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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 15:54

Plusieurs formations de gauche, d'EELV au PCF en passant par le NPA, Génération.s ou les députés FI, ont rendu public ce lundi un appel à riposter à la casse du service public orchestrée par Emmanuel Macron.

« Défendons tous les services publics ! Solidarité avec les cheminots et les cheminotes ! » Le mot d’ordre rassemble, autour d’un appel commun à la mobilisation, nombre de formations de gauche. Alternative Libertaire, Europe-écologie-Les Verts, Ensemble, la Gauche démocratique et sociale, Géneration.s, le groupe parlementaire France Insoumise, le NPA, le  PCF et ses parlementaires, le  PCOF, le Parti de gauche, et République et socialisme sont ainsi signataires d’un texte commun rendu public ce lundi. Fustigeant un gouvernement « qui veut parachever la transformation d’un service public censé être guidé par l’intérêt général en une entreprise du CAC 40 » et qui « accable les cheminot.tes, les faisant passer pour des privilégié.es qui, comme les retraité.es, les étudiant.es ou les chômeurs.ses, ruineraient la France », ils y estiment qu’au contraire ils « se battent pour sauver l'emploi des générations qui viennent » et « ne sont comptables de rien ». « Pas plus que les étudiant.es qui perdent une partie de leurs APL, les retraité.es qui voient la CSG augmenter, les personnels de soins, les enseignant.es, les chômeurs.ses ou l'ensemble des fonctionnaires. Pas plus que les migrant.es qui subissent une politique indigne », ajoutent ces formations de gauche pour conclure sur un appel à l’unité. « Ils nous veulent désunis ? Nous répondons que nous serons dans la rue le 22 mars pour défendre l’accès au service public, à commencer par le ferroviaire, les cheminot-e-s, mais aussi l’ensemble des fonctionnaires et l’intérêt des usager-e-s ».

 

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 15:45

Cachez cette guerre que nous ne saurions voir. Dans une note adressée ce vendredi aux rédactions, le ministère français des Affaires étrangères demande aux médias de « bien vouloir renoncer à tout projet éventuel » d’envoyer des équipes de reportages en Syrie, en raison d’une « recrudescence de la violence », particulièrement dans la Ghouta orientale et le canton d’Afrin, théâtre d’une offensive de l’armée turque.


Sous l’apparence de simples « recommandations », cette note du Quai d’Orsay consiste en réalité à inciter les rédactions à rester à distance, et pire, à les inciter à ne pas acquérir et diffuser les reportages des journalistes indépendants qui couvrent le conflit sur place. « Une vigilance particulière devrait s’exercer lors de l’acquisition des reportages de journalistes indépendants s’ils ont été réalisés dans des conditions les exposant à des risques disproportionnés » précise en effet dans sa note la porte-parole du Quai d’Orsay Agnès Von der Mühll.


Ce faisant, le ministère fragilise la position de ces reporters, et ouvre la voie à une culpabilisation des confrères qui seraient tentés de faire leur travail, dans les conditions extrêmes qui sont toujours celles des conflits armés.


Les syndicats français de journalistes SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes, membres de la fédération internationale des journalistes (FIJ), dénoncent cet appel à l’autocensure, et une vision rétrograde d’une profession qui serait condamnée, au nom de la sécurité, à se cantonner aux sentiers bien balisés de la communication et du journalisme embarqué.


Le Quai d’Orsay va jusqu’à rappeler aux rédactions « la nécessité de respecter les conditions juridiques d’entrée sur le territoire et d’exercice du métier de journaliste des pays voisins de la Syrie », comme pour donner raison aux autocrates qui ne cherchent qu’à cacher leurs exactions aux yeux du monde, qui emprisonnent et condamnent des journalistes coupables d’avoir voulu simplement exercer leur profession.


Les syndicats SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes appellent les rédactions françaises à prendre leurs responsabilités comme elles l’ont toujours fait, pour informer au mieux les citoyens sur la situation très complexe de ce conflit au long cours dans le nord-ouest syrien.


Paris, le 18 mars 2018
SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 15:40

Table ronde avec Nicolas Matyjasik, politologue, Sciences-Po Lille, Gérard Aschieri, professeur honoraire, représentant de la FSU au Conseil économique social et environnemental et Claudine Boisorieux, maire (DVG) de Clamecy (Nièvre).

Rappel des faits. Réformes de l’hôpital, du baccalauréat et de l’accès à l’université, casse de la SNCF par ordonnances… le gouvernement démantèle un à un les services publics, citoyens et syndicats se préparent à une forte mobilisation.

Réformes de l’hôpital, du baccalauréat, de la SNCF… comment analysez vous la politique du gouvernement en matière de service public ?

MAYJASYK Nicolas - ASCHIERI Gérard - BOISERIEUX ClaudineMAYJASYK Nicolas - ASCHIERI Gérard - BOISERIEUX ClaudineMAYJASYK Nicolas - ASCHIERI Gérard - BOISERIEUX Claudine

MAYJASYK Nicolas - ASCHIERI Gérard - BOISERIEUX Claudine

Nicolas Matyjasik On remarque une certaine urgence à agir : il faut être dans la démonstration de la modernité. Aller vite, utiliser un champ lexical qui induit la rationalisation, la transformation, allumer différents feux pour être en mouvement et insaisissable pour ses adversaires. Un engrenage de réformes, pointillistes et peu coordonnées, qui manque d’une vision globale sur ce que doivent être les services publics au XXIe siècle. Cette question de l’État, de nos services publics est pourtant essentielle car elle est au carrefour de la réflexion sur notre avenir commun. Elle conditionne ce que nous souhaitons pour le vivre-ensemble, le maillage de nos liens sociaux et de nos territoires. Depuis une soixantaine d’années, les gouvernements successifs se sont empressés de vouloir moderniser l’État, ce que montrent très bien les travaux du politiste ­Philippe Bezes (Réinventer l’État. Les réformes de l’administration française), sans penser ce que devait être l’État. Avec en toile de fond, depuis les années 1980, cette fameuse saillie de Reagan : « L’État est plus le problème que la solution. » Il faut donc réduire les périmètres d’intervention, libéraliser. C’est l’ère des méthodes privées appliquées aveuglément à la sphère publique, le new public management. Les fonctionnaires sont trop souvent et depuis bien longtemps des boucs émissaires, ils sont des chiffres que l’on pourrait baisser à l’infini. Ce culte du chiffre est absurde, il faut le désacraliser. Les fonctionnaires, ce sont des femmes et des hommes engagés, ce sont des visages, ce sont les artisans de la République du quotidien. Car ce sont des métiers et des vocations qui, s’ils étaient supprimés, réduits ou transférés au privé, rendraient notre vie plus coûteuse, plus angoissante. Imaginez si nous devions payer directement, par nous-même, pour notre santé, notre sécurité, l’éducation de nos enfants ou le régime de retraite de nos parents.

