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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 15:24
Barroso va pantoufler chez Goldman Sachs: tout changer en Europe (PCF)

►L'ex-président de la Commission européenne nommé n°1 européen de la banque américaine Goldman Sachs, une affaire symbolique de la collusion entre les marchés financiers, les gouvernements libéraux et les plus hautes institutions européennes.

► Les peuples européens n'en peuvent plus de l'austérité. On ne peut servir à la fois la finance et les peuples. Au moment où l'Eurogroup veut sanctionner l'Espagne et le Portugal, le PCF fait deux propositions immédiates.

José-Manuel Barroso, ex-président de la Commission européenne a été nommé à la direction européenne de la banque Goldman Sachs.. Avec plus de 22 millions de chômeurs en Europe, saluons ce soixantenaire qui n'a pas eu trop de difficultés à convaincre son nouvel employeur.

Qui est Barroso ?

Ancien Premier ministre portugais, il a été Président de la Commission européenne de 2004 à 2014, soutenu par la droite et le Parti socialiste européen. C'est lui, en 2005, qui, au niveau européen, a méprisé le NON au TCE des Français-e-s et des Néerlandais-e-s. C'est lui qui a accompagné la crise financière de 2008 et le renflouement des banques.C'est lui qui a piloté l'étouffement européen de la Grèce, encouragé les coupes budgétaires dans les services publics des pays de l'Europe. C'est lui qui parlait de « mondialisation heureuse », des « marchés qui s'autorégulaient » et de « l'austérité qui était bonne pour la ligne ».Il a mis en musique les politiques libérales qui renforcent partout les souffrances populaires,s'affranchissant toujours davantage des aspirations et votes des citoyens.

Qui est Goldman Sachs ?

C'est le numéro 1 mondial des banques d'affaire. Sa rentabilité moyenne annuelle depuis 200 est de 29 %. Citons deux épisodes de son aventure. D'abord 2008, en fabriquant des produits financiers douteux, sur le dos de petits propriétaires américains, GS, avec d'autres banques, a provoqué la ruine de millions de foyers modestes, la crise financière de 2008 des subprimes qui a mis les États à genoux. Depuis 200, c'est cette banque qui truquait les comptes de l’État grec pour répondre aux desiderata de la Commission européenne. Goldman Sachs a été poursuivie en justice pour ces deux affaires. Warren Buffet est un de ses actionnaires. Il déclarait : « La lutte des classes existe et c'est nous, les capitalistes, qui l'avons gagné. »

Silence assourdissant

L'ex n°1 d'Europe chez la banque d'affaire n°1, au moment du Brexit, en plein doute sur l'avenir de l'Europe, on attendait les réactions. Eh bien non ! Pas un mot d'un chef d’État européen, d'un Premier ministre ou de l'actuel président de la Commission Jean-Claude Junker.

L'Europe des peuples ou des marchés ?

Plus qu'un renvoi d’ascenseur, la nomination de Manuel-José Barroso est symbolique de la collusion entre les grandes banques et les marchés financiers avec les gouvernements libéraux et les plus hautes institutions européennes. Ce n'est ni une première en Europe pour de nombreux responsables de la Commission, ni en France où un banquier d'affaire, Emmanuel Macron est aujourd'hui Ministre de l’Économie et des Finances.

Assez d'austérité !

L'Eurogroup se réunit aujourd'hui, pour décider de sanctions financières contre le Portugal et l'Espagne, après que la Commission ait engagé la semaine dernière une procédure de « déficit excessif ». Logique absurde de la règle d'or : pour réduire le déficit de ces pays, il faut assècher leurs budgets !Aucune leçon n'est tirée de la crise sociale, de l’inefficacité économique et du profond rejet populaire causés par l'austérité. S'obstiner dans cette voie c'est menacer le projet européen.

Changer en Europe tout de suite

Puisque le gouvernement français annonce vouloir un « sursaut » de l'Europe, c'est le moment. Voici deux point forts que Michel Sapin peut mettre sur la table :

► Le gouvernement français doit s'opposer aux sanctions qui engendreraient une situation financière encore plus dégradée pour l'Espagne et le Portugal, et mettre en cause le traité budgétaire et l'ensemble des règles qui tuent le développement en Europe.

► Les 80 milliards d'Euros déversés chaque mois par la BCE sur les marchés financiers, sans aucun impact sur l'emploi, doivent être versés dans un fonds de développement social et solidaire pour financer un plan d'investissement européen dans les services publics.

