Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 08:57

Jean-Luc Fichet va donc quitter la présidence de Morlaix-Communauté qu'il occupait depuis 2014 pour réintégrer le Sénat.

Pas sûr au vu de ses votes au Sénat dans les premières années du quinquennat Hollande et de ses prises de position pendant les Primaires Socialistes et à l'issue de celles-ci, plutôt favorables à la ligne Valls, qu'il appuie au Sénat une opposition à la ligne néo-libérale du pouvoir Macron-Edouard Philippe. 

En tout cas, comme président de Morlaix-Communauté, poste qu'il avait brigué au dernier moment contre Marc Madec à la suite de la perte de son mandat de sénateur, il n'aura pas favorisé suffisamment de notre point de vue la défense et le développement des services publics, le contrôle de l'argent public dans l'aide aux entreprises, la prise de décision démocratique et transparente impliquant tous les élus communautaires, et cherchant à consulter les citoyens. 

Nous espérons que le successeur de Jean-Luc Fichet à la tête de Morlaix-Communauté sera guidé par une volonté de gérer la collectivité dans le respect de la démocratie et selon des orientations vraiment à gauche, en rupture avec l'austérité et les politiques pro-business, respectueuses de la diversité des points de vue et soucieux de mettre les élus communautaires en position de responsabilité. 

Ismaël Dupont, élu communautaire du Front de Gauche.   

Jean-Luc Fichet de retour au Sénat en remplacement de François Marc (Le Télégramme et Ouest-France, 20 juillet 2017)

À la rentrée, il rentrera au Sénat, après trois ans d'absence. Jean-Luc Fichet, actuel président de Morlaix communauté et maire de Lanmeur, a été désigné par le sénateur du Finistère, François Marc, pour prendre son relais en septembre, pour raisons de santé. 

Le courrier a circulé parmi les maires et les élus territoriaux du département. L'actuel sénateur du Finistère, François Marc, a annoncé qu'il se retirerait de ses fonctions parlementaires, à la fin du mois de septembre. « J'ai été conduit à prendre cette décision en raison de problèmes vertébraux récurrents », a justifié François Marc. Et pour prendre son relais, il a désigné Jean-Luc Fichet, « qui figure en troisième position sur la liste ayant obtenu deux sièges, lors des élections sénatoriales de 2014 ». 

Une annonce « soudaine » 
L'actuel maire de Lanmeur a déjà siégé comme sénateur, entre 2008 et 2014, avant de prendre la présidence de Morlaix communauté. « C'est soudain pour moi, je n'aurais pas imaginé redevenir sénateur », explique Jean-Luc Fichet. « J'étais dans la trajectoire de Morlaix communauté, qui me plaît beaucoup. Toutefois, je connais bien le Sénat, et suis heureux et intéressé pour reprendre cette fonction de parlementaire. Il y aura à s'exprimer sur beaucoup de sujets intéressants ». 

Quid de Morlaix communauté ?
 
« Une fois la désignation officielle faite, j'enclencherai ma propre démission de la mairie et de Morlaix communauté », affirme Jean-Luc Fichet, qui s'était fermement prononcé en faveur du non-cumul des mandats. Pour autant, il souhaite rester toujours autant en lien avec son territoire. « Les gens me connaissent, et je crois que c'est une des choses qui m'est reconnue : je suis proche de mon département et du territoire. À Morlaix communauté, nous avons écrit un projet, une feuille de route. Tous les dossiers m'ont passionné, particulièrement celui de l'aménagement de la gare ou de la Manufacture. J'ai présidé pendant trois ans une collectivité sereine, je n'ai aucun doute que mon successeur continu
era dans cette direction, avec sa patte ».L'élection du nouveau président se fera après la démission de Jean-Luc Fichet, par les membres du conseil communautaire.

Les réactions des élus 
Agnès Le Brun. Le maire de Morlaix a réagi dans un communiqué, formant le souhait que « seul l'intérêt général nous guide », « à l'heure où la solidarité territoriale est plus que jamais nécessaire pour préserver la vitalité des territoires ». Concernant un éventuel intérêt pour la présidence, Agnès Le Brun n'a pas formulé de candidature, pointant, toutefois, que « factuellement et statistiquement, c'est une anomalie de ne pas avoir de ville centre présidente d'une agglo ». Françoise Raoult. 
Élue de Saint-Thégonnec-Loc-Éguiner, Françoise Raoult s'est dite « assez fière que Jean-Luc Fichet se retrouve dans cette situation ». « Il est un peu tôt pour faire des pronostics, il faut discuter, mais la logique voudrait que ce soit le premier vice-président qui reprenne la main. Il est important qu'il y ait une continuité », appuie la deuxième vice-présidente de Morlaix communauté. Thierry Piriou. Pour le maire de Pleyber-Christ et premier vice-président de Morlaix communauté, « c'est encore un moment fort au conseil, un nouveau président et un nouveau bureau à venir. Tout est envisageable, je pourrais imaginer reprendre cette responsabilité, cela pourrait m'intéresser », formule l'élu pleybérien, pour qui Jean-Luc Fichet « a su concilier les différents éléments pour l'intérêt collectif, et fera un bon sénateur avec son expérience ».
 
 
 

Le Télégramme - Morlaix 

 

François Marc quitte son siège au Sénat
 
Jean-Luc Fichet de retour au Sénat
Partager cet article
Repost0
19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 08:47
Le Sénat adopte le projet de loi antiterroriste qui doit inscrire dans la loi commune l'état d'urgence, les élus communistes ont voté contre cette atteinte aux libertés fondamentales et ce renforcement de l'appareil répressif
Le Sénat adopte le projet de loi antiterroriste en première lecture

 

Le Télégramme, 19 juillet 2017: 

Le Sénat, à majorité de droite, a entamé, hier, l'examen du nouveau projet de loi antiterroriste voulu par le gouvernement pour remplacer, le 1 e r novembre, le régime exceptionnel de l'état d'urgence en pérennisant et en inscrivant dans le droit commun certaines de ses mesures. Parmi elles, la possibilité pour les préfets et le ministre de l'Intérieur d'assigner des individus dans un « périmètre géographique déterminé » et de perquisitionner de jour comme de nuit, disposition jusqu'ici indissociable de l'état d'urgence.

Inquiétude de plusieurs associations


Après son passage au Sénat, le texte sera transmis à l'Assemblée nationale pour un débat prévu en octobre. Le gouvernement souhaitant une adoption rapide, il a demandé la procédure accélérée, c'est-à-dire une seule lecture par chambre. « Nous allons combattre le texte dans son ensemble », a annoncé le numéro un du PCF, le sénateur Pierre Laurent, sur France Inter. « Le gouvernement dit qu'il faut sortir de l'état d'urgence mais, en vérité, il le rend pérenne en organisant la limitation des libertés publiques », a-t-il accusé. Plusieurs organisations, dont Amnesty International France ou la Ligue des Droits de l'Homme ont appelé les parlementaires « à ne pas se laisser abuser par l'idée que la France va sortir d'un régime d'exception, alors même qu'il s'agit de l'inscrire dans le marbre de la loi permanente ». Emmanuel Macron avait promis, devant le Congrès à Versailles, que les « mesures renforcées » pour la lutte antiterroriste seraient placées « sous la surveillance du juge judiciaire », afin de répondre à l'inquiétude de nombreux défenseurs des libertés face aux pouvoirs accrus de la justice administrative.

