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30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 08:34
Israël: la chasse aux enfants s'intensifie (Stéphane Aubouard, L'Humanité, 29 décembre 2017)

Il y a une semaine, Ahed Tamimi, 16 ans, icône aux boucles blondes de la lutte des enfants palestiniens contre Israël, était arrêtée à Nabi Saleh, au nord de Ramallah, en Cisjordanie occupée. Son crime? Avoir giflé des militaires israéliens qui quelques temps plus tôt avaient tiré à bout portant sur son cousin de 14 ans, Mohammed Tamimi. Une semaine plus tard, tandis que le jeune homme est toujours entre la vie et la mort, l'adolescente, qui devait initialement passer trois jours en garde à vue, attend toujours sa libération. Ce jeudi, elle comparaissait devant un tribunal militaire palestinien (*elle a été condamnée à deux ans de prison). 

Un scénario banal sur les bords de la mer Morte qui se nourrit notamment de la passivité de grandes démocraties occidentales sourdes et muettes. Les faits sont pourtant avérés et documentés. En 2015, l'ONU avait obtenu le témoignage de 122 enfants palestiniens de Cisjordanie arrêtés par les forces de sécurité israéliennes. Tous y ont vécu l'enfer: passage à tabac, coups de bâton, yeux bandés, coups de pied, violences verbales et menaces sexuelles (Assemblée Générale, Conseil de Sécurité, rapport du secrétaire général sur les enfants et les conflits armés, 2015). D'après un rapport de l'Unicef daté de 2016, plus d'un dixième des mineurs incarcérés en Israël sont mis à l'isolement pendant une durée moyenne de treize jours. Jeunes filles et garçons sont embastillés dans des cellules aveugles et sans commodités, une lampe allumée 24 heures sur 24. 

Depuis 2015, le nombre de mineurs détenus par Israël à explosé

L'ONG française Ensemble pour la justice en Palestine a récemment alerté sur le nombre croissant des enfants palestiniens emprisonnés. Entre 500 et 700 jeunes gens seraient ainsi jetés en prison chaque année en Cisjordanie. Depuis l'an 2000, plus de 8 000 mineurs ont été détenus, interrogés et inculpés par la justice militaire israélienne. Entre 2015 et 2016, leur nombre aurait triplé. "La plupart sont inculpés pour avoir lancé des pierres et 3 enfants sur 4 subissent des violences physiques lors de leur arrestation, transfert ou interrogatoire", peut-on lire sur le site. Certes, Israël n'est pas plus tendre avec ses propres enfants. Mais une différence de traitement s'opère dès lors que vous êtes né d'un côté ou de l'autre du mur de séparation. Un rapport du ministère britannique datant de 2012 la décrit avec précision: "Les enfants israéliens peuvent avoir accès à un avocat dans les 48 heures. Ils ne peuvent pas être emprisonnés avant l'âge de 14 ans. Les parents peuvent les accompagner durant l'audition par les forces de l'ordre et la justice", alors que "pour les enfants palestiniens, ils peuvent être incarcérés dès l'âge de 12 ans et détenus 90 jours sans avocat. Aucun enregistrement audio-vidéo n'est possible, ni accompagnement des parents". 

Une réalité qui perdure aujourd'hui sans la moindre réaction à l'échelle internationale. Pourtant, une fois la sentence rendue, 60% des mineurs incarcérés sont transférés des territoires occupés vers les prisons israéliennes, et ce en violation même de la quatrième convention de Genève. Théoriquement, celle-ci protège les civils aux mains d'un Etat ennemi contre l'arbitraire de celui-ci. 

Seule amélioration notable - sur la forme tout du moins - pour les enfants placés sous la férule de la justice israélienne: la création en 2009 de la Military Juvenile Court, une juridiction pour mineurs. Mais certains continuent de purger leur peine dans des prisons pour adultes. 

Stéphane Aubouard   

Ahed Tamimi

Ahed Tamimi

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30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 08:30
Georges Weah, élu président du Libéria avec pour co-présidente l'ex-épouse de Charles Taylor, ancien tortionnaire condamné par la justice internationale pour 50 ans de prison pour crimes contre l'Humanité (José Fort)
L’ex-star du football George Weah a donc été élu président du Liberia. Tous les commentaires ce matin dressent des portraits à la gloire de l’ancien du PSG, se félicitent du bon déroulement du scrutin et saluent un « exemple démocratique » pour l’Afrique.
Est-il permis, au milieu de ce concert de louanges, de poser une question : pourquoi George Weah a-t-il choisi comme vice-présidente Jewel Howard-Taylor, ex-femme de Charles Taylor, ancien tortionnaire condamné par la justice internationale à cinquante ans de prison pour crimes contre l’humanité ? Cette dame a divorcé de Taylor mais jusqu’en 2006, elle a occupé des fonctions officielles couvrant ainsi la folie meurtrière de son ex-mari. Avant d’évoquer un « exemple pour l’Afrique », n’est-il pas préférable de rester un peu plus prudent ?
 
