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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 07:07

RÉFORME TERRITORIALE

 

« Non à la mise en concurrence des territoires » – Christian Favier

Publié le 14/01/2015 • Par Emeline Le Naour • dans : A la 

Le sénateur et président du conseil général du Val-de-Marne, Christian Favier, part en croisade contre la réforme territoriale qui amorce, selon lui, la dévitalisation du département. Dans son ouvrage, Coup d’État contre les départements, l’élu communiste alerte sur le risque de perdre un échelon indispensable pour la démocratie.

Vous réjouissez-vous de la non-suppression du département dans le projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) en cours de discussion au Sénat ?

Nous assistons depuis le début 2014 à des annonces plus que contradictoires. Le projet de loi « NOTRe » dans sa version gouvernementale, vide les départements de leur substance. Il siphonne leurs compétences. Il prévoit, ainsi, de transférer la gestion des routes, des collèges et des transports scolaires aux régions. Soit les principales missions des conseils généraux. Une première étape avant de les faire disparaître. Maintenant, la commission des lois du Sénat a supprimé cette partie du texte afin de préserver l’action du département. J’espère que l’Assemblée ne reviendra pas sur cette décision.

Les conséquences seraient-elles si graves pour la vie quotidienne des Français ?

Le département n’est pas seulement un groupe de fonctionnaires qui gèrent des services, c’est une assemblée élue par le peuple. Renoncer à cette instance, c’est amputer la démocratie dont le département, au même titre que la commune, est un maillon essentiel. Si l’on transfère les compétences des départements à des échelons plus importants comme les régions, on rompt le contact avec le terrain.

En quoi la dévitalisation du département remet-elle en cause la décentralisation ?

La loi de 1982 a donné une véritable identité aux départements, a permis de lisser les inégalités sociales à travers les actions de terrain. Avant cela, la banlieue parisienne n’était que l’arrière-boutique de la capitale. Dans le Val-de-Marne ce virage politique nous a permis de nous saisir de leviers essentiels comme la rénovation et la construction de logements, l’aménagement d’espaces verts ou de mener une véritable politique culturelle avec par exemple l’implantation du MAC Val.

Pourquoi les arguments de simplification et d’économies ne sont-ils pas valables ?

Aucune étude d’impact faite par le gouvernement ne le prouve. D’après un audit lancé à l’initiative de l’Assemblée des départements de France, c’est même l’inverse. Il n’y aura pas d’économies et pas plus qu’une meilleure efficacité des services. Le grand chamboulement dû à la réorganisation entrainera même des coûts supplémentaires pendant une dizaine d’années au moins. Quant à l’argument populiste qui consiste à dire que les élus coûtent cher, je rappelle simplement que leur indemnisation ne représente que 0,04% des budgets locaux. Soit une goutte d’eau pour la Nation. La métaphore du « mille-feuille » est une formule de communication qui n’a pas de réalité. Par ailleurs, où se trouve la simplification lorsque l’on détricote des intercommunalités pour créer une métropole du Grand Paris formée de 124 communes ?

Pourquoi jugez-vous que cette réforme est dictée par l’Union Européenne ?

Le but premier de cette loi est la diminution de la dépense publique, c’est écrit noir sur blanc. Cela correspond aux recommandations européennes. L’Europe souhaiterait niveler les territoires de ses différents pays. Les NUTS (nomenclature des unités territoriales statistiques) que l’on voudrait imposer à la France sont absurdes. Historiquement, nous nous sommes construits différemment de l’Allemagne ou de l’Espagne. Cette uniformisation est dangereuse.

Cette réforme ne va-t-elle pas favoriser la coopération territoriale ?

Au contraire, elle est animée par une volonté de mise en concurrence des territoires entre eux. Bouleverser notre maillage démocratique  risque d’entrainer de graves déséquilibres entre des territoires dynamiques et d’autres en décrochage. Si les actions de proximité disparaissent, ce sont les plus faibles qui en feront les frais. Les activités gérées de manière publique aujourd’hui, seront peut être aux mains du secteur privé demain. Je ne peux pas être d’accord avec cela.

