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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 17:56

fin-des-cotisations-patronales-pour-les-salaries-au-smic

Le nouveau Premier ministre Manuel Valls vient de prononcer son discours de politique générale devant l’Assemblée Nationale où il aura alterné le ton « d’un chanteur lyrique » en nous parlant de la grandeur de la France et celui « d’un chef comptable »  pour nous vendre l’austérité.

 

Il a fait semblant, dans le début de sa déclaration de politique générale, de porter une analyse lucide sur la grave crise sociale et démocratique qui secoue notre pays, au sortir de la séquence électorale qui vient de s’achever. Mais le MEDEF fut vite rassuré, car Manuel Valls n’allait répondre ni aux attentes, ni aux besoins des citoyens qui ont, chacun à leur façon, exprimé leur refus de l’austérité. Son discours était construit pour nous faire accepter ou tenter de nous convaincre que les sacrifices d’ aujourd’hui seront récompensés demain.

 

Autrement dit, la déception envers les dirigeants politiques, le désenchantement envers la politique et la colère due aux souffrances des classes travailleuses, des retraités, des chômeurs, des femmes et des jeunes ne seraient qu’une histoire de communication et de pédagogie concernant la politique pratiquée par ce gouvernement.

 

Jamais dans son monologue de 45 minutes, il n’a évoqué le coût du capital, représenté par les milliards de dividendes et d’actions qui partent dans la poche des actionnaires, ou encore la fuite des capitaux dans les paradis fiscaux.

 

Tout son exposé a consisté à faire accepter à nos concitoyens l’idée que la France doit s’insérer dans la guerre économique que se livrent les marchés financiers et les entreprises à l’échelle mondiale. Et surtout il enferme son action dans l’étau « austéritaire » et l’inscrit dans le programme de stabilité européen et la trajectoire budgétaire conduisant à la règle d’or.

 

Il a demandé à chacune et chacun qui souffre déjà beaucoup de faire plus de sacrifices car il justifie les résultats aux élections municipales par le fait que ses prédécesseurs n’ont pas donné « assez de sens aux sacrifices ». C’est du Clemenceau dans le texte.

 

Il défend le pacte de responsabilité qui est en fait un pacte de connivence  avec les puissances de l’argent puisque 30 milliards d’euros seront pris directement dans le portefeuille des salariés et des assurés sociaux pour aller remplir la tirelire déjà bien pleine du grand patronat. De surcroît, le Premierr ministre enfonce le clou, en proposant d’exonérer de toutes cotisations patronales, les salaires au niveau du SMIC au 1er janvier 2015. Autrement dit, il vient de niveler les salaires par le bas en décourageant toute embauche au-delà du SMIC, tuant également tout espoir d’augmentation pour l’ensemble des salariés payés au salaire minimum.

 

Continuant sur sa lancée, Manuel Valls ajoute la suppression des impôts sur la production c’est-à-dire la baisse de la fiscalité sur les plus values et sur les profits, contrairement aux impôts sur la consommation, c’est-à-dire la TVA et la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), qui ont augmenté et qui touchent le plus grand nombre.

 

Le pacte de solidarité est donc un trompe l’œil puisque la baisse des cotisations patronales est une perte sèche pour les salariés, car c’est une partie de leur salaire -même différé- qui leur est enlevée, ce qui menace grandement la protection sociale, l’assurance chômage et même des retraites.

 

Avec la même logique et le même cynisme, il vient de porter un coup de grâce à notre architecture territoriale en exigeant pour 2017 la création d’euro-régions qui seront branchées sur les institutions européennes, tout comme les nouvelles intercommunalités prévues pour 2018. Et le risque est grand de voir disparaître nos départements qui sont un des socles et un des leviers des politiques de solidarité en France.

 

Il y a donc urgence à réussir la marche de samedi prochain, 12 avril,  contre l’austérité avec les forces du Front de Gauche et les 200 personnalités mobilisées pour modifier le rapport de force et construire une véritable alternative à gauche, porteuse d’un changement radical, qui place l’Humain au cœur de son action.

 

Patrick Le Hyaric

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 17:04
Les nouveaux habits bleu marine du général Boulanger

Par Emmanuel Jardin, Professeur de philosophie de l’enseignement secondaire.

 

En cette année 2014, toutes les forces de gauche s’apprêtent à marquer le centenaire de la mort de Jean Jaurès. Que le peuple de gauche honore la mémoire de ce père fondateur, de ce héros, de ce martyr qui fut la première victime de la Grande Guerre, nul ne saurait le lui reprocher. Et nous pouvons parier que la gauche ne sera pas la seule à le faire puisque désormais la droite et l’extrême droite croient pouvoir trouver dans l’œuvre pléthorique de l’intellectuel et du tribun socialiste une phrase pouvant justifier telle ou telle de leurs propositions. Malheureusement, force est de constater que si l’on commémore et si l’on cite souvent Jaurès, ce n’est pas pour se ressourcer dans son œuvre, mais pour faire l’économie de le lire vraiment et de s’imprégner de sa pensée dont la cohérence ne saurait être rendue de manière incantatoire par la grâce de quelques slogans qui la mutilent plutôt qu’ils ne l’expriment.

Revenons donc au sens et efforçons-nous, à la lumière des écrits de Jaurès, d’imaginer ce qu’auraient pu lui inspirer la déroute du Parti socialiste et la montée de l’extrême droite aux élections municipales. On sait le risque qu’il y a à vouloir faire parler les morts. Risque de tordre leur pensée au profit de nos intérêts présents, risque de sombrer dans des comparaisons que la différence des temps rend inopérantes. Je voudrais pourtant m’essayer à cet exercice périlleux en mettant en relation l’actuelle situation avec la crise du boulangisme. On désigne par cette expression un épisode de la vie politique française s’étalant de 1886 à 1889, au cours duquel, sur fond de crise économique et de haine de l’étranger – à l’époque il s’agissait des Allemands –, des hommes de droite et de gauche, des républicains et des antirépublicains se rangèrent derrière le général Boulanger dont le discours consistait pour l’essentiel à fustiger la corruption des élites et l’impuissance du régime parlementaire à résoudre la crise morale, sociale et politique dans laquelle la France s’enfonçait. À maints égards, qu’il s’agisse du contexte économique dans lequel il prospère, des thèmes qu’il privilégie, des passions tristes dont il se nourrit, de la position sociale et de la provenance politique d’un bon nombre de ses électeurs, le Rassemblement bleu Marine présente beaucoup de similitudes avec le mouvement boulangiste. Battu lui-même à l’occasion de la vague boulangiste qui s’abattit sur la République aux élections législatives de 1889, Jaurès aurait pu, comme la plupart des caciques socialistes d’aujourd’hui, se contenter de faire la morale au Peuple, de lui reprocher son vote et de dénoncer sa bassesse.

