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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 17:30

Les personnes âgées ont bâti notre pays, travaillé toute leur vie à produire des richesses sociales diverses: elles ont le droit de vieillir dignement, qu'elles soient aisées ou pas.

Relever dans la solidarité et l'humanité le défi du doublement du nombre de Français de plus de 85 ans d'ici 2040 exige, comme la création de la Sécurité Sociale dans l'après-guerre, la création de nouveaux espaces de socialisation des richesses limitant la financiarisation de l'économie.  

Le bien-être des vieux est un problème de partage des richesses.

A Morlaix et dans les communes de Morlaix-Communauté, beaucoup de personnes âgées, particulièrement celles en perte d'autonomie, vivent dans des conditions précaires, dans un relatif isolement, avec des difficultés à accéder à un logement adapté comme aux services proposés à l'ensemble des autres citoyens. Plusieurs particuliers ou associations comme l'ORPAM créer des solidarités concrètes pour faciliter l'accès des personnes âgées à leurs droits, à la vie sociale, aux loisirs et à la formation... mais cela ne suffit pas.

La collectivité n'investit pas assez dans l'accessibilité des équipements et de l'habitat pour les seniors. Beaucoup de progrès restent à faire en termes d'accès aux transports publics, à la mobilité, à l'échange social, aux loisirs.

La France compte 11 millions de plus de 65 ans, 9% de plus de 75 ans. Les jeunes, - de 25 ans, restent trois fois plus nombreux que ces derniers, et les mineurs (14 millions) encore plus nombreux eux aussi que les + 65 ans, contrairement à ce que l'on peut entendre sur le vieillissement inexorable de la population, argument rabâché pour remettre en cause les droits à la retraite ou parler d'un déclin économique et démographique de la France qui imposerait des renoncements sur la Sécurité Sociale et le retour à la simple solidarité familiale.

Néanmoins, le nombre de vieux de plus de 85 ans devrait passer de 1,3 millions en 2007 à 5,4 millions en 2060 selon les projections de l'INSEE . Le fait que les gens vivent plus longtemps n'est en soi un problème que pour les gens qui raisonnent en termes comptables. Pour nous, c'est avant tout une chance, et un défi pour construire de nouveaux outils de socialisation et de solidarité.

La réalité du vieillissement de la population est d'abord liée à des progrès techniques et sociaux très importants accomplis depuis l'après-guerre mais elle est relativisée par des inégalités et déterminée socialement. A 35 ans, l'espérance de vie pour un cadre est de 47 ans, de 41 ans pour un manœuvre. Et l'inégalité est plus importante encore si l'on veut parler d'espérance de vie en bonne santé. Les réformes des retraites imposées depuis 20 ans qui reculent l'âge de départ et le niveau moyen des pensions, aggravent les inégalités entre hommes et femmes, cadres et ouvriers, ne font qu'alourdir ce problème.

La retraite moyenne tourne autour de 1100 € par mois tandis que le minimum vieillesse se situe autour de 700€ par mois. Les maisons de retraite (EHPAD) ont un coût mensuel par personne de loin plus élevé: entre 1500 et 4600 euros, avec une moyenne à 2890 euros mensuels selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie. Même avec l'APA (l'allocation personnalisée pour l'autonomie), le reste à charge pour les personnes âgées et pour les familles de l'aide à domicile ou de la maison de retraite est très élevé: souvent autour de 1500-2000 € en établissement, plus de 500€ par mois pour un maintien à domicile, lequel est privilégié pour volonté de rester « dans ses meubles » et parfois avec les siens, mais aussi très souvent pour des raisons de nécessité financière. Des maisons de retraite publiques ou associatives à but non lucratif doivent être construites, rénovées et agrandies au plus près des gens, afin que leurs coûts modérés limitent le reste à charge pour les personnes âgées: aujourd'hui, avec un coût moyen de 1900€ mensuel en Bretagne, les maisons de retraite sont inaccessibles à des gens qui ont des petites retraites. Ce pourquoi, en forçant le trait, on pourrait dire qu'on y rentre quasiment que "pour y mourir": la durée moyenne d'un "séjour" en maison de retraite est de 23 à 24 mois.

Aujourd'hui, dans le Finistère, département vieillissant, il y a 91 EHPAD représentant 9127 places, et 42 foyers foyers logement pour personnes âgées autonomes (2390 places). Mais Pierre Maille lui-même disait il y a trois ans à Plouigneau: il manque 2000 places en maison de retraite dans le Finistère. Depuis, qu'a t-on fait pour combler ce manque ?

On estime à environ 4,3 millions le nombre de personnes qui apportent leur aide à un parent en perte d'autonomie: en cas de maladie comme Alzheimer, le temps passé auprès des malades peut-être très élevé. Et n'est pas sans affecter le moral ou la possibilité d'exercer son métier à plein temps. La conciliation entre vie familiale et professionnelle quand la perte d'autonomie affecte un proche est problématique. Impuissance, solitude, désarroi sont des mots qui reviennent souvent dans la bouche des aidants.

Un projet de loi dépendance, reporté sous Sarkozy, est en passe d'être adopté au Parlement. Il comporte des avancées, mais son financement est très insuffisant, centré sur la Casa (contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie), une taxe de 0,3% sur les pensions de retraites imposables qui rapporte 645 millions d'euros par an, lesquels serviront essentiellement à réévaluer l'APA. Depuis 2002, les départements portent le plus gros du financement de l'APA, et, dans plusieurs départements comme le Finistère, les nombres d'heure d'aide à domicile financées à ce titre diminuent pour les personnes âgées, laissant les personnes âges handicapées et leurs aidants dans une plus grande vulnérabilité. Après avoir promis la construction ou la rénovation de 80000 logements adaptés par an pendant la campagne des présidentielles de 2012, Hollande ne se fixait déjà plus l'objectif un an après que de 80 000 en 5 ans. Pourtant, vu que par choix et nécessité, l'arrivée en maison de retraite est beaucoup plus tardive, le droit de bien vieillir suppose un effort important de la collectivité pour aider les particuliers à aménager le logement, ou déménager dans un logement adapté, bien isolé, pas trop coûteux en énergie, proche des commerces, permettant les échanges sociaux.

