Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
28 février 2023 2 28 /02 /février /2023 07:43
Cisjordanie. Yehuda Shaul, fondateur de "Breaking the silence" : « L’occupation est la principale cause de violence » (L'Humanité, 27 février 2023, entretien avec Pierre Barbancey)
Cisjordanie. Yehuda Shaul : « L’occupation est la principale cause de violence »

Alors que la flambée de violences se poursuit en Cisjordanie, où les autorités israéliennes laissent les colons mener des expéditions punitives, Yehuda Shaul, le fondateur de Breaking the Silence, nous explique les objectifs du gouvernement de Netanyahou. Il déplore par ailleurs le lourd silence de la communauté internationale, qui lui laisse carte blanche. Entretien.

Publié le Lundi 27 février 2023
 

Yehuda Shaul a fondé Breaking the Silence, qui rassemble des vétérans de l’armée israélienne engagés contre l’occupation de la Palestine. Il en a été le codirecteur jusqu’en 2019.

Depuis, il a créé Ofek, le Centre israélien pour les affaires publiques, un groupe de réflexion qui se consacre à la promotion d’une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien. Il était récemment à Paris, à l’invitation de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine.

Qu’est-ce qui a changé depuis que Netanyahou est revenu au pouvoir ?

Ce gouvernement a annoncé de façon très claire qu’il poursuivrait l’annexion des territoires palestiniens. Maintenant, il n’y a plus aucun doute sur ses intentions. La recherche de l’annexion est claire. À partir de là, la seule question qui vaille est : comment la communauté internationale va-t-elle réagir ? Mais c’est le silence, il n’y a aucune réaction.

Pourtant, de nos jours, la question de l’annexion est un problème très actuel en Europe. Nous voyons ce qui se passe entre l’Ukraine et la Russie. Je ne dis pas qu’il s’agit de la même chose. Mais ce qui est commun, ce sont les questions de respect des principes internationaux ou le refus de la prise de territoires par la force et donc de l’annexion. Malheureusement, la communauté internationale ne réagit pas de la même façon lorsqu’il s’agit de l’annexion par Israël.

De nombreux éléments au sein de ce gouvernement veulent une escalade. Ils pensent que cela amènera de nouvelles violences. Parce que c’est une bonne couverture pour mettre en œuvre une politique encore plus extrémiste à l’encontre des Palestiniens. On voit comment le ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Ben Gvir, pousse pour accélérer les démolitions de maisons palestiniennes à Jérusalem-Est. Ce qui provoque plus de violence sur le terrain.

Il y a néanmoins des réactions internationales. Comment les considérez-vous ?

Je crois qu’il y a un problème sur la façon dont on en parle. Qu’il y ait une déclaration européenne contre la violence, c’est très bien. Mais, en fait, ce n’est pas sérieux. Cela fait partie du problème.

Si on veut vraiment la fin de la violence, il faut s’occuper des causes. Et les causes principales sont l’occupation et l’annexion. La violence ne vient pas de nulle part. Si vous faites comme si la violence palestinienne n’avait pas de raisons, vous n’aidez pas à résoudre le problème. C’est à cela qu’il faut s’attaquer si l’on veut arriver à une situation apaisée.

Qu’est-ce qui réunit tous ces partis autour de Netanyahou ?

Les trois piliers de la coalition de Netanyahou ont des intérêts totalement alignés. Les raisons de ce mariage reposent sur la destruction complète du système judiciaire israélien et de son indépendance.

Netanyahou est susceptible d’aller en prison pour des accusations de corruption, le Parti sioniste religieux veut en finir avec la Cour suprême parce qu’il souhaite aller vers l’annexion, et les ultraorthodoxes veulent être sûrs que la Cour suprême ne va pas statuer sur le fait que leur exemption du service militaire est inconstitutionnelle. C’est pour cela qu’ils feront tout ce qui est possible pour faire progresser ces politiques.

Jusque-là, si un parti n’était pas autorisé à se présenter aux élections, il faisait appel devant la Cour suprême. C’est ce qui est arrivé au parti arabe Balad, exclu par le Parlement, mais qui a finalement pu se présenter grâce à la Cour suprême. Mais, demain, si les prérogatives constitutionnelles de la Cour suprême disparaissent, ce ne sera plus possible.

Et d’autres partis pourraient suivre comme Hadash (communiste) ou Raam (islamiste). Que feront-ils ? Ils boycotteront. Mais cela signifiera qu’il y aura des élections sans partis représentant les Palestiniens d’Israël. De même, plus rien ne s’opposerait à la saisie des terres palestiniennes par les colons. Beaucoup ne réalisent pas à quel point c’est dramatique.

Israël est un pays sans Constitution. Ce qui est en train de se passer pourrait-il changer la nature du régime ?

C’est non seulement un pays sans Constitution, mais également un pays où vous avez des gouvernements de coalition. Ce qui signifie que l’exécutif, le gouvernement, détient la majorité au sein du législatif puisque la coalition détient 61 sièges sur les 120 de la Knesset.

 

 

Partager cet article
Repost0
28 février 2023 2 28 /02 /février /2023 07:38
Comment stopper la colonisation israélienne ?  - Patrick Le Hyaric et Leïla Shahid - Débat de L'Humanité
Comment stopper la colonisation israélienne ?

Tel-Aviv vient d’autoriser de nouvelles colonies. Seul un coup d’arrêt à ce processus d’annexion de la Cisjordanie peut relancer un processus de paix. Avec Patrick Le Hyaric, ancien député européen et membre de la délégation du Parlement européen chargé des relations avec la Palestine de 2009 à 2019 et Leïla Shahid, ancienne ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne

Publié le Lundi 27 février 2023 - L'Humanité
 
 
Patrick Le Hyaric
Ancien député européen et membre de la délégation du Parlement européen chargé des relations avec la Palestine de 2009 à 2019

C’est contre le colonialisme et la colonisation que la jeunesse palestinienne s’insurge et agit. Elle a raison de vouloir empêcher les expulsions des logements, notamment à Jérusalem, l’accaparement des terres, le vol de l’eau de la vallée du Jourdain. C’est une nouvelle phase du combat pour la libération qui est ainsi engagée contre un occupant qui s’est doté d’un pouvoir d’extrême droite, religieux et suprémaciste.

