venu le temps de nous faire respecter par ces multinationales, exprime Ian Brossat. Faire respecter notre travail, notre santé, nos lois fiscales. »

Ian Brossat sera accompagné des candidats de la liste « Pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent » : Marie-Pierre Vieu (députée européenne), Aurélien Le Gall (représentant des salariés agricoles), Alain Pagano (enseignant chercheur en écologie et biologie), Cindirella Bernard (militante associative).

Une délégation du PCF se rendra mercredi 27 février au salon de l’Agriculture, à Paris.

« Nous ne sommes plus vos vaches à lait » : action coup de poing au siège de Lactalis, mardi 26 février


Après Google (Paris) et Amazon (Hauts-de-Seine), Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste aux élections européennes, s'invitera ce mardi 26 février (13 h 30) dans les bureaux du siège de Lactalis, numéro mondial des produits laitiers, situés à Laval (Mayenne).

Comme le révélait France Inter et Cash Investigation, en janvier dernier, la multinationale Lactalis est aujourd'hui accusée d'évasion et de fraude fiscale, via le Luxembourg, pour un montant de 2,2 milliards d'euros.

Ce chiffre de 2,2 milliards d'euros «évaporés» en 2015 et 2016, correspondant, lors de la crise laitière, à l'équivalent de 12 centimes en moins par litre volés aux producteurs laitiers français.

Lactalis est le symbole de cette Europe de l'argent dont nous ne voulons plus : celle des lobbyistes et des voleurs en col blanc qui étranglent financièrement nos paysans, celle aussi qui met en danger notre santé de consommateur, comme l'a révélé le scandale sanitaire du lait à la salmonelle.

« Nous ne sommes plus vos vaches à lait, il est venu le temps de nous faire respecter par ces multinationales, pour Ian Brossat. Faire respecter notre travail, notre santé, nos lois fiscales »

Pour cette action coup de poing, Ian Brossat sera accompagné de candidats de la liste « Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent », Marie-Pierre Vieu (députée européenne), Aurélien le Gall (représentant des salariés agricoles), Alain Pagano (enseignant chercheur en éclogie et biologie), Cindirella Bernard (militante associative).

Le lendemain, mercredi 27 février, une délégation du Parti communiste se rendra au Salon de l'Agriculture de Paris.

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 12:56
Amazon : « On est étouffés, pris pour des chiens »
Jeudi, 21 Février, 2019

Le géant de la vente en ligne a viré plusieurs de ses salariés français qui ont soutenu le mouvement des gilets jaunes. Deux d’entre eux l’ont été sur le site de Douai. Reportage à la porte de l’entrepôt nordiste, où une présence de 2 ou 3 ans vous donne déjà un statut d’ancien. Et, à certains, une furieuse envie d’aller voir ailleurs.

Quelle couleur de badge ? Pour entrer au volant de sa voiture sur le parking de l’entrepôt Amazon de Lauwin-Planque, près de Douai (Nord), il faut montrer patte blanche. Le vigile de Securitas veille : seuls les 1 500 salariés en CDI, détenteurs d’un passe de couleur bleue, sont autorisés à le faire. Pas les 200 à 300 intérimaires, avec leur carte bordée de vert autour du cou. Damien et Laurent (1), deux jeunes intérimaires de 20 et 22 ans, ont donc laissé leur voiture à plusieurs centaines de mètres, avant de rejoindre à pied le portillon de l’entreprise. Comme des dizaines d’autres, qui se garent comme ils peuvent autour des ronds-points de la zone d’activité ou dans la boue qui borde les axes de circulation. Damien et Laurent prennent leur poste à 13 h 20. Ils ont plus d’une demi-heure d’avance mais ils prévoient du temps pour se changer dans le vestiaire. Et puis ils aiment « prendre un café tranquillement » avant d’attaquer leur journée de travail, qui s’achèvera à 20 h 30. « On critique Amazon, mais on n’a pas à se plaindre, nous assure Damien. J’ai vu plusieurs reportages qui disaient qu’on était pistés pour aller aux toilettes. Ce n’est pas vrai, on n’est pas fliqués. » Leur mission, commencée en octobre et renouvelée une fois, durera au total huit mois. Leur boulot ? « On range les articles sur les pick towers », ces rayonnages superposés sur trois étages, installés fin 2016, qui ont considérablement augmenté la capacité de stockage. On attend d’eux une production de 1 500 articles par jour. Tout à fait réalisable, jurent-ils. Et ceux qui ont du mal à atteindre ce chiffre ? « Il y a beaucoup de fainéants. » Et le salaire ? « Il est normal… le Smic. »

« pas envie de parler », puis il se lâche...

