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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 12:23
Missak Manouchian, résistant mort pour la France (Guy Konopnicki, Marianne - avril 2015)

Missak Manouchian

Résistant mort pour la France

Orphelin du génocide arménien, ouvrier et poète, cofondateur de revues littéraires, le futur symbole de la lutte armée contre l'occupant n'avait aucun goût pour les armes.

Figure emblématique de la résistance française, Missak Manouchian était un rescapé du génocide de 1915. Ce fils de paysans né en 1906 à Adiyaman, dans l'Empire ottoman, a 9 ans quand son père est assassiné par les soldats turcs. Sa mère échappe au massacre et parvient à cacher ses deux fils, mais les villages arméniens sont isolés par l'armée. Elle meurt de la famine provoquée par l'armée turque.

Missak et son frère Karabet sont recueillis par des paysans kurdes qui les abritent jusqu'à la fin de la guerre. En 1918, la communauté arménienne organise la récupération des enfants rescapés depuis la Syrie, placée sous contrôle français. Les frères Manouchian sont accueillis dans un orphelinat de Jounieh, au Liban, où Missak apprend le métier de menuisier tout en étudiant la littérature arménienne.

Les deux frères débarquent à Marseille en 1925. Ils vivent d'abord à la Seyne-sur-Mer, près de Toulon, où Missak gagne péniblement sa vie comme menuisier. Karabet tombe malade, en un temps où il n'existe aucune forme de protection sociale. Ils décident alors de monter à Paris, où Missak trouve un emploi d'ouvrier tourneur chez Citröen. Mais la maladie emporte Karabet en 1927. Seul à Paris, Missak Manouchian fréquente la communauté arménienne, s'intéressant plus à l'activité culturelle qu'à la politique. Il s'inscrit à la Sorbonne en auditeur libre et se passionne pour la poésie française, en cette époque d'effervescence poétique marquée par le surréalisme. Il écrit articles et poèmes et participe à la fondation de deux revues littéraires arméniennes.

Les conséquences de la crise de 1929 provoquent une vague de licenciements chez Citröen, et Manouchian se retrouve au chômage au début des années 1930. Il vit de petits métiers dont celui de modèle pour un sculpteur. Hitler s'empare du pouvoir en Allemagne et Missak ne peut être indifférent à la violence qui s'exprime tant dans les discours du Fürher que dans les manifestations des foules fanatisées. Quand cette violence gagne Paris, quand les ligues fascistes marchent sur le Palais Bourbon, le 6 février 1934, il veut agir.

Il adhère au Parti Communiste, répondant à l'appel à l'unité d'action contre le fascisme. Cette date d'adhésion n'est pas sans signification. Manouchian ne semblait jusque-là guère porté sur le mode d'organisation quasi militaire et moins encore sur le sectarisme bolchevik.

Mais en 1934, le PCF tire les leçons de la tragédie allemande : il veut rompre l'isolement et construire un front unique contre le fascisme. Missak Manouchian devient communiste pour conjurer la répétition du génocide, sur d'autres, clairement désignés par les discours exterminateurs d'Adolf Hitler. Pour le PCF, ce n'est pas une recrue ordinaire. Sa participation aux revues arméniennes lui vaut une certaine notoriété dans la communauté. Il est donc tout désigné pour animer le Comité de secours des Arméniens (HOC, suivant la formulation arménienne) qui collecte des fonds pour aider la République soviétique d'Arménie.

Un révolutionnaire professionnel

Au HOC, Missak rencontre une militante du comité de Belleville, Mélinée Assadourian, qui devient sa compagne en 1937. Manouchian devient ce que que l'on nomme, dans le langage du parti, un révolutionnaire professionnel, rédacteur en chef de Zangou , organe du HOC, membre actif du comité de soutien à l'Espagne républicaine. Comme tous ceux qui ont rejoint le PCF pour combattre le nazisme, il vivra douloureusement la période du pacte germano-soviétique. Comble d'horreur, il est arrêté en 1939 pour son rôle d'animateur d'une organisation liée à l'URSS ou, plus exactement, à l'Arménie soviétique. Il ne tarde pas à prouver qu'il ne se trompe pas d'ennemi.

Libéré, il s'engage dans l'armée française ; son régiment, cantonné en Bretagne, ne participera jamais aux combats de 1940. Revenu à Paris, il reprend contact avec le parti, ce qui lui vaut d'être de nouveau arrêté, en juin 1941, lorsque l'Allemagne lance son offensive contre l'URSS. Le PC demande à Mélinée de lui transmettre en prison l'ordre de signer un engagement à n'entreprendre aucune action contre les troupes d'occupation allemandes. Il signe, en sachant que ce reniement sera de pure forme.

Libéré, il passe cependant par une période d'observation. Il survit grâce à l'aide d'un couple d'amis de la famille de Mélinée, Micha et Knar Aznavourian, les parents de Charles Aznavour. Lorsqu'ils sont convaincus de sa droiture, les dirigeants du Groupe de Main-d'Oeuvre immigrée (MOI) du PC confient à Missak Manouchian la direction de la section arménienne.

De la fin 1941 au début 1943, l'objectif est de rallier la communauté arménienne à la cause de l'URSS, alors que la Wermacht avance dans le Caucase et menace la République soviétique d'Arménie.

Le PC a engagé la lutte armée dans Paris, mais les premiers groupes tombent rapidement. Vingt-cinq militants communistes sont condamnés à mort et fusillés en avril 1942. Le PC décide alors d'armer des groupes d'étrangers et la MOI demande à Missak Manouchian de participer à l'action armée en février 1943. Le voici responsable militaire de combattants Francs-tireurs et partisans (FTP), lui qui n'avait aucun goût pour les armes. Ses compagnons sont très jeunes : Marcel Rayman, 20 ans, Thomas Elek, 19 ans...

A 37 ans, il ferait figure de doyen s'il n'avait à ses côtés Imre Glasz, 42 ans, et Armenak Manoukian, 44 ans. Le plus jeune, Wolf Wajsbrot, n'a pas 18 ans. Les jeunesses communistes, menées par Henri Krazucki, 15 ans, apportent un soutien logistique. Ce détachement FTP parvient à terroriser les Allemands pendant plusieurs mois. Des bombes explosent dans les cinémas et les cafés réservés aux soldats allemands. Le groupe abat Julius Richter, général nazi chargé, en France, du recrutement des ouvriers pour les usines allemandes, le fameux STO.

