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9 septembre 2018 7 09 /09 /septembre /2018 08:59
Israël-Palestine: Interview exclusive de Dominique Vidal pour Rouge Finistère, septembre 2018
Dominique Vidal, historien et journaliste, spécialiste reconnu du Moyen-Orient, collaborateur du Monde Diplomatique dont il a été le rédacteur en chef adjoint, est venu dans le Finistère à Quimper et Brest à l'initiative de l'AFPS présenter son dernier livre. À cette occasion il nous a accordé une interview exclusive pour Rouge Finistère.
 
Interview à « Rouge Finistère» (journal départemental du PCF) de Dominique Vidal - Propos recueillis par Yvonne Rainero
 
Dans ce livre, vous vous adressez à Emmanuel Macron.  Pourquoi ?
 
Mon livre est titré Antisionisme = antisémitisme ? et sous-titré Réponse à Emmanuel Macron. Ce n’est pas un effet de style. Dans son discours du 16 juillet 2017, lors du 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, où il avait invité le Premier ministre israélien, le Président de la République a en effet déclaré : « Nous ne cèderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. »
C’était la première fois qu’un chef de l’État reprenait à son compte cet amalgame inacceptable entre une opinion parfaitement licite, qui conteste la réponse de Theodor Herzl à la « question juive », comme on disait à l’époque, et un délit, puni, comme toutes les formes de racisme, par les lois de la République. Ce faisant, il commettait à la fois une erreur historique et une faute politique.
 
Dans l’histoire, les Juifs n’ont-ils pas soutenu le projet sioniste ?
En majorité, certainement pas. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, c’est évident : les Juifs communistes, bundistes et religieux refusent de gagner la Palestine pour y bâtir « leur » État. La plupart des 3,5 millions qui quittent l’Europe vont d’ailleurs aux États-Unis, tandis que la Palestine sous mandat britannique ne compte que 460 000 Juifs, soit 2,9 % de la population juive mondiale.
Après la tragédie de la Shoah, plusieurs centaines de milliers de survivants ne peuvent ni rentrer chez eux, ni, faute de visas, se rendre en Amérique : la plupart émigrent vers la Palestine, puis Israël, d’où 800 000 Arabes ont été expulsés durant la guerre de 1948. Il ne s’agit donc pas d’un « choix sioniste », mais d’un moindre mal.
Il en ira de même des deux autres grandes vagues d’immigration en Israël. Chassés de leur pays ou « recrutés » par l’Agence juive, les Juifs des pays arabes n’ont pas d’autre endroit où aller. Idem pour les Juifs soviétiques sous Gorbatchev : ils rêvaient de poursuivre leur voyage jusqu’aux États-Unis, mais durent rester en Israël.
Soixante-dix ans après sa création, ce dernier ne rassemble que 6,5 des 15 à 16 millions de Juifs du monde : malgré le génocide, les autres ont continué, contrairement aux prévisions de Herzl, de s’intégrer dans les États occidentaux où de surcroît la majorité se marie avec des non-Juifs. En outre, plusieurs centaines de milliers de citoyens israéliens vivent à l’étranger. Et même parmi les Juifs français qui ont quitté notre pays ces dernières années, une forte proportion revient.
Historiquement, la petite phrase du président est donc une erreur. Politiquement, c’est pire : elle constitue une faute.
 
Pourquoi ?
Parce que les dirigeants israéliens et leurs inconditionnels français l’exploitent pour exiger une loi interdisant l’antisionisme, autrement dit la création d’un délit d’opinion. Imaginez que les communistes demandent l’interdiction de l’anticommunisme, les gaullistes celle de l’antigaullisme et les libéraux celle de l’altermondialisme…
 
L’accusation d'antisémitisme à l'égard du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien était déjà sous-jacente dans la circulaire Alliot-Marie. Comment expliquez-vous que l'affrontement d'idées et de personnes à ce sujet prenne aujourd'hui une nouvelle ampleur?
Vous avez raison : l’offensive a d’abord ciblé la campagne Boycott-Désinvestissement-sanction (BDS), qualifiée d’antisémite, sur la base de la directive de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie (2010), que Christiane Taubira n’a malheureusement pas annulée. Mais, sur des centaines d’actions de boycott, les parquets n’en ont poursuivi qu’une douzaine, dont deux seulement ont été condamnées. L’une d’elle, à Colmar, est désormais soumise à la Cour européenne des droits de l’homme, qui pourrait retoquer la Cour de cassation française. En effet, selon Federica Mogherini, la ministre européenne des Affaires étrangères, l’Union « se positionne fermement pour la protection de la liberté d’expression et de la liberté d’association, en cohérence avec la Charte des droits fondamentaux, qui est applicable au territoire des États membres, y compris en ce qui concerne les actions BDS. »
En difficulté, ces extrémistes liberticides s’attaquent maintenant à l’antisionisme. Dans les deux cas, ils tentent de rompre l’isolement que vaut à Israël sa politique d’occupation, de colonisation et, désormais, d’annexion. La dernière enquête de l’IFOPi indique que 57 % des Français ont une mauvaise image d’Israël et 69 % du sionisme, 71 % jugeant qu’Israël porte une         responsabilité majeure dans l’absence de négociations. Seraient-ils antisémites ? Une autre enquête, réalisée par l’institut IPSOSii, balaie cette accusation : l’électorat de la France insoumise et du Parti communiste est, démontre-t-elle, à la fois le plus critique vis-à-vis de la politique d’Israël et le plus empathique à l’égard des Juifs victimes de l’antisémitisme. CQFD.
La France n’est pas, loin de là, le seul pays où l’opinion soutienne massivement la cause palestinienne. On en trouve même un reflet sur la scène diplomatique. Déjà, l’État de Palestine est entré à l’Unesco (2011), aux Nations unies (2012) et à la Cour pénale internationale (2015). Et l’Assemblée générale a, par exemple, voté fin 2017 une résolution en faveur du droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à un État par 176 voix pour, 7 contre (Canada, États-Unis, Israël, Îles Marshall, États fédérés de Micronésie, Nauru et Palaos) et 4 abstentions (Cameroun, Honduras, Togo, Tonga). ..
 
