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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 06:36

"Répéter que la dépendance coûte trop cher à la société finira pas coûter cher à la société", c'était le message d'une campagne de la Mutualité Française diffusée quelques mois dans les médias. En 2010, les dépenses consacrées à la dépendance en France ont été de 34 milliards d'euros (10 fois moins que les dépenses liées au versement des retraites). Environ 70% sont pris en charge, selon le magazine Alternatives Economiques (n°306- octobre 2011), par les dépenses publiques, essentiellement via l'assurance maladie et l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Le reste étant à la charge des familles concerne essentiellement l'hébergement. Les plus de 80 ans sont 3 millions aujourd'hui (5% de la population), ils devraient être 5,8 millions en 2035.  Il y a aujourd'hui un manque important de développement des réseaux de services à domicile: les trois quarts des personnes dépendantes sont soutenues par des aidants familiaux, la plupart du temps des femmes membres de la famille, et celles-ci, écrit Claire Alet dans l'article d'Alternatives Economiques précédemment cité, "sans formation et en manque de relais, s'épuisent trop souvent à la tâche et se retrouvent dans des situations de burn out, un syndrome d'épuisement. On estime même que 30% des aidants meurent avant les aidés".  Seulement, le secteur du service à domicile, constitué d'associations de petites tailles, est en grande difficulté financière et licencie à tour de bras, en témoigne les difficultés de l'ADMR Finistère: 10000 emplois auraient été supprimés déjà depuis début 2011 alors que les besoins augmentent. "Quant aux maisons de retraite, rappelle l'article d'Alternatives Economiques, et notamment aux étabilissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), elles demeurent très difficiles d'accès pour les classes moyennes modestes. En effet, le "reste à charge" s'élève en moyenne à 1617 euros par mois, alors que le montant moyen d'une retraite est de 1200 euros. Diminuer ce reste à charge devrait être une priorité, mais on peut difficilement le demander aux départements dans la situation actuelle, puisqu'ils sont asphyxiés financièrement. Au 31 décembre 2010, il y avait 1,2 millions de bénéficiaires de l'APA contre 765000 en 2003, et les recettes des départements, indexées sur des compensations de l'Etat liés aux transferts de charge indexés sur les besoins de l'époque, n'ont pas évolué autant à la hausse. L'Etat s'était engagé à participer au coût de cette allocation d'autonomie à la hauteur de 50% en 2002: or, la part qu'il prend dans le financement de l'APA n'est que de 28% aujourd'hui. Résultat: des personnes âgées très dépendantes voient leur nombre d'heures d'aides à domicile financées par l'APA se réduire de manière inquiétante.  Le manque de place en maisons de retraite, et le manque de maisons de retraites associatives ou publiques accessibles au grand nombre, car sans but lucratif, est également une réalité. Sarkozy avait promis un grand plan de refinancement du secteur de l'aide à l'autonomie qui passait chez lui par une nouvelle atteinte au régime solidaire de Sécurité Sociale par la création d'un cinquième risque (le risque dépendance) ouvrant la voie à un financement par l'assurantiel privé. La crise financière et les plans de rigueur sont passés par là et les vieux devront une nouvelle fois se contenter de bonnes intentions... pas toujours désintéressées.  

 

 

Voici l'intervention d'Alain David au premier débat du dimanche 27 novembre qui a réuni plus de cent personnes  sur l'autonomie et la sécurité sociale- à La Fête de L'Humanité Bretagne de Lanester. Un atelier régional du Front de Gauche va être créé pour réfléchir à la question du financement et des modalités de l'aide à l'autonomie pour bâtir une société de tous les âges réellement solidaire.

Nous avons également prévu, grâce en partie à l'efficace travail de sensibilisation de Jean Dréan,  d'organiser cet hiver une réunion publique thématique sur la question de l'aide à l'autonomie. Cette conférence-débat aurait lieu à Plouigneau entre janvier et mars.

 

 
Participaient, outre Alain David (ancien adjoint au maire de Morlaix) au débat de la Fête de l'Humanité Bretagne à Lanester: Viviane Krynicki, directrice de la Mutuelle familiale de France à Lorient, Françoise Jaffre, syndicaliste CGT à la Maison de retraite de Port-Louis, et Christiane Caro, membre de la Commission Nationale Santé du PCF.
Viviane Krynicki a rappelé les bases de notre système de protection sociale, un des meilleurs au monde, et qui n'a malheureusement plus rien à voir à ce qu'il était en 1945, grâce à l'activisme de syndicalistes et d'homme politiques tel qu'Ambroise Croizat. Le patronat a tout fait pour vider la sécurité sociale de sa charge émancipatrice. La part de cotisation patronale a été baissée de 10% dans le système général. Dans la France de 2011, le chômage et l'exclusion sociale, l'augmentation du nombre de retraités et les évolutions de la pyramide des âges, l'entrée plus tardive de la jeunesse dans le monde du travail, mettent en difficulté les caisses de protection sociale. Pourtant aujourd'hui encore, 30% du PIB est redistribué au citoyen sous forme de prestations diverses. C'est autant d'argent qui échappe au capital et aux circuits financiers, et c'est ça le problème. Pourtant, c'est grâce à ces prestations sociales que la France a moins souffert de la crise du capitalisme financier en 2008. Si l'assurance maladie a des comptes en déséquilibre, c'est aussi parce qu'elle sert de vache à lait de l'industrie pharmaceutique, parce qu'on baisse les cotisations sociales au nom de la lutte contre le chômage en décidant de faire payer directement les salariés. aujourd'hui, on assiste à une véritable marchandisation de la santé, une privatisation rampante de la sécurité sociale qui passe par la prise en charge directe par les salariés de leur santé (franchises médicales, dépassements d'honoraires). La réforme de la dépendance promue par Sarkozy, la filialisation de la Sécurité Sociale par la création d'un cinquième risque, vise à amoindrir le financement solidaire au profit d'une ouverture à l'assurantiel privé. Pourtant, une répartition plus juste des richesses publiques permettrair de rééquilibrer les comptes sociaux et d'éviter une marchandisation de la santé.  

 

Intervention d'Alain David:

 

Perte d’autonomie Lanester le 27.11.11

 

 

 

J’ai été élu communiste pendant 31 ans à Morlaix dont 25 ans comme adjoint. C’est à ce titre, bien que n’étant pas spécialiste, que j’ai répondu favorablement à la demande de Christiane de participer avec vous à la réflexion nécessaire sur la question de la perte d’autonomie.

 

J’ai aussi dans ma section un camarade (Jean Dréan que certains connaissent peut être) qui n’a de cesse d’attirer l’attention tous azimuts sur la nécessité de construire un droit universel : le bien vieillir partout et pour tous. Sur le fait aussi que cela est insuffisamment pris en compte par le mouvement syndical et politique. Non pas sur le papier mais dans l’action.

 

A ce sujet, dans les médias, il y a deux formules qui reviennent fréquemment et qui ont le don de m’horripiler :

 

1 – les problèmes du vieillissement. Sous-entendu les problèmes de financement : comme si ce n’était qu’un coût, comme si l’allongement de la vie n’était pas d’abord un immense progrès, malheureusement encore trop mal partagé sur la planète. Comme si ce n’était pas aussi un formidable enrichissement pour la société Comme si le rôle de la société n’était pas justement de faire en sorte que chacun et chacune vive dignement jusqu’à la fin de ses jours

 

2 – l’or gris : cette formule, souvent reprise par les magazines, montre clairement comment, dans le système capitaliste, tout, y compris la personne humaine, y compris ses souffrances devient moyen de profit. A condition bien sûr de ne prendre en compte que ceux qui peuvent payer.

 

La perte d’autonomie c’est un état de santé qui évolue et qui est la résultante de plusieurs causes physiques, psychologiques, intellectuelles mais aussi matérielles, sociales, familiales…

 

Elle peut être totale ou partielle. Elle survient le plus souvent progressivement et recouvre, pour schématiser, 3 situations distinctes : le grand âge, le handicap et l’invalidité ( 2 600 000 personnes )

Il est donc illusoire de penser qu’il y a une seule réponse. Cela dépend évidemment de la gravité de l’état de la personne concernée, de son évolution prévisible, s’il y a un conjoint autonome ou pas, s’il y a un entourage familial ou pas …

 

Mais il y a UNE responsabilité globale de la société : permettre à chacun de vivre dignement jusqu’à la fin de ses jours, quelle que soit sa situation sociale ou familiale. En prenant en compte la situation actuelle (en particulier l’éclatement familial) et les évolutions prévisibles en particulier le fait que le nombre de personnes de + de 75 ans va doubler dans les prochaines décennies.

 

L’incurie de l’état nourrit la finance

 

C’est déjà un véritable magot pour les assurances privées. Ces dernières années la différence entre les cotisations au titre de la dépendance et les rentes versées aux assurés dépassait 275 millions d’euros par an soit un gain de + de 70 % pour les assurances. Mais ils veulent aller encore plus loin.

 

Page 2

 

C’est aussi l’explosion des établissements privés qui bénéficient, si on peut dire, de l’insuffisance criante de l’offre publique .L’année dernière le président du conseil général du Finistère reconnaissait à Plouigneau qu’il manquait 2000 places en maison de retraite et structure adaptée dans le département… et qu’il en serait créées 70 dans l’année. A ce rythme-là, il faudrait presque 30 ans pour répondre aux besoins actuels.

