Hausse des prix des carburants : Non au racket qui frappe le pouvoir d'achat
La hausse massive des prix des carburants crée une émotion légitime. En effet tous les habitants sont touchés quels que soient leurs revenus. Nombreux sont les salariés disposant de petits revenus qui sont obligés d’utiliser leurs véhicules ne serait-ce que pour aller travailler, et pour qui ces hausses représentent une perte lourde de pouvoir d’achat.
Le PCF demande l’annulation de la hausse de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) pour 2019 pour l’ensemble des carburants.
Les communistes militent pour une fiscalité écologique socialement juste. Il faut réduire massivement la production de gaz à effet de serre, et évidemment celles émises par les véhicules particuliers. Mais la hausse indifférenciée des prix des carburants n’est pas la bonne méthode : elle frappe le pouvoir d’achat des plus pauvres, pendant que les plus riches gardent leurs « droits de polluer ». Sous couvert de fiscalité écologique, le gouvernement ne fait qu’essayer de combler en partie le trou qu’il a creusé dans les caisses de l’État avec ses cadeaux aux plus riches et aux entreprises. Le racket sur les automobilistes frappe le pouvoir d’achat des plus modestes et n'a aucun impact sur l’environnement.
Il faut dissuader massivement l’acquisition de véhicules polluants.
Il faut en tout premier lieu pénaliser fiscalement l’achat de grosses voitures polluantes ainsi que la part des véhicules diesel, dont la contribution à la dramatique pollution atmosphérique n’est plus à démontrer.
Le PCF propose donc une forte hausse du malus automobile, à partir de 100 grammes de CO2 par kilomètre parcouru pour tous les véhicules à essence (et non 117 comme actuellement), et plus élevé pour tous les véhicules produisant plus de 120 grammes de CO2 par kilomètre.
Pour les motorisations diesel, le malus doit démarrer dès 80 grammes de CO2 émis par kilomètre parcouru, et devenir plus élevé dès 100 grammes de CO2 par kilomètre.
Une politique pour une automobile plus vertueuse, conjuguée avec des
investissements massifs pour les déplacements en transports publics et à vélo
: c’est l’avenir des déplacements dans notre pays.
Et pour ceux qui se chauffent au fioul ?
L’augmentation du prix +30% fait que de nombreuses familles ne peuvent plus se chauffer Le PCF porte la proposition d’un plan national « chauffage » pour exiger des multinationales qu’elles baissent le prix de l’énergie. C’est une question de justice sociale et de santé publique.
Le président de l’Assemblée dévoile ce matin une plaque commémorative sur le siège qu’occupa le fondateur de l’Humanité, mais honorera aussi Clemenceau… De quoi raviver un débat structurant à gauche : « l’ordre », ou la révolution ?
Il est l’un des plus grands tribuns de l’histoire parlementaire, hissé au panthéon de la gauche française. Si la voix de Jean Jaurès résonne encore dans l’Assemblée nationale, souvent convoquée par ses successeurs, on ne trouve nulle trace honorifique de son passage dans l’Hémicycle. En juin 2017, Jean Luc Mélenchon, fraîchement élu député, fut le premier à s’en étonner, cherchant en vain où pouvait bien se situer le siège de Jean Jaurès. Près de dix-huit mois plus tard, le nouveau président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, dévoilera ce matin une plaque en son honneur sur le siège 595, situé à gauche de l’hémicycle, aujourd’hui occupé par le député communiste de Seine-Maritime Hubert Wulfranc. « Nous avons travaillé avec des historiens pour réussir à localiser son siège », expliquent les services de l’Assemblée nationale. Les représentations du député du Tarn à la tribune, intervenant bras grands ouverts pour la justice sociale ou pointés vers son adversaire pour défendre le capitaine Dreyfus, sont connues. Mais il n’existe qu’une seule photographie du député du Tarn assis dans l’hémicycle, permettant de le localiser. Elle fut prise en 1914 par l’un de ses collègues, le député-photographe Jules Louis Breton (voir photographie). « Il nous a paru évident que la place devait être celle qu’il occupa de 1902 jusqu’à son assassinat, en 1914, explique l’historien Gilles Candar, sollicité par l’Assemblée pour travailler sur les archives. C’est la grande période du tribun socialiste. Ses combats du début du siècle, pour la paix, la défense des ouvriers et des paysans, et pour la laïcité, ont eu lieu là. »
Élu député du Tarn pour la première fois en 1885
Car le fondateur de l’Humanité fut élu député du Tarn pour la première fois en 1885, puis en 1893, et enfin sans discontinuer à partir de 1902 jusqu’à son assassinat, le 31 juillet 1914. « Je suis très heureux qu’elle corresponde au siège d’Hubert Wulfranc, un député communiste, une personnalité humaniste et ouverte », confie l’historien, président de la Société d’études jaurésiennes. Nulle « fierté » pour l’heureux élu de ce siège si convoité, mais plutôt « beaucoup d’émotion ». « Jaurès, c’est d’abord pour moi le fondateur de l’Humanité, ce journal que j’ai vendu depuis mes 17 ans sur le marché de Saint-Étienne-du-Rouvray. C’est aussi le grand pacifiste qui nous parle tant aujourd’hui, en cette veille de commémoration de l’armistice. Face à cette grande histoire, je ne suis qu’une petite souris. »
