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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 16:47

Ces derniers jours, les tensions sont montées d'un cran entre le Parti de Gauche et le Parti Communiste au niveau national, après la tentative de Jean-Luc Mélenchon et du Parti de Gauche d'empêcher l'élection à la tête du Parti de la Gauche Européenne de Pierre Laurent au motif qu'il a soutenu à titre personnel la perspective d'une union de la gauche à Paris.

Comme beaucoup de communistes attachés au développement du Front de Gauche et à la construction d'une alternative crédible au social-libéralisme pour mener des politiques de transformation sociale dont l'Europe et la France ont plus que jamais besoin en ces temps troublés et dangereux où la pression des pouvoirs financiers et du vote d'extrême-droite se font plus que jamais sentir, j'ai été déçu, et même très déçu par la décision des communistes de Paris, de Toulouse et d'autres grandes villes comme Nantes, Rennes ou Brest de faire alliance au premier tour avec le PS aux municipales pour avoir des élus et mener, espérons-le, une politique municipale progressiste. Nous avions des élections à deux tours: il fallait utiliser le premier tour pour marquer notre différence, créer un rapport de force, dire que nous avions une ambition autre que de gérer la misère ... de budgets publics locaux en baisse et d'une population fragilisée par l'austérité.   

Ces décisions s'inscrivent toutefois dans les statuts du PCF, qui prévoient que les militants décident souverainement de la stratégie aux élections municipales dans leur commune. Elles peuvent s'expliquer par des circonstances particulières au niveau local et elles procédent aussi sans doute de la volonté légitime d'un certain côté de défendre un bilan, de battre la droite au niveau local pour mener des politiques au service des habitants.

Elles ne renforcent pas l'unité et la crédibilité du Front de Gauche comme force politique capable par sa cohérence et sa constance d'intention de constituer une alternative à gauche à un PS qui depuis un an et six mois mène au niveau national une politique libérale de centre-droit, ne cessant de faire des concessions au MEDEF et à l'orthodoxie économique en ignorant les revendications du mouvement social et les attentes de la population et du peuple de gauche, du moins ce qu'il en reste. 

Ces décisions créent de l'ambiguïté et une certaine confusion dans l'esprit des militants et des électeurs et nous rappellent combien il est difficile d'exister pour un mouvement politique transformateur face au bipartisme de fait qu'organisent les institutions de la Ve République et au scrutin majoritaire à deux tours, préféré au scrutin proportionnel qui permet une juste représentation de la diversité des sensibilités politiques de l'électorat. 

Seulement, même si l'on peut comprendre la frustration de Parti de Gauche et d'autres composantes du Front de Gauche, il ne faudrait pas que l'absence de mesure et d'esprit de responsabilité l'emporte en mettant en péril notre patrimoine commun, le Front de Gauche, un rassemblement divers en son principe mais uni par une analyse de la réalité politique et un programme de transformation sociale, économique, démocratique et écologique, L'humain d'abord, qui est le seul, sur l'échiquier politique français, à répondre aux défis du temps.  

Les médias au service des forces conservatrices font leur chou gras de nos divisions qui renforcent aussi les partis qui co-gèrent un système de plus en plus inégalitaire et brutal pour la population.

Sur le plan de leur action parlementaire, les députés nationaux et européens, les sénateurs communistes élus sous l'étiquette et grâce aux électeurs du Front de Gauche n'ont jamais désavoué leur mandat et leur programme, votant contre les lois anti-sociales (retraites, ANI) les budgets d'austérité, le pacte budgétaire européen, faisant des propositions pour conquérir de nouveaux droits pour les salariés et la population, propositions qui ont été le plus souvent déboutés sans débat par le PS, EELV et les radicaux. 

Pierre Laurent, dans ses discours publics, ne témoigne d'aucune connivence avec la politique que mène le PS au niveau national, sans pour autant renoncer à convaincre les électeurs et élus de gauche déçus par la politique du gouvernement.

Nous ne voulons pas nous enfermer dans une gauche critique ou protestataire sans débouché sur le réel. Nous voulons peser sur les décisions, trouver les convergences qui permettent de réorienter sur des bases vraiment de gauche les politiques menées.

Jean-Luc Mélenchon est un homme politique brillant et extrêmement dynamique qui a magnifiquement porté la campagne du Front de Gauche aux élections présidentielles de 2012, nous permettant de retrouver un écho et un électorat moins confidentiel sur des bases programmatiques ambitieuses et claires, résultats de la fusion très riche de plusieurs héritages militants et idéologiques.

Nous lui sommes redevables d'avoir eu le courage de quitter le PS pour donner plus de résonnance à ses idées, d'avoir avec les communistes et la Gauche Unitaire surmonté des contentieux historiques pour créer le Front de Gauche, et d'avoir mené avec des dizaines de milliers de militants, anciens et nouveaux, cette belle campagne de 2012 qui a permis, partout en France, à des collectifs citoyens du Front de Gauche et à des assemblées citoyennes de se créer, beaucoup plus rassembleuses que les partis politiques traditionnels.

Il a contribué aussi à redonner aussi un peu de radicalité, d'ambition et de couleurs écologiques au PCF grâce à l'influence du Front de Gauche.

Nous comptons toujours sur lui pour la suite. Comme nous comptons sur d'autres responsables politiques très capables du Front de Gauche: Pierre Laurent, André Chassaigne et Clémentine Autain en particulier, mais il y en a bien d'autres. Nous ne devons pas avoir la culture du leader irremplaçable et infaillible, même si c'est toujours un avantage d'avoir des personnalités politiques charismatiques.    

