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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 06:53
Communiqué du PCF 56 au sujet de l'arrêt du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes

COMMUNIQUE DE PRESSE DU PCF 56 AU SUJET DE NDDL

Les communistes du Morbihan ont régulièrement fait connaitre leur opposition au projet d’aéroport de Notre Dame Des Landes. La décision du gouvernement d’abandonner celui-ci va donc dans le bon sens.

Cette décision correspond aux conclusions que la commission d’enquête a rendues publiques en décembre 2017 qui remettaient en cause certaines approximations du dossier initial.

 À ce sujet, on peut souligner que bien des éléments de l’enquête n’ont pas pu, de fait, être portés à la connaissance des un-es et des autres au moment du référendum limité au seul périmètre départemental. Le choix des votant-es aurait peut-être été alors différent. La démocratie suppose la transparence et la bonne connaissance partagée et sincère d’un sujet quand il est soumis à approbation.

Les communistes du Morbihan saluent tous ceux et celles qui se sont mobilisés contre ce projet destructeur d’aéroport. Ils continueront à s’impliquer dans ce dossier à l’aune de la société que nous voulons, respectueuse des hommes et de l’environnement, une société où le vivre ensemble l’emporte sur le capitalisme : le marché mondialisé, la concurrence et le profit.

Reste maintenant pour Macron-Philippe, le dossier « épineux » de la ZAD.

Là aussi, la raison, l’intelligence, la tolérance doivent prévaloir avant toute décision.

Les Zadistes et les autres habitants de la ZAD, pendant toutes ces années, ont su monter que des choix de société plus respectueux de l’environnement, de la qualité de notre alimentation, de l’écologie, de l’organisation des territoires, d’une agriculture adaptée au bocage étaient parfaitement légitimes et réalisables.

Un compromis doit être trouvé pour que ces choix de société, ces expérimentations sociales, environnementales et agricoles trouvent leur place dans un projet concerté avec les autres acteurs du territoire.

Si d’aventure, le gouvernement faisait le choix de l’affrontement en dehors de toute négociation, ce serait une grave erreur.

Le PCF 56 sera aux côtés de celles et ceux qui contestent « l’aéroport et son monde », et appelle à participer au rassemblement du 10 février à NDDL pour fêter l’abandon du projet et préparer l’avenir de la ZAD.

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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 06:49
Personnels en EHPAD-USLD: assez d'être méprisés! Tous à la manifestation du 30 janvier à Quimper! (tract de la CGT Belizal Argoat)
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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 06:39
Ahmad a retrouvé le plaisir du piano, mais il craint toujours pour sa sécurité et préfère cacher son visage. | Photo : Ouest-France

Ahmad a retrouvé le plaisir du piano, mais il craint toujours pour sa sécurité et préfère cacher son visage. | Photo : Ouest-France

 

Ahmad est Afghan. Et sur les routes de l’exil depuis cinq ans. Dans le pays de Saint-Pol, il a trouvé des soutiens. Une pétition en ligne accompagne son souhait de rester ici.

« Ahmad travaille avec nous et nous avons appris à bien le connaître. Nous pouvons affirmer qu’il est généreux, courageux et travailleur : il est toujours disponible. Nous avons besoin de lui. Ahmad a su créer des liend’amitié. » Dans le haut Léon, les bénévoles des Restos du cœur connaissent bien Ahmad. Et pour cause, il est l’un de leurs bénéficiaires. Mais, s’il reçoit, il sait aussi offrir.

Deux fois par semaine, Ahmad cultive « son jardin, avec les jardiniers bénévoles de Saint-Pol ». Un jardin qui produit des légumes pour la distribution aux Restos du cœur.

Mais ce jeudi, une notification doit lui être remise, pour un renvoi vers l’Italie, le pays par lequel il est entré dans l’espace européen après des années d’exil.

Chemins d’exil

Ahmad a une trentaine d’années. Très jeune, il a dû fuir l’Afghanistan, avec ses parents. La famille s’est installée au Pakistan, où Ahmad s’est marié, a eu des enfants et menait une vie paisible dans un commerce. « Mais il a fallu partir, raconte-t-il. Une loi nouvelle des talibans a privé les étrangers de tous droits, on encourait la mort. » C’était au début de l’année 2012…

Seul, sans sa femme et ses enfants, Ahmad entame un long chemin d’exil. Par la Hongrie, avant l’Italie. Toujours avec la même peur au ventre, celle d’être rejeté. Un jour, parvenu en Italie, alors qu’il s’absente pour aller chercher une autorisation régulière qui lui permettrait de gagner la ville de Bari, il perd tout et doit repartir vers la Hongrie. Il y passera encore deux années, à vivre dans les rues.

Puis il arrive à Paris, suivi de Rennes, et enfin, depuis plusieurs mois, dans le pays léonard, où il est entouré d’un réseau solide de citoyens. « Je ne souhaite rien de plus que continuer ici la reconstruction de ma vie », dit Ahmad.

