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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 07:29
Le doux rêve de la Centrale à Gaz de Landivisiau: si pure, si propre, si vertueuse dans les images de synthèse des porteurs de projet.

Le doux rêve de la Centrale à Gaz de Landivisiau: si pure, si propre, si vertueuse dans les images de synthèse des porteurs de projet.

C'était une grande réunion d'éducation populaire, un beau moment de démocratie citoyenne aussi.

120 personnes de la région de Landivisiau, de tous horizons politiques et socio-professionnels, avec beaucoup de nouvelles têtes, qui sont sorties de cette réunion regonflées sur les chances, désormais très grandes, de faire reculer l'Etat et la région sur la construction de cette Centrale à Gaz de Landivisiau virtuellement construite et gérée par Direct Energie qui est un vrai scandale politico-financier que, dans son langage, la Commission Européenne, et plus précisément les services de la Commissaire à la concurrence, Mme Verstager, ont souligné aussi.

Pour rappel, en 2012, le choix avait été fait le 29 février de situer à Landivisiau l'emplacement de la nouvelle Centrale électrique à cycle combiné Gaz de 450 MW que Jean-Yves Le Drian avait intégré au Pacte électrique breton de manière solitaire et unilatérale, sous la pression de considérations qui nous échappent, d'un deal avec le pouvoir Sarkozy-Besson, avant de la soumettre à l'information et au vote de ses élus du Conseil Régional qui ont voté sans moufter, en dehors des élus EELV et d'un élu UDB. Le 28 février au soir, la CRE, la commission de régulation de l'énergie, établissait un classement entre les 3 propositions de prestataires pour la centrale:

- EDF et sa proposition à Brennilis, ses 35 000 salariés, ses 16 centrales conventionnelles et ses 20 centrales nucléaires, et quelques Turbines à Combustion d'appoint dont 5 dans le Finistère (Dirinon, Brennilis...).

- Enel, l'équivalent italien de d'EDF.

- Et Direct Energie, 282 salariés, qui ne gèrent que quelques unités hydro-électriques et qui n'est qu'un groupe financier achetant et revendant de l'électricité nucléaire d'EDF pour faire de la spéculation sur la dérégulation du marché de l'énergie à la faveur de la loi Nome. Direct Energie dont l'actionnaire principal était Stephane Courbit, un homme clef de la bande du Fouquet's, un ami de Sarkozy, au passé et aux amitiés troubles.

Direct énergie n'a jamais construit de centrale à gaz ni aucune centrale tout court, elle n'a fait qu'acheté celle de Pont-sur-Sambre au cours d'une opération financière. Pour prétendre construire celle de Landivisiau, la boîte à fric prospérant sur les privatisations de l'énergie s'est associée au groupe allemand SIEMENS en consortium.

Le 28 février au soir, la CRE donne son avis. Le 29 février, le choix de Landivisiau est fait. De l'ultra-rapide, de l'ultra-efficace.

Une drôle de disposition accompagne la signature de l'accord avec Direct Energie: au titre de la CSPE (Contribution au Service Public de l'Electricité) que paie tout usager sur sa facture d'électricité, les citoyens verseront 40 millions d'euros chaque année pendant 20 ans que la centrale à gaz produise de l'électricité ou pas. Le montant de la CSPE a augmenté de 550% en, 12 ans. A l'origine, il s'agissait à travers cette taxe sur la facture d'électricité d'aider les gens qui ne peuvent pas payer l'électricité, de financer leur accès aux droits, de financer le développement des énergies renouvelables et la solidarité dans l'accès à l'électricité pour les zones éloignées, les îles. Désormais, selon les mots du sénateur Husson, cette CSPE est devenue un véritable "fourre-tout" qui peut désormais financer une subvention exorbitante pour une entreprise privée, qu'elle produise ou non de l'électricité.

Après l'introduction d'un des porte-paroles du collectif "Landivisiau doit dire non à la Centrale", Emile Turlan, élu d'opposition à Landivisiau, Hubert Person et Jean Corbel, ce dernier ancien ingénieur production thermique chez EDF, ont présenté et décrypté le rapport de 27 pages de la Commission Européenne.

Celui-ci est le produit d'un rapport interactif entre la commission européenne et le gouvernement français à partir du 7 janvier 2015, quand l'Etat français a interrogé l'UE sur la légalité de la prime: pour la première fois en Europe, une entreprise aurait pu construire une centrale à l'aide d'une subvention de 40 millions d'euros par an pendant 20 ans.

Normalement, une Centrale Cycle Combiné Gaz CCG fonctionne 8000 heures dans l'année au plus. Dans le projet d'appel d'offre de l'Etat, on parlait d'un fonctionnement possible de 3000 à 4000 heures dans l'année alors que la centrale avait d'abord été "vendue" aux Bretons en disant qu'elle était là pour absorber les périodes de pic de consommation. En réalité, les cycles combinés gaz en France fonctionnent actuellement entre 600 et 700 h par an en moyenne mais la moitié sont en sommeil, et trois sont sous cocon. Cette centrale CCG avec un rendement prévu de 54% ne pourrait prétendre à la CSPE, prévue pour encourager les productions d'électricité alternatives, sobres et vertueuses.

Les critiques de la Commission Européenne:

- Au moment de donner son avis en 2012, la CRE avait émis des réserves sur la date prévue par Direct Energie de mise en service de la structure. A l'origine, la Centrale de Landivisiau devait être inaugurée en 2016. Des pénalités financières étaient prévues en cas de retard. Mais elles n'ont pas été chiffrées proportionnellement à la durée du retard. Un cas tout à fait étrange.

- La commission a des doutes sur la proportionnalité de la mesure 450 MW de la Centrale à Cycle Combiné Gaz pour les besoins de la Bretagne. En effet, les menaces de black-out qui ont été agités pour faire accepter la centrale relèvent du fantasme. Le dernier black-out électrique, c'est à dire un effet domino entraînant une perturbation de tout le réseau national, date de décembre 1978. Les turbines de Brennilis et Dirinon, avec 80 à 100 heures de fonctionnement dans l'année, suffisent et sont en état de marche jusqu'en 2025. Elles remplissent tout à fait leur office pour les passages de consommation de pointe l'hiver. L'axe Lorient-St Brieuc transportant 225 000 volts est une bretelle reliant la partie sud et la partie nord de la Bretagne qui sécurise l'approvisionnement en électricité.

La commission européenne note que "la mesure est en l'espèce discriminatoire à l'égard d'autres technologies que la Centrale Cycle Combiné Gaz" : turbines TAC, méthaniseurs, éolien, éolien offshore.

