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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 05:48
Agriculture: Réponse des candidats aux législatives du PCF dans le Finistère au questionnaire de la Confédération Paysanne

Objet : Réponse à la Confédération Paysanne sur ses questions posées aux candidats aux législatives. 

Brest, le 3/6/2017

Monsieur Vincent Pennober,

Nous sommes candidats aux élections législatives sur le département du Finistère pour le Parti Communiste Français.

Vous nous interpellez sur nos propositions pour le secteur agricole dans le cadre de ces élections.

Soyez assuré que nous avons conscience des difficultés et de la crise que subissent nos campagnes. Nous nous rejoignons d’ailleurs sur l’analyse des facteurs qui ont conduit à autant de détresse chez les paysans, à la disparition de nombre d’exploitations agricoles.

On a cru pouvoir mettre en place une agriculture à moindre coût. Il n'en est rien. Rechercher à tout prix à produire des aliments tout-venant conforte un modèle à bout de souffle qui pollue, met en danger les paysans et réduit la biodiversité. C’est tout l’impasse d’une politique agricole ultra-libérale.

Notre analyse est simple. Alors que les profits des groupes de la grande distribution flirtent avec les sommets, la paysannerie française est en grande difficulté. Les agriculteurs sont à bout de souffle, mal rémunérés ; le consommateur, lui, paye également le prix fort. Incidemment, la vitalité des territoires et notamment des ruralités s’en retrouve impacté. Nous sommes donc dans un modèle perdant-perdant.

Pourtant, un nouveau modèle agricole est possible pour sortir de la crise. Nos propositions visent à répondre à la rémunération du travail paysan, à l’accès à tous à une alimentation de qualité ainsi qu’à l’urgence de réponses liées à la crise.

Permettez-nous de développer quelques priorités.

Nous mettrons en œuvre un plan de transition écologique de l’agriculture en vue de faire de l’agriculture française un modèle d’agriculture écologique, sans OGM, autonome en intrants et ressources non renouvelables, non contaminants et contribuant à la lutte contre le changement climatique.

Pour lutter contre la concentration des exploitations nous ferons jouer un droit de préemption systématique des terres libérées en faveur de l’installation d’agriculteurs ou de l’agrandissement de petites exploitations.

Nous agirons pour une nouvelle organisation de l’agriculture dans le cadre des Nations unies, afin de soutenir le développement de marchés régionaux, de réguler les marchés mondiaux, de mettre en œuvre un plan agricole et alimentaire mondial, de promouvoir la relocalisation et la transition écologique de l’agriculture et de combattre les processus d’accaparement de terres.

Nous serons à l'initiative de la construction d’une alliance stratégique avec les pays engagés dans la défense de la souveraineté alimentaire et de l’agriculture paysanne.

Nous impulserons une coopération au développement qui priorise les accords avec les États mettant en œuvre des politiques de souveraineté alimentaire et de soutien à l’agriculture paysanne.

Nous agirons pour l'adoption d’une politique agricole commune cohérente avec l’objectif de souveraineté alimentaire, centrant la production sur les besoins du marché intérieur et la protection de ce dernier, garantissant aux agriculteurs des prix rémunérateurs, encadrant les pratiques de la grande distribution au moyen des prix minimums aux producteurs et de coefficients multiplicateurs maximums et de conférence annuelles sur les prix arbitrées par l'Etat.

La France opposera son veto à la conclusion du cycle de Doha de l’OMC, à la signature des accords de libre-échange (notamment les APE) négociés par l’Union européenne, à toutes les pressions du FMI, de la Banque mondiale et aux conditions posées à l’aide au développement exercées sur les pays du Sud.

Nous mettrons en œuvre un plan national de transition écologique de l'agriculture visant le zéro pesticide. 

Nous engagerons le soutien au développement des filières alternatives labellisées, vivrières, courtes de proximité, biologiques, reposant sur une juste rémunération du travail et permettant au plus grand nombre de bénéficier d'une alimentation de qualité.

Nous défendrons la création d'organismes publics régionaux de certification bio et agriculture raisonnée. 

Nous engagerons la révision du mandat des Sociétés d’aménagement foncier et rural (SAFER) et de leur gouvernance afin d'y rendre les pouvoirs publics majoritaires et pour stopper puis inverser le processus de concentration de l’agriculture.

Nous soutiendrons l’installation de jeunes agriculteurs et la consolidation des petites exploitations, y compris par le biais de réserves foncières, notamment à proximité des villes.

Voilà, Monsieur, rapidement esquissée, une approche de ce que nous ferons si nous sommes élu-e-s députés.

En espérant avoir répondu à votre attente, nous vous remercions de votre sollicitation et vous prions de croire en notre attention ainsi que nos sentiments les meilleurs.

Nous restons à votre disposition pour échanger de manière plus approfondie si vous le souhaitez.

 

Les candidats présentés dans le Parti Communiste et le Front de Gauche dans le Finistère: 

Ismaël Dupont et Muriel Grimardias(4ème circonscription), Yvonne Rainero et Jean-Claude Perrot (1ère circonscription), Jean Paul Cam et Yasmine Tanguy (3ème circonscription), Eric Guellec et Anne-Catherine Cleuziou (2ème circonscription), Pierre-Yves Liziar et Claude Bournot-Gallou (5ème circonscription), Maxime Paul et Catherine Flageul (6ème circonscription), Martine Le Nozerh (suppléante communiste de Roland Jaouen, France Insoumise, dans la 7e circonscription), Jacques Rannou et Christine Belleguic (8e circonscription)

Ismaël Dupont, Xavier Compain, Muriel Grimardias en visite d'une ferme en transition bio au Kermeur à Plougonven dans le cadre d'une journée agriculture de notre campagne législatives

Ismaël Dupont, Xavier Compain, Muriel Grimardias en visite d'une ferme en transition bio au Kermeur à Plougonven dans le cadre d'une journée agriculture de notre campagne législatives

Résister et construire, se faire entendre et respecter. Un député vraiment à gauche pour les pays de Concarneau et Quimperlé. Jacques Rannou cheminot, Maire délégué de Kernével et Christine Belleguic, infirmière. Conseillère municipale de Névez. Soutenus par le PCF-Front de Gauche et République et Socialisme.

Résister et construire, se faire entendre et respecter. Un député vraiment à gauche pour les pays de Concarneau et Quimperlé. Jacques Rannou cheminot, Maire délégué de Kernével et Christine Belleguic, infirmière. Conseillère municipale de Névez. Soutenus par le PCF-Front de Gauche et République et Socialisme.

Eric Guellec et Anne-Catherine Cleuziou (candidats PCF à Brest Centre), Yasmine Tanguy (Brest Rural), Maxime Paul (6e circonscription), Claudie Bournot-Gallou (5e Circo), Pierre-Yves Liziar (5e circo), Catherine Flageul (6e circo), Jean-Paul Cam (1e circo)

Eric Guellec et Anne-Catherine Cleuziou (candidats PCF à Brest Centre), Yasmine Tanguy (Brest Rural), Maxime Paul (6e circonscription), Claudie Bournot-Gallou (5e Circo), Pierre-Yves Liziar (5e circo), Catherine Flageul (6e circo), Jean-Paul Cam (1e circo)

Yvonne Rainero et Jean-Claude Perrot (candidats du PCF dans la 1ère circonscription de Quimper)

Yvonne Rainero et Jean-Claude Perrot (candidats du PCF dans la 1ère circonscription de Quimper)

Agriculture: Réponse des candidats aux législatives du PCF dans le Finistère au questionnaire de la Confédération Paysanne
Agriculture: Réponse des candidats aux législatives du PCF dans le Finistère au questionnaire de la Confédération Paysanne
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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 05:27
Signons le pacte April pour le logiciel libre (Yann Le Pollotec, responsable "révolution numérique" du PCF)
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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 20:27
Brasparts, 6 juin: présence à la manifestation pacifiste et anti-impérialiste contre les manoeuvres militaires de l'OTAN en Bretagne de Xavier Compain, porte-parole du PCF Bretagne, et de Maxime Paul, candidat PCF-Front de Gauche de rassemblement sur la 6ème circonscription

Secrétaire du comité régional du PCF, Xavier Compain était ce mardi à cette initiative lancée par le Mouvement de la paix et mon ami Roland Nivet. Avec les militants et candidat-e-s communistes nous partagerons notre ambition d' une Bretagne exemplaire pour la paix, travaillant avec les personnels civiles et militaires une transition de sortie de l' armement nucléaire.

Mardi 6 juin de 12H à 17H

Chapelle du Mont Saint Michel de Brasparts (29)

Parc Naturel des Armoricains.

 

Oui à la Paix ! Stoppons les guerres !

 

A l’appel du Mouvement de la Paix    culturedelapaix.org  et d’artistes militants pacifistes.

 

En effet, c’est le mardi 6 que débutent des manœuvres militaires aéronavales des armées de l’Otan en Bretagne. Le rejet de l’Otan nous concerne tous. Les manœuvres ont un coût considérable financièrement mais aussi écologiquement. Elles ne peuvent que nous rappeler les engagements militaires de la France  aux quatre coins du monde.

 

Un happening artistique : Des pinceaux contre la guerre !

Nous invitons les plasticiens à venir exprimer individuellement et collectivement leur rejet de la guerre et les maloeuvres de l’Otan en Bretagne. Non à la Java des Rafales !

Bien entendu, cet appel concerne également d’autres formes artistiques : musique, danse, théâtre…

 

Un rassemblement pacifique :

 

La France doit sortir de l’Otan, L’Otan n’est pas la bienvenue en Bretagne

 

Ret eo da Vro-Chall kuitaat an Otan !

Ret eo d’an Otan kuitaat Breizh !

 

Le succès des manifestations de Bruxelles à l’occasion du sommet de l’OTAN mais aussi le succès de l’initiative de Carhaix le Dimanche 28 Mai 2017 dans le Finistère montrent  les exigences des peuples de voir mises en œuvre partout des politiques de paix et de prévention des conflits au lieu de la militarisation des relations internationales et de la préparation de nouvelles guerres qu’appellent les manœuvres de l’Otan.

Ces manœuvres de l’OTAN qui doivent commencer le mardi 6 juin en Bretagne  sous le nom de Tiger Meet vont mettre en œuvre, 800 pilotes et techniciens, des militaires de 12 pays, 1200 à 1500 heures de vol à 40 000 euros l’heure de vol.

Ces manœuvres  auront comme centre névralgique la base aéronavale de Landivisiau qui accueille les avions rafales, porteurs potentiels de l’arme nucléaire , et ne peuvent qu’intégrer la base de sous-marins nucléaires de l’ile Longue située à quelques kms de Landivisiau et de la base de Lanvéoc où sera regroupée le une partie essentielle de la logistique.

Cette base aéronavale prépare par ailleurs les mêmes  avions Rafale dans leurs  missions d’accompagnement du Porte avion Charles De Gaulle pour des opérations et des guerres extérieures.

