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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 18:20
Syrie: l'offensive de Damas contre les hôpitaux soutenus par MSF (Médiapart)

Syrie: l’offensive de Damas contre les hôpitaux soutenus par MSF


"L’hôpital Ma’arat Al Numan soutenu par MSF a été attaqué et détruit le 15 février 2016. © MSF Les frappes aériennes qui se sont multipliées en 2015 contre les centres d’aide médicale ne sont pas des bavures à répétition. Un rapport de Médecins sans frontières montre qu’elles relèvent d’une stratégie délibérée destinée à terroriser les civils et à dissuader ceux qui s’efforcent de les aider. Ce qui constitue un crime de guerre."

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 15:51

Les débats du 37ème congrès du PCF

Contribution de Igor Zamicheï, secrétaire départemental de la fédération PCF de Paris

« Trois changements à opérer »

Il est grand temps de faire un bilan du Front de gauche, d'analyser ce que nous avons réussi et ce que nous avons raté, et de travailler à partir de ce bilan à la relance de notre stratégie de rassemblement.

Je dis relance de notre stratégie car ce n'est pas elle qui est en question mais bien une expérience politique pour la mettre en œuvre. Devant la gravité des difficultés rencontrées, le Front de gauche en tant qu'expérience politique est durement affaibli mais l'ambition qui a nous a conduit à l'initier est plus que jamais à l'ordre du jour : créer un mouvement politique populaire à vocation majoritaire pour rompre avec le libéralisme, renouveler profondément la vie politique de notre pays et donner un nouveau souffle à l'originalité du communisme français.

Les résultats des dernières élections régionales témoignent de ces graves difficultés. Pour la première fois, non seulement nous ne parvenons pas à capter l'électorat de gauche déçu de la politique de François Hollande mais c'est précisément le PS et EELV, pourtant tous deux également en crise profonde, qui captent une partie significative – environ un cinquième chacun - de l'électorat du Front de gauche !

Et ces résultats tordent par ailleurs le cou à l'idée que nos difficultés viendraient d'un déficit de radicalité, d'une trop grande proximité avec le Parti socialiste, puisque à cette échéance aucune région n'a vu d'alliance au premier tour entre nos formations. Et d'ailleurs, toutes les enquêtes le montrent, le cœur de l'électorat de gauche que nous visons nous reproche non pas des alliances à géométrie variable avec le PS mais plutôt d'être une force uniquement critique du pouvoir en place !

Vouloir réduire les problèmes du Front de gauche aux questions de tactique électorale est révélateur de deux tendances contre lesquelles il nous faut lutter : premièrement, celle d'assigner au Front de gauche une ambition uniquement électorale ; deuxièmement, celle de mettre sous le tapis quelques grands changements pourtant indispensables à toute ambition de renouvellement politique en France au XXIe siècle.

J'identifie trois grands changements à opérer. Le premier, c'est de construire un nouveau récit émancipateur qui unisse les 99% et ouvre un espoir leur permettant d'investir le champ politique et de reprendre le pouvoir aux 1% qui l'ont confisqué. Un récit qui contribue à déplacer le débat politique national de l'affrontement identitaire à l'affrontement de classes aux intérêts antagonistes. Nous avions commencé à le faire avec le programme l'humain d'abord. Jean-Luc Mélenchon lui-même avait su en 2012 porter une parole collective dans laquelle des millions de Français se reconnaissaient, retrouvaient de la force et de la dignité, avant de s'isoler dans une logique uniquement contestataire du social-libéralisme. Syriza ou Podemos ont su par exemple construire un tel récit capable de mobiliser les millions de leur concitoyens grecs et espagnols souffrant de la crise.

Le deuxième changement est d'agir pour une nouvelle complémentarité d'action entre forces politiques de gauche, forces syndicales et associatives, avec l'ambition d'un front populaire de notre temps.

Au lendemain des élections de 2012, nous aurions dû consacrer l'essentiel de notre travail politique à élargir les fronts d'idées et d'actions que nous avions initiés sur le nécessaire partage des richesses, sur la possibilité de l'augmentation des salaires, sur la reprise du pouvoir aux banques et aux marchés, sur un nouveau mode de développement qui donne la priorité à l'emploi de qualité et à la transition écologique, sur la VIe République, la refondation de l'UE et le changement de politique extérieure de la France… Sur tous ces enjeux, les fronts devraient permettre, dans le respect du rôle de chaque composante du mouvement social et grâce à leurs efforts conjugués, de faire progresser la bataille idéologique et d'obtenir des avancées immédiates pour les populations.

Le troisième changement consiste à construire un mouvement politique qui renouvelle réellement la vie politique de notre pays.

Un mouvement et pas une force car une force politique unique n'aurait pas manqué, si elle avait vu le jour, de s'organiser en tendances et de s'effondrer sous le poids de querelles politiques intestines. Les composantes du Front de gauche et d'autres forces, écologiste par exemple, qui pourraient partager notre ambition devraient faire de leurs cultures politiques différentes un atout et non un problème. Le PCF est un atout pour le Front de gauche.

Et surtout ces forces rassemblées devraient avoir pour objectif d'encourager l'investissement citoyen. D'abord en montrant notre utilité immédiate en réalisant des actions de solidarité concrète. Ensuite en donnant de réels moyens et pouvoirs à chaque femme, chaque homme, qui veut rejoindre notre mouvement, de la définition des projets, aux luttes à mener et aux candidatures pour les représenter. Des pouvoirs qui ne se substitueraient pas à la souveraineté propre des composantes politiques mais qui seraient complémentaires. Les assemblées citoyennes étaient une belle idée qui plutôt que d'être la tribune des divisions du Front de gauche auraient dû être le lieu pour cela.

