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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 07:52
Rien de justifie les propos et comportements antisémites - MRAP, 24 décembre 2018

Rien, rien, rien !

Rien n’a jamais justifié et rien ne justifiera jamais des propos et des comportements antisémites…


Le MRAP condamne avec force ceux qui ont été tenus par des « gilets jaunes », à une vieille dame qui les mettait en garde contre le caractère antisémite que revêt le geste de la « quenelle » ou encore ceux tenus par des « gilets jaunes » qui ont entonné, - à l’instar de l’ « humoriste » antisémite Dieudonné dans ses spectacles -, le nauséeux chant de la « quenelle ».


Le MRAP n’est pas insensible au caractère social et politique des revendications « des gilets jaunes ». Le combat antiraciste est intimement lié aux problématiques économiques et sociales. La montée de la précarité, du chômage, des inégalités, de la pauvreté minent nos sociétés. C'est sur ce terreau que prospèrent les idées, les porteurs idéologiques du racisme et de la xénophobie.

Cependant, aucune cause sociale, économique, politique, aussi pertinente soit elle, ne pourra jamais légitimer des comportements racistes, homophobes, xénophobes, sexistes, etc.


Le MRAP appelle tous ceux qui sont attachés à l’égalité et à la justice sociale, “gilets jaunes” ou non, à isoler les porteurs de haine qui ruinent l’espérance d’une société émancipatrice.

 

Paris le 24 décembre
Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
43 Boulevard Magenta - 75010 Paris
01.53.38.99.82
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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 07:44
Dans le Lot, un ex-chef de gare engagé sur toute la ligne (Libération, Sylvain Mouillard, 25 décembre 2018)

Pour finir l’année, «Libération» a choisi de suivre des personnes engagées dans un combat local, héros du quotidien. Aujourd’hui, Jacques Montal, retraité de la SNCF, qui mène la mobilisation en faveur de la desserte locale et le passage du train de nuit dans son village.

Il est 19 heures, un mercredi de décembre à Assier, patelin de 700 âmes dans le Lot, au milieu des causses verdoyants du Quercy. La pluie qui tombe, l’épicerie qui ferme, les travailleurs qui rentrent à la maison. Et les trois restaurants du village aux portes désespérément closes ce jour-là. On attend le train de nuit pour remonter à Paris, censé se pointer à 0 h 29. Autant dire que la soirée sent le sapin.

On se dirige vers un portail à quelques pas de l’église Saint-Pierre, cinq siècles au compteur. Au fond d’une courette, une lueur d’espoir : le Caf’Causse, café associatif, ouvre ses portes d’octobre à avril. Sauvé ! A l’intérieur, Bruno, Philippe, Karim et les autres sont à l’apéro. On leur explique qu’on est venu à Assier pour rencontrer Jacques Montal, l’ancien chef de gare. Avalanche de louanges : «Un héros» ; «Le padre» ; «Il a pris des risques pour nous tous» ; «L’homme de tous les combats» ; «Un type sur qui tu peux compter : tu l’appelles, il est là dans les cinq minutes.»

Mais qui est donc ce Superman lotois ? L’état-civil répond Jacques Montal, 58 ans, à la retraite depuis septembre. Ce natif de Saint-Céré, à une trentaine de kilomètres, est entré à la SNCF en 1977. Il a alors 17 ans et ne connaîtra pas d’autres entreprises. Quarante et une années de «sacerdoce», dit-il, un terme qui convient bien à son abord réservé et modeste. Au gré de ses premières affectations, l’homme, encarté à la CGT, sillonne l’ancienne région Midi-Pyrénées : «Je déménageais beaucoup, mais ça allait, j’étais tout seul à l’époque.»

En 1998, Jacques Montal pose ses valises à Assier, avant d’en devenir le chef de gare. Mais aussi, et surtout, l’ardent défenseur, par le biais d’une association (1), contre divers projets menaçant son existence. Car, mine de rien, la survie de la gare assiéroise - ouverte en 1862 - est une incongruité dans un contexte plutôt morose pour les structures de ce type. En temps normal, dix-sept trains passent ici tous les jours, en direction de Brive (Corrèze) ou de Rodez (Aveyron). Depuis que la gare voisine de Figeac est partie en fumée, il y a quelques semaines, le rythme s’est restreint à onze passages quotidiens.

Une incongruité

L’autre grand œuvre du village lotois, c’est d’avoir conservé le passage du train de nuit, alias le Ruthénois. Cette liaison Paris-Rodez (avec des variantes vers Latour-de-Carol, dans les Pyrénées-Orientales, et Portbou, en Espagne) est la seule ligne nocturne à avoir survécu en France, avec celle reliant la capitale à Briançon. En septembre, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a même promis le maintien de ces deux axes, annonçant en prime un investissement de 30 millions d’euros pour moderniser les trains à couchettes.

Parmi les arguments souvent avancés, il est question de lutte contre l’enclavement des départements ruraux et d’absence de solutions de substitution. Jacques Montal le sait : «En province, des villages comme le nôtre, il n’y en a pas beaucoup ! Sans la lutte qu’on a menée, la gare ne serait peut-être plus là.» Sur la table de son salon, entre deux exemplaires de l’Humanité, il a déposé des dossiers cartonnés avec l’historique de l’association. Il rembobine. Lancement en 2002, avec, très vite, les premières opérations pour dénoncer la suppression du train de nuit venant de Carmaux. «Les militants attendaient à toutes les gares le long du parcours. A Assier, on était là vers minuit. En deux ou trois minutes, le temps de l’arrêt, on devait coller un maximum d’autocollants et d’affiches A3 sur les wagons.» Il se marre : «A l’arrivée à Paris, le train devait filer au service nettoyage. Ils ont dû y user pas mal de machines…»

En 2003, les habitants d’Assier occupent la gare le temps d’un week-end. La SNCF doit affréter des autocars pour permettre aux voyageurs de terminer leur trajet. En 2007, c’est le président de l’association qui se lance dans une grève de la faim d’une semaine pour la défense du service public. D’après la légende locale, le nom des irréductibles assiérois serait remonté jusqu’aux hautes sphères parisiennes de la SNCF, sur l’air de «Mais qui sont donc ces fous furieux ?»

Plus qu’un axe structurant, la ligne de chemin de fer est le symbole d’un village qui vit intensément. Ici, on compte une école maternelle et primaire, une maison de retraite, un bureau de poste, une pharmacie, une boulangerie, une boucherie… «Il y a dans le village une conscience et un attachement au service public, analyse Jacques Montal. Il y a quelques années, il y a eu le projet d’ouvrir un supermarché à Assier. Un collectif d’habitants s’est formé pour défendre nos commerces de proximité du centre-ville. Le supermarché n’a pas ouvert.»

A voix haute, il se prend à imaginer les «beaux jours» que pourrait connaître la SNCF avec la «transition énergétique». «Si on le voulait vraiment, on pourrait offrir un service intéressant aux usagers. Certains pourraient abandonner la voiture si les horaires étaient adaptés. Prenez le matin : le premier train pour Brive part d’ici à 8 h 50. C’est beaucoup trop tard», peste-t-il.

