Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF dans le Finistère. | DR
Recueilli par Mickaël Louedec - Publié le 20/12/2018
Le secrétaire départemental du PCF prépare les élections européennes et municipales. Des préparatifs qui se font dans un contexte social particulier, avec le mouvement des gilets jaunes.
Ismaël Dupont, comment se positionne le PCF face au mouvement des gilets jaunes ?
Ça a été une divine surprise. Au fur et à mesure de son développement, le mouvement a pris une dimension sociale très forte. Il y a une remise, au centre du jeu, des classes populaires, de la question sociale, de l’égalité… C’est très important de prendre en compte cet appel.
C’est un mouvement qui se développe sans l’aide des partis…
Si le mouvement des gilets jaunes débouche sur des revendications progressistes, c’est parce que des militants politiques l’infusent. Des militants communistes, notamment. Il y a un travail fait en profondeur, pas forcément visible, qui apparaît maintenant.
Vous êtes aussi dans la préparation des élections européennes ?
On a un chef de file, Ian Brossat, qui est adjoint au logement à la ville de Paris. C’est un candidat très brillant, qui mène une campagne intéressante sur l’Europe. Il sera à Brest le 1er février. Il va rencontrer des syndicalistes de l’industrie navale, avant un meeting à la maison des syndicats.
Pour les municipales, en 2020, vous êtes plutôt dans une stratégie d’alliance ?
Le parti pris est de ressouder la gauche. Ce qui nous importe, c’est d’avoir des élus qui pèsent sur les décisions. Sur Brest, on a un mandat à défendre avec les socialistes, dans une configuration de gauche plurielle. Dans le Finistère, il y a des villes moyennes qui ont basculé à droite et qu’il faut reconquérir, comme Morlaix, Quimper, Douarnenez, Concarneau, Plougastel… On travaille à des points programmatiques, qui sont communs à toutes les communes dans lesquelles on a vocation à présenter des candidats.
Comment se porte le PCF dans le Finistère ?
On vient de faire notre congrès départemental, le 10 novembre. On compte 850 adhérents, dont 50 nouveaux depuis le début de l’année 2018. Beaucoup de formations de gauche aimeraient avoir autant d’adhérents !
Mouvement de grève des agents de collecte de Morlaix Communauté photo Jean-Luc Le Calvez
Mouvement de grève des agents de collecte de Morlaix Communauté photo Jean-Luc Le Calvez
Mouvement de grève des agents de collecte de Morlaix Communauté photo Jean-Luc Le Calvez
Mouvement de grève des agents de collecte de Morlaix Communauté photo Jean-Luc Le Calvez
Communiqué
PCF Morlaix: faire droit aux revendications des personnels de collecte des déchets de Morlaix-Communauté et trouver une solution de sortie de crise.
Avec la CGT de Morlaix-Communauté, les agents de collecte de Morlaix-Communauté sont en grève depuis maintenant cinq jours, suivis ces derniers jours par une partie des agents administratifs qui participaient aux Assemblées Générales du personnel.
Cette grève vise la résorption de l'emploi précaire, avec la création de quatre postes pour le service de collecte notamment en lieu et place des CDD, la revalorisation de la prime IFSE et la mise en place du complément indemnitaire annuel afin de rééquilibrer le pouvoir d'achat des fonctionnaires territoriaux de Morlaix-Communauté mis à mal par le gel du pointe d'indice.
Cette grève aurait pu être évitée si la présidence de Morlaix-Communauté avait accepté de discuter avec le syndicat après le dépôt du préavis de grève le 4 décembre et de faire des propositions pour améliorer le pouvoir d'achat des agents et réduire la précarité dans les emplois.
Malheureusement, ces discussions n'ont pas eu lieu en amont.
Il a fallu quatre jours pour que le président de Morlaix-Communauté, Monsieur Piriou, consente enfin à une rencontre avec les personnels et à discuter, ce 20 décembre, avec les agents en grève. Il les a entendus mais ne s'est engagé sur aucune mesure d'amélioration de leurs conditions de travail, en repoussant la décision à un Conseil des Maires fin janvier, mais sans annoncer son soutien à une partie au moins de ces revendications.
Le PCF du Pays de Morlaix soutient les agents en lutte pour leur pouvoir d'achat et la titularisation de certains agents et demande à ce que les maires et l'exécutif de Morlaix Communauté affirment leurs positions par rapport aux revendications des agents de collecte et de la CGT, qui concernent tous les agents de Morlaix-Communauté, afin qu'une sortie de crise et un compromis de progrès pour les agents soient trouvés rapidement.