Les États-Unis et l’Union européenne sont complices de la violation du droit international. Le gouvernement de Tel-Aviv colonise, brime et réprime, occupe, annexe chaque jour un peu plus la Palestine : 164 colonies et 116 avant-postes préparant l’installation de colonies supplémentaires incluant Jérusalem-Est. Le combat contre la colonisation est celui de la construction d’un pays, d’un État. Les Palestiniens ont pour eux le nombre et le droit international. Rien ne dit qu’il sera possible d’y résister.

Le combat contre la colonisation est celui de la construction d’un pays, d’un État.

Le droit international ne peut être à géométrie variable selon les intérêts occidentaux et leurs sociétés financières et industrielles. À juste titre les institutions internationales et la plupart des gouvernements demandent instamment au maître du Kremlin de mettre fin à sa tentative d’annexion et de respecter la souveraineté territoriale de l’Ukraine. Pourquoi les mêmes n’ont-ils donc aucun mot pour faire cesser l’annexion de la Palestine ? Les trois quarts de l’humanité perçoivent bien cet insupportable deux poids, deux mesures. Nous devons donc rehausser nos interventions auprès du gouvernement et de l’Union européenne.

En ces temps où l’on se gargarise tant des « valeurs » démocratiques, l’Union européenne ne semble pas décidée à sanctionner les atteintes au fameux « État de droit » malgré les mouvements de masse des populations et des juristes israéliens. Au contraire, elle garde un étrange silence et relance le conseil d’association qui avait été annulé depuis 2012. Mandataire zélé des intérêts capitalistes, les autorités européennes couvrent l’implication de centaines d’institutions financières européennes, qui ont octroyé au moins 255 milliards de dollars à une cinquantaine d’entreprises participant activement au développement des colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. La France ne trouve rien à redire à l’implantation du groupe Carrefour dans les colonies, ni aux financements par BNP Paribas, la Société générale, le Crédit agricole et la BPCE, de projets irriguant l’économie de la colonisation.

L’action en direction des gouvernements et des grandes entreprises et banques qui soutiennent la colonisation est le moyen de faire respecter l’article 49 de la 4e convention de Genève, qui interdit « le transfert d’une partie de sa propre population civile par la puissance occupante dans le territoire occupé par elle ». La campagne européenne « Stop colonies » et la campagne « Boycott, désinvestissement, sanctions » doivent trouver de nouveaux prolongements pour des actions citoyennes communes à l’échelle européenne. Portons-nous aux côtés des travailleurs, des populations civiles et de la jeunesse palestinienne.

 

Le mouvement national palestinien est plus vivant que jamais. Seules des sanctions internationales peuvent stopper la colonisation.

Leïla Shahid, ancienne ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union Européenne

En mai, nous commémorerons les 56 ans d’occupation militaire de la Palestine et les 75 ans de la Nakba, la grande catastrophe de 1948 et l’expulsion de 700 000 Palestiniens. Cela fait 55 ans que l’occupation militaire israélienne dure sans que le monde entier la condamne et que personne ne fasse rien pour y mettre fin. Tous les jours, il y a plus de colonies, plus de routes et plus de camps militaires. Le nouveau gouvernement de Benyamin Netanyahou vient d’octroyer un permis officiel à 9 nouvelles implantations et d’autoriser la construction de 9 000 logements. Aujourd’hui, 700 000 colons vivent dans les territoires occupés. Leurs milices armées agressent les habitants des villages voisins, volent les terres et détruisent les champs d’oliviers. Les colons sont des religieux millénaristes et suprémacistes juifs, prêts à tuer femmes et enfants et à procéder à un nettoyage ethnique.

La Palestine a besoin que l’Europe et les pays arabes s’impliquent. 

Pour sortir de la tragédie, la Palestine peut compter sur un mouvement national très puissant. Peu importe qui succédera à Mahmoud Abbas, le mouvement palestinien est un mouvement de citoyens. Nous assistons au retour de ceux que Jean Genet appelait les fedayins, les « combattants de la liberté ». Cette reprise de la lutte armée est le fruit de la débâcle de la diplomatie américaine, européenne et arabe. Les jeunes Palestiniens des camps de Cisjordanie ont pris les armes contre les colons. Ces jeunes qui ont entre 13 et 18 ans font preuve d’une grande maturité. Ils ne s’en prennent pas aux civils. Ces jeunes prennent les armes pour dire au monde entier que la question palestinienne ne peut pas être effacée.

Nous assistons également au réveil du mouvement des prisonniers, qui a lancé un appel à la grève de la faim à compter du premier jour du ramadan. 4 780 Palestiniens, dont 19 femmes et 150 moins de 18 ans, croupissent dans les geôles d’Israël en violation des conventions de Genève. 914 personnes sont emprisonnées comme détenus administratifs, c’est-à-dire sans connaître le motif de leur détention et sans bénéficier d’un avocat. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a décidé de retirer la nationalité à tous les prisonniers qui résidaient en Israël et leur carte de résidence à tous ceux de Jérusalem-Est. Non seulement on détruit leur maison, on durcit leurs conditions de détention, mais en plus on les rend apatrides.

La Palestine a besoin que l’Europe et les pays arabes s’impliquent. La communauté internationale doit prendre des sanctions à l’encontre d’Israël. Comment expliquer la différence de traitement entre l’Ukraine et la Palestine ? Comment expliquer la rapidité avec laquelle la Russie a été sanctionnée et l’impunité dont jouit Israël depuis 56 ans ? Aujourd’hui encore, l’Union européenne achète des produits fabriqués dans les colonies. La coopération militaire, civile et scientifique se poursuit comme si de rien n’était. Les Palestiniens se défendent comme ils peuvent. Alors que les Ukrainiens réclament des armes, nous ne demandons, nous, que des sanctions. Sans sanctions, la colonisation se poursuivra.

