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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 16:20

 

Ce mardi 1er avril se tenait la conférence de presse d’annonce de la marche du samedi 12 avril à Paris, de République à Nation, contre l’austérité et pour l’abandon du pacte de responsabilité devant le symbolique hôpital parisien Hôtel Dieu, en présence de responsables politiques, syndicaux et associatifs.

« Cette conférence de presse a servi à mobiliser toutes les forces de la gauche afin de répondre de leur mécontentement face aux municipales, d’autant plus depuis la nomination de Valls comme premier ministre » confie Pierre Laurent à l’Humanité.fr.

Le message était clair : la marche contre l’austérité doit répondre à un défi : celui d’être solidaire et  de proposer des alternatives à la politique actuelle. C’est un appel très large pour un changement de cap afin de construire une politique nouvelle, porté, outre par Pierre Laurent,  secrétaire national du PCF, par Jean-Luc Mélenchon, co-président du parti de Gauche, ou encore Olivier Besancenot, porte-parole du NPA.

Pour Pierre Laurent, cette marche représente une situation inédite. Elle est de très haute importance et il y a un réel besoin de remobilisation permettant un sursaut de toute la gauche  Selon lui, la politique de François Hollande est un échec car il n’arrive pas à faire reculer le chômage. Il affirme que les choix politiques du président ont laissé trop de place à la droite, accentuant ainsi l’importance d’une forte mobilisation le 12 avril pour redresser la gauche et le pays.

Il rajoute qu’avec la nomination de Manuel Valls à la tête du gouvernement la situation est d’autant plus alarmante. « Le choix de son premier ministre est un véritable désaveu pour les électeurs de gauche. C’est une blessure pour les socialistes, pour les verts, ainsi que tout le reste de la gauche ».

Pour Eric Coquerel, secrétaire national du PG, François Hollande ne semble pas renoncer à sa politique de droite, d’austérité et de promesses avec l’Union Européenne. Le PG appelle à ne pas voter le pacte de responsabilité, et demande au PS de ne pas céder à la réaction et à l’extrême droite.

 La nomination de Valls renforce l’urgence d’une réaction à gauche

« Cette marche est un appel inédit à la reconstruction » lance Olivier Besancenot. Selon le porte parole du NPA, le choix de Hollande « relève d’une politique anti-gauche et de la haine raciale ». Il affirme entre autres que le président de la République a signé la déclaration de guerre, notamment par le choix de l’autoritaire Valls.

« C’est l’homme  le plus à droite ! Il réussit un coup de communication pour s’apprêter à faire pire ! » lance, virulent, Jean-Luc Mélenchon en évoquant la nomination de Manuel Valls au poste de Premier ministre. « Hollande est  le liquidateur de la gauche. Il n’a pas vu l’abstention, il n’a vu que la promesse de la droite. »

Contre la casse des services publics

Les représentants syndicaux de la CGT, Solidaires, FO, et de la FSU sont également à l’initiative de la marche, ainsi que des animateurs de mouvements associatifs. Des délégués CGT de l’Hôtel Dieux étaient présents devant le lieu symbolique de résistance à l’austérité.  « On observe 150 000 suppressions d’emplois dans les services publics. Le gouvernement compte supprimer 50 milliards de fonds aux services publics» affirme un syndicaliste CGT. Il précise : « Les services de santé connaissent une situation désastreuse. Hollande ne doit pas fermer l’hôpital [ndlr l’Hôtel Dieu]. Un des médecins de l’hôpital, Monsieur Kierzec a été démis de ses fonctions, et on demande sa réintégration. »

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 07:41
Roger Martelli à La Marseillaise :« Ce qui rassemble le Front de gauche est plus important que ce qui peut le diviser » lundi 10 mars 
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Dans une quinzaine de jours, le Front de gauche (FdG) abordera pour la première fois de sa jeune histoire le scrutin municipal. Une étape que le Front né il y a à peine six ans s’apprête à franchir sur fond de désaccords entre ses deux principales composantes. Liste du FdG ou liste d’union avec le PS… Le Parti communiste et le Parti de gauche ont affirmé leur position. Des divergences qui pour autant n’annoncent pas la fin du FdG comme l’explique l’historien Roger Martelli, pour qui « il reste beaucoup de novation à mener afin que la gauche entière retrouve le sens de la critique et de la transformation sociale »

