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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 06:38
PCF. Les  Mardis de l’éducation populaire (Le Télégramme)
PCF. Les « Mardis de l’éducation populaire »

 

Depuis quelques mois, l’accès à la culture si cher à un PCF qui entend « donner des outils aux militants » s’appelle, à la section de Morlaix, « Mardi de l’éducation populaire ».
Une conférence, animée par un historien ou un écrivain, réunit chaque fois de nombreux spectateurs, dont une bonne part de non-adhérents. Mardi 13 novembre, l’écrivain Valère Staraselki évoquera Aragon et son attachement à certaines valeurs. Le mardi 4 décembre, l’écrivaine Anne Guillou sera l'invitée des Mardis de l'éducation populaire pour une conférence-débat "Guerre d'Algérie, blessures intimes" sur son dernier livre "Une embuscade dans les Aurès"...
 
 
Voici le programme des initiatives de formation et d'éducation populaire ouvertes à tous du PCF pays de Morlaix:
 
 
le mardi 13 novembre, à 18h, l'écrivain et journaliste Valère Staraselki pour nous parler d'Aragon et du rapport entre littérature et politique dans sa vie et son œuvre
 
le mardi 4 décembre, à 18h, l'écrivaine Anne Guillou, pour une conférence sur "la guerre d'Algérie, blessures intimes", à travers le travail de mémoire qu'elle a réalisé pour écrire son récit "Une embuscade dans les Aurès"
 
le mardi 15 janvier, à 18h, Dominique Noguères, avocate et vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme: une vie de combat pour la justice, les réformes judiciaires et l'évolution du système judiciaire en France  
 
le mardi 5 février, à 18h, l'historien Pierre Outteryck sur la figure de Martha Desrumaux, militante du Front Populaire, ouvrière, féministe, résistante, déportée  
 
le mardi 15 mai, à 18h, l'historien Jean-Paul Sénéchal: le Finistère du Front Populaire
 
Toutes ces conférences-débats de 2h auront lieu au local du PCF, 2 petite rue de Callac. 
 
Par ailleurs, à l'occasion des 100 de l'armistice du 11 novembre 1918, le PCF Pays de Morlaix organise pour tout public une représentation de "Bonsoir m'amour", le spectacle chanté et musical du Théâtre de la Corniche sur la guerre 14-18 vue de Morlaix. 
 
Ce sera le dimanche 11 novembre à 16h, à la salle Gallouedec (entrée libre, participation au chapeau) 
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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 06:12
photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

"1.800 postes seront supprimés dans l'Éducation nationale l'an prochain, soit plus du tiers des coupes dans les effectifs de la fonction publique.
Une fois de plus, l'éducation sacrifiée sur l'autel de l'austérité.
Soutien à nos collègues".

Ian Brossat, chef de file des communistes pour les élections européennes 

Des enseignants du premier degré et du second degré mobilisés hier à Morlaix, avec un cortège qui a défilé jusqu'à la place Traoulen et la route de Paris. 

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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 06:04
Poste. Le commerçant de la Maison de la Presse du centre commercial de Leclerc jette l'éponge (Le Télégramme, 12 novembre 2018)

En conseil municipal en juillet, Agnès Le Brun justifiait suite à ma question orale sa non-intervention sur la fermeture du bureau de poste de la Boissière en parlant de 60 h semaine d'ouverture en relais commerçant. Elle aurait eu la possibilité de conserver l'ouverture du bureau de poste de la Boissière pendant 12h30 semaine. 

Aujourd'hui, le commerçant n'a pas pu tenir avec la surcharge de travail et la technicité de l'activité colis et courrier, même avec deux cadres à l'aider toute la semaine.

Et pour les Morlaisiens, c'est un service essentiel en moins.

Merci la direction de la Poste, merci l’État actionnaire d'une entreprise qui vise désormais essentiellement la rentabilité, merci Madame Le Brun qui ne défendez pas suffisamment les services publics de la commune.