Sous l’intitulé « des pinceaux  pour la paix !» la contribution des artistes, des  plasticiens est la bienvenue, de même que les musiciens et les citoyens pour un moment de rencontres au cœur de ce parc d’Armorique qui respire la paix et la beauté du vivant et appelle à la fraternité et à la paix.

 

Pour tout renseignement complémentaire : Le Mouvement de la Paix : roland.nivet@mvtpaix.org

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 20:03
Ordonnances Macron pour créer à un droit du travail particulier à chaque entreprise: résistons à ce grand bond en arrière social et démocratique en élisant un maximum de députés PCF et Front de Gauche et en nous mobilisant dès l'été, dans la rue, les entreprises! - par Ismaël Dupont
photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

 

Le gouvernement vient de dévoiler les contenus du projet de loi d'habilitation des ordonnances qui sera présenté le 28 juin au conseil des ministres . 

Monsieur Macron a de la suite dans les idées, il est un dangereux  récidiviste :  il a  imposé hier, en dégainant le 49-3,  une loi, portant son nom, qui  imposait  le travail du dimanche…. Il  veut aujourd'hui remettre sur la table toutes les dispositions initialement envisagées par la loi de sa complice El Khomri  que les salariés ont pu faire  retirer par leur mobilisation lors du précédent quinquennat .

Et bien, que Monsieur Macron  se le tienne pour dit : s'il a de la suite dans les idées, nous aussi !

Le combat contre son projet  nous l'avons mené dans la rue en 2016 avec les salariés, avec nos députés PCF et Front de Gauche à l'Assemblée Nationale ;  nous le menons aujourd'hui aux élections législatives qui doivent contribuer à résister à ces projets de régression sociale; nous le mènerons demain, dans l'Hémicycle avec nos députés et dans tout le pays!

Nous le mènerons de façon spectaculaire, visible et durable, pour gagner un débat aujourd'hui urgent et nécessaire: notre pays , les travailleurs, les salariés n'ont pas besoin de droits qui se réduisent comme peau de chagrin, au gré des désirs de rentabilité des actionnaires et du MEDEF, mais d'un code du travail du XXIeme siècle , qui étende au contraire leurs droits, leur pouvoir d'intervention dans les entreprises , qui leur assure un nouveau droit à la mobilité et à la sécurité professionnelle.

Ce que nous voulons, c'est  un débat démocratique , citoyen, à l'échelle de toute la société , avec tous les salariés et leurs représentants, pas un débat assassiné  à coups d'ordonnances en période estivale !

C'est cela pour nous la modernité et le renouvellement  en politique ! 

Et nous ne nous laisserons pas abuser par les mots : la simplification ce n'est pas   mettre fin aux conventions collectives nationales, pour favoriser une négociation truquée par entreprise, avec des droits adaptables et sans arrêt remis en cause pour que la concurrence libre et non faussée entre entreprises se fasse sans arrêt sur le dos de salariés toujours plus taillables et corvéables à merci !

Ce n'est pas  plafonner, donc tirer vers le bas, les indemnités prud’homales pour permettre aux chefs d'entreprises de licencier plus facilement !

La  démocratie et le dialogue social, ce n'est pas  instaurer, le pistolet sur la tempe, des référendum d'entreprises, où les salariés ne pourront répondre qu'aux questions que les chefs d'entreprises et leurs actionnaires auront décidé de leur poser !

Simplifier , démocratiser c'est au contraire instaurer un service public de l'emploi profondément transformé avec pour missions l'appui aux salariés, leur sécurisation et leur formation.

Simplifier , démocratiser, c'est au contraire donner aux salariés de véritables pouvoirs de contre propositions face aux plans de licenciements , moyens financiers à l'appui, pour baisser le coût du capital , pas du travail.

C'est le sens du projet de loi que les parlementaires communistes ont déposé à l'assemblée nationale pour une « sécurité de l'emploi et de la formation ».

Ce projet porte la nécessité de repenser le travail, le temps de travail, le sécurisation de l'emploi tout au long de la vie :  c'est indispensable aujourd'hui pour pouvoir évoluer, s’adapter, élever ses connaissances et qualifications pour le plus grand bien du développement des entreprises et du pays, et dans une totale sécurité.

A travers la question du code du travail, c'est un véritable enjeu de société, pour nous comme pour les générations à venir qui est posé !

  Le  nouveau président de la République a annoncé son intention de régler le problème en ayant recours  aux ordonnances ! 

Les ordonnances, c'est ce qui autorise à dessaisir le Parlement de l'écriture précise de la loi au profit du seul gouvernement.

Rien de plus anti-démocratique. Et Il veut le faire pendant l'été.

Bonjour le coup de force !

Les élections législatives doivent donc  être l'acte premier de la mobilisation pour s'opposer à ce coup de force , et imposer un large débat public, projet contre projet . 

Le Président n'a pas en effet le pouvoir à lui seul de déclencher les ordonnances.

Le Parlement doit voter une loi d'habilitation des ordonnances.

Si le Président Macron et son premier ministre issu des républicains font de l'existence d'une majorité absolue, soumise et obéissante,  à l'assemblée un enjeu décisif pour eux, nous  savons  pourquoi maintenant !

D'où l'importance des élections législatives ; car si nous élisons  assez de députés qui le refuse, il n'y aura pas de recours aux ordonnances.

C'est pour cette raison que nous menons cette semaine d'action à la veille d'un scrutin qui sur ce sujet, comme sur beaucoup d'autres, sera décisif pour l'avenir du pays et des salariés .

C'est pour cette raison que nous voulons mettre cette question au cœur de notre campagne des élections législatives.

Les candidates et candidats que nous présentons ou soutenons ont été des acteurs et actrices résolus dans les mobilisations contre la loi El Khomri . Ils portent partout dans leur campagne l'exigence de nouveaux droits pour les salariés , et celle de faire reculer la main mise de la finance et des actionnaires sur les choix économiques et des entreprises . Ils seront présents dans chacune de leur circonscription dans les jours qui viennent pour donner de la résonance à cette semaine d'action.

Les salariés peuvent compter sur elles et eux pour refuser demain, à l'assemblée , le recours aux ordonnances.

Voter pour elles et eux ce dimanche 11 juin , c'est dire non à la casse du Code du Travail.

Et vous pouvez compter sur elles et eux, tout au long de la mandature pour défendre et faire progresser vos droits .

Les faits parlent d'eux mêmes :

Entre 2014 et 2016, Les députés communistes FDG ont déposé plus de 2 400 amendements à la loi Macron, puis El Khomri

Nuits et jours, pied-à-pied, ils n'ont rien lâché !  Ils ont travaillé avec les syndicats, avec « Nuit Debout », et tous les parlementaires opposés à cette loi : ils ont été nos porte-voix ….

Ils continueront à l'être au sein de l'Hémicycle !

En appui sur les députés communistes et Front de Gauche , nous poursuivrons ce combat tout au long de l'été, à la rentrée de septembre, à  la Fête de l'Humanité qui résonnera de cette mobilisation et de cette exigence, et dans les semaines qui suivront !

Mr Macron veut  passer en force pour casser le droit du travail, il  nous trouvera face à lui, il  trouvera sur sa  route  des députés qui exigeront l'abrogation de la loi El Khomri ; qui   engageront  un grand dialogue politique et citoyen pour de nouveaux droits au travail, pour construire  une grande loi de démocratisation sociale, qui mettra en son cœur de nouveaux droits sociaux et de droits d'intervention dans la gestion des entreprises !

Voilà ce qui manque tant  dans notre République !

Voilà l'enjeu des élections législatives des 11 et 18 juin !

 

Ismaël Dupont, candidat PCF-Front de Gauche aux élections législatives: "L'humain au coeur"

Ordonnances Macron pour créer à un droit du travail particulier à chaque entreprise: résistons à ce grand bond en arrière social et démocratique en élisant un maximum de députés PCF et Front de Gauche et en nous mobilisant dès l'été, dans la rue, les entreprises! - par Ismaël Dupont
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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 19:54
Hommage à Jorge Semprun, disparu le 7 juin 2011

Jorge Semprun, disparu le 7 juin 2011 (lu sur l'excellente page facebook de Robert Clément)


Jorge Semprun était l’un des intellectuels emblématiques de son temps. Sa vie, ses convictions, son engagement ont rayonné en France, en Espagne et en Europe.
Jorge Semprun meurt le 7 juin 2011. En un éclair, l’histoire du siècle dernier a resurgi. La machine à remonter le temps s’accélère tant la figure de cet homme au parcours incroyable – exilé à douze ans, résistant à dix-sept ans, déporté à Buchenwald, militant et dirigeant communiste clandestin dans l’Espagne franquiste, écrivain prolixe, ministre de la Culture sous le gouvernement de Gonzalez – restera à jamais scellée aux tourmentes dramatiques du XXe siècle.
Buchenwald, matricule 44904. 
Tout commence avec la guerre d’Espagne. En 1936, le coup d’État franquiste contraint sa famille à l’exil. Jorge Semprun s’installe à Paris où il s’inscrit au lycée Henri-IV. En 1942, il entre en résistance contre l’occupant nazi au sein de la MOI (Main-d’œuvre immigrée). Arrêté, torturé, il est déporté le 29 janvier 1944 à Buchenwald. Il sera le matricule 44904 et portera, agrafé à son pyjama, le triangle rouge des prisonniers communistes. Ce n’est qu’en 1992, lorsqu’il retourne pour la première fois sur les lieux, qu’il comprend qu’il ne doit sa survie qu’à la supercherie d’un prisonnier allemand qui écrira « stukateur » sur sa fiche en lieu et place de « student ». Maçon plutôt qu’étudiant. Le 11 avril 1945, après « ces deux ans d’éternité glaciale, d’intolérable mort » (dans l’Écriture ou la vie), il revient à la vie, survivant parmi les autres survivants. Retour à Paris. Il se lance dans l’écriture, fréquente assidûment les milieux intellectuels de Saint-Germain, mais rien ne vient. « Il me faudrait plusieurs vies pour raconter toute cette mort », écrit-il. La mort le hante. Il veut vivre. Alors il lâche tout, ses amitiés, son confort, ses angoisses, ses tentatives d’écriture, et il retourne en Espagne où il devient clandestin. Il aura plusieurs identités, plusieurs adresses, et un seul objectif : coordonner la résistance anti - franquiste de l’intérieur quand la plupart de ses camarades sont morts, prisonniers ou en exil. En 1952, Federico Sanchez, pseudonyme qui a donné le titre d’un de ses ouvrages, devient permanent du PCE. Élu au comité central en 1954, il se voit confier des missions auprès de Dolorès Ibarruri, alors exilée à Moscou, puis aux côtés de Santiago Carrillo, en France. Lorsque ce dernier est élu secrétaire général du PCE en 1962, il s’empresse d’ôter toutes ses responsabilités à Semprun jusqu’à l’exclure, en 1964. La rupture est violente, totale. Semprun dénonce les dérives staliniennes de la direction en exil. La sanction sera sans appel.
Semprun revient à l’écriture. Vingt ans ont passé depuis ce 11 avril 1945 où il franchissait la grille de Buchenwald. En 1963, paraît le Grand voyage, où il évoque le compartiment à bestiaux qui le conduit avec plus de cent compagnons au camp. En 1969, il publie la Deuxième Mort de Ramon Mercader, qui obtiendra le prix Femina. Dès lors, il ne cessera d’écrire. Parmi ses très nombreux ouvrages, citons Autobiographie de Federico Sanchez (1977), Quel Beau Dimanche ! (1980) et, bien sûr, l’Écriture ou la vie (1994). Écriture mémorielle et documentaire dont on suit le cheminement, les allers-retours dans le temps, dans l’histoire pour retrouver des sensations, des images, des odeurs, des couleurs. Une œuvre majeure qui fait écho à celle de son alter ego Primo Lévi. Un livre rendu possible par son retour à Buchenwald en 1992, quarante-sept ans après sa libération. Il n’a jamais cessé d’y retourner. En avril 2010, il avait l’intuition qu’il ne reverrait probablement plus cette colline de l’Ettersberg qui dominait le camp. « Comment dire le souvenir de l’odeur de la chair brûlée ? Comment en parler ? Comparer ? L’obscénité de la comparaison ? J’ai à vif dans ma tête l’odeur la plus importante d’un camp de concentration. Et je ne peux pas l’expliquer. Et cette odeur s’évaporera avec moi comme elle s’est déjà évaporée avec d’autres », confie-t-il cette année-là.
Un combattant inlassable de la liberté
À sa mort, tous les amoureux de la liberté se sentent orphelins. On se souviendra de sa belle silhouette, de son sourire ravageur, de son regard perçant et chaleureux, et de cet accent unique qui faisait résonner un français au phrasé élégant et érudit. Sa droiture, sa noblesse, son combat pour l’humanité et la liberté sont indissociables de l’homme. Européen convaincu, il pensait que l’Europe se construirait sur les ruines de Buchenwald. Pour que l’horreur ne se répète pas. Lui qui aimait le cinéma (il a écrit plusieurs scénarios pour Costa-Gavras, Yves Boisset, Joseph Losey ou encore Alain Resnais) avait témoigné, dans le documentaire de José Luis Penafuerte, les Chemins de la mémoire. On le voit aux côtés de Marcos Ana, poète, grande figure de la résistance communiste au franquisme. Dos à la caméra, ils observent les pelleteuses détruisant l’emblématique prison madrilène de Carabanchel. Des gravats jetés rageusement sur la mémoire et l’histoire de ce pays. Dans ce Madrid qu’il aimait tant, dans ces villes d’Europe qu’il a arpentées, Athènes, Lisbonne, Istanbul, des jeunes gens ont, en 2011, redressé la tête.

