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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 05:44

Reportage

Paris : les migrants chassés sans relâche

Depuis plusieurs semaines, démantèlements et contrôles d’identité se multiplient dans la capitale. Les associations accusent de harcèlement les forces de l’ordre.

Les tractopelles sont arrivées peu de temps après les forces de l’ordre. Mardi, à l’heure du déjeuner, les quelque 200 réfugiés qui dormaient à même le trottoir de l’avenue de Flandre, dans le XIXe arrondissement de Paris, ont été emmenés dans quatre bus de la préfecture de police. Le campement de fortune a été rasé dans la foulée. Une «opération de contrôle», à ne pas confondre avec les évacuations de «mise à l’abri», menées jusqu’ici avec la mairie. Et dont la dernière remonte au 22 juillet, sur le camp situé entre les stations de métro Jaurès et Colonel-Fabien. Depuis, la stratégie de la préfecture, contactée parLibération, est tout autre :«Eviter la stagnation de migrants.» Certes,«certains réfugiés se verront proposer des solutions d’hébergement à l’issue de ces contrôles administratifs». Mais pour la plupart, la police le sait,«ils vont revenir». Autrement dit,«c’est comme vider la mer à la petite cuillère». Agathe, membre du Collectif parisien de soutien aux exilé-e-s, s’en désole :«On ne sait pas combien d’entre eux seront vraiment relogés. Et, comme d’habitude, certains iront au commissariat pour identification et seront ensuite remis à la rue. Sans parler de la situation déplorable réservée aux mineurs.»

Agathe était présente la veille, lundi, quand dix camions de CRS ont débarqué«discrètement» boulevard de la Villette, selon ce modus operandi utilisé depuis une dizaine de jours.«J’étais en train de discuter avec un jeune mineur, sur un banc, raconte-t-elle.Et là, d’un coup, nous nous sommes retrouvés entourés par la police qui est arrivée sans bruit, sur la pointe des pieds. Certains réfugiés ont sauté par-dessus la barrière du boulevard pour échapper à l’interpellation.» Une vingtaine de minutes, des contrôles d’identité et une nasse plus tard, environ 30 personnes de nationalité afghane ont été placées dans deux camions de CRS. Seuls 20 d’entre eux ont été relogés depuis dans un Formule 1, la préfecture assurant que«c’est le chiffre moyen de personnes à qui [elle] propose un hébergement» dans le cadre de ces opérations. Une sélection opérée selon«leurs dossiers et situations individuelles».

Si quelques-uns se voient donc proposer des solutions - souvent précaires - depuis une dizaine de jours, de nombreuses associations dénoncent le traitement par les pouvoirs publics de ces personnes originaires du Soudan, d’Erythrée, d’Ethiopie ou encore d’Afghanistan. En cause, ces interventions policières quasi quotidiennes, souvent qualifiées de«violentes» par les demandeurs d’asile. Les bénévoles, parlent, eux, d’un«véritable harcèlement». Un programme bien rodé, que la mairie de Paris - qui préfère prendre ses distances - qualifie de«stratégie de dispersion de la part de la préfecture»(lire ci-dessous) : les réfugiés délogés sont emmenés au commissariat où ils subissent un contrôle d’identité et de situation administrative. Certains y reçoivent alors des obligations de quitter le territoire français sous trente jours… Puis sont relâchés dans la rue, sans véritables solutions alternatives.

Une version corroborée par Ahmad, la vingtaine et d’origine soudanaise. Le document le sommant de quitter la France est soigneusement plié dans sa poche. Il n’en a cure :«Je ne vais pas retourner dans une zone que j’ai quittée à cause de la guerre. Je veux juste être aidé.» A ses côtés, Jad, 26 ans, qui vient lui aussi du Soudan. En France depuis deux mois, il vit dans une insécurité permanente. Régulièrement délogé, il bouge constamment, passe d’un bout d’asphalte à un autre :«Il n’y a nulle part où aller, la police vient tout le temps nous dire de partir, on se fait gazer.» Même chose pour Ali, 18 ans, qui a quitté le camp de Jaurès puis le boulevard de la Villette, après que les policiers lui ont crié«leave, leave !» Hatheam, 22 ans, a choisi pour sa part de s’installer sur une parcelle d’herbe de la Rotonde, place Stalingrad. Il a peur :«On se dispatche, car quand on est un groupe trop gros, la police vient nous déloger.» Il se dit également amer d’avoir«quitté [son] pays en guerre pour [se] retrouver dans cette situation».

Abdou, 25 ans, a eu, lui, plus de chance : il est actuellement logé à l’hôtel, après sept mois d’errance. Mais ce Soudanais aux chaussettes jacquard et lunettes de soleil sur le nez est las :«Parfois, la vie est tellement difficile que je me dis que j’aimerais mourir, comme ça, le calvaire serait terminé.» Sur son téléphone portable, il montre une photo de la manif des migrants de samedi, bloquée par les CRS. Sur l’image, une pancarte :«Honte à la France.»

Les associatifs, eux aussi, sont à vif.«Ces interventions quotidiennes, c’est vraiment pour décourager les gens, explique l’un d’eux.Elles ralentissent les réfugiés dans leurs démarches administratives et les empêchent de s’installer.» Pierre Henry, président de France terre d’asile, se désole de la situation mais parle aussi d’un phénomène «attendu, au plein cœur du mois d’août» : «On savait que les arrivées seraient plus nombreuses, avec 50 à 100 primo-arrivants par jour à Paris et en Ile-de-France.» Aline Pailler, ex-députée européenne apparentée PCF et productrice à France Culture, est elle aussi effarée :«C’est comme ce qui s’est passé pour les Roms, personne ne leur propose de solution et on les chasse violemment de lieu en lieu… Il n’y a aucune logique dans cette manière de procéder, puisqu’ils s’installent 20 mètres plus loin. Forcément, ils n’ont pas d’autre choix.» Elle est venue, avec sa fille, apporter des vêtements -«visiblement il y a besoin de chaussures d’hommes ici !» - et ne semble pas en revenir :«C’est une honte qu’on en soit arrivé là.»