Les associations qui gèrent l'aide à l'autonomie ont un équilibre précaire, emploient souvent du personnel dont les qualifications sont insuffisamment reconnues, en situation de précarité, avec des frais de déplacement pas assez pris en charge et des modes de gestion reposant souvent trop sur des bénévoles. Dans les EHPAD et les structures hospitalières, le manque d'effectif et un taux d'encadrement insuffisant créent en dépit du sérieux et de la bonne volonté des salariés un manque d'humanité dans la prise en charge, et parfois aussi une certaine forme de maltraitance institutionnelle ou de mise en danger des résidents. Les associations d'aide à domicile à but non lucratif financées par des crédits publics doivent pouvoir perdurer adossées à un vrai soutien et un contrôle public départemental pour garantir la qualité de la prise en charge et des formations.

Il y a des efforts énormes à faire pour adapter les villes, les logements, les services publics aux besoins des personnes en perte d'autonomie. Pour changer aussi le regard sur les seniors, développer le lien intergénérationnel, construire une société pour tous les âges.

Il faut que la société investisse des milliards d'euros pour faire de la prise en charge de la perte d'autonomie un droit universel sans conditions d'âge ou de ressources, financé par la solidarité nationale dans le cadre de la sécurité sociale.

La présidente de la FNPAEF (Fédération Nationale des Associations de Personnes âgées et leurs familles), citée le 9 janvier 2013 dans le Télégramme, disait: "il manque 12 milliards d'euros" chaque année pour assurer une prise en charge décente et universelle de la perte d'autonomie, "à comparer avec les 70 milliards d'euros de niches fiscales"... ou les 50 milliards d'allégements d'impôts octroyés aux entreprises, et particulièrement les plus grosses, sans contreparties exigées sur l'emploi.

 

 

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 20:18
 
Appels intersyndicaux et inter-organisations, à mobilisation nationale le 18 juin 2014
contre les fusions d'universités, les regroupements forcés et les ComUE




Préavis de grève pour le 18 juin 2014

Monsieur le Ministre,

La FERC CGT appelle à des rassemblements mercredi 18 juin contre les fusions et regroupements régionaux d’établissements d’enseignement supérieur, qui déstructurent le service public d’enseignement supérieur et de recherche et dégradent les conditions de travail des personnels. Les conditions dans lesquelles s’opèrent ces différents regroupements ou fusions, réalisés dans la précipitation et sans réel travail prospectif, sont totalement opaques et ignorent ostensiblement l’expression et le point de vue des personnels des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

À l’occasion des actions qui auront lieu ce jour-là, des agents seront conduits à décider de cesser le travail.

En conséquence, la FERC CGT dépose un préavis de grève pour la journée du 18 juin 2014, ainsi que pour les nuitées en amont et en aval de celle-ci pour les agents travaillant en horaires décalés.

Ce préavis concerne l’ensemble des personnels des établissements d’Enseignement supérieur et de Recherche rattachés au Ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Soyez assuré, monsieur le ministre, de notre attachement indéfectible aux valeurs du Service public et de la Fonction publique.

Hervé BASIRE 
Secrétaire Général


jeudi 12 juin 2014

Dans la continuité du gouvernement précédent, le ministère actuel pousse à la fusion des universités. Dans cet objectif, la loi LRU-Fioraso du 22 juillet 2013 impose le regroupement régional des établissements d’Enseignement supérieur et de Recherche, principalement sous la forme de Communautés d’universités et d’établissements (ComUE), éventuellement sous le régime de l’association.

Ce double mouvement de fusions et de regroupements régionaux a des conséquences néfastes dont les personnels des universités fusionnées (Bordeaux, Aix-Marseille, Lorraine, par exemple) font d’ores et déjà les frais : mobilités forcées, obligation de candidater sur son propre poste, remise en cause des acquis en matière d’horaires et de congés, nivellement des primes par le bas, etc. Les regroupements impliquent des réorganisations, des mutualisations de services, des réductions d’effectifs, ainsi que l’externalisation de services entiers, entraînant fatalement une dégradation accrue des conditions de travail.

Nous ne pouvons cautionner cette politique, le plus souvent sans fondement scientifique et pédagogique, de regroupements purement technocratiques.

Les ComUE et les fusions, élaborées dans une grande opacité, se traduiront par :

  • La réduction significative de formations et d’activités de recherche au détriment de certains établissements, au détriment de certaines disciplines et au détriment des personnels et étudiants.
  • L’augmentation des coûts de fonctionnement et d’organisation ce qui risque de fragiliser encore davantage les établissements déjà durement touchés par les plans d’économie.
  • La remise en cause de la démocratie universitaire, déjà largement mise à mal par la loi LRU-Pécresse. L’objectif des regroupements est d’amoindrir systématiquement la représentation des personnels au nom d’une « gouvernance » resserrée.
  • La multiplication des niveaux de décision et de la bureaucratie.
  • La dégradation accrue des conditions d’exercice de nos métiers et la remise en cause des garanties pour les personnels.

Ce processus de territorialisation-régionalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, visant à réduire à une trentaine le nombre d’entités universitaires et de recherche, en cohérence avec l’acte III de la décentralisation, ne peut que déboucher à terme sur :

  • la régionalisation des diplômes, détruisant leur caractère national et remettant ainsi en cause les garanties collectives nationales des salariés,
  • la transformation des organismes nationaux de recherche en agences de moyens au service des politiques de sites régionales.

L’enjeu est considérable : le passage en force des ComUE et des fusions est une mise au pas des universités par le ministère avec la complicité de certains présidents. La remise en cause du caractère national des organismes de recherche menace directement l’existence de ces organismes et le statut de leurs personnels pouvant aller jusqu’à la perte du statut de fonctionnaires d’état comme on a pu le voir précédemment pour les personnels des lycées et collèges. Les personnels et les usagers n’acceptent pas ces regroupements qui concrétisent l’éclatement du service public national de l’enseignement supérieur et de la recherche.

NON aux fusions, COMUE et autres regroupements régionaux : moratoire immédiat de leur mise en place !

Maintien des diplômes nationaux (Licence, Master et Doctorat) dans les universités

ABROGATION DES LOIS LRU-PÉCRESSE ET LRU-FIORASO

RdV le 18 juin à 14h à Sèvres-Babylone 
où nous rejoindrons les personnels de l’Éducation Nationale qui manifestent 
contre la réforme des rythmes scolaires jusqu’au ministère !



