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4000 manifestants.
Très belle mobilisation hier, samedi 17 juin, à l'initiative du comité de défense de l'hôpital de Guingamp, pour défendre la maternité de Guingamp, et des comités de défense des hôpitaux bretons (Douarnenez- Concarneau- Dinard - Carhaix - Landerneau, etc) pour une politique qui mette enfin des moyens dans la préservation de la qualité des soins et des services dans les hôpitaux publics.
Les 4 fédérations bretonnes du PCF et le MJCF Bretagne étaient bien représentés, avec près de 200 manifestants dans le grand rassemblement de Guingamp et notre camarade Gladys Grelaud, conseillère régionale PCF, a eu une très forte prise pour le comité Femmes Solidaires de Landerneau.
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L'écho de l'Armor et l'Argoat - Edouard Kefriden
https://actu.fr/bretagne/guingamp_22070/guingamp-pres-de-4-000-personnes-dans-les-rues-pour-defendre-la-maternite_59745200.html
Environ 4 000 personnes étaient mobilisées ce samedi 17 juin 2023 pour défendre la maternité, menacée de fermeture à Guingamp. Une importante mobilisation.
Belle mobilisation ce samedi 17 juin à Guingamp. Près de 4 000 personnes étaient réunies ce matin pour défiler, en signe de soutien à la maternité, menacée de fermeture dans les mois à venir. Les accouchements y sont déjà suspendus depuis plusieurs semaines maintenant.
Le rassemblement a démarré devant le stade de Roudourou, à 10h30, par des prises de paroles des comités de soutiens de plusieurs hôpitaux bretons, eux aussi menacés par des fermetures de services, comme Concarneau, Landerneau ou Dinan par exemple.
« Fermer un hôpital est un choix politique. Quand tout sera privé, on sera privé de tout », ont-ils lancé aux manifestants, très nombreux devant le stade des Rouge et Noir de Guingamp.
« Être devant ce stade, c’est tout un symbole. Nous jouons ici le match pour le maintien de la maternité et d’un hôpital de plein exercice », a ainsi rappelé Yann-Fanch Durand, coprésident du comité de défense de l’hôpital de Guingamp.
A 11h30, le défilé s’est élancé de Roudourou vers le centre-ville, passant par l’avenue Kennedy et la rue Saint-Yves, avant de remonter vers l’hôpital, à Pabu. Parmi les slogans du défilé, on retiendra ceux-ci : « L’hôpital restera, Guingamp vivra », ou encore « Détruire nos hôpitaux, politique de barjots ».
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Le gouvernement vient d’annoncer que 300 millions supplémentaires seront consacrés au financement de la rénovation des bâtiments. A l’échelle des besoins ce montant est ridicule.
Le dispositif MaPrimeRenov est critiqué à juste titre car il ne finance que très peu de rénovations globales, vraiment efficaces. C’est le résultat du manque de moyens, les montants d’aides pour les rénovations globales étant beaucoup trop faibles. Il faudrait jusqu’à 10 milliards d'euros supplémentaires par an pour garantir un rythme de rénovation au bon niveau.
La situation est également très mauvaise pour la rénovation des bâtiments publics. Le Fonds Vert de l’Etat de 2 milliards par an ne consacre que 400 millions aux bâtiments publics. Il faudrait au moins 10 fois plus, soit 5 milliards d'euros par an.
Et c’est encore pire du côté du logement social où les financements de l’Etat sont pratiquement absents, alors qu’il faudrait plusieurs milliards par an.
Il manque près de 20 milliards par an de financements publics pour la rénovation des bâtiments en France si nous voulons atteindre les objectifs de la Stratégie Nationale Bas Carbone.
Au-delà de ce problème de financement, il y a un déficit criant en compétence et main d’œuvre. La filière n’arrive déjà pas à suivre le rythme de rénovations pourtant largement insuffisant, faute de compétences et de salariés formés : le volet formation est ainsi le grand impensé des politiques publiques ! Du lycée jusqu’aux écoles d’ingénieurs en passant par les IUT, les besoins en financements sont immenses à l’inverse des politiques actuelles austéritaires de l’Education nationale.