Partager cet article
Repost0
26 février 2023 7 26 /02 /février /2023 10:00
25 février 2023: 200 personnes manifestent place de la Liberté à Brest pour la Paix en Ukraine, en solidarité avec le peuple ukrainien victime depuis un an de l'agression et de la guerre barbare de Poutine
25 février 2023: 200 personnes manifestent place de la Liberté à Brest pour la Paix en Ukraine, en solidarité avec le peuple ukrainien victime depuis un an de l'agression et de la guerre barbare de Poutine
25 février 2023: 200 personnes manifestent place de la Liberté à Brest pour la Paix en Ukraine, en solidarité avec le peuple ukrainien victime depuis un an de l'agression et de la guerre barbare de Poutine
25 février 2023: 200 personnes manifestent place de la Liberté à Brest pour la Paix en Ukraine, en solidarité avec le peuple ukrainien victime depuis un an de l'agression et de la guerre barbare de Poutine
25 février 2023: 200 personnes manifestent place de la Liberté à Brest pour la Paix en Ukraine, en solidarité avec le peuple ukrainien victime depuis un an de l'agression et de la guerre barbare de Poutine
25 février 2023: 200 personnes manifestent place de la Liberté à Brest pour la Paix en Ukraine, en solidarité avec le peuple ukrainien victime depuis un an de l'agression et de la guerre barbare de Poutine
25 février 2023: 200 personnes manifestent place de la Liberté à Brest pour la Paix en Ukraine, en solidarité avec le peuple ukrainien victime depuis un an de l'agression et de la guerre barbare de Poutine

Un an après l'agression russe de l'Ukraine décidée par Poutine, son cortège de crimes de guerre et de crimes contre l'Humanité, ses risques d'escalade qui peuvent mener très loin, un rassemblement de solidarité avec le peuple ukrainien et pour engager une voie de paix était organisé à Brest ce samedi 25 février, place de la liberté, à partir d'un appel commun unitaire partagé par de nombreuses organisations.

Noëlle Péoc'h (Mouvement de la Paix - CIAN 29) a pris la parole pour les organisateurs du rassemblement.

Appel  à rassemblement en solidarité avec le peuple ukrainien et pour la paix

Samedi 25 février à 14h30 place de la Liberté, Brest

En Ukraine et partout dans le monde, il n’y a d’autres solutions que la Paix !


 
Depuis le 24 février 2022, date du début de l'agression de la Russie contre l'Ukraine, ce conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et de blessés, des destructions terribles, l'exode de millions d'ukrainiens. En Ukraine et partout dans le monde, il n’y a d’autres solutions que la Paix !

Les conséquences sociales, économiques et écologiques de cette guerre et des autres guerres en cours risquent de devenir de plus en plus terribles pour l'ensemble des populations des pays concernés et pour l’ensemble de la planète.

Il est urgent d'arrêter ces massacres et de stopper en Ukraine une escalade militaire susceptible de conduire à une extension mondiale de la guerre pouvant dégénérer en apocalypse nucléaire.

La seule issue possible c'est l’arrêt des combats et la construction d'une solution diplomatique et négociée dans le cadre des institutions internationales et dans le respect de la Charte des Nations unies.

 Les négociations en pleine guerre ont permis de trouver un accord pour l'exportation des céréales. Ce chemin diplomatique doit prévaloir pour que cessent les combats. Les logiques de guerre n'aboutissent qu'à des échecs.

Notre appel  à la paix ne se limite pas à l'Ukraine. Pour tous les conflits dans le monde, nous appelons les gouvernements à refuser la logique de la confrontation et de la guerre, à s'opposer au péril nucléaire en signant le Traité d' Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN)

 La paix, la coopération et l’amitié entre les peuples sont nécessaires pour faire face aux défis actuels, arrêter la course aux armements et mobiliser les ressources du monde entier pour la justice, la solidarité et la transition écologique.

En ce week-end mondial d'action contre la guerre venons en grand nombre témoigner notre solidarité avec les populations ukrainiennes et exiger un cessez le feu immédiat préalable à une résolution négociée du conflit.

Premiers signataires:

Collectif finistérien pour l'interdiction des armes nucléaires (Mouvement de la Paix, Université Européenne de la Paix, Agir pour un Environnement et un Développement Durable, Association France Palestine Solidarité, Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre, CGT, FSU, Solidaires, Europe Écologie Les Verts, Ensemble !, La France Insoumise, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Union Démocratique Bretonne) et Iroise-Ukraine, Amnesty International, Ligue des droits de l'Homme, Confédération Nationale du Travail, Union Pirate,  Brest Nouvelle Citoyenneté, Génération.s, Parti Socialiste, Radicaux de Gauche, Union Communiste Libertaire, La Liste Citoyenne , Mouvement des Jeunes Communistes de France.

 
Article du Télégramme sur le rassemblement d'hier pour la Paix en Ukraine - 26 février 2023

Article du Télégramme sur le rassemblement d'hier pour la Paix en Ukraine - 26 février 2023

Partager cet article
Repost0
24 février 2023 5 24 /02 /février /2023 08:18
Communiqué de Presse du PCF - Ukraine : Agir pour la Paix, en priorité (Fabien Roussel)
Communiqué de Presse - Ukraine : Agir pour la Paix, en priorité (Fabien Roussel)
 
