Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 16:20

http://www.andrechassaigne.fr

Et maintenant Monsieur le Président ?*

 Le bateau des riches dont vous êtes le grand timonier, Monsieur le Président, vient de s’échouer sur un roc : celui de la conscience de l’injustice sociale et fiscale.  A force de vouloir faire payer aux plus modestes la facture de cadeaux insensés accordés aux plus riches, vous incarnez désormais tous les traits du monarque qui joue contre son peuple. Et quel triste spectacle que de voir également la majorité, propulsée aux responsabilités dans le sillage de votre élection, à des années-lumière du vécu et des souffrances endurées par la majorité de nos concitoyens !

 La jolie fable du « nouveau monde » est en miettes. Tout le monde vit désormais dans son quotidien les conséquences de votre générosité indécente pour les « premiers de cordée » :

 - 3,5 milliards d’euros aux 350 000 personnes les plus riches de France avec la suppression de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF), alors qu’ils détiennent 1 028 milliards d’€ de patrimoine,

 - Près de 2 milliards d’euros aux seuls actionnaires avec le prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital,

 - 20 milliards d’euros de CICE sans aucune contrepartie en termes de création d’emplois, portés à 40 milliards d’euros en 2019, essentiellement à destination des grands groupes du CAC 40 qui viennent d’accumuler des profits records !

 Et que peut-on éprouver d'autre que du ressentiment et du dégoût face aux rémunérations scandaleuses des grands patrons français pour lesquels il ne semble pas y avoir de limite. En 2017, la rémunération moyenne d'un patron du CAC 40 s'est élevée à plus de 5 millions d'euros par an. Une augmentation de  14 % par rapport à 2016.

 

 En bon Père-Noël des riches, vous avez rempli la hotte des nantis, grands patrons et rentiers, en vidant le porte-monnaie des salariés et des retraités : hausse de la CSG, hausse de la TICPE sur les carburants, hausse programmée des mutuelles et des tarifs de l’énergie… Au moment où les ultra-riches encaissent leurs cadeaux, cette hausse de la fiscalité est insupportable pour toutes celles et ceux qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler ou se déplacer dans leur vie quotidienne.

Mais votre duo avec Edouard Philippe n’entend pas s’arrêter là. Vous avez mis en chantier la casse du droit à la retraite et de la Sécurité sociale. Vous continuez à fermer nos services publics, à baisser les moyens pour l’hôpital et la santé publique, à étouffer nos communes et nos collectivités.

 

 C’est bien face à toutes ces attaques et ces menaces que se mobilisent depuis des mois les blouses blanches, les tempes grises et les bleus de travail … Retraités, salariés, fonctionnaires, agriculteurs et artisans sont parfaitement conscients de la dégradation de leur situation. Ils n’ont pas besoin que certains ministres descendent de Paris pour leur expliquer de quoi ils peuvent encore se passer pour se serrer un peu plus la ceinture. Si beaucoup se retrouvent aujourd’hui parmi les gilets jaunes de nos ronds-points, c’est parce que tous cherchent une réponse politique à la hauteur des besoins.

 

 Si vous étiez à l’écoute de mes propos, je vous proposerais les décisions suivantes :