José Fort 
 
George Weah, l’enfant du ghetto devenu président du Liberia
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30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 08:28
 Mille milliards au soleil ", l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité de ce jour !
 

 

 
Les 500 plus grandes fortunes mondiales ont augmenté de 1000 milliards de dollars en un an, quatre fois plus qu’en 2016. Quelle performance ! Pour y parvenir, il aura fallu des plans sociaux, des cohortes de salariés surexploités, des besoins sociaux délaissés, des territoires pillés, des pays en coupe réglée, des enfants brisés dans leurs plus tendres années ! Les tableaux statistiques surplombent de grandes drames et de petites misères. Demain, la plupart des grands médias l’auront oublié et prêcheront avec conviction l’austérité et l’indécence des avantages acquis. Toute l’habileté des Jeff Bezos, Bill Gates ou Warren Buffett est de dissimuler que l’opulence des uns se construit sur l’exploitation des autres.
 
En France, les affaires vont bien et elles iront encore mieux grâce à la corne d’abondance fiscale et aux ordonnances qu’Emmanuel Macron destine particulièrement au club très sélect des 39 milliardaires français en dollars. Leur fortune a grimpé de 21%  dans cette seule année 2017, pour atteindre 245 milliards. Les dix plus grandes fortunes françaises ont augmenté de 950% en vingt ans, bien au-delà des 35% d’inflation. Tous nos petits ruisseaux, convergent vers ces fleuves…On comprend mieux pourquoi le mot « ruissellement » heurte les oreilles de notre président : l’injustice avance à pas précautionneux. Elle est parée des fards de la modernité ou de l’efficacité. Elle dissimule son être dans le paraître, égare l’attention dans de multiples diversions. Plus que tout, elle déteste la politique, la prise en main des affaires de la cité par la cité elle-même. La détester ou s’en détourner, c’est abdiquer. Laisser cheminer sans entraves le long cortège des inégalités.
 
 
Le dramaturge allemand Bertolt Brecht concluait : « De qui dépend que l’oppression demeure ? De nous. De qui dépend qu’elle cesse ? De nous. »
Mille milliards au soleil: l'éditorial de Patrick Apel-Muller dans l'Humanité du vendredi 29- samedi 30 - dimanche 31 décembre
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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 21:27
Maroc: Au bord des puits de charbon de Jerada, le deuil et la colère (Rosa Moussaoui, L'Humanité - 27 décembre 2017)
Maroc. Au bord des puits de charbon de Jerada, le deuil et la colère
ROSA MOUSSAOUI
MERCREDI, 27 DÉCEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ

 

La mort de deux jeunes gens pris au piège dans une mine d’anthracite clandestine a provoqué la colère et l’émoi à Jerada, dans la région de l’Oriental. L’ancienne cité minière est devenue l’une des villes les plus pauvres du pays.

Des vies fauchées au petit matin, dans l’obscurité d’une mine clandestine. Vendredi, deux frères de 20 et 30 ans ont trouvé la mort dans un puits clandestin d’extraction de charbon à Jerada, dans le nord-est du Maroc. « Ils tentaient d’aérer leur puits en creusant une allée vers un puits voisin, ils ont été surpris par un torrent d’eau assez puissant », se désole Said Zaroual, militant de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) dans les colonnes du magazine Tel Quel. Un troisième homme a eu la vie sauve en s’accrochant au treuil permettant de remonter le charbon, avant d’être secouru par des mineurs restés en surface.

« Nous vivons dans une région sinistrée »

La fin tragique de ces mineurs clandestins a provoqué, au Maroc, une nouvelle explosion de colère et d’émotion. Comme celle qui avait succédé à la mort de Mouhcine Fikri, le jeune poissonnier d’Al Hoceïma broyé dans une benne à ordures, le 28 octobre 2016. Comme celle provoquée par la mort de quinze femmes piétinées lors d’une distribution d’aide alimentaire à Sidi Boulaalam, près d’Essaouira, le 19 novembre dernier. Lundi, pour la troisième journée consécutive, des milliers de personnes se sont rassemblées, à Jerada, pour dénoncer « l’injustice », la « marginalisation » et « l’abandon » de l’ancienne cité minière et « les conditions de vie difficiles » de ses habitants. Lundi, une grève générale était observée, tandis que les manifestants reprenaient les slogans du Hirak, le mouvement citoyen qui secoue la région voisine du Rif depuis la mort de Mouhcine Fikri. Dans l’après-midi, les funérailles des deux mineurs se déroulaient dans un climat de tension, sous haute surveillance des forces de sécurité, les habitants refusant la présence de représentants des autorités locales à la cérémonie. « C’est compréhensible que les habitants soient en colère. Ce n’est pas la première fois que des mineurs meurent sans la moindre réaction des autorités. Nous vivons dans une région sinistrée où une partie des habitants n’a pas d’autre choix que de creuser des puits pour subvenir à ses besoins », résume Said Zaroual.