Jorge Semprun

Jorge Semprun

Jorge Semprun: une personnalité d'exception et un grand écrivain dans le tumulte du XXe siècle

 

Et cet hommage, que j'avais rédigé il y a quelques mois, le 8 décembre 2016:

"Jorge Semprun, une personnalité d'exception et un grand écrivain dans le tumulte du XXe siècle" (Ismaël Dupont) 

" Mémorialistes et chroniqueurs n'ont pas coutume d'entremêler tendresses, confidences et débâcles du corps à l'évocation de leurs hauts faits. Les romanciers, eux, c'est leur travail, depuis Fabrice à Waterloo. Semprun croise les rubriques et donne une dimension romanesque à l'évènement réel. Il privatise l'Histoire tout en historicisant sa vie. La mémoire, on le sait, est un drôle de réfrigérateur: elle fait fondre les grandes lignes et conserve les détails au frais... Avec sa mosaïque en pointillé, Semprun annexe l'histoire à la mémoire".

Quelques lignes très justes de Regis Debray en avant-propos d'Exercices de survie, le dernier livre, publié à titre posthume, de Jorge Semprun, énorme romancier, grand intellectuel, dont le vécu aura épousé les tragédies, les espoirs et les désillusions du siècle: la guerre d'Espagne, la Résistance, Buchenwald et l'univers concentrationnaire nazi, le Communisme et son action clandestine en Espagne, le retour à la démocratie après le franquisme en Espagne.

Il faut lire et relire Jorge Semprun, le Marcel Proust de la mémoire douloureuse du XXe siècle et de Buchenwald, mêlant l'auto-fiction à l'exercice de remémoration et l'esthétique de l'existence à la méditation sur l'histoire. Un travail fascinant et obsessionnel sur les dédales de la mémoire et de l'oubli, la permanence et la beauté de l'instant, l'écriture et la vie, l'écriture ou la vie, la quasi impossibilité de traduire ce que fut l'expérience concentrationnaire, et qui fait qu'on s'arrête toujours au seuil.

Appartenant à une grande famille madrilène, petit fils par sa mère d'un chef de gouvernement, Antonio Maura, et neveu d'un ministre républicain modéré, fils d'un gouverneur civil de province devenu diplomate pendant la guerre d'Espagne et représentant de la République Espagnole à La Haye, Jorge Semprun arrive à Paris en 1939, à quinze ans. Son père est chrétien, proche des animateurs de la revue « Esprit ». Jorge Semprun est un élève ultra-brillant, qui maîtrise déjà très bien le français.

« Je l'avais connue en 1939 (Claude-Edmonde Magny, professeur de philosophie de dix ans son aînée qu'il retrouve pendant l'occupation et après la libération des camps), à l'occasion d'un congrès d'Esprit.Avant l'été, mais après la défaite de la République espagnole. C'était à Jouy-en-Josas, si je me souviens bien. Mon père avait été correspondant général du mouvement personnaliste de Mounier en Espagne. Il assistait à ce congrès, je l'avais accompagné. J'avais quinze ans, j'étais interne à Henri IV depuis la chute de Madrid aux mains des troupes de Franco ». (L'écriture ou la vie).

Semprun obtient le deuxième prix au Concours Général de Philosophie. Il fera une grande classe préparatoire à Paris en Lettres supérieures puis intégrera la Sorbonne pour y faire des études de philosophie où il se passionne pour Heidegger, Lévinas, Saint Augustin, Marx, Lukas, Wittgenstein, mais lit surtout beaucoup de littérature (Faulkner, Malraux, Giraudoux, Sartre) et de poésie (il fera des causeries sur Rimbaud organisées par l'appareil clandestin du camp à Buchenwald, récite à haute voix des centaines de poèmes) . Il fréquente la « meilleure société » parisienne, la jeune bourgeoisie intellectuelle bohème, enchaînant les surprise-parties dans les quartiers de l'ouest parisien, mais sa maturité intellectuelle, son exigence morale et politique, le conduisent aussi à s'engager.

Il aide par exemple un résistant juif des FTP-MOI à se cacher en 1943 chez une amie organisant une fête chez elle après que celui-ci, de son pseudonyme Koba, surnom de Staline, ait tué dans sa chambre d'hôtel un officier allemand (avec la prostituée qui couchait avec lui).

Auparavant, le 11 novembre 1940, Semprun participe à la manifestation patriotique à Paris des lycéens et étudiants, véritable défi à l'occupant, organisée notamment par l'Union des Étudiants communistes et les Jeunesses communistes. Il adhère au Parti Communiste Espagnol en 1941 et côtoie une agent communiste du Komintern, autrichienne des FTP-MOI, qui le forme politiquement et parle avec lui de Heine, Bertold Brecht. Mais ses contacts avec l'organisation communiste de résistance se rompent et il s'engage finalement dans la résistance, au groupe « Jean-Marie Action », dépendant du réseau Buckmaster mis en place par les services secrets britanniques. Ce réseau dirigé par Henri Frager, un homme de droite nationaliste, opère en Bourgogne en réceptionnant les parachutages d'armes et en les répartissant en Côte-d'Or et dans l'Yonne mais en ayant consigne de ne pas livrer d'arme à la résistance communiste. Dans le cadre de ses opérations, il se force à tuer dans un bois de Semur-en-Auxois avec son compagnon de résistance Julien, un beau et romantique soldat allemand, qui descendu de sa moto pour pisser auprès de la rivière, chantait "La Paloma". Un des récits inouïs et si tristes de ces temps atroces.

Semprun est arrêté par la Gestapo à Joigny en septembre 1943, dénoncé par un traître de la hiérarchie du groupe de résistance, et il est torturé pendant plusieurs semaines à la prison d'Auxerre. Il raconte cette expérience fondatrice de la torture dans son dernier livre, labyrinthique comme ses précédents, inachevé et posthume, « Exercices de survie », publié en 2012, alors que Semprun meurt en 2011 à l'âge de 88 ans.

Il est envoyé en déportation à Buchenwald depuis le camp de transit de Compiègne : quatre jours et trois nuits de voyage dans un wagon de marchandise cadenassé sans air et sans eau, avec cent vingt déportés à l'intérieur, expérience qu'il racontera, avec la libération du camp de Buchenwald, dans le « Grand Voyage » (1963), son premier écrit publié, son premier récit, à dimension philosophique, éthique et esthétique, sur l'expérience concentrationnaire. Il y raconte avec maestria presque les mêmes scènes, celles de sa vie, que dans « L'écriture ou la vie », que dans « L'écriture ou la vie » (1994) ou dans « Exercices de style » (2011), mais avec dans ces derniers cas des interprétations, des éclairages, des interpositions fictionnelles nouvelles.

A Buchenwald, quelques jours après la Libération du camp le 11 avril 1945, Jorge Semprun fait visiter le camp à des volontaires françaises candides de la « Mission France »:

« Les deux automobiles se sont arrêtées devant nous et il est descendu ces filles invraisemblables. C'était le 13 avril, le surlendemain de la fin des camps. Le bois de hêtres bruissait dans le souffle du printemps. Les Américains nous avaient désarmés, c'était la première chose dont ils s'étaient occupés, il faut dire. Ces quelques centaines de squelettes en armes, des Russes et des Allemands, des Espagnols et des Français, des Tchèques et des Polonais, sur les routes autour de Weimar, on aurait dit qu'ils en avaient une sainte frousse. Mais nous occupions quand même les casernes S.S., les dépôts de la division « Totenkopf » dont il fallait faire l'inventaire. Devant chacun des bâtiments il y avait un piquet de garde, sans armes. J'étais devant le bâtiment des officiers S.S. et les copains fumaient et chantaient. Nous n'avions plus d'armes, mais nous vivions encore sur la lancée de cette allégresse de l'avant-veille, quand nous marchions vers Weimar, en tiraillant sur les groupes de S.S. isolés dans le bois. J'étais devant le bâtiment des officiers S.S. et ces deux automobiles se sont arrêtées devant nous et il en est descendu ces filles invraisemblables. Elles avaient un uniforme bleu, bien coupé, avec un écusson qui disait « Mission France ». Elles avaient des cheveux, du rouge à lèvres, des bas de soie, des lèvres vivantes sous le rouge à lèvres, des visages vivants sous les cheveux, sous leurs vrais cheveux. Elles riaient, elles jacassaient, c'était une vraie partie de campagne. Les copains se sont tout à coup souvenus qu'ils étaient des hommes et ils se sont mis à tourner autour de ces filles. Elles minaudaient, elles jacassaient, elles étaient mûres pour une bonne paire de claques. Mais elles voulaient visiter le camp, ces petites, on leur avait dit que c'était horrible, absolument épouvantable. Elles voulaient connaître cette horreur. J'ai abusé de mon autorité pour laisser les copains sur place, devant le bâtiment des officiers S.S. et j'ai conduit les toutes belles vers l'entrée du camp.