Alors que la France est dans l'impasse et à la veille d'échéance essentielles pour son avenir, travaillons à franchir une nouvelle étape de notre ambition stratégique en s'appuyant sur le meilleur ce que nous avons expérimenter avec le Front de gauche.

Cliquer ici pour lire la partie 2 de cette contribution

Du Front de gauche à la construction d'un mouvement politique populaire - Igor Zamichiei -
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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 15:50
Marcel Cachin, la trajectoire d'un intellectuel breton guesdiste, puis communiste, directeur de l'Humanité de 1917 à 1958

Marcel Cachin est né à Paimpol le 20 septembre 1869. Ses parents étaient de condition modeste. Son père, originaire du Gers, était venu en Bretagne après son service militaire et était devenu gendarme. Sa mère, née Le Gallou, était d'une famille paysanne. Après avoir fréquenté l'école primaire de Paimpol, Marcel Cachin est entré comme élève boursier grâce à ses dons remarquables au lycée de Saint Brieuc, comme interne. Durant les vacances, il revenait à Paimpol qui l'enchantait par sa beauté pittoresque et son ambiance.

« Les citoyens de l'ardente petite ville étaient fiers de leur réputation d'hommes d'avant-garde dans un département où dominaient encore les hobereaux et les réactionnaires les plus arriérés. Dans les cafés et les auberges enfumés du port se rencontraient les marins et les capitaines dont les voyages autour du monde avaient élargi l'esprit. Avec les ouvriers constructeurs de navires, les marins orientaient la politique locale vers la République encore jeune et discutée ».

Marcel choisit des études classiques. Il devient un amoureux des lettres grecques et latines. Pendant son adolescence, il perd sa foi religieuse. Un professeur de philosophie, Baptiste Jacob, exerce une forte influence sur lui et aide Marcel Cachin à accéder gratuitement au lycée de Rennes. Reçu au concours des bourses de licence et ayant opté pour la philosophie, Marcel Cachin est ensuite envoyé à la Faculté des Lettres de Bordeaux.

C'est à Bordeaux, autour de sa vingtième année, que Marcel Cachin adhère au socialisme, au Parti Ouvrier Français de Jules Guesde. Pour son congrès de Marseille en 1892, la direction du Parti a établi un questionnaire qui permet au Congrès d'élaborer un programme agraire en phase avec les besoins des paysans. Marcel Cachin, pendant ses vacances à Paimpol, remplit scrupuleusement son questionnaire en s'informant auprès des cultivateurs, des fermiers et des métayers bretons.

A Bordeaux, Marcel Cachin donne des cours particuliers à des jeunes de famille bourgeoise, collabore à « La question sociale », recrute des adhérents et des cadres pour le parti de Jules Guesde et de Paul Lafargue. En 1898, il se présente comme candidat aux législatives à Libourne, sans aucun espoir de succès. Le POF se divise profondément sur la participation des socialistes au gouvernement bourgeois et républicain à partir de juin 1899 avec l'entrée de Millerand au ministère Waldeck-Rousseau. Cachin prend alors de parti de la ligne d'opposition au réformisme de Guesde contre celle de Jaurès. En 1900, il est élu conseiller municipal de Bordeaux, puis adjoint au maire aux transports et à la voirie et en 1903, il devient secrétaire de sa fédération.

En décembre 1903 toujours, il porte la contradiction à Jaurès qui défend au Capitole de Toulouse la politique du bloc des gauches et de la participation ministérielle. Aux élections municipales de mai 1904, le POF obtient plus de voix à Bordeaux que les radicaux et les socialistes de gouvernement mais ces derniers refusent l'alliance de second tour et la droite l'emporte.

En août 1904, Cachin est délégué au Congrès de la IIe Internationale socialiste à Amsterdam en tant que représentant du Parti Socialiste de France, produit de la fusion en 1901-1902 des blanquistes et des marxistes guesdistes. C'est là que, grâce à Paul Lafargue, il fait la connaissance d'une institutrice de français américaine, déléguée du Parti socialiste américain, qui deviendra sa femme. Le Congrès d'Amsterdam condamne la participation aux gouvernements bourgeois et l'évolutionnisme réformiste de Bernstein. Il plaide en même temps pour l'unité du mouvement socialiste et Jaurès accepte l'unité, qu'il désirait depuis longtemps, sous la direction d'une ligne politique marxiste de lutte des classes et révolutionnaire.

En 1906, quittant Bordeaux, Cachin devient, sous l'impulsion de Guesde, délégué à la Propagande du Parti Socialiste. En 1910, il est élu député d'Alès. Mais le gouvernement et la chambre des députés l'invalident, privant les mineurs et paysans du Gard de leur défenseur. En 1908 et 1912, il parcourt l'Algérie. Dans des meetings où se confondent travailleurs de toute origine, Marcel Cachin s'élève contre les entreprises d'asservissement colonial, proclame la solidarité du prolétariat français avec les peuples arabes d'Afrique du Nord.

L'Humanité, créée par Jaurès en 1904, qui ne se vend qu'à 50 000 exemplaires en 1911, devient la propriété du Parti Socialiste à ce moment là, qui le prend en charge tout en maintenant Jaurès à la direction du journal. Après la mort de Paul Lafargue en novembre 1911, Marcel Cachin le remplace comme rédacteur régulier.