À Jerada, la mine de charbon faisait encore travailler 9 000 ouvriers lors de sa fermeture, en 2000. Sans autres ressources, de nombreux habitants survivent encore de l’extraction du charbon, descendant dans les « cendrillates », les puits clandestins, au péril de leur vie. « Au fur et à mesure qu’ils creusent les puits pouvant atteindre 70 mètres de profondeur, ils créent des structures en bois pour éviter l’éboulement. Donc un seul faux pas et c’est le drame », rapporte le photographe Mehdy Mariouch, qui a documenté le quotidien précaire des gueules noires de Jerada. L’anthracite arraché à ces mines de fortune dans des conditions dignes de Germinal est ensuite cédé à vil prix à des « barons du charbon » qui tirent de sa revente de confortables bénéfices.

La crainte d’un « Hirak du charbon » préoccupe le Makhzen

Selon un scénario désormais bien rodé, les autorités locales promettent l’arrivée prochaine d’une « délégation ministérielle » chargée de recenser les revendications des protestataires. Signe que la crainte d’un « Hirak du charbon » préoccupe le Makhzen, l’appareil monarchique, dans un contexte de fortes tensions sociales et politiques. Le 14 octobre dernier, le roi Mohammed VI lui-même reconnaissait, à propos de la profonde crise qui agite le Rif depuis plus d’un an, les limites d’un « modèle de développement national (…) inapte à satisfaire les demandes pressantes et les besoins croissants des citoyens (…) et à réaliser la justice sociale ». D’après la Banque mondiale, seul un Marocain sur deux, dans la tranche d’âge 25-35 ans, dispose d’un emploi, par ailleurs souvent informel ou précaire. L’émigration, sévèrement contrôlée, n’offre plus d’exutoire. Une bombe à retardement, dans une société fracturée par les inégalités sociales et territoriales, le manque de services publics, la corruption.

Pour contenir les conflits, le Palais balance, jusqu’ici, entre promesses et répression féroce, faisant sauter, quand il le faut, quelques fusibles administratifs ou gouvernementaux. Des subterfuges politiques bien dérisoires au regard des profondes aspirations à la dignité, à la justice sociale, à la démocratie qui travaillent le Maroc et, plus largement, l’Afrique du Nord.

Journaliste à la rubrique Monde
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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 10:16
Khalida Jarrar

Khalida Jarrar

Ahed Tamimi

Ahed Tamimi

Salah Hamouri

Salah Hamouri

Khalida Jarrar députée Palestinienne du FPLP emprisonnée sans motif depuis 6 mois vient d'en reprendre pour 6 mois. 
Salah Hamouri avocat franco palestinien emprisonné sans motif depuis 130 jours 
Ahed Tamimi jeune Palestinienne emprisonnée à son tour et condamnée à 2 ans sans procès. Son crime: avoir giflé des soldats qui venaient de tirer à bout portant sur son cousin, toujours aujourd'hui entre la vie et la mort, une semaine après.  

La puissance coloniale violente qui occupe la Palestine ne tolère pas la résistance légitime du peuple occupé -un classique de l'histoire qu'on espérait révolu.
L'acharnement des autorités d'occupation israéliennes contre la famille Tamimi du village de Nabi Saleh en témoigne. 
Ahed, 16 ans, vient d'être condamnée à deux ans de prison, sa mère, sa tante, sa cousine sont détenues, alors que son cousin vient d'être grièvement blessé par la soldatesque israélienne.

Solidarité avec les filles et femmes de Palestine. Solidarité contre l'occupation coloniale!

Leur crime ?

Défendre à la seule force des mots le droit à un état pour le peuple Palestinien
Arrêtés par un état qui colonise à la force des armes et au mépris de toutes les décisions Internationales 
Pour eux , pour Barghouti et tous les autres, liberté 
Pour le peuple Palestinien : 1 état
Exigeons-le!

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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 06:14

 

L'annonce du président américain Donald Trump, le 6 décembre dernier, de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël a pour objectif de mettre un point final à tout espoir d'une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, fondée sur l'application des résolutions de l'ONU d'une solution à deux États et un processus de négociations sous égide multilatérale.

