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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 16:24



Fondation Gabriel          Péri 

 

Toutes les nouveautés (initiatives, publications, notes en lignes, vidéos...) sur le site : www.gabrielperi.fr

 

Toute l'équipe de la Fondation Gabriel Péri vous présente ses meilleurs vœux pour 2018 !

INVITATION

Séminaire : Construire la paix, déconstruire la guerre

 

 
Pour la première audition de l'année 2018, la fondation a le plaisir de recevoir :

Jean-Paul Chagnollaud, président de l’Institut de recherches et d’études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMo),
sur le thème : « Justice pénale et justice transitionnelle comme conditions de la paix ».

Jeudi 25 janvier de 18h à 20h 
Tour Essor
14 rue Scandicci - 93500 Pantin 
M° Hoche ou Porte de Pantin
T3b Delphine Seyrig
Plan d'accès

Merci de confirmer votre présence par mail à inscription@gabrielperi.fr

Professeur émérite des universités, ancien doyen de l'UFR de droit de l'université de Cergy-Pontoise, Jean-Paul Chagnollaud est professeur de sciences politiques et spécialiste de la question palestinienne. Rédacteur en chef de la revue Confluences Méditerranée et directeur de la collection "Comprendre le Moyen-Orient" chez L'Harmattan, il est  également l'auteur de nombreux ouvrages dont Quelques idées simples sur l'Orient compliqué (Ellipses, juin 2008), Palestine, la dépossession d'un territoire, avec Pierre Blanc et Sid-Ahmed Souiah (L'Harmattan, 2007),et Israël/Palestine la défaite du vainqueur (Actes Sud, 2017).
 
 Résultat de recherche                                        d'images pour "Palestine,                                        la dépossession d'un                                        territoire"


> En savoir plus sur le séminaire "Construire la paix, déconstruire la guerre",  
Commander en ligne les actes 1 (2017).
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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 20:58
Briser l'isolement de ceux que la persécution de la résistance pacifique à l'occupation et au système d'apartheid colonial du gouvernement israélien a mis en prison: écrire à Khalida Jarar, Ahed Tamimi, Salah Hamouri (AFPS)

Chères amies, chers amis, de la Palestine,
Il est URGENT et TRÈS IMPORTANT d'écrire à Ahed TAMIMI, Khalida JARRAR et Salah HAMOURI, pour leur apporter notre soutien et montrer à leurs geôliers qu'un large mouvement de la société civile internationale s'oppose à leur détention. Leur écrire c'est aussi dénoncer la détention de tous les prisonniers politiques palestiniens dont nous demandons la libération. (Timbré 1,30€ pour Israël )
Nous vous en remercions !

AFPS MORLAIX

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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 20:41
Tunisie. Sept ans après la révolution, toujours une soif de justice sociale (Rosa Moussaoui, L'Humanité, 10 janvier 2018)
Tunisie. Sept ans après la révolution, toujours une soif inextinguible de justice sociale
ROSA MOUSSAOUI
MERCREDI, 10 JANVIER, 2018
L'HUMANITE
 

Une vague de protestations secoue le pays, après l’entrée en vigueur de nouvelles mesures d’austérité. Dans la nuit de lundi à mardi, un homme est mort à Tebourba au cours d’affrontements avec la police. Le chômage reste une bombe sociale.

Drôle de commémoration. La Tunisie s’apprête à célébrer, ce 14 janvier, dans un climat de fortes turbulences sociales, le septième anniversaire de la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali. Dans cette fragile transition démocratique, une question reste entière, lancinante, impossible à refouler : celle de la justice sociale, qui irriguait déjà le soulèvement populaire de 2011. Dans la nuit de lundi à mardi, un homme de 43 ans est mort à Tebourba, à quelques dizaines de kilomètres au sud de Tunis, dans des affrontements qui opposaient la police aux manifestants protestant contre le budget 2018, marqué du sceau de l’austérité. Une autopsie devait être réalisée hier mais le ministère de l’Intérieur a aussitôt démenti toute implication de la police, assurant que le défunt souffrait de « problèmes respiratoires ».

Depuis plusieurs jours, une vague de protestations secoue le pays. La mèche a été allumée par la hausse de la TVA et des contributions sociales entrée en vigueur au 1er janvier, alors que l’inflation et la chute du dinar grèvent déjà lourdement le pouvoir d’achat des Tunisiens. Mais c’est un malaise plus profond qui s’exprime, surtout dans les régions du Centre-ouest toujours marginalisées, plombées par le chômage massif des jeunes diplômés. La contestation se cristallise d’ailleurs dans les zones qui s’étaient soulevées les premières en 2011. Des affrontements ont éclaté à Feriana, Thala, Sbeïtla. À Sidi Bouzid, épicentre du soulèvement de 2011, les protestataires, au terme d’une marche pacifique, ont bloqué les routes en érigeant des barrages de pierres et de pneus. À Kasserine, des tirs de gaz lacrymogène répondaient aux incendies de pneus et aux jets de pierres. Tunis n’a pas été épargnée par les violences. Des heurts ont éclaté dans le quartier déshérité d’Ettadhamen, tandis que les jeunes militants du mouvement Fech Nestannew (Qu’est-ce qu’on attend ?), rassemblés sur l’avenue Habib-Bourguiba, aux abords du ministère de l’Intérieur, pour exiger l’annulation de l’augmentation des prix, ont été dispersés sans ménagement. Ils réclamaient la libération de leurs camarades interpellés, d’après eux, pour avoir distribué des tracts appelant à manifester et tracé des graffitis dénonçant les mesures d’austérité. À l’échelle du pays, plusieurs dizaines de personnes ont été interpellées, onze policiers ont été blessés et plusieurs édifices publics ont été endommagés.