Pour le PCF, il y en a assez des demi-mesures. La rénovation des bâtiments est le grand chantier à mener d’ici 2050, qui doit mobiliser plusieurs centaines de milliards d’euros de financement public sur 25 ans. Il faut que ce chantier de long terme soit financé par des recettes pérennes, sur lesquelles soit assis un emprunt de long terme. Il y a urgence à prendre des décisions sérieuses, et à arrêter le saupoudrage.
La rénovation des bâtiments est essentielle pour économiser l’énergie et pour l’atteinte de nos objectifs climatiques, pour le confort d’hiver. Elle est aussi indispensable pour adapter les bâtiments aux grandes chaleurs, grâce à des isolations avec des matériaux biosourcés qui doivent devenir la norme. C’est une politique indispensable pour le climat, pour le pouvoir d’achat et pour la santé publique.
Parti communiste français,
Paris, le 16 juin 2023.
Face à quelques militants de gauche qui taxent le PCF - Parti Communiste Français de dérive droitière, cet histogramme démontre que c'est bien le PCF qui est le plus grand opposant au macronisme à l'Assemblée nationale via son groupe de parlementaires GDR-Nupes.
Nous voulons rendre effectif pour chaque membre de la société, à tout moment, le droit à un emploi ou à une formation débouchant sur un emploi plus qualifié, dans une sécurité de revenu. C’est une réponse à de profondes aspirations dans la société, et aux défis de notre époque – défis sociaux, écologiques, défis de paix et de co-développement.
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Concrètement, chacun·e sera affilié·e, dès la sortie du système scolaire, à un service public de l’emploi et de la formation ayant pour mission de procurer à toutes et tous les moyens d’alterner périodes d’exercice d’un emploi et périodes de formation dans des domaines librement choisis, sans jamais passer par la case « chômage ». Les salarié·e·s en formation percevront une allocation prenant en compte les qualifications acquises au cours de leur parcours antérieur, financée par une cotisation acquittée de façon mutualisée par les employeurs. Chacun·e aura la possibilité de conclure avec son employeur et avec le nouveau service public de l’emploi et de la formation une convention tripartite définissant en particulier la nature et le calendrier des formations choisies. Le rôle du service public de l’emploi sera de sécuriser ces conventions en veillant au respect de leurs dispositions par les employeurs – bref, tout le contraire du « France Travail » d’Emmanuel Macron.
C’est un nouveau fonctionnement de l’économie, conservant la souplesse et la mobilité permises par le marché du travail capitaliste, mais émancipant les individus et la société de ses fléaux : chômage, précarité, subordination des salariés à l’employeur.
La construction progressive de csystème révolutionnaire suppose de faire évoluer profondément la gestion des entreprises en faisant prévaloir, contre la logique capitaliste visant le maximum de taux de profit pour les apporteurs de capitaux, une nouvelle logique fondée sur des critères d’efficacité sociale, économique et écologique.
Il faut pour cela de nouveaux pouvoirs des salariés dans l’entreprise, jusqu’à l’obtention de crédits bancaires pour la réalisation de projets d’embauches, de recherches, de productions et d’investissements, alternatifs aux stratégies patronales. Il faut aussi de nouveaux pouvoirs démocratiques de l’ensemble de la société sur les entreprises et les banques. Des conférences locales, régionales et nationales pour l’emploi, la formation et la transformation productive et écologique jetteront les bases d’une forme de planification inédite, incitative, profondément démocratique et décentralisée, assise sur une maîtrise démocratique de l’utilisation de l’argent. Elle peut être engagée à partir de la situation actuelle mais nécessitera, pour être pleinement réalisée, des nationalisations et appropriations sociales nouvelles des grandes entreprises, des banques et de leur gestion. C’est une sorte de « feuille de route » pour des transformations révolutionnaires, radicales, à mener pas à pas.