Mais le groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) accueillera également ce matin une autre plaque commémorative, celle de Georges Clemenceau, sur le siège occupé par le député guyanais Gabriel Serville. Un « en même temps » mémoriel, comme la Macronie sait bien le faire, qui « permet de faire vivre le débat à gauche ! », assure un haut fonctionnaire de l’Assemblée. D’autant qu’« honorer le Clemenceau député n’est pas indigne », souligne avec ironie Gilles Candar. Jusqu’en 1993, le député de la Seine combat le colonialisme et la peine de mort. « Il a eu de très beaux combats durant cette période, rappelle l’historien. Le « premier Clemenceau est intéressant, très avant-gardiste pour l’époque dans son anticolonialisme, bien avant Jaurès, et il saura le lui rappeler ». Devenu ministre de l’Intérieur puis président du Conseil, il lancera, en 1906, au député de Carmaux qui lui reproche de réprimer les grèves : « De nous deux, je suis le seul qui n’ait pas changé ! » Cette année-là, les joutes verbales entre celui qui défend « l’individualisme » et « le réalisme » politique et le flamboyant défenseur des mineurs de Courrières écrivent une page décisive de l’histoire de la gauche française : « l’ordre » ou la révolution ? « Je voudrais faire comprendre aux déshérités de tout ordre qu’il n’y a pas d’émancipation véritable pour eux en dehors de celle qui viendra de leurs propres efforts », affirme alors le Tigre. « Votre doctrine de l’individualisme absolu, votre doctrine qui prétend que la réforme sociale est contenue tout entière dans la réforme morale des individus, c’est, laissez-moi vous le dire, la négation de tous les vastes mouvements de progrès qui ont déterminé l’histoire, c’est la négation de la Révolution française elle-même », répondra Jaurès au briseur de grève.
Une plaque pour célébrer le promoteur de la propriété sociale
« J’ai mis du temps à admettre que j’aurais plus facilement applaudi le Tigre que le fondateur de l’Humanité. Maintenant, j’assume », écrivait en 2008 Manuel Valls, comme un prélude au quinquennat à venir. L’année précédente, Nicolas Sarkozy, dans un hommage du vice à la vertu, avait raillé cette « gauche d’aujourd’hui qui n’a plus grand-chose à voir avec la gauche de Jaurès ». Et puis ce fut au tour du Front national de défigurer le leader socialiste, osant même flanquer leurs affiches d’un indigne « Jaurès aurait voté FN ». Un parti dont les racines idéologiques appartiennent à la propagande qui, en 1914, dénonçait le « traître » Jaurès. Loin de ces instrumentalisations, la plaque inaugurée ce matin, en présence des députés communistes, de ses descendants et du directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, célébrera l’artisan patient de l’union des familles socialistes, le promoteur de la propriété sociale et coopérative, le défenseur obstiné des travailleurs, et l’infatigable combattant pour la paix.
Pour Convergence l’école républicaine doit donner les moyens aux jeunes dedevenir des citoyens et citoyennes responsables, leur apporter une culture émancipatrice, leur permettre de construire leur projet professionnel. Elle doit sanctionner les études par un diplôme national reconnu par les conventions collectives.
La philosophie libérale du gouvernement, du ministre Blanquer, est inverse. Sur fond de suppressions de postes, les réformes organisent la concurrence entre les établissements et les disciplines, renforcent la sélection sociale et contraignent les jeunes à faire des choix précoces, décident des programmes dans la plus grande opacité.
La réforme du cours préparatoire permettant aux élèves d’être 12 en REP+, présentée comme la grande mesure sociale du gouvernement, se fait au détriment des autres niveaux de l'école élémentaire, y compris dans l'éducation prioritaire et dans les écoles rurales.
Pour le rapport CAP 22 mis en œuvre par le gouvernement : « L’enseignement doit répondre de manière plus adaptée aux besoins des territoires ». C’est une conception de l’éducation qui a pour unique objectif d’apporter une main d’œuvre adaptée aux besoins économiques locaux et immédiats qui plus est sans aucune garantie de pérennité.
« Les évaluations…tiendraient compte du contexte socio-économique, matériel et géographique des établissements… ». C’est la fin des diplômes de valeur nationale dont le bacavecla multiplication des évaluations locales.
C’est aussi une politique de reproduction des inégalités sociales qui fait la part belle à l’enseignement privé.
La sélection s’étendra jusqu’aux universités toujours plus en concurrencedepuis la loi d’autonomie des universités « Des moyens qui pourraient être différents pour les universités à vocation régionale, nationale ou internationale ». La sélection à l'entrée à l'université, généralisée en 2018 par la loi "orientation et réussite des étudiants" (ORE), se met en place dans un cadre où le sous-financement se conjugue avec l'accélération de la mise en concurrence entre les établissements initiée en 2007 par la "loi sur la responsabilité des universités" (LRU) au détriment à la fois des personnels et des usagers. Ce sont « des moyens qui pourraient être différentspour les universités à vocation régionale, nationale ou internationale ».
