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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 13:50
"Cette jeune femme est érythréenne. Elle pensait trouver refuge à Paris. Pendant des semaines, elle a dormi au milieu de la circulation sur le terre-plein central en-dessous du métro aérien à Stalingrad. Jeudi 8 septembre, la police a délogé ceux qui se réfugiaient sous cet abri de fortune. Incarcérant ceux qui n'avaient pas encore eu le temps de déposer leur demande d'asile et chassant dans les rues avoisinantes les autres. Des barrières entourent désormais le terre-plein pour empêcher ceux qui voudraient se protéger de la pluie d'y revenir. Tout l'été, des barrières ont été dressées tout le long du métro aérien pour empêcher les réfugiés de s'y réinstaller. Eté 2016, Paris, championne du barriérage." (©Hind Meddeb)

"Cette jeune femme est érythréenne. Elle pensait trouver refuge à Paris. Pendant des semaines, elle a dormi au milieu de la circulation sur le terre-plein central en-dessous du métro aérien à Stalingrad. Jeudi 8 septembre, la police a délogé ceux qui se réfugiaient sous cet abri de fortune. Incarcérant ceux qui n'avaient pas encore eu le temps de déposer leur demande d'asile et chassant dans les rues avoisinantes les autres. Des barrières entourent désormais le terre-plein pour empêcher ceux qui voudraient se protéger de la pluie d'y revenir. Tout l'été, des barrières ont été dressées tout le long du métro aérien pour empêcher les réfugiés de s'y réinstaller. Eté 2016, Paris, championne du barriérage." (©Hind Meddeb)

Journaliste et réalisatrice franco-tunisienne, Hind Meddeb est la fille du grand intellectuel Abdelwahab Meddeb. Elle vient de passer plusieurs semaines parmi les réfugiés pour le tournage d'un documentaire. Elle livre ses réflexions, dans ce texte qui dénonce l'urgence de leur situation à Paris.

Jusqu’ici, l’Etat français répond à la question de l’afflux de réfugiés par la violence, l’humiliation et le déni. Par Hind Meddeb.

Ils sont une cinquantaine par jour à arriver du Soudan, d’Ethiopie, d’Érythrée, de Somalie, du Tchad, du Niger, d’Afghanistan. Ils fuient la guerre, le terrorisme, la dictature militaire, le nettoyage ethnique… Certains arrivent de Calais n'ayant pas réussi à passer en Angleterre, d’autres ont passé la frontière italienne à Vintimille, d’autres encore ont traversé toute l’Europe en passant par la Turquie puis la Grèce ou la Bulgarie. Sur le chemin de l’exil, la France est souvent le dernier guichet, si on les rejette, ils n’auront nulle part où aller.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, Paris n’avait jamais eu à faire face à un tel afflux de réfugiés. Malgré un gouvernement et une Mairie de gauche, l’accueil qui leur est fait est indigne. Pour déposer leur demande d’asile, ces hommes et ces femmes doivent faire la queue dans la rue des nuits entières. L’administration n’a pas obtenu de moyens supplémentaires malgré l’urgence. Il y a donc, de fait, beaucoup plus de candidats que de personnes reçues. Et naturellement, autour des bureaux de «France Terre d’Asile», entre Jaurès et Stalingrad, des campements sauvages se font et se défont au gré des «démantèlements administratifs» effectués par la police. Dans les faits, à Paris, des milliers de réfugiés dorment dans la rue. A Berlin où ils sont bien plus nombreux à avoir été accueillis, pas un seul réfugié n'est livré à lui-même.

Imaginez la situation d’un réfugié qui vient d’arriver à Paris: il est épuisé par un voyage qui a parfois duré plusieurs mois et pourtant aucun lieu n’est prévu pour le mettre à l’abri, il n’a aucun interlocuteur officiel, et donc aucune information sur la procédure à suivre pour demander à l’asile, il n’a rien à manger, nulle part où aller.

Dans un premier temps, il ne survit que grâce aux dons et à l’engagement personnel des riverains qui distribuent comme ils peuvent les besoins de première nécessité: une couverture, de la nourriture, des vêtements… Et qui se retrouvent aussi à soutenir les réfugiés dans leurs démarches administratives. Car le dossier OFPRA du demandeur d’asile doit être rempli en français et tout le monde sait qu’il faut éviter de laisser les traducteurs de l’administration le faire pour vous, au risque de voir le récit bâclé voir tronqué, car tous les moyens sont bons pour saper votre démarche et rejeter votre demande d’asile.

Lami, son épouse Besh et ses trois toutes jeunes soeurs sont arrivés il y a deux semaines à Paris. Ils font partie de la communauté oromo persécutée par le pouvoir militaire en Ethiopie. L’ethnie oromo représente près de la moitié de la population éthiopienne. Mais ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone. Un grand projet urbain autour de la capitale Addis Abeba prévoit d’exproprier de leurs terres agricoles les paysans oromos. Chaque fois que la communauté oromo manifeste pacifiquement, la police tire à balles réelles. Les intellectuels, les leaders politiques oromos, les étudiants sont arrêtés arbitrairement, torturés, humiliés publiquement.

Dans son pays, Lami était un étudiant comme un autre. Mais depuis que les manifestations ont commencé, tout le monde est suspecté. N’importe qui peut être arrêté, exécuté. S’il n’était pas oromo, il aurait pu vivre normalement dans son pays. Mais un racisme institutionnel s’est instauré contre sa communauté. Il a tout abandonné pour sauver sa vie. Avec sa femme et ses soeurs, ils ont pris la route pour un long périple qui se termine à Paris. Anglophone, il rêverait d’aller en Angleterre ou au Canada, mais il sait que les frontières sont fermées.