En 1912, Cachin est élu conseiller municipal et conseiller général du XVIIIe arrondissement de Paris. « Pendant les deux années qu'il siège à l'Hôtel de ville, il se préoccupe surtout des travailleurs du métro, des omnibus et des transports de surface. Les travailleurs des omnibus étaient groupés dans deux syndicats rivaux. Les ouvriers des ateliers de la rue Championnet lui demandèrent de prendre la direction de leur syndicat : après avoir consulté Guesde et Jaurès, Marcel Cachin accepta. Il réconcilia les ouvriers des ateliers de réparation et les roulants, fit l'union des deux syndicats et obtint divers avantages. Pendant la grève générale des employés de tramways en 1916, il conduisit une délégation de femmes au ministère de l'Intérieur pour exiger des augmentations de salaire : le gouvernement dut céder. Marcel Cachin resta à la tête du syndicat des transports de surface de 1913 jusqu'à 1919. A l'Hôtel de Ville, il menait une lutte incessante contre les puissantes compagnies capitalistes qui avaient mis en coupe réglée Paris et le département de la Seine » (Marcel Cachin vous parle, introduction à ses articles et discours par Jean Fréville. Editions sociales, 1959).

En 1907, Marcel Cachin représente encore le Parti Socialiste au Congrès de l'Internationale à Stuttgart qui veut mobiliser contre la guerre mondiale en préparation: il y rencontre Clara Zetkin, Bebel, Karl Liebknietcht.

En mars 1914, Marcel Cachin est élu député avec 99 autres socialistes, pour ce qui est le plus grand succès électoral des socialistes en France jamais enregistré. Succès en trompe l’œil. Quand éclata le drame de Sarajevo, le Parti Socialiste, à part sans doute Jaurès, n'en prévoit pas les conséquences. Il tint à Paris, le 14 juillet, un congrès qui se prononça pour la grève générale en cas de guerre (motion Vaillant-Jaurès, que Guesde considéra comme utopique). Quinze jours après, Albert Thomas et Sembat qui avaient préconisé la grève générale entraient avec Guesde dans le ministère d'Union Sacrée, après l'assassinat de Jaurès le 31 juillet et la déclaration de guerre.

Marcel Cachin se laisse emporter par le courant général d'union sacrée, intervient même, à la demande de Guesde, pour convaincre en mars 1915 les camarades socialistes italiens de plaider l'entrée en guerre de leur pays.

Après le renversement du tsarisme en Russie en mars 1917, Marcel Cachin convainc le Conseil National du Parti Socialiste d'envoyer des délégués à une conférence internationale, qui doit se réunir à Stockholm et fixer les modalités d'une paix sans annexions ni contributions. Mais le gouvernement refuse de leur attrribuer des passeports.

A partir de la Révolution d'Octobre 1917, Cachin défend la révolution bolchevik dans ses articles et ses interventions à la Chambre. En octobre 1918, il est désigné pour remplacer à la direction de l'Humanité

Renaudel, partisan de la lutte contre les bolcheviks : signe d'un changement de majorité et de tendance au Parti Socialiste. Marcel Cachin dénonce l'intervention militaire française en Russie contre la jeune Révolution qui a fait la paix avec l'Allemagne.

Quand les conflits sociaux s'étendent en France au cours des années 1919 et 1920, reprimés par la troupe, Cachin interpelle le gouvernement, attaque Clémenceau, soumet au vote une motion de flétrissure contre la majorité bourgeoise et réactionnaire de la Chambre.

Aux élections de novembre 1919, les socialistes, qui gagnent 300 000 voix, représentent le quart des électeurs du pays. Cachin est réélu dans le 18e arrondissement de Paris.

Le Congrès de Strasbourg du parti Socialiste (février 1920), tout en se prononçant pour la sortie de la IIe Internationale, écarte l'adhésion à la IIIe Internationale, constituée le 4 mars 1919 à Moscou. Mais il charge Marcel Cachin et Frossard, secrétaire général du Parti Socialiste depuis 1918, d'aller recueillir des informations précises sur le nouveau régime. Cachin rencontre Lénine plusieurs fois, très critique vis-à-vis du Parti Socialiste français. A son retour, au Cirque de Paris, il rend compte de sa mission : « Nous revenons émerveillés de notre voyage ».

D'août à décembre 1920, avant le Congrès de Tours ( 25-30 décembre 1920), Cachin défend l'adhésion à la IIIe Internationale. Au Congrès de Tours, Cachin, Clara Zetkin, s'opposent à Blum, Renaudel, Paul Faure. 3028 mandats contre 1022 votent l'adhésion à la IIIe Internationale.

L'Humanité va ainsi rester entre les mains des révolutionnaires issus du Parti Socialiste qui vont créer le Parti Communiste. Et elle sera dirigée par Marcel Cachin, qui sera pendant 38 ans membre du Bureau Directeur du Parti Communiste.

Le PCF milite pour la fraternisation des ouvriers allemands et français, contre l'occupation de la Rhur, ce qui lui vaut une arrestation en 1923 et un emprisonnement à la Santé avec Pierre Sémard, Gabriel Péri et onze autres camarades.

En 1924, avec le PCF, Cachin dénonce la guerre colonialiste du Rif contre Abd-el-Krim menée par l'étonnant tandem Pétain-Franco qui bombardent les villages montagneux du nord marcocain. A cette occasion, il est à nouveau condamné à deux ans de prison, avec Maurice Thorez, 25 ans à l'époque, secrétaire du comité d'action contre la guerre au Maroc. Ces deux ans sont commués en appel en un an de prisan, que Cachin accomplit à la Santé en 1927. Cela n'empêche pas d'être élu député en 1928 avec un score supérieur à celui qu'il avait réalisé en 1924.

A partir de 1930, Maurice Thorez devient secrétaire général du Parti Communiste. Cachin défend avec lui la ligne du Front Unique, du Front Populaire contre les forces de la bourgeoisie et le fascisme montant. A cette époque, les communistes étaient « unitaires pour deux » (Maurice Thorez), L'Humanité, avec une diffusion de 430 000 exemplaires, était le journal politique le plus lu en France.

En 1935, Cachin est élu Sénateur.