«Pas loin de réussir»

L’homme a évidemment participé au mouvement social du printemps contre la réforme de la SNCF, qui instaure selon lui une «privatisation rampante» : «On n’était pas loin de réussir, mais il a manqué quelque chose.» Il regarde le mouvement des gilets jaunes avec un mélange de circonspection et de déception. «Depuis le temps qu’on manifeste et qu’on porte les mêmes revendications pour les services publics, contre la fracture territoriale, soupire-t-il. On aurait pu converger… Peut-être que syndicalement, on a loupé le coche.»

Minuit approche. L’ancien cheminot nous dépose à la gare. Le coup d’œil est encore là. Il repère deux ampoules cassées le long du quai, les indique à son successeur de garde pour la nuit : «C’est signalé, on nous a répondu qu’il n’y avait pas le budget pour les changer.» 0h29 : «Assier, deux minutes d’arrêt, tout le monde embarque !» Huit heures plus tard, le train arrivera avec dix minutes d’avance en gare d’Austerlitz.

(1) Association de défense de la gare d’Assier et de promotion du Rail.

Sylvain Mouillard photos Philippe Guionie pour Libération

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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 07:16
Mesures d’urgence économiques et sociales -
 Par / 21 décembre 2018

Les richesses produites dans notre pays sont gigantesques. Pourtant, elles ne profitent qu’à une extrême minorité : les actionnaires du CAC 40.

Le Gouvernement a refusé de s’y attaquer. Il a préféré les pseudo-solutions que sont la défiscalisation des heures supplémentaires, la fausse hausse du SMIC, financée par les contribuables, la prime exceptionnelle sans impôt ni contribution jusqu’à 1 000 euros et le rétablissement du taux de CSG antérieur en 2019.

La majorité des groupes du Sénat était opposée à la hausse de la CSG infligée aux retraités modestes. Mais il aura fallu attendre le 10 décembre dernier pour que le Président de la République reconnaisse lui-même que la mesure était injuste ; et la prise de conscience de M. Macron est restée bien relative, puisque la hausse de la CSG est simplement annulée pour une partie des retraités, et uniquement pour 2019 !

La droite sénatoriale avait fait voter le recul de l’âge de départ à la retraite pour compenser cette hausse. Notre groupe, lui, s’y était opposé. Il avait fait d’autres propositions de financement, notamment en mettant à contribution les revenus financiers des grandes entreprises.

Pour ce qui concerne le SMIC, les annonces qui ont été faites sont une véritable escroquerie. Le Gouvernement a finalement décidé d’augmenter la prime d’activité de 90 euros. Cette mesure a été présentée comme une hausse de salaire par le Président de la République. Mais, alors qu’une hausse du SMIC bénéficierait à tous les salariés, la prime d’activité concerne seulement les salariés gagnant moins de 1 500 euros nets par mois, pour une personne seule, et 2 200 euros nets, pour un couple.

En outre, afin d’en bénéficier, il faudra se rendre dans les agences de la CAF, pour accomplir diverses démarches et réactualiser sa situation tous les trois mois !

Enfin, cette prime est limitée, puisqu’elle ne concernera pas les fonctionnaires. Or 40 % d’agents publics sont au niveau du SMIC ; dans la fonction publique territoriale, ce taux approche même les 75 %.

La défiscalisation et la désocialisation des heures supplémentaires, présentées comme un gain annuel de 155 euros, constituent, elles aussi, un leurre. En réalité, en incitant les salariées et les salariés à effectuer plus d’heures supplémentaires, l’on provoquera une augmentation de la durée du temps de travail au détriment de l’emploi. L’Observatoire français des conjonctures économiques, l’OFCE, estime ainsi que 19 000 emplois seront supprimés d’ici à 2020, et que le taux de chômage s’en trouvera augmenté de 0,1 point.

En outre, madame la ministre des solidarités et de la santé, comment cette mesure va-t-elle bénéficier aux personnels soignants et non soignants des hôpitaux et des EHPAD, alors qu’ils voient leurs heures supplémentaires exploser sans contrepartie financière et sans possibilité de récupération ?

J’ajoute que vous taisez un point essentiel : les heures supplémentaires désocialisées et défiscalisées en vertu de la dernière loi de financement de la sécurité sociale et de ces mesures d’urgence vont mettre en péril les recettes de la sécurité sociale et de notre système de retraites.

Je le disais déjà lors du débat consacré au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, et je persiste : « En utilisant le budget de la sécurité sociale pour réduire le déficit de l’État, votre gouvernement se livre au plus grand hold-up du siècle. » Vous pourrez utiliser à loisir les ressources de la sécurité sociale, payées par les assurés sociaux, pour renflouer les caisses de l’État.

Enfin, il est regrettable que la prime exceptionnelle ne soit pas une obligation pour les grandes entreprises qui réalisent des profits colossaux.

Mesdames, monsieur les ministres, ces mesures ne font pas le compte. Les femmes en sont particulièrement exclues ; or elles sont souvent parmi les plus précaires.

Les Françaises et les Français ne sont pas dupes. Malgré l’écran de fumée que vous répandez afin de masquer vos choix profondément inégalitaires, ils voient bien que les plus fortunés ont droit à toutes vos largesses.

Vos largesses, ce sont 40 milliards d’euros pour les grandes entreprises et les actionnaires, sans aucune contrepartie, via le remboursement du CICE pour l’année 2018 et la baisse des cotisations patronales, voire leur suppression, décidée pour 2019 ; il s’agit là d’une mesure inique adoptée, ici même, avec la droite sénatoriale.

Vos largesses, c’est aussi le maintien de la suppression de l’ISF, soit 4,2 milliards d’euros offerts au détriment d’une politique de justice sociale pour toutes et tous.

D’un côté, de somptueux cadeaux de Noël ; de l’autre, des miettes : mais la brèche est ouverte, car vous venez de démontrer que la sacro-sainte loi des 3 % de déficit du pacte de stabilité et de croissance de l’Union européenne n’est pas indépassable. La prise de conscience gagne du terrain : c’est une bonne nouvelle, et vos premiers reculs en appellent d’autres. L’argent existe pour répondre aux besoins des populations, non pour être détourné vers la finance, au détriment de l’humain et de notre planète !

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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 07:11

Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, ma question s’adresse à Mme la ministre chargée des transports.
L’opérateur Vinci Autoroutes veut demander la régularisation des paiements des péages autoroutiers dont les automobilistes n’ont pas pu s’acquitter lors des opérations « péages gratuits » menées par le mouvement des « gilets jaunes » depuis le 17 novembre dernier.

Cette initiative est tout simplement inacceptable. Je veux, à ce stade, rappeler quelques chiffres éloquents.

Pour l’année 2017, dernières données disponibles, le groupe Vinci Autoroutes a réalisé un chiffre d’affaires de 4,3 milliards d’euros, en hausse de 3,4 % par rapport à 2016, pour des recettes de péage approchant les 3 milliards d’euros, dégageant un résultat net de 1,1 milliard d’euros. Quant à l’investissement sur l’année, il pointait à 537 millions d’euros, en baisse de 11,2 % par rapport à l’exercice précédent.

Mme la ministre, quelle est la position du Gouvernement sur cette démarche du groupe autoroutier ? (Applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste et sur des travées du groupe socialiste et républicain.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre chargée des transports.

Mme Élisabeth Borne, ministre auprès du ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Bocquet, j’ai effectivement pris connaissance de l’intention de certaines sociétés concessionnaires d’engager des procédures de recouvrement auprès des automobilistes qui n’ont pas pu acquitter leurs péages du fait de blocages ou de dégradations d’installations.

