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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 14:53
Contre les migrants africains, Israël mène une politique de la peur (Cholé Demoulin, Médiapart, 21 janvier 2018)
Contre les migrants africains, Israël mène une politique de la peur

21 janvier 2018

Par Chloé Demoulin

Menaces d’emprisonnement, tracasseries administratives, publicités effrayantes… Le gouvernement Netanyahou déploie des trésors d’inventivité pour dissuader des dizaines de milliers d'Africains de rester en Israël.

Tel-Aviv (Israël), envoyée spéciale.–  Ils sont plusieurs dizaines, ce mercredi 17 janvier, à s’entasser devant les services de l’immigration israéliens, situés rue Salame, au sud de Tel-Aviv. Principalement Soudanais et Érythréens, ils espèrent déposer une demande d’asile. Le trottoir n’est pas assez long pour contenir la queue qui part vers la droite du bâtiment. Alors ça pousse entre les barrières métalliques. On se colle à son voisin de devant. Et personne n’a l’intention de céder sa place, pas même lorsqu’une pluie fine commence à tomber. Certains ont dormi là avec une simple couverture. D’autres se blottissent, la mine défaite, sous des parapluies. Les autres, ceux qui ne sont pas arrivés assez tôt, n’ont d’autre choix que d’attendre sur le terre-plein central d’en face, en regardant la scène avec circonspection.

« La situation est extrêmement tendue », commente un Soudanais de 36 ans arrivé en Israël par le désert du Sinaï en 2009 pour fuir la répression dans son pays. « Certains dorment ici depuis trois semaines, mais ils n’ont toujours pas réussi à faire enregistrer leur demande. Nous ne savons pas ce qui se passe. Personne ne communique avec nous. Certains jours, les gardes à l’entrée nous demandent de rentrer chez nous ou de revenir le dimanche [début de la semaine en Israël – ndlr]. »

Selon l’association israélienne Hotline for Refugees and Migrants, les autorités ont toujours rendu l’attente pénible pour les migrants. « Les femmes et les enfants en bas âge doivent faire la queue pendant des heures sans pouvoir aller aux toilettes. C’est une manière de décourager les gens. C’est la même chose dans les bureaux de l’immigration à Bnei Brak [au nord-est de Tel-Aviv – ndlr], où les migrants doivent aller renouveler leurs papiers tous les trois mois », raconte Tamara Newman, l’une des membres de l’association.

Mais depuis l’annonce de la mise en œuvre d’un plan de départ par le gouvernement le 1er janvier dernier, la situation s’est aggravée. Les autorités israéliennes donnent jusqu’à la fin du mois de mars aux quelque 35 500 migrants africains qui résident dans le pays pour choisir : soit recevoir 3 500 dollars (environ 2 860 euros) et accepter d’être expulsé vers un pays tiers (le Rwanda ou l’Ouganda), soit être emprisonné pour une durée indéterminée. Au terme de cette période, la somme proposée sera ensuite graduellement réduite pour tous ceux qui souhaitent finalement partir « volontairement ».

D’après le gouvernement, les migrants ayant déjà déposé une demande d’asile et dont le dossier est en cours de traitement ne sont pas concernés. Mais les services d’immigration ont prévenu que ceux qui auront soumis leur demande après le 1er janvier ne pourront pas échapper à l’expulsion. « Il est peu probable que cette limitation dans le temps tienne devant un tribunal », rétorque Tamara Newman.

Alors, la plupart des migrants tiennent quand même à tenter leur chance rue Salame. « Je sais que je ne pourrais pas y arriver aujourd’hui, ils ne laissent entrer que vingt ou quarante personnes par jour et la queue est bondée. J’attends quand même, car j’essaie d’avoir des informations », explique Bereket, un Érythréen de 30 ans qui a fait le chemin depuis Herzliya, une banlieue du nord de Tel-Aviv.

Pour Bereket, arrivé en Israël en 2010, la situation est d’autant plus absurde que le gouvernement israélien s’est évertué ces dernières années à rejeter la majorité des demandes d’asile des migrants africains. « À notre arrivée, les autorités nous ont dit que nous n’avions pas besoin de faire de demande d’asile. Et maintenant ils nous disent que c’est “trop tard”, que nous aurions dû le faire dès la première année », déplore-t-il. Selon des chiffres officiels publiés en février 2015 par le quotidien Haaretz, seuls 0,25 % des demandeurs d’asile africains se sont vu accorder un statut de réfugié par les autorités israéliennes. Un des pourcentages les plus bas des pays signataires de la Convention de Genève.