Barroso va pantoufler chez Goldman Sachs: tout changer en Europe (PCF)
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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 12:49
De Gaulle vu par Jean Effel à la veille du plébiscite pour la Constitution de 1958 et l'instauration de l'élection du président de la République au suffrage universel: L'Humanité, 14 octobre 1962

De Gaulle vu par Jean Effel à la veille du plébiscite pour la Constitution de 1958 et l'instauration de l'élection du président de la République au suffrage universel: L'Humanité, 14 octobre 1962

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 11:51
Le tract du Comité de Soutien à Mitterrand à Concarneau, annonçant une réunion publique avec Tanguy-Prigent,devenu député PSU, et Paul Le Gall, membre du Comité Central du PCF (archives Pierre Le Rose PCF 29)

Le tract du Comité de Soutien à Mitterrand à Concarneau, annonçant une réunion publique avec Tanguy-Prigent,devenu député PSU, et Paul Le Gall, membre du Comité Central du PCF (archives Pierre Le Rose PCF 29)

La profession de foi de François Mitterrand, candidat de rassemblement de la gauche (archives Pierre Le Rose PCF 29): 31,72% des voix au premier tour

La profession de foi de François Mitterrand, candidat de rassemblement de la gauche (archives Pierre Le Rose PCF 29): 31,72% des voix au premier tour

Elections présidentielles de 1965  - Mitterrand, candidat unique de la gauche récolte 44,8% des voix au second tour face à De Gaulle
Elections présidentielles de 1965  - Mitterrand, candidat unique de la gauche récolte 44,8% des voix au second tour face à De Gaulle
Elections présidentielles de 1965  - Mitterrand, candidat unique de la gauche récolte 44,8% des voix au second tour face à De Gaulle
Première page de la profession de foi de De Gaulle aux élections présidentielles de 1965: 44,65% des voix au premier tour

Première page de la profession de foi de De Gaulle aux élections présidentielles de 1965: 44,65% des voix au premier tour

Première page de la profession de foi de Lecanuet (centre-droit) aux élections présidentielles de 1965: 15,56% des voix au 1er tour

Première page de la profession de foi de Lecanuet (centre-droit) aux élections présidentielles de 1965: 15,56% des voix au 1er tour

Première page de la profession de foi de Pierre Marcilhacy (parti libéral européen) aux élections présidentielles de 1965: 1,71% des voix au premier tour

Première page de la profession de foi de Pierre Marcilhacy (parti libéral européen) aux élections présidentielles de 1965: 1,71% des voix au premier tour

Première page de la profession de foi de Jean-Louis Tixier-Vignancour (extrême-droite, son directeur de campagne est Jean-Marie Le Pen) aux élections présidentielles de 1965: 5,2% des voix au premier tour

Première page de la profession de foi de Jean-Louis Tixier-Vignancour (extrême-droite, son directeur de campagne est Jean-Marie Le Pen) aux élections présidentielles de 1965: 5,2% des voix au premier tour

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 10:14
Archive Pierre Le Rose - PCF 29

Archive Pierre Le Rose - PCF 29

Archive Pierre Le Rose- PCF 29

Archive Pierre Le Rose- PCF 29

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 10:07
Archives Pierre Le Rose - PCF 29

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 09:24

Sanctions Espagne et Portugal : un intégrisme austéritaire qui laisse pantois

L'Eurogroup se réunit aujourd'hui, pour décider de sanctions financières contre le Portugal et l'Espagne, après que la Commission ait engagé la semaine dernière une procédure de « déficit excessif ». Logique absurde de la règle d'or : pour réduire le déficit de ces pays, il faut pomper dans leurs budgets !

Quelques semaines après le vote pour le Brexit, un an jour pour jour après l'humiliation infligée au peuple grec, et au moment même où l'ancien Président de la Commission, Jose-Manuel Barroso, annonce son pantouflage chez Goldman Sachs, cet intégrisme austéritaire laisse pantois.

Aucune leçon n'est tirée de la crise sociale, de l’inefficacité économique et du profond rejet populaire causés par l'austérité. S'obstiner dans cette voie c'est menacer le projet européen.

Puisque le gouvernement français annonce vouloir un « sursaut » de l'Europe, c'est le moment.

Voici deux point forts que Michel Sapin devrait mettre sur la table de l'Eurogroupe :

- Le gouvernement français doit s'opposer aux sanctions qui engendreraient une situation financière encore plus dégradée pour l'Espagne et le Portugal, et mettre en cause le traité budgétaire et l'ensemble des règles qui tuent le développement en Europe.

- Les 80 milliards d'Euros déversés chaque mois par la BCE sur les marchés financiers, sans aucun impact sur l'emploi, doivent être versés dans un fonds de développement social et solidaire pour financer un plan d'investissement européen dans les services publics.

Sanctions de l'Eurogroup contre l'Espagne et le Portugal: un intégrisme austéritaire qui laisse pantois (PCF)
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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 09:20
Le conseiller municipal d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) déplore la manière dont le Front national instrumentalise la justice. Photo : Jean-Luc Degremont (PCF)

Le conseiller municipal d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) déplore la manière dont le Front national instrumentalise la justice. Photo : Jean-Luc Degremont (PCF)

A Hénin-Beaumont, le FN perd son procès contre le PCF et l’Humanité

LIONEL VENTURINI

LUNDI, 11 JUILLET, 2016 - L'Humanité

La XVIIe chambre du Tribunal Correctionnel de Paris, spécialisée dans les délits de presse, vient de rendre son verdict dans le quatrième procès qu’intentait le Front national local contre David Noël, le conseiller municipal d’opposition (PCF).