Les modalités de sa construction peuvent être inscrites dès aujourd’hui dans l’ordre juridique, comme le fait la proposition de loi déposée en avril 2017 par André Chassaigne et ses collègues à l’Assemblée nationale
Denis Durand
(https://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/propositions/pion4413.pdf
A Brest, le 08 / 06 / 2023
Communiqué du PCF Finistère : De la liquidation du Fret SNCF aux 140 ans de la ligne Morlaix – Roscoff, mobilisons-nous pour la défense du rail!
En application des traités de Maastricht et Lisbonne, suivant avec zèle les injonctions des directives européennes libérales de laisser faire les marchés capitalistes, nos gouvernements successifs ont progressivement libéralisé nos services publics.
Ainsi, le fret ferroviaire a été ouvert à la concurrence en 2006 en France sous la mandature de Nicolas Sarkozy.
De 2002 à 2018, les volumes transportés par le train sont passés de 50 milliards de tonnes.km (GTK) à seulement 33 GTK. L’essentiel du tonnage abandonné ou perdu par la SNCF est allé directement à la route.
Depuis 20 ans. la part modale du transport ferroviaire sur l’ensemble des marchandises transportées en France est passée de 14,6 % en 2002 à 10,7 % en 2021 et, la part modale du transport routier de marchandises est aujourd’hui de 94% en Bretagne. Fondés sur une politique libérale (dérégulation, baisse des coûts), Fret SNCF a perdu plus de 10 000 emplois sur la même période et il ne reste plus aujourd’hui que 15 agents pour toute la Bretagne !!!
Les plans de relance (2003, 2007, 2009, 2011, 2016, 2021) se sont révélés totalement stériles du fait des spécificités ferroviaires et de la distorsion de concurrence persistant avec le mode routier qui fait supporter ses coûts à la collectivité (infrastructures, pollution...) et qui conduit les marchés à choisir le moins-disant social et environnemental.
Après les deux réformes du ferroviaire en 2014 et 2018 portant prétendument déclinaison des différents paquets ferroviaires, la Commission européenne a ouvert, le 18 janvier dernier, une procédure contre l’État français relative au prétexte de soutien financier dont Fret SNCF aurait bénéficié sur la période 2007–2019.
Loin des discours de façade et des bonnes intentions affichées, le gouvernement et la direction de Fret SNCF, anticipant une décision défavorable, se préparent à renoncer à une partie conséquente de l’activité de Fret SNCF et à créer une nouvelle structure juridique pour que la Commission conclue à une transformation majeure de l’entreprise et donc à la discontinuité.
Cette procédure pourrait conduire à une faillite du transport ferroviaire de marchandises en France, en portant un coup fatal à l’opérateur public avec de nouvelles suppressions massives d’emplois et un nouveau report des trafics ferroviaires sur la route.
Après 15 ans de libéralisation du Fret ferroviaire, le verdict est sans appel : les marchés ont choisi le transport routier !
Pour le PCF cette situation est inacceptable et les attaques contre l’opérateur public Fret SNCF doivent prendre fin immédiatement !
L’État ne peut définitivement abandonner Fret SNCF et laisser le secteur entre les mains du marché. Dans notre pays le secteur du transport représente le 1er émetteur de gaz à effet de serre (GES) avec 30 % d’ émissions de CO2. De fait, l’objectif de la neutralité carbone à l’horizon 2050, telle que reprise dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), est inatteignable sans diminuer l’impact des transports.
Fret SNCF est d’utilité publique et doit se développer pour répondre à l’intérêt général ! Nous réclamons une politique et des subventions dédiées pour répondre à l’urgence climatique et sanctuarisées dans un budget de programmation ferroviaire jusqu’en 2050. Le fret ferroviaire nécessite une action publique forte pour sortir de la rentabilité immédiate.
L’entreprise publique ne doit pas être démantelée mais protégée des aléas et du court-termisme du marché et des mesures sérieuses et incitatives urgentes pour la relance du transport ferroviaire doivent être prises le plus rapidement possible.
