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M. Hubert Wulfranc. L’article 75-1 de la Constitution qui, depuis 2008, précise que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France », a été une rupture et une promesse. En forçant à peine le trait, on peut affirmer que beaucoup ont vu dans cette reconnaissance une sorte de traité de paix, tant la France a longtemps eu mal à sa diversité linguistique, qu’elle considérait plus comme une menace que comme une richesse.
Bien sûr, il y eut en 1951 la loi Deixonne relative à l’enseignement des langues et dialectes locaux, qui a autorisé l’apprentissage des langues régionales dans l’enseignement public pour faciliter l’étude du français, mais son application fut marquée par une grande prudence et il a fallu attendre 2017 pour qu’une circulaire ne l’étende officiellement aux langues régionales d’Alsace et de Mayotte. Reste que la France, pays d’Europe occidentale qui compte le plus de langues – cela a été dit –, est aussi l’un des derniers États à ne pas avoir ratifié la charte européenne des langues régionales ou minoritaires (M. Jean-Charles Larsonneur applaudit) : celles-ci ne bénéficient donc toujours pas des mesures de protection mais aussi de promotion prévues par ce texte.
Dans ce paradoxe se trouve sans doute une des raisons expliquant l’embarras qui se fait jour dès lors qu’il s’agit d’enseignement. L’examen du présent texte, proposé par notre collègue Paul Molac, en est une nouvelle illustration puisque, si les dispositions relatives à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur utilisation dans la signalétique et dans les actes d’état civil, sont à présent fixées, les articles qui restent à discuter en deuxième lecture portent exclusivement sur les aspects liés à l’école.
Loin de nous l’idée de méconnaître les avancées réalisées dans la législation comme dans la pratique républicaine, mais notre grande richesse linguistique requiert une vraie ambition politique. Il est désormais possible d’agir dans un climat d’autant plus apaisé que, nous le savons, promouvoir les langues régionales, leur diffusion et leur enseignement ne signifie pas s’opposer à la promotion, à la diffusion et à la maîtrise du français.
Les outre-mer, où sont parlés les deux tiers des langues régionales recensées en France, en sont particulièrement convaincus. Notre collègue Karine Lebon, qui aurait beaucoup aimé être parmi nous ce matin, souhaite montrer le chemin qui reste à parcourir. Ainsi, à La Réunion, où le créole est la langue maternelle de 80 % des habitants et structure le quotidien et les modes de pensée, les échanges et les créations culturelles, notamment le maloya, à peine 4 % des élèves seraient concernés par un dispositif prenant en considération la langue et la culture réunionnaises.
Pourtant, les linguistes, les pédagogues et les chercheurs convergent vers une école qui prenne toujours plus en considération le milieu de l’enfant, ce que l’on appelle le « déjà là ». Un enfant, un apprenant, n’est-ce pas cette boîte magique où l’on accumule des connaissances ? Ce n’est pas seulement cela, non ! Rempli d’affects, doué d’un cerveau structuré en connexions neuronales, il se construit de va-et-vient entre ce qu’il sait déjà et ce qu’il apprend, entre son univers proche et le monde. Plus on s’appuie sur son univers proche, plus on lui ouvre le monde. Il se trouve que, dans nos outre-mer, l’univers proche est un fait hybride, plurilingue, pluriculturel, et qu’il s’agit bel et bien là d’une chance extraordinaire.
Le vote conforme de la proposition de loi relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion constituerait, selon nous, une avancée significative pour notre pays dans son rapport à la langue et à ses langues. Un tel vote serait en quelque sorte au rendez-vous de la déclaration du Président Macron le 21 juin 2018 : « Les langues régionales jouent leur rôle dans l’enracinement qui fait la force des régions. Nous allons pérenniser leur enseignement. » Ce « nous », tant décrié dans d’autres circonstances, doit prendre effet à travers l’adoption de la présente proposition de loi.
Je conclurai en disant que c’est un jacobin qui vous parle, non pas celui que certains se plaisent tant à caricaturer, mais celui qui, dans la pure tradition révolutionnaire, conjugue à la fois unité et diversité. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR - communiste-, sur plusieurs bancs du groupe LR et sur quelques bancs des groupes LaREM et Dem.)
Hubert Wulfranc, député communiste de Seine-Maritime, 8 avril 2021
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S'appuyant sur de nombreux témoignages de soignants (médecins, infirmièr.e.s, aides-soignant.e.s...) et aussi sur des documents officiels (comptes des hôpitaux, rapports de la Cour des comptes, de l'Assemblée nationale ou du Sénat), l'ouvrage révèle la réalité d'un système de santé aujourd'hui très en difficulté, particulièrement après la pandémie du covid-19. S'il plaide en faveur de la réhabilitation du système de santé publique, il insiste surtout sur la nécessité de le réformer. Pour ce faire, il avance une série de propositions afin de recréer un cercle vertueux, en reliant le financement de la santé publique à l'activité des entreprises et à la création des emplois.
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Voici le compte-rendu fait de ce livre "Soigner l'hôpital. Des remèdes pour sauver le système de santé" par le site Internet "Hospitalia", Le magazine de l'innovation hospitalière.