Jamais à court d’inventivité, les autorités israéliennes ont publié ces jours-ci une annonce afin de recruter une centaine de citoyens pour devenir des « inspecteurs de l’immigration temporaires » à compter du 1er avril. La publicité promet une prime de 30 000 shekels (soit 7 500 euros) aux candidats. Soixante-dix d’entre eux devront débusquer et surveiller « les étrangers illégaux et leurs employeurs ». Les autres devront « mener des interrogatoires et des enquêtes approfondies sur les demandeurs d’asile » et seront chargés d’examiner la « véracité » de leurs informations. Élément troublant, il est attendu des candidats un diplôme de l’enseignement supérieur, mais aucune qualification spécifique dans le domaine.

« Cette annonce fait partie de la campagne de peur que mène le gouvernement envers les migrants africains. En la rendant publique, ils espèrent qu’elle fera le boulot à leur place. Que les migrants seront si effrayés qu’ils finiront par partir d’eux-mêmes », analyse Tamara Newman.

Dans la même veine, la militante dénonce la façon dont le gouvernement Netanyahou s’est attaché ces dernières années à stigmatiser les réfugiés africains comme des « migrants économiques ». Pour Bereket, l’argument ne tient pas. « En Érythrée, notre gouvernement nous traite comme des esclaves et non comme des citoyens. Lorsque quelqu’un ose réclamer ses droits, il le jette en prison sans procès ou recours possible. Comment je peux vivre là-bas », se défend-il. Et d’ajouter : « Si j’avais le choix, je ne voudrais pas rester en Israël. » Dans son pays, l’Érythréen était technicien de laboratoire. « Mais ici, à cause du racisme, je n’ai jamais réussi à me faire embaucher dans mon domaine, raconte-t-il. Cela fait six ans que j’enchaîne les petits boulots dans des restaurants, dans le bâtiment et dans l’entretien. »

De là à accepter de partir dans un pays tiers ? Pour Bereket comme pour beaucoup d’autres, la réponse est non. « Je sais comment ça se passe. J’ai des amis qui sont partis il y a un an et qui m’ont dit la vérité. Les autorités israéliennes promettent qu’on aura une protection sur place, mais cela ne dure qu’un jour. Après cela, on vous prend vos documents et vous êtes de nouveau livrés à vous-même. Certains vont alors au Soudan ou en Libye pour rejoindre l’Europe. Ils meurent dans le désert ou en Méditerranée. Au moins, si les Israéliens me jettent en prison, je pourrais survivre. »

« Certains iront en prison. Mais d’autres accepteront de partir, car ils ont déjà passé de longues périodes de leur vie derrière les barreaux et ils ne voudront pas y retourner. D’autres encore se cacheront, car ils vivent ici depuis cinq à dix ans et ils ont des collègues, des amis israéliens qui sont prêts à les protéger », précise Tamara Newman. La semaine dernière, une manifestation à l’initiative de l’Union sioniste (alliance entre l’opposition travailliste et centriste), du Meretz (parti de gauche) et de la liste arabe unie (groupe réunissant les députés arabes) a été organisée devant le parlement israélien pour s’opposer au plan du gouvernement.

Dans une lettre conjointe rendue publique le 3 janvier, plusieurs associations israéliennes ont estimé que les plans du gouvernement Netanyahou revenaient à condamner à mort les migrants africains. « Avec la crise des réfugiés partout à travers le monde, Israël, qui dispose de suffisamment de ressources pour absorber 35 000 réfugiés, a l’obligation morale d’accorder le statut de réfugié », écrivent-elles.

Ce samedi, 470 universitaires israéliens ont également pris la plume pour demander au gouvernement de renoncer à son projet. Jeudi, 35 intellectuels et auteurs israéliens, dont Amos Oz, David Grossman ou encore Etgar Keret, avaient déjà envoyé une lettre au premier ministre Benjamin Netanyahou et aux députés israéliens pour les implorer de stopper cette politique d’expulsion. « Nous vous demandons d’agir moralement, humainement et avec compassion comme le peuple juif se le doit (...) autrement, nous n’aurons plus de raison d’exister », mettent-ils en garde. 

Les signataires s’indignent en outre du fait que la politique répressive du gouvernement soit dirigée exclusivement contre les migrants africains. « Quelque 100 000 nationaux étrangers venant en grande majorité d’Europe de l’Est sont en Israël sans permis, ils ne sont ni persécutés ni forcés au départ », notent-ils.

De fait, respectivement depuis 2011 et 2013, les citoyens ukrainiens et géorgiens ont été exemptés par les autorités israéliennes d’une demande de visa préalable à leur arrivée dans le pays. Selon un rapport publié l’année dernière par la Hotline for Refugees and Migrants, beaucoup d’entre eux payent des intermédiaires ou des agences de ressources humaines peu scrupuleuses pour obtenir de faux documents et pouvoir déposer une demande d’asile en Israël. Un phénomène dont les autorités israéliennes auraient parfaitement connaissance et qu’elles laisseraient largement prospérer.

