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21 mai 2022 6 21 /05 /mai /2022 06:24
Législatives. Avec son programme, la Nupes défie Emmanuel Macron (L'Humanité, 19 mai 2022)
Législatives. Avec son programme, la Nupes défie Emmanuel Macron

Les responsables des formations politiques de la coalition de gauche ont présenté leur projet de gouvernement ce jeudi. Des mesures qui sont destinées à « changer la vie » des Français dès le 19 juin, en rupture avec l’austérité pratiquée par la majorité sortante. Jean-Luc Mélenchon appelle à un débat face à Élisabeth Borne. Décryptage

L'Humanité -  le Jeudi 19 Mai 2022

Après l’accord de rassemblement, le programme. La Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) a présenté, jeudi, ce que sera son action au gouvernement après le 19 juin, si elle obtient une majorité à l’Assemblée nationale. Avec 8 chapitres et 650 mesures en tout, cet accord programmatique est large et précis. Il ne se limite pas à une série de « principes communs », comme l’a souligné Jean-Luc Mélenchon, mais vise à « changer la vie des gens dès juin 2022 ». « Nous n’avançons pas masqués », a d’ailleurs pointé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ajoutant que la coalition ne se résume pas à « un cartel électoral ». « Nous sommes présents ici avec enthousiasme, a insisté de son côté Ian Brossat pour le PCF. Le programme permet d’en finir avec cette succession de réformes qui dégradent la vie des Français. » Et c’est l’ambition dont il est porteur qui, selon Julien Bayou, le secrétaire national d’EELV, « permet de faire la jonction de nos forces politiques sur le terrain ».

De la retraite à 60 ans à l’augmentation du Smic à 1 500 euros net, de la sixième semaine de congés payés à la « sécurité sociale professionnelle », ce « programme partagé de gouvernement » peut être à l’origine de nouvelles conquêtes sociales après des décennies d’austérité. Au moment où le Giec ne donne plus que trois ans aux gouvernements du monde pour limiter les effets du changement climatique, la Nupes entend mettre en place la « règle verte » et « planifier la bifurcation et la rénovation écologiques ».

La gauche a donc réussi à s’entendre sur un projet de fond, alors qu’elle n’était jamais parvenue, ces dernières années, à dépasser les contradictions entre ses différentes formations. Ses 650 mesures susciteront, à n’en pas douter, l’ire de la droite et de la majorité macroniste, qui de longue date contestent même la possibilité de leur mise en application. Pourtant, a rappelé Jean-Luc Mélenchon, qui aspire à diriger le gouvernement si la Nupes l’emporte aux législatives, il ne s’agit pas d’un accord décidé à la va-vite « en jouant aux dés ». Le coût de l’investissement nécessaire à la mise en œuvre de ces propositions partagées est de 250 milliards d’euros, selon lui. Les recettes fiscales attendues en retour de la relance, dont le programme serait le moteur, s’élèveraient à 267 milliards. « On peut discuter ce scénario », a-t-il déclaré jeudi matin, mais « il a été inscrit dans le schéma économique de la Banque de France ». Tandis qu’en face, le programme d’Emmanuel Macron consiste à « réduire les dépenses publiques » avec pour conséquence qu’à « la fin, tout s’effondre », a opposé l’insoumis, tout en appelant de nouveau la première ministre Élisabeth Borne à venir en débattre avec lui.

LaREM Pendant cinq ans, la politique économique d’Emmanuel Macron s’est résumée en un mot : le « ruissellement ». En somme, donner sans cesse aux plus riches pour que les euros qui débordent de temps en temps dégoulinent lentement sur les plus modestes. Problème : cette théorie ne fonctionne pas, et le pays compte désormais 10 millions de pauvres au moment même où le cumul de la pandémie du Covid et de la guerre en Ukraine fait exploser les prix. Afin de faire face, le gouvernement n’entend pas du tout baisser la TVA mais préfère répondre avec un gel des hausses des prix du gaz et de l’électricité, un chèque alimentaire de 50 euros, dont on attend encore de voir la couleur, et une remise à la pompe de 15 à 18 centimes par litre de carburant… Des rustines – recyclées dans un projet de loi annoncé pour l’été – loin de permettre une augmentation du pouvoir d’achat. La Macronie n’entend d’ailleurs surtout pas organiser une hausse des salaires, mais propose plutôt de « tripler la prime Macron », en la faisant passer de 2 000 à 6 000 euros au maximum par an. Une prime pourtant loin d’être obligatoire, puisqu’elle est laissée au bon vouloir des entreprises, en plus d’être défiscalisée, donc de n’être pas comptabilisée pour les retraites. Quant au RSA, il sera conditionné à une « activité effective »… A

NUPES La véritable hausse du pouvoir d’achat se situe du côté de la Nupes. Pour y parvenir, l’alliance de gauche propose de faire passer le Smic à 1 500 euros net, « pour que les gens vivent mieux tout de suite », explique Clémence Guetté. « Et nous convoquerons une conférence sociale générale pour organiser une hausse générale des salaires », ajoute la responsable du programme de la FI. L’égalité salariale entre les femmes et les hommes sera rendue obligatoire et une échelle des salaires sera mise en place pour des écarts maximaux de 1 à 20 dans une entreprise. Mais renforcer le pouvoir d’achat passe aussi par l’instauration d’une garantie dignité de 1 063 euros par mois, pour que personne ne vive en dessous du seuil de pauvreté, et d’une allocation d’autonomie du même montant pour les jeunes. Face à l’inflation, la Nupes propose de bloquer les prix et de réduire la TVA sur les produits de première nécessité. L’ambition est aussi de « refuser la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz » en nationalisant EDF et Engie, et en garantissant des tarifs accessibles. Augmenter le pouvoir d’achat passe enfin par le 100 % Sécu, en remboursant intégralement les soins de santé prescrits, et, pour que chacun puisse se loger sans se ruiner, par la construction de 200 000 logements sociaux par an. A. S.

ÉCOLOGIE

Icon TitreBifurcation historique contre « greenwashing »

LaREM « Le président de la République a annoncé que le premier ministre serait en charge de la planification écologique », a rappelé Élisabeth Borne, jeudi, lors de son premier déplacement aux Mureaux, dans les Yvelines. Emmanuel Macron s’était emparé de ce terme de « planification », le reprenant aux insoumis, entre les deux tours de la présidentielle. Mais, dans les faits, son bilan est proche du néant. L’État français a été condamné par la justice pour son inaction sur la question du climat. Son programme pour les cinq années à venir n’augure pas de grande révolution en matière écologique. Il prévoit de miser sur la filière nucléaire avec la construction de six nouveaux EPR, la multiplication par dix de la puissance solaire et la rénovation de 700 000 logements par an. Pas de « pôle » public énergétique en vue, tout au plus une « reprise de contrôle capitalistique de plusieurs acteurs industriels ». Quant à la neutralité carbone de la France, elle est envisagée par Emmanuel Macron pour 2050. D. C.

NUPES La France détient « le bonnet d’âne en Europe » en matière d’énergies renouvelables, a rappelé Julien Bayou (EELV). C’est donc un des axes majeurs du programme de la Nupes : accélérer leur développement pour aller vers un horizon de 100 % en 2050. La sortie du nucléaire y est aussi mentionnée et serait soumise au débat parlementaire puisque le PCF notamment s’y oppose (lire page 5). La coalition entend réduire les émissions de gaz à effet de serre de 65 % d’ici à 2030. Pour assurer cette « bifurcation écologique », la Nupes prévoit de lancer un plan massif de 200 milliards d’euros sur cinq ans pour investir, « développer l’emploi et la formation, et rétablir des pôles publics dans l’énergie, les transports et la santé ». Le projet de gouvernement prévoit aussi d’« annuler les cadeaux fiscaux accordés sans contrepartie aux plus grandes entreprises ces dix dernières années » et d’imposer des critères environnementaux et sociaux dans l’attribution des aides publiques. Pour faire de l’eau un « enjeu central pour l’humanité », la Nupes créera aussi un haut commissariat. La règle verte sera inscrite dans la Constitution. D. C.

SANTÉ

Icon TitreMarchandisation ou grand service public

LaREM Recrutement de personnels soignants, renforcement du lien ville-hôpital : concernant les enjeux sanitaires, le président de la République compte poursuivre les réformes engagées depuis cinq ans de marchandisation. Alors que le Ségur de la santé est resté en travers de la gorge des soignants, que les services d’urgences sont exsangues, Emmanuel Macron entend poursuivre « la sauve- -garde de l’hôpital public » via un plan de recrutements d’infirmières et d’aides-soignants. Combien ? On ne sait pas. Il affiche aussi la volonté de mener « une politique ambitieuse pour la santé des femmes ». Avec quel budget ? Quant aux déserts médicaux, il prône « des solutions locales et nationales » imaginées « avec les citoyens », et appelle à une grande conférence sur le sujet. Rien de nouveau sur le fond. A. C.