Le projet de loi antiterroriste, qui doit remplacer l'état d'urgence, a été adopté par le Sénat cette nuit.

Le Sénat a adopté dans la nuit de ce mardi à ce mercredi le nouveau projet de loi antiterroriste voulu par le gouvernement pour remplacer, au 1er novembre, le régime exceptionnel de l'état d'urgence en pérennisant et en inscrivant dans le droit commun certaines de ses mesures. L'ensemble de la droite sénatoriale LR et centriste, majoritaire, mais aussi les sénateurs En Marche et ceux du RDSE, à majorité PRG, soit 229 élus, ont voté en première lecture pour ce texte qui sera débattu en octobre à l'Assemblée nationale. En revanche 106 ont voté contre : les socialistes, les communistes et deux anciennes membres du groupe écologiste désormais disparu, Aline Archimbaud et Esther Benbassa. 

 

Les modifications de la commission des Lois validées

 

Le Sénat a validé les modifications apportées au projet de loi par sa commission des Lois en mettant en avant la défense des libertés publiques. Les sénateurs ont limité dans le temps, au 31 décembre 2021, l'application des dispositions permettant de prendre des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance et de procéder à des visites domiciliaires et des saisies, comme l'avait proposé leur commission. Le projet de loi initial ne fixait pas de date limite. Les sénateurs ont aussi prévu une évaluation annuelle de l'utilité de ces dispositions.

 

Ils ont également circonscrit l'usage des périmètres de protection aux abords de sites soumis au risque d'attaques terroristes. Ils ont aussi renforcé les garanties relatives à la vie privée, professionnelle et familiale des personnes contrôlées au sein de ces périmètres. Le projet de loi pérennise par ailleurs le système de suivi des données des dossiers de passagers aériens (PNR) et autorise la création d'un nouveau traitement automatisé de données à caractère personnel pour les voyageurs de transports maritimes. Il instaure un nouveau cadre légal de surveillance des communications hertziennes et élargit les possibilités de contrôle dans les zones frontalières. 

En séance publique, le Sénat a proposé des mécanismes d'évaluation et d'encadrement des associations de prévention et de lutte contre la radicalisation, et autorisé les agents des services de sécurité de la SNCF et de la RATP à transmettre en temps réel les images captées par leurs caméras individuelles lorsque leur sécurité est menacée.

 

Partager cet article
Repost0
19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 08:32
libération de Morlaix (photo publié par Ouest-France)

libération de Morlaix (photo publié par Ouest-France)

Avec Jean-Pierre Hervet, on partage une commune passion d'amateurs pour l'histoire, et en particulier l'histoire locale de la seconde guerre mondiale.

Comme il a vu que j'avais déjà publié plusieurs articles sur "Le Chiffon Rouge" sur la résistance et la collaboration dans la région, et que nous nous connaissions déjà, ayant pris des cours de breton ensemble à KLT, il m'a fait lire son article pour le journal municipal de St Martin sur les semaines de la Libération à Saint-Martin des Champs et Morlaix et accepté que je le publie dans "Le Chiffon Rouge" car il est fort intéressant. 

Bonne lecture!

Ismaël Dupont   

 

Lire aussi: 

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

Résistance et répression des communistes brestois de 1939 à 1943 (à partir des souvenirs et des enquêtes d'Eugène Kerbaul, résistant communiste)

Persécutions et déportations des juifs du Finistère:"Sur les traces perdues d'une famille juive en Bretagne" par Marie-Noëlle Postic Coop Breizh, 2007)

 

Partager cet article
Repost0
19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 05:44

Le Parti communiste français (PCF) a dénoncé mardi la gestion de l'enseignement supérieur et de la recherche français, critiquant un "système APB inefficace", mais également un budget à l'"insuffisance alarmante". Alors que 86 969 jeunes se trouvaient toujours sans affectation à l'université à la mi-juillet, selon des chiffres du ministère publiés samedi, le parti communiste, par l'intermédiaire de sa "commission Enseignement supérieur et recherche", a déploré dans un communiqué la situation des diplômés "empêchés de s'engager dans des études universitaires auxquelles leur succès au baccalauréat devrait leur ouvrir la voie". "Certes, le système d'affectation 'APB' est inefficace", a écrit le PCF, "mais c'est avant tout le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche (...) dont l'insuffisance de plus en plus alarmante est dénoncée par l'ensemble des acteurs (...) qui devrait permettre de répondre aux aspirations des jeunes", a-t-il poursuivi.

Pointant du doigt la responsabilité du "libéralisme de Macron et du Medef", le parti d'opposition appelle à ce que "tout projet d'avenir pour notre pays" passe "par le développement sans frein de la recherche, de la qualification et de la créativité des travailleurs et des citoyens".

"Ce n'est pas l'objectif des politiques soumises au dogme de la baisse de la dépense publique", décrie-t-il encore.

 

10% des titulaires du baccalauréat 2017 sont aujourd’hui dans l’attente d’une inscription dans une formation supérieure. Dans l’attente, voire empêchés de s’engager dans des études universitaires auxquelles leur succès au baccalauréat devrait leur ouvrir la voie, et leurs capacités la possibilité d’y réussir !

Voilà, au-delà des promesses électorales, la réponse que le libéralisme de Macron et du MEDEF apporte aux jeunes.

Certes le système d’affectation « APB » est inefficace. Mais c’est avant tout le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche, celui des universités, dont l’insuffisance de plus en plus alarmante est dénoncée par l’ensemble des acteurs et usagers de l’ESR, qui devrait permettre de répondre aux aspirations des jeunes à la formation et au partage des connaissances. Des milliards d’euros sont dilapidés, détournés de la satisfaction des besoins sociaux, ainsi les milliards du Crédit Impôt Recherche , alors que tout projet d’avenir pour notre pays, pour notre monde, passera, on le sait, par le développement sans frein de la recherche, de la qualification et de la créativité des travailleurs et des citoyens.

Ce n’est pas l’objectif des politiques soumises au dogme de la baisse de la dépense publique !

Tout au contraire, leur seul horizon est celui du malthusianisme et de la sélection sous toutes ses formes. Si le tirage au sort suscite l’indignation, n’oublions ni l’impitoyable sélection sociale que cache (mal) l’éloge du « mérite » ni les processus de sélection de plus en plus précoces et insidieux auxquels ont recours les établissements, parfois au nom de la réussite des jeunes.
La réussite pour tous, voilà ce qui doit demeurer l’objectif de tous les progressistes. Plus de bacheliers, plus d’étudiants dans les universités, c’est une très bonne nouvelle, ce devrait être une promesse, un espoir, une dynamique de progrès social, culturel, scientifique.

Notre pays en a les moyens, tant par les richesses produites que par la qualité de son service public d’ESR et les talents de sa jeunesse. Avec les jeunes, les étudiants, avec les enseignants et enseignants chercheurs, les communistes mettront toute leur énergie pour donner réalité à cette exigence.

Partager cet article
Repost0
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 19:00

  •  
331 millions en moins dans le supérieur: l’adieu à la démocratisation de l’université
 PAR 

Le gouvernement coupe 331 millions d’euros dans le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ces coupes viennent accentuer la création de deux universités : celle de l’excellence et celle du tout-venant.

