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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 05:28

Dans la nuit de samedi à dimanche, les bombardements israéliens ont tué 2 adolescents et fait au moins 25 blessés dans la bande de Gaza. Un lourd climat de tension règne aussi en Cisjordanie, entre ratissages et affrontements.

Partie de l’hôpital central al-Shifa de Gaza, une longue procession funéraire accompagnait hier les dépouilles des deux adolescents tués la veille dans les bombardements. Amir Al Nimra, 15 ans, et Louay Kahil, 16 ans : encore deux jeunes vies fauchées par les missiles largués depuis les F-16 israéliens. Au moins 25 autres Palestiniens ont été blessés dans la destruction d’un immeuble de cinq étages aux abords d’un parc très fréquenté. L’armée israélienne prétend avoir pris pour cible, avec cet édifice, un « camp d’entraînement ». Elle a « infligé au Hamas le coup le plus dur depuis l’opération “Bordure protectrice” et nous allons augmenter la force de nos attaques si nécessaire », s’est réjoui le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, en référence à l’agression dévastatrice contre la bande de Gaza qui avait tué 2 016 Palestiniens, dont 541 enfants, en 2014. Pour justifier ce nouveau raid contre l’enclave palestinienne assiégée, devenue une prison à ciel ouvert, Tel-Aviv accuse le Hamas d’avoir tiré 200 roquettes et obus de mortier vers Israël. Pour la plupart interceptés par le système antimissiles Dôme de fer, ces projectiles ont fait quatre blessés côté israélien, à Sdérot.

Le Hamas s’était dit prêt à mettre fin au conflit avec le Fatah

Du Caire, où le mouvement islamiste participe depuis vendredi à des pourparlers censés relancer les efforts de « réconciliation » avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), l’un des porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a annoncé, samedi soir, la conclusion d’un accord de cessez-le-feu, rendu possible par une médiation égyptienne. Annonce démentie, hier, par Benyamin Netanyahou. « J’ai entendu dire qu’ils disent que nous étions d’accord pour un cessez-le-feu qui permettrait la poursuite du terrorisme incendiaire. Ce n’est pas vrai. Nous ne sommes pas disposés à accepter des attaques contre nous et nous réagirons en conséquence », a-t-il insisté, en accusant les Palestiniens de lancer vers Israël des ballons et des cerfs-volants incendiaires.

Cette nouvelle séquence guerrière ne doit rien au hasard : les autorités israéliennes sont déterminées à entraver par tous les moyens le moindre pas vers l’unité palestinienne. Or, vendredi, au Caire, la délégation du Hamas s’était dite prête à mettre fin au conflit avec le Fatah, à condition que l’Autorité palestinienne lève les sanctions prises il y a un an, comme l’arrêt du versement des salaires de milliers de fonctionnaires. Quant à l’Autorité palestinienne, elle voit dans son retour à Gaza, conditionné à une réconciliation avec le Hamas, un indispensable point d’appui pour résister à l’inquiétant plan Trump enterrant toute réelle perspective de création d’un État palestinien viable. Benyamin Netanyahou, cerné par les scandales de corruption, prépare-t-il un nouvel été meurtrier ? En fait, l’escalade se poursuit depuis des mois, avec, à Gaza, les massacres de participants aux grandes marches pour la levée du blocus et le droit au retour des réfugiés (141 Palestiniens tués et plus de 4 000 blessés depuis le 30 mars). Vendredi, encore, un adolescentde 15 ans, Othman Rami Halles, a été tué par balles et 25 autres manifestants ont été blessés dans les mêmes circonstances.

La tension règne aussi en Cisjordanie, où les forces israéliennes répriment violemment les manifestations contre la destruction programmée du village bédouin de Khan al Ahmar, à l’est de Jérusalem, finalement suspendue jusqu’au 15 août par la Cour suprême à la suite de protestations internationales. Les territoires occupés sont le théâtre d’affrontements quotidiens. Aux jets de pierres des jeunes Palestiniens, les forces d’occupation répondent par une féroce répression. Ces derniers jours, à Jérusalem, à Naplouse, à Ramallah, à Tulkarem, les arrestations se multiplient, elles ciblent, souvent, des mineurs. Depuis le début de l’année, d’après l’agence de presse palestinienne Wafa, plus de 3 500 Palestiniens ont été arrêtés par l’armée israélienne. Parmi eux, plus de 650 enfants. Pour le gouvernement israélien, il s’agit de tuer dans l’œuf la révolte de la jeune génération palestinienne et d’inscrire dans la réalité les volontés américaines de faire disparaître la lutte des Palestiniens pour leurs droits au profit d’une vague solution humanitaire. Traduction : occupation et répression doivent s’intensifier.