Il y a un an, le régime nationaliste de Vladimir Poutine prenait la décision criminelle de lancer une guerre à grande échelle contre l'Ukraine. Depuis un an, se multiplient les bombardements de populations civiles et les crimes de guerre. Des centaines de milliers de victimes, civils et militaires, ont payé de leur vie cette agression contre la souveraineté du peuple d'Ukraine.
Comme nous le faisons depuis le premier jour, nous condamnons radicalement Poutine, responsable de cette tragédie.
Après tant de sang versé, cette folie guerrière doit être stoppée et la Paix mise à l'ordre du jour de toutes les discussions !
Tout doit être mis en œuvre pour trouver le chemin d'un règlement politique, sous l'égide de l'ONU, permettant de restaurer la souveraineté de l'Ukraine, d'établir des garanties de sécurité pour tous les pays de la région, pour l'Ukraine, pour la Russie, et de réunir les conditions d'une paix juste et durable et d'une sécurité collective sur tout le continent européen.
La Paix et le progrès social en Europe sont intimement liés. Car la guerre est une raison de plus, utilisée par les classes dirigeantes, pour imposer des politiques d'austérité et des sacrifices toujours plus importants au monde du travail. Ce sont toujours les mêmes qui en paient le prix fort.
C'est pourquoi refusons, contrairement à d'autres, d'inscrire cette guerre dans un temps long. Nous refusons de suivre les appels de ceux qui veulent nous entraîner dans une guerre contre la Russie au risque de plonger l'Europe dans le chaos d'une guerre mondiale.
Nous appelons la France à choisir le camp de la paix et à retrouver une diplomatie indépendante et constructive en arrêtant de s'aligner systématiquement sur l'OTAN et les Etats-Unis.
Le PCF appelle ainsi le gouvernement français à répondre positivement aux appels pour la paix du secrétaire général de l'ONU, du pape François et aux propositions des pays du Sud qui, lors de la conférence de Munich ont appelé à la création d'un groupe de contact pour la paix sous l'égide de l'ONU. Créons un groupe de pays, incluant de grandes nations comme le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud, la Colombie, le Mexique et tant d'autres en faveur de la paix et pour un désarmement global et multilatéral.
Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, la France dispose d'une voix forte qu'elle doit mettre au service d'un message universaliste. Notre pays doit en finir avec une politique soufflant alternativement le chaud et le froid. Il doit se mettre au service de la recherche d'un règlement politique pour mettre fin aux souffrances et aux destructions et pour stopper la marche à la guerre.
Car pour trouver une issue politique et diplomatique à cette guerre en Europe, il faudra aussi accepter de discuter des choix politiques faits en Europe ces trente dernières années, qui n'ont eu de cesse d'étendre les bases militaires de l'OTAN aux portes de la Russie, contrairement aux engagements pris lors de la chute de l'URSS. Il faudra bien aussi travailler à la réunion d'une conférence pan-européenne de sécurité collective, dépassant la logique de blocs portée par l'OTAN.
Depuis un an, si les pays de l'Union européenne ont déclaré apporter leur soutien à l'Ukraine par la livraison d'armes défensives, ils ont aussi pointé des lignes rouges à ne pas franchir afin d'éviter toute extension du conflit et l'embrasement de toute l'Europe.
Mais ces lignes sont sans cesse franchies. Des armes offensives, susceptibles d'atteindre le sol russe sont désormais fournies au gouvernement de l'Ukraine. Pour quels objectifs ?
Sous injonction de l'OTAN, les pays européens annoncent des plans de réarmement massifs, qui vont bien au delà des besoins de leurs défenses nationales. La France et la Pologne font exploser leur budget militaire. L'Allemagne se réarme également, rompant avec sa tradition pacifiste adoptée après la défaite du nazisme.
Ces logiques de surarmement, de livraison d'armes offensives sont extrêmement dangereuses. Jusqu'où iront ces surenchères aventureuses ? Les pays de l'Europe, nos armées, nos enfants doivent-ils se préparer à entrer en guerre contre la Russie ?
Les Français doivent savoir. Pour le PCF, il est urgent de stopper cet engrenage.
C'est pourquoi nous appelons à l'ouverture dans les plus brefs délais, au Parlement, d'un débat sur les objectifs de la diplomatie française dans ce conflit et sur la livraison d'armes à l'Ukraine.
Le PCF appelle à participer partout en France aux manifestations pour la paix, organisées par le collectif national des Marches pour la paix les 24 et 25 février dans de nombreuses villes de notre pays. Il est solidaire des manifestations pour la Paix qui ont lieu au même moment en Europe et dans le monde.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,
Le 23 février 2023.
Partager cet article
Repost0
18 février 2023 6 18 /02 /février /2023 19:07
Rassemblement de solidarité avec le peuple ukrainien et pour la Paix le 5 mars 2022 à Brest place de la liberté (photo Eug)

Rassemblement de solidarité avec le peuple ukrainien et pour la Paix le 5 mars 2022 à Brest place de la liberté (photo Eug)

Appel  à rassemblement en solidarité avec le peuple ukrainien et pour la paix

Samedi 25 février à 14h30 place de la Liberté, Brest

En Ukraine et partout dans le monde, il n’y a d’autres solutions que la Paix !


 
Depuis le 24 février 2022, date du début de l'agression de la Russie contre l'Ukraine, ce conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et de blessés, des destructions terribles, l'exode de millions d'ukrainiens. En Ukraine et partout dans le monde, il n’y a d’autres solutions que la Paix !

Les conséquences sociales, économiques et écologiques de cette guerre et des autres guerres en cours risquent de devenir de plus en plus terribles pour l'ensemble des populations des pays concernés et pour l’ensemble de la planète.

Il est urgent d'arrêter ces massacres et de stopper en Ukraine une escalade militaire susceptible de conduire à une extension mondiale de la guerre pouvant dégénérer en apocalypse nucléaire.

La seule issue possible c'est l’arrêt des combats et la construction d'une solution diplomatique et négociée dans le cadre des institutions internationales et dans le respect de la Charte des Nations unies.

 Les négociations en pleine guerre ont permis de trouver un accord pour l'exportation des céréales. Ce chemin diplomatique doit prévaloir pour que cessent les combats. Les logiques de guerre n'aboutissent qu'à des échecs.

Notre appel  à la paix ne se limite pas à l'Ukraine. Pour tous les conflits dans le monde, nous appelons les gouvernements à refuser la logique de la confrontation et de la guerre, à s'opposer au péril nucléaire en signant le Traité d' Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN)

 La paix, la coopération et l’amitié entre les peuples sont nécessaires pour faire face aux défis actuels, arrêter la course aux armements et mobiliser les ressources du monde entier pour la justice, la solidarité et la transition écologique.

En ce week-end mondial d'action contre la guerre venons en grand nombre témoigner notre solidarité avec les populations ukrainiennes et exiger un cessez le feu immédiat préalable à une résolution négociée du conflit.

Premiers signataires:

Collectif finistérien pour l'interdiction des armes nucléaires (Mouvement de la Paix, Université Européenne de la Paix, Agir pour un Environnement et un Développement Durable, Association France Palestine Solidarité, Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre, CGT, FSU, Solidaires, Europe Écologie Les Verts, Ensemble !, La France Insoumise, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti Communiste Français, Union Démocratique Bretonne) et Iroise-Ukraine, Amnesty International, Ligue des droits de l'Homme, Confédération Nationale du Travail, Union Pirate,  Brest Nouvelle Citoyenneté, Génération.s, Parti Socialiste, Radicaux de Gauche, Union Communiste Libertaire, La Liste Citoyenne , Mouvement des Jeunes Communistes de France.

Partager cet article
Repost0
17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 09:58
Chili. Enfin la vérité sur la mort du poète Pablo Neruda ? - L'Humanité, Lina Sankari, 15 février 2023
Chili. Enfin la vérité sur la mort du poète Pablo Neruda ?

