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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 13:19

Henri Emmanuelli, un homme de rassemblement et de dialogue (Pierre Laurent)

 

Je viens d'apprendre le décès d'Henri Emmanuelli. Je tiens à saluer la mémoire d'un homme de gauche, un homme de conviction, avec qui, au-delà de nos différences, nous avons partagé beaucoup de combats communs face à la droite et l’extrême droite, ou encore en 2005, pour s'opposer au Traité Constitutionnel européen.

Dirigeant National du parti socialiste, dont il fut premier secrétaire de 1994 à 1995, président de l'Assemblée Nationale de 1992 à 1993, Henri Emmanuelli était aussi un homme de terrain , attaché à son département des Landes dont il était député, et président du Conseil départemental .

Henri Emmanuelli était, localement comme nationalement, un homme de rassemblement et de dialogue avec qui, dans son département comme à Paris ou encore à la fête de l'Humanité, j'ai souvent eu l'occasion d 'échanger et de construire.

Je tiens à faire part à toute sa famille de mes plus sincères condoléances, ainsi qu'à tous les militants socialistes et à Benoît Hamon qui sont aujourd'hui dans la peine. Nous la partageons.

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 15:53
Macron, cet obscur objet du délire médiatique
MAUD VERGNOL
MERCREDI, 15 MARS, 2017
L'HUMANITÉ
 
 

À 40 jours du premier tour de la présidentielle, le rouleau compresseur tourne à plein régime. Retour sur la fabrication redoutable d’un candidat qui attend qu’on lui serve l’Élysée sur un plateau.

C’était il y a un an, autant dire un siècle. À l’époque, le ministre de l’Économie commence à jouir d’une belle popularité dans les sondages. Lorsqu’il annonce, le 6 avril, la création d’En marche !, personne ne mise un sou sur l’avenir politique de ce nouveau mouvement. C’est pourtant le début d’une fulgurante ascension médiatique. Le lendemain, le couple Macron s’affiche main dans la main en une de Paris Match, fleuron du groupe Lagardère. « C’est le début du déferlement médiatique », nous explique le sociologue Philippe Riutort. « Les hebdos découvrent qu’il intrigue et fait vendre du papier. Alors la machine s’emballe. D’abord, autour du personnage, de sa vie privée, avant de s’intéresser à son projet », rappelle ce spécialiste de la communication politique (1). Le sourire éclatant de l’ex-associé de la banque Rothschild tapisse les kiosques de l’Hexagone et fait sauter les tiroirs-caisses des magazines people. « Là, c’est trop ! » fait mine de concéder le candidat, en septembre. « Ça me gêne, parce que ma démarche, elle est politique, elle n’est pas frivole ! » lance Emmanuel Macron lors de l’émission Questions politiques, avant de lâcher : « J’ai décidé de ne pas cacher ma vie privée… On a là aussi, comme sur l’argent, en France, un rapport traumatique à la vie privée. » Il vient de claquer la porte de Bercy, le 30 août. Le soir même, le JT de France 2 lui consacre une ouverture de vingt minutes ; TF1, une interview d’un quart d’heure. Le lendemain matin, son visage s’affiche en une de tous les quotidiens nationaux… la campagne du candidat, qui ne l’est pas encore officiellement, est lancée.

« Sa stratégie lui permet de susciter l’événement selon son propre agenda »

« Macron a su rapidement utiliser les médias à son avantage grâce à une grande maîtrise de sa communication et de son agenda », rappelle Philippe Riutort, à qui l’équipe d’En marche ! a confié qu’elle refuse neuf sollicitations médiatiques sur dix… « Sa stratégie de ne jamais communiquer par “ petites phrases”, de toujours imposer à ses interlocuteurs de jouer sur son propre terrain sur des formats longs et de ne pas commenter les campagnes des autres est très efficace. Elle lui permet de susciter l’événement selon son propre agenda, ce qui est déterminant dans une période électorale », analyse le sociologue. Idem pour le feuilleton des ralliements à sa candidature. Les équipes d’Emmanuel Macron négocient en coulisses le tempo, pour que la longue liste de ses nouveaux soutiens « nourrisse la bête » chaque jour.

« Et pourquoi pas lui ? » en une du Point. « La fusée Macron » et « L’homme de la situation » chez l’Obs, ou encore « La bombe Macron » pour l’Express… Au-delà de la saturation, c’est l’idolâtrie des grands médias « mainstream » qui interroge le pluralisme de la presse autant qu’elle enseigne sur le projet politique d’En marche ! En effet, depuis l’annonce de sa candidature, en novembre, les éditoriaux dithyrambiques le disputent à la fascination extatique, contribuant au fil des mois à la crédibilisation de sa démarche. L’ancien ministre de l’Économie se présente comme le candidat « antisystème », symbole de la modernité en politique ? Qu’à cela ne tienne, voilà que Laurent Joffrin, dans Libération, nous explique que l’ex-associé de la banque Rothschild, passé par les rangs de l’ENA, puis l’Inspection des finances, avant d’atterrir à Bercy, « fait souffler un zéphyr de nouveauté sur la vie politique ». Nicolas Beytout, dans l’Opinion, file la métaphore, sentant « un vent de fraîcheur » autour d’En marche ! Et Yves de Kerdrel, dans le Figaro, de respirer à son tour « le grand bol d’air frais » qu’amènerait Emmanuel Macron dans le débat public.