Le maire FN d’Hénin-Beaumont a la plainte facile. C’est le quatrième procès en effet qu’il intentait contre David Noël, qui incarne l’opposition de gauche dans la ville conquise par Steeve Briois. Cette fois, se félicite l’élu communiste, le maire et son collaborateur direct Bruno Bilde « n’avaient pas apprécié que je demande leur démission à la suite des révélations de la presse sur l’affaire Jeanne et sur l’enquête du parlement européen sur les assistants parlementaires du FN ». « Ils sont tous deux au cœur d'enquêtes judiciaires sur de graves soupçons de fraude » avait écrit David Noël. Le communiqué avait été repris sur le site internet deL'Humanité, également poursuivi et relaxé. David Noël avait relayé le fait qu’alerté par les services du Parlement européen, le parquet de Paris avait ordonné, en mars 2015, l’ouverture d’une enquête préliminaire visant le Front national pour abus de confiance. L’Office européen de lutte contre la fraude ayant identifié une vingtaine de cas litigieux de collaborateurs du groupe FN au Parlement présents en même temps dans l’organigramme du siège du Front national. Le Tribunal Correctionnel de Paris, qui n’a pas suivi les réquisitions, le 13 mai, du ministère public estimant que les propos poursuivis présentaient un caractère diffamatoire, a au contraire estimé que «le lecteur était parfaitement informé que les informations fournies proviennent d’un mouvement politique opposé aux parties civiles » ; qu’il est «admis une certaine vivacité de ton en matière de polémique politique », qu’enfin « l’auteur des propos prend le soin d’indiquer que les informations fournies proviennent de la presse » et que « David Noël, impliqué dans une polémique politique, n’a pas dépassé les limites admissibles de la liberté d’expression ». Troisième victoire en première instance donc pour David Noël sur quatre procès, avec le concours de l’avocat Raphaël Théry et le soutien de la Fédération communiste du Pas-de-Calais.

L’élu local et blogueur « déplore la manière dont le Front national, depuis plusieurs années, instrumentalise la justice et use de la pression économique pour me faire taire et faire taire ses opposants ». Un cinquième procès est en cours en effet contre David Noël, sans compter celui intenté contre le syndicat CGT des fonctionnaires territoriaux d’Hénin-Beaumont, et le prochain conseil municipal vendredi prévoit une fois de plus que la ville apporte sa protection au maire, en clair qu’elle paie les frais de justice. Une manière de faire taire les oppositions se désole David Noël : « même quand je soulève que dans le budget municipal la ligne consacrée aux dépenses pour les cérémonies explose, on me menace d’un procès ». Cette fois-là, Steeve Briois n’est pas allé au bout de sa menace, preuve que le sens du ridicule l’atteint parfois.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 08:38
BREST l'insoumise de Roger Faligot

BREST l'insoumise de Roger Faligot

Livre : Brest l'insoumise, de Roger Faligot

Dans l'imaginaire collectif, la ville de Brest est une cité de caractère. L'auteur présente les raisons historiques de cette forte personnalité.

Le livre de Roger Faligot : Brest l’insoumise, (éd. Dialogues, 816 p., 30 euros) sorti le 12 juillet 2016, dresse un portrait de la cité du Ponant de ses origines à nos jours.

Brest n’est ni une ville Française, ni une ville bretonne. Elle est mieux que cela.

C’est la première phrase de l’ouvrage. Et Roger Faligot de justifier :

« Brest a toujours été une place stratégique. Depuis l’occupation romaine, anglaise, ouviking, c’est d’ailleurs le mot norois “Brjost” qui a donné le nom de Brest. »

Tolérance et résistance

« Cet espace a toujours été une zone de rencontres et d’échanges, ce qui explique en partie cette propension historique à la tolérance et à la résistance. »

Rebelle et mécréante

« Rebelle et mécréante sont des mots qui ont et continuent de qualifier un particularisme brestois qui a prouvé à maintes reprises une capacité à dépasser les différences partisanes et religieuses. Que cela soit lors du soutien de l‘Édit de Nantes ou pendant l‘arrêt du travail à l’arsenal qui déboucha sur la grève générale en août 1935. »

Pour les initiés et le grand public

Écrivain de plus de quarante ouvrages, il aborde dans ce dernier opus l’aspect stratégique de Brest de manière chronologique et thématique, à destinations des initiés, mais aussi du grand public. Sa carrière de journaliste d’investigation en Irlande, en Angleterre ou au Japon, lui a permis de se faire une idée de la place de la ville portuaire dans le monde.

Une vision des fondations de la ville

C’est le croisement de ses expériences, de l’Histoire et de ses recherches qui fonde la base sur laquelle ce livre repose. Brest l’insoumise offre une vision des fondations de la ville par le biais d’une succession de portraits familiaux, d’événements marquants, politiques, historiques ou artistiques, pour mieux en comprendre sa personnalité et ses origines.

Et la présentation du livre sur le site internet de Dialogues:

Roger Faligot

Brest l'insoumise (édition Dialogues, 30€)

« Pour moi, Brest est une séquence essentiellement féminine » écrit Blaise Cendrars dans Bourlinguer. Roger Faligot nous propose de revivre avec jubilation l'histoire de la ville de Brest en constante ébullition.