Ismaël Dupont

Il n’aura même pas fallu une semaine au commerçant de la Maison de la presse pour abandonner l’activité postale qu’il avait reprise après la fermeture du bureau de poste de la Boissière. Débordé, il a fait part de sa décision de ne pas continuer, La Poste va relancer un appel aux commerçants.

En dépit de nombreuses manifestations pour dénoncer la fin du bureau de poste de la Boissière, ce dernier a bien fermé ses portes le samedi 3 novembre dernier. L’activité postale en revanche a été maintenue dans la galerie commerciale grâce au commerçant de la Maison de la presse, commerce situé juste à côté de l’ancien bureau de poste qui fait office de point relais. Seulement, Fabien Chénel a fait part, la semaine dernière, quelques jours seulement après l’avoir reprise, de son désir de ne pas continuer cette activité. « Je suis débordé, il est impossible de m’occuper seul de ce qu’ils faisaient à deux auparavant », témoigne-t-il.

 

 

« Ce bureau-là n’aurait jamais dû fermer »

 

Fabrice Martinet, secrétaire général du syndicat CGT-FAPT du Finistère-Nord, indique ne pas être surpris de l’issue de la situation : « Si le commerçant n’avait eu qu’à s’occuper de la vente de timbres ou d’enveloppes, ça aurait été possible, mais avec toute l’activité de retrait de colis ou de recommandés, on savait que ça se terminerait comme ça. C’est ce qu’on a toujours dit à la direction et à la mairie de Morlaix mais personne ne nous a écoutés. Ce bureau de la Boissière n’aurait jamais dû fermer ».

La Poste, par la voix d’Allan Kaci, attaché de presse, précise qu’elle va se mettre en route pour trouver rapidement un successeur : « Nous allons relancer un appel auprès des commerçants de la galerie où nous voulons maintenir cette activité postale ». Pour éviter toute rupture de service, le groupe invite les personnes à se rendre au carré entreprises de la plateforme de distribution, située rue de Straja, à proximité de la galerie Leclerc. « C’est une situation exceptionnelle, mais on a déjà trouvé des solutions », avance Allan Kaci.

 

Un agent en renfort

 

Pour le moment, un agent de La Poste est venu prêter temporairement main-forte à Fabien Chénel dans son commerce, mais Fabrice Martinet confie ne pas être confiant quant au futur. « La direction affirme qu’il y avait eu plusieurs offres de commerçants de la galerie, mais ce n’est pas ce qu’on avait entendu. Et quand bien même ce serait le cas, le problème restera identique ! Le bail du local dans la galerie commerciale court toujours, il ne tient qu’à eux de le rouvrir », conclut-il.

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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 05:59
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13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 05:51
 Rosa Moussaoui 10 novembre ·    Dans la grande boucherie de 1914-1918, les colonies ont fourni, souvent au prix de recrutements forcés allumant des révoltes, un demi-million de soldats.

Rosa Moussaoui 10 novembre · Dans la grande boucherie de 1914-1918, les colonies ont fourni, souvent au prix de recrutements forcés allumant des révoltes, un demi-million de soldats.

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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 08:09
La section du Pays de Morlaix du PCF soutient le mouvement de grève  des enseignants le 12 novembre

Pour un vrai service public de l’éducation.

La section du Pays de Morlaix du PCF soutient le mouvement de grève  des enseignants le 12 novembre et appelle l’ensemble des personnels d’éducation, les parents d’élèves , les lycéens et étudiants à se joindre à la manifestation qui aura lieu à Morlaix, Place des Otages devant la Mairie à 13h30 .

Aujourd’hui, la réussite scolaire dépend encore trop souvent des ressources culturelles dont les enfants ont hérité dans leur famille. Aussi, il est nécessaire de repenser les programmes et la pédagogie, pour les adapter à celles et ceux qui n’ont rien d’autres que l’école pour réussir à l’école.

• la diminution du nombre d’élèves dans les classes, afin de favoriser les apprentissages et la coopération. L'arrêt des suppressions de classes dans l'école élémentaire. 