Les agents grévistes, à Morlaix communauté, ont rencontré leur Président ce matin, ce qu’ils attendaient de pied ferme. « Nous avons obtenu des avancées du côté de la résorption de l’emploi précaire, se félicite Marc Corbel, représentant CGT, qui pilote le mouvement. Concernant le service environnement, des ouvertures de poste nous ont été annoncées pour la 2e quinzaine de janvier. Concernant l’ensemble du personnel, cela prendra plus de temps, et nous le comprenons ».
Financier : ça bloque
En revanche, par rapport aux revendications sur la partie financière, les choses sont plus compliquées. « Le Président a retenu le montant le plus élevé de nos propositions, a estimé le coût de leur impact à 650 000 € et c’est cette somme qui sera portée au vote des maires, lors de leur Conseil, le 21 janvier. Nous aurions préféré que plusieurs propositions leur soient faites. En l’état, nous risquons d’obtenir un refus », poursuit Marc Corbel. Par ailleurs, les grévistes ont demandé à bénéficier d’un principe de rétroactivité, à partir de janvier 2019, toujours pour cette partie financière, ce qui ne leur a pas été promis.
En conséquence, le ramassage des ordures est toujours stoppé. « Nous proposons, au choix, deux mesures contre lesquelles nous sommes prêts à lever le mouvement : soit une réunion extraordinaire des maires, avant le 21 janvier, soit un écrit d’engagement sur l’aspect rétroactivité », poursuit le syndicaliste.
Le PCF soutient
Enfin, ce jeudi, le mouvement a reçu le soutien du parti communiste. « Le PCF du Pays de Morlaix soutient les agents en lutte pour leur pouvoir d'achat et la titularisation de certains agents et demande à ce que les maires et l'exécutif de Morlaix Communauté affirment leurs positions (...) afin qu'une sortie de crise et un compromis de progrès pour les agents soient trouvés rapidement», indique le parti dans un communiqué.
Alain Tigréat, adjoint aux finances (à gauche), a présenté les grandes lignes du budget primitif 2019 de la ville.
Il a beaucoup été question de gros sous, ce mardi soir, lors du dernier conseil municipal de l’année, qui devait se pencher, entre autres, sur le budget primitif 2019 de la ville. Celui-ci est en hausse, à la fois en fonctionnement et en investissements. L’opposition s’est abstenue, sans faire de vagues.
Un mois après le débat d’orientations budgétaires, Alain Tigréat, adjoint aux finances, a présenté ce mardi le budget primitif 2019 de la ville. L’avant-dernier de la mandature. En section fonctionnements, il s’équilibre à hauteur de 22,77 M€, soit 420 000 € de plus que le précédent budget. Après deux années de baisse consécutives, Morlaix retrouve donc quasiment le niveau de son budget 2016.
Les principales recettes viennent des impôts et taxes, qui représentent 62,1 % du total. Concernant les dotations et participations (22 % du total), il est à noter que celles de l’État augmentent enfin (+0,6 %) après une baisse drastique entre 2014 et 2018. La dépense la plus importante se situe dans les charges de personnel, qui continuent d’augmenter (10,395 M€, soit 45,7 %).
L’an prochain, 7,825 M€ seront consacrés aux services généraux et aux administrations publiques locales (34,4 %), 4,19 M€ à l’enseignement et la formation (18,4 %) et 4,16 M€ à l’aménagement, le service urbain et l’environnement (18,3 %). Les plus petits budgets sont alloués au logement (55 500 €, soit 0,2 %) et l’action économique (35 600 €, soit 0,2 %).
Davantage d’investissements
La politique d’investissements, elle, s’élèvera l’an prochain à 9,79 M€ (contre 8,78 M€ en 2018), dont 8,598 M€ de dépenses d’équipements. Près de 2 M€ seront consacrés au musée des Jacobins et à la maison à Pondalez, un peu plus d’1 M€ à la plate-forme culturelle du 9, rue de Paris, et 2,34 M€ aux travaux de voirie (dont 965 000 € rien que pour la Voie d’accès au port). Ces investissements seront financés à 53,2 % par l’emprunt et à 12,5 % par l’autofinancement. Et ce, dans un contexte de stabilité de la fiscalité voulue par la majorité. Les taxes d’habitation et sur le foncier non bâti sont inchangées. Quant à celle sur le foncier bâti, elle baisse d’1 %. Cela étant, les bases de calcul, décidées par l’État, sont à la hausse. Les ménages morlaisiens n’y gagneront donc rien. « Au global, l’impôt va même rapporter un peu plus à la ville, a remarqué Jean-Paul Vermot, pour l’opposition. On aurait pu faire mieux ».
Le même Jean-Paul Vermot s’est ensuite interrogé sur la façon dont l’État allait compenser la suppression de la taxe d’habitation. « Une simulation vient d’être faite. En l’état, Morlaix va perdre beaucoup d’argent », lui a répondu Agnès Le Brun.