Gérard Aschieri Les réformes sont de nature diverse, mais selon moi, elles sont sous-tendues par deux constantes : d’une part la volonté de réduire à tout prix les dépenses publiques, d’autre part la promotion de l’initiative privée et de la concurrence, y compris entre les individus, considérées a priori comme plus efficaces pour répondre aux besoins. Cela ignore ou minore délibérément ce que sont les fonctions des services publics : permettre à chacun où qu’il soit de bénéficier de l’effectivité de ses droits, droit à l’éducation, à la santé, à la sécurité, à la mobilité, etc. ; prendre en compte le temps long, contribuer à l’aménagement du territoire et au développement durable, bref prendre en charge l’intérêt général. C’est pour cela qu’ils se sont construits autour d’un certain nombre de principes, comme l’égalité, la continuité, l’adaptabilité, la laïcité. Et s’ils ont un coût, il ne faut pas oublier ce qu’ils apportent en termes aussi bien économiques, sociaux, environnementaux que politiques : ils sont un des éléments centraux de la cohésion de la société. Certes, ces bénéfices sont difficilement évaluables, mais on ne peut les ignorer.

Claudine Boisorieux Nous constatons au niveau national et plus particulièrement au niveau rural les difficultés de fonctionnement de plus en plus grandes de nos services publics, auxquels nous sommes attachés. Cette notion recouvrant la participation de tous au service de chacun. Quel que soit le secteur, nos services ne correspondent plus aux besoins, à notre époque, à la demande de la population. Des réformes sont nécessaires. Encore faut-il ne pas précipiter les décisions et ne pas supprimer avant d’avoir trouvé les solutions de remplacement. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne la santé, l’enseignement et les transports. Ces réformes, qui mettent en jeu non seulement le service public mais l’organisation de notre société, sont particulièrement complexes. Dans le domaine de la santé par exemple, chaque débat nous montre une complémentarité nécessaire mais difficile à trouver entre service public et médecine libérale.

Justement, face à sa disparition dans les territoires, que reste-t-il de l’esprit du « service public » ?

Claudine Boisorieux Fixer des seuils de fréquentation pour des installations en secteur d’isolement géographique, peu urbanisé, hors de l’influence des grands pôles donne aux habitants le sentiment d’être abandonnés et de voir diminuer de plus en plus la sécurité à laquelle ils ont droit, comme sur le reste des territoires plus urbanisés. Ceci est un constat et une solution n’est pas facile à trouver. Elle demande discussions, concertation avec les différents partenaires. Ne donnons pas le sentiment aux habitants de nos campagnes qu’ils sont abandonnés par l’État et que leur vie a moins d’importance que celle des habitants des métropoles. Dans notre territoire, où les médecins ne s’installent pas, généralistes ou spécialistes, les urgences de jour et de nuit sont le recours de notre population.

Gérard Aschieri La réduction des moyens des services publics, leur disparition d’un certain nombre de territoires mais aussi la gestion managériale qui s’y est déployée leur rendent de plus en plus difficile d’assurer efficacement ces missions dans le respect de ces principes. L’égalité de traitement est souvent mise à mal, aussi bien pour les agents que pour leurs usagers. Cela fait perdre de vue le sens de leurs missions, sape les fondements du vivre-ensemble et mine la confiance de la société. Le gouvernement est en train de faire voter une loi intitulée « Pour un État au service d’une société de confiance » : la politique qu’il mène envers les services publics va à l’encontre de cette intention affichée. Or, comme le rappelait le Cese dans un avis récent sur ce projet de loi (1), notre « pacte social (…) plonge ses racines dans les principes constitutifs des services publics et de la fonction publique qu’il s’agit de réaffirmer ».

Nicolas Matyjasik Une certaine forme de schizophrénie est palpable : les Français sont attachés à leurs services publics mais ils sont toujours défiants à l’endroit de ceux qui les délivrent. Aujourd’hui, les services publics sont notre bien commun, garants de l’intérêt général. Chaque citoyen doit se retrouver en eux et se sentir considéré. Soyons clairs : quand les services publics faiblissent, la France recule, la République perd du terrain. On le voit bien dans nos territoires, avec une montée du Front national, qui joue sur cet abandon.

En quoi est-il urgent de préserver les services publics et comment les développer ?

Gérard Aschieri Les réactions aux suppressions des services publics montrent l’attachement envers eux et les arguments avancés dans les batailles locales renvoient précisément à la conception des services publics que je viens de développer : derrière ces mobilisations, ces protestations, on perçoit la conscience qu’il existe des besoins collectifs et un intérêt général qui dépasse la somme des intérêts particuliers et que la concurrence ne permet pas d’y répondre de façon efficace. En même temps, il ne faut pas se cacher que les Français sont sensibles à l’idée de réduction des déficits publics et qu’ils ont parfois le sentiment que les services publics ne répondent pas assez bien à leurs attentes, ne prennent pas assez en compte leur situation spécifique. Les batailles à mener doivent en tenir compte : il est urgent de défendre les services publics mais aussi de débattre et d’agir pour qu’ils aient les moyens d’assurer l’ensemble de leurs missions et de s’adapter aux besoins dans leur diversité et leur évolution. Cela implique notamment d’agir pour une fiscalité juste et véritablement redistributive. Et je suis également convaincu qu’il faut en démocratiser la gestion en associant mieux les personnels et les usagers, qui doivent pouvoir faire entendre leur expérience professionnelle et leur expérience d’usage dans les décisions à prendre.

Claudine Boisorieux Je ne me crois pas capable seule de proposer une solution mais je suis convaincue de la nécessité de sauver nos campagnes. Dans un futur proche, sans doute les habitants des villes seront-ils bien heureux de pouvoir s’y réinstaller. Encore faut-il qu’ils y trouvent les écoles pour leurs enfants et les transports en commun indispensables. Arrêtons l’exclusivité des TGV, pensons aux TER et, en règle générale, équilibrons les efforts du pays sur l’ensemble de nos territoires.

