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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 07:17
La victoire de Donald Trump souligne les aveuglements européens (Hubert Huertas, Médiapart)

Excellent journaliste politique à France Culture, Hubert Huertas fait le rapprochement entre la situation américaine et la situation européenne: "Cela craque de toute part": entre "rage identitaire" et discrédit du politique au service du système capitaliste et néo-libéral, tout est réuni en France, en Europe, comme aux Etats-Unis, pour que notre société malade vomisse des monstres du type de Donald Trump. 

Le vote américain souligne les aveuglements européens
 PAR HUBERT HUERTAS

Euphorie à travers l’Europe, dans les partis d’extrême droite. Pendant que la gauche s’interroge sur elle-même, Donald Trump a été félicité par Marine et Jean-Marie Le Pen. Sa victoire fait écho aux aveuglements des responsables européens.

 

Il fallait bien que ça arrive… Que ça craque quelque part. À force de Front national en France depuis 35 ans, de Vlam Belang en Belgique, de « Parti pour la liberté » aux Pays-Bas, d’AfD (Alternative pour l’Allemagne), de « Ligue du Nord » puis de « Mouvement cinq étoiles » en Italie, de « Jobbik » en Hongrie, de « Parti de la Grande Roumanie », de « FPÖ » quasiment majoritaire en Autriche, de « Parti du progrès » en Norvège, de « Parti populaire » au Danemark, d’humiliation des Grecs, de Brexit, on s’était habitué…

Cette furieuse envie de se replier sur soi, de chasser les étrangers ou d’organiser, comme Beppe Grillo, des journées « Vaffanculo » en direction des politiques et des élites en général, cette perspective tranquille de second tour pour Marine Le Pen aussi, et cette impossibilité de choisir une autre voie, bref ces symptômes qui crevaient les yeux étaient si répétitifs, et si systématiques, qu’on s’était habitué.

L’Europe se désagrège depuis des années. Un à un les pays de l’Union sont gagnés par une rage identitaire, même dans cette Allemagne pourtant citée en modèle de sagesse, mais reconnaissons-le, nous partagions une certitude majoritaire. Il existait un paratonnerre. Un plafond de verre qui nous mettait à l’abri. La poussée générale de l’extrême droite était identifiée, mais contenue pour toujours. Ces gens-là ne seraient jamais majoritaires. Ils étaient trop effrayants. Leur présence dérangeante pouvait même, comme en France, être intégrée au maintien du système. Marine Le Pen au second tour, et alors ? C’est la primaire de la droite qui désignerait le président de la République et basta. Cet inconfort devenait même un élément de confort pour les candidats au trône !

Quant aux diktats des économistes officiels, ceux qui prennent leurs œillères pour des lunettes et leurs folies pour une science exacte, ils répétaient imperturbablement leurs évangiles. Déficit, austérité, réduction de l’État, concurrence obligatoire, et tant pis si un à un, presque partout, les gouvernements étaient renversés. Le premier ministre d’un paradis fiscal, le Luxembourg, devenait président de la Commission européenne, et son prédecesseur pouvait aller chez Goldman Sachs. Et alors ? Circulez, y a rien à voir.

Partout les mêmes situations, intenables, les mêmes conflits d’intérêts, les mêmes souffrances en bas, et le même sentiment d’abandon, mais ça pouvait durer mille ans puisque le monde allait comme il allait depuis Reagan et Thatcher et qu’il n’y avait « pas d’alternative ».

Et voilà que le plafond de verre vient de nous tomber sur la tête. Voilà que l’inimaginable est arrivé au cœur même du réacteur. On n’écartait pas l’idée qu’un pouvoir « populiste » puisse arriver aux manettes, on le redoutait, mais on l’imaginait dans un petit coin reculé. L’Autriche par exemple, ou la Hongrie, c’était certes un peu chagrin mais on ne meurt pas d’un bouton sur le nez.

Ça s’est passé en Amérique ! Dans le saint des saints. On se faisait peur avec Marine Le Pen en France, et son grand frère est devenu président des États-Unis. Hillary Clinton avait beau être impopulaire, disqualifiée, sans charisme, représentante d’un milieu politique rejeté, rien ne nous alertait vraiment, en dépit des avertissements (lire ici l’analyse prophétique de Michael Moore). L’élection de Donald Trump ne pouvait pas avoir lieu. Le plafond de verre nous mettait à l’abri.

Et nous voilà abasourdis, tandis que des milliers de manifestants défilent aux États-Unis. Cette élection n’est pas seulement américaine. Elle est la nôtre. C’est l’histoire intime de nos nations européennes depuis trente ans. Ce qui a porté Donald Trump, les mêmes ressentiments, le même sentiment de déclassement, les mêmes peurs d’être largué sur le bord du chemin, menacé par les étrangers, alimente clairement l’extrême droite et une partie de la droite française ; il fallait lire et entendre les commentaires de Marine Le Pen, de Nicolas Sarkozy, ou de Jean-François Copé (lire l'article d'Ellen Salvi, La victoire de Donald Trump donne des ailes à Nicolas Sarkozy). Et ce qui alimente l’extrême droite française nourrit les mouvements voisins à travers toute l’Europe. Si la qualité du « malade » nous interpelle à ce point, c’est que nous partageons son virus.

Nous pataugeons aussi dans les mêmes contradictions, et elles sont intenables. Que s’est-il passé aux États-Unis, et que se passe-t-il chez nous avec les forces censées incarner le peuple ? Que fait la gauche depuis trente ans, du rouge vif au rose pâle ? Elle perd ce peuple. Elle l’oublie. Elle se l’est fait voler, et cette coupure se voit parfois sur son visage, quand elle éprouve, face à lui, des dégoûts d’aristocrate. Cette « gauche » installée se contente de lancer des alertes pour contrer les « populistes », comme autrefois la droite agitait la menace des chars soviétiques sur la place de la Concorde en cas d’arrivée de Mitterrand au pouvoir.

Sous leur forme sociale-démocrate, ou sociale-libérale, ces courants en appellent à la patience, ils crient « sois sage ! » à des gens qui n’en peuvent plus. Ils n’en appellent pas aux grands changements, mais au respect des critères de Maastricht. Symbole de ce glissement gestionnaire : qui entendait-on pleurer en chœur, mercredi matin après le désastre de la nuit ? Les « démocrates » et les Bourses du monde entier. Dans la soirée, les Bourses reprenaient des couleurs, pas la démocratie…

Aux États-Unis, le peuple a donc reçu cinq sur cinq le discours d’un milliardaire trouble, lui-même fils de milliardaire. Donald Trump, parce qu’il parle comme une petite frappe, est devenu l’archétype du déclassé, la figure injustement persécutée par la pensée unique, comme Sarkozy aimerait bien le redevenir en France. Le déclassé numéro un, le héro antisystème dans le fauteuil du président, il fallait quand même le faire. Après avoir brassé des milliards dans l’immobilier, après avoir évité de payer ses impôts, ce prolo-là est à la tête de l’économie et de l’armée la plus puissante de la planète, mais c’est un banni parmi les bannis ! C’est un poor lonesome cow-boy. L’image serait loufoque si elle ne menaçait pas la France, dans les semaines qui viennent, et si, au-delà des échéances conjoncturelles, elle n’exprimait pas l’effondrement tragique de nos systèmes démocratiques.