« Ça n’aura pas tenu trois mois », soupire Hervé Christofol, secrétaire général du Syndicat des enseignants du supérieur (Snesup), en référence à la promesse d’Emmanuel Macron. Lui président, il devait sanctuariser le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mais jeudi 13 juillet dernier, l’Agence France-Presse publiait en avant-première des décrets gouvernementaux d’annulation de crédits destinés à la mission interministérielle recherche et enseignement supérieur. La coupe s’élève à 331 millions d’euros, sur un budget de 27 milliards d’euros, et se ventile ainsi : 81,6 millions pour l’enseignement scolaire, 95 millions pour les universités, 46 millions pour la vie étudiante, et le reste de l’effort pour les différents domaines de la recherche. En 2016, la France arrive au 16e rang dans le classement, en fonction des pays, des dépenses annuelles par étudiant. « Alors que nous sommes la 6e puissance mondiale », se désespère le syndicaliste.

Cédric Villani, mathématicien décoré par la médaille Fields, dénonçait en 2016 le « suicide scientifique et industriel » de la France, alors qu’un décret similaire supprimait 256 millions d’euros de crédits. En 2017, élu député, il défend les mesures d’austérité du gouvernement qu’il soutient. En expliquant d’abord que les coupes concernant le périmètre de l’ESR strict ne s’élèvent qu’à 180 millions d’euros, le reste portant sur des programmes ministériels ; ensuite que sur ces 180 millions d’euros, 160 millions sont ponctionnés sur les « réserves de précaution », des crédits votés dans le budget, gelés pour pouvoir être débloqués en cas de situation exceptionnelle et dont, la plupart du temps, les universités ne voient pas la couleur. Resteraient donc 20 millions d’économie « bien répartis sur l’ensemble de la communauté de l’ESR ». « La situation budgétaire de l’ESR reste meilleure qu’en 2016, puisque le budget 2017 représentait une augmentation de 750 millions d’euros par rapport à 2016 », conclut le mathématicien, pour qui moins par moins égale plus. 

« Une douzaine d'universités dans une situation critique »

Les coupes dans les crédits viennent aggraver une situation déjà critique. Avant celles-ci, les universités devaient, à moyens constants, absorber l’arrivée de 40 000 étudiants supplémentaires par rapport à l’année précédente – ce qui pourrait justifier l’édification de deux nouvelles universités. Ajoutons à cela l’augmentation mécanique de la masse salariale : les travailleurs de l’université vieillissent, leurs salaires progressent, ils coûtent donc plus cher. Sans oublier l’inflation, qui renchérit le coût des locaux et de leur entretien. « En 2009, la loi LRU a donné l’autonomie aux universités : chacune avait désormais son budget. Mais l’État n’est pas venu financer l’augmentation des coûts, ce qui fait que l’université doit chaque année puiser dans son propre fonds de roulement : en 2010, il s’élevait à 28 millions d’euros, en 2014-2015, il n’était plus que de 2 millions d’euros. Il y a eu un plan d’austérité local, et chaque étudiant a perdu environ une semaine de cours », détaille Raphaël Aupied, militant à l’UNEF à Paris-I. « Une douzaine d’universités sont dans une situation critique ou très critique au niveau budgétaire, à la limite de la mise sous tutelle. Leur seule solution pour revenir dans le vert, c’est de geler les postes », explique à son tour Hervé Christofol. Les universités devront désormais faire face avec encore moins d’argent.

Ce qui provoque logiquement une dégradation des conditions de travail et d’accueil. Du côté des jeunes professeurs d’abord : « Combien sont-ils sans poste, recrutés sur contrat de vacation, dont certains ont des profils hallucinants et qui officient sur des postes de maîtres de conférences à temps plein, payés au SMIC ? », interroge Laurence de Cock, professeure en sciences de l’éducation. Mais surtout, pour les étudiants. Exsangues, les universités instituent des « capacités d’accueil » au-delà desquelles elles refusent les inscriptions. Jusque-là, la sélection était interdite : l’accès à l’université est un droit pour tous les bacheliers, quel que soit leur cursus. Les universités ont donc préféré utiliser le tirage au sort. L’arbitraire par essence. En comparaison, l’injustice d’une sélection par des tests ou par l’argent – par n’importe quoi, en vérité – paraît moins insupportable. Cette année, les 87 000 bacheliers qui sont encore, après le 3e round d’affectation du logiciel admission post-bac, sans place à la fac pour la rentrée, constituent une aubaine pour enfin instituer la sélection à l’université. Une concertation s’ouvrait hier après-midi, au cours de laquelle la ministre Frédérique Vidal allait proposer, comme elle l’annonçait sur les ondes le matin même, une sélection sur la base de « prérequis ».

Le jeu de la rentabilité économique

« On institue une différenciation entre les établissements. D’un côté, ceux qui le peuvent institueront des frais d’inscription élevés, assurant ainsi le financement pour un enseignement de qualité, un grand nombre d’heures de cours, un accès facile au professeur, la possibilité d’une recherche de haut niveau. Et de l’autre, des filières gratuites, dans lesquelles les élèves seront sélectionnés à partir de prérequis, pas forcément de leur choix, avec des conditions d’étude impossibles », affirme Hugo Harari-Kermadec, enseignant à l’ENS-Cachan et coauteur de l’ouvrage collectif Arrêtons les frais !. « En se désengageant, l’État organise une université à plusieurs vitesses, celle de l’excellence et celle du tout-venant », confirme Hervé Christofol.

Car si les crédits alloués à l’enseignement supérieur et à la recherche diminuent, ils existent. C’est leur distribution qui pose problème : « L’argent public est dirigé vers les établissements élitistes, “d’excellence”, qui se conforment aux critères de Shanghai pour pouvoir être attractifs au niveau international. Or, ces critères sont diamétralement opposés à l’idée de proposer un cursus universitaire à l’ensemble des néobacheliers », poursuit le chercheur. « L’idée de la démocratisation de l’enseignement supérieur, celle de permettre à chacun de choisir, et non de subir sa destinée professionnelle, n’est même plus une coordonnée du fonctionnement académique français », constate Laurence de Cock.

Liquéfaction des collectifs étudiants

Le 18 juillet, Michael Matlosz, président de l'Agence nationale de recherche, donnait sa démission. Coïncidence ? « La Ministre et le président ont convenu qu’après une période de restructuration indispensable, une nouvelle impulsion devait être donnée maintenant à l’action de l’agence », indique le communiqué de presse. Pourtant, aucun remplaçant n'avait été prévu pour le poste. Patrick Montfort, responsable du Syndicat national des chercheurs scientifiques, est satisfait que le gouvernement épargne cette fois-ci les grands organismes de recherche. Mais tout de même : « Ces coupes feront que des projets ne seront pas financés. On nous avait enfin donné 750 millions d’euros à la fin du quinquennat Hollande, et voilà qu’à peine élu, Macron nous les reprend, alors que nous avons besoin de ces fonds ! » Le désengagement de l’État induit bien un changement d’orientation dans la recherche française. « Il n’y a plus de budgets constants pour les laboratoires. C’est l’ANR qui distribue les finances en fonction des projets. Un des principaux critères est celui de la viabilité économique », affirme Raphaël Aupied. Or, au jeu de la rentabilité économique à court terme, la recherche appliquée l’emporte toujours sur la recherche fondamentale. 

Dernier problème, celui des coupes dans les financements de la vie étudiante. « La formation universitaire est aussi une formation entre pairs. La sociabilité étudiante a formé des générations entières d’acteurs politiques. Cela participe aussi à la démocratisation : quand un gamin d’un milieu populaire arrive à la fac, où peut-il se mélanger, faire sa première expérience de mixité sociale ? J’assiste, dans les universités où j’officie, à une véritable liquéfaction des collectifs étudiants », reprend Laurence de Cock.

