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Le gouvernement annonce sa volonté de reprendre à 100 % le capital d’EDF pour soi-disant « aider » l’entreprise à faire face à ses investissements futurs dans le nucléaire et les énergies renouvelables.
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Cette opération, qui s’apparente plutôt à une recapitalisation, ne s’accompagnera pas d’un changement de statut de l’entreprise puisqu’elle sera toujours une SA et ne retrouvera donc pas son statut précédent, celui d’établissement public (EPIC). Ce qui laisse les mains libres au gouvernement d’ouvrir à nouveau le capital de l’entreprise si la situation financière d’EDF s’améliore…
L’endettement du groupe EDF semble servir de prétexte pour faire exploser le modèle énergétique français sur lequel EDF s’est construit et qui a fait ses preuves en termes de performance industrielle grâce à sa conception intégrée, de la production, du transport, de la distribution et de la commercialisation.
Gardons à l’esprit que derrière cette prétendue « renationalisation », perdure l’attitude de la Commission européenne qui reste marquée par son obsession à mettre fin aux monopoles publics et par sa volonté d’affaiblir la position dominante d’EDF dans la production d’électricité en France dans le cadre de l’ouverture du marché de l’électricité. Elle garde cette volonté de remettre sur les rails son projet de restructuration d’ampleur du groupe EDF en faisant éclater le modèle intégré. Le groupe EDF serait alors découpé en entités indépendantes, en multiples filiales pour être offertes au marché et à la bourse. Privatiser les réseaux de transports d’électricité mettrait tout simplement fin à l’égalité de traitement, à la solidarité nationale par une remise en cause de la péréquation tarifaire. On est loin d’une nationalisation !
Ne soyons pas dupes ! La présidence française du Conseil de l’Union européenne par E. Macron n’a pas été l’occasion de remettre en cause le système énergétique européen, toujours basé sur la concurrence et les prix de marché fluctuant en raison de la spéculation, qui fait que nous perdons la maitrise des prix. L’État actionnaire à 24 % du groupe Engie ne s’est pas non plus opposé à la stratégie purement financière de vente à la découpe de pans entiers d’activités du groupe gazier historique dont la toute dernière est celle de la cession des activités de service d’Equans à Bouygues fragilisant l’entreprise au point de la rendre opéable. Oui, il y a le discours, les mots, puis il y a les actes !
Pour le Parti communiste, nous visons beaucoup plus que la seule nationalisation. Nous voulons une véritable maitrise de l’énergie dans son ensemble. C’est pourquoi nous proposons la création d’un pôle public. Tous les acteurs industriels de ce secteur seraient contraints à mettre en œuvre des critères de gestion allant dans le sens du service public, de l’intérêt général, qui répondraient aux défis environnementaux, des critères favorisant l’enclenchement d’un processus de coopérations industrielles et d’harmonisation sociale qui se substituerait à la concurrence économique et au dumping social. Il s’agirait de fédérer tous les acteurs de la filière énergétique dans un consortium d’entreprises (recherche, production et transport-distribution, services énergétiques…).
Le concept de pôle public doit permettre l’appropriation sociale grâce à de nouvelles nationalisations. Cela exige de créer les conditions d’un nouveau type de service public qui ne soit pas la seule propriété de l’État soumis aux exigences des marchés financiers, mais une propriété collective. Un vrai service public démocratisé, qui associe, dans la décision et la gestion, les salariés, les usagers, les collectivités locales.
Valérie Gonçalvès
membre du CN en charge des questions énergétiques
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« Pour enterrer un problème, créez une commission », s’exclamait en son temps Clemenceau. De fait, notre République est truffée de conseils et de comités en tout genre, aux noms aussi pompeux que leur objet est inefficace. Leurs bavardages n’ont jamais amélioré la vie quotidienne de nos concitoyens. On se souvient peut-être qu’en 1986, la crise sociale et politique provoquée par les lois Devaquet sur l’université avait conduit le gouvernement de l’époque à créer une structure nouvelle ainsi désignée : « Un comité national de réflexion sera créé avec à sa tête un monsieur Universités ». Sa mission : “Esquisser le paysage universitaire des dix prochaines années”. Trente-six ans plus tard, on ne peut que se souvenir de la puissance des manifestations de jeunes qu’a provoqué cette loi de triste mémoire et constater avec dépit le lamentable état de nos universités, le difficile parcours d’obstacles des étudiants pour y accéder, l’accentuation de la sélection sans parler des amphis vétustes, bondés, et les difficultés pour se loger et se nourrir de toute une jeunesse.