ACTU
Pierre Ivorra publie "Soigner l'hôpital. Des remèdes pour sauver le système de santé"
Rédigé par Rédaction le Jeudi 18 Mars 2021 à 09:34 | Lu 273 fois
Pierre Ivorra publie "Soigner l'hôpital. Des remèdes pour sauver le système de santé"
De la grève illimitée des services d’urgences à la crise sanitaire, en passant par le Ségur de la santé, notre hôpital à bout de souffle fait la une de l’actualité chaque jour ou presque, au titre de ses multiples dysfonctionnements, hautement médiatisés.
Crise de moyens et de finalité, exacerbation des inégalités d’accès aux soins, détresse de personnels accablés par le sous-effectif et le manque de reconnaissance, flottement des positions gouvernementales : les symptômes comme les causes du perpétuel burn out agitent le débat public et tendent le climat social, sans que les solutions mises en œuvre viennent à bout de ses difficultés chroniques.
Creuset de solidarités, pilier d’un système public de santé lui-même au cœur des préoccupations de nos compatriotes, l’hôpital congestionné contribue pourtant à sous-tendre la cohésion nationale dans un contexte démographique exigeant, entre population vieillissante et taux de natalité encore élevé.
S’appuyant sur de nombreux témoignages de soignants et fort de l’analyse de documents officiels, Pierre IVORRA dresse un état des lieux global, à certains égards accablant, au plus près des réalités.
Il revient au passage sur l’histoire de l’hôpital public, depuis sa création en 1941, s’attardant sur les politiques d’austérité qui se sont enchaînées depuis quatre décennies et les options qui ont progressivement dégradé ses capacités.
Réfutant l’idée selon laquelle l’hôpital serait une entreprise comme les autres, censée générer du profit, Pierre IVORRA propose des pistes de réformes centrées sur l’amélioration de la gestion des ressources. Il s’attache ainsi à formuler un programme concret de réhabilitation, à court et moyen terme, visant à recréer un cercle vertueux reposant sur le lien entre financement de la santé publique, activité des entreprises et création d’emplois.
Un essai édifiant autant que constructif, en même temps qu’un plaidoyer engagé pour une pérennisation de l’hôpital.
Philosophe de formation, Pierre IVORRA devient journaliste et se spécialise en économie. Il exerce ensuite durant dix ans le métier d’analyste financier. Il est actuellement chroniqueur économique à L’Humanité.
> Pierre IVORA, "Soigner l'hôpital. Des remèdes pour sauver le système de santé", Éditions Eyrolles. 280 pages, 17,90 €
Sortie en librairie le 25 mars.
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« De la ferme à la table » est le titre du projet de réforme de la Politique agricole commune que propose la Commission européenne pour la période de 2023 à 2027. Mais, dans leur « Green deal », les commissaires suggèrent de mettre 10 % des terres agricoles européennes en jachère. Ce qui favorisera l’importation d’une part croissante des aliments que nous consommons. Tel est le fruit toxique d’une longue connivence entre la Commission européenne et les lobbyistes potentiellement corrupteurs qui la conseillent en coulisse !
Par Gérard Le Puill
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Nous évoquions dans l’article publié hier les contradictions du « Green deal » que l’on nomme aussi « Pacte vert européen » et qui doit guider la future réforme de la Politique agricole commune (PAC). Ce projet de réforme est appelé « De la ferme à la table », alors que le monde paysan préfère la formule plus parlante « De la fourche à la fourchette ». Cette réforme, pour être cohérente, impliquerait que l’on réduise la distance parcourue par les produits agricoles entre leurs lieux de production, les sites de transformation et les lieux de grande consommation qui, en France et en Europe, sont surtout concentrés dans le périmètre des grandes agglomérations.
Mais on ne trouve nulle trace d’une telle orientation dans le projet de réforme de la PAC que propose la Commission européenne pour les années qui vont de 2023 à 2027. Elle propose de réduire des épandages de pesticides de 50 %, de diminuer l’usage des fertilisants de 20 %, de convertir 25 % des surfaces cultivées en agriculture biologique, de laisser 10 % des terres agricoles sans la moindre culture pour favoriser la biodiversité, de planter 3 milliards d’arbres dans les pays membres de l’Union européenne afin de capter plus de carbone.
Et la France sanctionna ses producteurs au profit de leurs concurrents
Pour peu que l’on observe tour à tour chacune de ces propositions, force est de constater qu’elles sont incohérentes et contradictoires. Chercher à réduire de 50 % l’usage des pesticides en Europe peut se comprendre. À condition, toutefois, que ces mesures soient appliquées dans tous les pays membres de l’Union et que l’Europe interdise, en même temps, les importations en provenance des pays tiers, dès lors que les conditions de production des pays exportateurs ne répondent pas à ces critères. Mais les choses ne se passent pas ainsi et les exemples abondent pour le démontrer.
En 2020, la France fut le seul pays européen à interdire l’usage des néonicotinoïdes sur les semis de betterave à sucre. Officiellement, la décision fut prise dans le but de ne pas perturber les abeilles venant butiner les betteraves en fleur. Sauf que la betterave à sucre ne fleurit jamais entre le semis du printemps et la récolte en octobre. Pour fleurir et produire de la graine, elle doit rester en terre une seconde année, ce qui n’est jamais le cas de la betterave destinée aux sucreries.