  • La première, c’est que pour faire face à l’état d’urgence sociale, face à des choix fiscaux injustes au service des plus riches, il faut des mesures immédiates. Elles peuvent être prises sans aucune difficulté dans les jours qui viennent : l’augmentation dès le 1er janvier 2019 du SMIC de 200 € net, des salaires et pensions de retraites dès le 1er janvier 2019, le rétablissement immédiat de l’ISF et la suppression des cadeaux sur les revenus du capital (5 milliards d’euros pour le budget de l’Etat), l’annulation de la hausse CSG, le non-cumul en 2019 du CICE et de l’exonération de cotisations sociales patronales (20 milliards d’euros pour le budget de l’Etat).
  • La seconde, c’est qu’au-delà de ces mesures d’urgence il faut mettre en œuvre de nouvelles orientations politiques destinées à assurer la justice fiscale et sociale et à relever le défi écologique.
    • Sur le plan fiscal, il est urgent d’engager un vrai plan pluriannuel de lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, qui coûtent 80 milliards d'euros par an aux finances publiques, de quoi combler immédiatement tous les déficits de l’Etat. Je vous invite également à mettre en place un prélèvement à la source sur les bénéfices des multinationales, ainsi qu’un nouvel impôt sur les sociétés pour faire contribuer les géants du numérique (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft…). Renforcez aussi la progressivité de l’impôt sur le revenu en augmentant le nombre de tranches (9 tranches contre 4 tranches aujourd’hui).
    • Sur le plan social, lancez des négociations interprofessionnelles pour des hausses de salaires dans toutes les branches, la revalorisation des pensions de retraites indexées sur l’évolution des salaires, un niveau de retraite minimal au niveau du SMIC, l’indexation des traitements des fonctionnaires (donc le dégel du point d’indice).
    • Pour les territoires, faites un moratoire sur le recul de tous les services publics de proximité (hôpitaux et maternités, gares et guichets, trésoreries...) et garantissez un seuil minimal de présence de services publics dans les territoires.
    • Sur le plan de la transition écologique, reprenez nos propositions : consacrer 10 à 20 milliards d’euros par an d’investissements publics dans la transition écologique avec priorités à un grand plan de rénovation thermique de l’habitat, au développement du transport collectif de voyageurs jusqu’à sa gratuité, et du fret ferroviaire.  Il faut pour cela exiger le fléchage intégral des taxes sur le carburant vers la transition écologique, assurer la revalorisation des taux des livrets et le fléchage du Livret de développement durable et solidaire vers la transition écologique, tout en élargissant le chèque-énergie à 8 millions de personnes et en le revalorisant pour les plus modestes (de 200 euros actuellement à 600 euros).

 

 Mais vous ne découvrez pas aujourd’hui ces propositions. Nous les portons depuis le début de cette mandature. Comme parlementaires communistes, nous agissons en cohérence et avec constance pour défendre les intérêts de toutes celles et tous ceux qui, mobilisés sur les ronds-points, dans les manifestations, dans les hôpitaux, dans les entreprises, font face à la pression de la finance, aux multinationales, à la grande distribution ou aux lobbys patronaux.

Si nous sommes cohérents et constants dans nos propositions politiques, c’est parce que nous savons que les moyens financiers et budgétaires existent pour imposer cette justice sociale et fiscale, cette réorientation de nos choix économiques et de gestion pour changer la vie et préserver notre planète.

 

 Dans les jours et mois à venir nous allons redoubler d’efforts pour que ces réponses aux attentes populaires soient à nouveau mises en débat dans l’hémicycle comme nous l’avons toujours fait. Nous ne lâcherons pas le combat pour faire reculer les injustices sociales, pour l’exigence de justice et de respect, pour mieux répartir les richesses, pour l’Humain d’Abord.

 C’est dire que nous ne nous faisons aucune illusion sur les réponses que vous allez apporter aux revendications populaires.

 

* Reprise du titre de l'ouvrage paru en septembre 2017, Et maintenant Monsieur le président, André Chassaigne, Les Editions de l'Atelier

Et maintenant, monsieur le Président? - par André Chassaigne, 10 décembre 2018
Partager cet article
Repost0
10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 16:17
Emmanuel Macron: Nous voulons plus que de la contrition, une grande réforme sociale et fiscale basée sur l'égalité et la justice - Olivier Dartigolles, 10 décembre 2018

Le président de la République va s’exprimer ce soir. Nous le savons. Que va dire Emmanuel Macron ? Dans les médias aujourd’hui, de très nombreux décryptages, analyses et même, sans attendre la parole présidentielle, la présentation des mesures qui seront annoncées.