Vous placez ce débat avec juste raison sur le terrain de la rationalité des faits historiques, statistiques. Pourquoi est-ce si difficile en France, plus difficile semble-t-il que dans d'autres pays européens?
Pour une raison simple : notre pays est, en Europe, celui qui compte à la fois le plus de musulmans et le plus de Juifs, dont une bonne partie se sentent naturellement proches des Palestiniens ou des Israéliens. D’où l’agitation d’Israël et de ses amis pour redorer son blason dans l’opinion. La tâche n’est pas aisée, vu la radicalisation de la coalition au pouvoir à Tel-Aviv : passage de la colonisation à l’annexion du reste de la Palestine, adoption de lois liberticides, alliance avec les pouvoirs populistes et les forces d’extrême droite européennes…
Comment, par exemple, convaincre nos compatriotes confrontés au spectacle insupportable des massacres de civils désarmés à Gaza ? Certains prétendent que la lecture de certains versets du Coran expliquerait les actes de violence antisémites. Personnellement, j’ai l’impression que les horreurs perpétrées par les snipers israéliens constituent une incitation beaucoup plus puissante. Et j’ajoute que c’est évidemment injuste : les Juifs de France ne sont en rien responsables des crimes de l’armée israélienne. C’est dire l’irresponsabilité des dirigeants du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) quand, au nom des Juifs, ils défendent la politique israélienne : ce sont eux qui font le lien…
L'opinion publique internationale a fortement aidé à la fin du régime d'apartheid en Afrique du Sud. Que pouvons-nous faire pour développer l'intervention citoyenne sur la question palestinienne?
Tant qu’Israéliens et Palestiniens seront seuls face à face, rien n’avancera : c’est la lutte du pot de fer et du pot de terre. Il importe donc que la communauté internationale s’en mêle, sur la base de son droit et notamment des résolutions des Nations unies. C’est pourquoi beaucoup dépend de l’intervention de l’opinion publique. En France comme ailleurs, on l’a vu, une nette majorité des citoyens critique les choix des dirigeants israéliens. Reste à traduire cette critique en actes politiques capables de peser sur les gouvernements. C’est la tâche du mouvement de solidarité et notamment de la campagne BDS.
Il y a bien sûr le « B », dont nous avons parlé. Il se traduit aussi par le refus d’un grand nombre d’artistes de se produire en Israël – sans oublier l’annulation du match de football avec l’Argentine ! Mais il y a aussi le « D » et le « S ». Un nombre croissant de fonds de pension, de grosses banques, de grandes entreprises rompent leurs liens avec Israël et/ou les colonies de Cisjordanie. À terme, tout cela coûtera des milliards de dollars à l’économie israélienne.
À ceux qui doutent de l’efficacité de la campagne BDS, je rappelle qu’elle a d’ores et déjà de telles conséquences, économiques et surtout politiques, que Benyamin Netanyahou l’a qualifiée de « menace stratégique majeure ». Et qu’il a créé, pour la combattre, une organisation dotée, à la fin de l’année dernière, de 72 milliards de dollars. Mais tout l’or du monde ne rendra pas la politique anti-palestinienne d’Israël sympathique !
 
Comment voyez-vous le devenir des peuples palestinien et israélien ?
Je ne suis pas Madame Soleil. Ce dont je suis certain, c’est que le droit à l’autodétermination des peuples finira par triompher. Le conflit israélo-palestinien représente le dernier grand conflit de décolonisation au monde, et il s’achèvera comme les autres. C’est l’intérêt des deux peuples. Mais j’ignore quels contours aura cette solution.
La communauté internationale s’est prononcée, depuis des décennies, pour une solution sinon juste, en tout cas praticable : la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. Mais elle n’a rien fait pour l’imposer à Israël et, plus le temps passe, plus cette perspective s’estompe. Il faut être aveugle pour ne pas voir qu’Israël, qui a fait longtemps mine d’accepter cette formule, est en train de l’enterrer : en mettant le cap sur l’annexion de la Cisjordanie, la droite et l’extrême droite se fixent l’objectif d’un seul État, dans lequel les Palestiniens annexés avec leur terre ne jouiraient pas du droit de vote – un État d’apartheid. Vingt-sept ans après la disparition du régime raciste d’Afrique du Sud !
Il revient aux Palestiniens et aux Israéliens qui acceptent leur droit à l’autodétermination de choisir la solution qui leur convient. Pour ma part, je suis sensible à la voix de ceux qui, tout en voulant conserver les acquis diplomatiques de l’État de Palestine, proposent d’engager sans tarder le combat contre l’apartheid et pour l’égalité des droits. Nier la réalité n’a jamais permis de la transformer…
 
Israël-Palestine: Interview exclusive de Dominique Vidal pour Rouge Finistère, septembre 2018
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9 septembre 2018 7 09 /09 /septembre /2018 07:08
Djordje Kuzmanovic (France Insoumise, conseiller de Mélenchon) : Le discours de Sahra Wagenknecht est de salubrité publique (Le Nouvel Observateur, 8 septembre)

 

" Le discours que tient Sahra Wagenknecht sur la question migratoire me semble donc être de salubrité publique". (Djordje Kuzmanovic, Le Nouvel Observateur, 8 septembre)

 

Sahra Wagenknecht a été soutenue par Jean-Luc Mélenchon au début qu'elle a essayé de prendre la direction de Die Linke avec une nouvelle orientation populiste, puis elle a quitté Die Linke pour créer un nouveau parti prétendument de gauche anti-immigration. Cette femme politique opportuniste imbue de sa personne ne craint pas de contredire les fondements moraux et idéologiques les plus ancrés de la gauche pour gagner des voix sur des bases de refus de l'accueil des réfugiés. C'est bien triste comme évolution.  A France Insoumise, l'ancien socialiste patriotard et militariste Djordje Kuzmanovic soutient une ligne semblable. On lui devait déjà, en tant que conseiller de Mélenchon aux affaires internationales, la complaisance vis-à-vis de Poutine et de Bachar al-Assad au nom de l'anti-impérialisme. Tout ça est indigne d'un mouvement de gauche.    

A voir à l'opposé la déclaration de Ian Brossat par rapport à Sahra Wagenknecht: 

En Allemagne, certains représentants politiques empruntent une pente dangereuse. C’est le cas de Sarah Wagenknecht, ancienne présidente du groupe Die Linke (gauche radicale) au Bundestag, qui vient de créer un mouvement populiste anti-migrants, « Aufstehen ». Honte à elle et à tous ceux qui, se prétendant de gauche, adoptent un discours anti-migrants. Je salue nos camarades de Die Linke qui ne cèdent pas à cet appel à adopter le même discours que l’extrême droite s’agissant des questions migratoires.

Faire des réfugiés les boucs émissaires de la crise est une ignominie sans nom. Pendant ce temps-là, les capitalistes qui pratiquent le nomadisme sur fond de dumping social et fiscal dans une totale impunité peuvent continuer à délocaliser et à broyer vies et territoires en toute tranquillité.

Les progressistes d’Europe ont mieux à faire que plagier les arguments éculés de l’extrême droite selon lesquels les étrangers nous volent notre pain ou font baisser nos salaires. Il nous faut au contraire consacrer notre énergie à trouver des issues positives à la crise de l’accueil que vit l’Europe depuis trois ans. C’est ce à quoi s’emploie le PCF, en proposant d’une part d’ouvrir des voies légales pour permettre l’arrivée en bonne condition des réfugiés qui fuient la guerre et la misère, et d’autre part qu’une clé de répartition européenne impose à l’ensemble des vingt-sept de prendre part à l’accueil et au devoir de solidarité.

