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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 06:26

CE QUE LES MOTS VEULENT DIRE !

invité sur les antennes de France Inter ( un de plus ) , le porte parole du gouvernement a cru bon de défendre le décret gouvernemental aggravant le contrôle des chômeurs .
Et d'expliquer qu'il s'agissait tout simplement de " LES INCITER A UNE VÉRITABLE RECHERCHE D'EMPLOI " .
Il aurait pu dire les " aider " à trouver un emploi puisqu'il paraît qu'il suffit de traverser la rue pour cela .
Mais non ! Il faut les INCITER en maniant le bâton s'il le faut car il est bien entendu que les chômeurs ne sont pas des " demandeurs d'emploi " vu qu'ils ne font aucun effort pour en trouver un .
Bien sûr aucune référence à la courbe du chômage désespérément plate depuis des années.
Aucun mot non plus pour la situation qu'elles et ils vivent au quotidien avec leur famille .
On voit bien là la morgue de ces gens et le mépris implicite que contient cette formulation. A noter ( mais y-a-t-il lieu de s'en étonner ? ) que les médias reproduisent sans état d'âme les mêmes mots .

OU IRAIT-ON SI , EN PLUS DE CIRER LES POMPES DU GOUVERNEMENT, IL FALLAIT SE PRÉOCCUPER DE LA DIGNITÉ DES PAUVRES.

Alain David 

7 janvier 2019

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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 06:23
Soudan. Omar El Béchir, des armes et la charia
Mardi, 8 Janvier, 2019

Trente ans après sa prise de pouvoir, le président soudanais fait face à la colère du peuple. Le bilan est terrible : guerres civiles à répétition et pauvreté endémique.

Omar El Béchir… S’il fallait aujourd’hui donner un nom, un seul, à la crise que traverse le Soudan depuis le 19 décembre, celui du dictateur tiendrait probablement la corde. Trois semaines après le début des manifestations contre la hausse du prix du pain – Amnesty International parle de 37 morts lors de répressions –, le maréchal-président semble attirer sur lui tous les griefs d’un peuple exsangue, dont la colère se dirige désormais vers sa seule personne. Devant les appels répétés à la démission, les défenseurs du régime ne s’y trompent d’ailleurs pas, appelant dès demain à une contre-manifestation à Khartoum pour soutenir le « raïs soudanais », symbole vivant d’un système inepte et criminel né d’un putsch mené voici trente ans.

Ce jour-là, le 30 juin 1989, le palais présidentiel de Khartoum est pris d’assaut par une partie de l’armée. Sadiq Al Mahdi, le premier ministre élu trois ans plus tôt au sein d’une coalition gouvernementale fragile, est déposé sans coup férir. Le nom du chef des putschistes est alors incertain. Bientôt, les agences de presse évoquent un obscur colonel, un certain Omar El Béchir. Les faits d’armes de cet ancien parachutiste sont peu connus. On dit de ce fils de paysans modestes né en 1944 qu’il aurait combattu en 1973 dans les rangs de l’armée égyptienne contre Israël lors de la guerre du Kippour. Un prêté pour un rendu pour le futur maître du pays qui, à la fin des années 1960, avait fait ses classes à l’académie militaire du Caire.

La junte militaire dissous tous les partis politiques

L’arrivée au pouvoir de ce soldat sans grande envergure n’est cependant pas le fruit du hasard. Une autre figure de la dictature militaro-islamiste naissante émerge à la même époque. Hassan Al Tourabi, chef des Frères musulmans soudanais, est à la manœuvre. Profitant de sa position au sein du gouvernement de Sadiq Al Mahdi – il y fut tout à la fois ministre de la Justice et des Affaires étrangères –, le patron du Front islamique national pénètre aussi l’armée pour y trouver l’homme-lige lui permettant un jour d’accomplir son destin. Omar El Béchir doit être cet homme-là. Mais c’est sans compter le goût du pouvoir du petit colonel qui, en 1999, écarte le roué et gênant leader islamiste, qui désormais goûtera régulièrement aux geôles du pays.

Le système Béchir est alors bien huilé. Quelques années plus tôt, la junte militaire avait dissous les partis politiques. Avec une attention toute particulière pour le Parti communiste soudanais (PCS), le plus important d’Afrique. Ses militants ou simples sympathisants sont régulièrement arrêtés, torturés, tandis que les syndicats sont interdits. Le pouvoir impose aussi la charia. Omar El Béchir s’autoproclame premier ministre, chef des forces armées et ministre de la Défense, avant de devenir officiellement président de la toute nouvelle République islamique du Soudan le 16 octobre 1993. Connu pour avoir hébergé Oussama Ben Laden, le nouveau leader – de ce qui est encore le pays plus grand d’Afrique – est très vite considéré comme un parrain du terrorisme international. Les États-Unis inscrivent alors le Soudan sur une liste noire et, dès 1997, des sanctions économiques et commerciales touchent le pays.

Depuis lors, le maréchal-président et les différents triumvirats qui se succéderont à ses côtés par le biais du parti du Congrès national, sa propre formation politique, va s’accrocher au pouvoir par une stratégie des plus simples : diviser pour mieux régner. Omar El Béchir ne fera rien pour apaiser les dissensions entre le Nord musulman et le Sud animiste et des chrétiens. Quelques années plus tôt, en 1983, ces derniers se sont constitués en rébellion par le truchement du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM/A), mouvement d’obédience marxiste dirigé par John Garang.

La guerre civile permet au dictateur de justifier sa présence à la tête d’un pays en état d’urgence permanente. Mais, à l’aube des années 2000, le coût exorbitant de ce conflit fratricide le contraint à amorcer des négociations avec le SPLM. En 2005, un accord de paix (CPA) est signé avec les rebelles sudistes. Ce texte devait permettre de rebattre les cartes politiques du pays et aboutir à des élections générales, dont John Garang est favori. La mort de ce dernier quelques mois plus tard dans un accident d’hélicoptère change la donne. La feuille de route du CPA se transforme en un long et pénible compte à rebours : à la fin des années 2000, Béchir est réélu président lors d’un scrutin sans opposition, en contrepartie, deux ans plus tard, de la tenue d’un référendum d’autodétermination qui aboutira le 11 juillet 2011 à l’indépendance du Sud.