NUPES « Il faut garantir l’accès à tous les services publics, à l’inverse des politiques néolibérales menées aujourd’hui. La situation des hôpitaux, dès l’été prochain, sera intenable. Pour nous, c’est stop. Il faut faire autrement. » Marie-Jeanne Gobert pose le cadre en matière de santé. Pour la Nupes, « il n’y a pas de service public sans personnel, et du personnel formé ». Il faut donc « recruter et revaloriser les personnels des hôpitaux et des Ehpad ». La lutte contre les déserts médicaux est aussi une priorité, avec des leviers précis à actionner. La coalition de partis de gauche prône aussi le remboursement de tous les soins prescrits à 100 %, en intégrant les complémentaires dans la Sécurité sociale. Assurer la souveraineté sanitaire, prévoir la levée des brevets, créer un pôle public du médicament sont aussi au menu de la gauche. A. C.

CULTURE

Icon TitreSoutien au marché ou politique publique ?

LaREM Pandémie oblige, le précédent gouvernement a arrosé d’argent public, à hauteur de 13,6 milliards d’euros, les différentes structures culturelles, tout en faisant bénéficier les intermittents d’un prolongement de leurs droits, malgré de considérables failles. Si ce « quoi qu’il en coûte » a maintenu à flot l’existant, il n’a pas été le vecteur d’une politique ambitieuse, menée pour l’essentiel dans les rails du marché. Le Pass culture figure ainsi comme seule originalité du quinquennat, soit 300 euros offerts aux jeunes de 18 ans, qu’Emmanuel Macron a annoncé vouloir étendre dans les cinq prochaines années. Le président entend également lancer « de nouvelles commandes publiques » et investir « pour proposer des expériences en réalité virtuelle ». C. G.

NUPES La Nupes entend hisser, chaque année, le budget de la culture à 1 %, non pas du budget de l’État, mais de la richesse produite. La proposition figurait à la fois dans le programme de la FI et du PCF. Cet effort budgétaire considérable vise à « restaurer un service public de la culture ambitieux ». Le programme partagé des forces de gauche entend ainsi revaloriser « l’éducation artistique à l’école, les conservatoires, l’éducation populaire et la place de la culture dans les comités d’entreprise », tout en revenant « sur les privilèges fiscaux excessifs liés au mécénat culturel ». Proposition attendue des créateurs, un régime de protection sociale des artistes-auteurs sera adossé à un centre national dédié à ces professions. C. G.

FISCALITÉ 

Icon TitreRedistribution contre « ruissellement »

LaREM « Aujourd’hui, il faut de la stabilité », ­déclarait le chef de l’État lors de la campagne présidentielle. Et pour cause : les mesures fiscales ont été parmi les premières mises en œuvre en 2017, mais le « ruissellement » tant attendu n’a eu lieu que pour les 10 % les plus riches. Flat tax à 30 % sur les revenus du capital, suppression de l’ISF et de la taxe d’habitation (que percevaient les communes et non l’État), qui, selon Emmanuel Macron, ont permis d’améliorer « l’attractivité économique ». Mais il ne compte pas s’arrêter là, notamment pour les entreprises : après la baisse de 33 à 25 % de l’impôt sur les sociétés, il prévoit de supprimer totalement la contribution sur la valeur ­ajoutée. Cet impôt local, qui rapportait 17 milliards d’euros en 2018 et a remplacé la taxe professionnelle, est dû par les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 500 000 euros. Comme tous à droite, il veut également réduire les droits de succession en augmentant le seuil d’exonération à 150 000 euros et 100 000 euros pour les donations pour tous les membres d’une même famille. Le chef de l’État veut aussi, comme Marine Le Pen, supprimer la redevance audiovisuelle tout en garantissant « l’indépendance de l’audiovisuel public », ce qui ressemble fort à une promesse de Gascon. B. K.

NUPES « Le consentement à l’impôt passe par la justice fiscale », a rappelé la socialiste Corinne Narassiguin, chargée de présenter la partie fiscalité du programme de la Nupes, dont l’objectif est de « favoriser l’investissement plutôt que les dividendes ». Dans ce domaine, la politique menée par le chef de l’État a aggravé les inégalités : il convient donc de tout remettre à plat. Avec, pour les particuliers, le rétablissement de l’ISF en incluant un « volet climatique », c’est-à-dire une taxation modulée en fonction de l’empreinte carbone des actifs détenus, ainsi que le rétablissement de l’« exit tax ». Autre priorité : une réforme de l’impôt sur le revenu avec la création de quatorze tranches, contre cinq actuellement. Enfin, il s’agit de revenir sur l’allègement de la taxation du capital, source de l’explosion des inégalités, en supprimant la flat tax (forfaitaire à 30 %) instaurée par Macron et « imposer les revenus du capital a minima comme ceux du travail ». En ce qui concerne les entreprises, la Nupes prévoit l’instauration d’une taxe « significative » sur les transactions financières, la « refondation de l’impôt sur les sociétés » pour le rendre plus égalitaire et la création d’un impôt universel sur les multinationales, une arme contre l’évasion et l’optimisation fiscales. Ce programme a aussi l’ambition de « réorienter le crédit vers la bifurcation sociale et écologique », a précisé Corinne Narassiguin. Mais, pour ce faire, il faut également réformer l’ensemble de la politique monétaire. La Nupes prévoit de créer un pôle public bancaire en « socialisant certaines banques ­généralistes » et de permettre à la Banque publique d’investissement de se financer à taux zéro auprès de la Banque centrale européenne (BCE). B. K.

EMPLOI

Icon TitreCasse des droits ou sécu professionnelle

LaREM promet d’atteindre le plein-emploi en cinq ans, par la transformation de Pôle emploi en guichet unique – rebaptisé France Travail. Pas question, en revanche, d’ouvrir la porte à des augmentations de salaires : la majo­rité sortante table sur la « prime Macron », qui serait multipliée par trois. La politique d’aide aux entreprises, au contraire, ne s’embarrasse guère d’austérité : 30 milliards d’euros sont prévus pour les secteurs « innovants » – des subventions assorties de baisses d’impôts. Dans cette hotte de cadeaux au capital, Emmanuel Macron et les siens annoncent encore qu’ils veulent « poursuivre la modernisation du Code du travail engagée avec les ordonnances de 2017 ».

Après la réforme de l’assurance-chômage, qui privera à terme 41 % des allocataires de 17 % de leur allocation journalière, LaREM veut aller plus loin, vers un « système simple » consistant, « à chaque fois que la conjoncture s’améliore », à « avoir des règles qui réincitent encore davantage au retour à l’emploi », avec toujours moins de droits. La même logique est appliquée aux bénéficiaires du RSA, qui se verront imposer « quinze à vingt heures par semaine » de travail. R. M.

NUPES Ne cherchez pas les expressions « coût du travail », « exonérations de cotisations » ou « lutte contre l’assistanat ». Entendre parler d’emploi les représentants de la Nupes, c’est plonger dans un vocabulaire opposé à celui de la doxa libérale rabâchée depuis quarante ans, et s’ouvrir à une nouvelle logique. Celle du travail acteur de progrès social, choisi par chacun et garanti par une sécurisation des parcours pour tous. Finies donc les loi El Khomri et ordonnances Macron. Le Code du travail redevient la pierre angulaire des relations employé-employeur. Lutte contre l’ubérisation et le dumping social de la sous-traitance. Retour d’une assurance-chômage protectrice – fin de la réforme Borne, garantie d’emploi pour les chômeurs de longue durée. Avènement d’une sécurité sociale professionnelle accompagnant les aspirations d’évolution de carrière. Et dépoussiérage du travail dans ses temps – 35 heures socle, 32 heures pour les métiers pénibles, sixième semaine de congés payés – et son organisation – le CDI devenant la norme, lutte contre les pénibilités et nouveaux droits pour les salariés en entreprise. S. G.

ÉDUCATION

Icon TitreLigne Blanquer : stop ou encore

LaREM Autonomie des établissements, recrutements sur profils, rémunération au mérite, carte scolaire redéfinie, plus grande place accordée aux entreprises : pour son second mandat, Emmanuel Macron compte aller encore plus loin dans sa vision entrepreneuriale de l’éducation nationale, avec une orientation libérale encore plus affirmée. Rien, en revanche, sur le fond du problème, à savoir l’attractivité du métier, alors que les candidats au concours se font chaque année moins nombreux. La ­réintégration des mathématiques dans le tronc commun en première et terminale a d’ores et déjà été annoncée. Mais sans professeurs en nombre suffisant, la rentrée prochaine sera acrobatique. Dans la continuité des cinq années écoulées, ce programme, sans aucune idée nouvelle, fait craindre une rupture d’égalité pour les élèves. A. C.