Ian Brossat, chef de file du PCF pour les élections européennes

 

Ian Brossat

Ian Brossat

A voir aussi: 

Ce tweet de Mélenchon daté de l'Université d'été de France Insoumise en août qui va dans le même sens que les propos scandaleux de Djordje Kuzmanovic. 

Il n’y a aucun lien de causalité entre immigration et baisse des salaires. Ce qui fait pression sur les revenus des ménages, ce sont les politiques de désinflation compétitive conduites sans discontinuer en France depuis le « tournant de la rigueur » mitterrandien de 1983 et gravées, depuis, dans les traités européens, politiques qui ont été soutenues à l'époque par Jean-Luc Mélenchon.  

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9 septembre 2018 7 09 /09 /septembre /2018 06:45
Ahed Tamimi interdite de visite en Europe : la France doit protester auprès de Tel Aviv (PCF, 8 septembre 2018)

La jeune et courageuse militante pacifiste Ahed Tamimi, à peine sortie de 8 mois d'emprisonnement arbitraires, se voit interdite de visite en Europe par le gouvernement israélien, à la veille d'une visite prévue avec sa famille en Belgique, en France –notamment à la Fête de l'Humanité – et en Espagne à la Fête du Parti communiste espagnol.

Que craint ce gouvernement israélien avec ce déplacement ?

Ahed Tamimi interdite de visite en Europe : la France doit protester auprès de Tel Aviv

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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 16:17
La barbarie au pouvoir en Arabie Saoudite: Halte aux exécutions

Arabie saoudite : halte aux exécutions

Les condamnations à mort se multiplient en Arabie Saoudite. Depuis le début de cette année, 134 personnes ont été exécutées.

L'objectif du médiatique Mohammed Ben Salman vise à intimider et à briser les contestations de celles et ceux qui dénoncent l'agressivité extérieure et les crimes de guerre perpétrés au Yémen, ainsi que, sur le plan national, les privatisations, l'austérité et la "Vision 2030" du prince héritier et vice-premier ministre de la pétromonarchie.

Les arrestations d'intellectuels, de militants des droits civiques et humains se traduisent par de multiples peines capitales : Ali Mohammed al-Nimr, un jeune manifestant anti-régime devrait être décapité, son corps crucifié et exposé publiquement. La jeune Issa al-Ghomghani et quatre autres militants chiites devraient subir le même sort. Elle est accusée d'avoir rassemblé des informations sur les mouvements sociaux de 2011. Quant au blogeur Samar Badawi, il purge une peine de dix ans de prison accompagnée de 1000 coups de fouet pour apostasie.

Les prétentions réformistes du régime saoudien volent en éclats devant cette terrible politique répressive. Pendant ce temps, les puissants alliés de l'Arabie Saoudite, à l'exception du Canada, font preuve d'un mutisme honteux.

Le Parti communiste français (PCF) exprime sa solidarité avec les démocrates d'Arabie Saoudite et exige leur libération. Dans l'urgence, il appelle à la mobilisation pour suspendre les exécutions. Le président de la République, Emmanuel Macron, qui se targue d'entretenir des relations chaleureuses avec le prince héritier, s'est installé dans un silence complice traduisant une capitulation de la France, et le sacrifice de vies humaines sur l'autel des ventes d'armes et autres juteux contrats commerciaux.

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 19:28
Festival des autres mondes au Roudour à St Martin des Champs du 21 septembre au 21 octobre 2018 autour de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde dans les geôles du régime d'Erdogan
Festival des autres mondes au Roudour à St Martin des Champs du 21 septembre au 21 octobre 2018 autour de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde dans les geôles du régime d'Erdogan

Si vous voulez soutenir cette ambitieuse manifestation culturelle et politique pour la liberté d'expression et la liberté des peuples de Turquie, il est possible de soutenir l'organisation de ce deuxième événement important du point de vue de la solidarité internationale avec les Kurdes de Turquie dans la région de Morlaix et en Bretagne en soutenant les associations organisatrices par un financement participatif:

https://www.helloasso.com/associations/la-minoterie-a-pleine-voix/collectes/festival-des-autres-mondes-autour-de-zehra-dogan   

Lire aussi: 

Exposition Zehra Dogan à Traon Nevez - une oeuvre d'une force incroyable par une jeune artiste et journaliste féministe kurde réprimée par le pouvoir d'Erdogan et emprisonnée pour 2 ans et neuf mois

Zehra Dogan. Les yeux grands ouverts (Le Télégramme, Morlaix, Sophie Guillerm, 5 janvier 2017)

L'artiste kurde Zehra Dogan emprisonnée par Erdogan exposée à Traou Nevez à Plouézoc'h du 5 au 21 janvier 2017 - c'est parti pour plusieurs jours de rencontres, de débats, de films et concerts autour des kurdes et de leurs combats

 

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 05:37

La chanteuse mythique n’est pas seulement la reine de la pop très active dans des opérations caritatives en Afrique. Elle est aussi une femme d’affaires avisée qui ne recule pas devant les placements fiscalement très avantageux.

Madonna est une personnalité au double visage : derrière les paillettes de la pop star se trouve une influente femme d’affaires. Ses multiples opérations caritatives, au Malawi par exemple, ne sont que la face publique de la Madone, qui aurait pu être aussi bien surnommée « queen of optimization ». Selon les révélations des Paradise Papers, Madonna aurait investi dans une société bénéficiant de taxes sur la plus-value quasi inexistantes. Et cette entreprise se situe… dans l’archipel des Bermudes. Pour rappel, cet État est classé 7e parmi les plus gros paradis fiscaux par l’Union européenne et avait été placé sur sa liste noire par la France. Le plus intrigant est le silence de Madonna quant à cette affaire, la vedette refusant de répondre aux requêtes du Consortium international des journalistes d’investigation (Icij), chargé de l’enquête sur les Paradise Papers.

On dit de Madonna qu’elle est arrivée à New York à 20 ans avec l’équivalent de 35 euros en poche. Aujourd’hui, l’interprète du mythique Like a Virgin est à la tête d’un empire de plus de 500 millions d’euros et a engrangé 1,2 milliard d’euros depuis le début de sa carrière. Si bien que le magazine économique Forbes la classe dans sa liste des femmes les plus riches d’Amérique. En 36e position devant Céline Dion, Beyoncé ou encore Taylor Swift, elle se retrouve parmi des femmes d’affaires telles que Marian Ilitch ou Oprah Winfrey.

ELLE BÉNÉFICIE DE LA JURIDICTION FISCALE DES LES PLACEMENTS FINANCIERS ONT ÉTÉ EFFECTUÉS PAR SON AGENT GUY OSEARY

La légende de la pop a fait fortune grâce, notamment, à ses tournées internationales. La dernière en date, le « Material Girl’s Rebel Heart Tour », lui a permis d’engranger 145 millions d’euros. Mais Madonna continue de s’enrichir grâce à toutes les marques dérivées de son image, particulièrement sa ligne de vêtements et ses parfums. L’empire économique de la « Ciccone » se base aussi sur la valeur grandissante de son capital immobilier et de sa collection d’art, dans laquelle figurent des tableaux de Picasso, Frida Kahlo et Man Ray. Madonna détient aussi une part de la société de service de streaming Tidal, dont le chiffre d’affaires dépasse les 500 millions d’euros.