La grande salle d'appel était déserte, sous le soleil du printemps, et je me suis arrêté, le cœur battant. Je ne l'avais jamais encore vue vide, il faut dire, je ne l'avais jamais vue réellement. Ce qu'on appelle voir, je ne l'avais pas encore vue vraiment. D'une des baraques, d'en face jaillissait doucement, dans le lointain, un air de musique lente joué sur un accordéon. Il y avait cet air d'accordéon, infiniment fragile, il y avait les grands arbres, au-delà des barbelés, il y avait le vent dans les hêtres, et le soleil d'avril au-dessus du vent et des hêtres. Je voyais le paysage qui avait été le décor de ma vie, deux ans durant, et je le voyais pour la première fois. Je le voyais de l'extérieur, comme si ce paysage qui avait été ma vie, jusqu'avant-hier, se trouvait de l'autre côté du miroir, à présent. Il n'y avait que cet air d'accordéon pour relier ma vie d'autrefois, ma vie de deux ans jusqu'avant-hier, à ma vie d'aujourd'hui. Cet air d'accordéon joué par un Russe dans cette baraque d'en face, car seul un Russe peut tirer d'un accordéon cette musique fragile et puissante, ce frémissement des bouleaux dans le vent et des blés sur la plaine sans fin. Cet air d'accordéon, c'était le lien à ma vie de ces deux dernières années, c'était comme un adieu à cette vie, comme un adieu à tous les copains qui étaient morts au cours de cette vie-là. Je me suis arrêté sur la grande place d'appel déserte et il y avait le vent dans les hêtres et le soleil d'avril au-dessus du vent et des hêtres. Il y avait aussi, à droite, le bâtiment trapu du crématoire. A gauche, il y avait le manège, où on exécutait les officiers, les commissaires et les communistes de l'Armée Rouge. Hier, 1é avril, j'avais visité le manège. C'était un manège comme n'importe quel manège, les officiers S.S. y venaient faire du cheval. Ces dames des officiers S.S. y venaient faire du cheval. Mais il y avait dans le bâtiment une salle de douche spéciale. On y introduisait l'officier soviétique, on lui donnait un morceau de savon et une serviette éponge, et l'officier soviétique attendait que l'eau jaillisse de la douche. Mais l'eau ne jaillissait pas. A travers une meurtrière dissimulée dans un coin, un S.S. envoyait une balle dans la tête de l'officier soviétique. Le S.S. était dans une pièce voisine, il vivait posément la tête de l'officier soviétique et il lui envoyait une balle dans la tête. On enlevait le cadavre, on ramassait le savon et la serviette éponge et on faisait couler l'eau de la douche, pour effacer les traces de sang. Quand vous aurez compris ce simulacre de la douche et du morceau de savon, vous comprendrez la mentalité S.S.

Mais ça n'a aucun intérêt de comprendre les S.S., il suffit de les exterminer.

J'étais debout sur la grande place d'appel déserte, c'était le mois d'avril, et je n'avais plus du tout envie que ces filles aux bas de soie bien tirés, aux jupes bleues bien plaqués sur des croupes appétissantes, viennent visiter mon camp... » (Le grand voyage, 1963)

Semprun finira par montrer l'empilement des cadavres sur la place derrière les baraques. On les entreposait là depuis que les fours crématoires s'étaient arrêtés de fonctionner, quelques jours avant que la majorité des bourreaux nazis ne quittent le camp devant la pression de l'avance alliée. Semprun raconte les survivants qui meurent d'avoir trop mangé avec leur organisme affaibli une fois le camp libéré par les Alliés. Il donne la main ainsi à un ancien de la guerre d'Espagne et du plateau des Glières, Morales, qui meurt "d'une dysentrie foudroyante provoquée par une nourriture redevenue trop riche" après avoir survécu à Auschwitz et à des mois de camp de concentration.

Les fours crématoires, dont certains firent des jeux de mot douteux, par où partirent en fumée beaucoup d'amis de Semprun, dans le professeur Maurice Halbwachs, à qui Semprun avant l'instant de basculement dans la mort récita les vers de Baudelaire :

« O mort, vieux capitaine, il est temps, levons l'ancre »

 

« Étrange odeur », a écrit Léon Blum.

Déporté en avril 1943, avec Georges Mandel, Blum a vécu deux ans à Buchenwald. Mais il était enfermé en dehors de l'enceinte proprement dite du camp : au-delà de la barrière de barberés électrifiés, dans une villa du quartier des officiers S.S. Il n'en sortait jamais, personne n'y pénétrait que les soldats de garde. (…) C'est la rigueur de cette clôture qui explique son ignorance. Léon Blum ne savait même pas où il se trouvait, dans quelle région de l4allemagne il avait été déporté. Il a vécu deux ans dans une villa du quartier des casernes S.S. de Buchenwald en ignorant tout de l'existence du camp de concentration, si proche pourtant. « Le premier indice que nous en avons surpris, a t-il écrit au retour, est l'étrange odeur qui nous parvenait souvent le soir, par les fenêtres ouvertes, et qui nous obsédait la nuit tout entière quand le vent continuait à souffler dans la même direction : c'était l'odeur des fours crématoires. (…). Étrange odeur, en vérité, obsédante. »

- « Le crématoire s'est arrêté hier, leur dis-je. Plus jamais de fumée dans le paysage. Les oiseaux vont peut-être revenir !

Ils font la grimace, vaguement écœurés.

Mais ils ne peuvent pas vraiment comprendre. Ils ont saisi le sens des mots, probablement. Fumée : on sait ce que c'est, on croit savoir. Dans toutes les mémoires d'homme, il y a des cheminées qui fument. Rurales à l'occasion, domestiques, fumées des lieux-lares.

Cette fumée-ci, pourtant, ils ne savent pas. Et ils ne sauront jamais vraiment. Ni ceux-ci, ce jour-là. Ni tous les autres, depuis. Ils ne peuvent pas imaginer, quelles que soient leurs bonnes intentions.

Fumée toujours présente, en panaches, ou volutes, sur la cheminée trapue du crématoire de Buchenwald, aux abords de la baraque administrative du service du travail, l'Arbeitsstatistik, où j'avais travaillé cette dernière année.

Il me suffisait d'un peu pencher la tête, sans quitter mon poste de travail au fichier central, de regarder par l'une des fenêtres donnant sur la forêt. Le crématoire était là, massif, entouré d'une haute palissade, couronné de fumée.

Ou bien de flammes, la nuit.

Lorsque les escadrilles alliées s'avançaient vers le cœur de l'Allemagne pour des bombardements nocturnes, le commandement S.S demandait qu'on éteignît le four crématoire. Les flammes, en effet, dépassant de la cheminée, étaient un point de repère idéal pour les pilotes anglo-américains.

Krematorium, ausmachen ! Criait alors une voix brève, impatientée, dans le circuit des haut-parleurs.

« Crématoire, éteignez ! »

Nous dormions, la voix sourde de l'officier S.S. de service à la tour de contrôle nous réveillait. Ou plutôt elle faisait d'abord partie de notre sommeil, elle résonnait dans nos rêves, avant de nous réveiller. A Buchenwald, lors des courtes nuits où nos corps et nos âmes s'acharnaient à reprendre vie – obscurément, avec une espérance tenace et charnelle que démentait la raison, sitôt le jour revenu – ces deux mots, Krematorium, ausmachen ! qui éclataient longuement dans nos rêves, les remplissant d'échos, nous ramenaient aussitôt à la réalité de la mort. Nous arrachaient au rêve de la vie.

(…)

« S'en aller par la cheminée, partir en fumée » étaient des locutions habituelles dans le sabir de Buchenwald. Dans le sabir de tous les camps, les témoignages n'en manquent pas. On les employait sur tous les modes, tous les tons, y compris celui du sarcasme. Surtout, même entre nous, du moins. Les S.S et les contremaîtres civils, les Meister , les employaient toujours sur le ton de la menace ou de la prédiction funeste

Jorge Semprun, L'écriture ou la vie (1994)

  1. c'était aussi non loin des bourreaux Weimar, ses bois et ses douces collines, la maison de Goethe à deux pas de l'enfer et du mal radical, un lieu de sociabilité inouï dans les latrines où s'organisait la résistance du camp, les trafics, où l'on fumait à l'aise, un bordel et un groupe de jazz clandestin, le cinéma où les Allemands organisaient quelques projections à destination des déportés à base de films romantiques, une bibliothèque tenue par un communiste allemand sourcilleux sur le retour des livres, même après la libération du camp, où l'on trouve les livres de philosophie idéaliste allemande de Schelling et de Fichte. Ce sont les hauts-parleurs du camp d'où sort une chanson de Charles Trenet.

« Il s'appelait donc Widerman, le jeune déporté français tellement doué, qui bouleversait ses camarades en leur chantant les succès de Charles Trenet.

Ménilmontant, mais oui, madame…

Un dimanche parmi les derniers dimanches de cet hiver-là, le dernier hiver, le plus rude hiver de toutes ces années-là, nous avons entendu la voix du jeune Français sur le circuit des haut-parleurs du camp. Sans doute, l'un des Lagerältester, des doyens de Buchenwald – poste le plus élevé dans la hiérarchie de l'administration interne des déportés – ou quelque vétéran communiste allemand, peut-être le kapo de l'Arbeit, Willi Seifert – il en était bien capable ! - avait dû convaincre l'officier SS, le Rapportführer ,de laisser chanter Widerman, puisque tel était son nom.

Ce serait bon pour le moral des français, avait-il dû lui dire, d'entendre chanter dans leur langue, ça les changerait des sempiternelles chansonnettes allemandes de Zarh Leander ! Or ce qui était bon pour le moral était bon pour la productivité des déportés. (…) C'est probablement avec des arguments ou arguties de cette sorte, aussi spécieux, que le Lagerältester – peut-être Hans Eiden – avait réussi à persuader le Rapportführer de laisser Widerman chanter Ménilmontant sur le circuit des haut-parleurs. En tout cas, un dimanche, vers midi, alors que les déportés, par milliers, au garde-à-vous, se tenaient sur la place d'appel, soudain, l'un des derniers dimanches de ce terrible hiver, la voix du jeune Widerman avait éclaté : Ménilmontant, moi oui madame…

Une sorte de frémissement à peine perceptible, de halètement, de lourd sanglot de bonheur, a parcouru la foule des déportés. La plupart ne comprenaient pas la langue, certes : le sens exact des paroles leur échappait probablement. Mais c'était une chanson française : au rythme vif, entraînant, ça suffisait.