Le climat politique aussi se tend à l’approche des élections municipales du 6 mai

À la tête d’un chancelant « gouvernement d’union nationale », sous étroite surveillance du FMI qui attend les contreparties des 2,9 milliards de dollars de la troisième tranche de prêt débloquée l’an dernier, le premier ministre Youssef Chahed a eu des mots très durs contre les protestataires. « Nous n’avons pas vu des protestations mais des gens qui cassent, volent et agressent les Tunisiens, a-t-il accusé, hier, sur les ondes de Mosaïque FM. Nous disons aux casseurs et à ceux qui les incitent que, pour le gouvernement, la seule solution est d’appliquer la loi. Le gouvernement est prêt à écouter, mais chaque personne voulant manifester doit le faire de manière pacifique. »

Ce ton martial confirme que le climat politique aussi se tend à l’approche des échéances municipales du 6 mai, les premières depuis 2011, maintes fois repoussées. Un test décisif pour le parti présidentiel, Nidaa Tounes, accusé de complaisance avec les milieux affairistes et les anciens réseaux de l’ère Ben Ali. L’opposition, elle, maintient la pression contre un budget qui présente la facture de l’austérité aux classes moyennes et aux Tunisiens les plus modestes. « Nous resterons dans la rue et nous allons manifester encore plus fort jusqu’à ce que cette loi de finances injuste soit retirée », a prévenu hier le porte-parole du Front populaire, Hamma Hammami.

Le 17 décembre 2017, alors que Sidi Bouzid commémorait la mort de Mohamed Bouazizi, à l’origine, en 2011, de l’embrasement de la Tunisie, puis du monde arabe, toute une jeunesse laminée par l’exclusion sociale se faisait bruyamment entendre jusque dans les cérémonies officielles. Ses revendications tiennent en un mot : travail. « Pour nous, rien ne change, c’est toujours la souffrance, on ne nous écoute pas. C’est pire, même, avec la hausse du chômage. Sans argent, ni piston, nous n’avons aucune chance de décrocher un emploi. Le train de la vie est parti sans nous », résumait Insaf Aslam, une trentenaire reçue à un concours de la fonction publique mais privée d’affectation. Du côté des autorités, on insiste sur les (maigres) investissements promis aux régions marginalisées, sur les infrastructures qui doivent voir le jour, comme l’autoroute du Sud-Ouest. « Les gens de ces régions en ont assez des promesses jamais tenues de ce gouvernement qui refuse tout dialogue direct avec la jeunesse, remarquait Noureddine Tabboubi, le secrétaire général de la centrale syndicale UGTT. Les ministres défilent, promettent, repartent et jamais rien n’est réalisé. La colère, ici, est attisée par sept ans de promesses non tenues. » Faute d’alternative au mirage libéral des années Ben Ali, la démocratie restera un vain mot pour les chômeurs diplômés de Sidi Bouzid, Kasserine et Gafsa.

Journaliste à la rubrique Monde
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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 20:32
Tableau peint sur journal de Zehra Dogan, journaliste turque d'origine kurde féministe de 28 ans emprisonnée pour un dessin dénonçant une démolition de village kurde par l'armée d'Erdogan, en prison et condamnée à 2 ans et 9 mois de prison

Tableau peint sur journal de Zehra Dogan, journaliste turque d'origine kurde féministe de 28 ans emprisonnée pour un dessin dénonçant une démolition de village kurde par l'armée d'Erdogan, en prison et condamnée à 2 ans et 9 mois de prison

SNJ-CGT, SNJ,CFDT Journalistes
 

Erdogan : la montagne de promesses a accouché d’une souris
 

La visite à Paris du chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan a-t-elle permis d’avancer sur la question sensible des droits de l’Homme et de la liberté d'expression afin d'endiguer la répression tous azimuts dans ce pays depuis le coup d’Etat manqué de juillet 2016 ?
La montagne semble avoir accouché d’une souris. Car même si le président français Emmanuel Macron affirme avoir remis une liste de détenus victimes de l’autocratie,
les réponses du président turc et l’agression verbale contre un journaliste lors de la conférence de presse laissent peu d’espoir.
Les portes des geôles turques risquent de rester fermées notamment pour nos 150 confrères turcs et kurdes emprisonnés, faisant de la Turquie la plus grande prison
de journalistes au monde. La libération de tous les détenus d’opinion ne surviendra pas rapidement sans des pressions fortes de la France et de l’Europe.
Mais pour l’heure, le séjour à Paris de M. Erdogan aura servi avant tout à signer un contrat d’études dans la défense aérienne et antimissile impliquant le consortium franco-italien Eurosam.
Les syndicats français de journalistes et de nombreuses associations de défense des droits de l'Homme avaient à juste titre qualifié cette visite de véritable provocation. Audelà
des journalistes embastillés, nous n'oublions pas les 55 000 enseignants, syndicalistes, chercheurs, juges, etc. arrêtés depuis juillet 2016 et les 140 000 salariés limogés en Turquie. Mais aussi la répression féroce au Kurdistan et l'arrestation des députés et édiles kurdes.
Nous maintenons nos exigences :
- la libération des journalistes emprisonnés ;
- la réouverture des médias fermés par le pouvoir ;
- le retour au pluralisme ;
- le retour à la liberté d'expression ;
- la réintégration de tous les bannis d’Erdogan.
Nous demandons à la FIJ d’interpeller le Conseil de l’Europe pour que la Turquie soit suspendue de l’Assemblée parlementaire de cette organisation tant qu'Istanbul violera la Convention européenne des droits de l’Homme.
Paris, le 10 janvier 2018

