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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 08:51
L’apartheid israélien dénoncé à l’Assemblée

Parlement Un texte soutenu par le groupe PCF et des élus insoumis, socialistes et écologistes vise à obtenir de la France la dénonciation du régime de ségrégation dont est victime le peuple palestinien.

 

Plusieurs députés de gauche, à l’initiative des communistes, font de la question palestinienne une priorité. L’élu PCF Jean-Paul Lecoq, par ailleurs vice-président de la commission des Affaires étrangères, a déposé, mi-juillet, une proposition de résolution « condamnant l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien » et invitant la France à « reconnaître la Palestine comme un État souverain et autonome », comme l’ont déjà fait 139 pays. Ce texte a été cosigné par 38 députés issus des quatre groupes de gauche. En décembre 2014, déjà, les représentants de la nation avaient majoritairement invité, sans succès, le « gouvernement français à reconnaître l’État de Palestine en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit ».

Citant la fameuse phrase de Nelson Mandela, prononcée en 1997 –  « Notre liberté est incomplète sans celle des Palestiniens » –, les signataires rappellent que « tous les critères pour qualifier le régime d’apartheid mis en place par l’État d’Israël sont réunis », dont l’organisation d’un « régime institutionnalisé d’oppression et de domination systématique par un seul groupe racial ». Le texte ajoute ­qu’Israël « exprime une intention claire de maintenir le régime d’apartheid » et « a perpétré plusieurs actes inhumains énumérés par la Convention sur le crime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien ».

Des voix s’élèvent aussi à l’ONU

Le texte s’appuie pour cela sur les récentes analyses d’organisations des droits humains, internationales comme Human Rights Watch et Amnesty International, ou israélienne, à l’instar de B’Tselem, qui, toutes, dénoncent l’apartheid mis en place par Israël. Il cite également le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. Le 25 mars, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, par la voix de son rapporteur spécial, Michael Lynk, a reproché à la communauté internationale d’avoir permis à Israël d’avoir « instauré pendant des décennies d’occupation un système politique » qu’il a qualifié d’ «apartheid ».

Les signataires demandent également la « reconnaissance de l’État de Palestine » par la France. Dans ce sens, celle-ci pourrait être « à l’initiative au sein de l’Union européenne ». Ils insistent aussi sur la « reconnaissance de la légalité de l’appel au boycott des produits israéliens », la France ayant été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir criminalisé ce qui est un acte citoyen et de liberté d’expression, Israël étant un État. Enfin, ces députés invitent le gouvernement à appeler à l’ONU à un embargo sur les fournitures d’armes à Israël et à imposer des « sanctions ciblées » aux responsables israéliens « les plus impliqués dans le crime d’apartheid ».

Pour Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne, « ces 24 pages transpirent la détestation d’Israël », comme il l’a dénoncé sur Twitter. « Il ne s’agit évidemment pas d’une initiative de la Nupes, jamais évoquée ni a fortiori décidée dans notre intergroupe (sic). Des députés PC, FI, EELV et PS l’ont signé individuellement », assure- t-il, ajoutant que le PS ne suit « pas du tout ces positions ».

les Attaques du crif et de la licra

Sans surprise et comme à chaque fois que la moindre critique s’exprime à l’encontre d’Israël, le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) y voit « le reflet d’un antisémitisme, qui s’affuble du masque de l’antisionisme », qui contribuerait à « attiser la haine » en France « au mépris de la sécurité des Français juifs ». « Nous ne laisserons pas s’exprimer cet antisémitisme obsessionnel d’une certaine “gauche” qui déshonore la République et cherche à enflammer l’opinion », a aussi tweeté la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Israël serait ainsi un État au-dessus des lois internationales. Le texte, pourtant, soutient une solution fondée sur « la coexistence de deux États, sur la base des frontières de 1967 ». Comme l’a rappelé, vendredi, à Paris, le président palestinien Mahmoud Abbas, alors qu’il était reçu par Emmanuel Macron, aucune des centaines de résolutions des Nations unies concernant Israël n’a jamais été appliquée !