Petit père de son peuple et petit père « démerdez-vous »

Mais puisque le mal est fait, ne tombons pas d’un extrême à l’autre. Ne passons pas du déni à la fascination. Le triomphe de Donald Trump, donc son accession au pouvoir, le menace autant qu’il le consacre. Il gérait la parole et il devra passer aux actes. Les malheurs le dopaient, il va devoir les soigner. S’il a été élu, c’est en galvanisant ses électeurs excédés, et ce n’est pas le tout d’avoir été messie au moment de la campagne, encore faut-il devenir sauveur. Ce n’est pas le tout d’avoir dénoncé le système, il va falloir l’incarner. Ce n’est pas le tout d’avoir promis des murs, il va falloir les construire et qu’ils soient infranchissables, ce qui sera impossible. Ce n’est pas le tout d’avoir électrisé les déclassés, il va falloir les reclasser. Ce n’est pas le tout d’avoir joué sur le clavier des passions, il va falloir dépassionner les foules, sous peine d’être emporté.

L’expérience américaine est une excellente nouvelle à court terme pour tous les démagogues européens, elle ravit Nicolas Sarkozy et pourra doper Marine Le Pen en mai prochain, mais elle est redoutable à moyen terme. La force de ces courants extrêmes, propulsés par la même colère, c’est, au moins pour la plupart, de n’avoir jamais gouverné. Aux innocents les mains pleines. L’accession de l’un des leurs au fauteuil de président des États-Unis est une immense victoire, mais un profond danger pour tous les populistes. Donald Trump se retrouve au pied de son mur, et c’est à lui de l’escalader, au nom de tous les autres.

La tâche sera d’autant plus difficile qu’elle ne dépendra pas de son savoir-faire technique ni de celui de son équipe. L’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis est fondée sur une histoire trop ancienne, et trop globale, pour être contournée par une habileté conjoncturelle. Désormais président, le magnat de l’immobilier incarne une contradiction fondamentale, et cette contradiction le piégera comme elle a piégé ses adversaires « du système ».  

Car de quoi souffrent les fameux déclassés américains, comme ceux d’Europe ? Ils sont épuisés par un mal dont les symptômes se traduisent par un repli nationaliste, parfois xénophobe ou raciste, et par un sentiment d’abandon. Ils souffrent d’insécurité. Non pas, ou pas seulement de cette insécurité physique martelée dans les discours, pas seulement de la menace des délinquants ou des étrangers, mais d’une insécurité sociale. La tragédie de dizaines de millions d’Européens et d’Américains, c’est de survivre au jour le jour. De ne ne pas savoir de quoi sera fait le lendemain, pour eux et, pire encore, pour leurs enfants. Ce que réclament les électeurs de Trump, c’est d’être protégés, et protégés par qui ? Par l’État, naturellement. La preuve, ils viennent de transformer leur héros en chef des États-Unis.

Or Trump est l’héritier de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher pour qui l’État, par principe, n’est pas la solution mais le problème. Or Trump, non content d’hériter d’un État minimum, va encore lui couper les vivres en lançant un programme général de baisse d’impôts, y compris pour les plus riches. Le premier acte de ce président qui jure de reprendre les choses en main sera donc de se couper un bras, en vertu de ses intérêts, et des lois du libéralisme. Il compte sur la fameuse théorie du ruissellement pour financer ses promesses. Les riches étant plus riches, les pauvres seront moins pauvres car l’argent ruissellera. Or depuis Reagan, pas un dollar n’a ruisselé, les riches sont infiniment plus riches, et les pauvres se sont retrouvés à voter Trump dans l’espoir de s’en sortir. Les sociétés en crise qui sécrètent des mouvements extrémistes, partout en Occident, en appellent à la protection d’un État fort, mais elles sont les filles d’une théorie libérale qui met en pratique son affaiblissement. C’est cet État que Trump promet de renforcer avec des murs, tout en l’affaiblissant dans ses moyens et ses actions, notamment en détruisant l’amorce de système de santé mise en place par Obama. Difficile d’être à la fois un petit père de son peuple et un petit père qui dit « démerdez-vous ».  

La contradiction est si puissante, et si incontournable, que le nouveau président sera confronté à des choix dramatiques. Ou bien, même entouré de Sarah Palin en guise de Nadine Morano, il mettra du vin dans son eau et deviendra un politicien classique. Ou bien il persistera sans changer de système, parce qu’il est Trump et qu’un Trump ne transige pas, et on ne voit pas comment cohabitera sa promesse protectionniste, ses grands travaux et l’équilibre budgétaire du pays dans cette économie sans règle, vomie par ses électeurs.

C’est là que surgit la question la plus inquiétante de cette arrivée au pouvoir, dans l’une des nations les plus puissantes du monde. Quand les problèmes sont insolubles sur le plan intérieur, les « faucons » les transfèrent en général à l’extérieur, en désignant un ennemi, comme ils le font à l’intérieur en désignant les étrangers. Compte tenu de ce qu’on a vu de Donald Trump, et entendu dans sa bouche, cette hypothèse ne peut pas être écartée. Englué dans les réalités, ce descendant lointain de Reagan a toutes les chances de devenir le fils de Bush, de l’Irak, du 11-Septembre, et le créateur de nouvelles aventures.