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 07:15

En juillet, les prisons françaises comptaient 69 375 détenus pour une capacité de 58 311 places. Un record qui n’avait pas été atteint depuis avril 2014.

La mission de la prison républicaine est en partie mais inséparablement de réintégrer le détenu au terme de sa détention dans la communauté civique. Quelle possibilité pour cela si les conditions de détention sont indignes et génèrent du stress, de la violence? De manière générale, le degré de civilisation d'une société se mesure à la manière dont elle traite ses êtres les plus vulnérables: vieux, enfants, bêtes, fous, prisonniers... On est loin du compte!

Cela interroge aussi sur la législation pénale: sachant qu'une bonne proportion des prisonniers sont des trafiquants de cannabis, et que la prison ne les rend souvent pas plus honnêtes et pas plus tendres, mais surtout pas plus en mesure de s'intégrer économiquement et socialement par des voies légales, n'y a t-il pas urgence à remettre en débat la dépénalisation du cannabis, pour mettre fin à toute cette économie illégale de la drogue, cet argent facilement et mal gagné pour les jeunes, qui génère aussi beaucoup de criminalité, de danger par rapport à la santé publique, en envisageant une légalisation sous contrôle public comme aux Pays-Bas?

Les partisans du "tout répressif", motivés souvent par la démagogie puisque que l'instinct populaire veut souvent semble t-il, surtout quand le discours médiatique célèbre les victimes et surmédiatise les drames indépendamment des explications rationnelles, la punition exemplaire et la plus sévère pour autrui, devraient se rendre à l'évidence: la prison, surtout quand elle est surpeuplée et manque de moyens, ne fait pas suffisamment revenir les citoyens qui ont fauté dans le droit chemin, et ne protège pas suffisamment la société.

Par ailleurs, ne faut-il pas reconnaître que la prison est aujourd'hui un moyen de gérer, très mal et de manière très inefficace et contre-productive, les conséquences pathologiques d'un système social et économique inégalitaire, qui rejette dans la marginalité sociale des périphéries urbaines et des enfants de l'immigration pour lesquels l'accès au travail et à des conditions de vie décentes est très compliqué? Ce n'est pas être angélique de rappeler que la prison est toujours un échec pour la société et que c'est une société d'intégration basée sur la justice et une volonté d'égalité d'accès aux droits, mais aussi sur des valeurs communes solides, autre chose que le capitalisme sauvage et l'argent roi, qui peuvent réduire les crimes et délits.

I. D

En juillet, les prisons françaises comptaient 69 375 détenus pour une capacité de 58 311 places. Un record qui n’avait pas été atteint depuis avril 2014. 11 000 détenus de trop!

Dans la région parisienne par exemple, celles de Fresnes ou de Fleury enregistrent des taux d’occupation de 200 %.

Adeline Hazan décrit bien les conséquences de cette surpopulation carcérale: "Que ce soit pour la société ou pour l’individu incarcéré, elle a des conséquences catastrophiques. L’administration pénitentiaire ne dispose pas d’assez de moyens pour préparer des projets de réinsertion. En outre, la forte proximité crée de la violence et des tensions entre les codétenus, mais aussi entre détenus et surveillants.

Aujourd’hui, les droits fondamentaux des détenus ne sont pas respectés, comme le droit aux liens familiaux ou le droit à la santé, puisqu’il n’y a pas assez de médecins pour voir tout le monde. Les prisons françaises sont des cocottes-minute, il pourrait se passer n’importe quoi".

" Plus on construit de places dans les prisons, plus elles se remplissent. Il faut créer un certain nombre de places, mais pas au niveau qu’on entend aujourd’hui dans la bouche de certaines personnalités politiques. L’ancienne garde des sceaux, Christiane Taubira, avait annoncé 6 000 places supplémentaires, c’est amplement suffisant.

La bonne solution face à la surpopulation carcérale, c’est de développer des alternatives à l’incarcération, comme les contraintes pénales, ou des libérations sous contrainte."

A lire en intégralité, cet article du journal Le Monde constitué d'un entretien avec Adeline Hazan, contrôleuse générale des prisons, ancienne députée socialiste: Surpopulation : « Les prisons françaises sont des cocottes-minute »

Surpopulation : « Les prisons françaises sont des cocottes-minute »
http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/08/08/surpopulation-carcerale-le-numerus-clausus-une-question-de-courage-politique-adeline-hazan-controleure-generale-des-lieux-de-privation-de-liberte-surpopulation-les-p_4980010_1653578.html

En juillet, les prisons françaises comptaient 69 375 détenus pour une capacité de 58 311 places. Un record qui n’avait pas été atteint depuis avril 2014.

Surpopulation carcérale: "les prisons françaises sont des cocottes-minute" (Marine Forestier/ Adeleine Hazan: Le Monde, 8 août 2016): 69 375 détenus pour 58 311 places, des prisonniers qui dorment sur des matelas à même le sol!
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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 06:50
Histoire secrète du Patronat, 23€ aux éditions La Découverte (2014): Fréderic Charpier, Benoît Collombat, Martine Orange, Erwan Seznec, David Servenay: un usuel à se procurer de toute urgence!

Histoire secrète du Patronat, 23€ aux éditions La Découverte (2014): Fréderic Charpier, Benoît Collombat, Martine Orange, Erwan Seznec, David Servenay: un usuel à se procurer de toute urgence!