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Quels sont les enjeux de ces élections municipales ?
Ces élections se déroulent dans un contexte particulier avec un PS au pouvoir en difficulté et qui a opéré de manière spectaculaire un tournant dans son orientation. Mais, au-delà de la péripétie de la conjoncture politique, ces élections pour le FdG comportent de vrais enjeux de société. Le premier d’entre eux est l’enjeu de la commune. Celle-ci a longtemps été un lieu privilégié de l’action publique. Un lieu de proximité, de redistribution des prestations par le biais des services publics et donc d’atténuation des inégalités sociales. Or, ce rôle est mis en cause à la fois par la compression des dépenses publiques et par la réorganisation territoriale autour de la question de la métropolisation. La métropole est une réalité. La question qui se pose n’est pas de se prononcer pour ou contre, mais de savoir si cette métropole se construit politiquement par en bas ou par en haut. Si elle respecte la commune ou si elle aboutit à sa disparition. Le deuxième enjeu et qui découle de ce fait métropolitain, est la place des catégories populaires au sein du tissu urbain. Il y a une tendance à un déplacement, sur la base de la spéculation immobilière, de ces catégories des centres urbains vers la périphérie avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la modification des équilibres sociaux et socio-politiques. Alors justement, ces catégories populaires ont-elles encore leur place au cœur même du développement urbain ? Le troisième point est l’enjeu démocratique. Nous assistons depuis des années à un recul de la participation civique notamment de ces catégories. Mais est-on prêt à les engager dans une reconquête citoyenne pour contredire la tendance à l’abstention ou à la dérive vers les comportements extrêmes comme le vote FN ? Y-a-t-il une possibilité d’une relance populaire d’un vote démocratique à gauche ? A ces trois grandes questions se rajoute celle de l’héritage du communisme municipal. Ce dernier a été une originalité de la vie politique et de l’existence du fait communiste en France. Dans le cadre nouveau du FdG, cette tradition de l’action locale, de l’engagement citoyen des catégories populaires et d’une gestion publique dynamique va-t-elle se stabiliser voire même se relancer ? Le FdG permettra-t-il la pérennité de gestions locales capables de tourner le dos « à la règle d’or » appliquée à l’échelle européenne, c’est-à-dire à la contraction des dépenses publiques au nom de l’impératif de la réduction de la dette et de baisse du coût du travail ? Pourra-t-il affirmer le maintien d’une conception plus tournée vers le développement des capacités humaines que vers l’accumulation des profits financiers ?
 
Un Front de gauche qui apparaît pourtant divisé…
Deux conceptions se sont affirmées. Dans de petites communes, villes moyennes et même grandes agglomérations s’est imposée une dynamique de Front de Gauche. Ce dernier a décidé au premier tour de constituer des listes distinctes des listes d’union avec le PS. Evidemment avec l’objectif de créer un élan qui permettrait au second tour à la gauche de l’emporter dans le cadre d’un rassemblement le plus large possible. Et puis il y a une seconde option choisie parfois par le Parti communiste. Dans de nombreuses villes de plus de 30 000 habitants et dans de grandes agglomérations, il a préféré reconduire la logique d’union de la gauche traditionnelle qui s’est manifestée depuis 1965 et donc participer à des listes constituées autour du PS. A l’échelle des 36 000 communes de France, la formule du FdG est la plus dynamique, mais de façon visible il y a des formules d’union de la gauche comme à Paris. Cela se fait dans un contexte où des tensions s’expriment. Evidemment, au soir du premier tour il sera intéressant de voir les effets électoraux de chacun des choix. Pour le reste, c’est une affaire de conviction citoyenne.
 