• la création de postes dans le secondaire et le primaire de l'enseignement public

• un dispositif de titularisation des contractuels de l’Éducation nationale

• la mise en œuvre d’une véritable formation initiale et continue à destination des enseignants, qui leur permette de reprendre la main sur leur métier

• une définition indépendante des programmes scolaires, qui prendrait avant tout l’avis des enseignants et des spécialistes

• la reconnaissance des enseignements technologiques et professionnels, constitutifs de la culture commune

• la ré-institution du baccalauréat comme diplôme national, ouvrant de droit l’accès à toutes les formations du supérieur, sans autre forme de sélection

• le maintien des aides sociales pour les étudiants qui se réorientent et le développement de passerelles entre les formations, afin de donner aux élèves le droit à l’erreur

• l'arrêt de de la sélection à l'entrée à l'Université. Des moyens pour faire face aux attentes de formation de qualité des bacheliers. Le baccalauréat reconnu comme premier diplôme universitaire. 

La section du Pays de Morlaix du PCF soutient le mouvement de grève  des enseignants le 12 novembre
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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 07:26
Hausse des prix du carburants: halte au racket! - pétition du Parti Communiste Français
Hausse des prix du carburants: halte au racket! - pétition du Parti Communiste Français

Hausse des prix des carburants : Non au racket qui frappe le pouvoir d'achat

 

La hausse massive des prix des carburants crée une émotion légitime. En effet tous les habitants sont touchés quels que soient leurs revenus. Nombreux sont les salariés disposant de petits revenus qui sont obligés d’utiliser leurs véhicules ne serait-ce que pour aller travailler, et pour qui ces hausses représentent une perte lourde de pouvoir d’achat.

Le PCF demande l’annulation de la hausse de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) pour 2019 pour l’ensemble des carburants.

Les communistes militent pour une fiscalité écologique socialement juste. Il faut réduire massivement la production de gaz à effet de serre, et évidemment celles émises par les véhicules particuliers. Mais la hausse indifférenciée des prix des carburants n’est pas la bonne méthode : elle frappe le pouvoir d’achat des plus pauvres, pendant que les plus riches gardent leurs « droits de polluer ». Sous couvert de fiscalité écologique, le gouvernement ne fait qu’essayer de combler en partie le trou qu’il a creusé dans les caisses de l’État avec ses cadeaux aux plus riches et aux entreprises. Le racket sur les automobilistes frappe le pouvoir d’achat des plus modestes et n'a aucun impact sur l’environnement.

Il faut dissuader massivement l’acquisition de véhicules polluants.

Il faut en tout premier lieu pénaliser fiscalement l’achat de grosses voitures polluantes ainsi que la part des véhicules diesel, dont la contribution à la dramatique pollution atmosphérique n’est plus à démontrer.

Le PCF propose donc une forte hausse du malus automobile, à partir de 100 grammes de CO2 par kilomètre parcouru pour tous les véhicules à essence (et non 117 comme actuellement), et plus élevé pour tous les véhicules produisant plus de 120 grammes de CO2 par kilomètre.
Pour les motorisations diesel, le malus doit démarrer dès 80 grammes de CO2 émis par kilomètre parcouru, et devenir plus élevé dès 100 grammes de CO2 par kilomètre.
Une politique pour une automobile plus vertueuse, conjuguée avec des
investissements massifs pour les déplacements en transports publics et à vélo
: c’est l’avenir des déplacements dans notre pays.

Et pour ceux qui se chauffent au fioul ?

L’augmentation du prix +30% fait que de nombreuses familles ne peuvent plus se chauffer Le PCF porte la proposition d’un plan national « chauffage » pour exiger des multinationales qu’elles baissent le prix de l’énergie. C’est une question de justice sociale et de santé publique.