Chaque jour, sur le campement, il entend des rumeurs contradictoires sur le meilleur guichet où entreprendre les premières démarches : vaut-il mieux déposer sa demande à Paris, à Melun, à Evry? Jamais il n’aurait imaginé qu’un jour, il dormirait dans la rue à Paris. Lami est chrétien. Avec sa femme et ses belles soeurs, il s’est rendu à l’église la plus proche pour demander de l’aide. Il a dû essuyer un refus poli.

Depuis son arrivée, Lami et sa famille n’ont jamais rencontré un fonctionnaire de la Mairie, une assistante sociale ou une quelconque aide officielle de l’Etat. Tous les deux jours, ils voient des dizaines de cars de CRS encercler le campement de l’avenue de Flandres. Par chance, Lami s’est installé en contre-haut de la Rotonde, à l’abri des regards. Et à chaque fois que la police arrive, il est tenté d’aller à leur rencontre pour se faire arrêter parce qu’il espère qu’en montant dans le car de police, il serait enfin logé en attendant de faire ses premières démarches.

Il m’a fallu lui expliquer à plusieurs reprises de s’éloigner du périmètre quand la police arrive. Car cela fait des semaines que la Préfecture de police de Paris organise de fausses mises à l’abri et ramasse tous ceux qui n’ont pas encore eu le temps de déposer leur demande d’asile (15 interventions purement répressives depuis le 31 juillet).

Une fois arrivés au commissariat, les réfugiés ne savent pas qu'ils ont droit à un avocat et un traducteur, ils ressortent avec des OQTF (obligation de quitter le territoire), d’autres sont incarcérés dans des centres de rétention administrative dans l'attente de les renvoyer dans le pays par lequel ils sont entrés dans l'Union européenne (procédure Dublin), ce qui voudrait dire que l'Italie, la Bulgarie et la Grèce devraient supporter à elles seules l'afflux de réfugiés? L'équation est impossible et pourtant cette procédure absurde existe bel et bien.

La plupart des personnes arrêtées sont libérées le jour-même. Et quand elles reviennent dormir sur le trottoir qu’elles ont quitté quelques heures plus tôt, toutes leurs affaires, leurs matelas et leurs couvertures de fortune ont disparu, jetés dans des bennes à ordure par la «Propreté de Paris». En utilisant ce procédé vicieux, la France viole sciemment les droits fondamentaux de personnes vulnérables et le droit d’asile.

Jusqu’ici, l’Etat français répond à la question de l’afflux de réfugiés par la violence, l’humiliation et le déni. Cette politique est le fruit de la montée d’une opinion hostile aux migrants. La haine anti-migrants augmente à chaque attaque terroriste qui frappe la France.

En choisissant de suivre la ligne imposée par l’extrême droite, le gouvernement socialiste tombe dans le piège tendu par les organisations terroristes islamistes qui fleurissent de la Mauritanie à l’Irak… L’un des objectifs poursuivi par Daech, Aqmi, Boko Haram et consorts est en bonne voie: semer la discorde et la haine en Europe. Cette situation tragique pourrait dégénérer. Aujourd’hui les migrants sont malmenés par la police en France, en Allemagne ils sont parfois attaqués par les populations civiles, quelle sera la prochaine étape, lorsqu’ils arriveront encore plus nombreux?

La plupart des Afghans que j’ai rencontrés autour du métro Stalingrad à Paris ont fui leur pays parce qu’ils refusaient de se faire enrôler par les Talibans. Certains Maliens ont tout perdu parce que leur village a été pris par Aqmi. Mais dans l’imaginaire commun, le migrant est un potentiel terroriste et les derniers événements survenus en France et en Allemagne ne font que confirmer cette opinion commune. Au lieu de déconstruire ce préjugé fallacieux, nos politiques l’alimentent à des fins électoralistes. L’échec d’Angela Merkel aux dernières élections régionales confortent l’actuel gouvernement français dans l’idée qu’il faut continuer à réprimer et surtout ne pas accueillir.

Pourtant, ne pas accueillir est encore plus dangereux. Ceux qui arrivent sont naïfs et plein d’espoir. Ils sont prêts à travailler dur pour s’en sortir. Certains sont éduqués, volontaires et inventifs, ils représentent une énergie positive et une immense richesse pour la France. Mais si on les laisse à la rue, dans des situations vulnérables, sans papiers, sans perspective, ils ne disparaîtront pas. S’ils retournent dans leur pays, c’est la mort. Et le droit international nous interdit de renvoyer une personne dans un pays en guerre.

Si nous les laissons errer dans les rues de Paris, alors nous nions leur existence en tant qu’êtres humains et ils deviendront l’ombre d’eux-mêmes, on aura réussi à les casser, ils deviendront des sans-logis, et le coût social de ce gâchis humain sera beaucoup plus élevé pour l'Etat que si nous leur donnons une chance de faire partie de notre société. Et le plus grave, c'est que si l'Etat français continue cette politique répressive sans vision à long terme, ces réfugiés deviendront aussi des proies faciles pour les réseaux mafieux et les réseaux intégristes.

Croire que le réfugié est un potentiel terroriste quand il arrive, est une contradiction dans les termes, puisqu’il fuit précisément des régimes terroristes et croit que la France est le pays de la liberté. Le processus actuellement mis en oeuvre à Paris vise à déshumaniser la figure du réfugié. Chaque fois que j’assiste à ce que l’administration appelle «évacuation» ou «mise à l’abri» et que je vois avec quel mépris les policiers s’adressent aux migrants, avec quelle violence ils éloignent les caméras et les appareils photo, je pense aux plus sombres heures de l’histoire européenne.