Pour être débattu dans l’Hémicycle, il faudrait que ce projet de résolution soit inscrit à l’ordre du jour par le groupe communiste à l’occasion d’une journée réservée à ses textes. Présenté en séance, il devrait permettre d’avoir un échange sur la situation au Proche-Orient et de sortir des vagues déclarations sur la solution à deux États ou sur les condamnations d’une colonisation et d’une occupation israéliennes qui se poursuivent.

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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 05:25

 

 

Il y a quelques jours, l’ONU a rendu son rapport sur l’évolution de la population mondiale. Celui-ci a fait peu de bruit, c'est à se demander si les responsables politiques s’intéressent encore à la démographie et aux réalités.

Ce rapport soulève pourtant quelques bouleversements mondiaux.

Le premier constat est que la population continue à croître. Nous devrions arriver aux 8 milliards d’habitants d’ici 2022 mais le nombre d’habitants sur terre devra cesser de croître plus tôt que prévu. L’équilibre démographique devrait être atteint vers 2080 avec 10,4 milliards de personnes. Dès 2023, l’Inde devrait devenir le pays le plus peuplé au monde.

Un deuxième constat est que la pandémie de covid-19 a provoqué une surmortalité de 14,9 millions d’individus en 2020 et 2021 mais elle est restée sans conséquence sur le taux de fécondité mondial.

Un troisième constat est le vieillissement de la population. Le groupe d’âge qui enregistre la croissance la plus rapide est constitué des personnes de 65 ans et plus. Le nombre de personnes âgées dans le monde dépassera d’ici 2050 celui des adolescents et des jeunes de 15/24 ans. Il est évident que ce constat va avoir des conséquences très importantes et devra être pris en compte dans les choix politiques de santé et de protection sociale.

Le quatrième constat est au sujet des déplacements de population. Les personnes vivant en dehors de leur pays d’origine étaient au nombre de 272 millions de personnes en 2019, ce qui représentait 3,5% de la population mondiale et il est bon de rappeler que c’est l’Asie qui abrite le plus grand nombre de migrants (personnes vivant en dehors de leur pays d’origine) mais aussi que l’Afrique est le continent qui a connu la plus forte hausse de migrants internationaux accueillis. Ce constat, en y ajoutant le vieillissement de la population, en particulier en Europe, rend totalement délirant les politiques d’Europe forteresse comme l’a dit lors d’une interview Souleymane Boel, un scénariste vivant à Trappes « Si la terre à des frontières, les rêves des migrants n’en auront jamais ».

Le cinquième constat est que la population vivant en ville continue d’augmenter. À l’heure actuelle, environ 55% de la population mondiale vit en ville et ce taux approchera certainement 70% en 2050. Cette urbanisation est particulièrement vraie en Asie et en Afrique. Cette forte croissance de l’urbanisation crée un problème mondial concernant le logement, les infrastructures d’assainissements et de transports. Rappelons le déséquilibre énorme que cela crée, les villes occupent moins de 2% du territoire mondial mais produisent 80% du produit intérieur brut mondial.

Si la politique c’est prévoir et bien voilà des constats qui doivent clairement nous amener à réfléchir, prendre des décisions de développement durable, de respect de la dignité humaine, de leur choix, de culture de paix sans avoir peur de l’avenir et des déplacements de population.

Cécile Dumas

Responsable-adjointe du secteur international

Responsable de l'Amérique latine et des questions migratoires

 

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26 juillet 2022 2 26 /07 /juillet /2022 05:22

Le ministère de l'Économie va transmettre le Programme de stabilité à la Commission européenne prévoyant notamment de contenir à 0,6 % par an la hausse de l'ensemble des dépenses publiques jusqu'en 2027, de reculer l'âge de départ en retraite ou encore de continuer à dégrader les droits des privés d'emploi.

Ce tour de vis financier a un nom : l'austérité !

 

L'austérité pour les dépenses utiles au pays, pour les services publics qui sont pourtant déjà en grande difficulté comme l'école ou la santé, pour les familles et le monde du travail, pour répondre au défi climatique.

L'austérité encore et toujours pour les collectivités territoriales et les services publics locaux qu'elles assurent. Déjà, le gouvernement se refuse à compenser le coût de l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires sur les budgets locaux, alors que les agents publics des collectivités exercent leurs missions au nom de l'État. Comme il se refuse à compenser l'augmentation des dépenses de RSA engagées par les Départements, alors que l'État est responsable des politiques publiques en matière d'emploi.