Le PCF est un parti avec des dizaines de milliers de militants, une longue histoire, faite de luttes et d'actions dans les institutions. Il entend être respecté dans sa particularité, son autonomie, comme il se doit de respecter l'apport et la particularité des autres forces du Front de Gauche.

Dans la circonstance, il a jugé certainement que l'intérêt de la population, des gens que nous voulons défendre et représenter, les classes populaires, n'était pas d'affaiblir un peu plus la représentation électorale locale des communistes en perdant des élus qui se mettent au service de tous dans les municipalités.

Il y a bien sûr des élus et des militants au PCF qui sont au Front de Gauche sur la pointe des pieds, qui considèrent que le Front de Gauche est avant tout une stratégie électorale ponctuelle et un risque pour la permanence du parti, des élus, leurs alliances préférentielles avec le PS... Mais c'est loin d'être la majorité.

De la méfiance peut subsister néanmoins chez beaucoup vis à vis d'un risque d'effacement du PCF, un parti auquel la plupart des militants qui ont tenu contre vents et marées le cap de leur espérance et de leur fidélité sont viscéralement attachés, ce qui ne les empêche pas d'êtres critiques et exigeants. On a le souvenir de ce qu'a engendré en Italie l'auto-dissolution du Parti Communiste: la dérive complète de la gauche qui compte électoralement vers le centre libéral.

Personnellement, je crois que la force du Front de Gauche, c'est de trouver l'unité et l'apport réciproque dans la diversité, c'est son côté pluricéphale, même si c'est aussi parfois une faiblesse et un risque, même si cela demande toujours des efforts de compréhension, de compromis. 

Personne ne peut se dire propriétaire de l'identité et de la visée du Front de Gauche même si cette identité et cette visée existent bien, s'exprimant souvent dans les tensions et la contradiction, comme toutes les productions historiques.

L'attente du mouvement social, les besoins de la population, les espoirs que nous avons su faire naître, l'immense et périlleux chemin qui nous reste à parcourir pour convaincre la majorité de notre peuple que le changement est non seulement souhaitable mais possible, à condition de ne pas se résigner, de bousculer les féodalités économiques et les certitudes assénées par la bourgeoisie et ses relais idéologiques, nous imposent de sortir par le haut de cette crise interne au sommet que l'on ne ressent pas partout sur le terrain, heureusement. 

Mettons les egos et les rancunes en sourdine, assumons nos responsabilités au regard de l'histoire et du collectif: retrouvons le chemin du dialogue, de l'unité et du combat commun contre le libéralisme, le capitalisme financier, les lâches renoncements de la gauche gouvernementale face aux pouvoirs financiers, à la montée de la crise écologique, l'intolérance et de la xénophobie.

Evitons la complaisance, la mollesse comme le sectarisme et l'invective.

Ne transformons pas nos divergences en casus belli, nos désaccords en chantage.

Nous avons tant de chemin à faire ensemble! Nous en avons déjà tant fait! 

La richesse du fonctionnement du Front de Gauche dans beaucoup d'endroits (comme à Morlaix) où il a su dépasser, grâce à la volonté des militants des partis fondateurs, le format d'un rassemblement ponctuel d'organisations à finalité électorale pour devenir une force citoyenne et politique à part entière, témoigne des promesses de notre mouvement, où l'on retrouve des écologistes, des anciens socialistes, des communistes, des militants venus de l'extrême-gauche, des altermondialistes, des militants associatifs et syndicaux, un grand nombre encore de citoyens qui n'avaient jamais eu d'engagement politique auparavant.

Ayons en tête la leçon et l'esprit de Jaurès, le grand orateur, le grand intellectuel, le grand serviteur de la paix, de l'humanisme concret et de l'émancipation sociale du monde ouvrier. Il savait être ferme dans l'affirmation des principes et la dénonciation des injustices tout en parlant à tous, sans excès de procès d'intention, en ne renonçant jamais à convaincre, à indiquer le chemin de la raison. Il sut unifier un mouvement socialiste éparpillé en plusieurs chapelles divisées par des contentieux historiques et idéologiques pour gagner en efficacité pour l'action. Il n'opposa jamais le travail dans les institutions et la lutte sociale, les conquêtes sociales et démocratiques immédiates à l'ambition révolutionnaire de dépassement du mode d'exploitation capitaliste. Il y voyait des moyens pour le grand nombre de prendre conscience de sa force, de gagner en capacité de mobilisation. Il sut toujours montrer au-delà des débats du moment l'horizon d'avenir meilleur qu'une résolution favorable laissait présager. Il sut élever la politique au-dessus du pinaillage, de l'esprit de coterie et de la guerre des chefs.

Le respect de l'humanité, la noblesse du caractère, l'humilité, l'esprit de synthèse et de compromis jointe à la grandeur de vue et à la sincérité de la visée révolutionnaire font de Jaurès un exemple dont les dirigeants politiques qui se réclament à bon droit de son héritage (la direction du PS actuel n'y a aucun droit) feraient bien de s'inspirer.

Ismaël Dupont.           

 

   

    

 

   

 

    

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 13:41

Budget de la Sécu remis en cause. Les Patrons en rêvaient… Le gouvernement a fait un projet de loi …Les députés PS et Verts l’ont voté !