Devant les services d’immigration à Tel-Aviv, ce système à deux vitesses saute immédiatement aux yeux. Alors que les Soudanais et les Érythréens sont parqués dans la file de droite, une autre file plus clairsemée, à gauche du bâtiment, permet aux migrants d’Europe de l’Est de rentrer facilement pour déposer leur dossier.

Mais le plan du gouvernement Netanyahou à l’égard des migrants africains a une faiblesse de taille. Jamais les prisons israéliennes ne pourront accueillir tous ceux qui refuseront de partir. Le premier ministre a donc demandé aux services d’immigration d’étudier un plan B d’expulsion forcée. Mais selon une source proche du dossier, interrogée par le journal Haaretz, les experts jugeraient la procédure irréaliste, car trop complexe à mettre en œuvre en terme de logistique, de budget et de formation d’un personnel qualifié. Sans parler du fait que les images de migrants africains menottés et traînés de force dans des avions à l’aéroport Ben-Gourion serait du plus mauvais effet pour l’image d’Israël.

« Nous espérons le mieux, mais nous nous attendons au pire », confie toutefois Tamara Newman. Pour la militante, le premier ministre israélien, cerné par les affaires, « se sert » des migrants africains pour « faire diversion et renforcer sa popularité auprès de ses supporters de droite ».


 

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 13:58

 

"Il délire, mais sa folie ne manque pas de méthode". Avec cette phrase tirée d'Hamlet de Shakespeare, Bruno Odent, journaliste de l'Humanité, analyse le bilan de la première année de présidence de Donald Trump et sa stratégie .
Réalisation : Abrahim Saravaki.

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 13:28
en 2017, 82 % des richesses créées ont bénéficié aux 1% les plus riches (rapport OXFAM sur les inégalités)
en 2017, 82 % des richesses créées ont bénéficiés aux riches

lundi 22 janvier 2018

A l’occasion du forum de Davos, l’ONG Oxfam dévoile un rapport sur la partage de la richesse.

Selon le document intitulé "Récompenser le travail, pas la richesse", en 2017, 82 % de la richesse a profité aux 1% les plus riches, alors que les plus pauvres n’ont eu que des miettes. Dans le même temps, la fortune des milliardaires a augmenté de 762 milliards, soit sept fois le montant nécessaire par an, pour sortir de l’extrême pauvreté les personnes qui en sont touchées. A l’inverse, 50% de la population mondiale n’a pas touché le moindre bénéfice de la croissance mondiale.

En France, les 10 % les plus riches détiennent plus de la moitié des richesses nationales quand les 50 % les plus pauvres ne se partagent que 5 % du gâteau ; le nombre de personnes en situation de pauvreté a aussi augmenté de 1,2 millions de personnes en 20 ans.

L’ONG lance un appel aux dirigeants, pour que "l’économie fonctionne pour tous et pas uniquement pour une riche minorité".

Oxfam propose la limitation des dividendes pour les actionnaires et les dirigeants d’entreprises, la fin de "la brèche salariale" entre hommes et femmes, ainsi que la lutte contre l’évasion fiscale.

 En savoir plus et signer la pétition

Oxfam interpelle les élites de Davos face à l’explosion des inégalités
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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 08:01
Erdogan prêt à envahir le Kurdistan syrien? (L'Humanité, samedi 20 janvier)

Ce samedi 20 janvier, l'armée turque a annoncé avoir mené une nouvelle offensive contre des Unités de protection du peuple (YPG) dans le nord de la Syrie, alors qu'une offensive terrestre semble imminente. 

Les forces armées turques ont affirmé avoir frappé des positions des YPG en riposte à des tirs dans la région syrienne d'Afrine, contrôlée par cette milice kurde . Des frappes similaires avaient déjà eu lieu vendredi, ont-elles confirmé.
Les raisons de l’emballement turc viennent notamment de la décision américaine, dimanche 14 janvier, d’entraîner et d’équiper une force de 30?000 hommes en Syrie, dont les membres seraient majoritairement affiliés à l’YPG, les forces kurdes de Syrie, principal partenaire de la coalition internationale dans la lutte contre l’État Islamique mais qu’Ankara considère comme des terroristes affiliés au PKK. 
 