Brest a connu tant de métamorphoses : éperon barré celte, fort berbère de l’armée romaine, havre des Bretons insulaires et des Gallois, château viking, forteresse anglaise, résidence des ducs de Bretagne, bastion de la marine, ville américaine, colossal blockhaus allemand, ville meurtrie en reconstruction, port stratégique de guerre froide, tremplin de conquêtes scientifiques et d’aventures de haute mer, civiles et militaires, centre de diffusion d’idées émancipatrices à l’étranger, berceau des rêves d'une Bretagne solidaire, navire amiral de fêtes navales… C’est à un grand voyage, sur ce vaisseau de pierre, à travers les tempêtes de l’Histoire que nous convie Roger Faligot.

À chaque fois que couve le drame, Brest l’insoumise dit « non » avec un bel aplomb. Elle soutient Henri IV et sa réconciliation entre religions ; elle se pose en avant-garde de la Révolution, autant contre la Terreur que la chouannerie ; Brest la Rouge invente le Front populaire un an avant 1936 ; elle s’affirme en « capitale de la Résistance » qui fédère tous les milieux sociaux, politiques et religieux, y compris de nombreux marins et officiers rebelles à la trahison des états-majors. Face à la crise économique, elle s’affiche « Brest Debout »… Face à l’intolérance, amoureuse de la libre-pensée, elle se lève pour « Charlie »…

C’est un formidable puzzle qu’a reconstitué l’auteur exploitant témoignages inédits et documents, y compris internationaux. Brest l’insoumise offre une vision à nulle autre pareille du rôle stratégique de la Cité du Ponant autant qu’il déroule les sagas familiales et les mythes artistiques. Il fait le point sur les connaissances autant qu’il ouvre des pistes nouvelles, à commencer par l’origine du nom de Brest.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 08:01
Sondage BVA publié dans Ouest-France - 13 juillet 2016

Sondage BVA publié dans Ouest-France - 13 juillet 2016


Emmanuel Macron plébiscité pour représenter le PS pour 2017 (sondage)
http://www.ouest-france.fr/politique/emmanuel-macron-plebiscite-pour-representer-le-ps-pour-2017-sondage-4363033

Avec ce que cela vaut à un an des Présidentielles, sans prendre en compte les campagnes, les dynamiques nouvelles, les événements d'ici un an, et en se basant sur des scénarios, des hypothèses et un casting incertains, là où le nombre de candidats et leur nom n'est pas connu d'avance...

En tout cas, on voit par le titre de ce sondage que la presse cherche à achever la mue "démocrate-libérale" du PS en faisant de Macron son candidat idéal.

Comme ça, entre lui et Juppé ou Sarkozy, ce serait blanc bonnet et bonnet blanc, et la Finance pourrait toujours être à la manœuvre et à la baguette pour conduire les destinées du pays.

Une chose est sûre, Hollande est donné à 13% d'intentions de vote au 1er tour s'il était candidat aux Présidentielles, 7% des Français souhaitent que Manuel Valls soit le candidat du PS au 1er tour, et l'ensemble des candidats de gauche, en incluant celui du PS, si c'était Hollande, ne dépasseraient pas les 30%, là où Marine Le Pen ferait aussi un peu moins de 30%.

A un peu plus de 9 mois des Présidentielles, Mélenchon est donné à 13,5% d'intentions de vote au premier tour en légère baisse dans ce sondage BVA pour la presse régionale et BVA.

Même s'il faut se garder de conclusions hâtives encore une fois, c'est très loin de pouvoir qualifier la gauche au second tour et d'éviter un duel droite - extrême-droite au second tour.

Seule une construction collective et non sectaire d'une candidature de gauche rassembleuse tournant la page du néo-libéralisme des gouvernements HOLLANDE et de la social-démocratie européenne et porteuse d'un projet en attente avec les besoins et attentes du peuple semble pouvoir déjouer ce scénario du pire qui nous priverait de tout vrai choix et promettrait cinq nouvelles années de régressions sociales, économiques, démocratiques et humaines d'ampleur inédite pour notre société.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 07:30

Macron ministre relaie les intérêts des majors du BTP

12 JUILLET 2016 | PAR MARTINE ORANGE

Au détour de la loi Sapin 2, censée lutter contre la corruption et l’évasion fiscale, Emmanuel Macron a introduit discrètement la ratification de l’ordonnance sur la réforme du code des marchés publics. Officiellement, il s’agit de mettre les textes français en accord avec la directive européenne et de favoriser l’accès des PME à la commande publique. Dans les faits, le gouvernement déroule un tapis rouge à Vinci, Bouygues, Eiffage et quelques autres.

Toute l’attention était fixée, ce mardi 6 juillet, sur l’Assemblée nationale : pour la deuxième fois, le premier ministre Manuel Valls engageait le 49-3 pour faire adopter la loi travail. Au même moment, un autre débat se tenait au Sénat, dans la plus totale confidentialité : le ministre de l’économie Emmanuel Macron y défendait ses propositions discrètement introduites dans le projet de loi Sapin 2. Des propositions énormes, passées complètement inaperçues : il ne s’agissait rien de moins que de faire ratifier les ordonnances modifiant le code des marchés publics et les régimes des concessions et des partenariats public-privé (PPP).