Aussi, soudain, pour ces milliers d'Européens, de toute origine – des russes, des polonais, des Tchèques, des Hongrois, des Espagnols, des Néérlandais, tous les Européens étaient là, en somme, il ne manquait que les Anglais, bien sûr, pour cause de liberté insulaire -, pour ces milliers de déportés, dans leur immense majorité combattant des maquis et des mouvements de résistance, la chanson de Trenet a soudain symbolisé la liberté : son passé de joie et de combats, son proche avenir victorieux ». (Jorge Semprun, Exercices de survie, 2012)

Plus qu'aucun autre, Semprun fait ressortir les éléments de sur-réalité ou d'irréalité d'un camp nazi. Peut-être à l'excès, comme quand il déclame des dizaines de poèmes à haute voix sur la place du camp ou à ses abords avec le lieutenant américain Rosenfeld, qui l'interroge sur le fonctionnement des S.S et l'administration du camp, car Semprun était affecté, grâce aux réseaux internationaux de la résistance communiste du camp, au bureau des entrées et sorties, ce qui lui permettait d'affecter par des inversions d'identité à des "bonnes places" des camarades prenant l'identité de prisonniers venant de mourir.

Semprun raconte aussi dans "L'écriture ou la vie" son difficile retour à la vie, à l'amour, sa volonté d'écrire et de faire oeuvre de ce vécu inouï et terrible, puis sa volonté d'oublier qui l'amènera à mettre presque quinze ans avant de commencer à raconter, la part de doute, de réinvention, de recomposition mémorielle dans la restitution de ce qui fut.

Ses récits pleins de paradoxe, où la beauté côtoie l'horreur, et la poésie la brutalité, sont composés par des détours, des retours successifs, des sauts temporels, des cercles concentriques autour de l'événement, entre l'association d'idées, le libre jeu de la mémoire et l'art du conteur qui suggère en omettant et dissimule en disant.

De 1945 à 1953, Semprun devient traducteur pour l'Unesco.

A partir de 1953, il coordonne les activités clandestines de résistance au régime de Franco au nom du Comité Central du Parti Communiste Espagnol en exil puis il entre au Comité Central et au bureau politique. De 1957 à 1962, il anime le travail clandestin du Parti Communiste dans l'Espagne de Franco sous le pseudonyme de Frederico Sanchez. En 1963, il publie "Le grand voyage". L'année suivante, il est écarté de la direction puis exclu du Parti Communiste par Santiago Carrillo en raison de divergences sur la ligne du parti. Il se consacre alors tout entier à son travail d'écrivain et de scénariste et en 1969, il reçoit le prix Fémina pour "La deuxième mort de Ramon Mercader" (l'assassin de Trotski), un livre d'espionnage à miroirs et à tiroirs où Semprun évoque aussi de manière détournée son rapport au communisme et son expérience de la vie clandestine. Dans "Exercices de survie", Semprun revient sur cette expérience de dirigeant clandestin du Parti Communiste espagnol avec un certain scepticisme, un jugement contrasté sur la portée effective des combats communistes et leur avenir. Son éloignement du communisme n'est pas non plus un reniement des idéaux humains, démocratiques du communisme et de la qualité de l'engagement des militants européens. Semprun restera attaché à un idéal démocratique de gauche jusqu'au terme de sa vie même s'il percevra le communisme comme un échec global et sans doute définitif. Après s'être rapproché du PSOE et de Felipe Gonzalez, il devient ministre de la culture du gouvernement espagnol de 1988 à 1991.

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 19:20

 

 
On a vu Macron à l'oeuvre chez Hollande avec sa loi éponyme . On n'oublie pas non plus la loi El Khomri qui aurait pu / dû s'appeler loi Macron tant il en a inspiré le contenu et guidé l'élaboration. Et voici , si l'on peut dire , son chef d'oeuvre en gestation  : les ordonnances de l'été 2017

On comprend mieux pourquoi le calendrier annoncé par Emmanuel Macron prévoyait d’attendre après les législatives pour dévoiler le contenu des ordonnances sur le droit du travail : il est explosif.

Le projet fuité va bien au-delà des éléments annoncés publiquement jusqu’ici. Il s'attaque notamment au contrat de travail, aux salaires, et à la santé et la sécurité au travail.

Mais le gouvernement ne dévoile pas l'ensemble du contenu qu'il souhaite modifier et c'est même un objectif assumé pour "ne pas courir le risque de contraintes insurmontables au stade de la rédaction des ordonnances".

Les sujets listés sont beaucoup plus larges que prévu et lui donnent une marge de manœuvre inédite pour modifier la quasi-totalité des droits des salariés en catimini pendant l'été. Les mesures qui concerneraient directement les Ingés, cadres et tech sont nombreuses : salaires tirés vers le bas, télétravail, plafonnement des indemnités prudhommes… 

L'Ugict, CGT Ingés Cadres Techs, publie ici un décryptage détaillée de ces 8 ordonnances qu'Emmanuel Macron aurait préféré ne pas dévoiler avant les législatives.

La méthode : les ordonnances

Le projet de loi rendu public est celui qui va autoriser le gouvernement à légiférer par ordonnances sur un certain nombre de sujets. Le gouvernement est tenu de préciser dans son projet de loi les sujets sur lesquels il veut réformer par ordonnances, et le calendrier. Une fois la loi d'habilitation votée, il dispose d'un délai pour préparer ses ordonnances et les soumettre au parlement pour ratification. Sans attendre la ratification du Parlement, elles s'appliquent immédiatement.

Ici, le choix retenu laisse la marge de manœuvre la plus importante au gouvernement avec :

  • un nombre de thèmes très élevé
  • un contenu très large, le projet de loi précisant que contrairement à la loi El Khomri, ces dispositions supplétives peuvent être en deçà des droits actuels.
  • un calendrier potentiellement long, pouvant laisser jusqu'à 1 an au gouvernement pour légiférer sans débat avec le parlement.

8 sujets listés, qui donneront chacun lieu à une ordonnance soumise à ratification par le parlement

⁃ Renvoyer à l'entreprise de nouveaux sujets, la loi ne définissant plus que des dispositions supplétives, s'appliquant en l'absence d'accord. La liste de ces sujets est très longue, et couvre y compris des thèmes pour lesquels la loi, grâce à la mobilisation de l'année dernière, prévoyait qu'il était impossible de déroger par accord d'entreprise: le contrat de travail, le temps de travail, les salaires, la santé et la sécurité, et l’emploi

  • Plafonner les indemnités prudhommes en cas de licenciement abusif, sans aucune précision sur le montant du plafond [ Voir le détail ↓ ]
  • Etendre le référendum pour permettre l'adoption d'un accord contre l'avis des syndicats majoritaires. Les référendums introduits par la loi El Khomri ne pouvaient jusque là qu'être utilisés par les syndicats, l'employeur pourra désormais en déclencher Voir le détail ↓ ]
  • Redéfinir le rôle de l'accord de branche et réduire leur nombre Voir le détail ↓ ]
  • La "simplification" des institutions représentatives du personnel et la fusion entre délégué du personnel, CHSCT et comité d'entreprise dans une instance unique. Le projet va plus loin que prévu et prévoit à titre expérimental de fusionner aussi le Délégué Syndical [ Voir le détail ↓ ]
  • Renforcer les moyens du dialogue social avec des moyens en formation et en temps supplémentaire, et l'introduction d'une forme de chèque syndical [ Voir le détail ↓ ]
  • Renforcer le pouvoir de Conseils d'Administrations et "inciter" à une meilleure représentation des salariés dans les CA [ Voir le détail ↓ ]
  • Réformer l'assurance chômage  [ Voir le détail ↓ ]

 

L'argumentation "politique" : les droits des salariés seraient responsables du chômage et de la précarité

La réforme s'inscrit dans la droite ligne de la loi El Khomri et des arguments mille fois entendus mais jamais démontrés qui font de l'excessive protection des salariés en CDI la source du chômage de masse et de la précarité. Aucune étude économique n'ayant jamais fait le lien entre baisse des protections des salariés et création d'emploi, l'exposé des motifs se garde bien de citer le moindre chiffre. La stratégie affichée, pour éviter comme l'année dernière de focaliser le débat sur la réforme du code du travail, est de la présenter en même temps que la réforme de l'assurance chômage et de la formation professionnelle, de façon à afficher une sorte de "flexi sécurité" à la française. C'est ce qui explique le projet envisage d'intégrer la réforme de l'assurance chômage aux ordonnances, contrairement à ce qui était annoncé dans le programme d'Emmanuel Macron.

Alors que depuis 2013, 4 réformes du code du travail ont été menées – loi dite « sécurisation de l’emploi », loi Rebsamen, loi Macron, loi El Khomri – ayant toutes en commun de faire reculer les droits des salarié-es, aucune évaluation n’est prévue. Elles devaient pourtant créer de l’emploi, dommage que l’on ne vérifie pas que les résultats sont atteints…Surtout, elles commencent à peine à s’appliquer, et causent sur le terrain une pagaille généralisée. 

Quand on prétend simplifier, c’est quand même étonnant de multiplier les réformes non ? 

  

La possibilité de réviser l'ensemble des droits à la baisse

Suite à la mobilisation, le gouvernement a été obligé de modifier la loi El Khomri l'année dernière. Dans la première version de son projet de loi, les règles supplétives ne correspondaient pas au contenu actuel du droit du travail. Par exemple, ils prévoyaient d'augmenter les durées maximum de travail (notamment pour les apprentis mineurs, le travail de nuit...).

Le projet d'ordonnance Macron précise dans une discrète note de bas de page, que contrairement à la loi El Khomri, les règles supplétives ne seront pas à droit constant. Ceci signifie que le gouvernement pourra, sur l'ensemble des sujets, revoir nos droits à la baisse!

 

Ordonnance 1 : le renvoi à l’entreprise de la quasi-totalité des droits : la généralisation du dumping 

La loi El Khomri a réécrit la partie du code du travail portant sur le temps de travail, en renvoyant à la négociation d'entreprise de nombreuses questions qui étaient jusque là définies dans la loi. C'est le cas par exemple des heures supplémentaires, qui devaient auparavant être rémunérées partout avec une majoration de 25% puis 50%. Désormais, un accord d'entreprise ou de branche peut prévoir une majoration de 10%, sans qu'un accord au niveau de la branche puisse l'interdire. La règle des 25 et 50% n'est plus que supplétive, c'est à dire qu'elle s'applique seulement quand il n'y a pas d'accord d'entreprise.

La liste des droits pour lesquels les dispositions de la loi ne s'appliqueront que s'il n'y a pas d'accord d'entreprise est longue.

1- Temps de travail

La loi El Khomri qui a largement détricoté la durée légale du travail ne suffit visiblement pas car le gouvernement souhaite une encore s'y attaquer dans ces ordonnances.