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 08:31

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Une du Monde - 14 janvier 2015

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 07:34

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Cameron l'ultra-libéral

Mariano Rajoy, l'espagnol de l'oligarchie et de la répression des mouvements sociaux

Angela Merkel l'affameuse de la Grèce

Viktor Orban le fasciste hongrois

Jean-Claude Juncker l'homme du grand capitalisme européen et de la préservation des paradis fiscaux

Benjamin Netanyahu le criminel de guerre israélien

Avigdor Lieberman, l'homme de l'extrême-droite israélienne

Ali Bongo le voleur et corrupteur

Le très progressiste émir du Qatar

Mais où est Charlie sur la photo de la tête de cortège à Paris le dimanche 11 janvier? 

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 20:41

Le témoignage magnifique d'une collègue du 93 :

 

http://tailspin.fr/post/107696839163/pour-mes-eleves-de-seine-saint-denis.

Belle leçon d'humanisme, de réflexion, de culture et de pédagogie...

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 20:19
Dans la série le pire comme le meilleur, ou plutôt du pire vers le meilleur

d’abord les propositions de Marine Le Pen qui va présenter le plan anti terrorisme du FN.
Que dire ? C’est nauséabond, mais le risque existe-t-il que cela rencontre un certain écho ?
Encore trop tôt pour le dire, je crois...
Et l’excellent contre poison, le communiqué de nos ami-es de la LDH
qui fait du bien !

http://www.ldh-france.org/combattre-terrorisme-ce-nest-pas-restreindre-les-libertes/

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 19:48

Plus de 10 000 personnes rassemblés à Morlaix

65 000 à Brest

115 000 à Rennes

300 000 à Lyon

Plus d'un million cinq cent mille à Paris

Au moins 3 millions 700 000 manifestants partout en France selon le ministère de l'intérieur...

La réaction des citoyens français, dans leurs diversités, contre la violence terroriste, pour la réaffirmation de la liberté d'expression, une société de fraternité, de liberté, de laïcité, est impressionnante, émouvante, réconfortante.

C'était la meilleure réponse à apporter aux mouvements qui veulent semer la haine, aggraver les tensions et le climat d'intolérance entre les religions, les communautés, les différentes composantes de la société.

C'est aussi le signe que ce qui s'est passé a ébranlé chacun de nous, a été perçu comme un point de basculement possible vers une société où la peur, l'intolérance, et la séparation communautaire ou communautariste domineraient.  

C'est bien la réaffirmation des valeurs républicaines et de l'attachement à notre paix civile et à notre liberté qui nous sont apparus soudain plus vulnérables qui ont été les moments extraordinaires et historiques de cette semaine sanglante.    

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 17:27

Rassemblement contre la violence, l’obscurantisme, pour la liberté d’expression et la fraternité. 

 

Déclaration de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

 

Marchons dans la dignité et la clarté, pour l’honneur de toutes les victimes

 

Après la terrible semaine que la France vient de vivre, avec dix sept morts qui ont frappé l’équipe de Charlie hebdo, les forces de police et la communauté juive, des millions de Français s’apprêtent à manifester dimanche à Paris et ce week-end dans toute la France leur hommage aux victimes, et leur attachement à la liberté d’expression, à la laïcité, aux valeurs de la République, liberté, égalité, fraternité.

Tout au long de la semaine déjà, la réaction de centaines de milliers de nos concitoyens de toutes convictions et de toutes confessions a été d’une extrême dignité.

J’appelle au nom du Parti communiste français l’ensemble des communistes du pays à participer à ces marches et à déployer toute leur énergie pour qu’elles se déroulent dans l’unité la plus large, en permettant à tous les citoyens d’y trouver leur place,  et la clarté de leurs objectifs.

Les marches républicaines annoncées sont des marches citoyennes qui doivent marquer l’attachement des forces vives de notre pays au vivre ensemble, et le refus de toutes les haines, violences, racismes, discriminations et stigmatisations.

Les communistes marcheront en l’honneur des valeurs qui animaient nos amis et camarades de Charlie Hebdo dont l’équipe et les familles ouvriront la marche de dimanche à Paris.