NUPES Pour la Nupes, il faut tourner la page Blanquer, afin d’aller vers une école de l’« émancipation ». Cela passe par la gratuité et surtout l’égalité à l’école. « Nous voulons réduire le nombre d’élèves par classe, supprimer bel et bien la réforme Blanquer, la réforme du bac et arrêter Parcoursup », a résumé la communiste Marie-Jeanne Gobert, lors de la présentation du programme de la Nupes, ­évoquant au passage l’objectif « zéro décrocheur », via des accompagnements adaptés. Ce qui suppose la ­revalorisation de tous les personnels de l’éducation nationale, « dans toutes les disciplines », avec le dégel du point d’indice et la revalorisation des grilles salariales. Et, pour pallier le déficit de professeurs de tous les niveaux, la mise en place d’un plan pluriannuel de recrutement pour l’ensemble des concours. A. C.

RETRAITES

Icon Titre Travailler plus ou vivre mieux

LaREM Emmanuel Macron, lors de sa réforme de marchandisation des retraites en 2020, avait fait imposer par 49-3 un texte qui ne précisait ni l’âge de départ ni le montant des pensions. S’il a depuis modifié son projet, il souhaite toujours faire « travailler plus longtemps », avec la retraite à 65 ans (et une pension minimale de 1 100 euros). Son objectif est d’inciter à quitter le marché de l’emploi le plus tard possible, à travers un « service d’appui de travailleurs seniors » et un renforcement du « cumul emploi-retraite ». Son programme bascule ensuite, sur la même page, dans des propositions de gestion du grand âge et d’accompagnement du deuil... Preuve que, pour lui, il y a le travail puis la dépendance, et que la retraite n’est pas un nouvel âge de la vie. Il propose, enfin, de « monétiser » les congés et RTT non pris. A. S.

NUPES Plutôt que la retraite à 65 ans, la Nupes propose de restaurer le droit plein et entier d’arrêter de travailler à 60 ans, après 40 annuités de cotisation, avec une prise en compte des facteurs de pénibilité supprimés par Macron. La pension minimale pour une carrière complète serait de plus au niveau du Smic (soit 1 500 euros), et le minimum vieillesse fixé au niveau du seuil de pauvreté. Le montant des retraites serait également indexé sur les salaires. « Nous voulons renouer avec des réformes heureuses et populaires », insiste le porte-parole du PCF, Ian Brossat, qui s’enthousiasme également au sujet de la réduction du temps de travail global avec le rétablissement des 35 heures hebdomadaires, le passage progressif aux 32 heures, pour les métiers pénibles dans un premier temps, et la création d’une sixième semaine de congés payés. A. S.

Législatives. Avec son programme, la Nupes défie Emmanuel Macron (L'Humanité, 19 mai 2022)
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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 06:00
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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 05:46

 

 

L’espoir au présent

Les 12 et 19 juin prochains, un vent d’espoir peut se lever sur la France.

 

 

Emmanuel Macron n’a remporté la présidentielle qu’à la faveur de la volonté majoritaire du pays de barrer la route à l’extrême droite.

En se rassemblant pour les législatives, la gauche rend aujourd’hui possible la mise en échec du président de la République et de son programme de casse sociale, la défaite de très nombreux députés de droite et d’extrême droite. La conquête d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale devient possible pour relayer les attentes du mouvement populaire. 

Avec les propositions de « La France des Jours heureux », le PCF et son candidat Fabien Roussel ont travaille avec l’ensemble des forces de gauche au programme partagé que nous défendrons ensemble. Ils ont particulièrement insisté sur la nécessité de se doter de moyens financiers et de pouvoirs à la hauteur des objectifs sociaux et écologiques avancés. D’où la place du travail et de l’emploi au cœur des politiques publiques à déployer, en sécurisant l’emploi et la formation… D’où l’engagement pour la retraite à 60 ans, en intégrant les périodes d’études et de non travail dans le calcul des années de cotisation nécessaires pour une pension à taux plein. D’où l’exigence d’une République sociale, laïque, universaliste et démocratique, qui se déploie partout avec des services publics pour toutes et tous… D’où l’importance accordée à la réappropriation publique et sociale de grandes entreprises concernées telles EDF et Engie, comme au besoin d’un pôle public financier avec la nationalisation de banques privées pour conduire une politique réellement transformatrice… D’où l’accent mis sur un nouveau mode de développement, solidaire et écologique, qui suppose un mix énergétique nucléaire/renouvelable, la réindustrialisation de la France et la nationalisation de grands groupes stratégiques, ainsi que de nouveaux pouvoirs d’intervention des citoyens et des salariés sur l’économie… D’où enfin la demande que la France use de son siège au Conseil de sécurité pour faire naître des coopérations solidaires entre les peuples et prévaloir le droit international et la paix, en Europe autant qu’en Palestine ou au Sahara occidental, et dans la levée du blocus de Cuba…

 

Certains de ces points figurent parmi nos objectifs communs, d’autres resteront à débattre entre les groupes de gauche au sein de la prochaine Assemblée. Le plus important est que nos compatriotes puissent voir leurs vies changer dès l’été, et qu’avec les mobilisations populaires la colère se transforme en une force puissante de changement.

 

Ian BROSSAT - Léon DEFFONTAINES - Marie-Jeanne GOBERT - Christian PICQUET - Évelyne TERNANT - Vincent Boulet

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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 05:21
Éducation. Aura-t-on assez de profs à la rentrée prochaine ? - L'Humanité, Laurent Mouloud, 19 mai 2022
Éducation. Aura-t-on assez de profs à la rentrée prochaine ?
Publié le Jeudi 19 Mai 2022

Par Laurent Mouloud

Aura-t-on assez de professeurs à la rentrée prochaine ? La réponse est non. Et depuis dix jours, les résultats des concours de recrutement d’enseignants témoignent de l’ampleur du désastre. En mathématiques, 816 candidats « admissibles » pour 1 035 postes à pourvoir. En lettres, 720 pour 755 postes. En allemand, 83 pour 215… Dans toutes les matières, le même recul vertigineux s’observe, avant même l’écrémage des épreuves d’admission en juin, qui ne fera qu’amplifier la saignée. Le ministère tente de faire illusion. Ce trou d’air était prévu, se défend-il. Et ne serait qu’une conséquence de la nouvelle réforme du recrutement avec un concours en master 2 (et non plus en master 1), appauvrissant mécaniquement le vivier de candidats. De nouveaux postes auraient donc été programmés pour 2022, en sachant, discrètement, qu’ils ne seront pas tous pourvus ? On n’ose y croire…

N’en déplaise au gouvernement, cette crise du recrutement n’a rien d’un phénomène conjoncturel, mais dit tout du saccage de la profession opéré depuis cinq ans par Jean-Michel Blanquer. Un cocktail de mesures délétères qui désespère les vocations. Déjà sous-payée par rapport à leurs homologues européens, la moitié des professeurs n’a obtenu aucune revalorisation. Et celle lâchée pour les débutants s’apparente à un cache-misère : auréolés de leur bac + 5, ils entrent dans le métier avec un salaire égal à 1,1 fois le Smic ! À cela s’ajoutent la baisse constante – et démotivante – du nombre de postes ouverts au concours et une réforme de la formation initiale qui repousse d’un an l’espoir d’une rémunération. Difficile de faire plus rebutant.

Mais ne soyons pas naïfs. Cette politique s’inscrit dans un processus délibéré et patient de casse de la fonction publique. Avec notamment le développement des recrutements hors statut : en dix ans, la part des contractuels est passée de 8 % à 14 % parmi les professeurs du secondaire. En arrière-plan ? Faire entrer la sacro-sainte logique concurrentielle dans la gestion des enseignants, que les néolibéraux rêvent en exécutants flexibles et dociles de « bonnes pratiques » pédagogiques prémâchées. Une dérive ordolibérale de l’école dont les aspirants fonctionnaires font les frais. Et que la macronie voudrait bien prolonger cinq ans…

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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 13:40
Elisabeth Borne - Une techno nommée première ministre pour continuer la politique de régression sociale - Communiqué du PCF Pays de Morlaix, 18 mai 2022
UNE TECHNO NOMMÉE PREMIÈRE MINISTRE POUR CONTINUER LA POLITIQUE DE RÉGRESSION SOCIALE.
 
Communiqué du PCF Pays de Morlaix, 18 mai 2022
 
Elisabeth Borne vient d'être nommée première ministre par le président Emmanuel Macron. Sa carrière de technocrate engagée sur la voie des réformes libérales a été une suite d'aller-retour entre les entreprises privées et les ministères. Elle s’est illustrée par la privatisation et la mise en concurrence du système ferroviaire, secteur clé pour la transition écologique, la prolongation de six ans des autoroutes aux multinationales qui les gèrent en rackettant les usagers, et sa réforme de l’assurance chômage qui pénalise un million d'allocataires et de sans-emplois.
 
En dépit de certains commentaires médiatiques attribuant un pedigree de gauche à cette libérale pur jus, et même si nous pouvons, sur le principe, et parce que les femmes ont été trop exclues des fonctions politiques les plus importantes, nous féliciter du choix d'une femme comme première ministre, les états de service d'Elisabeth Borne ne nous laissent pas de doute sur le projet et l'agenda politique qu'elle entend servir.
 
