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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 09:00
Philippe Martinez :  Le gouvernement met les salariés face à des choix cornéliens - Patrice MOYON (Ouest-France, 2 mai 2020)
ENTRETIEN. Philippe Martinez : « Le gouvernement met les salariés face à des choix cornéliens »

Le secrétaire général de la CGT, deuxième organisation syndicale après la CFDT demande au gouvernement de renoncer aux réformes des retraites et de l’assurance chômage. Il dénonce l’insuffisance de moyens de protection pour les salariés.

 

Alors que le gouvernement vient d’annoncer les modalités générales d’un déconfinement progressif, le pays s’apprête à fêter un 1er mai confiné, sans manifestations ni meetings. Dans ce contexte de pandémie et de crise économique, Philippe Martinez, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) réclame des moyens pour protéger les salariés du Covid-19. Et face à la crise économique qui s’annonce, il demande au gouvernement de renoncer aux réformes des retraites et de l’assurance chômage. Entretien

C’est un 1er mai confiné pour les organisations syndicales. Que vous évoque cette situation ?

C’est un 1er mai tout à fait exceptionnel qui a cette année une dimension internationaliste. Ce n’était pas le cas ces dernières années. J’ai par exemple une interview en direct avec le Japon. Cette crise fait émerger une vraie conscience mondiale sur l’importance du jour d’après et rappelle l’urgence des questions sociales, économiques et environnementales. L’heure n’est pas au repli sur soi. Les débats ne se limitent pas à la France.

Le gouvernement veut restreindre la reconnaissance de maladie professionnelle du covid-19 au seul personnel soignant. Vous êtes d’accord ?

 

Cette reconnaissance de maladie professionnelle doit s’appliquer à tous ceux qui ont été au travail. Le personnel soignant est évidemment en première ligne mêmesi je n’aime pas parler de ligne de front. Il y a eu des décès parmi les salariés du commerce, les agents de sécurité. Et souvent, ils étaient moins protégés que d’autres. Il a fallu beaucoup insister, alerter pour qu’il y ait des précautions. Dans le cas d’Amazon, il y a eu des images et des photos de faites sur ce manque de protection. Tous ces salariés exposés au covid-19 doivent pouvoir bénéficier de cette reconnaissance de maladie professionnelle.

Est-ce qu’il faut un fonds dédié pour assurer cette prise en charge ?

Il y a un système qui existe dans notre pays pour la reconnaissance des accidents et des maladies professionnelles. C’est ce fonds qui doit être mobilisé. Si je reviens par ailleurs sur le cas d’Amazon, il a fallu aller en justice pour que le problème soit reconnu. Dans ce cas précis, la décision de justice doit faire foi pour la reconnaissance de maladie professionnelle.

Bruno Le Maire plaide pour une reprise du travail rapide. Vous le comprenez ?

Quand on défend les intérêts du monde du travail on est forcément sensible aux conséquences économiques de cette crise. Mais la priorité, c’est la santé. Il ne peut y avoir de reprise du travail le 11 mai si les salariés ne sont pas protégés. Or, il y a une pénurie de protection. Pendant cette période de confinement, en remettant au travail des personnes dont l’activité n’était pas essentielle, on a privé de protection ceux qui étaient au front pour reprendre un terme du Président de la République.

Vous le regrettez ?

Ces choix ont eu des conséquences pour la santé. Dans le cadre de cette reprise prévue le 11 mai, la priorité devrait aller à la protection. Ce n’est pas la CGT qui le dit mais les scientifiques. Et se protéger, c’est rester à la maison.

Le préavis de grève déposé dans la fonction publique en avril a parfois été perçu comme une provocation. Vous comprenez ?

Le préavis, c’est une alerte après des réunions avec les directions. Ce n’est pas la grève générale dans tout le pays. C’était pour protéger tous les salariés qui, dans les collectivités territoriales ne bénéficiaient pas de protection suffisante. Les salariés de la fonction publique, ce sont ceux qu’on applaudit à 20 h : ceux qui ramassent les poubelles, nettoient la voirie…. Mais il y a aussi eu des grèves dans les entreprises privées. Et ça, on en parle moins.

Vous pensez à quelles entreprises ?

Heureusement que les salariés ont fait grève à Amazon par exemple. Les ministres en ont fait moins l’écho. Dans l’Ouest, aux Chantiers de Saint-Nazaire, il y a eu des débrayages pour avoir des protections. Et ça n’a pas provoqué de tollé général. Je trouve que cette polémique sur ce préavis de grève dans la fonction publique est très malsaine.

Donc, pas de regrets ?

Non aucun regret.

Qu’est-ce que vous attendez du gouvernement ?

On parle beaucoup du déconfinement. On salue tous ceux qui ont été rebaptisés les premiers de corvée. Maintenant, il faut des mesures concrètes et ne pas attendre le mois de septembre ou le mois d’octobre pour par exemple augmenter les salaires. Les hôpitaux vous le savez ont été mobilisés pendant des mois. Est-ce qu’une prime de 1500 euros ça suffit face aux fermetures de lits ou d’hôpitaux ? Nous demandons aussi, non pas la suspension, mais l’arrêt définitif des réformes de l’assurance chômage et des retraites.

La reprise de l’école sur la base du volontariat, c’est un bon choix ?

C’est tout de même un choix cornélien. Qu’est ce qui va passer quand un employeur va dire à un salarié qu’il doit reprendre le boulot puisque ses enfants peuvent aller à l’école.

Cette prime de 1500 euros pour le personnel soignant vous convient ?

Ces 1500 euros vont mettre du beurre dans les épinards. Mais c’est à long terme qu’il faut reconnaître le personnel soignant. Les hôpitaux sont en flux tendu toute l’année Il faut une augmentation du point d’indice pour ceux qui sont dans la fonction publique. Et au-delà, une augmentation du Smic. Je comprends la colère des salariés du commerce qui ne vont pas tous toucher cette prime.

Le jour d’après que vous appelez de vos vœux est porteur de quel message ?

Il faut remettre à l’endroit un certain nombre de sujets. Prenez les États-Unis, jusqu’à présent ce pays était considéré comme un modèle. Souvenez-vous de ce qu’on disait sur le modèle social français et ses privilégiés. C’est quand même pas mal d’aller à l’hôpital avec une carte vitale plutôt qu’avec une carte bleue. Avec 25 associations et ONG dont Greenpeace, la CGT travaille à des propositions concrètes pour ce jour d’après, notamment dans le domaine environnemental.

Bruno Le Maire veut protéger les entreprises stratégiques. Vous partagez sa préoccupation ?

Il faut avoir une réflexion plus globale. Il y a urgence à relancer l’industrie dans ce pays. Depuis dix ans, nous nous battons pour recréer une filière industrielle d’imagerie médicale en France. C’était pas complètement idiot.

De la même façon, en Normandie, l’usine de La Chapelle-Darblay menacée de fermeture recycle du vieux papier, le sujet est dans l’actualité avec les enjeux environnementaux. Et puis, on ne peut plus avoir un monde où la seule valeur d’ajustement c’est le travail. Le fameux coût du travail !

Renault peut se plaindre de la chute du nombre de voitures vendues mais il ne fabrique que 25 % de sa production en France. Il faut un contrôle des investissements étrangers avec des règles identiques pour tous.

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 05:57

 

Les librairies sont loin des yeux et de l’attention du pouvoir, mais le groupe Fnac-Darty bénéficie en un temps record d’un prêt d’un demi-milliard garanti par l’État. Air France, dont l’État est descendu à 14 % du capital, va bénéficier d’un prêt garanti de la colossale somme de 4 milliards, suivi de trois autres sous forme « d’avance d’actionnaire » sans condition sociale ou environnementale. Au contraire, le ministre de l’Économie demande à l’entreprise d’améliorer sa compétitivité. En clair d’y réduire encore l’emploi et certaines activités. Une telle somme aurait dû et pu être conditionnée à la sécurisation des parcours professionnels, à l’augmentation des bas salaires, à une stratégie nouvelle en coopération avec Airbus pour faire respecter l’accord de Paris sur le climat, comme au maintien des aéroports sous propriété publique.

