Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 05:25

 

La date fatidique du 01 juillet arrive... et avec elle la possibilité que le gouvernement israélien annexe toute une partie de la Cisjordanie et de la vallée du Jourdain.

 

Dans une première étape l’AFPS a lancé la signature d’une pétition pour que la France réagisse vite et fort face à cette menace qui met en cause le Droit international.

 

Un gouvernement dit « d’union et d’urgence » a été mis en place en Israël.

Pendant les 6 premiers mois censés être consacrés à l’urgence sanitaire, une seule décision politique est prévue : l’annexion de la vallée du Jourdain et des colonies israéliennes en Palestine occupée.

Cette mise en application du plan Trump - déjà à l’œuvre sur le terrain - est du vol en bande organisée : c’est une violation totale du Droit international et cela appelle des réactions fortes et immédiates de la communauté internationale.

Monsieur le Président de la République, je refuse ce déni du droit et je ne veux pas vivre dans un monde régi par la loi de la jungle.

Je vous demande de passer aux actes :

Vous devez reconnaitre immédiatement l’État de Palestine et interdire les produits des colonies israéliennes sur le territoire français

Vous devez reconsidérer les coopérations de la France avec Israël tant qu’Israël foulera aux pieds le Droit international

Vous devez demander à l’Union européenne de suspendre son accord d’association avec Israël

 

Pour signer voici le lien https://www.france-palestine.org/Petition-Depecage-de-la-Palestine-arreter-Netanyahou-StopAnnexion 

 

 

 

 

La deuxième étape de notre campagne, c'est de faire en sorte qu'un grand nombre de député.es et sénateur.rices sortent de leur torpeur sur cette question et agissent au niveau du Parlement. C'est la raison pour laquelle, nous nous permettons d'insister pour que vous aussi, en tant que citoyen.ne, vous écriviez à nos parlementaires pour qu'ils demandent au gouvernement de prendre des sanctions contre Israël et sa politique criminelle de colonisation, d'apartheid et, aujourd'hui, d'annexion. C'est très IMPORTANT.

 

Pour cela, c'est très facile : cela ne vous prendra que trois minutes et quelques clics, grâce à l'outil mis en place par l'AFPS sur son site:

 

1. cliquer sur ce lien: https://france-palestine.eaction.online/StopAnnexion

 

2. Sur Choisissez votre département, faites dérouler pour noter Finistère, puis cliquer sur Continuer 

 

3. Apparait alors la liste des députés et sénateurs du 29. Ils sont tous cochés. Pour choisir de ne s'adresser qu'à certains, décocher les autres. Mais, on peut aussi choisir de s'adresser à tous les parlementaires du Finistère.

 

4. Remplir les cadres pour vous identifier (Vous n'êtes pas obligés de noter votre adresse. Le nom de la commune et le code postal suffisent.

 

5. Répondre à la question d'arithmétique de très haut niveau : combien font ... ? au moyen de la petite flèche, à droite de la case.

 

6. Cliquer sur envoi ...... et le message qui n'est pas modifiable est envoyé aux parlementaires.

 

Nous pensons vraiment, qu'avec le boycott des produits d'Israël, ces adresses aux parlementaires constituent le volet le plus important de notre campagne contre l'annexion, car si nous voulons obtenir des sanctions, il faut que le plus grand nombre de parlementaires pèsent sur Macron et le gouvernement. Dans tous les cas, ces messages seront utiles :

 

Aux parlementaires qui ont déjà agi ou qui s'apprêtent à le faire, car ils ont besoin d'être confortés dans leur démarche. Nous leur montrerons que nous sommes nombreux à les soutenir et les encourager.

 

* À celles et ceux encore hésitants, pour les pousser à agir.

 

* À celles et ceux dont nous savons que nous n'obtiendrons rien, car cela leur montrera que leur soutien (déclaré ou implicite) à la politique d'Israël est désapprouvé par un grand nombre d'électeurs et électrices.

 

Le peuple palestinien a besoin de toute notre solidarité, c'est la raison pour laquelle, nous avons fait un retour sur le marché de Morlaix samedi dernier où nous avons eu un accueil plutôt encourageant (et des échos dans la presse locale) au point qu'avec les ami.es présent.es, nous avons décidé de nous donner rendez-vous de nouveau SAMEDI 13 JUIN à partir de 10H. Venez nous voir, venez discuter de l'urgence à agir vite pour contrer la menace d'annexion qui menace 30% de la Cisjordanie...

 

https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/france-palestine-solidarite-au-marche-07-06-2020-12562735.php

 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-l-afps-s-affiche-au-marche-6860278

 

 

France Palestine Solidarité  du Pays de Morlaix

19, rue Waldeck Rousseau 29600-Morlaix

visitez notre site

et notre page Facebook

https://www.facebook.com/afpspaysdemorlaix/

Partager cet article
Repost0
9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 15:08
Turquie : Acharnement criminel de R.T. Erdogan contre le HDP (PCF, 9 juin 2020)
Turquie : Acharnement criminel de R.T. Erdogan contre le HDP

Rien n'y fait : épidémie de Covid-19, effondrement économique, guerres en Syrie, en Irak, en Libye... le président R.T. Erdogan poursuit de sa haine toutes les forces démocratiques de Turquie.

A nouveau, les députés du HDP, Leyla Güven et Musa Farisogullari, ont été interpellés et incarcérés avec la confirmation de leur condamnation et cela en dépit de leurs graves problèmes de santé. Le parlementaire CHP Enis Berberoglu vient de connaître le même sort. Tous trois ont rejoint les 45 maires destitués et les sept députés kurdes qui croupissent aux côtés de milliers de journalistes, d'intellectuels, de syndicalistes, de militants... dans les geôles turques.
Alors qu'il est affaibli, R.T. Erdogan s'est lancé dans une véritable fuite en avant répressive et agressive qui prive le peuple turc des libertés les plus élémentaires et accentue l'embrasement d'une région déjà exsangue.
Le Parti communiste français condamne la politique criminelle de R.T. Erdogan et exprime sa solidarité avec les démocrates emprisonnés. Il appelle à faire grandir les mobilisations pour que la France et les pays de l'Union Européenne sanctionnent cette politique liberticide et soutiennent les forces démocratiques.