Après un tel été, la rentrée sera une occasion de mesurer la vitalité de ces organisations étudiantes.

Partager cet article
Repost0
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 16:26
Université d'été du Parti Communiste - 25, 26, 27 août: adhérents du PCF dans le Finistère, inscrivez vous!

DU 25 AU 27 AOÛT 2017, ANGERS ACCUEILLE L'UNIVERSITÉ D'ÉTÉ DES COMMUNISTES.

Au terme d'un cycle électoral qui transforme radicalement le paysage politique, c'est une occasion précieuse de prendre le temps de faire le point, de prendre le temps de comprendre les profondes mutations politiques, économiques, sociales à l'œuvre dans notre pays. C'est entrer dans la connaissance fine des mauvais coups préparés par Emmanuel Macron et se préparer à y résister avec force.

C'est aussi penser le dépassement du capitalisme et les voies les plus pertinentes en la matière dans la période qui s'ouvre. Le Parti communiste est en effet engagé dans un grand travail collectif pour penser à nouveaux frais son fonctionnement, ses buts, sa stratégie : l'université d'été 2017 sera une immense agora mettant à son ordre du jour la transformation du Parti pour mener efficacement la lutte de classes du XXIe siècle.

L'université d'été, c'est enfin 3 jours de découvertes, de Dante au Capital, de la physique des particules à Lord Byron, des luttes de classes médiévales aux comètes et météorites en passant par le centenaire d'Octobre ou le 75e anniversaire de l'assassinat du philosophe martyr Georges Politzer, fusillé au Mont-Valérien.

Inscrivez-vous vite : le prix des billets de train augmente rapidement…

NB : Depuis l'année dernière, l'université d'été est ouverte aux familles. Les enfants (à partir de 6 ans) peuvent en effet être confiés à des professionnels agréés. Signalez-le lors de votre inscription.

L'an passé, nous étions 10 militants communistes finistériens à l'université d'été du PCF à Angers. 

Cette année, l'objectif est d'abord une participation plus grande encore: pour l'instant 9 camarades sont partants. 

Cette année encore, le programme (voir pièce jointe) de l'université d'été, du vendredi 25 août, 13h, au dimanche 27 août, 12h, est particulièrement riche. 

Participer à l'université d'été du PCF est pour tout adhérent une expérience particulièrement enrichissante, un grand moment de formation, de fraternité, d'échanges avec des camarades de toute la France, montrant la diversité et la richesse d'un Parti qui compte 97 ans d'histoire, des milliers d'élus, 56 000 adhérents à jour de cotisation, une ambition intacte pour transformer la société et la rendre plus juste. 

Pour vous inscrire, passez directement par l'inscription individuelle sur internet, tout en prévenant Ismaël Dupont, secrétaire départemental, si vous êtes adhérent finistérien:

dupont.ismael@yahoo.fr  

La fédération du Parti Communiste Français du Finistère prendra en charge la moitié des frais de pension pour les 3 jours pour les adhérents.  

Université d'été du PCF

Partager cet article
Repost0
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 12:01
Emmanuel Macron confirme l'austérité pour les collectivités (communiqué du groupe communiste, républicain, citoyen au Sénat- 18 juillet 2017)
Emmanuel Macron confirme l’austérité pour les collectivités

mardi 18 juillet 2017

Deux axes ont dominé l’intervention prudente mais volontaire d’Emmanuel Macron, la volonté de poursuivre l’adaptation des territoires à la mondialisation libérale en lien avec la réforme de la taxe d’habitation et l’annonce d’une ponction sur cinq ans de 13 milliards sur les collectivités.

Comment ne pas voir que l’incitation au regroupement prôné explicitement par E. Macron vise implicitement les communes et les départements ?

C’est un lourd danger pour la démocratie car ces deux institutions sont cruciales et pour le lien de proximité avec la population et pour le maintien et le développement des services publics.

Depuis les lois Sarkozy poursuivies par F. Hollande, l’objectif est clair : accompagner la mondialisation de l’économie par la réforme institutionnelle.

Les règles de cette mondialisation doivent prévaloir : mise en concurrence des territoires, leur mise au service de « l’économie » c’est-à-dire des entreprises, rentabilité et productivité en matière de services publics.

Le nouveau monde serait en fait la restauration de l’ancien, l’argent qui domine tout, régit tout, décide de tout, y compris en matière d’organisation des territoires.

La réforme de la taxe d’habitation qui fait couler beaucoup d’encre apparaît comme une arme au service de cette ambition de dérégulation institutionnelle.

L’avantage fiscal apparaît fort limité et le flou demeure sur le nombre de personnes concernées. Ce qui sera donné parcimonieusement d’une main sera repris massivement de l’autre : CSG, baisse du pouvoir d’achat et nouveaux frais liés à l’épuisement du service public. M. Macron a d’ailleurs bien confirmé que les fonctionnaires sont dans sa ligne de mire. La remise en cause de la taxe d’habitation dont les sénatrices et sénateurs communistes prônent depuis longtemps une réforme en profondeur et le plan d’économies de 13 milliards sur le budget des collectivités portera un coup dur aux finances des collectivités locales, à leur autonomie reconnue par la Constitution. Cette cure d’austérité sur la mode des purges des médecins de Molière répond au dogme de la réduction des dépenses publiques sans se soucier le moins du monde de la satisfaction des besoins de la population.

Le nouveau monde de M. Macron et consorts ressemble donc beaucoup à une agression tous azimuts contre le modèle social français.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC s’y opposeront de toute leur force.

Partager cet article
Repost0
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 11:53
Un numéro de la revue Espaces Marx sur le sociologue Michel Simon, militant du Parti Communiste dans le Nord, puis dans le Finistère, disparu en 2013
Un numéro de la revue Espaces Marx sur le sociologue Michel Simon, militant du Parti Communiste dans le Nord, puis dans le Finistère, disparu en 2013
Le 11 septembre 2013, notre camarade Michel Simon, sociologue et militant du Parti Communiste, adhérent dans le sud-Finistère pour ses dernières années de militantisme, nous quittait à 87 ans. 
 
La revue Espaces Marx lui consacre un numéro spécial. 
 
Vous trouverez le descriptif de la revue et le bon de livraison si vous voulez l'acquérir. 
 

Revue Espaces Marx n°36-37   Hommage à Michel SIMON

 

                                                                                                                                                                        pages

ÉditorialPhilippe Rousseau_______________________________________________________________3

 

HOMMAGE à Michel SIMON,

  •  Introduction Roland Delacroix _________________________________________________________8
  • Entretien avec Guy MICHELAT Roland Delacroix________________________________________10
  • Le peuple, la crise et la politique. Rencontre-débat animée par Michel Simon le 17 juin 2011.____  26
  • Souvenirs et témoignages de Liane Ansart, Christian Baudelot, Alain Bocquet, Roland Delacroix,  Didier Demazière, François Dumez, Ismaël Dupont, Dominique Duprez, Jean Gadrey,                     Nicole Gadrey, Michel Laurent, Claude Lelièvre, Michel Maso, Jacques Michon, Jacques Milhau,                                Jean-Jacques Potaux, Françoise Renversez, Francis Tiédrez, Jean-YvesTrépos___________________50
  • Les écoles du PCF, un espace d’enchantement militant pour des intellectuels. Notes à partir d’un   entretien  réalisé avec Michel SIMON Nathalie Ethuin_____________________________________  93       
  •  Conversation avec Michel SIMON Jacques Lemière______________________________________ 100
  •  Bibliographie établie par Roland Delacroix et Guy Michelat________________________________ 146

 

 

MOUVEMENTS SOCIAUX, COMPORTEMENTS POLITIQUES. QUOI DE NEUF?