On y retrouve , pêle-mêle, l’instauration d’une prime exceptionnelle défiscalisée, versée de façon volontaire; une accélération de la suppression de la taxe d’habitation ; l’anticipation de la désocialisation des heures supplémentaires dès le 1 et janvier ; une nouvelle revalorisation de la prime d’activité ; l’augmentation du minimum vieillesse...

Il est aussi fortement conseillé à E.Macron de changer personnellement. De quitter les habits de Jupiter, de faire preuve d’empathie, d’écoute, de bienveillance. Et même de s’imposer un exercice de repentance sur les outrances langagières de son début de quinquennat, sur son arrogance et son mépris.

Oui mais voilà. Il peut faire tout cela « et en même temps » rien ne serait régler avec de telles annonces et cet acte de contrition. Rien. Notre pays veut une grande réforme sociale et fiscale pour l’égalité et la justice. Il attend un vrai changement dans nos institutions et notre vie démocratique. Aujourd’hui avec les Gilets jaunes, demain, très certainement, avec d’autres formes, d’autres secousses.

Le macronisme n’est que l’épisode d’une crise démocratique et sociale, d’une crise de la pensée face aux défis contemporains. C’est pourquoi il nous faut parler augmentation des salaires et augmenter nos imaginaires sur les formidables possibles qui frappent à la porte. Sans oublier l’essentiel : cela peut donner le meilleur ou conduire à l’abîme. Pour l’instant, si on avait à voter le week-end prochain pour les élections Européennes, le paysage ne serait pas très bon...

Olivier Dartigolles

Emmanuel Macron: Nous voulons plus que de la contrition, une grande réforme sociale et fiscale basée sur l'égalité et la justice - Olivier Dartigolles, 10 décembre 2018
Partager cet article
Repost0
10 décembre 2018 1 10 /12 /décembre /2018 16:10
Débat sur Parcoursup et l'inégalité d'accès à l'enseignement supérieur organisé à la fac Ségalen de Brest par le MJCF et le PCF avec la présence de représentants de la FSU, de la CGT éduc'action, de Sud éducation et le sénateur Pierre Ouzoulias

Débat sur Parcoursup et l'inégalité d'accès à l'enseignement supérieur organisé à la fac Ségalen de Brest par le MJCF et le PCF avec la présence de représentants de la FSU, de la CGT éduc'action, de Sud éducation et le sénateur Pierre Ouzoulias

Communiqué de Presse 
 
 

De Parcoursup à l’augmentation des droits d’inscription :

la réforme libérale en marche !

À l’occasion de la discussion de la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, la droite sénatoriale avait voté un article autorisant les établissements d’enseignement supérieur à « décider d’un tarif spécifique de droits d’inscription pour les étudiants étrangers, hors Union européenne ». En séance, le 8 février dernier, la ministre chargée de l’enseignement supérieur, Mme F. Vidal, avait donné un avis défavorable à cette proposition. Lors de la Commission mixte paritaire du 13 février 2018, M. Gabriel Attal, alors député et aujourd’hui secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, s’y était lui aussi opposé en considérant que : « les étudiants étrangers deviennent ensuite des ambassadeurs de la France dans leur pays et transmettent des valeurs ».

À rebours et sans aucune concertation, le Premier ministre vient d’annoncer, en présence de Mme F. Vidal, que les frais d’inscription des étudiant·e·s non communautaires seraient fortement augmentés. Ainsi, pour la licence, leur montant serait multiplié par seize, en passant de 170 € à 2770 € : « Bienvenue en France » !