Nicolas Matyjasik Il y a une urgence démocratique, celle de reconnecter les citoyens avec la chose publique. Plutôt que de s’enfermer dans des discours techniciens sur le volume de la dépense publique ou le statut des fonctionnaires, il serait préférable de créer un espace public où nous pourrions échanger, dialoguer sur l’action publique de demain, celle du XXIe siècle, la bâtir avec les citoyens. Les collaborations entre services publics et société civile se développent, il faut y être attentif. Sans pour autant que cela soit synonyme d’une diminution irréfléchie du rôle de l’État, comme cela a été le cas au Royaume-Uni avec le programme de Big Society de David Cameron. Il y a une culture nouvelle de l’interaction entre public et privé, de l’expérimentation, de l’évaluation et de l’innovation publique à construire. Se connecter davantage sur les initiatives de la société civile qui viennent compléter et améliorer les politiques publiques. La préservation de nos services publics et leur amélioration sont un enjeu essentiel. Nous devons lutter contre cette « phobie d’État », pour reprendre les mots du philosophe Michel Foucault. L’étendue des possibles est vaste, propulsée par les potentialités numériques. 

(1) Avis « Avant-projet de loi pour un État au service d’une société de confiance », rapporteure Nicole Verdier-Naves, novembre 2017.

Au service de l’intérêt général

En 1911, selon les mots du juriste Léon Duguit, le service public recouvre « toute activité dont l’accomplissement doit être assuré, réglé et contrôlé par les gouvernants parce que l’accomplissement de cette activité est indispensable à la réalisation et au développement de l’interdépendance sociale, et qu’elle est de telle nature qu’elle ne peut être réalisée complètement que par l’intervention de la force gouvernante ».

 

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 15:38

Alors que le gouvernement a décidé de passer en force en recourant aux ordonnances pour engager des transformations sans précédent de la SNCF, le débat fait rage.
Table ronde avecc Didier Le Reste, Président de la Convergence nationale rail et Daniel Coffin Responsable du Collectif de développement du rail de la région de Montluçon, Thomas Portes Responsable national du PCF en charge du collectif cheminots, Paul Ariès Collectif des syndicalistes et usagers pour un plan B écolo et social à la SNCF et  Matthieu Orphelin Député LREM du Maine- et-Loire.

 

Pour un contrôle démocratique et citoyen

Il s’agit d’une grande question de société. Face aux enjeux environnementaux, d’aménagement du territoire et de mobilité qui se trouvent face à nous, la France a besoin d’un grand service public ferroviaire, de voyageurs comme de marchandises, qui soit sorti de la soumission à l’économie de marché avec pour objectif unique de répondre à l’intérêt général. Après les grands discours sur l’écologie (Grenelle de l’environnement, COP21), il est urgent pour l’avenir de notre planète de mettre les actes en adéquation avec les paroles. Nous devons réfléchir sur le long terme à la façon dont nous transporterons les personnes et les biens. Depuis plus de vingt ans, les réformes qui se succèdent à la SNCF n’ont pas réglé le problème fondamental de la dette du ferroviaire. Pire, en refusant de traiter cette question, les gouvernements successifs ont aggravé la situation, à tel point qu’aujourd’hui la SNCF, du fait qu’elle paie chaque année 1,6 milliard d’euros d’intérêts, n’a plus les moyens d’investir.

Développer le rail public, c’est un choix politique. Un choix qui demande des moyens. Aussi, l’État doit, dans un premier temps, reprendre la dette dans son intégralité. Dans un second temps, il faut engager un grand plan de financement pour la régénération et le développement du réseau, afin de répondre aux besoins toujours plus importants de mobilité. Des solutions existent. En appliquant la taxe locale sur les bureaux et la taxe sur les parkings d’hypermarché à l’ensemble du pays, en créant un versement transport payé par les entreprises à toutes les régions et en relançant l’écotaxe poids lourds, ce sont plus de 3 milliards d’euros par an qui pourront être investis dans la SNCF pour assurer la desserte de tout le territoire.

Le réseau ferré français, dont le développement est une priorité incontournable, doit être en capacité d’irriguer l’intégralité du pays, et ainsi jouer son rôle dans l’aménagement du territoire. Cela est incompatible avec une ouverture à la concurrence. Italie, Angleterre… Tous les exemples en attestent, là ou il y a eu ouverture à la concurrence, nous avons constaté une atrophie du réseau. Contrairement à l’entourloupe de communication gouvernementale, qui laisse croire que les 9 000 kilomètres de lignes seront sauvés, rien n’est réglé !

Avec l’évolution des modes de vie, qui éloigne les citoyens des métropoles et entraîne un rallongement des temps de transport entre le domicile et le travail, le rail public doit bénéficier de plus de moyens financiers, matériels et humains pour assurer un service de qualité et sécurisé. Avoir des gares ouvertes, des horaires de train qui répondent aux besoins des usagers, des cheminots qui travaillent en proximité sont autant de conditions pour assurer une prestation élémentaire à la population : le droit au transport.

Nous sommes au pied du mur. Nous avons besoin de faire du fret ferroviaire une priorité. On parle beaucoup d’écologie. Jamais de trains. Or, il s’agit du transport le plus écologique. Il n’y a pas eu un mot là-dessus pendant la COP21. Quant au Grenelle de l’environnement, il plaçait à 25 % l’objectif de transport de marchandises par rail. Nous sommes à moins de 10 % ! Un train de 35 wagons, c’est 55 camions de 32 tonnes en moins sur les routes. Le PCF demande un état des lieux du fret. Tout cela ne sera possible qu’avec le retour à une entreprise unique et intégrée, assortie d’une gouvernance 100 % publique et placée sous un contrôle démocratique et citoyen.

 

Un plan B écologiste et social

Salariés et syndicalistes de la SNCF et usagers de ce service public, mais aussi signataires de l’appel à la convergence antiproductiviste, nous exigeons un grand débat public sur le devenir du chemin de fer. Le statut des cheminots, loin d’être un obstacle à la transition écologique, est la condition du développement d’un grand service public ferroviaire. La France compte déjà deux fois moins de lignes ferroviaires (30 000 km) qu’à la création de la SNCF (60 000 en comptant les lignes locales). La France est en retard par rapport aux autres pays comparables. Le rail ne représente plus que moins de 10 % des trafics de personnes et de marchandises alors que ce mode de transport est le plus écologique, le moins dangereux et, potentiellement, le plus juste socialement. Le rail ne représente que 2 % de l’énergie consommée par les transports et 1 % seulement des émissions de gaz à effet de serre. Au moment où le gouvernement abandonne le projet de Notre-Dame-des-Landes, il est incompréhensible qu’il s’en prenne aux chemins de fer. Nous proposons d’ouvrir un grand débat national autour de dix questions :

1) Le développement prioritaire du fret ferroviaire. La part du ferroutage est passée sous les 10 % en raison des choix politiques favorables au transport routier. Nous défendons le transport combiné rail-routes comme nous défendons le transport fluvial et par oléoduc.