L'Humanité est supprimée par le gouvernement Daladier en 1939 suite au pacte de non agression germano-soviétique. En janvier 1940, Cachin est déchu de son mandat de sénateur, il se retire en Bretagne, sans sa petite maison de Lancerf, où la Gestapo l'arrête en septembre 1941. Il est enfermé plusieurs semaines à Saint-Brieuc puis à Rennes mais les Allemands finissent par le relâcher, craignant que sa mort ne suscitât des réactions fortes dans l'opinion et chez les communistes qui mobilisent pour libérer Marcel Cachin. Gabriel Péri, chef de la rubrique de politique étrangère à l'Humanité, est fusillé en décembre 1941.

Quand L'Humanité reparaît de manière officielle à la Libération, 11 collaborateurs et rédacteurs clandestins de L'Humanité ont été exécutés.

A la libération, Marcel Cachin est membre de l'Assemblée Consultative, puis des deux Assemblées Constituantes de 1945 et 1946, avant d'être réélu à l'Assemblée Nationale en novembre 1946. Réélu en 1951 et 1956, il restera député de Paris jusqu'à sa mort. Dans les années 50, il continue à la Chambre et avec l'Humanité de soutenir avec vigueur le combat anti-colonialiste au Viet-Nam, en Tunisie, au Maroc, en Côte-d'Ivoire, au Cameroun, en Algérie. Il se souvient avoir personnellement rencontré et apprécié Hô-Chi-Minh, étudiant à Paris.

Le 17 novembre 1956, sa femme Marguerite meurt. Lui-même s'éteint à Choisy-le-Roi le 12 février 1958.

A la suite d'obsèques populaires impressionnantes, Cachin a été enterré auprès des Communards du père Lachaise.

Marcel Cachin, la trajectoire d'un intellectuel breton guesdiste, puis communiste, directeur de l'Humanité de 1917 à 1958
"Notre Finistère" du 12 juin 1966: photos de Marcel Cachin à la fête de la Bretagne à Concarneau en 1937

"Notre Finistère" du 12 juin 1966: photos de Marcel Cachin à la fête de la Bretagne à Concarneau en 1937

Et au Guilvinec en 1957

Et au Guilvinec en 1957

Document vidéo célèbre, "Breiz Nevez" sur Marcel Cachin à la Fête du Parti Communiste à Pont L'Abbé pendant le Front Populaire le 7 août 1938.

A regarder absolument si vous ne le connaissez pas déjà!

BREIZ NEVEZ - Films - Ciné-Archives - Cinémathèque du ...
Regards, spécial Hommage à Marcel Cachin 1958

Regards, spécial Hommage à Marcel Cachin 1958

Marcel Cachin (Numéro Spécial de Regards 1958)

Marcel Cachin (Numéro Spécial de Regards 1958)

Marcel Cachin numéro Spécial de Regards 1958

Marcel Cachin numéro Spécial de Regards 1958

Marcel Cachin en 1934 au Bois de Vincennes numéro spécial de Regards 1958

Marcel Cachin en 1934 au Bois de Vincennes numéro spécial de Regards 1958

Au Mur des Fédérés au Père Lachaise avec Maurice Thorez, Léon Blum, Marcel Cachin, Zélie Camélinat et d'anciens comunards au début du Front Populaire le 24 mai 1936 (Regards, numéro spécial Marcel Cachin- 1958)

Au Mur des Fédérés au Père Lachaise avec Maurice Thorez, Léon Blum, Marcel Cachin, Zélie Camélinat et d'anciens comunards au début du Front Populaire le 24 mai 1936 (Regards, numéro spécial Marcel Cachin- 1958)

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 15:25
L'Humanité Dimanche, "Notre Finistère" - 18 juin 1967- à la rencontre de Marie Quintin de Gouézec

L'Humanité Dimanche, "Notre Finistère" - 18 juin 1967- à la rencontre de Marie Quintin de Gouézec

L'Humanité Dimanche, "Notre Finistère" - 18 juin 1967 - à la rencontre de Marie Quintin de Gouézec

L'Humanité Dimanche, "Notre Finistère" - 18 juin 1967 - à la rencontre de Marie Quintin de Gouézec

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 15:14


Notre-Dame-des-Landes : l’Etat dissimule des informations défavorables au projet
http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/02/19/notre-dame-des-landes-l-etat-dissimule-des-informations-defavorables-au-projet-de-nouvel-aeroport_4868158_3244.html

Voir le commentaire très juste de Michel Kerninon:

Voir surtout le dossier " NDDL l'Etat a caché des données", en page 7 dans Le Monde du samedi 20 février. Ce dossier apporte de nombreux éléments d'information.

Le document remis au préfet de région en 2014 explique en effet qu'il est préférable d'étendre l'aéroport actuel de Nantes Atlantique plutôt que de construire NDDL. Y compris tant pour des motifs de protection de l'environnement que pour éviter la spéculation qui fait rêver les investisseurs habituels et sans scrupule toujours à l'affût de terrains libérés. Et qui rêvent évidemment de gagner le jackpot en or en mettant la main sur des terres disponibles rares dans l'agglomération nantaise, la seule métropole de l'Ouest en croissance exceptionnelle. CQFD.

Notre-Dame-des-Landes: l'Etat dissimule des informations défavorables au projet  (Le Monde et Le Canard enchaîné)
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 11:07
Père Patrick Dubois: "Daech commet un génocide contre le peuple yézidi"
Père Patrick Dubois: "Daech commet un génocide contre le peuple yézidi"

"L'homme est un loup pour l'homme", la maxime que Thomas Hobbes a emprunté aux latins n'est plus à prouver.