La commande publique constitue un immense levier de l’action publique en France. Sa portée est à la fois économique, politique et morale. Elle représente chaque année plus de 350 milliards d’euros, soit 15 % du PIB. C’est aussi le principal moteur des investissements en France : le public – collectivités et État confondus – y détient une part prépondérante. Comment le gouvernement a-t-il osé réformer de tels sujets, en excluant tout contrôle législatif, tout débat public ? D’autant que – la justice n’a pu qu’en faire mille fois le constat – les marchés publics sont les principaux foyers de la corruption politique.

La multiplication des scandales et des affaires avait été à l’origine de la loi Sapin 1. La loi Sapin 2 est censée s’inscrire dans ce prolongement. Les textes du projet se veulent être des armes en faveur de la transparence, contre la corruption et l’évasion fiscale. Tout au long du débat parlementaire, le ministre des finances n’a cessé de mettre en avant les nouvelles dispositions de l’État pour mieux protéger les lanceurs d’alerte et pourchasser les fraudeurs fiscaux. Était-ce pour mieux cacher tout le reste, et notamment toutes les dispositions concoctées par Emmanuel Macron ?

Marqué par le sceau du 49-3 lors de sa première loi de modernisation de l’économie en 2015, le ministre de l’économie s’est vu refuser par Matignon la possibilité de présenter une deuxième loi à son nom. À défaut, il a accepté de s’effacer en apparence, et a opté pour la stratégie du coucou : il a incrusté ses textes chez les autres.

Certains de ses sujets de prédilection, comme l’encadrement des licenciements économiques ou le plafonnement des indemnités prudhommales, se sont retrouvés inclus dans la loi travail. D’autres, comme l’abrogation des diplômes pour certains métiers artisanaux, le changement de règles entre fournisseurs et grande distribution, ou les assureurs mutualistes, se retrouvent dans le projet de loi Sapin 2, au nom de la modernisation de l’économie bien sûr. C’est par le même biais que la réforme du code des marchés publics s’est retrouvée incluse dans le texte. Tout cela fait un texte totalement illisible, « voiture-balai » des dispositions gouvernementales, comme l’ont dénoncé plusieurs parlementaires, mettant en miettes par sa confusion le principe même de la loi.

Pour les marchés publics, le gouvernement ne s’embarrasse même plus de la loi puisqu’il a décidé de tout faire par ordonnances. Il demande juste au parlement de ratifier sans discussion tout ce qui a été concocté dans les coulisses par le cabinet, l’administration et quelques lobbyistes au fait des questions, afin de donner au texte un caractère législatif et non plus réglementaire.

L’utilisation de ce dispositif était considérée pendant longtemps comme exceptionnelle, à manipuler avec autant de circonspection que le 49-3. Lorsque Georges Pompidou avait eu recours aux ordonnances pour réformer la Sécurité sociale en 1967, toute la gauche était montée au créneau pour dénoncer la dépossession des législateurs face à l’exécutif et à l’administration. En 1986, les ordonnances sur les privatisations avaient donné lieu à un bras de fer serré entre François Mitterrand et son premier ministre Jacques Chirac. La gauche parlait alors de coup de force contre la représentation nationale.

Depuis les années 2000, le recours aux ordonnances est devenu une facilité gouvernementale pour ne pas s’encombrer des lenteurs parlementaires, et transposer sans encombre, sans débat, à toute vitesse les directives européennes. Les premiers ministres de droite en ont usé et abusé. Le gouvernement de gauche emprunte allégrement le même chemin : quinze recours aux ordonnances sont inscrits dans le seul projet de loi Sapin 2.

C’est au nom de l’urgence et de l’efficacité que le gouvernement a justifié le recours aux ordonnances pour réécrire le code des marchés publics. Le gouvernement se devait de transposer en toute hâte la directive européenne sur les marchés publics. « J’appelle votre attention sur l’urgence de cette ratification […] Le Conseil d’État a persuadé la commission de la nécessité d’une ratification très rapide pour éviter de graves difficultés juridiques dans certaines situations », insistait ainsi Michel Sapin le 9 juin à l’Assemblée nationale.

« Par principe, je suis opposé au recours aux ordonnances. Dans ce cas précis du code des marchés publics, je le suis encore plus. Le débat parlementaire devait avoir lieu. Il avait largement le temps de se tenir », dit le sénateur (PC) Éric Bocquet. Il s’en est fallu de deux mois pour que l’autorisation à légiférer par ordonnance ne devienne caduque, le gouvernement ayant mis plus d’un an à réécrire le code, comme celui-là n’a pas manqué de le relever, lors de cette séance du 6 juillet.

Face aux sénateurs, Emmanuel Macron a défendu la position avec les arguments qui semblent devenus la seule boussole politique : l’allégement, la suppression des contraintes, la simplification. « Les vingt textes régissant la commande publique ont été rassemblés dans deux ordonnances, dédiées respectivement aux marchés publics et aux contrats de concession, ce qui a permis d’aboutir à une réduction de 40 % du volume des règles applicables en la matière. Cela signifie concrètement la suppression de 40 % des textes de nature législative et réglementaire sur ce sujet ! » a expliqué Emmanuel Macron devant le Sénat. Tout cela, comme il se doit, a été entrepris dans le dessein de défendre les PME, l’emploi local.