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 05:46
Affaire de la «chemise» à Air France: El Khomri valide le licenciement du délégué CGT

8 AOÛT 2016 | PAR MATHILDE GOANEC

Contrairement à l'avis de l'inspection du travail, le ministère du travail a validé le licenciement d'un délégué syndical CGT d'Air France, impliqué dans l'affaire de la « chemise arrachée ». Une étincelle de plus dans un dossier qui hérisse le milieu syndical, dans une affaire qui sera jugée à la rentrée.

La décision est importante, dans une affaire lestée par les symboles. Le ministère du travail a validé lundi la décision d’Air France de licencier Vincent Martinez, délégué CGT d’Air France, impliqué dans la désormais fameuse affaire de la « chemise arrachée », malgré une décision contraire de l’inspectrice du travail chargée du dossier. Les quatre autres salariés concernés, dépourvus de mandats syndicaux, ont perdu leur emploi depuis plusieurs mois, sans que le ministère n’ait eu son mot à dire.

L’histoire remonte à octobre 2015, et elle a fait le tour du monde. Alexandre de Juniac, alors encore PDG d’Air France, vient de mettre fin aux négociations avec les syndicats et de dévoiler son plan pour redresser Air France. Il parle de 2 900 suppressions d'emploi, et prévoit 10 % de vols long-courriers en moins. Très vite, la manifestation organisée en contestation à ces annonces dégénère sur le parvis de l'entreprise. Plusieurs manifestants s’engouffrent dans le siège de l’entreprise, occupent la salle de réunion où a lieu le comité central d’Air France.

L’arrivée inopinée des salariés provoque le départ précipité des membres de la direction, dont le DRH Xavier Broseta, ainsi que le numéro deux de la compagnie, responsable des vols long-courriers, Pierre Plissonnier. Poursuivis par les manifestants, les deux hommes sont finalement évacués par des vigiles, et se voient obligés de sauter par-dessus les grilles qui encadrent le siège social, leurs costumes en charpie, pour échapper à la colère. Très vite, le premier ministre tranche la polémique, traitant les salariés de « voyous » et entraînant derrière lui une large partie de la classe politique. Xavier Broseta et Pierre Plissonnier s’en tirent eux avec sept jours d’incapacité totale de travail (ITT), et les vigiles qui les entourent avec 0, 4 ou 5 jours d’ITT, selon les cas.

La réponse des autorités est néanmoins sévère. Les mis en cause sont interpellés chez eux, au tout petit matin, et subiront pour certains près de 30 heures de garde à vue, ce qui provoquera des réactions outrées du monde syndical. « Les conditions de cette interpellation volontairement mise en scène pour criminaliser des salariés ayant pris part à un mouvement social sont particulièrement scandaleuses », déclarait ainsi le syndicat Sud aérien, interrogé à l’époque par Mediapart.

La direction ainsi que deux vigiles d’Air France (l’un d’eux a fait un malaise de quelques minutes au moment des incidents) déposent une dizaine de plaintes. En fin de compte, quinze salariés d’Air France sont poursuivis, pour avoir participé aux échauffourées. Cinq d’entre eux sont poursuivis pour violences en réunion, les dix autres pour des dégradations, notamment sur la grille d’entrée du siège d’Air France. Le procès, initialement prévu pour décembre 2015, a été reporté deux fois sous la pression des avocats, et devrait se tenir les 27 et 28 septembre prochains.

L’entreprise n’a cependant pas attendu la condamnation judiciaire possible pour statuer. Elle a lancé illico les sanctions disciplinaires, et licencié cinq salariés pour violences diverses. Avec quelques incongruités : comme Mediapart le révélait en décembre dernier, le premier salarié licencié par Air France n’a pas été mis en cause par les enquêteurs, et ne fait pas partie des employés ayant à répondre devant la justice. Inversement, l’un des hommes poursuivis en justice pour violences l’a été à la suite d'une plainte d’un vigile, mais il ne fait l’objet d’aucune procédure de la part d’Air France.

Par ailleurs, le dossier judiciaire lui-même est moins limpide qu'il n'y paraît : Lilia Mhissen, avocate de trois salariés poursuivis pour violences, et de neuf autres pour dégradations, a dénoncé une enquête policière pilotée par le parquet, bouclée en moins de deux semaines par la police aux frontières de Roissy, et reposant presque exclusivement sur des images très difficiles à interpréter au vu du nombre de manifestants présents sur les lieux. Savoir qui a ou n'a pas tiré sur la fameuse chemise s'avère également plus complexe que prévu. « Il est rapidement apparu que la densité et la mobilité de la foule rendaient extrêmement complexes les identifications formelles d'individus s'étant rendus coupables de faits délictuels », ont par exemple indiqué les enquêteurs sur des PV du dossier que Mediapart a pu consulter (lire ici en détail le papier de Dan Israël). Ou encore : « La confusion est telle qu'il est impossible de distinguer des éventuels auteurs de violences ou de dégradations. »

Restait également pour Air France une incertitude sur le sort de Vincent Martinez, cinquième salarié mis en cause par la justice, délégué syndical, donc légalement davantage protégé. L’inspection du travail a statué le 20 janvier 2016 en demandant sa réintégration. Comme elle en a le pouvoir, la direction d’Air France a ensuite sollicité l’avis du ministère, qui a finalement choisi d’aller contre l’inspection du travail, et validé le licenciement. Le dossier judiciaire n'est cependant pas plus explicite sur son cas que sur le reste. Devant les policiers, Vincent Martinez a reconnu avoir poussé un vigile, mais expliqué que c’était parce qu’ils s’étaient déjà affrontés quelques instants plus tôt, et que le vigile l’avait insulté et lui avait donné des coups. Il aurait voulu se venger, sans vouloir faire de mal à Xavier Broseta, qu’il n’avait pas reconnu. Il présente à plusieurs reprises ses excuses pour ce « mauvais geste », mais rejette toutes les autres accusations d’Air France, qui lui attribue une autre bousculade, où il repousse un second employé d’Air France.