Mais ce n’est pas ce qu’il fit. Face à la montée des forces de la réaction, le génie ferme et bienveillant de Jaurès fut de ne pas s’en tenir à une condamnation de tous ces électeurs qui s’étaient détournés un instant de la République et du socialisme, mais de faire l’effort de comprendre ce que leur vote disait de vrai. Tendons l’oreille et écoutons l’écho lointain mais terriblement actuel de la voix de Jaurès : « Aujourd’hui même, dans ce phénomène qu’on appelle le boulangisme, que voyons-nous ? D’une part, dans le Peuple, une aspiration juste, sincère, énergique vers un ordre social meilleur ; d’autre part, dans ce même Peuple, une insuffisance et comme une chute de pensée qui lui fait livrer à ses pires ennemis, les démagogues viveurs effrontés et césariens, ses plus chères espérances. Ainsi, partout et toujours, je constate dans la conscience populaire la générosité première et la droiture de l’instinct ; la hauteur des pensées, des sentiments, des espérances soulevées par les grands événements, mais aussi les affaissements subits et les longues inerties intellectuelles. » Voilà bien le génie de Jaurès dont la gauche et tous les républicains feraient bien de s’inspirer. Et alors, plutôt que de faire la morale au Peuple quand celui-ci ne vote pas « convenablement », ils sauraient déceler dans son acte électoral un appel vigoureux qui témoigne de l’intarissable désir de justice qui l’anime profondément. Ce vote n’est pas le signe de l’abaissement du Peuple, il est plus essentiellement l’expression à la fois puissante et maladroite (cela dit sans mauvais jeu de mots) de son incandescente volonté de justice. C’est le miroir qu’il tend aux partis de gouvernement pour qu’ils y contemplent le funeste reflet de leurs injustes politiques plutôt que de n’y apercevoir que l’affaissement subit du Peuple.

C’est pourquoi, plutôt que de fustiger l’abaissement du Peuple, je voudrais tenter, en suivant l’exemple de Jaurès, de mettre l’accent sur le vif message d’espérance qui a été adressé au gouvernement et à tous les républicains à l’occasion de ce scrutin municipal. Et puisque l’anaphore est la figure rhétorique à la mode, je vais m’y essayer à mon tour pour tenter d’exprimer ce qui me semble être la vérité profonde du coup de gueule des Français :

Nous, le Peuple – chômeurs, ouvriers, employés, cadres, du public et du privé, artisans et patrons de TPE et de PME –, nous vous disons que nous ne croyons pas aux vertus du capitalisme financier mondialisé auxquels vous faites allégeance et auquel vous venez encore de promettre de pratiquer sur nous une saignée de 50 milliards qui nous laissera un peu plus exsangues ;

Nous, le Peuple, nous vous disons que nous voulons vivre fièrement et dignement de notre travail sans être livrés aux aléas d’un capitalisme financier qui chaque jour précipite des milliers d’entre nous dans les affres du chômage en les sacrifiant sur l’autel du profit maximal à court terme ;

Nous, le Peuple, nous vous disons que nous ne supportons plus de sentir que notre destin nous échappe chaque jour un peu plus au profit exclusif d’une nouvelle aristocratie financière et technocratique qui foule aux piedx la prétention des peuples souverains à se gouverner eux-mêmes ;

Nous, le Peuple, nous vous disons en conséquence que nous voulons recouvrer la souveraineté dont vous nous avez privés en l’aliénant à des puissances financières et technocratiques sans légitimité démocratique. (...)

Voilà pourquoi, si plutôt que de vous raidir, vous nous écoutiez avec attention et bienveillance, vous sauriez entendre que ce n’est pas une demande d’ordre, d’autorité et d’adaptation aux exigences de la compétition économique que nous vous adressons mais une impérieuse exigence de démocratie et de justice.

Le gouvernement et le Parti socialiste ne doivent donc pas se voiler la face, au travers de l’abstention et du vote bleu marine, c’est bien un ultimatum que le Peuple vient de leur lancer ainsi qu’au président de la République, qui avait eu la belle audace jaurésienne d’affirmer : « Mon ennemi c’est la finance. » Voilà pourquoi, si plutôt que de se réformer eux-mêmes, la seule réponse que le gouvernement et le Parti socialiste apportent au Peuple, c’est de le sommer de se ressaisir moralement et de l’exhorter à faire de nouveaux efforts, il y a tout à parier que le Peuple se chargera de les anéantir politiquement et cela dès les élections européennes. On peut trouver cela regrettable mais cela s’appelle la démocratie, le pouvoir du Peuple. Quand le Parti socialiste abdique le « rêve français » de justice sociale, il s’abolit lui-même comme Parti socialiste. Mais le Parti socialiste est-il encore un parti populaire et démocratique animé par l’idéal jaurésien de justice sociale ?

 

Emmanuel Jardin,

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 16:32

Depuis le second tour des élections municipales , dans les médias nationaux et régionaux, le Front de Gauche est privé de toute expression pour commenter la débâcle du PS, les choix de François Hollande, le nouveau gouvernement Valls. Exemple: un "Téléphone sonne" spécial mardi soir sur France Inter à 19h20 avec Philipot, le porte-parole du FN, des parlementaires de l'UMP, du PS, d'EELV, tous fort médiocres au demeurant dans le commentaire, mais sans représentant du Front de Gauche.

Lundi 31 mars, une pleine page dans le Télégramme avec une grande photo de Marine Le Pen tout sourire avec pour titre "Front National. Une moisson sans précédent". Tout cela pour parler de 14 mairies d'extrême-droite conservés ou gagnés par le FN ou ses satellitesDe 1625 conseillers municipaux d'extrême-droite, dont 1525 du FN. Les conseillers municipaux FN représentent 0,6% du total des élus municipaux et même si les scores sont en progression, ce n'est tout de même pas le premier parti de France en terme d'enracinement local. Rien qu'au premier tour, le PS avait fait élire 94 maires dans des villes de plus de 3500 habitants.

Or, le FN est présenté par les médias au service du système comme le seul parti crédible dans ses prétentions à bousculer le système, le seul à considérer comme force ascendante à potentiel majoritaire. On se retrouve dans un contexte historique qui présente des analogies jusqu'à un certain point avec celui des années 30 où la bourgeoisie, entre deux menaces de subversion, choisit clairement les chemises brunes, davantage susceptibles de ménager ses intérêts, notamment contre le communisme. Le syndicat CGT de l'audiovisuel public a fait part de son indignation devant le temps de parole attribué à Marine Le Pen et au FN sur France 3 pendant la campagne des Municipales: «  Sur France 3, le FN bénéficie de 29% des temps de parole au 14 mars. On a compté jusqu'à 48% la semaine précédente!!! Mais comme il faut bien respecter l'équité jusqu'au 21 mars, un pseudo équilibre se fait la dernière semaine, in extremis, pour abouir sur toute la période à 17% pour le FN, mais « 3,9% pour EELV, 4,85% pour le Parti de Gauche – 4,79% pour l'UDI, carrément rien pour le MoDem, le NPA, le Parti Radical – 33,84 pour le PS et 30,12 pour l'UMP. » Pourtant, le syndicat précise qu'à l'issue du 1er tour des Municipales, le FN, qui a déposé 589 listes, représente 4,7% des voix dans les villes de plus de 1000 habitants.

Dans le Télégramme du lundi 24 mars, un diagramme présente les « résultats » comparés des différentes familles politiques en escamotant complètement le Front de Gauche: 2% pour l'extrême-gauche, 43% pour le PS, 48% pour la droite, 7% pour le FN. En fait, il ne s'agit pas des résultats du vote du premier tour mais d'un sondage, en décalage complet avec la réalité, réalisé sur un échantillon de moins de 1000 personnes. Qui votent où? Dans des petites communes à une ou deux listes pour certains... Cela apparaît comme de la pure manipulation...

Ce même Télégramme une semaine après ne parle à aucun moment du PCF et du Front de Gauche, effacés de la carte médiatique même s'il ne sont pas effacés de la carte électorale, loin de là, et continuent à disposer d'un ancrage municipal 10 fois plus important que le FN. Même topo dans le Ouest-France de lundi et mardi: plusieurs réactions de responsables politiques PS, UMP, EELV, UDI, FN sont citées par rapport aux résultats et à la réponse du pouvoir, mais pas de trace des commentaires de Jean-Luc Mélenchon, de Pierre Laurent ou de Clémentine Autain. 