Aux élections législatives des 12 et 19 juin, l'enjeu est donc de retrouver un espoir de progrès social, loin des politiques de privatisation et d'austérité, et de résister à ces orientations néo-libérales en votant pour les candidats d'Union de la Gauche rassemblés dans la Nouvelle Union Populaire Sociale et Écologique, et donc en votant Sylvaine Vulpiani et Arnaud Caroff dans la circonscription de Morlaix!
 
Les communistes soutiennent les candidats de la NUPES et participent partout sur le territoire national à cette union historique de la gauche et des écologistes au premier tour des élections législatives qui correspond à l'urgence sociale et politique du moment.
 
Ne laissons pas les coudées franches aux candidat.e.s de la LREM, remaquillée en "Renaissance", représenté.e.s localement par Sandrine Le Feur. Avec Emmanuel Macron, ils ont comme projet la destruction méthodique de ce qui reste du système social français, des services publics, de la protection sociale, des droits des salariés.
 
En juin, remettons le progrès social et les jours heureux à l'ordre du jour! En particulier, il faut empêcher le président des riches d'opérer une nouvelle remise en cause des droits à la retraite et du système des retraites par répartition, et de prendre ses mesures visant les allocataires du RSA. 
 
Les communistes s'emploieront sur la circonscription de Morlaix comme partout en France à faire élire un maximum de députés de gauche, dans leur diversité, pour porter l'exigence d'une autre politique, en faveur du pouvoir d'achat, des salaires, d'un vrai partage des richesses, d'un autre modèle de développement que celui porté par la finance capitaliste dont le président Macron est un serviteur zélé.  
 
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18 mai 2022 3 18 /05 /mai /2022 05:13

D’Adam Smith à Karl Marx, le travail s’est vu doté d’une extraordinaire puissance créatrice. La fragilisation de l’emploi que vit une majorité de salariés débouche désormais sur une véritable « crise du travail » dont témoigne la coexistence d’un haut niveau de chômage et de difficultés de recrutement dans certains métiers. L’idéologie de « fin du travail » qui a accompagné les restructurations industrielles s’est révélée néfaste. Elle a contribué à faire intérioriser par les travailleurs l’idée qu’ils n’existaient plus en tant que tels au sein de la société une fois les restructurations achevées. A l’idéologie de « fin du travail », a succédé dans les discours politiques, l’hyper-valorisation du travail. Une hyper-valorisation du travail guère plus satisfaisante dans la mesure où elle fait des personnes écartées de l’emploi des « non-citoyens » n’ayant plus rien à faire valoir sinon quelques heures de travaux d’intérêt général en contrepartie d’un RSA perçu.

Les forces conservatrices ont imposé leur vision du marché du travail. L’idée dominante, dans l’actuel débat politico-social, est de considérer que les garanties salariales conquises sont archaïques, que la précarité est « nécessaire » pour réduire les rigidités du marché du travail. Et donc exit le SMIC, les indexations, le régime d’assurance chômage, les négociations de branche… et ce, alors que la flexibilité de l’emploi est déjà très forte en France.

Les négociations autour de l’emploi dans les entreprises placent au centre du débat la question du coût de la main-d’œuvre. Une approche en termes de « donnant-donnant », veut faire croire qu’on pourrait « échanger » une certaine modération salariale contre des embauches supplémentaires. Un compromis qui s’apparente fort, pour des raisons macroéconomiques, à du « perdant- perdant ». En effet il ne crée pas d’embauches supplémentaires. Par ailleurs, dans une société où 89 % des actifs sont salariés, la consommation du salarié demeure plus que jamais LE débouché principal pour les entreprises. Parallèlement l’effort individuel et collectif de promotion des capacités humaines dans l’entreprise risque bien d’être réduit du fait d’une modération salariale structurelle, le développement des emplois peu qualifiés au détriment des emplois très qualifiés risquant en effet d’être favorisé.

Les politiques publiques du travail et de l’emploi sacrifient la formation et la qualification au bénéfice d’un accompagnement du sous- emploi et d’un relèvement des marges de profit pour les entreprises. Ainsi les mesures d’allègement du coût du travail représentent aujourd’hui 74,5 Md€ dont 60,2 d’allègements généraux sans compter la prime d’activité qui représente 10,0 Md€[1]. Quant aux mesures de soutien au revenu principalement constituées des allocations de chômage elles se sont élevées à 46,9 Md€. En face les mesures en faveur de la formation professionnelle ne représentent QUE 18,5 Md€, soit moins de 12% du total des actions publiques se réclamant de l’emploi !

Le risque est grand que ne se structure ainsi un salariat à plusieurs vitesses, une large frange de main-d’œuvre étant utilisée à la demande, hors de toute stabilité, et hors d’un quelconque développement de sa qualification. Le prototype de cet agent du « sous-travail » étant le salarié dont rêvaient les dirigeants de France Télécom ou celui qui relève de ce qu’on appelle aujourd’hui les « plateformes ».

Si les salariés se battent pour leur pouvoir d’achat, ils veulent aussi pouvoir dire leur mot sur les finalités de leur travail, ils veulent face à la toute-puissance de la finance, pouvoir prendre en main les décisions stratégiques dans l’entreprise, faire que cette dernière préserve leur santé, l’environnement et soit utile à la société. C’est à l’intersection de ces batailles que peut s’ancrer le nouveau projet émancipateur qu’attendent les citoyens.

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12 mai 2022 4 12 /05 /mai /2022 07:11

Cher Jean-Luc Mélenchon, cher Olivier Faure, cher Julien Bayou, cher·e·s camarades,

Ce 7 mai est un jour important dans l’histoire de la cinquième République, car l’événement de cette journée c’est bien la journée d’investiture des candidats de la nouvelle coalition des forces de gauche et écologiste, cette nouvelle union que nous voulons populaire, écologique et sociale !

Les communistes sont heureux de participer à cette belle dynamique politique que nous enclenchons aujourd’hui.

 

L’événement de cette journée, c’est la présentation du programme que nous construisons ensemble et qui va changer considérablement la vie des Français !

Oui, c’est une journée importante, car nous avons la possibilité, là, maintenant, dans 5 semaines, de battre Macron à l’Assemblée nationale en faisant élire une nouvelle majorité de gauche !

Battre Macron et installer un nouveau gouvernement, progressiste, vraiment de gauche et qui changera la vie des Français.

Quel immense espoir pour l’ensemble des salariés de notre pays, pour les retraités, pour la jeunesse, les enfants, les étudiants !

C’est ce que je leur dis, chez moi, à toutes celles et tous ceux que je croise : Oui, dès le 1er juillet, avec cette nouvelle majorité, le Smic va augmenter de 100 euros tous les mois et l’ensemble des salaires aussi. Et avec des cotisations pour financer la Sécu. Oui, dès juillet, nous mettrons à l’ordre du jour la retraite à 60 ans et des salariés partiront plus tôt en retraite. Oui, dès la rentrée de septembre, nous mettrons en place un revenu d’autonomie pour les étudiants, leur permettant d’étudier sans être obligés de travailler à côté.

Ces changements sont possibles si des millions de Françaises et de Français s’en mêlent, votent et enclenchent un grand mouvement social et populaire !

C’est ça l’espoir que nous devons faire grandir dans les 30 prochains jours. Mais surtout, c’est l’espoir d’empêcher Macron d’avoir une majorité.

Avec les bulletins de vote estampillés de notre nouvelle coalition, nous allons pouvoir battre les candidats d’Emmanuel Macron, les LR et RN qui se présenteront dans notre pays.

Nous allons pouvoir battre ses ministres qui se présentent avec le pire bilan pour le pouvoir d’achat des Français.

Nous allons pouvoir battre ces candidats macronistes, comme celui de l’Essonne, bras droit de Guerini et DG de la start up En Marche, qui a travaillé avant cela pendant 5 ans chez McKinsey. Oui, c’est possible, ils osent tout !

Les 12 et 19 juin prochains, nous allons pouvoir dire :

Finis les cabinets McKinsey et consorts qui viennent émarger sur les comptes de la République ;

Finie l’évasion fiscale qui siphonne les richesses de notre pays ;

Finis les cadeaux aux plus riches pendant que les ouvriers, les salariés, les agents des services publics triment au boulot et se serrent la ceinture pour payer leurs factures.

Fini de baisser les impôts des groupes comme Amazon, Google, Apple, BNP, Société générale, Sanofi, Renault, Peugeot, qui distribuent des dividendes et licencient en même temps.

Et puis je pense à tous les salariés, aux militants syndicaux qui résistent sans moyen face aux délocalisations. À eux, je leur dis : finies les lois El Khomry et les ordonnances Macron, finies ces lois qui vous ont privé de tous moyens pour défendre les emplois et de meilleures conditions de travail !

Non seulement, nous supprimerons ces lois, mais en plus nous allons rétablir les CHSCT, nous vous donnerons des pouvoirs nouveaux d’intervention dans les conseils d’administration, dans les comités d’établissements et même les moyens de financer vos propositions.