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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 20:26
Migrants disparus en mer: les politiques de l'UE et des Etats membres sont responsables (PCF, 10 janvier 2018)

Migrants disparus en mer : Les politiques de l'UE et des États membres sont responsables (PCF)

Une fois encore, la Méditerranée s'est transformée en cimetière.
Ces derniers jours, ce sont plus d'une centaine d'hommes et de femmes migrants qui ont péri en mer ou sont disparus dans le naufrage de leur embarcation.
Une fois encore, ce sont les politiques de l'Union européenne et des États membres qui sont responsables de ces drames.
Car la solution est connue : la mise en place de voies de passage sécurisées pour permettre à ces exclus de rejoindre l'Europe et de fuir l'enfer libyen.

Pierre Laurent, en visite hier au Centre d'accueil d'urgence Porte de la Chapelle, a eu l'occasion de rappeler l'inhumanité de cette politique. En présence de Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs solidarité et de Paul Duprez, son président, il a souligné le rôle remarquable de ce centre. Il a rappelé l'exigence du retrait de la circulaire du 12 décembre (condamnée par toutes les associations) autorisant l'inspection dans les centres d'accueil des migrants et de leur situation administrative.
Pierre Laurent a également condamné les mesures annoncées de la prochaine loi migratoire par Emmanuel Macron, qu'il a qualifié de « particulièrement dure » qui place en priorité une politique d'exclusion massive et de dissuasion migratoire.

Parti communiste français,
Paris, le 10 janvier 2018.

Migrants disparus en mer: les politiques de l'UE et des Etats membres sont responsables (PCF, 10 janvier 2018)
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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 20:29
Amalgame entre antisionisme et antisémitisme, la faute grave de Macron (Dominique Vidal, entretien avec Pierre Barbancey, L'Humanité - 9 janvier 2018)
Amalgame entre antisionisme et antisémitisme, la faute grave de Macron (Dominique Vidal, entretien avec Pierre Barbancey, L'Humanité - 9 janvier 2018)

DANS "L'HUMANITÉ" - 9 janvier 2017

« Amalgame entre antisionisme et antisémitisme, la faute grave de Macron »

Journaliste et historien, auteur de nombreux ouvrages consacrés au Proche-Orient, Dominique Vidal s’élève, contre les accusations d’antisémitisme qui frappent tous les critiques d’Israël dans un nouveau livre: "Antisionisme = antisémitisme ? Réponse à Emmanuel Macron" (Libertalia, Paris, 2018).

PIERRE BARBANCEY: Si l’on en croit Emmanuel Macron, Manuel Valls ou encore Anne Hidalgo, toute critique d’Israël relèverait de l’antisémitisme. Cela ne masque-t-il pas un autre discours ?

DOMINIQUE VIDAL: Sans ignorer Manuel Valls et Anne Hidalgo, qui font du zèle, ce qui me paraît le plus grave, c’est l’initiative prise le 16 juillet 2017 par le président de la République. Non content d’inviter – pour la première fois – le Premier ministre israélien, incarnation de l’ultranationalisme, à la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv et de lui donner du « cher Bibi », il a repris à son compte – pour la première fois aussi – l’amalgame de la propagande israélienne entre antisionisme et antisémitisme. C’est une faute politique, car on ne saurait transformer une opinion en délit. Les sionistes prétendent interdire l’antisionisme. Les communistes exigent-ils l’interdiction de l’anticommunisme, les gaullistes celle de l’antigaullisme ou les ultralibéraux celle de l’altermondialisme ?

Cette faute politique se double d’une erreur historique. Jusqu’en 1939, l’écrasante majorité des Juifs rejetait le projet sioniste. Et si, ensuite, le génocide nazi a poussé nombreux d’entre eux vers la Palestine, la majorité ne vit toujours pas en Israël. La majorité des Juifs du monde est-elle antisémite ?

Cette manœuvre est couse de fil blanc : il s’agit pour Benyamin Netanyahou de faire taire les critiques de sa politique. De fait, il n’a jamais été aussi isolé dans l’opinion mondiale.

PIERRE BARBANCEY: Les États-Unis viennent de reconnaître Jérusalem « capitale d’Israël ». Est-ce un tournant dans la politique états-unienne? Quelles peuvent en être les conséquences ?