Un chef d’État sous mandat d’arrêt international

La perte est immense pour le régime. Plus de 70 % des revenus d’exportation du pays venaient en partie du pétrole pompé dans le Sud, mais dont aucune des régions périphériques ne voyait la couleur. Dans les années 2000, au Darfour et dans les régions du Kordofan et du Nil bleu, de nouvelles rébellions naissent, elles aussi réprimées dans le sang. El Béchir devient le premier chef d’État en exercice sous le coup d’un mandat d’arrêt international, émis en 2009 et 2010 par la Cour pénale internationale, pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de génocide commis au Darfour. Un tableau d’honneur auquel s’ajoute désormais, dans le Soudan enclavé d’aujourd’hui, la répression des populations du Nord. En septembre 2013, des émeutes de la faim avaient embrasé tout le pays à la suite de la hausse du prix du pétrole et des denrées de base : plus de 200 morts, un millier de blessés et quelque 3 000 arrestations seront à déplorer. Cinq ans plus tard, la réplique est violente pour un pouvoir dont le règne, quoi qu’il advienne, tire désormais à sa fin.

Stéphane Aubouard
Soudan. Omar El Béchir, des armes et la charia (L'Humanité, 8 janvier 2019)
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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 06:18
Justice. Les prud’hommes entrent en rébellion
Mardi, 8 Janvier, 2019

Dans le sillage de ceux de Troyes, les juges d’Amiens et de Lyon ont rejeté le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif mis en place par les ordonnances Macron.

Le simple revers judiciaire se transforme en série noire pour les ordonnances Macron. Dans la foulée du jugement des prud’hommes de Troyes du 13 décembre, ce sont ceux d’Amiens et de Lyon qui, les 19 et 21 décembre, a-t-on appris dimanche et lundi, ont déclaré, à leur tour, contraire aux textes internationaux ratifiés par la France le plafonnement des indemnités dues à un salarié reconnu victime de licenciement abusif. Trois jugements en moins de dix jours, qui confirment une même lecture du droit. Et un camouflet, au passage, pour les services de Muriel Pénicaud. Au lendemain du verdict de Troyes, une voix au ministère du Travail avait tenté de discréditer les juges du travail (composés de magistrats non professionnels représentant à parité les employeurs et les salariés) en mettant en doute leur « formation juridique ». En rendant ces décisions, « les juges prud’homaux ont fait leur travail de juge, et c’est au contraire la preuve d’une compétence extrême », salue Me Philippe Brun. Pour cet avocat à Reims, ces jugements vont désormais « survenir en cascade, c’est une évidence. Si la France a toujours ratifié les textes internationaux, c’est parce que son droit social était plus avancé. Avec Hollande et Macron, on est passé sous la ligne de flottaison, et les recours vont se multiplier ».

faire « condamner la France pour violation de la charte sociale européenne »

Chaque décision s’appuie en effet sur un même raisonnement juridique. La convention 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT), tout comme la charte sociale européenne de 1996, prévoit que les salariés victimes de licenciement abusif ont droit à une « indemnité adéquate » ou à une « réparation appropriée », qu’il appartient aux juges de déterminer. Or la loi ne peut aller contre une convention ou une charte internationale ratifiée par la France. Par conséquent, fixer un barème d’indemnités avec un plafond maximal de vingt mois de salaire, comme l’ont fait les ordonnances Macron, est contraire aux engagements de la France, et les prud’hommes doivent donc s’en affranchir. C’est ainsi que les salariés plaignants à Troyes, Amiens et Lyon se sont vu accorder respectivement 37 143 euros (contre environ 16 500 euros si le plafond avait été appliqué), 2 000 euros (contre moins de 750 euros) et 5 793 euros de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Si, dans l’Aube, les juges se sont appuyés sur la convention de l’OIT et la charte sociale européenne, ceux de la Somme ont motivé leur décision sur le seul premier texte, quand leurs confrères du Rhône ont opté pour le second.

Quelle que soit la référence choisie, « les termes “indemnité adéquate” et “réparation appropriée” », présents dans chacun des textes, « renvoient implicitement à l’appréciation de chaque juridiction nationale ou locale, en fonction du préjudice estimé au cas par cas », explique Bernard Thibault, administrateur du Bureau international du travail (BIT). « Apprécier chaque situation dans le contexte qui la caractérise est aussi un principe du droit français, relève encore l’ancien secrétaire général de la CGT. En ce sens, le barème est contraire même à la lettre de notre droit national. »

« Il faut transcender ces décisions de justice », plaide désormais Me Brun. L’avocat s’apprête, avec les syndicats CGT, CFDT et CFE-CGC de l’entreprise Yto France (ex-McCormick) à Saint-Dizier (Haute-Marne), confrontés à un plan de 80 licenciements qu’ils estiment injustifié, à faire « condamner la France pour violation de la charte sociale européenne » par le Comité européen des droits sociaux (l’équivalent, au plan social, de la Cour européenne des droits de l’homme) pour non-respect du « droit à la protection en cas de licenciement », selon le projet de réclamation que l’Humanité a pu consulter. Dans le viseur du juriste et des syndicats, le plafonnement des indemnités prud’homales, mais aussi l’absence de « droit à réintégration en cas de licenciement abusif », un défaut pour lequel la Finlande a déjà été condamnée. Pour Philippe Brun, « le président de la République s’honorerait à respecter les engagements de la France et l’article 55 de la Constitution », qui dispose que les accords et traités internationaux ont « une autorité supérieure à celle des lois ». Ce cas de figure « n’est pas une première », souligne de son côté Bernard Thibault, en évoquant le précédent du contrat nouvelles embauches (CNE) de Dominique de Villepin, abrogé en 2008 « pour sortir de l’imbroglio », après plusieurs condamnations d’employeurs aux prud’hommes pour, là aussi, non-respect du droit du licenciement défini par l’OIT.

