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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 06:08

Une table ronde avec Pierre Laurent (PCF), Maryse Dumas (CGT), Charles Fiterman (ancien ministre communiste) et Alain Krivine (NPA).

A retrouver dans MAI 68, UN RÊVE QUI COURT, un hors série de l'Humanité, chez votre marchand de journaux ou sur notre boutique en ligne.

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 05:57

Vendredi soir puis samedi toute la journée, les « assises communistes de l’écologie » ont rassemblé en séance plénière puis en ateliers entre 120 et 130 militants communistes. Venus de tout le pays, ils ont fait part de leur volonté de préparer le prochain congrès du PCF en intégrant avec plus de netteté que par le passé les enjeux liés au réchauffement climatique dans le débat politique.

Le climatologue  Hervé Le Treut est venu samedi en début d’après midi s’exprimer devant les militants communistes qui, depuis la veille, avaient échangé en séance plénière, puis le jour même dans plusieurs ateliers sur les enjeux climatiques. Ses  propos se recoupaient avec ceux tenus par les militants du PCF dans ces ateliers comme en séance plénière. Selon Hervé Le Treut, il faudrait que les réductions  d’émissions de gaz à effet de serre (GES) soient beaucoup plus importantes que celles observées ces dernières années dans trop peu de pays pour espérer contenir le réchauffement climatique à  + 2°C d’ici la fin du siècle en cours par rapport à le période préindustrielle du XIXème.

https://youtu.be/IK-v_HTrzSA

Mais on n’en prend pas le chemin, ni en France, ni au niveau planétaire. En dépit de la progression de l’énergie solaire et éolienne dans la  production d’électricité, 80% des énergies utilisées dans le monde sont d’origine fossile.  Evoquant cette situation globale, Hervé Le Treut a déclaré : « on a perdu une grande partie de notre flamme d’ingéniérie et les énergies de rechange ne sont pas encore là. L’Europe a imputé à la Chine et à d’autres pays une partie de son bilan carbone à travers les délocalisations de productions qu’elle réimporte ». Le climatologue a mis en garde contre certaines « solutions » qui n’en sont pas comme par exemple la voiture électrique pour tous sans se poser la question de savoir du bilan carbone de l’extraction des matières premières, ni celle de savoir comment sera produite cette demande d’électricité en hausse.

100 milliards de dollars c’est peu pour aider les pays pauvres

On sait qu’il est question de faire alimenter par les pays développés un « fonds vert » à partir de 2020 pour aider les pays pauvres à lutter contre le réchauffement via notamment des productions électriques sans émissions de CO2. Mais « 100 milliards de dollars par an c’est peu au regard de ce qu’il faudrait », a déclaré le climatologue, laissant aussi entendre qu’il faudra aussi éviter que cet argent soit en partie détourné via la corruption.

En ouvrant la séance du vendredi soir, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, avait souhaité faire des enjeux climatiques le « combat communiste du XXIème siècle », citant à ce propos des évolutions inquiétantes comme le recul de la biodiversité, la dégradation de la qualité de l’air, celle de la fertilité des sols, sans oublier la raréfaction de la ressource en eau dans de nombreuses régions du monde .

De l’anticapitalisme à l’économie circulaire

Evoquant les « tares du système de production capitaliste qui pousse sans arrêt aux gâchis en tous genres et à l’obsolescence », Pierre Laurent a invité les communistes à « repenser leur activité au service d’un développement soutenable qui passe par l’anticapitalisme pour nous conduire à l’écologie à l’économie circulaire ». Dans son rapport d’introduction, Hervé Bramy a ensuite rappelé que l’écologie avait fait l’objet d’échanges importants lors de certains congrès du PCF à commencer par le 21ème en 1974. Mais il a aussi fait état d’un sondage selon lequel seulement 2% des Français voient les communistes comme des gens soucieux de promouvoir l’écologie.

Lire : Hervé Bramy : « Nous ne devons plus hésiter à être écologistes »

Pourtant, le débat général du vendredi soir comme les travaux des ateliers du samedi matin ont montré que les militants communistes avaient des choses à dire dans la lutte contre le réchauffement climatique. On peut même affirmer que leur discours sur ces questions est beaucoup plus cohérent que celui tenu par bien des militants se réclamant de l’écologie de manière exclusive. 

Jute avant ces assises communistes de l’écologie, nous avions appris que la France creusait allègrement sa dette écologique en ayant consommé ses ressources renouvelables sur un an dès le 4 mai. Cette étude de l’ONG WWF avec le Global Footprint Network mesure notre empreinte écologique en utilisant des critères comme les émissions de CO2, l’artificialisation des sols agricoles sur de trop grandes superficies, les émissions de méthane des élevages de ruminants. Mais ce type d’étude mesure aussi le captage du carbone par les forêts, les prairies, le milieu marin.

Au regard de ce constat on peut dire que les intervenants communistes ont soulevé les vrais problèmes durant ces deux jours de débats. Telle intervenante a mis  en cause la métropolisation et la concentration des activités économiques du pays dans les grandes agglomérations tandis que la cherté de l’habitat éloigne celui-ci du lieu de travail. Tel autre intervenant a montré qu’il faut aller progressivement vers la gratuité des transports publics pour réduire la circulation des voitures tandis que tel autre suggérait de compléter le dispositif par des transports doux, ce qui suppose de développer les pistes cyclables. Réduire la distance entre la fourche et la fourchette fut un autre sujet de débat.