Pas d'austérité par contre pour les grandes entreprises qui bénéficieront de nouvelles baisses des impôts de production et d'exonérations de cotisations sociales qui privent la sécurité sociale des ressources essentielles à son fonctionnement.

Pour les communistes, à l'opposé des réformes programmées, le droit à la retraite à 60 ans à taux plein et la sécurisation de l'emploi et de la formation sont des chantiers urgents à ouvrir. Et les services publics ne sont pas un « coût » à réduire pour sortir le pays de la crise. Ils sont au contraire les garants de l'égalité des droits, quand les lois du marché ne garantissent que ceux des plus riches. Ils sont le levier pour affronter le défi climatique et pour faire face au chaos économique qui s'annonce, pour soutenir les TPE-PME et nos grandes filières. Ils sont indispensables pour sortir de l'ornière creusée par des décennies de politiques au service du capital.

Les Français et les Françaises peuvent compter sur le PCF pour combattre ce nouveau programme d'austérité et être une force de proposition pour mobiliser autrement les richesses, pour l'emploi, les salaires, pour l'extension et le développement des services publics, la reconquête industrielle et la révolution écologique.

Avec le financement par la BCE d'un fonds à 0 % pour ces objectifs, au lieu de continuer à déverser des centaines de milliards d'euros vers les marchés financiers.

Avec la remise à plat des 160 Mds d'aides aux entreprises, essentiellement accaparées par les multinationales, le rétablissement des impôts sur les grandes sociétés supprimés pendant le précédent quinquennat.

Le PCF appelle, dès la rentrée, à la mobilisation la plus large dès la rentrée pour mettre en échec gouvernement et Commission européenne sur leur projet d'austérité budgétaire.

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25 juillet 2022 1 25 /07 /juillet /2022 05:18

 

 

Contrairement aux apparences, l’étatisation de l’entreprise publique Électricité de France n’est pas une bonne nouvelle. De considérables enjeux rôdent autour de cette annonce, alors que la crise énergétique prend chaque jour un peu plus d’ampleur. La peur d’une grande panne cet hiver se répand dans les entreprises. Des rationnements sont même envisagés pour les particuliers. EDF est au bord de l’effondrement financier. Sa notation par les agences liées aux marchés financiers et aux bourses a frôlé la chute libre.


En cause ? Les abyssales pertes de l’entreprise qui pourraient avoisiner des sommes astronomiques, entre 10 à 15 milliards d’euros. L’endettement du groupe fait un bond saisissant en passant de 40 milliards d’euros en 2021 à 70 milliards cette fin d’année. Pourquoi ces chiffres sont-ils cachés, y compris dans le discours de politique générale de la Première ministre ?


Cette situation préoccupante ne tombe pas du ciel. Il faut en rechercher les causes dans les décisions dogmatiques de la Commission européenne et des gouvernements successifs qui les ont appuyées en déréglementant le « marché de l’énergie » au bénéfice de fournisseurs « alternatifs » qui ne produisent pas le début d’un kilowatt d’électricité.

Au nom d’un bouclier énergétique, le gouvernement a en effet imposé à EDF d’augmenter ses volumes d’électricité nucléaire vendue à ses concurrents en l’obligeant à acheter sur « le marché » au prix cher les quantités d’électricité qu’elle est incapable de produire. Elle achète donc de l’énergie chère, aux alentours de 300 € le MWH, pour les revendre 30 € le MWH à des entreprises qui ne font que commercialiser cette même électricité. Cette opération suicidaire va coûter, au bas mot, 8 milliards d’euros à la société publique. Elle est ainsi volontairement mise à sac, alors qu’elle doit supporter les coûts de production et l’entretien des centrales dont une importante partie est actuellement en maintenance.

 

Le gouvernement aurait dû prendre la même décision que le gouvernement espagnol en sortant « du marché européen » de l’électricité. S’il avait diminué la TVA à 5,5%, s’il ne s’était pas lancé, sur injonction de M. Macron, dans les aventures de l’EPR Hinkley Point au Royaume-Uni, ou dans les tribulations de la construction de celui de Flamanville, nous n’en serions pas là.