Menaces

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé à plusieurs reprises ces derniers jours de lancer une opération militaire terrestre conjointe avec des rebelles syriens pro-Ankara pour chasser les YPG du secteur d'Afrine. Ankara accuse les YPG d'être la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une rébellion dans le sud-est de la Turquie depuis plus de trente ans et est considéré par Ankara et ses alliés occidentaux comme une organisation terroriste.
Mais les YPG ont aussi été un allié incontournable des Etats-Unis, partenaires de la Turquie au sein de l'Otan, dans la guerre contre le groupe Etat islamique (EI). Elles ont joué un rôle majeur dans l'éviction des jihadistes de tous leurs principaux fiefs de Syrie ces dernières années. Le ministre turc de la Défense, Nurettin Canikli, a estimé vendredi que l'opération militaire avait « de facto commencé », mais a confirmé que les troupes au sol n'étaient pas encore entrées en territoire syrien.

Pas d'offensive sans l'accord des Russes

Les analystes estiment qu'aucune offensive majeure ne peut raisonnablement être lancée en Syrie sans l'accord de la Russie, présente militairement dans la région et qui entretient de bonnes relations avec les YPG. Le chef de l'armée turque, le général Hulusi Akar, et celui des services de renseignement Hakan Fridan se sont rendus à Moscou jeudi pour des entretiens au sujet de la Syrie avec leurs homologues russes.

Un risque d'embrasement en Turquie

Un assaut turc contre l’YPG risque aussi de provoquer la révolte des Kurdes de Turquie, solidaires dans leur grande majorité des Kurdes syriens. “Vous pensez ne faire qu’une bouchée d’Afrin, mais vous vous y casserez les dents. La population locale ne se soumettra jamais à votre force, elle résistera et elle finira par vaincre”, prédit le journal prokurde Özgürlükcü Politika, régulièrement interdit par les autorités.
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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 08:00
Liban: le calvaire des réfugiés syriens (Le Télégramme, Thomas Abgrall, 21 janvier 2018)

Certains réfugiés syriens passent leur sixième hiver au Liban. Depuis leur arrivée au pays du Cèdre, en 2012, leur situation n'a fait qu'empirer. Sans, pour l'instant, d'espoir de retour dans leur pays. 

De notre envoyé spécial. « Regardez dans quel endroit on vit, tout est sale ici ! », lance Amina, le visage cerclé d'un voile blanc, recouvert par une ample capuche de survêtement gris. Son regard perçant balaie ce qu'il reste encore du camp de tentes de Delhamiyeh, dans la plaine de la Bekaa, non loin de la frontière syrienne. Des briques de parpaing jonchent le sol boueux, au milieu de tuyaux en plastique, de cabines de toilettes en tôle défoncée, de vieux pneus. Le chaos au milieu des champs de culture d'oignon et de persil, avec, à l'horizon, les crêtes enneigées de la chaîne de l'Anti-Liban. Amina, mère de trois enfants, est sur le point d'être évacuée du camp qui comptait encore plusieurs centaines de réfugiés syriens, il y a un mois. « L'armée libanaise nous a prévenus à la mi-décembre que nous devions partir. Le soir de Noël, ils sont venus déloger de force des dizaines de personnes », raconte-t-elle en versant quelques brindilles dans un feu de camp. Il ne reste plus qu'une dizaine de tentes. Le motif invoqué par l'armée libanaise : tous les camps informels se situant dans un rayon de six à neuf kilomètres autour de la base aérienne de Riyak doivent être vidés pour « raisons de sécurité ». Pour Amina, c'est un prétexte. « Les autorités libanaises font tout pour nous faire repartir en Syrie. En six ans, nous avons été déplacés quatre fois. Nous sommes fatigués. »

« Nous restons ici pour nos hommes »


 

 

L'évacuation d'une dizaine de camps autour de Riyak a débuté en avril dernier. C'est le premier grand déplacement de masse de réfugiés au Liban. Selon le Haut-commissariat aux Nations unies pour les réfugiés (HCR), il a concerné près de 13.000 personnes. La maman de 32 ans rêve de retourner en Syrie, « plus belle que la France », mais ne partira pas du Liban tant que Bachar al-Assad restera au pouvoir. « Nous restons ici car nous avons peur pour nos hommes. Ils n'ont pas fait leur service militaire et iraient immédiatement en prison à leur retour. Même les plus vieux n'osent pas rentrer, de peur qu'on les utilise comme monnaie d'échange. » Toutes les familles du camp sont originaires de Homs ou de sa banlieue. Ironie du sort, une route nationale située à quelques centaines de mètres du camp mène directement à la « capitale de la révolution syrienne ». « La situation n'est pas encore revenue à la normale là-bas. Nos proches, restés sur place, parlent encore de bombardements, d'arrestations », explique une autre femme qui fait flamber une grosse pomme de terre sur les braises.