La seule brève nous concernant en page nationale du Ouest-France le 1er avril porte un titre qui évoque les croisades contre les sarrasins et se félicite ouvertement de leur succès: "Plusieurs bastions du Parti Communiste sont tombés.Le Parti Communiste français (PCF) a perdu, hier, plusieurs bastions historiques. Dans la banlieue rouge parisienne, en Seine St Denis, Bobigny et Saint Ouen ont été ravies, par la droite et par l'UDI. Elles étaient communistes depuis 1919 et 1945. Dans le Val-de-Marne, Claudine Cordillot a perdu Villejuif, sous la banière PCF depuis 1925 face une alliance inéite (UMP-UDI-Divers Gauche-EELV). Aubagne, un bastion historique des Bouches-du-Rhône, passe également à droite, après 49 ans de gestion communiste. Mais Saint-Denis, la dernière ville de plus de 100000 habitants, reste entre les mains du maire sortant Didier Paillard, qui devance le candidat socialiste d'à peine 181 voix". Le Ouest-France oublie au passage Montreuil,  ville de plus de 100000 habitants repris à EELV par le responsable communiste Patrice Bessac, soutenu par le Front de Gauche, dans une triangulaire au second tour avec Jean-Pierre Brard, l'ancien maire communiste de Montreuil battu en 2008 par Voynet, et l'UMP. 

 

Quel est le bilan comptable de ces municipales pour le Front de Gauche et le PCF?

 

Il n'est pas très bon sur le plan du rapport entre les gains et les pertes de mairie, il est loin d'être catastrophique sur le plan des pourcentages réalisés par les listes du Front de Gauche. L'influence électorale du Front de Gauche se maintient mais ne progresse pas de manière significative, contrairement à celle du FN, malgré l'accentuation de la crise, la politique de droite menée par Hollande et le PS, et notre résistance parlementaire et politique face à l'austérité et au libéralisme. Cela doit nous interroger, non sur le sens de notre combat, essentiel quand on mesure les dangers de la politique de Hollande, de la montée des inégalités, du désaveu des politiques, du FN, mais sur notre manière de le mener.  

L'Humanité Dimanche du 3 avril donne quelques moyennes intéressantes sur le premier tour:

Les listes soutenues par l'ensemble des composantes du Front de Gauche (PCF, Parti de Gauche, Ensemble), y compris dans le cadre d'une union de la gauche, réalisent en moyenne 16,6%: cela concerne 588 listes. 

Les listes Front de Gauche (uniquement sans le PS) recueillent 12,2% dans les 492 villes où elles se sont présentées.  

- Lorsque les composantes du Front de Gauche se sont présentées séparément (avec souvent le PCF partant avec le PS et ses alliés), les listes "autonomes" recueillent pour leur part 6,6%.

Dans les villes détenues par le Front de Gauche (majoritairement PCF), le Front de Gauche a remporté 29 des 30 duels de premier tour avec le PS, mais il perd ensuite au second tour plusieurs villes de plus de 30000 habitants au profit de la droite: Blanc-Mesnil, Saint Ouen, Bobigny, Villejuif, Aubagne.      

Dans les villes de plus de 9000 habitants, le bilan du PCF et du Front de Gauche est le suivant: sur les 87 villes de plus de 9000 habitants qu'ils dirigeaient avant la vague bleue des municipales, 65 villes ont été conservées, 22 ont été perdues et 3 gagnées (Montreuil, Aubervilliers, Thiers dans le Puy de Dôme, enlevée à l'UMP), soit un total de 68 villes de plus de 9000 habitants dirigées par un maire communiste ou Front de Gauche.  

20 villes de plus de 20000 habitants ont été perdues par le Front de Gauche: 18 PCF, 1 FASE, 1 PG (Viry-Châtillon). 3 ont été gagnées. 

Ces pertes peuvent s'expliquer aussi bien par un contexte national marqué par l'abstentionnisme et défavorable à la gauche, surtout que les sortants PCF étaient associés au PS, que par l'usure du pouvoir ou des gestions locales contestées. 

 

Et dans le Finistère, en Bretagne ? 

 

Les situations sont très contrastées. Cela dépend du degré d'unité du Front de Gauche sur le plan local, des histoires sociales et électorales particulières, marquées ou non par des gestions avec des élus communistes, de la qualité des campagnes et de la confiance que les électeurs ont accordé à des personnes.

A Douarnenez, dans une ville à tradition communiste forte, une liste menée par Jacques Boeuf et le Front de Gauche est largement devant le PS-EELV au Premier tour avec 23,5% contre 16% mais perd le second tour face au maire sortant de droite avec 44%.  C'est néanmoins une performance qu'il faut saluer qui rappelle la riche histoire sociale et politique de Douarnenez, la première ville qui a eu son maire communiste en France.

A Concarneau, ville qui a aussi une tradition communiste importante et qui passe également à droite, la liste des anti-libéraux soutenue par le Front de Gauche et conduite par Claude Drouglazet réalise 15% (contre 8,7% pour le candidat EELV). 

A Morlaix, la liste Front de Gauche réalise 15,5%, contre 33% pour la liste PS-EELV, un très bon résultat qui égale celui de Mélenchon en 2012 et qui constitue un point d'appui pour progresser à nouveau à l'avenir. Dans le pays de Morlaix, en dehors de la ville centre, il y avait deux listes de rassemblement citoyennes conduites par des militants Front de Gauche et soutenues par le Front de Gauche, à Plouigneau où Jean-François Huon et ses co-listiers réalisent 11% au premier tour et échouent de peu, suite à un rassemblement au second tour, à reprendre la commune à la droite. Et à Plouégat-Guérand où Yann Guéméné et ses co-listiers réalisent un très bon 24% au 1er tour, 23% au 2nd tour après s'être maintenu, ce qui n'a pas empêché le maire PS d'être réélu. Le Front de Gauche aura aussi des élus sur des listes d'union de la gauche à Plourin (4), Plounéour Ménez (1), Pleyber-Christ (1), Lanmeur (1), en plus des 3 élus de Morlaix: il n'y aura malheureusement en raison de la défaite de la liste « Ensemble à Gauche » à Morlaix qu'un seul élu communautaire du Front de Gauche, contre deux dans le précédent mandat.

A Brest, le jeune candidat du Parti de Gauche, Quentin Marchand, à la tête d'une liste « Colère de Brest! L'humain d'abord » non soutenue par la section PCF, voulant reconduire l'union avec les socialistes pour défendre un bilan et préserver des élus qui font du bon boulot dans les quartiers, a réalisé une campagne dynamique avec ses colistiers et un score non négligeable de 8,16% représentant tout de même 3408 voix.

A Quimper, le score de la liste Front de Gauche-NPA est plus décevant: 5,77%.  

A Pont-Labbé, la liste de Véronique Blanchet, adjointe sortante PCF-Front de Gauche, réalise 11,7% (contre 7,5% pour EELV).

A Quimperlé, le candidat Front de Gauche Didier Quémat fait 7,19% au premier tour.

A Carhaix, la liste de Mathieu Guillemot (NPA-Front de Gauche), opposée à Troadec et au PS simplement au premier tour (pas de liste ouvertement de droite), obtient 13% des suffrages exprimés.

A Fouesnant, dans une terre de mission pour la gauche, André Bernard et sa liste Front de Gauche réalisent 6,18%.

A Landerneau, où le maire sortant de droite est élu au premier tour, le Front de Gauche divisé totalise environ 15% sur deux listes: celle Parti de Gauche-EELV de Fréderic Le Saout (8,94%) et celle collectif Front de Gauche de Yannick Hervé (5,57%). La section PCF avait fait le choix de partir avec le PS.