Cette interdiction obéissait à une décision la Commission européenne. Mais les neuf autres pays producteurs de betteraves à sucre au sein de l’Union européenne demandèrent, et obtinrent de cette même Commission, une dérogation pour utiliser les néonicotinoïdes en 2020. En France, le ministre de l’Agriculture qu’était alors l’ancien sénateur socialiste Didier Guillaume ne sollicita pas cette dérogation. Résultat : impactée par la jaunisse, elle-même provoquée par un puceron, la production française de betterave sucrière a chuté de 30 à 40 % en 2020 selon les régions et quatre sucreries ont été définitivement fermées dans la foulée.
Les produits bios, leurs coûts de production et leurs débouchés
Dans le projet « De la ferme à la table », la Commission propose de parvenir d’ici 2027 à 25 % des superficies agricoles converties en agriculture biologique. Elle propose, dans le même projet, de mettre 10 % des terres actuellement cultivées en jachère. En 2018, 8,5 % des terres agricoles françaises étaient en agriculture biologique et la moyenne européenne était encore plus basse. Pour parvenir à 25 % d’ici 2027, il faudrait trouver suffisamment de paysans motivés pour travailler à cette conversion avec un savoir-faire qui ne s’acquiert que par une expérience également jalonnée par des échecs.
Il faut aussi trouver des marchés pour ces produits bios. En sachant qu’ils doivent être vendus plus cher que ceux de l’agriculture conventionnelle ; car cette agriculture sans traitement chimique donne de moindres rendements tout en étant plus gourmande en main-d’œuvre. Or, dès que l’offre dépasse la demande solvable, les prix des produits bios chutent aussi sensiblement que ceux des produits conventionnels. Occulter ces réalités c’est faire preuve d’incompétence en prétendant réformer à bon escient.
Mais une autre contradiction saute aux yeux quand la Commission prétend faire passer 25 % des terres agricoles en agriculture biologique et réduire de 10 % la superficie globale consacrée à l’agriculture en Europe. Ce collège de commissaires hors-sol occulte le fait que les rendements à l’hectare sont nettement plus faibles en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle. Du coup, augmenter les superficies en bio et laisser en friche 10 % des terres agricoles conduirait à importer des pays tiers beaucoup plus de denrées alimentaires qu’aujourd’hui lors des prochaines années.
Le bilan carbone désastreux des importations d’aliments
La Commission y verra peut-être une justification pour défendre les accords de libre-échange qu’elle a signé avec le Canada et avec les Pays du Mercosur en attendant d’en signer deux autres avec l‘Australie et la Nouvelle Zélande. Mais, au-delà du fait qu’elles font chuter les cours des produits comme les viandes et les fruits et légumes payés aux producteurs européens, ces importations accrues en provenance des pays tiers ont un bilan carbone désastreux quand on cumule celui de la déforestation en Amazonie et ailleurs avec celui des longs transports frigorifiques des viandes et autres produits entre différents continents. Car on met beaucoup de camions sur les routes pour ravitailler les ports d’embarquement. On remet ça en Europe entre les ports de débarquement et les grands bassins de consommation.
En donnant le chiffre de trois milliards d’arbres à planter en Europe, la Commission tente de verdir ses propositions. Mais un tel chiffre est trop vague en soi. Ce dont l’Europe à besoin, c’est de faire progresser l’agroforesterie qui demeure balbutiante jusqu’à présent dans les pays membres de l’Union. Cela consiste à planter des arbres dans les prairies comme dans les champs cultivés à raison d’une cinquantaine de troncs à l’hectare. Il peut s’agir d’arbres producteurs de fruits à huile, comme les oliviers, les noyers et les noisetiers. Il peut aussi s’agir d’essences qui donneront du bois d’œuvre à utiliser dans un siècle ou plus et qui, en attendant, capteront du carbone. Mais pour faire progresser un tel plan, il faut budgéter les aides européennes dans la durée, sachant que les frais de plantation d’un hectare d’arbustes s’élèvent à 700€ en moyenne. Vu la faiblesse du revenu paysan ces dernières années, l’agroforesterie ne progressera pas sans bénéficier d’un budget dédié au niveau européen.
Commission hors-sol et lobbyistes corrupteurs
Or la Commission prévoit de baisser sensiblement la part du budget annuel européen consacrée à l’agriculture dans les prochaines années. Se pose donc une question en fin de compte : quel est le degré de sincérité et d’honnêteté intellectuelle des membres de cette Commission que l’on sait liée « comme cul et chemise » avec des lobbyistes potentiellement corrupteurs ? Car, depuis de très longues années, ces mêmes lobbyistes lui mâchent en permanence le travail préparatoire de ses réformes dans l’intérêt des firmes privées qu’ils défendent à Bruxelles. C’est tellement vrai que certains commissaires - dont l’ancien président de la Commission José Manuel Barroso - deviennent eux-mêmes des lobbyistes quand ils quittent leur mandat à Bruxelles.
Il faut toujours avoir ces éléments en tête quand on lit les documents que publie cette Commission bureaucratique et incompétente.