Les petites et moyennes entreprises sous-traitantes de groupes automobiles souffrent, les salariés angoissent, mais l’État garantit au groupe Renault, dont il s’est quasiment retiré, un prêt de 5 milliards alors que la trésorerie du groupe est plutôt florissante. Là encore, l’argent est avancé sans aucun nouveau projet social et environnemental structurant.

Si l’on comprend la nécessité d’apporter un soutien public aux entreprises, encore faudrait-il que les banques alliées à l’État cessent de mépriser la multitude des petites entreprises qui agonisent en ce moment même. Il est de surcroît insupportable que les pertes des grandes entreprises soient toujours socialisées quand leurs profits sont privatisés. Surtout quand leurs dirigeants s’octroient des salaires et des retraites mirobolants, et leurs propriétaires des dividendes qu’ils placent dans des paradis fiscaux, se soustrayant ainsi du financement des biens communs pour la santé ou l’école.

Tant d’argent ne devrait pouvoir être affecté sans contrôle des élus et des salariés, sans obligation de garantir l’emploi, la formation et la vie territoriale, sans inscrire les entreprises dans un nouveau projet de transformation économique, social, environnemental et démocratique. Ceci implique des critères de gestion qui ne fassent plus la part belle à la rentabilité à tout prix, mais au progrès social, écologique et au développement territorial.

Jusqu’à ce jour, les sommes affectées au plan de soutien de l’économie coïncident exactement avec le manque à gagner généré par la crise sanitaire, soit aux alentours de 120 milliards d’euros. Ce plan massif n’a aucune vision d’avenir, sauf celle de sauver le capital en le renforçant pour que tout redevienne comme avant, alors que le ministre de l’Économie ne cesse de disserter sur « le nouveau capitalisme ».

En refusant de légiférer sur l’interdiction de distribuer des dividendes et des aides publiques aux entreprises qui placent leur argent dans les paradis fiscaux, en refusant de débattre de la fiscalité du capital et des grandes fortunes, en considérant que la propriété du capital est un sujet tabou, et en refusant des pouvoirs nouveaux aux salariés dans les entreprises, c’est bien le passé qui demeure la référence du pouvoir et non « la rupture » vantée par le président de la République.

La concurrence sociale et fiscale vise à attirer les capitaux : les investisseurs, dit-on dans ces milieux. Nous sommes loin des besoins de relocalisation, de la garantie du travail, de la préservation de la biodiversité et du climat, d’une Sécurité sociale élargie au travail et à la prise en charge des personnes âgées, et d’une sécurité alimentaire en qualité et quantité.

Progresser en ce sens appelle à engager un processus d’appropriation sociale et démocratique de pans importants de l’économie et de la banque, des nationalisations d’un type nouveau, mais aussi à développer des coopératives autogérées soutenues par l’État et les collectivités. La question du pouvoir des travailleurs, de celles et ceux dont on célèbre les mérites et qui démontrent de quelles prouesses ils sont capables, se pose comme jamais. Que les « premiers de corvée » puissent gouverner est inséparable d’une ambition « post-capitaliste ».

Patrick Le Hyaric

 

 

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 05:54

Annie Levi-Cyferman, membre du CEN, responsable nationale Droits humains et Libertés.

La crise du Covid-19 nous plonge dans une situation exceptionnelle qui nécessite que des mesures sanitaires exceptionnelles soient édictées. Néanmoins, comme nous le rappelions dans la note sur l’analyse de la loi du 23 mars 2020 sur l’état d’urgence sanitaire, il convient de rester très vigilant pour s’assurer que les règles dérogatoires à un État de droit, mises en place dans le cadre d’un régime d’exception, soient effectivement temporaires et strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus.

 

 

Or les dispositions prises sont considérablement liberticides (atteintes à la liberté de se réunir, d’aller et venir, de travailler...) et accordent des pouvoirs exorbitants à l’exécutif, avec une insuffisance de contrôle parlementaire.

Cette loi autorise par ailleurs le gouvernement à prendre des ordonnances. Celles concernant la justice comportent des atteintes graves et manifestement illégales aux libertés fondamentales. Constitue une liberté fondamentale la possibilité donnée à un justiciable d’assurer de manière effective sa défense devant un juge, conformément à l’article 6 de la sauvegarde des droits de l’homme et libertés fondamentales.

Les mesures affectant cette liberté doivent, là encore, être adaptées aux buts poursuivis et nécessaires, c’est-à-dire qu’il n’est pas possible d’y substituer d’autres moyens moins attentatoires à la liberté.

Or, à de nombreux égards ces ordonnances ne satisfont pas à ces conditions et portent atteinte aux droits de la défense. Ainsi, par exemple, les audiences peuvent se tenir en utilisant des moyens de télécommunication audiovisuelle, sans l’accord des parties, sans limitation tenant à la nature du contentieux, sans respect de la confidentialité. Dans d’autres cas, il peut être statué sans audience, sans juge et sans avocat. Tel est le cas pour prolonger une mesure de détention provisoire, alors que dans le même temps le gouvernement prétend limiter le nombre de détenus en prison !

Il apparaît que de nombreuses mesures sont inadaptées et dénuées de toute nécessité, notamment en droit pénal et droit des étrangers.

Dans ce contexte particulier, on aurait pu espérer qu’il y est plus que jamais un contre-pouvoir permettant un contrôle effectif de l’action gouvernementale. Force est de déplorer qu’à la défaillance du contrôle parlementaire s’est ajoutée celle du Conseil d’État, censé être l’ultime recours administratif et garant des libertés fondamentales.

Pourtant, la juridiction a été saisie de nombreuses requêtes à l’initiative de diverses organisations (SAF, SM, OIP, LDH, Ordre des avocats, syndicats de médecins...). Elles avaient pour objet de mettre en cause la légalité de certaines ordonnances, mais également les conditions sanitaires dans les prisons, les Ehpad, les centres de rétentions devenus sans objet dont la fermeture a été demandée, protéger les sans-abri ou les mineurs isolés, demander une extension du confinement, des moyens de protection supplémentaires pour certains professionnels, la fourniture de masques, de tests, de nouveaux traitements...

Toutes ces demandes ont fait l’objet de rejet en masse, parfois sans audience, fragilisant l’effectivité du contrôle juridictionnel opéré par le Conseil d’État et mettant même en doute son impartialité. Dans leur tribune parue dans Le Monde, les avocats William Boudon et Vincent Brengarth s’insurgent : « Dans quel régime se réclamant de la démocratie peut-on se satisfaire de décisions qui balayent toutes les requêtes comme s’il était hérétique de critiquer le gouvernement ? »

Dans bon nombre d’actions le Conseil s’est contenté des promesses du gouvernement en retenant une présomption d’efficacité de la politique publique menée. Une question a émergé, celle de savoir si le Conseil d’État pouvait juger en toute indépendance une loi qu’il a lui-même validée ou s’il n’y avait pas trop de proximité entre ses membres, issus de l’ENA et le monde politique.

Dans une contre-tribune, Bruno Lasserre affirme que malgré les décisions de rejet, le Conseil d’État a fait des invitations, à l’issue d’une audience, qui ont été prises en compte par l’administration. Mais pour plusieurs avocats, au contraire, de telles décisions se confondraient avec des « conseils » au gouvernement qui avaliseraient l’action étatique.