 

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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 05:26

À la veille du sommet de l’Otan, le président des États-Unis, tout à sa stratégie unilatérale, fait chanter ses partenaires. Il menace de leur retirer ledit « bouclier militaire » états-unien au cas où ils ne décupleraient pas leurs dépenses d’équipement en engins de guerre.

Le sommet de l’Otan qui s’ouvre aujourd’hui à Bruxelles s’annonce comme celui de toutes les surenchères. Donald Trump y arrive avec la ferme intention d’imposer à ses alliés une très forte hausse de leurs dépenses militaires. Après avoir décidé lui-même des augmentations historiques des budgets 2018 et 2019 du Pentagone, le président des États-Unis renforce la pression pour que les membres de l’Alliance atlantique intensifient leur effort d’équipement en engins de guerre. Il leur demande de le porter à au moins 2 % de leur PIB d’ici à 2024, comme le recommande un engagement pris au pays de Galles en 2014, lors d’un précédent sommet de l’Otan. Tout à sa méthode abrupte – celle de la diplomatie du deal –, il a envoyé une lettre comminatoire aux chefs d’État dont les pays seraient les plus en retard dans le respect de cet objectif. Parmi eux, le premier ministre canadien et, surtout, la chancelière allemande.

Donald Trump s’adresse à son opinion publique

Les termes du chantage sont nets : ou bien vous enflez vos budgets militaires ou bien les États-Unis « qui supportent l’essentiel de la charge » des dépenses de l’Alliance vous retireront ledit « bouclier militaire » états-unien. Pour appuyer le message, adressé aussi d’évidence à son opinion publique, Trump s’offusque d’un fonctionnement de l’organisation qui aurait permis à d’autres, dit-il en citant explicitement l’Allemagne, d’investir, parce qu’exemptés d’une trop grande charge militaire, pour se renforcer sur le terrain économique, donc exercer une concurrence « déloyale » à l’égard de l’Oncle Sam.

Dans nombre de capitales européennes, on craint que cette posture de la Maison-Blanche ne conduise à un nouveau clash entre alliés. Comme lors du récent G7 au Canada. Angela Merkel se défend que son gouvernement vient de décider une augmentation substantielle de son budget militaire à partir de 2019 et qu’il veut y consacrer 1,5 % de son PIB en 2024 (contre 1,2 % aujourd’hui), soit une très forte hausse « en termes absolus ». L’argument pourrait être rejeté brutalement par un Donald Trump qui mélange volontairement les genres en plaçant dans le même marchandage le forcing engagé pour accroître les contributions des États membres de l’Otan et l’offensive déployée tous azimuts sur le terrain commercial. Dans le deal recherché, la « sécurité » pourrait ainsi servir de monnaie d’échange à un abandon des menaces de taxes à 25 % sur les importations d’automobiles du Vieux Continent et singulièrement des grosses berlines allemandes. Ou inversement.

Paris constitue le meilleur appui de Washington

Sur le dossier de l’Otan, Paris constitue le meilleur appui de Donald Trump. La loi de programmation militaire française, adoptée au début de l’année, prévoit une forte hausse des dépenses pour atteindre les 2 % du PIB d’ici à 2024. Cette posture de vassal, si affichée déjà par le président de la République lors de sa visite d’État à Washington en avril, semble encore avoir été promue au rang de stratégie par Emmanuel Macron dans l’espoir d’amadouer « l’imprévisible » président états-unien. Paris voudrait ainsi plaider auprès de son bouillonnant collègue la complémentarité avec l’Otan de l’initiative européenne de défense à laquelle il vient de rallier huit membres de l’UE, dont Berlin et Londres. Un char franco-allemand, un nouvel avion de combat et le déploiement rapide de troupes européennes sur tout théâtre d’opérations sur la planète sont programmés.