DOMINIQUE VIDAL: Non seulement cette décision viole les résolutions de l’ONU, mais elle tourne le dos aux positions affichées, de longue date, par leur diplomatie : contre la colonisation, pour deux États ayant chacun leur capitale à Jérusalem. Ce parjure sème le doute sur la parole des États-Unis et les disqualifie comme médiateurs.

Malgré l’isolement de Trump à l’ONU, cette provocation risque d’avoir de graves conséquences. Car elle encourage la radicalisation de la droite et de l’extrême droite au pouvoir à Tel-Aviv qui, tout en accélérant la colonisation, veulent désormais annexer le reste de la Palestine. La Knesset a adopté une loi en ce sens le 6 février dernier. Une autre permettra l’annexion des cinq blocs de colonies situés à l’est de Jérusalem, « bétonnant » l’hégémonie juive dans la ville et interdisant la naissance d’une capitale palestinienne. Sans parler de la nouvelle loi « verrouillant » Jérusalem. Même le Likoud, jusqu’ici plus prudent, exige l’annexion de la Cisjordanie.

Au-delà, le président américain pourrait porter un coup mortel à la solution des deux États, au profit d’un seul État où les Palestiniens n’auraient aucun droit – un apartheid à l’israélienne...

PIERRE BARBANCEY: La politique française au Proche-Orient a-t-elle changé depuis l’accession à la présidence d’Emmanuel Macron ?

DOMINIQUE VIDAL: Franchement, la politique proche-orientale du président de la République donne le tournis. Officiellement, il se prononce pour la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël avec Jérusalem-Est pour capitale. Mais il refuse de reconnaître cet État pourtant entré à l’ONU et à la Cour pénale internationale. En revanche, il semble être intervenu, fin 2017, en faveur de la libération de Salah Hamouri – il était temps !

Mais il n’y a pas que la situation en Palestine. La France d’Emmanuel Macron est absente du conflit syrien comme du chaos libyen. Elle se pose en libératrice du Premier ministre libanais, mais se tait devant les crimes perpétrés par l’Arabie saoudite et ses alliés au Yémen… À quand une grande initiative pour faire baisser la tension entre Ryad et Téhéran et empêcher qu’elle ne débouche sur une guerre régionale ?

PIERRE BARBANCEY: Revenons sur la campagne menée par Boycott-Désinvestissement-sanction (BDS).

DOMINIQUE VIDAL: Sous la pression d’Israël et de ses inconditionnels français, Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient mis le doigt dans l’engrenage de la criminalisation. Mais sur des milliers d’action, seules quelques-unes avaient été jugées.

Car ce n’est pas si simple. Il n’existe pas de loi réprimant le boycott. Et le jugement de la Cour de cassation de 2015 pourrait être « retoqué » par la Cour européenne des droits de l’Homme. Federico Mogherini, la ministre européenne des Affaires étrangères, a précisé : « L’Union européenne se positionne fermement pour la protection de la liberté d’expression et de la liberté d’association, en cohérence avec sa Charte des droits fondamentaux, qui est applicable au territoire des États membres, y compris en ce qui concerne les actions BDS. »

C’est une question de liberté, mais aussi d’efficacité dans la solidarité. Car il y a le boycott militant, mais aussi institutionnel : quand le Fonds de pension pour l’avenir de Norvège, la Danske Bank, la société de sécurité G4S ou encore Veolia et Orange se retirent des Territoires occupés, voire d’Israël, on comprend l’inquiétude des dirigeants israéliens. En qualifiant BDS de « menace stratégique majeure », Netanyahou nous montre le chemin. La meilleure réponse à la radicalisation de Tel-Aviv et de Washington, c’est BDS !

Amalgame entre antisionisme et antisémitisme, la faute grave de Macron (Dominique Vidal, entretien avec Pierre Barbancey, L'Humanité - 9 janvier 2018)
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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 20:20
Jérusalem

Jérusalem

La majorité au pouvoir en Israël durcit les lois contre les migrants et les « terroristes ». Une liste d’organisations internationales interdites de territoire est publiée.

La droite et l’extrême droite israéliennes se sentent pousser des ailes. En l’espace de quelques semaines, via le gouvernement ou leur majorité à la Knesset (le Parlement), elles ont pris une série de mesures au caractère nettement fascisant. Qu’on en juge : le 3 janvier, Israël a annoncé le lancement d’un programme destiné à imposer à près de 40 000 migrants en situation irrégulière de choisir entre leur expulsion ou leur incarcération. La majorité sont des Érythréens et des Soudanais qui ne peuvent rentrer chez eux, au vu de la situation. Le régime érythréen a été accusé par l’ONU de crimes contre l’humanité « généralisés et systématiques ». Quant au Soudan, son président, Omar Al Bachir, fait l’objet de mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, contre l’humanité et génocide. Qu’à cela ne tienne, Tel-Aviv s’est empressé de signer des accords avec le Rwanda et l’Ouganda afin qu’ils acceptent sur leur sol les migrants chassés d’Israël et à qui il aura été remis un billet d’avion et près de 3 000 euros. Pour solde de tout compte ? Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a exprimé son inquiétude face aux mesures du gouvernement israélien, rappelant notamment qu’Israël avait « des obligations légales s’agissant de la protection des réfugiés ».