Nous, Parisiens, sommes aujourd’hui confrontés à une terrible contradiction, à laquelle, nous assistons chaque jour sous nos fenêtres. La France est victime d’attentats terroristes sur son sol. Comment peut-elle refuser d’accueillir des hommes et des femmes qui fuient ce même terrorisme qui a mis leur pays à feu et à sang? Nous ne pouvons pas continuer à pleurer nos morts tout en ignorant le sort réservé aux réfugiés qui arrivent chez nous parce qu’ils fuient précisément ce qui désormais nous concerne aussi à intervalles réguliers depuis les attentats de «Charlie Hebdo», les attaques du 13 novembre ou le drame de Nice. Notre destin est intimement lié à celui des réfugiés afghans, syriens, kurdes, nigérians, maliens, mauritaniens ou soudanais, qu’on le veuille ou non.

Nous avons le devoir et la responsabilité d’accueillir dignement ces hommes et ces femmes qui méritent notre respect parce qu’ils ont eu le courage de traverser la mer ou un continent pour échapper à l’horreur. Ou alors, nos larmes pour les victimes du 13 novembre ou de Nice ne sont que des larmes de crocodile. Les attentats qui ont endeuilléParis en 2015 devraient nous faire prendre conscience de la situation de ces milliers de candidats à l’exil qui arrivent sur nos trottoirs parce qu’ils fuient cette même terreur.

Les attentats qui frappent Kaboul, Bagdad, Niamey, Nouakchott, ou Mogadiscio ne sont pas sans conséquence. Nous les regardons de loin mais ils frappent aujourd’hui à notre porte. Dans un monde mondialisé, qu’on le veuille ou non, nous partageons le même destin que ces réfugiés et nous ne pouvons pas détourner le regard ou refuser notre solidarité, à moins de renoncer aux principes mêmes de notre République, principes que nos politiques s’empressent d’invoquer au lendemain de chaque attentatqui frappe notre sol.

Baktash est afghan. A Kaboul, il faisait partie de l’équipe nationale de taekwondo. Il est aussi ingénieur en informatique. Les Talibans considèrent que le sport est haram, le capitaine de son équipe se fait assassiner. Baktash se rend alors sur les plateaux de télévision pour dénoncer ce crime ignoble. Sa prise de position publique en fait une cible. A son tour, le voilà menacé de mort. A plusieurs reprises, il échappe de peu à ses assassins. Il n’a plus le choix, il doit partir, sinon tôt ou tard ils finiront par le tuer. Il laisse derrière lui une bonne situation, sa famille. S’il avait eu le choix, il serait resté vivre dans son pays.

Dans son village, Arman vivait heureux avec sa mère. Jusqu’au jour où son oncle taliban l’enrôle de force. Il n’a pas le choix, soit il obéit aux ordres, soit c’est la mort. Il décide de fuir. Il part seul, traverse à pied les montagnes qui séparent l’Afghanistan de l’Iran avant d’arriver en Turquie puis de traverser la Bulgarie où il vit plusieurs semaines dans la forêt. Il a décidé qu’il irait en France, c’est le pays dont il rêve.

Des histoires comme celles de Baktash et d’Arman, il y en a par milliers. Mais on ne nous les raconte pas le soir à la télévision. Au 20h, les migrants sont juste cette masse informe qui s’échoue en mer et s’accroche aux barbelés que l’Europe dressent à ses frontières.

Nous, Parisiens, qui vivons dans l’une des plus belles villes du monde, commençons par regarder, descendre de chez nous, nous arrêter sur les campements, engager la conversation, et pourquoi pas tisser des liens d’amitié. Car au-delà des problèmes humanitaires ou administratifs, le dialogue avec ces hommes et ces femmes est précieux, pour eux comme pour nous.

La manière dont la France gère la crise migratoire est symptomatique de son manque d’engagement pour déconstruire les arguments qu’utilisent les islamistes radicaux pour recruter dans notre jeunesse.

A la suite des attentats du 13 novembre, la réponse de notre gouvernement a été sécuritaire et identitaire, en votant l’état d’urgence et en proposant d’instituer la déchéance de nationalité. Le débat sur la déchéance de nationalité a déchiré notre société, établissant une hiérarchie entre Français de souche et binationaux, créant ainsi une inégalité de fait, et donnant des arguments supplémentaires à Daech qui s’empressa de s’adresser à la jeunesse musulmane de France : «Vous voyez, ils ne vous considèrent pas comme des Français comme les autres, rejoignez-nous, nous vous donnerons un statut, une reconnaissance que vous n’aurez jamais en France.»

Il me semble que jusqu’ici, nos politiques ont un discours convenu sur l’Islam et le terrorisme et qu’ils n’ont toujours pas entamé le travail nécessaire pour résister à cette propagande venue d’ailleurs et proposer des alternatives sérieuses à une jeunesse musulmane désenchantée.

Si les autorités continuent de considérer que les migrants ne sont pas des hommes, qu’ils sont de potentiels terroristes et qu’en les maltraitant on les fera disparaître comme par miracle, alors oui, la France deviendra immanquablement une fabrique de terroristes.

Et c’est ce qu’il nous faut absolument éviter.

Ayons le courage de le dire et d’oeuvrer en ce sens.

Hind Meddeb

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 05:44
La terre appartient aux agriculteurs, pas aux spéculateurs

Gérard LE PUIL

L’HUMANITE DIMANCHE

Jeudi 1er septembre 2016

La construction de lotissements ou de vastes zones commerciales bétonnent, chaque année, 70 000 hectares de terres fertiles.