Alors que la France a cédé à l’Australie sa troisième place des pays accueillant le plus grand nombre d’étudiant·e·s, qu’elle sera dépassée, sans doute l’année prochaine, par la Russie et l’Allemagne et que d’autres nations ont mis en œuvre des dispositifs financiers généreux pour les accueillir, comment croire que la hausse des droits d’inscription puisse être une solution pour les retenir ? Ce raisonnement emprunté au « marketing de la rareté » est, non seulement, une absurdité économique démontrée par les échecs des politiques similaires tentées ailleurs, mais aussi une insulte à la tradition universitaire française ouverte sur le monde, à l’instar des collèges parisiens fondés au Moyen Âge pour accueillir les étudiants pauvres et étrangers.

Le projet du Gouvernement ne peut donc avoir qu’une autre finalité. Refusant de donner aux universités les moyens budgétaires dont elles ont besoin pour satisfaire l’accueil d’un plus grand nombre d’étudiant·e·s, le Gouvernement leur impose de trouver des ressources propres, notamment par l’augmentation des droits d’inscription. C’est ce que lui demandait la majorité sénatoriale, au début de l’année, en estimant que 1 000 € pour tout le monde serait une « première étape raisonnable ». Le Gouvernement tente de rassurer en affirmant que ce n’est pas son projet, mais il avait aussi repoussé en février la proposition d’une augmentation des droits pour les étudiant-e-s non communautaires. Après Parcoursup, cette mesure montre au contraire sa volonté de poursuivre son programme de réforme libérale de l’enseignement supérieur. Les prochaines étapes sont connues : fin des diplômes nationaux, du statut des enseignants-chercheurs, etc.

Au Sénat, le groupe CRCÉ continuera de défendre l’universalité de l’accueil dans l’enseignement supérieur. Contre la doxa libérale, nous pensons que c’est la gratuité qui donnera de la valeur au service public du savoir, de la connaissance et de l’enseignement supérieur.


 

Pierre Ouzoulias, sénateur communiste,

Paris le 10 décembre 2018

De Parcoursup à l’augmentation des droits d’inscription :  la réforme libérale en marche ! (Pierre Ouzoulias, 10 décembre 2018)
Partager cet article
Repost0
9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 20:10
Ian Brossat: on a besoin de sortir de cette crise avec des mesures sonnantes et trébuchantes pour le pouvoir d'achat (Ian Brossat, 9 décembre 2018)

Partager cet article
Repost0
9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 20:05
Communiqué de presse du PCF - 9 décembre 2018
 
 Marche pour le climat à Nancy : le PCF dénonce l'arrestation des deux organisateurs
 
Le PCF dénonce la garde à vue des deux organisateurs de la marche pour le climat qui avait lieu hier à Nancy et à laquelle les communistes ont participé.
 
Cette arrestation, sous prétexte que la préfecture a injustement interdit la manifestation et alors même qu'aucun incident n'a été deploré, est scandaleuse.
Au total, les organisateurs ont été maintenus près de 24h en garde à vue. Rien ne justifie cela!
 
La manifestation s'est déroulée pacifiquement, dans le calme et elle a été, du fait de sa bonne organisation, un franc succès en terme de participation.
 
Le PCF demande l'abandon de toutes poursuites éventuelles contre Florent Compain et Denys Crolotte.
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 9 décembre 2018.
Le PCF demande l'abandon de toutes poursuites éventuelles contre Florent Compain et Denys Crolotte, organisateurs de la marche contre le climat
Partager cet article
Repost0
9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 19:09

Partager cet article
Repost0
9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 07:30
Fabien Roussel: il faut augmenter le SMIC de 200 euros ( Le Figaro 5 décembre 2018)

Par  Le Figaro 5 décembre 2018

INTERVIEW VIDÉO - Le député du Nord, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), était l'invité d'Yves Thréard.

Invité du «Talk-Le Figaro», Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste (PCF), a réclamé mercredi une hausse du pouvoir d'achat des Français. «Il faut augmenter le smic de 200 euros net, augmenter les salaires dans le public et dans le privé, augmenter les pensions des retraités, restaurer les services publics, annuler toutes les taxes sur l'essence», a listé le député du Nord.