Sébastien Crépel
Justice. Les prud'hommes entrent en rébellion (L'Humanité, Sébastien Crépel - 8 janvier 2019)
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8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 06:11
Point de vue. Germaine Tillion pendant la guerre d'Algérie (Augustin Barbara - Ouest-France, 7 janvier 2019)
Point de vue. Germaine Tillion pendant la guerre d'Algérie (Augustin Barbara - Ouest-France, 7 janvier 2019)

https://www.ouest-france.fr/reflexion/point-de-vue/point-de-vue-germaine-tillion-pendant-la-guerre-d-algerie-6161066

Augustin Barbara, Sociologue, Ouest-France

Voilà un demi-siècle que la Guerre d'Algérie est terminée. Elle reste présente dans l'actualité. Le 17 octobre nous a rappelé la dure répression envers des Algériens dans la Seine. Récemment, le Président Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de la France dans la disparition, sous la torture, de Maurice Audin.

 

Nous ferions un oubli si nous ne rappelions pas les réactions qui ont existé sur place, contre la torture et contre certains faits de l'Armée française. Des positions courageuses prises par des Français d'Algérie de toutes origines, par des chrétiens aussi : le père Scotto, curé de Bab-el-Oued ; des prêtres de la Mission de France de Souk-Ahras, dont le finistérien Jobic Kerlan ; ceux d'Hussein-Dey, dont le père Pierre Moreau, originaire de Nantes... Le Cardinal Duval a lui aussi condamné la torture dès le début de cette guerre.

Quant au général Jacques de Bollardière, qui a refusé ostensiblement de torturer, il a été mis aux arrêts.

Germaine Tillion, elle aussi, était contre la torture. Résistante, elle a, depuis toujours, pris des positions contre toute barbarie : le nazisme, la collaboration, la torture, la peine de mort, les attentats du FLN à l'encontre des civils. Elle obtient leur cessation. Et cela lui vaut des insultes.

Dire la vérité

La torture, elle ne cesse de la combattre. Elle écrit tout de suite une lettre au Général Massu : « Aujourd'hui, on ne vous insulte plus en disant que vous avez ordonné et couvert la torture, puisque vous vous en vantez désormais par écrit » (Combats de guerre et de paix, Seuil, 2007, page 265).

Elle ne reste pas inactive : reçue par Paul Teitgen, secrétaire général de la préfecture d'Alger, elle écrit dans ce même livre : « Le 8juillet 1958, Teitgen me dira que c'est ce jour-là que Audin a été étranglé sur la table de torture par Charbonnier. »

Germaine Tillion arrive en Algérie avec la ferme intention de dire la vérité. Sur place, elle mène des enquêtes avec David Rousset, avec la délégation du CICRC (Comité International contre les régimes concentrationnaires) dans des prisons, camps de transit et « centres d'hébergement ». Elle pense qu'on sacrifie des appelés dans une « sale guerre », elle est effrayée par les embuscades qui les tuent, par les crimes de l'OAS.

Dès le 1er novembre 1954, elle se positionne contre ce conflit qui débute dans les Aurès, qu'elle a connus de 1934 à 1940 alors qu'elle faisait des recherches chez les Berbères. Elle écrit Algérie 1957 (éditions de Minuit) pour dénoncer la guerre. Elle affirme les liens étroits historiques entre la France et l'Algérie, connaît la présence des Algériens en France et celle des Français en Algérie.

Ceux que l'on appelle Pieds-Noirs, qui ne connaissent que cette terre, l'Algérie, pour la grande majorité leur terre de naissance. Ils vivent une situation historique, avec des Algériens dans des quartiers populaires, comme actuellement dans les banlieues avec des populations immigrées. Rien à voir avec le simplisme qui les caricature comme des oppresseurs.

Germaine Tillion, avec son objectivité d'ethnologue remarque qu'au même moment, des Algériens sont exploités aussi en France même, avec des salaires sous-évalués. Cette exploitation sévit des deux côtés de la Méditerranée.

 

Contre cette violence, elle crée les « Centres sociaux », une structure d'éducation et d'insertion des populations pauvres avec ensemble, des éducateurs algériens et français. Ceux qu'elle nomme « les ennemis complémentaires », six responsables assassinés par l'OAS, dont l'écrivain Moulud Feraoun. « Trois Algériens qui aimaient la France et trois Français qui aimaient l'Algérie »,écrit-elle dans le Monde. Elle conjugue son éthique de conviction et son éthique de responsabilité. Cette résistante construit en pleine guerre. »

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 16:14
Carte Cause Commune, revue du PCF - juin 2018

Carte Cause Commune, revue du PCF - juin 2018

Par

La France compte de nombreux déserts médicaux (8 % de la population y serait confrontée), c’est-à-dire des territoires où l’offre médicale est insuffisante pour répondre aux besoins. Vieillissement de la population et chronicisation des pathologies se cumulent avec des offres de soins lacunaires, inégalement répartis.

En zone rurale, plus d’un habitant sur deux (56 %) est exclu des soins de santé essentiels selon l’Organisation internationale du travail (OIT) contre 22 % en région urbaine (pour rappel, 38 % de la population mondiale n’est pas protégée par un système d’assurance sociale). L’accès au soin est d’autant plus difficile dans les départements ruraux qui voient leur population décliner de décennie en décennie (Indre, Creuse, Cher, Cantal, etc.). Prendre un rendez-vous médical se fait alors soit dans le cas d’une visite de contrôle, soit pour un examen par un spécialiste. Dans ce dernier cas, le délai est souvent très long (jusqu’à un an pour un ophtalmologiste, dermatologue, gynécologue, etc.) ou nécessite de parcourir une cinquantaine de kilomètres vers le département voisin. Si on prend l’exemple de l’Aude, recourir à un cardiologue ou à un chirurgien nécessite d’aller à Perpignan, Montpellier ou Toulouse.