Alors oui, notre victoire est directement indexée sur l’espoir que nous allons porter dans les prochains jours et c’est pourquoi notre convention de ce jour est importante.

Bien sûr, nous avons des différences sur un certain nombre de sujets, mais nous avons tous pris nos responsabilités et nous avons fait le choix de nous additionner dans le respect de ces différences, sans les effacer.

Car nous aurons la possibilité, chacun, d’avoir un groupe.

Et si ces groupes voteront ensemble les mesures de progrès social, de justice sociale pour les Français que nous avons décidées ensemble, ils pourront aussi défendre et faire vivre leurs propres propositions, en toute autonomie et dans le respect de notre diversité.

Il nous reste maintenant 30 jours pour aller voir les Françaises et les Français pour les convaincre de porter leur vote sur les candidats de ce nouveau rassemblement.

30 jours pour prendre le pouvoir à la finance, le rendre au peuple, aux salariés et refonder la République.

30 jours pour qu’enfin la France parle au monde de paix et de coopérations entre les peuples.

30 jours, pour réussir à rassembler largement, dans chaque circonscription, dès le 1er tour.

Car notre principal adversaire sera, je le crains, l’abstention.

Il y a tant de nos concitoyens qui, aujourd’hui, se sont éloignés de la politique. Il y en a tant qui sont, comme me l’a dit une électrice, en « dépression démocratique » et qui n’y croient plus ! Il y en a tant qui n’en peuvent plus de voter contre leurs idées, de voter par défaut, par dépit et jamais pour eux, avec l’espoir d’un changement positif au bout.

Avec nos belles candidatures, rassembleuses, déployons d’immenses efforts dans les prochains jours dans chaque circonscription pour rassembler, unir. Pour aller convaincre celles et ceux qui n’y croient plus et même celles et ceux qui ont pu utiliser le bulletin de vote Le Pen en pensant se débarrasser de Macron.

Je pense à toutes ces circonscriptions, à tous ces départements, comme ceux de chez moi, dans le bassin minier, où le Rassemblement national réalise ses meilleurs résultats.

Nous avons là d’incroyables défis, d’énormes efforts de rassemblement à produire pour susciter l’espoir. Non pas front contre front, mais plutôt projet contre projet.

Car nous les avons déjà battus aux cantonales, en les mettant en échec là où leurs élus n’avaient aucun bilan à produire. Dans leurs tracts, ils ne parlent que d’immigration, de religion, de division.

Dans nos tracts, nous parlons de dignité humaine, de respect, d’égalité ; nous parlons des combats menés contre les expulsions locatives, pour le maintien d’un commissariat, pour l’extension du centre hospitalier de Lens que nous avons obtenue.

Oui, c’est en montrant notre utilité, en montrant ce que nous arrivons à gagner pour nos populations que nous arrivons à les faire reculer. C’est aussi en menant le combat pour défendre nos usines que nous démontrons que si Bridgestone Béthune ferme, ce n’est surtout pas à cause de l’immigration, encore moins du grand remplacement de Zemmour, mais bien à cause d’un capitalisme financiarisé, d’un gouvernement complice et d’une Europe libérale qui finance les délocalisations au sein même de l’Union européenne.

Si nos usines ferment, c’est à cause d’un pouvoir au service exclusif de la finance au détriment de nos emplois, de nos savoir-faire, de notre industrie.

C’est pourquoi je salue des candidatures comme celle de Marine Tondelier qui affrontera Marine Le Pen, ou encore de Jean-Marc Tellier qui se retrouvera face au député sortant RN, mais aussi face à Mme Pannier-Runacher, parachutée là-bas.

Je salue François Ruffin, lui aussi pleinement mobilisé contre une extrême droite arrivée en tête dans sa circonscription au 1er tour de l’élection.

Je salue tout autant ces candidats, à l’image de Bruno Nottin, qui affrontera le candidat Jean-Michel Blanquer qui a organisé pendant 5 ans un jeu de massacre contre l’école publique.

Mes chers amis, mes chers camarades,

Oui, nous avons de beaux et grands défis devant nous. Celui de rassembler les Français et de construire avec eux la plus belle majorité, la plus heureuse des majorités, celle qui saura faire naître de nouveau les sourires sur les visages de nos concitoyens, avec les réformes que nous attendons depuis si longtemps. Ces réformes heureuses qui vont enfin changer la vie !

Je vous remercie.

 

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 05:54

 

La construction de la coalition des gauches politiques, sociales, culturelles et des écologistes sèment la panique dans les milieux dirigeants. Leurs porte-voix et leurs porteplumes qui, il y a quelques semaines, moquaient les forces de gauche parce qu’elles allaient séparément devant les électrices et les électeurs à l’occasion de l’élection présidentielle sont de sortie, vent debout contre la nouvelle union populaire sociale et écologique. Comme l’argument des chars de l’Union soviétique occupant la concorde n’est plus crédible, ils agitent cette nouvelle coalition comme un épouvantail gauchiste.

Les mêmes qui ont - souvent à juste titre - critiqué Jean-Luc Mélenchon parce qu’il avait laissé son important score en 2017 en friche, lui reprochent aujourd’hui d’en avoir tiré des leçons et créé les conditions d’une unification du peuple de gauche et écologiste.

Ce qui se réalise sous nos yeux est la demande populaire des électorats progressistes dans leur diversité réclamant enfin l’union : ils ont le 10 avril, bousculé la donne parce qu’ils refusaient le duo que les tenants du système leur préparaient depuis des mois.

Aujourd’hui, ils demandent avec force, une union leur permettant d’être débarrassés à la fois de ces politiques de droite et des mensonges ; du mépris du chef de l’État et de cette monarchie présidentielle poussée à son comble. Pour cela, il n’y a pas d’autres solutions dans le cadre des institutions actuelles, que de rechercher une autre majorité que celle du Président de la République.

L’immense majorité ne veut pas du programme commun de la macronie et des droites comme le recul de l’âge de la retraite à 65 ans quand tant de jeunes restent sur le bord du chemin. Ils refusent aussi ce RSA conditionné à des travaux forcés, ainsi que ce projet pour l’école où règnerait la compétition entre établissements et un renforcement de la sélection.

Ils savent qu’au-delà des belles déclarations il n’y aura pas de « bouclier inflation », mais un renforcement de l’austérité au nom du remboursement de la dette. Une grande partie de la jeunesse agissante pour le climat réclame avec force des actes. Une majorité de celles des quartiers populaires, avec leurs parents qui sont les premiers de « corvée », crie au respect et à l’amélioration des conditions de vie, de formation et de travail.

Ils en ont assez d’être décriés sur tous les tons, assez des contrôles au faciès, assez des discriminations à l’embauche. Ils ne veulent pas être la « ban-lieue », ces lieux mis au ban de la société, mais être au cœur de la société à construire tous ensemble.

La gauche dans sa diversité se met à l’heure de ces demandes et se hisse au niveau des nécessités quand elle tient compte des résistances qui se déploient dans la société et les entreprises depuis des années, du bilan du travail parlementaire où ensemble le groupe insoumis et le groupe communiste à l’Assemblée nationale ont émis des votes identiques dans l’immense majorité des délibérations, déposé ensemble avec le groupe socialiste des textes de motion de censure.

C’est l’honneur des forces de gauche de se hisser au niveau des espérances de l’heure. C’est l’honneur des communistes comme de la majorité des socialistes d’avoir contribué à ouvrir cette porte à la discussion et à la construction avec La France Insoumise.

La direction socialiste doit affronter certains cadres et anciens ministres socialistes qui ne trouvent rien à redire quand l’un des leurs rejoint la macronie, et menacent de tout casser dès lors qu’il s’agit de proposer un projet alternatif et une nouvelle majorité. De ce point de vue, il faudra noter le courage du secrétaire du Parti socialiste tirant les leçons de la situation, procédant à une autocritique et au bilan de la direction du pays par le gouvernement de François Hollande.

Cette attitude était indispensable afin de permettre à son parti de tourner la page de cette période et de se mettre au diapason du monde du travail. Il tente de « ré-ancrer » son parti du côté gauche au lieu de le laisser voguer aux tristes vents du social-libéralisme.

La situation n’est pas anodine ! De Valls à Chevènement, de Rebsamen à Hollande, on est prêt à se vautrer dans des majorités comprenant toutes les palettes de la droite la plus réactionnaire. Comment ne peuvent-ils voir la profonde crise d’identité qui atteint le Parti socialiste, notamment parce que leur politique au gouvernement a été à l’encontre des besoins populaires et nationaux ? Comment peuvent-ils devenir les ennemis du camp dont ils se réclament sinon pour tourner le dos à la social-démocratie ou au socialisme ?