Le bilan carbone de la sortie du nucléaire en Allemagne

Dans le livre qu’il vient de publier (1) François Hollande reconnaît à demi-mots que son projet de ramener la part du nucléaire à 50% de notre mix énergétique en 2025 était purement politicien. Il s’agissait d’un accord consistant à faciliter l’élection de députés Europe Ecologie Les Verts en contrepartie de l’élimination par ces derniers de la candidature de Nicolas Hulot  pour la présidentielle de 2012 au profit d’Eva Joly. En sachant d’avance qu’elle ne ferait qu’un petit score, cela facilitait la présence de Hollande au second tour pour finalement triompher face à Nicolas Sarkozy. Ce coup politicien a abaissé le débat sur les enjeux  énergétiques au point que, pour 2017, Jean-Luc  Mélenchon et Benoît Hamon se sont respectivement prononcés pour la sortie définitive du nucléaire civil en 2050 et en 2045.

Tant dans l’atelier consacré à l’énergie que dans celui qui discuté du réchauffement climatique, cette démagogie électoraliste visant à capter les suffrages des anti-nucléaires a été critiquée samedi par des intervenant communistes. Une telle sortie  en trente ans aboutirait à accroître nos émissions de CO2 dans des proportions considérables et à augmenter sensiblement  le prix de l’électricité pour les ménages comme pour toute l’économie dans un pays où la pauvreté de masse ne cesse de faire progresser la précarité énergétique. C’est le cas en Allemagne qui va sortir du nucléaire en 2022. Le prix de l’électricité a doublé pour les ménages en une quinzaine d’années tandis que les émissions de CO2 ne cessent de progresser du fait de la relance des énergies fossiles que sont le charbon et le lignite.

(1) Les leçons du pouvoir, de François Hollande, éditions Stock

 

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Les communistes  de la région de Morlaix vous invitent à une Conférence - Débat qui se tiendra le 29 mai à Lanmeur (20 h - Salle Stérédenn) avec Gérard Le PUILL, journaliste à l'Humanité.

Son thème : "Assurer notre souveraineté alimentaire face au réchauffement climatique. Quels enjeux pour l'agriculture en Bretagne"

 

 

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 06:01

Au fur et à mesure que l’on s’approche du débat parlementaire qui doit produire une loi « pour un équilibre des relations commerciales et une alimentation saine et durable », l’espoir fait place au doute chez les syndicalistes paysans. En approuvant les accords de libre échange entre l’Europe et le Canada, puis avec le Mexique et bientôt peut-être avec les pays du Mercosur, les dirigeants français vont permettre aux distributeurs de multiplier leurs achats ailleurs afin de faire chuter les cours sur le marché intérieur.

La loi « pour un équilibre des relations commerciales dans le secteur alimentaire et une alimentation saine et durable », doit venir en débat le 22 mai à l’Assemblée nationale. Il s’agit pour le gouvernement de traduire en droit une promesse faite par le président Macron dans le discours prononcé à Rungis le 11 octobre 2017 dans le cadre des Etats généraux de l’alimentation mis en place à sa demande dès la fin de l’été. « Stopper la guerre des prix, c’est stopper la dévalorisation permanente du revenu des agriculteurs, c’est leur permettre de vivre ou plutôt de revivre de leur travail(…) Nous modifierons la loi pour inverser cette construction des prix qui doit pouvoir partir de coûts de production», avait-il dit ce jour-là.

Ces propos avaient suscité un réel espoir chez les syndicalistes paysans, tant à la FNSEA que dans d’autres syndicats, à commencer par la Confédération paysanne. Au point peut-être d’oublier un peu vite qu’Emmanuel Macron avait été en 2007-2008 le rapporteur de la Commission Attali mise en place par Nicolas Sarkozy à la demande de Michel-Edouard Leclerc. Dans ce rapport qui déboucha sur la Loi de modernisation économique (LME), votée par la droite en 2008, Macron préconisait « d’instaurer la liberté des négociations commerciales entre distributeurs et fournisseurs. C’est pris dans son ensemble que ce dispositif pourra livrer tout son potentiel de croissance », ajoutait-il.

 

Va-t-on sortir les prix agricoles des négociations commerciales annuelles ?

En Commission, 874 amendements ont été proposés pour « enrichir » le texte de loi de 2018 et 234 auraient été adoptés. L’un de ces derniers, proposé par Jean-Baptiste Moreau député LaREM et éleveur de bovins dans la Creuse, permet de sortir les produits agricoles du cadre des négociations commerciales défini par la LME de 2008, inspirée du rapport Macron. Rien ne prouve cependant qu’il s’agit-il d’un revirement voulu par le chef de l’Etat. Jacques Creyssel, le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution parle d’une « proposition disruptive que nous avons soumise à une expertise juridique ».Mais il se dit que Michel-Edouard Leclerc est pour cette disruption, ce qui ne devrait guère rassurer les paysans.

Chez les syndicalistes de la profession agricole, on est passé de l’espoir à la méfiance au vu des amendements en commission. Dans un communiqué publié le 23 avril, la Confédération paysanne évoquait le rejet d’une série d’amendements et ajoutait : « En refusant des mécanismes pour contraindre au partage de la valeur ajoutée en en laissant les clefs aux interprofessions ,les député-e-s actent le désengagement de l’Etat en la matière, porté par le projet initial du gouvernement .Ce vote légitime les pratiques des vautours de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution en se cachant derrière l’Union européenne» , écrit le syndicat.