Moins de trois dollars par jour


« Le mois de septembre dernier a été le plus meurtrier depuis le début du conflit en Syrie. Seulement 10.000 réfugiés sur un million enregistrés au Liban sont retournés dans leur pays », affirme Lisa Abou Khaled, responsable de la communication au HCR. Tenter la traversée vers l'Europe ? Ils n'y pensent même pas. « Nous n'avons même pas les moyens de payer un loyer de 300 euros par mois, alors où trouver l'argent pour payer des passeurs avec tous nos enfants ? », s'esclaffe Karim, un jeune homme âgé de 22 ans, qui s'est joint à la discussion. Alors, ils sont coincés là, au Liban, à tuer le temps entre cafés, pauses « Cedars » (les cigarettes libanaises bon marché »), vivant de peu. Les hommes, pour la plupart, ne travaillent pas, ou bien au noir pour de petits salaires, car ils sont à 70 % sans papiers au pays du Cèdre. Depuis janvier 2015, le gouvernement libanais exige en effet que chaque réfugié de plus de 15 ans paye 200 dollars par an pour un permis de résidence. Une somme rédhibitoire. Et ceux qui veulent travailler doivent renoncer aux aides des Nations unies et se faire parrainer par un garant libanais (« kafeel »), souvent moyennant une somme importante. Les Syriens ne peuvent, de toute façon, travailler que dans trois secteurs : l'agriculture, la construction et le gardiennage. Ils restent cantonnés dans les camps pour éviter les check-points. « Il y a trois barrages militaires autour du camp. Si on est arrêté, on risque la prison, et on ne peut être libéré qu'en régularisant sa situation », explique Omar, un jeune père de famille, qui sirote du maté sur le seuil de sa tente reposant sur une fragile charpente en bois. Les réfugiés vivent surtout grâce à l'aide alimentaire de 27 dollars par personne et par mois du Programme alimentaire mondial et à quelques subsides temporaires du HCR ou d'associations caritatives. En décembre 2017, une étude publiée par les Nations unies a révélé que 58 % des réfugiés syriens au Liban résidaient dans une situation d'« extrême pauvreté », soit avec moins de 2,87 dollars par jour.
 

L'équivalent de 25 % de la population libanaise

Fin décembre 2017, le nombre de réfugiés syriens enregistrés par l'Onu au Liban est pour la première fois, descendu en dessous de la barre du million, une bonne partie d'entre eux ayant émigré vers l'Europe ou en Turquie. Le gouvernement libanais évalue, lui, leur nombre à 1,5 million, représentant environ 25 % de la population libanaise. Mais c'est la Turquie qui accueille le plus de Syriens avec près de 3,5 millions de réfugiés enregistrés. Après le Liban, la Jordanie est le troisième pays d'accueil, avec 655.000 personnes enregistrées. Au Liban, on les considère comme des « déplacés » car le pays n'est pas signataire de la Convention de 1951 relative au statut de réfugié. Si leur niveau de pauvreté a augmenté en 2017, cela s'explique notamment par la baisse de l'aide internationale. Les promesses de financement de la communauté internationale aux Nations unies, budgétées à hauteur de 450 millions de dollars pour 2017, n'ont été honorées qu'à hauteur de 56 %, compromettant jusqu'au dernier moment les aides d'urgence prévues pour aider 800.000 réfugiés à passer l'hiver. « Nous n'avons pas eu d'autre choix que de diminuer nos aides en cash aux familles », explique Lisa Bou Khaled, du HCR. La moitié environ des jeunes Syriens au Liban ne va pas à l'école, mais l'année 2017 a vu augmenter de près de 20 % le nombre d'enfants de 6 à 14 ans scolarisés. Un point positif dans la grisaille ambiante.


 

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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 07:20
Mobilisation pour la libération d'Ahed Tamimi, qui aura 17 ans le 31 janvier, et risque 10 ans de prison pour avoir donné une baffe à un militaire israélien alors que ceux-ci venaient de tirer sur son cousin (AFPS)

Le 31 janvier Ahed Tamimi aura 17 ans.
C’est ce jour que le procureur militaire a choisi pour la convoquer pour la 5ème fois devant la cour militaire israélienne.
Certainement pas le meilleur contexte pour une jeune femme de 17 ans pour faire la fête.
Nous lançons donc un appel à lui envoyer des cartes d’anniversaire dans sa prison pour lui apporter soutien et solidarité.
Vous pouvez écrire à votre gré ou joindre le texte que nous vous proposons : de préférence en Anglais [1] ou en Arabe [2]

Envoyez vos cartes à cette adresse : 
Ahed Tamimi
HaSharon prison
Ben Yehuda, P.O. Box 7
40 330 Israel

Tarif du timbre : 1,30 euros

Demandons au gouvernement français d’exiger la libération immédiate de Ahed Tamimi !