Madonna dispose donc d’un autre capital à faire fructifier que celui de la célébrité. Et l’enrichissement de l’idole de la pop est en parti dû à sa pratique de l’optimisation fiscale. Entre 1998 et 2013, ses 2 000 actions investies dans l’entreprise de fournitures médicales SafeGard Medical Limited lui ont fait gagner 475 millions d’euros. Elle bénéficie de la juridiction fiscale des Bermudes, sans taxes sur les gains en capital. Elle peut donc acheter ou vendre des actions et parts de fonds d’investissement sans être imposée. Cette société a fermé en 2013 et il est désormais impossible d’accéder à des informations la concernant, que ce soit sur son personnel ou sur son activité et ses comptes. SafeGard Medical Limited laisse un flou pour les enquêteurs.

Les placements financiers de Madonna ont été effectués par l’intermédiaire de son agent, Guy Oseary, et enregistrés à son adresse. Guy Oseary est un directeur de talent mais surtout un homme d’affaires réputé et influent à l’international. Outre Madonna, il est également le manager du groupe U2. Le chanteur star de U2, Bono, est également mentionné dans l’enquête des Paradise Papers. Il aurait investi dans une entreprise basée sur l’île de Malte (voir l’Humanité du 6 août). Guy Oseary semble être familier de la construction de fortunes basées sur l’optimisation, et est peut-être le point commun fiscal des deux artistes.

 

Le guide touristique de la fraude : Hong Kong

« Créer une société offshore à Hong Kong est l’arme fiscale parfaite », assure TAS, un cabinet d’expertise comptable spécialisé dans l’optimisation fiscale. La ville, devenue le plus grand centre d’affaires d’Asie, ne s’adresse pas aux particuliers désireux de frauder le fisc, mais aux grandes entreprises. Et elle s’est donné tous les atouts pour les séduire. En premier lieu, des accords stratégiques pour éviter toute double imposition, avec l’Irlande, les Pays-Bas, les États-Unis. Hong Kong propose aussi aux multinationales des filiales à responsabilité limitée pour protéger les actionnaires, sans nécessité d’apport de capital, sans contrôle des changes (pour faire entrer et sortir des fonds sans entrave) et sans aucun impôt sur les revenus extraterritoriaux, ni cotisation, et une TVA nulle. Seuls les profits réalisés sur le territoire hongkongais sont taxables à 16,5 %. « Votre société offshore peut se gérer à distance, n’importe où dans le monde. Une adresse physique n’est pas nécessaire », explique le cabinet TAS. Grande place financière oblige, toutes les grandes banques y sont présentes, dont les françaises, qui y ont réalisé pas moins de 436 millions d’euros de bénéfices en 2014, selon un rapport de la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires, qui rassemble ONG et syndicats.

Paul Samman

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28 août 2018 2 28 /08 /août /2018 03:49

Jean Jouzel climatologue, directeur de recherche au CEA, ancien vice-président du groupe scientifique du Giec

Pourtant loin d’être terminé, l’été 2018 marque d’ores-et-déjà un tournant dans notre lutte contre le réchauffement climatique. Feux de forêts incontrôlables en Californie, canicules sans précédent en Europe du Nord ou au Japon : de nombreux rapports scientifiques évoquent désormais le risque d’atteindre un point de rupture. Pour Jean Jouzel - chercheur dans le domaine de l’évolution du climat - nous pouvons encore agir, mais il est impératif que nous relevions l’ambition des 2 °C prévue par l’Accord de Paris.

Canicules en France, en Suède, au Japon, incendies d’une rare violence en Californie ou au Portugal : assiste-t-on à un emballement du réchauffement climatique ?

Malheureusement, les événements actuels correspondent à ce qui était envisagé depuis plus de trente ans par les climatologues. En moyenne, la température à la surface de la terre augmente de près de deux dixièmes de degrés par décennie. A ce réchauffement moyen – directement imputable aux activités humaines – s’ajoute désormais une évolution rapide des « extrêmes climatiques », expliquant notamment la recrudescence et l’intensification des vagues de chaleur, qui ne va pas aller en s’améliorant. Pour une hausse supplémentaire des températures moyennes de 1 °C, les extrêmes augmenteraient ainsi de 2 °C.

« Les épisodes de canicule se multiplient depuis le début des années 2000 »

De fait, on l’observe particulièrement cet été, les épisodes de canicule se multiplient depuis le début des années 2000. En France, nous avons été marqués par la canicule de 2003, mais n’oublions pas que d’autres pays ont connu des pics similaires depuis, comme par exemple la Russie en 2010. Des records sont ainsi battus de plus en plus fréquemment, en différents points du globe. Le rapport annuel de l’Agence américaine d’observation de l’océan et de l’atmosphère vient d’ores-et-déjà de confirmer que 2017 a été l’une des trois années les plus chaudes de la planète. Et 2018 pourrait bien battre de nouveaux records.

« Ces changements climatiques rapides sont sans aucun équivalent sur les 10 000 dernières années et nous font entrer dans un tout autre monde »

Si rien n’est fait pour enrayer cette dynamique, l’été caniculaire de 2003 – qui était 3 degrés plus chaud qu’un été de référence de la fin du XXsiècle – pourrait bien devenir la norme en France après 2050. Les étés caniculaires auraient alors des températures moyennes 6 ou 7 degrés plus élevées que cet été de référence. Par ailleurs, dans un contexte de réchauffement climatique non maîtrisé, on peut craindre des records de température de l’ordre de 50, voire 55 degrés, dans certaines régions à la fin du siècle. C’est énorme. Ces changements climatiques rapides sont sans aucun équivalent sur les 10 000 dernières années et nous font entrer dans un tout autre monde.

Pouvons-nous attribuer ces événements extrêmes au réchauffement climatique et à l’activité humaine ?

Le réchauffement moyen du globe est déjà clairement attribué à l’activité humaine et à l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, pour l’essentiel (75 %) dus aux dégagements de gaz carbonique causés par notre utilisation d’énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Le reste tenant principalement à nos usages agricoles qui rejettent du méthane et du protoxyde d’azote.

« Il ne fait désormais plus aucun doute que le changement climatique augmente la probabilité de survenue d’événements extrêmes »

Pour ce qui est des extrêmes climatiques, ils sont étudiés au cas par cas par les climatologues depuis plusieurs décennies et mes collègues sont désormais capables, grâce aux statistiques, de déterminer les probabilités de survenue de tel ou tel événement dans un contexte de réchauffement climatique. Par rapport à ce qui était fait il y a 15-20 ans, les experts climatiques sont de plus en plus sensibles à la notion dite « d’attribution » et – grâce à une meilleure documentation des phénomènes naturels et au développement de modèles climatiques plus élaborés – il ne fait désormais plus aucun doute que le changement climatique augmente la probabilité de survenue d’événements extrêmes. La vague de chaleur observée en Europe du Nord avait ainsi deux fois plus de chances de se produire aujourd’hui que dans le passé. C’est un changement de perspective important. L’étape suivante consistera à établir un lien causal direct entre ces extrêmes climatiques et l’activité humaine. Cette attribution a déjà été établie pour plusieurs pics de chaleur mais sans faire pour l’instant consensus.