L’ennui est que la révision du code des marchés publics entreprise par le gouvernement semble aller dans un tout autre sens. Depuis des années, des parlementaires, de droite comme de gauche, se battent pour que l’attribution des contrats publics par lots devienne la règle : les PME et les artisans, qui sont exclus de 80 % de la commande publique, auraient ainsi plus de facilité à concourir face aux grands groupes, selon eux. La transparence et le contrôle des coûts en seraient aussi plus aisés. La directive européenne sur les marchés publics s’inscrit dans le même esprit : elle permet à chaque État membre de rendre le principe de l’allotissement obligatoire.

Place à Vinci, Bouygues et Eiffage

Le ministère de l’économie paraît décidé à vider la directive de sa substance, balayant au passage tous les travaux parlementaires sur le sujet. Parmi les contournements inscrits en filigrane, il prévoit notamment qu’une entreprise pourra proposer des rabais sur le montant des travaux, si elle accède à plusieurs lots. De même, contrairement à la loi antérieure, qui encadrait strictement le recours à des marchés globaux de conception-réalisation, le nouveau texte n’encadre plus rien, permettant de confier à un seul groupe l’ensemble des prestations « afin de remplir les objectifs chiffrés de performance »arrêtés par les acheteurs. On ne peut avoir définition plus floue.

Le résultat est acquis d’avance : rien ne va changer. Ou plutôt si. Les entreprises moyennes vont avoir encore plus de mal à accéder aux contrats publics, et se retrouver condamnées à accepter de la sous-traitance à prix cassé ou à disparaître. Place aux grands groupes et aux plus forts qui auront toute latitude pour faire la loi, entretenir l’opacité sur les commandes publiques.

C’est avec le même esprit “moderne” qu’Emmanuel Macron soutient la réforme – toujours par ordonnance – des partenariats public-privé (PPP). Il y avait des trous réglementaires, des dispositions comme les baux emphytéotiques administratifs, les baux emphytéotiques hospitaliers, les autorisations d’occupation temporaire, qui permettaient d’échapper aux contraintes réglementaires, expliqua le ministre de l’économie pour justifier cette réécriture. Désormais, tout sera placé dans un même cadre : le marché de partenariat, s’est-il enthousiasmé. « Ce choix correspond à un resserrement majeur des conditions de recours au PPP », a-t-il conclu. Mais là encore, les règles prévues ne semblent pas exactement correspondre aux intentions affichées.

Depuis des années, les critiques à l’égard des PPP ne cessent de se multiplier. Le Canada y a quasiment renoncé, après des déboires cuisants. L’Allemagne les ignore presque, cantonnant leur usage à des cas très exceptionnels. En France, en revanche, ils prolifèrent. Plus de 540 contrats de PPP ont été passés depuis leur autorisation en 2004, sans compter toutes les formes annexes passées par les hôpitaux et les universités.

Leurs coûts sont prohibitifs. Entre le prix du nouveau tribunal de Paris, construit sous la forme de PPP, et celui des nouvelles prisons réalisées elles aussi sous forme de PPP, le ministère de la justice dit que les trois quarts de son budget sont par avance préemptés. Sans que des chiffres clairs soient disponibles : malgré l’obligation d’indiquer dans chaque loi de finances les crédits et lignes budgétaires alloués aux PPP, aucun ministère ne donne d’indication.

Toute l’attention était fixée, ce mardi 6 juillet, sur l’Assemblée nationale : pour la deuxième fois, le premier ministre Manuel Valls engageait le 49-3 pour faire adopter la loi travail. Au même moment, un autre débat se tenait au Sénat, dans la plus totale confidentialité : le ministre de l’économie Emmanuel Macron y défendait ses propositions discrètement introduites dans le projet de loi Sapin 2. Des propositions énormes, passées complètement inaperçues : il ne s’agissait rien de moins que de faire ratifier les ordonnances modifiant le code des marchés publics et les régimes des concessions et des partenariats public-privé (PPP).

La commande publique constitue un immense levier de l’action publique en France. Sa portée est à la fois économique, politique et morale. Elle représente chaque année plus de 350 milliards d’euros, soit 15 % du PIB. C’est aussi le principal moteur des investissements en France : le public – collectivités et État confondus – y détient une part prépondérante. Comment le gouvernement a-t-il osé réformer de tels sujets, en excluant tout contrôle législatif, tout débat public ? D’autant que – la justice n’a pu qu’en faire mille fois le constat – les marchés publics sont les principaux foyers de la corruption politique.

Marqué par le sceau du 49-3 lors de sa première loi de modernisation de l’économie en 2015, le ministre de l’économie s’est vu refuser par Matignon la possibilité de présenter une deuxième loi à son nom. À défaut, il a accepté de s’effacer en apparence, et a opté pour la stratégie du coucou : il a incrusté ses textes chez les autres.

Certains de ses sujets de prédilection, comme l’encadrement des licenciements économiques ou le plafonnement des indemnités prudhommales, se sont retrouvés inclus dans la loi travail. D’autres, comme l’abrogation des diplômes pour certains métiers artisanaux, le changement de règles entre fournisseurs et grande distribution, ou les assureurs mutualistes, se retrouvent dans le projet de loi Sapin 2, au nom de la modernisation de l’économie bien sûr. C’est par le même biais que la réforme du code des marchés publics s’est retrouvée incluse dans le texte. Tout cela fait un texte totalement illisible, « voiture-balai » des dispositions gouvernementales, comme l’ont dénoncé plusieurs parlementaires, mettant en miettes par sa confusion le principe même de la loi.