Le troisième panel d’experts doit rendre ses conclusions ce 15 février sur les circonstances du décès du poète. Sa famille confirme la présence d’un bacille meurtrier, accréditant la thèse de l’empoisonnement par les sbires de Pinochet.

Mercredi 15 février 2023, L'Humanité
 

À propos de son Chant général, Pablo Neruda avait l’habitude de dire qu’il n’y a pas « de matériel antipoétique lorsqu’il s’agit de nos réalités ». « Les faits les plus obscurs de nos peuples doivent être brandis en pleine lumière », ajoutait-il lors de la sortie de ce qui se révéla l’un de ses plus grands gestes lyriques.

Cinquante ans après son décès, la lumière pourrait bientôt surgir de sa dépouille. Celle qui permettrait d’éclairer les circonstances de sa mort, le 23 septembre 1973, douze jours après le coup d’État au Chili contre Salvador Allende. Ce 13 février, la famille du poète a révélé une partie des résultats de l’étude menée par le troisième panel de scientifiques du centre d’ADN ancien de l’université McMaster (Canada) et du département de médecine légale de l’université de Copenhague (Danemark), dont les conclusions devraient être rendues aujourd’hui. Des traces de la bactérie Clostridium botulinum ont été retrouvées dans ses os, favorisant la thèse de l’empoisonnement par les sbires du général Augusto Pinochet. « Il ne fait aucun doute que Neruda a été tué ! » tranche le neveu du prix Nobel, Rodolfo Reves.

Un bateau militaire devant la demeure de Neruda

Officiellement, le certificat rédigé par la junte mentionne un décès des suites d’un cancer de la prostate. Les experts qui, mis sous pression, ont déjà repoussé plusieurs fois la publication de leur rapport, sont pourtant formels : le bacille en cause, généralement présent dans le sol, n’a pas pénétré le cercueil mais était déjà présent dans le corps du poète avant qu’il ne rende son dernier souffle. « La balle mortelle de Neruda a été retrouvée, celle qu’il avait dans son corps. Qui a tiré ? Cela se saura bientôt », appuie Rodolfo Reves.

Après une longue bataille judiciaire, la dépouille de Pablo Neruda avait été exhumée en 2013. Son chauffeur et garde du corps, Manuel Araya, a toujours eu l’intime conviction de l’assassinat de celui qui fut également diplomate. « Nous, nous craignions pour sa vie car on le savait en danger. L’ambassadeur du Mexique voulait le faire sortir du pays », livrait-il à l’Humanité en 2013.

Dix jours avant son décès, un bateau militaire se poste devant la demeure de Neruda à Isla Negra, avant d’accoster et de demander combien de personnes sont employées par l’écrivain. Il reviendra à plusieurs reprises. « Pablo Neruda était un symbole à abattre. Il fut sénateur, candidat à la présidence, prix Nobel, communiste. Il était connu, reconnu et apprécié du peuple », témoigne Manuel Araya.

Des bactéries utilisées par le biochimiste de la police secrète de Pinochet

Le 22 septembre 1973, le garde du corps se rend avec Matilde, l’épouse de Neruda, dans leur demeure pour rassembler quelques affaires. L’après-midi même, on les informe qu’une injection a été pratiquée à la clinique Santa Maria à Santiago où le poète est hospitalisé. « Lorsque nous revenons à la clinique, Neruda est rouge, il me dit que tout son corps le brûle », confie-t-il. En quittant le centre médical, deux véhicules attendent Manuel Araya, qui échoue au commissariat. La suite des événements ne laisse d’interroger. Sergio Draper, le médecin qui a pratiqué l’injection, assure que Neruda est mort dans ses bras. Une version qu’il dément lors de son témoignage : il explique subitement ne pas avoir été présent à la clinique au moment du décès.

 
Lire aussi dans Le Chiffon Rouge:

Pablo Neruda - La Chanson désespérée ou la romance de Santiago du Chili (1924)

Partager cet article
Repost0
17 février 2023 5 17 /02 /février /2023 09:20

Besoin d'espoir? De combativité? De joie? De lutte collective pour changer la société, défendre le travail et les travailleurs contre le capital et réduire les inégalités? Bienvenue auprès du parti communiste.

Merci Mikaël pour cette pépite du parti communiste japonais: pouvoir travailler 8 heures par jour, avoir une sécurité sociale, la paix, l'égalité des droits et être débarrassés des armes nucléaires!

WE ARE 共産党! - We are the Communist party
Partager cet article
Repost0
12 février 2023 7 12 /02 /février /2023 08:37
Mahsa Amini -  La jeune femme de 22 ans avait été arrêtée le 13 septembre 2022 par la police des mœurs, pour une mèche qui dépassait de son foulard. Depuis le 16 septembre, les contestations n’ont jamais cessé et touchent toutes les catégories sociales.

Mahsa Amini - La jeune femme de 22 ans avait été arrêtée le 13 septembre 2022 par la police des mœurs, pour une mèche qui dépassait de son foulard. Depuis le 16 septembre, les contestations n’ont jamais cessé et touchent toutes les catégories sociales.

Azadeh Kian, sociologue : « En Iran, le mouvement révolutionnaire s’installe dans la durée »

Malgré sa féroce répression, le soulèvement populaire qui a éclaté il y a plus de quatre mois en Iran ne faiblit pas. Les viols, les tortures, les exécutions et arrestations n’arrêtent pas les mobilisations et renforcent la contestation du régime. Moins visible et plus disparate, elle continue en fait de gagner du terrain, explique la sociologue franco-iranienne Azadeh Kian. Entretien

Publié le Samedi 11 Février 2023

Le mouvement de mobilisation iranien a éclaté le 16 septembre, après la mort en détention de la jeune Mahsa Amini. La jeune femme de 22 ans avait été arrêtée trois jours plus tôt par la police des mœurs, pour une mèche qui dépassait de son foulard. Depuis, les contestations n’ont jamais cessé et touchent toutes les catégories sociales.

La crise économique que connaît le pays s’est accélérée en 2018 avec les sanctions réimposées par les États-Unis, après leur sortie unilatérale de l’accord sur le nucléaire. Cette dégradation a accru les tensions sociales. L’ampleur des mobilisations est inédite depuis la révolution islamique de 1979 et elles tiennent malgré la répression.