Une répartition inégale des spécialistes et généralistes, y compris intrarégionale
La moyenne nationale des médecins cache ainsi une répartition inégale des spécialistes et généralistes, y compris intrarégionale. Selon le conseil national de l’Ordre des médecins, en 2016 le Languedoc-Roussillon comptait par exemple 314 médecins pour 100 000 habitants (+ 2 % en neuf ans), alors que l’Aude en comptait 248 – 6 %. Par ailleurs, les médecins généralistes sont plus présents dans des zones à densité moyenne (le littoral, une partie du Minervois et des Corbières) que dans des zones à densité faible (à savoir tout le reste du département de l’Aude). Ce déséquilibre touche aussi des petites villes comme Narbonne où sur 40 généralistes, aucun n’exerce dans le quartier ouest qui compte pourtant 7 000 habitants.

« Si le nombre total de médecins n’a jamais été aussi important, le nombre de médecins généralistes continue de diminuer et leur répartition sur le territoire est de plus en plus inégale. »

Le phénomène s’explique par trois séries de raisons. Tout d’abord, les médecins prenant leur retraite éprouvent les plus grandes difficultés à trouver un successeur (d’autant plus avec le nombre toujours insuffisant d’étudiants du fait du numerus clausus). Les jeunes médecins tendent à privilégier des régions dynamiques, à l’instar de l’Île-de-France, Rhône-Alpes (plus que sa moitié auvergnate) ou encore la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ensuite, la déconcentration de la politique de santé au niveau des agences régionales de santé et l’application de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) se traduisent mécaniquement par des fermetures d’hôpitaux réputés coûteux ou peu performants au profit de grands établissements de santé en milieu urbain. Jusqu’aux premières lois de décentralisation en 1986, la médecine relevait conjointement des politiques de santé et d’aménagement du territoire. Aujourd’hui, avec une tendance du politique et de l’administratif à se spécialiser et à segmenter les grands dossiers de l’action publique, la médecine est passée tout naturellement sous le giron des seules politiques de santé, avec l’impératif de devenir rentable.

« Une juste répartition des ressources humaines sur le territoire suppose de prendre en considération les caractéristiques propres aux populations rurales, notamment du fort taux de pauvreté et du caractère informel du travail. »

Si le nombre total de médecins n’a jamais été aussi important, le nombre de médecins généralistes continue de diminuer et leur répartition sur le territoire est de plus en plus inégale. À cela s’ajoute la fermeture des hôpitaux de proximité qui aggrave la situation. De plus, le système de la médecine libérale, avec la liberté d’installation et la rémunération à l’acte, est arrivé en bout de course et ne permet pas de répondre aux besoins de la population et aux aspirations des jeunes médecins qui privilégient de plus en plus le salariat et les activités mixtes.

Nécessité d’un réseau de centres de santé rattachés aux hôpitaux de proximité
La CGT propose de développer un réseau de centres de santé rattachés aux hôpitaux de proximité (avec notamment la médicalisation des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes [EHPAD]) avec des médecins et personnels salariés. Ces structures auraient la mission d’assurer la permanence des soins, ce qui éviterait un recours par défaut aux urgences par les patients qui ne trouvent pas d’autre solution. Une juste répartition des ressources humaines sur le territoire suppose de prendre en considération les caractéristiques propres aux populations rurales, notamment du fort taux de pauvreté et du caractère informel du travail. Ceci signifie passer de la charité aux droits, offrir aux personnels de santé des conditions de travail décentes qui améliorent leur productivité, et réduire les paiements directs des patients, via la fin des dépassements d’honoraires et la généralisation du tiers payant. Le développement des systèmes de santé et de protection sociale en est aussi une condition préalable. C’est une autre vision de la société où l’éducation et la création d’emplois décents font également partie des solutions pour réduire les inégalités d’accès à la santé. n

Barbara Filhol est secrétaire générale des EHPAD publics du Val-de-Marne. Elle est membre de la direction fédérale CGT Santé action sociale.

Cause commune n° 5 - mai/juin 2018

 

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 13:15
Plus des deux-tiers des Français favorables au retour de l'ISF

Selon un sondage Ifop, 77 % des Français sont favorables au rétablissement de l'impôt de la Solidarité sur la fortune.

Plus des deux tiers (77%) des Français sont favorables au rétablissement de l'impôt de la Solidarité sur la fortune (ISF) à l'issue du « grand débat national » voulu par Emmanuel Macron, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche. Dans cette étude, les sondés étaient invités à donner leur avis sur cinq mesures qu'ils souhaiteraient voir adoptées ou non à l'issue de cette grande concertation censée répondre à la crise des « gilets jaunes ».

 

Ils sont 82% à se dire favorables à la réduction d'un tiers du nombre de parlementaires, 80% à vouloir la prise en compte du vote blanc dans les résultats des élections et 80% pour l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC), l'une des principales revendications des « gilets jaunes ».

Concernant le rétablissement de l'ISF, également réclamé dans toutes les manifestations, 77% des sondés disent y être favorables. Ce souhait est partagé même par les partisans de La République en marche puisque 61% de ceux qui se disent proches du parti présidentiel sont en faveur d'un retour de l'ISF.

Evaluer les effets de la réforme

Depuis janvier 2018, l'ISF a été supprimé et remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière, qui frappe les particuliers ayant des biens et droits immobiliers dépassant 1,3 million d'euros après abattement. 

L'opposition de gauche réclame son rétablissement pour financer des mesures sociales. Des membres de la majorité, dont le député Bruno Bonnell ou la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, s'y sont également dit favorables.

Si le président Emmanuel Macron a fermé la porte début décembre à un rétablissement de l'ISF, l'exécutif a maintenu sa promesse d'évaluer les effets de cette réforme, en disant ne pas « craindre le débat » sur ce sujet.

À partir de la mi-janvier et jusqu'en mars, quatre thèmes seront au cœur du « grand débat national » auquel les citoyens sont invités à participer: la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté (dont l'immigration), l'organisation de l'État et des services publics.

