L'étau se resserre autour de Jean-François Copé. De plus en plus d'incices invitent à penser que les prestations de l'agence de communication Bygmalion, facturées 5 ou 6 fois plus cher qu'à l'ordinaire pendant la campagne présidentielle de Sarkozy (ce qui n'est pas non plus sans expliquer le dépassement du plafond des dépenses de campagne et le refus de remboursement, lié aussi à d'autres irrégularités, de la Commission Nationale des Comptes de Campagne), servaient de pompe à fric pour quelques dirigeants de l'UMP. Et peut-être aussi les ventes de biens d'Etat aux émirs et hommes d'affaire du Qatar, si l'on en croit Médiapart:
Ventes au Qatar: l'autre affaire qui menace Copé
Jean-François Copé © ReutersJean-François Copé a-t-il pu tout ignorer, lorsqu'il était ministre du budget, de ventes de biens de l'État au Qatar par l'intermédiaire de la société Centuria, dans laquelle travaillait un de ses anciens collaborateurs passé par la suite chez Bygmalion ? Tout porte à en douter. Or ces ventes suscitent de plus en plus de questions et de fortes critiques de la Cour des comptes.
La droite ultra-libérale et réactionnaire qu'incarne Copé sur le mode américain à la Bush a un rapport décomplexé à l'argent et résume la valeur de la vie aux valeurs financières: seuls les riches sont méritants, les pauvres n'ont qu'à bien se tenir...
Comme à d'autres époques, Restauration, Second Empire, la IIIe République affairiste de Panama, bien renseignées par Balzac, Maupassant et d'autres, ce petit milieu cynique et sans décence s'accomode très bien de la corruption installée au plus haut sommet de l'Etat puisque les corrupteurs sont des gens très comme il faut et même des faiseurs de roi.
Et ce sont les députés de Jean-François Copé qui donnent des leçons de morale sorties tout droit elles aussi des mamelles historiques de la droite - la défense du sabre et du goupillon, du sacro-saint ORDRE SOCIAL conservé par l'Armée et l'Eglise - en dénonçant de prétendues offensives de la théorie du genre à l'Ecole ou la négligence de Mme Taubira, ministre progressiste, femme et noire de surcroît, au moment de chanter la Marseillaise lors d'une cérémonie publique.
Ces polémiques de bas étage trahissent l'accord de fond de la droite parlementaire avec la politique pro-patronale conduite par Hollande et Valls - il ne leur reste plus à se mettre sous la dent que des reproches d'antipatriotisme, de cosmopolitisme, de libéralisme sociétal ouvrant la voie à la confusion des Genres et à l'impureté généralisée. Soit le credo de l'extrême-droite traditionnelle, depuis l'Affaire Dreyfus en passant par Vichy.
Heureusement, tous les hommes de droite n'ont pas cette connerie chevillée aux cerveaux ou ce cynisme manipulateur, et il reste des parlementaires, des anciens ministres et des militants pour relever l'honneur républicain de la droite, franchement bien écorné avec les déclarations et les pratiques d'un Jean François Copé, d'un Guaino et de toute la clique des Sarkolâtres.
En ce moment, malheureusement, le PS n'inspire guère moins de colère.
Faut-il vraiment qu'ils prennent les électeurs et leurs militants pour des cons pour communiquer sur la nécessité de relancer la croissance et de rompre avec l'austérité de Bruxelles? Comme Martin Schultz dans le Finistère cette semaine, Valls en campagne électorale ou les affiches des Européennes du PS dans le Grand Ouest. On est en plein exercice d'anti-phrase destiné à maquiller le sens d'une action digne des Pouvoirs qui ont perdus le contact avec la Vérité, qui croient pouvoir recréer la Réalité à leur convenance avec des mots de contrebande.
Ce sont eux qui ont été se précipiter pour ratifier le pacte budgétaire austéritaire préparé par Merkel et Sarkozy, dont découle leur politique d'austérité d'une ampleur inégalée en France depuis 2 ans et pendant 3 ans encore...
Car après, on entendra sans doute parler encore d'Austérité et de Services Publics ou de Régimes d'assurance sociale à privatiser, de Travailleurs trop payés à étrangler, mais plus beaucoup des Hollande, Valls, et consorts, qui pourront reprendre leurs activités appointées au service des multinationales, comme les Vedrine, Strauss-Kahn, Cahuzac, Moscovici, Besson, Blair, Schröder, en ont montré le chemin en leur temps, celui de la politique Casino qui se poursuit d'ailleurs.
Nous sommes confiants: le monde de la Finance saura se montrer plus reconnaissant que les Citoyens français. Peut-être après tout qu'ils ont choisi le bon camp!
Mais d'ici là, dirigeants de l'UMP et du PS qui avez perdu toute notion de Grandeur, d'Honnêteté et d'Intérêt Général, chantez bien la marseillaise avec des trémolos dans la voix, si possible devant les millionnaires du Ballon Rond au Brésil...
Ismaël Dupont
commenter cet article …
/image%2F1489059%2F20230703%2Fob_d3a7c7_capture-d-ecran-2023-07-03-a-19-07.png)