 

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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 06:46
Le Parti communiste en Congrès (Ouest-France - page Finistère, lundi 12 novembre 2018)
Le Parti communiste en Congrès (Ouest-France - page Finistère, lundi 12 novembre 2018)

Ouest-France, Finistère, lundi 12 novembre 2018

Le Parti communiste en congrès

Ismaël Dupont a été reconduit, pour la troisième fois, à la tête des 850 militants communistes du Finistère

Samedi se tenait le congrès départemental du Parti communiste français à Plonéour-Lanvern. Soixante-cinq délégués des sections locales, représentant les 850 membres finistériens du PCF, ont planché toute la journée sur le texte de la base commune des communistes qui sera débattue lors du prochain congrès du PCF, les 23, 24, 25 novembre, à Ivry-sur-Seine. 

Les délégués départementaux ont proposé 70 amendements afin d'enrichir et de compléter le texte de base. Ce dernier, appelé "Pour un manifeste du parti communiste du XXIe siècle", reprend les fondamentaux du parti, à savoir la défense des acquis sociaux et le maintien des services publics. 

Pour le secrétaire départemental, Ismaël Dupont, "il est plus que jamais nécessaire de construire une unité populaire autour du projet communiste. Malgré l'image d'un parti qui aurait perdu de son influence, nous voyons avec satisfaction que de nombreux jeunes viennent nous rejoindre, étudiants et lycéens, avec 40 nouveaux adhérents sur le Finistère".

Le PCF se met dès à présent en ordre de marche en espérant faire un bon score aux prochaines élections européennes du 26 mai.

"Nous soutenons la candidature de Ian Brossat, chef de file des communistes et adjoint au logement de la Ville de Paris. Localement, nous sommes au plus près des travailleurs malmenés par la politique gouvernementale actuelle, nous insistons notamment sur la défense des hôpitaux de proximité, notamment ceux de Morlaix et Concarneau". 

Les communistes ont le sentiment d'être un peu isolés sur l'échiquier politique national actuel. "Nous sommes prêts à travailler avec toutes les forces de progrès du pays. C'est dans cette diversité que nous pouvons faire bouger les lignes".

Le conseil départemental a ensuite élu à l'unanimité un bureau de 32 membres, dont 11 nouveaux. Le secrétaire départemental reste Ismaël Dupont, pour un troisième mandat.

 

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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 06:25

 

Le président de l’Assemblée dévoile ce matin une plaque commémorative sur le siège qu’occupa le fondateur de l’Humanité, mais honorera aussi Clemenceau… De quoi raviver un débat structurant à gauche : « l’ordre », ou la révolution ?

Il est l’un des plus grands tribuns de l’histoire parlementaire, hissé au panthéon de la gauche française. Si la voix de Jean Jaurès résonne encore dans l’Assemblée nationale, souvent convoquée par ses successeurs, on ne trouve nulle trace honorifique de son passage dans l’Hémicycle. En juin 2017, Jean Luc Mélenchon, fraîchement élu député, fut le premier à s’en étonner, cherchant en vain où pouvait bien se situer le siège de Jean Jaurès. Près de dix-huit mois plus tard, le nouveau président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, dévoilera ce matin une plaque en son honneur sur le siège 595, situé à gauche de l’hémicycle, aujourd’hui occupé par le député communiste de Seine-Maritime Hubert Wulfranc. « Nous avons travaillé avec des historiens pour réussir à localiser son siège », expliquent les services de l’Assemblée nationale. Les représentations du député du Tarn à la tribune, intervenant bras grands ouverts pour la justice sociale ou pointés vers son adversaire pour défendre le capitaine Dreyfus, sont connues. Mais il n’existe qu’une seule photographie du député du Tarn assis dans l’hémicycle, permettant de le localiser. Elle fut prise en 1914 par l’un de ses collègues, le député-photographe Jules Louis Breton (voir photographie). « Il nous a paru évident que la place devait être celle qu’il occupa de 1902 jusqu’à son assassinat, en 1914, explique l’historien Gilles Candar, sollicité par l’Assemblée pour travailler sur les archives. C’est la grande période du tribun socialiste. Ses combats du début du siècle, pour la paix, la défense des ouvriers et des paysans, et pour la laïcité, ont eu lieu là. »