 

Comme c’est un sujet sensible Nicolas Sarkozy a courageusement décidé de reporter les décisions après la Présidentielle.

 

Raison de plus pour poser la question et mener le débat dès maintenant dans tout le pays.

 

Tout d’abord pour refuser que cela devienne encore plus un véritable pactole pour les capitaux privés.

 

Ensuite refuser les fausses solutions, le 5ème risque par exemple (comme si la perte d’autonomie n’était pas d’abord un problème de santé), qui constituerait un nouveau découpage de la SS et donc ouvrirait encore davantage la voie aux capitaux privés.

 

Au contraire, nous affirmons l’universalité de l’assurance maladie, nous voulons la renforcer et y intégrer complètement la réponse aux besoins de la perte d’autonomie.

 

Le programme du Front de Gauche dont le titre « L’humain d’abord » montre bien les priorités que nous voulons mettre en œuvre indique page 24, je cite : « les réponses au manque d’autonomie seront prises en charge par la Sécurité Sociale à 100 % pour la partie « soins » et par le développement des services publics ».

De nombreuses personnes nous ont fait remarquer que, pour une question de cette importance, 3 lignes c’était un peu juste. Je crois qu’elles ont raison.

 

Mais nous ne partons pas de rien.

 

Nous avons des propositions de longue date que nous mettons en débat. Les organisations syndicales et les associations aussi. Sans entrer dans le détail nous considérons qu’une véritable politique publique doit comporter et articuler prévention, dépistage et prise en charge solidaire. C'est-à-dire instaurer un droit universel de compensation de la perte d’autonomie

 

  • La prévention passe par le développement de l’activité physique et intellectuelle, l’intégration sociale, l’alimentation, …et le remboursement à 100 % des dépenses de santé (notamment les prothèses dentaires, auditives et les lunettes) ce qui évitera les absences de soins … que l’on paie cher par la suite.

  • Il s’agit aussi de prendre en compte les conditions d’emploi, la recherche médicale, l’urbanisme, les transports…

  • Il s’agit de développer considérablement les équipements tant au domicile (où le maintien des personnes doit être privilégié.) que dans les institutions. De développer l’éventail des formules d’accueil, l’accès aux services spécialisés médicaux. Il s’agit surtout de mettre en œuvre un ambitieux plan de formation pour tous les personnels à tous les niveaux et dans tous les secteurs. 

Page3

 

 

Nous proposons au niveau départemental un pôle public de l’autonomie qui s’appuie sur le développement des services publics existants ou à créer. Il prendra en compte non seulement les aides (repas, toilette, mobilité…) mais aussi les équipements et l’aménagement des logements, les transports…

 

Cette coordination départementale doit permettre une simplification des démarches et une meilleure efficacité du service rendu.

 

Afin de garantir une maîtrise, une cohérence nationale et une égalité sur le territoire, nous proposons une structuration nationale des pôles publics départementaux.

 

Ces propositions se placent évidemment dans un cadre nouveau de développement de la démocratie et d’une répartition nouvelle des richesses produites qui assure, entre autres, le financement de la sécurité sociale ce qui permet d’éviter les mesures envisagées par le gouvernement comme l’assurance obligatoire, le second jour de travail gratuit ou l’augmentation de la CSG pour les retraités. Nous sommes aussi opposés au recours sur succession car, comme l’assurance individuelle c’est un moyen de contourner la solidarité nationale.

 

 

Pour nous, l’HUMAIN D’ABORD, ce ne sont pas que des mots.

 

Alain DAVID

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 11:56

Beaucoup en ont fait le reproche à Eva Joly qui manifesta publiquement il y a deux semaines sa désapprobation par rapport à un accord EELV/ PS qui s'asseyait sur le programme des Verts en matière sociale, de démocratie, de sortie du nucléaire, en échange de circonscriptions et de voix aux législatives (servant de critère pour le financement des partis): cette norvégienne sympathique mais butée n'était pas assez politique, presque irresponsable dans ses entêtements et son refus de voir la réalité des rapports de force en place. Elle ne respectait pas assez ou trop la discipline de parti, selon que l'on considérait l'objectif de la percée électorale ou celui de l'ambition programmatique.

 

Avec Hollande, les choses sont claires. Jospin avait eu l'idée géniale de préciser pour qui ne l'aurait pas lu "mon programme n'est pas socialiste" , afin de rassurer en anticipant le second tour de l'élection présidentielle de 2007 les électeurs centristes qui auraient pu l'imaginer avec un couteau entre les dents.

Hollande, qui ne doit assurément rien à son parti, puisqu'il a simplement été élu par des sympathisants socialistes ou de la gauche à l'issue des primaires, et non par des militants en fonction de sa capacité à porter un projet politique décidé en commun, prévient dans une tribune du journal Le Monde : "Je ne suis pas le candidat d'un parti".

Je ne suis pas, peut-on traduire par conséquent, engagé par le programme de mon parti. Et pour cause, celui-ci ne prévoit pas par exemple de poursuivre la chasse à l'emploi public comme veut le faire Hollande pour financer ses 60000 nouveaux postes dans l'Education Nationale, avec des moyens budgétaires devant diminuer de manière drastique pour parvenir à une réduction de déficit public de 50 milliards d'ici 2014. L'hyper-austérité n'était pas probablement pas l'horizon d'attente que souhaitaient mettre en avant les socialistes pour gagner la présidentielle, mais, entre temps, l'aggravation de la crise des dettes souveraines européennes (envolée des taux d'intérêt et des dettes du fait d'une récession rendant leur solvabilité plus problématique) menaçant la survie de la zone euro et de l'euro lui-même, a offert de nouvelles opportunités aux socialistes pour défendre sans complexe des préconisations néo-libérales que certains justifiaient jusque-là plutôt en privé mais qui sont dans la cohérence de leur refus de reprendre le pouvoir aux acteurs financiers et d'assumer un rapport de force avec eux.

 

Aujourd'hui, savez-vous qui Hollande rencontre pour se crédibiliser en tant qu'homme d'Etat doté d'une stature internationale?  Michel Barnier et José Manuel Barroso, deux des principaux artisans de cette Europe ultra-libérale qui a plongé les sociétés européennes dans une spirale de régression sociale sans précédent. C'est sûr que la plateforme européenne des syndicats ou les représentants Bureau International du Travail, c'est devenu un peu ringard pour un dirigeant social- démocrate... depuis que Papendréou, l'ancien président de l'Internationale Socialiste a pu sans broncher imposer 6 ou 7 plans d'austérité avec des millions de grévistes dans la rue à une dizaine de reprises. Mais ces syndicats auraient-il de toute manière partagé l'ambition titanesque de François Hollande, le chouchou de Jacques Chirac, de "donner du sens à la rigueur", c'est à dire de faire accepter par l'électorat de gauche le pacte de stabilité pour l'euro, la règle d'or, et les pertes de souveraineté liées à l'impératif absolu de discipline budgétaire...

Hollande ne se sent pas non plus, 10 jours après l'avoir fait parapher, engagé par la totalité des dispositions de l'accord législatif entre Europe Ecologie Les Verts et le PS: il lui reviendra d'"appliquer les mesures qui lui paraissent les plus essentielles". Où l'on voit que l'homme est à l'aise dans le cadre de la monarchie présidentielle qu'institue cette Vème République donnant tant de place à l'arbitraire du pouvoir personnel. Pour que les militants de base des partis et les citoyens, dans la diversité de leurs options politiques, reprennent un peu de poids dans la décision politique, et le disputent aux milieux d'affaires qui ont trop souvent l'oreille attentive des candidats qu'ils ont contribué à porter au pouvoir et qui sont issus des mêmes réseaux, il faudrait commencer par changer les institutions, mais cela, Hollande, qui consent tout juste à accorder une miette de 10% de représentation proportionnelle aux législatives, n'est en aucun cas prêt à le faire.    

 

 

Ismaël Dupont.     

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 19:23

France-2.jpg

 

 

JE VIENS DE SUIVRE le JT de 13h; c'était un Journal ordinaire :
    - 1) Braquages à Marseille:
           - " Jeunes; quartiers Nord; Kalachnikov; Balkans".
    - 2) Interview d'un Commissaire de Police :
                " Images de violence; prix des armes; mode d'emploi pour s'en procurer!"
    -3 Interview de Guéant :
                " les filières"
    -4) Déclaration de Fillon:
                " Soyons fermes! Sanction pénale à 12 ans!"
    - Enfin Sarkozy :
                " Non au droit de vote aux Immigrés!"
        .. La boucle est bouclée; tout celà à suivre pendant 20 minutes.
Ensuite, il y a eu un reportage sur cette cantine municipale des Charentes ( quelle est la couleur politique du Maire?) où on stigmatise les familles qui ne peuvent pas payer ( Salauds de Pauvres!); où l'on montre du doigt les enfants en leur attribuant un " ours" vert pour les " bons payeurs" et rouge ( évidemment) pour les mauvais payeurs.
Le temps n'est pas si loin où c'était une étoile..de toutes les couleurs.
Une précision: c'était le journal de Elise LUCET, sur France 2; service public.

...ON fait quoi?

 

André Bernard, candidat Front de Gauche aux législatives dans la première circonscription du Finistère.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:59

Extrait du blog de Jean-Luc Mélenchon- 23 novembre 2011 

 

"Je viens à présent sur l’accord entre le PS et les Verts.