 

  LA CAPORALISATION DE L'UNIVERSITE EN MARCHE

   supautonome-fo et snprees-fo


13 juin 2014

Avec le soutien des syndicats co-gestionnaires et de la CPU, la secrétaire d’État à l’Enseignement Supérieur Geneviève Fioraso poursuit aveuglément les réformes qui accentuent les problèmes qu’elle prétend résoudre loin de toute véritable concertation. La volonté du Ministère et de Présidents zélés d’imposer partout dans la précipitation et de manière autoritaire les regroupements d’établissements, et plus particulièrement les fusions et les COMUE, constitue une menace sans précédent sur la diversité académique,  les statuts des personnels et les libertés universitaires.

SUPAUTONOME-FO et le SNPREES-FO n’avaient pas approuvé l’émiettement inconsidéré de l’Université Française, mais nous ne pouvons cautionner cette politique, le plus souvent sans fondement scientifique et pédagogique, de regroupements purement technocratiques au prétexte fallacieux de simplification administrative et d’une plus grande efficacité de la gouvernance.

Les COMUE, élaborées dans une grande opacité se traduiront par :

·         La réduction significative de formations et d’activités de recherche au détriment de certains établissements et de certaines disciplines.

·         La transformation des organismes de recherche en agences de moyens territorialisées au service des politiques de sites régionales

·         L’augmentation des couts de fonctionnement et d’organisation ce qui risque de fragiliser encore davantage les établissements déjà durement touchés par les plans d’économie.

·         La concentration des pouvoirs entre les mains de quelques uns et l’éloignement des personnels des instances de décisions.

·         La multiplication des niveaux de décision et de la bureaucratie.

·         Une représentation des personnels et l’exercice de la démocratie collégiale en forte diminution.

·         L’aggravation des conditions d’exercice de nos métiers et la remise en cause des garanties pour les personnels.

Ne nous y trompons pas, le passage en force des COMUEs est une mise au pas des universités par le ministère avec la complicité de certains présidents qui ont confisqué les débats sans respect des règles de la démocratie universitaire. Confrontés aux injonctions comminatoires du Ministère et aux diktats des présidents, les personnels universitaires, sans lesquels rien d’efficace ne peut se faire, commencent à comprendre et refusent, de plus en plus nombreux, ces projets liberticides qui violent les libertés universitaires et bafouent leurs droits.

L’enjeu est considérable. Chacun doit se mobiliser dans les établissements pour faire prévaloir une université respectueuse des personnels et refuser les propositions dans lesquelles les conditions d’exercice de nos métiers, nos statuts et nos libertés sont menacés. Les personnels de l’enseignement supérieur doivent être libres des décisions qui les concernent et engagent leur avenir.

Les personnels et les usagers n'acceptent pas ces regroupements qui concrétisent l'éclatement du service public républicain dans un cadre territorialisé, en cohérence avec l'acte III de la décentralisation.

Dans cette perspective, VENEZ NOMBREUX, c'est l'avenir de l'université et de la recherche qui se joue ! SUPAUTONOME-FO et le SNPREES-FO appellent les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche à refuser les regroupements arbitraires et à se rassembler devant le Ministère de l’Education Nationale, l'Enseignement Supérieur et la Recherche le 18 juin.

RdV le 18 juin à 14h à Sèvres-Babylone, où nous rejoindrons les personnels de l'Education Nationale qui manifestent contre la réforme des rythmes scolaires jusqu'au ministère !

 


 


  

Journée de mobilisation le 18 juin. Contre le passage forcé aux COMUE -  Avant qu’il ne soit trop tard ! 
Groupe du 4 avril
RESAU
Sauvons l’Université !

16 juin 2014

L’obligation faite à marche forcée aux universités et aux écoles de se regrouper arrive à échéance en  juillet. Mais c’est dans les tous prochains jours que les CA des établissements d’enseignement supérieur doivent voter pour se prononcer pour ou contre les COMUE.

La loi qu’il s’agit de mettre en application a été modifiée de manière subreptice lors de la séance du 14 janvier dernier dans le cadre du débat sur la loi agricole, permettant le suffrage indirect des représentants. Aucune consultation des personnels, encore moins de démocratie dans ces futurs mastodontes pour lesquels nos responsables nous promettent la lune, après avoir tenu le même discours sur les PRES.

C’est maintenant qu’il faut se mobiliser pour soutenir nos élus dans les conseils.Après, il sera trop tard.

Clamons haut et fort que nous refusons que l’enseignement supérieur et la recherche soient traités de manière aussi désinvolte. 

Exigeons un moratoire sur ces regroupements, le temps qu’on nous donne les premiers bilans des réformes déjà engagées.

Exigeons que soit retiré le cavalier législatif inscrit dans le texte de la loi agricole en examen à l’Assemblée Nationale, et visant, entre vaches et cochons, à détruire un peu plus la démocratie et la collégialité universitaires.

Nous appelons les enseignants chercheurs, chercheurs, BIATSS, enseignants,  étudiants, tous ceux qui font et qui sont l’Enseignement supérieur et la Recherche,  à faire de la journée du 18 juin une première étape décisive dans un mouvement de réappropriation de nos libertés académiques, de nos établissements, de notre avenir.

Retrouvons nous le mercredi 18 juin à 14 h à Paris (métro Sèvres-Babylone) 

Groupe du 4 avril /Tribune Le changement à l’Université et dans la recherche, c’est maintenant?
RESAU
Sauvons l’Université !

 http://groupedu4avril.wordpress.com/ http://www.resau.fr/ http://www.sauvonsluniversite.com/ 
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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 05:40

Le Président de la République n'aura donc rien changé à ses objectifs initiaux, comme d'habitude. Et la méthode qu'il dévoile ce matin pour la réforme territoriale se situe dans le registre du cirque ! C'est l'un des symptômes de la crise démocratique profonde que nous traversons et dont les deux dernières élections ont à nouveau montré la gravité. Aucune leçon n'est tirée.

 A l'endroit où il faudrait rechercher un nouvel élan démocratique, sa réforme territoriale n'affiche pas d'autre ambition que l'austérité accrue pour les budgets publics et l'accroissement de la compétition entre territoires, conformément aux injonctions européennes. Cela se fait au prix d'une aggravation de l'autoritarisme inhérent à la Vème République et de la mise en place de pouvoirs de plus en plus technocratiques abrités de la souveraineté populaire.

 Si la démarche présentée est si acrobatique, c'est pour éviter une validation démocratique aux résultats incertains. Ainsi, on redécouperait les régions au gré des vents avant même que de définir les missions des collectivités. Tout serait imposé sans s'appuyer sur le bilan de l'action menée dans les diverses collectivités et sur la créativité qui a fait la force de la décentralisation.