Alors que les moissons de cet été ont donné une récolte décevante en raison du climat, il n'est pas vain de méditer sur la nécessaire préservation des terres agricoles. Ce fut souvent le dernier souci des gouvernants, de bon nombre de parlementaires, de présidents de région, d'élus départementaux, voire de certains maires depuis des décennies. Il suffit de voir les lotissements pavillonnaires et les vastes zones commerciales à la sortie des villes pendant que crèvent les commerces du centre pour comprendre comment on a bétonné quelque 70 000 hectares de terres fertiles chaque année pour peu d'utilité. Cela revient à soustraire la superficie d'un département tous les sept ans à l'agriculture, au détriment des générations futures.

Nous entrons progressivement dans un monde de rareté. Nous devons aussi diviser par quatre la consommation d'énergies fossiles d'ici à 2050 pour freiner le réchauffement climatique. D'ici la fin du siècle en cours, les terres agricoles et les forêts redeviendront les principales richesses disponibles. D'ailleurs, les prix des terres et des forêts augmentent désormais plus vite que l'inflation en France. Toutefois, le prix moyen d'un hectare est de 6 000 euros chez nous, contre 7 700 en Pologne et 55 000 aux Pays-Bas.

Le prix, désormais, croît plus que l'inflation. Ici 6 000 euros à l'hectare agricole et 55 000 aux Pays-Bas !

Nous connaissons une pause relative de la tendance haussière du prix de la terre dans la mesure où les récoltes mondiales de produits agricoles de base comme les céréales, les oléagineux et le sucre ont dépassé la demande solvable ces trois dernières années. Mais, quand un risque de pénurie mondiale apparaîtra, suite à une ou deux mauvaises récoltes, on verra flamber les prix de la nourriture et des terres arables.

Il faudra bientôt nourrir 9 milliards d'humains. Il sera alors dangereux de laisser la terre aux mains des détenteurs de capitaux spéculatifs. Elle doit devenir un bien commun au même titre que l'eau et l'air. Encore faut-il décider sous quelle forme. La France devrait légiférer dans un premier temps pour que ses terres agricoles ne deviennent pas propriété d'investisseurs étrangers, comme cela s'est récemment passé dans le département de l'Indre où, via une prise de participation de 98 % dans une société créée à cet effet, plusieurs centaines d'hectares sont passées sous la coupe d'investisseurs chinois.

Nationaliser le foncier en spoliant des paysans qui ont besoin de compléter leur maigre retraite par le revenu du fermage de quelques hectares ne peut être envisagé. Mais, alors que le livret A ne rapporte plus que 0,75 % d'intérêt, il doit être possible de canaliser une partie de l'épargne populaire pour l'acquisition de terre par une banque publique. Cette maîtrise progressive du foncier permettrait aussi d'installer des jeunes paysans, de développer du maraîchage et des circuits courts de distribution pour les citadins. Des pratiques voisines ont déjà cours grâce aux activités de l'association Terre de liens. Le moment est venu d'aller plus loin dans cette voie.

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 06:22
Un syndicaliste éborgné jeudi lors de la manifestation à Paris

16 SEPTEMBRE 2016 | PAR CHRISTOPHE GUEUGNEAU

Laurent, syndicaliste Sud Santé de 43 ans, a été touché jeudi 15 septembre par un projectile place de la République, à la fin de la manifestation parisienne contre la loi sur le travail. Pris en charge à l’hôpital Cochin, le chirurgien n’a pu sauver son œil. Son syndicat récolte les éléments, en vue de déposer plainte en début de semaine prochaine.

Les manifestations contre la loi sur le travail ont repris jeudi 15 septembre. Les violences policières aussi. Dans un communiqué diffusé à la suite du défilé parisien, la préfecture de police établit un sobre bilan : « 8 policiers et gendarmes ont été blessés dont 2 présentant des brûlures suite aux jets de cocktails Molotov. 4 manifestants ont été blessés. » Si le bilan des blessés parmi les forces de l’ordre est incontestable, celui des manifestants blessés laisse perplexe. Dès la fin de la manifestation, des « street medics » croisés place de la République parlaient déjà d’au moins une dizaine de blessés. Parmi ceux-ci, un homme avait dû être pris en charge sur le parcours, grièvement blessé à la tête.

Mais le cas le plus grave n’est intervenu qu’une fois le cortège arrivé place de la République. Laurent Theron, un syndicaliste de Sud Santé Sociaux de l’AP-HP, âgé de 43 ans et père de deux enfants, a été touché à l’œil par un projectile apparemment lancé par les forces de l’ordre. Opéré à l’hôpital Cochin, son œil n’a pu être sauvé.

Il est environ 16 h 45 jeudi. La tête de cortège est parvenue depuis environ 16 heures jusqu'à la place de la République, après avoir défilé depuis Bastille. Des groupes syndicaux arrivent encore. Des échanges de projectiles lancés par certains manifestants et de gaz lacrymogènes par la police ont lieu à quelques minutes d’intervalle, de façon sporadique, mais dans l’ensemble la situation est assez calme sur la place, qui baigne dans un léger nuage.

Laurent Theron se trouve derrière la rampe de skateboard, sur le terre-plein central. Il n’est pas cagoulé, n’a pas de casque, pas même de lunettes de plongée qui pourraient le protéger des gaz lacrymogènes. Il est seul et a même « les mains dans les poches », selon un témoin. Survient alors, selon la quinzaine de témoignages recueillis par le syndicat Solidaires, un mouvement de foule, suivi d’une charge de policiers en tenue. Des grenades lacrymogènes sont lancées. Selon quatre témoignages, il y a aussi au moins un tir de grenade de désencerclement. Selon un témoin qui se trouve à ce moment-là juste à côté du syndicaliste, une grenade de désencerclement est lancée en cloche sur ce groupe. Un autre témoignage fait état d’une explosion assourdissante. Un autre témoin placé un peu plus loin confirme un tir en cloche.