Par ailleurs, l'accord pour la Centrale à Gaz de Landivisiau ne prend pas en compte le projet européen (une étude de 3 millions d'euros) de connexion par des câbles sous-marins de l'Irlande et de la Bretagne pour alimenter la Bretagne en électricité produite par des éoliennes. Le préfet de région, encore une fois pour dissimuler les alternatives à la Centrale à Gaz sous pression de Le Drian, de la région et du gouvernement, avait dit: on n'en parle plus.

- La Commission considère que la subvention de 40 millions d'euros par an pendant 20 ans à Direct Energie est injustifiée et constitue une distorsion de concurrence. En langage technocratique, cela donne: "La Commission ne peut pas exclure que la compensation qui sera retirée par le lauréat de l'appel d'offre n'excède pas ce qui est nécessaire pour couvrir tout ou partie des coûts occasionnés par l'accomplissement des obligations de service public".

La Commission a des doutes concernant l'analyse du degré d'utilité publique de la Centrale à Gaz et de la subvention financière par le ministère des affaires étrangères (qui discutait avec la Commission sous l'autorité de Laurent Fabius et qui n'a pas transmis les pièces capables de justifier de l'intérêt social de la Centrale Cycle Combiné Gaz de 450 MW à Landivisiau). La Commission laisse entendre qu'une telle aide financière annuelle à Direct Energie viole l'encadrement des compensations pour les services et constitue une distorsion de concurrence. En effet, d'autres CCG ont été construites sur le territoire français par des entreprises allemandes ou suisses sur leur fond propre, avec peu de rentabilité directe d'ailleurs. Direct-Energie serait la seule entreprise à bénéficier d'une subvention mirobolante pour la Centrale à Gaz de Landivisiau. Or, celle-ci ne correspond pas à une obligation de service public.

En effet, la dernière évaluation chiffrée officielle des besoins en production d'énergie de la Bretagne date de 2006, pour justifier à l'époque la Centrale à Gaz de Ploufragan au départ portée par GDF Suez. EDF et RTE en étaient l'auteur et elle mentionnait un besoin en production d'électricité de 150 MW. Un besoin de 150 MW dans la région de Saint Brieuc, aujourd'hui mois vrai avec l'installation de la THT.

En réalité, conclut Emile Turlan, l'appel d'offre de "l'Etat est pourri", ne repose sur aucune évaluation sérieuse des besoins, "l'Etat le sait", d'où sa difficulté à donner des documents probants dans ses échanges avec la Commission Européenne.

- Comprenons bien le modèle économique potentiel de Direct Energie pour cette centrale: EDF achète, elle a l'obligation de le faire, quels que soient les besoins réels, de l'électricité à Direct Energie à 95% du prix de marché SPOT. Et Direct Energie a le droit depuis la loi Nome d'acheter de l'électricité nucléaire vendue moins chère à EDF, comme cela, au-delà de ses 40 millions d'euros d'aide financière par an pendant 20 ans (800 millions donc au bout du compte), Direct Energie se fait de l'argent sur le dos des investissements de la collectivité. "C'est un vrai scandale financier de l'Etat, tonne avec raison Emile Turlan. Ça suffit! Si l'Etat n'a pas d'argent, comme il le prétend, il n'en a pas non plus pour ça. Sinon, il y a des tas de besoins sociaux qui méritent la priorité".

La Commission Européenne se prononce sur le manque d'utilité d'une centrale proportionnée comme celle portée par Direct Energie à Landivisiau et sur le manque de justification et même le caractère illégal de l'aide financière annuelle attribuée à Direct Energie (contraire aux traités encadrant la concurrence, les compensations aux prestations de service par l'Etat). Elle ne se prononce pas sur les pollutions engendrés par la centrale, la problématique de la lutte contre le réchauffement climatique, du développement de la sobriété énergétique, des économies d'énergie et des modes de production renouvelables.

Néanmoins, la Commission qui a laissé un mois à l'Etat français pour produire ses justifications et apporté des réponses à ces interrogations, ces réserves et ces critiques, a un pouvoir d'attaquer l'Etat et Direct Energie en Cour Européenne de Justice. Il y a un précédent, une Centrale à Gaz allemande flambant neuve dont le fonctionnement a été interrompu sur décision européenne.

Le Tribunal Administratif de Rennes avait renvoyé le collectif "Landivisiau doit dire non à la Centrale" dans les cordes en disant qui n'était pas habilité à se constituer plaignant par rapport au manque de fondement du projet de Centrale à Gaz et à ses dimensions financières interlopes avec un appel d'offre pour le moins bizarre. Désormais, l'affaire est jugée en cour administrative de Nantes suite à un appel du collectif. La Commission Européenne n'a pas eu la même complaisance et indique bien dans son rapport que le projet de Centrale à Gaz de Landivisiau repose bien sur du vide et des mensonges.

Le vent a tourné sur ce projet: bizarrement, personne, ni le gouvernement, ni la région Bretagne, ni la commune de Landivisiau n'a réagi au rapport de la Commission Européenne. Les opposants à la Centrale à Gaz, qu'on voulait faire passer pour des égoïstes (on en veut bien, mais pas au fond de son jardin), des "anti-tout préférant s'éclairer et se chauffer à la bougie", des "rigolos" voient quasiment tous leurs arguments essentiels validés par le rapport de la Commission Européenne.

Désormais, l'Etat, la Région, Direct Energie ont à qui parler et tous les citoyens de la région de Landivisiau qui désespéraient de devoir subir cette centrale ultra-coûteuse qui très certainement, n'aurait eu qu'une activité éphémère et inutile, retrouvent de l'énergie et de l'espoir pour se battre.

Compte rendu de la réunion du vendredi 19 février par Ismaël Dupont,

élu PCF-Front de Gauche à Morlaix et à Morlaix-Communauté

Membre du collectif "Landivisiau doit dire non à la Centrale"

Pour mémoire:

Motion présentée au Conseil Communautaire du lundi 6 octobre 2014 - Morlaix-Communauté

( la même motion a été présentée au Conseil Municipal de Morlaix quelques semaines plus tard)

Par Ismaël Dupont, élu Front de Gauche de Morlaix

Sans débat public contradictoire ni consultation des citoyens, une Centrale à Gaz pourrait s'implanter à Landivisiau, construite et gérée par Direct Energie, à 20 km de Morlaix, et moins de 10 km de certaines communes de Morlaix-Communauté.

L'installation d'une Centrale à Gaz à l'ouest de la Bretagne a été décidée probablement sous la pression de l’état dans le cadre du Pacte Électrique Breton voté par une majorité de conseillers régionaux de Bretagne.

L’État qui avait le choix entre trois projets industriels portés respectivement par EDF à Brennilis, Enel à Briec, et Direct Energie à Landivisiau, a choisi le projet de Direct Energie, un groupe financier qui n'a jamais construit de centrale à Gaz en France et dont l'objectif essentiel est de se positionner comme distributeur d'électricité en vendant plus cher au consommateur l'électricité d'origine nucléaire qu'EDF est obligé de vendre à ses concurrents dans le cadre de la dérégulation européenne et de la libéralisation du marché de l'électricité portée par la loi NOME.