Le travail de nuit est notamment mentionné. On se souvient que le gouvernement avait essayé d'augmenter la durée maximale du travail de nuit et été contraint de reculer l'année dernière. Il pourrait donc cette année:

  • ⁃ augmenter les durées maximum de travail de nuit
  • ⁃ Supprimer les contreparties obligatoires en matière de repos et de rémunération
  • ⁃ Modifier la définition du travail de nuit, qui correspond aujourd'hui au travail effectué entre 21h et 6h du matin. Demain, cette plage horaire pourrait être raccourcie.

 

Exemple : Aujourd'hui tout travail effectué au cours d'une période d'au moins 9 heures consécutives comprenant l'intervalle entre minuit et 5 heures est considéré comme du travail de nuit. Il s'agit d'une disposition d'ordre public. A défaut d'accord particulier, c'est entre 21h et 6 heures. Avec les ordonnances, cette période pourrait être raccourcie par un accord d'entreprise entre minuit et 5 heures par exemple. Par conséquent le nombre d'heures majorées pour le salarié serait plus faible.

 Le télétravail est également ciblé. Alors que les syndicats viennent de forcer le patronat à signer un document prévoyant une négociation interprofessionnelle encadrant le télétravail, les ordonnances pourraient autoriser les entreprises à définir elles-mêmes l'ensemble des droits des télétravailleurs. Grâce à l’accord signé en 2005 par l’ensemble des syndicats, le télétravail est encadré dans la loi, qui impose par exemple à l’employeur de prendre à sa charge les équipements de travail. Le document issu de la concertation qui vient de s’achever prévoit de renforcer ces protections, par exemple en matière d’accident de travail. C’est une priorité pour l’UGICT-CGT, étant donné que les ingés, cadres et tech sont de plus en plus nombreux à opter pour le télétravail. C’est le résultat de cette laborieuse négociation que mettraient à bas les ordonnances.

On se souvient que l’année dernière, le gouvernement voulait autoriser à fractionner les 11h de repos obligatoire, ciblant directement les ingés, cadres et tech, nombreux à être au forfait jour. Cette disposition pourrait être réintroduite dans les ordonnances.

La durée légale du travail n'est rappelée à aucun endroit du document. L'exposé des motifs se contente de lister comme dispositions relevant de l’ordre public que le Smic, l'égalité professionnelle et les seuils d’expositions au risques (matières, charges, températures…). Le gouvernement ne prendra toutefois probablement pas le risque politique de s'attaquer au symbole des 35h. Il peut toutefois amplifier la loi El Khomri et permettre aux entreprises de définir le taux de rémunération et le seuil de déclenchement des heures sup (35h, 39h...), avec la possibilité de descendre en dessous des 10% de majoration...ce qui reviendrait à supprimer dans les faits la durée légale du travail.

Rien n'empêche non plus le gouvernement de légiférer pour généraliser le travail du dimanche comme il avait commencé à le faire dans la loi Macron de 2015.

2- Le contrat de travail

Ce sujet n'a absolument pas été évoqué dans la campagne électorale, ni été débattu. Le projet autorise le gouvernement à modifier de fond en comble les règles légales régissant le contrat de travail en les renvoyant à l'accord d'entreprise. Très laconique, il se contente d'identifier 2 cibles :

Le recours aux CDI et CDD :

Aujourd'hui, le code du travail énumère limitativement les cas de recours aux CDD qui sont d'ordre public (remplacement, surcroit temporaire d'activité, CDD d'usage, activité saisonnière), c'est à dire qu'un accord ne peut ajouter de nouveaux cas de recours.

Avec ses ordonnances, le gouvernement pourrait permettre par accord d'entreprise :

  • de créer de nouveaux cas de recours au CDD ;
  • de modifier ou supprimer la durée maximale d'un CDD et le nombre de renouvellement (18 mois et 3 renouvellements aujourd'hui) ;
  • ou encore de modifier le montant de l'indemnité de précarité (10%).
  • Les "conditions et conséquences" de la rupture du CDI.

Un employeur doit justifier d'une cause réelle et sérieuse pour procéder à un licenciement (licenciement économique, motif disciplinaire, inaptitude physique, etc.). Il doit par ailleurs respecter une procédure, qui implique une convocation à un entretien préalable, une lettre indiquant les motifs de licenciement, la possibilité pour le salarié de se faire assister par un syndicat... Il doit enfin respecter un préavis et verser une indemnité de licenciement. 

Ces éléments sont aujourd'hui définis par la loi. Le gouvernement pourrait renvoyer l'ensemble de ces dispositions à l'accord d'entreprise. Il pourrait également permettre de prédéfinir des motifs de licenciement soit dans le contrat de travail, soit dans un simple accord d'entreprise, revendications de longue date du MEDEF.

3- La santé et la sécurité

Cette partie du code du travail, fondamentale pour les salariés, définit l'ensemble des protections des salariés en matière de santé et de sécurité. Le projet de loi est très laconique, et se limite à dire que les seuils d'exposition aux risques (matières dangereuses, charges, températures…) devraient rester définis dans la loi. En l'état de sa formulation, ce projet pourrait permettre au Gouvernement de transférer à la négociation d'entreprise des éléments essentiels tels que :

-       le droit d'alerte des représentants du personnel et droit de retrait des salariés confrontés à un danger grave et imminent (comme les Risques psychosociaux, les risques industriels, les violences sexuelles…). Cette disposition est particulièrement grave pour les ingés, cadres et tech, qui souvent, du fait de leurs responsabilités, sont les premiers informés de ces risques. Ceci fragiliserait considérablement le début de statut pour les lanceurs d’alerte que nous venons d’arracher !

  • l'information et la formation des salariés,
  • la protection des mineurs de moins de 18 ans,
  • les obligations relatives aux équipements de sécurité,
  • l'organisation des locaux de travail (fenêtres, vestiaires, …),
  • les modalités de prévention contre des risques spécifiques (chimiques, biologiques, sonores, …),
  • le document unique d'évaluation des risques professionnels.

Il est particulièrement grave que le Gouvernement ait souhaité se réserver la possibilité de transférer ces éléments à la négociation collective sans explicité ses intentions. La santé des salarié-es n'est pas négociable !

4- Le salaire

Sur les salaires, au-delà des dangers réels de dumping que fait courir la décentralisation de la négociation salaire, il y a au moins 2 risques importants :

  • On a constaté pendant la crise que l’on négociait moins les salaires dans l’entreprise et que les augmentations étaient très faibles. Néanmoins, les salaires réels ont progressé en France même pendant ces années de crise, essentiellement grâce aux accords salariaux de branches qui ont automatiquement fait augmenter les salaires. Ce résultat est aussi le fruit de la couverture conventionnelle avec 96% des salariés en France qui sont couverts par un accord de branche grâce au droit à l’extension. Renvoyer la négociation salaire dans l’entreprise c’est à coup sûr baisser le niveau général des salaires réels.

    Un article des Echos explique parfaitement ce mécanisme avec cet exemple : entre 2009-2012 (au cœur de la crise systémique) : lorsque l’augmentation de salaire est de 1% dans la branche, la hausse à court terme du salaire moyen de base est supérieure de 0,12% à ce qu’elle aurait dû être s il n'y avait pas eu d’augmentation conventionnelle de branche.

    En clair le vœu du Medef est exaucé cela permettra de geler voire de baisser les salaires
     
  • Le salaire conventionnel est le salaire de référence d’un niveau de classification. Ne plus négocier le salaire au niveau de la branche revient à avoir des grilles de classifications sans salaires qui leur correspond. Cela revient à affaiblir considérablement les grilles de classification et la reconnaissance des qualifications.

    Les exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires tirent déjà les salaires vers le bas, avec un tassement de la reconnaissance de la qualif et une absence de déroulé de carrière qui frappe particulièrement les ingés cadres tech, et notamment les jeunes diplômé-es. Avec cette disposition, la seule augmentation annuelle de salaire sera (et c’est de plus en plus hypothétique) celle du SMIC. C’est la négation totale de la qualification.
5- L’emploi

Le projet de loi d’habilitation prévoit également d’élargir le champ de la négociation d’entreprise aux dispositions du titre 2 du livre 1er de la 5e partie du code du travail relatif à la sauvegarde et au maintien de l’emploi.

Ces dispositions concernent pourtant, pour l’essentiel des aides et dispositifs mis en place par l’Etat (aide au développement de l’emploi et des compétences, aide à l'élaboration d'un plan de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, aide aux actions de formation pour l'adaptation des salariés, contrat de génération, …).

Cependant, certains droits importants des salariés peuvent également être attaqués.
L’ordonnance peut prévoir que la part du salaire perçue par les salariés lorsque leur employeur les place en chômage partiel est négociée dans chaque entreprise. 
Elle peut également permettre de revenir sur les droits des salariés dans le cadre des accords de maintien de l’emploi.

Ces accords, créés par la loi de sécurisation de l’emploi de 2013 permettent, en cas de « difficultés économique conjoncturelles » d’imposer aux salariés des modifications de la durée du travail, ainsi que la rémunération, sous peine d’être licencié.

La CGT avait dès l’origine dénoncé les risques de dumping social et les chantages à l’emploi.

Les ordonnances risquent de revenir sur les maigres garanties dont bénéficient les salariés :

  • Impossibilité de diminuer la rémunération en dessous de 120% du minimum conventionnel ;
  • Obligation de prévoir des efforts des dirigeants et actionnaires ;
  • Impossibilité de prévoir une durée dépassant 5 ans ; …

 

Ordonnance 2 : le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif

Pour la 3e fois, Emmanuel Macron essaie de faire adopter cette disposition contre l'avis de l'ensemble des organisations syndicales. Il s'agit, en cas de condamnation d'un employeur par les prudhommes pour licenciement abusif, de limiter le montant des dommages et intérêts versés au salarié. Initialement prévue dans la loi macron de 2015, elle a été rétorquée par le conseil constitutionnel. Avec quelques modifications de forme, elle a été glissée en 2016 dans la loi el khomri, puis retirée, face à la mobilisation. Aujourd'hui, la condamnation est adaptée au préjudice subi, et le juge tient compte de l'ancienneté, la durée du chômage, la situation de famille et le nombre d'enfants à charge, l'âge, etc.

Le projet d’habilitation ne donne aucune information sur le montant des plafonds retenus, mais on se souvient que ceux retenus l'année dernière dans la première version de la loi El khomri étaient particulièrement faibles (plafonds inférieurs aux condamnations moyennes). En outre, le gouvernement avait parlé d’instaurer des condamnations forfaitaires, indépendamment du salaire du salarié concerné, ce qui aurait particulièrement ciblé les ingés cadres et techs, et tiré le montant des condamnations vers le bas.     