Outre les atteintes aux droits déjà mentionnées, il convient de s’interroger sur la validité du nouveau délit de non-respect du confinement, contre lequel des questions prioritaires de constitutionnalité ont été déposées.

Alors que les tribunaux sont pratiquement à l’arrêt, on ne peut qu’être étonnés de la multiplication des audiences de comparutions immédiates pour ce délit et des demandes de mise en détention, encombrant encore davantage les prisons à l’issue de contrôles souvent arbitraires. Surveillance par des drones ou trackings qui va être débattue à l’Assemblée nationale, avec finalement un vote des parlementaires, sont encore là de nouvelles mesures dont l’efficacité est contestée, qui en revanche complète l’arsenal de mesures privatives de libertés individuelles.

La question reste donc d’actualité : « Sommes-nous encore dans un État de droit ? »

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 16:24
Le PCF lance un appel à toutes les forces de progrès, syndicats, parents d'élèves, mouvements pédagogiques, lycéens, élus...

Le PCF lance un appel à toutes les forces de progrès, syndicats, parents d'élèves, mouvements pédagogiques, lycéens, élus...

Macron et Philippe maintiennent l'anxiété sur la réouverture des établissements, en renvoyant à chacun le choix ou l'obligation de scolariser les enfants. L'école garderie pour une partie seulement des élèves en primaire et en collège. « Plus tard » pour lycée et université. Le tout sans condition réelle de sécurité sanitaire et sans moyens financiers à la hauteur des besoins.

Quel but poursuivent -ils au fond ?

Pendant qu'ils attire l'attention sur la date du 11 mai, que nous n'aurions qu'à accepter ou refuser, ils imposent discrètement leurs réels objectifs.Le gouvernement fait comme si la date de reprise ne laissait le choix qu'entre reprendre le 11 mai ou « attendre » septembre. Soyons clairs : si l’on laisse faire le gouvernement, la situation sera la même en septembre. Faute de vaccin, la situation de la crise sanitaire sera la même qu'aujourd'hui probablement pendant un an, et les conditions d'étude dans les établissements seront les mêmes si les moyens ne sont pas engagés dès aujourd'hui. Le gouvernement ne fera rien pour créer les conditions sanitaires et pédagogiques d'une reprise de l'école avec le plus de sécurité possible : avec cette crise historique, durable, c'est pour lui l'occasion de nous mettre devant le fait accompli, en « laissant le choix ». Ceux qui sont les plus éloignés de la culture scolaire et sans emploi sont poussés à garder leurs enfants, et donc à les déscolariser longuement. Ceux qui n'ont pas le choix pour gagner leur salaire exposeront les leurs pour une école au rabais. Ce qui va inviter les familles qui le peuvent à garder leurs enfants à la maison en en la remplaçant par des officines privées de téléformation.

Si nous nous contentons de repousser l'échéance à septembre sans réorienter les conditions, alors Macron et Philippe auront gagné la fin de la scolarité unique, en divisant les intérêts des familles selon leurs classes sociales.

Tel est leur plan : profiter de la crise pour concrétiser ce qui s'est déjà passé pour d'autres services publics nationaux, réduits au minimum, ouvrir totalement le marché de l'éducation au privé.

Le système scolaire actuel était tiraillé entre une logique de sélection sociale et une logique de démocratisation des études. La droite, le patronat, et les macronistes veulent porter l'estocade et renoncer à la démocratisation. Comme la Sécurité sociales, les hôpitaux, les retraites, le droit du travail, La Poste, les grands services publics : le patronat n'en veut plus. Certains ont déjà été détruits. Le service public d'éducation résistait.

L'heure et grave, et appelle des réponses urgentes

Si nous ne faisons pas dérailler leur plan avant l'été, les conditions de la rentrée de septembre nous imposeront une école inégale selon les classes sociales, et les solution du chacun pour soi. Un an à ce rythme et chacun aura pris des habitudes.

NE LAISSONS PAS FAIRE

Le PCF est de ceux qui portent une ambition éducative

Dans ce grand désordre idéologique, nous pensons que qu'il faut imaginer et construire au contraire un meilleur service public d'éducation nationale. C'est dans ces moments de crise que peuvent surgir des rassemblements pour aller de l'avant. Car la situation accroît l'opposition entre les logiques antérieures :sélection sociale pour l'école du capitalisme contre démocratisation pour l'école de l'égalité et de l'émancipation humaine. La situation montre de façon accrue le besoin de lutter contre les inégalités scolaires et de démocratiser l'accès aux études et l'appropriation par tous des savoirs pour mieux comprendre le monde. Notre pays a besoin de davantage de chercheurs, de médecins, mais aussi d'ingénieurs, d'ouvriers et d'employés bien formés pour relocaliser notre industrie.

Pour nous communistes, l'émancipation de tous les individus et l'émancipation collective sont indispensable pour faire face aux défis de notre siècle.

L'école doit être fondée sur plusieurs grands principes

D'abord celui de l'égalité. C'est pour cette raison que seul un service public national est garant de l''accès de tous et toutes à l'ensemble du cursus scolaire ; en corollaire, la gratuité est la condition de l'égalité. Nous affirmons, par ailleurs, une visée humaniste fondamentale : les dons n'existent pas et de fait, tous les élèves sont capables d'acquérir un haut niveau de formation et de culture au cours de leur scolarité. Enfin, nous disons que le modèle qui fonde le système éducatif doit être celui de l'élève qui n'a que l'école pour apprendre.

Pour être possible, cela implique des conditions sanitaires pour la situation d'urgence, mais aussi économiques, pédagogiques, de formation utile aux enseignants pour la démocratisation scolaire. Ces conditions sont à définir très vite pour permettre la réouverture avec le plus de sécurité possible. Et, en fonction de ces conditions, il faut que ce soit le plus tôt possible, car beaucoup d'enfants auront passé des mois sans apprentissage scolaire, ce qui va poser de grandes difficultés pour reprendre une activité d'études.

Le PCF, en cette période de crise historique, met en débat un plan d'urgence

Pour l'immédiat, pour que les établissements rouvrent au plus vite dans les conditions nécessaires, pour tous les élèves. Et un plan de décisions politiques à moyen et long terme pour répondre aux besoins de formation d'un pays comme le nôtre.

Ce plan a la forme d'un document que nous transmettons aux organisations, associations, élus, citoyens. Des idées circulent, mettons-les en commun. Rencontrons-nous. Confrontons nos idées, et peut-être nos divergences. Mais ne laissons pas faire. Inventons une sortie de progrès social. Portons une alternative au projet destructeur de Macron. Soyons ambitieux : si le système financier est capable de dégager des milliards pour sauver les profits des actionnaires, ces moyens peuvent être réorientés vers les services publics.

 
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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 08:52
Débat Covid-19 à l'Assemblée du 28 avril : très forte intervention du député communiste Stephane Peu (Seine Saint Denis)

Débat Covid-19 – Allocution de Stéphane Peu

Assemblée nationale – 28 avril 2020


Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,

Chèr·e·s collègues,

Après nous avoir convié à débattre cet après-midi d’une application qui n’existe pas, voilà que vous nous convoquez à un débat bâclé sur un plan de déconfinement que les parlementaires n’ont pas eu le loisir de découvrir ou d’amender.
En réalité, dans de telles conditions, ce que vous nous demandez n’est pas même un avis, mais
simplement la confiance.
Or, cette confiance vous est, moins que jamais, acquise. Car si l’ampleur comme la soudaineté de cette crise sanitaire nous a longtemps conduit à réfréner nos critiques, elle ne suffit pas à expliquer l’impréparation totale de votre gouvernement, ses changements de pieds et le bricolage dont il témoigne en toute occasion.