  • Le retour de la lutte des classes. Quoi de neuf ? Jean Lojkine________________________________156                  
  • Les catégories populaires sont devenues un problème pour la gauche  Rémi Lefebvre___________  162
  • La difficile modernisation d’une vieille organisation : le cas de l’Union départementale de la CGT    du Nord (1990-2016)  Régis  Matuszewicz_________________________________________________182

 

LÉO FERRÉ

  • Léo FERRÉ et le refus de tout pouvoir  Robert Horville ____________________________________ 208    

          

  • Notes de lecture Robert Horville, Pierre Outteryck_________________________________________  234

 

Bon de commande

 

Je désire recevoir le numéro-double 36-37, soit 20€×____exemplaire(s ) =________€

 

Hors arrondissement de Lille : + 6,80€ de frais de port  pour des commandes  de un à trois exemplaires

 

Nom_________________________________________________Prénom______________________________

 

Adresse____________________________________________Code postal_____________________________

 

Chèque à l’ordre de « Espace Marx Nord/Pas-de-Calais »

 

Bulletin et règlement à envoyer à l’adresse suivante : « Revue Espaces Marx », 6 bis rue Roger Salengro, 59260 Hellemmes-Lille.

 

 

 

 

 

 
 
Article de l'Humanité - mercredi 11 septembre - par Dany Stive
 
Le sociologue Michel Simon, militant communiste infatigable, est décédé
 
Durant toute sa vie, Michel Simon a conjugué un travail intellectuel rigoureux et une conviction communiste profonde. Collaborateur apprécié et assidu de la presse communiste, il est décédé dans sa 87e année, fidèle à un engagement forgé en pleine guerre froide.
En 2006, Michel Simon se retournant sur le chemin parcouru, s'interrogeait dans un texte publié sur le site de la Fondation Gabriel Péri: "Peut-on avoir été membre du Parti communiste français (ou pire, l'être resté) et avoir satisfait (ou satisfaire) aux normes d'autonomie critique hors desquelles il n'y a pas de posture intellectuelle authentique?" Avec sa rigueur et sa franchise habituelles, il s'imposait dans la foulée une règle interdisant toute complaisance: "Conscient des ruses d'une mémoire portée à l'autojustification, je m'appuieai exclusivement sur des textes que j'ai publiés ès qualités dans des organes communistes". Quelques lignes plus loin, le sociologue lance: "En 1951, dans le climat d'extrême tension qui régnait alors (on était au paroxysme de la guerre froide), j'ai rejoint le PCF (à reculons, si j'ose dire) et je ne l'ai jamais regretté."
Pourtant, ni la sociologie ni l'engagement communiste ne relevaient de l'évidence pour lui? A l'Ecole normale supérieure qu'il intègre en 1947, Michel Simon était aussi "farouchement hostile à un collaborationnisme à dominante de droite" (le port de l'étoile jaune en 1942 fut pour lui une "expérience décisive structurante") qu'opposé au PCF. Alors que bien des collègues sont encartés au PCF, il ferraille contre eux, opposé aux "confiscations du pouvoir à l'Est" comme "au piétisme et à l'intolérance" de nombreux communistes. Le combat anticolonial, la solidarité avec les ouvriers en grève modifieront son approche. Le lien avec la classe ouvrière restera un fil rouge toute sa vie, dans son engagement comme dans son travail. De ses rencontres avec les ouvriers, il disait: "C'est peu de dire que j'ai beaucoup appris dans ces échanges...". 
Il était philosophe de formation, mais la sociologie prit de plus en plus de place dans sa réflexion. Il publie la Contribution de la psychanalyse à la compréhension des faits sociaux, sous la direction de Georges Davy, fréquente les cours de Lévi-Strauss et Leroi-Gourhan, collabore avec George Friedmann... Nommé professeur de philosophie à Nancy, puis prof de khâgne au lycée Faidherbe à Lille, il publie des articles relevant de la sociologie à la Nouvelle Critique et dans les Cahiers internationaux de sociologie. Il passe un an à la Sorbonne, et Raymond Aron patronne sa candidature au CNRS et, en 1969, il intègre l'Institut de sociologie de Lille où il créera le Centre lillois d'études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé). 
En 1966, il rencontre le sociologue Guy Michelat, avec qui il multipliera les travaux. Celui-ci se souvient: "Je travaillais alors dans une petite boîte privée qui faisait des enquêtes d'opinion dites qualitatives. Nous avions proposé nos services au PCF. Nous avons été reçus par Jacques Duclos, qui nous a déclaré qu'il nous faisait toute confiance mais en précisant qu'il serait bon que "quelqu'un de chez nous" suive nos travaux. C'était Michel Simon. Pendant plus de quarante ans, nous avons travaillé ensemble. Et nous avons bien rigolé, aussi!". 
Avec Michel Simon, la presse communiste perd un collaborateur assidu, observateur attentif de la société française". 
 
Partager cet article
Repost0
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 06:51
Les collectivités au régime sec: 13 milliards d'euros leur seront extorqués par Macron, s'ajoutant aux 10 milliards de réduction des dotations aux collectivités de Hollande! (Médiapart, 17 juillet 2017)
Les collectivités locales au régime sec
 PAR 

Le gouvernement demandera sur le quinquennat un effort de réduction des dépenses de 13 milliards d'euros, trois de plus que prévu par le candidat Macron. L'équation sera rendue plus périlleuse par l'exonération de la taxe d'habitation et le financement des promesses du nouveau président.

 

Afin de résoudre une équation budgétaire très délicate pour l’année 2018, le gouvernement va de nouveau compter sur un « effort » des collectivités locales. Le premier ministre Édouard Philippe l’a confirmé dans son discours d’ouverture, ce lundi 17 juillet au Sénat, de la « conférence nationale des territoires », une nouvelle instance visant à organiser le dialogue entre l’État et les collectivités locales.

Cette première édition d’une conférence destinée à devenir bisannuelle aura été l’occasion pour le gouvernement de saler encore davantage la facture à venir pour les collectivités locales, qui vont être fortement mises à contribution dans l’effort de baisse des dépenses publiques. « Les collectivités territoriales doivent prendre leur part à cet effort et cet effort sera globalement important », a prévenu le chef du gouvernement avant que son ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, n’annonce que ce ne seront pas 10, comme prévu dans le programme d’Emmanuel Macron, mais 13 milliards d’euros de dépenses de fonctionnement qui seront exigés des autorités locales durant le quinquennat.

Outre cette baisse des dépenses, les collectivités locales devront faire face à l’exonération de la taxe d’habitation pour 80 % des contribuables en trois ans à partir de 2018 comme l’a imposé la semaine dernière, à l’issue d’un épisode confus, le président de la République. C’est un manque à gagner de 10 milliards d’euros sur trois ans pour les territoires. Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a promis que cette réforme serait compensée « à l’euro près ». Mais cette parole rassurante sera-t-elle convaincante ? Rien n’est moins sûr.