Avec Daech, un monstre international (30 000 combattants étrangers, encadrés par beaucoup d'anciens officiers irakiens), mi-armée de croisés fanatiques ayant une vision de la religion complètement stupide et caricaturale, mi-entreprise criminelle et mafieuse (soutenue par des dons privés des Emirats et de l'Arabie Saoudite, Daech se finance aussi par le trafic d'hydrocarbures et le racket), né de la brutalité d'années de dictatures et de guerres en Syrie et en Irak, mais aussi de l'exportation d'une vision de la religion musulmane ultra-sectaire et réactionnaire, on atteint des sommets de complaisance dans la violence, le vice, le sadisme et la cruauté, tout ça sous couvert de religion et avec la bonne conscience de ceux qui prétendent gagner le paradis par le djihad en terrorisant la population syrienne et irakienne, en décapitant des hommes et en réduisant en esclavage ou exterminant les infidèles.

Dont ces Yézidis, victimes aujourd'hui d'une entreprise génocidaire qui rappelle à certains égards celle de l'Etat turc contre les Arméniens il y a cent ans pendant la première guerre mondiale.

La religion yézidie trouverait ses origines dans l'Iran de l'Antiquité où existait le culte de Mithra et le zoroastisme. Remontant à plus de 4000 ans, le yézidisme est une des plus anciennes religions au monde. Les yézidis croient en un dieu unique, Xwede, qui est servi par sept anges, dont le vénéré est Malek Taous, "l'ange paon", considéré à tort par les musulmans comme le Satan de la Bible et du Coran. Dans cette religion qui accorde une grande place à la nature, le soleil est considéré comme un symbole de lumière divine. Les yézidis prient face à l'astre solaire. Présentés parfois comme les "kurdes originels", les yézidis ont souvent été persécutés lors des guerres d'expansion musulmanes. La communauté d'Irak est principalement implantée dans la région du Sindjar, à cheval entre le nord-est de la Syrie et l'Irak, dont la montagne est considérée comme sacrée et protectrice. La communauté compte six cent mille fidèles en Irak. Elle est divisée en castes: les pirs détiennent le savoir religieux, les cheiks gèrent les sanctuaires, les mourids forment le reste de la population.

Le 3 août 2014, trois mois après leur victoire éclair sur la ville de Mossoul, les djihadistes de Daech ont attaqué la région du Sindjar, peuplée d'environ 400 000 yézidis et d'une minorité d'Arabes Sunnites. Appartenant à la province de Ninive, placée sous le contrôle direct de Badgad, le Sindjar est un territoire revendiqué par la région du Kurdistan autonome. Confrontés aux hommes de Daech, les forces kurdes irakiennes ont pris la fuite. 5000 yézidis ont été capturés ou tués, tandis que des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, se sont réfugiés dans le mont Sindjar. Assiégés sous un soleil de plomb, ils ont résisté 5 jours sans eau ni nourriture, jusqu'à ce que des milices kurdes de Syrie ouvrent courageusement un passage sécurisé dans la montagne. En novembre 2015, les combattants kurdes, appuyés par les bombardements de la coalition, sont parvenus à reprendre la région du Sindjar.

La Revue XXI a consacré ce trimestre un article nécessaire mais horrifiant par son contenu à ces "passeurs de vie" qui, à partir de l'Irak, travaillent pour des familles yézidis dont les femmes, les filles, ont été réduites au rang d'esclaves, et souvent d'esclaves sexuelles par les hommes de Daech, et les jeunes enfants servent, après un lavage de cerveau, de chair à canon voire de bourreaux pour les terroristes. Ces passeurs, contre de l'argent souvent, grâce à des réseaux d'informateurs et de résistants à la terreur islamiste à Raqqa, réussissent à récupérer les filles yézidies, qui sont souvent passées par plusieurs propriétaires (elles sont vendues sur la messagerie WhatsApp, de gré à gré entre les hommes de Daesh, syriens, irakiens, ou étrangers: algériens, tunisiens, allemands, français, libanais, tchétchènes ...) se comportant quasiment constamment de manière sadique et inhumaine avec elles. Même des filles de 9 ans sont bourrées d'hormones pour devenir pubères plus tôt et vendues ensuite à des vieux dégoûtants.

Les familles doivent payer entre 5000 et 10 000 dollars pour tenter de récupérer leurs filles et leurs femmes en Syrie, l'argent transitant par la Turquie.

Les hommes qui les ravissent à leurs bourreaux prennent de gros risques; beaucoup sont décapités ou pendus dans cet enfer sur terre et de ce repère de dingues qu'est devenue Raqqa (765-809), la deuxième ville après Bagdad d'Haroun al-Rachid, le calife des Mille et une nuit.

A lire aussi, cet article du Télégramme du 6 février, car il est relativement instructif sur ce qu'est Daech, dans sa dimension internationale, le témoignage de Sophie Kasiki, auteur de "Dans la nuit de Daesh", témoignage d'une repentie, chez Robert Laffont.

Père Patrick Dubois: "Daech commet un génocide contre le peuple yézidi"
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 10:05
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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 09:13

Dans le Finistère, la fronde qui menace la FNSEA
"© DR Des éleveurs finistériens multiplient les actions, en marge des organisations syndicales. Ils ont visé la chambre d’agriculture de Quimper et une coopérative. Les premiers frappés par la crise, les jeunes sont les plus actifs dans ce mouvement. « Plus personne ne dirige personne », commente un syndicaliste."

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 17:59

"La violence de classe ne peut s'exercer sans la complicité et la collaboration du personnel politique au pouvoir" (Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot)

Cette connivence entre les gouvernants et les dominants est démontrée.

Quand il prononce son discours du 6 mai 2012 où il déclare au Bourget que son véritable adversaire "n'a pas de nom, de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, pourtant il gouverne.