De nombreux soutiens parmi la poignée de milliardaires qui détiennent les médias

Le consensus médiatique est tel que même François Fillon et Marine Le Pen, qui n’ont pourtant rien à jalouser à leur concurrent en matière de surmédiatisation, commencent à s’inquiéter. La candidate d’extrême droite, qui doit elle aussi beaucoup à certains grands médias pour avoir crédibilisé sa « dédiabolisation » de façade, s’en donne à cœur joie, sur le refrain du complot médiatique. Une aubaine pour Macron. Car, quiconque, désormais, s’interrogera sur ses liens avec les grands patrons de presse sera accusé de complicité avec les délires du FN. Mais les faits sont têtus. Parmi la poignée de milliardaires qui détiennent désormais la quasi-totalité des médias français, nombreux sont ceux qui ont déclaré leur flamme au candidat d’En marche ! « J’apporte mon soutien sans la moindre restriction à Emmanuel Macron », a twitté Pierre Bergé, l’un des actionnaires du Monde, le soir de la primaire socialiste. « J’aime bien Emmanuel pour son côté volontariste et libéral », affirmait Xavier Niel dans une interview à Society en mai. L’Obs, un des titres phares de son groupe, a consacré pas moins de huit unes, en quelques mois, au candidat d’En marche ! Mais le bourrage de crâne médiatique et les scénarios politiques prémâchés ne font pas une victoire électorale. L’année 2016, des deux côtés de l’Atlantique, en a fait l’amère expérience.

(1) Auteur de Sociologie de la communication politique, La Découverte, et de la Politique sur un plateau, PUF.
Chef de la rubrique Politique
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 12:35

Pour une renaissance industrielle écologique
au service de L’humain d’abord

 

35 ans de massacre du tissu industriel

En 17 ans, notre pays a perdu plus d’un million d’em­plois industriels. De l’électroménager au textile, l’essentiel des biens manufacturiers que nous consommons, est produit hors du territoire national. À l’exception de quelques niches, la France est quasiment rayée de la carte concernant la conception et la production de machines-outils, d’éoliennes, de panneaux photovoltaïques, de tablettes, de Smartphones, d’ordinateurs et de microprocesseurs… En matière de médicament, l’activité de recherche industrielle a presque disparu du sol national. Si les groupes industriels du CAC40 affichent des profits records, une part de plus en plus importante, de leurs activités et de leurs emplois, se situe hors de l’hexagone. Des filières stratégiques comme la production d’aluminium ont été abandonnées aux contrôles d’entreprises multinationales alors que dans le même temps des fonds financiers transnationaux détruisent de l’intérieur nos entreprises en s’appropriant le savoir-faire des travailleurs et en s’emparant de nombreux brevets.

Pendant 35 ans, on a désindustrialisé au nom des industries dites obsolètes qui devaient disparaître, de la société post-industrielle de service à venir, du mythe des entre­prises sans usine… Au nom du dogme de « la concur­rence libre et non faussée », on s’est interdit une politique industrielle nationale et européenne au service d’un développement durable des territoires et des populations, et cela au profit d’une suicidaire stratégie de niches rentables à courts termes. Cette stratégie focalisée sur la baisse du « coût du travail » (sic) et refusant de s’attaquer aux coûts du capital a détruit l’emploi et le tissu industriel de nos territoires. Les milliards du CICE distribués sans contrôle, sans condition sur l’emploi, la recherche, et la formation et sans être liés à aucun projet utile, sont la dernière illustration de cet effroyable gâchis.

 

Notre pays a besoin d’une renaissance industrielle

Plus que jamais une véritable politique industrielle est nécessaire à notre pays. Il s’agit d’appeler à une renais­sance industrielle écologique au service des besoins humains et liée au développement des services publics. En effet sans l’apport de l’industrie, il sera impossible de relever les défis des transitions énergétiques, écologiques, numériques, urbaines et démographiques. Sans l’industrie, il n’y aura pas de progrès social possible dans notre pays. C’est pourquoi, les communistes avec Pierre Laurent ont signé, au côté de Philippe Martinez de la CGT, de Jean-Claude Mailly de FO, d’Arnaud Montebourg, d’Eric Coquerel du PG, l’appel Redonnons la priorité à l’industrie initié par l’économiste Gabriel Colletis.

Une véritable politique industrielle implique de baisser les coûts du capital et non ceux du travail. Construisons des protections et de la coopération en refusant à la fois le libre échange sauvage et un protectionnisme autarcique aussi dangereux que chimérique. Gagnons de réels pouvoirs d’interventions et d’initiatives aux salariés sur la gestion, l’organisation et la stratégie des entreprises. Créons des pôles publics puissants dans les filières stratégiques. Instaurons de vrais rapports de co-traitance entre donneurs d’ordres et sous-traitants.