Voici que le président de la République, ignorant les institutions républicaines, à commencer par l’Assemblée nationale et le Sénat, le Comité économique et social et le Haut-commissariat au plan chargé paraît-il de la prospective, invente un Conseil National de la Refondation.
Celui-ci aurait, selon les dires du pouvoir, vocation à « façonner les décisions politiques de demain ». Dès lors, à quoi servirait le Parlement ? Les conseils régionaux, départementaux, les maires ? Et à quoi sert le plan d’investissement sur la décennie, dénommé « France 2030 », présenté par E. Macron lui-même, il y a plus de huit mois.
Ce Président a une fâcheuse tendance à prendre les citoyens pour des demeurés. Il baptise « son bidule à illusions » d’initiales restées éminemment populaires dans la mémoire collective. La population a évidemment compris le but de la manœuvre. Empêtré dans ses difficultés, élu par une minorité de citoyens, battu aux élections législatives, conscient de la profonde crise du capitalisme mondialisé, le président de la République tente de trouver l’illusion d’une unité nationale, pour faire accepter par le plus grand nombre les choix de super-austérité que le capital exige pour maintenir ses taux de rentabilité et l’accaparement des richesses.
Du grand débat après la lutte des Gilets jaunes, à la Convention sur le climat, chacune et chacun est à même de bien comprendre à quoi s’attendre de la propagande élyséenne. Rien.
Cette funeste tromperie a fait long feu. Elle insulte notre valeureuse histoire. Elle dévoie le sigle Conseil National de la Résistance. Et le titre donné au programme du CNR, « Les jours heureux ».
Il ne s’agit pourtant pas aujourd’hui de reconstruire les bases d’un pays capable d’affronter les lourds défis de l’avenir. Le machin de M. Macron n’a pour ambition que de remodeler et soumettre nos vies aux besoins du capitalisme mondialisé. Le CNR, le vrai, c’est la Constitution de 1946, de considérables innovations, d’immenses avancées sociales et démocratiques, le soutien aux travailleurs et l’appropriation d’un certain nombre de leviers de l’économie. Sous l’impulsion d’un Parti communiste qui s’était illustré dans la Résistance aux côtés notamment de gaullistes et pesait 27% des voix à l’époque, le CNR c’est l’unification de la Nation autour d’un projet de redressement et de progrès humain.
Aujourd’hui, le Président comme ses deux prédécesseurs s’acharnent à laminer tous les conquis de ce Conseil National de la Résistance. Progressivement, s’est installé la monarchie présidentielle, le mépris des corps intermédiaires et des travailleurs, ces gens de peu qui « ne sont rien », la mise en lambeaux du Code du travail et les privatisations, le chômage et la précarité du travail qui se substituent au pacte social instauré au sortir de la guerre, alors qu’une partie de la bourgeoisie avait pactisé avec l’ennemi.
Avec obstination, E. Macron entend bien achever le travail pour lequel les gros propriétaires privés, les actionnaires ont favorisé sa réélection. Le passage de la Sécurité sociale aux assurances privées, les pénuries à l’hôpital public, la destruction de l’allocation chômage, l’allongement de la durée du travail, le recul de l’âge donnant droit à la retraite, la mise en cause du statut de la fonction publique à l’école ou dans les transports, l’appauvrissement et la mise pas de l’audiovisuel, la défiguration de la laïcité… Un ordre moral rétrograde et autoritaire, telles sont les grandes lignes de l’agenda présidentiel, soigneusement dissimulé durant les campagnes électorales.
Bref, le pouvoir met en place une escroquerie, déguisée en « machin au service de la démocratie », pour obtenir des salariés qu’ils participent à leur propre exploitation et de préserver les puissances d’argent dont la soif de profit n’est jamais assouvie.
Si le pouvoir avait le souci de l’écoute et du bien commun, il aurait pris en compte les conclusions de la Convention citoyenne. Or, il s’est empressé de rejeter la modeste proposition de taxation à 4% des dividendes, l’introduction de la préservation du climat dans la constitution, l’interdiction de zones commerciales dans les milieux naturels et un grand plan de rénovation énergétique des bâtiments.