Est-ce là deux stratégies qui s’affrontent ?
Pour l’instant, rien ne me permet de dire que ces choix de comportements politiques relèvent de deux stratégies différentes. La préoccupation du Parti de gauche est d’abord celle de la cohérence et de la lisibilité politique. Le PG considère qu’étant donné la nature de l’enjeu urbain, la stratégie locale doit être en adéquation avec la stratégie nationale. Or sur un plan national, il n’y a pas d’alliances possibles entre cette gauche de la gauche qu’incarne le FdG et un PS droitisé. Le Parti communiste partage l’appréciation sur la politique nationale. Il considère que pour rendre possible un rassemblement ultérieur de toute la gauche sur des contenus transformateurs, il faut affirmer de façon autonome une gauche de gauche. Simplement, le PCF a expliqué que l’objectif stratégique fondamental devait tenir compte des particularités des situations locales. De la possibilité de constituer des majorités de toute la gauche qui permettraient des avancées sociales contre les tendances négatives qui s’expriment à l’échelle nationale. Donc dans une logique et à partir de considérations qui lui sont propres, il a choisi dans certains cas de reconduire la formule ancienne de l’union de la gauche. Rien ne permet de dire que ce choix qui n’est pas le mien annonce un renoncement général à la démarche d’un FdG ambitieux.
La feuille de route du PCF « Nous avons une seule et unique feuille de route : combattre les politiques d'austérité en France et en Europe et unir pour des alternatives de gauche », a déclaré Pierre Laurent, secrétaire national du PCF qui appelle « les électeurs de gauche à se mobiliser massivement ». Les communistes comptent des candidats sur «plus de 7.500 listes dans des communes de plus de 1.000 habitants ». Sa volonté est «d'étendre son nombre d'élus » qui est « de 10.000 ».
Le Premier bilan du PG
Le Parti de gauche sera présent dans plus de 600 listes et partagera 83 listes avec Europe Ecologie-Les Verts. Ses présidents Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, se sont félicités fin février d'un « bilan remarquable pour le parti et sa stratégie : l'autonomie ». Malgré des « différends avec quelques équipes communistes locales », selon Jean-Luc Mélenchon, le PCF reste le principal partenaire politique du parti, avec plus de deux tiers de listes communes dans les villes de plus de 20.000 habitants.
Ces positions sont-elles irréconciliables ?
Il ne faut pas se cacher qu’il y a toujours le risque d’un durcissement tendant à faire de ce désaccord, que je considère pour l’instant comme un désaccord tactique, le signe d’un désaccord stratégique. Et là, ce n’est plus l’observateur mais le citoyen engagé qui parle : je souhaite que le plus vite possible l’engagement déterminé du FdG à l’occasion des élections européennes montre que ces désaccords ne sont pas des désaccords irréconciliables qui remettent en question l’œuvre formidable accomplie depuis 2008.
Vous évoquez les Européennes justement… Alors que le Parti de gauche semble vouloir tempérer, le PCF demande un engagement rapide dans la campagne.
Le Parti de gauche est manifestement dominé par son amertume devant les choix opérés dans un certain nombre de grandes villes par le PCF. A partir de là, il manifeste des réticences à entrer immédiatement dans la bataille pour les Européennes. Pourtant, je pense qu’il serait bon que le FdG s’engage sans tarder. Et je sais qu’en tout état de cause, il le fera. Je ne vois pas comment le Parti de gauche et le PCF ne pourraient pas continuer à amplifier ce qui est né des élections européennes de 2009. À ce jour aucun désaccord, même important ne saurait justifier le délitement de cette expérience exceptionnelle.
Cela veut dire qu’il est temps d’insister sur ce qui rassemble et non sur ce qui divise ?
Personnellement, c’est un choix que j’ai fait depuis longtemps. Je ne néglige pas les tensions, au demeurant normales, car elles ne font que révéler des contradictions à l’intérieur de la réalité socio-politique de ce pays et du continent européen. Mais je considère effectivement, que ce qui rassemble le FdG est infiniment plus important que ce qui peut le diviser.
Quels sont ses atouts ?     
Cette conception subtile et forte qui a été au fond la force du PCF pendant de nombreuses décennies et qui consiste à dire que, dans un pays polarisé par l’affrontement de la gauche et de la droite, la gauche pour l’emporter doit être rassemblée. Mais cette dynamique suppose qu’à l’intérieur de la gauche domine le parti pris le plus conséquent de l’égalité et de la citoyenneté. Une gauche dominée par l’esprit de compromis à l’égard des forces de la finance ne peut pas permettre à la gauche de l’emporter durablement sur la droite. L’atout du FdG est de lier le désir d’affirmer une gauche bien à gauche, autour de valeurs critiques à l’égard de l’ordre économico-social dominant et la volonté d’affirmer une gauche qui n’a pas vocation simplement à témoigner mais à peser sur l’évolution du pays. Le FdG est la continuation de cette tradition qui mérite d’être travaillée et amplifiée.
Le FdG n’est-il pas confronté aux difficultés de son fonctionnement en tant que Front ?
Oui bien sûr. Mais ces difficultés ne peuvent pas se régler d’un coup de baguette magique. Le FdG, c’est pour l’instant une réalité double. Avec d’une part, un cartel d’organisations politiques dont deux formations qui tiennent le haut du pavé. Même si s’est constitué un regroupement qui s’appelle Ensemble et qui joue le rôle de troisième composante active de ce cartel. Et d’autre part c’est en même temps, comme l’a montré l’élection présidentielle de 2012, un véritable mouvement citoyen. Le PCF et le PG ont voulu préserver leur existence de partis. Il faut accepter cette décision et considérer que le FdG a une dimension de cartel d’organisations. Mais comment faire pour que cela ne soit pas simplement un cartel ? Se pose alors une série de questions sur son fonctionnement, son organisation… Le Front de gauche est une réalité durable. Si on tourne le dos à l’une ou l’autre de ces exigences, on va dans le mur ; assumons-les donc ensemble. Ce travail devra suivre la séquence électorale de 2014. Il ne faudra d’ailleurs pas tarder dans cet après.
Alors justement, comment voyez-vous l’avenir de cette jeune force politique ?
J’ai plutôt tendance à être optimiste. La dynamique du FdG a eu trop de qualités pour pouvoir s’arrêter. Il y a un besoin dans la situation actuelle d’affirmer dans l’espace politique un pôle de regroupement à gauche bien à gauche. Et pour l’instant, les éléments qui nourrissent cet optimisme sont toujours là. Evidemment, le FdG a ses faiblesses et ses contradictions. L’œuvre accomplie peut se défaire mais en même temps il y a l’envie formidable d’être ensemble. De fait, ce qui me frappe dans la composition des listes FdG est la représentation de la diversité : c’est le peuple tel qu’il est. Le cas marseillais est d’ailleurs un vrai cas d’école. Marseille est à la fois une grande métropole très populaire où la tradition communiste a été très forte et en même temps dans laquelle domine une social-démocratie très souvent tentée par des orientations plutôt portées vers le centre. Le FdG a réussi à affirmer son unité et à constituer des listes ouvertes à la fois politiquement, socialement, culturellement… Avoir réussi ce pari est à l’honneur des protagonistes et de Jean-Marc Coppola (chef de file du FdG) qui a beaucoup œuvré dans ce sens. Le résultat global est probant. Je pense à la liste conduite par Samy Johsua dans les quartiers Nord qui me frappe par sa diversité d’origine, d’âge, de sensibilités… et par la présence de personnalités issues de l’immigration. Alors certes, cela n’a pas été facile, mais le résultat est particulièrement stimulant.
A quoi le FdG devra-t-il s’atteler dans les années à venir ?
Selon moi, il n'y a pas de voie pertinente en dehors de cette dynamique de rassemblement. Il faut savoir aller plus loin dans le regroupement avec le FdG de tout ce qui dans la société porte la critique de l’ordre existant. Il y a tout un pan de la critique sociale qui s’exprime dans la vie associative, dans le mouvement syndical, et qui aujourd’hui n’est pas rassemblé politiquement pour la construction d’une alternative à la société et au système politique existant. Il reste ainsi beaucoup de novation à mener pour que la gauche entière retrouve le sens de la critique et de la transformation sociale, le sens de l’égalité vraie.
Entretien réalisé par Sandrine Guidon
Bibliographie: 
Roger Martelli est codirecteur du magazine Regards.
A lire : La bataille des mondes. « Pour la démondialisation, tapez 1 ; pour la mondialité, tapez 2 » par R.Martelli. François Bourrin, 2013, 215 p., 16 euros.
« L'empreinte communiste :  PCF et société française, 1920 – 2010 », R.Martelli. La Dispute. Éditions sociales, 2010, 260 p, 12 euros.
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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 12:15

Monsieur le Président,

 

Par nos engagements culturels, artistiques et citoyens, nous sommes fidèlement attachés à la politique culturelle française que nous entendons voir se développer selon le principe d’invention de la perpétuelle ouverture. Or, nous constatons que cette démarche après avoir marqué le pas connaît notamment par la politique budgétaire de notre pays une situation s’aggravant de jour en jour. Beaucoup de ce qui avait été construit patiemment se fissure, voire se casse et risque même de disparaître.