A Rosporden, la liste du Front de Gauche réalise 14% au 1er tour.  

 

Plus largement, en Bretagne, les résultats du Front de Gauche sont comme dans le Finistère très contrastés: un très bon 15% à Rennes pour la liste EELV-Front de Gauche, 9,25% pour le Front de Gauche à Saint Brieuc, avec deux autres listes d'extrême-gauche, 4% à Vannes, 11,40% au 1er tour pour Delphine Alexandre à Lorient, 19% au premier tour et 26% au second tour pour Serge Gerbaud à Hennebont (le PCF et le Front de Gauche perdent la mairie, tout en passant devant le candidat PS), 17,7% à Lanester.

 

 

Globalement le Front de Gauche a montré sa capacité à monter des listes complètes dans un nombre conséquent de communes bretonnes. Il a permis de donner une place dans ces élections municipales pour exprimer l'attente et l'exigence d'une autre politique à gauche, qui tourne le dos au libéralisme, s'attaque aux privilèges de la finance, défende les services publics, les solidarités, l'égalité des droits, lutte contre l'austérité qui nuit gravement aux capacités d'investissement des communes comme à leur rôle social. Ces résultats manifestent une forme d'enracinement, une implantation consolidée, même si ils sont évidemment insuffisants pour bousculer le rapport de force actuel tandis que le désaveu des électeurs vis à vis de la gauche de gouvernement a aussi eu des répercussions sur nous, notre nombre d'élus aux responsabilités.

 

I.D

 

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 08:47

 Les résultats de ces élections municipales confirment le désaveu massif des Françaises et des Français vis-à-vis de la politique conduite par le Gouvernement. Face aux choix libéraux, qui rendent la vie toujours plus difficile pour des millions de personnes, la sanction s’exprime de façon différente : par une très forte abstention de l’électorat de gauche, avec des niveaux encore jamais atteints pour un scrutin municipal ; par le basculement à droite et une implantation du Front national dans de nombreuses villes traditionnellement ancrées à gauche.

bureau-de-vote.jpg

 Au regard de ce désaveu massif, le Parti Communiste Français n'est pas épargné par les gains de la droite, mais maintient globalement son implantation après avoir fait élire 94 maires de villes de plus de 3500 habitants au premier tour, et enregistré, au second tour, le gain de villes importantes comme Aubervilliers et Montreuil. Dans le Puy-de-Dôme, le gain de Thiers et Courpière, dont je suis le député, est aussi un signe fort. Ces milliers d’élus PCF, du Front de Gauche, progressistes constituent le troisième réseau national d’élus municipaux et de maires. Ils continueront à être des relais efficaces et utiles des luttes sociales et des attentes fortes des habitants au sein des collectivités.

 Là où ils seront présents, là où ils seront en responsabilité, nos élus devront pleinement prendre leur part dans la construction de politiques municipales répondant aux besoins de celles et ceux qui sont les plus en difficultés. Il s’agit également de structurer des champs de résistance aux politiques d’austérité en promouvant des politiques publiques locales exprimant les valeurs de la gauche. Je pense notamment à la défense des services publics locaux qui seront les premiers dans la ligne de mire d’une droite revancharde qui voudra solder ces piliers essentiels du vivre ensemble, et offrir de nouveaux marchés juteux aux entreprises privées. Quelle que soit notre position, dans des majorités de gauche, ou a fortiori dans les oppositions municipales, notre rôle d’élu progressiste doit être rendu visible, en contact permanent avec la population, pour donner de la force à notre façon de faire de la politique, plus humaine, au service de la justice sociale. Je n’ai aucun doute sur l’engagement de nos élus dans cette démarche.

 Comme l’affirment l’ensemble des forces du Front de Gauche, et beaucoup de militants de gauche, l’autre constat à tirer de cette élection est « l'urgence absolue de changer de politique, à commencer par le pacte d’irresponsabilité dicté par le MEDEF et la commission européenne ». La pire des choses serait désormais d’assister autour d’un remaniement ministériel, simple tentative de trompe l’œil, à un déni de sanction et à un repli mortifère sur une politique libérale contraire à l’aspiration du peuple de gauche et du monde du travail. Sans changement politique, rien ne sera possible pour la gauche demain. C’est en ce sens que le 12 avril prochain, le PCF et le Front de gauche donnent rendez-vous dans la rue, pour un sursaut politique, à toutes les forces progressistes et à tous celles et ceux qui ont le cœur à gauche.

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 18:00

Jusqu'en 2008, les infrastructures ferroviaires, fluviales et routières étaient financées par les recettes publiques des péages d'autoroutes. 

Mme Royal aurait-elle oublié que c'est son camarade Lionel Jospin et le ministre des Transports Jean-Claude Gayssot qui ont commencé à privatiser ce secteur, au profit du grand capital d'Eiffage et Vinci? 

Parait-il qu'elle va réfléchir. Il n'est pas nécessaire de sortir de l'ENA pour se rendre compte qu'il est vital de renationaliser les autoroutes.

Voilà une solution concrète et alternative pour sortir de la crise et de l'austérité, phrase si chère à Pierre Laurent.

 

Michel Lespagnol.  

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:30
valls_0.jpg
La démocratie d'opinion contre la responsabilité politique : en nommant Manuel Valls premier ministre, François Hollande fait un choix contraire aux leçons des municipales. Là où une demande de gauche et de justice sociale s'est exprimée, le président brandit le discours d'ordre, de sécurité et de libéralisme : celui-là même qui a organisé la descente aux enfers de la gauche.
A la une de Mediapart, le site d'investigation indépendant : www.mediapart.fr
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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:28

Alors que la politique gouvernementale a été très fortement sanctionnée lors des élections municipales, la composition de nouveau gouvernement confirme une sidérante fin de non recevoir, symbolisé par le choix de M.Valls à Matignon, un véritable acharnement de F.Hollande et des principaux dirigeants du PS à ne pas prendre en considération l'état réel du pays, le niveau des attentes et des souffrances.

Rien ne change ? Pas exactement puisque ce gouvernement « resserré » sera celui d'une accentuation de la cure d'austérité avec, comme première conséquence, une aggravation de la crise politique.

Symbole saisissant, a peine quelques minutes avant l'annonce du nouveau gouvernement, F.Hollande partait pour Bruxelles avec, sous le bras, le pacte de responsabilité, les 50 milliards d'euros d'économies et une nouvelle attaque contre le financement de la sécurité sociale déguisée en « pacte de solidarité ».

Nous proposons de prendre une tout autre direction avec la marche du 12 avril, celle du sursaut citoyen et populaire, d'une remobilisation de l'ensemble de la gauche, avec des socialistes et des écologistes qui ne veulent pas de l'austérité comme seul horizon.

Aujourd'hui, ce gouvernement dont le combat consiste à abandonner notre pays aux marchés financiers ne dispose pas d'une majorité de gauche à l'Assemblée nationale. Les prochains jours peuvent ouvrir une nouvelle séquence politique avec un grand débat sur les alternatives, les solutions, les grands chantiers à engager pour un changement de gauche.

 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:25

Deux cent personnalités, responsables syndicaux, associatifs, politiques, personnalités ont signé un appel à une grande marche nationale le 12 avril à Paris «Maintenant ça suffit ! ».

 

MAINTENANT ÇA SUFFIT !


Marchons contre l’austérité pour l’égalité, et le partage des richesses.

Nous n’en pouvons plus de voir la droite et l’extrême-droite battre le pavé avec leurs cortèges de haine de l’autre, d’intolérance, de racisme, de sexisme, d’homophobie et d’intégrisme.