Partager cet article
Repost0
7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 05:56
UN POMPIER PYROMANE EN CHARGE DU « PACTE VERT EUROPÉEN » (L’HUMANITE – Vendredi 5 Juin 2020 - Gérard Le Puill)

Ce 5 juin  est la journée mondiale pour le climat. Elle se déroule deux semaines après la journée mondiale  pour la biodiversité qui avait lieu le vendredi 22 mai. Histoire de donner à penser qu’elle prend en compte de tels dossiers, la Commission européenne a récemment publié un texte sur axé sur la protection de la nature intitulé « Biodiversité »  et un autre intitulé « De la ferme à la fourchette ». Ce second texte doit inspirer les ministres de l’Agriculture  des 27 pays membres de l’Union européenne  dans leurs débats  sur la prochaine réforme de la Politique agricole commune (PAC). Mais le premier préconise de laisser en friche 10% des terres agricoles en Europe, ce qui se traduirait par plus d’importations  et donc de déforestation en Amazonie et ailleurs !   

Au fil des ans  et des élargissements  de l’Europe,  la Politique agricole commune  devient  de moins en moins commune  et de plus en plus incohérente. Ainsi,  selon le texte intitulé « Biodiversité », dont la charge a été confiée  au vice-président de nationalité néerlandaise Frans  Timmermans, la biodiversité sera  favorisée en Europe en laissant  10% des terres agricoles européennes sans la moindre culture. Parallèlement, 25%  de la surface  agricole utile passerait en agriculture biologique d’ici  2030, une préconisation qui semble ignorer que les conversions dépendent  du nombre de paysans se sentant capable de sauter le pas chaque année, ce qui suppose aussi d’avoir de marchés en face. Toujours selon la Commission, l’usage des produits de traitement des cultures diminuerait de 50% en cinq ans tandis que la plantation 3 milliards d’arbres augmenterait les superficies forestières en Europe.

Une course à handicap pour les paysans européens

Avec toutes ces mesures mises bout à bout, la production agricole européenne reculerait sensiblement. De plus, une Europe qui imposerait  de telles mesures   à ses paysans handicaperait la compétitivité de ces derniers par rapport à ceux des pays tiers qui exportent des céréales, des viandes, du soja, du sucre de canne, de l’huile de palme, de l’éthanol et du diester en Europe. D’autant que la Commission continue de négocier  des accords de libre échange avec de nombreux pays tiers. Le CETA conclu avec le Canada est entré en vigueur dès sa signature, avant même d’avoir été ratifié par les pays membres de l’Union européenne. L’accord conclu en juin 2019 entre la Commission européenne et les pays de Mercosur  permettra à ces quatre pays d’Amérique du sud, dont le Brésil de Bolsonaro,   d’exporter des volumes accrus  de viandes bovines, porcines et de volailles   en Europe  sans prélèvements douaniers aux frontières communes  de l’Union. S’y ajoute un accord de même type qui vient d’être conclu entre le Mexique et la Commission. Parallèlement,  cette dernière négocie toujours avec l’Australie et la Nouvelle Zélande  qui veulent aussi exporter des quantités croissantes  de viandes et des produits laitiers en Europe.

La Commission n’a pas calculé ce que  seraient les conséquences d’un recul sensible de la production agricole en Europe. Elle semble ignorer que nous sommes  dans un monde où le réchauffement climatique  accroît  l’insécurité  alimentaire. Laisser 10% des terres agricoles européennes en friche  et étendre  la superficie  forestière sans même évoquer l’agroforesterie  est pour le moins incohérent. De plus, la Commission occulte-  de manière totalement cynique, où par une totale méconnaissance de réalité- le fait  que pratiquer de la sorte  revient à ruiner les paysans  européens en les soumettant   à une concurrence encore plus déloyale que celle qu’ils subissent aujourd’hui. Car les exportateurs des pays tiers que nous avons cités  n’ont pas ces contraintes environnementales  à respecter. Cette double peine obligerait les paysans européens à moins produire via le gel des terre et la réduction des fertilisants. Mais elle leur imposerait des prix plus bas, en même temps, via la concurrence des produits importés depuis des  pays pratiquant le dumping  social, fiscal et environnemental.

Incompétence  et lobbying potentiellement corrupteur

Pendant  que l’Europe  planterait 3 milliards d’arbres dans les 27 pays membres, ses importations accrues de viande bovines, porcines et de volailles auxquelles s’ajouteraient  le sucre de canne et le soja, cette politique d’importations accrues depuis le Brésil  se traduiraient par plus de 3 milliards d’arbres supplémentaires abattus  dans la forêt amazonienne. Dès lors se posent plusieurs questions. Faut-il  attribuer ces propositions de la Commission à  une incompétence  globale du collège des commissaires ? Doit ajouter que cette incompétence et  le cynisme qui va avec sont aggravés par le poids  des lobbyistes potentiellement corrupteurs  qui agissent en permanence  dans les locaux de la Commission comme dans ceux du Parlement européen ?

Car le lobbying est une pratique admise de longue date  auprès de la Commission européenne,  comme auprès du Parlement européen. Pour le «moraliser», la  Commission et le Parlement ont même créé le 23 juin 2011 « un registre  de la transparence, commun et public, en vue  de fournir des informations sur ceux qui cherchent  à influencer les politiques européennes». Ecrire cela c’est déjà  reconnaître que ces lobbyistes ont des intentions plutôt louches et ce rappel figure dans une note récente du Parlement  européen. Cette note nous indique aussi  qu’en « janvier 2020, 11.882 organisations  étaient inscrites au registre, dont  7.526 personnes accréditées auprès  du Parlement européen. L’inscription à ce registre  est obligatoire pour obtenir un badge d’accès en tant que lobbyiste pour le Parlement européen », lit-on dans cette note. Mais on n’y trouve aucune information sur les méthodes utilisées  par ces lobbyistes  pour tenter d’influencer la politique de la Commission et du Parlement en faveur d’intérêts très particuliers.

Ne pas confier  à des pyromanes la mission de pompier

 A Paris, le Conseil économique,  social et environnemental (CESE) a rendu public le 27 mai dernier son avis intitulé «Le rôle de l’Union européenne  dans la lutte contre la déforestation importée ». La déclaration du CESE  indique que  « la déforestation en Amazonie  atteignait un nouveau record, avec la disparition  de 1.202 kilomètres carrés  de forêt de début janvier à la fin janvier  2020, soit une augmentation  de 55% par rapport à la même période l’année dernière, selon   les données de l’Institut national de recherche spatiale  du Brésil (INPE) ». Du coup, « le CESE préconise d’adopter en 2020 un Plan d’action de l’UE contre la déforestation importée sous la responsabilité du Conseil européen, dont le suivi  et la coordination seront confiés au vice-président  de la Commission européenne en charge du Pacte vert pour l’Europe, sous la supervision et le contrôle du Parlement  européen ».