Je le dis fermement, cette annonce est totalement inopportune et inappropriée. Dans la situation que connaît notre pays, chacun doit jouer son rôle pour contribuer à l’apaisement.

Par ailleurs, tout indique que cette décision ne serait pas fondée sur le plan juridique. En effet, les images de vidéoprotection n’ont pas vocation à être utilisées pour la régularisation des paiements.

J’ai donc demandé aux sociétés concessionnaires de se conformer strictement à la loi et de ne pas mettre en œuvre de tels recouvrements.Je les recevrai ce soir afin de faire le point sur les perturbations en cours et les nombreuses dégradations qui sont à déplorer.

Je le redis, ces violences sont inacceptables. Aucune cause ne justifie de s’en prendre aux biens et aux personnes, et je veux en particulier dire ma solidarité avec les agents des sociétés d’autoroutes, qui ont été la cible d’actions violentes et d’incendies.

Nous sommes et nous continuerons à être d’une fermeté totale envers ceux qui commettent de tels actes.

Nous sommes à quelques jours d’un week-end de grand départ, et nos concitoyens ont le droit de circuler librement sur le réseau autoroutier. Pour ce faire, il faut que le calme revienne au plus vite sur le terrain. C’est ce pour quoi nous sommes totalement mobilisés, et c’est l’objet de la réunion de ce soir.
La réponse à la colère exprimée ces dernières semaines doit être collective ; les grandes entreprises doivent y prendre toute leur part. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche, du groupe Les Indépendants – République et Territoires et sur des travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.)

M. le président. La parole est à M. Éric Bocquet, pour la réplique.

M. Éric Bocquet. Madame la ministre, j’entends bien votre réponse, mais nous restons, pour notre part, convaincus que la question de la maîtrise publique des infrastructures autoroutières se pose plus que jamais.
Les autoroutes françaises réalisent un chiffre d’affaires de 8 milliards d’euros par an. En privatisant, l’État a renoncé aux dividendes futurs estimés à 40 milliards d’euros d’ici à 2032. La marge nette des groupes autoroutiers oscille entre 20 % et 24 % depuis la privatisation. Enfin, 14,6 milliards de dividendes ont été distribués aux actionnaires.

Lors d’un débat au Sénat en 2014, sur l’initiative de notre groupe, nombreux ici furent les collègues sur toutes les travées à déclarer que la privatisation des autoroutes avait été une erreur. Nous pensons qu’il faut procéder à la renationalisation des concessions autoroutières. L’emprunt à contracter serait remboursé par les bénéfices dégagés, et non pas par l’impôt. Il y va, selon nous, de l’intérêt général. Pour agir ainsi, les concessionnaires autoroutiers privés seraient-ils devenus un État dans l’État ?

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25 décembre 2018 2 25 /12 /décembre /2018 09:05

mardi 25 décembre 2018

par Frédéric Métézeau

Ian Brossat : "Je veux construire une liste à l'image de la France du travail"
7 minutes
 
Ian Brossat, porte-parole du PCF, tête de liste aux européennes et adjoint à la Mairie de Paris en charge du logement, est l'invité de Frédéric Métézeau.

La question du logement est centrale pour lui dans la politique locale nationale. "Le logement n'est pas considéré comme une priorité depuis des années par les différents gouvernements", assène Ian Brossat. "[L'actuel gouvernement], à chaque fois qu'il faut faire des économies, tape dans le budget du logement. Or on ne peut pas avoir des collectivités territoriales qui règle seules ce problème fondamental."

"À Paris en 2001, quand Bertrand Delanoë est devenu maire, il y avait 20.000 logements insalubres. Il a fallu batailler comme des chiens pour réussir à éradiquer l'insalubrité, soit 3,5 milliards d'euros. Des tas de collectivités n'ont pas ces moyens financiers et ne peuvent pas y arriver. On a besoin d'une mobilisation nationale sur cette question de l'insalubrité ou du mal-logement."

Sur le programme de construction de logements à "prix cassé" que va lancer la ville de Paris, "un dispositif inspiré par Bernie Sanders [sénateur démocrate américain]", Ian Brossat précise qu'il "s'agit de dissocier le foncier du bâti". "Vous n'achetez pas le terrain, vous n'achetez que le bâti, ce qui permet de payer 2 à 3 fois moins cher. Le logement est bien à vous, pour 99 ans."

Des gilets jaunes aux européennes pour le PCF ?

C'est ce que souhaite l'élu parisien, qui estime que "cette mobilisation sociale bouscule tout le monde, y compris le Parti communiste. Nous avons souffert collectivement que la voix populaire de millions d'hommes et de femmes, qui veulent vivre dignement de leur travail, n'ait pas été entendue".

"Tout le monde doit tenir compte de ça", précise-t-il. "Quand on voit le taux d'abstention à chaque élection force est de constater qu'on n'est pas arrivé à mobiliser une partie de la population française qui a besoin d'être mieux représentée. Au Parlement européen, il y a trois ouvriers sur environ 700 eurodéputés ! On ne peut pas avoir des Français qui se reconnaissent dans la politique dès lors que les institutions ne leur ressemblent pas."

 
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25 décembre 2018 2 25 /12 /décembre /2018 07:43

 

Le secrétaire général de la CGT revient sur la mobilisation qui bouscule le pays. Pour Philippe Martinez, ce mouvement ne s’oppose pas aux luttes syndicales, mais souligne les obstacles à lever sur lesquels bute l’action collective des salariés.

La crise des gilets jaunes questionne fortement la capacité des syndicats à défendre efficacement les intérêts des salariés. Leur utilité est-elle remise en cause ?

Philippe Martinez 

Ce qui est intéressant dans ce mouvement, c’est qu’alors que l’action collective a été dénigrée par ceux qui nous dirigent depuis des décennies, on voit un corps social qui retrouve le chemin de la mobilisation. Mais celle-ci se construit dans un contexte de mise à l’écart des organisations syndicales par les gouvernements successifs et par le patronat. Trop souvent, quand il y a des mobilisations, ceux-ci font comme si elles n’existaient pas, ou refusent de répondre aux attentes. En 2016, par exemple, il y a eu plus de monde dans les rues pendant quasiment un trimestre entier contre la loi El Khomri qu’avec les gilets jaunes aujourd’hui. Et le soutien de l’opinion publique aux manifestations était comparable. Or qu’a fait le gouvernement de l’époque ? Il a fait le choix de jouer la carte de la division des syndicats. Cela ne veut pas dire que nous ne portons aucune responsabilité dans le fait que, parmi les gilets jaunes qui portent des revendications sociales, beaucoup n’ont jamais ou alors rarement croisé des syndicats. Dans ces conditions, il est difficile pour ces salariés de se convaincre de leur utilité. Nous sommes très en retard dans notre déploiement dans l’ensemble du monde du travail. Tant que la CGT ne rayonnera que sur 25 % du salariat, les 75 % de salariés restants ne connaîtront des syndicats que ce qu’on peut leur raconter par ailleurs. Et, en général, ce ne sont pas des compliments.

 

Comment la CGT appréhende-t-elle ce mouvement sans organisation ni coordination ?