«L'augmentation du Smic, c'est l'État qui le décide le 1er janvier. C'est aussi l'État qui peut convoquer un Grenelle social et demander aux partenaires sociaux de se mettre autour de la table pour organiser une augmentation générale des salaires», a insisté le nouveau patron du PCF.

«Un Grenelle social»

Pour Fabien Roussel, l'année 2019 est propice à une augmentation des salaires «car les toutes les entreprises vont bénéficier d'une double ration du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE)». Le communiste réclame par ailleurs «des critères précis» d'attribution du CICE «pour que cet argent public soit distribué aux PME, aux commerçants, aux artisans qui en ont besoin, pour accompagner la hausse des salaires». Pour financer toutes ces mesures, Fabien Roussel réclame le retour de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Sa transformation, au début du quinquennat en un impôt immobilier «est un scandale», a-t-il dit. Le député a par ailleurs indiqué qu'il voulait déposer une motion de censure avec les socialistes et les Insoumis pour «relayer le combat» des «gilets jaunes».

Partager cet article
Repost0
9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 07:17
 Il y a un incendie social. Il faut un canadair de mesures sociales,  estime Fabien Gay (PCF) - Public Sénat, 6 décembre 2018
« Il y a un incendie social. Il faut un canadair de mesures sociales » estime Fabien Gay

Alors que le Premier ministre Edouard Philippe s’exprime devant le Sénat ce jeudi, Fabien Gay, sénateur (communiste) de la Seine-Saint-Denis, estime que les mesures annoncées par le gouvernement hier, ne sont que des mesurettes. Et qu’il faut poser « un nouveau contrat social du XXIe siècle ».

Par Public Sénat

A quelques minutes de l’allocution du Premier ministre Edouard Philippe, devant les sénateurs, Fabien Gay, sénateur (communiste) de la Seine-Saint-Denis enjoint le gouvernement à agir vraiment : « Je pense que l’on est dans un moment extrêmement grave. Il y a cette colère des Gilets jaunes mais elle n’est pas seule. Il y aune colère populaire qui s’exprime depuis des années, sur une mal vie (…) On ne calmera pas la colère populaire avec de petites mesurettes. Là, il y a un incendie social, il faut un canadair de mesures sociales. Pas trois petits verres d’eau (…) Depuis 18 mois, les inégalités se sont aggravées. »

Et d’ajouter : « Il faut que nous nous posions la question d’un nouveau contrat social du XXIe siècle, qui s’appuie sur trois piliers. D’abord un pilier social (…) un deuxième pilier écologique (…) Et le troisième pilier, c’est la démocratie. »

Partager cet article
Repost0
9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 07:09
 
[
 
 
 
Lettre de circonscription
Le front des luttes grandit
Samedi 8 décembre 2018
 
 
 
 
J’ai vécu dix jours sans trêve, au diapason de l’actualité. Mini-plénière à Bruxelles, visite des prisonniers politiques catalans à Lledoners près de Barcelone, fête de l’Humanité Bretagne sur fond de mobilisation des gilets jaunes, de nouveau Bruxelles pour le paquet mobilité puis Munich et enfin Sète.

Ne pas passer à côté de l’essentiel...

L’essentiel est depuis trois semaines juste sous nos yeux, sur les ronds-points ou les péages des autoroutes. On peut s’interroger sur l’hétérogénéité des revendications, le jusqu’au-boutiste voire la violence du mouvement des gilets jaunes.

Ces interrogations, elles ont été miennes - et le sont encore - car nous voyons bien que nous sommes sur une ligne de crête où toutes les bascules sont possibles. L’état de division de la gauche de transformation est, à mes yeux, l'un des problèmes de fond car sans cette unité-là, il n’y aura pas de perspective de victoire pérenne.

Mais la peur n’empêche pas le danger. La colère exprimée par les gilets jaunes est au diapason de la violence et du mépris social du pouvoir et des puissances de l’argent envers les plus démunis. Il y a déjà plusieurs décennies que les gouvernements successifs font les mêmes choix dévastateurs.
 