Parmi les actionnaires principaux du groupe Direct Energie, faut-il rappeler qu'il y a Stephane Courbit, un proche de l'ancien président Nicolas Sarkozy. De là à penser qu'il a été récompensé par l'ancien président et son ministre Mr Eric Besson, il y a un pas que les esprits chagrins n'hésiteront pas à franchir...

Cette Centrale à Gaz serait construite à proximité immédiate de la ville de Landivisiau, ayant ainsi un effet sur la dévalorisation de l'environnement, de la valeur des biens immobiliers, et sous doute aussi sur la santé des habitants et la qualité des produits agricoles puisqu'une Centrale à Gaz émet des particules fines.

L'impact global sur l'environnement et le climat est loin d'être positif puisqu'une centrale à gaz consomme de l'énergie fossile qu'on ne trouve pas en France et qui est appelée à s'épuiser et à renchérir à court terme et produit des gaz à effet de serre. Au moment où la France va organiser la conférence sur le Climat en 2015, c'est regrettable que l'on s'engage dans ces projets du passé.

S'il est loin d'être avéré que cette Centrale à Gaz soit par elle-même rentable sur la durée, il est certain en revanche qu'elle coûterait très cher au citoyen puisque Direct Énergie percevrait une prime annuelle de presque 42 millions d'euros pendant une durée de 20 ans renouvelable une fois, prime financée par la Contribution au Service Public de l'électricité (CSPE), et donc payé par l'usager sur sa facture d'électricité.

La construction du gazoduc et de la ligne THT sera aussi en partie financée par le contribuable. Cet argent n'aurait-il pas été mieux employé à développer les énergies renouvelables et l'aide à la rénovation thermique des logements sociaux et anciens ? Cela n'aurait-il pas créé davantage d'emplois ?

Au nom de quel intérêt général construirait-on cette Centrale à Gaz?

La France exporte déjà 13 % de son électricité. La Bretagne n'a jamais connu les « black out » lors des pics de consommation que l'on met en avant pour justifier la construction de cette centrale et, de toute façon, pour être rentable, cette Centrale devrait être beaucoup plus plus qu'une centrale d'appoint et fonctionner quasiment toute l'année. La Bretagne est insérée dans une région bien plus vaste pour ce qui est de la production et de la distribution d'électricité : en quoi devrait-elle être auto-suffisante et indépendante en matière énergétique ?

Au vu de ces différents arguments, les élus du Conseil de Communauté et de Morlaix-Communauté affirment leur opposition à l'installation d'une Centrale à Gaz à Landivisiau et leur volonté que le pacte électrique breton soit réactualisé pour gagner en cohérence sur le plan de la nécessaire transition écologique tout en misant sur le développement des nouvelles filières d'activité qui y sont associés.

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 06:39

Déjà plus de 1200 signatures ont déjà été collectées pour la pétition pour le maintien de la déchetterie à Plougonven et un schéma cohérent des déchetteries sur le territoire de Morlaix-Communauté.

Jusqu'ici, c'est surtout sur des points de signature de la pétition situés dans des commerces de Plougonven, Guerlesquin, Lannéanou, Botsorhel que les citoyens ont voulu marquer leur attachement à ce service public de proximité essentiel qu'est la déchetterie de Toulivinen, la plus récente installée sur le territoire de Morlaix-Communauté, et qui est aujourd'hui rayée de la carte dans les deux scénarios envisagés par l'exécutif de Morlaix-Communauté.

Ceux-ci s'accompagnent tous deux d'une réduction de nombre de déchetteries et de plate-formes de déchets verts, avec malgré tout un plan d'investissement de près de 9 millions d'euros pour celles qu'on modernise ou les nouvelles que l'on crée.

Pour la déchetterie de Plougonven, une déconstruction coûterait autour de 125 000€ alors que sa construction avait coûté 370 000€ en 2006! Veut-on de ce gâchis d'argent public, alors même que la qualité et l'accessibilité du service proposé aux citoyens baisse, et que Morlaix-Communauté veut augmenter le taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères et de la taxe d'habitation?

Un "collectif citoyen pour le maintien de la déchetterie de Plougonven et un schéma cohérent des déchetteries sur le territoire" a été créé le vendredi 19 février à Saint-Eutrope.

Il prévoit de continuer le combat en y associant un maximum d'habitants de Morlaix-Communauté qui actuellement ne sont nullement tenus informés, nullement consultés, pas plus que les simples élus communautaires, même membre de la commission environnement, sur les projets de fermeture, de rénovation et de création de déchetteries sur le territoire.

Cette question de la gestion des déchets est trop importante et représente des enjeux sociaux, environnementaux, financiers trop lourds pour qu'on la laisse à la discrétion de quelques élus qui ne pensent que rentabilité, économies sur le personnel, et amortissement des baisses de dotations de l'Etat (10 millions d'euros entre 2014 et 2017 de retirés à Morlaix-Communauté).

C'est tous ensemble que nous gagnerons la préservation de notre déchetterie de Plougonven.

Des présences sur le marché de Guerlesquin et de Morlaix sont prévues dans la semaine à venir. Le collectif va aussi prendre rendez-vous avec le maire de Plougonven Yvon Le Cousse et rencontrer les élus de Morlaix Communauté.

Toute la population est appelée à signer la pétition pour éviter l'éloignement des habitants du sud-est de Morlaix Communauté par rapport aux déchetteries et maintenir nos services publics, ici comme ailleurs.

A l'heure où le gouvernement retire des moyens à presque tous les services publics, quand il ne les privatise pas au fur et à mesure, et où l'exécutif de Morlaix Communauté dans son "projet de territoire" ne fait quasiment aucune référence au service public, nous pouvons nourrir les plus grandes inquiétudes. Mais nous savons aussi que l'implication citoyenne pour les services publics, le droit à la consultation des citoyens et le développement durable peut payer, si elle est suffisamment forte.

Déjà 1200 signatures pour le maintien de la déchetterie de Toulivinen à Plougonven: un collectif citoyen a été créé ce vendredi 19 février à Saint-Eutrope
Déjà 1200 signatures pour le maintien de la déchetterie de Toulivinen à Plougonven: un collectif citoyen a été créé ce vendredi 19 février à Saint-Eutrope

Vous êtes habitant de Morlaix Communauté, vous pouvez signer et faire signer la pétition.