 

Enquête réalisée en ligne par téléphone les 4 et 5 janvier auprès de 1 003 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 08:04
Une année de résistance!  Voeux de la fédération PCF du Finistère - Invitation aux voeux du PCF, le 19 janvier, au Relecq-Kerhuon, avec la pièce de théâtre Bonsoir m'amour
Une année de résistance!  Voeux de la fédération PCF du Finistère - Invitation aux voeux du PCF, le 19 janvier, au Relecq-Kerhuon, avec la pièce de théâtre Bonsoir m'amour

Du théâtre et une pièce pacifiste sur la Grande Guerre

pour les

Voeux de la fédération PCF du Finistère le 19 janvier 2019

à l'Auditorium du Relecq-Kerhuon, 16h30-19h

Accueil à partir et discours des vœux à partir de 16h30

Puis à 17h représentation de "Bonsoir m'amour", la pièce musicale et chantée du Théâtre de la Corniche (Antoine Asnar, Jerôme André, Claude Bonnard) sur la Grande Guerre, déjà programmée le 11 novembre 2018 par le PCF à St Martin des Champs pour le centenaire de l'armistice

Apéritif convivial à 18h30 après le spectacle.

Après-midi ouverte aux adhérents, sympathisants du PCF comme à toute personne qui souhaiterait voir le spectacle "Bonsoir m'amour".

Résumé de Bonsoir m'amour – du Théâtre de la Corniche (Morlaix, avec pour comédiens Claude Bonnard, Jerôme André, Antoine Asnar)

« 1925, le 11 novembre, dans un bar à Morlaix. A la fin de la commémoration de l'armistice, le bar a programmé une évocation de la grande guerre en chansons. Pour animer la soirée on retrouvera un musicien ambulant et le petit fils du cabaretier. Le premier a été sur le front et a surmonté les horreurs de la guerre grâce à la musique, le jeune, lui, aurait aimé avoir l'âge de combattre surtout depuis la mort de son père en 1917. Ça discute, ça s'apostrophe, ça évoque la mémoire des amis disparus, les faits d'armes du maréchal Foch, le voisin de Ploujean, ou des planqués de l'arrière, plus occupés à faire des affaires qu'à remonter le moral des troupes. Ça chante les refrains de l'époque qui traduisent bien l'évolution des états d'esprits, de la fleur au fusil des premières semaines au découragement ressenti devant l'interminable mitraille. Le tout devant la philosophie du patron qui, lui, a connu celle de 70 et le siège de Paris par les Prussiens, et qui a donné à son bistrot le nom d'une chanson à succès du début du siècle « Bonsoir m'amour » dont l'air avait été utilisé par les auteurs anonymes de la chanson de Craonne alors encore interdite! »

Une année de résistance!  Voeux de la fédération PCF du Finistère - Invitation aux voeux du PCF, le 19 janvier, au Relecq-Kerhuon, avec la pièce de théâtre Bonsoir m'amour

BONNE ANNÉE 2019 ! Une année de résistance!

Je vous souhaite au nom de la fédération du PCF du Finistère une heureuse année, nourrie de passions, de rencontres et de bonheurs à vivre et partager. Je te souhaite aussi à toi et à tes proches une bonne santé, car c'est l'essentiel !
Tous ensemble, il nous faudra trouver de l'inventivité, de l'audace et de la force pour ne pas se décourager face au rouleau compresseur des forces de l'argent qui diffusent l'égoïsme, la ringardisation des valeurs de solidarité, de partage, de progrès et de construction collective, et la haine de l'autre.
Les temps que nous vivons, même s'il y a aussi des nouvelles utopies, des luttes et des espoirs qui prennent corps, sont extrêmement brutaux et dangereux avec la crise écologique et le dérèglement climatique, la montée des inégalités et de la pauvreté liées à la rapacité du capitalisme financier, la montée de l'autoritarisme néo-libéral qui méprise les besoins des peuples comme du racisme et du néo-fascisme.
Ce qui s'est passé dernièrement au Brésil, aux États-Unis ou en Italie, après l'Autriche, la Pologne, la Hongrie, l'Allemagne … et la France, où le l'extrême-droite se maintient à un très haut niveau, doit nous mettre en garde et nous impose des responsabilités.
Notamment celle d'ouvrir un chemin de rassemblement, d'espoir et de reconquête d'un chemin de progrès pour notre peuple.
Cela n'a rien d'évident mais nous y sommes contraints si nous ne voulons pas (re) plonger nous-mêmes dans des aventures historiques calamiteuses.
De notre effort à toutes et tous peut naître un nouveau monde de la solidarité collective, de développement humain dans le respect de notre planète, et de démocratie réel, les grands absents du discours et des pratiques d'Emmanuel Macron.
Ils ont l'argent, nous avons le nombre.
Mais le nombre ne peut pas compter s'il n'est pas animé d'une valeur commune. C'est parce qu'elle germe dans la révolte qu'ils ont peur.
Le mouvement des Gilets Jaunes, contradictoire, avec des dimensions qui peuvent paraître inquiétantes ou insuffisantes mais qui traduisent aussi une crise sociale et politique profonde, a eu le mérite d'exister, de fragiliser le pouvoir réactionnaire de Macron et sa politique au service des puissances d'argent, et d'ouvrir un espace d'expression publique pour des tas de gens qui n'avaient pas la parole, et pour les revendications sociales et démocratiques des classes populaires.
Ses développements futurs ne sont pas écrits d'avance, ni forcément univoques, et il nous faudra peser, comme le font nos parlementaires et élus avec nos propositions fortes, pour que les revendications populaires en termes de justice fiscale, de pouvoir d'achat, de rénovation de notre démocratie, puissent trouver des débouchés en tordant le bras du méprisant de la République, Emmanuel Macron, mais aussi pour empêcher des sensibilités réactionnaires, démagogiques ou pire, de tirer le meilleur parti de ce mouvement populaire.

Il nous faudra mettre les bouchées double pour empêcher Macron et son gouvernement au service du capital de détruire la Sécurité Sociale, le système de retraite par répartition, le statut des fonctionnaires, car ce homme lige du MEDEF est prêt à tout pour passer en force!

La situation de notre société et du monde impose de renforcer l'audience du Parti communiste, qui dans sa longue histoire a souvent su tenir les deux bouts d'une critique marxiste radicale du capitalisme avec l'ambition et le projet de le combattre et de le dépasser, et d'une volonté d'obtenir des conquêtes immédiates, ou de résister avec d'autres, dans l'intérêt de la population, pour construire et conserver notre République sociale et des institutions d'égalité, de solidarité, que nous avons nous-mêmes contribué à construire.