Aucun parti politique à gauche ne peut impunément incarner indéfiniment des valeurs contraires à ce qu’il prétend défendre. La question que pose avec insistance celles et ceux qui n’en peuvent plus de finir le mois avec un compte en banque à découvert, celles et ceux qui ne remplissent plus leur réservoir de carburants, ni les caddies des courses, est de savoir comment mieux vivre demain. Et ils demandent aux forces de gauche et écologistes de les entendre, de créer les conditions d’une vie meilleure débarrassée des angoisses quotidiennes.

Ils n’en peuvent plus du mépris et de l’exploitation. Ils n’en peuvent plus des belles paroles contredites par des actes s’opposant à leurs intérêts quand les milliardaires pavanent et les actionnaires des grandes entreprises sont à la fête.

Ils n’en peuvent plus des maltraitances sociales et démocratiques avec ces contre-réformes destructrices du droit du travail, la culpabilisation quand les premiers de la classe donnant des leçons d’économie leur suggèrent qu’ils sont trop payés, que les retraites sont trop élevées parce qu’ailleurs les salaires sont arasés par la faux du capitalisme financier.

Et ils ne veulent pas des changements à la « saint glinglin », mais dès le mois de juillet. Ils l’ont dit avec force au premier tour de l’élection présidentielle où le Président sortant n’a obtenu que 20% des voix des inscrits et n’a pu être élu qu’avec les voix des électrices et électeurs de gauche qui ont fait barrage à l’extrême-droite.

Ils ne veulent plus revivre une telle situation où ils savent que les mandataires des puissances d’argent au pouvoir et dans l’actuelle majorité présidentielle les bernent. Ils savent que le Président a prétendu combattre l’extrême-droite alors qu’il n’a fait qu’attiser le feu qui brulait toute espérance. Il a bien été en cela par une puissante campagne médiatique présentant Mme Le Pen comme une femme politique comme une autre (puisqu’elle aimerait les chats) et valorisant un histrion sorti du Figaro et de Cnews.

L’un des défis de la nouvelle coalition est aussi de faire reculer l’extrême-droite qui détourne bien des voix des travailleurs pour les ligoter au système qui les exploite. Ceci suppose de ne jamais aller sur son terrain au risque de la faire grandir.

Au contraire, la condition pour la faire reculer durablement est de changer la vie des plus défavorisés d’entre nous. La bonne nouvelle de ces derniers jours est que le débat se porte sur les préoccupations de gauche : justice sociale et environnementale, travail et droits des travailleurs, changement de la construction européenne, évasion fiscale et nouvelle répartition des richesses et non plus identité et séparatisme, chasse aux pauvres.

Si les législatives prennent cette importance, c’est aussi parce que des fractions importantes du peuple veulent pouvoir voter utile pour changer les choses. Parmi les abstentionnistes, il y a ceux et celles qui ont protesté contre la division.

L’aspiration à participer à un nouveau projet frappe aussi avec force à la porte. L’élection présidentielle a montré plus que tout autre événement que le cadre institutionnel est à bout de souffle et qu’il devient urgent de passer à une nouvelle république sociale, laïque, démocratique prenant soin des êtres humains et de la nature.

Du reste, la coalition de gauche, progressiste et écologistes qui se forme s’inscrit dans l’actuel (mauvais) cadre institutionnel. Scrutin présidentiel à deux tours poussant chaque camp à choisir celui ou celles qui est susceptible d’accéder au second tour. Celle-ci est suivie des élections législatives censées donner une majorité parlementaire au Président élu au scrutin majoritaire à deux tours avec l’obligation de réunir 12,5 % des inscrits pour concourir au second tour.

C’est une machine à éliminer les forces de transformation révolutionnaire. Sans unité, la gauche est chaque fois minorée ou mise en minorité. L’alliance lui donne une chance d’aller chercher la majorité parlementaire.

Fidèle à son histoire, le Parti communiste se grandit en participant de ce mouvement. Il est dans son rôle quand il porte les aspirations du monde du travail et de la culture.

Chaque fois qu’il place l’intérêt des travailleurs et des créateurs, des jeunes et des retraités au-dessus de toute autre considération, il démontre qu’il n’existe pas pour lui-même, mais pour celles et ceux qui souffrent, de celles et ceux qui subissent douloureusement le talon de fer de l’exploitation capitaliste, de celles et ceux qui veulent agir pour un nouveau mode de production préservant notre humanité et cherchent des issues progressistes à la situation actuelle. Il prouve, une fois de plus qu’il ne faillira pas dans son combat contre le danger de l’extrême-droite. À chaque fois qu’il a agi ainsi, il a recueilli confiance et soutien.

La nature de la coalition est intéressante, car elle respecte les personnalités, les identités, les propositions de chaque force qui la composent tout en ayant un tronc commun de changement concret très attendu depuis longtemps.

Il revient au débat public et aux mobilisations populaires d’aider à trancher certaines questions, certaines orientations à prendre. Ce sont ces identités différentes qui peuvent animer les débats et permettre une conscientisation plus grande des classes populaires. Les dépassements des désaccords ne peuvent se faire qu’avec la participation active des citoyens à la mêlée politique, sociale, culturelle, écologique.

Il n’y aura pas de changement sans pression citoyenne. Qu’il y ait des contradictions, des tensions est une évidence. La répartition des circonscriptions pose un certain nombre de problèmes dès lors que La France Insoumise a refusé de tenir compte de l’implantation et l’audience d’élus dans des territoires pour parachuter depuis Paris des militants

Mais l’essentiel est dans la chance inespérée de voir les forces de gauche et écologistes, des forces citoyennes, des mouvements de résistance mener ensemble une campagne politique pour faire élire une majorité de députés de la nouvelle Union Populaire écologiste et sociale et de permettre un gouvernement d’union populaire et démocratique.

Ceci est possible dès lors que chaque formation sera tout entière tendue vers cet objectif. Le chemin existe pour cette nouvelle majorité de gauche à l’Assemblée nationale. Le président n’est élu qu’avec moins du quart de l’électorat. Il est rejeté. Il n’y a pas de majorité dans le pays pour accepter sa politique. Cependant, conquérir la majorité pour former un gouvernement démocratique d’union populaire (comme le disait déjà le programme du Parti communiste en 1971) nécessite un combat politique de haut niveau et des actes de mobilisation unitaire.

Ne sous-estimons surtout pas la violente pression qui va s’exercer sur les candidats, les militants, mais surtout les électeurs. Toute la panoplie criant au prochain désastre va y passer. De même, tout sera fait durant la campagne pour diviser les forces de la coalition et donc les électorats.

La mobilisation militante va donc être décisive notamment auprès de celles et ceux qui ont un vital besoin de mesures dès le mois de juillet. Leur déplacement au bureau de vote sera un acte pour elles et eux, leurs familles, leurs enfants. N’en doutons pas, toute la réaction, le grand patronat et les marchés financiers, des gouvernements étrangers, les institutions internationales et notamment les institutions européennes vont se coaliser pour venir en soutien au Président de la République et de la majorité sénatoriale. Mais justement, la nouvelle union populaire écologique et sociale, c’est la force du nombre, de celles et ceux qui n’ont rien à perdre, mais tout à gagner.

Il n’y aura pas de réussite sans mobilisation unitaire pour la justice, la liberté et la paix.

 

« Il y a des moments,

Ou le moindre chant d'oiseaux

est un précipice, qui s'avance pour t'avaler »

Eugène Guillevic

 

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 09:24

 

 

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4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 05:33
Le PCF fait accord avec France Insoumise pour les prochaines élections législatives et participe à la coalition de gauche avec l'Union Populaire, FI, EELV, Génération.S

L'accord a été validé le mardi 3 mai par le comité exécutif national du PCF, puis par le Conseil National du PCF avec une majorité de 80% des votants (Pour: 120 voix; Contre:25 voix; Abstention: 13 voix).

Cet accord implique de la part des partis et mouvements qui composent la NUPES un soutien à nos onze députés sortants des forces politiques de la Nouvelle Union Populaire écologique et sociale, et accorde aux communistes quatre autres circonscriptions jugées gagnables et que nous souhaitions: Bourges Ouest-Vierzon, Dax-Tarnos, Denain, Creil-Nogent, Lens-Avion. Il comporte en tout 50 circonscriptions où les communistes présenteront des candidats, dont une seule en Bretagne, à Ploërmel dans le Morbihan (un candidat communiste dans une région de 3,5 millions d'habitants, avec 27 circonscriptions: les communistes bretons sont pourtant la principale force politique militante de Bretagne, avec 2400 adhérents, et ont aussi de nombreux élus, des maires, notamment dans les Côtes d'Armor).

Dans un rapport de force qui nous était très défavorable, et face à des conditions extrêmement dures imposées par la FI qui avait déjà gagné la bataille de la communication, à la seule considération du rapport de force des Présidentielles, à l'exclusion de toute autre considération d'implantation locale, de nombre d'adhérents et d'élus, de résultats des élections locales antérieures, les communistes ont accepté pour la première fois de leur histoire de ne présenter que moins de candidats communistes à l'élection législative, la plus politique qui soit, et la plus importante à nos yeux, dans moins de 10% des circonscriptions, avec le but de répondre à l'aspiration unitaire de l'électorat de gauche et de l'électorat populaire, de résister à l'extrême-droite et à Macron, de tenter de conquérir une majorité de gauche à l'Assemblée Nationale et tout du moins de faire élire un maximum de députés de gauche, toutes sensibilités confondues, tout en ayant les moyens, grâce à cette dynamique de rassemblement, de constituer à nouveau un groupe communiste à l'Assemblée Nationale.