Le patrimoine dans sa diversité, le spectacle vivant dans son pluralisme sont en danger. Faute de crédits suffisants, de personnels, de négociations, de considération et de reconnaissance du travail humain, du respect des métiers, se répandent des malaises, des souffrances, des colères. Le ministère de la culture tend à n’être plus le grand intercesseur entre les artistes et les citoyens. Il perd son pouvoir d’illuminer. Les collectivités territoriales dont le rôle est devenu immense en culture et en art voient leurs finances brutalisées et réduites par Bercy. 
L’Europe minore sa déjà médiocre politique culturelle alors même qu’elle négocie avec les Etats-Unis un Traité de libre échange gravissime pour la culture. Google, l’un des accapareurs des nouvelles technologies à civiliser, limite les citoyens à n’être que des consommateurs et s’installe en Irlande pour ne pas avoir à payer d’impôts en France.

Le travail est tellement livré au management et à la performance que les personnels se voient ôter leurs capacités de respiration et de symbolisation. On a l’impression que beaucoup d’hommes et de femmes des métiers artistiques sont traités comme s’ils étaient en trop dans la société.

On nous répond, c’est la crise. La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend au contraire plus indispensable. La culture n’est pas un luxe, dont en période de disette il faudrait se débarrasser, la culture c’est l’avenir, le redressement, l’instrument de l’émancipation. C’est aussi la meilleure antidote à tous les racismes, antisémitismes, communautarismes et autres pensées régressives sur l’homme.

Mais la politique actuelle est marquée par l’idée de « donner au capital humain un traitement économique ». Il y a une exacerbation d’une allégeance dévorante à l’argent. Elle chiffre obsessionnellement, compte autoritairement, alors que les artistes et écrivains déchiffrent et content. Ne tolérons plus que l’esprit des affaires l’emporte sur les affaires de l’esprit.

On est arrivé à l’os et 50 ans de constructions commencent à chanceler. Les êtres eux-mêmes sont frappés, le compagnonnage humain s’engourdit. L’omniprésence de « programmateurs » et « administrateurs » mettent en état de dominance les artistes. Nous craignons le risque du pire dans la demeure culturelle.

L’urgence est de stopper l’agression contre « l’irréductible humain », là où la femme, l’homme trouvent le respect d’eux-mêmes et le pouvoir de reprendre force contre tous les raidissements normatifs, les coups de pioche, le mépris, l’arrogance.

Il est temps à ce « moment brèche » d’accomplir la fonction du refus à l’étage voulu. Il y a besoin d’une nouvelle conscience alors que croît la tentation de réduire la culture à un échange : j’ai produit, tu achètes. La culture se décline au contraire sur le mode : nous nous rencontrons, nous échangeons autour de la création, nous mettons en mouvement nos sensibilités, nos imaginations, nos intelligences, nos disponibilités. C’est cela qui se trouve en danger et requiert notre mobilisation et notre appel en votre direction.

L’histoire garde un geyser de vie pour quiconque a l’oreille fine et écoute éperdument. Encore faut-il renoncer au renoncement. L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées. Nous avons tous un pouvoir d’agir à mettre en marche.

C’est avec ces idées en tête et au cœur que nous souhaitons, Monsieur le Président, vous faire part de notre vive inquiétude et vous demander de maintenir et de développer la politique culturelle.

Un budget minoré pour ce travail indispensable serait grave. Même le surplace conduirait à des agios humains et politiques, à un freinage dans la culture.

La politique culturelle ne peut marcher à la dérive des vents budgétaires comme la politique sociale d’ailleurs avec qui elle est en très fin circonvoisinage. « L’inaccompli bourdonne d’essentiel » disait René CHAR.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en notre haute considération.

Jack Ralite

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 07:29

C'est Attali qui doit bien rire... 

Voilà son rapport d'inspiration ultra-libérale pour la "libération de la croissance" en France que lui avait commandé Nicolas Sarkozy en passe d'être complètement mis en oeuvre avec ses anciens "camarades" socialistes qui partagent avec lui le credo des "élites" françaises, un petit milieu de privilégiés remplis d'arrogance et de certitudes qui entend adapter au forceps notre pays "conservateur" et "archaïque" à la mondialisation libérale en l'acculturant pour l'aligner sur le système anglo-saxon et en remettant en cause les conquêtes sociales qui garantissent un minimum d'égalité et de bien vivre partagé dans notre République.

Grâce à un décret du ministère du travail, les commerces de détail de bricolage pourront donc ouvrir le dimanche en dérogation du droit au repos dominical sans limite de temps.

"Travaillez plus, si possible pour un salaire moindre, pensez surtout à consommer": voilà la philosophie utilitariste et pro-patronale de ce gouvernement socialiste qui ne prend pas la mesure de la nécessité de favoriser le maintien, la restauration ou le développement de valeurs humaines élémentaires (la vie familiale, le repos et le loisir partagé, la promenade au grand air plutôt que la déambulation dans un supermarché) dans cette société où les individus sont aliénés sous la loi de l'argent roi, du travail exploité et du consumérisme à tout crin.