Aujourd’hui, on atteint en France un point de rupture : nous sommes dans un pays dans lequel certains comme Bernard Arnaud gagnent presque 3 millions d’euros toutes les heures tandis que le plus grand nombre n’arrive pas à joindre les deux bouts et survivent ; nous sommes dans un pays dans lequel le Président, le Premier Ministre et l'ensemble des troupes LREM mènent une politique en faveur de ces nantis.
 
« Notre cap est le bon. Quand vous voulez atteindre le sommet d’une montagne il faut garder votre objectif. Mais si le chemin est trop difficile à grimper pour les plus fragiles, les premiers de cordées doivent ajuster le chemin pour ne laisser personne sur le bord de la route » expliquait encore en début de semaine la secrétaire d’Etat à l’égalité...

Nous devons rester solidaires de l’urgence sociale et démocratique car la question qui nous est collectivement posée aujourd’hui est celle de l’issue du mouvement. Ces derniers jours offrent des possibilités pour des convergences impossibles : avec les salariés en lutte, avec les jeunes, avec ceux qui manifestent pour le climat.

Ce samedi 8 décembre puis le 14 décembre pour la journée d'actions sur le SMIC et les minima de branches vont marquer deux nouvelle étapes importantes du mouvement auxquelles il faut rajouter le mouvement lycéen et étudiant qui grandit. La répression dont les jeunes font l’objet ces dernières 48 heures constitue un élément particulièrement important, parce que le gouvernement choisit sciemment l’affrontement et joue les pompiers pyromanes. Elle génère également un réaction de solidarité de nature à élargir et souder les bases de la mobilisation sociale et citoyenne.

Enfin, l’action des parlementaires PCF conjuguée à celle venant de LFI et du PS est exemplaire : on ne peut que constater que les mesures annoncées ne permettent pas une sortie de la crise... Ce que nous exigeons, c'est une revalorisation des pensions et minimas sociaux, l’augmentation du SMIC et le rétablissement de l’ISF. Je suis donc fière de la motion de censure qui sera déposée par toute la gauche le 10 décembre. C'est ensemble que nous créons la possibilité d’une alternative à la politique de Macron !

D’autres initiatives se multiplient ouvrent à des convergences : j’ai moi-même signé une tribune publiée dans Libération appelant à un changement de cap : https://www.liberation.fr/debats/2018/12/06/justice-sociale-justice-climatique-c-est-un-changement-de-cap-qu-il-faut-imposer_1696384

En Europe aussi !

Mais des manifestations massives, il n'y en a pas qu'en France : il y en a aussi en Grèce et en Catalogne, contre l’austérité et pour le climat. Lundi 3 décembre, aux portes du Parlement Européen, les syndicats de routiers de toute l’Union européenne se sont remobilisés contre le dumping social, le détachement et pour préserver leurs droits ; la colère sociale dépasse nos frontières.

À Munich, en réunion publique comme quand j’ai rencontré les élus de Die Linke au conseil municipal, nous avons évoqué la France et le mouvement des gilets jaunes. Ce regard extérieur m’a permis moi même de voir à quel point le mouvement des gilets jaunes générait de l’espoir dans les rangs militants. Et c'est tant mieux.
 
 
 
 
 
N'abandonnez pas les routiers ! 14 eurodéputés écrivent à la ministre des transports
 
Au début de l’été, le paquet mobilité a été rejeté par le Parlement européen. L’action conjuguée des syndicats de la route et des eurodéputés, dont ceux du groupe GUE, ont permis d’arracher le vote d’ une majorité d’élus pour mettre en échec les trois rapports sur le ratio travail-temps, les temps de repos/cabotage et le travail détaché, tous porteurs d’une logique de mise en concurrence et d'exploitation féroce.
 