 

Je suis de parti pris, je le reconnais. Je veux dire que je suis en phase avec ce que dit Cohn-Bendit. Attention, je ne parle pas de ce qui ferait de moi un agent de la droite et de l’extrême-droite si je le répétais à propos de l’autorité et de la ségolénisation du « prochain-président ». Il s’agit du référendum sur le nucléaire. C’était le cœur de ma proposition aux candidats de gauche dans un courrier récent. Aucune réponse socialiste. Et maintenant que Cohn-Bendit le demande ? Un petit garde-à-vous socialiste serait normal ! Je vais les aider à passer la pastille ! Avec un souvenir utile. Dans la mesure où, en toute modestie cela s’entend, le « prochain président », comme il s’est nommé à la une de « Libération », se compare à François Mitterrand, il serait peut-être utile de rappeler la proposition numéro 38 des 110 propositions du programme de 1981. Ce serait l’occasion de tenir parole 30 ans après. Lisez : "L'approvisionnement énergétique du pays sera diversifié. Le programme nucléaire sera limité aux centrales en cours de construction, en attendant que le pays, réellement informé, puisse se prononcer par référendum. Les crédits en faveur des énergies nouvelles ou des technologies nouvelles d'exploitation des énergies traditionnelles (charbon) seront très considérablement augmentés". Et pendant qu’on y est, on y ajoutera la proposition numéro 40 : "Une loi cadre garantira le contrôle des citoyens et des élus sur toutes les décisions, notamment les questions de sécurité touchant au nucléaire".

 

J’en viens à l'accord conclu entre Europe-Ecologie et le PS. Je note qu’il oblige Europe-Ecologie-Les-Verts à renoncer à plusieurs des "conditions incontournables" fixées lors de son congrès de juin dernier. Vous aviez dit « incontournables » ? Je m'abstiendrai ici de toute interprétation sur les intentions des protagonistes, pour m'en tenir à la comparaison des textes et des contenus. La résolution de ce congrès d'EELV fixait des conditions précises pour l'élaboration d'un "pacte d'alternative" avec leurs "partenaires de gauche". Cela concerne donc aussi le Front de Gauche. On a beaucoup entendu parler du nucléaire et je vais moi-même y revenir. Mais les conditions fixées par les Verts allaient bien au-delà. Ils appelaient notamment, parmi les "conditions incontournables", à l’avènement  d'une "6ème République parlementaire, incluant la généralisation des modes de scrutin proportionnels". Comment comprendre alors que le texte signé avec le PS s'en tienne à la proposition de François Hollande d'une "République nouvelle" et ne mentionne pas la 6ème République ? Hollande y est hostile, « Une réforme des institutions, oui. Un changement de République, non. » a-t-il déclaré dans « Direct Matin » en septembre dernier. Clair et net. Mais sur l’introduction de la proportionnelle dans cette réforme des institutions, c’est le grand flou. Certes, il en est question. On évoque une dose de proportionnelle, ce qui, on en conviendra, n’est pas la même chose. Mais, est-ce un effet de la gomme qui a déjà servi pour le chapitre MOX, le texte oublie malencontreusement de mentionner le pourcentage de députés qui seraient élus à la proportionnelle ! Ici les promesses ne peuvent même pas engager ceux qui y croient car on ne sait à quoi il faut croire…

 

Une autre "condition incontournable" fixée par les Verts était "l'abrogation de la réforme des retraites et la garantie d'un droit à la retraite à 60 ans avec un revenu décent". Or, conformément là aussi avec la position du PS, l'accord signé ne propose pas d'abroger la réforme des retraites mais de la "remettre à plat". Et l'accord limite le rétablissement du droit à la retraite à 60 ans "pour toutes celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt ou qui ont exercé des métiers pénibles". De fait, il n'y a donc plus de droit à la retraite à 60 ans pour tous dans cet accord. Je souligne au passage que sur ces deux sujets, retraites et institutions, c'est le Front de Gauche, et pas le PS, qui remplit dans son programme « L'Humain d'abord » les conditions « incontournables » fixées par les Verts pour signer un « accord de partenariat ». Nous sommes pour la "6ème République parlementaire". Nous proposons le "rétablissement de la proportionnelle à toutes les élections". Nous sommes pour l'abrogation de la réforme des retraites. Nous sommes pour le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour tous.

 

Vient la question du nucléaire. Voici, très précisément, ce que les Verts avaient fixé comme condition incontournable à ce sujet : "Une loi de sortie du nucléaire en 25 ans, incluant la fermeture de tous les réacteurs de plus de 30 ans ou en zone « dangereuse », en commençant par Fessenheim ; l'arrêt de l'EPR, l'abandon du projet ITER et l’arrêt de la filière plutonium à La Hague". De sortie du nucléaire, il n'en est plus question, comme on le sait. Le texte reprend la position de Hollande : "Nous réduirons la part du nucléaire dans la production électrique de 75% aujourd’hui à 50% en 2025 ». J'ai bien noté comme tout le monde que l'accord signé prévoit "la fermeture progressive de 24 réacteurs". C'est un utile rappel de ce qui est déjà prévisible aujourd'hui compte tenu de l'ancienneté des réacteurs installés. Les 24 réacteurs les plus anciens auront en effet entre 43 et 48 ans en 2025, alors qu'ils ont été conçus pour durer 30 ans. La fermeture progressive ? EDF travaille à augmenter leur durée de vie jusqu'à 40 ans mais provisionne aussi pour la suite leur démantèlement. C'est d'ailleurs parce que ces vieux réacteurs arrivent en fin de vie qu'EDF travaille sur des réacteurs de nouvelles générations. Voilà donc une promesse d’autant plus facile à tenir qu’elle est déjà au programme d’EDF.

 

L'accord EELV-PS me pose d'autres problèmes. Je veux parler de sa manière d'aborder l'état d'urgence économique et sociale et de la façon d’y répondre. C’est la grande question de la période. Sur la dette, n'est-il pas étonnant que le texte reprenne à son compte la proposition de François Hollande "d’un retour à l’équilibre en 2017" ? Les Verts ont-ils mesuré l'ampleur de la purge que cela représenterait en l’absence d’une taxation massive du capital que l’accord ne prévoit pas ?

Autre point crucial : J'ai bien noté dans ce texte l'absence de remise en cause de l'Europe du Traité de Lisbonne. Pourtant cela n’empêche pas le document de multiplier les propositions qui sont très contradictoires avec le dit Traité ! Les socialistes sont-ils d’accord pour la désobéissance aux injonctions européennes comme nous ? Comme "repenser le rôle et les missions de la Banque Centrale Européenne" qui sont fixées par le Traité ? A ce sujet, l'accord PS-EELV propose que la BCE puisse "racheter" des emprunts d'Etat. Racheter ou acheter ? Ce n’est pas du tout pareil. Car s’il s’agit de racheter, j’en déduis que l’option du prêt direct de la Banque Centrale Européenne aux Etats est donc écartée par ce texte ! Autre bizarrerie : L’audace d’un projet de taxation des transactions financières ! Cela sonne clair comme une bonne revendication de la gauche. A regarder de près. Mauvaise surprise. N'est-il pas étonnant aussi que le texte propose de fixer à "0,05 %" une "taxe sur les transactions financières" ? Les négociateurs de l'accord ne savent-ils pas que le président de la Commission européenne Barroso a déjà proposé une taxe de 0,1% ? Ainsi l'accord PS-Verts propose de taxer deux fois moins les flux de capitaux que Barroso. Sans commentaire.

 

Il y a un autre sujet sur lequel l'accord fait moins que ce qui se fait déjà aujourd'hui. C'est l'école. L'accord signé par le PS et Europe-Ecologie dit que "L’acquisition d’un socle commun de savoirs et de compétences (lire, écrire, compter, cliquer) doit redevenir la vocation première de l’Education Nationale." Or l'article 9 de la loi Fillon de 2005, actuellement en vigueur, ne va-t-il pas déjà plus loin ? Le voici : "La scolarité obligatoire doit au moins garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l’acquisition d’un socle commun constitué d’un ensemble de connaissances et de compétences. Ce socle comprend : – la maîtrise de la langue française ; – la maîtrise des principaux éléments de mathématiques ; – une culture humaniste et scientifique permettant le libre exercice de la citoyenneté ;- la pratique d’au moins une langue vivante étrangère;- la maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication." Mais bien sûr, « lire, écrire, compter » et surtout « cliquer », c’est tellement plus… simple à comprendre quand on n’a appris qu’à «  lire, écrire, compter » et surtout « cliquer ».

 

Quant aux autres services publics, pourtant décisifs pour la réorientation écologique des transports et de l'énergie, l'accord ne prend pas position pour ou contre leur libéralisation et leur mise en concurrence. Il propose une "évaluation objective de l’ouverture à la concurrence".

A notre avis cette évaluation est déjà faite par les luttes qui se déroulent partout. Je rappelle que pour notre part au Front de Gauche, nous proposons de "protéger les services publics de la libéralisation et de la mise en concurrence". Et de "stopper toutes les libéralisations entreprises notamment dans les secteurs du rail, du courrier et de l'énergie."