Hubert Huertas

 

Hubert Huertas

Hubert Huertas

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 07:09
11 novembre 1918 : cette guerre qu’il ne fallait pas faire
PATRICK APEL-MULLER
LUNDI, 10 NOVEMBRE, 2014
HUMANITE.FR

 

 

 

 

 

 

 

S’incliner devant les nécropoles c’est bien. Mais cela peut rester parfaitement inutile…

Ce jour-là, les cloches qui annoncent l’armistice, résonnent sur un immense charnier. Près d’un siècle plus tard, les corps n’en finissent pas de remonter à la surface. Leur rendre hommage, mémoire pourrait-on dire, s’impose toujours. Les hommes qui vécurent l’enfer des tranchées et les populations civiles broyées dans les immenses zones de front sont encore à portée de main historique, traces encore creusées dans les romans familiaux. Commémorer oui ! Mais bannir les retours cocardiers, l’exaltation aveugle d’un Clémenceau partisan fanatique de la guerre à outrance, regarder la tragédie en face pour en tirer de vraies leçons. Nous en sommes encore bien loin si nous prêtons l’oreille aux discours des officiels.
UNE GUERRE, POUR QUOI, POUR QUI ?
Le détonateur éclata à Sarajevo. Mais les charges étaient prêtes, patiemment accumulées depuis des années par les milieux dirigeants européens. Dans la violence des affrontements impérialistes, sur le terrain économique et sur le théâtre colonial, il fallait détruire l’autre. Jaurès ne cessa d’alerter sur la montée des périls, œuvrant jusqu’à la balle de Raoul Villain pour conjurer le désastre, cherchant à unir les socialistes et les classes ouvrières d’Europe contre  un carnage où ils avaient tout à perdre. « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels », écrira Anatole France lorsque ses yeux se furent décillés sur la réalité du conflit. De 1913 à 1918, le gain net des sociétés allemandes par action passa de 1,6 milliards de marks à 2,2 milliards malgré la chute qui se profilait. Si 400.000 entreprises – surtout petites ou moyennes – disparurent en France, Renault, Citroën, Berliet, Michelin réussirent à dégager des profits spectaculaires et à accumuler des réserves qui leur permirent de dévorer leurs concurrents.
La guerre nettoyait le terrain du profit au profit des capitalistes dominants. Ainsi, le chimiste Kulhmann, bien qu’ayant perdu ses installations dans le Nord et en Lorraine, parvint à décupler son capital en quatre ans et à multiplier son profit par six. Le patronat et les Cent familles qui dominèrent l’après-guerre s’opposèrent farouchement et avec beaucoup de succès à la loi du 1 juillet 1916 qui prévoyait l’imposition des bénéfices exceptionnels de la guerre. Pour eux, la guerre était une formidable conjoncture économique et un moyen d’assoir leur puissance à l’échelle mondiale.
Mais ce sont les grandes entreprises américaines qui ont le milieu tiré leur épingle de ce jeu sanglant. Avant même l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917, leur bénéfice avait triplé. Banquiers de la France et de l’Angleterre en guerre, les capitalistes américains deviennent alors les premiers exportateurs mondiaux de charbon, d’acier, de machines, d’automobiles, de coton et produits alimentaires. Ils récupérèrent alors à bas prix les investissements français en Amérique, solidement assis sur leur prospérité : le plus gros fournisseur de munitions de la guerre, Du Pont de Nemours, a fait passer son profit en quatre ans de 6 à 266 millions de dollars. 
Jaurès l’avait annoncé dès 1905 : « La concurrence économique de peuple à peuple et d’individu, l’appétit du gain, le besoin d’ouvrir à tout prix, même à coups de canon, des débouchés nouveaux pour dégager la production capitaliste, encombrée et comme étouffée de son propre désordre, tout cela entretient l’humanité d’aujourd’hui à l’état de guerre permanente et latente ; ce qu’on appelle la guerre n’est que l’explosion de ce feu souterrain qui circule dans toutes les veines de la planète et qui est la fièvre chronique et profonde de toute vie »… Est-ce vraiment si daté ?
 
UN SEISME POUR LA CIVILISATION
Jamais alors guerre n’avait été si meurtrière et si inventive, hélas. Les gaz de combats, les tanks, les sous-marins, les avions, les télécommunications… les découvertes de la science furent mobilisées pour la mort à grande échelle. Dans les pays belligérants, une propagande intense associée à une sévère censure, berna les peuples pour les conduire à la boucherie. Les mots mêmes en perdirent du sens, tout autant que les images. « Après ce que nous avions vécu, nos peintures de cette époque n’étaient pas faites pour séduire mais pour faire hurler », expliquait Max Ernst. La paysannerie, le principal réservoir de la chair à canon, est frappée au cœur et les campagnes dépeuplées. La naissance d’un siècle débute par un requiem et c’est par les portes de la boucherie, que toute une génération rentre dans la modernité. « On rentre dans la clarté du jour comme dans un cauchemar », écrit Henri Barbusse dans son roman, « Le feu ». Héros de guerre, Aragon ne la pardonne pas. Il conclut en 1928 son « Traité du style » par « Je conchie l’armée française dans sa totalité ».
Les vieilles élites sont discréditées par leur sanglante responsabilité et avec eux les partis socialistes qui les ont accompagnés sur les « sentiers de la gloire ». La colère fera naître le communisme et le surréalisme ; le désarroi, la frustration et le dégoût accoucheront du fascisme qui, vingt-cinq ans plus tard, portera la tragédie humaine à son point ultime.
 
LE SOUVENIR POUR NE PLUS FAILLIR
« Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit/ Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places/ Déjà le souvenir de vos amours s’efface/ déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri », écrivait Aragon dans « Le Roman inachevé ». Les Déroulède médiatiques, toujours prêts à réclamer une guerre, un jour en Lybie, le lendemain en Irak, plus tard en Syrie ou en Ukraine, auraient profit à se retourner sur ce passé. Quant aux gouvernants d’aujourd’hui dans la mêlée de la mondialisation capitaliste, et certains se disent socialistes, ils pourraient se remémorer qu’on ne joue pas avec les armes à feu près des charges de dynamite. Enfin, les opinions publiques ont à jouer un rôle qu’elles ne surent et ne purent endosser il y a presque un siècle, pour devenir les premières victimes d’une grande imposture.
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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 07:00

Intervention de Didier Le Reste

Généraliser le travail du dimanche causera une augmentation massive de la précarité des salarié-e-s

jeudi 10 novembre 2016

Lors de son intervention en Conseil de Paris, Didier Le Reste, s’est adressée au Maire de Paris :

Vous avez vous-même déclaré, à plusieurs reprises, qu’il ne fallait pas affaiblir la protection des salariés, surtout dans un moment de crise comme celui que nous traversons. Vous avez également affirmé en septembre 2015 sur France 2 : "il faut un corpus de règles qui protège l’ensemble des salariés". Ce corpus de règles, vous le savez très bien, c’est le Code du Travail qui comme le précise l’article L. 3132-3 : « Dans l’intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche. » Bien sûr, il existe des dérogations et vous avez vous-mêmes rappelé qu’elles étaient suffisamment nombreuses, je vous cite, « la réalité des dimanches à Paris c’est 15 000 commerces déjà ouverts le dimanche, commerces de bouche, artisans créateurs, entreprises familiales ou encore restaurants et entreprises culturelles ». L’Union départementale des associations familiales a précisé, comme nous l’avons fait également, qu’elle pouvait accepter le principe de l’augmentation du nombre de dimanches travaillés mais elle estime qu’il ne faut pas aller jusqu’à 12 dimanches. Elle craint une banalisation de l’ouverture dominicale.