« Généralement, ici, il n’y a que des jeunes, commente Habib Latreche, délégué syndical CGT. Les anciens, soit ils partent, soit ils sont mis de côté. Ça en dit long sur les recrutements. » Long aussi sur les kilomètres qu’il faut parcourir chaque jour dans l’entrepôt et sur les « trajets qu’on n’essaie pas d’optimiser » pour ménager les salariés. « À force de marcher, certains ont des restrictions médicales », commente le délégué syndical. « En ce moment, c’est très tendu », confie-t-il, évoquant le licenciement de deux salariés du site qui ont posté sur leur compte Facebook des messages de soutien au mouvement des gilets jaunes (lire l'encadré). « Pour certains salariés, ils (ces salariés licenciés) ont commis une faute professionnelle et l’entreprise a fait valoir ses droits. Une autre partie trouve que ce n’est pas normal et le reste ne se prononce pas », résume-t-il. L’illustration ne se fait pas attendre, avec le passage de quatre jeunes filles intérimaires. Elles ne souhaitent pas répondre à nos questions, car elles n’ont « pas d’avis » sur l’affaire. « Ce n’est pas normal d’avoir peur de son entreprise… » souffle Habib Latreche.

Assis devant le portillon, balayé par de violentes et glaciales bourrasques de vent, Christophe (1) fume une dernière cigarette avant de rejoindre son poste de travail. Il nous coupe immédiatement dans nos intentions : « Je n’ai pas envie de parler ; je ne veux pas perdre ma place pour des conneries. » Pourtant, il échangera avec nous pendant presque un quart d’heure, ponctuant certains de ses propos d’un « sans plus de détails… ». À 33 ans, père de trois enfants, au travail depuis l’âge de 16 ans, ce poste d’ouvrier à Amazon Douai, décroché il y a trois ans et demi, est son premier CDI. « J’ai une situation stable, qui m’a permis d’avoir ma maison, confie-t-il. Et puis, l’ambiance avec les collègues, ça va. Mais le boulot… » Et là, il se lâche : « On nous prend pour des chiens. La pression, l’impression d’être enfermé, d’étouffer… On n’est jamais venu me voir pour me reprocher mon chiffre de production, mais ça peut arriver, car ils en veulent toujours plus. » Quant au sort de ses deux collègues licenciés ? « Ça choque, car maintenant ils sont dans la merde. On ne peut quand même pas licencier pour le plaisir d’Amazon ! »

Curieux, Vincent (1) se mêle à la discussion et ne s’embarrasse pas de préambule : « J’en ai marre. Cela fait deux ans que je travaille ici. Il y a beaucoup de pression. Il n’y a pas de changement, pas d’évolution, toujours les mêmes personnes aux mêmes postes. J’attends de trouver autre chose pour partir. » Mylène (1), qui vient de terminer sa journée, s’arrête quelques minutes avant de repartir chez elle. Que pense-t-elle des « licenciements Facebook » ? « On n’est pas réellement choqués car on est habitués à ce qu’Amazon licencie pour rien, mais ça marque toujours. Maintenant, les gens ont peur d’écrire sur Facebook, même sur leur vie personnelle. » Son travail consiste à gérer les mouvements de camions qui arrivent et repartent de l’entrepôt : « Je n’ai pas de pression sur la production mais plus sur la sécurité. »

« journées have fun »

Elle se souvient cependant du poste qu’elle a dû occuper pendant une semaine à la préparation des colis : « J’ai oublié une étiquette code-barres sur un article. On est venu me voir deux jours après. Ce sont comme des petits avertissements verbaux. Ici, on appelle ça des “feed-back”. On est également venu me voir un mois après pour un courrier d’avertissement, correspondant à un arrêt de production. » Dans le jargon Amazon, on appelle cela un « courrier de sensibilisation ». « Ici, le management a une forme insidieuse, estime Habib Latreche. On essaie de faire copain-copain avec vous. On aime bien également infantiliser les salariés, avec par exemple les journées “have fun”, où il faut venir déguisé. Le but est d’instaurer une fausse complicité. Mais, quand on se retrouve seul devant le bureau du chef ou du DRH, il n’y a plus d’amis. »

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Ludovic Finez
Amazon : On est étouffés, pris pour des chiens (article de Ludovic Finez, jeudi 21 février, L'Humanité)
22 janvier 2019
Ian Brossat, tête de liste européenne du PCF, à la rencontre des salariés d'Amazon