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Le rapport que le gouvernement avait demandé à Serge Papin, ancien président de la chaîne des magasins « Système U », a été remis le 25 mars au ministre de l’Agriculture. Il devait donner des pistes pour parvenir à un meilleur partage de la « valeur ajoutée » entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. L’Europe étant une zone de libre-échange, la lecture de ce rapport ne prête pas à l’optimisme chez les paysans français, grands perdants de la loi EGAlim.
Du temps où il présidait « Système U », Serge Papin eut le mérite de dire à de nombreuses reprises que les paysans, fournisseurs de matières premières pour les industriels de la transformation, étaient, et de loin, les plus mal servis concernant la répartition de la valeur ajoutée dans la chaîne alimentaire. Il observait que faire du paysan la variable d’ajustement en ne lui laissant que la portion congrue de la valeur créée était un jeu dangereux. Car en cédant aux exigences illimitées de prix bas exigées des distributeurs, les transformateurs hexagonaux aboutissaient aussi à remettre en cause la souveraineté alimentaire du pays et la qualité de notre production agricole en privant les paysans d’un juste revenu pour leur travail.
Dans la présentation de son rapport, Serge Papin écrit que l’agriculture est « un bien commun. Tous ceux qui mettent en marché ont désormais la responsabilité de réconcilier l’agriculture avec leur modèle commercial. Notre agriculture a trop longtemps été considérée comme un simple sourcing de sous-traitance alors qu’elle est au cœur de la finalité de l’acte de se nourrir », précise-t-il encore. Il veut que « la France se batte pour l’origine de tous les produits et ingrédients ». Il ajoute que « sur ce dossier, l’Europe ne reflète pas l’évolution sociétale », ce qui l’a conduit à citer l’affaire Lactalis sur l’origine du lait au moment de remettre son rapport.
Et le Conseil d’Etat vint au secours de Lactalis
Mais son propos ne nous dit pas tout sur cette affaire. Il faut savoir ici que, saisi par la multinationale Lactalis, première entreprise laitière au monde, c’est notre Conseil d’Etat, en France, qui a jugé « illégal d’imposer l’étiquetage géographique du lait car il n’y a pas de lien avéré entre son origine (UE ou pas UE) et ses propriétés », ont décrété le 15 mars les membres de cette instance dans leur bureau parisien. Au diable le cahier des charges et les bonnes pratiques d’élevage. Le lait reste un produit identique partout dans le monde, quelle que soit la conduite du troupeau, dès lors qu’il sort du pis d’une vache, selon les membres du Conseil d’Etat !
Pour revenir à Serge Papin, son rapport fait le constat d’une carence, quant aux résultats de la loi EGAlim, 30 mois après avoir été votée par la majorité parlementaire. Mais le rapporteur se contente de recommandations floues, dont voici un échantillon : « tendre vers davantage de transparence dans les relations commerciales en expérimentant un outil de transparence ; améliorer la perception de la valeur de l’alimentation en précisant le rôle des promotions ; renforcer la médiation ; accélérer la transformation des coopératives ».
Les gestionnaires de coopérative interpelés
Les coopératives sont nombreuses dans la transformation des produits agricoles, notamment dans la filière laitière et celles des fruits et légumes. Elles ont, selon Serge Papin, «un grand rôle à jouer dans l’accompagnement d’un nouveau leadership agricole. Elles doivent prendre davantage en compte la demande du consommateur citoyen (…) Elles doivent, avec leurs adhérents, imaginer le futur souhaitable de la ferme France ».
Sous le titre « Encourager les agriculteurs à se regrouper », Serge Papin écrit dans le point 7 de ses recommandations : « il faudrait encourager la création d’entités plus fortes d’agriculteurs par le regroupement d’entités existantes. L’éclatement de la représentation affaiblit les agriculteurs lors de la négociation. Ensemble, les agriculteurs arriveront à s’ouvrir d’autres modes de distribution ou de valorisation de leurs produits et ainsi sortir de la sous-traitance ».
Tout en élargissant le propos, il reprend en partie l’argumentaire utilisé par Emmanuel Macron dans son discours de Rungis le 11 octobre 2017. Ce jour-là, après avoir déclaré « nous modifierons la loi pour inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir des coûts de production », le chef de l’Etat ajoutait aussitôt : « Mais cette nouvelle approche ne saurait suffire parce qu’elle ne sera efficace que si les agriculteurs se regroupent véritablement en organisations de producteurs pour peser plus dans la négociation en tirant profit de possibilités du droit de la concurrence ».
Ces importations qui font chuter les prix agricoles en France
Voilà qui est plus facile à dire qu’à faire dans un pays ou les entreprises de collecte fixent annuellement le prix du lait sans tenir compte de l’évolution des coûts de production. On sait, par ailleurs, que les acheteurs de fruits et légumes et d’animaux vivants peuvent accroître sans limite leurs importations pour faire chuter les cours en réduisant la demande en produits français. En France, dans les salles de cotation, les prix des animaux, comme ceux des végétaux que sont les fruits et légumes, sont fixés lors d’enchères descendantes. Avec ce système de cotation au cadran, le paysan, vendeur d’un lot de porcs charcutiers ou d’un lot de tomates, doit céder son lot au prix proposé par l’acheteur - lequel appuie sur la touche achat de son pupitre dans le cadre d’une enchère descendante partie du prix de départ donnée par l’enchérisseur -. Le paysan peut certes refuser la transaction et remettre la vente à plus tard, mais sans avoir la certitude de d’être mieux payé. S’il s’agit d’un lot de tomates, il risque d’en perdre une bonne partie entre temps. S’il s’agit d’un lot de cochons, il faut continuer de le nourrir.