Dans le cadre de la semaine internationale d’action lancée par Samidoun (du 10 au 20 janvier), écrivez au MEAE et à la Présidence :

Modèle de message :

Monsieur le Président / Monsieur le Ministre des affaires étrangères,
Vous connaissez la situation de Ahed Tamimi.
Voilà un mois que cette mineure est enfermée dans les prisons israéliennes au mépris du droit international.
Je vous demande de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour exiger de l’État israélien qu’il libère Ahed Tamimi et tous les enfants palestiniens détenus dans leurs prisons au mépris du droit international.
Signature

Affiche de la "street artist" Zola

>>Signez la pétition

[1Dear Ahed,
The 31st of January is your birthday : a special day that you should be spending with your family and friends.
But the occupiers decided otherwise : they are keeping you in prison and have chosen that day to bring you before the military court.
We are disgusted by what is being inflicted upon you, your family, Palestinian children, and all the Palestinian political prisoners who are fighting the occupation.
In solidarity with your fight for freedom,
Free Palestine !
Signature

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 09:05

Alors que les migrants continuent à tenter d’atteindre l’Europe et que les drames se succèdent en Méditerranée, les Etats Européens, dont la France, ne parlent que de fermeture des frontières, de contrôle et de « trié. Trous eurodéputé-e-s s’en insurgent. Avec Eva JOLY (Verts – ALE), Christine REVAUKT (S et D) et Patrick LE HYARIC (GUE – GNV)

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 07:01
L'honneur est sauf et les lobbies n'ont pas triomphé: le Parlement européen vote l'interdiction de la pêche électrique le mardi 16 janvier 2018

Des député.e.s européens Verts ( Verts-ALE ), ceux de la Gauche unitaire européenne ( GUE-GVN ) dont font partie les trois députés européens communistes ou Front de Gauche, Patrick Le Hyaric, Marie-Pierre Vieu, Marie-Christine Vergiat, et certains député.e.s socialistes, notamment français.e.s, avaient enfoncé le clou, exigeant des explications de la Commission européenne, accusé d’être allée à l’encontre de ce rapport, et peut-être même d’en avoir sciemment caché les conclusions. Ce dernier épisode, mettant en cause la bonne foi de la Commission européenne dans le dossier de la pêche électrique, a sans doute dû peser lourd dans le choix des députés européens au moment du vote. Il reste maintenant à savoir comment la Commission européenne va tenir compte de ce vote du Parlement. Les députés, y compris les députés français de droite, ont promis de veiller à l’application effective de l’interdiction de la pêche électrique en Europe.

 

Le Parlement européen vote l’interdiction de la pêche électrique
JEAN-JACQUES RÉGIBIER
MARDI, 16 JANVIER, 2018
HUMANITE.FR
Par 402 voix pour, 232 contre et 40 abstentions, les députés européens ont voté « l’amendement 303 » interdisant la pêche électrique dans les eaux européennes

Les députés européens ont voté ce midi à une large majorité un amendement interdisant la pêche électrique dans les eaux européennes.

Ce matin (mardi 16 janvier), le résultat était encore loin d’être acquis, malgré une forte mobilisation au cours des derniers jours des ONG et des députés européens opposés à la pêche électrique. Le vote qui s’est déroulé vers 13h au Parlement européen, a permis de lever tous les doutes.

Par 402 voix pour, 232 contre et 40 abstentions, les députés européens ont voté « l’amendement 303 » interdisant la pêche électrique dans les eaux européennes. Une victoire saluée par tous ceux qui ont activement milité pour l’interdiction de cette pratique halieutique destructrice de la ressource et des fonds marins, tout particulièrement les Verts et la Gauche unitaire européenne, ainsi que certains socialistes et des députés libéraux et de droite.

L’écologiste Yannick Jadot (Verts-ALE) souligne l’importance qu’a eue la mobilisation citoyenne très large, impliquant les ONG et des associations, les pêcheurs artisanaux, les scientifiques, une partie de la grande distribution ainsi que des chefs de cuisine, pour aboutir à ce vote. « Une très belle victoire, » se réjouit-il, « contre une pêche terriblement néfaste, une véritable arme de prédation massive. » Même réaction du côté de la Gauche unitaire européenne. Même réaction pour Younous Omarjee (GUE-GVN), qui s’est particulièrement impliqué contre la pêche électrique, et parle d’« un vote historique et d’une « immense victoire, » qu’il attribue également à la large mobilisation citoyenne. Même si tous les doutes ne sont pas levés sur le devenir à terme de ce mode de pêche, tous les défenseurs de l’environnement et d’une pêche plus respectueuse de la ressource, ont poussé ce matin un ouf ! de soulagement.