Il est nécessaire que non seulement les salariés, mais aussi aux citoyens consommateurs aient des pouvoirs sur la production des biens et services : Que produire ? Comment ? À quelle fin ? Où ?

Les banques doivent être mises au service de cette renaissance industrielle par un investissement massif dans la Recherche & développement, la formation et l’emploi. Plutôt que de jouer les incubateurs de startups, la puissance publique devrait soutenir le développement de l’économie circulaire, de l’économie sociale et soli­daire, des modèles coopératifs de production distribuée de proximité et en réseau, des tiers lieux comme les fablabs. L’instauration d’une propriété socialisée des brevets comme Communs inaliénables du collectif de travailleur de l’entreprise s’impose.

Comme il y a urgence, une vraie majorité de gauche à l’Assemblée nationale se devrait d’imposer un mora­toire immédiat sur les licenciements, les fermetures de site, les cessions ou externalisations de sites ou de ser­vices, les délocalisations pour les entreprises qui font des profits ou dont le groupe actionnaire majoritaire fait des profits.

Pour les communistes, il s’agit de travailler à une continuité entre industrie et service avec l’objectif d’une industrie participant à résoudre les problèmes posés à l’humanité par les transitions numériques, écologiques, urbaines et démographiques. Cela implique de concevoir et produire en pensant éco-conception, réparabilité, lutte contre l’obsolescence programmée par l’upgraping, recyclage, économie de matière et d’énergie. Il ne peut y avoir développement sans impératif écologique et la crise écologique ne pourra être résolue sans une poli­tique de renaissance industrielle française et euro­péenne. Plus d’un million d’emplois seraient alors à créer dans les filières industrielles.

 

Mettons l’enjeu industriel au cœur des échéances électorales de 2017

C’est cette vision d’une renaissance industrielle écologique au service de l’humain d’abord qui porte la campagne que mène le PCF pour Jean-Luc Mélen­chon à l’élection présidentielle et qui motive l’engage­ment aux élections législatives des candidates et can­didats présentés par le Parti communiste français.

C’est de cette renaissance industrielle à l’aune des échéances électorales de 2017 dont nous vous invitons à débattre le 29 mars à 19h à la salle des congrès d’Eybens avec David Queiros, maire de Saint-Martin-d’Hères, Gabriel Colletis économiste initiateur de l’appel Redonnons la priorité à l’industrie, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Nadia Salhi, dirigeante syndicale nationale de la CGT, Sébastien Elka, ingénieur, revue Progressistes, Cyril Zorman de l’Union régionale des scoops de Rhône Alpes économie sociale et solidaire, Danièle Linhart, chercheuse et sociologue du travail

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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 12:25

 

Coup de force, 49-3, scandales, concentration des pouvoirs : la VRépublique a fait son temps !

 

Nous refusons une pratique politique qui met à distance les citoyennes et les citoyens de tous les grands choix qui engagent leur avenir. Il faut en finir avec les pouvoirs exorbitants du président de la République et avec une Assemblée nationale qui n'est pas représentative de la société.

 

Le PCF a appellé à manifester le 18 mars 2017 (14h place de la Bastille) à Paris pour une VIe République.

Cette marche pour la VIème république à l'appel de Jean luc Mélenchon et de ses soutiens (dont le PCF) a réuni 130 000 manifestants.

 

Le PCF propose une nouvelle constitution fondée sur la démocratie pour  changer la politique et ses pratiques dans une France débarrassée de la tutelle  des marchés financiers, pour une démocratie plus participative. Le Parlement et tous les exécutifs nationaux devront être à parité, rajeunis et à l'image de la diversité de notre société. Nous voulons de l'égalité et construire un nouveau pacte républicain qui place en son cœur la lutte contre le racisme et toutes les discriminations.

 

C’est l'ambition que les communistes proposent à travers leur projet novateur la France en commun, en appelant à voter Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, à soutenir partout en France leurs candidat-e-s aux élections législatives.

 

Nous  lancerons un processus constituant qui au terme d’un débat citoyen national aboutira à un nouveau projet constitutionnel soumis à référendum.

Nous proposons d e  sortir du présidentialisme et de redonner la primauté au Parlement en :

 

Supprimant le « domaine réservé » du Président de la République (pouvoirs exécutif, présidence du Conseil des ministre)

Dissociant d e s é l e c t i o n s présidentielles et législatives

Instaurant de la proportionnelle à toutes les élections

Maîtrisant de l'ordre du jour de l'Assemblée par les député-e-s

Supprimant les dispositions qui restreignent le pouvoir du Parlement : en matière financière notamment (LOLF, article 40), les votes bloqués (article 44 et 49-3), les ordonnances

(article 38).