Rien, aucune opération politicienne, ne nous détournera de l’hommage que nous voulons rendre à toutes les victimes et de la force qu’il convient de donner au message de fraternité républicaine qui nous anime.

Loin de toutes les instrumentalisations qui pointent déjà, pour attiser de nouveau les haines, pour masquer les responsabilités qui conduisent le monde vers l’aggravation de toutes les tensions, pour justifier l’amplification de guerres ou de prétendues réponses au terrorisme qui n’ont fait que prouver leur échec dans la dernière décennie, les communistes travailleront sans relâche à l’unité du peuple français pour des réponses de sécurité dans la justice, de vivre ensemble dans le respect de la liberté de conscience ou d’opinion pour chacun, des réponses de paix et de solidarité entre les peuples.

 

pierre-laurent-pcf

Samedi et dimanche dans toute la France, nous sommes tous Charlie. 

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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 13:01

Nous nous faisions la réflexion avec un camarade ce matin que tout en ayant été globalement à la hauteur de la situation dramatique, et en ayant bien pris le soin de dire que les musulmans et l'Islam dans leur ensemble n'étaient en aucun cas responsables - ce qui est une évidence - des meurtres liberticides et antisémites commis cette semaine au nom d'une idéologie politique bien rodée, qui ne relève pas à proprement parler que d'un "obscurantisme", s'il faut entendre par là une arriération, mais d'un projet de société d'ordre totalitaire ou fasciste, François Hollande avait oublié dans ces allocutions deux dimensions fondamentales:

- 1/ La première et on comprend cet oubli de la part d'un président qui a justifié une politique d'intervention militaire tout azimut de la France, c'est que le djihadisme s'appuie et se nourrit aussi sur l'échec et les conséquences des interventions américaines et occidentales en Afghanistan, en Irak, en Lybie, ... et qu'il prétend se justifier comme réponse à la guerre menée contre des groupes se revendiquant de l'Islam.

Avoir pour seule réponse aux attentats horribles de ce week-end le renouvellement du credo de "la guerre contre le terrorisme", utilisé de Poutine à Bush, en passant par Bachar el Assad, n'est pas raisonnable et efficace.

C'est même dangereux parce que cela peut justifier de nouvelles remises en cause des libertés individuelles en France, au nom d'un Patriot Act à la française.

Des pouvoirs discrédités pour leurs politiques inégalitaires ou leur impuissance économique peuvent avoir intérêt, comme l'a montré notamment le sociologue Laurent Bonelli, à utiliser la stratégie de la tension en rassemblant dans une peur alimentée et la promesse d'une politique sécuritaire efficace.

En réalité, ce type de réponse, qui est souvent celle de la droite mais qui peut être aussi celle du gouvernement de Manuel Valls, qui dans le style s'est montré souvent très proche de Sarkozy, peut être efficace d'un point de vue strictement politicien, en détournant notamment l'attention des problèmes sociaux quotidiens (inégalités, pauvreté, chômage, ...) et de l'absence de réponses adéquates du gouvernement - et encore ce n'est pas sûr, car la droite et l'extrême-droite promettront toujours plus en matière d'Etat policier - mais sur le plan des résultats contre le terrorisme, ce sera toujours un échec.

Puisque cela contribuera à alimenter les clivages dans la société, la posture de victimisation, la virulence, le discours paranoïaque et la violence de l'autre camp.

Sans vouloir donner la moindre excuse aux islamistes djihadistes qui ont sévi cette semaine, des fanatiques indifférents à la souffrance d'autrui, la meilleure manière de contenir ce phénomène en France, outre les dispositifs de renseignement évidemment nécessaires, est de rester ferme sur le maintien des libertés démocratiques, de prendre en charge réellement le problème du chômage et du manque de perspectives dans les cités populaires, de renforcer la présence de services publics dans les banlieues, y compris au niveau de la police de proximité, de remettre aussi des moyens et de l'ambition dans l'éducation de notre jeunesse. 