Ismaël Dupont

Accord entre la France Insoumise et le PCF pour les prochaines élections législatives
 
Communiqué de presse du mardi 3 mai 2022
 
La France insoumise et le PCF se sont rencontrés ce mardi 3 mai dans le cadre de la préparation des prochaines élections législatives. Nous avons convenu des points d’accords suivants dans la continuité des échanges ayant déjà eu lieu depuis deux semaines entre la France insoumise et le PCF.
 
1) Nous voulons faire élire des député·es dans une majorité de circonscriptions, pour empêcher Emmanuel Macron de poursuivre sa politique injuste et brutale (RSA sous condition de travail gratuit et retraite à 65 ans) et battre l’extrême-droite. Les 12 et 19 juin, par leurs votes, nous proposons aux Françaises et aux Français de mettre en place un large rassemblement s’appuyant sur la dynamique de la campagne présidentielle ouvrant la voie à une majorité à l’Assemblée nationale. Dans cette perspective, le Premier ministre serait issu du plus grand groupe à l’Assemblée, soit Jean-Luc Mélenchon.
 
2) Pour le permettre, nous souhaitons fédérer sur la base d’un programme ambitieux, toutes les forces qui le partagent, en respectant leur pluralité et leur autonomie. Pour la clarté, nous souhaitons le faire autour d’une bannière commune “Nouvelle union populaire écologique et sociale” ; pour faire vivre la pluralité, nous construirons un parlement de campagne rassemblant les forces politiques et des personnalités du monde syndical, associatif, culturel, intellectuel. La majorité pluraliste que nous voulons constituer, reposera sur des groupes parlementaires de chacune des composantes et se dotera d’un intergroupe pour compléter et poursuivre après l’élection ce travail commun.
 
3) Nous partageons des objectifs programmatiques communs qui constitueront la base d’un programme partagé de gouvernement de plusieurs centaines de propositions.
 
Nous défendrons notamment :
 
    La hausse immédiate du SMIC à 1400 euros net et des salaires, le retour à la retraite à 60 ans pour toutes et tous, la garantie d’autonomie pour les jeunes, le blocage des prix sur les produits de première nécessité et l’éradication de la pauvreté.
    La reconquête des services publics et de nouvelles créations d’emplois publics : dans la santé avec la fin des déserts médicaux ; dans l'éducation avec la gratuité réelle de l'école et des cantines ; dans le transport et le fret ferroviaire, avec la réouverture des petites lignes ; la construction de logements publics aux normes écologiques, l’encadrement des loyers à la baisse.
    La renationalisation d'EDF, d'ENGIE, des autoroutes et des aéroports.
    De nouveaux droits d'intervention et de décision des salariés dans les entreprises.
    La justice fiscale : rétablissement de l'ISF, taxation du capital au même niveau que le travail et lutte contre l'évasion fiscale.
    La formation d'un grand pôle public financier avec la nationalisation de banques généralistes, dans l'objectif d'assurer la transformation sociale et écologique de la France.
    Une véritable planification écologique et démocratique, par l’application de la règle verte.
    L’instauration d’une 6ème République pour en finir avec la monarchie présidentielle et introduire des droits nouveaux pour les citoyens, notamment le référendum d’initiative citoyenne.
    La désobéissance aux règles de l’Union européenne qui seraient en contradiction avec l'application de notre programme, en se libérant du carcan budgétaire, des directives d'ouverture à la concurrence, et en introduisant un principe de non-régression sociale et écologique; la construction d’un nouveau projet au service de la construction écologique et sociale
    Une diplomatie au service de la paix, préservant l’intégrité territoriale de tous les pays, grâce à des coopérations altermondialistes, en solidarité avec les peuples, pour un monde qui respecte les droits humains, la démocratie et lutte contre le dérèglement climatique.
 
4) Pour que cet accord soit efficace et pour répondre à l’immense attente de nos concitoyen·nes, nous nous donnons tous les moyens pour que les discussions entamées avec les autres forces aboutissent et nous nous appuierons sur les mobilisations populaires. En finalisant cet élargissement au plus vite, nous pourrions tenir un événement commun de lancement le samedi 7 mai.
 
 

Interview de Fabien Roussel dans l'Humanité:

Fabien Roussel : « Nous devons répondre à un espoir immense »

Communistes, insoumis et écologistes ont signé un accord historique en vue des législatives. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, expose les objectifs de cette alliance, qui vise la conquête du pouvoir.

Publié le Mercredi 4 Mai 2022 -

Prendre des mesures pour améliorer tout de suite la vie des gens, battre Emmanuel Macron, battre le RN, et faire reculer l’abstention. C’est l’ambition que se sont fixée le PCF, la FI et EELV à travers la Nouvelle Union populaire écologique et sociale. Pour y parvenir, le dirigeant communiste entend mener une campagne commune tambour battant.

Quel est le sens de cet accord à gauche? Est-il possible daller conquérir une majorité à lAssemblée nationale?

Fabien Roussel:

Nous devons répondre à cet immense espoir que l’ensemble des forces de gauche a pu soulever à l’occasion de l’élection présidentielle: même si le second tour a été terrible, car il ny avait pas dautre choix que de voter Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, le premier tour a montré que la gauche s’est renforcée au plan national. Pour les législatives, nous avons donc l’obligation d’y aller tous ensemble, rassemblés, pour concrétiser cette incroyable espérance: il est possible de battre Macron et de lui imposer une cohabitation. Le 1er juillet 2022, il est possible d’avoir un gouvernement de gauche qui dans l’urgence augmente le Smic à 1400 euros net pour tous les salariés. Il est possible de repousser définitivement le projet de retraite à 65 ans de Macron pour remettre la retraite à 60 ans. C’est une occasion historique pour les Français, mais il faut que les citoyens s’en saisissent parfaitement. On sait que le risque d’abstention est fort aux législatives. Il faudra donc mener une campagne très efficace pour mobiliser sur le terrain. J’appelle aussi les électeurs de Le Pen, ceux qui par colère ont choisi ce bulletin de vote pour battre Macron, à regarder ce que nous proposons à gauche et ce que nous allons porter aux législatives, car c’est bien ce programme-là qui va changer leur vie.

Quel programme partagé vont porter ensemble EELV, la FI et le PCF? Quest-ce que les communistes ont apporté?

Fabien Roussel:

Il y a un contrat de législature sur lequel nous nous sommes mis d’accord, une série de mesures qui vont tout de suite améliorer la vie des gens: hausse des salaires, retraite à 60 ans, blocage des prix des produits de première nécessité, embauches dans nos services publics, nos écoles et nos hôpitaux. Les communistes ont notamment mis laccent sur les moyens à mettre en œuvre pour mobiliser le capital au service de grandes conquêtes sociales. Nous portons aussi l’abrogation de la loi El Khomri et des ordonnances Macron, nous voulons mettre fin aux délocalisations, et nous entendons nous donner les moyens de notre politique en créant un grand pôle public bancaire. Nous avons encore quelques divergences sur les questions économiques: je pense au financement de la Sécurité sociale et au fait que nous voulons supprimer la CSG. Nous avons aussi des différences sur la question énergétique, principalement sur le nucléaire. Mais ces sensibilités, nous allons continuer de les défendre, notamment via notre groupe communiste à l’Assemblée nationale. C’est tout l’intérêt de l’accord passé: il permet de construire une coalition des forces de gauche et écologiques dans laquelle chaque composante conserve son autonomie et sa liberté de parole. C’est important.

Pourquoi un tel accord à gauche, impossible avant la campagne présidentielle, est-il devenu possible pour les législatives?

Fabien Roussel:

Tout simplement parce que cette campagne présidentielle a été l’occasion de présenter pour chaque force de gauche son projet pour la France, en montrant les différences et les points de convergence. Elle a surtout prouvé que la diversité de la gauche est une richesse, en mobilisant 11 millions d’électeurs. Environ 7,5 millions pour Jean-Luc Mélenchon, et 3,5 millions pour les autres. Ces projets différents ont pleinement le droit d’exister, pour faire vivre le débat d’idées. Ce qui est important, c’est de savoir ensuite se réunir aux législatives, qui dans les 577 circonscriptions de France vont permettre de faire vivre ces différences et d’en faire un atout. La campagne présidentielle a aussi permis aux communistes de défendre la France des Jours heureux. Cette mobilisation, nous allons la mettre au service des législatives. Je pense notamment à tous ces départements qui n’auront pas de candidats communistes mais qui pourront faire vivre notre programme quand même.