Votre changement de cap avec cette ouverture de 12 dimanches est difficilement compréhensible si l’on suit vos multiples déclarations en faveur de la protection des salariés et la garantie de conditions de travail décentes.

Généraliser à ce point le travail du dimanche, par un dimanche travaillé par mois en plus de toutes les dérogations habituelles et des ouvertures illégales que nous pouvons sanctionner mais pas empêcher pour le moment est une atteinte à un élément clé de la cohésion de la société française : celui du temps libre commun à la grande majorité de la population. Un outil fondamental pour le vivre ensemble, pour la vie associative, culturelle et familiale. Nous le réaffirmons, le repos dominical a été, et reste, une conquête sociale majeure. Ce temps commun est pour Paris une nécessité.

Le travail du dimanche ne se pense pas qu’en termes économiques, c’est un enjeu de société. Les préconisations formulées par la majorité municipale que l’on retrouve dans le rapport de la MIE vont à l’ encontre de ce pas de côté de votre part Madame la Maire. Je cite : « Le repos dominical est un principe essentiel de la société française, fondamental aussi bien pour la protection des salariés que pour la cohésion sociale. C’est le seul moment de « respiration » de la ville, la seule rupture d’un rythme très stressant. Il est indispensable à la vie personnelle, familiale, amicale, sportive et culturelle. »

Forcer la consommation et augmenter la précarité salariale n’est donc pas la priorité pour Paris. Je suis d’accord avec vous, Madame la Maire, ou plutôt j’étais d’accord avec vous quand vous réaffirmiez auprès d’Emmanuel Macron que Paris ne serait pas une « ville entièrement dédiée au consumérisme ». Mais vous créez les conditions pour que cela soit le cas et c’est un changement de politique auquel les salariés et les syndicats n’adhèrent pas, d’ailleurs ceux-ci se sentent floués.

Dans les Échos du 6 septembre 2015 vous avez insisté sur les conséquences sociales d’une généralisation du travail du dimanche , où vous disiez en substance : « les salariés concernés sont en grande majorité des femmes avec des enfants dont la « liberté » de choix de travailler le dimanche est « plus que contrainte. Les implications sociales et familiales seront donc majeures pour les Parisiennes et les Parisiens ».

En effet, le Haut Conseil à l’Égalité ainsi que le rapport de la MIE et les syndicats s’inquiètent des conséquences pour les femmes. Elles seront une fois de plus les premières touchées. Les femmes représentent 56% des salariés qui travaillent le dimanche et elles sont principalement jeunes et résidant dans les zones urbaines sensibles. Pour les 50% d’entre elles qui sont cheffes de famille monoparentale, la garde des enfants le dimanche grève lourdement leur budget. Moins de temps de famille, des temps de trajet plus longs, moins de temps de repos, un budget garde alourdi, elles ne pourront pourtant pas refuser de travailler le dimanche en raison de la précarité de leur contrat ! Généraliser le travail du dimanche causera donc une augmentation massive de la précarité pour toutes ces femmes attaquées en permanence par les logiques capitalistes et patriarcales. Où est le libre-choix lorsque l’on travaille par nécessité de survie ? Alors que les salaires sont notoirement insuffisants, certains salariés sont contraints de travailler le dimanche pour gagner quelques euros de plus, quitte à sacrifier leur vie de famille, leur repos et santé et leurs loisirs. Ce sont pour ces raisons que les salariés du commerce sont contre l’extension du travail du dimanche. Voir le récent échec des négociations au Printemps Haussmann.

En effet, le profit à tirer pour les salariés est quasi inexistant et les difficultés pour les petits commerces indépendants de proximité seront majeures. Majoritairement, les salaires des ZTI sont majorés à 30% tandis que les petits commerçants devront majorer à 100% ou tout du moins à beaucoup plus de 30%. De plus, les contrats de fin de semaine (VSD) des centres commerciaux conduisent à des situations précaires et à la destruction de l’emploi pérenne.

Plus de précarité pour les salariés et plus de difficultés pour le petit commerce indépendant de proximité c’est tout ce que va apporter l’extension à 12 dimanches ouvrés.

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 06:55
Il y a douze ans, le 11 novembre 2004, disparaissait Yasser Arafat - portrait de Paul Euzière (L'Humanité, 2004): Yasser Arafat, la Palestine au coeur

Disparition de Yasser Arafat le 11 novembre 2004

 

Portrait de Yasser Arafat, dressé par Paul Euzière, membre du comité de rédaction de Recherches internationales, et publié par l'Humanité en 2004.

« Yasser Arafat, la Palestine au cœur »

 

Le président palestinien Yasser Arafat est, avec Fidel Castro et Nelson Mandela, l'une des trois grandes figures qui, de leur vivant et de façon décisive, auront marqué l'histoire du monde durant une large part du XXe siècle et au début du XXIe, par leur capacité à incarner l'aspiration de leurs peuples à la dignité.

Yasser Arafat, c'est d'abord une volonté forgée au rythme des victoires et des défaites de la revendication nationale palestinienne. Très tôt l'homme va s'identifier totalement avec la cause palestinienne, qu'il entendra parfois représenter à lui seul.

Du jeune étudiant à l'Université du Caire qui s'enflamme aux côtés des Frères musulmans lors de la création de l'État d'Israël et du massacre de Deir-Yassine et part combattre au sud de Gaza, à l'ingénieur, puis homme d'affaires établi au Koweit, qui crée en octobre 1959 le Fatah, Arafat garde constamment, et quelle que soit sa situation personnelle, la Palestine au coeur. Cette constante apparaît donc dès avant que s'impose, et qu'il impose le Fatah et, dans une longue et dangereuse course d'obstacles, l'OLP fondée en 1964 (dont il prend la tête en février 1969) comme véritable représentante du peuple palestinien.

Elle va s'affirmer dans les situations les plus contrastées et face à tous les interlocuteurs, adversaires comme alliés fiables ou non. Qu'ils se soient réclamés du nationalisme ou de l'islam, la plupart des gouvernants des pays arabes - malgré leurs opinions publiques - n'ont jamais hésité à faire couler le sang des Palestiniens, à s'ingérer dans leurs débats internes et à instrumentaliser leur drame.

 

"Où êtes-vous, ô Arabes?"