Cette préconisation  semble cohérente a priori. Mais elle semble ignorer les conséquences à venir  du « Pacte vert » de Bruxelles sur « la déforestation importée ». Agé de 59 ans, l’actuel  vice-président  de la Commission européenne  en charge du Pacte vert  pour l’Europe  est le social-démocrate néerlandais Frans Timmermans. Sa carrière débute en 1987 comme diplomate, mais il rejoint la Commission européenne den  1994 comme assistant  du commissaire  Hans van den Broek . De 2007 à 2014, il a été ministre des Affaires étrangères de son pays avant de devenir commissaire européen en 2014, puis  vice-président depuis 2019 dans le cadre de son second mandat.

C’est donc à cet homme  que le CESE demande  d’arrêter « la déforestation importée».

Le CESE  demande donc  au pompier Frans Timmermans d’éteindre l’incendie   en Amazonie en ne voyant pas que ce qu’il préconise pour l’Europe  fait de lui un pyromane en Amérique du sud et ailleurs.

 

 

Partager cet article
Repost0
6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 05:35

 

Le lancement, samedi 30 mai, de deux astronautes par la société privée SpaceX filiale spatiale du groupe (1) d’Elon Musk, redonnant ainsi aux États-Unis la capacité d’envoyer eux-mêmes des humains dans l’espace, marque une nouvelle étape dans la privatisation et la militarisation de l’espace.

 

 

En ce début de XXIe siècle le capitalisme étatsunien s’est trouvé une nouvelle « destinée manifeste » (2) avec l’espace. Ce choix stratégique avait été initié par l’administration d’Obama avec le Space Act autorisant les entreprises privées des États-Unis à s’emparer des ressources de l’espace, en violation des traités internationaux.

De la maîtrise du devenir de notre planète aux crises climatiques, de l’Internet des objets à la téléchirurgie, de la géolocalisation à la locomotion autonome, de l’agriculture raisonnée à l’industrie 4.0, de la biologie en microgravité à la compréhension de notre galaxie, l’avenir des progrès scientifiques, technologiques, économiques, écologiques et sociaux s’écrivent dans l’espace. Or, on est entrés dans un nouvel âge spatial, où l’accès à l’espace n’est plus un monopole étatique, où des acteurs privés comme Blue Origin (Amazon) et SpaceX pratiquent un low cost spatial largement financé par les commandes du Pentagone et de la Nasa, où des constellations de centaines de minisatellites et de nanosatellites en orbite basse vont se multiplier.

L’espace est devenu un enjeu stratégique majeur pour l’avenir des sociétés humaines. En effet, l’actuelle globalisation de la production et des échanges ne peut fonctionner sans les satellites de géolocalisation et de télécommunication. Des programmes européens, comme le Copernicus de surveillance de l’état de la terre, sont déterminants pour l’avenir de l’humanité et la maîtrise de son environnement écologique. De même, l’existence de Galileo comme alternative au monopole du GPS américain est décisive pour garantir l’indépendance économique et l’autonomie stratégique de l’Europe et de la France.

Jusqu’à une période récente, l’usage militaire de l’espace se limitait à trois fonctions : le recueil de renseignements (images, écoutes…), la transmission sécurisée de données par des satellites de télécommunication et la géolocalisation, et les aides à la navigation pour guider les armées et effectuer des frappes dites de précision sur l’adversaire (le GPS américain, le Glonass russe, le Beidou-2 chinois et, depuis peu, le Galileo européen). L’usage militaire de l’espace ne jouait pas un rôle offensif direct, en dépit de diverses expérimentations d’armes antisatellites et des plans fantasmagoriques de la guerre des étoiles de Reagan.

L’espace était régi par le Traité international de 1967, complété par la Convention de 1972 sur les responsabilités pour les dommages causés par des objets spatiaux. Ce traité interdit explicitement la mise en orbite d’armes nucléaires ou de destruction massive. Il prohibe l’utilisation de la Lune et tout autre corps céleste à des fins guerrières, en proscrivant explicitement leur usage pour tester des armes quel qu’en soit le type, conduire des manœuvres militaires, établir des bases militaires, des installations ou des fortifications. De plus, le traité fait aussi défense de s’arroger des ressources extraterrestres en établissant une propriété privée. Mais, depuis une dizaine d’années, deux camps s’opposent autour de ce traité. D’un côté, les États-Unis, les puissances européennes et le Japon qui prônent la militarisation et son ouverture à son exploitation via des concessions et un régime de propriété privée. Et de l’autre, soixante-dix-sept nations emmenées par la Russie et la Chine qui proposent de renforcer le Traité de 1967 par un nouveau traité, le PPWT (3), qui bannirait toutes les armes de l’espace, quelle que soit leur nature, et qui prohiberait le recours à la force et à la menace d’y recourir contre des objets spatiaux, y compris avec des armes susceptibles de viser un satellite – missile ou système incapacitant, comme les lasers – depuis la Terre.

Il y a une continuité politique d’Obama à Trump sur les enjeux spatiaux. Obama, en 2015, par le Space Act violant le Traité de 1967, a autorisé les entreprises des États-Unis à s’emparer des ressources de l’espace. Trump, avec la création de son armée de l’espace, a officialisé la stratégie de militarisation de l’espace par les États-Unis, liée à son exploitation par les firmes capitalistes globalisées de son pays. Historiquement, c’est en grande partie à partir des retombées des avancées technologiques développées avec le programme Apollo que les entreprises étatsuniennes ont construit leur domination sur la révolution numérique.

Malheureusement, tel un mauvais imitateur, Macron, avec bien sûr des moyens et des objectifs plus modestes, a emboîté le pas aux États-Unis en créant une branche spatiale des armées le 14 juillet 2019.

La France est la quatrième puissance spatiale, elle est le moteur de l’Europe dans ce domaine. Mais force est de constater qu’alors que les États-Unis dépensent annuellement 40 milliards pour le spatial, l’Europe n’en investit que 7 milliards et laisse supprimer un quart des effectifs d’Arianegroup, et cela avant même la crise du Covid-19. Les États-Unis réservent aux entreprises américaines comme SpaceX tous ses lancements institutionnels, alors que l’Europe met en concurrence Arianespace. C’est pourquoi, face à l’enjeu stratégique de l’espace, la France et l’Europe devraient constituer un pôle public spatial européen sous la responsabilité de l’ESA et établir le monopole par Arianespace des lancements institutionnels des pays membres de l’Union européenne. Dans le même mouvement, elle devrait renforcer sa coopération avec la Chine, la Russie et tout autre pays, pour aboutir à la signature du PPWT et à la sanctuarisation de l’espace comme un bien commun de l’humanité tout entière.

 

Yann Le Pollotec, commission Défense nationale-Paix.