Mais la police française prouve son efficacité à ses maîtres allemands. Missak Manouchian tombe en novembre 1943, alors qu'il se rend à Evry-Petit-Bourg pour rencontrer Joseph Epstein, chef des FTP d'Ile-de-France. L'occupant nazi fera un symbole de son groupe, placardant partout la fameuse Affiche rouge, dénonçant la Résistance comme une « armée du crime » composée d'étrangers. Cette affiche fera entrer Manouchian et ses compagnons dans l'histoire, onze ans plus tard, lorsque Mélinée apportera à Aragon la dernière lettre écrite par Missak, avant d'être fusillé, le 21 février 1944 au mont Valérien.

Guy Konopnicki

(Marianne, Hors série d'avril 2015 : Les Arméniens, une histoire française)

La dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme Mélinée

21 février 1944, Fresnes

Ma chère Mélinée, ma petite-orpheline bien-aimée,

Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. On va être fusillé cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais, pourtant, je sais que je ne te verrai plus jamais. Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps. Je m'étais engagé dans l'armée de la Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la liberté et de la paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous ! J'ai un regret profond de ne pas t'avoir rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté. Marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi et à ta sœur et à mes neveux. Après la guerre, tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération. Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes biens chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu.

Ton ami, ton camarade, ton mari.

Manouchian Michel.

Affiche de propagande nazie datant de février 1944 dénonçant la Résistance comme infestée par "des communistes métèques", de vrais bandits avec leur mine patibulaire...

Affiche de propagande nazie datant de février 1944 dénonçant la Résistance comme infestée par "des communistes métèques", de vrais bandits avec leur mine patibulaire...

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 11:56

Ce que ne vous disent jamais les éditorialistes, experts et journalistes gardiens du temple de la pensée unique.

Une vidéo intéressante sur la gestion islandaise de la crise financière de 2008: refus de sauver les banques de la faillite en socialisant les pertes au préjudice du citoyen, nationalisation des 3 premières banques du pays, assemblée constituante, référendum sur l'appropriation nationale des ressources naturelles du pays, souveraineté monétaire...


http://www.informaction.info/video-mouvements-sociaux-pourquoi-aucune-nouvelle-de-lislande-2-ans-plus-tard

A lire aussi, cet article du Monde Diplomatique (octobre 2014), Quand l'austérité tue (comparatif entre la Grèce et l'Islande).

Les conséquences sanitaires des politiques économiques

Quand l’austérité tue

Rigueur ou relance ? Si, depuis le début de la crise financière de 2007, les gouvernements européens ont choisi, les experts poursuivent leurs délibérations… avec d’autant plus de prudence qu’ils font rarement partie des premières victimes des coupes budgétaires. Soumettre les politiques économiques aux critères d’évaluation de la recherche médicale permettrait toutefois de trancher la question.

par Sanjay Basu et David Stuckler, octobre 2014

« Merci d’avoir participé à ce test clinique. Vous ne vous rappelez peut-être pas avoir donné votre accord, mais vous avez été enrôlé en décembre 2007, au début de la Grande Récession. Votre traitement n’a pas été administré par des médecins ou des infirmières, mais par des politiciens, des économistes et des ministres des finances. Dans le cadre de cette étude, ils vous ont fait suivre, ainsi qu’à des millions d’autres personnes, l’un des deux protocoles expérimentaux suivants : l’austérité ou la relance. L’austérité est un médicament destiné à réduire les symptômes de la dette et du déficit, pour traiter la récession. Elle consiste à diminuer les dépenses gouvernementales en matière de couverture médicale, d’assistance aux chômeurs et d’aide au logement.

« Si vous avez reçu une dose expérimentale d’austérité, vous avez peut-être remarqué de profonds bouleversements dans le monde qui vous entoure. Si en revanche vous faites partie du groupe de la relance, votre vie n’a peut-être pas été bouleversée par le chômage et la récession. Il est même possible que vous vous trouviez aujourd’hui en meilleure santé qu’avant la crise... » Ce message ne vous sera jamais adressé. Et pourtant…

Afin de déterminer les meilleurs traitements, les chercheurs en médecine ont recours à des « essais randomisés contrôlés » à grande échelle (1). Dans le domaine de la politique, il se révèle difficile, voire impossible, d’enrôler toute une société dans des tests d’une telle envergure pour expérimenter des mesures sociales. Toutefois, il arrive que des dirigeants politiques, confrontés à des problèmes similaires, optent pour des lignes d’action différentes. Pour les scientifiques, ces « expériences naturelles » offrent la possibilité d’étudier les conséquences sanitaires d’options politiques (2).

Nous avons ainsi analysé des données provenant des quatre coins du monde au cours de diverses périodes de récession, en mesurant l’impact social des mesures d’austérité et de relance. Plusieurs de nos résultats étaient prévisibles. Quand les gens perdent leur travail, ils risquent davantage de se tourner vers la drogue, l’alcool ou de développer des tendances suicidaires, comme aux Etats-Unis au cours des années 1930 ou en Russie durant la période des privatisations massives des années 1990. Mais, au cours de nos recherches, nous avons également découvert que certaines communautés, voire des nations entières, jouissent d’une meilleure santé depuis l’effondrement de leur économie. Pourquoi ?

Une leçon pour les peuples

Deux pays illustrent les résultats de nos travaux concernant l’Europe empêtrée dans la crise de la dette depuis la fin des années 2000 : l’Islande (3) et la Grèce (4).

Sur la période 2007-2010 — les pires années de la crise —, le taux de mortalité a diminué régulièrement en Islande en dépit d’une légère hausse (non significative) des suicides à la suite de l’effondrement des marchés. Lors de nos recherches sur les récessions en Europe, nous avions découvert que les crises bancaires provoquent généralement une augmentation à court terme des accidents cardiaques. Mais tel n’est pas le cas en Islande.

