commenter cet article …
/image%2F1489059%2F20230703%2Fob_d3a7c7_capture-d-ecran-2023-07-03-a-19-07.png)
À 28 ans, Léon Deffontaines, tête de liste des communistes aux européennes, a de la fougue à revendre. Le natif d’Amiens veut faire entendre sa voix parmi les forces de gauche et se fixe comme objectif d’obtenir 5 % des suffrages, le 9 juin.
Deffontaines, encore inconnu du grand public, a tenu son premier meeting, le 11 avril, à Amiens (Somme), sa ville natale. (Photo Charles Bury/Le Courrier Picard/PhotoPQR)
Il faut une certaine audace pour jouer à la fois la carte de la jeunesse et celle de la nouveauté. De l’audace, Léon Deffontaines, propulsé tête de liste des communistes pour les élections européennes, à 28 ans, n’en manque pas. Mais ce proche de Fabien Roussel, le leader du PCF, se distingue déjà, en ayant ouvert sa liste à d’autres forces de gauche. Y figurent ainsi Emmanuel Maurel, député européen sortant et animateur de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), une organisation dissidente du PS. Mais aussi des proches d’Arnaud Montebourg et quelques radicaux de gauche. Ce qui autorise Léon Deffontaines à affirmer : « Nous sommes la gauche unie pour le monde du travail ». Ce qui sous-tend l’autre caractéristique de sa campagne, la mise en avant des thèmes négligés par la plupart des autres listes et auxquels les Français sont pourtant très sensibles : le pouvoir d’achat, la souveraineté, l’énergie et le climat. « Nous voulons d’abord parler aux Français de la production et du travail, alors que la gauche s’est trop souvent perdue sur les questions sociétales », précise-t-il.
Son mantra est bien que cette gauche essoufflée « doit se rapprocher du monde du travail ». Et s’il n’ignore rien des enjeux de la politique étrangère, lorsque d’autres en appellent à la guerre comme une nécessité, il insiste davantage sur ce qui peut être fait pour préserver la paix. Même si ce n’est pas le meilleur moyen de briser le plafond de verre médiatique pesant sur ceux qui refusent de céder à la doxa du moment.
Remarqué par Fabien Roussel
L’engagement politique de Léon Deffontaines, de son propre aveu, doit beaucoup « à Amiens, la ville où j’ai grandi ». « Ce territoire m’a forgé », insiste-t-il. Ses parents ont le cœur à gauche (son père est fleuriste et sa mère psychologue) mais ne sont pas des militants. Lui, franchit le pas dès le lycée. La vie locale est alors marquée par la grève des salariés du site de Goodyear. Il les soutient, comme il peut. En 2014, il n’a que 18 ans, lorsqu’on lui propose de figurer en 17e position sur la liste de Lutte Ouvrière, pour les élections municipales. Un compagnonnage qu’il ne prolonge pas. Il préfère se rapprocher du Parti communiste. Le voici vite responsable fédéral, puis national du Mouvement des jeunes communistes. Tout en poursuivant des études de droit et de sciences politiques. Fabien Roussel, qui l’a remarqué, lui fait franchir un nouveau cap. Il en fait le porte-parole de sa campagne présidentielle de 2022, puis du parti, au terme du 39e congrès, en avril 2023. Certes, Léon Deffontaines, s’il gagne ainsi en visibilité, n’a toujours aucun mandat électif.
Un vent de renouveau
Pour autant, ce grand gaillard, toujours simple et accessible, plaît aux dirigeants comme aux adhérents, en quête de renouvellement. Ils sont plus de 90 % à approuver sa nomination comme tête de liste pour les européennes. Une plongée dans le grand bain qui en effraierait plus d’un. Pas lui. Il est conscient que sa fougue l’incite encore à s’exprimer sur un ton trop rapide, lors de ses interventions télévisées. « J’ai tant à dire », admet-il. En fait, il compte surtout sur la campagne de terrain et, fait de génération, sur sa présence sur les réseaux sociaux. Il se fixe donc comme objectif un score d’au moins 5 %, seuil à partir duquel il pourra obtenir des élus. Les sondages le collent encore autour de la barre de 3 %. Ils sont tout aussi pessimistes, c’est-à-dire bien en dessous des scores espérés, pour la liste des Écologistes et celle des Insoumis. Et s’ils accordent quelques points de plus à la liste de Raphaël Glucksmann, c’est surtout en les grappillant sur celle des macronistes de Renaissance. Ce qui n’est, évidemment, pas le but poursuivi par Léon Deffontaines. « J’ai jusqu’au 9 juin pour convaincre les électeurs de gauche de prendre la mesure des véritables enjeux », résume-t-il.