Il ne suffit donc pas de se regrouper en organisations de producteurs mieux structurées pour gagner le bras de fer imposé quotidiennement par les acheteurs qui sont aussi des importateurs. A ce titre, ils savent depuis longtemps que le premier intérêt des importations est de faire chuter les cours sur le marché intérieur en faisant de sorte que l’offre dépasse la demande. La grande faiblesse du rapport de Serge Papin se trouve dans l’occultation de cette réalité quotidienne.
L'Union Locale CGT de Rostrenen s'associe à l'appel à se rassembler en soutien à
Radio Kreiz-Breizh et ses salarié·e·s, ce mardi 6 avril à midi au Square de la Fontaine à Rostrenen.
Morgan Large a subi des intimidations, des appels anonymes, et maintenant un acte de malveillance qui aurait pu être très grave. Une journaliste allemande venue faire un reportage sur elle a été agressée par un agriculteur de Glomel.
C'est une honte pour le Centre-Bretagne.
La liberté d'informer, le rôle de la presse et des medias, notamment locaux, sont essentiels : en tant que syndicalistes, nous le savons fort bien. Personne ne devrait être mis en danger, terrorisé dans l'exercice de son métier.
C'est pourquoi l'Union Locale CGT de Rostrenen appelle l'ensemble de ses syndiqué·e·s à rejoindre le rassemblement de mardi midi. https://www.humanite.fr/journalistes-menacees-en-bretagne...
Journalistes menacées en Bretagne : l’alarme de trop
Vendredi 2 Avril 2021 - L'Humanité
Morgan Large, reporter basée dans les Côtes d’Armor, dénonce l’acte de malveillance dont elle aurait été victime. Depuis la diffusion d’un reportage sur l’agroalimentaire en Bretagne régional, elle et la radio pour laquelle elle travaille ont essuyé plusieurs menaces. Un appel à la grève est lancé pour le mardi 6 avril.
Fait-il mauvais vouloir tout dire dans les Côtes d’Armor ? Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz-Breizh (RKB) dénonce un acte de malveillance dont elle aurait été victime ce mercredi 31 mars à Glomel, la commune où elle habite, a priori en lien avec l’exercice de son métier.
Sur le point de prendre sa voiture, la reporter s’est rendu compte qu’il manquait des boulons à l’une de ses roues. Un acte grave, dénonce aujourd’hui Reporter sans frontière (RSF) et qui ne serait pas le premier, en outre, que subit Morgan Large. « Depuis qu’elle enquête sur les subventions accordées à l’agro-industrie en Bretagne, elle et son média ont déjà fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation à plusieurs reprises », avance RSF. À Glomel, toujours, et cette même semaine, une autre journaliste, « a été insultée, bousculée et suivie jusque chez elle par un agriculteur », explique dans un communiqué l’équipe de RKB. Tous les salariés de la radio appellent, en protestation, à une grève ce mardi 6 avril ainsi qu’à un rassemblement de soutien à Rostrenen. À midi, ce jour-là, il y aura un blanc sur les ondes du média, dont les trois émetteurs ne diffuseront, le reste du temps, rien d’autre que de la musique.
« Ce n’est tout simplement pas possible de se voir menacés, en tant que journalistes, simplement parce que nous faisons notre métier », explique à l’Humanité Virginie Bauterel, coordinatrice de la radio. « Les pressions existent depuis longtemps, mais cette fois, on franchit un cap qui n’est pas admissible. »
Elles se sont intensifiées, singulièrement, depuis novembre dernier et la diffusion d’un documentaire sur France 5. Réalisé par Aude Rouaux et Marie Garreau de Labarre, Bretagne, une terre sacrifiée décrypte le poids économique que représente le secteur agroalimentaire dans la région, mais aussi son impact environnemental et sanitaire et la pression politique qu’il y exerce.
Morgan Large, correspondante installée dans les Côtes d’Armor depuis plus de vingt ans et qui a longuement enquêté sur la filière volaille, y témoigne d’une politique agricole offrant matière à questions. « Les appels anonymes ont commencé peu après », raconte-t-elle aujourd’hui à l’Humanité. Des coups de fil la nuit, sans rien d’autre que le silence au bout, et qui se poursuivent encore actuellement.
Sur les réseaux sociaux et le messenger (messagerie instantanée de Facebook) de la radio, les propos ont dans le même temps commencé à se faire plus virulents, menaçants pour certains. « Conasse, il ne faudra pas s’étonner si l’on vient chez toi !», cite la journaliste en exemple . En décembre, RKB constate pour sa part une tentative d’effraction dans deux de ses locaux. « Nous avons également reçu plusieurs commentaires pas très agréables », reprend Virginie Bauterel. Là encore, le ton est à la menace : « Continuez avec votre agribashing, mais il ne faudra pas venir pleurer quand certains agriculteurs viendront s’en prendre à des gens comme vous », cite la coordinatrice de la radio .