Élu député du Tarn pour la première fois en 1885

Car le fondateur de l’Humanité fut élu député du Tarn pour la première fois en 1885, puis en 1893, et enfin sans discontinuer à partir de 1902 jusqu’à son assassinat, le 31 juillet 1914. « Je suis très heureux qu’elle corresponde au siège d’Hubert Wulfranc, un député communiste, une personnalité humaniste et ouverte », confie l’historien, président de la Société d’études jaurésiennes. Nulle « fierté » pour l’heureux élu de ce siège si convoité, mais plutôt « beaucoup d’émotion ». « Jaurès, c’est d’abord pour moi le fondateur de l’Humanité, ce journal que j’ai vendu depuis mes 17 ans sur le marché de Saint-Étienne-du-Rouvray. C’est aussi le grand pacifiste qui nous parle tant aujourd’hui, en cette veille de commémoration de l’armistice. Face à cette grande histoire, je ne suis qu’une petite souris. »

Mais le groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) accueillera également ce matin une autre plaque commémorative, celle de Georges Clemenceau, sur le siège occupé par le député guyanais Gabriel Serville. Un « en même temps » mémoriel, comme la Macronie sait bien le faire, qui « permet de faire vivre le débat à gauche ! », assure un haut fonctionnaire de l’Assemblée. D’autant qu’« honorer le Clemenceau député n’est pas indigne », souligne avec ironie Gilles Candar. Jusqu’en 1993, le député de la Seine combat le colonialisme et la peine de mort. « Il a eu de très beaux combats durant cette période, rappelle l’historien. Le « premier Clemenceau est intéressant, très avant-gardiste pour l’époque dans son anticolonialisme, bien avant Jaurès, et il saura le lui rappeler ». Devenu ministre de l’Intérieur puis président du Conseil, il lancera, en 1906, au député de Carmaux qui lui reproche de réprimer les grèves : « De nous deux, je suis le seul qui n’ait pas changé ! » Cette année-là, les joutes verbales entre celui qui défend « l’individualisme » et « le réalisme » politique et le flamboyant défenseur des mineurs de Courrières écrivent une page décisive de l’histoire de la gauche française : « l’ordre » ou la révolution ? « Je voudrais faire comprendre aux déshérités de tout ordre qu’il n’y a pas d’émancipation véritable pour eux en dehors de celle qui viendra de leurs propres efforts », affirme alors le Tigre. « Votre doctrine de l’individualisme absolu, votre doctrine qui prétend que la réforme sociale est contenue tout entière dans la réforme morale des individus, c’est, laissez-moi vous le dire, la négation de tous les vastes mouvements de progrès qui ont déterminé l’histoire, c’est la négation de la Révolution française elle-même », répondra Jaurès au briseur de grève.

Une plaque pour célébrer le promoteur de la propriété sociale

« J’ai mis du temps à admettre que j’aurais plus facilement applaudi le Tigre que le fondateur de l’Humanité. Maintenant, j’assume », écrivait en 2008 Manuel Valls, comme un prélude au quinquennat à venir. L’année précédente, Nicolas Sarkozy, dans un hommage du vice à la vertu, avait raillé cette « gauche d’aujourd’hui qui n’a plus grand-chose à voir avec la gauche de Jaurès ». Et puis ce fut au tour du Front national de défigurer le leader socialiste, osant même flanquer leurs affiches d’un indigne « Jaurès aurait voté FN ». Un parti dont les racines idéologiques appartiennent à la propagande qui, en 1914, dénonçait le « traître » Jaurès. Loin de ces instrumentalisations, la plaque inaugurée ce matin, en présence des députés communistes, de ses descendants et du directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, célébrera l’artisan patient de l’union des familles socialistes, le promoteur de la propriété sociale et coopérative, le défenseur obstiné des travailleurs, et l’infatigable combattant pour la paix.