Le parti communiste sort d'une longue phase de Congrès rassemblé et prêt à travailler avec notre nouveau secrétaire national Fabien Roussel pour retrouver plus d'influence. Son utilité au service des luttes, des travailleurs, de la défense des services publics et des solidarités n'est plus à prouver. Il apporte aussi sa pierre pour les combats en faveur de la justice sociale, de la paix, de la démocratie, du féminisme, du combat anti-raciste et de l'écologie.

Chaque adhérent peut y apporter sa part, notamment dans le travail d'écoute et de discussion, et d'argumentation pour faire voter en faveur de notre liste présentée aux Européennes du 26 mai prochain, conduite par Ian Brossat.

Nous t'encourageons d'ores et déjà à noter la date du vendredi 1er février dans ton agenda car Ian Brossat fera une réunion publique à la Maison des Syndicats à Brest à 20h où il nous faudra réunir un grand nombre de militants et de sympathisants.

Toutes celles et tous ceux qui veulent lutter et militer avec nous, et renforcer les idées communistes et d'émancipation sont les bienvenus à nos côtés.

Face à ce monde qui dévie et cette montée des injustices les plus scandaleuses, prenez parti!

Fraternellement,

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère

Une année de résistance!  Voeux de la fédération PCF du Finistère - Invitation aux voeux du PCF, le 19 janvier, au Relecq-Kerhuon, avec la pièce de théâtre Bonsoir m'amour
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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 06:19
Fabien Roussel au 38e congrès du PCF à Ivry sur Seine est devenu secrétaire national du PCF

Fabien Roussel au 38e congrès du PCF à Ivry sur Seine est devenu secrétaire national du PCF

Journal du Dimanche, 5 janvier 2019

Dans le JDD, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, annonce qu'il va proposer d'imposer les bénéfices des multinationales avant qu'ils ne sortent du pays. Il veut "mettre au pas les Nike, McDo, Starbucks ou Ikea".

Fabien Roussel s'apprête à déposer une proposition de loi en ce sens. "Elle s'articule autour d'un principe simple et compréhensible de tous : les multinationales doivent payer leurs impôts là où elles réalisent leur activité, et non dans les paradis fiscaux comme c'est le cas actuellement, indique le secrétaire national du Parti communiste français. C’est pourquoi nous proposons d’imposer ces bénéfices avant qu’ils ne sortent du pays. Si le 'terrain de jeu' de ces multinationales est mondial, alors adaptons notre fiscalité!"

Comment compte-t-il s'y prendre? Il explique : "Nous pouvons prendre appui sur les données mondiales de ces entreprises pour déterminer les bénéfices qui doivent être imposables dans notre pays. Prenons l’exemple d’une multinationale active dans la vente en ligne et qui réalise 50 milliards de bénéfices au niveau mondial. La multinationale ne veut pas communiquer le total de ses ventes dans notre pays ni ses bénéfices? Grâce à la TVA, nous pouvons connaître son chiffre d’affaires. Et si 15% de ce dernier se fait en France, alors 15% de ses bénéfices mondiaux seront imposés en France, soit 7,5 milliards d’euros." Le député communiste précise que ce système "existe déjà ailleurs, comme aux Etats-Unis, en Allemagne, au Canada, où un impôt sur les sociétés peut aussi être perçu au niveau local".

Selon Fabien Roussel, qui veut "mettre au pas les Nike, McDo, Starbucks ou Ikea", "40% des profits des multinationales, soit 600 milliards de dollars (527,5 milliards d’euros) échappent à l’impôt grâce au transfert de bénéfices dans des paradis fiscaux via des mécanismes bien connus."

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, va proposer de taxer les multinationales à la source (Journal du Dimanche, 5 janvier 2019)
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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 06:09
Le référendum n’est pas un remède miracle, il faut être très prudent - Cécile Cukierman, porte-parole du PCF (L'Humanité, 3 janvier 2018)
« Le référendum n’est pas un remède miracle, il faut être très prudent »
Jeudi, 3 Janvier, 2019

Par Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire, porte-parole du PCF 

«Le président ne peut pas surfer sur le populisme et dire qu’on a moins besoin d’élus alors que ce que révèle la crise des gilets jaunes, c’est une crise de la politique, de la représentation, mais aussi de la prise en compte populaire dans les choix politiques. Les gens veulent moins d’élus mais veulent des élus plus proches et plus disponibles, une contradiction qui montre que le système ne répond plus aux attentes populaires. Le référendum d’initiative citoyenne n’est pas la seule solution. Un référendum, quel qu’il soit, doit prendre le temps du débat contradictoire, de l’information, pour que chacun puisse se faire sa propre opinion. Ce n’est pas un remède miracle qui exige de répondre du tac au tac ; il faut éduquer, confronter les idées. Les médias sont sous monopole financier, les élus sont soumis à la pression des lobbys, il faut donc être très prudent si on veut que ce soit l’occasion de redonner la parole au peuple. Si c’est pour ne pas respecter le choix des Français comme en 2005, nous irons vers une crise politique bien pire qu’aujourd’hui. Plus qu’un référendum dans une Ve République monarchisée, il faudrait refonder le contrat démocratique. Avec le quinquennat et les législatives qui suivent la présidentielle, nous allons de crise en crise. À chaque mandat, à une période de suivisme, succède une période de grande défiance et de remise en cause permanente. La démocratie doit être un va-et-vient permanent entre le peuple et ses représentants. C’est aujourd’hui de plus d’élus dont nous avons besoin pour prendre en compte la diversité politique et la diversité des territoires. Un grand débat doit s’ouvrir pour redonner la parole au peuple. C’est davantage d’horizontalité et de nouveaux cadres démocratiques que demandent les citoyens. Ça ne se réglera pas dans un débat parlementaire. Ni en deux mois ! »

Par Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire, porte-parole du PCF 
Le référendum n’est pas un remède miracle, il faut être très prudent - Cécile Cukierman, porte-parole du PCF (L'Humanité, 3 janvier 2018)
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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 06:01
Désormais, le Brésil est sous leur coupe
Jeudi, 3 Janvier, 2019

Jair Bolsonaro a pris ses fonctions le 1er janvier, entouré de militaires, de conservateurs et d’ultralibéraux. Parmi eux, quatre figures emblématiques de ce pouvoir d’extrême droite tiennent les manettes. Décryptage de leurs visions politiques (quand ils en ont une), de leurs parcours et de ce qui attend les Brésiliens.