Philippe Martinez 

Notre position est claire sur ce mouvement des gilets jaunes. Il est parti d’une révolte contre la hausse du prix de l’essence, que partage la CGT, mais derrière on voyait bien le risque des mots d’ordre du refus de toutes taxes, cotisations comprises. Très vite, cependant, les banderoles ont affiché des slogans pour la hausse du Smic et l’impôt sur la fortune, comme sur les tracts de la CGT. Cela montre qu’on ne prêche pas dans le désert. Même si les jonctions ne sont pas évidentes au premier abord, ce mouvement est un mouvement social, hétéroclite dans sa composition, avec l’existence qu’il faut dénoncer de certains comportements inacceptables en son sein.

 

Les gilets jaunes ont obtenu des concessions du président de la République que le mouvement syndical a échoué à arracher malgré ses mobilisations ces dernières années. Cela vous conduit-il à repenser votre stratégie ?

Philippe Martinez 

Nous devons constamment nous interroger sur la stratégie la plus efficace pour gagner. Ce que font les gilets jaunes percute d’ailleurs nos débats dans la CGT sur l’efficacité des « journées saute-mouton » (les journées d’action espacées dans le temps – NDLR) et des mobilisations du samedi. Or, si on ne conjugue pas les actions le samedi avec des actions dans les entreprises, le Medef pourra continuer à dormir tranquille. Quant aux manifestations, aux occupations de carrefours ou de péages autoroutiers, elles font partie des formes diverses de l’expression collective du mécontentement que le mouvement syndical a lui-même expérimentées. En 2016, on a connu aussi des occupations, des formes de lutte identiques. J’entends bien la volonté d’une partie des représentants politiques et des médias d’installer l’idée que certains seraient plus efficaces que d’autres. À mon sens, ce que démontre avant tout l’action des gilets jaunes comme celle des syndicats, c’est que l’action collective paie. Mais paie-t-elle à la hauteur des revendications ? C’est, me semble-t-il, la question à poser. Dans leur lutte, les cheminots aussi ont obtenu des choses. Mais ils n’ont pas gagné tout ce qu’ils voulaient. De leur côté, les gilets jaunes ont arraché la hausse de la prime d’activité, la prime exceptionnelle dans certaines entreprises, mais ils n’ont pas gagné la hausse du Smic qu’ils revendiquent, ni le rétablissement de l’impôt sur la fortune. Si l’on veut obtenir davantage, il faut donc être encore plus nombreux à se mobiliser, et cela vaut pour tout le monde, gilets jaunes, rouges ou d’une autre couleur. Cela pose aussi la question de notre capacité collective de taper le cœur du système, c’est-à-dire le capital. Et le capital, ce sont les grands groupes, les multinationales.

 

Le contournement des syndicats n’est-il pas aussi la conséquence de luttes qui ne se traduisent plus par de nouvelles conquêtes ?

Philippe Martinez 

Oui, le monde du travail peine à arracher de nouvelles conquêtes. Il y a eu des mobilisations importantes, mais sur les enjeux nationaux, depuis les 35 heures, nous avons empêché des reculs mais nous n’avons rien gagné de nouveau. Cela pose la question de l’action collective, des formes de lutte. Ce sont des constats que l’on fait nous-mêmes, on est d’accord de ce point de vue.

N’est-ce pas aussi le produit d’une politique qui a visé à casser les syndicats ?

Philippe Martinez Depuis une dizaine d’années, le pouvoir a cultivé l’idée que le rôle des syndicats était d’accompagner ses mesures, et que ceux qui s’y refusaient devaient être mis sur la touche. En 2007, Nicolas Sarkozy faisait huer la CGT dans ses meetings. Emmanuel Macron est même allé plus loin en décidant d’écarter tous les syndicats, sans exception. Désormais, il fait son mea culpa tous les six mois. Il l’a fait en juillet, et encore ce mois-ci avec sa grande réunion avec les élus et les représentants syndicaux. Mais c’est de la communication.

 

Rien n’a donc changé à l’Élysée depuis la crise des gilets jaunes ?

Philippe Martinez 

Le président de la République a-t-il écouté nos revendications après cette réunion ? Absolument pas. À part dire qu’il parle trop brutalement, il n’a pas fait de remise en cause sur le fond. Quand le chef des députés de la République en marche (Gilles Le Gendre – NDLR) dit « notre erreur est d’avoir été trop subtils, trop intelligents », cela signifie qu’ils prennent ouvertement les gens pour des idiots. C’est du Macron dans le texte. Et quand le premier ministre déclare qu’une partie des smicards font partie des « foyers les plus aisés », on voit bien que rien n’a changé réellement. La CGT ne leur servira pas d’alibi.

 

Les divisions du syndicalisme ne participent-elles pas du sentiment qu’il n’est pas au service des salariés dans leur diversité ?

Philippe Martinez 

En effet. Tous les syndicats ont pour rôle de défendre les intérêts du monde du travail : c’est ainsi que raisonnent les citoyens. À partir du moment où ils estiment que ce n’est pas la préoccupation centrale des organisations, on entend sur les ronds-points : pourquoi n’arrivez-vous pas à vous mettre d’accord ? Tant que ce sentiment perdurera, notre crédibilité sera entachée.

Les gilets jaunes ne posent pas la question de la lutte à l’entreprise ni ne désignent le Medef comme leur adversaire. Est-ce un obstacle pour réaliser la jonction avec les luttes et les grèves syndicales ?

Philippe Martinez 

Pour la plupart, les manifestants sur les ronds-points ne travaillent pas dans les grandes entreprises. Ce sont des chômeurs, des retraités, des salariés de TPE-PME, voire des petits patrons et artisans, ce n’est pas la masse de nos syndiqués. Le capital, le CAC 40, les actionnaires, ils ne les croisent pas dans leur vie. Pour eux, le Medef, qui est le symbole de la puissance de l’argent, c’est lointain. La CGT doit donc être plus précise dans la désignation des premiers responsables de la situation. Le plus heureux des mesures du gouvernement, c’est le Medef : il ne met pas la main à la poche. Geoffroy Roux de Bézieux (le président du Medef – NDLR) affirme d’ailleurs que ce mouvement social ne le concerne pas, puisque les usines ne sont pas occupées et que ses permanences ne sont pas attaquées. C’est le travail de la CGT que de rappeler qu’il y a de l’argent mais qu’il est mal orienté, parce qu’il va aux actionnaires et non aux salariés. La prime d’activité sera payée par les impôts de tous, pendant que ceux qui détiennent le capital vont toucher encore plus d’argent. Les syndiqués à la CGT discutent sur les ronds-points avec les gilets jaunes pour pousser ce débat. Tous les salariés de ce pays sont soumis à la pression des actionnaires, qu’on travaille dans une grande ou une petite entreprise, et même dans les services publics.

 

Il n’y aura pas de coup de pouce au Smic mais une augmentation de la prime d’activité, que ne toucheront pas tous les salariés payés au salaire minimum. Est-ce une avancée partielle ou bien une supercherie ?