Un film, deux piques
L’opposition ayant pu dire, le mois dernier, ce qu’elle pensait de ce budget, personne ne s’est éternisé sur le sujet, ce mardi, Jean-Pierre Cloarec, Ismaël Dupont et Jean-Paul Vermot se contentant de se faire préciser deux ou trois points de détail. Pour la forme. Après quoi, elle s’est abstenue en bloc lors du vote.
Pas de quoi émouvoir Agnès Le Brun, qui a enchaîné en faisant projeter un petit film, réalisé par Brut., qui met en avant la politique de développement durable de la ville, « soutenue par tous les élus ». En l’occurrence, l’opération de lutte contre le gaspillage alimentaire à l’école Jean-Jaurès. Un exercice d’autosatisfaction municipal qui a entraîné une question de Jean-Paul Vermot : « La minorité aura-t-elle aussi la possibilité de diffuser des vidéos sur l’état des terrains de sport quand il pleut, par exemple, et l’annulation des matches ? ». « Je ne vous connaissais pas mesquin, lui a rétorqué la maire du tac au tac. Vous nous gâchez notre plaisir ». Un partout, balle au centre. Pas de quoi en faire un film…
Un total de 1 040 256 €de subventions aux associations et structures culturelles conventionnées a été voté ce lundi par le conseil municipal.
Wart, 45 420 € pour le fonctionnement et les participations à l’organisation du festival Panoramas et à la navette bus pendant ledit festival ; Les Moyens du Bord, 27 000 €; le théâtre du Pays de Morlaix, 522 000 €; le théâtre de l’Entresort, 8 200 €; le cinéma art et essai La Salamandre, 15 000 €; la Maison des Jeunes et de la Culture, 136 500 €; l’Espace des sciences, 15 000 €; centre social du Plateau Carré d’As, 63 504 €, plus 1 000 € pour l’organisation d’une fête de fin d’année ; centre social Ty an Oll de Kernéguès, 10 200 €; accueil de loisirs sans hébergement (ALSH) La Récré, 67 320 €; Morlaix animation jeunesse (Maj), 83 946 €; Office de retraités et personnes âgées de Morlaix (Orpam), 45 166 €.
En préambule à ce dernier conseil de l’année, Agnès Le Brun a autorisé une délégation de Gilets jaunes à prendre la parole. Ces derniers, qui venaient de se faire déloger de leur emplacement, près du Décathlon, ont résumé leur action, leurs revendications (« faire avancer la démocratie ») et exprimé leurs remerciements aux gens, « nombreux », qui les soutiennent. Après quoi, ils ont demandé une salle où ils pourraient se réunir. « Nous aussi, nous voyons la situation se dégrader. On vous enlève du pouvoir d’achat et on nous enlève les moyens de faire fonctionner nos collectivités. Nous ne sommes pas différents », leur a répondu Agnès Le Brun. Mais pour ce qui est de la salle, les règles sont strictes : il faut que la demande soit portée par une association, avec un représentant légal, qui dispose d’une assurance.
Écoles sous contrat. Les élus ont voté l’attribution d’un montant de 311 357,56 € aux écoles morlaisiennes sous contrat d’association, dans le cadre d’une participation aux dépenses de fonctionnement pour l’année scolaire 2018-2019. Sachant que dans la Cité du viaduc, le coût de fonctionnement par élève a été estimé à 1 486,59 € (légèrement inférieur à la moyenne départementale) pour les écoles maternelles et de 672,97 € pour les écoles élémentaires (très supérieur à la moyenne départementale), il a été attribué la somme de 23 614,51 € à l’école Diwan, 69 437,03 € à l’école Notre-Dame-de-Lourdes, 89 998,27 € à Notre-Dame de Ploujean et 128 307,75 € à l’école Saint-Joseph.
Tarifs municipaux. Les tarifs municipaux 2019 ont été votés à l’unanimité. Hormis une augmentation des tarifs des concessions des cimetières, des columbariums, des emplacements cinéraires, ils sont stables.
À noter, néanmoins, la baisse du prix des tickets sports et des entrées à la piscine.
Dérogation à la règle du repos dominical. Pour les commerces de détail autres que l’automobile, il sera possible d’ouvrir le dimanche 30 juin (soldes d’été) pour le non-alimentaire, le dimanche 4 août (braderie), les dimanches 8, 15 et 22 décembre ; et le dimanche 29 décembre (pour l’alimentaire). S’agissant de l’automobile, les concessions pourront ouvrir les dimanches 20 janvier, 17 mars, 16 juin, 15 septembre et 13 octobre.