À ces difficultés financières, il faudra ajouter 12,5 milliards d’euros pour le remboursement des actionnaires minoritaires. Il est sidérant que le Président de la République n’ait dit mot de cette funeste opération durant sa campagne électorale.

Mieux, le ministre de l’Économie, Bruno Lemaire, a annoncé qu’il n’y aurait pas de débat au parlement sur ces lourds problèmes. L’opacité reste donc de rigueur.


La vérité est que ce projet « d’étatisation » vise deux objectifs : nationaliser les pertes, tandis que les profits seront privatisés. Et, derrière cette opération, se cache le projet destructeur de démembrement de l’entreprise en privatisant certaines entités d’EDF soumises aux imbéciles règles de la « concurrence » des traités européens et des « directives énergie ».


Le pouvoir sait que ce sera la demande des eurocrates bruxellois, gardiens des Tables de la loi des requins de la finance, qui voit l’énergie - dans le contexte géopolitique actuel ! - non pas comme un bien commun, mais comme une formidable source de profit.

 

Déjà, une guerre économique est engagée entre Américains, Français et Russes pour le marché de l’électricité en Ukraine et pour vendre électricité et armements nucléaires à des pays du golfe.


Ceux et celles qui pourraient douter de notre bonne foi peuvent se référer utilement aux manigances du président de la République, qui un jour vend une partie d’Alsthom aux Américains, puis un autre jour la rachète à General Electric quand il ne crée pas les conditions pour faciliter le développement du groupe Uber sur le territoire national, avec sa terrible surexploitation du travail.


EDF n’est pas une entreprise d’État. C’est un service public pour fournir, dans des conditions abordables, un bien de première nécessité aux populations et à la nation.


Le pouvoir doit s’expliquer et rendre des comptes. S’agissant de tels enjeux, le Parlement doit être saisi, une commission d’enquête parlementaire doit pouvoir faire la clarté sur la situation d’EDF. Un débat public associant salariés de l’entreprise, usagers, élus, entreprises, collectivités territoriales doit avoir lieu. Il est grand temps que les salariés puissent être parties prenantes des choix d’EDF. Le pouvoir doit cesser de chercher des boucs émissaires et de culpabiliser les salariés et les cadres de l’entreprise. Il doit répondre de ses actes et enfin travailler à l’élaboration, avec les salariés et les citoyens, d’un projet neuf de sécurité et de souveraineté énergétiques respectueuses, des normes environnementales et de protection du climat.

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24 juillet 2022 7 24 /07 /juillet /2022 05:42

 

 

Ces combats sont d’autant plus indispensables, que le pouvoir refuse d’entendre ce qu’ont exprimé les électrices et les électeurs à l’occasion des récentes consultations électorales. S’il en est ainsi, c’est parce que ce pouvoir de classe est au seul service de la classe dominante.


Les révélations du consortium international des journalistes d’investigation le démontrent amplement à propos du groupe Uber. On y voit à quel point les connivences, la consanguinité entre le Président et le grand capital international sont profondes. Dix-sept rendez-vous cachés entre M. Macron et le patron fondateur d’Uber. Cinquante échanges pour faire sauter les obstacles réglementaires, bloquer les investigations judiciaires et les enquêtes fiscales. Ces gens parlent de République pour mieux la salir, la dévoyer, la trahir. Cela commence à faire beaucoup. La curieuse vente de la production de turbines Alsthom à General Electric, l'introduction des cabinets de conseils McKinsey et autres au cœur de l’État pour mieux le démolir, etc.


Et, comme par hasard, on retrouve les lobbyistes ou anciens lobbyistes de ces entreprises américaines dans la campagne électorale de M. Macron en 2017. McKinsey s’était même mis à la disposition du candidat pour l’aider à construire son programme électoral. Il pourra parler tant qu’il veut de souveraineté, le fait est qu’il vend la France aux géants du numérique nord-américains. On parle d’Uber, mais il a servi tout autant Amazon et Google.


Il défait les lois républicaines pour leur permettre de venir ici surexploiter de jeunes travailleurs à qui on barre la route du salariat pour retourner à une forme de servage. Que le Président dit de « la République » puisse dire qu’il en est très fier dit tout de lui et des intérêts qu’il sert. L’intérêt général l’a quitté, pour peu qu’il l’ait habité un jour.