Laurent Theron est blessé à l’œil. Un manifestant présent à ses côtés est blessé à la jambe. Le syndicaliste est évacué de la place par deux CRS tout en étant pris en charge par des « street medics ». Un médecin qui a vu la scène arrive également. Il faudra cependant 55 minutes avant que Laurent Theron ne soit pris en charge par les pompiers, puis évacué vers l’hôpital Cochin. Selon Solidaires, des photographies récupérées par la suite montrent une mare de sang dans laquelle se trouve une goupille, ce qui attesterait d’un lancer de grenade de désencerclement.

Introduite en 2004, cette grenade émet 160 décibels, et propulse des projectiles en caoutchouc – 18 au total – alentour, mais aussi les débris parfois coupants et plus ou moins gros de son emballage. Fabriquée notamment par la société SAPL, sous la dénomination commerciale DBD 95 (pour « dispositif balistique de dispersion », on l’appelle aussi « dispositif manuel de protection », DMP), elle a été conservée dans l’arsenal des forces de l’ordre malgré des incidents mentionnés en novembre 2014 dans le rapport d’inspection sur « l’emploi des munitions en opérations de maintien de l’ordre ».

Dans un communiqué diffusé vendredi après-midi, Solidaires dénonce « avec force l'usage disproportionné des grenades de désencerclement, lacrymogènes et des tirs de flash ball qui ont fait des centaines de blessé-e-s, parfois très graves ». « Plus largement, l’Union syndicale Solidaires, avec la CGT, la FSU, le SAF, la LDH, la FIDL et l’UNL, demande l’ouverture d’une enquête parlementaire sur les choix opérés par le ministère de l’Intérieur depuis le début de la mobilisation contre la “loi travail” et que les responsables de la mutilation de Laurent Théron répondent de leurs actes », conclut le communiqué.

Un appel à témoignages a également été lancé via l’adresse mail temoignage-repu@laposte.net.

Transporté à l’hôpital Cochin, Laurent Theron a été opéré mais son œil n’a pu être sauvé, nous confirme un proche. « Le chirurgien n’a pas pu déterminer avec certitude la nature de l’impact », précise ce proche. Selon Éric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires, le chirurgien a tout de même estimé qu’il pouvait bien s’agir d’un« élément de grenade ».

Solidaires est à présent en train de préparer un dossier en vue de déposer une plainte à l’IGPN, la police des polices, sans doute en début de semaine prochaine.

Si la piste d’une grenade de désencerclement se confirme, ce sera la seconde fois que l’usage de cette arme fait un blessé grave lors d’une manifestation parisienne. Le 26 mai dernier, une grenade lancée devant une foule pourtant calme près du cours de Vincennes, à Paris, à l’issue d’une manifestation, avait touché à la tête Romain D., un jeune homme de 28 ans (lire notre article). Lors de ce précédent, la grenade avait été lancée « de manière conventionnelle », en la faisant rouler sur le sol. Il semblerait que ce ne soit pas le cas pour Laurent Theron jeudi.

La veille de la manifestation, un collectif rendait par ailleurs publique une série de témoignages de violences policières qui ont fait l’objet, pendant l’été, d’une saisine du Défenseur des droits – nous y reviendrons ces prochains jours. Depuis le début des manifestations contre la loi sur le travail, de nombreux manifestants ont été blessés, et pas seulement à Paris. Mediapart avait publié une page entière d'extraits vidéo de ces violences fin mai (à voir ici). Le site Buzzfeed News a pour sa part recensé certaines de ces violences dans un tableau régulièrement mis à jour (à voir ici). Selon le site, « le ministère de l’intérieur déclare qu’il y a actuellement 92 enquêtes judiciaires en cours et 7 enquêtes administratives ». Le site précise que le ministère lui a assuré qu’aucune sanction n’a encore été prise « puisque les enquêtes sont en cours ».

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 05:43
RENNES - Samedi 24 Septembre 2016 - En marche pour la paix !
RENNES - Samedi 24 Septembre 2016 - En marche pour la paix !

Le Mouvement de la Paix a lancé un appel pour une manifestation pour la paix.

100 organisations ont signé l'appel et 1000 citoyens s'unissent pour appeler à manifester

dans le cadre des manifestations du samedi 24 septembre, une manifestation est prévue à Rennes.

En accord avec le collectif régional d'organisation et le Mouvement de la Paix c'est la CGT qui coordonne les départs en cars depuis le Finistère, le Morbihan, et les Cotes d'Armor pour la Marche pour la paix de Rennes.

Voici les arrêts prévus pour les cars

Trajet Bretagne Nord( depuis Brest) : 8h30 Brest ; 9h15 Morlaix ;10h00 Guingamp ; 10h45 Saint Brieuc ;12h00 Rennes

Trajet Bretagne Sud ( depuis Quimper): 8h30 Quimper ; 9h15 Quimperlé ; 9h45 Lorient ; 10h15 Vannes ;12h00 Rennes

Couverture du coût des cars

Le principe d'un partage du cout les organisations membres du collectif a été acté.

Mais chaque personne qui prend le bus peut participer aux frais en fonction de ses moyens.

Un appel à dons en particulier auprès des personnes habitant Rennes ou qui ne se déplacent pas le bénéfice résultant des sandwichs etc vendus sur le site à Rennes iront dans le pot commun Des attestations de dons seront établies par Le Mouvement de la paix pour les dons faits sur son site régional via paypal en cliquant sur le lien ci après http://culturedelapaix.org/dons/

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 05:42
S'ils te mordent, mors-les!