Le même jour, on pouvait lire dans un communiqué de la FNSEA suite à l’adoption des amendements en commission : « malgré tous ces débats, nous considérons aujourd’hui que le compte n’y est pas. A commencer par « la construction du prix en marche avant» qui ne sera effective que si les députés déverrouillent la question du choix des indicateurs de coûts de production. En effet, comment peut-on imaginer un seul instant confier à Intermarché ou Leclerc le choix des indicateurs de coûts de production pour les agriculteurs! ».

 

Les éleveurs privés de leur capacité de négocier par le déséquilibre du marché

Le 25 avril, c’était au tour de la Fédération nationale bovine (FNB) de la FNSEA de faire part de ses inquiétudes dans une lettre ouverte au président de la République. On pouvait y lire ceci : « Nous avons imaginé de nouvelles relations contractualisées, dans une dynamique collective vers un accroissement de la qualité : doublement de notre production « bio », multiplication par 10 des viandes sous signe d’origine et de qualité (…) En proposant uniquement la prise en compte, dans les contrats éventuellement passés entre les éleveurs et les acheteurs, que chaque partie aura la pleine liberté d’élaborer, ce projet de loi ne contribue ni à inverser la mécanique de construction des prix alimentaires, ni à renforcer notre capacité de négocier » .

Dans sa lettre ouverte, la FNB évoque aussi les importations de viande bovine sans droits de douanes que l’Europe ne cesse de négocier avec des pays tiers comme le Canada, le Mexique et probablement les pays du Mercosur d’ici l’été. Ces nouveaux flux d’importations donneront des armes aux distributeurs comme aux transformateurs pour faire baisser les prix payés aux éleveurs français, même après le vote d’une loi dont l’ambition affichée est d’améliorer le revenu des éleveurs, puisque les acheteurs potentiels auront plus de facilité pour s’approvisionner ailleurs.

 

Quand le même porc charcutier est nettement moins payé en France qu’en Espagne 

Même sans ces accords de libre échange, les transformateurs et les distributeurs recourent souvent aux importations dans le seul but de faire chuter les cours des animaux vivants comme des récoltes de fruits et légumes. Alors que le prix du kilo de viande de porc est en recul depuis des semaines sur le marché au cadran de Plérin dans les Côtes d’Armor au point de valoir 10 centimes de moins qu’en Espagne ,la Fédération nationale porcine (FNP) de la FNSEA avance l’explication suivante dans son communiqué du 25 avril : «Il semble que l’aval de la production se plaît à organiser les stocks en élevage afin de maintenir la pression au lieu de chercher des marchés à valeur ajoutée. Face à ce manque de volonté, les organisations de producteurs doivent s’organiser pour trouver un rapport de force. La montée en gamme prônée dans les plans de filières des Etats généraux de l’alimentation ne se fera pas avec un prix payé à l’éleveur en baisse».

Il reste à savoir s’il faut voir là un « manque de volonté » chez les abatteurs et les distributeurs ou plutôt cette stratégie i bien dosée du « et en même temps » si chère à Emmanuel Macron !

 

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Les communistes  de la région de Morlaix vous invitent à une Conférence - Débat qui se tiendra le 29 mai à Lanmeur (20 h - Salle Stérédenn) avec Gérard Le PUILL, journaliste à l'Humanité.

Son thème : "Assurer notre souveraineté alimentaire face au réchauffement climatique. Quels enjeux pour l'agriculture en Bretagne ?"

 

« Fils de paysan, né dans les Côtes d’Armor, Gérard Le Puill, lauréat du Grand prix du journaliste agricole en 1998, a consacré plusieurs livres aux enjeux agricoles ces dix dernières années.

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 05:50

 

Depuis, l’idée communiste a pris du plomb dans l’aile. Les sondages en témoignent. Faut-il pour autant céder à l’air du temps, militer en fonction des sondages ?

Le capitalisme fait montre quotidiennement de sa dangerosité, de son obsolescence, même s’il peut durer encore très longtemps. La crise majeure du système permet de vérifier la pertinence des idées de Marx, de décrypter la nouvelle phase de la mondialisation financière, les dégâts de la « sacro-sainte » loi du marché, du capitalisme mondialisé, qui porte les logiques de rentabilité à un niveau inouï. Le partage de la valeur ajoutée entre travail et capital devient de plus en plus vertigineusement inégal. Le système s’avère incapable de répondre aux besoins fondamentaux de l’humanité ; ce n’est d’ailleurs pas son objectif. Il a affaibli, brisé les liens sociaux, brouillé tous les repères, transformé la société en jungle, plongé l’humanité dans un gouffre abyssal...

Si la crise est systémique, elle ne peut donc que s’aggraver. Elle exige de nous, communistes, de mettre en œuvre un processus vers une autre organisation sociale, de caractériser les changements structurels majeurs que nous souhaitons, de donner un contenu nouveau à l’hypothèse communiste. Il convient de dire ce à quoi nous aspirons : la révolution communiste, même si cela est à contre-courant du quasi consensus « libéral » d’aujourd’hui. Ne pas lâcher sur les mots ni sur leurs contenus peut permettre de reconquérir une partie de ceux qui ont renoncé à la conscience et au combat politiques de classe et qui subissent ; ce, sans aucune nostalgie anachronique de ce qui a échoué, mais en réfléchissant à un communisme d’aujourd’hui. Il faut oser dire où nous voulons aller, sans peur des caricatures anti-communistes, persiflées et matraquées par les uns et des autres (le communisme serait par nature criminel...) ; s’il nous faut renouveler les questionnements, on ne saurait renoncer à des marqueurs idéologiques identitaires, aux valeurs communistes originelles, à un mouvement de fond, et permanent, vers une autre organisation sociale, plus horizontale, plus autogérée, plus humaine, pleinement démocratique, plus appuyée sur l’appropriation sociale des secteurs clés, les « communs », la socialisation du pouvoir, et sur une intervention constante (des salariés, des usagers...), un contrôle à tous les niveaux exercé d’en bas par les travailleurs et les citoyens.