2) Le retour au maillage du territoire. Nous exigeons l’abandon du projet de suppression de 9 000 km de lignes, la réouverture des lignes locales abandonnées et la création de nouvelles.

3) L’instauration de la gratuité des transports dans les TER. L’instauration de la gratuité dans les TER, comme dans les transports en commun urbains, est la bonne solution, car les transports collectifs sont le seul choix écologiquement et socialement responsable, la gratuité étant la seule façon de réussir la transition écologique dans l’égalité. L’augmentation constante des tarifs a abouti en effet à écarter les milieux populaires, déjà victimes de la gentrification urbaine, du ferroviaire, TER compris, et à privilégier les milieux aisés.

4) L’abandon du système hypercapitaliste de tarifs variables (« yield management »).

5) Le retour aux trains de nuit contre la grande vitesse. Les pays du nord de l’Europe comme la Norvège, la Suède mais aussi l’Autriche prouvent le succès de ces trains. Le train de nuit est la meilleure alternative à l’avion. Nous soutenons le réseau européen au train de nuit Back on track.

6) La démocratisation de la SNCF avec une réelle participation des cheminots et des usagers aux choix d’équipements ferroviaires afin d’avancer vers une société des usagers maîtres de leurs usages.

7) la priorité absolue aux trains locaux sur les TGV. La SNCF doit être un vecteur de la relocalisation nécessaire. Une rame TGV coûte entre 40 et 50 millions d’euros. Une rame TER coûte entre 1,5 et 15 millions d’euros. Moins de grande vitesse mais plus de ferroviaire.

8) Le retour du TER au ferroviaire contre l’autobus. On compte aujourd’hui 260 lignes trains et 240 autobus.

9) Le maintien de la SNCF comme établissement public.

10) La défense des droits des salariés de la SNCF et d’ailleurs, contre la division créée par le pouvoir et la majorité des médias.

 

Osons la transformation

Nous avons besoin d’un service public du rail enfin centré sur les mobilités du quotidien, soutenable financièrement, innovant et répondant aux enjeux de la transition écologique. Les Français sont profondément attachés au service public ferroviaire, qui transporte chaque jour plus de 4 millions de voyageurs. Il est un gage de la cohésion entre les territoires, de la compétitivité de nos entreprises, de l’attractivité du pays. Il est urgent d’engager sans tarder une refondation de notre système ferroviaire. Sortons des postures et regardons en face la réalité de la situation du système ferroviaire. Les trains circulent sur un réseau vieux et inadapté au transport de masse qui explique les retards fréquents (nos voisins européens font mieux) et les grands incidents de ces derniers mois. Après quarante ans où seules les lignes TGV semblaient compter aux yeux des grands élus, accordons enfin la priorité à la modernisation du réseau pour améliorer la qualité de service. C’est pourquoi SNCF Réseau va consacrer 36 milliards d’euros en dix ans pour la modernisation et la rénovation du réseau : c’est 50 % de plus que la dernière décennie.

On a souvent entendu ces derniers jours que le gouvernement voulait fermer « les petites lignes » : c’est faux ! Chaque ligne répondant à un besoin particulier, il faut une analyse locale et une discussion avec les territoires. Renforçons certaines lignes, envisageons pour d’autres des moyens d’améliorer le service public (par exemple avec des navettes électriques avec des fréquences plus nombreuses).

Pour être durable, le service public doit être soutenable, ce n’est pas le cas aujourd’hui. La dette de SNCF Réseau a augmenté de 15 milliards d’euros entre 2010 et 2016, pour atteindre 45 milliards d’euros fin 2016. Elle augmente mécaniquement de 2,5 milliards par an (dont 1,3 milliard d’euros juste pour les intérêts financiers, ce qui pose question sur le rôle des banques…) : cette situation n’est plus tenable, ceux qui prétendent le contraire prennent une lourde responsabilité.

Repenser la mobilité de demain, c’est aussi faciliter la multimodalité, en connectant de façon simple l’ensemble des services de transport accessibles sur un territoire donné, y compris pour la billettique. La gare doit devenir un lieu privilégié d’échanges intermodaux et un lieu de services multiples. Les plateformes de services ont besoin de lieux physiques (lieux de rendez-vous pour le covoiturage notamment, aménagements vélo) qui doivent devenir une composante de l’espace public urbain. La mobilité de demain doit être mise au service de la vie quotidienne des Français, et notamment de l’emploi : l’an dernier, un jeune sur quatre a refusé un emploi faute de moyen de transport, cela n’est pas admissible !

Enfin, l’innovation sera au cœur de la mobilité de demain, avec notamment le déploiement du train hydrogène et du train solaire, des « RER des grandes aires urbaines », ou encore avec la révolution des véhicules autonomes, en priorité pour les zones rurales. Comme nous l’avons recommandé dans le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures remis à la ministre Borne en février, il est urgent d’expérimenter dès les prochains mois la circulation de véhicules autonomes en sites propres entre des gares sur d’anciennes voies de chemin de fer. Cela permettra une offre nouvelle de mobilité, en particulier dans les zones rurales, où la voiture est trop souvent la seule solution.

Osons cette transformation vers un nouveau service public du rail ! Dans dix ans, les citoyens diront que la SNCF est redevenue notre fleuron national, le modèle d’un service public performant et d’une société publique qui a su se remettre en question et innover.

 

Sauvons notre bien commun : la SNCF !

Dans la société du libéral Macron où la norme doit être pour le monde du travail la précarité et l’ubérisation, le mensonge est érigé en mode de communication. Si certains ont encore des doutes sur la nature des politiques poussées à marche forcée par Emmanuel Macron et son gouvernement, celles-ci s’inspirent grandement de celles qu’ont conduites Reagan aux États-Unis et Thatcher au Royaume-Uni. Bien que la SNCF, qui fête ses 80 ans aujourd’hui, transformée en groupe public ferroviaire (GPF), soit à peine sortie de la réforme de 2014, devant régler les dysfonctionnements récurrents et s’attaquer à l’endettement du système, Macron décrète l’urgence, en appui du rapport Spinetta, pour pousser une nouvelle réforme à coups d’ordonnances.

Alors que des associations d’usagers, des syndicats de cheminots, des élus n’ont pas manqué ces dernières années de dénoncer l’abandon du réseau classique, la détérioration de la qualité du service, les opérations capitalistiques à risques à l’étranger du groupe SNCF, aujourd’hui Macron-Philippe-Pepy, veulent faire payer aux usagers et aux cheminots les « erreurs » des politiques passées.