Pas sûr que ces démonstrations de bonne volonté de l’Élysée suffisent à Donald Trump. Même s’il se garde de répéter ses propos de campagne sur le caractère obsolète de l’Otan, le lien transatlantique ne semble plus guère revêtir une priorité stratégique. Poursuivant un redéploiement des forces armées de l’hyperpuissance déjà engagé sous Barack Obama, il entend faire basculer le centre de gravité des capacités d’intervention du Pentagone vers l’Extrême-Orient pour contrer la montée en puissance de la Chine, traitée comme le plus « dangereux concurrent » et un « obstacle majeur » au rétablissement de la « grandeur de l’Amérique ». Quitte à envisager de sacrifier les bases américaines en Allemagne, héritage de la guerre froide, comme le suggérerait une étude du Pentagone qui vient de « fuiter » dans le Washington Post (1), ou même à réduire quelque peu la voilure militaire états-unienne sur le Moyen-Orient en cherchant à conclure un deal sur la Syrie avec un Vladimir Poutine, qui a tout misé, lui aussi, sur les capacités de marchandage que lui ouvre la puissance militaire. Donald Trump doit rencontrer le président russe à Helsinki le 16 juillet, au sortir du sommet.

On sait que le locataire de la Maison-Blanche est déterminé à imposer un nouvel ordre mondial débarrassé de nombreux règlements multilatéraux et mieux soumis à Washington. La pression sur les alliés en découle totalement. Elle ne se réduit pas seulement à la volonté de les embarquer dans le cofinancement de la course aux armements, elle est aussi destinée à accélérer avec ces mêmes alliés la mutation de l’Alliance – pensée durant la guerre froide comme un instrument de dissuasion et de défense – en un accessoire d’intervention à vocation pleinement offensive. Quel niveau d’alignement va exiger Trump de ses « partenaires » ? Rien ne perce sur les intentions du personnage versatile à la veille du sommet.

(1) The Washington Post du 28 juin 2018.

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Jens stoltenberg donne raison à donald trump

Seulement sept pays européens de l’Otan consacreront 2 % de leur PIB à leurs dépenses militaires en 2018. En citant ce chiffre, le secrétaire général de l’organisation, Jens Stoltenberg, a devancé délibérément hier les souhaits du président des États-Unis, qui multiplie les critiques acerbes contre les « mauvais payeurs » européens. « Le partage du fardeau n’est pas équitable », a-t-il estimé lors de la présentation du sommet à la presse. « Je ne serais pas surpris que les dépenses de défense donnent lieu à une discussion vigoureuse entre les alliés », a-t-il ajouté, en se faisant faussement perspicace.

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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 05:40

Une cour d’appel a décidé de maintenir en prison l’ex-président brésilien malgré la demande de remise en liberté émise quelques heures plus tôt.

Les événements de ces derniers jours confirment l’état de déliquescence de la démocratie brésilienne et de son système judiciaire. Dimanche soir, Joao Pedro Gebran Neto, président du TRF4, la cour d’appel de Porto Alegre, a décidé du maintien en détention de l’ex-président Lula da Silva. Désavouant ainsi le juge Rogerio Favreto, qui avait ordonné, quelques heures plus tôt, sa remise en liberté « selon le régime d’urgence » suite à une demande d’habeas corpus présentée, vendredi, par des députés du Parti des travailleurs (PT). Immédiatement, des milliers de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment de la police fédérale à Curitiba, dans le sud du Brésil, où Lula est détenu, en réclamant sa libération. « Nous sommes parvenus à une situation (…) de véritable chaos institutionnel », a soutenu Gleisi Hoffmann, présidente du PT. Selon elle, « les garanties constitutionnelles et de l’État de droit ont été rompues ».

À la manœuvre, le juge partisan Sergio Moro, à l’origine de l’incarcération de Lula mais qui a connu deux sérieux revers ces dernières semaines, avec la libération le 26 juin de José Dirceu, ancien ministre et chef de cabinet du président Lula, et l’acquittement de Gleisi Hoffmann. Afin de mettre en cause l’impartialité du juge Favreto, les médias brésiliens, qui ont appuyé le coup d’État institutionnel du président Michel Temer en 2016, ont rappelé dimanche que le magistrat avait été membre du PT de 1991 à 2010. « Les partis de droite sont restés silencieux parce que leurs porte-parole, dont le principal média du pays, O Globo, ont mis en branle leur usine à mensonges et leur propagande vénéneuse », a réagi José Reinaldo Carvalho, responsable des relations internationales du Parti communiste du Brésil (PCdoB), qui estime désormais la démocratie profondément « mutilée ».