Une pétition en ligne

Ses soutiens redoutent un renvoi vers l’Italie : « Cela signifierait pour lui un nouveau déracinement, sans soutiens locaux, dans un pays déjà débordé par les demandeurs d’asile et un retour certain à une extrême précarité », soulignent-ils. Ils vont plaider sa cause auprès du préfet du Finistère : « Nous souhaitons que le renvoi vers l’Italie soit annulé et que l’opportunité soit laissée à Ahmad de déposer une demande d’asile en France. »

La Ligue des Droits de l’homme, les collectifs migrants Roscoff Saint-Pol, les Jardiniers du cœur ont lancé une pétition en ligne pour lui permettre de déposer une demande d’asile.

À Saint-Pol, Ahmad, qui maîtrise l’anglais, prend aussi des cours de français. Et il s’est remis au piano. « Pourquoi je veux rester ici ? Parce que je me sens à ma place alors que je ressens le danger ailleurs. Il n’est pas facile de vivre, éloigné de ma femme et de mes enfants. Et je ne peux envisager de rentrer au Pakistan, sinon pour y être en danger. »

Informée de la situation, Sandrine Le Feur, députée de Morlaix, fait savoir « qu’elle compte s’entretenir dans les plus brefs délais avec le préfet, pour l’alerter sur le cas de cette personne. »

 
AHMAD est sur les routes depuis fin 2012. Malgré toutes les galères qu'il a enduré, il ne se départi pas d'une grande gentillesse et d'un grand calme qui force l'admiration . Pourquoi le renvoyer en Italie, pays où il vient de passer 2 années à la rue alors qu'il était demandeur d'asile .
Italie qui ne peut plus seule accueillir toutes ses femmes ,hommes et enfants qui sont bien obligés d'arriver par ses rivages . 
Macron parle de mise à l'abri et d'intégration... et met en place tout un système de tri et d'expulsion. 
L'intégration il n'en a cure quand on voit comment les services de l'état jamais ne tiennent en considération tous les témoignages concordant qui disent la bonne integration d'un tel ou d 'un tel . 

Face à une grosse machinerie d'expulsion que l'europe ne dénonce pas bien au contraire , nous n'avons que notre force citoyenne , alors même si cela vous semble une goutte d'eau , s'il vous plait signez et transmettez ; les personnes en procédure dublin sont bien plus considérées comme des balles de ping pong que comme des êtres en souffrance .. et c'est une honte

https://www.change.org/p/m-le- pr%C3%A9fet-du-finist%C3%A8re- pour-que-ahmad-ne-soit-pas- renvoy%C3%A9-en-italie-et- puisse-faire-une-demande-d- asile-en-france?recruiter= 471457754&utm_source=share_ petition&utm_medium=copylink& utm_campaign=share_petition

AHMAD est sur les routes depuis fin 2012. Malgré toutes les galères qu'il a enduré, il ne se départi pas d'une grande gentillesse et d'un grand calme qui force l'admiration . Pourquoi le renvoyer en Italie, pays où il vient de passer 2 années à la rue alors qu'il était demandeur d'asile .
Italie qui ne peut plus seule accueillir toutes ses femmes ,hommes et enfants qui sont bien obligés d'arriver par ses rivages . 
Macron parle de mise à l'abri et d'intégration... et met en place tout un système de tri et d'expulsion. 
L'intégration il n'en a cure quand on voit comment les services de l'état jamais ne tiennent en considération tous les témoignages concordant qui disent la bonne integration d'un tel ou d 'un tel . 

Face à une grosse machinerie d'expulsion que l'europe ne dénonce pas bien au contraire , nous n'avons que notre force citoyenne , alors même si cela vous semble une goutte d'eau , s'il vous plait signez et transmettez ; les personnes en procédure dublin sont bien plus considérées comme des balles de ping pong que comme des êtres en souffrance .. et c'est une honte

https://www.change.org/p/m-le- pr%C3%A9fet-du-finist%C3%A8re- pour-que-ahmad-ne-soit-pas- renvoy%C3%A9-en-italie-et- puisse-faire-une-demande-d- asile-en-france?recruiter= 471457754&utm_source=share_ petition&utm_medium=copylink& utm_campaign=share_petition

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 09:07

 

Député communiste de Seine-Maritime, porte-parole du groupe GDR, Sébastien Jumel demande une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur l’affaire Lactalis, ses possibles conséquences en matière de santé et les défaillances du contrôle de l’Etat. Un scandale qui survient à l’issue des états généraux de l’alimentation.

 

Le scandale du lait contaminé à la salmonelle de l’usine Lactalis révèle des failles incroyables dans les procédures de sécurité alimentaire.

Il met en lumière l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat et de ses moyens, l’Etat qui n’apparaît plus en capacité d’imposer le respect de la loi à des intérêts privés très puissants dans le secteur de l’agroalimentaire qui n’hésitent pas à s’affranchir de leurs obligations au risque même de mettre en péril la sécurité des consommateurs, des intérêts qui bravent les interdits, préférant payer des amendes pour leurs infractions que de respecter les règles de transparence les plus élémentaires.