L’idée communiste n’est pas invalidée par l’échec du « communisme d’Etat », où le Parti se substituait au peuple et finissait par coloniser l’Etat ; l’autoritarisme, perversion du communisme, n’était pas dans la nature du projet révolutionnaire. Nous, militants, avons trop souvent confondu le commun et la collectivisation. Le communisme reste une grande utopie concrète qui porte une critique radicale du capitalisme, et ouvre la possibilité, révèle la nécessité, de son dépassement. En cette année anniversaire de mai 1968 -j’avais alors 20 ans, et j’étais écartelé par la difficulté extrême de l’essentiel : la convergence, les actions communes entre la classe ouvrière et les étudiants-, en cette année anniversaire de mai 1968, il serait aussi incompréhensible que suicidaire de lâcher l’horizon communiste. Commémorer mai 1968, c’est aussi partir de l’idée communiste pour construire une alternative de rupture avec le capitalisme, c’est également travailler à l’insurrection la plus belle, celle des consciences. La révolution à laquelle je crois encore et toujours peut ouvrir la voie au communisme. Encore et toujours. Serais-je un archaïque qui a de l’avenir ?

 

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9 mai 2018 3 09 /05 /mai /2018 05:46

 

Engagé dans un objectif de destruction de l'unité syndicale, le 1er ministre a invité les syndicats à déposer des amendements concernant le transfert des contrats de travail, la dette et la convention collective nationale, laissant ainsi croire à de possibles négociations.

En réalité il n'existe aucune marge sur ces sujets. La seule boussole guidant le gouvernement est celle du pourrissement du conflit. Rien ne change sur le fond comme sur la forme.


Nous ne pouvons que déplorer un changement de méthode sans pour autant changer de cap : la volonté de détruire l'entreprise historique reste leur leitmotiv. Le ferroviaire ne serait plus au service de la nation mais au service de la rentabilité d'une poignée d'actionnaires.


Le gouvernement occulte totalement la mobilisation massive des cheminots de toutes catégories. Alors que depuis le 3 avril, 1 cheminot sur 2 s'inscrit dans la grève, le gouvernement fait le choix de l'autoritarisme et du mépris social. C'est irresponsable.

Le gouvernement refuse également la tenue de tables rondes tripartites.
Sur la question du fret ferroviaire, nous sommes face à un silence assourdissant.


Cette réforme, technocratique et dogmatique, ne répondra en rien au besoin de mobilité des usagers et à l'urgence écologique.


Le PCF porte l'idée d'un grand Service Public ferroviaire du 21ème siècle, au sein d'une entreprise unique et intégrée, permettant à chacune et chacun de se déplacer quel que soit son lieu de résidence sur le territoire, tout en assurant des conditions de travail décentes pour les cheminotes et les cheminots. 


Le PCF réaffirme son soutien et sa solidarité à l'égard des cheminotes et des cheminots en lutte,  lutte qu'il faut élargir au delà des portes de la SNCF. Pour répondre à cette nécessité, le PCF appelle à faire du 26 mai une grande journée de mobilisation rassemblant usagers, citoyens, syndicats et partis politiques afin d'exiger du gouvernement un changement rapide de cap. 

 

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9 mai 2018 3 09 /05 /mai /2018 05:39

 

Les communistes  de la région de Morlaix vous invitent à une Conférence - Débat qui se tiendra le mardi 29 mai à Lanmeur (20 h - Salle Stérédenn) avec Gérard Le PUILL, journaliste à l'Humanité.

Son thème : "Assurer notre souveraineté alimentaire face au réchauffement climatique. Quels enjeux pour l'agriculture en Bretagne ?"

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Ce  samedi, se déroulent « Les assises communistes de l’écologie » au siège du PCF à Paris (1). Militants communistes et spécialistes des dossiers ayant trait à l’écologie et au réchauffement  confronteront leurs points de vue  afin de mieux travailler sur les politiques à mettre en œuvre concernant des sujets comme « une alimentation saine et accessible pour tous », la  « qualité de vie dans les quartiers populaires », la composition du « mix énergétique à venir », la «politique d’aménagement du territoire », les « nouveaux pouvoirs dans l’entreprise », sans oublier le sujet majeur qu’est « l’urgence climatique», plus que jamais d’actualité.

On dit parfois que le hasard fait bien les choses quand telle ou telle initiative programmée de longue date se trouve justifiée et confortée par l’actualité du jour. C’est vraiment le cas pour ces « Assises communistes de l’écologie». Elles se tiennent alors que les ONG WWF-France et le Global Footprint Netwoek publient hier un rapport sur le déficit écologique planétaire qui est surtout celui des pays capitalistes développés et des monarchies pétrolières. Grosso modo, les terriens que nous sommes consomment annuellement 1,7 fois ce que la planète peut reconstituer en un an comme ressources renouvelable. Voilà comment on arrive à prélever dès le début du mois d’août la somme des ressources renouvelables consommables du 1er janvier au 31 décembre.

Dans le tableau des mauvais élèves dressé par ce rapport, la pétromonarchie du Qatar consomme sa part annuelle de ressources dès le 9 février. Mais les Etats Unis, le Canada et l’Australie, pays modèles pour Emmanuel Macron, ne sont pas loin derrière. Ils sont déficitaires dès le mois d’avril. Ce que la France peut renouveler en douze mois est consommé dès le 5 mai.