Les pétitions sont à renvoyer, les plus remplies possible, à Martine Carn/ 2, Dour Vian/ 29 640 PLOUGONVEN

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 06:30
Projet de rénovation à Kerfraval: les habitants inquiets de n'avoir aucune réponse d'Aiguillon Construction sur le sort de quatre bâtiments en face de la cour d'école de l'école Jean Piaget
Projet de rénovation à Kerfraval: les habitants inquiets de n'avoir aucune réponse d'Aiguillon Construction sur le sort de quatre bâtiments en face de la cour d'école de l'école Jean Piaget
Projet de rénovation à Kerfraval: les habitants inquiets de n'avoir aucune réponse d'Aiguillon Construction sur le sort de quatre bâtiments en face de la cour d'école de l'école Jean Piaget

Quatre bâtiments centraux de la résidence d'"Aiguillon", organisme HLM et promoteur privé, "Les jardins du Launay", dénommés sur les plans d'Aiguillon G H P Q, ont été retirés du plan de rénovation des bâtiments de la résidence "Les Jardins du Launay" qui touche aujourd'hui 14 bâtiments et 280 logements où, par tranches successives de travaux, à partir de janvier 2016, Aiguillon Construction, avec un plan de financement de 5,5 millions d'euros, largement subventionné par l'argent public, pratiquera les indispensables désamiantage, restauration, rénovation, isolation qui s'imposent depuis des années.

Ces travaux de rénovation, d'isolation thermique et de désamiantage étaient plus que nécessaires car les bâtiments de cette résidence à l'architecture novatrice et audacieuse et à la qualité de vie attestée par les habitants, la proximité des écoles et des services, étaient plus que nécessaires, tant les appartements étaient durs à chauffer, dégradés et humides pour certains d'entre eux.

La résidence du Launay, bâtie sur un marécage avec des matériaux et des méthodes de construction bon marché parfois inadaptés en dépit de la conception originale et intelligente des bâtiments et des logements mettant l'accent sur la vie sociale, les espaces de jeu, de détentes, les jardins, avait déjà fait l'objet d'une rénovation dans les années 1980 suite à un mouvement de protestation contre la dégradation rapide des logements et de rétention de loyers des locataires de ces immeubles HLM.

A l'époque, il y avait beaucoup de mixité sociale à Kervraval, grâce à la présence de l'école Freinet Jean Piaget à côté et au caractère novateur du bâti et à la qualité de vie qu'il proposait alors pour les familles.

L'architecte Weber, initiateur du projet, qui avait dû payé des sommes énormes suite aux malfaçons des bâtiments et aux plaintes qui s'en étaient suivies, avait été quasiment ruiné.

Depuis, pendant des décennies, aucuns travaux d'importance n'ont été réalisés dans les bâtiments de Kerfraval et les locataires se plaignaient à raison de logements qui se dégradaient et qui ne correspondaient plus aux normes de confort et d'isolation en dépit du soin qu'ils apportaient à l'aménagement de leurs appartements.

Aiguillon, voyant que des travaux étaient prévues à Pors-ar-Bayec sur les logements Habitat 29, a peut-être pris la mesure de l'urgence de pratiquer ces rénovations pour ne pas dévaloriser son parc en comparaison, et favoriser une fuite des locataires, et a donc programmé finalement ces travaux.

Seulement, dans la première rencontre de la direction régionale d'Aiguillon avec les locataires, il était question de rénover 17 bâtiments, c'est à dire la totalité.

C'est d'ailleurs ces informations là qu'avaient alors la mairie de Morlaix et qui se trouvent sur son site internet.

Or, en janvier 2016, un permis de rénovation a été délivré par la mairie qui ne concerne que 14 des 17 bâtiments, et qui laisse de côté les quatre bâtiments au milieu d'un fer à cheval ouvert sur la cour de récréation de l'école Jean Piaget, dont celui qui contient les bâtiments accueillant des personnes rattachées aux Genêts d'Or.

Or, on parle d'un déménagement possible de ces locataires des Genêts d'Or qui dont les locataires seraient relogés ailleurs. Tous ces logements individuels seraient peut-être difficiles à relouer pour Aiguillon. L'organisme HLM veut-il en profiter pour raser les bâtiments afin d'affecter les terrains à un autre programme de construction?

Les locataires des ces bâtiments G H P Q, 3-4-5 rue des Bouleaux, qui n'avaient pas été conviés à la 3ème réunion avec Aiguillon Construction pour parler des travaux, réunion où les représentants de la direction régionale d'Aiguillon, très professionnels de la com' et du marketing, ont présenté un beau diaporama d'images de synthèse sans vouloir répondre à des questions dérangeantes et en prenant de très haut les locataires, nourrissent de fortes inquiétudes.

On a refusé de leur dire si les bâtiments non concernés par le programme actuel de rénovation seront bien rénovés plus tard ou non. On ne leur a pas dit non plus pourquoi ils avaient été soustraits du programme de rénovation.

Des raisons techniques liées à la quantité d'amiante, à des difficultés particulières au bâti ont été invoquées, ces bâtiments ont exactement la même structure que les bâtiments voisins, même si les terrasses d'origine ont été couvertes de vérandas.

Par ailleurs, s'il y a trop d'amiante dans ces bâtiments et qu'on le savait, c'est irresponsable d'avoir laissé les locataires vivre dedans pendant des années.

En réalité, il s'agit plus probablement, c'est du moins l'hypothèse que l'on peut faire à cette étape, d'un prétexte pour démolir et faire autre chose à la place sur le grand terrain central laissé vacant.

Or, des dizaines de locataires habitent là, dont pas mal de femmes seules à faibles revenus, certaines avec des enfants, mais aussi des personnes âgées qui se sont habituées à leurs appartements et s'y plaisent et se voient mal déménager à leur âge. Cela a été dit aux représentants d'Aiguillon, qui n'ont pas montré beaucoup d'empathie ni de prise en compte véritable de la dimension humaine, d'où une réunion qui est devenue assez houleuse le 17 décembre. C'était le jour du Conseil Municipal et les représentants de la majorité municipale n'étaient donc pas présents.

Le représentant d'Aiguillon a dit qu'en cas de destruction des bâtiments, ces personnes seraient relogées mais que pour l'instant, il ne pouvait pas répondre à la question du maintien ou pas des bâtiments, sans plus d'explication à donner.

Aux personnes qui ont mis en avant les aménagements coûteux qu'elles avaient financés à leur frais (cuisine aménagée, douche, parquet...) sur leur appartement, on a répondu de manière humainement peu acceptable: "quand vous êtes le locataire, on ne se prend pas pour des propriétaires".

Depuis, aucune réponse aux lettres, aux coups de téléphone. Aiguillon à Rennes a même raccroché au nez d'une représentante de la CLCV !

Au bureau local d'Aiguillon, sur place, on n'est pas non plus habilité à donner des informations aux locataires.

Certains travaux sur des portes de parking à ouverture électrique dégradés ne sont pas réalisés depuis des semaines sur les bâtiments non concernés par les travaux, sans que les locataires arrivent à savoir pourquoi.