 La France doit aussi être plus prudente et attentive aux leçons de l'histoire avant de s'engager dans des interventions étrangères contre le "terrorisme" ou pour la démocratie, alors que dans le même temps elle s'allie à des Etats réactionnaires et autoritaires qui ont pour seule vertu d'être alliés des Etats-Unis.

Elle doit redevenir un des pays influent qui aide rééllement à la reconnaissance du droit international et du droit des peuples dans le conflit israélo-arabe.

C'est aussi ces dimensions de politique internationale "alignée" de la France, de soutien à Israël, en dépit de sa politique coloniale et extrêmement brutale vis à vis des palestiniens, d'intervention impérialiste ou néo-coloniale dans les pays d'Afrique, d'Afrique du Nord ou du Proche-Orient, qui peuvent servir de prétexte aux jeunes français de tradition ou d'origine musulmane, sans réelle connaissance religieuse ou culturelle, pour se radicaliser, dans un contexte aussi où les conditions sociales et familiales les poussent parfois facilement dans le "no future", la délinquance et/ou le besoin d'un "idéal" qui leur redonne de l'importance et une justification à leurs yeux.

C'est pourquoi le discours de l'"union sacrée des démocraties ou des pays de civilisation contre la barbarie" est quelque part à la fois peu conforme à la réalité (Guantanamo ne fait des Etats-Unis un pays extrêmement démocratique, les assassinats par drones non plus, le soutien aux bombardements israéliens non plus...), extrêmement partial, d'inspiration néo-conservatrice, et ne fait qu'alimenter les divisions à l'intérieur de la société, nourrissant finalement le terreau du terrorisme.

Cela conforte ceux qui considèrent que l'Islam est difficilement soluble dans la démocratie, qu'il y a une partie de la population française qui pose problème à notre République, ou qui tiennent tout simplement un discours islamophobe par racisme ou xénophobie spontanée. Cela renforce le discours extrêmiste de ceux qui alimentent les théories du complot, qui considèrent que le choix est entre la domination américaine et la résistance des peuples opprimés au nom de leur culture.

Cela nourrit en créant un climat civil conflictuel et intolérant à la fois l'extrême-droite et l'islamisme radical. Ces deux là sont d'ailleurs des alliés objectifs, prospérant en quelque sorte l'un par l'autre. Pas de croisade des démocraties contre le terrorisme, donc, pas de lutte du Bien contre le Mal, de la Liberté occidentale contre la Servitude religieuse orientale. Ces discours manichéens et de propagande qui nous donnent le beau rôle en une sorte de superstitition de soi-même masquent la complexité des causes et responsabilités du terrorisme et de l'islamisme, gomment le poids de l'histoire et de la politique (nationale, coloniale et post-coloniale, internationale) au profit d'un essentialisme culturaliste dangereux, qui est lui-même une forme de pensée communautariste et religieuse, et il rachète à bon compte une virginité aux Etats qui conduisent des guerres irresponsables dans les pays musulmans, même si on admettait qu'elles puissent être réellement motivées par la défense du droit et de la démocratie, ce qui est également très discutable.

Pas d'union sacrée des Français non plus contre les "barbares" et les "terroristes".

Bien sûr, l'émotion est très largement partagée, l'attachement à la liberté d'expression et à la paix civile aussi, mais quoi de commun entre nos raisons de manifester dimanche pour la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité et celles qu'invoque l'UMP dans son communiqué national qui rappelle dans le choix très conscient des mots toutes les tentatives de récupération de l'électorat d'extrême-droite ou de virage extrême-droitier de Sarkozy, Buisson, Guaino, avec la thématique de l'identité nationale, les thématiques néo-conservatrices:  


Déclaration solennelle de l'UMP
Le bureau politique de l'UMP, sous la Présidence de Nicolas SARKOZY, s'est réuni de façon exceptionnelle cet après-midi et a adopté de façon unanime la déclaration solennelle suivante : 
Notre Nation est meurtrie et endeuillée par l'ignoble et sanglant attentat terroriste perpétré dans les locaux du journal Charlie Hebdo.

Il s'agit d'une guerre déclarée non seulement à la République et à la démocratie mais à la civilisation. Nous avons le devoir de nous défendre avec la plus grande détermination.