En décembre toujours, Morgan Large retrouve ouverte la clôture du champ où paissent d’ordinaire ses deux chevaux, les animaux errant dehors. Plus tard dans l’hiver, sa chienne est victime une intoxication. « Je ne veux pas être paranoïaque, peut-être avait-elle mangé quelque chose qu’il ne fallait pas… Mais tout cela mis bout à bout, je ne peux pas m’empêcher d’envisager un empoisonnement. »
Morgan Large s’était jusqu’à présent contentée de déposer une main courante. Le déboulonnage du pneu est le geste de trop. « Je ne suis pas procédurière, mais cette fois, je compte porter plainte. » Le geste, cette fois, touche son intimité et sa famille, explique-t-elle, remontant le fil des évènements. « Mercredi, j’étais rentrée chez moi pour déjeuner avec mes enfants. C’est en repartant que j’ai vu un boulon dans l’allée. » Elle ne pense pas immédiatement qu’il vient de sa voiture, mais finit par y jeter un œil, et constate qu’il en manque deux à l’une des roues. « C’est un voisin à moi qui a trouvé le second, plus tard, en dehors de chez moi », reprend-elle. « Cela signifie que j’ai roulé avec des boulons desserrés. J’ai pris la départementale, j’ai eu ma fille avec moi… je ne comprends pas que l’on puisse mettre des personnes en danger à ce point. »
N’étant pas encore saisie par une plainte, ni la gendarmerie de Glomel et ni celle des Côtes d’Armor ne sont, pour l’heure, en mesure de commenter l’affaire.
RSF, pour sa part, dit étudier « avec la journaliste les suites judiciaires qui pourront être apportées ». L’organisation prend les choses très au sérieux, et « demande d’ores et déjà aux élus locaux de dénoncer ce fait et de se mobiliser contre la tentation d’imposer une omerta médiatique sur les questions liées à l’agriculture intensive en Bretagne.» Le cas de Morgan Large n’est pas une première, rappelle RSF. « La journaliste indépendante Inès Léraud qui a enquêté sur les retombées négatives de l’agriculture intensive dans la région a également fait l’objet de pressions. » Elle et Morgan Lelarge ont d’ailleurs travaillé ensemble.
Le syndicat national de Journaliste (SNJ) a également réagi, et tâcle au passage l’inaction politique face aux menaces répétées que subissent les journalistes – toujours des femmes – en Bretagne. « Malgré les discours lénifiants des autorités, enquêter sur l’agroalimentaire, en 2021, en Bretagne, c’est s’exposer à des représailles qui n’ont pas grand-chose à envier aux méthodes des organisations criminelles. »
Article Télégramme Publié le 02 avril 2021 à 16h03
Acte de malveillance à l’encontre d’une journaliste de RKB
Les journalistes de Radio Breizh, le portail des radios en breton, seront en grève le mardi 6 avril et appellent à un rassemblement ce même jour, à 12 h, place du Marché, à Rostrenen « pour défendre la liberté d’informer ». Ils entendent dénoncer les actes d’intimidations dont est victime une journaliste de Radio Kreiz Breizh, Morgan Large. Une radio qui avait déjà été la cible d’actes malveillants en décembre 2020. Les portes des studios de RKB avaient été endommagées à Saint-Nicodème et Rostrenen.
Mercredi 31 mars, la journaliste a constaté que deux boulons avaient été retirés d’une roue de sa voiture. « Ce geste malveillant aurait pu causer un grave accident », pointent les journalistes de Radio Breizh.
Interrogée, Morgan Large fait part de son intention de porter plainte tout en précisant que ce n’était pas la première fois qu’elle était victime de tels actes. En décembre 2020, une entrée de champs où se situent ces chevaux avait été ouverte et elle affirme avoir reçu des appels téléphoniques anonymes.
Ces tentatives d’intimidations sont liées à son travail journalistique estiment les membres de Radio Breizh. Reporters Sans Frontières a décidé de suivre cette affaire de près et « étudie avec la journaliste les suites judiciaires qui pourront être apportées ». De son côté, la gendarmerie annonce qu’une enquête est en cours.
Le rassemblement prévu le mardi 6 avril à Rostrenen aura lieu à midi sur la place du Marché. Le collectif Kelaouiñ, le Syndicat national des journalistes (SNJ) et l’Union régionale Solidaires de Bretagne appellent également à manifester. Le NPA « apporte son total soutien à Morgan Large ainsi qu’à sa radio »
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Le ministre de l’Économie affirme que la dépense publique est trop élevée et veut faire croire que les Français en auraient plus pour leur argent en la diminuant.