En octobre 2008, confronté aux répercussions de la crise des subprimeaux Etats-Unis et aux engagements inconsidérés de ses banques, Reykjavík a dans un premier temps fait appel au Fonds monétaire international (FMI) pour mettre en place un plan de sauvetage. Celui-ci s’accompagnait de recommandations favorables à l’instauration d’une politique d’austérité, en particulier dans le système de santé publique — qualifié par le FMI de « bien de luxe » —, qui aurait dû subir une baisse de financement de 30%.

Les Islandais ont refusé ce plan en manifestant massivement. Un événement inattendu s’est alors produit début 2010. Le président islandais a demandé au peuple ce qu’il souhaitait : fallait-il absorber la dette privée pour renflouer les banquiers en réduisant drastiquement le budget du gouvernement ou refuser de payer pour investir dans la reconstruction de l’économie ? Interrogés par référendum, 93 % des Islandais ont choisi la seconde option.

Au total, en pleine période de récession, l’Islande a choisi de continuer à accroître ses dépenses consacrées à la protection sociale, déjà passées, entre 2007 et 2009, de 280 milliards de couronnes (environ 1,6 milliard d’euros) à 379 milliards de couronnes (environ 2,3 milliards d’euros), soit de 21 à 25 % du produit intérieur brut (PIB). Les dépenses supplémentaires, décidées après 2010, ont par exemple financé de nouveaux programmes d’« allégement de dettes » pour les propriétaires dont le bien immobilier valait désormais moins que le montant de leur emprunt. L’opération a permis d’éviter une explosion du nombre de sans-abri. En 2012, l’économie islandaise croissait de 3 %, et le chômage descendait au-dessous de 5 %. Au mois de juin de la même année, l’Islande a effectué des remboursements sur ses dettes plus tôt que prévu. Le FMI a dû reconnaître que l’approche unique de l’Islande avait entraîné une reprise « étonnamment » forte (5)…

Plus au sud, la Grèce a servi de laboratoire pour étudier les effets des politiques d’austérité. En mai 2010, le FMI lui a proposé un prêt aux conditions habituelles : privatiser les entreprises et les infrastructures publiques, amputer les programmes de protection sociale. Comme en Islande, les manifestants grecs réclamaient un référendum national sur cet accord, mais le plan d’austérité fut appliqué sans être voté : contrairement à ce qui s’est passé en Islande, la démocratie a été suspendue.

Face à la progression du chômage, aux expropriations de masse et à l’augmentation des dettes privées, de nombreux Grecs se sont tournés vers les programmes de protection sociale pour survivre. Or, déjà très affaiblis par les mesures d’austérité, ceux-ci n’étaient pas en mesure d’absorber l’augmentation soudaine du nombre de bénéficiaires. A mesure que les budgets des hôpitaux diminuaient, consulter un médecin devenait de plus en plus difficile. Les files d’attente pour avoir accès à un thérapeute ont doublé, puis triplé. Dans un entretien accordé au New York Times, le chef du département d’oncologie à l’hôpital Sotiria, au centre d’Athènes, le docteur Kostas Syrigos a raconté l’histoire d’une patiente atteinte du pire cancer du sein qu’il ait jamais vu. Les réformes imposées par la « troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) l’avaient empêchée de se soigner depuis un an. Quand elle s’est présentée dans une clinique clandestine, où travaillaient des médecins bénévoles, la tumeur avait percé la peau et commençait à suinter sur ses vêtements. La femme souffrait atrocement et tamponnait sa plaie purulente avec des serviettes en papier (6).

En mai 2010, juste après la mise en place du premier plan de sauvetage du FMI, la compagnie pharmaceutique Novo Nordisk a quitté le marché grec car l’Etat lui devait 36 millions de dollars. Ce retrait a non seulement coûté des emplois, mais également privé cinquante mille diabétiques d’insuline.

Le taux de suicide a augmenté, en particulier chez les hommes : entre 2007 et 2009, avant même le plan du FMI, il avait bondi de 20 %. Le 4 avril 2012, Dimitris Christoulas s’est ainsi rendu place Syntagma, en plein centre-ville d’Athènes. Il a gravi les marches du Parlement, placé une arme contre sa tempe et déclaré : « Je ne me suicide pas. Ce sont eux qui me tuent. » Une lettre retrouvée dans sa sacoche expliquait : « Le gouvernement (...) a détruit mon seul moyen de survie, qui consistait en une pension très respectable que j’ai payée seul pendant trente-cinq ans (...). Puisque mon âge avancé ne me permet pas de réagir de manière active (quoique, si un Grec saisissait une kalachnikov, je serais juste derrière lui), je ne vois pas d’autre solution pour finir dignement ma vie et ne pas me retrouver à fouiller dans les poubelles pour me nourrir. »

Les associations de soutien psychologique ont constaté une multiplication par deux des appels à l’aide. Et il ne s’agit que de la partie visible de l’iceberg. Certains Grecs ont sans doute préféré ne pas appeler au secours en raison de la stigmatisation qui entoure la détresse psychologique dans le pays : l’Eglise orthodoxe refuse par exemple d’enterrer ceux qui se suicident. De nombreux médecins considèrent l’augmentation du nombre de « blessures indéterminées » et d’autres causes mystérieuses de décès comme la manifestation de suicides déguisés pour sauver l’honneur des familles.

Pendant quarante ans, des programmes de pulvérisation d’insecticides avaient empêché les maladies transmises par les moustiques de se développer en Grèce. A la suite des coupes drastiques opérées dans les budgets alloués au sud du pays, une épidémie de virus du Nil occidental a éclaté en août 2010, tuant soixante-deux personnes. Le paludisme a fait son retour pour la première fois depuis 1970. Les autorités ont également constaté une recrudescence d’infections par le VIH au centre d’Athènes, du jamais-vu en Europe depuis des années : entre janvier et octobre 2011, les nouveaux cas ont été multipliés par dix chez les usagers de drogues. Entre-temps, les crédits alloués aux programmes d’échange de seringues avaient été supprimés. L’usage de l’héroïne a augmenté de 20 % entre 2010 et 2011, notamment chez les jeunes, frappés par un taux de chômage de 40 %.