Vincent Martinez a également expliqué aux enquêteurs qu'à l'aube de cette journée fatidique, il a été bombardé membre du service d’ordre et tenté à de nombreuses reprises de protéger les cadres dirigeants. Une version que la direction réfute, mais qui est confirmée par une vidéo dénichée par le site d’information Les Jours, où l’on voit le cégétiste s’interposer entre la foule et Pierre Plissonnier.

Pour le ministère, cette décision de confirmer son licenciement est « cohérente avec le licenciement des quatre autres salariés impliqués dans le même dossier, qui ne bénéficient d’aucun mandat syndical ». La dernière issue pour le salarié est désormais de former un recours de la décision de la Direction générale du travail devant le tribunal administratif, en parallèle du procès en correctionnelle. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a jugé de son côté cette décision « éminemment politique », et condamné l’attitude « revancharde » du gouvernement dans cette affaire.

L’annonce tombe effectivement au plus mal sur le front social. Chez Air France, l’arrivée du nouveau PDG Jean-Marc Janaillac a été saluée la dernière semaine de juillet par une semaine de grève dure. Hôtesses et stewards refusent que l’accord concernant leurs conditions de travail soit revu tous les 17 mois, contrairement aux autres catégories de personnel. La grève a été très suivie, et l’affaire de la chemise reste un puissant carburant. Par ailleurs, les procès mettant en cause des syndicalistes se multiplient. Les huit salariés Goodyear, accusés d’avoir séquestré et violenté leur ancien dirigeant, ont été condamnés à 8 mois de prison ferme mais font appel de la décision. Le procès se tiendra en octobre 2016 (voir notre Espace de travail consacré au sujet ici). Cinq militants anti-loi Travail sont également poursuivis pour avoir bloqué le centre-ville d’Amiens et leur procès aura lieu le 27 septembre dans cette ville.

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 05:41
Retenue à la source de l'impôt sur le revenu : attention, un prélèvement peut en cacher d'autres...!

Jean-Marc Durand

Membre de la Commission économique du PCF

Dans la préparation de la loi de finances 2017, une question occupe une place centrale : le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu en 2018. Présenté comme une simplification du paiement de cet impôt, le prélèvement à la source ne serait-il pas le cheval de Troie d'une refonte de l'ensemble de la sphère des prélèvements fiscaux et sociaux ?

Un fait tend à valider cette hypothèse : c'est la confusion qui entoure les modalités d'application de ce prélèvement. Les « usines à gaz » servent souvent d'écran de fumée à des projets encore inavouables. Ainsi, à propos de la confidentialité des revenus autres que salariaux, il serait possible de conjuguer divers types de paiement : un prélèvement à la source par l'employeur ou un prélèvement « à l'ancienne » ou exécuté par les banques. Et il y a aussi le taux neutre. C'est le contribuable qui le proposerait à son employeur pour ne pas révéler ses autres sources de revenus ou ceux de son conjoint. Cela reviendrait à ce que chacun déclare pour lui seul. Et puis il y a le Medef qui fait grise mine : projet trop compliqué, trop de charge de travail, dit-il ! Une seule chose serait à peu près certaine à ce jour, l'année 2017 serait une année fiscale blanche en matière d'impôt sur les revenus salariaux et assimilés.

Il est bon de le répéter, en matière de simplification, de sécurité et de régularité du recouvrement des rentrées fiscales, l'administration dispose avec la déclaration préremplie et la mensualisation d'outils efficaces. Sur 17,5 millions de contribuables payant l'impôt sur le revenu, 10,4 sont mensualisés.

Alors cherchons l'erreur ou plus exactement le véritable moteur de cette réforme. Cet objectif n'est d'ailleurs pas un secret : c'est la fusion entre l'impôt sur le revenu et la CSG. Le président, François Hollande lui-même, en a fait un objectif, reprenant en cela le projet initial du père de la CSG, Michel Rocard. En fusionnant un impôt progressif et un impôt proportionnel, on ferait entrer dans le nouvel impôt sur le revenu des milliers de contribuables jusque-là non imposables car disposant de trop faibles revenus, devenus ainsi captifs face aux aléas des hausses de taux ou de variation de tranches futurs.

Mais c'est aussi le moyen de franchir un nouveau pas vers la fiscalisation des recettes de la protection sociale, notamment de la branche santé, et donc d'accélérer le désengagement du patronat de ce financement par le biais des cotisations. Dans un premier temps, ce sont 25 milliards d'euros, montant des allégements de cotisations sociales patronales, que le gouvernement souhaiterait « barémiser » et ainsi graver dans la loi de financement de la protection sociale, voire pour ensuite faire basculer des cotisations sociales vers la fiscalité

Là ne s'arrêtent pas les évolutions sous-tendues par le prélèvement à la source. Même si aujourd'hui seul l'impôt sur les revenus salariaux entre dans cette épure, d'autres, comme les impôts locaux, notamment la taxe d'habitation, déjà très souvent mensualisés, pourraient suivre. Au-delà, c'est l'architecture de l'impôt sur le revenu et les fondements de la politique familiale qui pourraient être très fortement chamboulés.

Derrière le taux neutre, donc la possibilité pour chaque membre du foyer fiscal de choisir son type d'imposition, s'ouvre la voie à une remise en cause de la notion de foyer fiscal et avec lui du quotient conjugal et familial. Cela fait de nombreuses années qu'à divers prétextes, y compris de l'égalité femme-homme et de l'équité fiscale, les notions de quotient conjugal et de quotient familial sont attaquées.

Même s'il est nécessaire de réfléchir aux moyens de préserver, y compris sur le terrain fiscal, l'égalité femme-homme et d'agir pour mieux mettre à contribution les hauts revenus, il est un fait avéré : la suppression du quotient conjugal entraînerait une augmentation globale de l'impôt sur le revenu payé par un couple et celle du quotient familial rendrait plus de 9 millions de foyers fiscaux perdants (Rapport des services de Bercy de 2013).