Philippe Martinez 

Quand on n’a rien ou pas grand-chose, 100 euros de plus, c’est toujours ça de pris. Mais la mesure reste une supercherie parce que ce sont les contribuables qui vont payer à la place de l’augmentation des salaires due par les patrons. Et puis, cette prime est inégalitaire, puisque la référence pour la toucher est le revenu du foyer. Comme les hommes gagnent souvent plus que les femmes, une grande part d’entre elles payées au Smic n’auront pas droit à ces 100 euros. C’est scandaleux ! On a interpellé le gouvernement pour que s’ouvre une véritable négociation sur l’augmentation du Smic. Une telle hausse permet en effet de faire évoluer tous les salaires, et pas seulement le plus bas. Et, à la différence de la prime d’activité, qui ne génère aucun droit pour la retraite ni pour la protection sociale en général, le salaire produit des cotisations sociales qui comptent dans la rémunération du travail. Au lieu de cela, le gouvernement considère toujours que le travail est un coût et que le capital doit être épargné. Les cadeaux stupides continuent, comme la défiscalisation des heures supplémentaires. Croit-on que c’est en faisant travailler plus ceux qui ont déjà un emploi que ça va permettre à ceux qui n’en ont pas d’en trouver un ?

 

Le gouvernement a annoncé vouloir maintenir le train de ses réformes. Qu’envisage la CGT comme riposte pour le début de 2019 ?

Philippe Martinez 

Nous estimons qu’il faut remettre le couvert rapidement, en mobilisant dès le début de l’année sur des questions essentielles comme les salaires et la justice fiscale. Nous sommes à l’initiative pour porter ces revendications avec le maximum d’organisations syndicales de salariés et de jeunesse à l’occasion d’un temps fort après les congés, dans des formes qui restent à définir.

 

Entretien réalisé par Sébastien Crépel

 

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25 décembre 2018 2 25 /12 /décembre /2018 07:40

On ne fait payer ceux qui doivent

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24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 06:52
Le 24 décembre 1982, Aragon disparaissait - L'Hommage du Comité Central du PCF et de L'Humanité le lendemain,  25 décembre

Louis Aragon meurt le 24 décembre 1982, dans la nuit du jeudi au vendredi, à 0h05, dans son domicile parisien du 56, rue de Varenne.

Le lendemain, samedi 25 décembre, L'Humanité lui dédie huit pages d'hommages et d'articles sur sa vie et son œuvre, souvent très denses. Et six pages encore le lundi 27 décembre 1982 pour ses obsèques prévues le lendemain.

Il y a d'abord l'hommage adopté par le Comité Central du PCF, magnifique, qui mérite d'être cité intégralement.

Il est sous un encadré avec une photo d'Aragon prise en 1982 avec son chapeau, et la formule de La Diane française "Mon parti m'a rendu mes yeux et ma mémoire"

C'est notre honneur

"Aragon n'est plus.

Pour ses camarades communistes dont il était la fierté, pour tous ceux en qui a retenti sa parole aux plus forts moments de notre vie nationale, pour les femmes et les hommes innombrables que le rayonnement de son art a atteints jusqu'au bout du monde, la perte est immense?

Présent à tous les rendez-vous de notre peuple et de sa culture avec l'histoire, Aragon a marqué son siècle.

Il l'a marqué par son œuvre, infiniment diverse et profondément une: œuvre poétique chantant sur tous les tons, à travers toutes les formes, l'amour et la colère, la douleur et l'espoir: œuvre romanesque à la taille du monde réel et de l'histoire, indissolublement croisée avec celle d'Elsa Triolet; œuvre critique attentive à tous les chemins nouveaux de la création, sans cesse attachée à mettre l'héritage au présent. Riche de cette assimilation exceptionnellement inventive de la culture française et mondiale, retrouvant et continuant notre grande tradition humaniste à travers les ruptures les plus révolutionnaires, élaborée jusqu'au plus extrême raffinement et capable d'entrer dans la sensibilité populaire jusqu'à devenir chanson, l’œuvre d'Aragon est un sommet de l'art contemporain.    

Il a marqué en même temps son siècle par cette manière de vivre jusqu'au bout l'engagement du créateur dans les combats pour changer le monde. Bien des écrivains ont joué un rôle civique dans notre histoire. Mais rares sont ceux qui ont poussé si loin la liaison délibérée de l'écriture et de l'acte politique. Ce fil perpétuel qui noue dans son œuvre vie intime et vie publique, ce croisement sans cesse renouvelé de la création littéraire avec la prise de position du journaliste et l'intervention du militant font d'Aragon une des personnalités les plus fortes de la France contemporaine.

Ce prodigieux inventeur de formes a été une haute voix de notre temps. 

Au sortir de la Première Guerre, en rupture radicale avec une esthétique et une morale qui s'étaient faites complices de la tuerie impérialiste où l'on avait jeté ses vingt ans, Aragon est l'un des fondateurs, une des figures décisives du mouvement surréaliste, cette insurrection de l'esprit dont jamais il ne reniera les choix fondamentaux. 

C'est à partir d'eux que, poussant jusqu'au bout sa remise en question de l'inacceptable ordre établi, Aragon adhère dès 1927 au jeune Parti communiste. De cette rencontre capitale avec la classe ouvrière révolutionnaire, de sa découverte concrète de l'Union soviétique naît une dimension nouvelle de son engagement politique comme de son art. A la pointe de l'action antifasciste et pour la paix, au cœur du Front populaire, il est de ceux qui ont le plus ardemment contribué à unir en une même démarche combat de classe et combat national, grandeur française et solidarité internationale.

Dans les années de douleur et de courage où la France trahie est occupée par les nazis, Aragon est au premier rang pour organiser la résistance chez les intellectuels, animer le Front national, fonder Les lettres françaises et le Comité national des écrivains. En des termes inoubliables, il est une voix sans pareille de la France debout dans la lutte contre l'envahisseur. 

Lorsque, après la grande espérance de la Libération, vient l'époque de la guerre froide et des guerres coloniales, de l'inféodation atlantique, puis du long règne de la droite, Aragon le poète, le romancier, l'essayiste, le directeur de Ce Soir et des Lettres Françaises met sans compter son prestige et son génie dans la balance de toutes les causes où se joue le bonheur des hommes, du mouvement mondial pour la paix et de la solidarité avec les pays socialistes au combat national pour l'indépendance et la démocratie. Il se voue avec Elsa à la défense et illustration de notre culture à sa rencontre avec toutes les autres. Bouleversé par ce qui vient ternir l'image du socialisme, il milite pour son visage humain. Soucieux de rassembler, il a été inlassablement de la longue bataille pour la victoire de la gauche. 

Peu de vies ont à ce point fait honneur aux couleurs de la France.

Et c'est notre honneur que pendant plus d'un demi-siècle, liant au chemin de tous sa démarche singulière, Aragon ait été sans jamais faire défaut un communiste.

Ce qu'il a apporté à notre Parti est inestimable. Il a pris dans les années 30 sa part des efforts pour en surmonter les maladies infantiles. Il n'a cessé de rendre puissamment sensibles, par-delà les cris et chuchotements de la calomnie, l'inspiration démocratique et nationale de notre politique, le souffle libérateur du marxisme, la stature de l'homme communiste. Toujours il a voulu servir, comme il aimait à le dire, et parfois jusqu'à la déchirure, ce parti qu'il avait fait sien une fois pour toutes il y a cinquante-cinq ans à partir de raisons plus profondes que toutes les failles de l'histoire. 

Devant ce qui n'y fut pas toujours selon son cœur, devant l'amertume des erreurs un temps partagées, jamais il n'a songé à rebrousser chemin, mais à agir pour avancer. Membre du Comité central depuis 1950, il a été au sens le plus vrai du mot un homme politique.