Salah Hamouri, avocat franco-palestinien de 33 ans, était l’invité d’honneur de l’Association France Palestine Solidarité, le 30 novembre, à Plourin-lès-Morlaix (29), dans le cadre du Festival des Solidarités. Il est revenu, à cette occasion, sur ses 13 mois de captivité dans une prison israélienne et sur le sort des Palestiniens dans l’État hébreu. Un témoignage qu’il renouvellera ces mercredi et jeudi, à Carhaix, Brest et Quimper (*).
Vous avez été libéré le 30 septembre, après plus d’un an de détention dans les geôles israéliennes. Comment allez-vous ?
« Ça fait vraiment du bien d’être libre. C’est un sentiment compliqué à décrire avec des mots… Cet emprisonnement a été d’autant plus difficile à vivre que ma femme, qui est française, et notre fils étaient interdits de séjour en Israël - ils le sont toujours -, et ne pouvaient donc pas me rendre visite. Une fois libéré, j’ai fait au plus vite pour venir les retrouver en France ».
« J’ai passé 13 mois en détention administrative et je ne sais toujours pas pourquoi. La détention administrative est une loi qui a été créée sous le mandat britannique avant l’occupation de 1948, et qui permet à l’armée israélienne d’arrêter n’importe quel Palestinien et de l’emprisonner pendant plusieurs mois, par périodes renouvelables, ad vitam, sur la base d’un dossier qui reste secret. Ni moi, ni mon avocat ne savons ce qu’il contient. Je sais juste que c’est le ministre de la Défense qui a signé l’ordre de m’arrêter pour une période initiale de six mois. Et qu’on me considère comme un danger pour la sécurité d’Israël. Mais je ne suis pas le seul. Nous sommes plusieurs centaines, comme ça ».
Comment s’est déroulée cette détention ?
« Les prisons israéliennes sont faites pour briser mentalement les prisonniers politiques palestiniens. On est à l’isolement total. Collectivement. Moi, j’étais détenu à Neguev, au Sud, dans le désert, près de la frontière égyptienne. On était 1 600. Coupés du monde. Le seul lien avec l’extérieur, mais ce n’est pas valable pour tout le monde, c’est la visite de la famille très proche (père, mère, frères, sœurs), une fois par mois. On a le droit à 45 minutes au téléphone, derrière une vitre. Et tout est enregistré. On fait donc attention à ce que l’on dit, de peur que ce soit utilisé ensuite ».
Déjà en 2005, vous aviez été inculpé pour avoir projeté l’assassinat du rabbin Ovadia Yossef et pour votre appartenance présumée au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP)…
« C’est une vieille histoire. J’ai été condamné à sept ans de prison pour cela. J’avais accepté un plaider coupable pour éviter une peine de 14 ans, mais il n’y avait rien de précis dans le dossier ».
Êtes-vous membre du FPLP ?
« Ce n’est pas une question à laquelle je peux répondre. Le FPLP est considéré comme une organisation terroriste. Ce n’est pas du tout comme en France où on peut dire que l’on est communiste, socialiste… Là-bas, toute appartenance à un parti politique est interdite. Je ne peux pas dire si je suis membre ou pas ».
Vous considérez donc qu’il s’agit d’un acharnement de l’État d’Israël vis-à-vis de votre personne et des Palestiniens en général.
« Bien sûr. Depuis 1967, environ 850 000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes ; il y a eu 215 morts. C’est 30 % de la société qui est touchée. Aujourd’hui, il y a plus de 5 000 prisonniers palestiniens, dont 250 enfants et 62 femmes… 80 d’entre eux sont incarcérés depuis plus de 25 ans. C’est un système destiné à faire pression. On veut clairement nous chasser de Palestine. Personnellement, j’ai déjà été détenu à quatre reprises. La première fois, j’avais 16 ans ».
Le simple fait d’être Palestinien ferait de vous un danger pour Israël ?
« Pour eux, oui. Car je refuse d’accepter la situation. Et puis je suis avocat. Je n’ai jamais caché que je voulais défendre les prisonniers politiques ».
Étiez-vous au courant qu’en France, vous étiez soutenu par le monde associatif et une partie de la classe politique ?
« Un peu seulement, grâce à ma famille. Car, contrairement à ma précédente détention, l’administration avait cette fois interdit de faire entrer des lettres. Même les livres en français m’étaient interdits ».
La diplomatie française a-t-elle fait ce qu’il fallait pour faciliter votre libération ?
« Clairement, non. Pour des Français détenus en Turquie ou au Mexique, elle est intervenue, quitte à créer un incident diplomatique. Mais pour moi, rien. Les démarches étaient trop timides, pour ne pas énerver Israël. Il ne faut jamais brusquer Israël ».