Une pétition a circulé dans Kerfraval pour demander à ce que ces bâtiments G H P Q fassent aussi l'objet d'une rénovation et ne soient pas détruits: plus de 70 locataires ont signés cette pétition.

Elle a été remise hier en mairie de Morlaix, aux services techniques par une habitante que j'ai accompagnée, et Mr Guilcher, adjoint à l'urbanisme et aux travaux, nous a dit qu'un rendez-vous avait lieu vers le 6 mars avec Aiguillon Construction pour éclaircir le sort de ces bâtiments et évoquer aussi le site de l'école de Troudousten.

Maintenant, les locataires de ces logements attendent qu'on leur dise la vérité, qu'on les traite comme des adultes et qu'ils aient accès à l'information. Ils veulent être respectés. Ils veulent rester vivre dans leurs logements et que ces logements soient rénovés comme les autres.

La mairie de Morlaix, qui travaille avec Aiguillon sur plusieurs dossiers, a des arguments pour faciliter cela.

Ismaël Dupont, conseiller municipal d'opposition, PCF-Front de Gauche à Morlaix

Morlaix, le vendredi 19 février 2016

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 06:00

Ah! Cette fameuse détention administrative dont se délecte tant le gouvernement et la "justice" israélienne. Héritière du droit colonial britannique, celle du fameux mandat sur la Palestine, elle est utilisée de la même manière par Tel-Aviv. Au trou, pour six mois, emprisonnement renouvelable autant qu'il le faut. Comme le veulent les maîtres. Nul besoin de donner des raisons. Le droit n'existe plus. Est-ce là l'attitude d'un pays qui s'autoproclame "la seule démocratie du Proche-Orient"?

Des milliers de Palestiniens (peu importe qu'ils soient hommes, femmes ou mineurs) sont incarcérés à ce titre. Parmi eux, le journaliste palestinien Mohamed Al Qiq. Le Shin Beth, la sécurité intérieure israélienne, l'accuse d'être un membre actif du Hamas, considéré comme "terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l'Union Européenne. Nul besoin de preuves. Notre confrère a été mis en prison comme un vulgaire prisonnier de droit commun. Et l'on sait, par des organisations israéliennes comme B'Tselem, que la torture est un quotidien des geôles israéliennes. Etre membre du Hamas serait donc un élément suffisant pour embastiller un Palestinien?

Mohamed Al Qiq a toujours dénoncé cette incarcération. Il est entré en grève de la faim pour dénoncer une arrestation et une détention arbitraire. Pour être entendu, il observe une grève de la faim depuis le 25 novembre. Il entend dénoncer "la torture et les mauvais traitements qu'il a subis pendant son interrogatoire" a indiqué Addameer, une organisation palestinienne de défense des prisonniers. "Il a perdu la capacité de parler et a du mal à entendre", selon son avocat. Transféré dans un hôpital, il est toujours, en réalité, sous contrôle des autorités judiciaires israéliennes.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) vient de dénoncer les mesures prises contre ce journaliste et vient d'interpeller Benyamin Netanyahou.

Pierre Barbancey, L'Humanité du 19 février 2016

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 05:43
Fête du Viaduc - 1er Mai - Tableau de Marie-Paule Kerebel

Fête du Viaduc - 1er Mai - Tableau de Marie-Paule Kerebel

Ce 1er mai 2016, la 52e fête du Viaduc du Parti Communiste du pays de Morlaix dédiée à Marie-Paule Kérebel

La 51 ème édition de la fête du Parti Communiste à Morlaix qui aura lieu le dimanche 1er mai 2016 place Allende sera dédiée à notre camarade et amie Marie-Paule Kerebel, ancienne adjointe communiste aux Affaires Sociales, décédée il y a quelques mois.

A cette occasion, une expo-vente de ses tableaux aura lieu, animée par Elise Kerebel et Lucienne Nayet.

Mona Jaouen sera l'invitée vedette de la fête du Viaduc pour la partie musicale.

Le plateau artistique sera complété par le trio "Quenderu" (cousin en vieux breton) avec Joël CORRE (petite cornemuse), Dominique CORRE (accordéon) et le chanteur de chants marins.

Mona Jaouen (Ouest-France)

Mona Jaouen (Ouest-France)

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 04:12

Dans cet article, la section du PCF de Morlaix appelle à souscription pour acquérir un local: "pour le payer, il nous faudra chaque année des centaines de milliers de francs... Rappelons qu'une souscription régionale est ouverte pour la "Maison du Parti à Morlaix" - CC.P Louis Ollivier 2202-37 Rennes".

"La campagne pour les élections législatives est commencée. Le 25 septembre à La Madeleine se tiendra le premier meeting organisé par le Parti Communiste pour soutenir notre candidat Alphonse Penven"

Dans la 4ème circonscription, Alphonse Penven, maire de Huelgoat et Conseiller Général depuis 1945 (il fut élu à 32 ans à une écrasante majorité: il était prisonnier de guerre pendant la seconde guerre mondiale, s'est évadé en 1941 et est entré dans la résistance), avec comme suppléant Michel Derrien, instituteur à Morlaix, obtiendra aux législatives de 1967 19,4% au 1er tour (contre 15,8% en 1962) et se désiste en faveur du PSU Roger Prat (26,7% au 1er tour) qui est élu avec 50,1%.

Le PCF Morlaix organise sa deuxième fête du 1er Mai à la Madeleine (ou sous les Halles s'il pleut...): "Notre Finistère" (supplément à l'Humanité Dimanche) -18 septembre 1966
Le PCF Morlaix organise sa deuxième fête du 1er Mai à la Madeleine (ou sous les Halles s'il pleut...): "Notre Finistère" (supplément à l'Humanité Dimanche) -18 septembre 1966
Dans le même numéro de L'Humanité Dimanche, supplément 4 pages "Notre Finistère": Le Finistère était bien représenté à la fête de l'Huma... avec 6 stands: le stand de la Fédé tenu par les sections de Concarneau et de St Pol de Léon, la section de Brest-Centre, de Brest-Arsenal, de Kerhuon, de l'Union des Jeunesses Communistes, de l'Union des Femmes Françaises

Dans le même numéro de L'Humanité Dimanche, supplément 4 pages "Notre Finistère": Le Finistère était bien représenté à la fête de l'Huma... avec 6 stands: le stand de la Fédé tenu par les sections de Concarneau et de St Pol de Léon, la section de Brest-Centre, de Brest-Arsenal, de Kerhuon, de l'Union des Jeunesses Communistes, de l'Union des Femmes Françaises

Et pour se régaler, heureusement qu'il y a "les Supers centres Leclerc"

Et pour se régaler, heureusement qu'il y a "les Supers centres Leclerc"

Notre Finistère (supplément à l'Huma Dimanche) 4 septembre 1966: il y a 50 ans!