 

L’ensemble de la planète, sans exception, est concerné par ce réchauffement. Les menaces sont bien sûr différentes d’une région à l’autre, mais aucun pays ne peut y échapper. On le voit cette année avec la Scandinavie, qu’on pensait à l’abri du réchauffement climatique, ou encore la Russie qui semblait épargnée avant la canicule de 2010.  

« L’Europe s’est considérée comme privilégiée pendant un temps, alors que nous sommes en réalité très vulnérables »

Sur ce plan, l’Europe s’est considérée comme privilégiée pendant un temps, alors que nous sommes en réalité très vulnérables, en témoigne la canicule actuelle. Aujourd’hui, un Européen sur 20 est, chaque année, en proie à un événement climatique extrême. Si rien n’est fait pour maîtriser le réchauffement, cette proportion pourrait atteindre deux tiers de la population d’ici 2050. Le nombre de décès liés aux extrêmes climatiques (essentiellement aux épisodes de canicule) pourrait également être multiplié par 50 dans la deuxième partie du siècle, passant de 3 000 à 150 000 victimes annuelles. Enfin, en France, une projection des risques de feux de forêts à horizon 2050 indique que des régions jusqu’ici épargnées pourraient être sujettes aux flammes, notamment dans le centre et l’ouest du pays.

Malgré tout, c’est incontestablement l’Afrique et l’Asie du Sud-Est qui sont en première ligne. Au niveau de la corne de l’Afrique (Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Somalie) par exemple, les températures dépassent régulièrement les 50 °C, et pourraient être amenées à augmenter de nouveau, rendant très compliquée l’adaptation des populations. C’est aussi ce qui attend, plus modérément la péninsule arabique. Dans certaines régions côtières, la principale crainte tient à l’élévation du niveau de la mer, tandis que la Californie est menacée par les feux de forêts incontrôlables, avec des températures qui frôlent, voire dépassent déjà les 50 °C dans la vallée de la mort.

C’est la vie sur Terre qui est menacée ?

Le GIEC a l’habitude de classer les effets du réchauffement climatique en cinq catégories. Outre l’intensification et la multiplication des « extrêmes climatiques » qui nous préoccupent aujourd’hui – et constituent la première d’entre elles – nous assistons à l’augmentation de l’acidité des océans qui absorbent chaque année 25 à 30 % du gaz carbonique que nous rejetons, mettant en danger les récifs coralliens et les animaux marins qui les peuplent. En cas de réchauffement climatique important, c’est la biodiversité dans son ensemble qui est menacée. A moyen ou long terme, certaines espèces ne pourront en effet plus se déplacer aussi vite que les zones climatiques, rendant impossible leur adaptation.

La vie humaine n’est pas épargnée puisque le réchauffement climatique cause des problèmes d’accès à l’eau, induit des déplacements importants de population (on parle de « réfugiés climatiques »), menace notre sécurité alimentaire et augmente le risque de conflits. La dernière catégorie de risques tient à l’existence de phénomènes irréversibles et donc, en premier lieu, à l’élévation du niveau de la mer.

A-t-on atteint un point de rupture ?

Le réchauffement climatique est irréversible, mais nous pouvons encore limiter son ampleur, si nous agissons rapidement. Il nous faut impérativement respecter la limite des 2 °C prévu par l’Accord de Paris, au risque d’atteindre effectivement ce point de rupture et de perdre le contrôle sur un certain nombre de phénomènes. A commencer dans les régions polaires, où le dégel du permafrost pourrait s’accentuer et libérer du gaz carbonique par décomposition de matière organique, venant grandir le stock – lié aux activités humaines – qui stagne déjà dans l’atmosphère. L’élévation du niveau de la mer avance également à un rythme soutenu : même si nous respectons l’objectif de l’accord de Paris, il pourrait atteindre 40 centimètres d’ici la fin du siècle et 1 mètre à la fin du siècle prochain. En cas de réchauffement plus important, les niveaux pourraient atteindre respectivement 1 mètre et 2 mètres supplémentaires. La fonte du Groënland serait alors également envisageable à l’échelle millénaire, ce qui conduirait à une élévation du niveau de la mer de 7 mètres.

« Il est impératif de s’atteler rapidement à la maîtrise de ces phénomènes, au risque d’enclencher un « effet domino » irréversible » et de voir notre planète se transformer en une véritable serre

Est-il suffisant de chercher à contenir la hausse des températures en deçà de 2 degrés, comme le prévoit l’Accord de Paris ? En sommes-nous encore capables ?

A scénario émetteur inchangé (c’est-à-dire sans respecter l’Accord de Paris), les températures moyennes mondiales pourraient gagner entre 4 et 5 degrés d’ici la fin du siècle. Il est donc impératif que nous respections l’objectif de maintien sous les 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, tout en sachant que la température du globe a déjà pris un degré par rapport à cette période et que notre fenêtre de tir est donc très étroite.

Problème majeur : les engagements qu’ont pris les Etats dans le cadre de cet accord ne permettent pas de tenir l’objectif. Pour le respecter, la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre devrait être trois fois plus importante et intervenir rapidement puisque le CO2 que nous émettons s’accumule au fur et à mesure dans l’atmosphère et vient grossir, chaque jour, un stock qui accélère le réchauffement climatique.

« Pour rester sous la barre des deux degrés, il ne nous reste plus que 20 ans d’émissions au rythme actuel »

Pour rester sous la barre des deux degrés, il ne nous reste plus que 20 ans d’émissions au rythme actuel. Il faut donc agir vite. C’est une question qui ne se pose plus simplement dans un long terme indéterminé, mais qui est à portée de génération : ce ne sont pas nos futurs enfants, ni petits enfants, qui sont concernés, mais bien les jeunes d’aujourd’hui.

Un relèvement de l’ambition internationale serait donc nécessaire ?

Effectivement, il faut relever l’ambition de l’Accord de Paris, mais je crains fort que cela ne soit pas à l’agenda des négociations avant quelques années. En particulier depuis que Donald Trump a acté le retrait des Etats-Unis, brisant un cercle vertueux qui venait à peine de s’enclencher. Ce revirement américain est susceptible d’avoir un effet d’entraînement sur d’autres pays signataires. La Russie, qui n’a pas pour l’instant ratifié l’Accord de Paris, pourrait ainsi ne jamais le faire. Or, il faut être conscient que, si la politique de Donald Trump est susceptible d’avoir un effet positif à très court terme sur l’économie américaine, elle sera assurément néfaste pour le pays à moyen et long terme. A l’heure actuelle, aucune nation ne peut prétendre s’exonérer des questions climatiques.