Nul besoin aujourd’hui de réunir quelque « comité Théodule » pour appliquer une taxe sur les superprofits, augmenter les salaires et déployer une nouvelle politique industrielle et agricole, riche en emplois et facteurs de bifurcations environnementales.
Pas besoin de comité Théodule pour empêcher que le coût de production d’un mégawatt d’électricité passe de 50€ à 1000€ par la funeste magie de la spéculation en bourse.
Mais, c’est précisément ces sujets que le pouvoir veut éviter. Ce n’est pas un signe de force ! Bien au contraire, les fondés de pouvoir du capital partout en Europe sont dans une dangereuse impasse. Ils peuvent conduire au pire, comme on le voit en Italie, mais en France aussi avec une extrême droite banalisée, introduite grâce au pouvoir dans les rouages institutionnels.
Le Président n’a pas caché les inquiétudes de la classe qu’il sert devant la conférence des ambassadeurs la semaine dernière : « l’ordre économique, le capitalisme ouvert qui était une force… s’est déréglé. Et la confiance dans celui-ci n’est plus la même, dans notre pays et à l’international. C’est une réalité » Il dit tout d’une situation qui l’inquiète au plus haut point en cette rentrée.
Raison de plus d’ouvrir le débat sur l’après-capitalisme. Dans quelques heures, cette question peut parcourir, les centaines de débats, de concerts, d’expositions, de rencontres et les allées de la grande Fête de l’Humanité qui s’annonce, comme le grand événement populaire, festif, fraternel, culturel, politique et démocratique, ouvert sur le monde, de cette rentrée.
Les tenants du pouvoir indiquent eux-mêmes le niveau auquel nous devons porter notre intervention. Faisons-le. C’est le moment !
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La Fête de l’Humanité est le grand moment politique de la rentrée, la plus ancienne et la plus grande fête populaire de France, un des deux ou trois plus grands festivals de France aussi, réunissant plusieurs centaines de milliers de personnes chaque année.
Cette année, les vendredi 9, samedi 10, et dimanche 11 septembre, la fête de l'Humanité se transporte sur un nouveau site, à Bretigny-sur-Orge- Plessy Paté dans l'Essonne, base 217, après 22 ans passés à Dugny-La Courneuve.
Nous entrons maintenant dans la dernière ligne droite de la préparation de la Fête c’est particulièrement vrai aussi pour la diffusion du bon de soutien à 35 euros. Que vous veniez ou non à la fête, pour pouvez acheter un bon de soutien auprès des militants et sections communistes du département pour soutenir L'Humanité et la fête de L'Humanité.
Nos monteurs du PCF Finistère (une vaillante équipe d'une douzaine de personnes) arrivent lundi 5 septembre sur le site avec le poids lourd qui transporte le stand et le matériel du stand.
Puis ce sera parti pour 3 jours de montage.
Les fédérations bretonnes auront des stands voisins comme chaque année à la fête de l'Humanité et comme chaque année aussi, un espace Bretagne commun de débats, de rencontres, et de concerts.
Voici le programme.
La fête de l'Humanité, c'est aussi une programmation politique et musicale très dense.
Vous pouvez la retrouver sur le site de la fête de l'Humanité, ainsi que toutes les informations pour l'accès au site:
https://fete.humanite.fr/
https://fete.humanite.fr/programmation-musicale/#/
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La problématique de l’indépendance énergétique de notre pays est ancienne et se pose encore crûment au regard des enjeux environnementaux, sanitaires et géopolitiques actuels. Pour ce qui est de l’énergie électronucléaire, la France dispose de réserves d’uranium qui garantissent pour plusieurs années son approvisionnement dans ce secteur.
Marie-Claire Cailletaud est dirigeante CGT, responsable des questions industrielles.
UN PEU D’HISTOIRE
La France est pauvre en ressources fossiles, alors qu’elles sont historiquement le principal moyen de produire de l’énergie. De ce fait, elle a fait appel aux importations : premier importateur de charbon entre les deux guerres, le pays a eu également recours à l’importation de quantités croissantes d’hydrocarbures.
La reconstruction nationale après la Seconde Guerre mondiale s’appuiera fortement sur le charbon. La mobilisation des mineurs pour la production est décrétée en 1945 par le général de Gaulle et Maurice Thorez : ce sera la bataille du charbon pour contribuer au redressement économique du pays, pour lequel il fallait plus d’électricité. À cette époque la production d’électricité nationale est due essentiellement à des centrales thermiques fonctionnant au charbon et à des barrages hydrauliques dont s’est dotée la France. En 1960, 56 % de la production d’électricité proviennent de l’hydraulique – qui reste la première source renouvelable de production d’énergie en France.