Limitant du cumul des mandats et mise en place d’un statut de l’élu pour   garantir  aux  salarié-es la possibilité de l’exercice d’un mandat et d’un retour à l'emploi

Renforçant le contrôle sur les conflits d'intérêt

 

De nouveaux pouvoirs pour les citoyens

Initiative législative et référendaire pour les citoyens

Transformer d u S é n a t e n chambre composée de citoyen-e-s et d'élu-e-s locaux

 

De  nouveaux  pouvoirs pour  les salari-é-s

Droit de veto suspensif des élu-es du personnel en cas  de fermeture ou de délocalisation et obligation d’examiner les propositions des salarié-e-s

Droit de reprise de l’activité par les salarié-e-s en coopérative, aides financières sous forme de prêts à bas taux et aide à la gestion durant la période de prêt.

 

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 07:46
Dessin de Nono pour le Chiffon Rouge (17 mars 2017): Accroche à ton coeur un morceau de Chiffon Rouge, pour tailler un costard à ces oligarques corrompus et plein de morgue!

Dessin de Nono pour le Chiffon Rouge (17 mars 2017): Accroche à ton coeur un morceau de Chiffon Rouge, pour tailler un costard à ces oligarques corrompus et plein de morgue!

Un parfum de Françafrique s'empare de l'affaire Fillon
 PAR FABRICE ARFI ET MICHEL DELÉAN

Avec la confirmation par Le Monde de l’identité du généreux donateur du candidat de la droite à la présidentielle pour ses costumes de luxe – en l’occurrence l’avocat Robert Bourgi –, l'affaire Fillon vient désormais percuter le monde des réseaux occultes de la Françafrique.

 

L'afaire des costumes de François Fillon prend une nouvelle tournure. Avec la confirmation par le journal Le Monde, vendredi 17 mars, de l’identité du généreux donateur du candidat de la droite à la présidentielle pour ses costumes de luxe – en l’occurrence l’avocat Robert Bourgi –, le dossier vient désormais percuter le monde des réseaux occultes de la Françafrique.

Alors que, depuis une semaine, la rumeur circulait avec insistance selon laquelle Robert Bourgi était l’homme qui se cachait derrière l’achat de plusieurs costumes dans la boutique de luxe Arnys (propriété de LVMH) offerts à Fillon, l’avocat parisien avait catégoriquement démenti – notamment auprès de Mediapart.

Seulement voilà, au lendemain des révélations du Journal du Dimanche (JDD) la semaine dernière, le juge Tournaire, déjà saisi des soupçons d’emplois fictifs de l’épouse de Fillon, avait obtenu auprès du Parquet national financier (PNF) que l’affaire des costumes entre dans son périmètre d’enquête, par un réquisitoire supplétif, afin de vérifier si ces libéralités ne cachaient pas un délit de « trafic d’influence ». Pourquoi offrir des vêtements de prix à un présidentiable, sinon pour en attendre quelque chose en retour ? Là est le soupçon.

Les policiers de l’Office anticorruption (OCLCIFF) de Nanterre ont, dans la foulée, mené plusieurs perquisitions dans les locaux d’Arnys, à Paris.

Selon les éléments recueillis par les enquêteurs, Robert Bourgi a réglé récemment pour 13 000 euros de costumes offerts à François Fillon. Ceux-ci avaient été commandés le 7 décembre 2016, soit neuf jours à peine après la victoire du candidat Fillon à la primaire de la droite, et ont été réglés par chèque le 20 février.

Ce n’est pas tout. Comme l’avait rapporté le JDD, d’autres vêtements issus de la boutique Arnys auraient été offerts depuis 2012 à Fillon pour une somme totale de 35 500 euros, semble-t-il payés cette fois en espèces. Il est cependant impossible à ce jour de savoir si Robert Bourgi est également derrière ces règlements. Si cela devait être le cas, il est étrange que cet avocat expérimenté soit passé subitement d’un mode de paiement discret (en liquide) à un autre (par chèque) qui, lui, laisse des traces.

Lors d’un entretien téléphonique avec Mediapart, jeudi 16 mars, soit la veille de la publication par Le Monde de son identité, Robert Bourgi, tout en refusant de confirmer être le généreux donateur de Fillon, avait tenu prudemment à nuancer la portée de l’affaire : « Quoi qu’il en soit, le donateur n’a commis aucun délit. »

En dehors de la justice, le déontologue de l’Assemblée nationale, où François Fillon siège depuis 2012, s’est également saisi du dossier pour vérifier si l’ancien premier ministre n’avait pas commis une faute en ne déclarant pas ces onéreux cadeaux, tout député devant faire état de présents « en lien avec leur mandat » dépassant les 150 euros. Reste à savoir si cette générosité appuyée de Bourgi relève de la vie privée de François Fillon.

Depuis la révélation de ce nouveau dossier embarrassant, le candidat de la droite à la présidentielle a pris le parti de balayer les faits d’une chiquenaude : « Un ami m’a offert des costumes en février. Et alors ? », a-t-il déclaré dans Les Échos dimanche 12 mars.Selon nos informations, François Fillon n’avait pas alerté son staff de risques quant au nom de son mécène, présenté comme un vieil ami.