L’enfumage du premier ministre à propos de l’avenir des « petites lignes » (9 000 km !), dont le futur, dit-il, ne peut se décider à Paris, masque mal la volonté de l’État de confier la gestion de celles-ci aux collectivités territoriales… ou du moins à celles qui le pourront !

Dans le sillage de Guillaume Pepy qui développe depuis des années les activités routières au détriment du train, Emmanuel Macron met en marche une politique antiferroviaire, anti-service public. Transformer la SNCF en société anonyme, faisant passer l’État de propriétaire à actionnaire, ce sont là les conditions d’une future privatisation partielle ou totale… au seul bénéfice des intérêts privés !

Face à cette entreprise de démolition du bien commun, il y a lieu de se mobiliser pour la mettre en échec et imposer les conditions d’un véritable plan de développement du service public ferroviaire porté par une entreprise publique, unique, intégrée, permettant de répondre aux enjeux d’aménagement du territoire, de mobilité, de développement économique, d’environnement, de réponse aux besoins sociaux. Comme l’a fait l’Allemagne à deux reprises, l’État doit reprendre sa dette (46 milliards d’euros) et s’attaquer à la concurrence déloyale entre les modes de transport.

Afin d’être en adéquation avec nos engagements en matière de lutte contre le réchauffement climatique, il nous faut relancer le transport de marchandises par rail, réactiver les trains de nuit et le dispositif auto-train ainsi qu’il convient de revitaliser les trains d’équilibre du territoire (TET, trains Corail…). Une stratégie de volume, à savoir que plus de personnes utilisent le train, suppose de mettre en œuvre une politique tarifaire de service public basée sur la référence kilométrique et de revenir à une TVA à 5,5 %.

Nos associations soutiennent un certain nombre de propositions de financement comme la création d’un versement additionnel pour les régions, ou encore la création d’un fonds de développement européen financé par la BCE dont une des missions serait de financer les investissements nécessaires.

Ce qui se joue aujourd’hui ne concerne pas que les cheminots et les usagers du rail : c’est d’un choix de société dont il est question ! Si on veut éviter la casse d’un bien commun, vital, une catastrophe sociale, écologique, tout commande à se mobiliser pour défendre le chemin de fer, le rail public.

Didier Le Reste

Président de la Convergence nationale rail et Daniel Coffin Responsable du Collectif de développement du rail de la région de Montluçon

Thomas Portes

Responsable national du PCF en charge du collectif cheminots

Paul Ariès

Collectif des syndicalistes et usagers pour un plan B écolo et social à la SNCF

Matthieu Orphelin

Député LREM du Maine- et-Loire

 

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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 19:31
Grève dans la fonction publique le jeudi 22 mars, les rassemblements bretons: ensemble, résistons à la politique de casse des services publics de Macron!
Grève dans la fonction publique le jeudi 22 mars, les rassemblements bretons: ensemble, résistons à la politique de casse des services publics de Macron!
  • Grève dans la fonction publique le 22 mars

L’Intersyndicale fonction publique CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires appelle à la grève et à participer aux manifestations le jeudi 22 mars pour défendre un service public de qualité, l’emploi et le pouvoir d’achat des fonctionnaires. Dans le secteur de l’éducation, c'est toujours moins de moyens (-33 emplois pour la rentrée 2018 en Bretagne pour le second degré public). Les réformes se succèdent, au collège, au lycée, avec un renoncement aux objectifs de démocratisation, avec une autonomie accrue des chefs d'établissements, avec un bac « local », avec un frein à l’accès de tous à l’enseignement supérieur...

Le temps de la riposte est venu : agissons dans l’unité, faisons converger les luttes déjà engagées (étudiants, lycéens, EHPAD, cheminots...). Tous ensemble, montrons à la population que ce qui se passe dans la Fonction publique et dans l’éducation est alarmant tant les changements envisagés sont profonds et touchent non seulement aux conditions de rémunération et de travail de 20% des salariés, mais aussi au modèle de société. 

Les organisations CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires appellent les agent-es à se mobiliser massivement le 22 mars pour :

  • Une négociation salariale immédiate pour le dégel de la valeur du point d’indice, le rattrapage des pertes subies et l’augmentation du pouvoir d’achat ;

  • L’arrêt des suppressions d’emplois et les créations statutaires dans les nombreux services qui en ont besoin et non un plan destiné à accompagner de nouvelles et massives suppressions ;

  • Un nouveau plan de titularisation des contractuel.le.s, de nouvelles mesures pour combattre la précarité et non pour favoriser son extension comme le préconise le gouvernement ;

  • Des dispositions exigeantes pour faire respecter l’égalité professionnelle ;

  • L’abrogation du jour de carence ;

  • La défense et la pérennisation du système de retraite par répartition et des régimes particuliers ;

  • La défense du statut général des fonctionnaires, et des statuts particuliers, qui permet de répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire et qui garantit l’égalité
    entre les usagers.

  • Les appels, lieux et horaires des rassemblements et manifestations en Bretagne 

      Cotes d’Armor    Grève, rassemblements et manifestations à l’appel de CFE-CGC, CGT, FO, FSU et Solidaires

  • Saint-Brieuc, 10h30 parc des Promenades

  • Lannion, 11h devant l’ancien Tribunal

  • Dinan, 11h esplanade de la Résistance

      Finistère          Grève, rassemblements et manifestations à l’appel de CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires et UNSA Territoriaux. 

                                 Les quatre parcours feront étape devant les gares SNCF.

  • QUIMPER 10h30 place de la Résistance

  • BREST 10h30 place de la Liberté

  • MORLAIX 10h30 place de la Otages

  • QUIMPERLE 10h30 place des Écoles

               Ille-et-Vilaine     Grève, rassemblements et manifestations à l’appel de CGT, FSU, FO et Solidaires

 

  • RENNES 10 h 30 esplanade Charles de Gaulle.

  • SAINT MALO 10h30 médiathèque

  • REDON 17h sous-Préfecture

                Morbihan    Grève, rassemblements et manifestations à l’appel de CFTC, CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES et UNSA Territoriaux

  • VANNES 10h30 départ Hôpital – Préfecture

  • LORIENT 10h30 départ Maison des syndicats- Sous-préfecture

  • BELLE-ILE 10h30 Le Palais

 

 

 

 

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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 20:05
Macron divise, unissons-nous pour le progrès social! (PCF)
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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 19:58
Manif pour le pouvoir d'achat des retraités le 15 mars à Morlaix

Manif pour le pouvoir d'achat des retraités le 15 mars à Morlaix

Pouvoir d’achat. « Macron, ça suffit de tout casser et de culpabiliser les retraités »
KAREEN JANSELME
VENDREDI, 16 MARS, 2018
L'HUMANITÉ
Paris, le 15 mars, grande mobilisation des retraités. Gonzalo Fuentes/Reuters
 

Neuf organisations syndicales comptabilisaient, jeudi après-midi, 161 manifestations dans 95 départements. À Paris, des milliers de personnes ont défilé contre la hausse de la CSG et pour la revalorisation des pensions.