Impréparation, car le risque d’une pandémie hautement pathogène et à forte létalité, était connu depuis longtemps. Faute d’avoir écouté les alertes multiples, comme celle du conseil mondial du suivi de la préparation, qui en septembre dernier exhortait les nations à « mettre en place les systèmes et la collaboration nécessaires pour détecter et combattre les flambées épidémiques potentielles. » Le rapport concluait : « Les responsables de tous niveaux ont les cartes en mains. »


Que faisiez-vous au temps où ces recommandations étaient publiées ?
Que faisiez-vous lorsque les urgences et les chefs de services hospitaliers du pays vous imploraient depuis des mois de débloquer les moyens qui faisaient défaut ?
Rien, car vous étiez trop occupé à « moderniser » notre système de santé, ce qui dans votre langue est synonyme de saboter.


Car ce que nous avons sous les yeux, n’est pas le seul fruit d’une impréparation, mais aussi celui d’un froid projet que d’autres ont certes engagé avant vous, mais que vous avez opiniâtrement poursuivi : 5 milliards d’euros de moins pour la santé dans le PLFSS 2020, dont 1 milliard au détriment de l’hôpital public. En vingt ans, 100.000 lits ont été supprimés, dont 17.500 depuis 6 ans !


Au nom du dogme de la libre entreprise et de l’idée d’une France sans usine, vous avez accepté le déménagement de notre industrie aux quatre coins du monde, et poursuivit consciencieusement l’affaiblissement de notre capacité à produire « à porté de malades et de soignants » ce qui est indispensable aux soins : les antidouleurs, les antibiotiques, les matériels de réanimation, les protections, etc.

Et après avoir saboté, maintenant vous pataugez.


Oui, vous cafouillez en multipliant les déclarations et décisions contradictoires, assenées avec assurance et immédiatement démenties par les faits, ou par l’un des vôtres : « Pas de risque de propagation depuis Wuhan » expliquait fin janvier la ministre de la santé tout en alertant, parait-il, le Premier Ministre de la gravité de la pandémie. « Pas besoin de dépister systématiquement », une doctrine défendue contre l’avis de l’OMS et les résultats obtenus dans d’autres pays.

Au moment même ou vous invitiez à « Restez chez vous », votre ministre du Travail exhortait à la reprise du travail dans le bâtiment.


Cafouillage aussi sur les masques car vous n’avez pas reconstitué les importants stocks stratégiques. Faute de masque, vous avez déployé une irresponsable argumentation sur leur inutilité pour les bien portants. Votre doctrine est simple : ce qui fait défaut n’est pas indispensable.

Et la semaine dernière nous avons appris, médusés que sur les 10.000 respirateurs commandés, 8.500 ne sont pas adaptés aux malades Covid-19…


Quelle débâcle ! L’édifice de vos méthodes managériales, bâti sur le sable de votre imaginaire libéral, tout s’est effondré.


Et pourtant, nous sommes convaincus que l’ensemble des français, que toutes les forces vives du pays, notamment ses forces politiques dont la nôtre, sont prêtes à se retrousser les manches. J’en ai le démonstration dans mon département de Seine-Saint-Denis où la méthode qui prévaut est celle de ces efforts conjoints.


Mais au-lieu de faire ce choix de l’unité, vous restez crispés sur votre dogme libéral qui vous aveugle et vous pousse vers des méthodes autoritaires.
Résultat, vous nous invitez à débattre, sur un coin de table, d’un plan de déconfinement et d’une application qui semble promise au même destin, puisque sur ce sujet aussi, vous avez également changé d’avis, et puisque sur ce sujet aussi, nous continuons de parler dans le vague.
Monsieur le Premier Ministre, lorsqu’un immeuble est en flamme et qu’on ne dispose ni de lances à incendie, ni d’échelles, ni même de soldats du feu en nombre suffisant, on ne se demande pas s’il faut lancer une application mobile pour prévenir les pompiers.

D’autant qu’un tel dispositif technologique de traçage percute dangereusement nos valeurs républicaines et menace incontestablement nos libertés, sinon notre souveraineté. Le pseudonymat n’est pas l’anonymat, et aussi sécurisée sera-t-elle, une base de données de personnes réputées infectées attirera les convoitises de cybercriminels qui ne manqueront pas de trouver le moyen de capter les données des mobiles, ce que déjà Google et Apple peuvent faire sans notre consentement.

En outre, il n’a aucun sens s’il ne vient pas compléter une réponse globale solide, celle que nous aurions aimé contribuer à élaborer à partir des nombreuses propositions que nous avons construites ces dernières semaines avec mes collègues communistes, en lien avec notre réseau d’élus locaux, avec les associations et les organisations syndicales.

Il est temps de sortir du flou des discours du Président de la république qui ne donne pas une ligne claire des principes qui sauraient rassembler le pays face au virus. En lâchant « au jugé » un déconfinement pour le 11 mai, sans qu’à l’évidence on ne se soit préoccupé en amont de savoir si c’était possible et surtout à quelles conditions, le Président n’est pas le dernier, malgré les habits martiaux ou les accents du CNR recherchés dans ses prises de paroles, a avoir contribué à semer le trouble.


Trouble car pour nombre de familles qui aspirent à la reprise de l’école pour leurs enfants, le choix de cette date du 11 mai est apparue comme répondant à un objectif essentiellement de remise au travail des salariés, et non comme la date à laquelle, toutes précaution étant prise, il est possible de reprendre l’école dans des conditions sanitaires adaptées.

Un trouble qui s’est renforcé lorsque le ministre a indiqué que cette reprise était laissée au libre choix des parents. Beaucoup de salariés ne l’auront pas, ce qui ne peut conduire une fois de plus, à renforcer l’idée d’un deux poids, deux mesures, à culpabiliser les parents et à creuser un peu plus des inégalités scolaires que cette crise a aiguisées.


Malgré toute la bonne volonté et l’investissement des enseignants, cette reprise du 11 mai ne sera pas une rentrée. Il faudra dès septembre, engager un plan de rattrapage massif dans trois directions : la médecine scolaire, l’objectif de « plus de maîtres que de classes » et la revalorisation du traitement des enseignants.

Il faut aussi sortir du flou sur les points les plus essentiels d’un plan de déconfinement :
- affirmer le droit au masque gratuit pour toute la population et garanti par l’État, est la condition
pour le rendre obligatoire, par exemple dans les transports en commun.
- rendre dès qu’ils seront disponibles et sous la responsabilité de l’État, les tests sérologiques
mensuellement obligatoires pour toute la population.
- mettre en isolement des personnes testés positifs au Covid 19
- ou encore soumettre toute reprise d’activité d’une entreprise à l’expertise et à l’approbation du
comité économique et social d’entreprise.

Alors seulement, nous seront disponibles pour écouter les variations du Président de la République autour de « la France d’après », déclarations qui ont été immédiatement contredites par ses premières décisions, les vôtres, à commencer par le projet de loi de finance rectificative ou la loi d’urgence sanitaire.
Ainsi, le pays applaudit chaque soir ses soignantes et ses soignants, ses ambulanciers, ses pompiers.

Construire la France d’après, c’eut été octroyer enfin et durablement, dès votre projet de loi de finance rectificative, les moyens dont l’hôpital public a besoin pour que son bon fonctionnement ne repose plus sur le seul dévouement exceptionnel de ses personnels.
Vous découvrez tout soudain la France des invisibles, ces travailleuses et ces travailleurs qui en nous ravitaillant, en nous transportant, en collectant nos déchets, font tenir le pays debout.