Les modes de transports (rail, routes, voies fluviales, aérien) doivent être, organisés, régulés sans distorsion de concurrence, complémentaires selon les tonnages, les distances, les délais, et un engagement sérieux en liaison avec les Régions doit être pris pour relier les infrastructures stratégiques entre elles (MIN, ports, grands sites logistiques...) et réorienter les flux de marchandises vers des solutions ferroviaires.
Concernant notre département, les ports en eau profonde de Brest et de Roscoff doivent être inscrits et raccordés au réseau européen RTE-T.
La ligne Morlaix – Roscoff, dont nous célébrons les 140 ans ce samedi 10 juin à Saint-Pol-de-Léon, doit être rénovée entièrement, inscrite au prochain contrat Etat-Région avec une participation financière de l’Europe compte tenu de la liaison maritime la plus proche avec l’Irlande.
L’histoire des 140 ans de la ligne Morlaix – Roscoff l’a démontré, la zone légumière du Léon, très importante ou principale région productive de légumes d’hiver d’Europe, doit pouvoir être raccordée à nouveau par le ferroviaire au MIN de Rungis et pourquoi pas bénéficier en hiver du train des primeurs Perpignan-Rungis qui lui circule principalement au printemps et en été. D’autres liaisons ferroviaires étant possibles selon les besoins, comme la ligne Landerneau-Quimper via Nantes , afin de desservir le sud de la France, l’Espagne , l’Italie…
Par la mobilisation des citoyens et la volonté politique, avec l’aide de l’État le Perpignan-Rungis a été relancé. Un train Roscoff-Rungis est également possible très rapidement.
Les retraité.e.s ont le droit aux jours heureux STOP aux politiques qui maltraitent les retraité∙e∙s.
Aujourd’hui, les retraité.es subissent de plein fouet les effets délétères de l’inflation. Face à une inflation à 2 chiffres, notamment sur l’énergie et les produits alimentaires, la réponse de ce gouvernement c’est la politique des petits chèques. De mars 2022 à mars 2023, l’Indice des prix à la consommation a augmenté de 7,3 %, et les prix des produits alimentaires ont grimpé de 15,8 %. Cela contraint les retraités à se nourrir de moins en moins bien avec un impact réel sur leur santé!
Pour le droit à l’autonomie.
La mobilisation des salarié∙e∙s et des retraité∙e∙s est indispensable pour imposer l’intégration du droit à l’autonomie dans la branche maladie de la Sécurité sociale, financé par les cotisations sociales, au sein d’une Sécurité sociale intégrale.
Dans le cadre d’une nécessaire loi sur le grand âge et l’autonomie, gagnons la mise en place d’un grand service public de l’autonomie, en établissements ou à domicile avec 200.000 embauches dans les EHPAD et 100.000 dans le secteur de l’aide à domicile.
La retraite un choix de société.
Chacune et chacun doit pouvoir faire valoir ses droits à une retraite à taux plein à 60 ans, avec un revenu de remplacement net équivalent à 75 % du revenu net d’activité (primes incluses), calculé sur la base des dix meilleures années primes comprises, et indexé sur les salaires.
Une autre réforme des retraites est possible en agissant pour la création d’emplois et l’augmentation des salaires et en faisant contribuer le capital.
La fédération du Finistère du PCF appelle les retraité.e.s à participer nombreux au rassemblement le 15 juin à 11 h Place de la Résistance à Quimper et au dépôt de motion à 11 h 30 à la préfecture. ( Pique nique revendicatif sur le plateau de la déesse)
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La baisse du chômage tant vantée par le gouvernement masque trois réalités :
La réforme du lycée professionnel vise à amplifier cette politique tandis que la réforme des retraites bloque l’accès de centaines de milliers de jeunes à des emplois de qualité !
Avec son projet de loi « plein-emploi », Emmanuel Macron poursuit cette politique de précarisation de l’emploi tout en stigmatisant les précaires et les plus fragiles.
L’objectif lui-même n’est pas à la hauteur du gâchis que représente le chômage : le « plein-emploi » ne signifie pas l’emploi de tous et toutes : des millions de femmes et d’hommes resteront au chômage. Seule l’éradication du chômage peut être un objectif à la hauteur des immenses défis que sont la réduction des inégalités et la lutte contre le réchauffement climatique.