 

L’accord PS–Verts n’est guère avancé sur un point pourtant lourd de conséquences. C'est l’indécision discrète qui prédomine en ce qui concerne l'OTAN. Ce n’est pas un petit sujet, non ? L'accord propose d'"évaluer les effets concrets de la réintégration de la France dans l'Otan". Ah ! Vous n’êtes pas au courant déjà ? Vous n’avez pas de parlementaires aux commissions de défense des deux assemblées ? Et quand bien même ! Vous n’avez pas d’avis politique sur la question ? Non. Ils vont « évaluer ». Ce qui montre que le lobby atlantiste est plus discret mais plus efficace que celui du nucléaire pour aider à écrire les textes… Le Front de Gauche qui ne subit pas cette influence propose tout simplement que la France se retire de l’Otan.

 

Pour ne pas rester sur une note déprimante, je viens sur une dimension de projet lié au thème. La transition énergétique est une idée radicale. Est-elle concrète ? Je veux ici relancer le débat général sur ce point. D’après moi, il n’est pas bon de se limiter à la question du nombre d’emplois en jeu selon les scénarios pro ou anti-nucléaire. Bien sûr que cela compte. Bien sûr que c’est décisif pour convaincre dans les deux cas. Mais ce n’est pas intellectuellement satisfaisant. Ce n’est pas le nombre d’emplois qui rend supportable un risque aussi majeur ou bien une décision aussi radicale. Sait-on faire autrement est une vraie question. Incontournable. Nous ne partons pas de rien dans ce domaine, faut-il le rappeler. L’association Négawatt met a notre disposition un formidable matériel de travail. Elle a présenté son nouveau scénario fin septembre de cette année. Cette association a été créée en 2001 comme un groupe d'expertises et de propositions sur la politique énergétique de la France. Ses travaux sont reconnus pour leur sérieux. Ils nourrissent nos réflexions de citoyens sans chercher à nous embrigader. Ses travaux comblent opportunément les faiblesses de la recherche privée mais aussi publique sur les économies d'énergie et les renouvelables

 

Négawatt reprend le triptyque "sobriété, efficacité énergétique, énergies renouvelables". Selon l'association, il est possible de sortir du nucléaire en 2033 et de couvrir 91% des besoins par les énergies renouvelables en 2050 sans remettre en cause l'essentiel du confort de nos sociétés modernes. Car le scénario 2011 a été construit à partir des usages et des besoins et non des ressources. C'est une grande différence avec les précédents scénarios. Cette différence permet de faire tomber la caricature facile de ceux qui accusent les partisans de la sortie du nucléaire de vouloir revenir à la bougie. Surtout, cela permet de situer les discussions et les critiques sur un terrain rationnel avec une exigence d’argumentation dans un domaine ou le péremptoire est trop souvent roi.

 

Le scénario présenté par Négawatt propose de donner à la France une contribution à la lutte contre le changement climatique à la hauteur de son impact dans la production de gaz à effets de serre. Le scénario de Négawatt reviendrait à diviser les émissions françaises de CO2 par deux en 2030 et par 16 en 2050, par rapport à 2010. Dès lors, les émissions de CO2 cumulées sur la période 2011-­2050 seraient cohérentes avec les objectifs pour limiter la hausse moyenne de température de 2°C en 2100. L'association propose d'accorder une priorité absolue aux économies d'énergie. Car dans cette optique, l'énergie la moins chère et la moins polluante est celle qu'on ne consomme pas. Cette idée peut paraître banale. On peut penser qu’il s’agit d’un simple a côté de la bataille centrale pour de nouvelles sources d’énergie. Il n’en est rien. C’est un défi global qui inclut une révision en profondeur de l’existant.

 

Le scénario 2011 estime qu'on peut réduire les besoins en énergie primaire des deux tiers d'ici à 2050 par rapport à aujourd'hui. Pour cela, il faut une politique très volontariste de sobriété et d'efficacité énergétique. Là est un gisement de responsabilité pour l’implication citoyenne. Rien que dans le bâtiment, Négawatt identifie une économie possible de 600 térawatt/heure, soit une fois et demie la production nucléaire actuelle. L'association parle d'une hausse progressive du nombre de logements mis en chantier de sobriété énergétique chaque année pour atteindre un million par an à partir de 2022. Mais pour isoler des logements de manière aussi massive, il faut des artisans et des salariés formés. Il faut donc des formateurs. Et il faut aussi des matériaux. Il faut les produire, les acheminer et ainsi de suite. Tout cela doit donc s'organiser dans le temps et dans l'espace. C'est un bon exemple concret de ce que devra être la planification écologique.

 

Ce qui me plait aussi dans ce document, c’est le grand angle de son approche. L'association prend en compte l'impact sur l'usage des sols et l'agriculture d'une relocalisation des productions et d'un recours importants à la biomasse. Il prévoit aussi une "anticipation de la fin des "fossiles faciles" à l’approche des pics de production". Il s'agit de limiter le choc que constituera l'épuisement des ressources de pétrole notamment et de l'explosion du prix qui la précédera. C'est aussi une question d'indépendance nationale. Pour cela, le scénario propose une utilisation de ces "fossiles faciles" progressivement limitées à certains secteurs, comme la pétrochimie ou la fabrication de matières premières industrielles, ou à quelques usages spécifiques comme l'aviation.

A partir du moment où, comme le prévoit ce scénario, on a réduit nos besoins en énergie des deux tiers, une bonne partie du chemin est fait. Le scénario Négawatt estime qu'avec un recours prioritaire aux énergies renouvelables, celles-ci pourraient représenter 91% de l'énergie utilisée en 2050. C’est essentiel ! Car le programme du Front de Gauche fait de la sortie des énergies carbonées l’objectif commun fondamental de la politique de transition énergétique. Négawatt démontre que c'est possible en expliquant qu'il est possible d'obtenir "un système énergétique français presque totalement décarboné malgré un arrêt maîtrisé et cohérent de toute production d’électricité nucléaire en 2033. Plus de nucléaire en 22 ans, presque plus de CO2 en 40 ans. Il y a de quoi s’enthousiasmer. A chacun de se construire un avis motivé sur la faisabilité d’un projet qui permet de discuter sur un terrain concret.

 

Bien sûr, tout n'est pas parfait dans ce travail, je m’en doute. Comment pourrait-il en être autrement ? Tout ne m’a pas convaincu, vous le devinez. Ce document doit être discuté. Par exemple, Négawatt estimait auparavant à 684 000 créations nettes d'emplois à l'horizon 2020 les conséquences de son précédent scénario. Cette estimation est pour l'heure absente des travaux du nouveau scénario. Il en va donc de même pour la question, décisive, de la formation et de la qualification des métiers nécessaires. Voila un beau sujet de discussion qui devra évidemment associer les syndicats et les salariés. Et puis, les organisations politiques et leurs élus doivent aussi assumer leur rôle dans l'élaboration des politiques publiques.

Par contre, on peut aussi s'inquiéter du "bonus-malus" sur les équipements et de la contribution sur l'énergie proposée par l'association : qui paye ? comment font ceux qui n'ont pas les moyens de remplacer leurs appareils électroménagers par d'autres plus performants ? Et puis, sur certains sujets, il faudrait sûrement être plus volontariste que ne l'est l'association. C'est le cas du ferroutage où Négawatt ne parle que d'incitation au transfert modal alors qu'il faudra certainement en passer par la loi. Et bien sûr, il faudra aussi revenir au wagon isolé et subventionner le fret ferroviaire. Donc désobéir aux directives européennes. De cela, l'association ne parle pas.

Et la maîtrise publique de la production d'énergie et notamment d'énergie nucléaire dans la période de transition ? A mon avis, le scénario ne l'évoque pas assez clairement. C'est pourtant un élément absolument nécessaire que l’on veuille engager la sortie du nucléaire ou assurer dès maintenant au maximum la sécurité des centrales existantes. Un dernier point. Négawatt propose de grands parcs éoliens et photovoltaïques alors que nous plaidons plutôt pour une relocalisation de la production d'électricité au plus près des lieux de consommation.

Pour autant, à la lecture du document, l'impression qui ressort est claire. Puisque c'est techniquement faisable, tout est affaire de volonté politique. Et donc de mobilisation citoyenne pour imposer cet intérêt général. Pour que les citoyens se mobilisent, il faut qu'ils soient informés, qu'ils puissent débattre et décider. Le scénario Négawatt a aussi un mérite essentiel à mes yeux. Il insiste sur l'importance de l'anticipation et de l'organisation de cette transition. L'association propose "une grande loi d'orientation" conçue entre l'Etat, le Parlement, les syndicats et le patronat, les collectivités locales et des associations. Au Front de Gauche, nous retenons une méthode proche, et nous lui donnons un nom : la "planification écologique". Avantage de notre méthode, elle est ne limite pas l’action à un seul épisode. La révolution culturelle et industrielle qui est a la clef devient une révolution permanente où la planification a un contenu démocratique et participatif constant.

 

 

Jean-Luc Mélenchon

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 12:50

 

 
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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 16:05

Un lundi sur France 2, dans l’émission « Mots croisés » du révérend père Calvi on échangeait sur le thème : « Rigueur en campagne ». Invités principaux Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande candidat qui … « n’a pas encore de programme » et Bruno Lemaire chercheur d’idées d’un président, pas encore candidat ce qui ne l’empêche pas de battre la campagne.

 

Cravatés du dimanche, ces deux « responsables » devisaient de façon très urbaine, sur la potion qu’il faudrait bien administrer à notre peuple. Bien sûr, ils ergotaient de temps en temps sur telle ou telle formulation, sur les responsabilités de l’un ou l’autre camp dans la situation actuelle, sur l’inanité des propositions de l’un ou l’autre candidat .