 

 

ASSEMBLÉE NATIONALE. QUAND JEAN JAURÈS RETROUVE SON SIÈGE DE DÉPUTÉ (L’HUMANITE - Mercredi 7 Novembre 2018 - Maud Vergnol)
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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 06:22

 

Walter Sorrentino est vice-président du Parti communiste du Brésil. Le responsable politique estime que la victoire de l’extrême droite à la présidentielle annonce une dictature ouverte, lourde de régressions sociales et de persécutions pour les forces progressistes. Sa formation appelle à la constitution d’un ample front démocratique. Entretien.

 

L’élection de Jair Bolsonaro survient deux ans après la rupture de l’ordre constitutionnel avec le coup d’État contre la présidente de gauche Dilma Rousseff. Comment le Parti communiste du Brésil (PCdoB) analyse-t-il la victoire de l’extrême droite à la présidentielle le 28 octobre ?

Walter Sorrentino 

La victoire de Jair Bolsonaro représente une rupture politique avec le système hérité de la Constitution de 1988. En marge de l’État démocratique de droit, un nouvel ordre social, politique, économique a été implanté au Brésil. Ce nouvel ordre défigure notre texte fondamental et place sur la touche les mouvements populaires, les travailleurs, les droits civils et humains. Il s’est accéléré avec l’impeachment de la présidente Dilma Rousseff en 2016. La victoire de Bolsonaro est annonciatrice d’une dictature ouverte, grâce au vote, aux forces les plus réactionnaires, conservatrices, antinationales et antipopulaires. Pour moi, il s’agit d’un « démocraticide ». Le Brésil va connaître une période de soumission, de menaces néocoloniales, d’autoritarisme et de persécutions des forces progressistes et de gauche. Le gouvernement de Bolsonaro sera celui de l’affrontement avec les idées progressistes et communistes ainsi qu’avec la presse. La gauche brésilienne a une longue tradition de lutte contre les dictatures, car notre pays a connu davantage de régimes durs que de périodes constitutionnelles. Nous sommes prêts à affronter ces forces rétrogrades. Mais rien ne sera plus jamais comme avant au Brésil.

 

Vous estimez que « la gauche peut transformer la défaite immédiate en un triomphe stratégique » . Qu’entendez-vous par là ?

Walter Sorrentino 

La gauche brésilienne est sur la défensive. Depuis 2009, des mouvements ont entamé les fondements de notre projet démocratique, populaire et de défense de la patrie. Durant les gouvernements progressistes de Lula et de Dilma Rousseff, nous avons subi des défaites très importantes, qui se sont accélérées avec la découverte en 2006 du « pré-sel » (« pre-sal », il s’agit de gigantesques ressources pétrolières situées à 2 000 mètres sous le niveau de la mer et sous d’épaisses couches de sel – NDLR). D’importantes forces impérialistes, naturellement états-uniennes, ont alors commencé à attaquer notre pays : il y a eu les écoutes téléphoniques illégales de la présidente ; pour la première fois dans l’histoire, la quatrième flotte américaine a patrouillé dans l’Atlantique sud ; les affaires de corruption ont été détournées de leur but initial pour suivre le schéma de destruction de notre ingénierie nationale. Nous sommes convaincus que le juge Sergio Moro (qui enquête sur la corruption liée à Petrobras, la compagnie pétrolière nationale – NDLR) a eu accès aux informations captées par les services de renseignement états-uniens. Il a ainsi chassé les membres de l’organigramme que Washington lui a désignés. Autre facteur, en 2012, le pays a souffert de la troisième onde de choc de la crise internationale du capitalisme. Il s’est retrouvé démuni pour défendre ses intérêts nationaux. En 2013, les journées (contre la hausse des transports publics – NDLR) ont été récupérées par la droite et les monopoles médiatiques, qui les ont transformées en un mouvement de masse contre la gauche. L’élection de Dilma Rousseff n’a pas altéré cette fronde et, deux ans plus tard, nous avons subi l’impeachment. Sur le plan législatif, nous avons également enregistré des défaites avec les lois régressives. Le pays connaît la plus grande et profonde récession politique de son histoire. Les Brésiliens ont perdu 10 % de leurs revenus. Ce rapport de forces s’est exprimé puissamment dans la victoire de Bolsonaro.