La création de France Travail ne conduira pas un nouveau service public de l’emploi. Elle laissera davantage de place aux opérateurs privés de placement et aux agences d’intérim, imposera aux bénéficiaires du RSA une activité de 15h à 20h sous peine de sanctions injustes et décourageantes et à l’ensemble des privés d’emplois des contrats précaires et sous-payés, et aggravera les inégalités territoriales dans l’accès à l’emploi. Ce projet rate, en outre, l'occasion de donner les moyens aux missions locales pour un accompagnement global et différencié des jeunes de moins de 25 ans. Concernant les personnes en situation de handicap, les freins à l’accès à l’emploi en milieu ordinaire sont loin d’être levés et il est tout aussi urgent de prendre en compte la situation réelle des personnes s’occupant d’un proche en situation de handicap. Enfin, la nouvelle gouvernance réduira dans les faits la place des représentants des salarié·es.
Aucun accompagnement à la hauteur des besoins des privé·es d’emplois n’est réellement envisagé, le projet ne prévoyant aucun recrutement massif d’agents publics alors que notre pays est lanterne rouge dans ce domaine : dans les pays cités en exemple comme l'Allemagne ou le Danemark, il y a près de 4 fois plus d’agents que de privé·es d’emploi.
Ce projet de loi plein-emploi sert le capital et pas le travail !
Le PCF appelle au rejet de ce projet et à un débat national sur les moyens de révolutionner le travail, l’emploi et la formation pour que la France soit à la hauteur de la réponse aux enjeux du siècle. Pour les communistes, c’est une toute autre logique dont notre pays à besoin, convergente avec les propositions syndicales sur la sécurisation des parcours professionnels : former, créer des emplois de qualité, sécuriser l’emploi et la formation et baisser les prélèvements du capital pour financer des investissements efficaces. Il faut planifier, responsabiliser les banques et les entreprises avec une nouvelle conditionnalité sociale et environnementale des aides, créer des instances démocratiques locales et nationales pour planifier la priorité à l’emploi au lieu des profits ! Nous appelons également à un changement de politique de la banque centrale européenne en rupture avec son modèle de flexi-sécurité du travail.
Nous présenterons dans les semaines qui viennent notre projet pour aller vers cette sécurité d’emploi et de formation. D’ores et déjà la proposition de loi déposée en avril 2017 par André Chassaigne et ses collègues communistes à l’Assemblée nationale (accessible ici) constitue un projet d’une grande ambition.
Nous le mettons à la disposition de toute la gauche, de tou·tes les citoyen·nes et travailleur·euses du pays. C’est une boussole pour construire de nouveaux jours heureux.
Parti communiste français
Le 7 juin 2023.
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Quels impôts les milliardaires paient-ils ? Très peu, à en croire une étude de l’Institut des politiques publiques. Le taux d’imposition, progressif jusqu’au 0,1 % des foyers fiscaux les plus riches, régresse ensuite... pour ne représenter qu’une toute petite part des revenus des ultrariches.
Les ultrariches paient-ils autant d’impôts qu’ils le devraient ? La réponse est non, selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), publiée le 6 juin.
Alors que les questions de justice fiscale reviennent régulièrement dans les débats, cette étude démontre que, au lieu de progresser, le taux d’imposition est dégressif à mesure que l’on monte dans l’échelle des plus hauts revenus.
Pour la première fois, les données de l’impôt sur les revenus sont combinées à celles de l’impôt sur les sociétés
Ces résultats sont le fruit d’un travail de recherche mené dans le cadre de l’évaluation de la réforme de la fiscalité du capital enclenchée en 2017. Pour la première fois, les données de l’impôt sur les revenus sont combinées à celles de l’impôt sur les sociétés, pour mesurer un « taux d’imposition global » (1) pour ces ménages.