Le repos dominical, les congés partagés le week-end sont des temps de respiration sociale, des conquêtes sociales fondamentales qui soustraient à la loi économique un peu du temps des salariés, reconquis pour la liberté et le vivre ensemble.

Si on autorise à travailler le dimanche, si on favorise le fait de circuler dans les magasins le dimanche, ce sera bientôt un jour complètement banalisé et tous les employeurs voudront faire travailler leurs salariés le dimanche, au nom de la rentabilité, de la viabilité économique, les majorations de salaire ne se justifiant alors bientôt plus.  

Hollande et ce gouvernement prennent une lourde responsabilité en ouvrant la boîte de Pandore de l'américanisation de notre droit du travail. Souhaitons que le recours des syndicats du Commerce, résistant courageusement à la démagogie pro-patronale des grands médias et à la pression de Bricorama, Leroy-Merlin et consorts, aboutisse.

Il en va de la définition même de ce qui fait que nous vivons et que nous vivons ensemble en société: pour travailler, consommer, nourrir la machine économique, la croissance et le profit des actionnaires, ou pour être des hommes capables de goûter aux joies du vivre ensemble, de l'action libre et gratuite, de la culture...    

Ismaël Dupont.    

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 07:03

 

Depuis plusieurs mois la droite est particulièrement active dans toutes les questions sociétales. Sans remonter au pain au chocolat de Jean-François Copé, on l’a vue au Parlement comme dans la rue combattre sans relâche contre le mariage pour tous, contre la PMA, contre la GPA, développer les fantasmes contre une supposée théorie du genre qui serait enseignée dans les écoles… y compris dès la maternelle. Tout cela en compagnie des couches les plus rétrogrades de la population et en côtoyant tous les intégrismes.

Cette démarche n’est pas nouvelle et de nombreux élus de droite se sont toujours opposés fermement à toute avancée sociétale. C’est ainsi que la loi sur la contraception, pourtant portée par un député UDR (Lucien Neuwirth) ne fut votée en 1967 que grâce au vote de toute l’opposition de Gauche. Une partie de la majorité de droite y étant fermement opposée. Les décrets d’applications ne seront d’ailleurs promulgués qu’entre 1969 et 1972. Quant à la loi sur l’IVG portée par Simone Veil, ministre de Jacques Chirac, elle ne fut adoptée, elle aussi, que grâce au vote massif des élus de gauche. On se souvient encore des larmes de la ministre à l’Assemblée Nationale devant la bassesse et la violence des arguments de certains de ses « amis » politiques.

Les positions réactionnaires de bon nombre d’élus de droite ne datent donc pas d’hier. Mais la nouvelle ferveur des Copé and Co a une autre raison : c’est le seul terrain sur lequel ils peuvent combattre le gouvernement. La politique économique et sociale leur étant interdite.

Signature sans changer un mot ou une virgule du traité Sarkozy-Merkel ; allongement à 66 ans de l’âge deu départ à la retraite ; démolition du Code du travail dans le cadre de l’ANI ; mise en cause des missions des inspecteurs du travail et de l’élection des conseils de Prud’hommes ; 30 milliards de cadeaux au patronat dans le cadre du « pacte de responsabilité » ; gel du salaire des fonctionnaires et refus du moindre « coup de pouce » au SMIC ; baisse des dotations des collectivités territoriales qui pourrait atteindre 10 milliards jusqu’en 2017 ; …

Comment la droite pourrait-elle combattre ces mesures qui sont dans la droite ligne de la politique qu’elle mettait en œuvre quand elle détenait les manettes…sans toujours oser aller aussi loin ?

 

L’intérêt de la droite pour les problèmes de société est donc aussi (surtout ?) un marqueur de ses convergences redoutables (et inavouées parce qu’inavouables) avec la politique gouvernementale.

 

C’est contre cet état de fait qu’il faut que le peuple se rassemble et c’est le sens du combat que mène le Front de Gauche. Les élections municipales et Européennes lui en donnent la possibilité cette année.

 

Alain DAVID

 

Le 08.03.2014

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 17:39
Cessons de pénaliser le boycottage d’Israël
Ivar Ekeland, Rony Brauman, Ghislain Poissonnier, Le Monde, mercredi 5 mars 2014
Il faut abroger la circulaire Alliot-​​Marie.