Artisan passionné d'une conception démocratique et nationale de la culture, partisan convaincu de l'alliance capitale de la classe ouvrière et des intellectuels, explorateur hardi de l'ouverture et de l'union, il a joué un grand rôle à sa mesure dans ces grands pas en avant de notre Parti qui s'appellent Argenteuil et Champigny, dans cet acte décisif qu'a été notre 22e congrès. La marque d'Aragon se lit à livre ouvert dans notre conception et notre pratique de l'avancée démocratique vers un socialisme à la française.

Lors de son 80e anniversaire, il exprimait sa joie devant ce que son Parti était devenu. Sa disparition nous fait redire avec solennité combien nous mesurons la part qu'il y a prise.

Au moment où Aragon nous quitte, où son œuvre achevée appareille vers les plus lointains lendemains, nous, ses camarades des nuits noires et des jours lumineux, nous saluons en lui, du fond de notre douleur et avec une ineffable gratitude, l'une des plus hautes images de l'homme d'aujourd'hui".

Le Comité Central du Parti Communiste Français

 

 

 

 

 

 

Aragon et Marchais

Aragon et Marchais

Georges Marchais est cité page 3: 

"Je suis bouleversé"

Aussitôt connue la mort d'Aragon, Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français, a déclaré:

"Aragon n'est plus. Les mots me manquent pour dire la peine immense qui m'étreint. Je perds un ami très proche, notre Parti un des meilleurs des siens, la France son plus grand poète du siècle. Je suis bouleversé".

Plus tard, après avoir salué la dépouille mortelle d'Aragon, Georges Marchais, interrogé par les journalistes, a déclaré:

"J'ai beaucoup de peine, car je perds un ami. Pour beaucoup de gens, cela peut apparaître comme une attitude prétentieuse de ma part. Ce n'est pourtant pas le cas.

"Aragon a parlé avec moi pour la première fois en 1956, lorsque j'ai été élu au Comité central. Depuis, il a toujours joué un grand rôle auprès de moi. Par exemple, en 1968, quand avec Waldeck Rochet, nous avons travaillé au Manifeste de Champigny, les conseils d'Aragon ont été précieux". 

Puis il a poursuivi: "Par la suite, quand Waldeck Rochet est tombé malade et que j'ai été investi des responsabilités qui sont les miennes aujourd'hui, j'ai souvent rencontré Aragon et il m'a beaucoup aidé. 

"A la veille du XXIIe Congrès, qui a été un tournant pour le Parti, Aragon est venu me voir dans mon bureau. Il m'a apporté un témoignage qui avait une grande signification: "La Joconde", par Marcel Duchamp.

" Aragon avait une dimension nationale et internationale, une dimension qui n'a rien à voir avec la mienne. Mais c'était un ami. C'était un des meilleurs des nôtres, dans sa fidélité constante au Parti communiste, à ce Parti dont il disait "Je démissionne chaque soir, je réadhère chaque matin"

"C'est le plus grand poète de ce siècle. Pour nous, et pas seulement pour nous.

"Aragon, c'est la fidélité à son engagement, comme écrivain surréaliste, et à son engagement comme membre de son Parti. C'est un exemple de fidélité, au sens le plus fort de ce terme. Une fidélité qui n'a jamais été aveugle. C'était Aragon avec tout ce qu'il était". 

 

 

Le 24 décembre 1982, Aragon disparaissait - L'Hommage du Comité Central du PCF et de L'Humanité le lendemain,  25 décembre
Trois mots à la une : Aragon est mort
Lundi, 24 Décembre, 2012

C’est ainsi que l’Humanité annonçait sa disparition, le 25 décembre 1982, avec une photo de ses dernières années. Une foule grave avait assisté trois jours plus tard à l’hommage qui lui fut rendu, place du Colonel-Fabien, à Paris.

Le 25 décembre 1982. Sans doute est-ce alerté la veille par la radio ou la télé que l’on était allé acheter l’Huma ce matin de Noël. Un titre, un seul titre à la une, d’une clarté tranchante : « Aragon est mort ». Ces trois mots et une photo. Il n’avait sans doute pas été facile de la choisir. Quel était l’Aragon des lecteurs de l’Huma, et, bien au-delà, de tous ses lecteurs ? Le jeune homme si élégant des années surréalistes, aux mille cravates, mais qui avait déjà sur le front de la guerre, puis à l’hôpital du Val-de-Grâce où il avait rencontré André Breton, connu la souffrance, la mort et la folie ? Le poète de la Résistance ? L’auteur d’Aurélien ou celui de la Semaine sainte, celui de la Défense de l’infini en 1927 ou de ces pages hallucinées des Communistes, où il décrit comme le Triomphe de la mort, de Bruegel, le désastre de Dunkerque ? Le membre du Comité central du PCF, ancien directeur du quotidien Ce soir, directeur des Lettres françaises qui avait offert à Georges Marchais l’une des trois Joconde à moustache de Marcel Duchamp, portant ces mots en forme de provocation : « LHOOQ » ? « Autant il y a d’artistes véritables, écrivait Marcel Proust, autant il y a de mondes différents. » Aragon fut un inventeur de mondes. L’une des logiques sans doute de cet enfant sans nom, qui ne connaissait pas son père, un enfant de l’amour, comme on disait à la fin du XIXe siècle. Un enfant qui crut longtemps que sa mère était sa sœur et pour qui écrire était un « mentir-vrai ». Inventeur de mondes, se récriera-t-on peut-être, et le monde réel, alors, qu’il avait donné comme titre à son cycle romanesque des années trente ? Bien sûr… mais jamais il ne le confondit avec un plat réalisme, fût-il baptisé socialiste.

«Il nous restera de lui le pouvoir infini des mots »

Le journal avait choisi une photo des dernières années. Ces années où souvent il s’exprimait avec un de ces masques blancs des mimes, comme si dans cette traversée du siècle il s’était senti devenir une ombre. « Siècle martyr, siècle blessé, c’est de sang que sa bouche est peinte. »

Ses obsèques avaient eu lieu trois jours après. Le président de la République, François Mitterrand alors, le gouvernement n’avaient pas cru bon d’organiser des obsèques nationales. Ce fut au PCF qu’il échut de lui rendre hommage. Non qu’il lui appartînt, mais aussi parce que, peu à peu, comme le dira alors Georges Marchais, le PCF s’était reconnu en lui. Ce jour-là, place du Colonel-Fabien, devant la façade de verre de Niemeyer, il y avait une grande foule grave, avec partout les couleurs des drapeaux et des roses rouges. Pierre Mauroy, premier ministre, était venu. « Il nous restera de lui le pouvoir infini des mots et cela qui lui faisait toujours discerner la lueur d’une aube. » Le cercueil après la cérémonie publique avait été emporté à Saint-Arnoult-en-Yvelines pour être inhumé sous la grande dalle de pierre où reposait déjà Elsa avec ces mots gravés : « Quand côte à côte nous serons enfin gisants »… 25 décembre 1982. Dans un autre journal, le Figaro, Jean d’Ormesson saluait « le plus grand poète français. Un romancier de génie ».

