" Le discours que tient Sahra Wagenknecht sur la question migratoire me semble donc être de salubrité publique". (Djordje Kuzmanovic, Le Nouvel Observateur, 8 septembre)
Sahra Wagenknecht a été soutenue par Jean-Luc Mélenchon au début qu'elle a essayé de prendre la direction de Die Linke avec une nouvelle orientation populiste, puis elle a quitté Die Linke pour créer un nouveau parti prétendument de gauche anti-immigration. Cette femme politique opportuniste imbue de sa personne ne craint pas de contredire les fondements moraux et idéologiques les plus ancrés de la gauche pour gagner des voix sur des bases de refus de l'accueil des réfugiés. C'est bien triste comme évolution. A France Insoumise, l'ancien socialiste patriotard et militariste Djordje Kuzmanovic soutient une ligne semblable. On lui devait déjà, en tant que conseiller de Mélenchon aux affaires internationales, la complaisance vis-à-vis de Poutine et de Bachar al-Assad au nom de l'anti-impérialisme. Tout ça est indigne d'un mouvement de gauche.
A voir à l'opposé la déclaration de Ian Brossat par rapport à Sahra Wagenknecht:
En Allemagne, certains représentants politiques empruntent une pente dangereuse. C’est le cas de Sarah Wagenknecht, ancienne présidente du groupe Die Linke (gauche radicale) au Bundestag, qui vient de créer un mouvement populiste anti-migrants, « Aufstehen ». Honte à elle et à tous ceux qui, se prétendant de gauche, adoptent un discours anti-migrants. Je salue nos camarades de Die Linke qui ne cèdent pas à cet appel à adopter le même discours que l’extrême droite s’agissant des questions migratoires.
Faire des réfugiés les boucs émissaires de la crise est une ignominie sans nom. Pendant ce temps-là, les capitalistes qui pratiquent le nomadisme sur fond de dumping social et fiscal dans une totale impunité peuvent continuer à délocaliser et à broyer vies et territoires en toute tranquillité.
Les progressistes d’Europe ont mieux à faire que plagier les arguments éculés de l’extrême droite selon lesquels les étrangers nous volent notre pain ou font baisser nos salaires. Il nous faut au contraire consacrer notre énergie à trouver des issues positives à la crise de l’accueil que vit l’Europe depuis trois ans. C’est ce à quoi s’emploie le PCF, en proposant d’une part d’ouvrir des voies légales pour permettre l’arrivée en bonne condition des réfugiés qui fuient la guerre et la misère, et d’autre part qu’une clé de répartition européenne impose à l’ensemble des vingt-sept de prendre part à l’accueil et au devoir de solidarité.
Ian Brossat, chef de file du PCF pour les élections européennes
A voir aussi:
Ce tweet de Mélenchon daté de l'Université d'été de France Insoumise en août qui va dans le même sens que les propos scandaleux de Djordje Kuzmanovic.
Il n’y a aucun lien de causalité entre immigration et baisse des salaires. Ce qui fait pression sur les revenus des ménages, ce sont les politiques de désinflation compétitive conduites sans discontinuer en France depuis le « tournant de la rigueur » mitterrandien de 1983 et gravées, depuis, dans les traités européens, politiques qui ont été soutenues à l'époque par Jean-Luc Mélenchon.
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