 

Quelles réponses y apportez-vous ?

Walter Sorrentino Nous devons nous unir pour libérer le pays de la crise, de la dictature et de la menace néocoloniale. Cette idée d’union, le PCdoB l’a avancée, y compris lors des candidatures à la présidentielle. Malheureusement, la gauche s’est divisée et nous avons perdu. Mais la résistance qui s’est exprimée au second tour est un capital politique très puissant : la société brésilienne a commencé à se réveiller face aux menaces dont elle est victime. Il existe une énorme base pour tendre vers la constitution d’un front ample de défense du Brésil, de la démocratie et du peuple. Indépendamment des formations politiques qui en sont parties intégrantes, ce front doit impliquer les forces sociales, syndicales, culturelles, académiques, intellectuelles ainsi que le mouvement féministe.

 

Comment ces courants de pensée sociale et politique peuvent-ils s’articuler au sein d’un front démocratique ?

Walter Sorrentino 

J’insiste, il faut nous unir. Si nous avions été unis, nous n’aurions pas perdu l’élection. Il faut nous unir par-delà les intérêts partisans. Les luttes quotidiennes doivent figurer dans ce front. Les partis politiques de la gauche et du centre gauche doivent agir en faveur d’un programme qui existe déjà. Il a été élaboré début 2018, à la demande du PCdoB, dans l’espoir d’unir nos candidatures. Il nous faut également agir à l’unisson au Parlement. Nous devons reconnecter notre message avec la société. Cette dernière s’est exprimée durant les élections. Elle a envoyé un message de rejet du système politique, de la corruption, de la violence qui s’abat sur les grandes villes. Elle s’est prononcée contre la gauche, contre ce que l’on appelle le « pétisme ». Nous avons totalisé 47 millions de votes, certes, mais il nous faut nous raccorder aux centres de travail, aux universités, et parler avec le peuple et les périphéries. Il nous faut comprendre les nouveaux sentiments qui existent dans la société brésilienne. Nous sommes convaincus que le peuple brésilien ne soutient pas la dictature, même s’il a voté Bolsonaro.

 

Vous parlez de reconnexion nécessaire avec la société brésilienne. Selon vous, à quand remonte la fracture ?

Walter Sorrentino 

Le point nodal de cette déconnexion s’est manifesté en 2013 lors des grandes manifestations de masse qui ont fini récupérées par le secteur néolibéral. Mais il y a une convergence de facteurs. Tout d’abord, la crise économique internationale a empiré. Elle a rendu difficile de maintenir les conquêtes des gouvernements populaires. Puis, il y a eu d’importantes erreurs commises par les gouvernements progressistes, malgré les avancées pour le peuple brésilien et la place de notre pays dans le monde. Il faudra procéder à un examen critique de cette période. Enfin, il y a eu une grande manipulation de la part des consortiums médiatiques et du grand patronat brésilien, qui ont bénéficié d’appuis de l’étranger, pour démoraliser la gauche. L’un des exemples est l’incarcération de Lula. Cette campagne antigauche a anesthésié l’opinion publique. Se reconnecter avec la société implique de persuader, de convaincre. L’opposition brésilienne ne peut pas seulement adopter une posture de rejet du futur gouvernement, elle doit également construire une perspective de nouveau futur. Pour que la population reprenne confiance en nous, nous devons offrir un meilleur programme. Nous avons convaincu 47 millions d’électeurs, mais cela a été insuffisant. Il faut que nous redevenions une majorité politique.

Que dites-vous aux 40 millions de Brésiliens qui se sont abstenus ou ont voté nul, blanc, alors qu’ils auraient pu changer l’issue du scrutin ?