 

Mais l’essentiel n’était pas là. Il s’agissait pour eux de prouver à qui de droit que leur poulain était le plus « raisonnable » et donc le plus à même d’accéder à la dignité de GRAND RIGORISTE au service et à la dévotion de la déesse FINANCE INTERNATIONALE.

 

Participait également à cette émission Dominique REYNIE, squater régulier de tous les plateaux télé où l’on parle de politique ou d’économie. Prof à Sciences Po il est également directeur général de la Fondation pour l’Innovation Politique, cercle de réflexion (think tank comme disent ceux qui veulent paraître dans le coup) proche de l’UMP et financé à 80 % par des fonds publics.

 

Fort de l’autorité de son statut de « spécialiste » invité dans toutes les émissions, ce personnage asséna la forte déclaration suivante : compte tenu de la situation de la France il faudra bien abandonner l’une après l’autre les garanties dont bénéficient les Français. Sous-entendu « dont ils abusent ».

 

Certes il ne faisait que reprendre à son compte la « pensée » de Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF, qui déclarait en 2007 : « il s’agit aujourd’hui de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la résistance ».

 

Aucun des deux invités principaux, représentant les candidats de droite et du PS à l’élection présidentielle, ne trouva opportun de rebondir sur cette déclaration, soit pour l’approuver soit pour la condamner.

 

Je mérite certainement une médaille car j’ai suivi l’émission jusqu’au bout. Et j’ai été récompensé. A un moment, parlant du programme qu’il est chargé de concocter pour Nicolas Sarkozy, Bruno Lemaire indiqua que,bien entendu, l’UMP demanderait l’avis de la CDU (la droite allemande) pour voir si ce programme ne mettait pas en cause la convergence nécessaire de leurs politiques.

 

Cette fois-ci Moscovici réagit pour dire… que le PS fera la même chose.

 

Un seul moment d’air frais lors de cette émission : lorsque Olivier DUHAMEL (un autre politologue) qui n’a pourtant pas la réputation d’être un dangereux révolutionnaire, déclara, à propos des propositions de Jean-Luc MELENCHON, qu’il n’était pas « anormal » que les électeurs de gauche demandent à un candidat de gauche, de défendre une politique de gauche ».

 

Etonnant ! Aucun des deux invités-vedettes ne jugea bon de rebondir sur cette remarque pourtant de bon sens.

 

Je tire de cette émission 4 conclusions :

 

1 – il n’y a pas de sortie possible de la situation actuelle sans remise en cause radicale de la domination sans partage de la finance.

 

2 – cette remise en cause suppose des mesures courageuses, à l’opposé de ce que les différents gouvernements ont mis en œuvre depuis des dizaines d’années ;

 

3 – à l’évidence les forces de gauche sont loin d’être sur la même longueur d’onde et sur les causes de la situation et sur les moyens d’en sortir et sur l’avenir.

 

4 – la victoire contre Sarkozy passe par la confrontation, devant le peuple, des positions des uns et des autres afin de lui permettre de faire entendre ses attentes et ses exigences et de participer à l’élaboration des réponses.

 

 

C’est la démarche du Front de Gauche, de son candidat à la Présidentielle (Jean-Luc MELENCHON) et de ses candidats aux législatives (Ismaël DUPONT et Marie HUON dans la 4ème circonscription) en proposant aux forces de gauche d’en débattre. Force est de constater qu’il n’y a pas une farouche volonté d’y répondre.

 

 

ENSEMBLE FAISONS MONTER L’EXIGENCE D’UNE DEMOCRATIE REELLE.

 

Alain DAVID  

 

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 06:54

Il y avait le lundi 14 novembre un mouvement de grève nationale à Pôle emploi à l'appel de du SNU Pôle emploi, se rattachant à la FSU. Il s'agissait de protester contre:

- la suppression de 1800 CDD non reconduits cette année

- la stagnation du budget de Pôle emploi en 2012 alors que le nombre de demandeurs d'emplois enregistrés atteint un pic de 4 millions qu'il n'avait pas connu depuis 11 ans (depuis 3 ans, 680.000 demandeurs d'emplois nouveaux ont été enregistrés).

- l'application mécanique de la décision de non-remplacement d'un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite qui a abouti à la suppression de 1600 emplois ces deux dernières années quand 2000 nouvelles suppressions de poste sont déjà programmées.

- une prise en charge des demandeurs d'emploi déshumanisée en raison du manque d'effectif, mais aussi des nouvelles normes de management, de la politique de la radiation, de la suspicion et du contrôle social vis à vis des chômeurs.

En moyenne, en 2008, un agent de Pôle emploi suivait 85 demandeurs d'emploi. Aujourd'hui, c'est plutôt 150, et en région Bretagne comme en région parisienne, le ratio est souvent plutôt de un agent pour 200 à 250 chômeurs... 

Les agents de Pôle emploi gèrent les flux comme ils le peuvent: les usagers doivent fatalement se sentir de plus en plus réduits à des matricules devant rentrer dans des cases en fonction de leur employabilité... Une salariée dénonçait hier dans la presse (article repris par le très pédagogique blog finistérien, réalisé par deux et ex-salariés de l'ANPE, dénonçant l'évolution du service public de l'emploi: La Fusion pour les Nuls) la "dictature du chiffre": "la direction n'attend que des données statistiques de son personnel", et surtout pas d'investissement réellement suivi et particularisé vis à vis des demandeurs d'emplois. "Nous sommes en pleine deshumanisation, déclarait hier une autre employée rentrée à l'ANPE en 2000. L'usager est devenu une marchandise. D'ailleurs, nos animateurs d'équipe s'appellent maintenant des responsables d'équipe de production. La production, quel terme horrible quand on parle d'accueil d'êtres humains". 

- De la même manière que l'on ne peut plus déplacer ou prendre un rendez-vous pour parler directement à un conseiller de pôle emploi en agence, il n'y a plus de ligne directe pour appeler une agence de Pôle emploi: le central d'appel est le seul moyen de contacter Pôle emploi. Au bout du fil, des employés en CDD remplacés tous les six mois avec seulement 4 jours de formation, excèdent les chômeurs en leur servant des discours pré-fabriqués et inadaptés. Le résultat, une syndicaliste SNU le rappelle: "les usagers débarquent dans les agences chargés de rancoeur et d'agressivité". 

- Cette rancoeur est entretenue aussi par le rappel constant de la radiation possible en cas d'absence à un rendez-vous téléphonique ou à Pôle emploi, de refus de plusieurs emplois successifs, mais aussi par l'allongement du délai d'attente à 2 mois pour pouvoir bénéficier d'un début de prise en charge. Cela a pour effet de multiplier les altercations, voire les agressions entre chômeurs et salariés de Pôle emploi.

Récemment, un chômeur a essayé de se suicider dans une agence de Saint Denis. Le 17 octobre, il y a eu une prise d'otage au Pôle emploi du XIème arrondissement de Paris. Les agressions ont augmenté de 20% depuis le premier trimestre 2011, conséquence des transformations des missions et des moyens des agents depuis la fusion ANPE-Unedic de 2008, mais aussi de la violence de la crise et de la prise en charge de plus en plus standarisée et repressive des chômeurs.

- A Pôle emploi, d'ailleurs, on recrute de moins en moins de travailleurs sociaux, alors qu'ils étaient majoritaires depuis les années 1970 à l'ANPE, et de plus en plus de commerciaux chargés d'optimiser, de vendre, ou d'adapter au besoin de l'entreprise les usagers-clients, mais aussi peut-être de les radier sans trop d'état d'âme s'ils sont trop rétifs à l'employabilité. La mise en place de plateformes régionales pour le contact avec les entreprises a de plus détruit le lien qui existait entre les sociétés locales et leur référent au sein des agences. Les agents Pôle emploi ne peuvent plus exercer vraiment leur rôle traditionnel d'intermédiaire entre employeurs et demandeurs d'emploi, se contentant désormais de faire passer les chômeurs dans des cases administratives pour les guider dans leur parcours du combattant. C'est un appauvrissement  de leurs missions que les agents supportent mal.    

 

Sur le blog La Fusion pour les Nuls, on peut lire un exemple des raisons du mécontentement des agents de Pôle Emploi, en l'occurence ceux de Saint Brieuc, qui expliquent à travers une liste de dysfonctionnements les raisons de leur participation à la grève départementale du 18 octobre, en solidarité avec les grévistes des agences de Brest, qui ont maintenu leur mouvement près d'une semaine:

 

- Rendez-vous pour les demandeurs d'emploi à plus de 30 jours.

- disparition des courriers par voie postale, remplacés par des SMS, courriels: non respect des procédures légales.

- indemnisation différée de 30 jours sans paiement des allocations.

-suivi professionnel inexistant: pas de renseignement sur l'indemnisation et pas de conseil sur le projet professionnel.

-les convocations virtuelles déclenchent des radiations réelles.

-les entreprises ne peuvent plus nous joindre, nous ne sommes plus en capacité de rencontrer les employeurs: il n'y a donc plus d'offres d'emploi à proposer.