 Nous n'acceptons pas le double-langage qui consiste à décréter que les communes sont "une petite République dans la grande" tout en augurant leur démantèlement. Le fait de plonger les départements en respiration artificielle relève de la même démarche de duplicité. Au final le projet est complètement contraire au renouveau de la République, à l'égalité entre territoires, à l'égalité en droits de toutes et tous. Enfin, présenter en soi la suppression d'élus du peuple comme un progrès démocratique et une illusoire source d'économies substantielles ravira la droite et l'extrême droite quoiqu'elles en disent : c'est leur inépuisable fonds de commerce.

 La République a besoin d'un sérieux coup de jeune - de passer la 6eme - or il s'agit là d'un acte de destruction qui conduit à une nouvelle concentration des pouvoirs. Une fois de plus, il s'agit de répondre au mieux aux exigences grandissantes des forces patronales et de la finance dont l'emprise s'accroît au fur et à mesure. Les hommes et les femmes de notre pays et de notre continent ont chaque jour qui passe le sentiment accru que le pouvoir est ailleurs, qu'il s'exerce sans eux, qu'ils évoluent dans une démocratie d'apparence. Aucune modification des règles de la démocratie ne peut se faire sans démocratie.

 Nous exigeons des référendums pour chaque modification et, c'est essentiel, un grand débat, animé par une Constituante, pour refaire de la République notre bien commun et redonner à l'action publique toute l'efficacité que peut revêtir le pouvoir quand il est réellement exercé par le peuple.

Pierre Dharréville, responsable de la commission République, démocratie et institutions au PCF

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 13:31

Lettre aux électeurs du FN

 

Madame, Monsieur,

 

Vous avez voté FN aux dernières élections.

Par ce vote vous avez peut-être voulu exprimer votre colère, votre désappointement devant la politique menée actuellement par un gouvernement qui se dit de gauche mais qui perpétue voire aggrave celle menée par le gouvernement précédent.

Peut-être aviez-vous voté pour F. HOLLANDE pensant sincèrement que les choses pourraient changer.

Aujourd’hui au plus fort de votre déception, vous avez pensé manifester votre refus de cette politique en votant FN.

Je suis pour ma part militante du Front de Gauche.

J’ai 62 ans et j’ai passé toute ma vie à défendre inlassablement les intérêts des salariés, que ce soit syndicalement ou politiquement en militant résolument pour un monde meilleur pour tous. Je n’ai jamais tiré avantage de ces activités, bien au contraire, ma carrière professionnelle a été largement discriminée du fait de mon engagement. Je l’ai fait parce que je crois aux luttes collectives, parce que je crois que tous ensemble on peut changer les choses, parce que je hais l’injustice et la discrimination.

 

Aujourd’hui, par votre vote, vous avez donné une place prédominante au parti qui prône l’exclusion, le racisme, la discrimination, le repli sur soi.

Si je veux croire que vous vous êtes trompé de colère, je ne peux m’empêcher de vous en vouloir et de vous demander de réfléchir au sens de votre vote.

Même si nous vivons de plus en plus mal à cause de cette politique qui nous englue tous les jours un peu plus dans la spirale du capitalisme, pourquoi sommes-nous un peu moins dans la galère que les grecs ou les espagnol(e)s?

 

Parce que nous avons un amortisseur social grâce au système social, au droit du travail, à l’existence de syndicats de lutte de classe, aux partis réellement de gauche.

Aujourd’hui, le combat ne doit-il pas être de sauvegarder ces gardes fous et d’en gagner d’avantage plutôt que de se réfugier dans le chacun pour soi.

Aujourd’hui c’est de solidarité et de combat commun dont nous avons besoin et surtout pas de repli sur soi et de haine de l’autre.

 

Mes grands parents, les vôtres aussi sans doute, ont donné leur vie pour que la France reste libre pour lutter contre le fascisme qui nous menaçait dans les années 30.

Grâce à leur combat, nous avons construit une France forte, libre, avec des droits pour tous, une lutte contre les inégalités, contre la misère, pour une médecine accessible à tous, pour des allocations familiales, pour une sécurité sociale, pour des congés payés, pour un droit du travail qui permette que nous ne mourrions plus au travail, pour que les enfants ne soient pas obligés d’aller travailler à 11 ans, pour que nous ayons une retraite qui nous permette de vivre décemment après avoir travailler pendant plus de 40 ans, pour que les femmes puissent choisir le nombre d’enfants qu’elles désiraient……….

Est-ce grâce au FN que nous avons ça ?

 

Les colonies de vacances pour que tous les enfants puissent partir en vacances quelques soit les revenus de leur parents : Est-ce le FN qui l’a obtenu ? Non, ce sont les militants syndicaux et notamment la CGT

La Sécurité Sociale, les congés payés, la retraite… est-ce le FN qui l’a créé ? Non ce sont les ministres communistes lors du gouvernement Conseil National de la Résistance en 1945, ceux-là même qui ont risqué leur vie et se sont levés pour défendre le Pays face au fascisme pour lequel vous avez voté.

Je n’ose croire que vous partagé les thèses de ces gens là !

Je n’ose croire que vous avez oublié à qui vous deviez aujourd’hui d’être des français libres et non sous occupation de l’Allemagne fasciste.

J’espère de toutes mes forces que vous allez réfléchir, que vous allez comprendre que la lutte c’est la vie et que nous avons besoin de tout le monde pour changer de politique.

C’est le sens de notre programme l’Humain d’abord.

 

Au Front de Gauche, nous ne sommes impliqués dans aucune affaire, nous n’avons jamais été au pouvoir, notre seul but c’est que tout le monde vive mieux.

De l’argent il y en a dans les caisses du patronat, les profits n’ont jamais été aussi élevés alors qu’on nous abreuve de thèses selon lesquels ce sont les immigrés qui pillent nos richesses, ceux-là même qui travaillent dans notre pays et donc cotisent au même titre que les français aux différentes caisses.

Au Front de Gauche, nous voulons que les droits de l’homme soient préservés, que notre système social ne soit plus déconstruit, que notre agriculture échappe aux pesticides, que l’école publique et laïque permettent à chacun de s’instruire quelques soient ses ressources, en un mot le droit de chacun à vivre dans la liberté, l’égalité, la fraternité.

 

Et pour cela nous avons besoin de vous.