Les médias, si prompts à nous donner des nouvelles de la prostate de notre président sont restés bien silencieux à propos de la nocivité du projet de loi sur la protection sociale.

Avec cette loi, le gouvernement annonce un véritable « choc social ». En réalité, cela constituera un nouvel obstacle à la croissance, à l'emploi, et donc au financement pérenne de la Sécurité sociale.

Une fois encore, les efforts demandés pour le rétablissement des comptes de la Sécurité sociale ne visent que les salarié-e-s et les citoyen-ne-s. Aucune mesure ne mettra àcontribution les entreprises de manière effective. Aucune mesure ne mettra à contribution les coûts du capital(intérêts et dividendes) qui prélèvent aujourd'hui plus de 300 Mds d'euros sur la richesse produite, au détriment de l'emploi et des salaires qui sont pourtant les garants de recettes futures pour la Sécurité sociale et l’État.

Pas étonnant donc que pour la première fois, toutes les instances consultées pour avis se soient prononcées contre ce texte.

Les députés Front de Gauche ont démontré à quel point ce projet n’était ni juste ni équitable et la pertinence de leur opposition et de leurs propositions alternatives, contraignant le Gouvernement à un 2ème passage à l’Assemblée Nationale.

La future réforme du financement de la protection sociale, sous couvert de « remise à plat de la fiscalité », et de la branche famille de la sécurité sociale en lien avec la réforme de la politique familiale, dessinent d'ores et déjà de funestes perspectives pour les salariés, jeunes et retraités du pays. Le patronat et la finance s'en frottent les mains.

 

Décidément, ce n’est pas pour ça que nous avons voté Hollande, il est temps de changer de politique, il est temps de tourner le dos aux orientations libérales que les partis de droite (UMP, UDI, FN …) prônent, et que le gouvernement actuel perpétuent, il est temps que les citoyens expriment leur désaccord avec ces orientations néfastes, il est temps de donner toute sa place au Front de Gauche, seul à proposer un changement réel.

Nicole Labelle

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 11:20
Les « Cinq de Roanne » ont obtenu la relaxe  (Politis)

Les cinq militants CGT de Roanne, poursuivis pour avoir refusé un prélèvement ADN, ont été relaxé aujourd’hui par le tribunal correctionnel de la sous-préfecture de la Loire. Pour ces syndicalistes et leurs nombreux soutiens, cette décision de justice est l’aboutissement d’un long combat judiciaire.

Roanne, Palais de justice, 5 novembre 2013 (photo @YdahoYdaho).

A l’audience le 5 novembre, le parquet avait encore requis contre eux un mois de prison avec sursis. Une peine qui aurait pu coûter leur emploi à ces cinq fonctionnaires (quatre hommes et une femme) de la Défense et agents hospitaliers pour un délit extrêmement mineur.
En novembre 2012, ils avaient été reconnus coupables par la cour d’appel de Lyon de dégradations en réunion, mais dispensés de peine, pour des tags hostiles au député UMP et ancien maire de Roanne, en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites, le 23 septembre 2010. A la suite de ce jugement, ils avaient toutefois été convoqués par la police et la gendarmerie pour être inscrits au fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), ce qu’ils ont refusé en mai, écopant d’un nouveau procès.

Le tribunal de Roanne a estimé, dans son jugement rendu cet après-midi, que le prélèvement ADN ne concernait que des personnes condamnées, alors que les prévenus dans le cas présent avaient été dispensés de peine. Le parquet général n’aurait donc pas dû requérir ce prélèvement et la justice ne pouvait donc pas leur reprocher de l’avoir refusé. 
Le tribunal a également considéré que les gardes à vues du mois de mai étaient irrégulières.

Cette relaxe ne clôt pas la bataille pour l’amnistie de tous les syndicalistes, une amnistie que le gouvernement et la très grande majorité des parlementaires socialistes continuent de refuser.

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 19:33

NO PASARAN! 

 

Voici une liste, malheureusement non exhaustive, de sites, blogs, journaux, associations existant ou ayant existé inspirés des "idéaux" d'extrême-droite, nationalistes, régionalistes ou catholiques intégristes. Ce serait un inventaire à la Prévert si ce n'était pas aussi une vraie cartographie de la haine, de la connerie et du ressentiment. 

 

France Révolution

Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires

l'Oeuvre Française

Le Renouveau Français

Action Française

Europe Identitaire

Nouvelle droite Populaire

Troisième voie

Bloc Identitaire

Jeune Bretagne

Parti Nationaliste

Le Parti De La France

Ligue Du Midi

Renouveau Français

Printemps Français

Nissa rebela

Boulevard Voltaire

Le Citoyen Engagé

La Dissidence Française

Le cercle Des Volontaires

Egalité Et Réconciliation

Collectif Contre Révolutionnaire

Union Solidarité

Comité de Vigilance de la République

Interaction des Forces de l'Ordre

Groupe Union Défence

Le Gaulois

Breizh Info.com

Contre Info.com

France Presse Info

Novopresse

Présent

Minute

National Hebdo

Ordre Nouveau

Occident

Vox Populi

Civitas

Riposte Laïque

Ichtus

SOS Tout Petit

St Nicolas Du Chardonnet

Mouvement National Républicain

Rassemblement Pour la France

Front comtois

Parti du Peuple Breton(ADSAV)Jeune Alsace

Parti populiste

Ligue du Sud

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 06:47

 

Vous travaillez dans une grande entreprise ? Découvrez ce que vous faites gagner aux actionnaires :
 http://bastamag.net/article3591.html

 

L’équivalent de 60% de leurs bénéfices : c’est ce qu’ont versé à leurs actionnaires les 47 grandes entreprises françaises cotées en bourse que nous avons étudiées. Alors même que les suppressions de postes se multiplient et que l’investissement est en berne, plusieurs grands groupes hexagonaux continuent de redistribuer une proportion considérable de leurs profits aux actionnaires – y compris lorsque ces profits sont faibles voire inexistants. Notre enquête sur ce « coût du capital » révèle également que l’Etat est un actionnaire aussi gourmand que les autres.