Cela a constitué une première victoire pour les routiers et, disons le tout net, un point d’appui pour tout le secteur du transport. Une victoire sûrement insupportable aux yeux de Bruxelles qui a choisi de tout faire pour corriger le tir avant la fin du mandat... soit avant juin 2019.

Dès lors, la machine à mater les résistances s’est de nouveau mise en route : ce lundi 3 décembre s’est donc tenue un Conseil des Ministres des Transports de l’Union européenne pour décider au sommet du sort des travailleurs routiers. Elisabeth Borne était présente.

Avec 13 autres eurodéputés français, nous avons adressé à la ministre française des transports, un courrier pour lui rappeler de tenir bon sur les positions suivantes qui avaient scellé les votes français ces derniers mois :
  • la garantie que les conducteurs soient rémunérés de manière égale sur le même territoire ;
  • des conditions de travail et de repos dignes pour les conducteurs routiers ;
  • l’interdiction du repos dans le véhicule ;
  • des règles de détachement strictes et applicables au premier jour ;
  • le retour régulier des conducteurs à leur domicile et des véhicules dans leur État membre d’établissement.

Au diapason d’un gouvernement qui plie rapidement devant l’intérêt supérieur de la finance et du dumping social, la ministre française a certes aidé sur quelques bonnes préconisations mais a cédé et en a laissé filer bon nombre. Ainsi, si le fait de statuer sur l’interdiction du repos en cabine est une très bonne nouvelle pour les routiers à travers l’Europe, l’accord du Conseil est passé complètement à côté d’autres besoins.

D’abord, et c'est le plus grave, la période de référence pour le calcul des temps de conduite et de repos passe de 2 à 4 semaines. Concrètement, on passe de 2 semaines de conduite avec 3 jours de pause à 3 semaines de conduite avec 2 jours de pause. C'est un rallongement du temps de travail inacceptable tant pour les conditions de travail inhumaines qu’elles représentent que pour le réel danger en termes de sécurité routière qu’il peut introduire. De plus, le retour au centre opérationnel de l’entreprise est une véritable aberration car il conduira à des pratiques contre-productives avec des routiers qui peuvent se retrouver, en début de période de repos, à des centaines de kilomètres de leur domicile !

Enfin, l’accumulation d’exceptions au statut de travailleur détaché, comme l’exception bilatérale, l’exception en transit ou encore l’exception du transport combinés conduiront à une mise en concurrence des travailleurs entre eux à l’échelle européenne et à des rémunérations inégales.

Elisabeth Borne est passée ici à côté d’une occasion historique pour la France de peser afin d’améliorer le sort des routiers européen. Dès le 10 janvier, le débat redébutera au Parlement européen avec le vote en commission des transports et j’ai bien l’intention de reprendre la bataille. Le combat des routiers est un combat pour la dignité au travail et pour une Europe sociale qui protège les droits des travailleurs. Protéger la route et les routiers c’est ouvrir la voie d’une Europe des transports où puissent cohabiter justice sociale écologie et citoyenneté. Nous serons jusqu’au bout dans ce combat à leurs côtés.
 
 
 
 
Lycéens d'avant, nous n'avons jamais connu la répression actuelle
 
 
Nous avons manifesté lorsque nous étions lycéens. Nous avons organisé ou animé des mouvements lycéens, face à des gouvernements de droite ou de gauche.
Nous avons bloqué nos lycées, occupé les rues sous le Général De Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard D’Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou François Hollande.
Aucun d’entre nous n’a jamais été mis en garde à vue parce que nous avions peint des slogans hostiles aux pouvoirs en place ou lancé des œufs.
Jamais nous n’avons été placés en garde à vue pour « intrusion dans un établissement scolaire » parce que nous venions participer à une Assemblée Générale.
Nous n’avons pas été gazés à bout portant devant nos lycées, nous n’avons pas reçu de tirs de grenade de désencerclement en essayant de les bloquer, nous n’avons pas été réprimés aussi systématiquement.
Une étape a été franchie.
Aujourd’hui, à leur tour, certains de nos enfants, des enfants de nos amis et leurs copains et copines se mettent en mouvement. La répression que subissent les lycéens qui manifestent ces jours-ci est disproportionnée.
Nous sommes inquiets.
 