En tant que consom­mateur citoyen, je n’achète pas de pro­duits israé­liens tant qu’Israël ne res­pectera pas le droit inter­na­tional ; j’appelle aussi mes conci­toyens à faire de même afin de faire pression sur Israël pour qu’il démantèle le mur de sépa­ration et les colonies.
" Pour avoir tenu de tels propos dans la rue ou dans des com­merces, pour les avoir écrits dans des maga­zines ou sur Internet, près d’une cen­taine de per­sonnes sont tra­duites en France devant les tri­bunaux. Il s’agit de membres d’associations qui sou­tiennent la cam­pagne " Boycott-​​désinvestissement-​​sanctions " (BDS). Ces per­sonnes sont pour­suivies par les pro­cu­reurs en vertu d’un texte interne au ministère de la justice adopté le 12 février 2010, dite cir­cu­laire Alliot-​​Marie, garde des sceaux de l’époque.
La cir­cu­laire ordonne aux par­quets de pour­suivre péna­lement les per­sonnes qui appellent au boy­cottage des pro­duits israé­liens. Elle affirme, sans le démontrer, que l’article 24 alinéa 8 de la loi de 1881sur la presse per­met­trait de réprimer les appels lancés par des citoyens ou des asso­cia­tions au boy­cottage de pro­duits issus d’un Etat dont la poli­tique est contestée. Ce texte inter­prète la loi de manière extensive, en contra­diction avec la règle de l’interprétation stricte des lois pénales.
En effet, l’article 24 alinéa 8 de la loi de 1881 ne s’attache pas à interdire les appels au boy­cottage, mais uni­quement les pro­vo­ca­tions " à la dis­cri­mi­nation, à la haine ou à la vio­lence à l’égard d’une per­sonne ou d’un groupe de per­sonnes en raison de leur origine ou de leur appar­te­nance ou de leur non-​​appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ".
La cir­cu­laire Alliot-​​Marie a été cri­tiquée par le monde asso­ciatif au nom de la liberté d’expression. Mais éga­lement par de nom­breux juristes, uni­ver­si­taires, avocats et magis­trats, en raison de son contenu qui procède à un usage détourné de la loi prévue pour lutter contre les propos racistes et anti­sé­mites. Des pro­cu­reurs ont même refusé de requérir ora­lement la condam­nation des mili­tants de la cam­pagneBDS, en dépit des ins­truc­tions écrites de leur hiérarchie.
La cour d’appel de Paris a pro­noncé en 2012 des relaxes, consi­dérant que les propos tenus rele­vaient de la cri­tique paci­fique de la poli­tique d’un Etat. La Cour euro­péenne des droits de l’homme, quant à elle, rap­pelle très régu­liè­rement que les groupes mili­tants béné­fi­cient sur des sujets poli­tiques d’une pro­tection ren­forcée de leur liberté d’expression. Chris­tiane Taubira a même déclaré publi­quement à plu­sieurs reprises que cette cir­cu­laire contenait une inter­pré­tation de la loi qui pouvait être consi­dérée comme " injuste " ou " abusive ".
L’ensemble de ces élé­ments et le chan­gement de majorité poli­tique per­met­taient de penser que la prise de conscience du caractère absurde de cette situation allait se tra­duire en acte. Or, la cir­cu­laire Alliot-​​Marie de 2010 est tou­jours en vigueur et les pour­suites pénales contre des mili­tants de la cam­pagne BDS conti­nuent. Ce faisant, la France se sin­gu­larise en Europe et dans le monde : elle est le seul Etat, avec Israël, à envi­sager la péna­li­sation d’une cam­pagne paci­fique et citoyenne, demandant le respect du droit inter­na­tional. Cam­pagne paci­fique en ce sens que les actions d’appel au boy­cottage orga­nisées consistent en des mesures inci­ta­tives, qui se limitent à faire appel, par la dif­fusion d’informations, à la conscience poli­tique des consom­ma­teurs. Aucune forme de contrainte n’est exercée ni à l’égard des clients et des dis­tri­bu­teurs français, ni à l’égard des pro­duc­teurs israé­liens. En France, l’appel au boy­cottage, forme d’action poli­tique non vio­lente, s’inscrit dans le débat poli­tique répu­blicain depuis des décennies.
Mme Taubira l’a même qua­lifié de " pra­tique mili­tante, reconnue, publique " et admet l’avoir encouragé en son temps contre les pro­duits sud-​​africains, dans le cadre d’une cam­pagne inter­na­tionale que per­sonne n’avait alors envisagé d’interdire.
Cam­pagne citoyenne en ce sens qu’elle repose sur une mobi­li­sation des sociétés civiles. La cam­pagne BDS a été engagée en 2005 à la demande de 172 asso­cia­tions et syn­dicats pales­ti­niens. Elle appelle les sociétés civiles du monde entier à se mobi­liser pour que leur gou­ver­nement fasse pression sur l’Etat d’Israël.
En France, de nom­breuses asso­cia­tions ont rejoint l’appel lancé en2005. Les actions qu’elles conduisent dans le cadre de cette cam­pagne se situent au cœur de la liberté d’expression et d’information des citoyens français sur un sujet inter­na­tional. Ces actions ne consistent pas à dis­cri­miner les citoyens israé­liens : elles visent à boy­cotter les ins­ti­tu­tions et les pro­duits d’Israël en vue de faire changer une poli­tique d’Etat.
Cam­pagne pour le respect du droit inter­na­tional enfin, dans la mesure où le but recherché est d’obtenir le respect des réso­lu­tions des Nations unies et la fin des poli­tiques déclarées illé­gales par l’avis du9 juillet 2004 de la Cour inter­na­tionale de justice de La Haye que sont la construction du mur de sépa­ration et la colo­ni­sation en Cis­jor­danie et à Jérusalem-​​Est. La mobi­li­sation des sociétés civiles est rendue indis­pen­sable, car la plupart des Etats n’ont rien fait ou presque pour pousser Israël à se conformer à l’avis de la Cour, notamment en prenant des mesures de sanc­tions pour que le mur et les colonies soient démantelés.
Rien n’est plus faux que de laisser entendre que la cam­pagne BDSpuisse être raciste ou anti­sémite. Cet amalgame relève de la même rhé­to­rique que celle parfois uti­lisée dans les années 1970 et 1980 contre les mili­tants anti-​​apartheid com­parés à d’irresponsables marxistes-​​léninistes ou à des racistes anti-​​Blancs. Aucun des mili­tants de la cam­pagne BDS pour­suivis depuis 2010 en vertu de la cir­cu­laire évoquée ne l’a d’ailleurs été pour avoir tenu des propos ou commis des actes racistes et anti­sé­mites. Il est temps de pro­céder à l’abrogation de la cir­cu­laire Alliot-​​Marie.
Ivar Ekeland, Pré­sident de l’Association uni­ver­si­taire pour le respect du droit inter­na­tional en Palestine
Rony Brauman, Médecin, essayiste
Ghislain Poissonnier, Magistrat
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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 07:16

Conseil départemental : l’alibi de la parité

 

 

Lors des questions d’actualité au gouvernement il ne se passe pas de semaine sans qu’un élu de l’opposition ne s’élève contre « le charcutage électoral » opéré à l’occasion de la délimitation des nouveaux cantons.