Sortez de chez vous, rencontrez vos voisins, il faut que la solidarité l’emporte sur le chacun pour soi et le chacun chez soi. Tous ensemble on peut gagner.

Il faut une autre politique à la France.

Mobilisez-vous, rejoignez nous.

Arrêtez de croire les mensonges du FN. Ils ne veulent pas notre bien !

 

Ils ne veulent que le pouvoir pour mieux nous écraser !

 

Nicole Labelle

 


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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 07:41
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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 06:52

 

 

Le collectif pour un audit citoyen de la dette publique publie aujourd’hui son premier rapport d’audit. Celui-ci est disponible ici : http://www.audit-citoyen.org/?p=6291

 

Sa principale conclusion : 59% de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs. Vous en trouverez un résumé ci-dessous. 

 

-          Le rapport est par ailleurs en Une de Mediapart http://www.mediapart.fr/journal/france/270514/sous-la-dette-publique-larnaque-neoliberale

 

-          Une vidéo est disponible sur le site de Marianne : http://www.marianne.net/Thomas-Coutrot-59-de-la-dette-publique-est-illegitime_a239104.html

 

En vous souhaitant une bonne lecture,

L’équipe du Collectif Audit Citoyen (CAC).

 

* * *

 

59% de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

 

Tout se passe comme si la réduction des déficits et des dettes publiques était aujourd’hui l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le pacte dit « de responsabilité » qui prévoit 50 milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif.

 

Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente: une croissance excessive des dépenses publiques.

 

Mais ce discours ne résiste pas à l’examen des faits. Dans ce rapport nous montrons que l’augmentation de la dette de l’État – qui représente l’essentiel, soit 79%, de la dette publique – ne peut s’expliquer par l’augmentation des dépenses puisque leur part dans le PIB a chuté de 2 points en trente ans.

 

Si la dette a augmenté c’est d’abord parce que tout au long de ces années l’État s’est systématiquement privé de recettes en exonérant les ménages aisés et les grandes entreprises : du fait de la multiplication des cadeaux fiscaux et des niches, la part des recettes de l’État dans le PIB a chuté de 5 points en 30 ans. 

 

Si l’État, au lieu de se dépouiller lui-même, avait maintenu constante la part de ses recettes dans le PIB, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 24 points de PIB (soit 488 milliards €) à son niveau actuel.

 

C’est ensuite parce que les taux d’intérêt ont souvent atteint des niveaux excessifs, notamment dans les années 1990 avec les politiques de « franc fort » pour préparer l’entrée dans l’euro, engendrant un « effet boule de neige » qui pèse encore très lourdement sur la dette actuelle.

 

Si l’État, au lieu de se financer depuis 30 ans sur les marchés financiers, avait recouru à des emprunts directement auprès des ménages ou des banques à un taux d’intérêt réel de 2 %, la dette publique serait aujourd’hui inférieure de 29 points de PIB (soit 589 milliards €) à son niveau actuel.

 

L’impact combiné de l’effet boule de neige et des cadeaux fiscaux sur la dette publique est majeur : 53% du PIB (soit 1077 milliards €). Si l’État n’avait pas réduit ses recettes et choyé les marchés financiers, le ratio dette publique sur PIB aurait été en 2012 de 43% au lieu de 90 % comme le montre le graphique ci-contre.

 

Au total, 59% de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêts excessifs.

 

La hausse de la dette publique provient pour l’essentiel

des cadeaux fiscaux et des hauts taux d’intérêt

Source : Insee, comptabilité nationale ; calculs CAC

 

Le rapport d’audit propose aussi une évaluation des impacts des paradis fiscaux ainsi que de la crise financière de 2008 dans l’envolée de la dette publique.

 

Au total, il apparaît clairement que la dette publique a été provoquée par des politiques économiques largement favorables aux intérêts des créanciers et des riches, alors que les sacrifices demandés aujourd’hui pour la réduire pèsent pour l’essentiel sur les salariés, les retraités et les usagers des services publics. Cela pose la question de sa légitimité.

 

Le rapport se conclut par une série de propositions destinées à alléger le fardeau de la dette (près de 50 milliards d’euros d’intérêts par an et plus de 100 milliards de remboursements) pour rompre avec le cercle vicieux des politiques d’austérité et financer les investissements publics dont l’urgence sociale et écologique n’est plus à démontrer.

 

La réalisation d’un audit de la dette publique effectué par les citoyens ou sous contrôle citoyen, devrait permettre d'ouvrir enfin un véritable débat démocratique sur la dette publique. Ce débat devrait amener à déterminer quelle partie de cette dette est jugée par les citoyens comme illégitime. Les premières évaluations ici proposées par le groupe de travail du Collectif pour un audit citoyen se veulent une contribution à ce débat.

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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 06:32

http://www.inegalites.fr/spip.php?article1930#.U4O0BVmWhmI.facebook

 

26 mai 2014 - Depuis 2008, le niveau de vie des plus démunis diminue. Une crise qui alimente les tensions sociales, mais n’inquiète pas plus que ça les couches favorisées, dont les revenus continuent à augmenter. Par Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.


+ 1 800 euros annuels pour les 10 % les plus riches, - 400 euros pour les 10 % les plus pauvres. Le bilan de l’évolution des revenus sur la période 2008-2011 [1] est sombre pour les milieux populaires. La « baisse généralisée du pouvoir d’achat » [2], tant médiatisée, est une imposture : le pouvoir d’achat augmente pour les plus riches et diminue pour les plus pauvres.

Bien des catégories sont à l’abri de la crise. Elle ne frappe qu’une partie de la population : les plus modestes, déjà fragilisés par des décennies de chômage. Les jeunes, les ouvriers et les employés, la main d’œuvre peu qualifiée travaillant dans les petites entreprises du secteur privé et les immigrés sont en première ligne. Et pourtant, on entend essentiellement le bruit des couches aisées qui continuent d’oser se plaindre d’être matraquées par les impôts. Le gouvernement, dont l’action est formatée par les sondages, a entendu le « ras-le-bol-fiscal ». Il a perdu le sens de la réalité sociale. Les politiques mises en œuvre sont totalement décalées par rapport à la hauteur de l’enjeu.