Nous appelons tous les Français à présenter un front uni face au terrorisme djihadiste.

Il faut que tous ceux qui sont attachés aux valeurs de notre civilisation, quels que soient leurs choix partisans, s'unissent face à la barbarie.

Aucun compromis n'est tolérable sur notre mode de vie, sur nos traditions, sur la liberté d'expression, sur la liberté de la presse, sur la liberté de caricaturer. Aucune justification du terrorisme djihadiste et de son idéologie barbare ne saurait être tolérée.

Face à l'évolution de la menace, notre Nation doit augmenter son niveau de vigilance et faire évoluer le dispositif de protection des Français, vers davantage d'efficacité et de fermeté.

L'UMP soutiendra toutes les initiatives du gouvernement qui iront dans cette direction. Dans ces heures tragiques, l'impératif d'unité nationale s'impose.

Dans cet esprit, l'UMP appelle tous ceux qui se reconnaissent dans ses valeurs à manifester dimanche prochain dans un climat de recueillement et de dignité. Ce rassemblement exprimera la demande de fermeté de tous les Républicains. La France donnera ainsi d'elle-même l'image d'une Nation déterminée et sereine.     

 

- 2/ un autre manque dans le discours du chef de l'Etat est le rappel de l'importance de la notion de laïcité. La laïcité, c'est là peut-être une vraie particularité de la France depuis 1905, du moins sous cette forme qui n'est pas que minimale (toutes les religions ont le droit de s'exprimer et de se vivre) mais fondamentale (l'espace public, la politique, l'éducation publique doivent être si possible vierges de références religieuses, de relation à une transcendance: les citoyens doivent se reconnaître un destin commun, être éduqués à l'esprit critique et à la liberté, indépendemment des religions, des appartenances communautaires). C'est parce que les dessinateurs de Charlie Hebdo étaient des défenseurs de la laïcité, c'est parce que la France est cet Etat laïque, qu'il y a eu l'attentat de mercredi. C'est important de rappeler qu'on ne peut négocier, sous l'égide de cette laïcité qui est une valeur cardinale de notre démocratie, et aucunement relative à une culture donnée mais bien un acquis de l'histoire (notamment celle des guerres de religion et de l'essor de la philosophie des Lumières) qui permet de faire cohabiter plusieurs traditions culturelles dans l'égalité et le respect de la liberté individuelle, avec l'égalité homme-femme, la liberté des femmes, la neutralité de l'école et de l'Etat vis à vis des religions, le refus du communautarisme et des lois se déclinant différemment suivant les citoyens. Les prescriptions de l'islamisme ou d'autres idéologies religieuses refusant la laïcité ou la critique de la religion, doivent être combattues. Les religions en elles-mêmes peuvent être sources d'enrichissement intérieur et social, elles peuvent porter une authentique spiritualité et une intelligence du monde, une morale et une sagesse qui les rendent éminemment respectables, comme les croyants du reste, sous certaines formes. Mais en démocratie c'est la liberté et la loi commune décidée par les citoyens au terme d'un débat que ne doit pas contraindre quelque absolu, loi sacrée ou révélée, qui doivent primer. La laïcité, tout particulièrement dans une société qui est multi-culturelle, est le garant de la liberté de l'incroyant comme du croyant, de l'égalité de tous les citoyens, athés ou de quelque appartenance religieuse que ce soit, le garant aussi de la fraternité car comme valeur, elle implique le refus du blâme a priori par rapport à ce qui est différent de nous, une certaine exigence de partage et de compréhension. Au nom de la paix civile, on ne peut donc pas renoncer à la laïcité et à ses exigences. Rien ne serait pire qu'une société clivée en communautés vivant chacune sous sa loi propre. En même temps, la défense de la laïcité ne doit pas non plus être instrumentalisée par la xénophobie ou l'islamphobie comme c'est le cas avec le FN, beaucoup moins regardant et critique avec l'intégrisme catholique. Défendre et promouvoir la laïcité, comme philosophie sociale, condition du vivre ensemble est important: cela ne nous protégera certainement pas du terrorisme ou de l'islamisme d'une petite minorité à court terme, mais cela fait que des valeurs communes et des possibilités d'unité et de rassemblement sont possibles dans notre société. C'est aussi une manière de s'assurer que la liberté individuelle, l'égalité filles-garçons, le droit à l'auto-détermination, soient également défendus dans toute la société. 