Que peut-on attendre de la COP 24, qui réunira en décembre les parties signataires en Pologne ?

La COP 24 est une belle occasion pour toucher du doigt l’éventuel relèvement des ambitions de l’Accord de Paris. Mais l’année 2018 marque tout juste la fin d’une période de trois ans où les pays ont défini les règles de l’Accord signé en 2015 : quels engagements prendre ? Comment les tenir ? Il semble donc encore un peu tôt dans les négociations pour espérer rehausser nos objectifs. Nous attendrons donc sûrement 2020 bien que, d’un point de vue purement climatique, il soit nécessaire d’agir dès maintenant. Le seul point d’espoir tient à la publication, en octobre, d’un rapport spécial du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C, qui retiendra peut-être l’attention de certains négociateurs.

En France, la loi sur la transition énergétique va-t-elle dans le bon sens ?

Nous visons une division par quatre de nos émissions d’ici 2050, tout à fait compatible avec l’Accord de Paris – et qui va même au-delà étant donné que chacun participe à hauteur de ses émissions et que les pays développés ont donc un effort plus important à fournir. De plus, Nicolas Hulot a récemment annoncé viser la neutralité carbone à l’horizon 2050, contre la deuxième partie de ce siècle dans le cadre de l’Accord de Paris. La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (TECV) adoptée en 2015 marque également un progrès. Principal bémol : elle se focalise sur l’énergie et oublie les émissions du secteur agricole (méthane et protoxyde d’azote), qui sont certes moins importantes en quantité mais néanmoins loin d’être négligeables.  

« En 2017, nos émissions ont augmenté de 3,2 %, ce qui nous éloigne complètement de notre trajectoire 

Dans les textes, la situation est plutôt encourageante, avec également un Plan national d’adaptation au changement climatique qui devrait être promulgué d’ici la fin de l’année. Mais en pratique, le bilan est plus nuancé puisqu’en 2017, nos émissions ont augmenté de 3,2 %, ce qui nous éloigne complètement de notre trajectoire. En outre, nous savons d’ores-et-déjà que notre objectif d’avoir, en 2020, 23 % d’énergie renouvelable dans notre consommation ne sera pas atteint, tout comme la réduction de nos émissions de 40 % d’ici 2030 sera difficile.

Au niveau individuel, pouvons-nous encore espérer avoir un impact positif quelconque ?

Bien sûr, cela est possible et souhaitable ! En un sens, le réchauffement climatique est enthousiasmant pour les jeunes générations car il implique de changer tout notre modèle de développement : urbanisme, transport, habitudes d’alimentation et de consommation. Nous avons tous, et je m’inclus dedans, une certaine part d’égoïsme qui rend difficile la prise en compte du changement climatique à notre échelle individuelle, mais il n’y a pas de petit effort pour tendre vers un mode de vie plus sobre. Cela se joue dans les dizaines de décisions que nous prenons au quotidien, et doit être encouragé par les Etats et les collectivités locales, qui sont en première ligne de ce combat : le changement des habitudes de transport passe ainsi par l’élaboration d’une offre de transports propres par les collectivités.

« Il n’y a pas de petit effort pour tendre vers un mode de vie plus sobre »

Twitter

Et, contrairement à une idée reçue très répandue, la lutte contre le réchauffement climatique n’entrave pas la croissance mais serait, au contraire, le symbole d’un nouveau dynamisme économique. Six millions d’emplois pourraient ainsi être créés en Europe d’ici 2050 et, pour la France seule, l’Ademe évoque un potentiel de 90 0000 créations d’emplois. C’est simplement une autre forme de dynamisme que celle que nous cherchons aujourd’hui, et vers laquelle il nous faut tendre.

Propos recueillis par Aude Martin

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28 août 2018 2 28 /08 /août /2018 03:41

 

L’établissement bancaire a été surpris comme participant à un vaste système d’évasion fiscale, notamment aux États-Unis et en France. L’affaire a contribué à fixer de premières limites au secret bancaire suisse mais n’a pas fait cesser ces pratiques.

Profitant du secret bancaire, les banquiers d’UBS ont agi illégalement pour séduire de nouveaux clients internationaux. Leur soutien aux évadés fiscaux a été dévoilé en 2007, aux États-Unis, à partir de documents retrouvés par les agents du fisc au cours d’une perquisition aux bureaux du milliardaire américain d’origine russe Igor Olenicoff. Son conseiller, Bradley Birkenfeld, ancien banquier d’UBS et complice dans les irrégularités fiscales du milliardaire, a été contraint de collaborer avec le département de la Justice. Son témoignage a déclenché une enquête sur des milliers de comptes secrets ouverts par des citoyens américains en Suisse. La banque a ainsi violé l’accord signé en 2001 avec les États-Unis (le Qualified Intermediary, QI) dans lequel elle s’engageait à fournir l’identité de ses clients américains au fisc de leur pays.

Les auxiliaires d’UBS responsables de l’acquisition des clients aux États-Unis avaient clairement pour mission de contourner ces accords. Leur tâche première était de repérer des personnes aisées et de les aider à s’évader fiscalement en ayant recours aux services d’UBS. Les clients étaient recrutés lors de rencontres mondaines, souvent sponsorisées par la banque. Plus tard, les banquiers d’UBS, soutenus par des avocats et des comptables, ont usé de différentes stratégies pour cacher l’argent de leurs nouveaux clients au fisc américain. Le subterfuge visait à dissimuler les identités des titulaires par le biais de sociétés-écrans situées dans des pays tiers à partir desquels il devenait possible de contourner les accords Qualified Intermediary. Aux riches clients américains, il était également conseillé de déposer l’argent liquide et non déclaré directement en Suisse ou d’acheter des objets de luxe, œuvres d’art et bijoux.

LA BANQUE EST DEPUIS 2013 SOUS LE COUP D’UNE ENQUÊTE EN FRANCE

L’ampleur de ce système est tel que le gouvernement helvétique est entré en scène fin 2008 pour limiter les dangers qu’une condamnation éventuelle (et finalement effective) d’UBS par la justice américaine faisait craindre sur l’économie du pays. L’accord portant sur le partage des données bancaires suspectes entre les deux gouvernements – américain et suisse – représente un tournant historique pour la lutte contre l’évasion fiscale. Le processus d’abolition du secret bancaire pour les non-résidents en Suisse, lancé en 2009, est ainsi renforcé. Le programme mis en place il y a huit ans par le département de la Justice des États-Unis dans le cadre de la lutte contre l’évasion fiscale avait déjà obligé une des plus importantes banques au monde à payer une amende de 780 millions de dollars. Dans le même élan, d’autres banques ont été jugées dans le cadre de la lutte contre l’évasion fiscale américaine : Crédit suisse a dû payer 2,8 milliards de dollars d’amende en 2014 et Julius Baer, 547,25 millions de dollars en 2016.