Si la responsabilité israélienne dans ce que les Palestiniens nomment la « Nakba » (catastrophe) de 1948 sont évidentes, tout comme dans l'occupation et la colonisation qui perdurent et s'étendent depuis 1967, on ne peut occulter le double jeu, parfois sanglant, de certains « frères arabes » dont les motivations tiennent à la fois à leur positionnement international (notamment à leurs rapports avec les États-Unis) et à la peur des répercussions que risquerait d'engendrer dans leur pays la création d'un État palestinien souverain. Comme en écho aux graffitis des murs de Beyrouth qui demandent « Où sont les Arabes ? », Yasser Arafat interpelle les gouvernements : « Où êtes-vous, ô Arabes, où ? Où êtes-vous, Sarkis, président de la République libanaise, terré dans votre palais et voyant, comme Néron, sa capitale dévorée par les flammes?»

Dans un tel contexte, survivre pendant presque un demi-siècle, physiquement - on ne compte plus les tentatives israéliennes d'assassinat par des commandos ou par des bombardements - et politiquement, nécessite un courage physique certain et une capacité hors du commun à s'adapter rapidement à ce qui change. C'est le trait marquant de Yasser Arafat. C'est lui qui crée le mensuel Falastinuna (« Notre Palestine ») en octobre 1959, dans lequel est proclamé que « la voie pour libérer la patrie passe par la création, dans les pays arabes voisins, de groupes de fedayins palestiniens indépendants » qui devront « mener des incursions en Israël et y provoquer des dégâts ».

 

Deux Etats
Il déclenchera à partir du 1er janvier 1965 la lutte armée contre l'État d'Israël - « entité sioniste » occupant la majeure partie de la Palestine mandataire alors revendiquée en totalité par le Fatah. Et vingt-trois ans plus tard, en novembre 1988, il fera entériner par le Conseil national palestinien réuni à Alger la reconnaissance de la résolution 181 de l'ONU, qui recommande « le partage de la Palestine en deux États, l'un arabe, l'autre juif » en précisant qu'« elle assure les conditions de légitimité internationale qui garantissent également le droit du peuple arabe palestinien à la souveraineté et à l'indépendance », puis dans la foulée, les résolutions 242 et 338, seules bases juridiques internationales d'une paix israélo-palestinienne.
Enfin, le 2 mai 1989 Yasser Arafat est reçu à Paris. Il qualifie à la télévision de « caduque » la charte de l'OLP qui refusait de reconnaître l'État d'Israël. Toujours en mai 1989, il déclare à un journaliste d'Europe 1 : « Après avoir essayé la guerre durant quarante et un ans, ma soeur, mon frère et moi nous sommes convaincus que nous devons à présent essayer la paix. »

En septembre 1993, il signe à la Maison-Blanche la Déclaration de principes portant autonomie des Territoires palestiniens occupés, après la reconnaissance mutuelle des deux parties. Sans doute, à ce moment, contrairement à d'autres forces qui soutiennent le processus, notamment les communistes du PPP, Yasser Arafat - et avec lui nombre de responsables du Fatah - surévalue-t-il la possibilité de créer une dynamique de paix permettant de dépasser pacifiquement les points de désaccord et d'aborder ensuite plus favorablement des questions aussi essentielles que la question des réfugiés, celles de Jérusalem et du devenir des colonies. Mais existe-t-il alors un autre choix ? Après cinq années d'une intifada portée à bout de bras par toute la société et qui a fait connaître partout dans le monde leurs revendications nationales, les Palestiniens sont dos au mur, épuisés par les arrestations, les morts, les couvre-feux et les bouclages incessants des forces d'occupation israéliennes. L'URSS n'existe plus. L'Irak vient d'être écrasé et G. Bush annonce « un nouvel ordre mondial ». Yasser Arafat ne se cache pas le poids de ces réalités. Il les prend en compte et s'appuie sur elles - qu'elles soient positives ou négatives - pour avancer vers son objectif constant : l'État palestinien.
Détermination quasi gaullienne
Après un exil qui l'a conduit du Liban en Tunisie, Yasser Arafat retrouve la terre palestinienne en 1994. Élu démocratiquement président de l'Autorité nationale palestinienne à l'issue d'élections effectuées en 1996 sous contrôle international, Yasser Arafat voit le territoire palestinien grignoté chaque jour un peu plus par les colonies israéliennes, les routes de contournement, un mur de « sécurité » haut de 8 mètres qui, sur des centaines de kilomètres, isole encore un peu plus les villes et villages palestiniens les uns des autres et étouffe toute vie économique et sociale.
Enfermé depuis plus de deux ans à Ramallah dans la Mouqata en ruines, humilié, menacé de mort par le premier ministre israélien Sharon, le président palestinien a poursuivi avec la même détermination réaliste son combat pour donner une patrie aux Palestiniens. Au-delà de la gestion du quotidien, cette détermination quasi gaullienne à construire l'État palestinien contre vents et marées, conjuguée à une vie exceptionnelle, donne à Yasser Arafat un prestige et une autorité morale dont ses partisans - mais aussi paradoxalement ses ennemis israéliens - mesureront toute l'ampleur après sa disparition.

Il y a douze ans, le 11 novembre 2004, disparaissait Yasser Arafat - portrait de Paul Euzière (L'Humanité, 2004): Yasser Arafat, la Palestine au coeur
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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 09:55

Pour Israël, avec Trump pas d’Etat palestinien

Le Figaro avec AFP, mercredi 9 novembre 2016

Le ministre israélien de l’Education Naftali Bennett, chef de file du lobby colon, a déclaré aujourd’hui que l’idée de créer un Etat palestinien coexistant avec Israël était révolue avec l’élection de Donald Trump.

"La victoire de Trump offre à Israël la chance de renoncer immédiatement à l’idée de création d’un Etat palestinien", a dit dans un communiqué M. Bennett, connu pour son opposition à un tel Etat. "Telle est la position du président élu" Donald Trump et "telle devrait être notre politique, tout simplement (...) L’époque de l’Etat palestinien est révolue", a-t-il ajouté.

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 19:50
CÉCILE ROUSSEAU
MERCREDI, 9 NOVEMBRE, 2016
HUMANITE

 

Le candidat populiste républicain sera le 45e président des Etats-Unis d’Amérique. L’homme d’affaire Donald J. Trump l'a emporté avec 290 grands électeurs contre 218 pour la candidate démocrate Hillary Clinton, bien que celle-ci recueille plus de votes à l’échelle du pays.