Pourquoi avez-vous accepté de venir à Plourin-lès-Morlaix, puis à Carhaix, Brest et Quimper ?
« Pour remercier tous les gens qui se sont mobilisés pour ma libération. Et je sais qu’en Bretagne, ils ont été très actifs (il a été fait citoyen d’honneur de la ville de Carhaix, NDLR). Leur combat ici est important et efficace pour la cause palestinienne. Je suis venu aussi, à la demande de l’Association France Palestine Solidarité, pour évoquer la vie des prisonniers politiques en Israël ».
Vous avez l’intention de retourner vivre en Palestine. N’avez-vous pas peur d’être de nouveau arrêté ?
« La Palestine est mon pays. J’y suis né. Bien sûr que je vais y retourner. Même si les Israéliens m’ont bien fait comprendre que j’avais tout intérêt à rester vivre en France. Mon combat va être de permettre à ma femme et à mon fils de me rejoindre. Il fait savoir qu’en tant que Palestinien de Jérusalem, je n’ai qu’une carte de résidence temporaire. Si je quitte le pays plus de six mois, je la perds. Et on ne me laissera jamais plus rentrer. Quant à une nouvelle arrestation… Ça peut arriver ».
Que pensez-vous du rôle des États-Unis dans le conflit israélo-palestinien ?
« Il faut dire clairement les choses ici. Les États-Unis se servent d’Israël, depuis sa création, comme d’une base armée avancée pour le Proche-Orient. Et ce que vient de faire Trump, en déménageant l’ambassade des USA de Tel-Aviv à Jérusalem, c’est donner le feu vert aux Israéliens pour poursuivre leur projet de colonisation et chasser les Palestiniens de Jérusalem. C’est une décision politique très dangereuse ».
Tous les Israéliens sont-ils, selon vous, en guerre contre les Palestiniens ?
« Il y a une force d’occupation et un peuple occupé. Ça, c’est la base. Ensuite, la volonté de la société israélienne se traduit lors des élections. On voit bien quel est leur choix. C’est l’extrême droite. Les Israéliens antisionistes en faveur des droits des Palestiniens sont extrêmement minoritaires. Du côté des Palestiniens, certains seulement résistent. Mais tous refusent cette colonisation ».
Remettez-vous en cause l’existence même d’Israël ?
« Non, je ne la remets pas en cause. Mais je considère que sa création a été une erreur et une injustice historiques. Le présent le démontre ».
C’est un conflit entre un peuple occupé et une force occupante
Le conflit israélo-palestinien est-il un conflit religieux ?
« C’est tout sauf un conflit religieux. Avant 1948, il y avait bien des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans qui vivaient en paix en Palestine. Je le répète : c’est un conflit entre un peuple occupé et une force occupante. La religion est un prétexte. Moi, je suis né musulman mais je n’ai rien contre les Juifs en tant que Juifs. Ce ne sont pas les Juifs qui occupent nos rues, ce sont les Israéliens. Ce que les Palestiniens contestent, c’est la colonisation ».
Pensez-vous que la paix à une chance de voir le jour dans cette région du monde ?
« Elle arrivera dès lors qu’il y aura un respect des droits des Palestiniens. Sans cela, aucune chance. La solution des deux États est morte et enterrée, à cause de la colonisation. La seule qui vaille, c’est la création d’un État démocratique, laïc, qui garantisse le retour des Palestiniens. Un État où tous les habitants auront les mêmes droits ».
* Salah Hamouri sera à Carhaix ce mercredi 19 décembre, à 14 h 30, à la salle Justice de paix, puis à Brest, à 20 h, à la Maison du Peuple. Il sera reçu en mairie de Brest jeudi à 11 h, avant de se rendre à Quimper, où il est attendu, à 15 h, pour une réception à l’hôtel de ville, puis à 20 h, à la MPT de Penhars, pour une réunion publique.
Interview de Salah Hamouri par Gwendal Hameury, chef de rédaction du Télégramme à Morlaix
Conseil communautaire du 17 décembre.
La motion que je présentais pour défendre le mouvement des robes noires et le tribunal d'instance de Morlaix a été adoptée à l'unanimité.
" Motion: Réforme de la justice, une menace pour les tribunaux d'instance.
Nous ne l'acceptons pas et affirmons notre solidarité avec les robes noires !
Le projet de loi de réforme de la justice préparé par le Gouvernement suscite de vives inquiétudes parmi les professionnels de la justice.
Ce texte prévoit notamment la fusion des tribunaux d'instance et des tribunaux de grande instance en une entité unique, le tribunal judiciaire, dans une logique de mutualisation des moyens et d'une refonte du système judiciaire.