 

C’est inacceptable et nous allons demander la constitution d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur les agissements de l’entreprise de transformation au centre de cette affaire et leurs conséquences possibles sur la santé de nos concitoyens, sur les défaillances de la chaîne de contrôle, sur l’incapacité du gouvernement à imposer l’ordre républicain face à des intérêts privés puissants.

 

Cette affaire survient à l’issue des états généraux de l’alimentation. Elle jette un doute sur l’efficacité réelle des mesures envisagées à l’issue de cette consultation. Des mesures qui devront se traduire dans la loi avec pour objectifs d’imposer aux entreprises de transformation alimentaire, dont Lactalis, et au secteur de la distribution une inversion dans la construction des prix afin d’assurer aux producteurs-agriculteurs-éleveurs des prix rémunérateurs. Des mesures qui devront assurer la traçabilité sur la qualité des produits vendus dans le commerce, au bénéfice des consommateurs.

 

Comment l’Etat, aujourd’hui l’arme au pied contre un groupe privé dans une affaire grave de sécurité alimentaire, fera-t-il demain pour imposer à ce dernier et aux autres entreprises du secteur des règles en matière de prix agricoles ?

 

Depuis de nombreuses années, les producteurs agricoles mobilisés pour défendre leur métier dénoncent l’arrogance, la loi du plus fort que font régner des groupes comme Lactalis mais aussi Bigard. Ce dernier a récemment refusé de se soumettre à une obligation de présence devant la représentation nationale dans le cadre des travaux parlementaires.

 

Il est temps que la légalité républicaine reprenne le dessus sur la puissance de l’argent. C’est le message de fond de cette affaire.

SCANDALE LACTALIS : « IL EST TEMPS QUE LA LEGALITE REPUBLICAINE REPRENNE LE DESSUS SUR LA PUISSANCE DE L’ARGENT » (SEBASTIEN JUMEL)
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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 09:05

Alors que les migrants continuent à tenter d’atteindre l’Europe et que les drames se succèdent en Méditerranée, les Etats Européens, dont la France, ne parlent que de fermeture des frontières, de contrôle et de « trié. Trous eurodéputé-e-s s’en insurgent. Avec Eva JOLY (Verts – ALE), Christine REVAUKT (S et D) et Patrick LE HYARIC (GUE – GNV)

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 09:01

 

À l'occasion de l'année qui s'ouvre, le gouvernement essaye de rééquilibrer la perception qu'ont les Français de son action. Le président de la République avait en personne donné le la en tentant de capter l'intérêt de la jeunesse lors de ses voeux télévisés de nouvel an. D'où cette volonté de mettre le thème d'un « nouveau projet social » au coeur de son action. L'inflexion dans les mots est nette par rapport à l'image désastreuse de « présidence des riches » qui s'est peu à peu imposée. Elle est moins évidente dans la réalité.

Jusque-là, le président marquait son ambition de « libérer le pays » à coups de réformes emblématiques allant de la suppression de l'ISF au remodelage du Code du travail, sans guère se soucier des conséquences sociales de sa politique. Voici un Emmanuel Macron qui, comme s'il s'agissait là de simples « malentendus », affirme qu'il ne laissera personne au bord de la route. Et, dans un contre-pied pour le moins spectaculaire, de multiplier les promesses : un toit pour tous, le développement des réseaux de télécommunications et de transport, des prix agricoles rémunérateurs...

Pourtant, il y a loin du discours à la réalité. Le changement ne se lit ni dans la forme ni sur le fond. D'abord, pas de pause dans les réformes. « Les transformations se poursuivront avec la même force en 2018 », affirme le président, qui précise « qu'il n'arrêtera pas d'agir ».

Dix projets de loi sont ainsi inscrits au calendrier parlementaire, si l'on en croit le premier ministre. Ensuite, le fond des orientations ne change guère, comme le montre l'ordre du jour des réformes programmées. Le texte essentiel qui sera discuté au printemps prochain concernera l'entreprise. Il se pare de l'acronyme Pacte, pour plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises, et annonce diverses mesures en faveur de l'entreprise, des allègements d'impôts au relèvement des seuils sociaux. La réforme annoncée de la participation, quant à elle, ne remplacera pas les augmentations de salaire, qui sont tant attendues.

La réforme de l'indemnisation du chômage se concrétiserait par un contrôle renforcé des ayants droit. Côté formation professionnelle, l'idée centrale est de remettre les clés du système aux entreprises. Enfin, l'année 2018 sera celle de la relance des privatisations.

Dans ce contexte, le message en direction des jeunes est lui-même plein d'ambiguïté. En doublant ses voeux par la diffusion d'un résumé sur les réseaux sociaux, le président de la République a voulu faire coup double. Pour, in fine, se contenter de mettre en avant la responsabilité individuelle de chacun, oubliant à dessein le rôle de la puissance publique et de la responsabilité du chef de l'exécutif en la matière.

Le calcul est simple. Emmanuel Macron entend plus que jamais profiter des faiblesses des différentes forces d'opposition pour mener à bien ses projets de réformes. Miser sur une vie politique sans ressort, une gauche divisée, un syndicalisme désuni, un débat public paralysé est sans doute de bonne guerre mais aggrave les périls.