Nettoyer Israël de tout ce qui n’est pas juif

Benyamin Netanyahou semble bien disposé à aller jusqu’au bout sur toutes les questions qui, à terme, reflètent son but ultime : nettoyer Israël de tout ce qui n’est pas juif, purifier la société israélienne en utilisant tous les moyens à disposition et, s’ils ne sont pas suffisants, en faisant voter de nouvelles lois à la Knesset. Un projet de loi prônant la peine de mort pour les « terroristes », c’est-à-dire, dans le vocabulaire de l’extrême droite israélienne, les Palestiniens, a été adopté toujours le 3 janvier, en lecture préliminaire au Parlement. La peine capitale est prévue dans la loi militaire israélienne en Cisjordanie occupée, mais n’a jamais été prononcée. Jusqu’à présent, son application nécessitait l’accord unanime des trois juges du tribunal. La majorité (deux sur trois) suffirait désormais si le texte était définitivement adopté.

Enfin, ce pays, qui se présente comme « la seule démocratie du Moyen-Orient », se comporte en réalité comme la pire des dictatures. Les autorités israéliennes viennent en effet de publier une liste de 20 organisations de par le monde dont les membres ne seront plus autorisés à entrer en Israël à cause de leur soutien à la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS). En tête de liste européenne, l’Association France Palestine solidarité (AFPS). On trouve également des organisations britanniques (dont l’une dans laquelle se trouve Jeremy Corbyn, dont on se demande comment fera Israël s’il devient premier ministre de Grande-Bretagne !), mais aussi américaines comme The American Friends Service Committee, lauréate du prix Nobel de la paix en 1947, pour avoir aidé et sauvé des victimes du nazisme, ainsi que Jewish Voice for Peace. En clair, Tel-Aviv interdit même à des juifs de se rendre en Israël ! Notons que l’occupation étant ce qu’elle est, il sera donc impossible à ces organisations de rencontrer les associations palestiniennes en Cisjordanie, puisque, pour s’y rendre, il faut passer par Israël. « Nous ne nous laisserons pas intimider, a fait savoir Bertrand Heilbronn, président de l’AFPS. Nous allons demander d’urgence un rendez-vous au président de la République et au ministre des Affaires étrangères. »

Grand reporter
Israël: : liste noire et peine de mort au menu de Netanyahou (Pierre Barbancey, l'Humanité, 9 janvier 2018)
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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 20:15
Corruption: le fils de Netanyahou incrimine son père dans un enregistrement
 PAR 

Enregistré au terme d’une nuit de débauche à Tel Aviv en 2015, Yaïr, le fils du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, affirme que son père aurait intercédé pour qu’un homme d’affaires empoche plus de 16 milliards d’euros dans le cadre d’un accord gazier.

Jérusalem, de notre correspondante.– L’origine de l’enregistrement reste inconnue, mais la chaîne Arutz 2, qui l’a dévoilé lundi, assure qu’il a été diffusé légalement. La scène se déroule un vendredi soir de l’été 2015. Yaïr Netanyahou, 24 ans à l'époque, fils aîné du premier ministre israélien, se trouve dans une voiture en compagnie de deux amis. Il y a Ori Maïmon, fils de l’homme d’affaires israélien Kobi Maïmon. Et Roman Abramov, que les médias israéliens soupçonnent d’avoir été embauché indûment par le milliardaire australien James Parker, proche de Benjamin Netanyahou.

Les trois amis viennent de sortir d’un club de strip-tease du centre de Tel Aviv. Visiblement éméchés, ils plaisantent sur leur nuit de débauche et les sommes qu’ils ont dépensées. Ori Maïmon se vante notamment d’avoir payé une addition de 2 400 shekels, soit près de 600 euros. Soudain, la conversation prend un tour politique. « Mon père a fait gagner 20 milliards de dollars [plus de 16 milliards d’euros – ndlr] au tien, tu peux bien me donner 400 shekels [environ 100 euros] », lance Yaïr Netanyahou à Ori Maïmon.« Mon frère, tu dois le reconnaître : mon père a beaucoup fait pour le tien, il s'est battu à la Knesset [le Parlement israélien] pour ça. »

Le fils du premier ministre fait clairement référence à l’accord approuvé en août 2015 par le gouvernement Netanyahou pour l’exploitation des champs gaziers découverts en Méditerranée. Le père d’Ori, Kobi Maïmon, est un des principaux actionnaires de Isramco, l’une des compagnies qui possèdent les champs gaziers offshore de Tamar, au large d’Israël.

Controversé, l’accord en question a été retardé de nombreux mois en raison de l’opposition de la commission israélienne antitrust et du ministre de l’économie de l’époque, Aryé Deri. Ce dernier avait refusé de recourir à une dispense spéciale prévue par la loi israélienne pour autoriser un monopole à opérer dans le pays, par exemple pour des questions de sécurité. Pour forcer la conclusion de l’accord, Benjamin Netanyahou avait finalement organisé et obtenu un vote au Parlement israélien début septembre 2015.