_______________________________

1. Tesla (voiture électrique et véhicule autonome), Powerwall (batterie), OpenAI (intelligence artificielle), Hyperloop (train subsonique en tube), Neuralink (neurologie et intelligence artificielle), The boring Company (réseau de transport urbain à haute vitesse), Elon Musk a aussi fondé le moyen paiement en ligne Paypal et la banque en ligne X.com

2. La « destinée manifeste » est une doctrine idéologique né en 1845 qui veut que les États-Unis aura pour mission divine son expansion vers l’Ouest. Une fois la conquête de l’Ouest achevée, cette doctrine a servi de fondement idéologique à l’impérialisme des États-Unis et à leur volonté d’imposer partout dans le monde « l’american way of life »

3. Traité sur la prévention du placement d’armes dans l’espace ou de l’usage de la force contre des objets dans l’espace ou Treaty on the Prevention of the Placement of Weapons in Outer Space, the Threat or Use of Force against Outer Space Objects

 

Partager cet article
Repost0
5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 05:00
Etats-Unis, Europe: droits des travailleurs, la chasse est ouverte (Bruno Odent, 4 juin 2020, L'Humanité)
Jeudi, 4 Juin, 2020
Etats-unis, Europe : droits des travailleurs, la casse est ouverte

Allongement « temporaire » du temps de travail, baisse du salaire minimum, voire dérogations sur la sécurité sont avancés de Washington à Berlin en passant par Paris. Sous couvert de favoriser un redémarrage rapide et compétitif, patronat et libéraux lancent une offensive brutale. La course au dumping social a (re)commencé.
 

 

Le patronat a sonné sa charge du déconfinement. « Après une crise exceptionnelle qui a si largement amputé la production de richesse », il faudrait, soulignent nombre d’organisations, comme, en France, l’Institut Montaigne proche du Medef, « avoir l’audace » de dérogations au moins provisoires aux réglementations sociales et environnementales, et s’affranchir des contraintes que font peser ces « normes sociales sur la compétitivité ». Autrement dit : l’heure serait à un dumping multiforme pour sauver les économies. Cette offensive augure d’un formidable aiguisement de la lutte de classe.

Trump appelle à « la plus grande souplesse »

À l’avant-garde de la dérégulation, on retrouve, sans surprise, les États-Unis de Donald Trump. Le locataire de la Maison-Blanche a signé, le 19 mai, une ordonnance demandant à toutes les agences fédérales états-uniennes de montrer « la plus grande souplesse » dans l’application « des réglementations fédérales » pour « accompagner un prompt rétablissement de l’économie ». Sont visés rien de moins que le salaire minimum ; les règles portant sur le montant des heures supplémentaires ; la sécurité au travail ; la protection des consommateurs ou même celles visant à contrôler « les excès » de la spéculation financière.

Un forcing à un retour rapide des firmes états-uniennes en pole position peut ainsi être entamé. Quitte à interpréter de « façon très souple », ou à carrément s’asseoir, le cas échéant, sur une réglementation jugée « par trop contraignante ». Plusieurs organisations de la droite nationale-libérale ultra ne se contentent pas d’applaudir : comme The Heritage Foundation (Fondation du patrimoine), qui conteste régulièrement jusqu’à la légalité des droits syndicaux, elles plaident pour que les « assouplissements » envisagés ne soient « pas limités à la période de la crise du Covid-19 » mais « deviennent permanents ».

Les raisons pour lesquelles l’administration Trump s’engage ainsi à fournir immédiatement les armes aux firmes de son pays pour qu’elles écrasent une partie de leurs dépenses salariales ou sociales sont limpides : il faut leur donner les moyens de vite revenir en force sur un marché international où les couteaux sont déjà tirés, pour être les premières, donc les plus… compétitives.

Le syndicat états-unien AFL/CIO, peu coutumier de réactions vigoureuses à l’égard de l’exécutif, a réagi immédiatement à l’ordonnance Trump du 19 mai en prévenant : « Nos dirigeants élus doivent agir en conformité avec les intérêts des salariés, de l’emploi, des services publics et des protections sociales. Le mouvement syndical n’acceptera rien de moins que cela. »

En france, la haine des 35 heures

De l’autre côté de l’Atlantique, une offensive de même type est engagée pour baisser « les coûts » salariaux et sociaux. Les mêmes justifications sont avancées. Le vénérable Institut Montaigne, think tank du patronat français, revendique des « aménagements nécessaires » pour « être en capacité de faire face » dans un monde de concurrence exacerbée. Ses « experts » arguent qu’un allongement du temps de travail serait une « solution inéluctable » et ont placé, une nouvelle fois, les 35 heures dans leur ligne de mire.

La vieille antienne sarkozyste du « travailler plus pour gagner plus » revient en force. Le patron des patrons français, Geoffroy Roux de Bézieux, enfonce le clou sacrificiel : « Il faudra, dit-il, se poser tôt ou tard la question des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire. »

Les dirigeants politiques français sont très perméables à cette idée. Le chef des Républicains, Christian Jacob, n’écarte pas l’hypothèse d’un retour aux 40 heures en expliquant doctement sur France Inter que « cette réponse permettrait de gagner sur les fronts du pouvoir d’achat et de la compétitivité des entreprises ».

Au sein de l’exécutif hexagonal, on s’est mis d’évidence sur une longueur très voisine. Même si on avance plus prudemment, compte tenu des réactions très fortes enregistrées du côté de la gauche et des organisations syndicales. « L’enjeu, c’est de permettre à tout le monde de reprendre le travail plein pot. (…) Il faudra probablement plus travailler que nous ne l’avons fait avant », relève la secrétaire d’État à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher. Le premier ministre, Édouard Philippe, est plus évasif, mais quand il est interpellé sur le sujet, sa réponse ne laisse quasiment aucune place au doute : « Si nous voulons dépasser ce cap et ce coup dur (de la crise-pandémie – NDLR), dit-il, il faudra nous en donner les moyens. »

Les conquis sociaux sont présentés ainsi, à chaque fois, comme des fardeaux dont il faudrait se débarrasser au plus vite si l’on veut avoir une chance de retrouver les équilibres essentiels. Lesquels ne se mesurent toujours pas en dépit des brutaux enseignements des crises, sanitaire et économique, à des critères d’utilité sociale ou publique. Mais à ceux de la compétitivité, des profits et de l’enrichissement des actionnaires.