Depuis le 7 avril, Lula da Silva est détenu pour des faits de corruption passive et de blanchiment d’argent non avérés. Sur le papier, la Constitution interdit pourtant l’incarcération d’une personne qui n’a pas épuisé l’ensemble de ses recours juridiques. Cet imbroglio judiciaire intervient alors qu’un tribunal électoral doit décider en août si l’ancien syndicaliste peut, malgré son incarcération, être candidat à l’élection présidentielle d’octobre. Malgré son incarcération, Lula fait pourtant la course en tête dans les sondages : 29 à 30 % des voix au premier tour, soit près du double du score du député d’extrême droite Jair Bolsonaro, crédité de 16 %, selon Datafolha.

 

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12 juillet 2018 4 12 /07 /juillet /2018 05:42
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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 06:24
Le désarmement nucléaire, c'est économe - 25 milliards d'euros d'ici 5 ans iront à la modernisation de nos armes de destruction massive
Sondage de La Croix et du Mouvement de la Paix publié dans La Croix du 5 juillet 2018

Sondage de La Croix et du Mouvement de la Paix publié dans La Croix du 5 juillet 2018

Le désarmement, c'est économe

En 2019/2023, 25 milliards d'euros iront à la modernisation des équipements de la dissuasion nucléaire.

 

Avec plusieurs milliers d'ogives nucléaires, L'humanité a de quoi se pulvériser plusieurs fois. Au-delà de cette menace existentielle, on mesure mal combien les dépenses militaires pèsent sur les conditions d'existence de nombre de peuples.

Le budget de la défense des États-Unis avoisine les 700 milliards de dollars, 594 milliards d'euros. C'est environ quatre fois le budget militaire de la Chine, 15 fois celui de la Russie et 17 fois celui de la France. Dans un pays qui compte officiellement 41 millions de pauvres, dont 9 millions ne reçoivent aucune aide financière, où quelque 12 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté, cela fait tache ! On n'ose même pas penser au fardeau que doit représenter pour les Coréens du Nord l'accès à l'arme nucléaire. Ou combien l'entretien par les gouvernements israéliens d'une force militaire disproportionnée engendre de difficultés sociales pour leur population. Il faut aussi se rappeler que la course aux armements imposée par les États-Unis a contribué à la déliquescence économique, sociale et politique de l'ex-URSS. En Europe, si l'on excepte l'Estonie, pays frontalier de la Russie et qui est sous la dépendance des États-Unis, qui consacre 2,4 % de son PIB à la défense et la Grèce, toujours inquiète des velléités d'expansion de la Turquie, dont le budget de la défense dépasse les 2 % du PIB, la France et le Royaume-Uni sont les deux pays de l'Union européenne, membres de l’Otan, qui ont le budget militaire le plus élevé : 2 % du PIB pour l'une, 1,8 % pour l'autre en 2016. L'effort de l'Allemagne est de tout juste 1 %.

La loi de programmation militaire 2019-2025 votée récemment prévoit que, pour « réparer et préparer », autrement dit répondre aux besoins des militaires et de leurs familles et moderniser les équipements, la défense doit bénéficier de 295 milliards d'euros sur ces sept ans. Un rattrapage paraît nécessaire dans certains domaines, mais on peut penser que les dépenses prévues pour entretenir le stationnement et les interventions de nos troupes en Afrique et les opérations extérieures pourraient être sensiblement réduites et utilisées à d'autres fins. En matière d'équipements, 112,5 milliards d'euros ont été prévus pour la période 2019-2023. 25 milliards d'euros, soit 22,2 % de ce total, iront à la modernisation des équipements de la dissuasion nucléaire.

 

On le voit, une réelle mobilisation du gouvernement et des forces politiques et sociales du pays en faveur de la lutte pour le désarmement dans le monde pourrait ouvrir des possibilités d'utiliser davantage nos ressources en faveur du progrès humain.