 

Ce 18 décembre les États-Unis ont opposé leur veto au Conseil de sécurité à une résolution condamnant leur reconnaissance unilatérale du 6 décembre mais c'est à la pression d'un très large mouvement de solidarité populaire internationale pour une solution politique pacifique respectueuse des droits humains et du droit international qu'ils seront contraints de reculer.


Pour cela, il faut signer et faire signer autour de soi la pétition électronique : www.2peuples2etats.fr adressée dans un premier temps à Emmanuel Macron pour que notre pays donne ce signal en reconnaissant sans plus attendre l’État de Palestine dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale

 

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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 06:46
meeting de Catalogne en commun, photo de Marie-Pierre Vieu, députée européenne communiste

meeting de Catalogne en commun, photo de Marie-Pierre Vieu, députée européenne communiste

La coalition Catalogne en commun-Podemos, avec environ 8% des voix, recueille aux alentours de 8 sièges. 

Le député communiste catalan Joan Josep Nuet était interviewé par la correspondante de L'Humanité Cathy Dos Santos le jeudi 21 décembre. Il est poursuivi pour sédition et rebellion parce qu'il était membre du bureau du Parlement destitué. 

Son analyse avant les résultats des élections régionales en Catalogne est particulièrement intéressante. 

"Si l'un des deux blocs en lice remporte le scrutin, qui plus est avec une majorité absolue (68 sièges), la crise a de fortes chances de s'approfondir. (...) Il y a un bloc auto-dénominé "constitutionnaliste", également appelé bloc du 155 (en référence à l'article de la Constitution qui a placé sous tutelle la Catalogne). Il est composé de trois partis: Ciudadanos, le Parti Populaire, et le Parti Socialiste Catalan. Ils ne sont pas identiques. Ciudadanos et le Parti Populaire ont un programme de vengeance contre la Catalogne. Ils mènent campagne contre l'école catalane qu'ils accusent d'être le vivier de la dynamique indépendantiste. Nous espérons que le PSC gagne en autonomie par rapport à ces deux partis. Côté indépendantiste, il y a trois listes, celle du président de Catalogne, Carles Puigdemont, qui représente la droite catalane recyclée, la Gauche républicaine et la CUP, la candidature d'Unité Populaire (anticapitaliste). S'ils obtiennent une majorité absolue, nous subirons de nouveau les mêmes erreurs de ces deux dernières années, à savoir vouloir une déclaration d'indépendance sans majorité sociale". 

"Avec la coalition Catalogne en commun, nous voulons construire un espace intermédiaire où il y aurait des indépendantistes et des non-indépendantistes. Cet espace doit prioriser le social. On ne peut pas gouverner une partie du pays contre une autre. Tomber dans ce piège, c'est courir droit vers l'affrontement civil, c'est accroître la fracture pour des raisons identitaires. Or, il n'y a pas qu'une identité en Catalogne mais des identités nationales où certains se déclarent catalans et d'autres se sentent plus espagnols. Le pays n'a pas de futur sans cette cohabitation. Aucune identité ne peut se superposer à une autre. L'unique proposition viable est une proposition politique qui combine ces identités sans extrême dans un sens ou dans un autre: ni indépendantisme unilatéral, ni conservatisme centralisateur espagnol comme le sont le PP, une grande partie de Ciudadanos et une frange socialiste. Il faut empêcher que les forces s'agglomèrent."

"Nous avons été les seuls à parler d'éducation et de santé publiques, d'égalité des droits femmes-hommes.... En Catalogne, 200 000 familles ne bénéficient d'aucune prestation sociale. Nous voulons transformer la Catalogne pour contribuer à transformer l'Espagne. Cela passe d'abord par résoudre la conflictualité, sans abandonner le calendrier social. Or, le PP national vit de la confrontation. Elle lui sert à marquer des points dans les autres régions. Le débat sur l'indépendance est tombé à point nommé pour lui pour reléguer l'agenda social et enterrer tous les scandales de corruption dans lequel il est impliqué. Le PP met sous pression la gauche en lui infligeant un chantage: l'unité ou l'explosion de l'Espagne? Nous pensons que les termes du débat sont autres, à savoir quel modèle politique en Espagne?"

"le modèle espagnol est triplement en crise. La crise est sociale et économique. Elle est aussi politique et démocratique. La corruption est l'une de ses expressions. Le système des partis s'est transformé en une sorte d'oligopole de structures politiques corrompues où les Parlements obéissent aux intérêts économiques et non aux revendications des citoyens. Enfin, la troisième crise est territoriale, comme le met en évidence le conflit catalan".  