Pour les marchés publics, le gouvernement ne s’embarrasse même plus de la loi puisqu’il a décidé de tout faire par ordonnances. Il demande juste au parlement de ratifier sans discussion tout ce qui a été concocté dans les coulisses par le cabinet, l’administration et quelques lobbyistes au fait des questions, afin de donner au texte un caractère législatif et non plus réglementaire.

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L’utilisation de ce dispositif était considérée pendant longtemps comme exceptionnelle, à manipuler avec autant de circonspection que le 49-3. Lorsque Georges Pompidou avait eu recours aux ordonnances pour réformer la Sécurité sociale en 1967, toute la gauche était montée au créneau pour dénoncer la dépossession des législateurs face à l’exécutif et à l’administration. En 1986, les ordonnances sur les privatisations avaient donné lieu à un bras de fer serré entre François Mitterrand et son premier ministre Jacques Chirac. La gauche parlait alors de coup de force contre la représentation nationale.

Depuis les années 2000, le recours aux ordonnances est devenu une facilité gouvernementale pour ne pas s’encombrer des lenteurs parlementaires, et transposer sans encombre, sans débat, à toute vitesse les directives européennes. Les premiers ministres de droite en ont usé et abusé. Le gouvernement de gauche emprunte allégrement le même chemin : quinze recours aux ordonnances sont inscrits dans le seul projet de loi Sapin 2.

C’est au nom de l’urgence et de l’efficacité que le gouvernement a justifié le recours aux ordonnances pour réécrire le code des marchés publics. Le gouvernement se devait de transposer en toute hâte la directive européenne sur les marchés publics. « J’appelle votre attention sur l’urgence de cette ratification […] Le Conseil d’État a persuadé la commission de la nécessité d’une ratification très rapide pour éviter de graves difficultés juridiques dans certaines situations », insistait ainsi Michel Sapin le 9 juin à l’Assemblée nationale.

« Par principe, je suis opposé au recours aux ordonnances. Dans ce cas précis du code des marchés publics, je le suis encore plus. Le débat parlementaire devait avoir lieu. Il avait largement le temps de se tenir », dit le sénateur (PC) Éric Bocquet. Il s’en est fallu de deux mois pour que l’autorisation à légiférer par ordonnance ne devienne caduque, le gouvernement ayant mis plus d’un an à réécrire le code, comme celui-là n’a pas manqué de le relever, lors de cette séance du 6 juillet.

Face aux sénateurs, Emmanuel Macron a défendu la position avec les arguments qui semblent devenus la seule boussole politique : l’allégement, la suppression des contraintes, la simplification. « Les vingt textes régissant la commande publique ont été rassemblés dans deux ordonnances, dédiées respectivement aux marchés publics et aux contrats de concession, ce qui a permis d’aboutir à une réduction de 40 % du volume des règles applicables en la matière. Cela signifie concrètement la suppression de 40 % des textes de nature législative et réglementaire sur ce sujet ! » a expliqué Emmanuel Macron devant le Sénat. Tout cela, comme il se doit, a été entrepris dans le dessein de défendre les PME, l’emploi local.

L’ennui est que la révision du code des marchés publics entreprise par le gouvernement semble aller dans un tout autre sens. Depuis des années, des parlementaires, de droite comme de gauche, se battent pour que l’attribution des contrats publics par lots devienne la règle : les PME et les artisans, qui sont exclus de 80 % de la commande publique, auraient ainsi plus de facilité à concourir face aux grands groupes, selon eux. La transparence et le contrôle des coûts en seraient aussi plus aisés. La directive européenne sur les marchés publics s’inscrit dans le même esprit : elle permet à chaque État membre de rendre le principe de l’allotissement obligatoire.

Le résultat est acquis d’avance : rien ne va changer. Ou plutôt si. Les entreprises moyennes vont avoir encore plus de mal à accéder aux contrats publics, et se retrouver condamnées à accepter de la sous-traitance à prix cassé ou à disparaître. Place aux grands groupes et aux plus forts qui auront toute latitude pour faire la loi, entretenir l’opacité sur les commandes publiques.

C’est avec le même esprit “moderne” qu’Emmanuel Macron soutient la réforme – toujours par ordonnance – des partenariats public-privé (PPP). Il y avait des trous réglementaires, des dispositions comme les baux emphytéotiques administratifs, les baux emphytéotiques hospitaliers, les autorisations d’occupation temporaire, qui permettaient d’échapper aux contraintes réglementaires, expliqua le ministre de l’économie pour justifier cette réécriture. Désormais, tout sera placé dans un même cadre : le marché de partenariat, s’est-il enthousiasmé. « Ce choix correspond à un resserrement majeur des conditions de recours au PPP », a-t-il conclu. Mais là encore, les règles prévues ne semblent pas exactement correspondre aux intentions affichées.