Walter Sorrentino 

Ces Brésiliens sont à l’image de la démoralisation vis-à-vis du système politique. Des secteurs de l’État brésilien mais également les médias en sont responsables. Ils ont transformé le système politique en la cible privilégiée de leurs attaques. Cela a généré beaucoup de désillusion, et finalement la volonté de voir le système politique imploser. D’où l’expression d’un vote antisystème le 28 octobre mais également l’abstention ainsi que les votes nuls et blancs. Ces électeurs ont dit qu’ils ne se sentaient pas représentés, faisant leur un slogan répandu en Argentine : « Qu’ils s’en aillent tous ! » L’abstention a toujours existé, en dépit du vote obligatoire, mais elle a augmenté en raison de cette ambiance de discrédit généralisé. Nous devons faire un effort en direction de ces Brésiliens et éclaircir avec eux les enjeux.

 

Vous dénoncez une « colossale rupture des droits » à venir dès que Bolsonaro prendra ses fonctions le 1er janvier.

Walter Sorrentino 

Le gouvernement de Bolsonaro sera ultralibéral. Il complétera l’œuvre que le coup d’État n’est pas parvenu à achever avec la destruction des droits des travailleurs, de la Sécurité sociale au profit de groupes privés. Avec la vague de privatisations, l’État sera réduit au minimum et les dépenses publiques dans la santé et l’éducation gelées. Le profond conservatisme dont se prévaut Bolsonaro cherchera également à bouleverser les comportements des Brésiliens sur le plan sociétal. La menace est réelle quant à sa volonté d’exterminer la gauche et les organisations populaires, comme le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST), le Mouvement des travailleurs sans toit, en les associant au terrorisme dans le cadre de la loi antiterroriste. Dans l’histoire politique du Brésil, l’un des marqueurs essentiels, sous la démocratie ou non, a été l’illégalité du PCdoB. Nous avons 96 ans d’existence et presque 63 ans de clandestinité. Nous sommes face à une offensive brutale contre le peuple, et contre ses droits. Le futur gouvernement sera celui du bradage des richesses nationales, de la dénationalisation de l’économie brésilienne et du réalignement sur les grands intérêts états-uniens.

 

Quelle forme prendra l’alignement du Brésil de Bolsonaro sur les États-Unis de Donald Trump ?

Walter Sorrentino 

L’un des grands objectifs de Bolsonaro est de rompre avec le multilatéralisme, à savoir cette ligne politique autonome et indépendante du Brésil, qui s’est approfondie sous les gouvernements de Lula et de Dilma Rousseff. Bolsonaro réalise un réalignement profond avec les États-Unis, Israël, et va jusqu’à attaquer les réalisations stratégiques de précédents gouvernements conservateurs, comme l’est le Mercosur (communauté économique composée de l’Argentine, du Paraguay, de l’Uruguay, du Venezuela et du Brésil – NDLR). Les États-Unis ont d’importants intérêts au Brésil, c’est pourquoi ils ont participé de ces mouvements de déstabilisation que j’évoquais auparavant. Washington considère le Brésil comme une pièce clé de ses intérêts économiques et financiers avec, par exemple, la vente d’armement de dernière génération. Le réalignement de Bolsonaro est néfaste car le Brésil ne s’est développé que lorsqu’il a atteint une certaine autonomie à même de lui permettre de s’autodéterminer sur des choix stratégiques.

 

Ce revirement ne risque-t-il pas d’entraîner des chocs économiques, la Chine étant le premier partenaire commercial du Brésil ?

Walter Sorrentino 

Oui. Bolsonaro est ouvertement anti-Chine. Son positionnement m’inspire deux réflexions. Il existe une guerre hybride commerciale et protectionniste entre Washington et Pékin. Dans cette configuration géostratégique, l’establishment brésilien – le patronat, les forces armées, les appareils d’État – se positionne du côté des États-Unis. Par ailleurs, les déclarations irresponsables de Bolsonaro révèlent qu’il n’a pas l’étoffe pour être président du Brésil, l’une des dix plus grandes économies au monde. Il méprise la Chine, qui est son principal partenaire commercial, ainsi que l’Argentine, qui est la deuxième économie du Mercosur. Dès qu’il parle, Bolsonaro lâche des bombes diplomatiques.

 

Walter Sorrentino

Vice-président du Parti communiste du Brésil (PCdoB)

 

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