Donc, au milieu du XXe siècle, les seules ressources nationales importantes dans ce domaine étaient la thermoélectricité et l’hydroélectricité. Cette situation a eu plusieurs conséquences. La dépendance énergétique de la France est de 75 % à la veille du premier choc pétrolier. Le pays a eu très tôt une politique d’« efficacité énergétique ». Rappelons la campagne « La chasse au gaspi », lancée en 1979, pour inciter les automobilistes à économiser le pétrole et plus tôt, en 1976, le slogan décrétant que, « en France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées ».
Mais la question de la dépendance énergétique, et donc de l’indépendance énergétique, s’est posée dès la Première Guerre mondiale (George Clemenceau est contraint de pousser un cri d’alarme auprès de ses alliés américains en 1917). Au cours du siècle, le lien entre maîtrise de l’énergie et puissance industrielle s’affirme, prenant même une dimension politique, comme l’illustrera la crise de Suez, en 1956. Et la naissance même de l’Europe s’est appuyée sur une alliance autour du charbon et de l’acier1 ; l’objectif alors affiché est bel et bien politique : empêcher une nouvelle guerre en unissant le charbon et l’acier, base de l’industrie de la France et de l’Allemagne.
Échantillon d’oxyde d’uranium sous forme solide. Les stocks de ce composé dont dispose notre pays nous mettent à l’abri d’une pénurie pour quelques années.
Ces questions géostratégiques continueront de se poser, que ce soit pour les ressources fossiles ou pour les métaux, en particulier les terres rares nécessaires dans toutes les nouvelles technologies (batteries de voiture, d’ordinateurs, de téléphones ; cellules photovoltaïques ; aimants des éoliennes…) : « Le Moyen-Orient a le pétrole, nous avons les terres rares », déclarera Deng Xiaoping en 1992.
La question de la dépendance énergétique, et donc de l’indépendance énergétique, s’est posée dès la Première Guerre mondiale.
L’affaire de Suez, qui priva le pays de 90 % de ses approvisionnements énergétiques, conduisit à développer les recherches autour de l’atome civil pour s’affranchir de la dépendance au pétrole. Cela aboutit à la construction, de 55 réacteurs nucléaires entre 1974 et 1980. Ainsi, et avec la fermeture progressive des sites d’extraction de charbon2, la production d’électricité se fait essentiellement à partir de l’énergie nucléaire et hydraulique.
Un dernier marqueur de la politique énergétique française, et pas des moindres, est constitué par le rôle de l’État dans le domaine et par le fait qu’il y a eu, jusque dans les années 2010, un consensus entre les gouvernements successifs sur la place de l’énergie dans la politique du pays et la nécessité de diminuer la dépendance énergétique pour s’affranchir des aléas politiques : en 1928, avec la loi sur les hydrocarbures, la France créa une industrie de raffinage du meilleur niveau européen ainsi qu’une industrie parapétrolière qui devint la deuxième au niveau mondial ; en 1945 est mis en place le Commissariat à l’énergie atomique ; en 1946, c’est la nationalisation des Charbonnages de France et celle du secteur électrique et gazier avec la création des deux grandes entreprises publiques, EDF et GDF, qui regroupent la production, le transport et la distribution d’électricité et de gaz.
Si la politique gouvernementale a été très présente dans le secteur, il y a cependant eu rapidement des oppositions entre une vision libérale laissant faire le marché et une vision répondant plus à un État stratège à même de donner des perspectives à un secteur hautement capitalistique et qui nécessite des cycles longs. Le tournant engagé à la fin des années 1990 – et suivi depuis par tous les gouvernements – fait la part belle au marché et s’attache à démanteler et à privatiser les entreprises issues « de l’organisation industrielle et du consensus politique fort » de la seconde moitié du XXe siècle.
LA SITUATION ACTUELLE
Aujourd’hui, l’indépendance énergétique se pose encore plus crûment à l’aune des défis environnementaux posés à l’humanité, dont la production d’énergie est une des causes premières, et, plus récemment, de la crise sanitaire et de la crise géopolitique engendrée par la guerre menée par la Russie en Ukraine qui montre à l’Europe sa fragilité en ce domaine et sa très forte dépendance.