En France, comme dans toute l’Europe, la rigueur budgétaire et l’austérité imposées par la Commission européenne, François Hollande et le gouvernement pour satisfaire les marchés financiers nourrissent ce climat malsain. Les conséquences sont là : services publics démantelés, acquis sociaux mis à mal… Le chômage monte, la précarité s’étend, les jeunes galèrent, les salaires et les retraites sont en berne. Les inégalités se creusent tandis que les grandes entreprises versent aux actionnaires des dividendes insolents. Partout ces politiques provoquent indignations, colères et désespoirs. Elles nous révoltent.

Elles s’accompagnent du recul général des droits : à l’éducation, à l’emploi, à un revenu décent, à la santé, à un logement stable et décent… Les inégalités d’emploi et de rémunération attaquent plus durement les droits des femmes et des migrants. La répression s’abat sur les sans papiers, les Roms, les plus précaires, et ceux qui les défendent. Alors que des choix politiques résolument à gauche devraient s’imposer face à la crise, les renoncements du gouvernement devant les exigences du Medef et de la droite en matière sociale, environnementale, familiale, et sur le droit de vote des étrangers… scandalisent.

Avec l’assentiment enthousiaste du Medef, le président de la République veut désormais faire du « pacte de responsabilité » le cœur de sa politique. Au patronat, il octroie 35 milliards d’allègement de cotisations. Qui peut croire que ce nouveau cadeau permettra de lutter contre le chômage ?
> Devant un Medef qui refuse de s’engager sur des créations d’emplois, le gouvernement Ayrault s’engage, lui, à réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros. Dans la ligne de mire, la sécurité sociale et les services publics. Mais ce sont aussi les collectivités territoriales asphyxiées, les associations étouffées, la culture sacrifiée. Ce n’est décidément pas cela que nous voulions, nous qui, par millions, avons contribué à chasser Sarkozy.

Personnalités morales, acteurs du monde de la culture et des arts, du monde du sport, responsables syndicaux, associatifs, politiques, nous sommes divers par nos engagements. Ensemble, nous voulons construire une dynamique pour une alternative sociale, démocratique, écologique, féministe fondée sur la solidarité. Nous appelons le samedi 12 avril à Paris à une marche nationale d’espoir à gauche, contre l’extrême droite, pour l’abandon du « pacte de responsabilité », pour une juste distribution des richesses. Cette marche ne restera pas sans lendemain.

Personnalités :

Alévêque Christophe, humoriste
Pudal Romain, sociologue, CNRS.
Amable Bruno , economiste, universite Paris 1.
Amara Jean Claude, créateur Droits Devant
Andersson Nils, Sortir du colonialisme
André Tosel, philosophie
Aries Paul , rédacteur en chef mensuel les Z’indigné(e)s.
Beauvois Dehphine, Front de gauche féministe
Ben Ayed Choukri, chercheur
Bernier Aurélien, essayiste
Bidet Jacques, philosophe
Bloch Bernard, comédien metteur en scène
Bonnery Stéphane, chercheur sciences de l’éducation
Brom Jean-Marie, chercheur au Laboratoire mixte CNRS/Université Louis Pasteur (Strasbourg)
Cassen Bernard, secrétaire général de Mémoire des Luttes
Caveng Remy , sociologue, universite de Picardie
Churin Samuel, comédien
Comolli Jean Louis, cinéaste
Cours-Salies Pierre, sociologue, Professeur émérite Paris 8
Demoule Jean Paul, professeur à Paris1, ex président de l’INRAP
Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien
Ethuin Nathalie , sociologue, universite Lille 2.
Fernandez Nilda, chanteur
Gadrey Jean, économiste
Gaillot Jacques, évêque
Généreux Jacques, économiste
George Suzanne, écrivain
Gérard Mordillat, écrivain cinéaste
Gori Roland, professeur émérite, Appel des appels
Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie
Harribey Jean Marie, économiste
Husson Michel, économiste
Jounin Nicolas , sociologue, universite Paris VIII.
Lacroix Bernard , politiste, Institut Universitaire de France.
Lagrave Rose-Marie , sociologue, EHESS.
Landini Léon, président de l’amicale Carmagnole-Liberté FTP-MOI
Laurens Sylvain , sociologue, EHESS.
Le Pors Anicet, ancien ministre de la Fonction publique
Lebaron Frederic , sociologue, universite Versailles-Saint Quentin.
Lerichomme Jacques, Conseiller régional PACA
Lhomme Stéphane, observatoire du nucléaire
Mangenot Marc , économiste
Marty Christiane, Féministe et Chercheuse
Masclet Olivier , sociologue, universite Paris Descartes.
Mathieu Grégoire maitre de conférence en sociologie
Mauger Gerard , sociologue, CNRS
Mordillat Gérard, cinéaste
Naessens Muriel, Féminisme Enjeux, théâtre de l’opprimé
Naszalyi Philippe, universitaire
Neyrat Frederic , sociologue, universite de Limoges.
Nicolas Frize, compositeur
Palheta Ugo , sociologue, universite Lille 3.
Pelletier Willy , sociologue, universite de Picardie.
Pena Ruiz Henri, philosophe
Pépin Josée, membre du collectif Tenon
Petit Jean Claude, compositeur chef d’orchestre
Pinçon Michel, sociologue
Pinçon-Charlot Monique, sociologue
Pinto Louis, sociologue, CNRS.
Poliak Claude, sociologue, CNRS.
Pudal Bernard, politiste, universite Paris Ouest
Ramaux Christophe, économiste
Ramonet Ignacio, journaliste
Rigaudiat Jacques, économiste
Ristat Jean, poète, directeur des Lettres Françaises
Séguy Georges, résistant déporté ex secrétaire général CGT
Sève Lucien, philosophe
Trillat Marcel, cinéaste
Trouvé Aurélie, militante altermondialiste
Willemez Laurent, sociologue, universite Versailles-Saint Quentin