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© Infographie L'Humanité
Jusqu’au 0,1 % des plus grandes fortunes françaises (autour de 600 000 euros de revenu économique annuel), le taux d’imposition est progressif puis régresse fortement, « jusqu’à ne représenter plus que 2 % du revenu économique parmi les 378 ménages les plus aisés ».
Cette dégressivité s’explique par une substitution du type de revenu : les foyers fiscaux les plus aisés contrôlent plus souvent des sociétés et ont une fortune issue non plus des revenus assujettis à l’impôt sur les revenus, mais des bénéfices des sociétés qu’ils détiennent.
L’impôt sur les sociétés, quasiment le seul impôt acquitté pour ces ménages
L’impôt sur les sociétés devient donc quasiment le seul impôt acquitté pour ces ménages. Or, il n’a pas de principe de progressivité, contrairement à celui sur les revenus. Le taux global d’imposition chute ainsi de 45 % pour les 0,1 % les plus riches à 26 % pour les milliardaires.
Pire, ces données sont celles de l’année 2016, seule année pour laquelle elles sont disponibles pour le moment. Elles ne prennent pas en compte la baisse de l’impôt sur les sociétés passée de 33,3 % à 25 % à partir de 2022. Ces taux actualisés pourraient donc s’avérer encore plus bas depuis les réformes fiscales engagées par Emmanuel Macron depuis 2017.
Or, les dispositifs législatifs centrés sur les bénéfices des sociétés sont devenus « de plus en plus faibles », souligne Laurent Bach, l’un des auteurs de l’étude.
De forts abattements fiscaux sur les plus-values peuvent être mobilisés au moment de la vente des parts des sociétés. Quant à l’« exit tax », qui permet de soumettre à l’impôt sur le revenu les bénéfices non distribués accumulés en cas de départ à l’étranger, elle n’a concerné que très peu de personnes.
« Le taux d’imposition sur les sociétés était, comme l’impôt sur les revenus, autour de 50 %, avant une baisse généralisée observée à l’échelle européenne »
Enfin, l’impôt sur la donation de parts a aussi très fortement diminué ces trente dernières années. « Cela n’a pas toujours été le cas, le taux d’imposition sur les sociétés était, comme l’impôt sur les revenus, autour de 50 %, avant une baisse généralisée observée à l’échelle européenne il y a une quarantaine d’années pour éviter des effets de concurrence entre pays voisins », souligne Laurent Bach.
C’est du côté des États-Unis qu’un contre-modèle est avancé : le pays parvient à mieux intégrer les résultats des sociétés dans les feuilles d’impôt des grandes fortunes.
Ceci en raison d’une taxe spécifique sur les holdings, qui obligent les actionnaires soit à se verser directement les dividendes (et à les déclarer parmi leurs revenus imposables), soit, à ne pas les distribuer. En Europe, une directive européenne rend au contraire difficile la taxation des holdings.
Ce que les auteurs de l’étude préconisent, c’est une véritable transparence fiscale des résultats des sociétés. « C’est un système déjà en place pour un certain nombre de sociétés en France : les sociétés dites de “personnes” (SCI, SNC, SARL de famille, etc.) voient leurs revenus remonter aux feuilles d’impôt, indique Laurent Bach. Cette transparence fiscale pourrait être généralisée aux autres types de sociétés. »
Si les revenus agrégés de ces groupes se chiffrent à plusieurs dizaines de milliards, l’IPP évite tout chiffrage précis sur ce qui pourrait être absorbé par l’État français en cas de changement de mode de calcul des taux d’imposition.
« La baisse de l’impôt sur les sociétés, de 33,3 % à 25 % va faire baisser le taux effectif payé par les grandes fortunes, mais aura aussi probablement des effets d’assiette avec des profils localisés à l’étranger qui peuvent revenir en France, explique Antoine Bozio, directeur de l’IPP. La question est : que se passerait-il si l’on doublait leur taux d’imposition effectif ? On n’a aucune idée de la réponse potentielle de ces groupes à de telles réformes. »
(1) Ce « revenu économique » comprend le revenu fiscal, les cotisations sociales non contributives (maladie, etc.), et les profits non distribués des sociétés, au prorata de leur part de détention.