Le patronat allemand dans les starting-blocks

En Allemagne, moins touchée par le Covid-19, le patronat s’est lancé, avec un temps d’avance, dans cette course effrénée au dumping social pour virer en tête sur les marchés de l’Europe et du monde déconfinés. Des parlementaires du Parti chrétien-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel n’ont pas hésité à relayer au Bundestag l’appel du patronat en réclamant rien de moins qu’une « baisse du salaire minimum ». Dans un « programme pour la croissance de l’Allemagne », ces députés, membres de la puissante commission Économie et Énergie de la CDU, soulignent le besoin de « donner à l’économie les meilleures chances pour la reprise ». Sous le feu des critiques des syndicats, de Die Linke et du SPD, la proposition a été, pour l’heure, remisée. Elle confirme néanmoins que chacun se prépare à un retour à la « normale » très brutal, marqué par des surenchères antisociales aussi dévastatrices pour la cohésion intérieure des différents pays que pour les équilibres intra-européens. Au détriment de pays qui, comme l’Espagne et son nouveau gouvernement de gauche (lire ci-contre), ont augmenté en 2019 le salaire minimum et cherchent aujourd’hui à protéger leurs citoyens les plus démunis avec le versement d’un revenu minimum garanti.

Bruno Odent
Partager cet article
Repost0
4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 05:31
Ismael González, du Parti communiste espagnol, membre d'Izquierda Unida (gauche unie)

Ismael González, du Parti communiste espagnol, membre d'Izquierda Unida (gauche unie)

Jeudi, 4 Juin, 2020
Espagne « le choix d’une société solidaire est posé aux européens »

Le 29 mai, le gouvernement espagnol a adopté un revenu minimum vital. Un certain nombre d’autres mesures sont prévues dans un « bouclier social » qui doit répondre à la violente crise économique qui s’annonce. Ismael González, d’Izquierda Unida (gauche unie), nous explique ces projets.
Ismael González Membre du Parti communiste espagnol et responsable d’Izquierda Unida (IU)

 

En période de crise économique, l’adoption du revenu minimum vital est-elle déjà une victoire ?

Cette initiative fait partie d’un ensemble de mesures portées par le projet de « bouclier social » mis en place au début de la crise sanitaire pour protéger au maximum les Espagnols. Celles-ci s’appuient sur l’accord de coalition gouvernementale entre le Parti socialiste (PSOE) et Unidas Podemos qui avait été conclu avant la crise, les forces de gauche souhaitant des engagements forts sur un certain nombre de mesures comme le maintien des services publics, la remise en cause de la réforme du marché du travail adoptée par le Parti populaire (droite conservatrice)… Il s’agit de remettre les personnes au cœur du projet et non plus les profits économiques.

La pandémie nous a poussés à adopter en priorité des mesures pour garantir la protection de l’emploi et des travailleurs avec le chômage partiel, le contrôle des prix, notamment sanitaires, la lutte contre la spéculation, l’interdiction des licenciements et des expulsions…

L’exécutif semble déterminé à appliquer d’autres mesures comme la taxe sur le patrimoine. Peut-il y parvenir ?

L’ensemble de ces mesures n’a pas été facile à obtenir, y compris au sein du gouvernement. Mais cette crise a révélé beaucoup d’incohérences : la casse des services publics et les inégalités fiscales. En tant que membre de la coalition, Unidas Podemos a avancé des propositions sur la fiscalité afin d’assurer une meilleure répartition des richesses. La mesure de taxer davantage le patrimoine des plus riches va dans ce sens. Elle s’inscrit dans un processus de reconstruction du pays.

Nous ne pouvons pas sortir de cette crise avec davantage de privatisations. Au contraire, elle a révélé l’utilité d’un nombre important de métiers essentiels et mal rémunérés : les agents de la propreté, les personnels de santé et de l’éducation, la police. Il faut les renforcer. Pour qu’elle fonctionne correctement, nous devons revenir à une société plus solidaire, qui travaille en commun. Le processus d’individualisation dicté par le simple profit économique a démontré son incapacité à résoudre une telle crise.

La droite et l’extrême droite mènent une bataille médiatique contre vos projets. Cela vous inquiète-t-il ?

L’extrême droite en Espagne assume les mêmes positions qu’en Amérique latine, en remettant en cause la légitimité du gouvernement. Cette stratégie extrêmement dangereuse ne s’accompagne d’aucune proposition politique. Son discours est contradictoire : au début de la crise, elle a reproché au gouvernement de ne pas être assez dur sur les mesures de confinement. Aujourd’hui, elle nous reproche de les maintenir. Le plus grave, c’est que la droite tienne le même discours que l’extrême droite. Le risque est bien réel pour notre système démocratique face à l’exhortation de la haine. Heureusement, la majorité de l’opinion y est opposée. Les hommages qui ont lieu à 20 heures, quotidiennement, pour défendre les services publics sont la meilleure des réponses.

Les choix portés par la coalition espagnole se démarquent des autres gouvernements en Europe. Cela peut-il les amener à sortir de leur logique libérale ?

Nos propositions doivent permettre une autre réflexion. Car nous n’avons pas le choix. C’est une question de vie ou de mort. Il faut que l’Europe soit capable de sauver des vies, d’assurer des acquis sociaux pour que les populations puissent vivre dignement. Le choix de construire une société plus égalitaire est posé à l’ensemble des Européens. Et l’Espagne ne sera pas seule dans cette bataille. Au Portugal, en Italie, les mêmes revendications surgissent. La droite est divisée sur ce modèle néolibéral qui a été renforcé lors de la crise de 2008.

Entretien réalisé par Vadim Kamenka
Partager cet article
Repost0
1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 07:20
Etats-Unis/George Floyd : C'est toute la société américaine qui étouffe (PCF, 30 mai 2020) - et article de Rosa Moussaoui dans L'Humanité, 31 mai
Etats-Unis/George Floyd : C'est toute la société américaine qui étouffe (PCF, 30 mai 2020) - et article de Rosa Moussaoui dans L'Humanité, 31 mai
Publié le 30/05/2020 par PCF
Etats-Unis/George Floyd : C'est toute la société américaine qui étouffe

Le meurtre de George Floyd par des policiers lundi dernier à Minneapolis soulève partout aux Etats-Unis l'indignation et la colère. Des dizaines de milliers de manifestants jour et nuit dans tout le pays crient justice. Ce que les Américains veulent c'est mettre à bas le racisme systémique étasunien.

L'exaspération et les frustrations de ces derniers jours conduisent à des scènes d'émeutes dont les principaux responsables sont la politique de Donald Trump et les forces de l'ordre.

« I can't breathe », « Je ne plus respirer » les derniers mots de George Floyd, mort étouffé par un policier, a mis le feu aux poudres dans une société profondément inégalitaire. Les Afro-Américains qui représentent environ 15% de la population restent les grands laissés pour compte comme l'a montré, encore récemment, le nombre de victimes du Covid19 et les cohortes de femmes et d'hommes précipités dans le chômage et la pauvreté par la crise. Près de 40 millions d'Américains ont fait une demande d'indemnité chômage depuis mars.