«C’est normal, Mamie, que ta pension baisse, c’est parce qu’elle s’use. » À 84 ans, Josette Riandière La Roche sourit amèrement en racontant l’anecdote. L’expression du député LREM, rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), évoquant dans le Parisien la « génération dorée » des retraités, lui est restée en travers de la gorge. « Nous sommes les enfants de la guerre, nous avons vécu sous la domination allemande, sous les bombes. Je travaillais 44 heures par semaine pour payer mes études… Nous sommes loin d’être favorisés. Notre classe creuse a élevé les baby-boomers. Si je perçois une retraite, c’est parce que beaucoup d’amis sont morts avant moi. C’est ça, la retraite par répartition. »

L’ancienne professeure d’espagnol en faculté, longtemps syndiquée FSU, s’appuie sur sa canne, en attendant que le défilé s’ébranle. À ses côtés, Guy Niel porte une pancarte du collectif citoyen de Gentilly (Val-de-Marne) et enchaîne : « Le gouvernement fait tout pour culpabiliser les retraités, leur demander des efforts de solidarité… Mais aux actionnaires des grandes entreprises qui récupèrent des milliards, on ne leur demande rien, et on leur fait des cadeaux. » Pour se soigner, cela devient difficile. Pourtant, Guy travaille depuis l’âge de 14 ans et peut être fier d’une jolie carrière qui l’a fait évoluer de plombier chauffagiste à ingénieur-conseil. « Celui qui n’a pas les moyens deviendra un sans-dents, comme dirait M. Hollande… »

« Ça suffit de vouloir tout casser », s’insurge ce couple de l’Essonne, triste de ne pas avoir vu l’annonce de la manifestation bien relayée dans les médias. Tous deux ont travaillé quarante-trois ans. Jean-Yves s’est arrêté il y a sept ans. Christine l’a rejoint l’an dernier. Il a suffi d’une année pour voir leurs pensions baisser de 68 euros par mois. « C’est la première manifestation que nous faisons depuis que nous avons commencé à travailler : ça montre notre ras-le-bol ! »

Le gouvernement veut supprimer 120 000 emplois de fonctionnaires

Le gel des pensions, la perte du pouvoir d’achat et maintenant la hausse de 1,7 point de la CSG les révoltent, comme Luis Villemez, qui affiche sa perte de revenu autour du cou. Cet ancien fonctionnaire territorial de 65 ans pointe depuis 2013 la diminution de sa pension : 1 456,94 euros en 2013, 1 409,74 euros en 2015… En 2017, il avait retrouvé son revenu de 2013, mais pour mieux le voir fondre en janvier 2018. Comme son épouse travaille encore et que les calculs se font en lien avec le revenu fiscal de référence qui tient compte des ressources de la famille, le voici ponctionné de 1 014 euros dans l’année. Sa voisine, elle, va perdre 307 euros : « Déjà, je n’achète ma nourriture qu’en promo, et je tiens un petit carnet pour garder la notion des prix et mesurer l’augmentation sur les marques que j’achète. Quand c’est trop, je vais le montrer à l’accueil du magasin : ça me soulage ! »

Près du camion rouge de la CGT du Val-de-Marne, Odette Terrade devise avec ses camarades syndiqués. « Nous aidons déjà nos enfants et nos petits-enfants, nous sommes actifs dans des syndicats, des associations. Nous faisons beaucoup pour la société. Après quarante et un ans de service, on veut encore nous piquer des sous… Le gouvernement peut en trouver ailleurs : le Cice a été donné aux entreprises sans aucune contrepartie sur l’emploi, et on a baissé l’impôt sur les sociétés… Beaucoup d’entreprises ne paient pas leurs cotisations sociales, et le gouvernement veut supprimer 120 000 emplois de fonctionnaires, notamment ceux qui contrôlent ces entreprises. » Cette ancienne sénatrice communiste, retraitée de la finance, sait de quoi elle parle, sortant de la fourgonnette une lettre adressée à Emmanuel Macron, rédigée par l’intersyndicale des neuf organisations qui appellent à la mobilisation. « Je veux que ma pension soit revalorisée et indexée sur les salaires et non pas sur l’inflation, ce qui a conduit à accélérer le décrochage du pouvoir d’achat des retraités. Comme des millions de retraités, je dis : “C’est assez” », peut-on lire sur l’adresse censée être relayée par les parlementaires du Val-de-Marne.

« C’était important d’être là aujourd’hui, conclut Guy Niel. Et les autres jours à venir ! Va falloir lui secouer les bretelles à Macron et lui montrer que le peuple sert à quelque chose ! »

Journaliste, rubrique social
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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 07:27
Les retraités sont descendus en nombre dans la rue, malgré une météo parfois bien capricieuse, notamment en Bretagne (ici à Morlaix) - photo Le Télégramme

Les retraités sont descendus en nombre dans la rue, malgré une météo parfois bien capricieuse, notamment en Bretagne (ici à Morlaix) - photo Le Télégramme

Des milliers de retraités se sont mobilisés partout en France, jeudi, pour défendre leur pouvoir d'achat, les professionnels de l'aide aux personnes âgées étant, eux, appelés à la grève pour réclamer plus de moyens humains.

« Ni privilégiés, ni assistés ! », « Macron t'es foutu, les vieux cons sont dans la rue » ou encore

 

« Paradis pour les uns, pas un radis pour les autres »... Plusieurs milliers de retraités, parfois inspirés, ont défilé un peu partout en France, jeudi, pour dire non à la « baisse de leurs pensions », rejoints dans de nombreux cas par les personnels des Ehpad. En Bretagne, ils étaient 2.200 à Rennes, près de 600 à Saint-Malo, 2.500 à Lorient, 600 à Vannes, 2.000 à Brest, un millier à Morlaix comme à Quimper, 500 à Concarneau, 200 à Landerneau, 800 à Saint-Brieuc et à Lannion, 300 à Guingamp et une centaine à Paimpol.

En septembre déjà, des milliers de retraités avaient dénoncé la hausse de 1,7 point de la CSG à compter de janvier pour 60 % d'entre eux, afin de compenser la suppression des cotisations chômage et maladie du privé.

Emmanuel Macron a redit, mercredi, qu'il « assumait » ses réformes et a demandé « un effort pour aider les jeunes actifs ». « Il y en a qui râlent et qui ne veulent pas comprendre, c'est la France », a-t-il remarqué.