Notre Finistère (supplément à l'Huma Dimanche) 4 septembre 1966: il y a 50 ans!

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 22:51

Mort des trains de nuit : le rapport « Duron » l’avait préconisé, le gouvernement le fait. (Olivier DARTIGOLLES)

Suivant les préconisations du rapport « DURON » sur l’avenir des trains d’équilibres du territoire, rendues en mai 2015, Alain Vidalies, secrétaire d’état aux transports, a annoncé ce matin la disparition quasi-totale des trains de nuit. Seules les lignes Paris-Austerlitz-Briançon et Paris-Austerlitz-La Tour-de-Carol sont maintenues. Cette annonce sera effective dès l’été prochain.

La volonté de désengagement est justifiée par l’Etat en raison du coût trop élevé que représente les trains de nuits.

Deuxième annonce, ces lignes pourront être cédées à des opérateurs privés. Une fois de plus la logique concurrentielle prônée par l’Union Européenne et soutenue par le gouvernement français met à mal le service public ferroviaire.

Ces annonces, qui concernent des trains qui relèvent de l’intérêt national, remet en cause à la fois l’égalité d’accès au territoire ainsi que l’aménagement du territoire.

Nous ne laisserons pas faire.

Engagé dans « la bataille du rail », nous continuerons à œuvrer au quotidien pour que perdure et se développe un service public ferroviaire de qualité, accessible à tous et quel que soit son lieu sur le territoire.

Mort des trains de nuit: le rapport Duron l'avait préconisé, le gouvernement l'a fait (Olivier Dartigolles, PCF)
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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 22:47

Pour un Front de gauche au service de la refondation de la gauche

http://mpvieu.canalblog.com/

La première interrogation que l'on peut avoir, quand on évoque le Front de Gauche porte sur la pertinence même du sujet. Y a t il encore une actualité, une vie de ce côté là?

Je le crois, et je vais m'en expliquer.

Mon propos ne peut cependant nier l'état végétatif dans lequel il est aujourd'hui.
De l'élection de François Hollande aux régionales de décembre 2015, de scrutin en scrutin, ses forces se sont dispersées, sa cohérence étiolée, son activité s'est réduite jusqu'à devenir quasi inexistante. Le Front des luttes et les fronts thématiques ont jeté l'éponge alors qu'ils constituaient avec les assemblées citoyennes, la cheville militante et citoyenne du FdG.
On a vu nombre de personnalités sociales, intellectuelles qui avaient vu dans la création même de ce rassemblement puis dans la campagne présidentielle de 2012 la marque d'un renouveau à gauche, se retirer sur la pointe des pieds, aller parfois voir ailleurs pour finalement ressortir dépités. Ce ressentiment lié à la perte de sens de notre action commune a aussi progressivement gagné les rangs militants jusqu'à nous dresser, non plus les uns aux côtés des autres, mais les uns contre les autres.

En s'engageant mercredi 10 février vers une nouvelle candidature à la Présidentielle de 2017, sans même que cette question n'ait fait l'objet d'un débat des composantes du FdG, Jean Luc Melenchon a rajouté de la confusion à la confusion, et porté un nouveau coup à l'édifice déjà suffisamment fissuré.

Cette annonce a été préjudiciable pas seulement du point de vue de sa symbolique, à savoir, la négation en acte de la 6ieme République au service de laquelle elle entend se mettre. Elle a aussi constitué un acte politique qui dans les conditions et au moment où il intervient, contribue à fragiliser plus qu'à aider la mise en mouvement des forces disponibles pour l'alternative, et hypothéque plus qu'il ne sert les bases d un grand mouvement populaire et citoyen.

Je trouve important de dire cela d'emblée et que nous en débattions, car il est important que le FdG sorte de la panne sèche l'immobilisant.

L'affirmation d'une autre politique comme la refondation de la gauche plaident pour consolider et non diviser l'unité des forces anti libérales. Elle appelle à renforcer au plan des luttes sociales, dans son assise politique et idéologique comme dans son périmètre de rassemblement, le combat anti austeritaire.

L'acte de naissance du FdG est la campagne référendaire de 2005. Il est urgent qu'il s'adresse et vise à rassembler tous les déçus et victimes de la présidence Hollande pour ensemble ouvrir une autre voie que celle de la soumission aux marchés. "L ´Humain d'abord" portions-nous en 2012, " un nouveau monde en commun" avons-nous écrit en LRMP lors des dernières régionales : c'est ce terreau là qui est d'actualité, et fédérateur.

Je voudrais ajouter un mot ici. L'extrême gravité de la situation politique nous demande de nous hisser au niveau de solutions, qu'il s'agit de porter collectivement.

Le PCF est la force la plus importante du FdG, en terme militant, d'ancrage local, et de bases électorales. Il nous incombe un rôle accru pour être collectivement force d'initiative et peser positivement sur les orientations à prendre.
L'avons nous suffisamment fait, y compris entre les élections pour sortir de la notion de cartel comme nous en ambitionnions nous-mêmes?
Avons nous poussé comme il fallait, certains débats de fond qui avaient des incidences fortes sur notre existence de FDG?
J'ai par exemple la conviction que nous aurions dû mieux ferrailler sur le fait qu'être autonomes des choix gouvernementaux, ne signifiait pas en rebaisser sur notre objectif politique de transformer toute la gauche. Aujourd'hui trop de militants dans nos rangs ont perdu de vue notre ambition majoritaire qu'ils vivent désormais comme une compromission.

Ce sont toutes ces questions qui méritent d'être approfondies dans la préparation de notre congrès.

Je voudrais ici en pointer cinq autres attenant au sens de notre action politique, et à notre implication dans le FdG.

- La première concerne la situation politique dans notre pays et notre capacité à bien l'apprécier pour en tirer nos responsabilités collectives.

La recomposition à l'oeuvre fait table rase des repères commun, des solidarités existantes. Porte sur des terrains aussi structurants que le travail, la démocratie, la République, les cadres de vie et l'écologie. Elle conduit à des nouvelles ruptures d'égalité qui signifient plus de déclassements, de discrimations et de violences sociales. On parle d'éclatements possibles en Europe, de nouvelle crise financière. Le pouvoir assume ces orientations, les revendique même, la différenciation avec la droite s'opérant moins sur le fond que sur la graduation et le rythme des réformes. Sur ce terreau de régression organisée, le FN voit son rayonnement se développer exponentiellement à l'absence de perspective et à la désespérance. Le scénario d'un match à trois dès le 1er tour de la Présidentielle n'est pas un leurre. Si rien ne se passe il sera la simple reproduction de ce que nous avons connu aux régionales, en PACA ou dans le Nord.