 

vous poussez ils vous roulent

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:47
40 000 suppressions d’emplois en 2014 : ce plan social invisible qui frappe le secteur associatif

http://www.bastamag.net/article3518.html

Les associations ont souffert sous la présidence Sarkozy. Vont-elles expirer avec Hollande ? 30 000 à 40 000 emplois devraient être supprimés en 2014, dans un secteur associatif qui en compte 1,8 million. Les raisons de cette gigantesque vague de licenciements : la baisse des budgets des collectivités locales, qui n’ont plus les moyens de soutenir les associations. Et la politique de l’État qui oriente ses subventions et ses appels d’offre vers les plus grosses structures, transformées en prestataires de services. Une politique jugée « aveugle et suicidaire » par nombre de représentants du secteur. Enquête.

Le 1er janvier 2014, il n’y aura plus aucun éducateur dans les rues d’Orléans, de Montargis ou de Pithiviers pour aller à la rencontre des collégiens et des ados. Le département du Loiret a annoncé cet été qu’il ne financerait plus la prévention spécialisée, jugée inefficace par ses services. L’enveloppe départementale représente 80% du budget des deux associations en charge de cette prévention : 50 éducateurs, dont 40 équivalents temps plein viendront donc gonfler les effectifs de Pôle emploi.

En Seine-Maritime, même processus. Le nombre d’éducateurs de rue est divisé par deux suite à la décision du conseil général de réduire les subventions de 6,8 millions d’euros à 3,5 millions d’euros. Cette coupe budgétaire a un impact immédiat sur les associations de prévention, financées à 90% par le département : 74 emplois supprimés sur les 140 que compte le secteur. Une rallonge de 500 000 euros du conseil général servira à solder les licenciements.

La prévention spécialisée n’est pas la seule touchée. En Isère, le Planning familial est dans une situation très difficile depuis l’annonce par le conseil général d’une diminution des subventions de 98 000 euros. Plus de la moitié des centres sont concernés, avec à la clé la fermeture du centre d’Eybens, près de Grenoble.

Un plan social invisible

On ne compte plus les associations dont les comptes virent au rouge, plombés par les mesures d’austérité. Décidées au niveau national, ces coupes dégringolent en cascade jusqu’aux finances locales. Au bout de la chaîne, des associations mettent la clé sous la porte ou se séparent de leurs permanents. « Entre 2010 et 2012, le secteur associatif a perdu 11 000 emplois alors qu’il représente aujourd’hui un emploi sur dix du secteur privé », confirme Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative.

Ce n’est que le début. L’année 2014 s’annonce très rude. « Compte tenu des 14 milliards d’économie annoncée par le gouvernement, dont 1,5 milliard de baisse de la dotation des collectivités locales, le monde associatif subira un plan social invisible de 30 000 à 40 000 emplois l’année prochaine », s’alarme Didier Minot [1], du collectif des associations citoyennes (CAC). La lutte contre le déficit public oblige les collectivités à se recentrer sur leurs compétences obligatoires au détriment des actions en faveur de la vie associative en général, de l’environnement, de l’éducation populaire, de la défense des droits, de la culture et du sport. Une restructuration économique qui demeurera invisible. Les petites associations étant majoritairement concernées, il n’y aura pas de plan social massif mais une multitude de licenciements épars, dans un secteur qui emploie 1,8 million de salariés à temps plein ou partiel, en plus des 16 millions de bénévoles actifs.

Ministre contre ministre

Créé en 2010, le CAC multiplie les actions, les rendez-vous, et recense les associations en difficulté. Un appel à mobilisation a été lancé (voir ici). Il a recueilli 7 500 signatures dont une centaine de réseaux nationaux, 200 associations régionales et départementales, et plus de 700 associations locales. Nouvelle preuve que le secteur est sinistré, les signatures continuent d’affluer.

« Il y a deux langages au sein de l’État, constate Didier Minot. Un discours de dialogue porté par Valérie Fourneyron. Et un autre discours, porté par le ministère des Finances ou par Matignon, qui tend à accroître la complexité des procédures, à considérer toujours plus les associations comme des entreprises. Et surtout à diminuer les financements associatifs. Quand on regarde sur plusieurs années, cela s’apparente à une strangulation. »

Politique « aveugle et suicidaire »

À Saumur (Maine-et-Loire), la Maison des jeunes et de la culture (MJC) s’est vue refuser une subvention de l’État de 7 000 euros. Du coup la Ville, qui subordonnait son financement à celui de l’État, refuse de mettre la main au portefeuille. Les 7 000 euros en font 15 000 de moins. Cette situation met en déséquilibre le poste de directeur qui va être supprimé. « Pour 7 000 euros, on va envoyer au chômage une personne qui coûtera bien plus cher aux comptes sociaux. Et on met en péril le fonctionnement d’une MJC », s’indigne Didier Minot. Nous sommes dans des mécanismes complètement incompréhensibles. Creuser le déficit public, alors qu’on prétend le combler, est une position aveugle et suicidaire ! »