La France est devenue un très mauvais élève

Faut-il s’étonner que la France soit devenue un si mauvais élève ? Bien que sa production électrique d’origine nucléaire atténue son bilan  carbone, notre pays n’est guère vertueux. Pour s’en rendre compte, il faut examiner comment se déroule la vie quotidienne imposée à la population par les équipes gouvernementales qui se succèdent au servie quasi exclusif du grand patronat et autres nantis rebaptisés « premiers de cordée » par le président Macron. Alors que la SNCF transporte 11% des gens qui se déplacent en France  en n’émettant que 2% du CO2 imputable aux transports quotidiens de voyageurs, le gouvernement  veut démanteler le service public des transports ferroviaires pour donner les lignes rentables au secteur privé et fermer les autres lignes quand les régions ne pourront plus les subventionner.

Alors qu’il faudrait construire des logements à faible consommation d’énergie, le nouveau projet du gouvernement vise à rabaisser les normes pour réduire le prix de revient de la construction. Ce qui revient à construire de logements énergivores. Alors qu’il conviendrait de réduire la distance entre la fourche et la fourchette, les produits agricoles bruts et transformés voyagent sur des distances de plus en plus longues  n camion. Tout cela au nom de la libre concurrence tandis que la déforestation ne cesse d’augmenter alors qu’il faudrait planter des arbres pour stocker du carbone afin de freiner le réchauffement climatique.

Réinventer le fonctionnement de l’économie

La question qui nous est posée aujourd’hui implique que nous réinventions le fonctionnement de l’économie dans un monde fini. Ce n’est pas du tout le cas depuis l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée. Ca ne l’était pas davantage avec François Hollande, Nicolas Sarkozy ou Jacques Chirac. Débattre des enjeux climatiques pour promouvoir une économie faiblement émettrice de gaz à effet de serre est devenu impératif. Mais rien n’a encore été entrepris depuis la tenue de la Cop 21 à Paris en décembre 2015. On peut même dire que presque rien de positif n’a été fait depuis l’accord de Kyoto en ….1997!

En revanche  les choses vont de mal en pis. Ce vendredi matin, une dépêche de l’Agence France Presse nous apprend qu’un « tiers des espèces  menacées d’Australie ne font l’objet d’aucun suivi», selon des scientifiques de ce pays tandis que le gouvernement australien veut réduire leur budget de 30%. « Quand on se rend compte qu’il y a un problème, il se peut qu’il soit trop tard pour agir. De nombreuses personnes ne se rendent pas compte du caractère vital du suivi pour gérer la biodiversité menacée », dénonce la scientifique Sarah Legge.

Quand la sécheresse fait proliférer la chenille mercenaire

En Inde, des tempêtes de sable ont fait une centaine de morts cette semaine. Le vent a déraciné de arbres, abattu des pylônes électriques et de murs de maisons. Mercredi dernier, « un voile blanc a enveloppé la capitale New Delhi, brouillant la visibilité avant de laisser place à des orages ». Selon  les prévisionnistes, « cette situation est due  à la collision des systèmes météorologiques  occidentaux et orientaux au dessus des plaines du nord du pays »  marqué par le réchauffement climatique.

En Afrique, la sécheresse favorise  actuellement la prolifération de la « chenille légionnaire » un insecte originaire d’Amérique du sud qui provoque actuellement d’énormes dégâts sur 80 cultures différentes dans 40 pays, les plantes les plus affectées étant le maïs, le sorgho et le millet pour l’alimentation humaine.

Telles sont les conséquences les plus visibles de réchauffement climatique à travers le monde au moment où les communistes français tiennent leurs assises de l’écologie.

(1) 2 place du colonel Fabien à Paris. Métro : Colonel Fabien, ligne 2, vendredi de 18 à 21 heures, samedi de 9 à 18 heurs.

Le nouveau livre de Gérard Le Puill vient de paraître

Collaborateur du site internet de l’Humanité et auteur d’une chronique hebdomadaire dans l’Humanité-Dimanche sur les enjeux climatiques, Gérard Le Puill vient de publier un nouveau livre aux éditions du Croquant. On peut le trouver en librairie où le commander à son libraire. Sous le titre Réinventons l’économie dans un monde fini, cet ouvrage de 208 pages coûte 15€. Outre l’introduction et la conclusion, il  est divisé en 11 chapitres ainsi intitulés :

1 Quelle planète en 2050 et après pour les enfants de nos enfants ?

2 l’Europe et la France naviguent sur un océan de contradiction. 

3 Quatre présidents et un mauvais bilan sur 20 ans.

4 Comment mettre en place une économie « décarbonée » ?

5 Rendre notre bol alimentaire climato-compatible.

6 Agriculture : des fermes plutôt que des firmes.

7 Plantons des arbres et stockons de l’eau pour verdir la France au XXIème siècle.

8 Faire de la politique au service du bien commun en ce XXIème siècle.

9 Partir des enjeux climatiques pour bâtir un projet politique.

10. La France en commun doit d’abord  préserver   sa terre nourricière.

11 Promouvoir le changement par des actes militants.

 

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9 mai 2018 3 09 /05 /mai /2018 05:37

Le président de la République a trop assuré faire ce qu’il dit, en oublie les libertés prises avec ses annonces et son propre programme.