Ce matin, les Etats-Unis et le monde se sont réveillés sous le choc. Même si, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le décompte des voix n’est pas encore définitif, il est assuré que l’homme d’affaire Donald J. Trump sera le 45e président des Etats-Unis d’Amérique. Le candidat républicain coutumier des discours populistes et qui a fait fortune dans l’immobilier, l’a emporté avec 290 grands électeurs (270 étaient nécessaires pour gagner l’élection) contre 218 pour Hillary Clinton. Le républicain a arraché la plupart des « Swing-States », décisifs pour siéger au bureau ovale, comme la Floride, la Pennsylvanie et l’Ohio, même si la représentante des démocrates, elle, recueille plus de votes à l’échelle du pays.

Candidat qui aime à se présenter comme antisystème alors qu’il est au cœur même du capitalisme financier, caricature du milliardaire bling-bling depuis les années 1980, Donald Trump incarne une Amérique de repli sur soi. Toute sa campagne, a été émaillée de propos ouvertement misogynes, racistes et anti-migrants, avec notamment le projet d’ériger un mur à la frontière avec le Mexique. Dans son programme économique très vague, il promet aussi un protectionnisme outrancier et un libéralisme sans limite.

Dès l’annonce des résultats, il a plutôt tenté de se présenter comme rassembleur. Lors de son discours, il a déclaré qu’il serait « le président de tous les Américains. Il est désormais temps pour nous de nous réuniren un seul peuple ». Avant d’ajouter qu’il allait lancer une politique de grands travaux, assurant au passage que les laissés pour compte auraient voix au chapître.

En réalité, il ne s’agit pas tant d’un triomphe d’un candidat novice en politique et contesté au sein même de son parti que d’un revers majeur pour le camp démocrate.

Une participation de 54,2 %, au plus bas depuis 2000

Une sanction cinglante pour la candidate démocrate Hillary Clinton, sans doute perçue comme trop éloignée des préoccupations des gens ordinaires, mais aussi de la politique de Barack Obama, incapable d’entendre colère des victimes de la crise économique de 2008 et inapte à mener à son terme une réforme du système de santé, « l’Obamacare », digne de ce nom. C’est en partie cette volonté trop timide de protection des plus démunis et des classes moyennes qui a été sanctionnée dans les urnes. Ce désaveu ne s’est pas traduit pas un report massif des voix sur le candidat républicain, ce vote n’ayant pas massivement progressé par rapport à l’élection de George W. Bush en 2004, mais par une forte abstention, avec un taux de participation de 54,2 %, au plus bas depuis 2000.

Les ouvriers blancs notamment semblent s’être abstenus de manière significative par endroits, comme dans le Midwest, où ils votaient traditionnellement démocrate. Ainsi, sur les rives du lac Michigan, dans les Etats où l’industrie ne cessent de décliner depuis les années 1980, les résultats ont été sans appel. Le vote en faveur de la candidate démocrate recule de 23 % par rapport à l’élection de Barack Obama en 2012 mais celui des républicains a également reculé de 3%. Même constat dans l’état voisin du Wisconsin.

Le rejet global d’un système économique et politique à bout de souffle semble s’être exprimé hier à travers l’abstention et ce rejet inédit des démocrates. Bien loin de l’espoir de changement suscité en son temps par la candidature progressiste de Bernie Sanders à la primaire démocrate. Car cette peur du déclassement, avec 15 % des Américains qui vivent déjà sous le seuil de pauvreté, est clairement passée au second plan dans les réponses apportées par Hillary Clinton.

De fait, personne n’avait vu Donald Trump arriver au pouvoir, des  médias américains jusqu’aux instituts de sondages qui avaient tous pronostiqué l’élection d’Hillary Clinton à la Maison Blanche. Si le peuple américain apparaît aujourd’hui profondément divisé, du côté des élus et responsables politiques français et européens, c’est aussi la stupeur et l’inquiétude qui dominent.

François Hollande à félicité mollement son nouvel homologue tout en constatant que cette élection ouvrait « une période d’incertitude ».

"Une victoire des logiques de la peur et de haine" pour le PCF

Pour le Parti communiste français, « l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis marque la victoire des logiques de peur et de haine. Cette élection est le symptôme d’une société américaine malade d’elle-même. Ceux qui pensaient voter « anti-système » ont élu un milliardaire qui a su détourner leurs colères des véritables causes et responsables de la dégradation de leurs conditions de vie et de travail, et qui a ouvert les vannes de la division d’un pays déjà gangréné par un racisme structurel ». De leur côté, les élus socialistes européens font le lien entre cette élection inattendue et le référendum sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. « Pour tous les observateurs, le Brexit n’avait aucune chance de l’emporter, idem pour Trump. Mais les faits sont têtus : la vague populiste et xénophobe frappe partout et défie tous les pronostics ».

En revanche, Marine Le Pen, présidente du Front national, a été l’une des seules à se réjouir sur Twitter : « Félicitations au nouveau président des Etats-Unis Donald Trump et au peuple américain, libre ! » Souhaitant sans doute y voir un bon présage en ce qui la concerne pour 2017. Tout comme Nicolas Sarkozy, qui a présenté cette élection comme « un choix qui doit être respecté », il y voit une mystérieuse « défaite de la pensée unique ».

Du côté de la candidate démocrate malheureuse, qui s’est contentée de reconnaître sa défaite, c’est toujours pour l’heure silence radio face à ce basculement majeur de l’échiquier politique mondial.

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 19:42

L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis marque la victoire des logiques de peur et de haine. Cette élection est le symptôme d’une société américaine malade d’elle-même. Ceux qui pensaient voter « anti-système » ont élu un milliardaire qui a su détourner leurs colères des véritables causes et responsables de la dégradation de leurs conditions de vie et de travail, et qui a ouvert les vannes de la division d’un pays déjà gangréné par un racisme structurel. En flattant un orgueil nationaliste démesuré, Trump a excité les passions les plus vives. Son élection ouvre une période sombre pour les Américains et aggravera les tensions internationales nourries par la politique étrangère américaine et l’OTAN. 

La victoire de Donald Trump sonne comme un sérieux avertissement en France et en Europe. La responsabilité des forces de gauche et de transformation sociale est de mettre un coup d’arrêt net à l’avancée des populismes et des extrêmes droites. Elles doivent unir leurs forces pour mettre fin aux politiques d’austérité et au pouvoir des marchés et institutions financières qui piétinent les souverainetés populaires et nationales, et détournent les richesses produites du développement humain, social et écologique. Ouvrir la voie à de réelles politiques de progrès et justice sociales, d’égalité et de solidarité, conditions de l’édification d’un monde de paix, est la seule alternative viable au capitalisme financier dominant.

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 09:12

Sections du Parti Communiste Français

Carhaix et Pays de Brest

 

Contrat de réciprocité Brest Métropole/ Pays COB : des paroles c’est bien, des actes c’est mieux !