Trois France se distinguent. Parmi les 30 % les plus riches, les revenus ont continué à progresser entre 2008 et 2011 : + 500 euros gagnés par an pour ceux de la tranche située entre les 70 et les 80 % les plus aisés, jusqu’à + 1 800 euros pour ceux des 10 % supérieurs. La crise, les 20 % du haut ne la connaissent pas vraiment. Entre 2008 et 2009 les cours de la bourse ont été divisés par deux, mais le rattrapage a été rapide. A ce niveau de vie (au moins 2 200 euros par mois pour une personne seule), on vit bien et surtout on continue à gagner plus, même si on est loin des sommets. Mais il est vrai que les gains demeurent beaucoup plus faibles que ceux qu’on observe chez les 0,1 % les plus riches, qui ont gagné (au minimum) 36 000 euros (avant impôts) de plus en 2010 qu’en 2004 (lire notre article Comment évoluent les très hauts revenus en France).

Les trois dixièmes de la population situés entre les 40 % les plus pauvres et les 30 % les plus riches ont vu leur situation stagner. Les classes moyennes ne sont pas « étranglées », selon l’adage médiatique, leur situation n’est pas la plus difficile, mais cette stagnation constitue une rupture pour des catégories au cœur d’une société où l’on consomme toujours plus. Pour cela, il faut gagner davantage et ce n’est plus le cas. Enfin, parmi les 40 % du bas de la hiérarchie sociale, les revenus diminuent de 300 à 400 euros (données annuelles). Cette France qui décroche a un visage : c’est celle des employés et des ouvriers, qui ont perdu respectivement 500 et 230 euros sur l’année entre 2008 et 2011, quand les cadres ont gagné 1 000 euros, soit un mois de travail d’un Smicard.

Un changement social inédit

Ce décrochage de la France d’en bas est inédit. Jusqu’au milieu des années 2000, les inégalités s’accroissaient par le haut, tirées par la progression des revenus des plus aisés. Pas uniquement des très riches, mais de toute la frange des 10 % les plus aisés. Les moins favorisés continuaient à voir leurs revenus augmenter, notamment au début des années 2000 du fait de l’importante hausse du Smic liée au passage aux 35 heures.« Après tout », nous expliquait-on, « peu importent les inégalités si les plus démunis continuent à récupérer les miettes du progrès ». L’argument ne tient plus quand une part de la population décroche. Et encore, la réalité de 2014 est plus dégradée mais elle n’est pas encore visible dans les statistiques de l’Insee, connues avec deux années de retard. Depuis 2011, tout porte à croire que les plus pauvres se sont encore appauvris et les plus riches enrichis.

La hausse du chômage est à l’origine de ce basculement. A la mi-2008, on comptait trois millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi [4]. Ils sont désormais 4,9 millions, une augmentation de 63 %. Il faut remonter à la fin des années 1970 et au début des années 1980 pour trouver une telle progression. Parmi eux, on trouve 5,5 % de cadres, 6,6 % d’agents de maîtrise et techniciens et 88 % d’ouvriers ou d’employés. En matière d’emploi, il existe une fracture dans la fracture, masquée par les moyennes, et qui ne date pas de 2008. A l’intérieur de l’ensemble du monde ouvrier, les moins qualifiés sont beaucoup plus fragilisés que le reste des actifs. Dès le milieu des années 1990, leur taux de chômage a atteint 17 %. Revenu à 13 % en 2001, il a ensuite grimpé et dépassé 20 % en 2012. Le statut de l’emploi et le type d’employeur comptent de plus en plus. Une partie importante des salariés est à l’abri, soit du fait de leur statut de fonctionnaire (environ 4,5 millions de personnes), soit du fait de leur haut niveau de diplôme qui leur assure de retrouver du travail dans de brefs délais pour l’immense majorité des cas. La taille et le secteur d’activité constituent aussi un clivage majeur : l’avenir d’un salarié d’une grande banque privée a peu à voir avec celui qui est employé dans une PME industrielle.

La France qui trinque est d’abord celle qui n’a pas eu la chance d’être estampillée bonne élève par le système éducatif (voir encadré sur le décrochage). Même si quelques diplômés ont du mal à s’insérer rapidement, les jeunes en difficulté sont massivement ceux qui n’ont pas eu la chance de faire des études. Le taux de chômage des sans diplôme est passé de 12,6 à 17,1 % entre 2008 et 2012, celui de ceux qui disposent d’un diplôme supérieur à bac + 2 de 4,7 à 5,6 %. Et encore, ces données ne prennent pas en compte les décrocheurs de l’emploi, notamment des femmes peu qualifiées, qui, devant la dégradation des conditions d’emploi (précarité et bas salaires), ne postulent même plus. Dans un pays où la croyance dans les titres scolaires est démesurée, le clivage social le plus profond porte sur le diplôme. Même périmé après des années de travail, il marque ensuite le parcours des salariés tout au long de leur vie professionnelle.

Qui s’inquiète de cette fracture ?

Durant des années, on a expliqué aux Français que le pays n’était plus composé que d’une vaste classe moyenne. La plupart des sociologues nous expliquait que les catégories sociales ne servaient à rien pour comprendre la société, que nous n’avions plus que des individus agglomérés [6]. L’amplification de la crise de l’emploi ne fait que dévoiler la fonction de ce discours : effacer le poids du social, des hiérarchies et des rapports de domination. Si tout le monde est frappé, personne ne l’est en particulier. Personne ne peut être mis à contribution. Faire comme si la crise touchait tous les milieux est une façon d’exonérer les couches aisées d’une solidarité nécessaire ou de la reporter sur une minorité d’ultra-riches.

Qui s’inquiète vraiment de cette fracture ? La France qui va mal est populaire et celle dont on entend la plainte est aisée. Elle croule sous l’« assommoir fiscal », paraît-il. En réalité, les impôts ont augmenté entre 2011 et 2013, dans une proportion très inférieure à la baisse enregistrée entre 2000 et 2010 [7]
L’opération de construction du ras-le-bol fiscal a réussi au-delà des espérances de ses promoteurs. La démagogie des baisses d’impôts n’a pas attendu longtemps avant de faire son retour, faisant passer au second plan la réponse aux besoins sociaux [8].

Toute une partie des catégories favorisées s’intéresse aux « questions sociétales » comme on dit, au « social business » ou aux sympathiques chartes de la diversité. Cela ne mange pas de pain. Elle se préoccupe de l’orientation de ses enfants, de ses futurs congés ou de son alimentation bio, plus que de la situation des immigrés, des ouvriers qui travaillent à la chaîne, des caissières, ou du fonctionnement de l’entreprise ou de l’école. Reste à attendre le moment où la contestation sera telle que ces milieux se sentiront vraiment contraints de redistribuer, un peu, les cartes.

Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.
Auteur de « Déchiffrer la société », éditions La découverte, 2009.

Photo / © Richard Villalon - Fotolia.com

Notes

[1Dernières données disponibles, après impôts et prestations sociales et pour l’équivalent d’une personne, en euros constants (après inflation). Sauf indication contraire, toutes les données utilisées dans cet article sont de ce type. Source : Insee.

[2L’évolution du pouvoir d’achat, c’est l’évolution du revenu moins l’inflation.

[3Organisation de coopération et de développement économique. L’OCDE est le principal collecteur de statistiques sur les pays développés.

[4Catégories A,B et C.

[5Voir pour cela notre article sur la durée du chômage.

[6Certains, encore très écoutés, persistent : voir « La fin des sociétés », Alain Touraine, Le Seuil, 2013.

[7Entre 2000 et 2009 (2010 non compris), le rapporteur du budget UMP Gilles Carrez a chiffré l’impact des baisses entre 100 et 120 milliards. Les impôts et prélèvements ont augmenté de 65 milliards entre 2011 et 2013.

[8Au passage, ce gouvernement d’opinion fondé sur des sondages biaisés est suicidaire dans l’opinion. Il est en passe d’éliminer toute une partie du personnel politique classique, de gauche comme de droite, au profit des extrêmes. Déjà en 1999 Laurent Fabius, alors ministre de l’économie, expliquait que la seule raison qui puisse faire perdre la gauche aux élections était de ne pas réduire les impôts. On a vu le résultat.

[9Mesuré ici à 60 % du niveau de vie médian.

Date de rédaction le 26 mai 2014

Le visage de la France qui décroche à l’école
A l’école, la moitié des décrocheurs ont un père ouvrier, 5 % un père cadre. 54 % des enfants en retard en troisième ont des parents non diplômés, 14 % ont des parents diplômés du supérieur. La France qui ne suit pas le rythme du système scolaire est dans son immense majorité issue des catégories défavorisées. L’intérêt porté aux filières prestigieuses fait oublier son image inverse : les moins renommées qui rassemblent les enfants issus pour l’essentiel des catégories populaires. Dans les filières pour les élèves les plus en difficulté au collège, les Sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa), on trouve 84 % d’enfants issus des milieux populaires (ouvriers, employés, sans profession) et moins de 2 % d’enfants de cadres. Le constat d’un système scolaire reproduisant les inégalités sociales est désormais partagé. Les données de l’enquête internationale Pisa de l’OCDE [3] – auprès des élèves âgés de 15 ans - ont été largement diffusées, parfois jusqu’à l’excès. Mais l’hypocrisie règne : derrière les discours de justice, aucune mesure n’est mise en œuvre pour réformer l’école sur le fond, dans sa structure, ses programmes et sa pédagogie.
Le chômage frappe les jeunes et fragilise les plus âgés
Les plus jeunes sont aux premières loges de la crise. Le taux de chômage des moins de 25 ans a atteint un niveau record de 25,4 % fin 2012 et se situe à 22,8 % fin 2013. Il était de 17 % en 2008. Le nombre de chômeurs de plus de 50 ans reste faible, mais il a doublé entre 2008 et 2013 et leur taux de chômage est passé de 4 à 6,4 %. Si l’on observe le taux, le manque d’emploi pénalise bien plus les jeunes que les plus âgés. Mais ce taux peut être un indicateur trompeur : il faut aussi tenir compte de la durée de chômage [5]. Pour les plus âgés, retrouver un emploi est souvent plus difficile. Le licenciement peut déboucher sur une très forte baisse de niveau de vie, et parfois une fin de carrière prématurée.
La France appauvrie n’est pas périurbaine
La France qui subit le plus lourdement les effets de la crise est bien loin d’être la France pavillonnaire du périurbain. La pauvreté et les inégalités se concentrent dans les grandes villes. Le taux de pauvreté [9] atteint son maximum – 18% - dans les villes de 100 000 à 200 000 habitants. Dans les communes des banlieues défavorisées ou les quartiers populaires des grandes villes, le taux de pauvreté dépasse souvent les 40 %. Les quartiers les plus en difficulté – parfois présentés comme bénéficiaires du dynamisme des métropoles – ne sont pas des ghettos à l’abandon, mais paient un tribut beaucoup plus lourd à la crise que la campagne ou la France pavillonnaire. Le taux de pauvreté y atteint 36 %, trois fois plus que le reste du territoire urbain. Entre 2006 et 2011, ce taux a augmenté de 6 points, contre 0,8 hors des zones urbaines sensibles.
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 05:39

Le très haut niveau de l'abstention et le niveau historique du Front national, confirment que la crise politique et démocratique que traverse notre pays atteint un seuil critique. C'est une nouvelle alerte. La France s'enfonce dans un malaise démocratique inquiétant. Les causes de cette situation sont claires : le rejet massif du modèle libéral de l'Union européenne et le mépris que les tenants de ce modèle ont opposé depuis dix ans à tous ceux qui le contestaient ; l'enfermement de François Hollande et de Manuel Valls dans une politique d'austérité désavouée par le pays ; le profond désarroi dans lequel cette situation plonge les classes populaires et l'ensemble des électeurs de gauche.

La victoire du Front national, portée par une forte appropriation du mécontentement et une captation des voix de la droite, est un événement grave au plan national comme européen.

Si la droite et l'extrême droite sont en tête, c'est surtout que la majorité gouvernementale est ce soir sanctionnée et isolée. La gauche sort très affaiblie de ce scrutin.

Dans ce contexte, les résultats du Front de gauche, équivalents à ce qu'ils étaient en 2009, ne permettent pas de relever le défi d'une voix alternative majoritaire à gauche. Un vaste chantier est devant nous.

Ce soir, le PCF lance un appel solennel. De cette crise politique doit émerger une perspective réelle et crédible à gauche sur fond de rupture avec ce système rompu aux thèses libérales. La gauche s'est trop éloignée de ses valeurs. Elle ne pourra retrouver le peuple que dans un mouvement social et politique de l'ampleur d'un Front populaire du XXIème siècle. Nous appelons tous ceux qui, ce soir, se sentent malheureux à gauche, toutes les forces vives du pays, la jeunesse et les salariés à s'unir sans attendre. Nous mettons le Front de gauche à leur service.

Dans cette visée, les résultats de nos partenaires européens du groupe de la GUE-NGL et la progression de l'idée d'une alternative à gauche en Europe sont des signes encourageants.