Selon l’organisation Iran Human Rights, outre les 4 hommes déjà exécutés, au moins 26 manifestants ont été condamnés à mort ; 18 000 personnes auraient été arrêtées. De plus en plus d’Iraniens réclament un changement de régime. Azadeh Kian, universitaire spécialiste de l’Iran et du genre, voix très écoutée de la diaspora, analyse ce qui se joue actuellement dans ce pays pivot de la région.

Depuis le décès de Mahsa Amini, lors de son arrestation par la police des mœurs, d’importantes protestations ont éclaté dans l’ensemble du pays. Quelle analyse tirez-vous de ce mouvement ?

Azadeh Kian Ce soulèvement inédit peut être désormais qualifié de révolution. À la différence des mouvements précédents de 2009 qui s’insurgeaient contre de nombreuses fraudes et la réélection du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad et de 2018-2019 contre l’augmentation du prix de l’essence, il s’agit cette fois de pans entiers de la société qui protestent.

Toutes les catégories sociales ont manifesté. Depuis les ouvriers qui travaillent dans divers secteurs industriels jusqu’aux classes populaires et moyennes qui sont dans la rue. Les profils des Iraniens qui font partie des 18 000 personnes arrêtées indiquent qu’ils sont issus pour une part importante de milieux populaires. Les quatre jeunes qui ont été exécutés font ainsi partie de la classe ouvrière.

Icon Quote LA CRISE SOCIALE EST UNE MOTIVATION IMPORTANTE. LA COLÈRE EST GÉNÉRALE ET NI LE POUVOIR NI LA POPULATION N’ACCEPTENT L’IDÉE D’UN CHANGEMENT INTERMÉDIAIRE. » Azadeh Kian, sociologue

C’est un mouvement général qui parcourt l’ensemble du pays et des professions. Pour la première fois, les commerçants de bazar, qui sont historiquement des alliés du clergé et du régime, ont démontré leur mécontentement. Ils ont même répondu à l’appel à la grève nationale.

Des sportifs, des cinéastes, des artistes, des actrices, des célébrités… s’engagent. La colère est tellement répandue au sein du pays que des minorités ethniques comme les Kurdes, les Baloutches, les Azéris ont rejoint les manifestations avec les mêmes mots d'ordre

Le choix de la répression par les autorités iraniennes a-t-il un impact sur les mobilisations ?

Azadeh Kian À mes yeux, il s’agit d’un mouvement révolutionnaire qui s’installe dans la durée. Ce soulèvement continue malgré une forte répression, des exécutions et des arrestations. Une nouvelle fois, une femme, qui a été arrêtée parce qu’elle manifestait contre le voile obligatoire, va être exécutée.

Bien évidemment, l’approche sécuritaire du régime a engendré un ralentissement des manifestations de rue. Mais elles ont lieu désormais de manière spontanée. À Téhéran, tous les soirs, dans de nombreux quartiers, comme dans d’autres villes iraniennes, les mobilisations continuent. Des gens descendent dans la rue avec des slogans hostiles au régime. À cela s’ajoutent des rassemblements hebdomadaires à Zahedan, le chef-lieu de la province du Sistan-Baloutchistan, et au Kurdistan.

Autre phénomène, des mécontentements économiques ont pris le relais. L’Iran dispose de la deuxième réserve gazière au monde. Seulement, ils sont incapables de distribuer le gaz à l’ensemble de la population, alors que les températures ont atteint les -20 °C dans le nord et le nord-ouest du pays. Cela a provoqué d’importants mécontentements car les habitants n’ont pas pu se chauffer. En réponse, le pouvoir leur a envoyé l’armée et la police.

La situation économique et sociale explique-t-elle aussi ce mécontentement général ?

Azadeh Kian La détérioration de la situation économique du pays a provoqué énormément de mécontentement. La crise est une motivation importante pour beaucoup de ces personnes qui descendent dans la rue. Le taux d’inflation atteint désormais officiellement les 46 % et celui des produits de consommation courante, les 70 %.

Des millions d’Iraniens sont tombés dans la pauvreté et le taux de chômage dépasse les 20 %. De même, la monnaie a perdu plus de 30 % de sa valeur depuis le mois de septembre. Cela est plutôt dû aux sanctions, à la mauvaise gestion de l’économie et à la corruption généralisée du pouvoir. Ce contexte social explique la colère des habitants. Des grèves ont eu lieu récemment avec notamment 900 ouvriers de l’industrie du pétrole qui ont manifesté.

Un dialogue entre le soulèvement et les autorités iraniennes peut-il s’amorcer ?

Azadeh Kian En réponse à ce mouvement, un certain nombre de réformistes sont réapparus dans les médias iraniens. Ils tentent de jouer le rôle d’intermédiaire entre les manifestants et le gouvernement ultraconservateur d’Ebrahim Raïssi (président élu en août 2021 – NDLR). Mais ni le pouvoir politique ni le guide suprême, Ali Khamenei, ni la population ne les écoutent. Cette dernière leur reproche de ne rien avoir fait lorsqu’ils étaient au pouvoir avec les présidents Mohammad Khatami (1997-2005) et Hassan Rohani (2013-2021).

La colère est donc générale. Elle porte sur des aspects politiques, socioculturels, sur la corruption de l’élite au pouvoir et son incapacité à gérer les affaires du pays. Devant l’absence de dialogue et de propositions de Raïssi aux manifestants, l’exaspération ne cesse de croître et pousse les contestataires à juger que ce régime n’est pas réformable. Car la mauvaise gestion d’un certain nombre de catastrophes est l’une des causes de ces révoltes. Ispahan risque de se voir vidé de ses habitants à cause de la sécheresse et de la mauvaise gestion des ressources en eau.

Ni le pouvoir ni la population n’acceptent l’idée d’un changement intermédiaire. Au sein du régime, plusieurs cadres, dont les gardiens de la révolution, le guide et un certain nombre de hauts dirigeants qui possèdent une bonne partie de la richesse nationale ne veulent aucunement d’une évolution politique.

Ces protestations ont-elles permis d’obtenir des avancées ?