Avec un budget amputé de presque 50 %, le ministre de la santé grec n’avait guère de marges de manœuvre. Cependant, une issue politique demeurait : l’option démocratique. En novembre 2011, au moment où l’épidémie de VIH a été constatée, le premier ministre Georges Papandréou a ainsi tenté la solution islandaise, annonçant un référendum sur une seconde cure d’austérité. Le peuple grec voyait clairement que les mesures d’austérité ne fonctionnaient pas. En dépit des coupes budgétaires, la dette publique continuait à s’envoler (165% du PIB en 2011). Mais, sous la pression de la « troïka » et d’autres gouvernements européens, notamment français et allemand, M. Papandréou a annulé le référendum avant d’être poussé à la démission.

Comme ce fut le cas en Islande, le FMI a finalement admis, en 2012 :« Nous avons sous-estimé les effets négatifs de l’austérité sur l’emploi et l’économie (7). » Mais imposer cette épreuve à la Grèce représentait moins une stratégie économique qu’un projet politique. Mme Angela Merkel, la chancelière allemande, a ainsi présenté le plan d’aide octroyé à Athènes comme une leçon inculquée au reste de l’Europe : « Ces pays peuvent voir que le chemin emprunté par la Grèce n’est pas facile. Ils feront donc tout ce qu’ils peuvent pour l’éviter (8). »

Les politiques économiques ne sont ni des agents pathogènes ni des virus qui provoquent directement la maladie, mais la « cause des causes » : le facteur sous-jacent qui détermine qui sera exposé aux plus grands risques sanitaires. Voilà pourquoi la moindre modification d’un budget national peut avoir des effets considérables — et parfois involontaires — sur le bien-être de la population.

Nous disposons désormais d’éléments sérieux nous permettant de conclure que le véritable danger pour la santé publique n’est pas la récession en tant que telle, mais l’adoption de politiques d’austérité pour y faire face. Autant dire que, si l’« expérience grecque » avait été menée selon des critères aussi rigoureux que des tests cliniques, elle aurait été interrompue depuis longtemps par un conseil d’éthique.

Sanjay Basu et David Stuckler

Respectivement docteur en sociologie et professeur de médecine, auteurs de Quand l’austérité tue. Epidémies, dépressions, suicides : l’économie inhumaine (Autrement, Paris, 2014), d’où est tiré cet article.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 11:41
Il y a 72 ans, en ce 9 mai 1943, grande figure de la Résistance nationale féminine, Danielle Casanova, s’est éteinte à Auschwitz-Birkenau. Elle avait contracté le typhus.

Chaque soir elle allait au bloc 26 soigner et soutenir ses camarades, « ses sœurs » comme elle les appelait. Toutes croyaient que c’est elle qui reviendrait, qu’elle raconterait ce que fut l’enfer qu’elles vécurent, ce qu’était la barbarie nazie. Mais non, elle est partie, pas la première, tant d’autres étaient déjà parties avant elle, pas la dernière non plus... Mais elle, Danielle, n’a jamais cessé de les consoler, les réconforter, les soutenir, leur donner la force… La force de vivre, de survivre. Certaines d’entre elles ont survécu, et ce sont elles qui ont témoigné, qui ont raconté au monde entier ce que fut l’horreur des camps.

« Je suis heureuse de cette joie que donne la haute conscience de n’avoir jamais failli et de sentir dans mes veines un sang impétueux et jeune » c’est la toute dernière phrase qu’elle a écrite à sa mère le 23 janvier 1943, veille de son départ pour Auschwitz-Birkenau.

Danielle Casanova faisait partie du convoi du 24 janvier 1943 qui quittait Compiègne pour Auschwitz. Elles étaient 230 femmes. 49 seulement devaient revenir, « plus mortes que vives », témoigna Charlotte Delbo.

Elle a consacré toute sa vie à son engagement politique, à la lutte contre les inégalités, l’injustice, le fascisme et le nazisme.

Fille d'instituteurs, lycéenne à Ajaccio, puis poursuivant ses études à la faculté dentaire à Paris, elle adhère aux Jeunesses Communistes en 1928 puis au PCF depuis 1930. Elle crée l'Union des Jeunes Filles de France après 1936 et milite dans ce cadre pour le soutien humanitaire aux républicains espagnols. Son mari, Laurent Casanova, devient le secrétaire de Maurice Thorez. A partir de juillet 1941, elle participe à l'engagement des Jeunesses Communistes, entrées dans la clandestinité du fait des persécutions d'abord de la République finissante, puis du régime de Vichy, dans la lutte armée. Elle est arrêtée le 15 février 1942 alors qu'elle ravitaillait le philosophe communiste et résistant George Politzer, et sa femme.

Dimanche à 18 heures, à Ajaccio, un hommage lui sera rendu boulevard Danielle Casanova devant la plaque dédiée à sa mémoire sur la façade de la maison où elle vécut.

A travers elle hommage sera aussi rendu à toutes les Résistantes, connues et inconnues, qui ont fait le sacrifice de leur vie contre le fascisme pour la liberté de la Patrie, pour la démocratie. Et parmi elles, Maria De Peretti morte à Ravensbrück le 15 mars 1945. Que leur mémoire reste vivante afin que les jeunes générations restent fidèles à ces idéaux.

Aujourd’hui, plus que jamais, face aux résurgences des idéologies fascistes et nazies et de la xénophobie, il est important que nul n’oublie la barbarie engendrée par ces mêmes idéologies dont Danielle Casanova et Maria De PerettiI furent les victimes.
C'était la guerre la plus meurtrière de tous les temps.