S'ils te mordent, mors-les!

Loi travail

Vous avez dit baroud d’honneur ?

La rentrée sociale est à l’image de la météo, chaude et orageuse, n’en déplaise à ceux qui avaient déjà enterré le mouvement social.

Sur tout le territoire, ce sont plus de 110 manifestations et rassemblements qui se sont déroulés à l’appel des 7 organisations mobilisées pour continuer de dire NON à la loi travail.

Malgré les mesures de sécurité draconiennes imposées par des préfectures pour pouvoir se rendre sur certains lieux de manifestation, plus de 170 000 salariés ont bravé les interdits et battu le pavé pour la 14ème fois.

Tous continuent d’être contre cette loi scélérate.

La CGT continuera de se battre pour, sur tous les terrains, empêcher l’application de cette loi, point par point, mesure par mesure, que ce soit au niveau local, dans les entreprises avec les salariés ou nationalement, tout comme devant la justice.

Nous continuons de nous mobiliser pour faire barrage à cette loi qui n’a pas été votée mais arbitrairement imposée aux salariés de ce pays.

A l’image du CNE-CPE, rien n’est gravé dans le marbre. Ce qui a été validé peut être annulé.

Aux politiques de prendre leurs responsabilités.

Montreuil, le 15 septembre 2016

Manif pour l'abrogation de la loi travail , plus de 170 000 salariés et citoyens dans les cortèges: vous avez dit baroud d'honneur? (CGT)
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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 05:15

L’Huma si j’y suis 2016 [VIDÉO 27’04]

Philippe MARTINEZ : « La lutte des classes, ça veut dire quelque chose »

Le jeudi 15 septembre 2016

« Un mauvais projet de loi devient une mauvaise loi. Il ne faut pas qu’elle rentre dans l’entreprise », promet le responsable de la CGT. « Nous ferons des recours juridiques. Le gouvernement fait la leçon à tout le monde et n’écoute pas l’opinion. Le mécontentement est toujours là ». C’était le dimanche 11 septembre, à la Fête de l’Huma, quelques jours avant la treizième journée d’action contre la loi El Khomri, le 15 septembre.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 07:15
Mobilisation contre la loi travail du 15 septembre!

Mobilisation contre la loi Travail du 15 septembre

Communiqué de la CGT

MARDI, 13 SEPTEMBRE, 2016

Les organisations syndicales de salarié-e-s et de jeunesse CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL appellent les salarié-e-s, privé-e-s d’emploi, étudiant-e-s, lycéen-ne-s, retraité-e-s à se mobiliser massivement le 15 septembre contre la loi Travail.

Selon des modalités décidées localement, la mobilisation prendra la forme de rassemblements, de manifestations, de grèves, etc… pour obtenir l’abrogation de cette loi et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.

  • Les revendications

La mise en place généralisée des 32 heures sans perte de salaire, seul moyen de
résorber le chômage de masse qui affecte 5,7 millions de nos concitoyens ;
La retraite à 60 ans avec la possibilité d’un départ anticipé à taux plein pour les salariés dans le cadre du compte pénibilité ;
Le droit effectif à la déconnexion et l’encadrement du forfait-jour pour les cadres
avec l’augmentation des jours de RTT pour ces salariés.
L’augmentation du Smic à 1 800 euros brut pour accroitre la consommation,
doper la croissance et financer la protection sociale ;
La reconnaissance dans les grilles de salaires et les classifications, des qualifications et les modes d’équivalence ;
Un taux de remplacement au minimum de 75 %, et en aucun cas inférieur au Smic,
pour une carrière complète de travail,
La revalorisation des minima sociaux

Vous trouverez aussi le communiqué de l'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaire du Finistère, réunie jeudi 8 septembre dernier à Brest.

L'action prendra la forme de rassemblements sur 4 lieux dans le Finistère:

Brest: à 12 devant la Sous-préfecture

Quimper: à 12 heures devant la Préfecture

Morlaix: à 11h30 place de la Mairie

Quimperlé à 10h30 stade Jean Charter

Le 15 septembre : dans la rue pour l’abrogation !

La loi Travail n’est pas bonne pour les salarié-e-s et les jeunes.

Alors que le chômage et la précarité augmentent, en affaiblissant les conventions collectives au profit des accords d’entreprise, cette loi va engendrer davantage de flexibilité et de précarité et remettre en cause nombre d’acquis sociaux. L’emploi, les salaires et les conditions de travail restent des préoccupations majeures pour les citoyen-ne-s.

La stabilité et la qualité des emplois sont non seulement gage de progrès social et de qualité de vie pour les salarié-e-s et les jeunes, mais sont aussi un facteur essentiel de création d’emplois. La loi Travail tourne le dos à cet enjeu !

Tous les pays qui ont fait l’expérience d’une telle réforme du droit du travail (Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Allemagne) en mesurent aujourd’hui les conséquences néfastes. Affaiblir le code du travail, c’est affaiblir les droits de tous les salarié-e-s !

Nos organisations vont continuer à exiger l’abrogation de cette mauvaise loi et lutter pour obtenir de nouveaux droits pour toutes et tous. Les organisations dénoncent les faits de répression dont sont aujourd’hui victimes des militant-e-s syndicauxales, des jeunes, des salarié-e-s et des agents publics.

Les organisations CGT, FO, FSU, Solidaires, du Finistère appellent les salarié-e-s, privé-e-s d’emploi, étudiant-es, lycéen-ne-s, retraité-e-s à se mobiliser massivement pour réussir la journée d’action du 15 septembre contre la loi Travail, pour obtenir l’abrogation de cette loi et conquérir de nouvelles garanties et protections collectives.