 

Qualité environnementale, trace carbone, sécurité collective, lutte contre les gaz à effet de serre. L’épreuve des faits.

L'usine de traitement de lait installée à CARHAIX par la société SYNUTRA est entrée en production. Elle transformera à terme, selon les prévisions, 300 millions de litres de lait frais et produira environ 100 000 tonnes le lait en poudre.

A l’heure où la COP 22 tente de donner des débouchés concrets à la COP 21, nous disons qu’il est nécessaire de s'intéresser aux conditions d'acheminement de la matière première, des producteurs au transformateur et des produits traités au marché chinois.

300 millions de litres de lait, venant de Bretagne et de Normandie voire au-delà, convergeant vers Carhaix puis réexportés vers le port de Brest, ce sont 16 000 camions qui vont être mis sur les routes bretonnes, alors que la RN 164 n’est toujours pas totalement mise en 2 fois 2 voies, que l’empreinte carbone sera considérable, que le risque d’accident ne sera pas négligeable comme le démontre malheureusement le bilan à la hausse de l’insécurité routière ces derniers mois .

La mobilisation des élus locaux, départementaux et régionaux, notamment du PCF, a permis d’intégrer le port de Brest dans la chaine logistique :8000 conteneurs vont transiter par le port de Brest.

Alors maintenant, amplifions cette première victoire collective par une alternative au tout routier.

Il existe à Carhaix une plate-forme ferroviaire que l'entreprise SYNUTRA pourrait parfaitement utiliser.

Les pouvoirs publics locaux, départementaux et régionaux, qui ne lésinent pas sur les aides mises à disposition au nom de la création d'emplois du projet SYNUTRA, sont parfaitement fondées à exiger de l’entreprise et de la SNCF qu'elles examinent avec le plus grand sérieux le choix du ferroviaire.

A l’heure où notre planète souffre des choix économiques financiers, au détriment du bien-être de l’être humain, le Parti Communiste ne comprendrait pas que cette question, qu’il soumet à l’ensemble des acteurs politiques et industriels de notre Pays, ne soit prise en considération et débattue.

A travers cette proposition, les communistes ont pour ambition d’être utiles à un développement économique et social harmonieux prenant en compte les atouts du territoire que ce soit dans les communes rurales ou sur la métropole de Bretagne occidentale. Ils sont à la disposition de toutes celles et ceux qui veulent se mobiliser et agir pour une réelle transition écologique et sociale.

Contrat de réciprocité Brest Métropole/ Pays COB, Usine Synutra: des paroles c'est bien, des actes c'est mieux! (communiqué des sections PCF de Brest et de Carhaix)
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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 08:13
Pourquoi les députés du HDP ne siègeront plus au parlement turc? (L'Humanité, 7 novembre 2016)
Car c’est bien, analyse le HDP, ce combat que mènent ses députés pour la démocratie que vise aujourd’hui Erdogan.
Le Parti démocratique des peuples rappelle que le plan poursuivi par le président turc pour s’attribuer les pleins pouvoirs, fait partie d’une stratégie d’ensemble qui a déjà comporté plusieurs étapes: levée de l’immunité parlementaires des députés du HDP, mise en place de l’état d’urgence et des décrets-lois suite à la tentative du coup d’état attribué à Gülen en juillet, et maintenant emprisonnement des députés, s’ajoutant à toutes les autres atteintes à l’état de droit : arrestation massive de juges, de fonctionnaires, de journalistes, d’universitaires, fermeture de médias, de maisons d’édition, et de tout ce qui d’une manière ou d’une autre pourrait contester le pouvoir absolu du maître d’Ankara.
Pourquoi les députés du HDP ne siègeront plus au parlement turc ?
JEAN-JACQUES RÉGIBIER
LUNDI, 7 NOVEMBRE, 2016
L'HUMANITE
En refusant que ses députés participent désormais aux débats de la Grande assemblée nationale de Turquie, le HDP entend protester contre l’emprisonnement de 9 d’entre eux, mais il veut  aussi mettre en place de nouvelles formes d’expression démocratique et lance une vaste consultation à travers tout le pays.
 
Puisque le parlement turc n’est plus qu’une caricature de représentation démocratique, quel intérêt pour les députés du HDP de continuer à y siéger, d’autant que même ceux qui ne sont pas encore en prison, sont empêchés d’agir ( leur siège à Ankara est interdit d’accès et personne ne peut plus entrer dans le bâtiment.)
C’est ce que fait valoir le HDP après l’emprisonnement de 9 de ses députés - dont ses deux leaders historiques, Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ - sur les 59 qui avaient été élus en juin 2015. En opérant cette rafle, ce ne sont pas simplement les 6 millions d’électeurs qui avaient voté pour le Parti démocratique des Peuples que le gouvernement d’Erdogan a décidé de rayer d’un trait de plume, ce sont aussi, explique le HDP, « les millions de citoyens qui poursuivent la lutte pour la démocratie, la liberté, l'égalité, les droits du travail, la libération et la justice des femmes. »
On a en effet un peu rapidement tendance à identifier le HDP à un parti « kurde », comme si sa seule revendication tournait autour de l’indépendance de ce peuple.
Or ce qu’il met en avant dans son programme politique est bien plus large, passant par un combat pour les droits démocratiques, pour l’écologie politique et pour l’égalité hommes-femmes. Une égalité que le HDP met déjà en œuvre sur le terrain puisque par exemple, toutes les communes qu’il dirige sont obligatoirement administrées par deux maires, une femme et un homme.
 
Un coup d’état peut en cacher un autre
 
Car c’est bien, analyse le HDP, ce combat que mènent ses députés pour la démocratie que vise aujourd’hui Erdogan.
Le Parti démocratique des peuples rappelle que le plan poursuivi par le président turc pour s’attribuer les pleins pouvoirs, fait partie d’une stratégie d’ensemble qui a déjà comporté plusieurs étapes: levée de l’immunité parlementaires des députés du HDP, mise en place de l’état d’urgence et des décrets-lois suite à la tentative du coup d’état  attribué à Gülen en juillet, et maintenant emprisonnement des députés, s’ajoutant à toutes les autres atteintes à l’état de droit : arrestation massive de juges, de fonctionnaires, de journalistes, d’universitaires, fermeture de médias, de maisons d’édition, et de tout ce qui d’une manière ou d’une autre pourrait contester le pouvoir absolu du maître d’Ankara.
Pour le Comité exécutif central du HDP, c’est bien à un autre « coup d’état » qu’on assiste aujourd’hui en Turquie, celui perpétré par Erdogan et son parti, l’AKP, et c’est contre ce coup d’état que toutes les forces démocratiques doivent se mobiliser. Le HDP se propose de prendre la tête de cette mobilisation.
 