Jair Bolsonaro surfe pour l’instant sur une forte popularité. Quelque 75 % des Brésiliens estiment que les décisions qu’il s’est empressé d’annoncer vont dans la « bonne direction », selon un sondage cité par l’AFP. Il ambitionne de provoquer une rupture avec quinze années de politique de gauche et du centre. En fait, il s’agit surtout de créer et de consolider les conditions d’une orientation économique ultralibérale. Ce sera l’œuvre de Paulo Guedes, ministre de l’Économie (lire ci-contre). Présenté comme un faiseur de miracles, ce dernier a les mains libres, le président avouant « ne rien connaître à l’économie ». Guedes se promet de stopper la récession qui paralyse le pays. Son programme se résume en une série de privatisations, accompagnées d’une réforme fiscale et d’une large ouverture à l’investissement étranger. Il envisage ainsi de vendre près de 150 entreprises publiques afin d’engranger quelque « 1 000 milliards de reals » et de contribuer à la réduction de la dette (84 % du PIB). Mais pas seulement. Il est aussi question d’une réduction drastique des dépenses publiques et du périmètre de l’État, dont une profonde réforme des retraites. « Nos caisses de retraite ressemblent à un avion avec cinq bombes à son bord qui peuvent exploser à n’importe quel moment. Nous sommes déjà en retard sur la réforme des retraites, alors le plus tôt sera le mieux », juge Paulo Guedes, cité par l’agence Reuters.

la pire des régressions sociales

Cette première cible du démantèlement social nécessitera toutefois une révision constitutionnelle. Le Parti social-libéral (PSL) de Jair Bolsonaro, n’ayant pas de majorité au Congrès, devra solliciter le soutien de différents groupes conservateurs. Toujours sur le plan social, et s’agissant de la législation du travail, les Brésiliens pourraient être confrontés à la pire des régressions. « Ce que me disent les entrepreneurs, et je suis d’accord avec eux, c’est que le travailleur va devoir choisir : moins de droits et plus d’emplois ou plus de droits et du chômage », déclarait le candidat Jair Bolsonaro en campagne. « Porte de gauche : syndicats, législation du travail qui protège et charges ; porte de droite : comptes individuels qui ne mélangent pas assistance avec sécurité sociale », renchérissait son futur ministre de l’Économie.

Cela étant, le dispositif de réformes concocté par Paulo Guedes pourrait aussi rencontrer des résistances dans le camp du président. D’aucuns, parmi les membres du Parti social-libéral, recommanderaient de ne pas se « précipiter » sur le terrain des réformes. Présents en force au sein du gouvernement, les militaires seraient également susceptibles d’entraver les privatisations des grandes entreprises publiques au nom du nationalisme.

admirateur de Trump

« Bolsonaro aura du mal à mettre en œuvre son programme fiscal », prévoit par ailleurs Mayra Rodriguez Valladares, consultante américaine et spécialiste de la politique latino-américaine au cabinet MRV Associates, citée par l’AFP. Elle relève notamment que les objectifs à long terme, investissements dans les infra­structures et formation professionnelle, par exemple, sont superbement ignorés. Paulo Guedes se prépare tout compte fait à ouvrir surtout un vaste chantier de démolition du « public ».

La diplomatie est l’autre domaine des ruptures annoncées. Admirateur inconditionnel de Donald Trump, Jair Bolsonaro envisage, tout comme lui, d’en finir avec le multilatéralisme. Il a déjà annoncé le retrait de son pays du pacte mondial pour les migrations et n’hésitera sûrement pas à faire de même avec l’accord de Paris sur le climat. Il devrait aussi décider d’un transfert à Jérusalem de l’ambassade brésilienne en Israël. Prendra-t-il, enfin, le risque de durcir le ton avec le Venezuela ? « Bolsonaro n’a pas d’expérience en politique étrangère et son équipe non plus – si cela devient un incident international, cela pourrait très, très mal finir », prévient Ryan Lloyd, expert américain en relations internationales et chercheur à l’université de Sao Paulo, cité par l’AFP.

Assouplissement de la réglementation sur le port d’armes, plus grande impunité des policiers, jusque-là responsables d’environ 5 000 décès par an, chasse aux corrompus et aux corrupteurs… constituent les autres promesses.

Sur ce dernier chapitre, ironie du sort : l’agence brésilienne chargée de surveiller les transactions financières (le Coaf) relève des mouvements suspects, « transactions atypiques » d’un montant total de 1,2 million de reals (environ 270 000 euros) en 2016 et 2017, sur le compte d’un ex-collaborateur du fils de Jair Bolsonaro. Ce dernier affirme être prêt à « payer en cas d’erreur ». Peut-être que rien n’est définitivement joué au Brésil.