Et alors ? Le nom de Robert Bourgi, bientôt 71 ans, figure emblématique des réseaux de la Françafrique, fait partie de ceux qui sentent le soufre dans la sphère publique et politique depuis trois décennies. Surtout depuis qu’il a affirmé en 2011 dans un livre (La République des mallettes, de Pierre Péan), puis dans la presse (déjà dans le JDD), et enfin sur procès-verbal devant des juges (lire notre article), qu’il avait participé à des remises de montagnes d’espèces provenant de plusieurs dignitaires africains (Gabon, Côte d’Ivoire, Burkina Faso et Congo-Brazzaville) au profit de l’ancien président Jacques Chirac et de l’ex-premier ministre Dominique de Villepin. Des faits démentis par ce dernier.

 

« Je n'ai jamais touché, comme on dit en Afrique, le “papier”, avait expliqué, le 4 octobre 2011, Robert Bourgi aux juges de l’affaire dite des Biens mal acquis. C'était des missionnaires qui arrivaient avec la valise diplomatique et que je conduisais chez le président de la République française, chez monsieur Chirac et chez monsieur Villepin. » Bourgi avait estimé à 20 millions d’euros le montant des espèces ainsi convoyées, entre 1995 et 2005.

Ces missions un peu spéciales auraient toutefois cessé en novembre 2005 après un clash avec Dominique de Villepin, selon le témoignage de Bourgi. Et elles n'auraient pas repris avec Nicolas Sarkozy, que Robert Bourgi avait accepté de conseiller aussitôt après sa rupture avec M. Villepin. L’ancien chef de l’État avait d'ailleurs remis en mains propres la Légion d'honneur à l'ancien Monsieur Afrique, en 2007.

En 2015, Robert Bourgi, indigné par les positions de Nicolas Sarkozy sur l’islam et le voile, avait décidé de rallier François Fillon, auquel il a ouvert plusieurs portes sur le continent africain. Mais un an plus tard, nouveau revirement : Bourgi lâche Fillon et rejoint Sarkozy. « Je crois en lui. Il aime passionnément son pays, il aime passionnément la politique étrangère et le rôle de la France dans le monde […] malgré les déconvenues judiciaires qui apparaissent ça et là », avait-il alors déclaré à la chaîne France 24.

Né en avril 1945 à Dakar (Sénégal) dans une famille d’origine libanaise, Robert Bourgi, qui est souvent présenté comme l’héritier de Jacques Foccart, le « Monsieur Afrique » de Charles de Gaulle, avait soutenu sa thèse à la Sorbonne sur le thème : « Le général de Gaulle et l’Afrique noire 1940-1969 ». Très vite, Bourgi a ensuite intégré tous les cercles de la droite chiraquienne. Chargé de mission de Jacques Chirac au RPR, pour les relations avec les pays d’Afrique au Sud du Sahara en 1983, il devient trois ans plus tard conseiller politique du ministre de la coopération Michel Aurillac (1986-88), puis délégué national du Club 89 (un think tank chiraquien) pour les pays en développement. Il s’inscrira au barreau de Paris en 1993.

Lors de son discours de remise de la Légion d’honneur, le 27 septembre 2007, Nicolas Sarkozy avait déclaré à l’adresse de Bourgi : « Je sais, cher Robert, pouvoir continuer à compter sur ta participation à la politique étrangère de la France, avec efficacité et discrétion. Je sais que, sur ce terrain de l’efficacité et de la discrétion, tu as eu le meilleur des professeurs et que tu n’es pas homme à oublier les conseils de celui qui te conseillait jadis de “rester à l’ombre pour ne pas attraper de coup de soleil”. Sous le chaud soleil africain, ce n’est pas une vaine précaution. Jacques Foccart avait raison. » Dix ans plus tard, l’affaire Fillon vient finalement lui donner tort.

 

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 07:37
La droite filloniste fait un pas de plus vers le Front national
GRÉGORY MARIN
MARDI, 14 MARS, 2017
L'HUMANITÉ
L'équipe de campagne se resserre autour d’hommes forts de la droite extrême, dont certains (comme l’ancien ministre UDF Charles Millon, dernier rallié) ont longtemps œuvré pour un rapprochement avec le FN. Photo : Jeff Pachoud/AFP
L'équipe de campagne se resserre autour d’hommes forts de la droite extrême, dont certains (comme l’ancien ministre UDF Charles Millon, dernier rallié) ont longtemps œuvré pour un rapprochement avec le FN.

Le programme de François Fillon réécrit certaines mesures du FN. Sous la dictée de cadres depuis longtemps convertis aux idées brunes.

La fuite en avant de François Fillon est-elle en train d’accélérer la recomposition des droites ? La manière dont son équipe de campagne se resserre autour d’hommes forts de la droite extrême, dont certains (comme l’ancien ministre UDF Charles Millon, dernier rallié) ont longtemps œuvré pour un rapprochement avec le Front national, le laisse à penser.