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24 juillet 2022 7 24 /07 /juillet /2022 05:40

 

Emmanuel Macron reçoit ce 20 juillet Mahmoud Abbas, président de l’État de Palestine. Cette visite intervient dans un contexte où l’oppression du peuple palestinien atteint des sommets. Le colonisé bénéficiera-t-il d’un accueil aussi chaleureux que le colonisateur, l’occupé que l’occupant ?

L’assassinat de Shireen Abu Aqleh a mis en lumière la violence de l’occupation israélienne : ce sont 60 Palestiniens et Palestiniennes dont 16 mineurs qui ont été assassiné⸱e⸱s depuis le début de l’année, victimes d’une armée sans limite à qui le gouvernement israélien a donné un permis de tuer garantissant l’impunité aux assassins.

La colonisation, crime de guerre, est en pleine croissance : dans les six premiers mois de 2022, les autorités d’occupation ont approuvé 46 plans pour l’expansion de colonies existantes ou pour l’établissement de nouvelles colonies en Cisjordanie y compris à Jérusalem ; 66 autres plans sont en cours d’approbation.

Les colons, eux, ont établi cinq nouveaux avant-postes sur les terres volées aux Palestiniens, dans les gouvernorats de Ramallah, Naplouse et Salfit et ont continué les agressions quotidiennes des Palestiniens.

Dans le même temps, parallèlement à cette colonisation à marche forcée, pour les Palestiniens, c’est une vague de démolitions : 572 avis de démolition leur ont été notifiés par les autorités d’occupation qui ont procédé à la démolition de 295 structures concernant 445 personnes, dont 212 enfants restés sans toit. Particulièrement visées Jérusalem et la région d’Hébron.

Vague d’arrestations également : depuis le début de l’année, l’armée d’occupation israélienne a arrêté 3873 civils palestiniens y compris des enfants, dont la moitié de Jérusalem-Est. Ce sont 862 ordres de détention administrative (sans charge ni procès) qui ont été prononcés. Les arrestations visent plus particulièrement les militants, les défenseurs des droits humains, les étudiants, les journalistes.

Et toujours l’installation de barrages militaires, la répression des manifestations contre la saisie des terres, les destructions de sources et réserves d’eau, et depuis peu l’interdiction faite aux palestiniens de brandir ou installer leur drapeau national.

Un lieu illustre particulièrement la politique israélienne de dépossession et de nettoyage ethnique : Masafer Yatta dans les collines du sud d’Hébron où la population tente de résister au plus grand transfert forcé de population depuis l’occupation de 1967.

Quant à la Bande de Gaza, elle subit depuis quinze ans un blocus inhumain et des bombardements d’une violence inouïe par l’armée israélienne. C’est l’ensemble de la société palestinienne de Gaza qu’Israël cherche à détruire.


Dans ce contexte, quel message Emmanuel Macron va-t-il choisir d’envoyer au peuple palestinien ?

Va-t-il annoncer à Mahmoud Abbas que le moment est venu pour la France de reconnaître l’État de Palestine, affirmant ainsi la légitimité des droits nationaux du peuple palestinien ?

Va-t-il affirmer que pour Israël l’impunité c’est fini, et décider de sanctions comme il a été prompt à le faire pour la Russie ?

Va-t-il décider que la France et l’Union européenne vont enfin appliquer le droit international et interdire la commercialisation des produits des colonies dans l’UE ?

Emmanuel Macron peut aussi reconnaître qu’Israël exerce à l’encontre du peuple palestinien un régime d’oppression et de domination - un régime d’apartheid - et s’engager dans la voie pour y mettre fin et pour l’égalité des droits.

Il serait grand temps pour la France de marquer solennellement son attachement au droit, par des déclarations fortes et des actions concrètes pour qu’il soit enfin respecté. L’AFPS demande au président de la République d’en finir avec le deux poids deux mesures et d’agir avec la même force contre les crimes de guerre qu’ils soient perpétrés par Israël ou par la Russie. La défense du droit international ne se divise pas.