        

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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 06:37
Catalogne: retour à la case départ
Catalogne, retour à la case départ
JEUDI, 21 DÉCEMBRE, 2017
HUMANITE
Les Catalans ont massivement voté ce jeudi 21 décembre. A l’issue de ce scrutin anticipé très attendu, le bloc indépendantiste confirmerait son assise, selon des premiers résultats encore très provisoires, et serait en passe de conserver sa majorité absolue au parlement. Ce résultat est un désaveu cinglant pour le pouvoir central du Parti populaire et sa stratégie du tout répressif contre le nationalisme catalan.
Tout ça pour ça, serait-on tenté d’écrire, à l’issue des élections catalanes du 21 décembre. Les trois formations qui composent le bloc indépendantiste seraient en passe de conserver leur majorité absolue au parlement fixée à 68 députés, selon des résultats encore très provisoire. Cuidadanos (C’S), la formation de droite conduite par la députée Ines Arrimadas, serait désormais le parti le plus important en Catalogne (36 parlementaires). Au sein des sécessionnistes, avec peut-être 32 élus, ERC, la Gauche républicaine emmenée par Oriol Junqueras, le vice-président déchu qui se trouve derrière les barreaux, s’inclinerait devant Junts per Catalunya (34 sièges), la coalition de Carles Puigdemont, le président destitué de la Generalitat qui a fait campagne depuis Bruxelles où il s’est exilé. Quant à leur partenaire de la Candidature d’unité populaire, (CUP – extrême gauche), elle cèderait du terrain au profit de ses grands frères avec seulement 4 députés contre 11. Mais comme en 2015, il se peut bien que ce soit ce parti anti-capitaliste qui offre la majorité absolue au camp indépendantiste. 
Dans le bloc des anti-sécessionnistes C’S confirme donc sa constante progression depuis sa création en 2006 pour justement contrer la dynamique nationaliste. Cette formation néolibérale et très conservatrice concernant les questions territoriales n’est toutefois pas parvenue à manger sur l’électorat socialiste, puisque le PSC qui progresserait de deux sièges (18 contre 16). En revanche, elle a siphonné les voix du Parti populaire (PP-droite) qui se fait laminer des urnes, passant de 11 à 4 députés. Quant à Catalogne en Commun-Podemos, elle décrocherait 8 élus contre 11, en 2015. La coalition de gauche espérait être la clé du scrutin en cas de négociations en vue de former un gouvernement qui ne soit ni sur base de la Déclaration unilatérale d’indépendance (DUI) ni en faveur de la mise sous tutelle par Madrid de la région à coup d’article 155 de la Constitution. . 
Si ces tendances se confirment, on pourra affirmer que ce scrutin est d’abord une gifle pour le gouvernement central du Parti populaire. Son président Mariano Rajoy a pourtant mis tous les moyens pour étouffer l’élan indépendantiste. Il a d’abord lancé la police qui a chargé violemment contre les votants du référendum, certes illégal, du 1er octobre, censé lancé le processus de séparation d’avec l’Espagne. Puis il a saisi la justice pour dissoudre les organes législatifs, exécutifs et ôter ainsi toutes compétences à la riche région catalane. Cette manœuvre populaire a été perçue comme une insulte par nombre de Catalans, au delà des seuls rangs indépendantistes. Ce scrutin marque bien l’échec de la judiciarisation du conflit catalan. 
Et désormais, que va-t-il se passer ? Mariano Rajoy respectera-t-il le verdict des urnes ou décidera-t-il de passer outre au nom du respect de l’unité de l’Espagne ? Les indépendantistes appliqueront-ils leur feuille de route d’implantation de la République indépendante comme ils l’ont affirmé durant la campagne au risque de tomber de nouveau sous le coup de la loi ? Ce statu quo est pourtant mortifère, dangereux. Face à la polarisation d’une société désormais fracturée, le débat institutionnel entre Madrid et Barcelone est la seule voie viable. Mais les uns et les autres accepteront-ils de s’asseoir à une table pour dialoguer ? C’est là tout l’enjeu des prochains jours. 
Journaliste à la rubrique Monde
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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 11:30
"Des gens meurent en silence" : des médecins humanitaires alertent sur la situation syrienne de la Ghouta, près de Damas

La Ghouta, enclave syrienne bouclée par l'armée du régime de Bachar Al-Assad, est assiégée et bombardée. Différentes ONG se mobilisent pour apporter de l'aide aux civils alors que les accès humanitaires sont coupés. 