Économie : Paulo Guedes, chicago boy et chouchou des marchés

C’est le faiseur de miracles annoncé. Il est supposé provoquer une relance spectaculaire de l’économie brésilienne sur la voie libérale. Paulo Guedes, 69 ans, est le ministre de l’Économie de Bolsonaro, après avoir été un de ses proches conseillers durant la campagne. La presse ne tarit pas alors d’éloges à son propos. Il s’impose vite comme le premier lieutenant du candidat d’extrême droite. Ses états de service sont déclinés comme autant de preuves d’un savoir-faire exceptionnel. Paulo Guedes est né à Rio de Janeiro. Il a étudié l’économie à l’université fédérale du Minas Gerais (sud-est). Il a fait ses premières armes, souligne-t-on, aux côtés des « Chicago Boys » à l’université de Chicago. Là où, souligne-t-on encore, furent formés ceux qui ont piloté la politique ultralibérale d’Augusto Pinochet pendant la dictature chilienne. Cofondateur d’une banque d’affaires, BTG Pactual, et d’un think tank économique néolibéral, l’Institut Millenium, le ministre aurait constamment hanté les couloirs du pouvoir sans jamais décrocher une haute fonction. Il a rendu Bolsonaro fréquentable aux yeux des milieux d’affaires et de la bourgeoisie. En échange, il est désormais propulsé à la tête d’un superministère de l’Économie. « Le soutien de Paulo Guedes à Bolsonaro est très grave, car il a banalisé la barbarie, la revêtant d’atours civilisés. Sans Guedes, Bolsonaro ne représenterait que ce qu’il est : l’horreur, la haine et la folie à l’état pur. Sans Guedes, Bolsonaro ne serait qu’une vague passagère, comme toutes les vagues de haine », juge le politologue Miguel Lago dans une tribune à « Piaui », publiée le 17 septembre, citée par le journal « le Monde ». Édifiant !

Justice : Sergio Moro, juge acharné et bien recompensé

C’est la plus belle prise de Jair Bolsonaro, qui lui permet de faire d’une pierre deux coups : récompenser le juge fédéral qui s’est acharné sur l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), jusqu’à son emprisonnement en avril dernier, malgré l’absence de véritables preuves. Et placer sa gouvernance sous le signe de la lutte contre la corruption, tant promise aux électeurs. Le désormais célèbre Sergio Moro est nommé à la tête d’un superministère de la Justice, rassemblant également la sécurité publique, la police, le secrétariat de la Transparence et du Contrôle des activités financières. Moro aura été le pilote de la vaste opération anticorruption Lava Jato (2014-2015). Né en 1972, à Maringua, dans le sud du Brésil, il a étudié à Harvard. Les médias ont mis en évidence des zones d’ombre dans la personnalité du jeune juge. Sa crédibilité est déjà largement entamée. Deux années avant sa nomination, il excluait complètement d’entrer en politique. « Jamais. Jamais. Je suis un homme de la justice. Je crois que la politique est une activité importante, je ne veux pas la mettre en question, ceux qui agissent sur ce terrain ont un grand mérite ; mais moi, je suis un juge, je vis dans une autre réalité, je poursuis un autre type de travail, j’ai un autre profil. Dès lors, ce risque (d’entrer en politique) n’existe pas », assurait-il lors d’un entretien accordé au quotidien « O Estado de Sao Paulo ». À l’appel du président élu d’extrême droite, le juge Moro a retourné sa veste de façon spectaculaire. Le meilleur est sans doute à venir.

Affaires étrangères : Ernesto Araujo, diplomate dément et arrogant

Admirateur inconditionnel de Donald Trump et climato­sceptique notoire, le ministre brésilien des Affaires étrangères se distingue déjà par l’extravagance de ses propos, notamment sur son blog Metapoliticabrasil. Ernesto Araujo, 51 ans, est un diplomate de carrière. Il occupa les fonctions de directeur du département des États-Unis, du Canada et des affaires internationales au ministère des Affaires étrangères brésilien. Rageusement anticommuniste, il affiche sa haine à l’égard de Cuba et de la Chine, puis, par extension, il exprime aussi son mépris pour l’Europe. « Le ministre des Affaires étrangères pourrait n’avoir qu’un rôle secondaire », rassure Oliver Stuenkel, professeur de relations internationales à la Fondation Getulio-Vargas, à Sao Paulo, cité par le journal « le Monde ». Et il faut vivement l’espérer, car le ministre est un spécimen d’une incroyable excentricité sur la scène politique. Ses déclarations sont à la fois ridicules et inquiétantes pour la diplomatie brésilienne. Donald Trump est ainsi à ses yeux le « sauveur de l’âme de l’Occident ». Et selon lui, le président américain a bien raison de fustiger la gauche, dont « la tactique consiste pour l’essentiel à séquestrer les causes légitimes et des concepts nobles pour les pervertir afin de servir un projet politique de domination totale », se déchaîne-t-il. Quant au réchauffement climatique, ce n’est rien de plus qu’une « idéologie » qui vise à faire « suffoquer la croissance économique des pays capitalistes démocratiques pour favoriser celle de la Chine ». Les propos d’un « brillant intellectuel » pour le président Jair Bolsonaro… 

Défense : général Fernando Azevedo e Silva, ex-para et vieux copain de promo

 
Bruits de bottes dans les allées du pouvoir brésilien… Sans surprise, le président élu d’extrême droite, nostalgique de la dictature (1964-1985), a nommé des militaires à des portefeuilles clés. Ils sont sept à rejoindre une équipe de conservateurs et de néolibéraux. Parmi eux, le général de réserve Fernando Azevedo e Silva, ancien chef d’état-major, en charge, comme il se doit, du ministère de la Défense. Il succède à un autre général, Joaquim Silva e Luna, premier militaire à exercer cette fonction à la création du ministère de la Défense, en 1999. Auparavant, il y avait des tutelles ministérielles spécifiques à chacune des armes. Fernando Azevedo e Silva est une vieille connaissance du chef de l’État. Tout comme lui, c’est un ancien parachutiste, et ils sont passés à la même période par l’académie militaire des Agulhas Negras (aiguilles noires), dans les années 1970. « C’est un homme d’expérience, qui a joué un rôle clé pour les jeux Olympiques. C’est le meilleur choix possible », s’est réjoui le général Eduardo Villas Boas, commandant en chef de l’armée brésilienne. Le nouveau patron de la Défense avait été en effet nommé à la tête de l’autorité publique olympique par la présidente Dilma Rousseff, en 2013. Plus récemment, après son passage à la réserve en septembre dernier, il avait également occupé le poste de conseiller spécial du président de la Cour suprême… Avec Paulo Guedes, ministre de l’Économie, c’est l’autre couteau suisse de Jair Bolsonaro. 
 
Nadjib Touaibia
Désormais, le Brésil est sous leur coupe (Najib Touaibia, L'Humanité, 3 janvier 2019)
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