Enfin, si le Medef rechigne à appliquer ce système, c'est surtout pour la forme ! Qui mieux que lui peut évaluer les liquidités supplémentaires dont les entreprises pourront ainsi momentanément disposer ? Et il n'a certainement pas oublié que Bercy avait évalué à 1,5 milliard d'euros le coût de la gestion de l'impôt sur le revenu, manne qu'il n'a cessé de convoiter.

Par contre, il y a fort à parier que le gouvernement prenne prétexte de cette réforme pour à nouveau réduire les moyens de l'administration fiscale. Pour 2017, 1 200 suppressions d'emplois sont déjà programmées, ce qui porte à 36 000 les suppressions d'emplois au ministère des Finances en quinze ans. Or, la retenue à la source n'allégera en rien le travail des services. Au contraire, il le complexifierait, d'une part parce que les contribuables devront toujours remplir une déclaration et qu'il faudra vérifier les montants déclarés et les montants payés. D'autre part parce que vont perdurer divers types de paiement de l'impôt et qu'il faudra répondre aux demandes de régularisation des contribuables, car, une chose est certaine, le prélèvement à la source n'est qu'un acompte sur l'impôt dû.

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 05:38
71 ans après le bombardement atomique d'Hiroshima et de Nagasaki : le 24 septembre prochain, marchons tous ensemble pour la paix

Roland Nivet

porte-parole du Mouvement de la paix

Vouloir augmenter les crédits consacrés aux armes nucléaires au nom de la sécurité de la France est déraisonnable. C'est pourtant l'objectif envisagé par JeanYves Le Drian, ministre de la Défense, lors de l'émission Bibliothèque Médicis, en proposant leur augmentation de l'ordre de 40 % dans les prochaines années afin, en particulier, de renouveler en totalité la flotte de sous-marins nucléaires. Sarkozy propose une augmentation de 60 %. En quoi les armes nucléaires améliorent-elles notre sécurité contre les actes terroristes commis par des assassins qui se revendiquent de Daech ou que Daech revendique comme ses soldats ? En quoi les milliers d'armes nucléaires possédées par les États-Unis ont-elles protégé ce pays contre les attentats du 11 Septembre ?

Ces faits montrent que le projet de renouveler en totalité la flotte de sous-marins nucléaires de la force océanique stratégique (Fost) ¬ dont le dernier exemplaire a été livré en 2010 ¬ ne peut en rien contribuer à mieux assurer notre sécurité en France.

Dès 1989, des généraux et amiraux ont lancé un appel pour dire que « les armes nucléaires sont juridiquement illégales, militairement inutiles, dangereuses, économiquement coûteuses et éthiquement inadmissibles ».

Oui, les armes de destruction massive, dont les armes nucléaires, sont illégales et contraires au droit humanitaire. C'est ce qu'a rappelé l'Assemblée générale des Nations unies en 1961 à travers une résolution affirmant que l'utilisation des armes nucléaires était un crime contre l'humanité et la civilisation. C'est pourquoi des conventions d'interdiction et d'élimination des armes chimiques et bactériologiques ont été adoptées. C'est aussi pourquoi le traité de non-prolifération prévoit en son article 6 leur élimination. C'est pourquoi les deux tiers des États du monde ont voté à l'ONU en décembre 2007 pour l'éta-blissement d'une convention d'élimination des armes nucléaires. C'est pourquoi, il y a quelques années, le secrétaire général des Nations unies a présenté les 100 raisons de demander leur élimination.

Au plan mondial, des milliers d'associations et d'ONG, les deux tiers des États du monde, des milliers de maires à l'initiative du maire d'Hiroshima, des milliers de parlementaires, les organisations syndicales via la CSI, le pape, la Croix-Rouge exigent un traité d'interdiction et d'élimination. Persister dans la volonté de moderniser les armes atomiques, dont l'utilisation risquerait d'entraîner une catastrophe humanitaire pouvant provoquer la destruction de l'humanité, est irresponsable. Alors, pourquoi les neuf États possédant des armes nucléaires, dont la France, s'entêtent-ils dans leur modernisation ? Neuf États sont-ils capables de violer impunément et durablement le droit international ?

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 05:55

Faut-il rappeler que Gérard Mulliez, l'actionnaire principal et le patron du groupe Auchan, est la troisième fortune de France selon le magazine Challenges après Liliane Bettancourt et Bernard Arnault? Troisième du classement Challenges avec 26 milliards d'euros de patrimoine (180 000 ans de salaire pour une caissière de chez Auchan), les Mulliez arrivaient en tête dans celui du magazine Capital, qui estimait leur fortune à 40,2 milliards d'euros.

Selon que vous soyez puissants ou misérables...

Pétition adressée à Auchan City Tourcoing

Pour la réintégration
de la caissière licencié pour 0,85 centimes!

par Union Locale CGT de TOURCOING

https://www.change.org/p/auchan-city-tourcoing-pour-la-r%C3%A9int%C3%A9gration-de-la-caissi%C3%A8re-licenci%C3%A9-pour-0-85-centimes

LOAN NGUYEN
L'HUMANITE
Jeudi 4 août 2016
Virée pour un écart de caisse de 85 centimes, une employée d'Auchan City à Tourcoing se bat pour être réintégrée. Clients et salariés font savoir leur indignation et font pression sur l'enseigne.