Depuis des années, les critiques à l’égard des PPP ne cessent de se multiplier. Le Canada y a quasiment renoncé, après des déboires cuisants. L’Allemagne les ignore presque, cantonnant leur usage à des cas très exceptionnels. En France, en revanche, ils prolifèrent. Plus de 540 contrats de PPP ont été passés depuis leur autorisation en 2004, sans compter toutes les formes annexes passées par les hôpitaux et les universités.

Leurs coûts sont prohibitifs. Entre le prix du nouveau tribunal de Paris, construit sous la forme de PPP, et celui des nouvelles prisons réalisées elles aussi sous forme de PPP, le ministère de la justice dit que les trois quarts de son budget sont par avance préemptés. Sans que des chiffres clairs soient disponibles : malgré l’obligation d’indiquer dans chaque loi de finances les crédits et lignes budgétaires alloués aux PPP, aucun ministère ne donne d’indication.

Le ministère de la défense a réalisé en PPP 154 millions d'euros de loyer par an

Le ministère de la défense a aussi commencé à découvrir les joies du nouvel Hexagone Balard, réalisé en PPP par Bouygues et Thales. Non seulement il va payer un loyer de 154 millions d'euros, calculé à partir d’un financement d’au moins 7 % quand les taux pour l’État sur le marché sont à zéro voire négatifs, et ceci durant plus de trente ans, mais il mesure aussi les prix de l’entretien quotidien assuré par Bouygues : 13 613 euros pour un scanner et une imprimante, plus de 5 000 euros pour ajouter un œilleton à la porte – tels sont les tarifs en vigueur désormais au Pentagone français.

Au moment de l’instauration des PPP en 2004, Michel Sapin, alors député dans l’opposition, avait violement dénoncé ce système qui permettait, selon lui, de détourner sa loi sur l’encadrement des concessions et la moralisation de la vie publique. Dans plusieurs rapports, la Cour des comptes a critiqué cette formule de contrats publics, qui facilite le contournement des règles en vigueur, mais se révèle dangereuse pour les finances publiques. À l’été 2014, les sénateurs Jean-Pierre Sueur (PS) et Hugues Portelli (UMP) avaient, à leur tour, rédigé un rapport pour dénoncer les « bombes à retardement » budgétaires que constituent les PPP. Ils préconisaient d’en limiter strictement l’usage à l’avenir. Leur rapport avait été adopté à l’unanimité par la commission des lois.

Les sénateurs étaient donc particulièrement vigilants sur la façon dont allait être réécrite l’ordonnance sur les PPP. Là encore, ils avaient fait des suggestions, des propositions au cabinet du ministre de l’économie. Des amendements avaient été adoptés, à l’unanimité, en commission pour mieux définir et encadrer l’usage des PPP. À l’arrivée : rien. Aucune des propositions n’a été retenue par Bercy.

En séance, de nombreux amendements ont de nouveau été proposés, notamment par Jean-Pierre Sueur, pour amender le texte. Celui-ci a proposé que le texte encadre mieux le recours aux PPP, simplement en reprenant les limites posées par le Conseil constitutionnel. Interrogé dès l’entrée en vigueur des PPP, celui-ci avait dit que l’usage de ces contrats dérogatoires du droit commun devait rester exceptionnel et se justifiait seulement par « l’urgence ou la complexité des travaux à réaliser ». Même cette référence à une décision constitutionnelle n'a pas semblé acceptable. Emmanuel Macron s’est opposé à l’amendement : il ne fallait pas trop encadrer les PPP, sous peine de stériliser le système. En un mot, tous les verrous juridiques visant à encadrer les PPP sont en train de sauter.

Parmi les autres amendements, l'un proposait d’interdire tout recours aux PPP pour des travaux inférieurs à 50 millions d’euros. D’autres demandaient de mieux veiller au rôle de l’architecte, ou d'inscrire une définition renforcée des conflits d’intérêts dans le cadre des marchés publics. « Tous les amendements ont été rejetés, même ceux qui avaient été adoptés à l’unanimité en commission. À la fin, Emmanuel Macron a déposé deux amendements, visant à revenir à son texte initial, sans aucune modification », raconte Jean-Pierre Sueur. Dépité par tant d’entêtement, le groupe socialiste du Sénat a décidé de s’abstenir lors du vote. Le texte de ratification n’a été voté que par la droite.

L’ordonnance sur la réforme des marchés, noyée dans la loi Sapin 2, sera sans nul doute ratifiée. L’administration continuera de réécrire les décrets d’application dans son coin, en toute discrétion. Au détour d’un dossier, on découvrira peut-être que les dispositions réglementaires ont changé, que les seuils de publicité ne sont plus les mêmes, qu’il n’y a finalement plus d’obligation pour l’Élysée de se conformer au code des marchés publics pour commander des sondages, ou que le scandale d’un PPP comme celui de l’hôpital Sud-Francilien peut se reproduire en toute impunité.

Place à Vinci, à Bouygues, à Eiffage, mais aussi à des foncières comme Unibail, Gecina, ou Klépierre. Ce sont eux qui désormais définissent la forme des villes, notre urbanisation, nos transports et même notre modèle pénitentiaire. Loin de les encadrer, la réforme du code des marchés publics prévoit que l’État leur confie un peu plus les clés et leur accorde des rentes perpétuelles au détriment du public. Ainsi va la modernisation de l’économie, selon Emmanuel Macron.

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