Cela conduirait à la disparition des radars politiques de la gauche et de sa fonction transformatrice. En terme électoral, de représentation institutionnelle mais également en réduisant son rayonnement culturel.

- C'est pourquoi, deuxième point, le PCF pointe comme déterminante la convergence de toutes les forces disponibles à gauche pour la construction d une autre politique.

Disant cela nous ne sommes pas sur une logique de cartels, mais de construction populaire qui implique évidemment de travailler la question du rassemblement de partis et forces sociales mais nous demande également de lever les obstacles à l'unité de populations, catégories sociales, de publics, tous également touchés, exploités, discriminés et laissés pour compte du capitalisme. Dit autrement cela appelle à travailler le terrain de la lutte des classes et celui de l'unité sociale de toutes celles et ceux victimes du système.

Voilà plusieurs années que le FdG a fait ce même diagnostic, que la seule addition de nos composantes ne suffirait pas à donner une légitimité une assise et une vocation majoritaire aux exigences de transformation émergeant de la société. On a pointé le besoin de débattre, de lister et faire vivre ce qui faisait du commun avec ceux qui dans les rangs écologistes et socialistes contestaient les orientations gouvernementales. En même temps, de travailler les mêmes convergences avec les forces sociales et chercher à fonder des outils pour l'intervention citoyenne. Est-il besoin de préciser que cette question de rassemblement n'a de sens que si elle est lié a des batailles politiques et d'idées?

La question écologiste de ce point de vue est apparue comme une entrée universelle pour faire grandir les exigences de rupture avec le libéralisme ; pour ne citer que la conscience aujourd'hui mondiale de faire face au réchauffement climatique.

Cela a eu des conséquences dans notre pratique militante et de rassemblement comme nous l'avons vécu dans plusieurs départements et régions.

L'actualité du débat sur la déchéance de nationalité comme celle de la révision du code du travail, le remaniement gouvernemental et la stratégie de division de la gauche par Hollande doivent nous pousser à faire encore plus oeuvre de rassemblement et de mise en mouvement.

C'est pourquoi quelque soit la légitimité de la candidature de Jean Luc Mélenchon, on ne peut en rester en l'état du débat. S'il est une urgence aujourd'hu,i elle réside moins dans la personnalisation du combat à mener, que dans la clarification des termes politiques de la Présidentielle, la confrontation de projet et la construction de ponts pour créer du lien et du commun entre les exigences portées, les femmes et hommes, forces qui se retrouveront dans cette démarche de contenu.

- L urgence est aussi à construire et c'est mon troisième point, un cadre et un processus partagé pour un plate forme et d'une candidature commune pour 2017. C est ce qui a conduit le PCF mais également Ensemble! et également République et Socialisme à examiner les conditions de l'organisation de primaires.

Pourquoi? Parce qu'il existe aujourd'hui une aspiration profonde et forte à gauche de voir émerger quelque chose d'autre, de vivre une autre histoire que celle décrite plus haut d'une candidature Hollande comme ultime recours face aux faux frères ennemis droite/FN.
Parce que cette aspiration conduit une partie importante de nos concitoyens à penser qu'une primaire pourrait être le bon moyen pour permettre la dynamique d'intervention utile à une telle construction.

Nous avons trouvé important de ne pas passer à côté de cette aspiration, et de lui donner un sens. Le PCF a ainsi rendu publique jeudi 18 fevrier la proposition de l'élaboration citoyenne d'un plate forme comme socle d'entrée dans le processus, et pour les candidats à l'investiture.

Il est clair dans notre esprit comme dans beaucoup d'autres, que cette plate forme pour répondre aux exigences exprimées doit rompre avec les orientations conduites par le pouvoir ce dernier mandat. A commencer par l'Europe.

Dès lors une telle démarche de débats et de recherche de convergences à gauche avec l'ambition à terme d'une candidature commune ne peut elle pas devenir le bien commun de tout le FdG? Et pour JLM, intégrer un tel processus?

Je crois qu arriver à cette cohésion constituerait un point d appui certain pour sa réussite .

- Quatrième point. Il a trait au lien FdG/refondation de la gauche. Je suis bien consciente que ce dernier "terme" ne signifie plus grand chose pour toute une partie de ceux que nous voulons rassembler, et qu'il convient de le faire vivre par son contenu, ce qui est signifiant pour eux.
Par exemple, ce qui est facteur de progrès pour tous, de libération et d'émancipation, d'émergence de bases pour affirmer un autre monde...

Nous avons un travail d'écoute et de conviction à mener. Il ne s'oppose en rien à celui de rassemblement que nous voulons opérer. Dans son intervention politique le FdG n'a pas à exacerber la fracture peuple et partis, citoyens et établishment comme je le lis parfois sur les réseaux sociaux. Les lignes de clivage existent, il n'est pas besoin de les accroître au risque de dresser un mur entre des forces qu'il y a urgence à faire se retrouver dans une ambition commune et positive.
Je suis consciente que ce débat traverse tout le débat alternatif européen et pour l'heure d'ailleurs demeure ouvert. Pour ma part je reste convaincue qu en France on ne peut faire l'économie d une convergence politique sociale et citoyenne.

- Mon tout dernier point concerne le congrès du PCF.

Je n ai jamais considéré le FdG comme une construction électoraliste qui pourrait ponctuellement combler nos propres manques dans notre réflexion stratégique et de projet. En fait je pense tout le contraire, à savoir que le FdG a besoin pour se développer que le PCF avance dans ces débats. Il me semble alors que le triple travail que nous menons sur le projet, les évolutions militantes et 2017 doit constituer le moyen de mieux définir la fonction communiste.

" Un de nos soucis politiques est de tenter de résister à l'altération de l'identité comme un petit magot que les autres viendraient grignoter" a souligné Patrick Boucheron sur France Inter il y a quelques semaines. Il ne parlait pas du PCF en particulier, mais c'est à lui qu'il m'a renvoyée.
Je crois que la période nous intime d'être en capacité d'identifier, donner du sens et de la force à tout ce qui concourt à transformer la société. De fait à être un force ouverte à la diversité du monde.. une force en mouvement. Il est urgent que nous produisons les outils théoriques pour mieux l'inscrire collectivement au coeur de notre pratique militante.

Marie-Pierre Vieu: Pour un Front de Gauche au service de la refondation de la gauche
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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 22:41

A lire sur le blog de Frank Mouly, militant communiste de Chelles proche des vues de Francis Parny, cette contribution très stimulante qui rappelle la nécessité de poursuivre et de stimuler la dynamique du Front de Gauche tout en prenant en compte les enjeux globaux des transformations culturelles, sociales et économiques mondiales et en construisant des réponses pour le XXIe siècle:

http://www.frankmouly.fr/les-conditions-dun-nouvel-elan-communiste/#more-1236

Franck Mouly est aussi l'auteur d'un texte important soumis en vue des débats du Congrès du PCF:

Elargir notre rassemblement en confortant les assemblées citoyennes

Acteurs d'assemblées citoyennes du Front de gauche et membres du Parti communiste, nous voulons dire notre préoccupation et notre espoir.