Morlaix. Loi Travail : l'intersyndicale appelle à manifester jeudi
http://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-loi-travail-lintersyndicale-appelle-manifester-jeudi-4471367

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 06:26

Une majorité de Français (54%) se dit favorable au vote des étrangers extra-communautaires pour les élections locales, selon un sondage Harris Interactive pour La Lettre de la Citoyenneté. Un chiffre en hausse de quatre points par rapport à 2015.

Aux non-membres de l'UE. "Une fois informés que les étrangers des pays de l'Union Européenne résidant en France ont le droit de vote aux élections municipales et européennes, une courte majorité de Français se déclare favorable à l'extension de ce droit aux étrangers non-membres de l'Union européenne", indique la Lettre de la Citoyenneté. Ainsi, 54% des personnes sondées se déclarent favorables au vote des étrangers aux élections locales et européennes, quatre points de plus que dans l'étude menée en 2015, mais cinq points en dessous du soutien maximum atteint en 2011 (59%).

A l'inverse, 42% se montrent défavorables au vote des étrangers, soit cinq points de moins qu'en 2015. Clivant, le droit de vote des étrangers aux élections locales était une des promesses du candidat François Hollande lors de sa campagne présidentielle de 2012. Pour pouvoir être mis en place, une réforme constitutionnelle est nécessaire et cette dernière nécessite le soutien d'une majorité de parlementaires (3/5), dont ne disposait pas le gouvernement.

Sondage réalisé par téléphone du 1er au 3 septembre 2016 sur un échantillon de 1.011 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 19:28

PLAÇONS LA SOLIDARITÉ AVEC ET ENVERS LES RÉFUGIÉS, AU CŒUR DES MARCHES POUR LA PAIX !

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Combien de réfugiés noyés sont-ils nécessaires pour révolter notre conscience ?

Communiqué de Presse du 6 septembre 2016 (pdf)

Combien d’êtres humains campés dans des conditions inhumaines parce qu’ils ont seulement voulu se sauver d’un pays dévasté par la guerre ou par la misère, sont-ils nécessaires pour amener nos gouvernements à assumer leurs responsabilités ?

Combien de violations du droit à l’asile par des États pourtant signataires de conventions officielles, sont-elles nécessaires pour mobiliser la communauté internationale ?

Victimes de conflits pour la redistribution des sphères d’influence à l’échelle étatique ou interétatique, de régimes liberticides et antidémocratiques, d’injustice sociale et d’inégalités économiques flagrantes à l’échelle nationale et dans le domaine des relations internationales, de dégradation de l’équilibre environnemental suite à une surexploitation des ressources naturelles, le nombre de personnes en déplacement forcé ne cesse d’augmenter chaque jour. Surtout après les interventions extérieures et les guerres dévastatrices en Afghanistan, en Iraq, en Syrie, en Libye ou en Afrique sub-saharienne, les rescapés originaires de ces pays, souhaitant demander refuge au sein de l’UE, se sont multipliés.

Obligé(e)s de fuir pour survivre, ils doivent faire face de plus en plus souvent, à des frontières fermées, barbelées, barricadées, les privant de leur droit au libre déplacement. Leur vulnérabilité et leur impuissance exploitées par des trafiquants sans scrupules, ils et elles sont poussé(e)s à risquer leur vie afin de contourner ces obstacles. Arrivé(e)s à leur destination souhaitée ou imposée, ils affrontent très souvent des politiques d’enfermement, de cantonnement dans des centres de détention ou des camps improvisés, des restrictions de leurs libertés individuelles, des violations des droits fondamentaux de l’être humain, des conditions humiliantes pour leur dignité, des exploitations dans le marché du travail.

A côté de ces phénomènes d’exclusion ou de discrimination, des initiatives de soutien et de solidarité à leur égard se sont également manifestées au niveau personnel ou collectif.

Nous toutes, nous tous, citoyennes et citoyens en marche aujourd’hui pour témoigner de notre adhésion aux principes de la culture de la paix, nous devons relayer autour de nous, par nos actes et nos discours, cet élan de solidarité ! Nous sommes tous concernés par la tragédie des réfugiés ! A la fois en tant qu’êtres humains et en tant que membres de sociétés coresponsables de leurs malheurs. N’oublions pas que les conflits à l’origine du déplacement des réfugiés de nos jours, sont en partie le résultat d’ingérences extérieures, présentées tantôt comme humanitaires, tantôt comme pacificatrices, par des pays divers et variés, dont certains membres de l’UE, agissant tous seuls ou sous l’égide de l’OTAN.

» En avant pour le succès des Marches pour la Paix du 24 septembre 2016″

N’oublions pas que la solidarité à l’échelle de l’État ne relève pas seulement d’un acte d’humanisme mais aussi d’un devoir qui découle des engagements pris lors de la rédaction des textes fondamentaux de l’UE et de la signature de conventions internationales concernant le droit à l’asile.

Condamnons les politiques inhumaines et criminelles de la fermeture des frontières et des marchandages cyniques avec des pays frontaliers de l’UE, visant à empêcher l’acheminement des réfugiés vers d’autres régions de cette union. Exigeons au contraire, de la part du gouvernement français et des autres gouvernements de l’UE de sécuriser les parcours, d’établir des voies légales d’immigration pour ceux qui fuient des situations conflictuelles, d’instaurer des « visa-asile », d’accueillir les migrants sur l’ensemble de ses territoires conformément au principe d’une réparation équitable et proportionnelle entre les pays-membres, de développer de structures d’intégration dans les sociétés locales.