 

Chronique économique de Pierre Ivorra

Source : L’Humanité

Le désarmement nucléaire, c'est économe - 25 milliards d'euros d'ici 5 ans iront à la modernisation de nos armes de destruction massive
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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 05:38
La leçon de Frida...
Frida Kahlo et Diego Rivera dans une manifestation du Syndicat des Travailleurs Techniques, peintres et sculpteurs le 1er mai 1929. Ce syndicat, véritable vecteur de la révolution muraliste, qui avait pour membre Rivera, Orozco, Siqueiros et Charlot, s'était doté d'un journal, "El Machete", au titre flanqué de la faucille et du marteau

Frida Kahlo et Diego Rivera dans une manifestation du Syndicat des Travailleurs Techniques, peintres et sculpteurs le 1er mai 1929. Ce syndicat, véritable vecteur de la révolution muraliste, qui avait pour membre Rivera, Orozco, Siqueiros et Charlot, s'était doté d'un journal, "El Machete", au titre flanqué de la faucille et du marteau

Frida et Diego Rivera en 1928

Frida et Diego Rivera en 1928

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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 05:32
Cédric Herrou

Cédric Herrou

En réponse à Cédric Herrou, un agriculteur devenu le symbole de l’aide aux migrants, le Conseil a censuré partiellement le « délit de solidarité ».

 

LE MONDE | 

 

Pour la première fois, le Conseil constitutionnel a consacré la valeur constitutionnelle du « principe de fraternité ». Dans une décision du vendredi 6 juillet, les gardiens de la loi suprême ont donné une force juridique à cette devise républicaine et considéré qu’il en découlait « la liberté d’aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national ».

Au moment où les pays de l’Union européenne (UE) se déchirent sur les questions migratoires, face à la montée des droites dures sur le continent, cette décision constitue indéniablement une victoire importante pour les associations et les personnes qui avaient saisi le Conseil d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

A l’origine de cette requête, notamment, l’agriculteur Cédric Herrou, devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya (Alpes Maritimes), l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie.

« Le texte est flou »

M. Herrou avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis par la cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) en août 2017 pour avoirtransporté quelque 200 migrants, principalement des Erythréens et des Soudanais, de la frontière italienne jusqu’à chez lui et organisé un camp d’accueil. Egalement requérant, l’enseignant-chercheur Pierre-Alain Mannoni avait, lui, été ­condamné par la même cour d’appel à deux mois de ­prison avec sursis, pour avoir ­accompagné trois Erythréennes dans une gare.

Deux autres plaignants et une douzaine d’associations d’aide aux migrants, dont la Cimade et la Ligue des droits de l’homme, se sont joints à la requête qui attaque le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Celui-ci punit de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende « le fait d’aider directement ou indirectement un étranger à entrer, circuler ou séjournerirrégulièrement en France ».

Dans le but de ne cibler que les filières lucratives de passeurs, ce même code prévoit d’exempter de poursuites l’aide au séjour lorsqu’elle « n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte », sans précisercependant la nature de la contrepartie.

Le code précise en revanche les domaines auxquels cette aide au séjour doit se limiter, à savoir des « conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux (…) visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique » de l’étranger irrégulier. Or, cette formulation peutexclure de multiples formes de solidarité. Et les associations et militants considèrent que persiste ainsi un « délit de solidarité ».

« Le texte est flou », a également plaidé Patrice Spinosi, l’un des avocats des requérants, lors de l’audience devant le Conseil constitutionnel le 26 juin. Pour MeSpinosi, « le législateur n’a pas réussi à poser clairement cette ligne de démarcation pourtant simple : d’un côté, l’assistance rémunérée, les actes des passeurs (…), d’un autre, l’assistance désintéressée, celle des indignés, des militants, des engagés, pour laquelle il ne peut y avoir d’ambiguïté : aucune poursuite pénale ne peut être engagée ».

« Une victoire importante des libertés fondamentales »

Dans sa décision, le Conseil constitutionnel lui a donné raison et a considéré que la loi ne conciliait pas de façon suffisamment équilibrée le « principe de fraternité » – désormais consacré – et la sauvegarde de l’ordre public. Il considère que la liste limitative des actions exemptées de poursuites doit être entendue largement comme couvrant « tout acte d’aide apportée dans un but humanitaire ».