Azadeh Kian De nombreuses revendications ont émergé depuis le 16 septembre concernant les libertés individuelles, l’égalité entre les femmes et les hommes en tant que fondement principal de la démocratie ou encore le port du voile. Un certain nombre sont devenues des acquis réels et de principe instaurés au sein de la population.

Icon Quote LA DÉTESTATION VIS-À-VIS DU RÉGIME POSE LA QUESTION DE SON MAINTIEN À MOYEN TERME. CERTAINS AYATOLLAHS CONDAMNENT LES EXÉCUTIONS. AZADEH KIAN, sociologue

Le slogan « Femme, vie, liberté » s’est imposé et démontre que, pour les jeunes et pour l’avenir de l’Iran, il s’agit déjà d’une conquête. Bien évidemment, la répression, les intimidations et les arrestations se poursuivent afin d’y mettre un terme. Mais ces menaces engendrent une détestation beaucoup plus grande et forte vis-à-vis du régime.

Ce qui, je pense, pose ouvertement la question du maintien de ce pouvoir à moyen terme et qui a engendré plusieurs défections et des protestations de la part d’ayatollahs qui condamnent les exécutions et la répression. De nombreux militaires auraient également refusé d’ouvrir le feu sur les manifestants. D’autres membres du régime ont quitté le pays avec un certain nombre de capitaux.

Le régime iranien est-il directement menacé ?

Azadeh Kian L’ampleur de la contestation fait que les autorités se sentent menacées. La répression en est l’illustration. Un sondage réalisé au début des protestations montrait que 87 % des personnes interrogées étaient favorables à ce mouvement et partageaient ses revendications.

Pour la première fois, il existe de fortes demandes pour séparer la religion de l’État, même de la part de chefs religieux de la minorité sunnite, comme Molavi Abdul Hamid. Chaque vendredi, il met en avant la citoyenneté iranienne et non religieuse comme fondement national. La revendication de mettre fin à l’islam politique apparaît.

Partager cet article
Repost0
29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 07:34
L'enrichissement record des milliardaires en temps de crise et de guerre - L'Humanité, 28 janvier 2023
L'enrichissement record des milliardaires en temps de crise et de guerre

Un rapport annuel d'Oxfam démontre l'enrichissement indécent des plus riches. Depuis 2020, les 1 % les plus aisés ont capté les deux tiers des richesses produites à travers la planète. Un profit sans précédent et d’autant plus révoltant que de nouvelles mesures d’austérité se préparent pour le plus grand nombre.

L'Humanité - Publié le Samedi 28 Janvier 2023
 
En plein 53e Forum économique de Davos, où débarquent en jets et en masse grands patrons, oligarques et dirigeants politiques pour «améliorer l’état du monde», Oxfam propose un nouveau rapport baptisé «La loi du plus riche», toujours plus accablant, sur l’insoutenabilité des inégalités. Dans cette publication désormais annuelle, l’ONG s’efforce de trouver les plus impressionnantes comparaisons pour montrer l’indécence des grandes fortunes.
Et cette année est un bon cru, Oxfam en a concocté plusieurs très efficaces. Ainsi, après deux années de crise sanitaire et économique, le patrimoine de Bernard Arnault vaut celui de 20 millions de Français, soit près d’un tiers de la population du pays. Ou encore, si une personne avait gagné 2 millions d’euros à chaque édition du Loto depuis l’armistice de 1918, elle n’aurait même pas la moitié de la fortune du PDG de LVMH. «Les milliardaires ont été les premiers gagnants de la réponse au coronavirus. À eux seuls, les 10 premiers milliardaires français ont engrangé 189 milliards d’euros depuis 2020, assez pour couvrir les factures de gaz, d’électricité et de carburant de tous les ménages français pendant deux ans», renchérit Quentin Parrinello, porte-parole d’Oxfam France et coauteur du rapport, principalement sur son volet français.

Perenco et la guerre en Ukraine

Ce chapitre souligne notamment que, si on savait que le gouvernement était l’ami des nantis et des grosses entreprises, même ses quelques mesures «sociales» profitent avant tout aux plus riches. Comme le bouclier énergétique, par exemple : quand l’État dépense 100 euros pour plafonner le prix du gaz et de l’électricité, il distribue dans les faits 7 euros aux 10 % les plus précaires, contre 14 euros aux 10 % les plus riches, puisque ce sont ceux qui consomment le plus. Le résultat est le même sur la subvention sur les carburants et toutes les aides non ciblées affectionnées par le gouvernement. Si on ajoute les mesures spécifiquement destinées aux plus riches : fin de l’ISF, mise en place de la flat tax, baisse des impôts proportionnels… on comprend que la concentration des richesses bat tous les records.

Sur les dix dernières années, en moyenne, pour 100 euros de richesse créée en France, 35 euros ont été captés par les 1 % des Français.es les plus riches, 32 euros par les 9 % suivants. Les 50 % les plus précaires n’ont reçu que 8 euros. La logique préexistait au Covid, mais la crise n’a fait qu’aggraver cette tendance. La réponse publique à la crise du coronavirus a provoqué la hausse la plus importante jamais enregistrée de la fortune des milliardaires.

En France, ils ont ainsi gagné près de 220 milliards d’euros entre mars 2020 et mars 2021. Il y a ceux qui ont bénéficié des aides et ceux qui, en plus, ont su profiter des crises. En 2022, le milliardaire Rodolphe Saadé, PDG et actionnaire majoritaire de l’entreprise de fret maritime CMA CGM, a ainsi vu sa fortune augmenter de 28,5 milliards d’euros, son patrimoine a été multiplié par 5 ! De même, Carrie Perrodo, actionnaire majoritaire de l’entreprise pétrolière Perenco, a vu sa fortune augmenter de près de 40 % en 2022 grâce en particulier à la guerre en Ukraine. Depuis 2020, la fortune des milliardaires dans le monde a augmenté de 2,7 milliards de dollars par jour !

Une fracture entre fortunes décuplées et factures impayées

De l’autre côté de l’échelle sociale, les conséquences sont encore plus visibles. «En France, la fréquentation des Restos du cœur a augmenté de 12 % en six mois. Quatre Français.es sur dix ont le sentiment de devoir restreindre leur alimentation, tandis que deux Français.es sur dix n’ont pas réussi à payer l’ensemble de leurs factures en 2022», pointe le rapport d’Oxfam. L’explosion des prix de l’énergie et des biens de première nécessité a frappé en particulier les plus précaires : + 20 % pour les pâtes, + 29 % pour le steak haché, + 34 % pour les légumes frais. Et jusqu’à + 120 % pour l’huile de tournesol. Dans le monde, plus de 820 millions de personnes souffrent aujourd’hui de la faim ; 60 % d’entre elles sont des filles et des femmes.