Au cours de l’enregistrement, Yaïr Netanyahou et ses deux amis s’inquiètent du caractère explosif de leur conversation et du fait qu’elle puisse être rendue publique. « Si cela sort, ce sera l’enfer », prévient Ori Maïmon. Détail important, ce soir-là, Yaïr Netanyahou et ses deux comparses ne sont pas seuls. Le fils du premier ministre est en effet accompagné d’un chauffeur et d’un agent de sécurité payés par l’État israélien. Les trois amis commencent alors à menacer le garde du corps sur le ton de la rigolade. « S’il est viré, nous serons obligés de le tuer », lance Roman Abramov. « Fais attention si tu démissionnes, mon frère, tu pourrais mourir », le mettent-ils en garde.

Au-delà du fond politique de l’affaire, la bande-son présente une image désastreuse du fils du premier ministre israélien. Tout au long de la conversation, Yaïr Netanyahou tient des propos dégradants au sujet des femmes et notamment de son ex-petite amie, dont le nom a été supprimé de l’enregistrement pour préserver sa vie privée.

À un moment, il affirme que les 400 shekels évoqués plus tôt avec Ori Maïmon étaient destinés « à une prostituée ». Il suggère également qu’il va « arranger » un rendez-vous pour ses amis avec une strip-teaseuse dont il a pris le numéro de téléphone. Selon Arutz 2, la mère de Netanyahou, Sara, aurait essayé de l’appeler au cours de la soirée.« Ma mère appelle… Quelle blague », aurait-il dit.

Quelques heures après la diffusion de l’enregistrement, Yaïr Netanyahou, aujourd’hui âgé de 26 ans, a présenté ses excuses dans un communiqué. « Lors d'une conversation nocturne, sous l'influence de l'alcool, j'ai dit des choses ridicules au sujet des femmes et d'autres choses idiotes qu'il valait mieux ne pas dire, écrit-il. Je m'excuse si quelqu'un a été blessé par mes mots. » Au sujet de l’accord gazier approuvé par le gouvernement israélien, le fils du premier ministre prétend qu’il « s’agissait d’une blague » et que« n’importe qui doué d’un peu de bon sens s’en rend tout de suite compte »

Un peu plus tôt, un représentant de la famille Netanyahou avait également publié un communiqué pour dénoncer la manière « honteuse et illégale » dont avait été obtenu l’enregistrement et nier la véracité des propos tenus par Yaïr Netanyahou sur son père.« Le premier ministre n'a aucun lien avec Kobi Maïmon, qu'il n'a rencontré qu'une seule fois, il y a dix ans. (…) Le premier ministre ne savait rien de la relation entre son fils Yaïr et le fils de Kobi Maïmon. Yaïr n'était aucunement impliqué dans l'affaire du gaz, et s'il parlait de l'affaire, il l'a évidemment fait en plaisantant. » 

Sur Twitter, le chef de l’opposition travailliste, Avi Gabbay, s’est empressé de dénoncer une « nouvelle tache sur l’accord de gaz corrompu » conclu par le gouvernement Netanyahou. 

La polémique enfle également autour du dispositif de sécurité déployé pour Yaïr Netanyahou lors de cette virée nocturne. Se gardant de commenter les déclarations du fils du premier ministre sur l’accord gazier, le bureau de Benjamin Netanyahou a affirmé que ce dernier n'était « pas consulté sur les conditions de la protection de ses enfants, décidées par les services de sécurité ».

Or jeudi dernier, Yoram Cohen, ancien chef du Shin Bet, le service de sécurité intérieur israélien, avait au contraire jugé sur une radio israélienne que, selon lui, les fils du premier ministre n’avaient pas besoin d’une protection permanente. Et qu’il avait tenté lorsqu’il était toujours en poste d’alléger le dispositif dont ils bénéficient, mais que cela n’avait « pas été accepté ».

Habitué aux frasques

Ce n’est pas la première fois que Yaïr Netanyahou fait parler de lui. Poursuivi pour calomnie à la suite d’un post publié sur son compte Facebook en août 2017, le fils du premier ministre est en effet au cœur d’une bataille judiciaire avec le think tank israélien de gauche Molad. En septembre dernier, le jeune homme avait par ailleurs fait scandale en publiant sur le réseau social un dessin empruntant aux codes de l’imagerie antisémite pour suggérer qu’une conspiration était à l’origine des problèmes judiciaires de sa famille.

Ce qui avait pu être classé jusqu’ici comme les frasques de jeunesse du fils du premier ministre se transforme aujourd’hui en véritable bombe politique. L’enregistrement dévoilé par Arutz 2 et les confidences choc qu’il contient, quelle que soit leur véracité, tombent en effet très mal pour Benjamin Netanyahou et son entourage, cernés par les affaires de corruption.

Pour mémoire, la justice israélienne a annoncé en septembre dernier l’inculpation de la femme de Netanyahou, Sara, pour avoir détourné à des fins personnelles 400 000 shekels de fonds publics, soit environ 100 000 euros, alloués à la résidence du premier ministre.