Aujourd’hui, malgré l’intervention du gouvernement suisse et les progrès dans l’abolition du secret bancaire, UBS est toujours impliquée dans l’évasion fiscale internationale. La « société de services financiers », dont les sièges sont à Bâle et à Zurich, en Suisse, est la plus grande banque de gestion de fortune dans le monde avec des actifs investis de 2 440 milliards d’euros en 2016. Accusée d’avoir contribué activement à cette pratique suivant le même schéma mis en place aux États-Unis, la banque est depuis 2013 sous le coup d’une enquête en France et sera jugée à la rentrée 2018. Six hauts dirigeants de l’institut bancaire actifs dans les deux pays vont être jugés. Parmi ceux-ci, Raoul Weil, ancien numéro trois d’UBS, déjà accusé et acquitté après l’affaire américaine, et Patrick de Fayet, ancien numéro deux d’UBS France.

Demain Madonna, de l’aide au Malawi à son « isla bonita » des Bermudes.

Le guide touristique de la fraude

Suisse

À partir de son adoption en 1934, le secret bancaire suisse a été source de critiques concernant l’éthique des banques qui l’appliquent. Complice de l’évasion fiscale au niveau mondial, le secret bancaire a été limité pour la première fois en 2009 par les autorités des États-Unis. Le partage progressif des informations fiscales s’est ensuite mis en place grâce aux pressions internationales, aux menaces de sanctions économiques et aux procédures pénales contre les banques de la Confédération suisse. Les demandes d’assistance fiscale de la part d’autres administrations nationales ont crû à partir de 2015. L’adhésion de la Suisse aux standards internationaux de transparence fiscale a été signée récemment par un accord d’échange automatique de renseignements relatifs aux comptes financiers (EAR). Cet accord, entré en vigueur le 1er janvier 2017, concerne 38 pays mais ne serait effectif qu’en 2018, sur les données de l’année précédente. Le gouvernement helvétique espère régler ainsi certains contentieux avec ses principaux partenaires européens. Plusieurs banques suisses restent cependant impliquées dans l’évasion fiscale et… le secret bancaire, une spécialité nationale de la Confédération !

Federico Boldini

 

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 03:37

 

Conjuguées au réchauffement climatique et à la croissance démographique, les inégalités d’accès à l’eau au Proche-Orient devraient encore s'accroître dans les années à venir. Pour certains experts, l’eau sert d’outil militaire à l’État hébreu pour faire avancer ses projets de colonisation. Elle constitue un point d'achoppement majeur du processus de paix.

Jérusalem, de notre correspondante. - Cinq années de sécheresse consécutives. Selon le ministre israélien de l’énergie et des ressources en eau, Yuval Steinitz, cela faisait « 100 ans » qu’un tel manque de pluie n’avait pas frappé la région. Résultat, les sources d’eau naturelles, notamment au nord d’Israël, ne cessent de voir leur niveau baisser. Et les importantes infrastructures de désalinisation et de traitement des eaux usées créées par l’État hébreu ne suffisent plus à compenser la pénurie.

« Ce type de longue sécheresse n’est pas rare dans la région mais ce sont les effets du changement climatique qui rendent la crise aussi sévère », estime Avner Adin, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, spécialisé dans le traitement de l'eau et les technologies de contrôle de la pollution.

Pour remédier au problème, le gouvernement israélien a annoncé en avril 2018 vouloir mettre les bouchées doubles. Deux nouvelles usines de désalinisation vont être construites le long de la côte méditerranéenne. Le budget de l’opération n’a pas été dévoilé mais il est évalué à 400 millions de dollars, soit environ 344 millions d’euros, par usine. Le réseau de distribution en eau du pays doit également être étendu.

Parallèlement, le gouvernement Netanyahou projette de réduire le pompage des sources naturelles pour réhabiliter les rivières asséchées. Il envisagerait en revanche de prélever de plus grandes quantités d’eau douce dans le lac de Tibériade, pourtant gravement touché par la sécheresse.

Cette sécheresse qui dure frappe également de plein fouet les Territoires palestiniens et la Jordanie, tous deux fortement dépendants d’Israël pour leur fourniture en eau. En 1967, pendant la guerre des Six-Jours, l’État hébreu a pris le « contrôle de toutes les sources d’eau entre la rivière du Jourdain et la mer Méditerranée », rappelle Adam Aloni, chercheur au sein de l’ONG B’Tselem. Au moment des accords d’Oslo, il est décidé que 80 % de l’eau provenant de l’aquifère de la montagne en Cisjordanie seraient exploités par les Israéliens et 20 % par les Palestiniens.

En zone A (sous contrôle palestinien) et B (sous régime mixte), les villes palestiniennes sont en principe alimentées par la compagnie d’eau israélienne Mekorot. Mais chaque été, pendant les mois les plus arides, la pression baisse dans les tuyaux. « Le réseau de distribution passe d’abord dans les colonies israéliennes » et ces dernières « augmentent leur consommation en eau pour l’agriculture », explique Adam Aloni. Les autorités palestiniennes doivent donc rationner l’eau pour que chaque famille puisse en recevoir une fois par semaine, voire une fois toutes les deux semaines.

La situation est également critique pour les Palestiniens vivant dans la zone C, où Israël exerce un contrôle militaire et civil absolu. « Pour construire un puits ou raccorder une pompe à un tuyau, les Palestiniens ont besoin d’un permis. Mais les autorités israéliennes n’en délivrent presque jamais », constate le chercheur. Des « dizaines de communautés palestiniennes » ne sont donc toujours pas connectées à l’eau courante. Elles doivent vivre avec « 20 litres d’eau par jour par personne », une quantité largement inférieure aux recommandations fixées par l’ONU à 100 litres.

Le problème est d’autant plus dramatique dans la bande de Gaza, sous blocus depuis 2007. Contactée par Mediapart, Margaux Chinal, chargée de projets eau et assainissement à l’Agence française de développement, estime que « 95 % de l’eau utilisée » par la population de l’enclave palestinienne est « impropre à la consommation en raison de la pollution » de la nappe phréatique et de « l’intrusion d’eau salée » dans cette dernière.

Côté jordanien, l’eau est aussi une denrée rare. Le royaume hachémite est « le pays qui souffre le plus de la sécheresse dans la région », affirme Avner Adin. En ce moment, les habitants d'Amman ne reçoivent de l’eau « qu’une fois par semaine », précise-t-il. « Sans parler des milliers de réfugiés syriens installés au nord du pays, qui ont besoin de boire et ajoutent au problème. » Lors du traité de paix signé en 1994 avec Israël, la Jordanie s’est toutefois vu garantir un accès au Jourdain et à son principal affluent, le Yarmouk. L’État hébreu « a promis de continuer à fournir de l’eau à la Jordanie, même dans les années de grande sécheresse », souligne le professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem.