Le Conseil censure par ailleurs une partie du Ceseda. Il estime en effet que l’exemption de poursuites pénales ne peut pas se cantonner à l’aide au séjour, mais doit s’étendre à l’aide à la circulation de l’étranger irrégulier « lorsque ces actes sont réalisés dans un but humanitaire ». En revanche, il exclut que cette exemption s’étende à l’aide à l’entrée sur le territoire, car celle-ci « fait naître par principe une situation illicite ».

« C’est une victoire importante des libertés fondamentales qui permet deneutraliser le délit de solidarité », a réagi, vendredi, Patrice Spinosi, alors que le nombre de morts en Méditerranée atteint son plus haut niveau depuis le début de l’année, et qu’à Calais (Pas-de-Calais), Menton (Ampes-Maritimes) ou ailleurs sur le territoire, les associations d’aide aux migrants continuent de dénoncer les entraves à leurs actions.

Dans le cadre du projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie » actuellement examinée par le Parlement, le législateur pourra se pencher sur le sujet et se conformer à cette décision en modifiant le Ceseda.

AIDE AUX MIGRANTS. LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL CONSACRE LE "PRINCIPE DE FRATERNITÉ"
Vendredi, 6 Juillet, 2018 - L'Humanité
Le Conseil constitutionnel a affirmé vendredi qu'une aide désintéressée au "séjour irrégulier" ne saurait être passible de poursuites, au nom du "principe de fraternité", et a censuré en conséquence des dispositions du Code de l'entrée et du séjour des étrangers.
Cette décision, qui promet de résonner comme un coup de tonnerre dans un contexte politique européen tendu, répond à une demande de Cédric Herrou, devenu le symbole de l'aide aux migrants à la frontière franco-italienne et qui réclamait l'abolition du "délit de solidarité". Pour la première fois, le Conseil constitutionnel consacre le "principe de fraternité", rappelant que "la devise de la République est "Liberté, Egalité, Fraternité" et que la loi fondamentale se réfère à cet "idéal commun".
"Il découle du principe de fraternité la liberté d'aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national", selon le texte de la décision. Pour permettre au législateur de remédier à l'inconstitutionnalité constatée, le Conseil reporte au 1er décembre 2018 la date d'abrogation des dispositions contestées.
Devant le Conseil constitutionnel, Cédric Herrou et un autre militant de la vallée de la Roya, tous deux condamnés pour aide au séjour irrégulier, avaient attaqué deux articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers. Ils visaient l'article 622-1, qui punit l'aide à l'entrée, à la circulation et au séjour irrégulier de cinq ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende, et l'article 622-4, qui précise que cette aide ne peut donner lieu à des poursuites lorsqu'elle est le fait de la famille ou "de toute personne physique ou morale, lorsque l'acte reproché n'a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte".
Le texte précise ensuite que cette aide autorisée consiste notamment "à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d'hébergement ou de soins médicaux (...) ou bien toute autre aide visant à préserver la dignité ou l'intégrité physique".
Un texte "trop vague" pour les défenseurs des militants, qui permettait de sanctionner l'aide humanitaire de la même façon que la criminalité organisée des filières de passeurs. "En réprimant toute aide apportée à la circulation de l'étranger en situation irrégulière", le Conseil constitutionnel estime que le législateur n'a pas respecté l'équilibre entre "principe de fraternité" et "sauvegarde de l'ordre public".
Il censure donc partiellement l'article L 622-4, sortant du champ des poursuites toute aide humanitaire au "séjour" comme à la "circulation" des migrants. En revanche, "l'aide à l'entrée irrégulière" reste sanctionnée. Concernant les conditions d'immunité listées dans ce même article, le Conseil constitutionnel émet une "réserve d'interprétation", c'est-à-dire qu'il précise le sens que l'on doit donner au texte: ainsi, l'immunité devrait s'appliquer aux situations énumérées (conseils juridiques, soins médicaux...) mais aussi "à tout autre acte d'aide apporté dans un but humanitaire".
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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 05:29
ROMS ET GAYS CIBLES DU FASCISME UKRAINIEN (L'Humanité, 3 juillet 2018)
ROMS ET GAYS CIBLES DU FASCISME UKRAINIEN
Mardi, 3 Juillet, 2018

Ils n’ont pas honte !. A Kiev et dans l'Ukraine, des milices d'extrèmes-droite s'attaquent aux homosexuels et aux roms. 