L’actualité d’Aragon
Pour commémorer le trentième anniversaire de la mort d’Aragon, l’Équipe de recherche interdisciplinaire sur Elsa Triolet et Aragon (Erita), met en ligne un dossier, l’Actualité d’Aragon, prélude à un numéro spécial de sa revue Recherches croisées. Ce dossier comporte un bilan de la recherche aragonienne, des textes d’Aragon, des contributions de chercheurs, écrivains, artistes ainsi qu’un hommage à Michel Apel-Muller, l’un des fondateurs de l’Erita, qui vient de disparaître.

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23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 07:43
Vinci, la rapacité sans vergogne
 
Le groupe Vinci, a osé réclamer aux automobilistes qui ont franchi gratuitement les péages lors de leur occupation par les gilets jaunes, la somme dont ils auraient dû s’acquitter.

Voici une entreprise multinationale qui dégage des milliards de profit et qui cherche à gagner de l'argent sur le dos d’un mouvement social. Ceci prouve une chose : le mouvement des gilets jaunes a fait plus peur au gouvernement qu’aux grandes entreprises qui se sentent les coudées franches pour étaler sans vergogne leur rapacité.

La décision prise par un gouvernement de droite en 2005 d’offrir sur un plateau d’argent aux multinationales du BTP le réseau autoroutier payé par des générations de contribuables est un véritable scandale ! Un vol d’argent public avec la complicité de l’Etat qui représente des dizaines de milliards en moins pour le trésor public. L’actuel gouvernement comme le précédent ont encore aggravé la note en accordant de nouvelles faveurs inespérées aux concessionnaires.

En 10 ans, les profits issus des péages ont ainsi augmenté de près de 20%. Les tarifs ont augmenté dans la même proportion sur la même décennie, de loin supérieurs de l’évolution du coût de la vie. Les concessionnaires ont immédiatement liquidé des centaines d’emplois pour dégager de nouvelles marges de profits et leurs actionnaires empochent 1,5 milliard € de dividendes par an. Un des meilleurs placements qui soient pour les capitalistes ! Leurs bénéfices nets représentent presqu’un quart de leur chiffre d’affaire.

Ces revenus permettraient à l’Etat de financer l’entretien du réseau autoroutier, mais aussi des éléments de la transition environnementale, notamment par l’entretien et le développement du réseau ferré. L’Etat a préféré s’amputer de ressources gigantesques pour satisfaire les appétits des géants du BTP Vinci ou Eiffage, et se défausse sur leurs filiales pour financer l’entretien et le développement des infrastructures autoroutières.

Il est temps de renationaliser le réseau autoroutier. Les concessionnaires sont dans une situation de quasi-monopole qui légitime le retour dans le giron public des autoroutes. Cela couterait certes cher dans l’actuel cadre juridique de protection aveugle et indéterminée de la propriété privée, quand elle est d’une cupidité sans limite.

Mais, non, ce n’est pas au citoyens de payer deux fois : une fois pour le vol de leur bien public, une autre pour leur réintégration dans le bien commun. La morgue avec laquelle Vinci a agi et les profits colossaux qu’elle dégage en exploitant le besoin de mobilité des français, devrait pousser à vrai débat national sur sa nationalisation sans indemnité.

Cet exemple devrait enfin alerter sur les privatisations en cours d’Aéroport de Paris et de la Française des jeux, des propriétés publiques largement bénéficiaires qui rapportent beaucoup d’argent au trésor, et dont la vente sera prétexte à de nouveaux sacrifices dans les budgets publics et sociaux. Voici un sujet qui pourrait être discuté autour des tablées de fin d’année.
 
Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, député européen communiste
Vinci, la rapacité sans vergogne - Patrick Le Hyaric, 22 décembre 2018
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22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 14:37
Stephane Peu et Laurence Cohen (parlementaires PCF) au côté des Kurdes et de France Kurdistan: stop Erdogan!

Stephane Peu et Laurence Cohen (parlementaires PCF) au côté des Kurdes et de France Kurdistan: stop Erdogan!

 

Collectif Paix et Démocratie - Solidarité avec les peuples de Turquie(18 décembre 2018)

 

Le nouveau contexte des élections de juin 2018

Erdogan est devenu en 2014, le premier président de la République élu au suffrage universel. Les amendements constitutionnels, entrés en vigueur en 2018, qui établissent un régime hyperprésidentiel, lui permettent de gouverner en autocrate sans contre-pouvoirs.
Il entend être le dirigeant d'une nouvelle Turquie. Pour cela, il promeut un islam politique turc, il redéfinit le nationalisme dans la perspective de retrouver une grandeur perdue sur la base d'une refondation civilisationnelle. Ce projet a commencé à se concrétiser dans plusieurs sphères de la vie publique et privée par des postures moralistes, intrusives et paternalistes (enseignement religieux, restrictions des droits des femmes, vente d'alcool...).

L'autoritarisme, profondément ancré dans la vie politique et sociale, a permis à Erdogan de poursuivre une politique de refondation conservatrice. Le nationalisme à connotation ethnoreligieuse est le plus grand dénominateur commun idéologique de la société turque. L'image de la Turquie comme puissance assiégée reste vive dans l'imaginaire populaire. Il permet de justifier la politique de répression face aux prétendus périls extérieurs et intérieurs. Cet autoritarisme qui se traduit par une paramilitarisation de l'appareil d'État fait bon ménage avec les politiques néolibérales.

Depuis la disparition de la carte européenne pour établir son pouvoir, Erdogan a misé sur la polarisation sociale pour s'assurer du soutien des sunnites conservateurs. Il attise les fractures de la société turque : ethniques (kurdes), confessionnelles (alévis) et culturelles (modernistes). Il est le défenseur de l'unicité de la nation face aux Kurdes. Au nom de l'oumma il refuse aux alévis de séparer leurs lieux de culte des mosquées.

Le majoritarisme constitue la limite de sa conception démocratique. Mais comme la plupart des régimes autoritaires il a besoin de la souveraineté incarnée dans le suffrage universel. D'où la nécessité de remporter les élections. Erdogan s'appuie sur une large base sociale constituée de la bourgeoisie anatolienne, des différents milieux islamistes et des populations les plus pauvres convaincues que la résolution des problèmes sociaux se relève de la charité. Il dispose enfin d’un quasi-monopole des médias. Le scrutin de juin a montré que les 2/3 des électeurs turcs votent pour des formations conservatrices ou ultranationalistes.

Purges, violations des droits de l'Homme et crise économique

Depuis plusieurs années maintenant, la répression ne faiblit pas et s'est amplifiée depuis la tentative avortée du putsch de juillet 2016. Des coups de filets sont annoncés chaque semaine.

220 000 personnes ont été interpellées depuis le coup d’État et plus de 50 000 condamnés. Médias, secteurs éducatifs, judiciaires, militaires, économiques sont affectés. La répression a des ramifications à l'étranger : pression sur des États mais aussi disparitions et enlèvements (dont 200 revendiqués), intimidations et pressions diplomatiques, tortures dans des centres de détention arbitraires.

Cette répression frappe tous les opposants et notamment les démocrates : syndicalistes, défenseurs des droits de l'Homme et plus particulièrement le HDP : 5 000 militants, la quasi-totalité des parlementaires et des maires ont été ou sont incarcérés.

Mais ne nous y trompons pas, ce régime de guerre et de terreur place la Turquie au bord du gouffre.