«Israël vend aux Palestiniens à plein tarif une eau dont il leur a enlevé l’accès»

Ces dernières années, plusieurs experts, ONG et politiques, notamment en France, n’ont cessé de dénoncer l’emprise israélienne sur les ressources en eau de la région. D’après certains d’entre eux, l’eau servirait d’outil militaire à l’État hébreu pour faire avancer ses projets de colonisation. « Pas du tout », rétorque Avner Adin. Pour preuve, le spécialiste israélien raconte avoir mis sur pied un groupe d’experts « il y a plusieurs années », à la demande de la Croix-Rouge, pour vérifier que l’article 40 des accords d’Oslo relatif à l’eau était correctement respecté.

« Nous en avons conclu qu’Israël se conformait plutôt bien à ses engagements. Il peut y avoir des problèmes au niveau local, des conflits ici ou là, à cause de différentes raisons, mais globalement l’accord est respecté et même parfois au-delà de ce qui a été convenu », assure-t-il.

Adam Aloni réfute cette affirmation. « Nous sommes alertés sans arrêt sur de nouveaux tuyaux qui ont été coupés ou confisqués. Les Israéliens ne veulent pas que les Palestiniens restent dans la zone C, qui représente 67 % de la Cisjordanie, et ils ne leur donnent donc pas accès à l’eau. » Les accords d’Oslo, qui devaient être renégociés au bout de cinq ans, ne l’ont pas été et « la population palestinienne a presque doublé », ajoute-t-il. Selon lui, la part accordée aux Palestiniens serait ainsi tombée à « 14 % » au lieu des 20 % prévus.

Le chercheur de B’Tselem juge par ailleurs que les Israéliens maintiennent les Palestiniens dans une dépendance mortifère. Les accords d’Oslo comprenaient également une clause concernant l’eau que devrait vendre le gouvernement israélien aux habitants des Territoires palestiniens selon leurs besoins. « Le problème, c’est qu’Israël leur vend à plein tarif une eau dont il leur a enlevé l’accès », dénonce Adam Aloni.

Selon les estimations de certaines ONG, le mètre cube d’eau peut coûter jusqu’à 45 shekels (un peu plus de 10 euros) aux Palestiniens vivant dans la zone C. À titre de comparaison, le prix du mètre cube d’eau s’élève à environ 7 shekels (soit 1,64 euro) à Tel-Aviv.

Jugé illégal par Israël et menacé de destruction depuis des années, le village palestinien de Susiya, situé dans la zone C au sud d’Hébron, est un parfait exemple de cette situation ubuesque. « Depuis 2000, nous ne pouvons plus accéder librement aux 28 points d’eau [sources naturelles, puits ou système de récupération des eaux de pluie – ndlr] situés aux abords du village », explique Nasser Nawaja, activiste et porte-parole des 350 habitants de Susiya. « À chaque fois que nos bergers tentent de s’en approcher, les soldats les arrêtent », déplore-t-il, jetant un regard désabusé vers les trois miradors dressés par l’armée israélienne dans la zone tampon instaurée entre le village palestinien et la colonie israélienne voisine.

L’activiste palestinien tient à nous montrer le plus insensé. Aux abords du village, un tuyau gris affleure du sol. Il s’agit d’un pipeline de la compagnie israélienne d’eau Mekorot. Les habitants de Susiya ne sont pas autorisés à s’y raccorder. À quelques minutes de là, en amont de la route 317, l’inégalité de traitement entre Palestiniens et colons saute aux yeux. Des tuyaux serpentent sur une colline pour alimenter Abigail, un avant-poste juif pourtant considéré comme illégal par la loi israélienne.

Pour la communauté palestinienne, les conséquences sont nombreuses. « Ils ne peuvent pas nettoyer et rénover leurs puits », et quand ils y ont accès, « la qualité de l’eau est médiocre », affirme Fadi Arouri, membre de l’ONG italienne GVC (Gruppo di Volontariato Civile). Pour répondre à leurs besoins en eau domestique, les habitants de Susiya sont aujourd’hui contraints de débourser jusqu’à « un tiers de leur salaire », évalue-t-il. Un budget qui les a obligés à se séparer progressivement d’une partie de leur bétail. « En 2000, nous avions 5 500 bêtes et il ne nous en reste plus que 1 800 », confirme Nasser Nawaja.

Ce lundi 2 juillet, Fadi Arouri vient superviser la livraison d’une cargaison d’eau potable financée par un programme de l’UNICEF. « Nous achetons l’eau aux compagnie privées au prix fort et nous la revendons aux habitants de Susiya à un prix symbolique. » Cette fois, l’opération se déroule sans problème. Mais ce n’est pas toujours le cas. « C’est très risqué pour moi de venir livrer ici », souligne le chauffeur du camion-citerne, Hijazi Bhais, originaire d’Hébron. « L’armée israélienne nous harcèle sans arrêt », poursuit-il, racontant avoir déjà reçu des amendes ou s’être vu confisquer son camion par les militaires.

Dans un futur proche, les experts craignent que la situation ne s’aggrave. « La combinaison des projections de croissance démographique et de changement climatique qui affectent déjà cette région permet d’estimer que les Territoires palestiniens seront confrontés à un déficit en eau de 271 millions de mètres cubes d’ici à 2020 », affirme Margaux Chinal. « Israël promeut ses propres intérêts aux dépens des Palestiniens, ignorant leurs besoins et leurs droits. Si la pénurie continue, il y a donc de grandes chances que les disparités s’approfondissent. Israël contrôlera encore plus fermement les ressources en eau et les Palestiniens souffriront d’autant plus », met en garde Adam Aloni.

 

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 03:34

 

Sergueï Oudaltsov, coordinateur de l’organisation russe « Front de Gauche » et membre actif du comité de campagne du candidat de gauche à la Mairie de Moscou, Vadim Koumine , a été condamné à trente jours de détention administrative pour avoir pris part à une manifestation autorisée contre le projet de « réforme » des retraites du gouvernement russe. Il a depuis entamé une grève de la faim. Cette arrestation arbitraire intervient dans le contexte de mobilisation croissante contre le démantèlement du système de retraites qui restait un des derniers héritages sociaux soviétiques, alors qu’une journée de mobilisation nationale se prépare pour le 2 septembre. Sergueï Oudaltsov se retrouve également en prison alors que la campagne pour les élections municipales de Moscou, qui auront lieu le 9 septembre, voit une candidature inédite de la gauche russe, après des primaires, en la personne de Vadim Koumine, soutenu par le Parti Communiste de la Fédération de Russie, le Front de gauche et des militantes et militants de gauche.

Le PCF exige la libération immédiate de Sergueï Oudaltsov. Il apporte également son soutien fraternel aux militants communistes et de gauche, aux organisations politiques et sociales, aux citoyennes et citoyens russes qui se mobilisent, partout dans le pays, contre la « réforme » des retraites que cherche à imposer le gouvernement Poutine-Medvedev. Il souhaite enfin que la candidature de Vadim Koumine à la Mairie de Moscou rencontre le soutien populaire et citoyen le plus haut le 9 septembre.

 

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