« Les digues tomberont un jour », promettait Marine Le Pen à la Revue parlementaire, en mars 2011. « La logique voudrait que, structurellement, le Front national arrive au pouvoir », poursuivait-elle, estimant que « les Français sont majoritairement pour (ses) idées ». Nul ne sait ce qu’il en sera des électeurs, mais comme la droite sarkozyste l’avait appliqué en matière sociétale, la droite filloniste, elle, a choisi de faire un pas de plus vers le FN en mettant en avant un certain nombre de mesures économiques communes (lire page 7).

Une politique « pro-entreprise » partagée

Le Cice, que Fillon comme Le Pen veulent transformer en « baisse » ou « allégement de charges »; le financement des PME par l’assurance-vie (3 % pour Fillon, 2 % pour Le Pen) ; la création d’un taux intermédiaire (24 % pour Le Pen, 25 % pour Fillon) pour l’impôt sur les sociétés : autant de propositions similaires aux deux formations. Comme l’affaiblissement des syndicats dans l’entreprise par la fusion des instances représentatives en une « instance unique », avance Fillon, « entre 50 et 300 salariés » complète Le Pen. Entre défenseurs du capital, le travail de sape des « digues » avance vite.

Dans son livre la Droite brune, UMP-FN : les secrets d’une liaison fatale, paru en octobre 2012, juste après la défaite de Nicolas Sarkozy à la dernière présidentielle, le journaliste Renaud Dély voit qu’« en entretenant une forme de promiscuité idéologique, l’UMP, revue et corrigée par Nicolas Sarkozy, et le FN, à la sauce Marine Le Pen, ont posé les fondements d’une mutation à venir, celle qui peut voir convoler la droite post-sarkozyste et l’extrême droite mariniste ». Après Anne Méaux, Gérard Longuet et Hervé Novelli, trois ex-GUD depuis longtemps passés par la machine à blanchir de la droite dite traditionnelle, le ralliement de Charles Millon est parlant. François Fillon assure qu’il n’a « jamais fait partie de (son) organigramme de campagne », mais le reçoit au QG de campagne comme au meeting d’Aubervilliers, le 4 mars. Or l’ancien ministre de la Défense de Jacques Chirac, exclu de l’UDF en 1998 après avoir été élu président de la région Rhône-Alpes grâce aux voix du Front national (1), n’a jamais renié ses idées. Au contraire : avec Charles Beigbeder, un autre ex-UMP en rupture de ban, il a créé un think tank qui fait la jonction entre la droite et son extrême, l’Avant-Garde, qui a publié « cinq axes de propositions pour 2017 » largement repris par le candidat Fillon, de l’inscription des « racines chrétiennes de la France dans la Constitution » à la « dénonciation de l’espace Schengen (et au) rétablissement des frontières nationales ». Mesures compatibles avec le programme du Front national. En mars 2011, Marine Le Pen, répondant à la question du « plafond de verre », estimait que « si (le FN) termine ne serait-ce qu’à 40-60, la vie politique française sera alors totalement remodelée ». L’accession au pouvoir d’une droite phagocytée par les idées brunes produirait les mêmes effets.

(1) Comme Antoine Rufenacht en Haute-Normandie en 1992, lui aussi soutien de Fillon lors de la primaire de la droite.
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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 07:08

« Les élu-es et l’accueil des réfugiés »

Marie-Christine Vergiat, députée européenne, explique son engagement

jeudi 16 mars 2017

Cette formation du CIDEFE se tiendra à Nice le vendredi 31 mars 2017

1,5 million de personnes sont arrivées illégalement sur le territoire de l’UE dont 1 million via la Méditerranée en 2015 (850 000 de la Turquie vers la Grèce essentiellement à partir du mois de mars 2015).

Après l’accord UE/Turquie, et quoi que l’on pense de cet accord, les choses ont évolué puisque seulement 363 000 personnes ont traversé la Méditerranée (moitié vers la Grèce et moitié vers l’Italie) et que, depuis le début de l’année, ce nombre s’est réduit à 20 000, soit, une projection haute de 100 000 à la fin de l’année alors qu’il y a plus de 21,5 millions de réfugiés dans le monde selon le HCR.

Pour autant, on assiste à une fuite en avant des institutions européennes sous la pression des États membres pour verrouiller encore et encore les frontières de l’UE, ficher toutes celles et tous ceux qui veulent y séjourner, repérer les dépassements de durée de séjour autorisée afin d’accélérer les refoulements et accélérer les accords de réadmission.

Or, la réalité de l’Union, c’est l’incapacité de ses États membres à faire preuve de solidarité et à répondre à des situations d’urgence. On l’a vu notamment avec leur refus de mettre en œuvre réellement le mécanisme d’urgence pour les relocalisations.