Par ailleurs, la crise de la covid a mis en évidence la très forte dépendance de la France en matière industrielle. Notre pays s’est dramatiquement désindustrialisé : en cinquante ans, la place de l’industrie dans le PIB a été divisée par 2 et plus de 2 millions d’emplois dans ce domaine ont été supprimés. En parallèle, notre balance commerciale est structurellement déficitaire et notre empreinte carbone est égale à 1,7 fois nos émissions de gaz à effet de serre. Dans ce contexte, la nécessité de réindustrialiser le pays ne semble plus faire débat. Cela va nécessiter des transformations profondes dans notre appareil productif, avec une économie plus circulaire et des circuits raccourcis. Pour ce faire, il faudra augmenter la part de l’électricité dans notre bouquet énergétique – une énergie bas carbone pour répondre aux défis climatiques, et non comme celle de l’Allemagne, qui fait redémarrer des centrales à lignite très polluantes. Ainsi la production nucléaire revient-elle sur le devant de la scène.
Aujourd’hui, l’indépendance énergétique se pose encore plus crûment à l’aune de deux éléments majeurs : les défis environnementaux posés à l’humanité, dont la production d’énergie est une des causes premières, et, plus récemment, la crise sanitaire et la crise géopolitique.
La nécessité d’acquérir une forte indépendance énergétique, centrale pour tous les domaines de la vie, pour l’industrie comme pour les citoyens (dans notre pays, 13 millions d’habitants souffrent de pauvreté énergétique), n’est plus questionnée. Bien entendu, indépendance ne signifie pas autarcie, et les secours existants via les interconnexions européennes doivent permettre de parer aux situations difficiles. Il est à noter cependant qu’aujourd’hui ces interconnexions sont développées pour répondre aux besoins du marché et de circulation des électrons plus qu’au besoin de secours, alors que cela conduit à des pertes plus importantes.
Un dépôt pétrolier en Haute-Savoie. Nos réserves d’hydrocarbures représentent moins de six mois de notre consommation annuelle. Or la France dispose d’un stock stratégique d’uranium appauvri qui pourrait couvrir pendant cinq années la consommation d’uranium naturel.
Par ailleurs, cette interdépendance complexifie le système avec les injections prioritaires d’énergies fatales (solaire, éolien…), qui par ailleurs produisent pratiquement dans les mêmes périodes, le foisonnement électrique étant très faible sur la plaque européenne, conduisant même par moments à des prix de marché négatifs.
POUR OU CONTRE LE NUCLÉAIRE
Les arguments pour développer la production nucléaire sont sources de nombreuses controverses. Le sujet de l’indépendance n’y échappe pas. Ainsi affirme-t-on çà et là que l’indépendance du nucléaire serait un mythe puisque nous ne produisons pas d’uranium. L’indépendance serait plus atteignable avec des énergies de flux.
L’uranium n’est certes plus produit en France – la dernière mine a fermé en 2001 – bien qu’il reste des réserves de cet élément dans notre sous-sol, mais dans des sites estimés non rentables. Aussi, ORANO (ex-Areva) extrait de l’uranium dans trois pays (Niger, Canada et Kazakhstan), lequel est converti et enrichi dans l’Hexagone, et produit aussi du MOx3 (usine Melox du Gard) avec lequel il alimente les centrales nucléaires à eau légère. La France réduit ses besoins en uranium naturel en recyclant ses combustibles usés : 10 % de l’électricité nucléaire française est produite à partir de matières recyclées (combustibles MOx). À ce titre, il est à signaler que les stocks dont dispose notre pays nous mettent à l’abri pour quelques années.
À court terme, EDF dispose d’un stock d’uranium en France correspondant à deux ans de production d’électricité ; en comparaison, les réserves d’hydrocarbures représentent moins de six mois de la consommation annuelle française. Enfin, la France dispose d’un stock stratégique d’uranium appauvri qui peut se substituer à tout moment à cinq années de consommation d’uranium naturel en utilisant les capacités modernes de conversion et d’enrichissement domestiques. À moyen terme, la France possède, au travers d’ORANO, un portefeuille de réserves en uranium représentant trente années de consommation. À long terme, les ressources connues en uranium représentent cent trente années de consommation mondiale, et jusqu’à deux cent cinquante si l’on inclut les ressources estimées.