Emmanuel Macron le répète à chaque fois qu’il s’agit de défendre sa politique : il tient ses promesses. Il l’a rappelé en décembre à Laurent Delahousse : « Je fais ce que j’ai dit. Avec détermination. » Puis de nouveau en avril devant Jean-Pierre Pernaut : « Je fais ce que je dis. Peut-être qu’on n’était plus habitué. » Si le président de la République le martèle tant, c’est sans doute parce qu’il a été le tout dernier des candidats à présenter son programme pendant la course à l’Élysée, l’an dernier. Après une longue série de discours faussement bienveillants et bourrés de poncifs, il s’y est résolu le 2 mars 2017. À l’époque, cela l’arrangeait d’avancer dans l’ombre. « C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne », expliquait-il, ajoutant que « la politique, c’est mystique ».

Mais, maintenant qu’il a été élu par défaut, le voilà qui cite son programme pour légitimer son action. Fait-il pour autant ce qu’il dit, ou prend-il de sacrées libertés vis-à-vis de sa parole et de son « contrat avec la nation » ? Le plus emblématique de ses engagements non tenus est sans doute celui du 27 juillet 2017 : « Je ne veux plus, d’ici à la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues », lançait-il. Au 1er janvier 2018, il restait pourtant des milliers de sans domicile fixe et de réfugiés dans les rues. Et ce n’est pas tout : souvent accusé d’être le président des riches, Macron se réfugie derrière son fameux « projet » pour défendre la fin de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Son programme de 2017 stipule pourtant noir sur blanc que « la réforme de la fiscalité se fera à coût nul ». La création du prélèvement forfaitaire unique (PFU) devait ici permettre « de compenser la perte de recettes dues au remplacement de l’ISF » par l’IFI (impôt sur la fortune immobilière). Mais, loin de rapporter les 3,25 milliards d’euros ici perdus, le PFU a en réalité fait perdre 1,3 milliard de plus à l’État !

Cela, Macron ne l’avait pas dit, tout comme il n’avait pas annoncé la baisse des aides personnalisées au logement (APL), ou la fin de nombre d’emplois aidés. Devant les maires de France pendant la campagne, il leur proposait de renoncer à 10 milliards d’euros. Désormais président, l’addition est montée à 13 milliards… Et les plans à 5 milliards qui émaillent sa feuille de route, tantôt pour la santé, tantôt pour l’écologie, ou enfin pour les agriculteurs, n’ont encore trouvé aucune traduction concrète dans le plan budgétaire courant jusqu’en 2022. La promesse d’aider « les agriculteurs à être payés au prix juste » n’a de son côté même pas survécu aux états généraux de l’alimentation.

La liste est loin d’être complète : la première loi du quinquennat, dite de moralisation de la vie politique, devait interdire aux parlementaires d’exercer une activité de conseil en parallèle de leur mandat. Il devait aussi être impossible de se présenter à une élection en cas de casier judiciaire (niveau B2). Tout cela est finalement autorisé. Le gouvernement ne devait pas toucher « au niveau des pensions » de retraites, mais les a de fait attaquées, avec la hausse de la CSG… Enfin, la réforme qui devait « libérer le travail » a été faite dans le cadre d’une blitzkrieg sociale et parlementaire que n’aurait pas reniée François Fillon. Quant à la loi asile et immigration, elle consacre hors programme l’internement des mineurs, le délit de solidarité et la fin de l’inconditionnalité de l’accueil en centre d’hébergement d’urgence, pour le plus grand plaisir de Marine Le Pen. Soit les deux épouvantails qui ont permis à Macron de gagner.

 

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9 mai 2018 3 09 /05 /mai /2018 05:36

Non content de céder à Washington au souhait de Donald Trump de piétiner l’accord sur le nucléaire iranien au risque d’allumer de nouvelles tensions guerrières, le président Macron s’est voulu complice du «nouvel ordre mondial» désiré par le Président nationaliste des États-Unis, analyse Bruno Odent, journaliste de l’Humanité.

Réalisation : Abrahim Saravaki

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9 mai 2018 3 09 /05 /mai /2018 05:35

Un an après son élection, le président Macron offre en bilan des riches courtisés, un chômage en baisse insuffisante pour être perçue, et une brutalité de l’exercice du pouvoir. Sous l’apparence de rupture, un ancien monde persiste.

Assuré d’être élu face à Marine Le Pen, le candidat avait tout loisir pour mettre en scène son accession au pouvoir, et il ne s’en était pas privé. Le cadre du Louvre, la longue marche solitaire jusqu’au pupitre, toute cette pompe bien peu républicaine avait pour but d’effacer le soir même de l’élection les conditions hors normes de la campagne. Le symbole, vu alors comme simplement grandiloquent, apparaît différemment un an plus tard, et passe désormais pour ce qu’il est : la marque, au fond, qu’un ancien monde a réussi en fait à supplanter le « nouveau » qu’était censé incarner Emmanuel Macron. Car c’est un ancien monde fait de solutions libérales, de conquêtes sociales en matière de travail mises à bas, de zadistes empêchés d’alternative, d’un contrôle des chômeurs en même temps qu’une attention extrême aux soucis des plus fortunés, qu’incarne depuis le 7 mai l’hôte de l’Élysée. Tolérance zéro pour les premiers, absolue pour les seconds. Il est loin le candidat de la bienveillance. Le président a pris goût à l’autoritarisme permis par le recours aux ordonnances. Selon un sondage Ifop, 73 % des personnes interrogées le jugent ainsi « autoritaire », et seulement 30 % « proche des Français ».