Auchan ne devait pas s'attendre à ce que l'affaire prenne une telle ampleur. « Certains clients ont fait savoir qu'ils ne reviendraient plus faire leurs courses dans l'enseigne, d'autres ont rendu leur carte de fidélité et certains ont même fait des chèques de 85 centimes d'euro », affirme Habib Hamdoud, délégué CGT à Auchan City de Tourcoing. Depuis lundi, date à laquelle l'histoire a été rendue publique, le licenciement d'une caissière de ce supermarché du Nord pour une erreur de caisse de 85 centimes d'euro a suscité de nombreuses réactions d'indignation de la part des salariés et des clients. Le 8 juillet, Stéphanie (*), qui supervisait six caisses automatiques, a en effet omis de scanner l'article d'une cliente ¬ un pot de sauce tomate ¬ que celle-ci avait rajouté à l'insu de l'hôtesse de caisse. Montant du larcin : 85 centimes d'euro, que la cliente aurait finalement payés après avoir été interpellée par un agent de sécurité du magasin.

Deux jours plus tard, la caissière est mise à pied à titre conservatoire en vue d'une sanction. Le 28 juillet, Stéphanie reçoit sa lettre de licenciement pour « manipulations frauduleuses ». « Dans le jargon de la grande distribution, ça veut dire "Caddie de complaisance" », décrypte Habib Hamdoud.

Un pot de sauce tomate non comptabilisé qui coûte cher

Pour la direction, qui considère donc que la caissière était de mèche avec la cliente, le pot de sauce tomate non comptabilisé ne serait pas le seul élément litigieux. « Il y a eu une accumulation de manipulations incorrectes: l'utilisation de bons de réduction non appropriée, l'annulation de paiement de produits finalement emportés par la cliente et un produit non enregistré », a fait savoir un porte-parole de l'enseigne de grande distribution. « Il y avait une promotion, un paquet gratuit pour un paquet acheté sur de l'eau gazeuse en magasin. Sauf que le fournisseur avait aussi sa propre promotion avec un sticker 70 centimes de réduction. La cliente a demandé à bénéficier des deux réductions.

On a ce problème de promotions qui se cumulent de manière récurrente. D'autres caissières ont fait la même manipulation pour des clients sans que cela ne pose problème », souligne le délégué CGT. Pour ce qui est des articles annulés, « deux paquets de nouilles », affirme Habib Hamdoud, ceux-ci n'auraient pas été emportés par la cliente, soutient celui-ci. La seule « faute » de la caissière pour la CGT aurait finalement été de n'avoir pas vu la cliente voler le pot de sauce tomate. « On exige un niveau de vigilance de la part des caissières ¬ qui doivent à la fois faire leur travail mais aussi de la prévention et de la sécurité ¬ qui est beaucoup trop élevé », poursuit-il. La direction reproche également à la caissière de ne pas s'être rendue à son entretien préalable à sanction pour s'expliquer. « Elle était en arrêt pour dépression suite à cet épisode », affirme de son côté le délégué CGT. Le syndicaliste estime en outre que le fait que Stéphanie soit syndiquée à la CGT aurait pu jouer en sa défaveur. Habib Hamdoud est persuadé qu'au-delà du cas de Stéphanie, son syndicat est dans le viseur de la direction. « J'ai alerté l'inspection du travail et fait un dépôt de plainte pour harcèlement et discrimination syndicale à mon encontre », souligne-t-il. En attendant, la médiatisation de l'affaire a déjà porté ses fruits. La direction annonce être disposée à rencontrer la caissière licenciée et ne semble pas écarter une éventuelle réintégration. En attendant, la CGT se tient prête à mobiliser en interne, via une pétition et un rassemblement.

(*) Prénom modifié.

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 10:28

Penser et débattre l'avenir contre le terrorisme et pour la paix

Après l'abomination de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray, après l'effroi et la sidération, le débat politique national a pris une bien sale tournure. L'air est vicié. D'abord avec une surenchère sécuritaire s'attaquant directement à l’État de droit. Jamais, face au terrorisme, une telle rupture n'a eu lieu par le passé.

Avec la loi du 21 juillet prorogeant l'état d'urgence, François Hollande et le gouvernement ont accepté ce qui avait jusque là été refusé à une droite courant après le FN. Cela est presque passé inaperçu mais c'est pourtant d'une extrême gravité. La première victoire face à Daech est de ne renoncer à rien en terme de démocratie, même transitoirement.

Vaincre le terrorisme et vivre en sécurité doit aujourd'hui être pensé et débattu différemment. Le renforcement de l'arsenal législatif après chaque attentat est une fuite en avant qui ne règle rien alors que les efforts doivent prioritairement porter sur les moyens pour la mise en œuvre de politiques publiques renforcées en terme de sécurité, de renseignement, de justice, d'éducation, de culture. Nous le savons bien, les réponses se limitant à la sécurité intérieure ne permettront pas de répondre à cette question : quand et comment va-t-on en finir avec tout çà ? Il faut pouvoir en débattre, pouvoir faire le bilan de ce qui a été fait, des avancées mais aussi des échecs, pouvoir élargir le champs des questions à traiter. Face aux amalgames, aux simplifications, aux réductions, aux petits calculs politiciens, il y a urgence à aller au fond des sujets, à faire face à la complexité dans le cadre d'un débat public, pluraliste et instruit, dont la qualité sera la plus belle des réponses à l'obscurantisme, d'où qu'il vienne.

Posons directement le sujet central. Veut-on la paix ou la guerre ? Veut-on l’aggravation et le pourrissement des conflits jusqu’à leur traduction dans notre société par des fractures et des tensions dont on mesure aujourd'hui les immenses périls, ou enfin bâtir un monde de paix et de solutions politiques au Proche et au Moyen-Orient. Quelle politique étrangère de la France ? Quelle rôle pour l'ONU ? Avec quel agenda, quelles priorités, notamment en direction des États, des réseaux, des logiques qui financent et soutiennent Daech ? Quelle solidarité active avec les démocrates en Turquie ?