Le Bureau National de l’AFPS,

Le 20 juillet 2022

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23 juillet 2022 6 23 /07 /juillet /2022 06:19
Aurélien Soucheyre Florent LE DU

Aurélien Soucheyre Florent LE DU

Les prix s’envolent mais les solutions envisagées divisent les députés, comme le démontre l’examen du texte consacré au pouvoir d’achat qui a démarré lundi dans l’Hémicycle et devait s’achever jeudi soir. La Macronie s’est dite ouverte aux « compromis », tout en imposant cette règle : « ni impôt, ni dette supplémentaire » . Et encore moins de mesures structurelles à même de contrer durablement l’inflation qui s’installe. « Le gouvernement doit revoir sa copie de toute urgence », estiment les députés de la Nupes. « La principale cause de la hausse des prix est la spéculation, qui permet l’accumulation des profits, même en temps de guerre et d’urgence climatique », alertent-ils, en plus de pointer que l’exécutif refuse d’aborder « la question essentielle de la répartition des richesses ». Mais la Macronie, en difficulté car privée de majorité ­absolue, a finalement reçu le renfort de la droite (et même parfois de l’extrême droite). « Avec LR, on ne va pas se mentir, on partage la même philosophie sur le travail et les entreprises » , indique Guillaume Kasbarian, député Renaissance, président de la commission des Affaires économiques. La situation politique, dans l’Hémicycle, a amené à une clarification, Renaissance et LR se retrouvant en situation de partenaires pour faire avancer le texte dans un sens commun. Avec néanmoins des surprises : les textes de loi se jouent désormais amendement par amendement, avec des basculements possibles à tout moment. Décryptage.

Des primes plutôt qu’une hausse des salaires

Rachel Keke (FI), en colère, tonne : « Vous méprisez les métiers essentiels. Quand on vous demande l’augmentation des salaires, vous proposez des primes ! » Entre Renaissance et Nupes, deux visions de comment « mieux vivre de son travail » se sont affrontées. La gauche a proposé d’indexer des salaires sur l’inflation et d’augmenter le Smic à 1 500 euros net. Une proposition repoussée par les députés macronistes, LR et RN. Une « honte », selon Fabien Roussel (PCF), pour qui le parti d’extrême droite se comporte en « roue de secours du grand capital » . Jean-Philippe Tanguy (RN) l’assume, évoquant un « mauvais signal envoyé aux marchés » en cas de hausse « d’un coup, des salaires ». Renaissance, LR et le RN ont préféré tripler le plafond de la « prime Macron » (de 1 000 à 3 000 euros), défiscalisée et soumise au bon vouloir des employeurs (moins d’un salarié sur cinq l’a reçue en 2020). Une prime qui, selon Olivier Faure (PS), pourra avoir cet effet négatif : « Un employeur qui a le choix entre augmenter les salaires ou verser une prime défiscalisée et sans cotisations choisit le moins coûteux et le moins pérenne. » Avec, à l’arrivée, un manque à gagner pour les recettes de la protection sociale, comme l’a souligné Pierre Dharréville ((PCF). « Quand on procède à ces exonérations, on fait de la Sécurité sociale une variable d’ajustement des politiques économiques », a dénoncé le député, qui est ensuite parvenu à faire adopter un amendement visant à ce que l’État compense intégralement auprès de la Sécu les manques de cotisations liés à la prime Macron.

Revalorisation relative des aides et pensions

Il a fallu une déconvenue aux législatives pour que la Macronie écoute enfin des oppositions unanimes : après six refus depuis 2017, toute l’Assemblée a voté pour la déconjugalisation de l’Allocation adulte handicapé (AAH). Dans une rare concorde, les 429 députés présents (à l’exception de Thomas Mesnier d’Horizons) ont validé cette « mesure de justice » défendue depuis des années par les communistes, notamment via un texte déposé à l’époque par Marie-George Buffet. Cela permettra une revalorisation ou un accès à cette allocation pour 270 000 personnes, ainsi qu’une hausse moyenne de 300 euros par personne concernée, à partir d’octobre 2023 (l’amendement de la Nupes demandant une application dès cette année ayant été rejeté). Au-delà de cette mesure bienvenue, les autres revalorisations d’aides et pensions votées constituent un véritable trompe-l’œil. Les hausses de 4 % des retraites, du RSA ou de la prime d’activité restent « inférieures à l’inflation » et correspondent à des anticipations de calendrier, comme l’a rappelé Adrien Quatennens (FI).