Depuis le puissant mouvement #BlackLivesMatter de 2016, rien n'a été fait par les dirigeants étasuniens et l'Administration Trump pour mettre fin au racisme structurel qui mine la société et qui, avec les préjugés de classe, structure les comportements policiers. Bien au contraire les meurtres, manifestations, actes racistes et violences de classe ont augmenté, encouragés par les déclarations et actions du président Trump. Et le nombre de jeunes Afro-Américains parmi les victimes de la violence policière reste plus 20 fois plus élevé que dans les autres catégories de la population. « I can't breathe » : c'est toute la société étasunienne qui étouffe.

Le Parti communiste français (PCF) tient à apporter son soutien à la famille de George Flyod et au mouvement pour les droits civiques, l'égalité et la justice aux Etats-Unis, aux forces démocratiques et de gauche qui combattent la politique de Donald Trump et veulent transformer la société américaine. Ce que les Américains veulent pour mettre fin à ce régime d'injustice insupportable c'est une politique de luttes contre les inégalités socio-économiques, une réforme démocratique de la justice, et une démilitarisation et redéfinition de la doctrine policière.

Dimanche, 31 Mai, 2020 -L'Humanité
Le dernier regard de George Floyd, cruel miroir tendu à l’Amérique raciste

Les nuits d’émeutes et les manifestations se succèdent, des voix s’élèvent pour appeler à s’organiser politiquement contre un système qui perpétue les discriminations et l’injustice sociale.

 

L’incendiaire de la Maison Blanche galvanise ses « MAGA » (1), promet le carnage en réponse au pillage, fait déployer soldats de la Garde nationale, incrimine « les antifas et la gauche radicale ». Sans parvenir à endiguer le débordement de colère suscité par l’assassinat le 25 mai dernier, de George Floyd, un Africain-Américain de 46 ans, au cours de son interpellation par des policiers de Minneapolis. Partout dans le pays, d’imposantes manifestations se sont encore formées samedi pour exiger justice et dénoncer le racisme et la violence sociale et policière structurelle dirigée contre les Noirs. Alors que se succèdent les nuits d’émeutes, certains de ces rassemblements ont donné lieu à des affrontements avec la police : plus de 200 personnes ont été arrêtées à New York, une centaine à Los Angeles. L’annonce, vendredi, de l’arrestation de Derek Chauvin, le policier filmée les mains dans les poches, son genou sur le cou de la victime, et de son inculpation pour « homicide involontaire » et « acte cruel et dangereux ayant causé la mort » de George Floyd n’a pas apaisé les esprits. Les manifestants demandent que cet agent maintes fois signalé pour « usage excessif de la force », impliqué dans de nombreux tirs mortels sur des « suspects », soit poursuivi, avec ses coéquipiers, pour « homicide volontaire ». Par delà l’émotion, la rage et l’exigence de justice pour George Floyd, la mobilisation prend un tour très politique, laissant entrevoir, à quelques mois du scrutin présidentiel, une lame de fond. « La taille et l’impact des manifestations, partout, montrent la vraie nature nationale et historique de ce qui se passe. Ce n’est plus seulement une protestation demandant justice pour George Floyd, cela devient une révolte sociale générale contre la violence d’un système raciste policier et carcéral », analyse Libero Della Piana, du People’s action institute, qui voit dans la mobilisation en cours la manifestation d’un processus politique en maturation depuis des décennies, « un débordement de rage contre une société qui a aliéné socialement et économiquement des millions d’individus ». Dans un contexte où les Africains-Américains  ont payé un lourd tribut à la pandémie de coronavirus et à l’impéritie de l’administration Trump devant cette crise, Alexandria Ocasio Cortez, la plus jeune élue au Congrès, soutien de Bernie Sanders lors de la primaire démocrate, insiste elle aussi sur les tirs croisés des injustices sociales et des violences policières. « Si vous essayez d’appeler à la fin des troubles, mais que vous ne considérez pas la santé comme un droit humain, que vous craignez de dire que les vies des Noirs comptent, que vous avez trop peur d’évoquer les violences policières, alors vous n’appelez pas à la fin des troubles, s’insurge-t-elle. Vous appelez à ce que l’injustice continue, à ce que le peuple endure encore en se taisant la violence de la pauvreté, de l’accès entravé au logement, de la brutalité policière. »

« Il est temps de battre dans les urnes tous les procureurs que vous n’aimez pas... » 

Indéniablement, l’agonie de George Floyd, capturée en direct dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, ébranle un système meurtrier pour les pauvres, pour les Noirs, et clément pour les suprémacistes blancs disposant de relais et de complaisances à tous les échelons de la justice et du pouvoir politique, jusqu’à la présidence. Pour démanteler cette toile, le feu n’est pas seulement inopérant : Donald Trump ne l’appelle-t-il pas de ses vœux, pour s’assurer la victoire cet automne ? Ces dernières heures, des voix nombreuses se sont élevées pour appeler à dépasser le stade de l’émeute, toujours profitable aux pouvoirs jouant de la carte du rappel à l’ordre. Parmi ces voix, celle du rappeur Killer Mike, qui s’est adressé au bord des larmes, samedi, aux manifestants d’Atlanta : « Il est de votre devoir de ne pas brûler vos maisons. Il est de votre devoir de renforcer vos propres maisons pour en faire des refuges en période d’organisation. C’est le moment de comploter, de planifier, d’établir des stratégies, de s’organiser et de se mobiliser. Il est temps de battre dans les urnes tous les procureurs que vous n’aimez pas. Il est temps de tenir pour responsables les maires, leurs bureaux, les chefs et leurs adjoints. (…) La prochaine étape, c’est d’user de votre pouvoir politique pour aller aux élections et battre les politiciens que vous n’aimez pas. » Décrit par ses proches comme un « doux géant », père aimant de deux enfants, George Floyd était une figure appréciée de la scène musicale à Minneapolis, l’un de ces millions de travailleurs ayant perdu leur emploi dans la crise économique provoquée par la pandémie. Son dernier regard, sous la botte des policiers qui l’ont étouffé à mort, tend un cruel miroir à cette Amérique qui n’a jamais rompu, en vérité, avec la loi de Lynch.

(1) « Make America great again », acronyme désignant les supporters de Donald Trump.
Rosa Moussaoui
Partager cet article
Repost0
1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 06:48
publié le 29/05/2020
Non à la destitution du député communiste chilien Hugo Gutiérrez

Dans un contexte de puissante mobilisation populaire depuis plusieurs mois d'un mouvement social qui touche tout le Chili, la répression ne cesse de monter d'un cran chaque jour.

La coalition de droite "Chile Vamos", soutien du président Sebastián Piñera, vient de s'en prendre au député communiste Hugo Gutiérrez en l'accusant de troubler l'ordre public et d'inciter à la haine par la publication sur les réseaux sociaux de dessins qui seraient offensants pour le président de la République, Sébastian Piñera.