Où se situe-t-il sur l’échiquier européen ?
En 2019, le Parti communiste français n’a envoyé aucun député au Parlement européen. Une première depuis 40 ans, due à son faible score (2,49 % des voix). S’il parvient à franchir la barre des 5 % cette année, Léon Deffontaines siégera au sein du Groupe de la gauche, héritier des différents groupes parlementaires communistes ayant existé au Parlement européen. C’est actuellement le septième et plus petit groupe de l’hémicycle, avec 37 eurodéputés issus de 13 États membres. On y retrouve, notamment, les eurodéputés de La France insoumise, opposés au PCF sur la scène nationale française. On retrouve d’ailleurs un député sortant sur la liste de Léon Deffontaines : élu en 2019 sur la liste LFI, Emmanuel Maurel (fondateur de la Gauche républicaine et socialiste) se trouve en troisième position sur la liste communiste, cette année.
A ne pas manquer: Christian Chapiron, alias Kiki Picasso, expose à Colonel Fabien
Exposition Kiki Picasso (Christian Chapiron) au siège du PCF Colonel Fabien. "Bilan provisoire": le mouvement de l'histoire des cinquante dernières années restitué en quelques instantanés parlants sur les fracas du monde et l'ambiance de l'époque.
En cinquante tableaux à l’espace Niemeyer, place du Colonel-Fabien à Paris, l’artiste Kiki Picasso, « qui fait n’importe quoi », nous met face à l’actualité du monde.
« C’est donc là que les hommes viennent pour vivre. Je serais plutôt tenté de croire que l’on meurt ici », écrivait Rainer Maria Rilke au tout début des Cahiers de Malte Laurids Brigge, en évoquant des hôpitaux comme une métaphore de la condition humaine. « Est-ce ainsi que les hommes vivent », interrogera Aragon dans son célèbre poème du recueil, le Roman inachevé, dont les dernières lignes citent, précisément, le nom de Rilke…
Qu’on nous pardonne cette longue digression, mais c’est à cela que l’on pense au fil des cinquante peintures de Kiki Picasso, exposées à l’espace Niemeyer par l’association Libres comme l’art et le PCF, sous le titre « Bilan provisoire », évoquant pour chacune d’elles une scène marquante des cinquante dernières années. Paradoxalement, en effet, l’usage intense de la couleur, qui est la marque de fabrique de l’artiste, sur des images de l’actualité reprises telles quelles ou parfois recomposées, vient approfondir dans la plupart des cas leur portée événementielle dramatique comme renouvelant notre regard.
Né à Nice en 1956, membre et fondateur du groupe activiste Bazooka, contestant aussi bien les galeries que les institutions artistiques officielles, graphiste et vidéaste, Christian Chapiron avait pris le pseudonyme de Kiki Picasso, en 1976, par provocation, alors que les membres du groupe étaient accusés de faire du « n’importe quoi ». Le procès qui lui sera intenté par la famille du peintre sera sans suite.
Parmi les pionniers de l’utilisation des techniques numériques, il travaille pour de nombreux supports, dont Libération, toujours dans une perspective activiste et propagandiste, souvent provocatrice. Avec les peintures exposées ici, écrit Éric de Chassey, directeur général de l’Institut d’histoire de l’art à qui l’on doit de nombreuses expositions remarquées, il produit « un discours foisonnant, non réductible à une signification unique mais pas moins engagé pour autant ».
C’est ainsi que passent au régénérateur d’actualité le premier vol du Concorde, la grève des Lip à Besançon, la reprise en 1995 des essais nucléaires français à Mururoa, avec un Jacques Chirac couronné de fleurs et entouré de vahinés dont l’une tient une sculpture représentant un atome… 1994, deux soldats en béret rouge et treillis sont debout devant un champ de cadavres, au premier plan un enfant hurle.
C’est le génocide au Rwanda avec 800 000 morts pour lequel Emmanuel Macron a reconnu récemment, et pour partie, la responsabilité de la France. En 1999, c’est une armée de fourmis en combinaisons blanches qui nettoie les côtes après le naufrage du pétrolier Erika, affrété par Total… Pour chaque toile, une note rappelle l’événement, ses circonstances et ses conséquences.
Ce n’est pas, écrit Pierre Laurent, le créateur de Libres comme l’art, « une exposition qu’il faut découvrir en spectateurs mais en actrices et acteurs de ce monde en mouvement », et peut-être pour se dire que « la fin de l’histoire ça n’existe pas. C’est à nous de la peindre ». Acceptons-en l’augure.