« Dans un camp rom de l’ouest de la ville de Lviv, des vêtements tachés de sang gisent autour des tentes, avec des jouets et des chaussures d’enfants (…) Un groupe d’hommes déloge au gaz lacrymogène des Roms dans un parc de Kiev avant de mettre le feu à leurs tentes. (…) Un militant gay ukrainien a été passé à tabac par une dizaine d’inconnus, dans une ville du centre de l’Ukraine... » Ce week-end au pays de Petro Porochenko – président oligarque aux comptes en banque panaméens – la chronique des faits divers avait des relents de IIIe Reich… Rien de plus normal dans cette Ukraine candidate à l’Union européenne où le monde politique s’est fait complice de l’intolérance qui s’y installe de manière exponentielle. Ainsi, après la chasse aux communistes l’an dernier, c’est au tour des Roms et des homosexuels d’être dans la ligne de mire. Hier, alors que Boris Zolotchenko, militant gay et membre du comité d’organisation de la Gay Pride de Kryvy Rih, était encore dans son lit d’hôpital après avoir été tabassé par une dizaine d’hommes, Igor Mossitchouk, député d’extrême droite de la Rada, n’hésitait pas à enfoncer le clou dans la chaire des libertés individuelles. « Cessez d’inciter les Ukrainiens à la violence », a éructé cet orthodoxe convaincu sur Facebook qualifiant de « pervers » les homosexuels et réclamant l’interdiction des Gay Pride à Kryvy Rih et partout en Ukraine. Quelques jours plus tôt, le 23 juin, ses amis de la milice paramilitaire « Sobre et en colère », liée au bataillon Azov (ultranationalistes combattant aux côtés de l’armée régulière ukrainienne dans le Donbass), s’étaient eux aussi fait remarquer : armés de bâtons et de couteaux, ils ont attaqué le camp rom proche de Lviv, tuant un homme de 24 ans et blessant quatre autres personnes dont un enfant. Dans le plus grand silence de l’Union européenne.

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 05:15
Indécent: des réfugiés rassemblés à Dachau dans l'ancien potager cultivé par les Juifs pour leurs tortionnaires (José Fort)

Via José Fort
Dachau, l’ancien « potager » du camp de concentration pour les réfugiés

(Ma chronique dans « La Marseillaise week end »)

La chancelière, Angela Merkel, a sauvé – pour combien de temps ?- son poste. Quant à son xénophobe ministre de l’Intérieur, il reste en fonction. Les deux branches de la droite allemande ont réussi à s’entendre sur le dos des réfugiés qui seront placés dans des « zones de transit » avant d’être expulsés.

Savez-vous où est installée la première « zone de transit » ? A Dachau, dans la banlieue de Munich !

Les plus jeunes ne savent peut être pas. Dachau est le premier camp de concentration des nazis. En 1933, le camp a été ouvert spécialement pour réprimer les communistes allemands. Puis, plus tard, il a été « modernisé » pour exterminer les Juifs, des résistants, des communistes, des homosexuels, des tziganes…

A Dachau, plus de 40.000 personnes ont été assassinées entre 1939 et 1945. Dachau, c’était l’horreur. A un point tel que les déportés survivants ont gardé le silence pendant des années ne trouvant pas les mots pour d’écrire l’indicible.

A Dachau, les réfugiés de 2018 seront rassemblés dans le « herb garden », une sorte de potager cultivé par les juifs déportés dans les années 1940 pour nourrir leurs tortionnaires. Tout un symbole.

Lorsqu’on évoque l’installation d’une « zone de transit » pour réfugiés dans sa commune à proximité de l’ancien camp de concentration, le maire de Dachau trouve la perspective « sympathique et humaine ». « L’endroit est calme et loin de tout », ose-t-il vomir. Dans les années 1940, ses grands-parents n’avaient rien vu, rien entendu. Sa surdité et son aveuglement relèvent certainement d’un héritage familial.