Partager cet article
Repost0
8 décembre 2018 6 08 /12 /décembre /2018 06:30
Crise sociale - Notre pays connait une colère populaire légitime - déclaration de l'association nationale des élus communistes et républicains (ANECR)

Notre pays connait une colère populaire légitime.
Ne plus pouvoir vivre de son salaire. Craindre pour son avenir, pour celui de ses enfants, pour celui des générations futures quand une minorité de privilégiés s’accapare l’essentiel des fruits du travail collectif est devenu intolérable pour la majorité de nos concitoyen·ne·s qui le manifeste sous des formes multiples.
Les maires et les élu·e·s locaux rassemblé·e·s dans l’ANECR vivent et partagent cette réalité quotidienne et la colère du peuple.
Dans l’exercice des missions que le peuple des villes et des campagnes leur a confiées, les communes, les conseils départementaux et régionaux sont souvent les correcteurs, les amortisseurs des inégalités générées par le système actuel. Mais ils sont désormais empêchés. Les élu·e·s se heurtent quotidiennement à une machine gouvernementale qui n’a aucune ambition émancipatrice. Son seul but est de rogner sur les finances publiques au détriment des services publics, aggravant les disproportions entre les territoires et entre les citoyen·ne·s, accélérant un changement sociétal majeur.
La suppression de 13 milliards d’euros de dotations destinées aux collectivités territoriales est inacceptable. Elle intervient alors que 40 milliards sont offerts sans contrepartie au monde économique au titre du CICE, et que 1,5 milliards d’euros sont restitués aux 5 000 contribuables les plus riches du pays... Ces faits illustrent les choix présidentiels.
Aux récriminations et aux demandes d’égalité du peuple et de ses élu·e·s, le président de République, son gouvernement et les élu·e·s qui s’en réclament ont toujours opposé, avec un dédain certain, une fin de non-recevoir.
Ces temps du mépris et du refus sont terminés. Le peuple de France et ses élu·e·s le font savoir. Ils réclament le respect, plus de démocratie, la justice sociale et de pouvoir vivre dignement dans un environnement protégé.
Nous demandons la prise en compte immédiate des revendications sociales exprimées en particulier par le mouvement des gilets jaunes et les syndicats professionnels, à commencer par l’annulation pure et simple des taxes carburant, l’augmentation du SMIC, le rétablissement de l’ISF et la suspension des coupes budgétaires affectant les dotations aux collectivités.
Les élu·e·s communistes et républicains sont des acteurs quotidiens de la démocratie et les défenseurs du peuple. La France est riche, elle a les moyens de répondre aux exigences portées par le mouvement populaire. Nous lui apportons notre soutien et affirmons notre détermination à continuer de nous mobiliser, dans les luttes et dans les institutions, au service de l’interêt commun pour qu’enfin l’humain d’abord et l’égalité soient au coeur des choix politiques, économiques, culturels et écologiques de notre pays.

Nous invitons les maires, les élu·e·s locaux et nationaux de notre association :

• À ouvrir grandes les portes des mairies aux citoyennes et aux citoyens engagés dans ce vaste et salvateur mouvement populaire et à favoriser l’expression des revendications et des propositions (cahiers
de doléances...).

• À réunir les forces associatives, citoyennes, politiques, sociales de leur commune pour favoriser les convergences de luttes.

• À se tenir aux côtés des lycéen·ne·s mobilisés et leur apporter, si besoin, l’aide nécessaire pour qu’ils puissent se réunir, s’organiser et conduire par eux-même leur mouvement, et à prendre toute initiative pour les protéger des insupportables violences policières.
 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011