Construire la France d’après, ce serait déjà contraindre les entreprises qui rechignent à verser la prime promise aux salariés de la seconde ligne. Et ce serait surtout, en augmentant le SMIC et par une conférence sur l’augmentation des salaires, reconnaître enfin la contribution économique et sociale réelle de ces salariés de l’ombre, reconnaissance que le marché du travail se trouve incapable de traduire par une juste rémunération.


Le Président se dit prêt à remettre en cause ses propres certitudes mais rien ne témoigne de cette prise de conscience dans ses actes.


Construire la France d’après, ce n’est pas délivrer à nouveau des chèques aux grandes entreprises, sans contrepartie, comme vous venez de le faire pour Air France. Ce serait de conditionner les aides à une réorientation de l’économie évaluée sur sa performance sociale et environnementale, et ne pas écarter le principe des nationalisations permettant le retour d’une maîtrise publique au service de la transition écologique.


Construire la France d’après, ce n’est pas octroyer toujours plus de pouvoirs discrétionnaires au patronat, pour déroger à la durée de temps de travail ou au repos dominical, ce serait au contraire redonner du pouvoir aux salariés, par exemple celui que vous leur avez ôtez de peser sur leurs conditions sanitaires de travail, en supprimant les CHSCT.


Construire la France d’après, ce serait suivre la proposition des parlementaires communistes que vous avez rejeté de refuser les aides et prêts aux sociétés qui ont des actifs dans les paradis fiscaux. Ce serait aussi de rétablir l’ISF, un symbole fort de l’effort de solidarité attendu par le pays.

Monsieur le Premier Ministre, lorsque notre Nation est confrontée à une crise aussi grave, on ne confine pas ainsi le débat parlementaire et la démocratie.
Face à cette terrible épreuve, nous étions depuis le début disponible pour travailler, dans la solidarité nationale, à construire une issue à cette crise. Mais plutôt que de construire le commun combat, vous avez choisi de briser l’unité.

 

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 08:38
Appel unitaire du 1er mai de la plateforme Plus jamais çà!

La Convergence avec 30 organisations regroupées derrière le mot d'ordre"Plus jamais çà !" après avoir initié une pétition appellent à participer aux mobilisations syndicales pour donner au 1er mai 2020, journée internationale de lutte des travailleuses et travailleurs, un écho tout particulier dans le contexte de crise sanitaire. La pandémie qui se répand dans le monde entier révèle de manière tragique les dérèglements du capitalisme néolibéral et productiviste ainsi que les dysfonctionnements de l’actuelle gouvernance mondiale. La situation nécessite d’affronter ensemble les urgences écologiques, sociales et démocratiques.

Les impératifs de santé publique seront à l’honneur de ce 1er mai. Nos organisations appellent à manifester la solidarité avec les travailleurs.ses, en France et dans tous les pays, dont les activités continuent, souvent sans même le matériel de protection nécessaire.

La solidarité aussi avec les « invisibles » que la crise a pourtant révélé.e.s comme indispensables, ainsi qu’avec les précaires et les « sans », dont la situation s’est dramatiquement aggravée pendant la crise.

Pour tout cela, nous exigeons :

que la santé de toutes et tous soit une priorité, maintenant et après le 11 mai, date annoncée de sortie du confinement alors même que les conditions sanitaires ne sont pas réunies.

que toutes les mesures d’urgence soient prises pour lutter contre les inégalités sociales et pour préserver les droits de chacun.e durant cette période, dont celui d’un travail, d’une alimentation, d’un logement de qualité. que la protection sociale des jeunes soit refondée afin de les faire rentrer dans le droit commun. Les jeunes ne peuvent être ni la variable d’ajustement, ni les oublié.e.s de l’après.

que la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité soient des priorités pour le plan de relance de l’économie, à la mesure de l’urgence climatique.

une solidarité avec les populations des pays pauvres, premières victimes des dérèglements climatiques, touchés par la crise sanitaire alors que leurs systèmes de santé et les services publics sont encore moins préparés que le nôtre à faire face à cette pandémie, sous la menace de crises alimentaires émergentes, passant en premier lieu par l’annulation de leur dette extérieure en 2020 et le versement de financements additionnels d’urgence.

que les multinationales s’assurent du respect des droits humains et de conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs employé.e.s par leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants à travers le monde plutôt que de les laisser sans revenus, aides ou protections sociales, les rendant plus vulnérables aux risques d’exploitation plutôt que de verser des dividendes à leurs actionnaires. Le monde d’après doit enfin appliquer l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Ce sont souvent des femmes, dans l’ensemble du secteur de la santé et du social, dans les services publics, dans les commerces, dans l’agroalimentaire, qui ont sauvé des vies, ont permis de nous alimenter, ont assuré des missions de protection de la population et ont permis à notre pays de tenir alors qu’elles sont toujours bien moins payées que les hommes : il est temps de reconnaître leur investissement.

Le monde d’après ne doit pas non plus se solder par de nouvelles régressions des droits démocratiques. De ce point de vue, en France comme ailleurs conscient.e.s de la nécessité de respecter toutes les mesures de confinement nécessaires, nous ne sommes pas moins indigné.e.s des violences policières, des contrôles abusifs, des atteintes à la protection des données personnelles et de la vie privée, de la violation des droits des migrant.e.s …

Lors de ce 1er mai, nous manifesterons aussi pour exiger un plan de relocalisation solidaire et écologique des activités de l’industrie, de l’agriculture et des services :

«plus jamais» des travailleur-ses mis.e.s en concurrence et appauvri.e.s !

«plus jamais» la dépendance aux marchés internationaux comme le manque de masques, de sur-blouses et de médicaments,

«plus jamais» les produits qui font le tour de la planète engendrant pollutions et émissions de gaz à effet de serre !

Et «plus jamais» la captation des ressources naturelles du Sud au seul profit des transnationales des pays riches.

 

Pour que le jour d’après ne soit plus comme le jour d’avant, tout soutien public aux entreprises doit d’ores et déjà être conditionné à une reconversion écologique et sociale, qui nous permettra de créer des centaines de milliers d’emplois de qualité en France. Le gouvernement ne doit pas remettre en cause, sous l’influence des industries polluantes, les engagements et les objectifs environnementaux, déjà très en dessous du niveau exigé par l’urgence climatique. Il doit aussi suspendre les ventes d’armes qui alimentent les conflits et le terrorisme, et réfléchir à abandonner la dissuasion nucléaire coûteuse et plus dangereuse qu’efficace.

Nous exigeons que la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité soient des priorités pour le plan de relance de l’économie, et qu’elles soient à la mesure de l’urgence climatique.

Lors de ce 1er mai, nous manifesterons encore pour obtenir un plan de développement de tous les services publics et une revalorisation des métiers d'utilité publique :

«plus jamais» les hôpitaux débordés du fait des fermetures de lits et du manque de soignant.e.s,

«plus jamais» d’une recherche publique manquant de crédits,

«plus jamais» des services publics exsangues,

«plus jamais» des Ehpad délaissés,

«plus jamais» des personnes sans revenu et en précarité alimentaire.

«plus jamais» de fausses excuses quant au manque de budget public pour les financer, alors qu’une fiscalité plus juste (y compris sur la fortune / le patrimoine), une véritable lutte contre l’évasion fiscale et la transformation de la dette publique en dette perpétuelle à taux zéro par la BCE en donneraient les moyens.

Même confiné.e.s, manifestons toutes et tous le 1er mai, depuis chez soi, avec des pancartes, banderoles ou en envahissant les réseaux sociaux.

Rendons visibles, exprimons ce que nous voulons en France comme ailleurs : un changement de cap, pour un futur écologique, social, féministe et démocratique

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 07:27
Signez la pétition de soutien à Anthony Smith, inspecteur du travail de la Marne, mis à pied par la ministre du travail Muriel Pénicaud

Depuis le 15 avril Anthony Smith, un inspecteur du travail de la Marne, ancien secrétaire général de la CGT-TEFP (travail emploi formation professionnelle), membre de son bureau national et représentant des inspecteurs du travail ne peut plus exercer sa mission.