PERSPECTIVES
Le prix de l’uranium intervient peu sur le prix final de production électrique, ce qui nous protège des aléas du marché. De plus, l’avenir de la filière nucléaire passe par les réacteurs de 4e génération, lesquels permettront une indépendance sur des millénaires.
À court terme, EDF dispose d’un stock d’uranium en France correspondant à deux ans de production d’électricité. À moyen terme, elle possède, au travers d’ORANO, un portefeuille de réserves en uranium représentant 30 ans de consommation.
Pour produire une même quantité d’électricité, le réacteur EPR consommera 7 à 15 % d’uranium en moins que les réacteurs de 2e génération. Et les réacteurs de 4e génération iront encore plus loin : ils réduiront pratiquement à néant l’éventuelle problématique d’une hypothétique dépendance à l’uranium ; ils seront capables d’éliminer pratiquement tous les déchets et ne nécessiteront pratiquement plus d’uranium. En effet, l’avantage de ce type de réacteur, c’est qu’il produit plus de combustible qu’il n’en consomme. Il ne nécessiterait que 1 à 2 t d’uranium naturel par an.
Environ 250 000 t d’uranium appauvri sont actuellement entreposées sur plusieurs sites en France. Avec les réacteurs de 4e génération, les stocks d’uranium appauvri disponibles, en combinaison avec les combustibles usés contenant du plutonium, permettront, à partir du siècle prochain, de s’affranchir totalement des mines d’uranium pendant des millénaires : on valorisera dès lors les 99 % de l’uranium extrait mis actuellement de côté.
Contrairement à d’autres matières premières – le pétrole par exemple –, la « Bourse » de l’uranium n’est pas très développée. La majorité des échanges se fait au travers de contrats à long terme, s’étalant parfois sur plus de dix ans, qui permettent une stabilité des prix. L’uranium ne représente qu’une faible part du coût complet de production de l’électricité d’origine nucléaire, de l’ordre de 5 %, ce qui nous met à l’abri des fluctuations de marché. De la sorte, si le prix de l’uranium montait, l’impact serait faible : à titre d’exemple, un doublement du prix de l’uranium se traduit par une augmentation d’environ 5 % du coût de production de l’électricité nucléaire. En revanche, quand le prix du gaz double, le coût de production de l’électricité produite par combustion de gaz augmente d’environ 60 %.
Enfin, concernant la possibilité d’avoir une réelle indépendance avec des énergies de flux, celles-ci ont besoin pour produire de l’électricité de matériaux ainsi que de métaux stratégiques et de terres rares qui ne sont pas produites sur le sol national.
1. C’est la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), créée en 1950.
2. Le 21 décembre 1990, le dernier puits en activité dans le nord de la France arrête sa production.
3. Le MOx (mixed oxide) désigne un combustible constitué d’un mélange d’oxydes de plutonium et d’uranium.
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Cette fin d’été sonne comme un tocsin, révélateur d’un système capitaliste à bout de souffle. Un système qui, non seulement démontre désormais son incapacité à répondre aux besoins humains et aux défis de la nature, mais devient dangereux pour le devenir de l’humanité et de la civilisation. Les dérèglements climatiques menacent, tout comme les guerres économiques et militaires si proches de nous. Dans les obligatoires et inquiétants constats égrenés sous forme de plaintes douloureuses ces dernières semaines, il manque le lien ténu entre le sort fait aux familles populaires, aux travailleurs du monde entier, les bouleversements climatiques et un système dont, la nature même, est de promouvoir l’argent-roi pour une infime minorité contre le travail et la création, les biens communs et la nature : le capitalisme. Pourtant, déjà, en particulier dans la jeunesse, pointe une conscience certes encore hésitante mais bien réelle, qu’il ne sera pas possible d’affronter victorieusement les colossaux enjeux ; climatiques, sociaux et démocratiques de notre époque sans mettre en cause le système d’organisation de la société qui, sans cesse les perpétue. Cela ne signifie en rien qu’il faille sous-estimer le poids que les idées réactionnaires de droite et d’extrême-droite ont prises partout. Si bien que se déploie un puissant débat et combat idéologique. Une lutte des classes. Les forces de la conservation – et elles sont puissantes – font feu pour sauver le système.