Syndicalistes

Achaintre Thierry, secrétaire CGT Euriware
Amiel Frédéric, syndicat ASSO Solidaires
Angot Michel, FSU territoriaux
Baille Nicolas Secrétaire général fédération CGT equipement environnement
Bindel Jean Luc fédération CGT agro alimentaire
Bonnard Jérome, Sud BPCE Solidaires
Borras Stéphane, Solidaires 31
Bressan Eugénio, ex-secrétaire national SNES-FSU
Bubakhti Ahmed, Sud PSA Poissy Solidaires
Camara Mamadou, secrétaire Sud -TICE Solidaires
Canon Jean-Marc, secrétaire général de l’UGFF CGT
Chauveau Raymond, syndicaliste CGT
Chessa Mireille, syndicaliste CGT
Cohen Fabien, secrétaire syndicat de dentistes centres de santé
Couderc Christophe, secrétaire général de l’UD CGT 09
Damoiseau Philippe, Fédération Sud Collectivités territoriales Solidaires
Debons Claude, syndicaliste CGT
Degoussée Laurent, Sud Commerce Solidaires
Delecourt Christophe, syndicaliste CGT Finances
Devauchelle Jean, syndicat AP-HP Solidaires
Fayet Catherine, responsable Sud santé au CHSF
Galepides Nicolas, Sud PTT Solidaires
Garcia Patricia, Sud sociaux Solidaires
Ghazi Karl , responsable syndical CGT commerce
Glorian Grégory, secrétaire général de l’UD CGT 62
Gravouil Denis, syndicaliste CGT culture
Harl Françoise, Sud Education Solidaires
Jacquard Jean Pierre délégué, CGT central CGT Ducros Mory
Joly Pascal, secrétaire général de l’URIF CGT
Juraver Philippe, syndicaliste CGT - Front des luttes
Lafontan Jean, ex secrétaire général SNEP-FSU
Lambert Elie, Solidaires Douane
Larrivée Frédéric, syndicaliste CGT Finances publiques Marseille
Lavaud Marc, Solidaires 45
Le Reste Didier, syndicaliste CGT, Front des luttes
Leberquier Olivier, CGT Fralib
Lemaire Arlette, secrétaire nationale SNASUB-FSU
Lequeau Serge, Solidaires 22
Manciaux Catherine, co/secrétaire générale SNUPDEN-FSU
Mangin Jean, sidérurgiste FO à Florange
Mathieu Xavier, syndicaliste CGT ex Conti
May Eric, secrétaire syndicat de médecins
May Oriane, Présidente de l’AGE de l’UNEF
Michel Claude, syndicaliste CGT spectacle
Moreira Carlos, secrétaire général de la Fédération nationale CGT des Industries chimiques
Orhesser Hélène, Solidaires 13
Ossant Hervé, secrétaire général de l’UD CGT 93
Painchan Reza, syndicaliste FO
Périllat Marie Cécile, responsable syndicale FSU
Peyrade Marc, secrétaire général de la FILPAC CGT
Pierre Le Ménahès, ex secrétaire général CGT SBFM
Piron Dominique, responsable départemental CGT 72
Ponvert Véronique, responsable syndicale FSU
Prince Mickael, CGT STEF Chaulnes
Puydebois Jean Louis, syndicaliste FSU 19
Sanchez Daniel, syndicaliste CGT
Schmitt Jerome, secrétaire de la fédération des syndicats Sud Energie
Sergent Nicole, syndicaliste FSU
Sueur Eric, Secrétaire général FSU Ile de France
Taillandier Christian, secrétaire national SNUITAM-FSU
Talbot Baptiste, secrétaire général de la Fédération CGT des Services publics
Trésallet Guy, syndicaliste FSU - Front des luttes
Van Rensberger Michel, responsable CGT Presstalis
Vaulot Corinne, secrétaire générale CGT Educ 31
Verzeletti Céline, syndicaliste UGFF CGT
Vidallet Gisèle, secrétaire générale de l’UD CGT 31
Vire Emmanuel, SNJ CGT Jean Luc Bindel syndicaliste agro alimentaire CGT
Wallet Nicolas, Secrétaire général FSU 75
Witt syndicaliste étudiante
Ziegelmeyer Laurent, responsable CGT Sanofi Paris

Associations / Autres organisations

Antony Michel, ancien président des hôpitaux et maternité de proximité
Azaria Ana, présidente de Femmes Egalité
Bache Marinette, Résistance Sociale
Bonnet-Ouladj Emmanuelle, dirigeante d’une fédération sportive
Brival Marie Laure, Collectif maternité des Lilas
Chailley Jean Claude, Résistance Sociale
Chocteau Guillaume, responsable associatif
Dareau Luc, militant économie solidaire
Deluze Evelyne, secrétaire de la coordination des hôpitaux et maternité de proximité
Derrien Hélène, vice-présidente de la coordination des hôpitaux et maternité de proximité
Dulong Ourdia, Faire Front à gauche, amis de l’usine
Eyraud Jean Baptiste, DAL
Favier Jean Pierre , président d’un club omnisports
Forte Eric, dirigeant économie sociale et solidaire
Franchet Pascal, vice président du CADTM-France
Garcia Francisco , président d’Ensemble et solidaires UNRPA
Guibert Geneviève, Collectif 37 notre santé en danger
Habel Janette, coprésidente de la Fondation Copernic
Hallinger Patrick, secrétaire de la Convergence nationale de défense et développement des services publics
Hernando Michel , Faire Front à Gauche, amis de l’usine
Khalfa Pierre, coprésident de la Fondation Copernic
Le Mignot Renée , co-présidente du MRAP
Longerinas François, Dirigeant économie sociale
Martins-Viana Lydia , dirigeante nationale du sport français
Massiah Gus, membre fondateur de l’IPAM
Mayer Sylvie, dirigeante économie sociale
Milesy Jean Philippe, dirigeant économie sociale et solidaire
Minot Didier , collectif des associations citoyennes
Nay Françoise, présidente pour la coordination des hôpitaux et maternité de proximité:
Potavin Jack, dirigeant économie sociale
Robin Philippe , président d’un club omnisports
Rollat Danielle , vice-présidente d’Ensemble et solidaires UNRPA
Rotjman Suzy, CNDF
Surduts Maya, CNDF CADAC
Trouve Gilbert, dirigeant d’une fédération sportive
Villechalane Philippe, Association de luttes contre le chômage et la précarité
Vivien Didier , dirigeant sportif
Zedriri Malika, Association de luttes contre le chômage et la précarité

Politiques

Adenot Dominique, ANECR
Amard Gabriel, Président de la Gauche Par l’exemple
Assassi Eliane, PCF
Autain Clementine, Ensemble
Bakin Benjamin , Alternative Libertaire
Besancenot Olivier, NPA
Billard Martine, co présidente du PG
Buffet Marie George, PCF
Castex Françoise, députée européenne
Chassaigne André, PCF
Esquerre Laurent , Alternative Libertaire
Hoang Ngoc Liem député européen
Idir Noredine, MJCF
Jallamion Lucien, République et Socialisme
Laurent Pierre, PCF
Le Hyaric Patrick, député européen, directeur de l’Humanité
Malaisé Céline, conseillère régionale Ile de France
Martin Myriam, Ensemble
Martin Elisa, membre du BN du Parti de Gauche
Mélenchon Jean- Luc, depute européen, coprésident du PG
Pelissier Jean-François, Ensemble
Picquet Christian, GU
Pierrel Christian, porte-parole national du PCOF
Poupin Christine, NPA
Poutou Philippe, NPA
Simonnet Danielle, SN du PG, conseillère de Paris
Soboul Edith, Alternative Libertaire
Toubhans Marie-Pierre, Ensemble

Touly Jean-Luc, conseiller régional apparenté EELV

Vergiat Marie Christine, députée européenne

http://www.ensemble-fdg.org/content/mat%C3%A9riel-pour-le-12-avril

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:20

 

Ce mardi 1er avril se tenait la conférence de presse d’annonce de la marche du samedi 12 avril à Paris, de République à Nation, contre l’austérité et pour l’abandon du pacte de responsabilité devant le symbolique hôpital parisien Hôtel Dieu, en présence de responsables politiques, syndicaux et associatifs.

« Cette conférence de presse a servi à mobiliser toutes les forces de la gauche afin de répondre de leur mécontentement face aux municipales, d’autant plus depuis la nomination de Valls comme premier ministre » confie Pierre Laurent à l’Humanité.fr.

Le message était clair : la marche contre l’austérité doit répondre à un défi : celui d’être solidaire et  de proposer des alternatives à la politique actuelle. C’est un appel très large pour un changement de cap afin de construire une politique nouvelle, porté, outre par Pierre Laurent,  secrétaire national du PCF, par Jean-Luc Mélenchon, co-président du parti de Gauche, ou encore Olivier Besancenot, porte-parole du NPA.

Pour Pierre Laurent, cette marche représente une situation inédite. Elle est de très haute importance et il y a un réel besoin de remobilisation permettant un sursaut de toute la gauche  Selon lui, la politique de François Hollande est un échec car il n’arrive pas à faire reculer le chômage. Il affirme que les choix politiques du président ont laissé trop de place à la droite, accentuant ainsi l’importance d’une forte mobilisation le 12 avril pour redresser la gauche et le pays.