Certes, Édouard Philippe a lancé un projet ambitieux de refonte globale de la fiscalité locale, « parce qu’une décentralisation assumée et intelligente passe par un système de finance locale rénové ». Et Emmanuel Macron, qui est intervenu dans l’après-midi, a promis une commission de réflexion sur la refonte de la fiscalité locale. L’idée serait donc, à terme, de recréer un système d’imposition locale plus juste que la taxe d’habitation, dont le mode de calcul est il est vrai assez baroque, pour assurer des ressources aux collectivités territoriales. Mais elle pourrait, en fait, passer par une renationalisation des ressources, puisque le président de la République a évoqué la possibilité d’attribuer une part de la CSG aux territoires et de renationaliser le RSA. Ce sera un enjeu majeur car, avec la baisse des recettes induite par la réforme de la taxe d’habitation, l’autonomie financière des collectivités assurée par la Constitution ne sera plus garantie. Elle ne le serait pas davantage par une contribution de la CSG. Du reste, Édouard Philippe a prévenu qu’il n’avait « aucun doute sur le fait que ce sera dur, que ce sera long ».

On comprend alors que les responsables locaux tremblent devant l’effort à réaliser et la difficulté de l’ajustement. Non sans raison. Ils ignorent si le gouvernement sera réellement en mesure de tenir sa promesse de compensation ou si cette promesse ne sera qu’un rideau de fumée dissimulant des baisses de dépenses imposées d’en haut et des baisses de dotations. Le recours massif à ce dernier levier, lors du précédent quinquennat, a créé des traumatismes : entre 2012 et 2016, les dotations de l’État sont passées de 52 à 41,4 milliards d’euros par an, soit un recul de 20,4 %. Certes, Édouard Philippe a refusé de suivre ce même chemin, indiquant que la conférence des territoires avait précisément pour ambition d’éviter le recours à ces baisses unilatérales pour mettre sur pied une stratégie de baisse des dépenses. Une volonté réaffirmée par Emmanuel Macron, qui a indiqué ne pas vouloir de « baisses brutales » des dotations, mais des « économies intelligentes à la main des collectivités ». Mais au bout du compte, ce changement de méthode n’entame en rien la logique en place. Il faudra faire autant avec moins et c’est bien l’État qui, de fait, donne le ton. Si les collectivités ne sont pas capables de le faire par la baisse de la dépense, alors les dotations seront coupées.

Du reste, l’augmentation de l’objectif de baisse des dépenses locales à 13 milliards d’euros foule déjà aux pieds les grands principes présentés par le premier ministre. En alourdissant de 3 milliards d’euros la facture, l’État ne fait rien d’autre que faire payer la première tranche de l’exonération de la taxe d’habitation par les collectivités locales elles-mêmes. À quoi bon « compenser » cette exonération, si les autorités locales devront réduire d’autant leurs dépenses ? On est donc là dans l’effet d’annonce, mais la réalité sera celle d’une nouvelle austérité budgétaire, violente pour les collectivités. Sur le précédent quinquennat, de façon globale, la dépense des collectivités locales a reculé d’un milliard d’euros. Il faudra donc désormais plus que décupler l’effort. On comprend l’inquiétude des élus locaux, qui ont saisi qu’ils seront en première ligne de l’ajustement budgétaire.

 

Emmanuel Macron a semblé faire croire que cet effort pourra se faire sur un meilleur fonctionnement de l’administration locale, qu’il ne s’agirait que de réaliser des« économies intelligentes » comme si seul le « manque d’intelligence » des collectivités locales leur ferait dépenser 13 milliards d’euros inutiles… C’est ici la construction d’un mythe de la réforme « douce » qui, sans rien changer aux réalités du terrain, permettrait de faire mieux en dépensant moins. La volonté de l’Élysée de supprimer deux normes pour en créer une va dans le même sens de « narration libérale » idéalisée : seule la bureaucratie empêche la consolidation budgétaire. Ces propos avaient déjà été tenus par le premier ministre dans son discours de politique générale. Mais ils ont du mal à résister aux faits : la bureaucratie française, pas davantage que le nombre des fonctionnaires, n’expliquent l’importance de la dépense publique en France. Et il est évidemment très optimiste de penser que l’on peut multiplier par 13 la baisse des dépenses locales sur un quinquennat en faisant des « économies intelligentes ». D’autant qu’il a affirmé ne pas vouloir réduire l’investissement local.

Et c’est bien là le problème majeur de la stratégie du nouveau gouvernement. Dissimuler la priorité qui a été donnée à la consolidation budgétaire derrière un discours plein de belles promesses, dont le financement concret et l’articulation dans la politique budgétaire globale ne sont jamais abordés. Ainsi, le président de la République n’a pas ménagé ses promesses d’investissement ce lundi : renforcer le lien de mobilité entre les villes et les espaces ruraux, achever le déploiement du très haut débit d’ici à 2020, ne plus fermer de classes dans les campagnes… Mais là encore, ces engagements très consensuels ouvrent de nombreuses questions. L’État viendrait-il compenser ponctuellement et en partie la baisse des dépenses qu’il impose, le choc en serait-il réellement réduit pour les pouvoirs locaux ? Qui financera l’effort financier de l’État ? Compte tenu de l’absence de marges de manœuvre budgétaires, seront-ce de nouvelles coupes dans d’autres budgets ou un report à des temps meilleurs à la fin du quinquennat ? Comment maintenir l’investissement local, déjà fortement réduit depuis 2014, tout en coupant les dépenses de 13 milliards d’euros ?

En définitive, la réalité semble devoir être fort lointaine de ces belles intentions. Derrière le voile d’une position « girondine » de bon aloi et d’une volonté de concertation par l’entremise de commissions, il y a la volonté d’une maîtrise financière de la part de l’État central qui pose l’objectif de réduction des dépenses, entend redistribuer un de « ses » impôts, la CSG, et reprendre le contrôle du RSA. Un mouvement qui n’est pas sans rappeler le cas de l’assurance chômage, laquelle devrait être nationalisée et sera sans doute mise à contribution pour réduire la dépense publique. La divergence entre des objectifs consensuels mais non financés et des exigences de réduction de dépenses publiques met en lumière l’indigence des premiers et la priorité donnée à la seconde. Et la décision de mettre en place, en parallèle, une politique de baisses d’impôts massives, globalement destinée aux plus riches donc économiquement peu efficace, renforce encore l’exigence d’austérité budgétaire.

Mais cette contradiction constante dans le discours gouvernemental entre promesses et austérité complexifie encore le jeu auquel se livre le gouvernement. Placé face à sa promesse d’augmenter le budget de l’armée après avoir décidé de le réduire pour 2017 de 850 millions d’euros, Emmanuel Macron a fait les gros yeux tout en promettantd’augmenter la dépense de la Défense d’1,5 million d’euros en 2018. Une hausse qu’il faudra financer ailleurs, puisque la dépense publique devra baisser de 15 à 20 milliards d’euros l’an prochain pour atteindre l’objectif de déficit du gouvernement. C’est aussi à cette aune qu’il faut apprécier les 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires demandées aux territoires… On a vu, du reste, de nouveaux postes d’économies pour 2017 émerger, comme celui de l’éducation supérieure. Ce cas de la Défense pourrait alors annoncer un mouvement plus vaste. En cherchant à dissimuler la violence de sa politique typique du néolibéralisme (consolidation budgétaire et baisses d’impôt) par des promesses vagues, le pouvoir exécutif risque de se retrouver dans l’obligation soit de compenser en permanence les « cadeaux » promis par de nouvelles coupes dans un numéro de voltige budgétaire constant, soit d’abandonner une à une ces promesses. Dans les deux cas, la gestion du processus s’annonce périlleuse, politiquement et économiquement.