En ces temps troublés, que va devenir le contenu d'une démocratie déjà bien malade, si l'appel à l'unité nationale sert de paravent à la mise en oeuvre, à la hussarde, d'une politique dictée par les seules lois de la rentabilité financière ?

(*) Économiste et syndicaliste.

 

 

L'APPEL À L'UNITÉ NATIONALE N'ÔTE RIEN À L'ORDRE DU JOUR DES RÉFORMES ET NE REMET EN CAUSE AUCUNE DE LEURS ORIENTATIONS.

 

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 07:09
Calais: Le J'accuse des militants solidaires (L'Humanité, mardi 16 janvier 2018)

4 migrants sont morts à Calais en 2017, en 2016 ils étaient 14 et 18 en 2015. Sur instruction du sinistre Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur qui n'a rien à envier à ceux d'autres époques, les policiers lacèrent les tentes des migrants par grand froid, leur interdisent l'accès aux abris, les gazent et les brutalisent, détruisent leurs effets personnels en plus parfaite contradiction avec les engagements internationaux en matière de traitement des réfugiés et de respects des droits de l'homme. Les mineurs isolés qui tentent souvent de rejoindre leurs familles en Angleterre sont victimes de toutes les exploitations. 

C'est le dossier de L'Humanité du mardi 16 janvier, une série de témoignages sur la situation des exilés à Calais. Morceaux choisis:  

Khan Mouzié: "Personne ne peut supporter les conditions dans lesquelles nous vivons, à Calais"

"Monsieur le président, je souhaite demander l'asile en France, j'ai traversé de nombreux pays pour parvenir jusqu'ici, l'Iran, la Turquie, les Balkans... On m'a obligé à plusieurs reprises à donner des empreintes digitales. Pour cette raison, parce que mes empreintes sont enregistrées dans d'autres pays européens, vous refusez de m'accorder la protection de la France. Nous sommes nombreux dans cette situation à Calais. Nous essayons maintenant de passer en Angleterre parce que, nulle part en Europe, on n'a voulu nous accueillir. Monsieur le président, personne ne peut supporter les conditions dans lesquelles nous vivons ici, à Calais. Les nuits sont froides et, régulièrement, vos policiers jettent nos affaires dans des bennes à ordures. A deux reprises, ils m'ont cassé la main. Un matin même, j'ai été gazé pendant que je faisais ma prière. Monsieur le président, je souhaite de tout mon coeur pouvoir vivre en France et y apporter mon savoir-faire. Pourquoi me condamnez-vous à cette vie-là?"

Mathilde Robert: "L'une des politiques les plus dures jamais menées en matière d'immigration" 

"Cela fait deux mois que je suis arrivée à Calais comme volontaire à l'Auberge des migrants, à la fin de mes études. Ce que je veux dire à Emmanuel Macron, c'est que personne n'est dupe. Sous ses beaux discours, il conduit avec Gérard Collomb l'une des politiques les plus dures et inhumaines jamais menées en matière d'immigration. Leur cynisme me dégoûte. La réalité, c'est que, à Calais, trois personnes sont mortes et une à été très grièvement blessée en tentant de franchir la frontière au cours du dernier mois. La réalité, c'est que la frontière et leurs politiques tuent. Harcèlement policier permanent, violence, destruction régulière de leurs maigres effets, refus d'ouverture des hébergements d'urgence disponibles... les exilé.e.s sont désespéré.e.s et prennent tous les risques. J'ai honte que cela se déroule dans mon pays, dont la devise républicaine est "Liberté, égalité, fraternité". L'un des exilés, apprenant que j'étais française: "I learned one thing in french, in Calais. It's: Allez, dégage!"   

Hervé Caux, secrétaire général CGT du port de Calais: "Les exilés doivent accéder plus facilement à l'asile et au travail" 

"Monsieur le président, ceux qui travaillent sur le port de Calais ont eu de nombreuses occasions de subir l'échec des méthodes inefficaces de vos prédécesseurs pour gérer les difficultés liées à la présence à Calais, d'exilés désireux de passer en Grande-Bretagne. Depuis votre élection, nous continuons d'en faire les frais chaque jour. Comment travailler sereinement quand vous savez qu'une femme ou un enfant risque peut-être sa vie derrière les portes d'un camion? Et lorsque vous l'ouvrez, et que vous voyez leur regard, comment ne pas comprendre que les solutions de l'extrême-droite ne sont pas les bonnes? Il s'agit d'êtres humains en détresse. La solution, monsieur Macron, est que ces exilés accèdent plus facilement à l'asile et au travail. Faute de quoi, l'Angleterre restera un eldorado et les travailleurs du port continueront de faire les frais de politiques inhumaines menées depuis vingt ans. Quelles réponses concrètes apportez-vous, par ailleurs, aux conséquences sociales et économiques du Brexit, qui s'annoncent dévastatrices?"