Et l’exemple de la France, est particulièrement symbolique. Non seulement elle n’accueille pas toute la misère du monde mais elle est loin d’y prendre sa part. Ainsi, en 2015, le nombre de demandeurs d’asile a fort peu augmenté contrairement à la plupart des pays européens et c’est l’un des pays dont le taux d’acceptation de ces demandes est l’un des plus bas de l’UE (environ 30 % pour une moyenne européenne de 52%)

La situation dans la vallée de la Roya est exemplaire de cette absence de solidarité. Les autorités françaises utilisent le rétablissement des frontières demandé au moment de la COP21 et maintenu après les attentats de novembre 2015 pour bloquer et refouler les migrants à la frontières franco italienne au mépris du droit tant national qu’européen alors même que l’Italie est redevenu le 1er pays d’entrée vers l’UE pour ces hommes et de plus en plus ces femmes et ces enfants qui fuient guerres et persécutions.

30 000 refus d’entrée sur le territoire, soit 70% de l’ensemble des refus sur le territoire français et seulement 7 à 800 demandes d’asile déposées, soit 1% du nombre total des demandes en France.

Des solidarités citoyennes se lèvent mais les pouvoirs publics y répondent par le harcèlement, voire les poursuites judiciaires alors qu’ils n’accomplissent que des gestes d’humanité.

Alors oui, une des questions qui nous est posée est de voir comment les communes peuvent accompagner ces mouvements et se montrer elles aussi solidaires comme cela a été fait par exemple à Grande Synthe, à Ivry et ailleurs.

Interviendrons également :

 Gérald Briant, adjoint au maire du XVIIIe arrondissement de Paris 
 Cécile Dumas, conseillère municipale d’Antibes (06) 
 Gérard Sadik, responsable de la commission asile CIMADE 
 Jean-François Téaldi, président de l’ADECR 06 et conseiller municipal de Cagnes-Sur-Mer (06) 
 Marie-Christine Vergiat, députée européenne

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 06:23

Je souhaite, par ce message, apporter mon soutien à l’initiative commune de ce 17 mars 2017, devant le Conseil Constitutionnel, visant à porter l’exigence d’un rassemblement des gauches sociales et écologistes. Retenu en circonscription, je ne peux m’associer physiquement à cette conférence de presse, dont je partage pourtant la nécessité et l’urgence. Je fais en effet le constat, comme beaucoup à gauche, que nous ne sommes collectivement pas à la hauteur de l’enjeu qui se dresse devant nous lors de cette échéance présidentielle.

La colère des Français est telle, le spectacle entretenu sur tous les écrans par les médias et les forces dominantes si affligeant, qu’il semble aujourd’hui quasiment impossible d’éclairer et de faire grandir les consciences. Beaucoup des forces en présence ont intérêt à exploiter encore et encore les rebondissements personnels et les affaires. Nous savons à quoi cela mène : un encouragement permanent à l’abstention, un vote par défaut ou un vote de repli aux conséquences très lourdes.

Loin de permettre aux citoyens de se saisir du contenu politique défendu par nos sensibilités respectives pour changer leur vie, la division actuelle entretient le renoncement à construire une gauche porteuse de progrès social et écologique. Acter l’impossibilité de rassemblement, c’est éloigner un peu plus de la construction de leur avenir une majorité de Françaises et de Français. C’est aussi les jeter dans les bras de choix politiques délégataires, perçus comme seule alternative, mais contraires à l’intérêt du plus grand nombre, voire mettant en danger l’avenir même de notre socle républicain. Alors qu’il est plus que jamais nécessaire de travailler d’arrache-pied à l’élargissement de l’implication sociale et citoyenne dans les choix politiques du pays, ne refusons pas aux Françaises et aux Français la possibilité d’entrouvrir une perspective politique de gauche.

Comme le souligne le texte d’invitation à cette initiative, « jamais les convergences et les attentes n’ont été aussi fortes dans la jeunesse, le syndicalisme, les mouvements citoyens, chez les intellectuels et le monde de la culture. L'annonce d'un rapprochement créerait une dynamique politique dans le pays et ainsi permettrait à une candidature de gauche d'être au deuxième tour pour gagner ensuite. »

Je peux en témoigner comme Président du groupe de la gauche démocrate et républicaine, au sein duquel les député-e-s Front de gauche ont œuvré depuis 5 ans sans relâche, à l’appui du mouvement social, pour créer des passerelles à l’Assemblée nationale avec d’autres député-e-s progressistes : jamais les positions de nos sensibilités politiques respectives n’ont été aussi proches. Indéniablement, tous les ingrédients sont à notre disposition pour relever un espoir populaire, indissociable d’un premier acte de convergence à gauche. Les circonstances politiques, l’état du pays, de l’Europe, du monde, l’exigent.

Dans ce moment politique particulièrement pénible pour tant de nos compatriotes qui partagent l’essentiel de nos valeurs communes, il nous faut amplifier notre cri de conscience collectif pour ouvrir enfin l’ère du commun. Car, qui peut croire sincèrement que nous pourrions commencer à nous extraire des politiques libérales et d’austérité sur le fondement d’une division électorale assumée le 23 avril prochain ?

A cet instant, nous comptons beaucoup d’appels au rassemblement et à l’intelligence collective. J’ai apporté mon soutien à certaines de ces initiatives publiques, dont le dernier appel « Rassemblement à gauche : urgence - Pour une candidature commune à l'élection présidentielle et un pacte de majorité » qui me semble complémentaire avec beaucoup d’autres démarches unitaires.