Pour une « République démocratique »
 
Aux mesures dictatoriales prises par Erdogan, le HDP propose de répondre par une vaste consultation démocratique.
« Dans les prochains jours, expliquent les responsables du parti, nous visiterons les quartiers, les villages, les districts et les provinces et nous irons de porte en porte, écoutant les plaintes et les propositions de tout le monde. Nous discuterons avec les institutions constituantes de notre parti, mais aussi avec tous nos alliés, avec toutes les institutions, avec les forces de la démocratie, de la paix et du travail, avec les organisations de la société civile, les syndicats et les associations professionnelles, les groupes religieux, ceux qui s’occupent d’environnement et d’écologie, etc… »
Objectif : écouter d’abord, puis rassembler les propositions afin de définir un programme de mesures destinées à ramener la Turquie dans le giron des démocraties civilisées.
Puisque ce travail n’est plus possible à l’intérieur du parlement turc, le HDP a décidé de le faire en dehors.
 
« Au cours de la dernière année et demie, analyse le HDP, le gouvernement d’Erdoğan-AKP, a dévasté tout le pays avec l’objectif de réaliser ce qu’il appelle un « régime présidentiel à la turque ». Il a ainsi causé la mort, provoqué des blessures, ou le déplacement et la perte d'emploi de milliers de personnes, ce qui a mené à une augmentation de la tension et de la polarisation entre les gens dans le pays. » Ce qui est présenté comme un régime présidentiel  «  à la turque », n’est rien d’autre que la dictature d'un seul homme, « c'est le fascisme, et cela signifie la guerre, l'oppression, l'agitation et la tyrannie, » résume le parti qui  propose de lutter contre l'oppression et la tyrannie, « non seulement pour le peuple kurde, mais pour tous les peuples de la Turquie.»
 
C’est donc en rassembleur de toutes les forces qui souhaitent le retour de la démocratie que se pose aujourd’hui le HDP, qui appelle à la résistance contre le régime totalitaire d’Erdogan. « Le fait de ne pas élever la voix maintenant constituerait une grave menace pour tous les pays de la région et pour les peuples d'Europe, » ajoutent les responsables du HDP, qui en appellent « à tous ceux qui veulent agir pour la liberté, l'égalité, la laïcité démocratique et la justice. » Le HDP a par ailleurs fermement condamné l'attentat à la bombe qui a eu lieu à Diyarbakır le 4 novembre.
 
 
Pourquoi les députés du HDP ne siègeront plus au parlement turc? (L'Humanité, 7 novembre 2016)
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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 08:10
Après avoir donné 20 milliards par an au patronat au seul titre du CICE, le gouvernement veut gratter 650 millions aux détenteurs du Livret A...

Après avoir donné 20 milliards par an au patronat au seul titre du CICE, le gouvernement veut gratter 650 millions aux détenteurs du Livret A...

Ainsi, un retraité dont la pension est bloquée pour la quatrième année consécutive est susceptible de voir s’ajouter 35€ d’intérêts à la fin de cette année sur un Livret A sur lequel il a placé 10.000€. C’est beaucoup trop aux yeux de François Hollande et de Michel Sapin. Et comme les détenteurs d’un Livret A sont nombreux en France, Bercy a calculé qu’il avait là la possibilité de gratter 650 millions d’euros de cette manière. Pour l’instant les choses sont encore floues concernant le niveau de la baisse de rémunération du Livret A. Toujours selon Les Echos, « le gouvernement, en accord avec le gouverneur de la banque de France, conservera la capacité de déroger à la formule de calcul automatique ». Voilà qui est clair comme du jus de chique !"

Moi: Les pensions sont bloquées depuis des années et les charges augmentent. Les livrets A seront bientôt vides puisqu'il faut puiser dedans pour les fins de mois!

Les détenteurs d’un Livret A dans le viseur de Bercy ?
GÉRARD LE PUIL
MARDI, 8 NOVEMBRE, 2016
HUMANITE

Les détenteurs d’un Livret A dont la rémunération actuelle de 0,75% seraient, selon Les Echos dans le viseur de Bercy...

Selon le ministère des Finances, il s’agit nous disent Les Echos « de fixer le taux du Livret A au plus près du niveau de l’inflation ». Et selon les calculs de l’INSEE, qui sous-estiment gravement la place du logement dans l’évolution des prix, l’inflation entre octobre 2015 et septembre 2016 ne serait que de 0,4%  sur douze mois. Comme le Livret A rapporte 0,75% d’intérêts sur un an, Bercy estime qu’une rémunération de l’épargne populaire à 0,35%  hors inflation est scandaleusement élevée.

Ainsi, un retraité dont la pension est bloquée pour la quatrième année consécutive est susceptible de voir s’ajouter 35€ d’intérêts à la fin de cette année sur un Livret A sur lequel il a placé 10.000€. C’est beaucoup trop aux yeux de François Hollande et de Michel Sapin. Et comme les détenteurs d’un Livret A sont nombreux en France, Bercy a calculé qu’il avait là la possibilité de gratter 650 millions d’euros de cette manière. Pour l’instant les choses sont encore floues concernant le niveau de la baisse de rémunération du Livret A. Toujours selon Les Echos, « le gouvernement, en accord avec le gouverneur de la banque de France, conservera la capacité de déroger à la formule de calcul automatique ». Voilà qui est clair comme du jus de chique !

Il est vrai qu’il faut tenter de trouver de l’argent quelque part après avoir donné 20 milliards par an au patronat au seul titre du Crédit d’impôt pour lé compétitivité et l’emploi( CICE). Surtout que 20% de cette somme a été consommée par des entreprises commerciales comme Leclerc, Carrefour, Auchan, Casino et quelques autres. Des entreprises commerciales  qui ont la double particularité de ne produire aucune richesse mais d’exiger de leurs fournisseurs qu’ils leur restituent, sous forme de baisse de prix, l’équivalent de la moitié de la somme que ces entreprises ont perçu au titre du CICE pour être référencés dans les magasins.

Il faut enfin se souvenir que si les taux d’intérêts sont très bas en France et en Europe, c’est parce que la Banque centrale européenne (BCE) n’en finit pas de prêter de l’argent aux banques sans intérêts au point que nos dirigeants jugent désormais normal de ne plus rémunérer l’épargne populaire. Tout ça pour atteindre en 2016 une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 1,2% comme en 2015. En intégrant dans ce PIB les réparations consécutives aux inondations de cet été comme le coût des accidents de la route et d’autres  dépenses du même type anormalement comptées comme créatrices nettes de richesses dans le calcul de l’évolution du PIB par l’INSEE.     

Journaliste et auteur
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