Morlaix a déjà perdu son tribunal de grande instance et son tribunal de commerce en 2011. Ce serait un nouveau coup dur pour notre tribunal qui perdra son statut de tribunal d'instance.
Il deviendrait une simple chambre détachée du tribunal judiciaire départemental , avec à la clef une perte d'autonomie, des possibilités de remplacement et de déplacement au pied levé pour le personnel de justice, un avenir hypothéqué pour le maintien des emplois et du service public judiciaire au tribunal, la possibilité future de supprimer des postes et des fonctions du service public de proximité de la justice.
Sept fonctionnaires de greffe et deux magistrats sont concernés au tribunal d'instance de Morlaix, plus deux agents de greffe des prud'hommes.
Mais derrière, c'est toute une population de la région de Morlaix qui est concernée ! La crainte c'est que la justice de proximité ne disparaisse.
Grâce à ces professionnels, des citoyens peuvent avoir accès à des services de justice de proximité. C'est important car ce sont souvent les plus fragilisés qui y ont recours. Ainsi, le tribunal d'instance qui arbitre les situations d'endettement, les demandes d'expulsion locative ou de tutelle, travaille avec des personnes âgées, handicapées, précarisées. Vont-ils pouvoir faire 60 km pour se rendre à Brest si les services de petits litiges à Morlaix ne sont pas maintenus à terme alors que beaucoup d'entre eux n'ont pas de voiture ? Le tournant des procédures numérisées est lui-même excluant pour ces citoyens fragilisés qui ont recours à la justice, d'autant que les moyens de la justice en matière d'équipement et de numérique sont loin d'être au rendez-vous.
Notre crainte c'est que la justice de proximité ne disparaisse alors que c'est ce qui faisait la spécificité des tribunaux d'instance (qui fonctionnaient d'ailleurs plutôt bien et avec de bons délais de traitement des procédures).
Ainsi, les élus de la Ville de Morlaix tiennent à affirmer leur attachement au maintien du statut et des fonctions de tribunal d'instance pour le tribunal de Morlaix, leur solidarité avec les personnels de justice et les justiciables, leur volonté de défendre la justice de proximité contre une réforme qui risque d'éloigner les citoyens de leur institution judiciaire".
Je suis aussi intervenu pour soutenir une école communautaire de musique et d'art avec des tarifs permettant l'accès des pratiques artistiques et musicales amateurs à tous, pour alerter sur les difficultés du Patio et la nécessité de changer de modèle, pour défendre la subvention au RESAM, à la Maison du monde et à la Semaine de la Solidarité internationale face aux réserves d'Agnès Le Brun, pour souligner une subvention complémentaire de 140 000 euros à Kéolis et mettre en avant l'exemple de Dinan pour le passage à la gratuité des transports, pour rappeler mon opposition au parkings payants sur le pôle gare, pour enfin dire ma satisfaction et mon soutien au plan de passage progressif à une régie publique de la gestion de l'eau. C'était aussi une bataille de plusieurs élus socialistes au sein de leur majorité, dont Jean-Paul Vermot et Solange Creignou.
Jean-Michel Parcheminal a été élu conseiller délégué aux finances en remplacement de Serge Le Pinvidic, et les Gilets Jaunes qui bloquaient au départ l'entrée du Conseil Communautaire en grand nombre, ont pu décliner leurs revendications très fortes et parfaitement légitimes au début de la séance et sont restés pour faire signer la pétition pour le référendum d'initiative citoyenne.
Ismaël Dupont
Vidéo de l'interpellation des Gilets Jaunes:
Les Gilets jaunes interpellent les élus communautaires à Morlaix
Morlaix communauté. L’agglo suit sa « trajectoire 2025 »
Après avoir bloqué l’entrée de la CCI pendant quelques dizaines de minutes, les Gilets jaunes ont pris la parole de l’hémicycle.
Le dernier conseil communautaire de l’année s’est déroulé lundi à la CCI. Les dossiers à l’ordre du jour ont illustré la mise en œuvre effective du projet de territoire « Trajectoire 2025 ».
La dernière réunion de l’année du conseil communautaire a bien failli ne pas se tenir, lundi. Outre la mobilisation d’agents de la collectivité devant la CCI, des Gilets jaunes ont bloqué l’accès au bâtiment. Après négociations, ils ont fini par laisser entrer les élus. À condition de pouvoir lire leurs revendications à l’intérieur de l’hémicycle. Ce qui leur a été accordé par le président Thierry Piriou. Moyennant quoi, le conseil a débuté avec une heure de retard. Parmi les 48 délibérations adoptées, quatre représentaient la mise en musique de la feuille de route « Trajectoire 2025 » de Morlaix communauté.