Et ce n’est malheureusement pas fini, alarme Oxfam, selon qui les trois quarts des gouvernements dans le monde s’apprêtent à prendre de nouvelles mesures d’austérité en réduisant leurs dépenses de santé, d’éducation ou de protection sociale afin d’économiser plus de 7 500 milliards d’euros. En France, le gouvernement est aussi en train de faire payer la facture de la crise à ses premières victimes. La baisse des indemnités de chômage, juste votée, vise une économie de 4 milliards d’euros et le nombre de chômeurs indemnisés va baisser de 12 %. Quant au report de l’âge de départ à la retraite à 64 ans, il doit rapporter 13 milliards d’euros…

Création d’index, pour que rien ne change

Oxfam souligne que les femmes sont les premières victimes de l’inflation. «Les inégalités économiques entre les femmes et les hommes persistent et les réponses de l’État ne sont pas à la hauteur. Les femmes gagnent toujours en moyenne 28,5 % de moins que les hommes, tout temps de travail confondu, et 15,8 % de moins que les hommes à travail égal», elles souffrent davantage des hausses des prix. Pour lutter contre ces inégalités, le gouvernement a lancé un index pour l’égalité professionnelle. Sauf que, selon celui-ci, tout va bien : la moyenne des notes est de 86/100, et 9 entreprises sur 10 en France ont un score satisfaisant n’appelant pas à prendre des mesures correctrices. Car l’évaluation ne mesure aucunement les causes structurelles de cette inégalité. Le gouvernement vient d’annoncer sur ce même modèle un index seniors, pour demander aux employeurs redonner de «toute leur place aux seniors». Attendons-nous à un déluge de bonnes notes !

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 13:41

 

L'Humanité publie ce texte de femmes et hommes de culture et de la création, qui, aux côtés d’Annie Ernaux, prix Nobel de littérature 2022, sa première signataire, lance un appel à soutenir cette démarche de citoyens d'Europe demandant l’arrêt de la politique de colonisation israélienne et aux autorités françaises et européennes d'agir en ce sens. 

 

Pour nous, écrivaines, écrivains, universitaires, artistes, créateurs et créatrices de diverses disciplines, l'égalité entre tous les êtres humains et le respect de l’autre sont des valeurs fondamentales auxquelles nous sommes très fortement attachés. L’acquisition de territoires par la force, les déplacements de population et la colonisation sont à l’exact opposé de ces valeurs. L’idéologie suprémaciste et raciste qui les accompagne est un poison que nous devons combattre partout où il sévit.  

La colonisation de la Palestine par l’État d’Israël, qui n’a jamais cessé depuis des décennies, va encore s’accentuer avec le nouveau gouvernement israélien, qui donne une large place et des pouvoirs importants à des partis et des personnalités ouvertement racistes, et met au premier rang de son projet l’accélération de la colonisation des terres palestiniennes. La population palestinienne, menacée dans ses moyens d’existence, subit la violence conjuguée de l’armée d’occupation et des colons.  

Aujourd’hui, dans ce contexte de plus en plus tragique, nous demandons avec force aux autorités françaises et européennes d’agir contre cette colonisation et l’occupation militaire sans fin qui l’accompagne, ainsi que pour la protection du peuple palestinien. Alors que l’établissement de colonies dans un territoire occupé constitue un crime de guerre, l’Union Européenne continue d’entretenir des relations commerciales avec les colonies israéliennes établies en Palestine occupée.  

En tant que citoyens, nous pouvons et devons agir : l’Initiative Citoyenne Européenne #StopColonies, officiellement homologuée par la Commission européenne, vise à obtenir de celle-ci que l’Europe mette fin à tout commerce avec des colonies établies par une puissance occupante dans un territoire occupé, quel qu’il soit. 

Nous avons une occasion unique d’envoyer un signal clair et la perspective d’un résultat concret. Pour aboutir, il faut réunir un million de signatures. 

Nous, écrivaines et écrivains, universitaires, artistes, créateurs et créatrices de diverses disciplines, signataires de cette tribune, soutenons l'Initiative Citoyenne Européenne #StopColonies, et appelons les citoyennes et citoyens à la signer et à la faire largement signer dans leur entourage : https://stopcolonies.fr  


Premiers signataires : 

Annie Ernaux,  écrivaine, prix Nobel de littérature 2022

Maguy Marin, chorégraphe 

Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien 

Adeline Rosenstein, metteuse en scène 

HK, chanteur 

Bernard Cavanna, compositeur 

Maïa Sandoz, metteure en scène 

Yannis Youlountas, réalisateur 

Dominique Vidal, journaliste et historien 

Nawal Ait Benalla Lagraa, chorégraphe 

Rony Brauman, médecin, essayiste, ex président de MSF 

Remo Gary, chanteur 

Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste 

Irène Bonnaud, metteuse en scène et traductrice 

Philippe Delaigue, metteur en scène 

Jean-Loup Chiflet, écrivain 

Marie Alié, comédienne 

Gérard Morel, artiste de spectacle 

Alain Gresh, journaliste 

Mercedes Dassy, chorégraphe 

Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités 

Pierre-Yves Macé, compositeur 

Bertrand Badie, professeur émérite des Universités 

Hanna El Fakir, réalisatrice radio 

Dominique Ziegler, auteur - metteur en scène 

Daniel Muringer, artiste chanteur musicien compositeur 

Stéphane Bérard, artiste 

Samir Abdalla, cinéaste 

Elisa Firouzfar, comédienne 

Jean-Luc Coudray, écrivain 

Ahmad Dari, artiste palestinien 

Julien Blaine, poète 

Talu Raisson, comédien·ne, musicien·ne 

Habib Ben Tanfous, chorégraphe 

Ronny Trocker, réalisateur 

Philippe Tancelin, poète-philosophe/universitaire 

Philippe Coudray, auteur de bande dessinée 

Pierre Barbancey, journaliste 

Stéphanie Latte-Abdallah, politiste et anthropologue, CNRS 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011