En dépit de ses dénégations, Benjamin Netanyahou fait lui-même l’objet de deux enquêtes distinctes pour avoir reçu des cadeaux « illicites » de la part de milliardaires et avoir tenté de monnayer une couverture favorable de sa personne dans les colonnes du journal d’opposition Yediot Aharonoth. D’après les médias israéliens, la police, qui tarde à rendre ses conclusions depuis plusieurs mois, pourrait recommander l’inculpation du premier ministre d’ici à la fin du mois de mars.

 

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 10:01
L'artiste kurde Zehra Dogan emprisonnée par Erdogan exposée à Traou Nevez à Plouézoc'h du 5 au 21 janvier 2017 - c'est parti pour plusieurs jours de rencontres, de débats, de films et concerts autour des kurdes et de leurs combats
L'artiste kurde Zehra Dogan emprisonnée par Erdogan exposée à Traou Nevez à Plouézoc'h du 5 au 21 janvier 2017 - c'est parti pour plusieurs jours de rencontres, de débats, de films et concerts autour des kurdes et de leurs combats

Une bonne trentaine d’œuvres originales de Zehra Doğan seront exposées en janvier au Pays de Morlaix, en Bretagne, accompagnées durant trois semaines de tables rondes d’information, de débats, et de musique.

Une bonne occasion pour toute la Bretagne de saluer la résistance d’une artiste et journaliste kurde, qui lutte, même en prison, pour défendre une culture, une histoire, et l’idée qu’une autonomie kurde apporterait à la Turquie un avenir commun possible, en faisant dialoguer la mosaïque de peuples présente sur son territoire, hors du rouleau compresseur de la “turcité” de l’Etat-nation.

Femme de 28 ans, elle a été condamnée pour avoir, avec son art, porté au grand jour les exactions de l’armée de l’Etat turc dans les villes de l’Est, ces dernières années. Une journaliste et artiste qui décrit la réalité de la guerre, “les yeux grands ouverts” a été jetée en prison pour 2 ans et 9 mois.

Ce sont des réalités des dernières années, tout autant que des racines de ce présent en Turquie et au Moyen-Orient, que traiteront des tables rondes, programmées durant ces trois semaines d’exposition. Mais ce sera tout autant du combat d’une femme, pour les femmes, qu’il s’agira.

Si ce contexte ne prête pas à la fête, l’avenir pour lequel Zehra résiste, la défense d’une culture et d’un vivre ensemble, eux, appelleront à musiques et lectures également.

Ces trois semaines sont organisées par La Minoterie / À Pleine Voix et Kedistan avec le concours des Éditions Fage, des Amitiés Kurdes de Bretagne (AKB), d’Initiative pour un Confédéralisme Démocratique,  du Festival du Cinéma de Douarnenez, du groupe Yıldız et de l’association Mama’z Cooking, et le soutien de L’association Traon Nevez et Le village de Plouézoc’h.

Du 5 au 21 janvier 2018
aux portes de Morlaix…

Traon Nevez
au Dourduff en Mer – 29252 Plouezoc’h

En voici une programmation succincte :
(Programme complet en version A4 plié à imprimer ou présentation verticale pour lecture en ligne et mailing)

Ouverture de l’exposition : tous les jours à 14h

Vendredi 5 janvier 2018

• 18h | Inauguration
Avec Laurent Baudry de l’Association La Minoterie / A Pleine Voix, Naz Oke et Daniel Fleury de Kedistan, et en partenariat avec Albert Thomas président de l’Association Traon Nevez, d’Yves Moisan, maire de Plouezoc’h, de Tony Rublon président des Amitiés Kurdes de Bretagne, de Valérie Caillaud, présidente du Festival du Cinéma de Douarnenez, et Laurence Loutre-Barbier, éditrice des Éditions Fage.
Repas avec l’Association Mama’z Cooking de Paimpol. Chants populaires kurdes, arméniens, turcs avec le groupe Yıldız.

Samedi 6 janvier

Turquie : “Démocratie” autoritaire ou dictature ? La situation des prisonnierEs, des Kurdes et du Rojava
• Carte blanche à Kedistan et à l’AKB
• Assiette kurde
• Projection et échanges : “Open the Border” de Mikael Baudu et Gant Sevenet

Dimanche 7 janvier

La culture au cœur de l’engagement
• Entre édition et engagement Table ronde les Éditions Fage et les Éditions Isabelle Sauvage.
• Écrire, chanter la culture kurde : Quelles identités ? Table ronde avec Anne Cousin, historienne, avec Maha Hassan, écrivaine kurde et Estelle Beaugrand chanteuse du groupe Yıldız.
• Repas partagé, soupe…

Samedi 13 janvier

Rojava entre utopie sociale et réalité
Rencontres animées par Élodie, d’Initiatives pour un Confédéralisme Démocratique.
• Témoignages sur le Kurdistan : Maha Hassan, écrivaine, et Gulistan Sido en direct d’Afrin au Rojava (par visioconférence),
• Le Rojava, histoire et réalité politique
• Soupe et auberge espagnole
• Féminisme au Kurdistan et jinéologie : Projection du “La guerre des filles”, film de Mylène Sauloy

Samedi 20  janvier

• Soirée cinéma, Animée par Yann Stéphant, directeur du Festival de Cinéma de Douarnenez
“Gulistan, Terre de Rose” film de Zaynê Akyol
“Marche arrière – Tornistan”, film d’animation de Ayşe Kartal
• Repas, auberge espagnole

Dimanche 21 janvier

• Ventes aux enchères d’œuvres d’artistes au profit des familles des prisonnierEs kurdes de Turquie
• Clôture festive de l’exposition et des rencontres…

Nous publierons le programme détaillé dans les meilleurs délais.