Le Comité de la Corse-du-Sud de l’Association Nationale Des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (A.N.A.C.R 2A), présidé par Jacqueline Wroblewski-Arrii, appelle les Ajacciens, toutes générations confondues, à participer à cette commémoration et à rendre hommage aux héros et martyrs de la Résistance afin de ne pas les oublier.
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Une cérémonie aura lieu aussi le samedi 9 Mai à 10 heures à Vistale Piana

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Danielle Casanova et Maria de Peretti

Danielle Casanova et Maria de Peretti

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 07:32

Section de Morlaix

2 petite rue de Callac

29600 Morlaix

le 8 mai 2015

Communiqué: le code du travail, la cible conjointe de l'UMP et du gouvernement PS

Hier, au Sénat, une nouvelle étape a été franchie contre les garanties collectives du monde du travail. En effet, aux alentours de minuit, la majorité a adopté un amendement de l’UMP visant à mettre en place une commission chargée de proposer dans un délai d’un an « un nouveau Code du travail simplifié » dont les principaux objectifs seront d’ « accroître les possibilités de dérogation aux dispositions du Code du travail par un accord collectif », de « simplifier les règles applicables à l’exécution et à la rupture du contrat de travail ».

L’objet de cet amendement précise, sans gêne aucune de la part des auteurs, que cette commission sera notamment composée de « chefs d’entreprises » !

Appelé à se prononcer sur cet amendement, Emmanuel MACRON, après l’expression de la rapporteure UMP, a indiqué brièvement, lui d’habitude si prolixe, « même avis » !

Ainsi, le Gouvernement est clairement sur la même ligne que la droite : nettoyer le Code du travail pour détruire au maximum les défenses législatives des salariés face au patronat et à l’actionnariat.

La section du Parti communiste de Morlaix considère qu'un processus dangereux pour le monde du travail s’est ainsi enclenché en catimini au Sénat. Elle agira, à son niveau, avec toutes les forces sociales disponibles pour empêcher la mise en application de ces dispositions sociales régressives.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 06:49

Communiqué de la Coordination Front de Gauche du Finistère

Finistère : Préserver et renforcer la prévention sociale des jeunes en difficultés

Action sociale ou anti-sociale ?

Action sociale ou casse sociale ?

Au moment où le gouvernement socialiste discoure sur l'importance de lutter contre la délinquance, de mettre l'accent sur l'éducation et la formation des jeunes, le Conseil Départemental du Finistère récemment élu décide de supprimer 146.000 euros de financements à trois centres de formation du département (EMS Don Bosco, CAFP Sauvegarde, CFAM Avel Mor). La répartition de cette coupe budgétaire n'est pas connue à l'heure actuelle.

Ces centres de formation accueillent des jeunes adolescents en danger, décrocheurs du système scolaire qui dépendent de la protection de l'enfance dans le cadre d'une prise en charge de jour encadrés par des professionnels qualifiés.

Le Conseil Départemental veut transférer le financement de ces établissements qui sont de sa compétence vers l'éducation nationale.

La prévention spécialisée est également attaquée avec la suppression de plusieurs centaines de milliers d'euros de financements publics. Des suppressions de postes sont déjà envisagées. Les associations Massé-Trévidy, Don Bosco et la Sauvegarde sont directement touchées . Cette coupe budgétaire se poursuivra ces prochaines années. Les CPOM (Contrats Pluri-Annuels d'Objectifs et de Moyens) signés dernièrement, sont déjà dénoncés par les financeurs publics.

Le 7 avril 2015, les personnels ont manifesté devant le conseil départemental pour signifier leur colère et leur volonté de poursuivre leurs missions. Une délégation a été reçue par la nouvelle présidente du Conseil Départemental qui est restée sur ses positions.

Le Front de Gauche du Finistère soutient les personnels de l'éducation spécialisée, demande des comptes aux élus socialistes. Nous refusons les politiques d'austérité pire que celles de la droite ultra-libérale et la casse du secteur social par les gouvernants actuels de l'Etat aux départements.

Une voie alternative existe pour améliorer et optimiser les moyens de l'éducation spécialisée et ce sans fermer des structures, supprimer des emplois, licencier des personnels.

Pour cela il faut travailler avec les associations, les représentants du personnel, les citoyens pour rechercher des solutions justes et équilibrées.

Sans consensus, le rapport de force, la mobilisation, la grève, le blocage des structures dans le rassemblement et l'unité seront les seules voies possibles.

Nous appelons tous les citoyens à soutenir les personnels pour préserver la prévention, l'éducation, l'encadrement, l'aide et la formation des jeunes en grandes difficultés.

Front de Gauche du Finistère, Jeudi 7 mai 2015

EMS: espace de médiation scolaire
CAFP: centre d'adaptation et de formation professionnelle
CFAM: centre de formation Avel Mor
CPOM: contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens.( budget accordé pour une période d'environ 5 ans)

Ci-dessous le lien vers une pétition de soutien au Service de Prévention de Brest - Don Bosco - victime des coupes d'austérité décidées par le Conseil Général

Pour le maintien des postes, soutenons leur lutte, signons et faisons connaître cette pétition.

Pour info, à Don Bosco, quelques 900 salarié-e-s, il y a un CPOM (Contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens) avec le Conseil Général du Finistère.

Le CG, profitant de la mise en place de la "Métropole" 'qui prendrait la gestion de la prévention) , vient de décider d'enlever, en rupture unilatérale de ce contrat, quelques 350 000 euros, ce qui équivaut à 6 ou 7 postes voire plus, qui seraient pris sur les 17 du service de prévention de Don Bosco.

Le Directeur Général de Don Bosco se présente aux Départementales sur une liste PS avec Marc Labbey tête de liste. Ceci expliquant sans doute cela, ce DG, contrairement à d'autres assos touchées aussi par l'austérité comme (la Sauvegarde...) ne conteste pas la coupe dans son budget.

Les salariés sont donc en lutte pour le maintien de tous les emplois.

Cela illustre à quelques semaines des Départementales la politique d'austérité du Gouvernement et de tous ses soutiens locaux au CG ou dans les municipalités.

https://www.change.org/p/conseil-g%C3%A9n%C3%A9ral-du-finist%C3%A8re-gouvernement-maintenir-le-financement-de-la-pr%C3%A9vention-sp%C3%A9cialis%C3%A9e-de-brest

Le Conseil Général supprime les moyens et les postes des associations engagées dans l'action sociale et la prévention jeunesse: réagissons!
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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 12:45

Les communiqués de presse

L’UMP et Emmanuel Macron favorables ensemble à la « simplification » du Code du travail

Loi Macron

Par le groupe CRC / 7 mai 2015

Le 7 mai aux alentours de minuit, la majorité a adopté un amendement de l’UMP visant à mettre en place une commission chargée de proposer dans un délai d’un an « un nouveau Code du travail simplifié » dont les principaux objectifs seront d’ « accroître les possibilités de dérogation aux dispositions du Code du travail par un accord collectif », de « simplifier les règles applicables à l’exécution et à la rupture du contrat de travail ».