Le PCF a signé un accord autour de 54 circonscriptions, dont les onze où il y a des députés communistes sortants. Est-ce un bon accord?

Fabien Roussel:

C’est un accord avec de nombreuses circonscriptions gagnables qui offre la possibilité d’avoir un groupe à l’Assemblée. Nous n’aurions pas pu nous satisfaire d’un simple soutien aux onze députés PCF sortants, car le seuil pour constituer un groupe est de quinze élus. Trouver un accord qui nous permette de gagner au minimum une quinzaine d’élus était pour nous la condition sine qua non d’une signature. Mais nous espérons en gagner plus! Et les communistes feront campagne dans tout le pays, pour aller convaincre un maximum de Français quil est possible dobtenir une majorité de gauche. Nous avons un rôle important à jouer pour aller chercher la victoire.

Il manque aujourd’hui le PS. Souhaitez-vous qu’il rejoigne la coalition de gauche?

Fabien Roussel:

Cet accord n’est en réalité valable et n’aura de sens que si toutes les forces de gauche y participent. Je me féliciterai donc que le PS soit là pour l’emporter avec nous. Il ne doit y avoir aucune division à gauche. Nous devons être à 100 % unis plutôt que de nous faire perdre mutuellement dans de nombreuses circonscriptions. Le rassemblement est indispensable.

 

Une union pour gagner l’Assemblée

Législatives Après EELV et avant le PS, le PCF s’est entendu avec la FI pour les élections de juin. Sous l’influence des communistes, la base programmatique de cet accord a été étoffée de nombreuses propositions sociales, antilibérales et écologiques.

Publié le Mercredi 4 Mai 2022 - L'Humanité

La gauche peut conquérir le pouvoir. Avec un rassemblement inédit, sur un programme de rupture, ambitieux et émancipateur, elle se donne en tout cas toutes les raisons d’y croire. Ce fol espoir, impensable il y a peu, a encore grandi mardi 3 mai, jour anniversaire de la victoire du Front populaire en 1936. Le PCF a ainsi rejoint l’accord déjà acté entre Europe Écologie-les Verts et la France insoumise, dimanche soir. « Nous sommes heureux de voir ce rassemblement se renforcer et la perspective d’une majorité en juin se dessiner, a salué la députée FI Clémentine Autain. Nous vivons un tournant historique et il était impensable que les communistes n’aient pas leur pleine place dans cette Nouvelle Union populaire. » « C’est une excellente nouvelle qui peut aboutir à un événement historique et essentiel pour les Français, se réjouit son homologue communiste Stéphane Peu. Je vois aussi cet accord comme la création d’une union durable, au moins pour les cinq ans qui viennent, afin de construire ensemble une véritable alternance de gauche. »

smic à 1 400 euros, retraite à 60 ans...

En attendant le PS, voire le NPA (avec qui les négociations sont toujours en cours à l’heure où nous bouclions ces pages), cette alliance entre PCF, FI et EELV constitue une avancée décisive pour cette coalition en cours de construction. Le conseil national du PCF, après consultation des fédérations départementales, a validé cet accord dans l’après-midi du mardi 3 mai, avec 120 votes pour, 25 contre et 13 abstentions. Selon nos informations, celui-ci prévoit que des candidats communistes, représentants de cette « Nouvelle Union populaire écologique et sociale » (Nupes) soient investis dans 54 circonscriptions (les écologistes ont signé dimanche soir pour 100 candidatures). Ce qui devrait garantir au PCF le droit au remboursement et au financement prévus dans le cadre de ces élections, ainsi que la création d’un groupe parlementaire. Surtout, communistes, insoumis et écologistes se sont accordés sur la base d’un projet de gouvernement, déjà avancé avec l’entente FI-EELV.

La hausse « immédiate » du Smic à 1 400 euros, la retraite à 60 ans, la garantie d’autonomie pour les jeunes, le blocage des prix sur les produits de première nécessité, la planification écologique et « l’éradication de la pauvreté », objectifs déjà fixés avec les écologistes, restent d’actualité. « C’est un programme pour améliorer immédiatement la vie des gens, se félicite Stéphane Peu. Très concrètement, le pouvoir d’achat va augmenter très rapidement avec le blocage des prix notamment, les salaires vont augmenter, les services publics seront redynamisés… »

« renationalisation d’EDF, d’Engie »

À l’issue de deux semaines de négociations, les communistes ont obtenu de la FI et d’EELV une série de nouvelles propositions que portera cette Nupes. L’accord comprend ainsi « la reconquête des services publics et de nouvelles créations d’emplois publics », dans la santé, l’éducation, le transport et le fret ferroviaire. La construction de logements publics, l’encadrement des loyers à la baisse sont aussi avancés. De nombreuses mesures portées par le PCF depuis plusieurs années pourraient aboutir grâce à ce rassemblement, comme la « renationalisation d’EDF, d’Engie, des autoroutes, des aéroports », et de banques généralistes ; des « nouveaux droits d’intervention et de décision des salariés dans les entreprises », ou encore la lutte contre l’évasion fiscale, la « taxation du capital au même niveau que le travail » et le rétablissement de l’ISF. La VIe République est aussi au programme. Point de discorde entre les formations, la question du nucléaire n’a visiblement pas été tranchée, elle pourrait l’être au sein même du Parlement. « L’Assemblée nationale est faite pour cela, il faut que nos différentes visions vivent au sein d’une même majorité », estime l’écologiste Sandra Regol, qui se réjouit de l’arrivée des communistes dans l’accord.

Avec un rassemblement basé sur ces mesures et non un simple découpage électoral, « nous nous sommes donné les moyens d’être crédibles aux yeux des Français, et c’est ce qui affole le pouvoir en place », estime Clémentine Autain. Car l’objectif est clair : obtenir une majorité à l’Assemblée nationale pour gouverner le pays. La gueule de bois de la présidentielle a vite laissé place à l’ivresse du rassemblement, qui crée une dynamique inédite pour une force qui apparaissait vaincue quelques jours plus tôt.

Cinq circonscriptions, territoires de conquête

« La victoire est possible. Macron a été mal élu, beaucoup ne voulaient pas de ce second tour et l’aspiration à l’unité est très grande. Il y a tout pour créer une dynamique qui renforce notre bloc par rapport à la présidentielle. Ce rassemblement peut générer beaucoup d’espérance et une grande mobilisation des électeurs de gauche qui sera, j’en suis sûr, sans commune mesure avec celle des précéde ntes législatives », s’enthousiasme Stéphane Peu . « Nous avons pour nous la dynamique, grâce à cette coalition, au fait que nous imposons un 3e   tour de la présidentielle, avec Jean-Luc Mélenchon qui se propose d’être premier ministre et surtout un programme dans lequel les gens fondent beaucoup d’espoir », ajoute le député FI Éric Coquerel. Côté écologiste, Sandra Regol, numéro 2 d’EELV, considère que « la force de cette coalition est d’avoir à la fois un socle de propositions communes très fortes et nombreuses tout en gardant nos spécificités, en ayant chacun nos propositions propres ».

L’accord avec les communistes prévoit lui aussi une « majorité pluraliste » et l’objectif que le PCF puisse former un groupe parlementaire d’au moins 15 élus. Raisonnablement, les communistes peuvent espérer conserver leurs onze sièges sortants, même si les batailles ne sont pas gagnées d’avance. Pour se renforcer, le PCF et ses militants viseront la victoire dans les 43 autres circonscriptions. Selon nos informations, cinq d’entre elles seraient particulièrement désignées comme des territoires de conquête. Celle de Dax et Tarnos (Landes), ville dirigée par Jean-Marc Lespade. À Bourges Ouest-Vierzon (Cher), chez le maire communiste Nicolas Sansu. Dans la circonscription menée par le RN Sébastien Chenu, Denain-Trith-Saint-Léger (Nord), où Patrick Soloch est parti pour représenter la gauche. À Creil-Nogent-Clermont (Oise), où le médecin Loïc Pen pourrait être candidat, comme en 2012. Et Lens-Avion (Pas-de-Calais), qui devrait voir le maire avionnais Jean-Marc Tellier être investi. Les candidatures pressenties de ces cinq responsables communistes devraient être confirmées dans les prochains jours.

Cette Nouvelle Union populaire écologique et sociale espère présenter ses 577 candidats le 7 mai, après la signature possible et espérée du PS, pour un lancement de campagne commun. Une étape supplémentaire dans « cette union qui répond aux grands enjeux d’aujourd’hui, estime Stéphane Peu. Cet espoir, à un moment où l’histoire s’accélère, peut créer un mouvement de grande puissance, y compris dans la rue ». Car la victoire aux législatives qui semble aujourd’hui possible ne sera pas une fin en soi. « Même si nous avons la majorité, ce sera difficile, avoue Clémentine Autain. La clé, c’est la mobilisation populaire, qui doit accompagner et rendre possibles les transformations profondes que nous proposons. » Comme il y a quatre-vingt-six ans, du temps du Front populaire…

 
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