François Guénoc, vice-président de l'Auberge des migrants: "Vous ne gagnerez pas la guerre d'usure contre les exilés et leurs soutiens"  

"Monsieur le Président, vous venez ce mardi sur la frontière britannique à Calais. Ici, nous, bénévoles et militants, travaillons depuis plus de vingt ans pour aider les exilés à survivre et trouver une place en Europe, à l'abri des guerres, de la répression, de la misère. Au lieu d'avoir à nos côtés le gouvernement de la République, nous devons faire face à la police. Et solliciter la solidarité d'autres citoyens pour abriter, fournir des vêtements et les sommes nécessaires pour préparer et distribuer des repas. Nous devons travailler avec les exilés dans la rue, le vent et la pluie. Le projet de loi que votre ministre de l'intérieur vient de présenter aux associations n'est qu'une aggravation de la politique menée par vos prédécesseurs. Politique qui a fait la preuve de son inhumanité, de son coût exorbitant et de son inefficacité. Vous avez décidé de mener une guerre d'usure contre les exilés, les bénévoles et les militants. Vous ne la gagnerez pas. Appuyés sur la devise républicaine et nos valeurs de solidarité, nous ne baisserons jamais les bras".   

Calais: Le J'accuse des militants solidaires (L'Humanité, mardi 16 janvier 2018)
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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 07:01
L'honneur est sauf et les lobbies n'ont pas triomphé: le Parlement européen vote l'interdiction de la pêche électrique le mardi 16 janvier 2018

Des député.e.s européens Verts ( Verts-ALE ), ceux de la Gauche unitaire européenne ( GUE-GVN ) dont font partie les trois députés européens communistes ou Front de Gauche, Patrick Le Hyaric, Marie-Pierre Vieu, Marie-Christine Vergiat, et certains député.e.s socialistes, notamment français.e.s, avaient enfoncé le clou, exigeant des explications de la Commission européenne, accusé d’être allée à l’encontre de ce rapport, et peut-être même d’en avoir sciemment caché les conclusions. Ce dernier épisode, mettant en cause la bonne foi de la Commission européenne dans le dossier de la pêche électrique, a sans doute dû peser lourd dans le choix des députés européens au moment du vote. Il reste maintenant à savoir comment la Commission européenne va tenir compte de ce vote du Parlement. Les députés, y compris les députés français de droite, ont promis de veiller à l’application effective de l’interdiction de la pêche électrique en Europe.

 

Le Parlement européen vote l’interdiction de la pêche électrique
JEAN-JACQUES RÉGIBIER
MARDI, 16 JANVIER, 2018
HUMANITE.FR
Par 402 voix pour, 232 contre et 40 abstentions, les députés européens ont voté « l’amendement 303 » interdisant la pêche électrique dans les eaux européennes

Les députés européens ont voté ce midi à une large majorité un amendement interdisant la pêche électrique dans les eaux européennes.

Ce matin (mardi 16 janvier), le résultat était encore loin d’être acquis, malgré une forte mobilisation au cours des derniers jours des ONG et des députés européens opposés à la pêche électrique. Le vote qui s’est déroulé vers 13h au Parlement européen, a permis de lever tous les doutes.

Par 402 voix pour, 232 contre et 40 abstentions, les députés européens ont voté « l’amendement 303 » interdisant la pêche électrique dans les eaux européennes. Une victoire saluée par tous ceux qui ont activement milité pour l’interdiction de cette pratique halieutique destructrice de la ressource et des fonds marins, tout particulièrement les Verts et la Gauche unitaire européenne, ainsi que certains socialistes et des députés libéraux et de droite.

L’écologiste Yannick Jadot (Verts-ALE) souligne l’importance qu’a eue la mobilisation citoyenne très large, impliquant les ONG et des associations, les pêcheurs artisanaux, les scientifiques, une partie de la grande distribution ainsi que des chefs de cuisine, pour aboutir à ce vote. « Une très belle victoire, » se réjouit-il, « contre une pêche terriblement néfaste, une véritable arme de prédation massive. » Même réaction du côté de la Gauche unitaire européenne. Même réaction pour Younous Omarjee (GUE-GVN), qui s’est particulièrement impliqué contre la pêche électrique, et parle d’« un vote historique et d’une « immense victoire, » qu’il attribue également à la large mobilisation citoyenne. Même si tous les doutes ne sont pas levés sur le devenir à terme de ce mode de pêche, tous les défenseurs de l’environnement et d’une pêche plus respectueuse de la ressource, ont poussé ce matin un ouf ! de soulagement.

Des dérogations illégales

La pêche électrique est interdite en Europe depuis 1998, comme elle l’est dans les autres continents, mais des dérogations avaient été accordées depuis 2006, autorisant la pêche électrique à des fins scientifiques, sans que ce mode de capture puisse cependant dépasser les 5% de l’ensemble des pêches pratiquées en Europe. Mais les pêcheurs des Pays-Bas s’étaient engouffrés dans la brèche, dépassant largement les quotas autorisés, puisque 28% de la flotte néerlandaise pratiquerait actuellement la pêche électrique. L’Union européenne, allant elle-même au delà de ses propres recommandations, aurait accordé 87 licences aux Pays-Bas pour ce type de pratique, sous la pression des lobbies néerlandais, selon les opposants à ce mode de pêche. Ceux-ci ont fait valoir, tout au long du débat animé qui a précédé le vote du Parlement européen, et études à l’appui, que la pêche électrique ravage les fonds marins, détruisant les écosystèmes et les zones de reproduction. Ils ont également dénoncé les conséquences sociales de cette pratique halieutique, qui défavoriserait les pêcheurs au chalut traditionnel, fileyeurs et petits pêcheurs côtiers. Les représentants des pêcheurs du Boulonnais et du Dunkerquois ont pu témoigner de la baisse drastique de leurs prises, suite à l’accroissement de la pêche électrique par les bateaux néerlandais, dans leurs zones de pêche, au sud de la Mer du Nord.