Les forces de transformation se cherchent et se déploient. Ce combat ne laisse que peu de place à l’eau tiède. Un combat entre l’ancien qui se meurt et le nouveau qui se cherche encore. Ce constat semble bien être la grande originalité du moment que nous vivons. De son issue dépend le passage ou non à un mode d’organisation supérieur de la société, dépassement du mode actuel comme le fut en son temps le capitalisme se libérant du féodalisme. Cette évolution révolutionnaire trouve son origine dans les contradictions générées par le capitalisme dans sa phase actuelle : mondialisé, financiarisé, militarisé. Des centaines de millions de citoyens du monde, commencent plus ou moins consciemment, à l’attribuer aux décennies de politiques favorisant la rapacité des marchés financiers et des oligopoles internationaux, à l’accumulation des richesses dans les mains d’une minorité de personnes. Tout cela a été rendu possible grâce à des responsables politiques, devenus fondés de pouvoir, des intérêts des puissants qui eux-mêmes se sont dotés de médias pour enseigner, populariser, vulgariser les dogmes néolibéraux faisant croire que leur politique est la seule possible.
Une politique qui s’apparente à une véritable guerre sociale, contre les classes les plus modestes et les classes moyennes, dévalorise le travail en l’exploitant toujours plus, dépossède les salariés de leurs droits, lamine et privatise les services publics prétendument au nom de l’efficacité, fait croire à l’inéluctabilité de la « compétitivité » dans la « concurrence libre » comme moyen de développement, met en cause la vie sur terre, dans les mers et pollue l’espace. Tout l’édifice commence à s’écrouler sous nos yeux. Les forces du capital sont sur la défensive. On a vu ces derniers jours comment le Président de la République cherche à contourner les obstacles en utilisant des sparadraps pour réparer une béante fracture. On voit comment les médias au service de sa politique, culpabilisent les citoyens pour mieux faire accepter une nouvelle phase d’austérité. Ils savent que les tréfonds de la société sont en ébullition. Pour tenir et détourner l’attention, l’extrême-droite sert d’épouvantail et de béquille au Système, au risque de la faire triompher comme cela semble malheureusement possible en Italie. Mais une autre voie est possible : progressiste, démocratique, écologique, fraternelle.
Des reculs conséquents peuvent leur être imposés. Pas dans un avenir idéalisé mais dans le présent, ici et maintenant. Après la contagieuse maladie destructrice qui ronge notre système de santé jusqu’à ne pouvoir soigner tout le monde, nous sommes à ce point où il n’y a plus assez d’enseignants pour éduquer nos enfants. Voilà le résultat de l’odieux « dégraissage du mammouth » voulu par un ministre de l’Éducation d’un gouvernement de gauche. Le même d’ailleurs qui contestait les travaux de chercheurs alertant sur les bouleversements climatiques. Mais sur le dos du fameux « mammouth », il ne reste que la peau et les os à tel point qu’on prétend former, à la veille de la rentrée scolaire, en quatre jours, des « enseignants contractuels » livrés à des classes de trente élèves. On ne saurait faire pire pour dégouter dès les premières semaines des centaines de volontaires et ainsi accentuer le déclassement d’une fonction enseignante dont on dit qu’elle est l’une des plus belles, mais beaucoup moins, l’une des plus difficiles aussi. N’y a-t-il pas meilleur moyen de dégouter les enseignants, en négligeant l’investissement que la Nation doit consacrer à la formation de sa jeunesse pour préserver les intérêts des actionnaires chez Total et dans les entreprises profiteuses de guerre et de catastrophe ? À elles, l’abondance de rentabilité, à l’école et l’Hôpital publics les pénuries. L’avenir du pays, ses développements scientifiques, technologiques, culturels, démocratiques, ses capacités d’innovation sont en cause. Le Président de la République l’assume ouvertement puisque devant les recteurs d’académie, il s’est exclamé : « Plus de moyens, nous l’avons déjà fait tant de fois dans l’histoire ». A quoi joue- t-il ?
A cyniquement afficher sa détermination à ne rien céder et à poursuivre l’affaiblissement de l’Éducation nationale alors qu’il va appeler à augmenter les crédits militaires. Or, les difficultés de recrutement dans certains secteurs de production mettent à nu les immenses besoins de formation et d’augmentation des rémunérations. Ce sont les mêmes arguments méprisants qui sont employés à l’encontre des personnels de santé, leurs qualifications et leurs rémunérations, pour préparer la déstructuration de ce service public avec les redoutables conséquences que produit la restriction de l’accès aux soins. D’autres exemples méritent d’être étudiés. Ainsi, on ne parle même plus seulement de « profits » mais de « superprofits » pour quelques groupes industriels et financiers. Ceux-ci sont issus à la fois de la surexploitation du travail, des subventions publiques, de la prédation de la nature et de la spéculation. Il nous a été servis maints discours sur « la souveraineté européenne » voici que les Etats-Unis s’y réinstallent en force et que la valeur de l’Euro passe en deçà de celle du dollar.