« tout est dédié à la croissance du capital. De ceux qui en ont »

Alain Deneault, philosophe québécois, auteur de la Médiocratie et du Totalitarisme pervers, inventeur de l’expression « extrême centre » qui caractérisa les débuts du macronisme, relevait récemment dans un entretien au Média que « tout est dédié à la croissance du capital. De ceux qui en ont ». Déjà, le futur plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises – la future loi Pacte, seul projet dont étrangement rien ne fuite jusqu’ici – répondra à la demande récurrente des patrons de suppression de contraintes réglementaires, en particulier les seuils sociaux, a confirmé le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.

Comble, Emmanuel Macron réserve au magazine des businessmen américains Forbes une annonce fiscale qui devrait concerner les Français au premier chef : doit-on conserver la mesure mise en place par Nicolas Sarkozy pour dissuader la domiciliation fiscale hors de France ? Sarkozy, au moins, assumait sa politique sans prétendre la déguiser.

«Macron n’a pas honte d’insulter les classes populaires»

Macron, à l’inverse, dissimule sous des mots anodins une violence inédite. L’« exit tax », une peccadille pour les finances publiques ? S’agissant d’une taxe dissuasive, si elle rapporte peu, c’est donc… qu’elle fonctionne. En outre, « les 800 millions de manque à gagner avec la suppression de l’exit tax, c’est deux fois le coût de la revalorisation des retraites agricoles proposée par les parlementaires communistes. Pas d’argent magique, pas d’argent pour le social ? C’est une question de choix ! » s’emporte le sénateur PCF Éric Bocquet, quand le gouvernement exige dans le même temps un milliard d’économies à l’hôpital public. Choix également de se montrer attentiste sur les questions de mœurs, comme la PMA. Le chef de l’État peut aussi être à la manœuvre pour freiner des avancées, quand Paris ne se montre guère pressé sur la directive européenne favorable à l’égalité femmes-hommes sur le congé parental.

Aux étudiants indiens, burkinabés ou américains – le président Macron voyage beaucoup, une façon d’occuper le terrain sans devoir rendre de compte au pays –, il répète : « Ne respectez jamais les règles. » Il se garde bien d’encourager de la sorte les étudiants français. Il y a quelque chose de schizophrène à vouloir courir après une cohérence du discours chez Emmanuel Macron, comme en témoigne celui prononcé devant les évêques de France. Là, le président de tous les Français a singulièrement marqué sa distance d’avec la loi de 1905, pour suggérer que seule la spiritualité comblait les manques de l’existence. Pour le romancier Édouard Louis, il y a en outre « une violence extrême chez Macron, qu’on n’avait jamais vue avant. Ce à quoi on assiste avec lui, c’est la fin de la honte : Macron est quelqu’un qui n’a pas honte d’insulter les classes populaires. Pour lui, ce sont des fainéants ». « L’élite française a perdu toute aptitude à la honte », dit en écho Alain Deneault. Exemple avec Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, qui peut affirmer sans ciller que « notre modèle social est là pour protéger, mais aussi pour émanciper. Émanciper par le travail, mieux rémunéré. Émanciper par l’école, où chaque enfant retrouve une chance. Émanciper en choisissant librement son avenir professionnel, par la formation et l’apprentissage ». Pour Alain Deneault, Macron ou un autre, au fond peu importe. Macron est interchangeable, « la force de ce système est de n’avoir pas de tête », poursuit le philosophe. Ajoutant : « C’est aussi sa faiblesse, ce système ne sait plus où il va, tient par intimidation et propagande effrénée, sur le plan du chantage aux conditions de vie. » En 2017, 24 % des électeurs votaient au premier tour pour Macron. Un an plus tard, selon un sondage Ipsos sur sa première année à l’Élysée, la France « va mieux » pour à peu près autant, 27 % des personnes sondées. Elle va en revanche « moins bien » pour 36 %, et « rien ne change » pour 37 %. Selon l’institut Odoxa, 72 % des Français jugent la politique économique d’Emmanuel Macron « injuste ». La cote d’alerte est atteinte pour le pouvoir. Où est passée la « disruption » ? Les réformes lancées à tour de bras, sélection à l’université, SNCF, formation professionnelle, retraites, droit d’asile, ne sont pas majoritairement perçues comme utiles.

La base électorale du président s’est déportée à droite

L’action d’Emmanuel Macron pour ce qui est du pouvoir d’achat et de la réduction des inégalités sociales, toujours selon Ipsos, est jugée particulièrement sévèrement, 78 % des Français estimant qu’elle va dans le mauvais sens. Avec les premiers déçus du macronisme (lire page 6), la base électorale du président s’est déportée à droite. Les sympathisants des « Républicains » sont désormais majoritairement satisfaits du président de la République : 53 % (+ 14 points en un mois). L’électorat de droite est, juste après celui de la République en marche, le second pilier de Macron. Les effets du macronisme tardent à venir, pourtant. Pour 2018, la Commission européenne place la France dans le peloton de queue, avec une prévision de croissance du PIB de 2 %, et tandis qu’elle est de 0,3 % pour le premier trimestre. Tout ça pour ça ? Même la recomposition politique que Macron appelle de ses vœux est résistible, quand huit Français sur dix se positionnent encore spontanément « à gauche » ou « à droite ».