Il y a un an, le monde entier parlait de la chute d'Alep, ville martyr en Syrie, reconquise par le régime de Bachar Al-Assad au prix de centaines de morts. L'histoire se répète aujourd'hui dans la région de la Ghouta, à l'est de Damas. 
Cette petite enclave, totalement bouclée par l'armée syrienne, est assiégée et bombardée. Elle ne dispose aujourd'hui d'aucun accès humanitaire. Les ONG se mobilisent pour tenter d'aider les civils, en particulier l'Union des organisations de secours et de soins médicaux (UOSSM), qui finance des hôpitaux et soutient des médecins en Syrie.

100 000 enfants pris au piège de la Ghouta

Le drame de la Ghouta hante Ziad Alissa. "Il y a presque 370 000 personnes assiégées dans une zone qui ne fait pas plus de 30 kilomètres carrés", alerte le médecin d'origine syrienne, qui préside l'UOSSM-France. Parmi elles, 100 000 enfants sont pris au piège. Des milliers d'entre eux souffrent de malnutrition et au moins 130 ont besoin d'une évacuation médicale d'urgence. 

Tous les accès humanitaires sont fermés. Les habitants manquent de tout, de nourriture, de médicaments... Il y a des blessés et des malades. C'est donc vraiment une catastrophe.

Ziad Alissa, médecin urgentiste et président de l'UOSSM à france info
 

La Ghouta est l'une des quatre zones de "désescalade" définies par la Turquie, la Russie et l'Iran qui mènent leurs négociations de paix en Syrie. Mais il n'y a pas eu de trêve dans cette région. "Tout le monde avait l'espoir qu'il n'y aurait plus de bombardements, qu'il y aurait des accès humanitaires mais malheureusement ce n'est pas le cas. Nos collègues sur place nous racontent toujours une situation catastrophique."

Les médecins contraints de prendre des pseudos

Régulièrement, Ziad Alissa appelle certains de ses collègues dans la Ghouta. Tous utilisent des pseudos pour protéger leur identité sur place. "Il reste quelques médecins qui veulent rester avec leurs familles. Ce sont vraiment des héros. Je pense qu'il est de notre devoir d'aller les aider", explique l'anesthésiste. Ainsi, un de ses confrères décrit une situation catastrophique depuis la Ghouta.

"Les civils ont peur, il n'y a rien à manger et ils redoutent l'hiver"

Abou Kinan, médecin dans la région de la Ghouta à France Info

"Ne nous oubliez pas", implore Abou Kinan.

Une autre consœur raconte la difficulté de la situation humanitaire à Ziad Alissa. Elle s'occupe de Rama, une petite fille de quatre ans, devenue l'un des visages de la tragédie de la Ghouta. Rama souffre d'un cancer de la gorge diagnostiqué il y a huit mois mais elle ne peut plus suivre de traitement parce qu'elle est coincée dans l'enclave. Conséquence : les médecins ne peuvent que traiter les symptômes d'une maladie qui s'aggrave chaque jour. 

"Il est temps de faire quelque chose, de réagir pour aller aider ces gens qui souffrent et qui meurent en silence", alerte Ziad Alissa. 

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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 06:43
En Autriche, l’extrême droite revient au pouvoir dans l’indifférence

18 décembre 2017 Par Amélie Poinssot

Le tout nouveau gouvernement autrichien a prêté serment ce lundi 18 décembre. Le jeune chancelier conservateur Sebastian Kurz a donné six ministères sur quatorze à l’extrême droite du FPÖ. Une alliance qui soulève bien peu d’indignation en Europe.

L’extrême droite est de retour au pouvoir en Autriche. Dix-sept ans après la première coalition entre conservateurs et extrême droite à la tête du pays, une nouvelle alliance s’est formée à Vienne entre l’ÖVP (Parti populaire d’Autriche, conservateurs), vainqueur des élections législatives d’octobre dernier avec 32 % des voix, et le FPÖ (Parti libéral d’Autriche, extrême droite) : les deux partis ont présenté ce week-end l’accord de gouvernement et le nouvel exécutif a prêté serment ce lundi 18 décembre.

Mais, à la différence de ce qui s’était passé en 2000, les réactions sont faibles au niveau européen. À l’époque, Vienne avait été visée par des sanctions diplomatiques (suspension des relations bilatérales entre les quatorze États membres et l’Autriche, et absence de soutien des Quatorze à toute candidature autrichienne dans les organisations internationales). Israël avait rappelé son ambassadeur à Vienne. Rien de tout cela aujourd’hui. « Je souhaite vous féliciter chaudement pour votre nomination comme chancelier fédéral de l’Autriche, a déclaré ce lundi le président du Conseil de l’UE Donald Tusk à l’attention de Sebastian Kurz, le jeune leader de l’ÖVP qui prend, à 31 ans, les rênes de l’exécutif autrichien. Je fais confiance au gouvernement autrichien pour continuer à jouer un rôle constructif et pro-européen dans l’Union européenne. »

Personne au parlement européen n’esquisse la menace de sanctions contre Vienne. Tout au plus les socialistes européens appellent-ils à « garder un œil vigilant sur chacun des actes du gouvernement autrichien qui pourraient brader nos valeurs européennes et nos principes », selon les mots de Gianni Pittella, le président du groupe sociodémocrate au parlement européen.