Durant ce même mois de janvier, une exposition d’autres oeuvres originales se tiendra également du 12 au 30 janvier sur Angers (Maine-et-Loire), à la Tour Saint Aubin, en attendant les mois de mars et avril, à Paris, dans le lieu culturel “La maison des métallos”, la présentation d’une soixantaine d’oeuvres, films, lectures et tables rondes, là aussi.

Kedistan vous avait promis d’y travailler, c’est en cours… et n’oubliez pas le livre paru aux Editions Fage, disponible dès maintenant ici sur le site, et dès janvier en librairie.

Consultez aussi : 

Vous pouvez organiser, vous aussi, un atelier d’envoi de cartes postales, ou une exposition, en soutien. Des reproductions sont disponibles… Voir ICI

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 07:19
Aharon Appelfeld

Aharon Appelfeld

Littérature.


 Déporté enfant, rescapé de la Shoah, ami de Philip Roth qui l’a mis en scène dans Opération Shylock, l’écrivain israélien, auteur d’une quarantaine de romans, avait 85 ans.

L'écrivain israélien Aharon Appefeld s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 85 ans. Rescapé de la Shoah, il a été l'un des auteurs les plus importants de ce que l'on nomme en son pays la "seconde vague" littéraire. Son oeuvre campe en abondance d'inoubliables figures de juifs ou de demi-juifs d'Europe centrale, intellectuels, petit-bourgeois, commerçants, assimilés à la civilisation occidentale puisque élevés dans la culture germanique. Pris dans les rets du génocide, internés dans des camps, ces êtres sont amputés de tout patrimoine. Les survivants, tragiquement orphelins d'une mémoire collective, errent seuls et démunis, en proie à des souvenirs perdus. Si certains de ses livres sont à fort teneur autobiographique et peuvent à ce titre être significatifs du génocide, Aharon Appefeld n'entendait pas être considéré comme un "écrivain de l'Holocauste" 

"Vous ne pouvez pas être un écrivain de la mort, disait-il, l'écriture suppose que vous soyez vivants". Son sujet permanent, c'est le destin de son peuple. Au fil de la singularité propre à l'être juif, il part toujours du particulier pour aller au général.

Des destins marqués par le génocide et le déracinement 

Il a publié une quarantaine de romans, des nouvelles et son autobiographie, Histoire d'une vie, couronnée en 2004 par le prix Médicis étranger. Dans certaines de ses œuvres, ses héros, déracinés par force, doivent changer de langue - tout comme lui- et passer du yiddish à l'hébreu. Le personnage marginal de Et la fureur ne s'est pas encore tue  (l'Olivier, 2009), né comme lui avant la Seconde Guerre mondiale dans une famille juive des Balkans, a, comme lui, connu la montée de l'épouvante nazie. Et comme lui a échappé de peu à la mort. Né en 1932 à Czernowitz, ville roumaine aujourd'hui en Ukraine, Aharon Appefeld n'a que 8 ans quand il est déporté avec son père dans un camp de concentration de Transnitrie. A l'automne 1942, il parvient à s'échapper et survit durant plus de deux ans dans les forêts ukrainiennes avec d'autres évadés. Il dit avoir été "adopté par un gang de criminels". 

Ecrire dans sa "langue maternelle adoptive"

Recueilli par l'Armée rouge, il y est enrôlé comme "garçon de cuisine" . Il quitte l'Union soviétique en 1945 et émigre en Palestine mandataire l'année suivante. "Personne ne voulait des orphelins en Europe. Le seul endroit où l'on pouvait aller était la Palestine" . En 1957, il retrouve son père, qu'il croyait mort comme sa mère, assassinée par les nazis en 1940. Il entame des études, littéraires et d'agriculture, effectue son service militaire et commence à écrire. Son premier recueil de nouvelles, Fumée, paraît en 1962. Il écrit en hébreu, "sa langue maternelle adoptive" . Il a longtemps enseigné la littérature à l'université Ben Gourion. Homme de gauche résolu, ancré de tout temps dans le Parti travailliste, Aharon Appelfeld met en lumière l'impasse du sionisme, tel le héros de son roman Le garçon qui voulait dormir (l'Olivier, 2011), un Israélien, qui, par la force des choses, ne se reconnaît plus dans la nouvelle identité collective en vigueur. L'écrivain, au fil des ans, a vu s'élargir les failles dans la société de son pays. 

Il a reçu maints prix littéraires prestigieux. Il apparaît dans le roman Opération Shylock, de son ami américain Philip Roth, qui le compare à Kafka et Bruno Schluz. Le dernier roman de Aharon Appelfeld, De longues nuits d'été, est paru en 201 à l'Ecole des loisirs.

Muriel Steinmetz  

 

Aharon Appelfeld, l’auteur d’Histoire d’une vie, est mort (Muriel Steinmetz, L'Humanité - 5 janvier 2018)
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