Sur ces accusations, elle demande au Tribunal Constitutionnel, la destitution du député communiste. Ce Tribunal bien connu pour être l'un des "pouvoirs de fait" au Chili et s'est distingué récemment en rendant des sentences pour la libération des anciens militaires responsables de graves violations des droits humains.

S'attaquer à Hugo Gutiérrez n'est pas neutre pour le pouvoir chilien. C'est s'attaquer à une longue histoire en matière de défense des droits humains, de la lutte contre la dictature de Pinochet jusqu'à aujourd'hui.

C'est aussi s'attaquer à l'un des principaux promoteurs de la bataille pour une nouvelle Constitution par voie d'assemblée constituante et fondée sur la souveraineté populaire, et infatigable initiateur législatif pour la défense des intérêts des classes populaires du peuple, de leur souveraineté et des habitants et travailleurs du district qu'il représente.

La véritable raison de cet acharnement est de frapper les figures de l'opposition, en particulier le Parti communiste chilien qui occupe une place particulière dans le mouvement populaire, et de chercher à étouffer la protestation sociale et la capacité d'action de celles et ceux qui contestent et combattent la politique de Pinera.

Le Parti communiste français, ses élu-e-s dénoncent cette action de la droite chilienne dont la stratégie autoritaire, répressive et réactionnaire vise à réduire ce qu'il reste d'espace démocratique dans la société chilienne.

Le PCF s'insurge contre la procédure de destitution du député Hugo Gutiérrez présentée par des députés de la coalition gouvernementale «Chile Vamos» et lui apporte tout son soutien, ainsi qu'au peuple chilien, au Parti communiste chilien, à toutes les forces progressistes et militants des droits humains.

Parti communiste français
Paris, le 28 mai 2020

Partager cet article
Repost0
1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 05:22
L’imposture franco-allemande à 500 milliards - Jeudi 28 mai, Patrick Le Hyaric, L'Humanité
Patrick Le Hyaric - L'Humanité
Jeudi, 28 Mai, 2020
L’imposture franco-allemande à 500 milliards
 

Le vacarme produit par une certaine sphère médiatique pour vanter un prétendu plan de 500 milliards décidé par M. Macron et Mme Merkel est une dangereuse opération de communication et d’enfumage. Elle pourrait coûter fort cher aux familles populaires.

D’abord, il s’agit d’une proposition destinée à la Commission européenne qui doit obtenir le consensus des vingt-sept États membres de l’Union. Cette dernière s’est empressée de trouver l’idée géniale, à condition évidemment que cette somme soit destinée à « financer certaines réformes structurelles pour améliorer la compétitivité ». Un vice-président de la Commission a immédiatement expliqué que ceci s’inscrit dans ce qui est baptisé « semestre européen ». Langue de bois bruxelloise désignant un dispositif européen de coordination des politiques économiques visant à obliger chaque pays à réduire les crédits publics et à détruire un à un les outils de solidarité et les conquis sociaux pour « améliorer la compétitivité ». « C’est essentiellement selon ce concept que nous financerons les réformes et les investissements des États membres », a insisté le vice-président de la Commission. Autrement dit, les conditionnalités d’octroi des aides à un pays ne cherchent ni le progrès social ni le progrès écologique mais visent, au nom de la sacro-sainte compétitivité, à détruire les États sociaux. Exactement ce qui a conduit à désarmer les pays face à l’actuelle pandémie. Ces mandataires des puissances d’argent présentent les bas salaires, les destructions des systèmes de retraite et de la Sécurité sociale, ou la saignée de l’hôpital public comme des « avantages compétitifs ».

Ajoutons que l’argent ainsi promis serait emprunté sur les marchés financiers. Il viendra alimenter l’infernale spirale de la dette des États que les taux d’intérêt ne cessent de faire grossir alors que les banques privées reçoivent de la monnaie gratuite de la Banque centrale européenne. Ces mêmes banques privées prêtent ensuite cet argent, additionné de taux d’intérêt, aux États dont les gouvernements brandissent l’impérieuse nécessité de réduire « la dépense publique » et, pour cela, d’imposer l’austérité à leurs populations.

Voilà comment on continue d’enchaîner les peuples avec ce fameux boulet de « la dette », qui sert à alimenter de menaçantes bulles spéculatives. Ainsi, la prétendue relance du couple franco-allemand n’est pas liée à des projets nouveaux de coopération pour des investissements productifs visant la transition environnementale et le progrès social, mais elle a vocation à nourrir les ogres de la finance.

Les explications et les combats doivent reprendre sur la nature de « la dette » comme rouage du capitalisme mondialisé. Il est possible de la renégocier et de l’annuler à condition de ne pas considérer l’argent comme une marchandise valorisable mais bien comme un instrument d’échange. Dans l’immédiat, un fonds de solidarité européen destiné au progrès humain et écologique pourrait être créé. Un tel fonds, relié à la Banque centrale européenne, pourrait décharger les États de leur dette en la prenant à son compte. Il mettrait en place les conditions pour que les milliards créés par la Banque centrale ne soient pas dirigés vers les banques privées mais vers les banques publiques nationales comme la Caisse des dépôts et la Banque publique d’investissement. Celles-ci pourraient financer les services publics, les collectivités locales et des entreprises dès lors qu’elles s’engagent sur le maintien de l’emploi, le développement de la formation, la réduction du temps de travail et un processus d’application des normes pour préserver le climat et la biodiversité.

Une telle réorientation ne peut s’obtenir que par une mobilisation populaire qui peut intéresser de larges secteurs de la société. Ce moment de débats peut y être propice. En fait le choix est simple : soit celui des intérêts de la finance vorace, soit ceux du travail et de la nature.

Patrick Le Hyaric
Partager cet article
Repost0
25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 19:15
Proche-Orient. La dignité des Palestiniens face à l’annexion programmée (Pierre Barbancey, 22 mai 2020)
Vendredi, 22 Mai, 2020
Proche-Orient. La dignité des Palestiniens face à l’annexion programmée

Mahmoud Abbas déclare ne plus être lié par les accords avec Israël et les États-Unis. La décision du gouvernement Netanyahou viole le droit international et signe la mort d’une solution à deux États. Mais aucune sanction n’est envisagée.

 

Peut-être emportés par leur allégresse d’une annexion prochaine de la quasi-­totalité des territoires occupés, les dirigeants israéliens et états-uniens en avaient visiblement oublié l’existence du peuple palestinien. Depuis la fin du mois de janvier et l’annonce officielle de « l’accord du siècle » concocté par les services de Donald Trump en lien avec les équipes de Benyamin Netanyahou sans la moindre information fournie aux Palestiniens, tout se passe comme si « un peuple sans terre » allait enfin mettre la main sur une « terre sans peuple », pour reprendre l’un des slogans sionistes les plus connus et les plus usités. L’histoire a déjà montré l’inanité d’une telle idée, mais, triste ironie, à terme, les Palestiniens pourraient devenir ce « peuple sans terre ».