Le FPÖ – parti fondé à l’origine par d’anciens nazis – a pourtant un agenda ostensiblement raciste, tandis que l’ÖVP lui-même a axé sa campagne sur l’objectif de fermer le pays aux réfugiés. Comme ministre des affaires étrangères dans le gouvernement précédent, Sebastian Kurz s’était déjà fait le défenseur de la fermeture des frontières de son pays alors qu’il se trouvait sur la « route des Balkans » empruntée par les réfugiés à l’octobre 2015. Le leader des conservateurs n’avait cessé, depuis, de faire des clins d’œil à l’extrême droite en radicalisant son discours (lire à ce sujet notre enquête publiée le 13 octobre dernier).

Les extrêmes droites européennes, elles, se frottent les mains. « Le nouveau cours de la politique d’asile en Autriche marque un jalon dans l’histoire européenne, s’est réjoui lundi Alexander Gauland, le président du groupe parlementaire d’Alternative für Deutschland (AfD), le parti d’extrême droite allemand qui a réussi en septembre à faire élire 94 de ses candidats au Bundestag. Pas seulement parce qu’on va enfin s’opposer de manière durable aux flux migratoires illégaux en Autriche. D’autres États membres de l’UE pourraient être convaincus par le succès à venir d’une sécurisation complète des frontières et de l’arrêt d’arrivées de migrants en Autriche. »
Comment expliquer le poids du FPÖ dans le nouveau gouvernement autrichien et quelles conséquences cette coalition peut-elle avoir sur les politiques européennes ? Entretien avec Martin Haselmayer, chercheur en sciences politiques à l’université de Vienne.

Mediapart : Comment en est-on arrivé à un gouvernement de coalition entre la droite et l’extrême droite ?

Martin Haselmayer : Il était déjà quasiment acquis pendant la campagne électorale que les conservateurs de l’ÖVP et les socialistes du SPÖ n’allaient pas gouverner ensemble. Au-delà de la lassitude et des désaccords entre ces deux deux partis qui gouvernaient ensemble depuis des années, il y a avait des inimitiés sur le plan personnel qui rendaient une coalition improbable. Une méfiance mutuelle et une atmosphère inamicale s’étaient instaurées.

A contrario, des similitudes très importantes sont apparues entre l’ÖVP – qui s’est droitisé sur la question migratoire – et le FPÖ, qui a toujours eu un agenda « antimigrants ». Cela rendait donc, avant même les élections, le scénario d’une telle alliance plus que probable.

Cela explique aussi peut-être pourquoi les réactions ont été si peu nombreuses à Vienne au moment de l’annonce de la formation de ce gouvernement : dans la capitale la manifestation d’opposition de ce lundi a rassemblé seulement entre 5 000 et 10 000 personnes. Ce n’est rien par rapport à l’année 2000, lorsqu’une première coalition s’était formée avec l’extrême droite au niveau de l’exécutif. Le fait qu’on a déjà connu cette situation ne favorise pas la mobilisation. Il y a par ailleurs comme une forme d’habitude  : le FPÖ est totalement intégré à notre paysage politique, cela fait longtemps qu’il a opéré sa mue de parti extrémiste en parti mainstream. Il faut dire enfin qu’un certain consensus antimigrants se dégage aujourd’hui au sein de la population autrichienne.

Des ministères plus importants qu'en 2000

Mais comment expliquer le peu de réactions au sein de l’Union européenne ?

Ce manque de réaction reflète un changement général en Europe, qui va dans le sens d’une plus grande tolérance à l’égard des partis d’extrême droite. Il est certain qu’il n’y aura pas cette fois-ci de sanctions européennes contre l’Autriche.

Ce gouvernement a par ailleurs donné des gages à l’Union européenne : dans leur accord de coalition, les deux partis se sont engagés au respect des règles des traités européens et à ne pas convoquer de référendum sur l’euro, ce qui était pourtant une volonté du FPÖ à l’origine. Mais tout cela n’a pas de caractère contraignant, ce ne sont que des mots sur du papier…

Comment le FPÖ a-t-il réussi à obtenir six ministères, dont trois régaliens ?