Culture. Le projet culturel de territoire a un double objectif : un objectif d’intérêt général axé sur l’égalité d’accès à la culture, en faisant de la jeunesse une priorité ; un objectif visant à optimiser le rapport culture - économie. Ce lundi, les élus ont validé cinq orientations : faire de la Manu un emblème du territoire ; créer une « école communautaire d’enseignements artistiques » ; soutenir l’éducation artistique et culturelle, la médiation et l’animation ; coordonner l’action culturelle ; aider au développement d’un écosystème économique lié à la production culturelle (en lien avec la Manu). La prochaine étape sera de déterminer jusqu’où va la compétence culture et patrimoine, qui est partagée avec les communes.
Schéma vélo. Voté en octobre 2016, le schéma de transports intercommunal comporte un volet politique cyclable. Après avoir fixé de grandes orientations, les élus ont établi un plan d’actions. Lequel prévoit d’engager des moyens pour la réalisation de quatre itinéraires cyclables entre 2019 et 2022 : Morlaix - Plouigneau, Morlaix - Plouezoc’h (Dourduff en mer), Saint-Martin-des-Champs - Taulé/Locquénolé et la liaison zone de Keriven zone du Launay à Saint-Martin-des-Champs. Par ailleurs, Morlaix Co soutiendra les communes qui souhaitent développer l’offre vélo par la création d’un fonds de concours spécifique.
Eau et assainissement. Au regard des situations disparates dans les 44 services d’eau et d’assainissement du territoire, et afin de pouvoir mieux contrôler les opérateurs réseaux, la communauté souhaite développer un grand service public de l’eau, sous la forme d’une régie ou d’une société publique locale. Cette trajectoire, validée lundi, s’inscrit dans une démarche progressive. Les contrats de délégations de services publics seront intégrés au fur et à mesure des dates d’expiration. Il faudra néanmoins recourir de manière transitoire (quatre ans) à la gestion déléguée pour la partie la plus urbaine et littorale de l’agglomération, et conforter la compétence de la régie par des marchés de prestations, en particulier pour la gestion des ouvrages les plus complexes.
Politique locale du commerce. En février 2018, les élus ont approuvé les premières orientations de la politique locale du commerce, qui entre désormais dans sa phase concrète. Un dispositif de coaching individualisé va ainsi être proposé, un observatoire partagé des dynamiques commerciales créé, de même qu’un office intercommunal du commerce (qui comprend la création d’un poste de manager du commerce).
À l’issue de la réunion, les élus ont été invités par les Gilets jaunes à signer une pétition demandant l’instauration du référendum d’initiative citoyenne (Ric).
Le tribunal d’instance en sursis. La réforme de la justice, qui prévoit la fusion des tribunaux d’instance et de grande instance, suscite de vives inquiétudes à Morlaix communauté. Car Morlaix a déjà perdu son tribunal de grande instance et son tribunal de commerce en 2011. Si son tribunal d’instance devenait une simple chambre détachée d’un tribunal judiciaire départemental dont le siège n’a pas encore été fixé (Brest ou Quimper), « ce serait un nouveau coup dur pour la Cité du viaduc », a affirmé Ismaël Dupont dans une motion coécrite par les élus morlaisiens, toutes tendances confondues. Votée à l’unanimité, elle réclame le maintien du tribunal d’instance de Morlaix et affirme la solidarité de la communauté avec les robes noires, afin que la justice de proximité ne disparaisse pas.
Jean-Michel Parcheminal élu conseiller délégué. Pour remplacer Serge Le Pinvidic, vice-président aux finances démissionnaire, Thierry Piriou a décidé de procéder à l’élection d’un nouveau conseiller délégué, chargé de la commission finances, de la commission des appels d’offres et des budgets. Seul candidat, Jean-Michel Parcheminal, maire de Plounéour-Ménez, a été élu. Le nombre de vice-présidents passe de onze à dix.
3,77 M€ pour la fibre optique. Les élus ont validé le plan de cofinancement de la phase 2 (2019-2023) du projet Bretagne très haut débit avec Mégalis Bretagne. Sa part se monte à 3,77 M€. Sont concernées, les communes de Locquirec, Le Cloître-Saint-Thégonnec, Plougonven (priorité au site de l’hôpital, à Guervenan), Plouégat-Moysan, Le Ponthou, Lannéanou, et en partie les communes de Taulé, Plouigneau, Plourin-lès-Morlaix, Pleyber-Christ et Guerlesquin.
Une aide à Hemarina. Une aide de 27 992 € a été allouée à la société Hemarina, dans le cadre de son projet HEMDental-Care, qui aboutira à la mise sur le marché d’un dispositif médical innovant qui s’affranchit de l’utilisation de molécules antibiotiques, dans le traitement des pathologies parodontales.