Pourquoi ? ll a été mis à pied par la Ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Que lui reproche-t-on ? D’avoir prescrit l’utilisation de masques pour les aides à domicile, tout en adressant régulièrement des lettres de rappel de la règlementation aux entreprises de son secteur. En réalité, Anthony Smith a simplement fait son travail : protéger les salariés.

La décision de la Ministre du travail est proprement honteuse !

A l’initiative de l’UFCE-CGT, une tribune dans Libération, signée par plus de 150 personnalités politiques, syndicales et associatives, dont notre président Michel Jallamion , interpelle la ministre Perricaud.

La protestation du mouvement syndical de la Marne s’est organisée et s’amplifie.

Vous pouvez demander la levée immédiate des sanctions contre Anthony Smith en signant la

petition

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 07:25
Nous voulons que le déconfinement soit synonyme de sécurité, de confiance mais aussi d’espoir (Fabien Roussel)

"Nous voulons que le déconfinement soit synonyme de sécurité, de confiance mais aussi d’espoir. L’espoir de bâtir un nouveau modèle économique, protégeant l’être humain du virus, préservant nos ressources naturelles, garantissant notre souveraineté et les valeurs de notre République, si fragilisées au cours de ces dernières années. Les députés communistes voteront contre ce plan." - Fabien Roussel député du Nord

Le Député du Nord et secrétaire national du PCF est intervenu à l’Assemblée Nationale sur le plan de déconfinement. Extrait :

« Nous avons le sentiment que cette reprise est précipitée et qu’elle est plus soumise à des injonctions économiques, aux besoin de la machine économique plutôt qu’une réponse pour nos enfants, pour la continuité pédagogique, plutôt que de créer les conditions de la sécurité pour tous. »

En voir plus 

Zoom sur… l’explication de vote de Fabien Roussel

Nous ne voterons pas votre plan car il laisse trop de places aux approximations et face à un tel virus,
c’est dangereux.

De plus, il renvoie aux élus locaux, aux associations, aux chefs d’entreprise, aux enseignants, aux organisateurs des transports et même à des brigades locales, le soin d’organiser le déconfinement, la campagne de test et d’isolement. Alors qu’une deuxième vague menace.

Vous n’annoncez aucun moyens humains et financiers supplémentaires pour mettre en place cette stratégie, pour l’Éducation nationale, pour le dépistage, pour rendre gratuit un minimum de masques pour chaque citoyen. Pire, vous renvoyez même aux Français le soin de les faire eux-mêmes.
Il y aura le masque LVMH Haute couture que portera Bernard Arnault et celui confectionné avec beaucoup d’amour et quelques bouts de tissus.

Et à la fin, vous annoncez même que la réussite de cette stratégie repose sur le civisme des Français !!

Mais les français font preuve de beaucoup de civisme et de responsabilité. Mais où est le rôle et la responsabilité de l’Etat dans votre plan ?

Comme beaucoup ici, nous regrettons la précipitation, le manque de moyens qui vous conduisent à proposer un plan imparfait, incomplet, qui sème toujours le doute.

Nous ne partageons pas votre manière de vous décharger sur les maires, sur les entreprises pour mettre en place ce plan. Vous « invitez », « incitez », « encouragez » alors qu’il faut « édicter » des règles, « organiser », « contrôler ». Comme vous, nous avons le souci d’écouter les élus locaux, les partenaires sociaux. Sont- ils rassurés ce soir ? Non.
La progressivité du déconfinement dans le temps, dans le pays, tout cela nous le partageons mais cela ne s’improvise pas. Vous avez dû tenir compte de la colère des gens, de leurs craintes sur l’école et nous nous félicitons que les lycées ne rouvrent pas tout de suite. Mais nous ne partageons pas votre choix d’ouvrir les écoles le 11 mai comme vous le proposez, sur la base du volontariat et sans moyens supplémentaires. Ceux qui sont au chômage partiel avec un salaire partiel n’auront pas le choix, ni ceux qui perdent leur emploi et qui sont prêts à tout pour le retrouver.

Et celles et ceux qui ne veulent pas mettre leurs enfants à l’école : pourront-ils les garder chez eux, sans risquer une sanction ou un licenciement ?

Nous vous demandons de mettre en place toutes les conditions de sécurité sanitaire avec les moyens
humains en face, avant de décider d’une date d’ouverture des écoles, dans toute la France et pour tout le monde.

La République doit garantir les mêmes droits pour tous, dans toutes les campagnes, dans toutes les
villes, ici et en Outre-mer, et pour tous les citoyens. C’est l’égalité de tous, même face à un virus.

Nous demandons un minimum de masques, gratuits et aux normes, pour chaque citoyen-ne.

Nous voulons des prix encadrés. Vous ne pouvez pas continuer à protéger les plus riches et renvoyer les Français, les plus fragiles, les plus démunis, dans les pharmacies pour s’acheter un masque, face à un virus potentiellement mortel.

Nous voulons un pilotage de l’Etat sur toutes ces questions, celle de la production du matériel, celle du pilotage des tests comme pour celle des brigades de dépistages que nous souhaitons également. Mais à la différence de vous, elles ne peuvent pas dépendre du bon vouloir des mairies ou des associations locales.
Sinon, c’est du bricolage.

De même, comment laisser aux entreprises le soin d’organiser le travail, sans donner plus de droits aux salariés, aux syndicats ?

Les conditions de travail, les déplacements, les horaires : tout doit être revu pour faire face aux risques épidémiques.

L’objectif de la reprise du travail aujourd’hui ne doit plus être la rentabilité, mais plutôt de s’adapter aux risques épidémiques et être l’occasion de repenser complètement notre modèle économique.

Tout le monde est prêt à travailler et à trouver des solutions. Tout le monde aspire à ce que les enfants retrouvent le chemin de l’école au plus vite.

Mais pas à n’importe quel prix, pas pour faire comme avant.

Nous voulons donner un sens nouveau au travail, à l’effort collectif, à la production de richesses.

Nous voulons que le déconfinement soit synonyme de sécurité, de confiance mais aussi d’espoir.
L’espoir de bâtir un nouveau modèle économique, protégeant l’être humain du virus, préservant nos
ressources naturelles, garantissant notre souveraineté et les valeurs de notre République, si fragilisées au cours de ces dernières années.

C’est dans cet esprit que nous avons formulé des propositions, en tenant compte de la réalité de notre pays, ici comme dans les Outre-mer où les inquiétudes sont encore plus fortes.

Pour toutes ces raisons, les députés communistes et ultramarins du groupe GDR voterons contre ce
plan.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,
Paris, le 28 avril 2020

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 10:32
A propos du plan de déconfinement du gouvernement annoncé par Edouard Philippe - les principales mesures et l'explication du vote des députés communistes par Fabien Roussel

Covid-19 – Note d'actualité – Olivier Dartigolles, PCF – 29 avril 2020


Plan de déconfinement : les principales annonces d'Édouard Philippe sur l'après 11 mai

1. Sur la stratégie de déconfinement.

A deux semaines de la fin du confinement décidé mi-mars,
Edouard Philippe a présenté la stratégie de l'exécutif. Il a d’abord exprimé une inquiétude sur les
risques d’une seconde vague qui imposerait un reconfinement : « si les indicateurs ne sont pas au
rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai ». Après le 11 mai, les déplacements à plus de 100
kilomètres du domicile devront faire l’objet d’une attestation.