L’objet de cet amendement précise, sans gêne aucune de la part des auteurs, que cette commission soit notamment composée de « chefs d’entreprises » !

Appelé à se prononcer sur cet amendement n° 758 rectifié, Emmanuel MACRON, après l’expression de Mme DEROCHE, rapporteure UMP, a indiqué brièvement, lui d’habitude si prolixe, « même avis » !

Aussi le Gouvernement se retrouve-t-il sur le même objectif que la droite sénatoriale : nettoyer le Code du travail pour détruire au maximum les défenses législatives des salariés face au patronat et à l’actionnariat.

Un processus dangereux pour le monde du travail s’est ainsi enclenché en catimini au Sénat.

Les sénatrices et sénateurs du groupe communiste, républicain et citoyen, qui ont voté contre cet amendement, alertent les organisations syndicales, les salariés, contre ce véritable recul decivilisation qui s’organise ainsi.

L'UMP et Emmanuel Macron favorables ensemble à la "simplification" du Code du travail: communiqué du groupe communiste, républicain et Front de Gauche au Sénat
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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 08:39

C'était vendredi dernier, le 1er mai à Morlaix, la 51ème fête du Parti Communiste de Morlaix-Plouigneau-Taulé.

Une belle fête politique et populaire place Allende, après le rassemblement syndical à 11h, une nouvelle fois.

600 à 700 personnes environ à passer dans l'après-midi, 200 personnes à déjeuner sur place (on ne pouvait en accueillir en davantage, même si la demande était plus élevée), des militants du PCF de Fouesnant, Concarneau, des Côtes d'Armor, qui nous avaient fait le plaisir de participer à notre fête du PCF, des militants et sympathisants très nombreux du Front de Gauche, y compris du Centre-Finistère et de Landivisiau, une participation appréciée aussi de ces militants et sympathisants du Front de Gauche en cuisine, au service.

Nous les remercions, comme tous les militants qui ont participé au montage, au démontage de la fête, à la tenue des différents stands, à la vaisselle (merci Christiane et Yvon Lejeune!).

Il y avait des stands de tombola, de pêche à la ligne, de vente de fleurs, de jeux pour enfants, de maquillage, un stand crêpes, un stand librairie, un stand Association France Palestine Solidarité où les militants faisaient signer des pétitions pour Salah Hamouri (interdit de séjour en Palestine), un stand du Front de Gauche et bien sûr un espace du Parti Communiste, tenu par Alain David et Daniel Ravasio notamment, sous le chapiteau mis à disposition par notre ami Claude Bonnard, qui a animé l'apéro avec son orgue de barbarie et ses chansons du répertoire social.

A deux heures, c'est la Souris Noire, avec Eric et Marie Pellerin, Didier Allain et deux autres musiciens, qui ont régalé et souvent ému l'assistance de leurs belles et fortes chansons.

A noter que le groupe se produisait à titre bénévole et en sympathie quelque part aux idées de solidarité que nous portons avec le Front de Gauche.

A cinq heures, c'est Fanch Le Marrec et Jean-Paul Ferrec qui ont animé la fête avec leurs chants marins et leurs chansons pour danses bretonnes.

Une belle fête chaleureuse, vraiment...

Voici quelques photos de Jean-Luc Le Calvez qui nous replacent dans l'ambiance, même si Jean-Luc était trop pris par l'organisation de la fête elle-même, qui lui doit beaucoup, pour tout photographier.

Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Les cuisiniers - Loïc Digaire, Yann Guéméné, Jean-Pierre Beuzit et Sylvie Lécuillier - s'affairent pour préparer le repas qui a été apprécié par tous: 200 convives et 40 personnes qui désiraient déjeuner et qu'on a été contraint de refuser, faute de place, même si le nouveau chapiteau est plus grand!

Les cuisiniers - Loïc Digaire, Yann Guéméné, Jean-Pierre Beuzit et Sylvie Lécuillier - s'affairent pour préparer le repas qui a été apprécié par tous: 200 convives et 40 personnes qui désiraient déjeuner et qu'on a été contraint de refuser, faute de place, même si le nouveau chapiteau est plus grand!

Mariette Labrousse, notre quebécoise préférée!

Mariette Labrousse, notre quebécoise préférée!

discours d'ouverture de la fête de Daniel Ravasio, secrétaire de la section du PCF pays de Morlaix

discours d'ouverture de la fête de Daniel Ravasio, secrétaire de la section du PCF pays de Morlaix

L'équipe du Lok'all au premier plan

L'équipe du Lok'all au premier plan

Le PCF avait invité comme chaque année à l'apéritif et l'inauguration de la fête d'autres composantes de la gauche, dont ici la section PS avec Hervé Goedard, Jean-Paul Vermot, Pierre Moal...

Le PCF avait invité comme chaque année à l'apéritif et l'inauguration de la fête d'autres composantes de la gauche, dont ici la section PS avec Hervé Goedard, Jean-Paul Vermot, Pierre Moal...