Depuis des années, nous avons progressivement créé ces nouveaux espaces de la vie politique de nos villes. Ce ne fût pas simple, notamment après l'expérience des collectifs anti-libéraux. Pas simple pour les communistes, se vivant au début en extériorité d'avec le « Front de gauche » ou craignant de s'y diluer. Difficile pour nos partenaires politiques, méfiants parce que minoritaires et parfois arque-boutés pour faire exister leurs spécificités politiques. Pas simple pour des citoyens, parfois d'anciens militants échaudés, ou se vivant comme observateurs impuissants des débats nationaux souvent houleux entre les principales forces et leurs dirigeants.

Malgré ces difficultés, nous avons, année après année, scrutin après scrutin, lutte après lutte, su bâtir du commun. Les hommes et les femmes qui se côtoient dans nos assemblées, au-delà du plaisir qu'ils ont à penser et agir ensemble, se sont enrichis de leurs cultures respectives pour créer une identité politique commune. Les communistes, si attachés à juste titre à leur Parti, à leur histoire, à leur visée, ont progressivement assumé que leur appartenance à ce mouvement du Front de gauche, ne diminuait nullement leur identité communiste. Au contraire, bien souvent les communistes ont puisé dans ces espaces, une nouvelle fierté et une nouvelle légitimité, celle de jouer une rôle de premier plan, un apport décisif, organisationnel et souvent théorique. Nous nous sommes sentis utiles. Cela a contribué à un certain renouveau dans l'engagement au sein de notre parti et au dehors. Logiquement, des militants de nos assemblées citoyennes ont fini par adhérer au PCF.

Certes, les résultats électoraux n'ont pas toujours été à la hauteur de nos espoirs, notamment après le bon score de 2012. Ils ont néanmoins mis un coup d'arrêt au déclin de notre influence électorale et militante. Localement, nous comptons. Nos assemblées, leurs porte-parole, leurs élus sont devenus de véritables repères pour les populations et les mouvements sociaux. C'est une force. Nous portons un socle d'idées communes essentielles : en finir avec la finance, engager la transition écologique, partager les richesses, etc...

Nous avons observé avec inquiétude l'affaiblissement du Front de gauche dans son existence nationale. La presse s'est fait l'écho de désaccords, certes fondés sur de réels débats, mais dont l'expression violente a constitué un frein à notre activité. Nous avons par ailleurs constaté que dans les discours comme dans les actes produits nationalement par notre Parti, le Front de gauche est progressivement apparu comme une hypothèse stratégique parmi d'autres, secondarisée. Nous avons constaté que le travail sur le fond qui nous aidait à alimenter nos batailles politiques, s'est arrêté. Les actions que le PCF se proposaient d'engager nationalement, comme celles du PG ou d'Ensemble ne convergeant plus, nous nous retrouvions orphelin d'une dynamique commune.

Au début de l'année, l'annonce de la possible inscription du PCF dans un processus de primaires a semé le trouble, parmi les gens engagés dans nos assemblées citoyennes, mais aussi parmi les communistes. Elle est source de division, même si nous avons rapidement précisé qu'en aucun cas nous n'envisagions de nous rallier à la ligne Valls/Hollande. Enfin, la décision unilatérale de Jean-Luc Mélenchon, il y a quelques jours, de se porter candidat est une mauvaise nouvelle de plus. Elle ne contourne pas seulement les partis, mais également les hommes et femmes engagés dans nos assemblées citoyennes.

Il faut sortir de cette impasse. Chacun doit prendre ses responsabilités, à commencer par notre Parti. Dépasser le Front de gauche pour un plus large rassemblement, ça commence par rassembler le Front de gauche. Ce que nous avons engagé dans nos assemblées citoyennes participe, nous semble-t-il, de l'indispensable renouveau de la vie politique et des partis. Il nous semble prioritaire de préserver ces expériences, et même d'aider à les faire émerger là où elles n'existent pas. Ce qu'il faut, ce n'est pas briser des liens patiemment construits, c'est donner un nouvel élan pour un Front populaire et citoyen. C'est ainsi que nous renforcerons le Parti communiste français. Nous appelons à ce que notre congrès soit un point d'appui en ce sens.

Franck Mouly: les conditions d'un nouvel élan communiste (Contribution au Congrès du PCF)
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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 22:39

Loi sur le travail: le 49-3 pour assommer la majorité

"Emmanuel Macron, Myriam El Khomri et Manuel Valls le 18 janvier, au Conseil économique et social © Reuters Manuel Valls innove : avant même que le projet de loi sur la réforme du code du travail ne soit présenté en conseil des ministres, il invente le 49-3 préventif pour faire taire sa majorité. Plus la bête parlementaire regimbe, plus il faut l'assommer tôt. Il n'est pas dit que l'exercice réussisse."

Voir le communiqué du PCF:

Réforme du travail : « la menace du 49-3 est plus qu'une provocation »

Après l'ANI en 2013, la loi Macron en 2015, c'est tout le système de protection des travailleurs contre l'arbitraire patronal qui est dynamité par le projet de réforme de la ministre El Khomri : régulation du temps de travail, indemnités perçues en cas de licenciement abusif, représentation syndicale, protection des mineurs en apprentissage, expertise des CHSCT, tout y passe.

La menace de Myriam El Khomri d'une utilisation du 49-3 est plus qu'une provocation. Elle est une manière de donner raison à Manuel Valls quand il dit que rien, absolument rien, ne peut nous réconcilier avec une telle politique, applaudie et parrainée par le Medef.

Le chômage, dont le Président de la République s'était engagé à inverser la courbe, est la première préoccupation des français. A qui fera-t-on croire que le nombre de chômeurs diminuera si on rallonge la durée du travail des salariés en place et des apprentis ? Qui peut penser que faciliter les licenciements aura une autre conséquences que … faciliter les licenciements et donc précariser les salariés.

Le PCF ne laissera pas détruire le code du travail et tous les acquis des luttes menées pendant des dizaines d'années pour protéger les salariés. Il appelle à la mobilisation de toutes les forces progressiste contre ce projet. Les solutions existent pour réduire le chômage. Le PCF engage dès à présent une campagne publique pour les populariser. Elles passent notamment par la réduction de la durée du travail, la hausse des salaires, les investissements dans le logement et les transports collectifs indispensables pour répondre au défi climatique, le développement des services publics et l'intervention des salariés dans la gestion des entreprises.

Loi sur le travail: le 49-3, pour assommer la majorité (Médiapart)
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