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Les député-es du Front de gauche élu-es aux européennes 2014

  • Marie-Christine Vergiat ( Sud-Est ) - Elue
  • Jean-Luc Mélenchon ( Sud-Ouest ) - Elu
  • Patrick Le Hyaric ( Ile-De-France ) - Elu
  • Younous Omarjee - DVG soutenu par le Front de gauche ( Outre-Mer ) - Elu

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 05:37

Le président de la République avait une envie irrépressible d'intervenir. Pour prendre la juste dimension de la très grave crise politique et démocratique au lendemain des élections européennes ?Non. Pour annoncer, enfin, un changement de politique ? Pas davantage.

Il dit vouloir "regarder en face" la réalité mais il continue à tourner le dos au chemin qui permettrait le redressement de notre pays. François Hollande parle. Qui l'écoute encore ? A peine achevée, son intervention laisse place à l'affaire Bygmalion. Voilà un cocktail explosif de tout ce qui nourrit le Front national.

L'heure est au dialogue, à l'échange et à la construction avec toutes celles et ceux qui, à gauche, ne veulent pas de l'orientation Hollande/Valls, qui conduit la France à l'échec et la gauche à la catastrophe. Il faut refonder la politique et la République.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

 

PCF Front de Gauche

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 18:42

 

 

 

Pourquoi et comment le Collectif des associationscitoyennes répond au questionnaire sur le système de résolution des conflits investisseurs/Etats dans le cadre de TTIP-TAFTA

 

   

Pésentation officielle du questionnaire sur le site trade.ec.europa.eu ICI et ICI l’avis de consultation

 

Face aux négociations entamées dans le plus grand secret avec le gouvernement des Etats–Unis d’Amérique pour aboutir à unaccord de libre échange (appelé indifféremment  TTIP, PTCI, TAFTA, APT) s’élève une opposition grandissante de la part des citoyens européens et des organisations de la société civile (c’était l’un des sujets de la manifestation de samedi 17 mai à Paris et le cœur de celle du 15 mai 5 à Bruxelles).

 

TAFTA ? Petit rappel :

La Commission européenne a obtenu mandat de la part de tous les États membres pour négocier avec les États-Unis cet accord transatlantique(dits TTIP, PTCI, TAFTA, APT) qui cherche à instaurer un vaste marché de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis, allant au-delà des accords de l’OMC.

 

Ce projet de Grand marché transatlantique prévoit le démantèlement des quelques droits de douane existant encore et conduit à un nivellement par le bas des règles sociales, économiques, sanitaires, culturelles et environnementales, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis.

 

Les juridictions existantes peuvent être remplacées par des arbitrages privés. Ce traité permet à une entreprise de porter plainte contre un État (par exemple s’il relève le SMIC si cela diminue les profits de l’entreprise). Il s’agit d’une véritable mise sous tutelle des démocraties par des acteurs économiques. Cela leur permettrait de contourner les lois et les décisions qui les gênent permettant par exemple aux pétroliers d’imposer en France l’exploitation des gaz de schistes. Une telle architecture juridique remet en cause les capacités des États à maintenir des services publics (éducation, santé, etc.), à protéger les droits sociaux, à garantir la protection sociale, à maintenir des activités associatives préservées du marché. Voir le guide réalisé par ATTAC ICI

 

C’est pourquoi le collectif estime que l’avenir des associations est directement engagé par le projet de traité de libre-échange et de soumission des politiques publiques aux intérêts économiques des multinationales et des lobbies industriels avec comme seule règle de droit la maximisation des profits.

Il invite les associations nationales, régionales et locales à prendre connaissance du dossier et à se joindre à ce mouvement si elles partagent cette analyse.

 

 

 

La Commission européenne, afin de répondre à cette opposition, a lancé -début avril- une consultation portant strictement sur le processus de règlement des conflits entre investisseurs et Etat, qui est une des questions les plus conversées et les plus contestables du projet d’accord.

 

Cette consultation s’effectue uniquement par internet sur le site ec.europa.eu avant le 6 juillet 2014. Tout citoyen ou résident européen, comme les associations, les syndicats mais aussi bien entendu les entreprises, leurs organisations et leurs organismes de lobbying  peuvent y participer, ce qu’elles ne manqueront pas de faire.

 

Le Collectif des associations citoyennes a décidé de répondre à ce questionnaireet de donner son avis. Il invite les associations et réseaux, ainsi que le maximum de militants à titre individuel à participer à cette consultation afin que les opinions des citoyens s’expriment et ne pas laissé le monopôle aux multinationales et aux lobbies industriels et financiers qui ne manqueront pas de soutenir la Commission européenne et la majorité des gouvernements pour insérer dans ce traité le processus de règlement des conflits à leur plus grand profit.

 

Ces réponses ne remplaceront pas les mobilisations de toutes natures à engager et poursuivre pour faire échec à ce traité tel que le voient les gouvernements et les multinationales (pétitions, manifestations de rues, débats et explications, intervention auprès des députés européens et nationaux pour qu’ils ne ratifient pas le traité s’il va à son terme, incitation aux collectivité publiques –communes, départements, régions…- à se déclarer hors traité TTIP… etc.). Toutes ces formes d’actions sont utiles et nécessaires, la réponse au questionnaire de la Commission est un moyen d’action supplémentaireelle a pour but de poser les problèmes, de participer à la mobilisation contre ce traité, de démontrer à la Commission que les citoyens et organisations de la société civile sont mobilisés, qu’il n’y a pas que les entreprises et leurs avocats qui le sont ; il s’agit aussi, pour partie, d’obliger la Commission à répondre à nos arguments.

 

Cette action sous cette forme est donc une étape dans la mobilisation.

  • Concrètement pour répondre au questionnaire, il faut aller sur le site de la Commission européenne, on a 90 minutes pour répondre en ligne, les questions ne se comprennent bien qu’avec les longues explications qui les précèdent (accessibles ICI et il est important de le lire AVANT de débuter).

Nous donnons dans le document joint, les réponses que le CAC a faites pour vous aider à répondre (vous pouvez construire les vôtres en vous en inspirant ou pas, voir les copier/coller directement) le plus important est qu’il y ait un nombre significatif de réponses qui aillent dans le même sens même si elles sont identiques ou quasi identiques, pour obliger la Commission à répondre à nos arguments.


Le Collectif des Associations Citoyennes

www.associations-citoyennes.net 


 


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