D’où vient cette restructuration ? En juin 2008, le rapport « Pour un partenariat renouvelé entre l’État et les associations » est remis à Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative. « Ce dernier propose de rompre avec la culture de la subvention et suggère que la distribution des subventions laisse désormais la place à un système de commande publique », expliquent Viviane Tchernonog et Jean-Pierre Vercamer, auteurs d’une étude sur le sujet [2]. En janvier 2010, la circulaire Fillon enfonce le clou : elle affirme que la grande majorité des activités exercées par les associations peuvent être considérées comme des « activités économiques » et entrent donc dans le champ concurrentiel. En clair, une association devient une banale entreprise, prestataire de services.

Fini le collectif, place au Social Business

Après la « modernisation » de l’État, qui s’inspire des modèles de gestion pratiqués au sein des grandes entreprises privées (et dont la révision générale des politiques publiques – RGPP – a marqué le commencement), c’est au tour des associations de devoir se convertir au modèle de gestion anglo-saxon, au « lean management » et à la performance chiffrable. « C’est l’idée selon laquelle les associations sont certes sympathiques, mais souffrent d’amateurisme, analyse le chercheur Jean-Louis Laville. Elles doivent donc moderniser leur fonctionnement en empruntant les formes de management des grandes entreprises privées. Pour être modernes, les associations doivent se convertir en ce que Mohamed Yunus a désigné comme “Social business”, c’est-à-dire des entreprises à but social fonctionnant comme des entreprises, adossées à de grands groupes privés qui vont leur permettre de gagner en performance. »

Le modèle concurrentiel introduit par les appels d’offre fait déjà de gros dégâts. Car ce sont les associations les plus grosses et les plus institutionnalisées qui raflent les marchés. La fédération Leo Lagrange, issue de l’éducation populaire, est forte de 8 000 salariés dont 3 000 équivalents temps plein. 150 millions d’euros de chiffres d’affaires, 13% de croissance en 2012, avec de plus en plus de demande de services sur la petite enfance ! « On est en train de devenir le premier opérateur de berceaux, on commence à gérer de plus en plus de crèches », déclarait fièrement Bruno Le Roux, président de Léo Lagrange, lors d’une visite de Michel Sapin, ministre du Travail, au siège de la fédération. Léo Lagrange s’est engagée à embaucher 150 emplois d’avenir sur les trois prochaines années. Bruno Le Roux est par ailleurs député PS et président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale...

Économie « sociale » : les gros écrasent les petits

Avant, les dirigeants venaient du métier ou de l’association elle-même. Aujourd’hui, une partie des structures sont administrées par des gestionnaires professionnels. Elles sont munies de services très performants qui épluchent les appels d’offre publics. Leur taille leur permet de réaliser des économies d’échelle dans un contexte où la commande publique se contente souvent du moins-disant. Résultat, les petites associations locales ne font plus le poids et mettent la clé sous la porte. « Je connais une fédération de la Ligue de l’enseignement en région parisienne qui fait du marketing auprès de toutes les communes pour gagner des parts de marché sur les autres organisations d’éducation populaire. Ils ont maintenant un quasi monopole sur toute la vie scolaire », illustre Didier Minot.

Le centre social Accueil Goutte d’Or, dans le 18ème arrondissement de Paris, en sait quelque chose. En 2012, il a perdu le suivi socioprofessionnel d’une centaine d’allocataires du RSA, qu’il assurait depuis 1996. Les critères de sélection des financeurs donnaient la part belle aux structures intervenant sur plusieurs territoires. « Ces critères ne sont pas adaptés à une petite association comme la nôtre, dont l’efficacité vient de sa proximité au quartier et de sa connaissance proche de ses habitants », déplore Christine Ledésert, directrice du centre social.

67 millions pour les associations... du ministère des Finances !

L’État préfère les grosses structures associatives. En 2011, il a consacré 1,2 milliard d’euros aux associations, par des subventions directes. Deux tiers de ces aides sont allées à seulement 342 structures (sur les 21 119 subventions répertoriées). Et 3,5% des associations subventionnées reçoivent les trois quarts de l’appui public. « De très grosses associations sont très fortement financées et une poussière de petites associations reçoivent une poussière de petites aides, qui sont néanmoins vitales pour elles », commente un observateur. D’autre part, 42% de ces financements sont destinées à des organisations para-publiques : centres de formation, établissements d’enseignement supérieur, fondations politiques, musées, grandes institutions culturelles, de la Croix-Rouge aux instituts techniques agricoles, en passant par les orchestres nationaux.

Un comble : les structures associatives les plus subventionnées en France se trouvent... au ministère des Finances ! À quelques étages sous le bureau du ministre de l’Economie Pierre Moscovici ! La cantine de Bercy est une association. Le comité des œuvres sociales du ministère est une association. Et le total des aides qui leur sont versées atteint 67 millions d’euros ! Si l’on retire le demi-milliard d’euros ainsi consacré à des organismes para-publics ou de cogestion, il reste 700 millions pour les associations, orientés en priorité vers les plus grosses, les mieux à même de répondre à un appel d’offre.