Autre défi, celui qui consiste à très vite répondre idéologiquement à l'opération sur la question de l'Islam en France, qui ne date pas d'aujourd'hui mais qui est relancée dans des circonstances aussi dramatiques que dangereuses. Alors que la réponse de l’État devait strictement rappeler et faire vivre la laïcité républicaine, réponse moderne et exigeante face aux enjeux actuels, le sidérant et désolant concours Lépine qui est donné à voir avec un casting où chacun, Valls et les dirigeants de la droite tiennent bien leur rôle, a pour seul objectif un détournement de l'opinion publique, une mystification pour ne pas parler du reste. On a déjà connu récemment, avec l’épisode de la déchéance de nationalité, de tels procédés. On sait donc qu'il ne sont pas irrésistibles. Qu'ils peuvent être mis en échec.

Le reste, c'est le chômage et l’échec des politiques d’austérité, c'est que décidément cela ne « va pas mieux » comme l’indique clairement la dernière note de conjoncture de l'Insee. C'est l'absence de perspectives positives, notamment pour la jeunesse des quartiers populaires. C'est un procureur de la République à Pontoise, qui, après la mort du jeune Adama Traoré, n'arrive toujours pas à parler d'asphyxie alors que les deux rapports d'autopsie l'indiquent et que les gendarmes devant les enquêteurs ont admis que ce jeune à « pris sur lui le poids des trois agents au moment de son interpellation ». C'est de tout cela dont notre pays souffre et sur ce terreau, sur ces braises, que les cœurs et les âmes s'interrogent, et que, trop souvent, les djihadistes recrutent.

Dans ces temps troublés et douloureux, où nous cherchons les raisons d’espérer et la manière de penser l'avenir, où nous devons choisir ce qu'il nous faut oser pour ne rien céder aux fausses « fatalités », à ce qui est trop souvent présenté comme « inéluctable », comme si l'avenir était d'ors et déjà tracé dans une direction et une seule, les paroles qui aident au discernement sont rares. Dans un paysage politique et médiatique dominé par les surenchères sécuritaires, autoritaires et identitaires, les paroles proposant autre chose sont précieuses.

Lors de l'hommage rendu au prêtre jacques Hamel, le maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, a évoqué la prochaine rentrée scolaire. Parlant « des semaines d'après », Hubert Wulfranc présente cette rentrée comme d'une « étape cruciale et concrète ». Il a raison. C'est vrai à Saint-Etienne-du-Rouvray, par « devoir de fraternité », et devant toutes les écoles du pays dans « le respect de tous ». Tout se joue là, avec les enfants et leurs parents. Cette rentrée scolaire sera l’occasion d'échanges, de discussions où nous pouvons être attentifs aux autres.

Contrairement à ce qui s'était passé après les attentats de janvier 2015, aujourd'hui, les gens parlent peu. Quand les choses restent enfouies, ce n'est jamais bon signe. Parler, exprimer les choses comme elles sont ressenties dans la confusion des idées et des sentiments, c'est une étape indispensable. Voilà aussi pourquoi, la grande consultation citoyenne proposée et animée par le PCF est un espace citoyen à déployer en grand. Les allées, les stands et les débats de la prochaine Fête de l'Huma permettront à la parole populaire et citoyenne de faire véritablement irruption dans le débat politique. Très souvent, après les quinze à vingt minutes nécessaires pour remplir le questionnaire « Que demande le peuple », les personnes ayant répondu positivement à notre sollicitation nous disent « merci ». Merci de prendre notre avis, de nous demander de dire ce que nous vivons, ce que nous voulons.

Avec le Front de gauche, nous avons su par le passé faire de l'intervention populaire le moteur d'une gauche d'alternative et de progrès social et démocratique. C'est cela que nous proposons, certes dans des conditions différentes, mais sans rien lâcher sur l'essentiel. Aujourd'hui, comme hier lors de la création et du développement du Front de gauche, nous combattons le présidentialisme et les populismes, nous invitons à des batailles politiques et sociales qui dépassent l'horizon de 2017, à des solidarités en France, en Europe, y compris avec les travailleurs détachés qui sont nos frères de combat, et dans le monde.

A l'appel à la fraternité du maire de Saint-Etienne-du-Rouvray sont venues faire écho les paroles du pape François lors des Journées mondiales de la jeunesse. Les semeurs de guerre et de haine, ceux qui jugent que « le problème, c'est l'Islam », devraient les lire très attentivement. Pour le pape, « tant qu'au centre de l'économie mondiale, il y a le dieu argent et pas la personne, c'est ça le premier terrorisme. C'est un terrorisme de base contre toute l'humanité ». Et encore : « le monde est en guerre. Quand je parle de guerre, je parle sérieusement : il y a la guerre des intérêts pour de l'argent, pour les ressources de la nature, il y a la guerre pour la domination des peuples ». Ou encore, un appel à l'engagement contre les « frontières et les identités » que les violents voudraient voir se transformer en motifs d'affrontement. Et enfin, « nous ne voulons pas vaincre la haine par davantage de haine, vaincre la violence par davantage de violence, vaincre la terreur par davantage de terreur. Et notre réponse à ce monde en guerre a un nom : elle s’appelle fraternité ».

Il existe dans notre peuple, des hommes et des femmes, des forces, autant de ressources considérables pour plus de République et de démocratie, pour plus de droits et de justice, de respect, de fraternité et d'égalité. Dans un monde de paix. C'est sur cela qu'il faut réfléchir et agir, pour 2017 et après.

Olivier Dartigolles

Olivier Dartigolles

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 10:18
« Le droit, rien que le droit mais tout le droit »

AFPS, mardi 26 juillet 2016

Le Conseil municipal de Bondy a adopté le 23 juin, sur proposition du maire, Madame Thomassin, un vœu affichant sa volonté de ne pas acheter de produits ou services provenant des colonies israéliennes en Palestine et étiquetés « Israël » en toute illégalité. Ce vœu demande également que soit mise en œuvre la notice interprétative européenne enjoignant les états membres à appliquer l’étiquetage réel de la provenance de ces marchandises.