Le Premier ministre propose une stratégie « masques pour tous », sans rassurer sur les moyens d’atteindre les objectifs fixés. Le port du masque sera obligatoire dans les transports publics. Sur les tests, le Premier ministre fixe un objectif de 700 000 tests virologiques par semaine pour les personnes symptomatiques. Ils seront pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie.

L’exécutif fait le choix d’un déconfinement à l’échelle départementale. Les départements seront classés en vert ou rouge, chaque soir à partir du 7 mai. Les maires et les préfets pourront adapter le plan de déconfinement aux réalités du terrain. Quand une personne sera testée positive, « tous ceux, symptomatiques ou non » qui auront « eu un contact rapproché avec elle » seront recherchées. Le Premier ministre propose des brigades sanitaires pour identifier et contacter les cas-contacts. Ces derniers seront alors « invités » à s'isoler, « compte tenu des incertitudes sur la durée d'incubation ».

2. Sur les écoles, collèges et lycées.

Une réouverture « très progressive » des maternelles et primaires à partir du 11 mai, partout sur le territoire, sur la base du volontariat. Pas plus de 15 élèves par classe, application des gestes barrières, distribution de gel hydroalcoolique. Les enseignants recevront des masques qu'ils devront porter quand ils ne pourront pas respecter les règles de distanciation. Pas de masques pour les élèves de maternelle et de primaire, pour qui le masque n'est pas recommandé compte tenu des risques de mauvais usage. Ouverture des collèges « à
compter du 18 mai » dans les départements moins touchés. Seules les classes de 6e et de 5e seront
concernées dans un premier temps, et cela ne s’appliquera qu’aux départements où la circulation
du virus est très faible. Le chef du gouvernement s'engage à ce que des masques soient fournis aux
collégiens qui peuvent en porter et qui n'auraient pas réussi à s'en procurer. Les lycées resteront
fermés jusqu'au mois de juin au moins.

3. Sur déplacements inter-régionaux et inter-départementaux.

Ils seront réduits « aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux, pour des raisons évidentes de limitation de la circulation du virus ». Les personnes âgées sont invitées à limiter leurs contacts et sorties après le 11 mai.


4. Sur les rassemblements, les cinémas et autres activités.

Les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront limités à 10 personnes. Pas déconfinement immédiat des cinémas, grands musées et salles de concerts, contrairement aux médiathèques, bibliothèques et petits musées qui vont rouvrir au public. Les plages restent inaccessibles au moins jusqu’au 1er juin comme les parcs et jardins dans les départements classés en rouge ainsi que les salles des fêtes et les salles polyvalentes. Fin de la saison 2019-2020 des sports professionnels, notamment de football. Les grandes manifestations sportives, culturelles, notamment les festivals, les grands
salons professionnels, tous les événements qui regroupent plus de 5 000 participants ne pourront
se tenir avant le mois de septembre.

5. Sur le traçage numérique.

Alors qu'il devait être voté aujourd'hui, en même temps que le plan de déconfinement, le projet StopCovid fera finalement l'objet d'un débat distinct. Pour le Premier ministre, cette application doit permettre « aux personnes qui ont croisé une personne testée positive d'intégrer un parcours sanitaire », tout en reconnaissant un débat sur la question des libertés publiques.

6. Sur la reprise du travail.

Demande aux entreprises de maintenir le télétravail. Pour les personnes qui ne pourront pas télétravailler, « la pratique des horaires décalés dans l'entreprise doit être encouragée ». Les mesures de chômage partiel sont maintenues jusqu'au 1er juin pour « l’adapter progressivement, afin d'accompagner la reprise d'activité si l'épidémie est maîtrisée », tout en assurant vouloir « protéger les personnes vulnérables et les secteurs professionnels qui demeureraient fermés ».

7. Sur les commerces.

Ils rouvriront le 11 mai, sauf les cafés et les restaurants (décision fin mai pour une réouverture le 2 juin). Le nombre de personnes présentes en même temps dans le magasin, devra être limité, et les flux « organisés ».

8. Sur les transports publics.

Le Premier ministre a indiqué que la capacité des transports publics allait être drastiquement réduite pendant au moins les trois semaines suivant la fin du confinement le 11 mai, afin de respecter la distanciation sociale. « Il faudra (...) condamner un siège sur deux, favoriser, par des marquages au sol, la bonne répartition sur les quais, se préparer à limiter les flux en cas d'affluence ».


9. Sur les marchés alimentaires.

Ils pourront rouvrir après le 11 mai s'ils sont en mesure de faire respecter les distances de sécurité entre les consommateurs

A propos du plan de déconfinement du gouvernement annoncé par Edouard Philippe - les principales mesures et l'explication du vote des députés communistes par Fabien Roussel

Le Député du Nord et secrétaire national du PCF est intervenu à l’Assemblée Nationale sur le plan de déconfinement. Extrait :

« Nous avons le sentiment que cette reprise est précipitée et qu’elle est plus soumise à des injonctions économiques, aux besoin de la machine économique plutôt qu’une réponse pour nos enfants, pour la continuité pédagogique, plutôt que de créer les conditions de la sécurité pour tous. »

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Zoom sur… l’explication de vote de Fabien Roussel

Nous ne voterons pas votre plan car il laisse trop de places aux approximations et face à un tel virus,
c’est dangereux.

De plus, il renvoie aux élus locaux, aux associations, aux chefs d’entreprise, aux enseignants, aux organisateurs des transports et même à des brigades locales, le soin d’organiser le déconfinement, la campagne de test et d’isolement. Alors qu’une deuxième vague menace.

Vous n’annoncez aucun moyens humains et financiers supplémentaires pour mettre en place cette stratégie, pour l’Éducation nationale, pour le dépistage, pour rendre gratuit un minimum de masques pour chaque citoyen. Pire, vous renvoyez même aux Français le soin de les faire eux-mêmes.
Il y aura le masque LVMH Haute couture que portera Bernard Arnault et celui confectionné avec beaucoup d’amour et quelques bouts de tissus.

Et à la fin, vous annoncez même que la réussite de cette stratégie repose sur le civisme des Français !!

Mais les français font preuve de beaucoup de civisme et de responsabilité. Mais où est le rôle et la responsabilité de l’Etat dans votre plan ?

Comme beaucoup ici, nous regrettons la précipitation, le manque de moyens qui vous conduisent à proposer un plan imparfait, incomplet, qui sème toujours le doute.

Nous ne partageons pas votre manière de vous décharger sur les maires, sur les entreprises pour mettre en place ce plan. Vous « invitez », « incitez », « encouragez » alors qu’il faut « édicter » des règles, « organiser », « contrôler ». Comme vous, nous avons le souci d’écouter les élus locaux, les partenaires sociaux. Sont- ils rassurés ce soir ? Non.
La progressivité du déconfinement dans le temps, dans le pays, tout cela nous le partageons mais cela ne s’improvise pas. Vous avez dû tenir compte de la colère des gens, de leurs craintes sur l’école et nous nous félicitons que les lycées ne rouvrent pas tout de suite. Mais nous ne partageons pas votre choix d’ouvrir les écoles le 11 mai comme vous le proposez, sur la base du volontariat et sans moyens supplémentaires. Ceux qui sont au chômage partiel avec un salaire partiel n’auront pas le choix, ni ceux qui perdent leur emploi et qui sont prêts à tout pour le retrouver.

Et celles et ceux qui ne veulent pas mettre leurs enfants à l’école : pourront-ils les garder chez eux, sans risquer une sanction ou un licenciement ?

Nous vous demandons de mettre en place toutes les conditions de sécurité sanitaire avec les moyens
humains en face, avant de décider d’une date d’ouverture des écoles, dans toute la France et pour tout le monde.