Partager cet article
Repost0
18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 05:57
La page d'accueil du site Al-Qst, "Justice"

La page d'accueil du site Al-Qst, "Justice"

Arabie saoudite: «Ici, promouvoir la démocratie est un crime»
 PAR 

 

Alors que le royaume wahhabite entend durcir le blocus imposé au Qatar et affirmer ainsi sa domination sur la région, des militants saoudiens des droits humains dévoilent à Mediapart la vraie nature d’une tyrannie qui décapite au sabre et interdit aux femmes de sortir en public sans tuteur masculin.

 

« Vivre en Arabie saoudite, c’est d’abord savoir se taire. Affirmer en public ou sur les réseaux sociaux que vous êtes hostile à la guerre menée par le royaume au Yémen, ou manifester un doute au sujet de l’embargo infligé par l’Arabie saoudite et ses alliés au Qatar peut vous conduire en prison pour cinq à dix ans, en vertu de la loi antiterroriste, de la loi sur la cybercriminalité ou d’un décret de 2011 interdisant les rassemblements publics. » Il y a cinq ans, Yahya Assiri, était un jeune officier de l’armée de l’air saoudienne, riche et prometteur. Le jour, il travaillait aux contrats d’achats d’armes et d’équipements militaires du royaume. La nuit il débattait sous pseudonyme, sur Internet, de l’absence totale de démocratie dans son pays et de la situation désastreuse des droits de l’homme – et de la femme.

Désormais exilé au Royaume Uni, où il vient d’obtenir il y a deux mois l’asile politique, il dirige, depuis un modeste logement social, l’organisation Al-Qst – « Justice », en arabe coranique –, dont le site a déjà 42 000 usagers assidus. Il projette de mettre sur pied, à partir de cette initiative à laquelle ne travaillent que des compatriotes, une puissante organisation de la société civile saoudienne, en mesure de défendre les droits de l’homme et la démocratie, dont il est devenu un partisan ardent.

« Pendant des années, raconte-t-il, j’ai passé mes soirées et mes nuits, sous le pseudo d’Abou Fares et derrière l’avatar d’une photo de lion, sur des sites ou des forums à discuter de la politique du royaume, surtout en matière de lutte contre la pauvreté et le chômage. En 2009, je suis parti pour Londres, où je devais suivre une préparation en matière de logistique, avant la livraison à l’armée de l’air de nouveaux avions de combat britanniques Typhoon. J’avais le projet d’y rencontrer les dissidents saoudiens installés au Royaume-Uni.

 

Je les ai trouvés en proie à des querelles de personnes et à des débats qui ne me concernaient pas. J’étais et je reste attaché à deux principes fondamentaux : j’ai foi en la démocratie et les droits de l’homme, mais je pense qu’il n’y a pas de conflit entre ces valeurs et l’islam. Lorsque je suis rentré en Arabie saoudite, j’ai décidé que ce serait mon combat. En 2012, j’ai démissionné de l’armée de l’air et abandonné mon pseudo. Je pensais être arrêté, emprisonné. Cela ne s’est pas produit. J’ai simplement eu du mal à trouver un autre travail.

En 2013, je me suis inscrit à un cycle de cours sur les droits de l’homme à la Kingston University, à Londres, et je suis parti avec ma famille. Pour ne plus revenir. Car pendant que je préparais mon diplôme, des amis m’ont prévenu que le pseudonyme que j’utilisais lorsque j’étais militaire avait été découvert et que je risquais une très lourde peine de prison pour mon activité de militant. Pour des civils, la peine atteignait 10 à 15 ans de prison. Pour un militaire, elle risquait d’être beaucoup plus sévère. Je n’avais plus d’autre choix que de rester à Londres et de demander l’asile politique pour poursuivre mes études et mon travail militant. »

De passage à Paris, à l’invitation d’Amnesty International, Yahya Assiri reste discret sur ses filières d’information, mais il suit de très près ce qui se passe dans le royaume, où les partis politiques, les syndicats, les rassemblements publics sont depuis toujours interdits et où les défenseurs des droits de l’homme sont traités comme des terroristes. En mai 2016, le Tribunal spécial a condamné Abdoulaziz al-Shubaily, l’un des fondateurs de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), créée en 2009, mais officiellement dissoute par le gouvernement en 2013, à huit ans d’emprisonnement, suivis de huit ans d’interdiction de voyager et de communiquer sur les réseaux sociaux. Aux termes de la loi sur la cybercriminalité, il avait été déclaré coupable de diffamation et d’insultes à l’encontre de juges de haut rang. Il était aussi accusé d’avoir« communiqué avec des organisations étrangères » et fourni des informations sur les violations des droits humains à Amnesty International.

« Comme les organisations internationales de défense des droits humains ne sont pas autorisées à visiter les prisons, nous ne savons même pas exactement combien de nos camarades sont détenus, constate Waleed Sulais, hier directeur des ventes d’une compagnie de téléphone mobile à Riyad et blogueur sur des sites dissidents, aujourd’hui exilé en Allemagne, où il a demandé à bénéficier de l’asile politique. Nos seules sources sont les victimes elles-mêmes ou leurs familles, ou du moins les familles qui ne sont pas trop terrorisées pour fournir des informations. Nos estimations sont qu’il y a aujourd’hui entre 20 et 50 défenseurs des droits humains en prison. Mais il y en a sans doute davantage. »

En septembre 2010, alors qu’il faisait escale à l’aéroport de Bahreïn, Waleed Sulais a été interrogé par la police du petit royaume, allié et obligé de l’Arabie saoudite, sur ses activité et ses déplacements, et tous ses bagages ont été saisis. Il a été photographié et contraint de livrer les codes d’accès à ses deux téléphones mobiles et à son ordinateur portable. Autorisé à poursuivre son voyage vers Riyad trois heures plus tard, il a constaté que nombre de documents et de photos de son ordinateur avaient été ouverts et recopiés, ainsi que le contenu de ses deux téléphones.

« Il est vite devenu évident que si je voulais continuer à écrire des articles sur des forums et sur mon blog, et me concentrer sur la situation des droits humains en Arabie saoudite, la seule solution était de partir, sinon je serais rapidement arrêté emprisonné et réduit au silence. Je serais condamné en vertu des lois ou décrets qui assimilent notre militantisme à du terrorisme, de l’espionnage ou de la collaboration avec des puissances étrangères. Pour les gens qui nous jugent, il n’y a pas de différence entre ceux qui militent pour le salafisme et ceux qui réclament la démocratie. Tous sont des ennemis du royaume. »  

Avec Internet, les jeunes savent qu’on peut vivre différemment

« Les peines, pour les défenseurs des droits de l’homme, vont de 10 à 15 ans de détention, confirme Yahya Assiri. Il y a deux sortes de prisons dans le royaume. Les prisons pour les détenus politiques et les prisons pour les prisonniers de droit commun. Dans les prisons politiques, les conditions sont acceptables et la nourriture décente. Mais la torture y est fréquente. Dans les prisons de droit commun, où sont détenus la plupart des défenseurs des droits humains, car le régime ne veut pas qu’ils soient en contact avec les opposants politiques, il y a beaucoup de violence, de drogue, les bâtiments sont vieux et sales, et la nourriture immangeable.