Les défenseurs du projet avaient mis en avant l’efficacité supérieure de ce procédé de pêche qui rapporterait 4 à 5 fois plus de poissons que la pêche classique au chalut, permettant également d’économiser du carburant pour les navires qui, sortant moins longtemps et consomment moins d’énergie.

Le débat technique sur les dégâts produits par ce type de pêche est monté d’un cran il y a quelques jours quand Bloom, une ONG spécialisée dans les questions halieutiques, a révélé que la Commission européenne n’avait pas tenu compte d’un long rapport d’expert de 2006 qu’elle avait elle-même commandée, et qui était défavorable à la pêche électrique. Les experts scientifiques de l’UE mettaient en garde « contre les problèmes qui devraient être résolus pour accorder des dérogations, » ce qui n’a jamais été fait. Des député.e.s européens Verts ( Verts-ALE ), ceux de la Gauche unitaire européenne ( GUE-GVN ) et certains député.e.s socialistes, notamment français.e.s, avaient enfoncé le clou, exigeant des explications de la Commission européenne, accusé d’être allée à l’encontre de ce rapport, et peut-être même d’en avoir sciemment caché les conclusions. Ce dernier épisode, mettant en cause la bonne foi de la Commission européenne dans le dossier de la pêche électrique, a sans doute dû peser lourd dans le choix des députés européens au moment du vote. Il reste maintenant à savoir comment la Commission européenne va tenir compte de ce vote du Parlement. Les députés, y compris les députés français de droite, ont promis de veiller à l’application effective de l’interdiction de la pêche électrique en Europe.

Lire aussi :

Le communiqué du Parlement européen

L’Union européenne face au côté obscur de sa flotte

Notre entretien avec Claire Nouvian directrice de l'association Bloom

Pêche électrique : l’UE à contre-courant

Peche-electrique-technique-innovante-ou-a-des-fins-industrielles ?

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 06:48
Photo : Pierre Pytkowicz

Photo : Pierre Pytkowicz

Dans L'Humanité du mardi 16 janvier, un très bel article de Nicolas Dutent rend hommage à Jean Salem, le fils d'Henri Alleg, l'auteur de la question, journaliste et militant communiste pro-indépendance torturé par les parachutistes en Algérie, et de Gilberte Alleg. Né en Algérie le 16 novembre 1952, le professeur de philosophie à la Sorbonne, spécialiste d'Epicure, de Démocrite et de Lucrèce, comme de Marx, penseur et passeur joyeux du matérialisme antique, auteur d'une quarantaine d'ouvrages, est décédé d'un cancer contre lequel il a lutté deux ans ce week-end. A contre-courant dans le milieu intellectuel français, particulièrement entre la fin des années 80 et les années 90, il était resté un militant communiste et un défenseur du marxisme. 

Jean Salem: "Lutter pour de belles causes, c’est déjà le chemin du bonheur"
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR DIEGO CHAUVET
LUNDI, 15 JANVIER, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE

Le philosophe et grand intellectuel marxiste, professeur de philosophie à Paris-Panthéon la Sorbonne est mort le 14 janvier à l'âge de 65 ans. Ses principaux travaux de recherche portent sur la philosophie des atomes et sur la pensée du plaisir. Il était le fils d’Henri Alleg qui avait publié pendant la guerre d’Algérie, La Question, le premier grand livre sur la torture, qui fut longtemps censuré. Nous vous proposons de relire l'entretien qu'il avait accordé le 13 février 2015 à l'Humanité Dimanche.

Philosophe, professeur à la Sorbonne, animateur du séminaire « Marx au XXIe siècle », Jean Salem est aussi le fils d’Henri Alleg, l’auteur de « la Question », emprisonné durant la guerre d’Algérie. Arrivé, comme il le dit, à l’âge des « anecdotes », le philosophe épicurien livre dans son nouvel ouvrage ses réflexions sur l’état du monde, la dégénérescence des gauches en Europe, mais aussi ses propres passions intellectuelles. Il juge aussi avec sévérité les évolutions de son parti, le PCF, ces trente dernières années. Jean Salem ne se sent pas obligé d’être optimiste dans une époque qu’il qualifie de décadente. Mais il propose des voies pour construire un bonheur durable. Entretien.
 