Il rajoute qu’avec la nomination de Manuel Valls à la tête du gouvernement la situation est d’autant plus alarmante. « Le choix de son premier ministre est un véritable désaveu pour les électeurs de gauche. C’est une blessure pour les socialistes, pour les verts, ainsi que tout le reste de la gauche ».

Pour Eric Coquerel, secrétaire national du PG, François Hollande ne semble pas renoncer à sa politique de droite, d’austérité et de promesses avec l’Union Européenne. Le PG appelle à ne pas voter le pacte de responsabilité, et demande au PS de ne pas céder à la réaction et à l’extrême droite.

 La nomination de Valls renforce l’urgence d’une réaction à gauche

« Cette marche est un appel inédit à la reconstruction » lance Olivier Besancenot. Selon le porte parole du NPA, le choix de Hollande « relève d’une politique anti-gauche et de la haine raciale ». Il affirme entre autres que le président de la République a signé la déclaration de guerre, notamment par le choix de l’autoritaire Valls.

« C’est l’homme  le plus à droite ! Il réussit un coup de communication pour s’apprêter à faire pire ! » lance, virulent, Jean-Luc Mélenchon en évoquant la nomination de Manuel Valls au poste de Premier ministre. « Hollande est  le liquidateur de la gauche. Il n’a pas vu l’abstention, il n’a vu que la promesse de la droite. »

Contre la casse des services publics

Les représentants syndicaux de la CGT, Solidaires, FO, et de la FSU sont également à l’initiative de la marche, ainsi que des animateurs de mouvements associatifs. Des délégués CGT de l’Hôtel Dieux étaient présents devant le lieu symbolique de résistance à l’austérité.  « On observe 150 000 suppressions d’emplois dans les services publics. Le gouvernement compte supprimer 50 milliards de fonds aux services publics» affirme un syndicaliste CGT. Il précise : « Les services de santé connaissent une situation désastreuse. Hollande ne doit pas fermer l’hôpital [ndlr l’Hôtel Dieu]. Un des médecins de l’hôpital, Monsieur Kierzec a été démis de ses fonctions, et on demande sa réintégration. »

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 07:41
Roger Martelli à La Marseillaise :« Ce qui rassemble le Front de gauche est plus important que ce qui peut le diviser » lundi 10 mars 
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Dans une quinzaine de jours, le Front de gauche (FdG) abordera pour la première fois de sa jeune histoire le scrutin municipal. Une étape que le Front né il y a à peine six ans s’apprête à franchir sur fond de désaccords entre ses deux principales composantes. Liste du FdG ou liste d’union avec le PS… Le Parti communiste et le Parti de gauche ont affirmé leur position. Des divergences qui pour autant n’annoncent pas la fin du FdG comme l’explique l’historien Roger Martelli, pour qui « il reste beaucoup de novation à mener afin que la gauche entière retrouve le sens de la critique et de la transformation sociale »

.
Quels sont les enjeux de ces élections municipales ?
Ces élections se déroulent dans un contexte particulier avec un PS au pouvoir en difficulté et qui a opéré de manière spectaculaire un tournant dans son orientation. Mais, au-delà de la péripétie de la conjoncture politique, ces élections pour le FdG comportent de vrais enjeux de société. Le premier d’entre eux est l’enjeu de la commune. Celle-ci a longtemps été un lieu privilégié de l’action publique. Un lieu de proximité, de redistribution des prestations par le biais des services publics et donc d’atténuation des inégalités sociales. Or, ce rôle est mis en cause à la fois par la compression des dépenses publiques et par la réorganisation territoriale autour de la question de la métropolisation. La métropole est une réalité. La question qui se pose n’est pas de se prononcer pour ou contre, mais de savoir si cette métropole se construit politiquement par en bas ou par en haut. Si elle respecte la commune ou si elle aboutit à sa disparition. Le deuxième enjeu et qui découle de ce fait métropolitain, est la place des catégories populaires au sein du tissu urbain. Il y a une tendance à un déplacement, sur la base de la spéculation immobilière, de ces catégories des centres urbains vers la périphérie avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la modification des équilibres sociaux et socio-politiques. Alors justement, ces catégories populaires ont-elles encore leur place au cœur même du développement urbain ? Le troisième point est l’enjeu démocratique. Nous assistons depuis des années à un recul de la participation civique notamment de ces catégories. Mais est-on prêt à les engager dans une reconquête citoyenne pour contredire la tendance à l’abstention ou à la dérive vers les comportements extrêmes comme le vote FN ? Y-a-t-il une possibilité d’une relance populaire d’un vote démocratique à gauche ? A ces trois grandes questions se rajoute celle de l’héritage du communisme municipal. Ce dernier a été une originalité de la vie politique et de l’existence du fait communiste en France. Dans le cadre nouveau du FdG, cette tradition de l’action locale, de l’engagement citoyen des catégories populaires et d’une gestion publique dynamique va-t-elle se stabiliser voire même se relancer ? Le FdG permettra-t-il la pérennité de gestions locales capables de tourner le dos « à la règle d’or » appliquée à l’échelle européenne, c’est-à-dire à la contraction des dépenses publiques au nom de l’impératif de la réduction de la dette et de baisse du coût du travail ? Pourra-t-il affirmer le maintien d’une conception plus tournée vers le développement des capacités humaines que vers l’accumulation des profits financiers ?
 
Un Front de gauche qui apparaît pourtant divisé…
Deux conceptions se sont affirmées. Dans de petites communes, villes moyennes et même grandes agglomérations s’est imposée une dynamique de Front de Gauche. Ce dernier a décidé au premier tour de constituer des listes distinctes des listes d’union avec le PS. Evidemment avec l’objectif de créer un élan qui permettrait au second tour à la gauche de l’emporter dans le cadre d’un rassemblement le plus large possible. Et puis il y a une seconde option choisie parfois par le Parti communiste. Dans de nombreuses villes de plus de 30 000 habitants et dans de grandes agglomérations, il a préféré reconduire la logique d’union de la gauche traditionnelle qui s’est manifestée depuis 1965 et donc participer à des listes constituées autour du PS. A l’échelle des 36 000 communes de France, la formule du FdG est la plus dynamique, mais de façon visible il y a des formules d’union de la gauche comme à Paris. Cela se fait dans un contexte où des tensions s’expriment. Evidemment, au soir du premier tour il sera intéressant de voir les effets électoraux de chacun des choix. Pour le reste, c’est une affaire de conviction citoyenne.
 