Ce qui, dans cette situation épouvantable, nous donne un peu d’espoir et de courage, c’est l’attitude de la jeunesse. Par le passé, tout ce que disait et ordonnait le pouvoir était accepté, car tout était justifié par la religion. Et nous étions un pays isolé, fermé au reste du monde, qui ignorait tout ce qui se passait autour de lui. Avec Internet, la nouvelle génération sait qu’on peut vivre différemment, bénéficier de libertés dont nous n’avions même pas l’idée. Et beaucoup de jeunes Saoudiens, aujourd’hui, sont capables de mesurer le cynisme du pouvoir, de constater que l’État utilise la religion comme un outil pour imposer ses choix.

Depuis quatre ou cinq ans, le nombre de ceux qui ont ouvert les yeux est assez grand pour que le pouvoir commence à en tenir compte. Voire exceptionnellement à lâcher du lest. L’année dernière, en avril, le conseil des ministres a promulgué de nouvelles directives qui ont réduit les pouvoirs du Comité pour la propagation de la vertu et la prévention du vice – la “police religieuse”. Elles interdisent notamment à ces policiers d’arrêter des gens, de prendre des suspects en filature et de contrôler leur identité. Ce n’est pas énorme, mais c’est un début. 

Comme la police religieuse a été privée d’une partie spectaculaire de ses pouvoirs, ses excès sont de moins en moins évoqués dans les médias occidentaux. Ce qui est excellent pour le régime. Mais la violence reste au cœur de notre société. Au cœur même des familles. Il n’y a toujours aucune protection pour les femmes dans notre système judiciaire. Vous pouvez être certain que si une femme dépose plainte pour violence demain contre son père ou son mari, la justice, donc le gouvernement, tranchera en faveur du père ou du mari. La loi, chez nous soutient toujours l’homme contre la femme. »

Aux termes de la loi, rappelle le dernier rapport annuel d’Amnesty International, les femmes sont subordonnées aux hommes en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et d’héritage. Elles ne peuvent accéder à l’enseignement supérieur ni exercer un emploi rémunéré ou se rendre dans un pays étranger sans l’autorisation de leur tuteur.

 

En avril 2016, le prince Mohamed Bin Salman, désigné le mois dernier, par le roi, son père, prince héritier du trône, avait présenté un plan de réforme économique, « Vision 2030 », qui avait pour objectif de faire passer de 20 à 30 % la part des femmes dans la main d’œuvre saoudienne et « d’investir dans leurs capacités productives pour améliorer leur avenir et contribuer au développement de la société et de l’économie ».

Mais pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été prise pour mettre en œuvre ce plan. En revanche, plusieurs dizaines de milliers de femmes ont soutenu la campagne « Les saoudiennes exigent la fin du tutorat » lancée sur Twitter. En septembre dernier, près de 14 000 saoudiennes ont signé la pétition en ligne qui appelait le roi Salman à abolir le tutorat. Ce statut, maintenu par une monarchie obscurantiste et bigote, oblige chaque femme à être accompagnée d’un homme de sa famille – mari, frère ou père – pour sortir en public et exige d’elle d’obtenir l’autorisation écrite de son tuteur si elle veut voyager à l’étranger.

« Il faut bien mesurer que nous affrontons un double défi, dit Loujain Al-Hathloul, militante saoudienne des droits des femmes qui vit entre Riyad et Abou Dhabi, capitale des Émirats arabes unis, où elle étudie les sciences sociales à l’antenne locale de la Sorbonne. Les saoudiennes sont soumises aux mêmes violations des droits humains que les hommes – absence de liberté d’expression, d’association, de manifestation –, mais elles doivent, en plus, subir la discrimination et la violence inacceptables imposées par les hommes. Car aux violences physiques qu’elles doivent subir, dans une impunité totale, s’ajoutent les abus émotionnels, l’absence d’indépendance financière, la privation délibérée d’éducation. »

À 28 ans, Loujain Al-Halhoul, a déjà connu, elle aussi, les prisons du royaume. En 2014, elle a été arrêtée et détenue pendant 73 jours parce qu’elle avait bravé l’interdiction de conduire imposée aux femmes en tentant d’entrer en Arabie saoudite depuis les Émirats, au volant d’une voiture. Cette arrestation et son activité inlassable de militante lui ont valu de figurer, en 2015, en 3e place dans la liste des 100 femmes arabes les plus influentes. « En plus de la peine de prison, j’ai été punie de dix mois d’interdiction de voyager, raconte-t-elle aujourd’hui. Nous devons profiter de chaque terrain favorable pour tenter d’avancer. Le gouvernement ne peut pas emprisonner toutes les femmes qui protestent ou qui exigent le respect de leurs droits. C’est matériellement impossible et, en outre, cela compliquerait ses relations avec certains partenaires étrangers. De ce point de vue, la lutte contre l’interdiction de conduire est un combat exemplaire, parce qu’elle montre clairement qui est du côté de la modernité.

Un autre combat majeur est la campagne pour l’abolition du tutorat. Le mois dernier, nous avons constaté un signe positif du pouvoir : un décret royal a été publié, demandant aux entités gouvernementales de ne plus exiger une permission masculine pour les emplois dans le service public. C’est un réel pas en avant. D’autant que le décret indique que les organisations de défense des droits humains agréées par les autorités doivent rappeler aux femmes qu’elles peuvent bénéficier de ces dispositions. C’est la première fois que le roi reconnaît le rôle des ONG de défense des droits humains. C’est un début. »

En 2016, 153 personnes au moins ont été exécutées en Arabie saoudite, par décapitation au sabre, lapidation ou fusillade, suivant les crimes dont elles étaient accusées. Au cours des cinq années précédentes, près de 600 exécutions ont été recensées par les défenseurs de droits humains. Et ces exécutions ont été précédées par des procès iniques et des « aveux », le plus souvent arrachés sous la torture. « La torture est pratiquée par les services de sécurité d’une manière routinière, dit Yahya Assiri.L’impunité et la violence du pouvoir saoudien l’ont transformée en une méthode d’interrogatoire comme une autre. Face à une telle situation, la tâche des défenseurs des droits humains et des partisans de la démocratie est démesurée.

 

Mesurez bien ceci : promouvoir la démocratie en Arabie saoudite est un crime. Si nous la revendiquons ouvertement, nous allons perdre une partie de ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux, car ils auront peur. Nous défendons donc en priorité la liberté de parole, la possibilité pour tous les citoyens de choisir, y compris en politique, ce qu’ils jugent le mieux pour eux. Les utilisateurs des réseaux sociaux soutiennent ces valeurs. Ils ne croient plus la propagande officielle, le discours du pouvoir sur la défense de notre religion, de notre culture. Ils sont de plus en plus nombreux à mesurer que ce discours est mensonger, hypocrite. L’avenir est à nous. »

 

scène de décapitation en Arabie Saoudite: En 2016, 153 personnes au moins ont été exécutées en Arabie saoudite, par décapitation au sabre, lapidation ou fusillade, suivant les crimes dont elles étaient accusées. Au cours des cinq années précédentes, près de 600 exécutions ont été recensées par les défenseurs de droits humains

scène de décapitation en Arabie Saoudite: En 2016, 153 personnes au moins ont été exécutées en Arabie saoudite, par décapitation au sabre, lapidation ou fusillade, suivant les crimes dont elles étaient accusées. Au cours des cinq années précédentes, près de 600 exécutions ont été recensées par les défenseurs de droits humains

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011