Le mépris des corps intermédiaires par le gouvernement, ce que reconnaît même l’interlocuteur privilégié qu’était Laurent Berger à la CFDT, rend le pouvoir solitaire, et sans amortisseur avec la base sociale du pays. Le profil de gestionnaire exigé des ministres fait par conséquent remonter à Matignon ou à l’Élysée toutes les questions politiques. La technostructure au pouvoir se coupe du pays, et n’a guère d’antennes pour comprendre ses attentes. Année électorale blanche, 2018 n’en est pas moins porteuse de dangers pour l’exécutif. Dans la Fin de l’innocence, le documentaire réalisé par un proche, Bertrand Delais, à l’occasion du premier anniversaire de l’élection du chef de l’État, et diffusé sur France 3 ce soir, Macron confie son dédain pour « les gens qui pensent que la France est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus, une République dont on ne connaît plus l’odeur ». La marche forcée des réformes ouvrira-t-elle un an II des difficultés ?

 

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 05:42

Le Parti communiste organise ce week-end ses premières assises de l’écologie, avec la volonté affichée de passer à l’action. Entretien avec Hervé Bramy, responsable du dossier.

 

Le Parti communiste tient demain, à Paris, ses premières assises de l’écologie. De quoi sont-elles le signe ?

Hervé Bramy Elles s’inscrivent en préparation de notre congrès extraordinaire (en novembre prochain – NDLR), lequel a pris le parti de se pencher sur les attentes exprimées par les adhérents et les sympathisants lors de deux consultations organisées l’an passé. Or, l’une et l’autre ont hissé les questions environnementales en deuxième ou troisième priorité. Cela nous pousse à appréhender plus nettement les défis environnementaux et à nous placer sur le terrain de l’action.

 

Le lien entre lutte écologique et lutte des classes est-il devenu évident ?

Hervé Bramy Ces assises vont nous permettre de l’affirmer fortement : la question de la lutte des classes frappe à la porte de l’écologie et nous avons la responsabilité d’en comprendre l’étendue. Car, dans cette histoire comme dans d’autres, nous ne sommes pas tous égaux. Entre les 1 % qui monopolisent les richesses, et ont les moyens de se protéger, et les 99 % autres qui subissent les conséquences du système capitaliste mondialisé, l’écart est grand. Nous avons besoin de mener des batailles de sens. Il y a longtemps que la question écologique est présente dans l’histoire du Parti communiste – on la retrouve singulièrement dans les textes d’orientation. Aujourd’hui, nous voulons résolument l’intégrer à nos projets politiques du XXIe siècle.

 

Est-ce cela l’« écommunisme », une contribution singulière apportée à l’écologie politique ?

Hervé Bramy Depuis les années 1970, l’écologie politique a apporté beaucoup à l’environnement. Longtemps, nous sommes restés à l’écart de ce mouvement, parce que nous considérions que cela pouvait être vécu comme une opposition à la question sociale. Cette opposition est dépassée. Aujourd’hui, le fait de se considérer écologiste et communiste est de bon sens. Avec ces assises, nous souhaitons aller au bout du processus, débattre de nos partis pris écologistes, définir un ensemble de pensées cohérent. Ce sera cela, l’« écommunisme ». Beaucoup de communistes s’engagent déjà sur ce terrain, mais ils le font à l’initiative d’autres. Nous devons être capables d’impulser nos propres actions, sur la base de ce que nous sommes, et sortir d’une hésitation à le faire, qui nous vaut de ne pas être identifiés comme des acteurs de l’écologie.

 

Les zones de conflit entre le social et l’environnemental ont-elles toutes disparu ?

Hervé Bramy Je ne crois pas qu’elles soient encore le cœur du débat, même s’il perdure une confusion entre productivisme et production. Nous avons bien avancé sur la définition de nos besoins et des réponses à y apporter. Encore une fois, ce qui nous manque, ce n’est pas tant la réflexion que le passage à l’acte. Nos débats de ce week-end vont devoir se conclure sur des actions concrètes. À l’image, par exemple, de l’initiative que nous avons enclenchée le 8 avril au Sautet, contre la privatisation des barrages hydroélectriques (lire l’Humanité du 9 avril). Nous avons réussi à rassembler largement autour du refus de la privatisation des ressources et de la préservation de l’eau. Nous devons réussir à faire de même sur la question des transports en zone urbaine.

 

La question du nucléaire continue de diviser à gauche. Se pose-t-elle aujourd’hui au Parti communiste ?

Hervé Bramy Bien sûr. Certains camarades défendent clairement une sortie du nucléaire. Je pense d’ailleurs que le Parti communiste n’est pas fondamentalement pro-nucléaire. Ce que nous disons, c’est que nous ne savons pas faire autrement que de l’utiliser pour résoudre l’équation qui, d’une part, nous oblige à sortir des énergies fossiles, et, d’autre part, nous commande de répondre aux besoins énergétiques pour l’ensemble de la population. Le jour où nous résoudrons cette équation, nous devrons nous passer de nucléaire. Pour l’heure, je n’ai rien lu qui me laisse penser qu’il sera possible de le faire à l’horizon 2050.

Hervé Bramy

Responsable de la commission écologie du Parti communiste

 

Les 4 et 5 mai : l’écologie en débat

Les assises de l’écologie du Parti communiste se tiendront en son siège, place du Colonel-Fabien, à Paris. Elles s’ouvriront vendredi par un débat autour de l’écommunisme et des enjeux de classe (18 heures-21 heures). Des ateliers se tiendront samedi matin sur l’alimentation, l’énergie, les inégalités, l’urgence climatique, l’Europe environnementale, les politiques d’aménagement et les nouveaux modes de production (à partir de 9 heures), dont les synthèses seront rendues l’après-midi (jusqu’à 18 heures). à 12 h 30, un happening : « Pollution, climat : on étouffe ! ».

 

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