HD. Vous avez choisi la forme d’un entretien pour ce nouveau livre. Pourquoi ?
Jean Salem. Peut-être à cause du penchant narcissique à raconter sa vie... et au fait que je suis arrivé à l’âge de l’« anecdotage ». Ça a aussi été une proposition d’Aymerick Monville, mon éditeur.
 
HD. En dehors de l’âge des anecdotes, la période tourmentée que nous traversons a-t-elle justifié la publication de ce livre ?
J. S. J’ai écrit un certain nombre de livres : sur le bonheur, sur Lénine, le matérialisme antique, Maupassant... Et outre de multiples voyages universitaires, depuis cinq ou six ans, j’ai fait beaucoup de voyages « académicopolitiques » ou de militant. En Corée du Sud notamment, où je travaille avec des camarades dont le parti a été interdit en décembre 2014 (le Parti progressiste unifié, marxiste – NDLR). Durant ces trente dernières années, on nous a expliqué que l’Union soviétique, c’était pire que le nazisme. Que de notre histoire à nous, les communistes, nous ne pourrions qu’avoir honte. Aujourd’hui, avec le séminaire sur Marx que j’anime à la Sorbonne depuis 2005, je vois revenir l’intérêt pour le marxisme alors que les étudiants avaient tendance à poser leur stylo lorsqu’on l’évoquait... J’observe en même temps un regain militant au sein du PCF, notamment la création de cercles de jeunesses communistes très actifs. Issu d’une famille qui s’est réfugiée en Union soviétique, mais ayant été peu élevé par mes parents du fait des années de clandestinité et d’emprisonnement de mon père, j’ai été aussi influencé par la partie de ma famille qui n’était pas communiste, qui estimait merveilleux qu’Israël existe. J’ai pensé que ça pouvait servir à comprendre qu’arriver au communisme, aux idées justes, est un cheminement : on enlève des oeillères, on oublie sa tribu et ses soi-disant racines... Le « cinéma » identitaire court les rues. Et on manque d’organisations qui fédèrent tout le monde sur des idées générales et pas sur la basquitude, la corsitude... Je ne suis pas contre ces revendications, mais on s’est égaré dans une telle fragmentation de revendications parcellaires, de victimisations, que la pensée unique n’a plus de mal à nous dominer tous.
 
« SI ON OBSERVE UN REGAIN MILITANT AU SEIN DU PCF, IL NOUS FAUT UNE ORGANISATION DE COMBAT POUR LE RENFORCER. »
 
On doit beaucoup de choses à Robespierre, à la révolution soviétique, et on doit encore plus de choses à l’histoire du mouvement ouvrier au XXe siècle. On va droit dans le mur si on ne rappelle pas ces hauts faits.
 
HD. Vous êtes en accord avec l’essai écrit par Domenico Losurdo sur « l’autophobie des communistes » à la fin du XXe siècle, que vous citez (1). Vous consacrez un passage à ceux que vous qualifiez de « liquidateurs » du PCF dans les années 1990. Quel est votre regard sur l’évolution du Parti aujourd’hui?
J. S. Dans les réunions de cellule, auxquelles j’ai pu assister ces dernières années, j’ai surtout vu des gens des classes moyennes... La tactique de Front de gauche a « fait ses preuves » dans des pays comme l’Espagne : Izquierda Unida apparaît comme un parti corrompu comme les autres... Chez nous, ça n’a pas pris la même tournure. Mais si le Front de gauche a créé un mouvement qui a permis une belle campagne à quelqu’un qui ne vient pas de chez nous, qui a fait se redresser la tête à beaucoup de gens en France, ce front électoral s’est ensuite écroulé. Cependant, je pense qu’il y a un redressement en ce moment au sein du PCF. Nous avons besoin d’une organisation de combat pour le renforcer.
 
HD. Vous citez l’exemple du Front de gauche. Vous n’épargnez pas Syriza en Grèce... Maintenant qu’ils sont au pouvoir, est-ce un événement positif ?
J. S. Il ne faut pas avoir raison trop tôt. Tous les révolutionnaires merveilleux que je peux connaître dans le monde me signalent que tous ceux qui ont quitté le parti communiste grec pour en dire le plus grand mal sont membres de Syriza. Les gens du PASOK qui ont senti le vent tourner aussi... Mais à mon avis, Syriza n’est qu’une variante de la social-démocratie adaptée à 2015, à l’époque de la colère des peuples. Je pense que l’on doit comprendre que le modèle qui tend à donner de l’importance à l’État, à collectiviser certaines activités économiques, permet de lutter contre l’individualisme, les guerres, la vénalité, la capacité à vendre tout et n’importe quoi, y compris les êtres humains...
 
« DISPARU DU PROGRAMME DE L’AGRÉGATION DURANT 40 ANS, MARX REDEVIENT UN VÉRITABLE PHÉNOMÈNE. SES OUVRAGES PARTENT COMME DES PETITS PAINS. »
 
HD. Ce qui signifie pour vous que les compromis sont impossibles ?
J. S. Dans une période de crise totale, on ne peut pas refaire le monde. Il faut être dans la société. Le PCF ne cesse de le répéter et il a raison, mais il faut aussi rappeler le passé et les intérêts que servent ceux avec qui l’on peut s’allier.
 