Ce vœu largement adopté par les élus PS, PC, Verts, l’opposition de gauche ainsi que l’UDI, fait l’objet d’une attaque en justice engagée par le BNVCA, relais habituel du pouvoir extrémiste israélien en France, et d’un recours en annulation auprès du Préfet de Seine St-Denis.

Alors qu’il a donné lieu à une multitude de messages injurieux, une cinquantaine de groupes locaux ont envoyé au maire des messages de solidarité, plusieurs d’entre eux saisissant des élus.

De son côté, le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) vient de publier un communiqué de soutien à la municipalité de Bondy. [1]

Il est toujours temps d’envoyer, y compris à titre individuel, des messages de soutien à cette municipalité courageuse qui a pris là une belle initiative pour la défense du droit.

[1] Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

Madame Thomassin, Maire de Bondy en Seine St-Denis et son conseil municipal ont adopté le 23 juin dernier un voeu intitulé : « Le droit, rien que le droit mais tout le droit ». Ce voeu, partant de la liberté de choix des consommateurs de la commune et de responsabilité de la Mairie à ne pas proposer de marchandises ou des services reconnus comme illégaux par le droit international, affirme ne pas vouloir acheter des produits et des services provenant des colonies israéliennes en Palestine et étiquetés « Israël » en toute illégalité. Il demande également que soit mise en œuvre la notice interprétative européenne demandant aux états membres d’appliquer l’étiquetage réel de la provenance de ces marchandises dans les magasins.

Ce vœu largement adopté par les élus PS, PC, Verts, et l’opposition de gauche ainsi que l’UDI fait l’objet d’une attaque en justice engagé par le BNVCA, relais habituel du pouvoir extrémiste israélien en France, et d’un recours en annulation auprès du Préfet de seine St-Denis.

Ne pas être complice de la violation du droit international et demander la simple application des règles internationales, que tout Etat de droit devrait au minimum porter haut et fort, ne plaît visiblement pas à ceux pour qui l’occupation et la colonisation de la Palestine ne peut souffrir ni critique, ni contestation.

Le Collectif National, pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) se déclare pleinement solidaire du conseil municipal de Bondy et du voeu qui ne fait que traduire dans la vie communale l’application des principes de droit international.

Le CNPJDPI constate que les poursuites devant les tribunaux de plusieurs villes dans la dernière période comme Stains, Aubervilliers, Bezons… pour des raisons similaires mettant en cause le droit d’expression, la liberté des Maires à exprimer leur solidarité active avec le peuple palestinien, se multiplient en s’appuyant sur le prétexte fallacieux d’antisémitisme. C’est honteux et complètement déplacé.

Le droit est le droit, il ne saurait y avoir en la matière, deux poids deux mesures. L’un pour Israël autorisé à enfreindre les lois internationales sans sanctions et de l’autre le reste du monde soumis au strict respect de ces mêmes lois.

C’est aussi cette raison qui pousse notre collectif national à lancer une grande campagne internationale pour demander la suspension de : l’Accord d’Association qui lie l’UE à l’État d’Israël, accord qui offre des avantages fiscaux considérables aux exportations israéliennes. Son article 83 précise en effet, que « le présent accord s’applique … au territoire de l’État d’Israël. » excluant donc les colonies de peuplement israéliennes.

Nous serons donc présents et solidaires avec Madame Thomassin comme nous l’avons été il y a quelques semaines avec Azzedine Taïbi Maire de Stains et avec tous ceux que les officines extrémistes qui relaient les dictats du pouvoir Israélien en France voudront faire taire.

Signataires membres du Collectif pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) – AFD International – AILES Femmes du Maroc - Alternative Libertaire (AL) - Américains contre la guerre (AAW) - Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) - Association des Tunisiens en France (ATF) - Association France Palestine Solidarité (AFPS) - Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) - Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) - Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) - Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) - Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) - Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) - Cedetim / IPAM - Collectif des Musulmans de France (CMF) - Collectif Faty Koumba : Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence - Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP) - Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP) - Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) - Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) - Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) - Droit-Solidarité – Ensemble ! - Europe Ecologie les Verts (EELV) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Fédération Syndicale Unitaire (FSU) – Forum Palestine Citoyenneté - Génération Palestine - La Courneuve-Palestine - le Mouvement de la Paix - les Femmes en noir - Ligue des Droits de l’Homme (LDH) - Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section française de la Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL) - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) - Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) -Organisation de Femmes Egalité - Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) - Parti Communiste Français (PCF) - Parti de Gauche (PG) - Parti de l’émancipation du peuple - Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) – Socialistes pour la Paix – Sortir du colonialisme - Une Autre Voix Juive (UAVJ) – Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) - Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) - Union syndicale Solidaires

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 05:00

Vincent Bolloré, l'actionnaire principal du groupe Vivendi et le patron de Canal +, réclame 50 millions d'euros à France 2 pour la programmation d'un documentaire "Un ami qui vous veut du bien", rediffusé le 21 juillet, qui montre comment les intérêts particuliers de Bolloré interfèrent sur les choix de programmation de Canal +, dans la mesure où la chaîne cryptée a décidé d'annuler la diffusion d'un documentaire sur le Crédit Mutuel qui déplaisait au grand patron breton, lequel a finalement été présenté sur le service public...

De quoi rappeler que quand les médias sont détenus par le grand capital, la liberté d'investigation et d'expression des opinions a pour limite, le plus souvent, les intérêts des actionnaires. Ce qui est d'autant plus préoccupant quand ceux-ci sont très proches du pouvoir politique, dépendent de ses autorisations et de ses commandes, financent ses campagnes électorales, emploient ses collaborateurs.

Liberté d'expression? Pourquoi Bolloré réclame 50 millions à France 2?
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