 Ismaël Dupont

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 22:12

Le double assaut réussi par les forces spéciales de police, à Dammartin et à Porte de Vincennes met fin à la semaine sanglante débutée par la tuerie à Charlie Hebdo. Il faut saluer la maitrise et le courage des forces de l’ordre. Les prises d'otages qui ont marqué cette dernière journée ont amplifié l'angoisse dans tout le pays. La fin des opérations de police est un soulagement. Le cauchemar est terminé.

Dimanche à Paris, et dans toute la France, il faut maintenant que s'exprime avec la plus grande ampleur une mobilisation citoyenne et populaire qui porte fermement la condamnation de l'attaque qui a terrorisé notre pays cette semaine, et exprime sa solidarité avec toutes les victimes, à Charlie Hebdo, dans la police et parmi les otages, qui réaffirme son attachement aux valeurs de la République et porte haut la fraternité républicaine. La haine, la division, les amalgames doivent être rejetés avec force pour célébrer la volonté de tous nos concitoyens de vivre ensemble quelques soient leurs convictions ou leurs confessions.

 

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 22:32
Face à l’horreur, ni la peur ni la haine

Il est difficile de parler ou d’écrire quand, devant l’indicible, il ne devrait y avoir que le silence ou le cri. Et pourtant il faut parler, parce que parler c’est être libre. Or, en attaquant sauvagement et froidement un journal, satirique de surcroit, le fanatisme au front bas a montré une fois de plus qu’il n’a pas de pire ennemi que la liberté, de penser, de croire comme de ne pas croire et même d’en rire, d’être ce que l’on veut être et pas ce que l’on vous assigne d’être. Et si la liberté est sa hantise, c’est par la liberté, et surtout pas en la restreignant, qu’on finira par désarmer son bras.

Dans l’immédiat, nous n’avons que l’affliction, le recueillement, la solidarité totale avec celles et ceux qui ont perdu la vie, avec leurs proches, avec celles et ceux qui ont été terrorisés et meurtris. Mais nous aurons très vite le devoir d’aller au-delà. Nous vivons dans un monde fragile, heurté, instable, où la violence affleure en permanence. Guerres classiques, guerres civiles, guerres ethniques, guerre des civilisations nous répète-t-on même à l’envi. On veut nous habituer à un état de guerre permanent, où la menace est partout, où l’état d’exception est la règle, où les communautés s’enferment quand elles ne s’affrontent pas. La peur devrait être notre horizon, la peur de ne plus être chez soi, la peur de devenir minoritaire, la peur de perdre son identité. Or quand la peur domine, elle suscite l’angoisse, elle attise le ressentiment, elle fait flamber la violence, toutes les violences.

La meilleure façon de combattre les fanatismes est de commencer par ne pas attiser les haines. Il ne faut pas accepter cette idée que la guerre civile est à nos portes, que la société doit se recroqueviller, se calfeutrer, se défendre contre tout et n’importe quoi. Rien ne peut et ne pourra jamais justifier la barbarie. Mais veillons à ce que rien ni personne ne puisse, au nom de la possible barbarie, pousser au repliement, à la protection, à la peur de l’autre, au confort des identités. Veillons à ce que la peur ne nous submerge pas.

On nous dit que la question de l’identité est désormais la clé de voute de toute société politique. Il ne peut en être ainsi. Ce qui doit être notre horizon, c’est l’égalité, accouplée à la liberté et soutenue par la solidarité. Le problème de notre société n’est pas que les identités se perdent mais que les inégalités se creusent et que les discriminations prospèrent. Si nous lâchons pied sur cette question, alors les fanatismes de tous poils auront la vie belle. Alors, ce ne seront pas "des" civilisations qui seront en péril : ce sera "la" civilisation, c’est-à-dire, tout simplement, notre commune humanité.


Roger Martelli. Publié sur le site de Regards.

 


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