Dernier Conseil municipal de Morlaix en Vidéo: Je suis intervenu assez longuement sur le Débat d'orientation budgétaire (1:09 -1:17), sur l'EHPAD de la Boissière et l'augmentation significative des tarifs (1:43), la mise à disposition de services postaux dans le centre commercial de Leclerc à La Boissière (2:01), et la fermeture du bureau de poste que n'a pas cherché à empêcher Madame le Maire. Ismaël Dupont
Les manifestants (représentés par Hervé Prigent, au premier plan à gauche, et Marc Corbel, au premier plan à droite, de la CGT), ce lundi 17 décembre au matin, dans l’attente d’un rendez-vous avec des représentants de Morlaix communauté.
Depuis ce lundi 17 décembre au matin, suite à un préavis de grève déposé le 4 décembre, une vingtaine d’agents de Morlaix communauté occupent le siège. Il s’agit de l’ensemble du service collecte, de la moitié du service déchèterie, de personnes de l’aire des gens du voyage et d’une personne du garage communautaire. En conséquence, il n’y a pas de ramassage des poubelles ce lundi. Les revendications des manifestants concernent la résorption de l’emploi précaire, l’augmentation de la participation à l’assurance maintien de salaire, l’augmentation de l’indemnité de fonction et la mise en place du complément indemnitaire annuel. Des pourparlers sont en cours avec la Direction, avant une assemblée générale proposée au personnel de Morlaix Co, à 13 h. S’ils n’obtiennent pas satisfaction, les agents gilets jaunes prévoient d’occuper le conseil communautaire, ce soir.
Tribunal d'instance de Morlaix - photo Le Télégramme
Voici une motion que je présenterai au Conseil Municipal de Morlaix (au nom de l'opposition) le mardi 18 décembre et au Conseil Communautaire le lundi 17 décembre.
Ismaël Dupont.
Motion: Réforme de la justice, une menace pour les tribunaux d'instance.
Nous ne l'acceptons pas et affirmons notre solidarité avec les robes noires !
Le projet de loi de réforme de la justice préparé par le Gouvernement suscite de vives inquiétudes parmi les professionnels de la justice.
Ce texte prévoit notamment la fusion des tribunaux d'instance et des tribunaux de grande instance en une entité unique, le tribunal judiciaire, dans une logique de mutualisation des moyens et d'une refonte du système judiciaire.
Morlaix a déjà perdu son tribunal de grande instance en 2011. Ce serait un nouveau coup dur pour notre tribunal qui perdra son statut de tribunal d'instance.
Il deviendrait une simple chambre détachée du tribunal judiciaire de Brest , avec à la clef une perte d'autonomie, des possibilités de remplacement et de déplacement au pied levé pour le personnel de justice, un avenir hypothéqué pour le maintien des emplois et du service public judiciaire au tribunal, la possibilité future de supprimer des postes et des fonctions du service public de proximité de la justice.
Sept fonctionnaires de greffe et deux magistrats sont concernés au tribunal d'instance de Morlaix, plus deux agents de greffe des prud'hommes.
Mais derrière, c'est toute une population de la région de Morlaix qui est concernée ! La crainte c'est que la justice de proximité ne disparaisse.
Grâce à ces professionnels, des citoyens peuvent avoir accès à des services de justice de proximité. C'est important car ce sont souvent les plus fragilisés qui y ont recours. Ainsi, le tribunal d'instance qui arbitre les situations d'endettement, les demandes d'expulsion locative ou de tutelle, travaille avec des personnes âgées, handicapées, précarisées. Vont-ils pouvoir faire 60 km pour se rendre à Brest si les services de petits litiges à Morlaix ne sont pas maintenus à terme alors que beaucoup d'entre eux n'ont pas de voiture ? Le tournant des procédures numérisées est lui-même excluant pour ces citoyens fragilisés qui ont recours à la justice, d'autant que les moyens de la justice en matière d'équipement et de numérique sont loin d'être au rendez-vous.
Notre crainte c'est que la justice de proximité ne disparaisse alors que c'est ce qui faisait la spécificité des tribunaux d'instance (qui fonctionnaient d'ailleurs plutôt bien et avec de bons délais de traitement des procédures).
Ainsi, les élus de la Ville de Morlaix tiennent à affirmer leur attachement au maintien du statut et des fonctions de tribunal d'instance pour le tribunal de Morlaix, leur solidarité avec les personnels de justice et les justiciables, leur volonté de défendre la justice de proximité contre une réforme qui risque d'éloigner les citoyens de leur institution judiciaire
:
Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste.
Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale.
Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.