Il n’est jamais temps de renoncer. Et je citerai encore une fois pour conclure la célèbre citation de Bertolt Brecht : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

André CHASSAIGNE, Député du Puy-de-Dôme

 

André Chassaigne, député PCF-Front de Gauche du Puy-de-Dôme: L'exigence de se rassembler (vendredi 17 mars 2017)
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 20:28
L'imposture du FN et Marine Le Pen démasquée
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 19:35
Traité international de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada: 43 sénatrices et sénateurs s’associent aux 100 députés ayant saisi le Conseil constitutionnel

 

Le mercredi 15 février 2017, Le Parlement européen a ratifié l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, plus connu sous l’acronyme de CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) par 408 voix pour, 254 contre et 33 abstentions.

Le CETA étant un « accord mixte », il revient désormais à 38 parlements nationaux et régionaux, compétents en matière commerciale de se prononcer sur le texte, pour qu’il soit définitivement ratifié. Cet accord viendra donc en son temps devant le Parlement français et nous vérifierons alors si les parlementaires le valident. Cependant, quelle que soit l’analyse que les uns et les autres font de ce traité

– certains le jugent équilibré et positif, d’autres qu’il est l’aboutissement d’une logique de libre-échange dépassée – nous considérons qu’il est nécessaire de recueillir l’avis du conseil constitutionnel. En effet, de multiples questions se posent quant à sa compatibilité avec la Constitution de la cinquième République et il est décisif de savoir en amont si la ratification du CETA nécessitera ou non une révision constitutionnelle. Les interrogations principales portent sur les six sujets suivants :

- les stipulations du Traité affectant l’élaboration des normes nationales portent-elles atteinte aux conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale ?

- les stipulations du Traité conférant à des tiers à l’ordre juridique français et européen le pouvoir de définir des obligations pesant sur l’État français et d’influer sur les normes nationales portent-elles atteinte aux conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale et aux conditions d’exercice de compétences qui ont été attribuées par les États membres à l’Union européenne en contradiction avec les dispositions du titre XV de la Constitution ?

- la procédure de règlement des différends relatifs aux investissements entre investisseurs et États porte-t-elle atteinte à plusieurs principes constitutionnels ?

 - le Traité porte-t-il atteinte au principe d’information des citoyens et au principe d’intelligibilité et d’accessibilité de la loi ?

 - le Traité porte-t-il atteinte du principe de précaution ?

 - enfin, l’application provisoire du Traité porte-t-elle également atteinte à la Constitution ?

Le mercredi 22 février 2017, 106 députés ont donc formellement saisi le conseil constitutionnel pour lui demander de répondre à ces interrogations majeures. Aujourd’hui, mercredi 8 mars 2017, nous sommes 43 sénatrices et sénateurs (liste ci dessous), venant de différents groupes politiques, à annoncer que nous souhaitons solennellement nous associer à cette démarche. Nous espérons une réponse rapide du conseil constitutionnel sur cette question, afin que les intérêts du peuple français soient pleinement respectés et que le nécessaire débat public et parlementaire se déroule enfin dans une parfaite transparence.

Liste des sénatrices et sénateurs signataires  :

ABATE Patrick, CRC
ASSASSI Éliane, Présidente du groupe CRC
BEAUFILS Marie-France, CRC
BENBASSA Esther, écologiste
BILLOUT Michel, CRC
BLANDIN Marie-Christine, écologiste
BOCQUET Éric, CRC
BOSINO Jean-Pierre, CRC
BOUCHOUX Corinne, écologiste
BOURQUIN Martial, socialiste
CABANEL Henri, socialiste
COHEN Laurence, CRC
COLLOMBAT Pierre-Yves, RDSE
CUKIERMAN Cécile, CRC
DANTEC Ronan, écologiste
DAVID Annie, CRC
DEMESSINE Michelle, CRC
DESESSARD Jean, écologiste
DIDIER Évelyne, CRC
DURAIN Jérôme, socialiste
ESNOL Philippe, RDSE
FAVIER Christian, CRC
FOUCAUD Thierry, CRC
GODEFROY Jean-Pierre, socialiste
GONTHIER-MAURIN Brigitte, CRC
GORCE Gaëtan, socialiste
HOARAU Gélita, CRC
JEANSANNETAS Eric, socialiste
JOURDA Gisèle, socialiste
LABAZEE Georges, socialiste
LABBE Joël, écologiste
LAURENT Pierre, CRC
LE SCOUARNEC Michel, CRC
LIENEMANN Marie-Noëlle, socialiste
MASSERET Jean-Pierre, socialiste
MEUNIER Michèle, socialiste
MONTAUGÉ Franck, socialiste
POHER Hervé, apparenté écologiste
PRUNAUD Christine, CRC
RIVOLLIER Évelyne, CRC
VAUGRENARD Yannick, socialiste
VERA Bernard, CRC
WATRIN Dominique, CRC

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