Fanch Le Marrec, le chanteur plouganiste, membre du PCF Lanmeur, et Jean-Paul Ferrec, son compagnon de chant

Fanch Le Marrec, le chanteur plouganiste, membre du PCF Lanmeur, et Jean-Paul Ferrec, son compagnon de chant

Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
François Rippe et Annie Le Calvez

François Rippe et Annie Le Calvez

Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Annie Morel et Babeth Gaud, toujours aussi rayonnante

Annie Morel et Babeth Gaud, toujours aussi rayonnante

Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Jeremy Lainé (PCF Lanmeur) : la vente de fleurs a été si bonne qu'en début d'après-midi, presque tout était parti

Jeremy Lainé (PCF Lanmeur) : la vente de fleurs a été si bonne qu'en début d'après-midi, presque tout était parti

Le stand du PCF

Le stand du PCF

Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Le discours politique de Ismaël Dupont, nouveau secrétaire départemental du PCF Finistère

Le discours politique de Ismaël Dupont, nouveau secrétaire départemental du PCF Finistère

Fanch Le Marrec et Jean-Paul Ferrec

Fanch Le Marrec et Jean-Paul Ferrec

Photos de la fête du Viaduc du 1er Mai 2015 organisée par le PCF à Morlaix (Jean-Luc Le Calvez)
Michel Maho et Ihia el Yakoubi

Michel Maho et Ihia el Yakoubi

Elise Kerebel et Michèle Bourven au stand crêpes

Elise Kerebel et Michèle Bourven au stand crêpes

La Souris Noire s'est produite après le repas, ici Marie Pellerin au chant, Didier Allain au violon, Eric Pellerin au synthé

La Souris Noire s'est produite après le repas, ici Marie Pellerin au chant, Didier Allain au violon, Eric Pellerin au synthé

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 08:24

Les transports sur de mauvais rails

(Tribune publiée dans L'Humanité)

Par Didier Le Reste, Convergence nationale rail,

Gilbert Garrel, fédération CGT des Cheminots

Michel Jallamion, Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics

Nathalie Bonnet, fédération Sud rail et Union Solidaires transports

Bernard Teper, Réseau d'éducation populaire

Nous tenons à alerter les usagers du rail, l'opinion publique et à interpeller les autorités politiques ainsi que la direction de la SNCF à propos de la détérioration progressive du service public ferroviaire et des nouvelles menaces qui pèsent sur son avenir. Force est de constater que nous assistons à une accélération d'une gestion libérale privilégiant la rentabilité financière par une réduction de l'offre, privant ainsi des pans entiers du territoire d'une desserte par le rail.

Il en va ainsi de la fermeture réalisée et celle programmée de nombreuses infrastructures et installations ferroviaires (lignes, gares, boutiques, triages... ). Cette stratégie délibérée de la direction de la SNCF se fait avec l'accord tacite du gouvernement.

Il en va ainsi de la liberté tarifaire accordée à la SNCF qui a conduit à une augmentation des tarifs de 16 % en six ans, dissuadant de plus en plus d'usagers de choisir le train comme mode de transport.

L'avenir incertain des trains d'équilibre du territoire (Corail, trains de nuit...), dont la convention entre l'Etat et la SNCF arrive à son terme fin 2014, en est l'illustration.

Ces 38 lignes interrégionales représentent plus de 350 trains qui desservent 400 villes dans 21 régions et portent 100 000 voyageurs par jour.

Sous prétexte de réforme territoriale, l'Etat compte se désengager à terme de 75 % de ces lignes « d'intérêt national » en transférant les compétences aux régions dont les budgets sont déjà contraints. In fine, nous assisterons à la suppression pure et simple de ces trains avec une nouvelle remise en cause de l'égalité de traitement des citoyens en matière d'accès au service public ferroviaire.

La récente déclaration du ministre Macron qui veut libéraliser le transport national par autocars sur de longues distances porte un nouveau mauvais coup au service public ferroviaire. Il y a derrière tout cela la préparation de la privatisation du transport ferroviaire régional alors que le service public de proximité que sont les TER a largement prouvé son efficacité.

La volonté de la SNCF de supprimer les contrôleurs à bord des TER, adossée aux fermetures de gares et de guichets, compléterait le dispositif de déshumanisation des gares et des trains avec une aggravation de l'insécurité, de la fraude et des déprédations.

Nos associations et nos organisations ne peuvent l'accepter ! Comme elles ne peuvent cautionner un éventuel transfert vers la route, via les filiales autocaristes SNCF, de 25 % des circulations ferroviaires, pas plus que le remplacement, d'ici à 2020, des trains de nuit par sa filiale des cars ID bus.

Ainsi, pour la SNCF, les usagers et les chargeurs pour le fret n'auraient d'autre choix que de se tourner vers la route, source de pollution, de nuisances sonores, de congestion routière, d'accidentologie et de dumping social notoire. C'est un comble au moment où la France s'apprête, en 2015, à présider la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques dont l'un des principaux responsables est le transport routier. Depuis les directives européennes successives et l'ouverture à la concurrence du trafic ferroviaire de marchandises en France, en 2006, nous assistons à une véritable régression sans précédent de cette activité, dont la part modale ne représente plus que 9 % dans le marché des transports (20,5 % en 2000!). Plus de 80 % du transport de marchandises passent par la route en France, contribuant à augmenter les risques d'accident, la pollution, la dégradation des infrastructures. Au niveau du rail, plus de 300 gares de fret ont été fermées, le nombre des grands triages en service est passé de 25 à 4, et des milliers d'emplois ont été supprimés...

La loi sur la réforme du système ferroviaire devait réunifier le système ferroviaire. Or, elle l'éclate en trois établissements publics à caractère industriel et commercial distincts et autonomes. Elle prépare de futures privatisations et l'ouverture à la concurrence du trafic des voyageurs pour répondre aux injonctions libérales de l'Union Européenne. Elle renforce le pouvoir des régions qui auront la liberté tarifaire des TER, quid de la solidarité nationale entre les territoires et de l'égalité de traitement avec des tarifs différents d'une région à une autre ?...

Les transports sur de mauvais rails, tribune publiée dans L'Humanité par Didier Le Reste, Gilbert Garrel...
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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 07:38

Défense : « Une augmentation sans politique de défense nationale au service du peuple et de la paix »

Après dix ans de disettes budgétaires, le gouvernement français vient de décider d’augmenter le budget de la Défense de 3,8 milliards d'euros ces quatre prochaines années afin, selon lui, de faire face à la menace terroriste.

Certes la France doit se donner les moyens humains, matériels et financiers d’assurer en toute indépendance sa défense nationale, comme tout elle doit aussi, et surtout, se donner les moyens de développer ses services publics, son éducation nationale, sa culture, sa recherche, son industrie, et une protection sociale et écologique de très haute qualité.

Or force est de constater que cette augmentation de budget ne se conjugue pas avec une réelle politique de défense nationale au service du peuple français et de la paix dans le monde.