Destruction du projet associatif

De nombreux responsables d’associations sont convaincus que le système des appels d’offre détruit les projets associatifs. Avec les appels d’offre, les besoins ne sont pas définis par rapport à une situation réelle rencontrée localement, mais à partir d’un cahier des charges élaboré par le financeur, souvent en décalage avec les réalités du terrain. Exemple au nord de Paris, à la Porte Montmartre, où s’est installé un marché informel « légalisé », le Carré des biffins.

Des personnes très démunies et vivant dans une précarité extrême y vendent objets de récupération et vêtements le plus souvent récoltés dans les poubelles. La mairie de Paris a lancé en octobre 2009 un appel d’offre afin de répondre aux besoins d’insertion et d’accès aux droits de ces personnes. Mais le cahier des charges comporte une bizarrerie relevée par Pascal Nicolle, président de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme : « Ce sont les travailleurs sociaux qui font à la fois le travail de placiers, pour placer les pauvres derrière leur stand, et le travail d’accompagnement social. Certains matins, cela tourne vite à la bagarre entre les inscrits, les non inscrits et les biffins qui se remplacent. Et c’est aux éducateurs d’appeler la police. Comment voulez-vous, dans ces conditions, que les biffins aient confiance en leurs travailleurs sociaux ? »

Objectifs quantitatifs contre travail de proximité

À partir du moment où il n’y a plus que des relations commerciales avec les financeurs, la relation de confiance n’existe plus. Et qu’en est-il de la relation entre les usagers et les travailleurs sociaux ? « Le suivi du travail d’insertion ne se fonde plus que sur des critères quantitatifs, regrette Bernard Masséra, membre du CAC et vice-président de l’association Accueil Goutte d’Or. Les financeurs demandent : “Vous avez envoyé combien de convocations pour que votre bénéficiaire vienne ? Ah, il n’est pas venu deux fois : vous devez le rayer. » Exit le travail de proximité et l’accompagnement social véritablement personnalisé.

« Certains allocataires du RSA que nous suivions dorment dans des voitures. On ne se contentait pas de leur envoyer une circulaire pour leur dire de venir. Quand quelqu’un ne venait pas, on se mobilisait, on prévenait les gens qui connaissaient cette personne. On se demandait aussi pourquoi cette personne n’était pas venue. Ce travail-là n’est pas possible avec une grosse structure de 1 000 salariés et un DRH qui gère ça depuis là-haut. » Dans les associations aussi, le travail réel et ses contraintes devient invisible aux yeux des managers.

Des associations dans le secteur concurrentiel

« Nous demandons au Premier ministre d’infléchir le plan de rigueur pour permettre aux collectivités de continuer à financer l’action associative » , explique Didier Minot. Le CAC estime qu’il faut sortir du champ concurrentiel un certain nombre d’activités associatives, qui ne rendent pas le même service que les entreprises privées, à l’exemple des crèches parentales, différentes d’une garde privée d’enfants. « Il faudrait en France une loi qui protège ces structures du champ de la concurrence, comme l’a fait l’Allemagne », poursuit Didier Minot. L’inverse de ce qui se passe actuellement en France.

La loi de 1901 définit l’association comme une convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, de façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. Cela n’implique pas l’absence d’échanges monétaires, mais interdit toute lucrativité. On trouve ainsi dans le champ associatif des compagnies de théâtre, des structures qui assurent des formations professionnelles, qui gèrent des maisons de retraite, proposent des aides à domicile ou œuvrent dans le secteur médico-social.

Intelligence collective

Autant de secteurs où elles se retrouvent désormais en concurrence avec des entreprises privées, depuis que celles-ci ont investi ces nouveaux « marchés », traditionnellement couverts par les associations, comme ceux des services à la personne. Une concurrence jugée déloyale par le privé. Les associations, y compris celles qui sont devenues des quasi entreprises, bénéficient du régime fiscal dérogatoire des organismes non lucratifs, comme la non soumission aux impôts commerciaux. Et ce, quel que soit le montant de son budget ou de leur chiffre d’affaires.

Quelle différence alors entre une association et un prestataire privé ? Entre une régie associative de quartier qui entretient des espaces verts et une entreprise de nettoyage ? « Une association va le faire avec des travailleurs en insertion, à qui elle propose des actions de formation et d’accompagnement social, précise Didier Minot. Sa finalité n’est pas le profit, sa finalité se situe dans des missions d’intérêt général reconnues, au service de la collectivité. » Fabriquer de l’intelligence collective sans forcément vendre un business plan sera-t-il encore possible dans un monde privé de ses associations ?

Nadia Djabali

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 17:41

 LE SOCIALISME FRANçAIS EST MORT (Article sur le blog de Médiapart daté du 24 septembre) 

24 septembre 2013 |  Par michel kerninon
"J'assume d'avoir été obligé d'augmenter les impôts". Qui croira JM Ayrault confessant son échec et sa responsabilité, ce jour,  à Bordeaux,  devant les parlementaires socialistes ?