Pourquoi tant d'insistance ? Parce qu'il s'agit de la clé de voûte du code du travail. D'une part, le plafonnement les condamnations en cas de licenciement abusif permet aux employeurs de le provisionner, et de se donner les moyens sans aucun risque de condamnation de licencier un-e salarié sans motif. Le but est de permettre à l'employeur de choisir entre le respecter du droit du travail et le risque d'une condamnation d'un montant maximum prédéfini. Côté salarié, c'est le règne de l'arbitraire.  Comment réclamer le paiement de ses heures sup ou remettre en cause une directive si du jour au lendemain on peut, dans motif, être mis à la porte? Au prétexte de leurs responsabilités professionnelles, la liberté d’expression des cadres est souvent remise en cause, là c’est le baillon !

 

Ordonnance 3 : Les referendum pour faciliter l'adoption d'accords d'entreprise

Pour généraliser les accords dérogatoires d'entreprise, il faut faciliter leur adoption. Pour cela, la loi El Khomri a inventé le référendum, permettant, quand un accord est refusé par les syndicats majoritaires, de le faire adopter par référendum auprès des salariés. Le 1er référendum organisé a confirmé les craintes de la Cgt. Initié à RTE, le référendum visait à faire adopter un recul des droits des agents de maintenance sur leurs astreintes et du travail le soir et le WE...en demandant leur avis à l'ensemble des salarié-es, dont la moitié (et notamment les ingés, cadres et tech) n'était pas concernée. Diviser pour mieux régner...Grâce à la mobilisation de la Cgt et au travail d'infos des cadres et agents de maîtrise que la direction voulait instrumentaliser, le référendum a été un échec. Ceci n'a été possible que grâce à la forte implantation syndicale, ce qui est loin d'être le cas partout...

Le gouvernement veut donc étendre le recours aux référendum. Jusque là réservé aux syndicats, il pourrait maintenant être lancé à l'initiative et dans les conditions décidées par l'employeur. Il y a fort à parier que les mises en opposition des salarié-es vont être maximum, avec le risque de faire exploser les collectifs de travail

 

Ordonnance 4- Redéfinir le rôle de l’accord de branche et réduire leur nombre

Grâce à la mobilisation contre la loi El Khomri, nous avons réussi à ce que la loi précise qu’il y a 6 sujets sur lesquels l’accord de branche prime forcément sur l’accord d’entreprise :

  • Les salaires
  • Les classifications
  • L’égalité professionnelle
  • La pénibilité
  • La formation professionnelle
  • La prévoyance

Réformer cette disposition par ordonnance a probablement pour objectif de supprimer tout ou partie de ces 6 domaines.

La loi El Khomri prévoit aussi la restructuration des branches professionnelles, pour en limiter le nombre. La CGT partage totalement cet objectif, la question c’est la méthode et les périmètre. La fusion aura-t-elle pour objectif de tirer les garanties conventionnelles vers le haut ou vers le bas ? En clair, fusionnera-t-on des branches avec un haut niveau de protection avec des branches de dumping, comme la branche Syntec ?

L’ordonnance pourrait viser à accélérer le chantier et réduire encore plus drastiquement le nombre de branches.

 

Ordonnance 5 : Le regroupement des instances représentatives, la disparition des CE, CHSCT et DP

Alors que la réforme de 2015 (loi Rebsamen) commence à peine à s'appliquer, le gouvernement remet le couvert pour réformer les instances de l'entreprise. L'objectif: fusionner le Comité d'Entreprise, le CHSCT et le Délégué du personnel dans une instance unique. Pourtant, plusieurs possibilités ont été introduites en 2015, et notamment

  • pour les entreprises de moins de 300, l'employeur peut mettre en place une délégation unique du personnel regroupant CE et DP
  • Dans les entreprises de plus de 300, par accord d'entreprise, l'employeur peut créer une instance unique

Le gouvernement veut aller encore plus loin (sans évaluation des réformes précédentes), ce qui pose plusieurs problèmes :

  • La remise en cause du rôle du CHSCT, qui, aujourd'hui, a une personnalité juridique qui lui permet d'aller en justice, de faire des enquêtes ou diligenter des expertises (par exemple sur les risques psycho sociaux, les violences sexuelles…) C’est ce qui a permis de faire annuler un plan social à la FNAC, du fait des risques psycho sociaux qu’il faisait courir aux salarié-es qui auraient vu leur charge de travail exploser
  • Le risque que les missions du CHSCT soient financées sur le budget du CE, amputant d'autant les moyens pour organiser une offre de culture et de loisir, la restauration...en particulier, le CHSCT peut demander des expertises sur la santé et la sécurité, financées par l'employeur. Le Medef cherche depuis longtemps, pour limiter le nombre d'expertises à les faire payer par le CE.
  • La baisse du nombre d'élu-es, et la suppression des instances de proximité, les DP et les CHSCT

L'existence d'une instance dédiée à la sécurité et à la santé au travail est primordiale pour forcer les employeurs à ce saisir de ces thématiques, et notamment des risques psycho sociaux qui, avec les burn out, explosent chez les ICT. 

Enfin, le gouvernement sort du chapeau, une mesure jamais annoncée ou débattue, la possibilité d'ajouter dans cette instance la négociation. Ce serait la rupture avec notre modèle historique de démocratie sociale dans l'entreprise, qui repose d'un côté sur des élu-es, disposant de droits d'information, de consultation, d'expertise et d'alerte, de l'autre sur des syndicats, qui seuls ont la capacité de négocier.

Pourquoi cette distinction? Pour adosser le droit à la négociation aux droits et protections syndicales, et ainsi garantir l'indépendance des négociateurs vis à vis de l'employeur. Depuis de longues années le Medef veut autoriser la négociation avec les élus sans étiquette,

 

Ordonnance 6 : Le renforcement des moyens du dialogue social

Il s’agit probablement d’une contrepartie destinée à faire avaler la pilule de tous les reculs précédents, mais le compte n’y est absolument pas. Le projet prévoit :

  • Une forme de chèque syndical, avec la possibilité par le salarié d’apport des ressources financées par l’employeur au syndicat de son choix, sur le modèle de ce qui existe à Axa
  • Un renforcement de la formation des élu-es, et des mesures (non précisées), pour reconnaître celui-ci dans les carrières et lutter contre la discrimination syndicale. La CGT porte de nombreuses propositions sur le sujet, rendues publiques à l’occasion de l’action de groupe contre les discriminations syndicales à Safran. Pas de réponse là-dessus pour l’instant…

Les grands absents, les salarié-es des petites entreprises dans lesquels il n’y a souvent ni représent-es du personnels, ni syndicats. Pourtant, la CGT porte une propostion simple pour garantir une représentation à tous les salarié-es des entreprises de moins de 50

 

Ordonnance 7 : Conseils d’Administrations

Au lieu de généraliser les administrateurs salariés, d'augmenter leur nombre et leurs prérogatives pour se rapprocher des pays d'Europe du Nord, on se limite à des mesures "incitatives". Sachant que le patronat refuse obstinément de partager les orientations et décisions stratégiques, une simple incitation ne permettra pas d'aller bien loin.

La CGT et son UGICT font de nombreuses propositions pour définanciariser l’entreprise et renforcer les moyens d’intervention des représentants du personnel et des cadres sur les orientations stratégiques. Visiblement, Emmanuel Macron ne les a pas lues…

 

Ordonnance 8 : réforme de l’assurance chômage

Le gouvernement s’était engagé auprès des syndicats que la réforme de l’assurance chômage ne se ferait pas par ordonnance, visiblement les arbitrages ne sont pas si clairs. Les éléments annoncés sur l’assurance chômage et la formation professionnelle sont les suivants :

  • L’ouverture du système aux indépendants et aux salarié-s après une démission, le renforcement du contrôle des chômeurs
  • La gestion tripartite du système (actuellement géré uniquement par les syndicats et le patronat) au prétexte que la dette du régime est actuellement garantie par l’Etat
  • Une réforme de son financement, avec suppression des cotisations chômage qui seraient remplacées par la CSG
  • L’utilisation des fonds de la formation professionnelle pour financer la formation des demandeurs d’emploi, la fin du paritarisme de sa gestion

Cette réforme d’ensemble pose plusieurs questions :

  • Quels financements supplémentaires pour l’ouverture de l’assurance chômage aux indépendant-es ? En effet, une telle réforme, pour constituer un progrès, suppose la mobilisation de ressources supplémentaires conséquentes. Or le régime est actuellement déficitaire, et le programme d’Emmanuel Macron prévoit de diminuer les dépenses de l’assurance chômage d’un quart en cinq ans. La menace est alors que le Président finance sa réforme par une baisse massive des droits au chômage pour les salariés déjà couverts. Pourtant, la CGT propose de longue date des mesures de financement, comme le déplafonnement des cotisations et des allocations qui permettrait de dégager 800 millions de ressources supplémentaires chaque année.
  • Le changement de financement et de gouvernement du régime, avec l’abandon d’un système de cotisation sociale, induit un changement total de conception pour les droits. Actuellement, le régime est contributif, avec des salarié-es qui cotisent et perçoivent des allocations proportionnelles à leur salaire antérieur ; ce système est assortit à des mesures de répartition pour augmenter les allocations des salarié-es les plus précaires. Le caractère contributif du régime est ce qui garantit l’adhésion de toutes et tous au régime : les ICT étant moins fréquemment au chômage, leurs cotisations financent largement le système et permettent d’assurer une meilleure protection à toutes et tous. En contrepartie l’assurance chômage assure aux ICT un niveau d’allocation leur permettant de maintenir en partie leur niveau de vie, le temps de retrouver un emploi correspondant à leur niveau de qualification. C’est ce système de solidarité qui construit l’attachement commun de l’ensemble des salariés à l’assurance chômage et évite que les plus aisés cherchent à le contourner pour se tourner vers des systèmes non solidaires de capitalisation. Financer le régime par la CSG à la place des cotisations induit un changement de modèle : si le système n’est plus contributif, mais financé par tous, le lien entre salaire et prestation pourrait être remis en cause au moins en partie. L’UGICT-CGT est particulièrement inquiète par cet aspect, qui risque de servir de prétexte à un alignement vers le bas du montant et de la durée des allocations, avec la pénalisation directe des ingénieurs cadres et techniciens.
  • La répartition des richesses. Aujourd’hui, les cotisations chômage sont financées à 2/3 par la part dite employeur et 1/3 par la part dite salariale. La CSG elle est un impôt, qui repose essentiellement sur les salarié-es et ne taxe que marginalement le capital. L’augmentation de la CSG proposée par Emmanuel Macron pénalisera directement les retraité-es (et notamment les Ingés, cadres et tech retraités, Emmanuel Macron ayant annoncé que les retraité-es les plus modestes seraient exonéré-es), l’assurance chômage n’étant financée aujourd’hui que par les actifs.
  • Le maintien de la formation professionnelle des salarié-es.15% des fonds de la formation professionnelle, financée par les cotisations salariales et patronales profitent actuellement à la formation des privé-es d’emploi. Augmenter, comme veut le faire Emmanuel Macron, la part dévolue à la formation des demandeurs d’emploi sans augmenter son financement pose plusieurs questions :
    • Cela s’inscrit dans le prolongement des plans de formation des chômeurs de François Hollande (« plan000 »), qui à force d’objectifs chiffrés, génèrent de nombreuses formations « bidon ». Surtout, ce n’est pas la formation qui crée de l’emploi ! La formation facilite le retour à l’emploi, mais une majorité de chômeurs reste sans emploi à l’issue de sa formation
    • C’est « déshabiller Pierre pour habiller Paul», et baisser la formation des salarié-es qui est déjà très insuffisante pour faire face à l’évolution nécessaire des qualifications notamment à la révolution numérique. C’est donc une mesure à courte vue, qui menace l’emploi et la compétitivité à moyen long terme des entreprises. Ce type de mesure repose sur un discours stigmatisant les Ingés, Cadres et Techs, qui sont les salarié-es qui profitent aujourd’hui le plus de la formation professionnelle. Au lieu de diminuer la formation des ICT, et plus généralement des salarié-es, pour redéployer vers les privé-es d’emploi, il faut augmenter le financement de la formation professionnelle par les entreprises qui baisse depuis des années ! S’il est indispensable de permettre une réelle formation des privés d’emploi, la formation en direction des salariés en emploi doit également être améliorée et augmentée.
  • La fin du paritarisme, et la gestion directe du régime par l’Etat. Le recul de la démocratie sociale a déjà conduit à confier à l’Etat la gestion de la Sécurité sociale, faisant ainsi reculer la couverture  solidaire des salariés au profit des complémentaires santés et assurances privées. Alors que l’assurance chômage et la formation professionnelle sont deux éléments essentiels de la gestion paritaire, il ne faut pas leur faire suivre le même chemin
Ordonnances Macron: le projet fuité dans la presse décrypté par l'UGICT CGT (5 juin 2017)
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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 17:31
24 Juin, 9h30: Tournoi de foot de solidarité internationale au profit du camp de réfugiés palestiniens de Jalazone en Cisjordanie: inscrivez-vous! (AFPS-PCF)
24 Juin, 9h30: Tournoi de foot de solidarité internationale au profit du camp de réfugiés palestiniens de Jalazone en Cisjordanie: inscrivez-vous! (AFPS-PCF)
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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 17:18
Chapelle du Mont Saint Michel de Brasparts: Mardi 6 juin, 12h-17h: Rassemblement citoyen, artistique, pacifique contre les manoeuvres de l'OTAN en Bretagne!