Jusqu’au 7 mai à l’espace Niemeyer, place du colonel Fabien.
1996 - le 28 juin 1996, 300 sans-papiers africains menacés d'être expulsés dans leurs pays d'origine suite à l'adoption des lois Pasqua se réfugient dans l'église Saint Bernard de la Chapelle. Deux mois plus tard ils sont expulsés sans ménagement par plus de 1000 CRS.
1994 - Génocide des Tutsis au Rwanda avec une complicité de la France de Mitterrand avec le régime génocidaire et extrémiste hutu
Giscard et les Essais nucléaires en Polynésie - réalisation du dernier essai nucléaire atmosophérique après l'élection de Giscard d'Estaing en 1974
Chirac en Polynésie 1995: en 1995 le président Chirac autorise dans l'atoll de Mururoa une derière campagne d'essais nucléaires avant la ratification du traité d'interdiction complète des essais nucléaires
Le PCF fidèle à sa tradition internationaliste a organisé ce samedi 4 mai en son siège de Colonel Fabien une conférence internationale pour la Paix, organisée par le secteur international du Parti communiste dirigé par Vincent Boulet.
L'ouverture de cette conférence internationale pour la paix du PCF a été faite par Vincent Boulet.
Citant Jaurès à plusieurs reprises, il a rappelé que la Paix, le développement, la coopération et la solidarité internationale, la réduction des inégalités et de l'emprise des logiques de prestations financières et capitalistes à l'échelle du monde, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes contre les logiques coloniales et impérialistes, sont les mères de nos batailles.
Cette conférence pour la Paix a permis l'expression de 20 personnalités issus de partis communistes et progressistes du monde entier.
A noter notamment la présence de l'ambassadeur de Cuba et représentant du parti communiste de Cuba, Otto Vaillant Frias, de dirigeants de partis de la gauche turque et kurde (Eda Duzgun, responsable Europe du Dem Parti), iranienne (Bahman Sepheri du parti communiste Tudeh en Iran), ivoirienne (Habiba Toure), mexicaine (Sergio Avalos de la coalition de gauche au pouvoir Somos 4T), de représentant de l'ambassadrice de Palestine, du parti communiste israélien, les messages vidéos de militants pacifistes russes et ukrainiens, l'intervention du vice-président du parti communiste japonais, de l'ambassadeur du Vietnam, d'un ministre conseiller de l'ambassade de Chine, du représentant en France du parti des travailleurs du Brésil, de députés européen du PTB belge, du parti communiste portugais, d'un responsable du parti communiste espagnol et du parti de la gauche unie d'Espagne, le message vidéo depuis Belfast du président du Sinn Fein, Declean Kearney, ..
On retiendra en particulier l'excellente intervention du responsable national belge du PTB, Medhi Salhi, de Liège, 30 ans, futur candidat aux législatives, pour la Paix, contre la politique de guerre, le colonialisme, l'impérialisme et l'extension continue du capitalisme financier porté par les dirigeants européens alignés, c'est le cas de Macron et du chancelier allemand du SPD, sur les intérêts et la vision stratégique des américains. Il a aussi dénoncé avec force le deux poids deux mesures qui règnent vis-à-vis du droit et du respect des droits humains dans le discours des dirigeants du monde occidental en prenant l'exemple des crimes de masse en Palestine et au Congo tout en saluant les mobilisations énormes des citoyens et de la jeunesse en solidarité avec les Gazaouis et les Palestiniens.
Mais aussi l'intervention de l'ambassadeur du Vietnam M.Dinh Toan Thang, en cette année anniversaire de la bataille de Dien Bien Phu, décisive pour le sort du monde colonial, accueilli par Fabien Roussel, pour la Paix, la coopération et le développement.
Le très fort discours de clôture de la conférence internationale pour la paix par le secrétaire national du PCF et député du nord Fabien Roussel, qui a eu des mots très justes et importants sur la situation à Gaza et en Palestine. Et l'intervention de Nimrod Flaschenberg, membre du comité central du parti communiste israélien: "les manifestations pour le cessez le feu à Gaza et la reconnaissance des droits des palestiniens en Amérique et en Europe sont un point d'appui essentiel pour les forces progressistes et de paix en Israël et un moyen d'isoler le gouvernement d'extrême droite israélien de Netanyahou. Il faut qu'elles continuent et qu'elles s'élargissent". Nimrod Flaschenberg a également dénoncé l'apartheid qui frappe les palestiniens en Cisjordanie et en Israël.
Ismaël Dupont - 5 mai 2024