La République doit garantir les mêmes droits pour tous, dans toutes les campagnes, dans toutes les
villes, ici et en Outre-mer, et pour tous les citoyens. C’est l’égalité de tous, même face à un virus.

Nous demandons un minimum de masques, gratuits et aux normes, pour chaque citoyen-ne.

Nous voulons des prix encadrés. Vous ne pouvez pas continuer à protéger les plus riches et renvoyer les Français, les plus fragiles, les plus démunis, dans les pharmacies pour s’acheter un masque, face à un virus potentiellement mortel.

Nous voulons un pilotage de l’Etat sur toutes ces questions, celle de la production du matériel, celle du pilotage des tests comme pour celle des brigades de dépistages que nous souhaitons également. Mais à la différence de vous, elles ne peuvent pas dépendre du bon vouloir des mairies ou des associations locales.
Sinon, c’est du bricolage.

De même, comment laisser aux entreprises le soin d’organiser le travail, sans donner plus de droits aux salariés, aux syndicats ?

Les conditions de travail, les déplacements, les horaires : tout doit être revu pour faire face aux risques épidémiques.

L’objectif de la reprise du travail aujourd’hui ne doit plus être la rentabilité, mais plutôt de s’adapter aux risques épidémiques et être l’occasion de repenser complètement notre modèle économique.

Tout le monde est prêt à travailler et à trouver des solutions. Tout le monde aspire à ce que les enfants retrouvent le chemin de l’école au plus vite.

Mais pas à n’importe quel prix, pas pour faire comme avant.

Nous voulons donner un sens nouveau au travail, à l’effort collectif, à la production de richesses.

Nous voulons que le déconfinement soit synonyme de sécurité, de confiance mais aussi d’espoir.
L’espoir de bâtir un nouveau modèle économique, protégeant l’être humain du virus, préservant nos
ressources naturelles, garantissant notre souveraineté et les valeurs de notre République, si fragilisées au cours de ces dernières années.

C’est dans cet esprit que nous avons formulé des propositions, en tenant compte de la réalité de notre pays, ici comme dans les Outre-mer où les inquiétudes sont encore plus fortes.

Pour toutes ces raisons, les députés communistes et ultramarins du groupe GDR voterons contre ce
plan.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,
Paris, le 28 avril 2020

 

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 06:33
Laurent Brun , candidat aux Européennes sur la liste de Ian Brossat, députée européenne,  aux côtés de Marie-Pierre Vieu, Yvonne Rainero, Glenn Le Saoût, Ismaël Dupont - Meeting des Européennes à Quimper, printemps 2019

Laurent Brun , candidat aux Européennes sur la liste de Ian Brossat, députée européenne, aux côtés de Marie-Pierre Vieu, Yvonne Rainero, Glenn Le Saoût, Ismaël Dupont - Meeting des Européennes à Quimper, printemps 2019

Après l’allocution du Premier Ministre, nous avons au moins une confirmation : les reprises de l’école et des transports ne se font que pour assurer le redémarrage de l’économie. Le diplôme des lycéens ou la visite à la famille ne sont pas la préoccupation. On ne peut pas dire que le risque de décrochage scolaire concerne principalement les crèches et les maternelles... ce sont donc bien les « garderies » qu’on rouvre pour que les parents aillent au travail.

Autre constat : le Premier Ministre tente de se dédouaner en incriminant à 2 reprises les scientifiques, ce qui est assez lamentable. Il y a rarement un avis unanime parmi les scientifiques donc leur avis dépend de ceux qu’on écoute. Ensuite, le principe de la démocratie c’est la confrontation des points de vue et le choix politique. Ce gouvernement a un problème avec toute contradiction, qu’il méprise, et il a fait de mauvais choix. C’est tout.

Pour le transport ferroviaire, quelques remarques : pas un mot sur le transport de marchandises qui a pourtant joué un grand rôle dans l’approvisionnement et qui aurait besoin d’aides importantes, de redéploiement pour mieux couvrir tous les transports vitaux, etc...
Concernant le transport de voyageurs, le Gouvernement fait des choix politiques mais comme toujours il ne donne pas les moyens de les mettre en œuvre. Donc les annonces amènent plus de questions qu’avant l’intervention.
A propos du maintien de la distanciation sociale dans les trains, il faudra donc réduire par 4 le nombre de places et gérer les flux notamment dans les grandes gares.
Par exemple, Paris Saint Lazare accueille 360 000 voyageurs par jour en temps normal. 30% sont des touristes ou ont des motifs de loisirs. En espérant que ceux là ne soient pas présents, ça nous laisse 250 000 voyageurs pour motif professionnel. Comme le Gouvernement ouvre les vannes sur la reprise d’activité économique et se contente d’incantations pour limiter l’affluence, nous en sommes réduit à la cérémonie vaudou pour espérer que la fréquentation soit au maximum la moitié de ce qu’elle est en temps normal (et encore moins si on prend en compte que le plan de transport sera à 50% au début du deconfinement). Sinon, ce sera le capharnaüm dans les gares, il faudra filtrer et refouler certains usagers, sans que nous ayons vraiment les effectifs pour le faire (et avec les risques sanitaires que provoquerait un engorgement des gares).
Plusieurs annonces semblent farfelues ou inapplicables (réserver les trains des heures de pointes aux salariés, limiter à 100km les trajets inter-régionaux, etc...).
Et enfin, le masque est rendu obligatoire mais le PM ne cite pas une seule foi les FFP2 dans son allocution. On comprend donc que ce sont les chirurgicaux et artisanaux qui devront être portés. C’est déjà pour nous un problème étant donné qu’ils ne filtrent pas les aérosols et que le train est un espace réduit et confiné (voir le message précédent sur ce sujet). Mais c’est également un problème pratique : qui distribuera les masques ? Qui vérifiera leur efficacité (c’est de la sécurité publique donc ça ne rentre pas dans les prérogatives des agents SNCF) et comment (un FFP2 c’est facile à reconnaître... un artisanal, on ne saura pas trop s’il est valable ou pas) ? Que faire en cas d’absence : amende comme certains le préconisaient (dans ce cas il n’y a aucune utilité sanitaire puisque le contrevenant prend quand même le train) ou interdiction de voyager (ce qui constitue une restriction des libertés publiques et n’est aujourd’hui pas légalement possible) ?
Nous continuons donc à exiger des masques FFP2 pour les usagers et les cheminots, distribués à l’embarquement (pour s’assurer de leur validité et éviter les attroupements ou les pillages sur les points de distribution... et ce serait une œuvre de salubrité publique puisque tous les usagers des transports collectifs seraient dotés pour 4h), et financés par l’Etat.
D’autres grosses interrogations ne trouvent pas de réponses : comment gère t on le plan de transport si certains départements sont effectivement maintenus en confinement strict ? Les salariés dont les enfants ne reprendront pas l’école le 11 mai seront ils encore autorisés à les garder ? Adaptation selon les demandes des autorités organisatrices ça veut dire quoi (peuvent elles déroger à des obligations ou à des interdiction formulées par le PM)? Etc...

Bref, le discours du Premier Ministre révèle le problème de la méthode : le President Jupiterien prend les décisions et ensuite le gouvernement concerte pour savoir comment mettre en œuvre, donc il n’écoute pas, il tâtonne et il produit de la casse pour respecter le cadre imposé.

On aurait préféré que les négociations aient lieu en amont pour que les moyens humains et techniques soient d’abord identifiés et assurés en fonction d’une planification stricte et phasée de la reprise, pour aboutir à des dates logiques et des décisions politiques pleinement opérationnelles. Bref. Une startup sur deux se plantent dans ses 3 premières années de vie... le goût du risque appliqué aux pouvoirs publics, est ce que c’était une si bonne idée ?

Laurent Brun sur sa page Facebook, 28 avril

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