 

Face à cet état de fait, le Front de Gauche demande d'autres objectifs, d'autres méthodes de gestion du personnel, et plus de moyens et de considération pour les chômeurs et les personnels au service public de l'emploi. Il se bat pour  la marginalisation, décidée dans la loi (5% d'emploi précaires dans les grandes entreprises au maximum, 10% dans les PME) des contrats précaires et des temps partiels imposés qui expliquent la faible indemnisation de certains chômeurs ayant des emplois irréguliers et des carrières en dent de scie. Mais aussi pour la prise en charge des jeunes sortant du système scolaire par une sécurité sociale professionnelle leur assurant l'autonomie avant leurs premières embauches. Parmi les centaines de milliers de chômeurs pauvres, les jeunes sont parmi les catégories les plus representées. Elever le niveau de qualification à l'école et par la formation professionnelle contenue prise en charge par cette sécurité sociale professionnelle est également un moyen de favoriser la lutte contre le chômage, à condition que l'on n'accepte pas d'emblée la désindustrialisation ou la disparition de toute économie productive au profit de la conversion à une économie de services qui repartit les salariés entre des emplois peu qualifiés, reconnus et dévalorisés (services à la personne, ...) et des emplois de cadres commerciaux.    

Notre solution pour augmenter les salaires et lutter contre les déficits de la caisse d'assurance chômage passe par des mesures résolues de lutte contre le chômage, non pas en s'attaquant une nouvelle fois aux charges patronales et salariales qui financent la protection sociale, au nom de la course à la compétitivité de nos entreprises, fausse solution qui a montré son inefficacité car on ne rattrapera jamais l'attractivité des chinois ou des roumains en termes de bas coût du travail, mais en imposant une rupture avec les recettes économiques néo-libérales appliquées depuis 30 ans pour le plus grand profit du capital.

Nous voulons ainsi agir contre le chômage de masse en rendant effective la réduction du temps de travail (suppression de la réduction des charges sociales sur les heures supplémentaires) avec les embauches qui doivent aller avec. Les autres moyens que nous proposons au débat public de combattre les politiques monétaristes de la BCE favorables aux rentiers mais non à la relance de l'activité, d'en finir avec le dogme sacro-saint en Europe du libre-échange- entendez la concurrence libre et faussée par le dumping social des salaires bas des pays émergents, le dumping écologique et fiscal- qui favorise les délocalisations et la désindustrialisation. Nous voulons également une réappropriation publique du secteur bancaire afin d'orienter le crédit vers l'investissement utile pour l'emploi, les solidarités, et la conversion écologique de notre économie.

Nous visons enfin la définition d'une nouvelle convention Unedic pour mettre fin aux radiations, cesser le contrôle suspicieux des chômeurs et rééavaluer les indemnisations chômage des précaires et des chômeurs de longue durée afin qu'elles ne puissent en aucun cas se situer en dessous du seuil de pauvreté. Ces mesures s'ajoutent à d'autres en faveur notamment d'un accès de tous à un logement décent, à la santé, au transport, à la culture, au sport...etc.   

 

Avant-hier, j'ai été interloqué à cet égard d'entendre sur France Culture que le député socialiste responsable de la commission parlementaire réfléchissant au devenir de l'assurance-chômage avait pu proposer de réduire la prise en charge des chômeurs d'un an pour faire faire de nouvelles économies à l'UNEDIC. François Hollande et ses lieutenants cherchent semble t-il davantage à se crédibiliser vis à vis des milieux d'affaire (Michel Sapin, le responsable du projet présidentiel socialiste, organisait hier un dîner de séduction avec les principaux gestionnaires de portefeuilles de France pour montrer que, non, décidemment, il n'y avait rien à craindre de François Hollande de ce côté là)  que des français qui sont exposés à la précarité et au mal être au travail.

 

De manière plus prévisible, ces derniers mois, l'UMP allume ses contre-feux à la progression des thématiques de gauche et détourne l'attention du public de la dictature de la finance qui s'installe en Europe, creusant la recession par l'austérité, en martelant un discours poujadiste irrespectueux des personnes en souffrance, ayant pour but de diviser les français et de désigner des boucs-émissaires qui éloignent le regard du travail non déclaré par les entreprises, des exonérations de charges patronales et des évasions fiscales qui grèvent bien davantage les comptes de l'Etat et des caisses de protection sociale. Ce discours est honteusement adossé à un objectif prétendu de défense de la protection sociale alors qu'il vise à la démanteler et à faire croire aux français que l'excès de protection sociale est responsable de la crise de la dette. On s'insurge ainsi contre les assistés, "cancers de la société" selon Wauquiez, sur les profiteurs de la France d'en bas, salariés tire-au-flanc, malades imaginaires, à qui serait dû, plutôt qu'aux allégements de charges sociales et au stress entrenu au travail pour une meilleure productivité et de plus grands profits, le déficit de la sécurité sociale. 

La droite ne promet cependant aucune mesure supplémentaire pour dissuader ou poursuivre réellement les abus isolés éventuels: elle transforme la maladie au travail en faute professionnelle, brise des droits collectifs et considère tous les salariés comme des fraudeurs en puissance, en leur enlevant, dans le public comme dans le privé, une journée de salaire en cas de maladie, ce qui est aussi un moyen de stigmatiser les salariés du public, honteusement avantagés jusqu'ici par rapport à ceux du privé, avec leur absence de délai de carence pour l'indemnisation par l'assurance maladie (sachant que les 3 jours de délais de carence du privé étaient généralement indemnisés par des mutuelles).

 

Les chômeurs sont eux aussi visés par ce discours stigmatisant visant à réduire les solidarités sous prétexte qu'elles réduisent la compétitivité de nos entreprises ou bénéficient parfois à des "fainéants profiteurs" dont elles "entretiennent la paresse".  Jean-Baptiste Say, l'économiste libéral de la restauration, disait déjà pour lutter contre l'assistance publique aux pauvres sans travail qu'il n'y avait pas de plus efficace stimulant pour l'activité que l'aiguillon de la misère et du spectacle de la misère des autres, ceux "qui ne se prennent pas en charge". En janvier 2011 et août 2011, Pierre Méhaignerie et Bruno Le Maire avaient ouvert une brèche pour réduire les allocations chômage et la durée d'indemnisation en s'appuyant sur une analyse tronquée de la spécificité de notre régime d'indemnisation par rapport aux autres Etats européens.

 

En France, rappelons que plus du tiers des demandeurs d'emploi sont en situation de pauvreté, que 40% d'entre eux ne sont indemnisés ni par l'assurance chômage, ni par l''allocation de solidarité spécifique versée à des chômeurs en fin de droit (l'ASS) et que le taux de demandeurs d'emploi indemnisés par l'assurance chômage n'est que de 50%. Les chômeurs ont droit à 23 mois d'allocation sans dégressivité à condition d'avoir travaillé autant de temps d'affilé au moins, le principe étant, qu'à partir de 4 mois travaillés, on bénéfice d'une journée d'indemnisation chômage pour une journée travaillée, la durée d'indemnisation étant calquée sur la durée du travail. La France s'écarte du modèle dominant en Europe en ayant le taux de cotisation pour l'assurance chômage le plus élevé (6,4% du salaire brut) et le plafond d'allocation le plus haut également (5800 euros nets par mois alors qu'il est plafonné ailleurs à environ 2500 euros mensuels) qui ne prend pas en compte la situation de famille de l'assuré. C'est que l'indemnisation chômage n'est pas conçue comme une assistance mais comme un droit obtenu grâce à une cotisation de type assurantielle permettant une mutualisation des risques. En termes de pourcentage de son ancien salaire, le taux d'indemnisation varie de 57% à 75%, contre 90% au Danemark, 80% en Suisse, 70 à 75% aux Pays-Bas.  Selon un article de Samuel Laurent dans Le Monde  démentant les mensonges de Méhaignerie en janvier 2011:" Notre pays n'est pas non plus le seul pays à offrir une durée du chômage sans dégressivité de presque deux ans.  Sur 11 pays européens en 2008, l'Allemagne, l'Espagne ou la Suisse indemnisent également vingt-quatre mois. Au Danemark, l'indemnisation est de quatre ans maximum. Au Pays-Bas ou au Portugal, elle peut aller jusqu'à trente-huit mois. De même, le système français d'indemnisation chômage, certes généreux, n'est pas le plus généreux d'Europe : avec un taux de remplacement de 57 % du salaire sur soixante mois, notre pays n'est que troisième, derrière l'Allemagne ou les Pays-Bas. Et en matière d'effort d'indemnisation, c'est-à-dire la part de richesse nationale consacrée au versement des allocations chômage, la France est au quatrième rang, derrière les Pays-Bas, l'Allemagne et la Belgique".

 

Ismaël Dupont.  