Alors que se profile la date du 1er juillet, moment à partir duquel le nouveau ­gouvernement israélien doit se prononcer sur sa stratégie pour traduire dans les faits le plan du président américain, le président palestinien, Mahmoud Abbas, est venu se rappeler au bon souvenir de ceux qui voudraient le compter, lui et son peuple, pour quantité négligeable. Il avait déjà annoncé la rupture de « toutes les relations » avec Israël et les États-Unis après l’annonce du plan qui prévoit ­notamment l’annexion de la vallée du Jourdain et des colonies juives en Cisjordanie. Ce qui n’avait pas gêné le moins du monde Washington et Tel-Aviv. D’ailleurs, dimanche, lors du vote de confiance du Parlement israélien, qui lui donnait un nouveau mandat de 18 mois en tant que premier ministre, Benyamin Netanyahou ne le ­cachait pas : « Voici la vérité : ces territoires sont là où le peuple juif est né et s’est développé. Il est temps d’appliquer la loi israélienne et d’écrire un nouveau chapitre glorieux dans l’histoire du sionisme. » Et le même d’ajouter une « vérité, et tout le monde le sait, c’est que les centaines de milliers de résidents de Judée-Samarie (terme utilisé par les autorités israéliennes pour parler de la Cisjordanie – NDLR) resteront toujours chez eux, quel que soit l’accord de paix trouvé in fine ». Quant à Benny Gantz, qui a passé un accord gouvernemental avec lui, et que certains voudraient présenter comme un modérateur, il n’a pas eu un seul mot pour évoquer l’annexion.

La division continue entre les organisations palestiniennes

Autant dire que les accords d’Oslo de 1993, bien que politiquement morts parce que jamais appliqués par la force occupante, sont aujourd’hui caducs. C’est ce qu’a ­entériné, mardi, Mahmoud Abbas en déclarant que les Palestiniens ne se sentent plus liés « à tous ces accords et ententes avec les gouvernements américain et ­israélien, et toutes ces obligations basées sur ces ententes et ces accords, y compris celles relatives à la sécurité ». Certes, ce n’est pas la première fois que le président de l’Organisation de libération de la ­Palestine (OLP), seule signataire des accords d’Oslo et non pas l’Autorité palestinienne (AP), brandit la menace de rupture de la coopération sécuritaire avec Israël, mais sans grande application. Dans les faits, cette coopération fait de la police palestinienne des supplétifs de l’armée israélienne, en empêchant et en réprimant les manifestations aux abords des colonies de Cisjordanie, en fermant les yeux sur les incursions militaires israéliennes, voire en laissant s’infiltrer des commandos déguisés, comme cela s’est passé, mercredi, avec la tentative d’enlèvement de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri (lire notre article). Une attitude des forces sécuritaires de l’AP de plus en plus dénoncée ces dernières années par la gauche palestinienne, les associations et les mouvements de jeunes.

Le président palestinien ira-t-il jusqu’au bout de ses menaces ? Incontestablement, la majorité des Palestiniens le souhaitent, même si cela va signifier des difficultés supplémentaires. Les Israéliens, eux, ne veulent pas prendre en charge tout un déploiement sécuritaire dans les territoires qu’ils occupent car cela signifierait une mobilisation humaine et des dépenses financières qu’ils ne veulent pas assumer. Pour Mahmoud Abbas, 85 ans, dont l’entourage politique semble plus préoccupé par sa succession que par des initiatives politiques capables de donner un nouveau souffle à la lutte de libération, c’est sa dernière chance, alors que la division continue à régner entre les organisations palestiniennes, ouvrant la voie à des situations terribles. L’annonce, hier, de l’arrivée d’un charter affrété par les Émirats arabes unis (EAU) et rempli de matériel pour lutter contre le coronavirus, en est l’exemple type. Abu Dhabi a pris cette initiative en concertation avec les seules autorités ­israéliennes, pas avec l’Autorité palestinienne, qui a annoncé, la mort dans l’âme, son refus d’en prendre livraison.

Pour faire front face à Israël, la question de l’unité se pose avec encore plus d’acuité. Car, à l’instar des Émirats, les pétromonarchies du Golfe sont en pleine phase de normalisation avec Israël sur fond d’animosité envers l’Iran, et elles ne feront rien – hormis en paroles – pour empêcher l’annexion des territoires palestiniens. La Jordanie, seul pays arabe avec l’Égypte à avoir signé une paix avec Israël, montre les dents. Mais le souverain hachémite n’en a peut-être pas les moyens et semble donner des gages à son opposition islamiste qui commence à ébranler son trône.

Une politique coloniale pleinement assumée

Depuis Ben Gourion, fondateur de l’État d’Israël en 1948, la politique coloniale de ce pays s’est surtout caractérisée par le fait accompli. C’est encore ce qui se passe avec le plan Trump. L’annexion ne serait donc pas à remettre en cause, juste à l’aménager aux marges. On en oublierait presque que cette annexion remet en réalité en cause la solution à deux États, si l’on entend par État une entité viable économiquement et politiquement sur un territoire continu. Tout juste les Palestiniens pourraient-ils disposer de quelques arpents de terre… Quant à Jérusalem, il leur faudrait l’oublier puisqu’elle serait la capitale d’Israël.

L’Union européenne (UE) pourrait jouer un rôle historique. Mais ses divisions, alimentées par l’extrême droite qui dirige la Hongrie ou les conservateurs en Autriche, deux fervents soutiens ­d’Israël, empêchent de mettre en garde Tel-Aviv sur de possibles mesures de rétorsion, voire de sanction, en cas d’annexion. Or c’est le seul langage à tenir. Dire qu’il faut respecter le droit international est insuffisant. Après tout, l’UE s’y est résolue contre la Russie lors de l’annexion de la Crimée, mesure dont elle est incapable s’agissant d’Israël. Les 27 ne se mettant pas d’accord, de timides initiatives se font jour. Le 20 mai, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant de la France, Nicolas de Rivière, a déclaré qu’une annexion « y compris des seules colonies » constituerait une violation du droit international et « ne serait pas sans conséquences sur les relations de l’Union européenne avec Israël ». L’idée d’une initiative afin de permettre la reprise de négociations est sur la table. Mais pour l’heure, le plat est à disposition des Israéliens. Les Palestiniens, eux, n’ont même pas d’assiette.  

Pierre Barbancey
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011