" À l'occasion de ma venue dans le Loiret, j'ai eu l'occasion d'échanger avec des salariés d'Amazon.
L'un des plus gros sites français d'Amazon est en effet situé à Saran, à deux pas de la salle où nous tenions meeting.
Je reviendrai prochainement plus en détails sur nos échanges. Il y a beaucoup à dire sur les conditions de travail, l'optimisation fiscale"  Ian Brossat 

L'Humanité annonce aujourd'hui, reprenant le rapport d'OXFAM, que "le PDG d'Amazon, Jeff Bezos, est le milliardaire qui a vu sa fortune exploser le plus. Avec une hausse de 39 milliards sur un an, il atteint les 112 milliards, ce qui fait de lui l'homme le plus riche du monde. "1% seulement de sa fortune équivaut au budget total de la santé de l'Ethiopie, un pays de 105 millions d'habitants", pointe le rapport d'OXFAM.

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 07:10
Pour la paix et le multilatéralisme. La vente de 12 sous-marins à l’Australie est une mauvaise nouvelle - Tribune de Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la Paix, dans L'Humanité, 22 février 2019
Pour la paix et le multilatéralisme. La vente de 12 sous-marins à l’Australie est une mauvaise nouvelle
Vendredi, 22 Février, 2019

Par Roland Nivet Porte-parole du Mouvement de la paix

La vente de 12 sous-marins s’inscrit dans la logique de militarisation des relations internationales que porte la Loi de programmation militaire en France.

Cette vente n’a rien à voir avec le multilatéralisme dont se réclame la ministre des Armées. En effet, depuis 2005, l’Australie et l’Otan n’ont cessé de renforcer leur coopération. L’Australie est pour l’Otan un de ses principaux partenaires pour les pays situés hors de la zone euro-atlantique. C’est donc bien dans le cadre d’une logique atlantiste portée par la France et l’Union européenne que ces ventes ont eu lieu. Ce contrat ne correspond à rien de positif pour la construction de la paix dans le monde, car il renforce la militarisation des relations internationales sur la base de ce dogme que ce sont les facteurs de puissance militaire qui sont susceptibles d’apporter plus de sécurité aux peuples.

De plus, la Loi de programmation militaire actuelle, comme la précédente, repose sur l’idée que l’industrie militaire et le commerce des armes sont des éléments de la compétitivité industrielle de la France. Ainsi, au-delà de toute considération éthique, la France, troisième vendeur d’armes au monde, alimente les conflits et les guerres (exemple, le Yémen). Cette logique aboutit à détourner et pervertir des compétences et potentiels intellectuels, technologiques, industriels, scientifiques et universitaires au profit d’une militarisation dangereuse pour la paix et néfaste pour l’économie. Ces contrats sont construits, d’après les informations filtrant de la presse, sur un immense transfert et la vente d’éléments de propriété industrielle et de technologie industrielle qui constituent, en fait, un abandon d’éléments de souveraineté économique et militaire au profit d’un État partenaire privilégié de l’Otan.

Par ailleurs, ce contrat sur le plan économique n’induit que peu de créations d’emplois en France puisque les sous-marins seront construits à Adélaïde et vont entraîner la création de 2 500 emplois en Australie.

Les compétences et potentiels existants et les salariés hautement qualifiés de ces secteurs seraient mieux valorisés en étant au service d’une économie de paix nécessaire pour faire face aux terribles enjeux auxquels est confrontée l’humanité.

Ce que la situation incertaine et dangereuse actuelle appelle, c’est la mise en œuvre d’une politique et d’une diplomatie audacieuses en faveur de la paix. L’avenir de la France réside dans le développement d’une véritable filière économique et industrielle pour la paix qu’il faut construire en l’adossant à une politique internationale ambitieuse de la France en faveur de la paix et du multilatéralisme.

Une telle filière incluant la formation, la recherche et le développement technologique et industriel est seule de nature à permettre la création d’emplois utiles pour un développement durable et solidaire de la France et de la planète à l’heure des dérèglements climatiques et des inégalités persistantes de développement entre les États et régions du monde.

La France en a les moyens et les capacités, mais pas la volonté politique. L’heure est à un sursaut des consciences et une mobilisation des personnes et des organisations car, pour son avenir, l’humanité n’a d’autre chemin que la paix.

Roland Nivet

Pour la paix et le multilatéralisme. La vente de 12 sous-marins à l’Australie est une mauvaise nouvelle - Tribune de Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la Paix, dans L'Humanité, 22 février 2019
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