Pas plus sots ni sourds que d'autres, les parlementaires de la majorité perçoivent bien l'inquiétude grandissante du pays. Le ras-le-bol s'est installé,  les Français ne pensent déjà plus qu'à une alternative politique moins meutrière. La politique menée par le président et son premier ministre condamne déjà le quinquennat Hollande, arrivé seulement à son tiers.
Ce n'est pas le tout d'augmenter les impôts, si au bout il n'y a pas l'emploi. Et si, en conséquence, les inégalités, la précarité continuent à s'accroître.
Si les impôts continuent à grimper pour tous, sauf quelques nantis, en raison de l'augmentation du prix des biens et services (Edf, Sncf, etc.). Et si les revenus des classes moyennes, même avec enfants, ceux des actifs comme ceux des retraités, paient le tribu le plus lourd à l'impôt et aux charges nouvelles sans fin décidées par le gouvernement Ayrault pour faire face à l'accroissement de la dette abyssale accumulée sous les présidences précédentes. Tandis que, pendant ce temps-là, les grandes sociétés, leurs dirigeants, alliés objectifs, serviteurs et obligés de tous poils, consacrent une bonne partie de leur énergie comme de leur savoir-faire sournois à la bidouille financière, à ce qu'ils appellent l'optimisation fiscale. Dans le but d' accroître leur rendement financier, tandis que l'emploi et les conditions de l'emploi existant régressent.
Presque tous adeptes de la méthode Coué du libéralisme à quelques exceptions notables, les dirigeants industriels, devenus des comptables froids mais calculateurs, ont appris cette gymnastique qui consiste surtout à enculer les pauvres, les faibles et les sans-grade. Ils déploient leurs "talents", avec la complicité de leurs cadres du management, suivistes mais sans plus de morale, à la restructuration interne et externe. A la chasse aux subventions, surtout sans contrepartie pour favoriser l'emploi, devenu depuis bien longtemps la variable d'ajustement avec le gel des salaires. Et pire encore depuis l'immoralisme sarkozien affiché, l'emploi à temps très partiel, bien sûr non choisi par des salariés, majoritairement des femmes, mais aussi des jeunes, des moyens, des quinqua ou sexagénaires,  au Smic horaire y compris pour les heures supplémentaires, quand elles sont payées. Le travailleur français, avec ou sans qualification, se tiersmondise. 
Les grands groupes industriels cherchent toutes les ficelles pour mettre en place les délocalisations juteuses et/ou les investissements les plus productifs dans les pays émergents où la réglementation sociale est inexistante. Priorité à l'esclavage industriel afin d' échapper au coût équitable du travail, au respect de la sécurité, de la santé et de l'hygiène, comme on cherche avec forfanterie dans la haute, entre soi, à échapper à l'impôt dans son pays, sans beaucoup de sanction d'ailleurs si le couperet parfois tombe sur quelques imprudents.
Non, Monsieur Ayrault, vous n'êtes pas socialiste.
Ceux qui peuvent vous dire merci, ce sont les groupes industriels et/ou financiers. Ils ne se sont jamais aussi bien portés par leurs résultats récoltés sans frais dans les paradis fiscaux ou mieux les pays sans fiscalité. La majorité des Français, elle, celle qui voulait le changement, se serre la ceinture. Ce changement-là, votre changement, nous n'avons pas voté pour lui. Il n'a rien de socialiste, ni même de moral. Il enfonce de plus en plus notre pays en nivellant par le bas, en faisant monter l'insécurité sociale et l'inquiétude.
Il est effrayant le système que vous mettez en place ! Ce n'est pas celui qu'avaient envisagé récemment vos électeurs. Et vous êtes en train de tuer l'espoir en bordant par vos actes insensés le lit des extrêmes, surtout à l'extrême-droite, qui marche désormais le front haut. Le réveil sera dur. Surtout pour les Français et notre pays. Non, Monsieur Ayrault, vous n'êtes pas le Premier ministre d'un gouvernement de gauche. Les périls montent dans le pays. Vous ne l'avez sûrement pas vu.
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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 09:13

Le Front de Gauche se réjouit du succès de la marche du 1er décembre. Cette marche constitue la plus importante mobilisation politique de la gauche politico-sociale depuis des mois. Dans un moment où la désorientation est grande et où les syndicats patronaux, la droite et l’extrême droite tentent de dévoyer la légitime colère populaire suscitée par la politique d’austérité du gouvernement, il s’agit d’une très bonne nouvelle. Le Front de Gauche confirme ainsi sa capacité d’initiative de masse et d’élargissement comme en témoigne la présence d’autres organisations politiques, de plusieurs structures syndicales et de nombreuses personnalités.

Le Front de Gauche entend continuer à œuvrer sur les mots d’ordre de sa marche "pour la Révolution fiscale, la taxation du capital, l’annulation de la hausse de la TVA".

Le plus urgent est de mobiliser encore plus massivement contre la hausse de la TVA prévue le 1er janvier. Il faut la mettre en échec. Cette hausse, matériellement insupportable pour un grand nombre de nos concitoyens, symbolise en outre une fiscalité injuste visant à faire payer aux ménages les cadeaux au patronat. C’est pourquoi le Front de Gauche est favorable à la tenue rapide d’une réunion unitaire de l’ensemble des organisations de gauche, des syndicats, des associations concernées par la question pour examiner le cadre et les formes de mobilisation contre cette hausse.

Dans le même temps, Jean-Marc Ayrault a annoncé une remise à plat de la fiscalité. Chiche… Nous avons déjà, dans l’Humain d’abord, des propositions qui placent la justice fiscale, la redistribution des richesses et la taxation du capital au coeur de notre projet. Mais nous voulons aller plus loin en travaillant à des Etats Généraux. Leur but sera d’élaborer et de porter de la façon la plus massive possible une réforme fiscale opposée aux canons du libéralisme, auxquels obéit le gouvernement, qui privilégient la "compétitivité et la baisse des dépenses publiques" au détriment de l’intérêt général et de l’égalité.