Des dérogations illégales

La pêche électrique est interdite en Europe depuis 1998, comme elle l’est dans les autres continents, mais des dérogations avaient été accordées depuis 2006, autorisant la pêche électrique à des fins scientifiques, sans que ce mode de capture puisse cependant dépasser les 5% de l’ensemble des pêches pratiquées en Europe. Mais les pêcheurs des Pays-Bas s’étaient engouffrés dans la brèche, dépassant largement les quotas autorisés, puisque 28% de la flotte néerlandaise pratiquerait actuellement la pêche électrique. L’Union européenne, allant elle-même au delà de ses propres recommandations, aurait accordé 87 licences aux Pays-Bas pour ce type de pratique, sous la pression des lobbies néerlandais, selon les opposants à ce mode de pêche. Ceux-ci ont fait valoir, tout au long du débat animé qui a précédé le vote du Parlement européen, et études à l’appui, que la pêche électrique ravage les fonds marins, détruisant les écosystèmes et les zones de reproduction. Ils ont également dénoncé les conséquences sociales de cette pratique halieutique, qui défavoriserait les pêcheurs au chalut traditionnel, fileyeurs et petits pêcheurs côtiers. Les représentants des pêcheurs du Boulonnais et du Dunkerquois ont pu témoigner de la baisse drastique de leurs prises, suite à l’accroissement de la pêche électrique par les bateaux néerlandais, dans leurs zones de pêche, au sud de la Mer du Nord.

Les défenseurs du projet avaient mis en avant l’efficacité supérieure de ce procédé de pêche qui rapporterait 4 à 5 fois plus de poissons que la pêche classique au chalut, permettant également d’économiser du carburant pour les navires qui, sortant moins longtemps et consomment moins d’énergie.

Le débat technique sur les dégâts produits par ce type de pêche est monté d’un cran il y a quelques jours quand Bloom, une ONG spécialisée dans les questions halieutiques, a révélé que la Commission européenne n’avait pas tenu compte d’un long rapport d’expert de 2006 qu’elle avait elle-même commandée, et qui était défavorable à la pêche électrique. Les experts scientifiques de l’UE mettaient en garde « contre les problèmes qui devraient être résolus pour accorder des dérogations, » ce qui n’a jamais été fait. Des député.e.s européens Verts ( Verts-ALE ), ceux de la Gauche unitaire européenne ( GUE-GVN ) et certains député.e.s socialistes, notamment français.e.s, avaient enfoncé le clou, exigeant des explications de la Commission européenne, accusé d’être allée à l’encontre de ce rapport, et peut-être même d’en avoir sciemment caché les conclusions. Ce dernier épisode, mettant en cause la bonne foi de la Commission européenne dans le dossier de la pêche électrique, a sans doute dû peser lourd dans le choix des députés européens au moment du vote. Il reste maintenant à savoir comment la Commission européenne va tenir compte de ce vote du Parlement. Les députés, y compris les députés français de droite, ont promis de veiller à l’application effective de l’interdiction de la pêche électrique en Europe.

Lire aussi :

Le communiqué du Parlement européen

L’Union européenne face au côté obscur de sa flotte

Notre entretien avec Claire Nouvian directrice de l'association Bloom

Pêche électrique : l’UE à contre-courant

Peche-electrique-technique-innovante-ou-a-des-fins-industrielles ?

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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 08:33

Le PCF soutient l'AFPS et les organisations des droits humains, visées par l'extrême droite israélienne
Le gouvernement israélien vient de publier une liste de 20 organisations dont les membres seront désormais interdits d'entrée en Israël au nom de leur participation à la campagne internationale et non violente BDS (Boycott, désinvestissement, sanction). Cette mesure s'ajoute à la longue liste des décisions et lois liberticides et autoritaires que le gouvernement d’extrême droite de Netanyahu adopte à marche forcée ciblant aussi les organisations israéliennes.
Ces attaques contre les ONG visent à empêcher la solidarité internationale en isolant les associations palestiniennes puisqu'il est impossible d'aller en Cisjordanie sans passer par Tel Aviv et aggraver l'isolement de Gaza où cela fait longtemps qu'il est extrêmement difficile de se rendre. Au premier rang des associations visées par cette loi, Jewish Voices for Peace, American Friends Service Committee et, en France, l'AFPS (Association France Palestine Solidarité) dont l'engagement pour la paix n'est plus à démontrer, ou encore BDS France.

Le PCF condamne la décision du gouvernement israélien et tient à manifester son soutien à l'ensemble de ces organisations qui agissent toutes dans le respect du droit international et des droits humains. Ces attaques sont une honte pour un pays qui se prétend démocratique et nous demandons au gouvernement français et au président Macron de soutenir les associations françaises citées dans cette liste, d'intervenir et de condamner publiquement la démarche conduite par B. Netanyahu.