HD. Vous ne vous sentez pas obligé d’être optimiste aujourd’hui, comme on pouvait ne pas l’être en 1938 ou en 1914, écrivez-vous... La veille des deux guerres mondiales ?
J. S. Dans « Lénine et la Révolution », j’écris que nous sommes dans une sorte de pièce de Tchekhov. On ne sait pas ce qui va venir, mais on sent que ça va venir. Guerre ? Fascisme ? Révolution ? Des dirigeants comme Hugo Chavez ou Fidel Castro ont souligné ces dangers qui montent d’un peu partout.
 
HD. Pour le philosophe marxiste et épicurien que vous êtes, existe-t-il dans une telle période des raisons d’être heureux ?
J. S. Dans nos sociétés de plus en plus sombres, atomisées, on ne cesse de parler de repli sur la famille. Paradoxalement, il y a de plus en plus de personnes isolées. Je ne veux pas jouer les professeurs de bonheur, mais je crois qu’il faut savoir lutter contre tous ces petits plaisirs frelatés qui nous tombent dessus pour nous donner trois minutes de bonheur, et s’efforcer de trouver du bonheur dans la durée. Il n’est pas seulement celui de la famille, il peut être aussi celui d’un travail passionnant, du voyage... Mais je parle bien de sources de plaisir solide, durable. Ensuite, lutter pour de belles causes est source d’un bonheur spécifique. Malgré l’atomisation des luttes, je vois des choses magnifiques. J’admire ces gens, souvent chrétiens, qui, dans le nord de la France, risquent des années de prison en hébergeant des frères venus du bout du monde et traqués par la police parce que sans papiers. Pour moi qui ai pas mal de chances, au pluriel, un de mes plaisirs c’est de retrouver des militants qui ressemblent à ceux de générations précédentes, ou à ces jeunes communistes dont j’ai parlé précédemment...
 
HD. Comment expliquez-vous le regain d’intérêt pour Marx dans un contexte où, selon la pensée unique que vous combattez, le bonheur ne peut être qu’individuel ?
J. S. Si Marx n’a plus été au programme de l’agrégation pendant quarante ans, il est redevenu un véritable phénomène. Les rééditions de ses ouvrages partent comme des petits pains. On s’accorde aujourd’hui à constater que le délire néolibéral est en fin de course. Au moins sur le plan idéologique. Plus personne ne peut supporter le discours qui fait de nous des sortes de grands singes mus uniquement par la concurrence et l’envie d’être le premier. À force d’entendre prôner une société de rentabilité maximale, les gens ont commencé à faire le bilan. Dans une société où il n’y a besoin que d’entrepreneurs, on considère que ne sont pas rentables la philosophie, l’histoire, la musique, l’humour, l’amour... Mais les gens sont des humains. Et les humains ne sont pas du tout cet homme abstrait défini de façon délirante par le néolibéralisme. En philosophie, on n’en a rien à faire de la concurrence. On lit les livres passionnants, et plus il y en a, mieux on se porte.
 
POUR EN SAVOIR PLUS

 
 
 
Le propos peut parfois paraître féroce lorsqu’il y dit ses vérités... Mais le livre est avant tout vivant et agréable à lire. La forme de l’entretien y est pour beaucoup. Jean Salem y est interrogé par l’un de ses pairs, Aymeric Monville : on le comprend vite, les deux philosophes tombent très souvent d’accord. Mais le parcours de Jean Salem, indissociable de son propos, en fait un ouvrage de réflexion ancré dans la vie, dans la biographie d’un homme plongé dès son enfance dans des pages fondamentales de l’histoire du XXe siècle. Fils d’Henri Alleg, Jean Salem a grandi entre Alger, la Provence, l’URSS et à nouveau la France, au gré des péripéties de la décolonisation... Le philosophe marxiste, spécialiste d’Épicure et de Lucrèce, raconte ce parcours en militant communiste, souvent critique et exigeant, mais non sans une affection certaine pour son parti et ses militants. Jean Salem a notamment publié « l’atomisme antique, Démocrite, épicure, Lucrèce » (Livre de poche, 1997), « Philosophie de Maupassant » (Éditions Ellipses, 2000, prix Bouctot 2001 de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen), « le bonheur ou l’art d’être heureux par gros temps » (Flammarion, 2006), « Lénine et la révolution » (Encre marine, 2006), « élections piège à cons ? Que reste-t-il de la démocratie ? » (Flammarion 2012).
« RÉSISTANCES, ENTRETIENS AVEC AYMERIC MONVILLE », DE JEAN SALEM, ÉDITIONS DELGA, 2015, 322 PAGES, 20 EUROS. 
Journaliste à l'Humanité Dimanche
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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 21:02
Mercredi 17 janvier - Dédicace de Kris et Fournier au musée de la Résistance de Saint Connan dans les Côtes-d'Armor pour leur très belle BD sur les tirailleurs sénégalais

Pôle de l'Etang-Neuf - 22480 Saint-Connan

02 96 47 17 66 - etangneuf.asso@orange.fr
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