 

Ce qui ne manque pas de sel quand on connaît l’expertise dont la droite a su faire preuve en la matière dans le passé.

 

Rappelons que l’opération consiste à diviser par deux le nombre de cantons et à y faire élire au scrutin binominal 2 conseillers départementaux (un homme et une femme)

 

A chaque fois la réponse de Manuel Valls est la même en s’appuyant sur l’avis du conseil constitutionnel : il s’agit de faire disparaître les disparités démographiques et d’assurer la parité dans des assemblées actuellement marquées par une très forte sur représentation masculine.

 

Bel exercice d’enfumage !

 

En maintenant les cantons et en les découpant sur une base qui prend en compte quasiment exclusivement le chiffre de la population on aboutit à une organisation technocratique qui ne prend pas en compte la réalité sur le terrain.

Ainsi Plourin, dont les quartiers nord jouxtent la ville, et dont la population y travaille majoritairement, est séparé du canton de Morlaix et se retrouve avec Locquirec.

 

En imposant le scrutin binominal le gouvernement porte un nouveau coup au respect de la diversité politique et accentue la marche vers un bipartisme institutionnalisé. En effet le « ticket cantonal » sera quasiment partout de la même sensibilité alors qu’auparavant les élus pouvaient être différents.

 

Une autre solution est possible !

 

Le Front de Gauche propose le scrutin de liste proportionnel à toutes les élections. Ainsi cesserait le scandale où des sensibilités qui recueillent de nombreux suffrages sont exclues de la représentation départementale. C’est le cas dans le Finistère où le Front de Gauche n’a aucun représentant au Conseil Général. De cette façon chaque voix, où qu’elle s’exprime,pèsera exactement le même poids.

 

Quant à la parité, particulièrement maltraitée dans de nombreux conseils généraux, chacun sait qu’elle est imposée dans tous les scrutins de listes (municipales, régionales, européennes, …) ce qui a eu comme effet immédiat de donner toute leur place aux femmes (même si ce n’est pas toujours le cas dans les exécutifs) .Cela aurait évidemment eu les mêmes effets pour l’élection de l’assemblée départementale.

 

L’argument de la parité ne sert donc qu’à masquer l’objectif réel du mode de scrutin : perpétuer indéfiniment le monopole des partis (droite et PS) qui sont d’accord pour qu’il soit impossible de remettre en cause la domination absolue des marchés dans tous les aspects de la vie politique.


Le combat pour la proportionnelle à toutes les élections n’est donc ni un problème technique ni une affaire de « boutiques politiques » mais bel et bien une lutte pour la démocratie et donc l’affaire de toutes les citoyennes et de tous les citoyens. A commencer par les prochaines municipales.

 

Le 05.03.2014

 

Alain DAVID

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 13:46

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Alors que de partout dans la société, comme au Sénat ou au Parlement européen, est posée de plus en plus fort la question de l’utilité et des conséquences négatives de la création d’un marché de libre-échange transatlantique, François Hollande, sans aucun mandat du Parlement 
et à l’opposé de ses engagements électoraux, a demandé devant le président Obama « d’accélérer la création de ce vaste marché », dont les termes de la négociation, entamée depuis le mois de juillet, sont totalement secrets. Même le texte du mandat sur lequel négocie, au nom 
de tous les États européens, la Commission européenne, est classé « diffusion restreinte ». Depuis, aucun débat public, aucune communication gouvernementale n’est organisée sur ce funeste projet qui concerne pourtant nos vies quotidiennes : notre alimentation, notre santé, notre protection sociale, nos services publics. Faisant fi de tout cela, le président de la République n’a pas hésité à déclarer dans l’euphorie de l’air nord-américain, à l’adresse vraisemblablement des puissances industrielles et financières : « Dès lors que les priorités sont fixées, que les mandats sont donnés, que les intérêts sont connus, aller vite n’est pas un problème, c’est une solution. » Autant décréter que les négociations sont terminées.

C’est d’ailleurs la suite de cette déclaration qui nous fait mieux percevoir à qui elle s’adresse quand M. Hollande dit tout de go : « Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon nous savons bien qu’il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations. » Terrible ! C’est l’organisation de la grande braderie des intérêts nationaux et européens. C’est le sacrifice de notre élevage et de notre gastronomie. C’est la poursuite de la destruction de notre industrie, de la culture, de nos services publics et des marchés publics ouverts au pied de biche, jusqu’à la livraison en pâture de nos données personnelles et de nos vies intimes aux mastodontes Google et Yahoo pour nous surveiller et en faire commerce. C’est notre liberté sacrifiée sur l’autel du libre-échangisme capitaliste, dont on n’a vu jusque-là que les longues et tristes files de chômeurs et de travailleurs précarisés, voisinant avec celles qui n’ont d’autre choix que la soupe populaire. Et ce n’est pas tout ! Il ne faut surtout pas ignorer le projet de camisole intégrale envisagé contre nos vies, contre nos lois protégeant les droits sociaux humains et environnementaux. Avec ce traité, toute multinationale jugeant que les législations entraveraient ses possibilités d’exploiter les hommes et la nature à sa guise se verrait octroyer la possibilité de poursuivre les États devant des tribunaux spéciaux conçus par elle et pour elle. Ainsi, ce ne serait plus ni les parlements ni les gouvernements qui décideraient des lois. Les multinationales créeraient leurs propres droits. C’est la dictature programmée au service des puissances industrielles et financières, sans besoin de généraux bottés et casqués.