« Les efforts, on les a déjà faits et on les demande toujours aux petits », s'est indigné Mohamed Jaafari, 73 ans, présent dans le rassemblement de Reims.

Buzyn « ne peut pas répondre au ratio »

 

Les motifs de mécontentement se sont accumulés ces dernières années : gel des pensions, suppression de la demi-part des veuves ou encore décalage de la revalorisation des retraites d'octobre 2018 à janvier 2019 pour augmenter le minimum vieillesse.

 

Augmenter les effectifs « urgemment » : c'était la priorité pour l'intersyndicale appelant également à la grève, jeudi, dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les services d'aide à domicile, hôpitaux gériatriques et autres structures en charge du grand âge, moins de deux mois après une première mobilisation très suivie.

« On ne peut plus admettre que des personnes âgées ne soient pas douchées régulièrement », que leurs repas soient expédiés, résume Mireille Stivala (CGT) au nom de neuf autres syndicats (FSU, Fédération autonome Fonction publique, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, Solidaires, Union fédérale action sociale et Unsa) et de l'association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA).

La ministre des Solidarités, Agnès Buzyn, a reçu une délégation à la mi-journée pendant un rassemblement sous ses fenêtres. « Elle a reconnu que nos attentes (sur l'augmentation des personnels) étaient légitimes », a rapporté le président de l'AD-PA, Pascal Champvert. « Mais elle ne peut pas répondre au ratio » d'un personnel pour un résident, contre 0,6 en moyenne actuellement, réclamé par les syndicats, en plus de meilleurs salaires ou encore de l'abrogation de la réforme du financement des Ehpad.

200.000 recrutements souhaités

 

Un rapport parlementaire publié mercredi propose de doubler le ratio de soignants en quatre ans. Soit plus de 200.000 recrutements, pour sept à dix milliards d'euros, quand la ministre met, elle, en avant le manque de « moyens budgétaires ».

Le leader de FO, Jean-Claude Mailly, a suggéré, jeudi, de consacrer aux Ehpad une « partie » des recettes fiscales supplémentaires de 2017. « Maintenant il faut des moyens », a estimé son homologue de la CFDT, Laurent Berger, devant le ministère.

Agnès Buzyn promet, pour l'heure, de neutraliser les « effets négatifs » de la réforme du financement affectant un quart des Ehpad et n'exclut pas des « ajustements », en plus des 50 millions d'euros supplémentaires annoncés fin janvier.

Sa stratégie globale pour la prise en charge du vieillissement est attendue fin mars.


Le Télégramme, 16 mars 2018

 

Retraites-Ehpad. Les seniors donnent de la voix (Le Télégramme, 16 mars 2018)
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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 06:00
Privatisation des barrages hydroélectriques - la braderie nationale continue - par Michel Etiévent

La braderie nationale continue ..

Nos barrages, bien nationaux bâtis par les savoir-faire d'un petit peuple dans le sillage du conseil national de la résistance soucieux de notre indépendance énergétique et d'un service public de qualité, sont bradés au privé avec tous les profits que vont en tirer les multinationales, tout le renchérissement de l’énergie que cela va supposer et l’insécurité que cela peut engendrer. de la part d'un privé plus avide de rentabilité à court terme que de maintenance (que seul un vrai service public désintéressé du profit et soucieux de l’intérêt général peut assurer!!)
En effet quid de la sûreté?

 Il est à craindre que les nouveaux patrons ne soient pas aussi sourcilleux qu'EDF qui investit 400 millions d’euros par an dans le renforcement et la surveillance de ses ouvrages... Ce qui inquiète aussi beaucoup les régions, ce sont les autres usages de l’eau qui reste fondamentalement une propriété de la Nation : exemple ces millions de mètres cubes bon marché fournis à la collectivité pour l’eau potable, l’irrigation, les canons à neige…

On le sait l'opérateur privé cherchera forcément à faire un maximum d'argent sur l’eau.. La crainte d’un nouvel affaiblissement d’EDF est aussi là et tout ce que l’entreprise va perdre, ce sont les Français qui vont le perdre»,

Michel Etiévent

Alors de quoi se nourrit Hulot ? Ben de couleuvre pardi ! Cette fois, c’est la privatisation des barrages hydroélectriques qu’il a annoncée à l’Assemblée nationale. Son patron est finalement bien le fils putatif de Hollande : c’est en effet sous Hollande, Valls et Royal que ceci a été décidé. Pour obéir à une injonction de cette Union européenne dont la dérive ultralibérale actuelle ronge tous nos "fruits du travail communs" (terme du CNR) et nos conquis sociaux

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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 19:38
Les retraités ne supportent plus d'être à ce point maltraités (Gérard Le Puill, L'Humanité, 14 mars 2018)
Les retraités ne supportent plus d’être à ce point maltraités
MERCREDI, 14 MARS, 2018
HUMANITE
 
Il y aura beaucoup de cheveux blancs demain dans les manifestations qui se dérouleront un peu partout en France contre la ponction opérée sur les pensions de retraite pour augmenter très légèrement les salaires des actifs sans que cela ne coûte un centime aux patrons alors que les entreprises du CAC ont dégagé 94 milliards d’euros de bénéfice en 2017. Ces profits sont pourtant en hausse sensible dans les trois quarts de ces mêmes entreprises. A Paris, la manifestation de résistance contre la spoliation des droits acquis partira demain à 14H30 de la place du 18 juin 1940, près de la gare Montparnasse. Plus qu’un symbole, ce doit être le départ d’une longue marche qui finira par être victorieuse !

Pendant des mois, le gouvernement a voulu faire croire aux retraités que seulement les plus aisés parmi eux perdraient un peu de pouvoir d’achat avec l’augmentation de la CSG de 1,7% sur la pension brute à partir de janvier 2018. Mais tous les retraités qui ont fait leurs comptes depuis le début de l’année découvrent que le Président de la République  et le gouvernement leur ont menti. Ainsi la ponction de + 1,7% de CSG appliquée à la pension brute, se traduit par une baisse de 1,83% de la pension nette. Quiconque percevait 1.500€ net avant la hausse pouvait penser que sa pension allait diminuer de 25,50€ par mois et de 306€ sur l’année. La baisse sera de 27,45€ par mois et de 329,40 euros sur l’année. C’est la baguette de pain que Macron enlève chaque jour de la bouche du modeste retraité.