Si les méga-feux ont certes différentes origines, c’est au nom de l’austérité qu’a été réduit le nombre de pompiers, pressuré les autres, diminué les moyens de l’Office national des forêts et éliminé des petits élevages permettant d’entretenir les forêts et les friches. On a préféré importer du mouton des anciens pays du Commonwealth. Ajoutons, qu’avec le prix d’un seul avion rafale, on pourrait acheter sept Canadairs. Que dire également du mépris avec lequel ont été traités, il y a une vingtaine d’années les propositions des travailleurs d’Eurocopter de la Courneuve et de Marignane en lutte contre la fermeture de leurs sites industriels. Ils avaient proposé de transformer leurs usines en centres de construction d’hélicoptères anti-feux. Le gouvernement et les dirigeants de l’époque avaient préféré troquer l’emploi contre la valorisation des cours en bourse. Il ne suffit pas de pleurnicher sur la flambée des prix de l’électricité et du gaz en faisant semblant de protéger les familles populaires alors que les pouvoirs successifs, avec la Commission européenne, ont organisé la privatisation du secteur au nom de… la baisse des prix. Il y a bien urgence à sortir des directives organisant le marché unique européen de l’électricité et de faire d’EDF, la grande entreprise nationale, innovante pour les énergies de demain, propriété de ses travailleurs et de la Nation. Ce serait une désobéissance heureuse !
De même, il est totalement mensonger de prétendre améliorer le climat quand on favorise les transports de marchandises par camion et quand on impulse les cars « Macron » au détriment d’une grande SNCF disposant de moyens nouveaux pour développer le transport fret, ouvrir de nouvelles lignes interrégionales et diminuer le prix des billets, voire d’initier des prix très bas pour les transports régionaux, comme en Allemagne ou en Autriche.
Le même effort herculéen devra être fait pour la rénovation des habitations et les nouvelles constructions plus économes en énergie. Comment, sérieusement avoir le culot de se plaindre du manque de pièces pour terminer le montage des automobiles ou d’autres produis industriels quand, au nom de l’efficacité et de la baisse des coûts, le capitalisme a organisé une division internationale du travail, afin d’exploiter en Asie une main-d’œuvre sous-payée mise en concurrence avec la nôtre.
Les travailleurs et les citoyens paient doublement aujourd’hui l’interdépendance des économies et des systèmes productifs, la rupture des chaines logistiques alors que nos capacités de production industrielle et agricole ont sans cesse été affaiblies et des masses énormes d’emplois détruits. On pourrait ainsi multiplier les exemples montrant l’inefficacité et la perversité de choix politiques et économiques fait ces dernières décennies sous l’impulsion des institutions internationales et de l’Union européenne au service du capitalisme financier, de plus en plus militarisé.
Il n’y a de solutions ni au dérèglement climatique en cours, ni à la croissance des inégalités, ni aux tensions guerrières mondiales sans transformer profondément les systèmes productifs et de distribution, sans contester concrètement l’accaparement des richesses par une infime minorité, sans protéger et valoriser les biens communs avec de grands services et de grandes entreprises publics, propriété réelle de la Nation, sans une protection sociale élargie jusqu’au cœur du système productif, sans une démocratie nouvelle irriguant les entreprises et les banques. Bref, les urgences invitent les peuples à s’engager dans la construction de processus communistes. Peu importe, d’ailleurs le nom qu’ils portent s’ils surpassent un capitalisme dont on voit mieux aujourd’hui qu’il conduit la civilisation, l’humanité vers des impasses mortelles. Ses heures d’apogée sont derrière lui. Qu’une majorité d’hommes et de femmes décident, avec lucidité, détermination et créativité de s’y engager et tout sera possible, en vrai. Pas qu’en rêve.
Comme à d’autres périodes de l’Histoire de l’humanité, le mouvement populaire doit inscrire ses aspirations, ses combats dans une nouvelle conception de la vie en commun, dans l’invention de l’après capitalisme. Nous en discuterons amplement lors des trois belles journées qui s’annoncent avec la Fête de l’Humanité.
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