Derrière ce vaste projet, se cachent à la fois la volonté du camp occidentalde retrouver son hégémonie sur le monde et une tentative pour les multinationales de contourner les dégâts qu’elles provoquent avec leur terrible politique d’austérité en recherchant des marchés nouveaux à l’exportation. C’est un schéma de guerre économique mortifère. Il ne faut pas laisser faire.

Refusons le marché transatlantique n

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 07:16

En réponse à l'adresse de l'intersyndicale CGT- UNSA- SUD-Rail aux parlementaires européens

 

Chers camarades cheminots,

Vous attirez l'attention des parlementaires européens sur la nouvelle étape de libéralisation du rail qui s'annonce. Je tiens à vous rappeler mon soutien dans cette bataille.

Je partage votre analyse sur les résultats de ces libéralisations: les compagnies nationales sont lancées dans une course effrénée pour réduire les coûts, au détriment de la qualité du service public, de la sécurité et des conditions de travail des salariés du rail. Dans le fret, l'ouverture à la concurrence se solde par une baisse du fret ferroviaire au profit du fret routier montrant l'absurdité de cette politique.

Vous posez trois exigences auxquelles je souscrits pleinement.

Je partage votre demande qu'une évaluation sérieuse des conséquences des trois premiers paquets ferroviaires soit réalisée avant toute nouvelle législation. J'ai moi-même interpellé la Commission européenne par une question écrite, le 8 octobre dernier sans obtenir de réponse satisfaisante.

Vous réclamez également le droit pour chaque Etat-membre de définir sa propre organisation ferroviaire ainsi que le champ du service public en la matière. Cela rejoint parfaitement nos propositions et notre volonté de désobéir à l'Union européenne si cela s'avère nécessaire pour défendre le service public ferroviaire.

Je partage entièrement votre volonté de faire reconnaître le transport ferroviaire de marchandises, notamment la messagerie et le wagon isolé, comme une activité d'intérêt général, protégée de la concurrence. C'est un point essentiel de la planification écologique que je défends.

 

Depuis le début de mon mandat européen, je me suis opposé aux étapes de la libéralisation du rail.

En novembre 2011 et en juillet 2013 mon groupe a voté contre le rapport du social-démocrate Serracchiani sur la refonte du premier paquet établissant un espace ferroviaire unique européen. Voici ce que j’en avais dit à l’époque : " La libéralisation à marche forcée du secteur ferroviaire a conduit à une baisse de l'utilisation de ce mode de transport. Dans ce texte, la majorité est contrainte de se rendre à l'évidence de ce constat. Elle n'en tire pourtant aucune conséquence et propose avec la Commission de renforcer la libéralisation en cours. Elle avalise la casse des entreprises publiques, l'octroi de nouveaux pouvoirs à la Commission en la matière, les possibilités de sanctions en cas de non-respect des normes européennes et demande que la libéralisation du transport de passager soit au plus vite effective. Seul bon point: elle refuse à la Commission l'obligation de service minimum des cheminots en cas de grève. Cette petite victoire ne saurait faire oublier le reste."

La réforme ferroviaire que prépare le gouvernement Hollande va dans le même sens.

L'éclatement de la SNCF en 3 établissements publics va aggraver le morcellement du système ferroviaire français alors que nous aurions besoin de revenir à un service public intégré. François Hollande a ainsi avoué à la Commission européenne que« dans le domaine des transports, la réforme du système ferroviaire, actuellement préparée par le gouvernement, permettra de préparer l’ouverture à la concurrence du transport de passagers d’ici 2019 »1.

Soyez assurés de mon engagement total dans cette bataille pour le service public ferroviaire et de ma disponibilité pour mener ce combat à vos côtés dans les initiatives que vous pourrez prendre. Lors du vote au Parlement européen prévu le 26 février prochain, vous pouvez d’ores et déjà compter sur ma voix pour refuser cette nouvelle étape de la libéralisation du rail !


JL Mélenchon, parlementaire européen 


1 – Rapport économique, social et financier, annexe au Projet de loi de finances 2014 , p.31-32


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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 07:10

Le chômage atteint un nouveau record historique en France. Depuis l’élection de François Hollande, la hausse est continue : on compte 1000 chômeurs de plus par jour dans notre pays depuis mai 2012.
La moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés. La misère s’accroît.

Mais depuis son élection, Hollande multiplie les milliards de cadeaux aux actionnaires. Le CAC 40 s’est engraissé de 34,62% depuis mai 2012.

La seule courbe que François Hollande a réussi à améliorer c’est celle des profits. Hollande est l’ami de la finance et le président du chômage.

Trop c’est trop ! Nous ne sommes pas condamnés à subir. Avec la politique proposée par le Front de Gauche, le chômage baisserait.

C’est ce que nous dirons dans les urnes le 23 mars et dans la rue le 12 avril prochain.

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