Le FPÖ était en position de force pour négocier : l’ÖVP n’avait pas vraiment de plan B pour former une coalition gouvernementale. De plus, le FPÖ, avec un discours très engagé politiquement, avait clairement marqué son territoire pendant la campagne électorale et avait exprimé sans ambiguïté qu’il voulait les portefeuilles de l’intérieur et les affaires étrangères. Il a sans doute également appris de ses expériences et gagné en force de négociation. Sebastian Kurz, qui était resté vague en matière de politique étrangère, n'avait pas de proposition alternative.

Cela dit, il faut relativiser l’importance du poste des affaires étrangères pour un petit pays comme l’Autriche, d’autant que les affaires européennes restent dans la main du chancelier. C’est un poste avant tout symbolique

Le FPÖ aujourd’hui a-t-il plus de poids qu’en 2000 ?

Le nombre de ministres dans le gouvernement est le même qu’en 2000. Mais les ministères que le parti de Haider avait obtenus à l’époque étaient moins importants : il n’avait pas l’intérieur ni les affaires étrangères, mais il avait le portefeuille des finances. Puis, deux ans plus tard, une nouvelle coalition avait été formée et le FPÖ avait perdu du terrain.

La participation au gouvernement peut-elle être favorable au FPÖ cette fois-ci ?

C’est difficile à dire car en réalité, aucun des nouveaux ministres affiliés au FPÖ n’a déjà eu une expérience gouvernementale. Cela peut jouer en leur faveur comme en leur défaveur. Une chose est sûre : le parti bénéficie d’une bonne conjonction économique, ce qui lui rend la tâche plus facile. ÖVP et FPÖ se félicitent par ailleurs de leur façon de travailler ensemble, se vantent d’avoir trouvé « un nouveau style de gouvernance ». Je ne sais pas si cela va tenir très longtemps, mais cela fonctionne sur le plan de la communication pour l’instant.

Qui sont ces personnalités du FPÖ qui rejoignent l’exécutif autrichien ?

À la défense, il s’agit de Mario Kunasek, quelqu’un issu de l’aile la plus droitière du FPÖ et qui s’est fait remarquer dans la campagne par ses slogans antimigrants. Cela dit, comme pour les affaires étrangères, il ne faut pas exagérer le poids de la défense en Autriche. Il s’agit d’un petit budget. C’est le cumul des trois ministères qui est inquiétant : à travers les affaires étrangères, l’intérieur et la défense, le FPÖ contrôle désormais la sécurité et les services de renseignement du pays...

C’est Herbert Kickl qui prend la tête de l’intérieur. C’est le cerveau du FPÖ : c’est lui qui dirige depuis des années les campagnes électorales du parti ; il est décrit comme quelqu’un de très intelligent.

Karin Kneissl, aux affaires étrangères, a un parcours plus atypique : c’est une universitaire qui a rejoint le corps diplomatique et a écrit un certain nombre d’ouvrages… Formellement elle n’est pas membre du parti, mais elle est tout à fait dans la ligne sur le plan migratoire.

Heinz-Christian Strache, le président du FPÖ, obtient quant à lui le poste de numéro deux du gouvernement, vice-chancelier, mais avec un portefeuille très restreint : secteur public et sports. C’est sans doute le signe d’une stratégie qui consiste pour lui à conserver une certaine indépendance par rapport au gouvernement, et qui consiste pour Sebastian Kurz à ne pas lui déléguer trop de responsabilités puisque sa personnalité divise davantage que les autres membres du FPÖ.

Quels sont les principaux points de l’accord de coalition signé entre les deux partis ?

Les points principaux sont le statut des demandeurs d’asile, la politique familiale, et l’allègement de la taxation des entreprises. C’est un programme typiquement de droite et inquiétant du point de vue des droits humains.

L’allocation de subsistance pour les sans-emploi est en effet très largement diminuée pour les réfugiés et demandeurs d’asile. Ces derniers se verront en outre confisquer leur argent liquide quand ils arriveront en Autriche. Le but est, à l’évidence, d’effrayer les futurs candidats à l’exil vers l’Autriche.

Des bonus fiscaux sont par ailleurs annoncés pour les familles autrichiennes. Mais au-delà de ces points, l’accord de coalition, qui fait plus de 160 pages, est un ensemble de formules qui ne contiennent pas grand-chose de précis.

Quelles peuvent être les conséquences de la formation d’un tel gouvernement sur la politique européenne ?

Ces deux partis sont contre le programme de répartition des migrants en Europe et ils sont très focalisés sur le renforcement des frontières. Ces positions les rapprochent évidemment du groupe de Visegrad. Je ne pense pas que l’Autriche va formellement rejoindre ces quatre pays d’Europe centrale [Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie – ndlr], mais cela ne fait aucun doute qu’elle va défendre les mêmes points de vue qu’eux sur le plan de la politique migratoire.

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