Des veufs et surtout des veuves qui touchaient moins de 1.200€ par mois, mais percevaient en plus une pension de réversion de leur défunt conjoint,  se retrouvent taxés sur la totalité de ce qu’ils perçoivent via ce prélèvement. Le nouveau président des riches  pille ainsi les retraités et nous dit qu’il fait cela pour concéder une petite augmentation de salaire aux actifs. Mais les actifs paient aussi l’augmentation de la CSG. C’est en supprimant parallèlement la cotisation maladie et la cotisation chômage qui étaient à la charge du salarié, que l’on augmente très faiblement son salaire net. Au point que les actifs aussi sont mécontents du résultat.  Ainsi, seuls les patrons sont gagnants, qu’il s’agisse de LVMH, de Carrefour, de Renault, de Peugeot-Citroën, de Dassault, du Crédit Agricole ou de BNP Paribas et tous les autres. Emmanuel Macron veut-il nous faire croire que Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH n’avait pas les moyens de consentir une augmentation à se salariés alors que sa fortune personne est passée de 42,2 milliards à 72 milliards d’euros entre le premier jour de janvier et le dernier jour de décembre durant la seule année 2017 ? Ajoutons que durant la même année la valeur de l’action LVMH en Bourse est passée de 145 à 264,5 euros !

8,4 milliards d’euros de profits pour Sanofi en 2017

 Le Figaro du 5 mars indiquait que, pour l’année 2017, « sur les 39 entreprises du CAC 40 qui ont dévoilé leurs comptes, 31 affichent des résultats en hausse. La palme du plus fort bénéfice revient à Sanofi avec  8,4 milliards d’euros ». LVMH a annoncé 5,12 milliards d’euros de bénéfices pour l‘année  2017. Bernard Arnault, cité plus haut, bénéficie de la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pendant que la ponction sur les retraites sert à réduire le salaire brut que paient les multinationales. Et en même temps, comme dirait l’autre,  Carlos Ghosn, PDG de Renault, ne paiera plus l’ISF sur ses 7 millions d’euros de salaire perçus en 2017. Il en ira de même pour tous les hauts cadres surpayés.

Partout où ils osent encore aller au contact de la population dans leur circonscription, les députés de La République En Marche constatent que cette hausse de la CSG a profondément mécontenté les gens qui ont voté pour eux. Au point nous disait le Canard Enchaîné du 21 février que « l’Elysée réfléchit bien à une stratégie pour tenter d’effacer les effets négatifs de cette hausse de la CSG ».

Les confidences faites au Journal du Dimanche(JDD) du 11 mars par des proches d’Emmanuel Macron donnent à penser qu’on n’en est pas encore là. Elles en disent long sur le cynisme dont fait preuve ce jeune président de la République vis-à-vis des hommes et des femmes qui ont travaillé et cotisé pour gagner une pension qui leur est due jusqu’à la fin de leur vie. Un conseiller de Macron confiait au JDD que « depuis le mois de septembre le président savait que quand ces électeurs verraient le résultat sur leur feuille de retraite ça allait coincer un peu ».Mais le même regrette que « le gouvernement ait tendance à être très défensif, alors que les retraités ont un niveau de vie très supérieur à celui des actifs »selon ce conseiller. Dans un pays ou la pension brute moyenne était 1.306€ par mois avant la ponction de 1,83% sur le net à percevoir, les propos de ce conseiller sont indécents. 

« Il faut éviter le bashing retraité », dit-on à Matignon 

 A Matignon on semble plus inquiet des conséquences politiques du matraquage des retraités à la demande du président des riches. « Il faut éviter le retraité bashing et ne pas stigmatiser les baby boomers. Car le risque c’est de perdre du soutien et de la confiance, alors que c’est une catégorie qui soutien notre politique de réforme», confie-t-on au JDD dans le cabinet d’Edouard Philippe, transfuge du parti de Nicolas Sarkozy, d’Alain Juppé, de François Fillon et de Laurent Wauquiez. Sans doute voit-on avec inquiétude, chez Edouard Philippe, la perte de confiance de 10 points entre janvier et février chez les 50 à 64 ans et de 6 points chez les plus de 65 ans.

Notons enfin que le Conseil constitutionnel présidé par Laurent Fabius a approuvé le budget 2018 sans rien trouver à redire sur une pratique qui, pour la première fois sous la Vème République,  remet en cause les droits à pension acquis par les retraités à partir des cotisations qu’ils ont payées durant leur vie active. Pire encore, l’augmentation de la CSG imposée aux retraités sert surtout à compenser la suppression de la cotisation chômage des actifs alors que le fait même d’être un retraité ne peut plus donner lieu à une indemnisation du chômage. Ajoutons que, renouvelée à plusieurs reprises au cours des prochaines années, cette façon de relever le niveau de la CSG payée par les retraités pourrait réduire les pensions à peu de chose en quelques années.

Se pose donc une question de droit. Comment le président du Conseil constitutionnel, ancien Premier ministre, puis ancien président de l’Assemblée nationale, peut-il justifier une telle remise en cause des droits acquis par des hommes et des femmes qui ont cotisé pour la retraite ? Tout cela pour permettre aux employeurs de donner quelques euros de plus par mois à des actifs, sans débourser un centime, mais en supprimant sur la feuille de paie la part imputée à chaque salarié pour le chômage et pour la maladie? Le moment n’est-il venu d’interpeler le président du Conseil Constitutionnel sur ce sujet? Surtout quand on sait que cet homme s’est parfois revendiqué de Jean Jaurès pour parler de justice sociale !

Les personnels des EHPAD manifestent aussi demain 

En attendant, les retraités ne seront pas seuls à manifester demain. Les salariés des Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes(EHPAD) seront en grève et manifesteront avec les retraités pour demander plus de moyens, notamment en personnel. Ils avaient déjà) fait grève le 30 janvier. Dans un communiqué publié le 13 mars, Joseph Krummenacker, président de la Fédération nationale des associations et amis des personnes âgées et de leurs familles(FNAPAEF), soutien cette journée d’action écrit et la justifie en ces termes : «Cette mobilisation (du 30 janvier ndlr), n’a pas retenu l’attention du président de la République. Elle n’a suscité aucune réaction de sa part. Les personnes âgées ne semblent être à ses yeux  que des rentiers nantis qui se doivent de contribuer à la solidarité nationale sans rien attendre en retour pour répondre aux graves difficultés qu’ils rencontrent, la maladie et la perte d’autonomie venant ».

Malicieux, Joseph Krummenacker termine son communiqué en citant une phrase de Paul Ricoeur avec qui Emmanuel Macron travailla naguère : « La fatalité c’est personne, la responsabilité c’est quelqu’un ». Et d’ajouter en conclusion : « Vous êtes celui-là, monsieur le Président ».

Journaliste et auteur
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