Elle va alimenter le dispositif « Sentinelle » qui est avant tout une opération de communication destinée à rassurer à bons comptes et qui fait jouer à l’armée un rôle qui n’est pas le sien.

Elle va renforcer des interventions extérieures où la France devient la mercenaire d’une Europe forteresse où à l’image du désastre libyen, loin de résoudre les problèmes, on les aggrave. Or combattre les organisations politico-militaires qui utilisent le terrorisme demande une tout autre stratégie, une véritable politique internationale indépendante et la volonté de donner du sens à ce que devraient être aujourd’hui la nation et la République française.

L'augmentation du budget de la Défense se fait sans remise en cause de l’intégration française au commandement intégré de l’OTAN, ni de sa soumission aux ambitions géopolitiques des États-Unis, matérialisées par la mise sous commandement américain de notre porte avion lors de l’opération Chammal.

Cette augmentation se finance par la privatisation d’actifs industriels stratégiques pour l’indépendance de notre nation. Pire suite à l’intervention de François Hollande le 19 février à Istres reprenant le concept belliciste de « dissuasion élargie », elle alimente la menace gravissime d’une confrontation nucléaire avec la Russie à propos de l’Ukraine.

Le PCF considère qu’il est urgent d’ouvrir enfin un véritable débat populaire dans le pays sur la politique de défense nationale et de sécurité collective, visant la paix, la dénucléarisation et le désarmement, que notre pays devrait mettre en œuvre.

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 07:28

TRIBUNE.

PAR LE COLLECTIF POUR UN AUDIT CITOYEN DE LA DETTE PUBLIQUE ​

Le 25 janvier 2015, le peuple grec a pris son destin en main. Il a décidé d’en finir avec les politiques d’austérité qui l’ont humilié et plongé dans la misère. Dans les pays victimes de la Troïka et dans bien d’autres pays européens, la victoire de Syriza a été perçue comme un espoir d’en finir avec ces politiques profitables aux puissances financières, désastreuses pour le monde du travail et la société dans son ensemble.

Mais les institutions et les dirigeants européens refusent que le nouveau gouvernement applique ses engagements électoraux, comme le rétablissement du salaire minimum et des conventions collectives. Ils menacent d’interrompre le refinancement de la dette grecque, ce qui impliquerait le défaut de la Grèce et sa possible expulsion de l’euro.

La Banque centrale européenne (BCE), outrepassant son mandat, a déjà coupé sa principale ligne de financement aux banques grecques.

A l’évidence, il s’agit de faire un exemple pour montrer qu’il n’y a pas d’alternative possible. Les grands médias ont relayé un discours de discorde entre peuples européens : les Grecs, irresponsables, voudraient continuer leurs excès, et les faire payer aux contribuables des autres pays.

La réalité est bien différente. Comme le montrent les études et les audits citoyens de la dette qui se multiplient en Europe, partout l’explosion des dettes publiques est pour l’essentiel le résultat non d’une hausse des dépenses sociales mais de taux d’intérêts excessifs, des fonds publics consacrés au sauvetage des banques après 2008, et de la chute des recettes publiques. Celle-ci a elle-même résulté des cadeaux fiscaux au patronat et de l’évasion fiscale des riches, puis de la crise financière, et, enfin, de l’austérité qui détruit la société et bloque la transition écologique.

En Grèce, une commission d’audit a été mise en place afin de faire la vérité sur la dette grecque. Parlant de son élection en 2012, François Hollande disait qu’elle serait en Europe «un soulagement, un espoir, l’idée qu’enfin l’austérité ne pouvait plus être une fatalité».

Les dirigeants de l’Eurogroupe œuvrent à humilier la Grèce, qui refuse cette fatalité. Face au chantage, le gouvernement grec a signé, le 20 février, un accord temporaire qui limite fortement ses marges de manœuvre. A l’expiration de cet accord en juin, de nouvelles négociations vont décider du sort de la Grèce et de l’Europe. Nous demandons instamment à François Hollande de s’opposer à l’étranglement financier de la Grèce, ce double déni de démocratie par lequel il renie ses engagements devant les Français, et nie le droit des Grecs à décider de leur destin. Nous appelons nos députés, élus de juin 2012, à se rappeler pourquoi et pour quoi ils ont été élus. Nous participerons aux actions conjointes organisées à la mi-juin à l’initiative des mouvements sociaux européens, à partir de nos villages et quartiers, de nos lieux de travail et d’étude, pour dire ensemble : nous sommes avec les Grecs pour la dignité et la justice, pour une autre Europe.

Signataires :Jean-Claude Chailley Résistance sociale Thomas Coutrot Attac Jean-Baptiste Eyraud DAL Pascal Franchet CADTM Cécile Gondard-Lalanne Solidaires Elisabeth Gauthier Transform Bernadette Groison FSU Pierre Khalfa Fondation Copernic Bruno Lamour Collectif Roosevelt Philippe Martinez CGT Joëlle Moreau AC ! Jean Rousseau Emmaüs International Patrick Saurin Sud-BPCE Henri Sterdyniak Economistes atterrés Maya Surduts Collectif pour les droits des femmes. Et Etienne Balibar Philosophe Michel Broué Mathématicien Alain Caillé Sociologue Carmen Castillo Cinéaste Patrick Chamoiseau Ecrivain Eve Chiapello Professeure en gestion Benjamin Coriat Economiste Philippe Corcuff Sociologue Alexis Cukier Philosophe Jean Gadrey Economiste Susan George Ecrivaine Alain Grandjean Economiste ​Vincent Glenn Cinéaste, Coopérative DHR​ Jean-Marie Harribey Economiste Frédéric Lordon Economiste Dominique Méda Sociologue Edgar Morin Philosophe Dominique Plihon Economiste Yves Sintomer Sociologue Patrick Viveret Philosophe Sophie Wahnich Historienne, collectif Interdemos.

Avec le soutien de :​Clémentine Autain Ensemble Eric Coquerel PG Emmanuelle Cosse EE-LV Pierre Laurent PCF Christian Piquet GU.

Ce texte est signable en ligne sur : audit-citoyen.org

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