Est-ce là deux stratégies qui s’affrontent ?
Pour l’instant, rien ne me permet de dire que ces choix de comportements politiques relèvent de deux stratégies différentes. La préoccupation du Parti de gauche est d’abord celle de la cohérence et de la lisibilité politique. Le PG considère qu’étant donné la nature de l’enjeu urbain, la stratégie locale doit être en adéquation avec la stratégie nationale. Or sur un plan national, il n’y a pas d’alliances possibles entre cette gauche de la gauche qu’incarne le FdG et un PS droitisé. Le Parti communiste partage l’appréciation sur la politique nationale. Il considère que pour rendre possible un rassemblement ultérieur de toute la gauche sur des contenus transformateurs, il faut affirmer de façon autonome une gauche de gauche. Simplement, le PCF a expliqué que l’objectif stratégique fondamental devait tenir compte des particularités des situations locales. De la possibilité de constituer des majorités de toute la gauche qui permettraient des avancées sociales contre les tendances négatives qui s’expriment à l’échelle nationale. Donc dans une logique et à partir de considérations qui lui sont propres, il a choisi dans certains cas de reconduire la formule ancienne de l’union de la gauche. Rien ne permet de dire que ce choix qui n’est pas le mien annonce un renoncement général à la démarche d’un FdG ambitieux.
La feuille de route du PCF « Nous avons une seule et unique feuille de route : combattre les politiques d'austérité en France et en Europe et unir pour des alternatives de gauche », a déclaré Pierre Laurent, secrétaire national du PCF qui appelle « les électeurs de gauche à se mobiliser massivement ». Les communistes comptent des candidats sur «plus de 7.500 listes dans des communes de plus de 1.000 habitants ». Sa volonté est «d'étendre son nombre d'élus » qui est « de 10.000 ».
Le Premier bilan du PG
Le Parti de gauche sera présent dans plus de 600 listes et partagera 83 listes avec Europe Ecologie-Les Verts. Ses présidents Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, se sont félicités fin février d'un « bilan remarquable pour le parti et sa stratégie : l'autonomie ». Malgré des « différends avec quelques équipes communistes locales », selon Jean-Luc Mélenchon, le PCF reste le principal partenaire politique du parti, avec plus de deux tiers de listes communes dans les villes de plus de 20.000 habitants.
Ces positions sont-elles irréconciliables ?
Il ne faut pas se cacher qu’il y a toujours le risque d’un durcissement tendant à faire de ce désaccord, que je considère pour l’instant comme un désaccord tactique, le signe d’un désaccord stratégique. Et là, ce n’est plus l’observateur mais le citoyen engagé qui parle : je souhaite que le plus vite possible l’engagement déterminé du FdG à l’occasion des élections européennes montre que ces désaccords ne sont pas des désaccords irréconciliables qui remettent en question l’œuvre formidable accomplie depuis 2008.
Vous évoquez les Européennes justement… Alors que le Parti de gauche semble vouloir tempérer, le PCF demande un engagement rapide dans la campagne.
Le Parti de gauche est manifestement dominé par son amertume devant les choix opérés dans un certain nombre de grandes villes par le PCF. A partir de là, il manifeste des réticences à entrer immédiatement dans la bataille pour les Européennes. Pourtant, je pense qu’il serait bon que le FdG s’engage sans tarder. Et je sais qu’en tout état de cause, il le fera. Je ne vois pas comment le Parti de gauche et le PCF ne pourraient pas continuer à amplifier ce qui est né des élections européennes de 2009. À ce jour aucun désaccord, même important ne saurait justifier le délitement de cette expérience exceptionnelle.
Cela veut dire qu’il est temps d’insister sur ce qui rassemble et non sur ce qui divise ?
Personnellement, c’est un choix que j’ai fait depuis longtemps. Je ne néglige pas les tensions, au demeurant normales, car elles ne font que révéler des contradictions à l’intérieur de la réalité socio-politique de ce pays et du continent européen. Mais je considère effectivement, que ce qui rassemble le FdG est infiniment plus important que ce qui peut le diviser.
Quels sont ses atouts ?     
Cette conception subtile et forte qui a été au fond la force du PCF pendant de nombreuses décennies et qui consiste à dire que, dans un pays polarisé par l’affrontement de la gauche et de la droite, la gauche pour l’emporter doit être rassemblée. Mais cette dynamique suppose qu’à l’intérieur de la gauche domine le parti pris le plus conséquent de l’égalité et de la citoyenneté. Une gauche dominée par l’esprit de compromis à l’égard des forces de la finance ne peut pas permettre à la gauche de l’emporter durablement sur la droite. L’atout du FdG est de lier le désir d’affirmer une gauche bien à gauche, autour de valeurs critiques à l’égard de l’ordre économico-social dominant et la volonté d’affirmer une gauche qui n’a pas vocation simplement à témoigner mais à peser sur l’évolution du pays. Le FdG est la continuation de cette tradition qui mérite d’être travaillée et amplifiée.
Le FdG n’est-il pas confronté aux difficultés de son fonctionnement en tant que Front ?
Oui bien sûr. Mais ces difficultés ne peuvent pas se régler d’un coup de baguette magique. Le FdG, c’est pour l’instant une réalité double. Avec d’une part, un cartel d’organisations politiques dont deux formations qui tiennent le haut du pavé. Même si s’est constitué un regroupement qui s’appelle Ensemble et qui joue le rôle de troisième composante active de ce cartel. Et d’autre part c’est en même temps, comme l’a montré l’élection présidentielle de 2012, un véritable mouvement citoyen. Le PCF et le PG ont voulu préserver leur existence de partis. Il faut accepter cette décision et considérer que le FdG a une dimension de cartel d’organisations. Mais comment faire pour que cela ne soit pas simplement un cartel ? Se pose alors une série de questions sur son fonctionnement, son organisation… Le Front de gauche est une réalité durable. Si on tourne le dos à l’une ou l’autre de ces exigences, on va dans le mur ; assumons-les donc ensemble. Ce travail devra suivre la séquence électorale de 2014. Il ne faudra d’ailleurs pas tarder dans cet après.
Alors justement, comment voyez-vous l’avenir de cette jeune force politique ?
J’ai plutôt tendance à être optimiste. La dynamique du FdG a eu trop de qualités pour pouvoir s’arrêter. Il y a un besoin dans la situation actuelle d’affirmer dans l’espace politique un pôle de regroupement à gauche bien à gauche. Et pour l’instant, les éléments qui nourrissent cet optimisme sont toujours là. Evidemment, le FdG a ses faiblesses et ses contradictions. L’œuvre accomplie peut se défaire mais en même temps il y a l’envie formidable d’être ensemble. De fait, ce qui me frappe dans la composition des listes FdG est la représentation de la diversité : c’est le peuple tel qu’il est. Le cas marseillais est d’ailleurs un vrai cas d’école. Marseille est à la fois une grande métropole très populaire où la tradition communiste a été très forte et en même temps dans laquelle domine une social-démocratie très souvent tentée par des orientations plutôt portées vers le centre. Le FdG a réussi à affirmer son unité et à constituer des listes ouvertes à la fois politiquement, socialement, culturellement… Avoir réussi ce pari est à l’honneur des protagonistes et de Jean-Marc Coppola (chef de file du FdG) qui a beaucoup œuvré dans ce sens. Le résultat global est probant. Je pense à la liste conduite par Samy Johsua dans les quartiers Nord qui me frappe par sa diversité d’origine, d’âge, de sensibilités… et par la présence de personnalités issues de l’immigration. Alors certes, cela n’a pas été facile, mais le résultat est particulièrement stimulant.
A quoi le FdG devra-t-il s’atteler dans les années à venir ?
Selon moi, il n'y a pas de voie pertinente en dehors de cette dynamique de rassemblement. Il faut savoir aller plus loin dans le regroupement avec le FdG de tout ce qui dans la société porte la critique de l’ordre existant. Il y a tout un pan de la critique sociale qui s’exprime dans la vie associative, dans le mouvement syndical, et qui aujourd’hui n’est pas rassemblé politiquement pour la construction d’une alternative à la société et au système politique existant. Il reste ainsi beaucoup de novation à mener pour que la gauche entière retrouve le sens de la critique et de la transformation sociale, le sens de l’égalité vraie.
Entretien réalisé par Sandrine Guidon
Bibliographie: 
Roger Martelli est codirecteur du magazine Regards.
A lire : La bataille des mondes. « Pour la démondialisation, tapez 1 ; pour la mondialité, tapez 2 » par R.Martelli. François Bourrin, 2013, 215 p., 16 euros.
« L'empreinte communiste :  PCF et société française, 1920 – 2010 », R.Martelli. La Dispute. Éditions sociales, 2010, 260 p, 12 euros.
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