Bruno Le Maire a « peur ». Sa grande angoisse est que les Français viennent lui « demander des comptes ». Mais que craint-il ? Une révolte contre l’injustice fiscale et les cadeaux fait aux plus riches ? Une insurrection face à la casse planifiée des services publics ? Non ! Le ministre de l’Économie a « peur » que les citoyens viennent lui reprocher le niveau « élevé » de la dépense publique en France. « Les Français en ont-ils pour leur argent ? », interroge l’hôte de Bercy. À ses yeux, la réponse est non. Et il en tremble ! Tels ont été les propos du ministre lors du débat organisé fin mars sur la question de la dette à l’Assemblée nationale. Mais pour la Macronie, il ne faut surtout pas supprimer ou renégocier une part de dette française, même les 570 milliards détenus par la Banque centrale européenne. Il ne faut pas non plus augmenter l’impôt des plus fortunés. Surtout pas, au moment même où la France est championne d’Europe des dividendes versés aux actionnaires ! Non, il faut « maîtriser la dépense publique ». Comprendre la diminuer. Mais alors, les Français ne risqueraient-ils pas d’en avoir encore moins pour leur argent ? Car notre modèle de société, grâce à la cotisation, permet à tous d’être normalement soigné, éduqué et protégé selon ses besoins, sans distinction de moyens. Une journée d’hospitalisation coûte environ 1 370 euros en service de médecine, 1 700 en chirurgie et 3 000 en soins intensifs. Une chimiothérapie peut monter à 10 000 euros. Les Français n’en ont-ils pas pour leur argent à l’hôpital ? Mieux vaudrait-il que chacun paie pour sa pomme ? Aurions-nous plus facilement accès aux savoirs, en payant soi-disant moins pour mieux si l’école publique venait à péricliter ? La réponse est non. Les centaines de milliards d’euros qui partent en fraude fiscale et en cadeaux à la finance, dont le montant est supérieur à notre dette annuelle (hors covid), voilà ce qui nuit à la qualité des services publics. Quant à la dépense publique, comment ne pas l’augmenter pour assurer la transition écologique, désormais vitale ?
Aurélien Soucheyre
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Ce texte est le premier d’une série de cinq à paraître ici entre le 29 mars et le 2 avril. Il part de la lecture des notes publiées la semaine dernière par L’INSEE sur la situation économique et sociale de la France. Parallèlement, les aides promises par la Banque centrale européenne (BCE) aux pays membres de l’Union, notamment ceux de la zone euro, tardent à se concrétiser, sans que l’on informe les citoyens des raisons de ce retard.
Par Gérard Le Puill
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Le 17 mars 2020 débutait en France le premier confinement pour tenter de contenir la Covid-19. Douze mois plus tard, la situation sanitaire, mais aussi économique et sociale du pays, ne cesse d’empirer. Face à cette aggravation, le président de la République prétend avoir eu raison bout en bout dans sa manière très solitaire et très autoritaire de décider ce qu’il convenait de faire pour tenter contenir la pandémie. Depuis douze mois, il continue de privilégier la course au profit comme critère unique de la gestion du pays.
Le 26 mars 2021, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) publiait plusieurs notes de conjoncture sur la chute de l’activité économique du pays et la montée de son endettement. La note 081 nous apprenait que pour la France, à la fin du quatrième trimestre 2020, « la dette publique de Maastricht s’établit à 2.650,1 milliards d’euros, soit 115,7 % du Produit intérieur brut (PIB). Après les augmentations des deuxième (+ 199,9 Md€) et troisième trimestres (+ 36,1 Md€), la dette publique diminue de 23,7 Md€, ce quatrième trimestre ». Car explique l’INSEE, « l’endettement des trois premiers trimestres est venu alimenter en partie la trésorerie des administrations publiques. Lors de ce quatrième trimestre, les administrations publiques ont utilisé une fraction de leur trésorerie pour financer leur besoin de financement… ».
211,5 milliards d’euros de déficit en 2020
Au regard de ce qui vient de se passer entre janvier et mars 2021, et en tenant compte de ce qui risque de se produire entre avril et juin, on peut penser que l’on s’achemine vers une nouvelle dégradation de la situation sanitaire, économique et sociale du pays, en dépit des fanfaronnades du président de la République. Dans une seconde également publiée le 26 mars sous le numéro 082, l’INSEE précise que « le déficit public pour 2020 s’établit à 211,5 milliards d’euros, soit 9,2 % du PIB, après 3,1 % en 2019. Les recettes diminuent de 63,1 Md€, soit -5 %. Leur baisse est un peu moins prononcée que celle du PIB en valeur (-6,1 %). Ainsi, en proportion du PIB, elles augmentent de 0,6 point, de 52, 3 % en 2019 à 52,9 % en 2020. Le taux de prélèvements obligatoires augmente de 0,9 point et s’établit à 44,7 % du PIB ».
De plus en plus de ménages en situation de précarité
Arrive ensuite un autre texte de l’INSEE, en complément de la note 082. On y précise que les « allocations d’activité partielle s’élèvent à 27,4 Md€ pour l’ensemble de l’année 2020. Elles sont prises en charge pour deux tiers par l’État et pour un tiers par l’UNEDIC dont les dépenses d’allocation-chômage augmentent aussi nettement (+4,1 Md€). Les aides de solidarité aux ménages et aux jeunes en situation de précarité (aide de 150 euros aux jeunes de moins de 25 ans éligibles et de 100 euros par enfant à charge aux bénéficiaires de certaines prestations), s’établissent au total à 2,1 millions d’euros en 2020. Les dépenses au titre de la prime d’activité augmentent de nouveau après une très nette croissance en 2019, suite à une nouvelle revalorisation et à la poursuite de la croissance des effectifs des allocataires. La croissance des arrêts maladie sous l’effet de la pandémie de Covid-19 conduit à un bond des indemnités journalières versées par la Caisse nationale d’assurance maladie (+ 2,1Md€). Enfin, les prestations vieillesse continue de progresser ». La lecture de ces chiffres montre que de toutes petites sommes sont consacrées à la lutte contre la précarité.