Dans la « Barbarie ordinaire, music à Dachau », Jean Clair écrit : « la mémoire - la culture – joua un rôle majeur dans le destin des déportés. » Et il prend pour exemple le peintre Zoran Music qui a réalisé au risque de sa vie une centaine de dessins décrivant ce qu’il a vu: les scènes de pendaison, les fours crématoires, les cadavres empilés. Peux-t-on oublier de telles horreurs ?

Des alliances politiques véreuses, des compromis mortifères, enterrent une tragédie ou plutôt lui donne une seconde vie. A Dachau, les nazis peuvent relever la tête : avec l’installation des réfugiés à la porte du camp, ils prennent leur revanche.

Leurs descendants new look commencent eux aussi à s’installer : l’Union européenne avec à sa tête pour six mois le chancelier autrichien gouvernant avec les amis de Mme Le Pen, l’extrême droite aux affaires en Italie, en Hongrie et en Pologne. Cela commence à faire beaucoup. A laisser faire, le réveil pourrait être funeste.

José Fort

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4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 18:49
Chili: les assassins du chanteur et poète Victor Jara enfin condamnés

CHILI : LES ASSASSINS DE VICTOR JARA ENFIN CONDAMNES 
Il était temps. Quarante-cinq ans après les faits, huit militaires chiliens à la retraite ont été condamnés, mardi 4 juillet, à des peines de 15 ans de prison pour le meurtre du chanteur et poète chilien Victor Jara lors du coup d'Etat en 1973 du général Pinochet. Un neuvième accusé a été condamné à cinq ans de prison pour avoir couvert ce meurtre. Alors âgé de 40 ans, Victor Jara était un chanteur et un directeur de théâtre reconnu. Il avait soutenu Salvador Allende lorsque ce dernier menait campagne pour être élu à la présidence du Chili en 1970. Comme des milliers d'autres partisans du président socialiste, Victor Jara a été arrêté par l'armée dans la foulée du coup d'Etat et conduit dans le stade de football de Santiago du Chili qui porte aujourd'hui son nom. Ses mains ont été écrasées à coups de crosse avant d'être battu au cours de sa brève incarcération. Retrouvé quelques jours plus tard, son cadavre était criblé de plusieurs dizaines de balles... 
Long article à lire, jeudi 5 juillet, dans l'Humanité.

Jean-Emmanuel Ducoin

A la mémoire de Victor Jara. Julos Beaucarne: lettre à Kissinger

Víctor Lidio Jara Martínez  était un chanteur auteur-compositeur-interprète populaire chilien.

Membre du Parti communiste chilien, il fut l'un des principaux soutiens de l'Unité Populaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne (Las Casitas del Barrio Alto, Ni Chicha Ni Limona), contestent la guerre du Viêt Nam (El Derecho de Vivir en Paz), rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines (Corrido De Pancho Villa, Camilo Torres, Zamba del Che), mais aussi au peuple et à l'amour (Vientos del pueblo, Te recuerdo Amanda).

Arrêté par les militaires lors du coup d'État du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé à l'Estadio Chile (qui se nomme aujourd'hui Estadio Víctor Jara) puis à l'Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s'abat alors sur Santiago. Il y écrit le poème Estadio de Chile qui dénonce le fascisme et la dictature. Ce poème est resté inachevé car Víctor Jara est rapidement mis à l'écart des autres prisonniers. Il est assassiné le 15 septembre après avoir eu les doigts coupés par une hache.

Après avoir été enterré semi-clandestinement le 18 septembre 1973, il est enterré le 5 décembre 2009 (après 3 jours d'hommage populaire) dans le Cimetière Général de Santiago lors d'une cérémonie à laquelle assistèrent sa veuve Joan Turner et leurs deux filles Manuela et Amanda, l'ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet, et plus de 5000 personnes.

Après un parcours à travers les différents quartiers de Santiago, les restes du chanteur furent apportés au Memorial de Detenidos Desaparecidos, pour une cérémonie intime où sa famille lui a rendu hommage, avant que Victor Jara ne soit enterré au Cimetière Général. Certaines de ses chansons les plus connues, comme Te recuerdo Amanda ou Plegaria a un labrador, ont été entonnées par le public présent[2].

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=U1VxD6boMdg

http://www.youtube.com/watch?v=ofdnUcu-_3c

 

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