Ne cédons pas aux discours haineux, nationalistes et racistes de groupes ou partis politiques, s’opposant à l’accueil des réfugiés et déclinant tout brassage culturel ou tout modèle de société multiculturelle. Combattons les amalgames qu’ils diffusent entre réfugiés et terroristes et dévoilons la récupération qu’ils tentent, des valeurs de la laïcité, afin de diviser la société française et mieux cacher leur intolérance à l’égard de la religion musulmane.

Exhortons nos gouvernements à favoriser un règlement pacifique des conflits en cours, et la négociation d’un ordre démocratique et pacifique sur les régions tourmentées. Pour ce faire, redonnons à l’ONU les moyens pour qu’elle puisse exercer sa mission d’arbitre pacificateur !

Dénonçons un commerce d’armes florissant (1800 milliards de dollars de dépenses militaires dans le monde en 2014 contre 8,4 milliards de dollars pour les opérations de Paix de l’ONU), dont l’étendue contribue, ne serait-ce de manière indirecte, à la poursuite et à l’escalade des conflits en cours, et dont les principaux ‘bénéficiaires’ en termes économiques, sont les principaux pays exportateurs.

Arrêtons les soutiens directs ou indirects à des régimes autoritaires et totalitaires à des fins purement géoéconomiques et géostratégiques.

Créons les conditions d’un monde économiquement juste et solidaire et oeuvrons pour une redistribution des richesses accumulées de manière inégalitaire et illégale à l’échelle planétaire, à travers les pratiques de néo-colonialisme et de concurrence déloyale.

Assumons nos responsabilités devant les générations futures censées de juger notre civilité et humanité à l’aune de nos attitudes présentes face aux populations persécutées et vulnérables.

Souvenons-nous des expériences des réfugiés de passés récents, ayant participé à la construction de la société française et d’autres sociétés de l’UE, et respectons la mémoire de toutes celles et ceux qui se sont battus pour qu’une crise d’accueil ou de solidarité, ne puisse plus se produire et coûter la vie à des êtres humains cherchant désespérément à se mettre à l’abri de pogroms et de pratiques d’extermination.

Le Mouvement de la Paix Saint-Ouen, le 6 septembre 2016

Plaçons la solidarité avec et envers les réfugiés au coeur des marches pour la paix du 24 septembre! Communiqué du mouvement pour la Paix
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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 13:46
La droite sioniste française (le CRIF) s'en prend au PCF, taxé d'antisémitisme: jusqu'où iront-ils dans leurs délires pro-coloniaux et pro-Netanyahou?

​Franchement, quand on lit ce genre d'insultes infâmantes du lobby pro-colonialiste israélien à propos du Parti Communiste Français, qui a toujours compté et qui compte encore beaucoup de juifs progressistes parmi ses militants et ses dirigeants, qui a toujours combattu l'antisémitisme sous toutes ses formes, notamment pendant l'occupation et dans les années 30, et qui base sa critique du gouvernement israélien et de la colonisation sur des principes universalistes de respect du droit à l'auto-détermination des peuples, du refus de l'apartheid et de la colonisation, on se dit que la raison et la mesure a bel et bien quitté les dirigeants du CRIF. Jusqu'à quand les dirigeants politiques français mangeront-ils dans la main de ces radicaux?

Cela montre en tout cas que la campagne pour Marwan Barghouti et pour BDS gêne prodigieusement les tenants du colonialisme de l'Etat israélien et de l'occupation militaire du peuple palestinien. C'est donc qu'il faut continuer, au nom de l'Humanité, de toute l'Humanité, juifs, arabes, et autres nationalités comprises.

Cela a commencé comme ça quand on a remis en cause l'Apartheid en Afrique du SUD!

Mandela aussi était qualifié de terroriste!

Voici l'odieux communiqué du CRIF. Honte à eux! En tout cas, cela montre bien que leur stratégie de propagande est bien "Toute critique d'Israël ou soutien aux Palestiniens opprimés et occupés = antisémitisme". L'antisémitisme existe en France et dans le monde, loin de nous l'idée de le nier, ou de ne pas le dénoncer, mais ce n'est pas avec de tels amalgames absurdes qu'on va le faire reculer.

Le Crif condamne l’irresponsabilité des organisateurs et l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien par le Parti communiste français.

EN APPORTANT UN SOUTIEN ACTIF AU MOUVEMENT BDS, LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS CONTRIBUE À SOUTENIR UN ANTISIONISME OBSESSIONNEL QUI EST BIEN LA FORME DU NOUVEL ANTISÉMITISME

En mettant à l’honneur le terroriste Marwan Barghouti et le mouvement BDS, le Parti communiste français poursuit la politique de dé-légitimation d’Israël au seul profit d’une stratégie électoraliste.

Marwan Barghouti arrêté en Israël a dirigé deux organisations terroristes. Il a été reconnu coupable et condamné à la prison à vie. En le mettant à l’honneur, le Parti communiste se livre à une véritable apologie du terrorisme.

A l’heure de l’engagement national contre le terrorisme, ces incitations à la haine sont particulièrement choquantes et dangereuses.

En apportant un soutien actif au mouvement BDS, le Parti communiste français contribue à soutenir un antisionisme obsessionnel qui est bien la forme du nouvel antisémitisme.

Francis Kalifat, Président du Crif, condamne l’irresponsabilité des organisateurs et l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien par le Parti communiste français.

La droite sioniste française (le CRIF) s'en prend au PCF, taxé d'antisémitisme: jusqu'où iront-ils dans leurs délires pro-coloniaux et pro-Netanyahou?
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