À la lecture de ce paragraphe, on se souvient aussi que la Banque centrale européenne, présidée par Christine Lagarde, promettait de mettre 750 milliards d’euros à la disposition des pays de la zone euro dès le printemps 2020. Le chiffre de 1.850 milliards fut même avancé plus tard. On nous disait aussi qu’une partie de ces prêts pouvait se transformer en dons non remboursables pour les pays les plus endettés de la zone euro. À ce titre, la France pouvait bénéficier de 40 milliards d’euros non remboursables, nous disait-on.
La propagande mensongère de Thierry Breton
Au regard des difficultés dans lesquelles l’augmentation du chômage et de l’emploi précaire met la Sécurité sociale, l’UNEDIC et la Caisse Nationale des Allocations Vieillesse (CNAV), on pourrait raisonnablement revendiquer que ces 40 milliards d’euros non remboursables soient attribués à ces trois organismes au prorata de leur budget. D’autant que la contribution de la France « au budget de l’Union Européenne progresse de 2,7 Md€ en 2020 », indique l’INSEE. Cette note complémentaire nous apprend aussi qu’en France, en 2020, « les impôts courants sur le revenu du patrimoine baissent de 14, 1 Md€ (- 4,4 %). La contribution sociale généralisée (CSG) baisse de 2,7 Md€ du fait de la baisse de la masse salariale et d’un taux réduit appliqué aux revenus de remplacement ».
Bref, dans la mesure où les salariés français se sont appauvris en 2020, l’INSEE constate que « les recettes de cotisations sociales effectives diminuent de nouveau nettement ». Alors que ce bilan est en train de s’aggraver en 2021, on peut se poser bien des questions sur la compétence, mais aussi l’honnêteté intellectuelle de nos gouvernants en France comme sur celle des membres de la Commission européenne. À Bruxelles, le Français Thierry Breton est chargé de la politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la défense et de l’espace. Comme il passe souvent ses week-ends à Paris, il en profite pour faire une propagande mensongère sur les plateaux de la télévision et sur les radios. Au point de prétendre que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes grâce à la Commission, tandis que l’on manque de masque et de vaccins sur le plan sanitaire. Il occulte aussi le fait que les chaînes d’approvisionnements de nombreux secteurs industriels sont confrontées à des ruptures consécutives aux délocalisations de productions dans les pays à bas coûts de main-d’œuvre.
À regarder les choses de près, la Commission européenne, en contact permanent avec des lobbyistes potentiellement corrupteurs, est progressivement devenue un foyer d’incompétence car totalement déconnectée des réalités du terrain. Nous y reviendrons demain concernant ses préconisations pour atteindre la neutralité carbone en 2021.
Lettre au Ministre de la Justice
Monsieur le Ministre,
Je me permets d’attirer votre attention sur un nouvel élément d’actualité concernant le dossier de l’assassinat de Dulcie September, représentante du Congrès National Africain (ANC) le 29 mars 1988 à Paris.
Ce meurtre, exécuté sans doute par un professionnel, avait suscité une grande émotion populaire. Beaucoup d’éléments indiquent une implication des services secrets du régime d’apartheid. Pourtant le 17 juillet 1992, une ordonnance de non-lieu est rendue par la justice française suite à un abandon précoce de la procédure, ouverte par le Procureur de la République le 11 avril 1988. Tous les observateurs s’accordent à dire que des moyens particulièrement faibles avaient été affectés à cette affaire et que cette procédure était marquée par un défaut très sérieux dans la collecte d’informations élémentaires. Il est à noter par ailleurs que le ministère public pouvait à l’époque recevoir des instructions individuelles de la part du Garde des Sceaux sur la base la loi du 31 décembre 1957 instituant le code de procédure pénale (article 36). Pourriez-vous m’indiquer si cela a été le cas pour le dossier de Dulcie September ?
En tout état de cause sa famille a saisi le 16 février dernier le tribunal judiciaire de Paris sur le fondement de l’article 141-1 du code de l’organisation judiciaire qui prescrit expressément que l’État est tenu de réparer le dommage causé par le fonctionnement défectueux du service de la justice.
Je partage les préoccupations exprimée par la famille de Dulcie September et de tous ceux qui depuis des décennies veulent que la vérité apparaisse au sujet de ce meurtre et de son traitement par l’institution judiciaire. La France s’honorerait de permettre des avancées décisives en la matière. Par conséquent je vous serais reconnaissant, Monsieur le Ministre, de suivre ce dossier avec toute l’attention nécessaire.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations les plus distinguées.
Lire aussi:
Et la réponse du garde des sceaux Dupont - Moretti