Secrétaire du comité régional du PCF, XAVIER COMPAIN sera mardi prochain à cette initiative lancée par le Mouvement de la paix et notre ami Roland Nivet.

Avec les militants et candidat-e-s communistes nous partagerons notre ambition d' une Bretagne exemplaire pour la pai , travaillant avec les personnels civiles et militaires une transition de sortie de l' armement nucléaire.

 

Rassemblement citoyen, artistique, pacifique.

Des pinceaux pour la Paix !

 

Contre les manoeuvres de l’OTAN en Bretagne !

 

Mardi 6 juin de 12H à 17H

Chapelle du Mont Saint Michel de Brasparts (29)

Parc Naturel des Armoricains.

 

Oui à la Paix ! Stoppons les guerres !

 

A l’appel du Mouvement de la Paix    culturedelapaix.org  et d’artistes militants pacifistes.

Merci de partager, diffuser ce message auprès des collègues et autour de vous.

 

Un rassemblement citoyen ouvert à tous. En effet, c’est le mardi 6 que débutent des manœuvres militaires aéronavales des armées de l’Otan en Bretagne. Le rejet de l’Otan nous concerne tous. Les manœuvres ont un coût considérable financièrement mais aussi écologiquement. Elles ne peuvent que nous rappeler les engagements militaires de la France  aux quatre coins du monde.

 

Un happening artistique : Des pinceaux contre la guerre !

Nous invitons les plasticiens à venir exprimer individuellement et collectivement leur rejet de la guerre et les maloeuvres de l’Otan en Bretagne. Non à la Java des Rafales !

Bien entendu, cet appel concerne également d’autres formes artistiques : musique, danse, théâtre…

Le rendez-vous est donné au Mont Saint Michel de Brasparts (29190) dès 12H pour un pique-nique suivi d’interventions artistiques diverses. Prévoir covoiturage, divers scénarios météos.

Si possible s’inscrire auprès de artforpeace@wanadoo.fr

Pour tout renseignement pratique complémentaire contacter Pol Huellou au 0616431626

 

Un rassemblement pacifique :

 

La France doit sortir de l’Otan, L’Otan n’est pas la bienvenue en Bretagne

 

Ret eo da Vro-Chall kuitaat an Otan !

Ret eo d’an Otan kuitaat Breizh !

 

Le succès des manifestations de Bruxelles à l’occasion du sommet de l’OTAN mais aussi le succès de l’initiative de Carhaix le Dimanche 28 Mai 2017 dans le Finistère montrent  les exigences des peuples de voir mises en œuvre partout des politiques de paix et de prévention des conflits au lieu de la militarisation des relations internationales et de la préparation de nouvelles guerres qu’appellent les manœuvres de l’Otan.

Ces manœuvres de l’OTAN qui doivent commencer le mardi 6 juin en Bretagne  sous le nom de Tiger Meet vont mettre en œuvre, 800 pilotes et techniciens, des militaires de 12 pays, 1200 à 1500 heures de vol à 40 000 euros l’heure de vol.

Ces manœuvres  auront comme centre névralgique la base aéronavale de Landivisiau qui accueille les avions rafales, porteurs potentiels de l’arme nucléaire , et ne peuvent qu’intégrer la base de sous-marins nucléaires de l’ile Longue située à quelques kms de Landivisiau et de la base de Lanvéoc où sera regroupée le une partie essentielle de la logistique.

Cette base aéronavale prépare par ailleurs les mêmes  avions Rafale dans leurs  missions d’accompagnement du Porte avion Charles De Gaulle pour des opérations et des guerres extérieures.

Sous l’intitulé « des pinceaux  pour la paix !» la contribution des artistes, des  plasticiens est la bienvenue, de même que les musiciens et les citoyens pour un moment de rencontres au cœur de ce parc d’Armorique qui respire la paix et la beauté du vivant et appelle à la fraternité et à la paix.

 

Pour tout renseignement complémentaire : Le Mouvement de la Paix : roland.nivet@mvtpaix.org

Chapelle du Mont Saint Michel de Brasparts: Mardi 6 juin, 12h-17h: Rassemblement citoyen, artistique, pacifique contre les manoeuvres de l'OTAN en Bretagne!
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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 17:05
Ordonnances Macron: le Medef et les forces les plus régressives veulent la mort du droit du travail (Olivier Dartigolles, PCF)

Ordonnances Macron : le Medef et les forces les plus régressives veulent la mort du contrat de travail

Dans son édition du 5 juin, Le Parisien révèle le contenu des ordonnances Macron contre le droit du travail, l’emploi et la protection des salariés et des chômeurs. Si un tel texte était mis en œuvre, le Medef et les forces les plus régressives obtiendraient la mort du contrat de travail, renvoyé aux accords d’entreprises, accompagné des vieilles revendications du patronat sur la durée du travail, la santé et la sécurité des salariés.

 

Sous le vernis « d’une évolution radiale pour créer une meilleure fluidité du marché du travail « , c’est en fait une contre-révolution réactionnaire inédite. La pseudo « modernité » de Macron, dont le projet est minoritaire dans le pays, est une marche arrière toute, nous renvoyant au temps des tâcherons et des maîtres des forges.

 

Partout dans le pays, les candidates et candidats présentés et soutenus par le PCF diront, mercredi 7 juin, lors d’une journée d’action l’exceptionnelle gravité de ces ordonnances, l’importance de ne pas donner une majorité « Medef » au nouveau président et le contenu alternatif, progressif et moderne d’un code du travail du 21 eme siècle.

 

Le PCF soutiendra et participera à toutes les actions et mobilisations unitaires permettant le front le plus large possible pour mettre en échec ces ordonnances.

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 15:10
Au pied des panneaux - billet d'Alain David, 4 juin 2017

AU PIED DES PANNEAUX

 

Cela fait bien longtemps qu’on ne voit plus sur les panneaux électoraux (et en dehors) ces affiches-programme sur lesquelles le badaud pouvait lire l’essentiel des propositions des candidats ou des partis.

Les temps ont changé et les affiches se regardent le plus souvent du siège d’une voiture que du pied d’un panneau. Elles se voient donc plus qu’elles ne se lisent.

Par ailleurs la personnalisation galopante de la vie politique fait que l’on donne la priorité au candidat ou à la candidate plutôt qu’aux idées ou au programme défendus. La démocratie y gagne-t-elle ?  Poser la question c’est y répondre.

L’examen des affiches officielles de la 4ème circonscription n’est cependant pas sans intérêt :

Passons sur celle de la France Insoumise où l’omniprésence de Mélenchon (texte et photo) laisse à penser à celui qui l’aurait « vue» de loin qu’il n’y a pas de candidat « local » que le piéton découvre cependant en petit au bas de l’affiche.

Maël de Calan, « Union de la Droite et du Centre » en tête, en haut de l’affiche, annonce en bien plus grand qu’il s’agit d’ « une droite ouverte pour réformer avec Macron ». Bonjour les offres de service.


Sandrine Le Feur, pour En Marche, se donne comme objectif « Donnons une majorité légitime à Emmanuel Macron » Comme si les contenus et les orientations n’avaient pas d’importance. La proximité avec l’affiche de de Calan faisant dire à une citoyenne de passage « Tiens, il y a deux candidats soutenus par Macron ? » C’est vrai qu’entre ceux qui ont obtenu l’imprimatur officiel, celles et ceux qui se sont autoproclamés « majorité présidentielle », ceux à qui, comme Manuel Valls, le camp macroniste a fait le cadeau de ne pas présenter de candidat contre eux… il y a de quoi perdre son latin. Bonjour l’ambiguïté !

Ce n’est pas le cas de Gwenegan Bui, candidat de « rassemblement des forces de gauche et de progrès » dont le sigle du P.S. social écologie figure sur les documents électoraux…mais qui déclare « je ne serai ni dans la majorité, ni dans l’opposition systématique ». Comprenne qui pourra. A noter qu’il se présente pour la première fois en son nom propre, sans la présence de Marylise Lebranchu. Est-ce cela qui explique la disproportion frappante entre la taille du nom du candidat et celui de la suppléante ?

Ismaël DUPONT , lui annonce clairement la couleur. Le sigle PCF/Front de Gauche est bien visible. Les objectifs aussi «un député vraiment pour vous défendre » et le mot d’ordre « L’Humain au cœur » illustre sa volonté, avec sa suppléante, de poursuivre la pratique d’écoute et de défense de la population qu’il met en œuvre dans ses mandats de conseiller municipal de Morlaix comme de conseiller communautaire.


Finalement donc, le choix n’est pas si difficile que ça!

 Alain David   le 05-05-2017

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