- Sur le plan économique : Le PIB de la Turquie a augmenté de 30% en 16 ans et ses taux de croissance demeurent impressionnants (7,2% en 2017). Cependant cette économie n'en connaît pas moins des difficultés structurelles. En 2018 et 2019, la croissance devrait être divisée par 2 alors que la livre a perdu 40% de sa valeur, l'inflation flirte avec les 20% et que le chômage s'accroît. Les investissements reculent alors que l'endettement explose. Cette crise monétaire s'explique fondamentalement par la politique du dollar fort. L'économie turque est trop dépendante du dollar pour combler le déficit de ses comptes courants et rembourser la dette de son secteur privé.

- Sur le plan politique : L'AKP a connu un net recul aux législatives de juin 2018 et ne doit sa majorité qu'à une alliance avec l'extrême droite. Mais Erdogan n'est pas parvenu à endiguer les contestations et les résistances. Il a échoué dans sa tentative d'éliminer le HDP, seule force progressiste et pacifiste turque qui parvient à dépasser 10% des voix et dispose d'un groupe parlementaire. Les mouvements sociaux contre la crise connaissent une vigueur nouvelle en dépit de l'interdiction de la grève dans de nombreux secteurs et des arrestations. Les mobilisations sont également fortes sur la défense des libertés : mouvements des femmes, grève de la faim dans les prisons à l'image de la députée Leyla Güven, le succès de librairie de l'ouvrage de S. Demirtas... L'action opiniâtre des parlementaires HDP auprès de la Cour Européenne des Droits de l'Homme a abouti à un arrêt exigeant la libération immédiate de S. Demirtas... qu'Erdogan a rejeté. Dans la même perspective, la commission des Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe vient de recommander la sortie du PKK de la liste des organisations terroristes. De telles décisions mettent en difficultés Ankara et répondent à la demande de paix des peuples de Turquie.
Les démocrates turcs n'ont pas dit leur dernier mot. L'heure est plus que jamais à la solidarité internationaliste.

Le retour de la Turquie sur la scène internationale

Les choix géostratégiques de la Turquie de 2011 à 2016 l'avaient placée dans une situation croissante d'isolement. Ankara n'était pas parvenue à renverser le régime de Bachar al-Assad et avait vu avec stupeur s'installer, à sa frontière nord, un espace kurde autonome.

Aujourd'hui la Turquie est sortie de cet isolement diplomatique depuis son rapprochement avec Moscou en 2016. Elle se replace dans le jeu régional.

- Elle a pu lancer en 2016 et 2018 (Afrin) des opérations contre les Kurdes lui permettant d'établir un protectorat dans le nord de la Syrie installant des rebelles djihadistes et empêchant l'unification des cantons kurdes. Elle s'apprête à engager une nouvelle offensive généralisée au Rojava contre des Kurdes, affaiblis dans leurs capacités militaires et diplomatiques avec des djihadistes recyclés , l'appui de l'artillerie et des drones. Cela constituerait un nouvel embrasement régional

- La décision de Poutine, mobilisé pour parvenir à une paix en Syrie, d'accorder sa confiance aux Turcs dans le règlement d'Idlib est un élément essentiel dans la mesure où Ankara a la capacité de négocier avec les organisations djihadistes.

- Un mini-sommet organisé à Istanbul avec la Russie, la France et l'Allemagne, pour discuter d'un schéma de sortie de crise et envisager la reconstruction de la Syrie conforte et confirme le rôle incontournable de la Turquie. Elle se permet le luxe de remettre en scène Paris et Berlin qui n'ont aucun poids.

- L'affaire Khassoghi amplifie cette capacité de la Turquie à peser sur les évolutions régionales et de devenir incontournable. Elle met en lumière les rivalités entre la Turquie et l'Arabie Saoudite pour devenir le porte-étendard de l'islam sunnite.

La région est traversée par deux axes antagoniques :

. La Turquie et le Qatar, favorables aux Frères Musulmans et hostiles au wahhabisme de Riyad

. L'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et l'Égypte s'opposent à cet islam politique. Les Frères Musulmans sont perçus comme des terroristes.

Les États-Unis, marginalisés à l'échelle régionale, prennent la mesure de ces évolutions.
Ces derniers mois, plusieurs dossiers ont introduit des divergences entre les États-Unis et la Turquie. La plus importante réside dans le soutien apporté par Washington aux Kurdes du PYD. Il s'agit d'un dossier vital pour la Turquie. Mais dissensions et frictions ne veulent pas dire séparation d'autant qu'ils disposent d'intérêts communs au sein de l'OTAN.
Pour les États-Unis la marge est étroite. Trump a encore besoin de donner, pour quelque temps encore, des gages aux Kurdes dans la lutte contre les dernières poches de l'État Islamique, avant d'envisager le retrait. Mais il est clair que l'objectif est de parvenir à créer une zone sous contrôle de l'OTAN dans le nord de la Syrie, par l'intermédiaire de la Turquie et de ses alliés.
Washington a besoin de conserver de bonnes relations avec la Turquie afin de tenter de contrecarrer l'influence russe et iranienne. Les relations avec Ankara sont infiniment plus importantes qu'avec les Kurdes d'Irak ou de Syrie. Les États-Unis ont dernièrement mis à prix la tête de trois dirigeants du PKK. Le statut de pivot central de la Turquie au sein de l'OTAN doit être préservé d'autant que Trump envisage de créer une OTAN "arabe".

Nos tâches

Afin d'empêcher des engrenages mortifères et de faire prévaloir la paix, la solidarité avec les peuples de la région est indispensable.

1. Manifestation du 12 janvier 2019
En 2013, trois militantes kurdes étaient assassinées dans Paris. La justice française a reconnu ce crime d'État et a identifié le MIT (services secrets turcs) comme commanditaire. L'ambassadeur actuel de Turquie en France, Ismaël Hakki Musa, était alors directeur adjoint du MIT. Le procès n'a pas eu lieu en raison de la mort du meurtrier mais de nouvelles procédures judiciaires sont engagées. Comme chaque année, une manifestation européenne, se tiendra le 12 janvier à l'initiative des organisations kurdes. Chaque année, le PCF y participe à un haut niveau avec ses élu(e)s. Notre visibilité est donc indispensable (drapeaux, badges...).

2. Célébration de Newroz
À quelques jours des élections municipales en Turquie, les Kurdes célébreront leur nouvel an (week-end du 21 mars). Partout où Newroz sera célébré, le PCF s'y exprimera. Le collectif tient à la disposition des fédérations une trame d'intervention.

À ces deux initiatives nous reprendrons nos mots d'ordre STOP ERDOGAN ! et nous aurons probablement un matériel (autocollant) autour du thème : Paix et Démocratie avec les Peuples de Turquie

Pascal TORRE

 

Alerte Rojava / Soutien total au PYD, aux peuples et à sa jeunesse contre la barbarie (PCF, 20 décembre 2018)

 

 

Pascal Torre, avec Berivan Firat, et une militante de France-Kurdistan, au stand du PCF Finistère à la fête de l'Huma 2018: solidarité avec les démocrates et les peuples opprimés de Turquie, le combat des Kurdes pour l'égalité et la liberté!

Pascal Torre, avec Berivan Firat, et une militante de France-Kurdistan, au stand du PCF Finistère à la fête de l'Huma 2018: solidarité avec les démocrates et les peuples opprimés de Turquie, le combat des Kurdes pour l'égalité et la liberté!

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