Cet adversaire, c'est le monde de la finance", François Hollande a pour trésorier de campagne Jean-Jacques Augier, alors actionnaire de deux sociétés offshore aux îles Caïman, paradis fiscal des Caraïbes. Quelques jours après son discours du Bourget, Hollande dédramatise la situation pour la presse anglaise: "La gauche a été élu au gouvernement pendant quinze ans, au cours desquels nous avons libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations". Sa conclusion est clair: "il n'y a pas à avoir peur".

"Les visages et les noms de la finance lui sont en effet beaucoup moins inconnus qu'il ne l'a laissé entendre. Rappelons quelques-uns de ses amis ou de ses proches.

Jean-Pierre Jouyet, fils de notaire, est inspecteur général des finances après son passage à l'ENA où il a fait partie de la promotion Voltaire, celle de François Hollande.

Et c'est donc tout naturellement qu'ils ont rédigé ensemble le livre La Gauche bouge avec trois autres socialistes (Jean-Yves Le Drian, Jean-Pierre Mignard, Jean-Michel Gaillard) sous le pseudonyme de Jean-François Trans". On y lit: "Finis les rêves, enterrées les illusions, évanouies les chimères. Le réel envahit tout. Les comptes doivent être forcément équilibrés, les prélèvements obligatoires abaissés, les effectifs de la police renforcés, la Défense Nationale préservée, les entreprises modernisées, l'initiative libérée". Ou encore: "Ce n'est pas par calcul ou par malignité que la gauche a accepté de laisser fermer les entreprises ou d'entamer le pouvoir d'achat des Français. C'est par lucidité. Refuser ces évolutions et c'en aurait été fait de la perspective d'une gestion régulière du pays par la gauche". Il s'agit d'oublier "nos frasques égalitaristes". Au passage ces trans-courants de la droite du PS affirment tout de go: "Il n'y a donc plus pour les socialistes de perspective concevable d'union avec le Parti Communiste français". Prolongement naturel de liens nouées antérieurement, les allées du pouvoir sont peuplées de gens appartenant aux milieux d'affaires et au monde de la finance et depuis longtemps, bien des notables socialistes se sont pâmés d'aise à pouvoir frayer avec la "bonne société". François Hollande, 31 ans, est alors conseiller référendaire à la Cour des Comptes et maître de conférence à Sciences Po. Jean-Yves Le Drian, 38 ans, agrégé d'histoire, est député-maire de Lorient. Ces bourgeois de pouvoir disent leur credo libéral tout de go: "Il ne s'agit plus à la fin du XXe siècle d'assurer la représentation politique de la classe ouvrière alors que les catégories sociales perdent en cohésion et que le salariat s'est profondément recomposé, ou de renforcer encore l'Etat-Providence alors que celui-ci parvient de plus en plus difficilement à se financer et que les risques traditionnels sont correctement couverts".

Fini la lutte des classes, vive l'individualisme, la mondialisation économique et financière. Face " au capitalisme salvateur et au marché libérateur, prétendent en 1985 nos rénovateurs du PS, jamais les Français n'ont été aussi frileux devant les mutations, craintifs face à l'avenir, pessimistes sur leur destin, hostiles au changement et à la mobilité". Le travail lui aussi est devenu un "coût" qu'il faut baisser.

Jean-Pierre Jouyet, socialiste, très ami du couple formé alors par François Hollande et Ségolène Royal, n'hésite pas à collaborer avec la droite quand son intérêt l'exige. Directeur du Trésor de 2000 à 2004, il sera nommé par Nicolas Sarkozy, lorsque celui-ci devient ministre de l'Economie, "ambassadeur chargé des questions économiques". Dès l'élection de Sarkozy en 2007, il devient secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes, poste qu'il quitte en 2008 pour la présidence de l'Autorité des marchés financiers.

Son épouse, Brigitte Taittinger, fille de Claude Taittinger et de Catherine de Suarez d'Aulan, est membre, selon le Bottin mondain, de l'Association d'entraide de la noblesse française (ANF). Elle a eu cinq enfants de son premier mariage avec le comte Nicolas de Warren, puis un enfant avec son second mari, Jean-Pierre Jouyet. Elle travaille dans le marketing et le luxe e a coprésidé Baccarat de 1997 à 2005, elle est aujourd'hui PDG des parfums Annick Goutal. Elle organise des dîners auxquels François Hollande est toujours le bienvenu. Autour de la table, son cousin germain, Christophe de Margerie, le P-DG de Total depuis 1974, vient apporter les dernières nouvelles du CAC 40 à ceux qui sont au cœur de la politique et des finances. Jean-Pierre Jouyet a été nommé par Hollande le 19 octobre 2012 à la tête de la Caisse des dépôts et consignations, le bras financier de l'Etat. Il est également le président de la Banque publique d'investissement (BPI), créée pour venir en aide aux petites et moyennes entreprises.

Matthieu Pigasse est membre du Parti socialiste et soutien inconditionnel de la candidature de François Hollande à l'Elysée, tout en étant banquier d'affaires à la tête de Lazard France et Europe. Il a travaillé au cabinet de Dominique Strauss-Kahn à Bercy. Puis il a continué chez Laurent Fabius où il a contribué à quelques privatisations. Il doit son entrée chez Lazard à Alain Minc mais c'est par goût personnel qu'en 2009, il a acheté l'hebdomadaire culturel Les Inrockuptibles.

De la même promotion Voltaire que François Hollande, on trouve Henri de la Croix de Castries. De sensibilité catholique et conservatrice, ce directeur général du groupe d'assurance AXA, neuvième groupe du monde, après avoir été suffisamment proche de Nicolas Sarkozy pour faire partie des invités de la fameuse fête du Fouquet's le 6 mai 2007, a soutenu la campagne de François Hollande avec une contribution de 7500 euros au cercle animé par Jean-Jacques Augier.