Parti communiste français,

Paris, le 12 janvier

Le PCF soutient l'AFPS et les organisations des droits humains, visées par l'extrême droite israélienne
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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 08:28
Trump: l'abjection faite homme
Déluge de condamnations après les propos "racistes" de Trump
LORENZO CLÉMENT AVEC AFP
SAMEDI, 13 JANVIER, 2018
HUMANITE

Les ambassadeurs de 54 pays africains à l'ONU ont exigé vendredi, dans un communiqué au langage très fort, "rétractations" et "excuses" au président américain Donald Trump après ses propos rapportés la veille sur l'immigration en provenance de "pays de merde".

"Racistes", "abjects" et "blessants", les propos de Donald Trump sur l'immigration en provenance de "pays de merde" ont provoqué un torrent d'indignation à travers le monde qui ne tarissait pas dans la nuit de vendredi à samedi, l'Afrique entière réclamant des excuses. D'une même voix, dans un langage d'une rare dureté, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l'ONU ont exigé une "rétractation" au président américain, condamnant des "remarques scandaleuses, racistes et xénophobes". Ils se sont dit préoccupés par la tendance "grandissante" de l'administration Trump "à dénigrer le continent, et les gens de couleur".
Le Sénégal et le Bostwana ont convoqué chacun l'ambassadeur américain. Le gouvernement haïtien a lui dénoncé des propos "odieux et abjects" qui, s'ils étaient avérés, seraient à tous égards "inacceptables car ils reflèteraient une vision simpliste et raciste".
Comme souvent, c'est via Twitter que le président américain a réagi à cette nouvelle polémique qu'il a lui-même suscitée et qui le met en difficulté au moment où il tente de trouver un compromis au Congrès sur le dossier sensible de l'immigration. "Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés", a affirmé le milliardaire dans une formule alambiquée.
Quelques minutes plus tard, le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la réunion, assurait pourtant que le président avait bien utilisé "plusieurs fois" l'expression injurieuse. "Les mots utilisés par le président tels qu'ils m'ont été rapportés directement par ceux qui ont participé à la rencontre n'étaient pas "durs", ils étaient abjects et répugnants", a ajouté en écho le sénateur républicain Jeff Flake, un conservateur opposé à Donald Trump.
Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n'avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que M. Trump se battrait "toujours pour le peuple américain".
Au coeur des débats de la réunion désormais célèbre de jeudi à la Maison Blanche: la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre. Quand  Donald Trump a abrogé le programme Daca, qui a permis à 690.000 jeunes sans-papiers de travailler et d'étudier en toute légalité, il avait donné jusqu'à mars au Congrès pour trouver une solution pérenne pour ces clandestins connus sous le nom de "Dreamers" (Rêveurs). Mais il a lié toute régularisation à son projet de mur à la frontière avec le Mexique, auquel les démocrates se sont jusqu'à présent opposés fermement.
Outre la réalisation de cette promesse de campagne, M. Trump exige aussi la suppression de la loterie annuelle de cartes vertes et une réforme de l'immigration légale pour réduire le rapprochement familial.
 
"Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?", a demandé le président Trump lors des discussions jeudi, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes.
 
Selon elles, M. Trump faisait référence à des pays d'Afrique ainsi qu'à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège. "Pourquoi avons-nous besoin de plus d'Haïtiens ?", aurait encore demandé le président. Vendredi, il a tenté de donner une version différente de ses propos. "Je n'ai jamais dit quelque chose d'insultant sur les Haïtiens outre le fait que, et c'est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté", a-t-il lancé. Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés a déploré des propos "racistes", "choquants et honteux". L'ancien vice-président démocrate Joe Biden a lui aussi donné de la voix. "Ce n'est pas comme cela qu'un président devrait parler et se comporter. Mais surtout, ce n'est pas comme cela qu'un président devrait penser". En Amérique latine, le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a appelé à la solidarité avec les pays "agressés" par Donald Trump. Cuba a condamné vendredi les déclarations "racistes, dénigrantes et grossières" du président américain Donald Trump, après ses propos rapportés la veille sur l'immigration en provenance de "pays de merde". L'île "condamne fermement les déclarations racistes, dénigrantes et grossières des Etats-Unis sur Haïti, le Salvador, les états africains et les autres continents", a déclaré lors d'un journal télévisé le ministère cubain des Affaires étrangères. "Ces déclarations pleines de haine et de mépris suscitent l'indignation du peuple cubain", a-t-il ajouté, rappelant notamment l'importance du rôle joué par les Africains et les Haïtiens dans l'histoire de Cuba.
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