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 08:28
C’est sous Giscard d’Estaing, dans une période de début de crise économique, de désindustrialisation et de chômage de masse que la droite, en véritable apprenti sorcier, a commencé à faire de l’immigration un problème pour l’emploi et la conservation de notre identité nationale. Victorieuse en 1981, la gauche, portée les années précédentes par l'activisme des associations de défense des droits des immigrés, a interrompu ses politiques discriminantes de restriction du regroupement familial, de reconduites à la frontière sur des critères ethniques, et elle a réformé le code de la nationalité et le droit de résidence en un sens humaniste.
Seulement, après 1983, le tournant de la rigueur, l’abandon de pans entiers de l’industrie française, la montée du chômage, de la précarité, et des logiques de ségrégation ethnique et sociale dans les quartiers populaires, ont donné du poids aux messages simplistes du Front national associant immigration et chômage et réclamant la préférence nationale. La peur du déclassement, la disparition progressive des collectifs de travail multi-culturels et la perte de repères idéologiques liés à la désindustrialisation et à la perte d'influence du PCF ont nourri ces progrès du vote FN dans les classes populaires. Ce parti issu de l’extrême droite traditionnelle - anticommuniste, antisémite et raciste, chrétienne intégriste, collaborationniste et colonialiste – parvint à séduire grâce à un leader charismatique utilisant toutes les ressources du contexte de désorientation idéologique et sociale et malgré un programme économique et social ultra-libéral inspiré de Reagan.
La réponse de la gauche mitterrandienne a été catastrophique. Sans même parler de l'introduction politicienne du scrutin proportionnel pour mettre le FN en position d'affaiblir le RPR, le recours trop systématique à la rhétorique anti-raciste, la valorisation des vertus du métissage, du cosmopolitisme et de la différence, la stigmatisation hautaine et bien-pensante par les belles âmes de la gauche caviar du fascisme ordinaire des ploucs franchouillards, ont constitué des diversions commodes dissuadant d’analyser les causes politiques et sociales de la montée de l’extrême droite et de l’abstention ouvrière et permettant du même coup de détourner le regard de tous les renoncements de la gauche de gouvernement convertie au libéralisme. SOS racisme, les manifs et les badges « Touche pas à mon pote », la générosité de plateaux télévisés, n’étaient pas en mesure de satisfaire les revendications d’égalité sociale de la marche des Beurs de l’automne 1983, pas plus qu’ils n’ont fait perdre une voix au Front National.
Pire, la droite gouvernementale elle-même est parvenue peu à peu à capter une partie non négligeable de l’électorat populaire traditionnellement acquis à la gauche en nourrissant les fantasmes sur l’insécurité, le caractère inassimilable de l’immigration africaine ou nord-africaine, le dépérissement annoncé de l’identité culturelle et ethnique française, les pratiques d’assistés d’immigrés présentés comme des profiteurs et des nuisibles. En 2002, c’est parce qu’il avait accepté la prétendue impuissance de l’Etat face aux délocalisations et aux licenciements boursiers, parce qu’il s’excusait d’être socialiste plus que de présenter un projet qui ne l’était pas, parce qu’il avait mené depuis 2 ans une politique de privatisation et de défiscalisation des activités financières que Jospin a nourri l’abstention ou la dispersion de l’électorat de gauche et n’a pas été en mesure d’arriver devant Le Pen au deuxième tour. Le score du FN au second tour cette année maudite montrait néanmoins que le péril d’une victoire en France de l’extrême droite était largement surévalué. Toutefois, ce poids politique conquis par le FN qui se nourrit des fractures sociales et géographiques entre les ruraux et les urbains a eu pour effet indirect de remobiliser l’électorat de gauche, au nom du vote utile, derrière un PS dénué de projet historique et ambition sociale véritable. La consolidation de ce vote de ressentiment, d’indignation et de xénophobie en faveur du FN a durci considérablement les politiques de la droite gouvernementale vis à vis des étrangers sans-papiers, des immigrés et des soi-disant assistés, des jeunes, des règles ordinaires de justice, jusqu'à aboutir à une situation, celle que nous connaissons depuis la victoire de Sarkozy en 2007, où tous les principes républicains fondamentaux qui protègent la liberté des citoyens, l’égalité de droit, l’accès à la nationalité et la prise en compte de l’humain, sont bafoués avec une morgue et un cynisme absolus par une droite de gouvernement qui a fait siennes bon nombre des propositions du FN.
Pour contrer le Front National, il ne faut plus désormais s’excuser d’être de gauche, internationaliste, sensible aux droits universels de l'homme et donc au sort des étrangers venus en France pour fuir la misère, l'absence d'avenir, de liberté, de sécurité. Il ne faut pas non plus chercher à copier Sarkozy dans la gesticulation sécuritaire. La gauche doit à l'inverse retrouver une ambition collective et reconquérir des marges de manœuvre économiques pour créer des emplois, lutter contre la précarité et le dépérissement de certaines zones urbaines désindustrialisées, agir pour une vraie mixité sociale et ethnique dans les villes, les écoles, les assemblées politiques et les emplois. Il faut qu’elle parvienne grâce au travail militant dans les quartiers et à la perspective politique crédible de transformation sociale qu’elle peut lui offrir, à condition de desserrer l'étau de la domination de la finance et du libéralisme, à refaire voter l’électorat populaire abstentionniste, bien plus important numériquement que celui qui vote pour le FN. Il ne faut surtout pas qu’elle se concentre exclusivement, comme la très social-libérale fondation Terra Nova le lui propose, sur ce noyau dur prétendu de son électorat que seraient les classes moyennes urbaines et éduquées, sensibles aux thématiques sociétales et à la valorisation de la société ouverte et de l’Europe fédérale, au détriment d'une prise en charge sérieuse des problèmes des inégalités, du chômage de masse, des délocalisations et de la précarité.
Ismaël Dupont
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 19:28

"La leçon d'économie de Sarkozy" (titre du Télégramme en page 2 aujourd'hui); "le président de la République s'est livré hier soir à un exercice de pédagogie sur la crise de la dette" (page 2 du Ouest France ce 28 octobre): la grande machinerie médiatique à fabriquer du consentement ou de la résignation à la régression sociale se remet en marche.

 

L'accord signé par les participants du sommet européen du 26 octobre est censé avoir "sauvé l'Euro", "sauvé l'Europe", voire "évité une catastrophe mondiale" (Ouest France, p.2). En attendant, certains du côté des palais de la finance où l'on spécule depuis trois ans sur les dettes des Etats européens, se régalent de cet accord pour une mise au pas des démocraties européennes et une préparation de transferts massifs de l'argent des contribuables vers les banques en cas de défaut des Etats les plus endettés. En une journée, les valeurs de la bourse de Paris ont progressé de 6,28%, celles de Francfort de 5,35%, celles de New-York de 3% environ.   

 

Un point positif: la restructuration de la dette grecque. Malgré les résistances du secteur bancaire, les créanciers de la Grèce renoncent d'ici 2020 à 50% de leurs créances sur la dette du pays par l'intermédiaire d'une décote de leurs titres de dette. Cela représente un effacement de 100 milliards d'euros de la dette grecque, dont le montant actuel de 350 milliards d'euros à été plus que nourri par l'énormité des intérêts extorqués par les banques et les fonds d'investissement. Cette mesure scelle l'échec absolu de deux ans d'hyper-austérité imposée à la Grèce qui a fait doubler le poids de sa dette et qui a rendu les taux d'intérêt qu'on lui octroie pour de nouveaux emprunts inacceptables. En même temps, cette mesure est assortie d'un contrôle encore plus sévère par les créanciers, la BCE, la commission et les Etats européens les plus puissants tels que la France et l'Allemagne de l'effectivité des réformes ultra-libérales de privatisation, de baisse des salaires et des pensions, de démantèlement de la protection sociale et de hausse d'impôts pour les plus modestes imposés aux grecs.

 

En échange de cette décision tardive et inévitable (car les Grecs n'auraient jamais pu rembourser en s'enfonçant chaque jour davantage dans la récession et la misère) de restructurer la dette grecque, les dirigeants européens se sont accordés pour généraliser la rigueur, accroître le contrôle budgétaire des dépenses publiques par le biais notamment du carcan budgétaire de la "règle d'or" à inscrire dans les constitutions pour 2012.   

 

Surtout, les dirigeants européens, grâce à la poigne de fer de Merkel et Sarkozy, ont accepté que l'argent des salariés servent à augmenter les moyens du Fonds de stabilité de la zone euro sous la forme d'une garantie passant de 400 milliards à 1000 milliards, grossissant- un peu actuellement et beaucoup prochainement - la dette des Etats, ce qui sert en retour à justifier une hausse de la TVA, une pression accrue sur les salaires, une mise à mal de la Sécurité sociale, un allongement de la durée du travail.

 

Ce Fonds européen de stabilité permet de prêter avec l'argent des Etats les moins en difficulté, qui l'empruntent eux-mêmes aux banques, de l'argent aux Etats au bord du défaut de paiement à des taux d'intérêt inférieurs au marché, mais évidemment sans garanties de remboursement autres que celles qui sont assurées par la prise de contrôle des politiques économiques et sociales de ces Etats surendettés et vassalisés. Le Fonds peut aussi aller jusqu'à acheter directement des titres de la dette publique d'Etats en difficulté auprès des banques. 

 

Ce plan qui ne réforme rien en profondeur pour toucher aux causes de la crise financière et de la crise de la dette, il se contente degarantir que ces manifestations morbides d'un capitalisme débridé profiteront le plus possible aux capitalistes.  

 

Patrick Le Hyaric l'analyse très bien dans un éditorial de L'Humanité:

 

"Aucune décision n'est prise pour la relance de l'investissement productif. Pourtant, la solution existe! Elle consiste à transformer le fonds financier européen en un fonds de développement social, écologique et humain. De l'abonder grâce à un rôle nouveau de la Banque centrale européenne et à son pouvoir de création monétaire, tout en imagineant un nouveau système de crédit public pour le travail, les investissements utiles, le progrès social, culturel, écologique. Il n'y a d'ailleurs plus de solution viable sans nationalisation démocratique des grandes banques et des institutions financières pour relancer un crédit public contre la spéculation financière.