Jean-Hervé Lorenzi, professeur d'économie à Paris Dauphine, président du Cercle des économistes, a participé en tant qu'expert aux réflexions du candidat François Hollande. Il est également conseiller du directoire et banquier-conseil de la Compagnie Edmond de Rotschild Banque, administrateur de BNP Paribas Assurance et membre du Conseil de Surveillance de la compagnie financière Saint-Honoré.

Emmanuel Macron, jeune associé-gérant de la banque Rothschild, est devenu secrétaire général adjoint de l'Elysée puis ministre de l'Economie sans être membre du PS ni s'être présenté une fois devant le suffrage universel.

Cette liste de la finance sans nom et sans visage n'est pas exhaustive et il faudrait y ajouter André Martinez, qui a rencontré François Hollande en 1973 à HEC. Il fut responsable mondial du secteur hôtellerie de la banque américaine Morgan Stanley et c'est lui qui a représenté le candidat Hollande au forum de Davos en janvier 2012. Il y a encore Marc Ladreit de Lacharrière, actionnaire de la troisième agence de notation mondiale, Fich Ratings, qui a été l'un des fondateurs de la fondation Agir contre l'exclusion (FACE), créée par Martine Aubry, alors ministre du travail, en 1993. Nicolas Dufourcq, inspecteur des finances qui a participé à la privatisation d'une filiale de France Télécom, Wanadoo, et qui a été directeur financier de Cap Gemini, est nommé à la tête de la Banque Publique d'Investissement (BPI) censée aider les entreprises en difficulté.

"Comment croire que les socialistes, dans leur grande majorité, pourraient mener une politique plus équitable à l'égard des travailleurs alors qu'ils sont formés dans les mêmes grandes écoles que les patrons et les politiciens de droite: ENA, Sciences Po, HEC et bien entendu Harvard? Coupés du peuple avec le cumul des mandats - sur les 297 députés du groupe socialiste de l'Assemblée Nationale, on compte 207 cumulards - nombre d'élus socialistes, dans le souci de faire progresser leur carrière en politique, ont rejoint les intérêts de la classe dominante dont ils sont devenus les alliés objectifs. L'ensemble de la classe politique française pratique très majoritairement le cumul des mandats. Sur 577 députés, on n'en compte que 109 ne siégeant qu'à l'Assemblée Nationale. Et seuls 84 sénateurs sur 348 sont dans ce cas".

Ouvriers et employés qui constituent 52% de la population active, sont quasiment inexistants à l'Assemblée Nationale et au Sénat.

***

Un ministre socialiste bien introduit dans le monde des affaires: Pierre Moscovici

Le commissaire européen aux affaires économiques Pierre Moscovici, néo-libéral du PS depuis longue date, était avant de devenir le mandataire de la finance à Bruxelles "bien en phase avec les réseaux qui comptent. Membre du cercle de l'Union interalliée, à deux pas de l'Elysée, rue du Faubourg-Saint Honoré, il fréquente aussi le Siècle, dont les célèbres dîners, réunissant l'élite des hommes politiques et des journalistes, ont connu un certain succès médiatique, malgré la discrétion de l'Automobile Club de France qui les accueille place de la Concorde.

Pierre Moscovici fut aussi, de 2004 à 2012, l'un des vice-présidents du Cercle de l'Industrie... A ce poste, il a fréquenté le grand patronat qui constitue l'essentiel de ce cénacle. On y rencontre 41 P-DG ou directeurs généraux, de Christophe de Margerie (Total) à Jean Cyril Spinetta (Air France KLM), de Patrick Kron (Alstom) à Guillaume Pepy (SNCF). Le président de cette puissance assemblée est Philippe Varin, P-DG de PSA Peugeot Citroën... Ce cercle fut fondé en juin 1993 par Raymond H. Lévy, président de Renault, et par Dominique Strauss-Khan, qui avait été ministre délégué à l'Industrie et au Commerce Extérieur dans les gouvernements de Cresson et de Bérégovoy de mai 91 à mars 93...

Pierre Moscovici a été député de la circonscription de Sochaux-Montbéliard, fief de Peugeot, et tout naturellement il est le président de l'ACSIA, qui n'est autre que l'association des collectivités sites d'industrie automobile. La séparation des pouvoirs n'existe plus dans la classe dominante. La collusion des élites va de soi. A travers une intense sociabilité, cette classe sociale est la seule à être aussi mobilisée, au-delà même de certains clivages politiques, avec, pour point commun, l'adhésion au libéralisme économique. Les variantes d'orientation ne sont pas sans importance pour les travailleurs, mais un véritable changement de la condition des plus pauvres ne saurait venir d'agents sociaux englués dans la logique du profit capitaliste".

Première partie de la restitution du chapitre III de La violence des riches (Zones, 2013 - 17€)

L'oligarchie dans la France de François Hollande, enquête de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot (La violence des riches, 2013)
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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 12:43
Une tribune parue dans le journal "Libération", signée conjointement par Clémentine Autain, (Ensemble) , Olivier Besancenot, (NPA) , Eric COQUEREL, (Parti de gauche) , Gérard Filoche, (PS) , Willy Pelletier, (Fondation Copernic) , Pierre Laurent, (PCF) , Eric Beynel, (Solidaires) , Fabrice Angei, (CGT) et Noël Daucé, (FSU)

Sous ce quinquennat, les salariés ont perdu des droits. Nous n’accepterons pas que la loi El Khomri les réduise davantage.

Le projet El Khomri veut simplifier les licenciements pour favoriser les embauches ? Mais d’expérience on le sait, simplifier les licenciements simplifie juste les licenciements. Et gonfle les dividendes.