Communiqué du Front de Gauche

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 09:08

À chaque livraison des résultats PISA, les promoteurs des réformes libérales de l’éducation versent des larmes de crocodiles en déplorant le constat d’inégalités grandissantes… pour mieux continuer leurs politiques inégalitaires. En refusant de rompre avec l'austérité, en se pliant au dogme de la réduction des dépenses, M. Peillon et le gouvernement actuel n’ont pas choisi d'y changer grand chose.

La droite a supprimé en 2008 des heures de classe en primaire et a fait disparaître la plupart des postes permettant de scolariser les enfants dès deux ans : en nombre d’heures, ce sont deux années de scolarité qui ont été volées à toute une génération. Plutôt que de rendre ces heures à l’éducation nationale, M. Peillon les confie aux collectivités locales et au privé.

La droite a différencié les objectifs de l’école : un minimum obligatoire pour les uns (le socle commun), des programmes de plus en plus complexes pour les autres. En ne remettant pas en cause ces logiques, M. Peillon les entérine. Cela lui évite de répondre aux défis nouveaux auxquels l’école est confrontée et de créer les conditions pour enseigner à tous des contenus plus difficiles, indispensables pour affronter la complexification du monde. Dans ces conditions, on ne peut pas s’étonner que les inégalités grandissent.

Assez de larmes de crocodiles, il faut changer de cap ! Dès maintenant, face à la montée des inégalités, des mesures sont nécessaires : une scolarité obligatoire prolongée de 3 à 18 ans, avec un véritable droit à l’école dès deux ans, pour donner à l’école le temps d’enseigner à tous des savoirs plus complexes ; une ambition commune pour tous les enfants avec la suppression du socle commun et refonte des programmes sur le modèle de l’élève qui n’a que l’école pour réussir à l’école. Redonnons sens à l’école, en en faisant le lieu où la République donne aux adultes de demain les moyens de maîtriser leur avenir dans un monde toujours plus complexe.

 

PCF – réseau Ecole

 

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 09:07

Des larmes auront coulé sur des fronts avant que les économistes de la Commission européenne confessent l’énormité des dégâts semés par leurs politiques d’austérité et de compressions budgétaires.

Les chiffres sont là, qui témoignent de l’engourdissement économique dans lequel les pays européens sont condamnés par la saignée. L’addition est astronomique – de 2011 à 2013, – 8,5 % de perte pour le PIB de la Grèce, – 4,8 % pour la France, – 4,9 % pour l’Italie, – 6,9 % pour le Portugal et même – 3,9 % pour l’Allemagne, malgré tous ses excédents commerciaux – et ne se résume pas à des alignements de chiffres. Désormais, des Grecs ont faim et n’ont même plus de TV publique, de jeunes Italiens immigrent comme un siècle plus tôt, le chômage a envahi la jeunesse espagnole, des millions de salariés sont payés une misère en Allemagne, le Royaume-Uni bat des records pour le nombre d’enfants pauvres, dans toute l’Europe la consommation s’affaisse…

Le seul bilan positif de ces politiques est au bénéfice des oligarchies. Les 500 plus grandes fortunes professionnelles françaises ont augmenté de 25 % en un an, tandis que la France figure au troisième rang mondial et au premier européen pour le nombre de millionnaires en dollars. Les preuves sont donc sur la table: tout ce qui concourt  à réduire la rémunération du travail, à diminuer la redistribution qu’opèrent les services publics au bénéfice du plus grand nombre, à amplifier les dividendes et la rétribution des placements financiers freine l’essor économique et le bien-être social. Elles doivent être produites auprès des citoyens auxquels sont imposés les moulins à prières médiatiques qui répètent l’inéluctabilité des sacrifices et l’obligation des coupes budgétaires.

Une majorité de Français sent bien que ces politiques vont dans le mur, multi­plient les inégalités et déchirent les liens qui permettent de vivre ensemble. Mais les experts en cours prêchent en boucle une fatalité mondialisée et un renoncement individualisé, sans être soumis à de véritables contradictions. Aucun gouvernant ne peut dire qu’il ne savait pas après cet aveu  des experts de la Commission européenne, si prompte à dépêcher des liquidateurs de services publics, des tueurs de budgets et des ravageurs de droits sociaux dans les pays en difficulté. Alors, il faut être cohérent. Sans délai, Jean-Marc Ayrault doit renoncer à la hausse de la TVA, qui fera porter aux salariés une hausse vertigineuse de la fiscalité, abolir le crédit d’impôt, qui va engraisser le CAC 40 et manquer à la consommation, doter les collectivités locales des moyens qui leur sont nécessaires et qui leur ont été ôtés, construire un pôle bancaire public développant une industrie respectueuse de l’écologie, investir dans le système de santé, les rémunérations et les formations, rétablir la retraite de plein droit à soixante ans…

Le contre-pied radical aux politiques d’austérité, le choix de l’humain plutôt que celui des marchés financiers sont des impératifs pour renouer avec l’emploi, qui est la clé du rétablissement des comptes publics et de la pérennité des systèmes de protection sociale. Voilà qu’enfin, la Commission européenne vient de faire la preuve de son utilité en publiant sans fard la démonstration de son échec et de la nocivité des politiques qu’elle impulse…n

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