Derrière le vocable de "gouvernance économique" se profile une modification de l'idée même de communauté européenne telle que nous l'avons connue, en un système autoritaire, centralisé, impérial qui va donner, pour le compte de la haute finance, des pouvoirs nouveaux à la Commission de Bruxelles et à la BCE. Non seulement ils veulent contrôler et surveiller les budgets des Etats, mais ils veulent aussi s'octroyer le pouvoir de les modifier autoritairement en cours d'exercice par delà les parlements et les gouvernements nationaux. C'est ce qu'ils visent à travers la modification des traités, mettre fin au droit de souveraineté populaire et au droit de souveraineté nationale. Le Traité de Lisbonne ainsi aggravé sera un verrou contre tout projet européen progressiste. Une véritable gangue qui aggrave la crise économique et sociale en amorçant désormais une crise politique grosse de dangers pour les peuples et l'idée de construction européenne. Pour la sauver, il faut en sauver radicalement le cours".

 

On en est là: l'Europe va plus que jamais être associée dans la tête d'une grande partie des Européens à la saignée sociale au profit des intérêts égoïstes des financiers et la récession et les transferts d'argent entre sociétés européennes vont nourrir des logiques de repli identaire, de ressentiment, qui font le lit de l'extrême-droite.

 

En France, Nicolas Sarkozy a déjà annoncé une nouvelle louche de mesures d'austérité à la hauteur de 6 à 8 milliards et un rapprochement avec le modèle économique allemand, ses baisses de salaires et de protection sociale, ses réduction d'impôts sur les entreprises imposés par Schröder et Merkel après lui au nom de l'ajustement à la mondialisation. "La vérité, c'est qu'il y a trop de fonctionnaires" a dit-il encore précisé sur TF1 jeudi soir histoire de ne laisser aucun doute sur ses intentions, tout en tapant une nouvelle fois sur la réforme des 35 heures, responsables du déficit de compétitivité de notre économie, de notre dette publique et de tous nos maux: qu'il est malhonnête cet "argument massue", ce gros mensonge revenant depuis 10 ans dans les discours de la droite, surtout quand on connaît les gains de productivité, de flexibilité, et de "modération salariale" conquis par le patronat à la faveur de la deuxième réforme Aubry des 35 heures.  

 

La réaction de François Hollande, nouveau candidat du PS à la présidentielle, à cet accord européen qui se refuse à changer les statuts de la BCE, à empêcher la spéculation sur les dettes, à désserer l'étreinte de politiques libérales qui plongent les économies européennes dans le marasme, mais qui à l'inverse installe des outils pour réduire la souveraineté des peuples et transférer toujours plus de richesses publiques dans des mains privées, est plus qu'inquiétante, se contentant de s'inquiéter de la participation de fonds souverains chinois au Fonds Européen de stabilité Financière: "Le pire a été évité...Mais pourquoi avoir attendu si longtemps pour prendre des mesures à la hauteur de l'enjeu? Je trouve profondément troublante la participation des grands Etats extérieurs à l'Europe dans la mise en oeuvre de ce fonds".

 

On comprend pourquoi le vendredi 21 octobre Pierre Laurent critiquait ouvertement François Hollande "pour son respect draconien des injonctions européennes de réduction des déficits, son contrat de génération qui fait la part belle aux exonérations de cotisations patronales, ou sa visite à Zapatero" qui a "appliqué avec zèle l'austérité au peuple d'Espagne". Hollande ne pourra pas décevoir, trahir des engagements en termes de progrès social: il est déjà couché devant les professeurs de bonnes gestion libérale appointés ou non par le patronat et les agences de notation. Comme l'a rappelé Michel Sapin, son "Monsieur Economie" en début de semaine dans le Ouest France, la réduction de la dépense publique, le passage à 3% de déficit en 2013 (nous en sommes à 7% du PIB), est pour son champion un objectif inconditionnel, tout comme la course à la compétitivité qui exige réduction de la dépense publique et des charges patronales tant que l'on ne s'attaque pas aux règles du libre-échange mondial et au pouvoir de la finance.

 

Si les français veulent disposer d'un vrai choix de société à faire en 2012, il faut qu'ils résistent à la tentation de penser que cet homme de centre-gauche qui a bénéficié de tous les soutiens au sein des notables de la droite du PS, qui participe aux dîners mondains du Siècle où se forgent les amitiés entre patrons, grands journalistes, hommes politiques partisans du consensus libéral, est le candidat naturel pour battre le FN au premier tour et Sarkozy au second tour.  

 

Ismaël Dupont.

 

 

 

   

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 09:01
Dans une lettre, Jean-Luc Mélenchon propose à François Hollande, Eva Joly, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou de porter avec lui la proposition d'un référendum sur la sortie du nucléaire.
(Photo : Place au peuple - Flickr - cc)
Cher François Hollande, chère Eva Joly, chère Nathalie Arthaud, cher Philippe Poutou,

La question du recours à l’énergie nucléaire divise la gauche. Cette situation paralyse la réflexion et l’action sur l’enjeu majeur de notre temps pour l’humanité. Car elle fait perdre de vue l’objectif commun : sortir des énergies carbonées. Notre génération a le devoir de ne pas se laisser enfermer dans l’impasse actuelle. La catastrophe écologique qui s’avance est sans doute la manifestation la plus terrible de l’aberration à laquelle conduit le mode de développement dominant. Les scientifiques s’accordent pour dire que les énergies carbonées aggravent le changement climatique dans des conditions qui ne tarderont pas à devenir immaîtrisables. Mais nous connaissons aussi les risques et les servitudes liés à l’utilisation de l’énergie nucléaire. Nul parmi nous ne les nie. Nous pouvons tous également anticiper la raréfaction puis l’épuisement des ressources en énergies fossiles. Hélas, rien n’est fait pour parer au problème. Alors même que ces processus menacent les conditions de la vie humaine sur Terre, le capital financier qui dicte aujourd’hui sa marche au monde ne se préoccupe que de ses profits à court terme. Il pousse même parfois le cynisme jusqu’à se prévaloir d’un « capitalisme vert » qui amnistierait le productivisme de ses tares.

Notre responsabilité est donc immense. Jamais sans doute dans l’histoire, l’humanité toute entière n’a été confrontée à un tel défi. Jamais nous, les héritiers des lumières et du mouvement ouvrier n’avons été mis au pied du mur de résoudre une aussi grande difficulté. Il n’y a qu’un seul écosystème viable pour tous les êtres humains quelles que soient leurs opinions politiques, qu’ils soient riches ou pauvres. C’est à nous d’incarner une nouvelle fois dans l’histoire l’intérêt général humain, les droits universels.

Dans ce contexte, nous ne pouvons-nous contenter d’échanger des anathèmes, de nous admonester mutuellement ou de nous opposer des oukases contradictoires. Nous devons, à mon avis, d’abord chercher ce qui peut unifier la société autour d’un intérêt général. Ce point de convergence c’est, je crois, la nécessité de sortir des énergies carbonées. Il est aujourd’hui partagé par tous. En prenant le problème posé par ce bout, on peut avancer. La question du recours à l’énergie nucléaire s'y ajoute. C’est une réflexion d’ampleur inouïe : proposons à la société tout entière de s’y impliquer.

Je n’évacue pas les discussions qui traversent la gauche sur ce point du nucléaire. Elles ont leur noblesse. La force des arguments qui se confrontent est connue.  Evitons de faire des dogmes avec des raisonnements. Admettons la loyauté de chacun de ceux qui contribuent à cette discussion et respectons les argumentations. Ma position personnelle à ce sujet est connue. Je suis favorable à une sortie programmée du nucléaire. Si je reviens sur cette conviction personnelle c’est précisément parce qu’elle n’est pas partagée au sein du Front de Gauche dont je suis pourtant le candidat commun. En effet, notre rassemblement regroupe plusieurs points de vue sur ce sujet, à l’image de la gauche et de la France dans son ensemble ! Comment avons-nous surmonté cette difficulté ? Nous avons pris le temps d’échanger nos arguments et de nous écouter. Je vous propose de vous inspirer de notre exemple. Je suggère qu’on en propose autant au pays.

Puisque cette question n’a jamais été soumise au peuple lui-même, faisons le maintenant. Rendons-le juge du problème à trancher. Proposons un référendum  au pays. Un référendum argumenté et informé. Ne demandons pas une réponse émotive ou crispée. Chaque point de vue aurait le devoir de proposer un scénario énergétique complet avec son calendrier d’application et son mode de suivi et d’évaluation des résultats.

Ne pouvons-nous nous accorder sur cette idée et la démarche raisonnée qu’elle avance ? Ne serions-nous pas les uns et les autres prêts à nous incliner devant la décision de la volonté populaire ? Notre pays ne sortirait-il pas grandi et mieux informé et donc plus fort après cet exercice de souveraineté populaire ?

Je vous propose donc que nous portions cette proposition tous ensemble. Elle est respectueuse des idées de chacun et permet au pays tout entier d’avancer sur la solution d’un problème majeur qui engage son avenir. Cette démarche serait à l’honneur de la gauche et à la hauteur de la responsabilité qui est la nôtre sur un sujet qui touche à l’intérêt général humain.

Je vous prie de croire, chers camarades, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Jean-Luc Mélenchon,
Candidat du Front de gauche
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