Depuis un siècle, le patronat dénonce ce «carcan» que serait le Code du Travail. «Vos lois sociales coulent une industrie déjà fragile», lançait en 1909 le sénateur Touron, président de l’Association de l’industrie et de l’agriculture françaises, à René Viviani, ministre socialiste du Travail, sous l’impulsion duquel fut écrit le premier Code. En 2006, Laurence Parisot eut ce cri du cœur : «La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail.»

Manuel Valls et François Hollande veulent alléger le Code du Travail. Pour quel profit ?

Contre le chômage ? Sous Nicolas Sarkozy, la mission Combrexelle a passé ce Code à l’acide, supprimant 1,5 million de signes, 500 lois. Un Code light va booster l’embauche, disait la droite. Il n’a créé aucun emploi. Car même l’OCDE le reconnaît : une législation protectrice des salariés n’influe pas sur la destruction ou la création de postes.

Dans ce pays, on ne parle jamais des salariés carbonisés au travail. Victimes innommables d’une guerre économique innommée. Mais chaque année, ce sont 500 accidents mortels au travail, 700 suicides, 650 000 accidents avec arrêts, 4500 handicapés directement liés au travail. Des chiffres ? Non, des vies. Renvoyées au chômage, à la précarité, à la misère. Ruinées. Invisibles. Méprisées.

Le code du travail n’est ni obèse ni illisible. Il permet déjà aux employeurs trop de dérogations défavorables aux salariés. Il n’est pas assez directif, pas assez contrôlé, assez appliqué : les agressions envers des agents de l’inspection du travail ont été multipliées par quatre en dix ans, les suites judiciaires données à leurs procès-verbaux sont en chute libre, les moyens alloués à l’inspection du travail sont continuellement restreints.

Les pistes de réforme du Code du travail, énoncées à ce jour, sont inacceptables.

Le référendum d’entreprise ? Il délégitime l’intervention syndicale. Il permet plus de pressions patronales, plus de chantages aux licenciements. Chez Smart, il aurait permis à la direction d’appliquer directement son projet de 39 heures payées 37. A la Fnac, il risque d’obliger au travail le dimanche.

Au-delà de 35 heures, les heures sup devront être «compensées» et non plus majorées de 25% comme aujourd’hui ? Emmanuel Macron dit la vérité: c’est la fin des 35 heures. A présent les syndicalistes partent sur la base de 25 % à 50 % de majoration des heures supplémentaires pour négocier. Quelle sera la «compensation» ? Nettement moins, à coup sûr.

Mme El Khomri projette d’augmenter par accord d’entreprise la durée du travail ? Ce sera donc travailler plus pour gagner moins. Son texte empile d’ailleurs les dispositions contre les salariés. Pour abaisser les indemnités de licenciement en cas de licenciement abusif, pour dissuader les salariés d’attaquer l’employeur aux Prud’hommes, pour l’obliger à revoir à la baisse ses conditions de travail, etc. Le projet El Khomri, c’est l’employeur-roi !

Mais ce que l’on sait du projet El Khomri n’est qu’un début. Tant d’autres pistes inquiètent. Car les rapports Combrexelle et Badinter sapent certains soubassements du droit du travail en réduisant leur champ d’application.

Le principe de faveur, par exemple. Il fixe qu’en cas de contradiction entre la loi, le contrat de travail ou une convention collective, la règle la plus favorable s’applique au salarié. M Combrexelle ne l’accepte que si «la loi n’en dispose pas autrement».

L’obligation de reclassement, qui pose qu’un employeur doit tout mettre en œuvre pour reclasser son salarié avant un licenciement économique. «Sauf dérogation prévue par la loi» rétorque le rapport Badinter. Ce qui crée pas mal de brèches : supprimer l’obligation de reclassement des licenciés pour motif économique et pour ceux rendus invalides, notamment.

Lisons l’article 13 de ce rapport : «Le contrat de travail est à durée indéterminée. Il ne peut être conclu pour une durée déterminée que dans les cas prévus par la loi.» N’est pas reprise la formulation en vigueur : le CDI est «la forme normale et générale de la relation de travail». Est-ce simple hasard ? N’est pas réaffirmé le garde-fou actuel aux dérogations : le CDD ne doit répondre qu’aux besoins temporaires de l’entreprise. Pourquoi cet oubli ? Quand le Medef rêve d’un recours sans frein aux CDD.

L’article 1 proclame : «les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail. Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise…» Mais il s’agit du Code du travail, non ? Alors pourquoi évoquer la «personne» et pas des salariés ? En droit, les mots comptent. Effacer les salariés, c’est ne parler ni des employeurs, ni des pouvoirs patronaux. C’est reproduire la philosophie libérale contractualiste, où le contrat de travail est accord pur des volontés pures entre personnes égales.

Cet article, d’ailleurs, place le bon fonctionnement de l’entreprise sur le même plan que les libertés fondamentales. Comme dans le traité de Lisbonne qui met au même rang la dignité des personnes, le droit de propriété et la liberté d’entreprise.

Dans la lettre installant la Commission Badinter, Manuel Valls déclare : «la double fonction assignée au droit du travail est de plus en plus mal remplie. Alors qu’il doit à la fois protéger les travailleurs et sécuriser les entreprises pour leur permettre de se développer…». Mais ce n’est pas là, et ce ne doit pas être, la mission du Code du travail.

Comme le stipule l’article L. 120-3, ce Code vise à borner le «lien de subordination juridique permanent à l’égard de l’employeur». Depuis 1910, et à chaque avancée sociale, il eut cette fonction. Le premier Code provient des résistances ouvrières. Aujourd’hui, les luttes des salariés visent souvent à renforcer cette barricade juridique qu’est le Code. Le rendre protecteur des entreprises, c’est écrire l’histoire à l’envers.

Ensemble, dans les mois qui viennent, nous allons défendre les droits des salariés et jeter les bases d’un Code du travail qui les protège.

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