Non gelés, les loyers augmenteraient de 3,5 %

Premier poste de dépense des Français, le logement représente en moyenne 22 % de leur budget. Pour « protéger le pouvoir d’achat des Français », comme le clame la Macronie, les députés avaient dans leurs mains un outil efficace : le gel des loyers. La proposition de la Nupes d’interdire leur augmentation jusqu’à fin 2023 a pourtant été refusée par les groupes Renaissance, LR et RN, qui ont préféré voter une limitation de la hausse des loyers à 3,5 % jusqu’en juin 2023. Une mesure qui pourrait au final être perçue comme une « incitation » à augmenter les loyers, s’est inquiété Adrien Quatennens. La majorité l’a justifiée par le besoin de « défendre les propriétaires » tout en estimant que cette possible hausse « est adaptée à une revalorisation des APL au même niveau de 3,5 % », selon Éric Woerth. Un argument fallacieux car si le loyer comme les APL augmentent de 3,5 % chacun, le bénéficiaire de ces aides devra payer davantage de sa poche. Les oppositions ont toutefois arraché la limitation des hausses de loyers à 1,5 % en Corse, 2,5 % dans les outre-mer et 1,5 % dans les zones de revitalisation rurale.

Des miettes pour les carburants et l’énergie

Bloquer les prix des carburants et investir massivement dans les énergies de demain ? Quelle idée ! Les prix s’envolent mais le gouvernement défend une baisse de 18 centimes d’euro par litre à la pompe, ainsi que des aides « ciblées ». Une « usine à gaz », selon LR, qui propose de plafonner les prix à 1,50 euro le litre. À moins que des tractations poussées entre le parti présidentiel et les députés LR débouchent sur une diminution finale comprise entre 30 et 48 centimes d’euro par litre, sans baisse des taxes, dont la TVA et la TICPE. L’exécutif entend également ouvrir un terminal méthanier sur le port du Havre afin d’apporter du gaz de schiste américain. « Nous allons augmenter notre dépendance énergétique aux États-Unis ! » s’est alarmée Sandrine Rousseau (EELV), qui fustige des « mesures climaticides », dont la réouverture de centrales à charbon.

Taxe sur les superprofits ?

Les députés LR ont la main sur l’avenir de la « supertaxe » concernant les profits des compagnies pétrolières, gazières et de transports maritimes, défendue par la gauche. Les députés RN pourraient la voter, tout comme 12 macronistes qui considèrent, à l’instar de Stella Dupont, que « le secteur privé doit être au rendez-vous quand il y a des profits ». Ce serait épouser l’ « idéologie de l’adversaire », selon le ministre Bruno Le Maire, qui entend se passer de milliards d’euros à gagner et compte sur la droite pour y arriver.

Redevance supprimée, service public en danger

La majorité est décidée à supprimer la redevance audiovisuelle, à hauteur de 138 euros par an pour ceux qui la versent. Une mesure qui inquiète quant au financement et à l’avenir du service public audiovisuel. Si des députés de la majorité proposent d’affecter « une fraction » de la TVA, cela constituerait une injustice, selon l’écologiste Sophie Taillé-Polian : «  Les Français qui n’ont pas les moyens de payer des impôts sont exonérés de la redevance mais paient la TVA. Sans compter qu’adosser l’audiovisuel public à une taxe à la consommation, c’est envisager son financement dans un horizon purement consumériste. » En cas de suppression, la Nupes propose d’autres modes de financements : une « redevance audiovisuelle adossée sur l’impôt sur le revenu » pour les écologistes, ou encore une taxe sur les publicités défendue par les communistes. À noter, enfin, que les « Les Républicains » pourraient suivre le gouvernement, qui défend une dotation « exceptionnelle » en lieu et place de la compensation par l’État et pour les collectivités de la hausse du point d’indice des fonctionnaires territoriaux, arrachée par les oppositions en commission

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23 juillet 2022 6 23 /07 /juillet /2022 05:39

 

 

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22 juillet 2022 5 22 /07 /juillet /2022 13:23
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