Pour les enseignants c’est la remise en cause du statut – dont la réforme à points des retraites - et le développement d’une logique managériale singée du privé avec des rémunérations de plus en plus individualisées et sur la base d’un « mérite » supposé.
L’engagement d’E Macron vis-à-vis de l’Union européenne de baisser les dépenses publiques se traduit par des suppressions de postes, un appauvrissement de l’offre de formation pour les jeunes, dessalaires indignes, alors que l’enseignement devrait être la priorité de tout gouvernement.
L’avenir de nos enfants, des générations futures, est en jeu.
Convergence apporte son plein soutien aux syndicats enseignants en grève le 12 novembre et appelle les parents, la population, à participer aux mobilisations unitaires.
Les couches populaires sont les plus touchées par les hausses des prix des carburants, estime le responsable communiste, qui formule plusieurs propositions, dont celle de s’attaquer aux dividendes et profits insolents des pétroliers.
Une colère monte autour du prix élevé des carburants. Que révèle-t-elle ?
ian brossat
Cette colère est parfaitement légitime car, dans cette affaire, le gouvernement est doublement coupable. C’est un vol doublé d’un mensonge. Un vol parce qu’une fois de plus le gouvernement fait les poches aux ménages les plus modestes et un mensonge car Macron fait croire qu’il s’agit d’une mesure écologiste. Or, celle-ci n’a rien à voir avec l’écologie. Il s’agit une fois de plus de s’en prendre au pouvoir d’achat des salariés. Il est donc légitime que les victimes de cette politique fassent entendre leur colère.
Certaines forces politiques tentent de l’utiliser à leur profit…
ian brossat
Il y a une évidente tentative de l’extrême droite d’instrumentaliser ce mouvement. Mais les progressistes ne peuvent pas être indifférents à la colère de millions de salariés qui doivent prendre leur voiture pour aller au boulot et qui vont voir leur pouvoir d’achat grevé par cette augmentation des taxes sur le carburant. Il y a deux menaces de mon point de vue. La première est sociale, car le gouvernement va paupériser encore davantage les ménages modestes. Et la deuxième, c’est qu’après l’Europe le gouvernement réussit à dégoûter les citoyens de l’écologie, en conduisant beaucoup de gens à penser que l’écologie se fait systématiquement au détriment des plus modestes. En exonérant les compagnies pétrolières de toute espèce d’effort.
C’est également contraire à la promesse présidentielle de garantir le pouvoir d’achat des Français…
ian brossat
Quand on fait le compte depuis le début de l’année, entre le gel des APL, le gel des retraites, le gel des allocations familiales, l’augmentation du prix du tabac, et maintenant celle des taxes sur les carburants, le gouvernement est en train de paupériser une grande majorité de la population française. Alors que, dans le même temps, il a gavé ses amis les plus riches en supprimant l’impôt de solidarité sur la fortune, en supprimant l’exit tax et en augmentant les cadeaux aux ménages les plus fortunés. Le gouvernement a promis un ruissellement mais c’est un ruissellement à l’envers qui a lieu.
Face à cette colère, quelles sont vos propositions ?
ian brossat
Nous faisons quatre propositions. La première est de taxer le kérosène, qui aujourd’hui ne l’est pas, contrairement aux carburants utilisés par les automobilistes. La deuxième est de taxer les compagnies pétrolières, et notamment Total, qui a réalisé 9 milliards d’euros de bénéfices l’an dernier. La troisième, c’est un moratoire sur la fermeture des petites lignes de train. Car, contrairement à tous les engagements pris par le gouvernement au moment de la loi relative à l’avenir de la SNCF, nous assistons à des fermetures de lignes régulières et, à terme, 9 000 kilomètres de lignes sont menacés. La quatrième proposition, c’est une TVA à 5,5 % sur les transports en commun et les voitures propres. On peut évidemment chercher à limiter l’utilisation de l’automobile mais, si on ne fait aucune proposition, on ne voit pas comment des gens qui sont contraints d’utiliser leurs voitures aujourd’hui ne le feraient plus demain. C’est le rôle du Parti communiste de mettre sur la table des propositions alternatives pour défendre les ménages modestes et réaliser la transition énergétique.
Ian Brossat
Chef de file du PCF aux européennes, maire adjoint de Paris
La France est plutôt dans la moyenne, avec une différence entre les sexes au détriment des femmes de 15,2 %, en très légère réduction depuis 2011, de 0,5 point. L’examen nous réserve en outre deux belles surprises. Il apparaît, en premier lieu, que deux des pays où cet écart est le plus manifeste comptent parmi les premiers de cordée de l’Union européenne : il s’agit de l’Allemagne – il y est de 21,5 % – et du Royaume-Uni. La seconde surprise est que dans ce dernier pays, où il demeure très élevé – il atteint 21 % –, il est de plus en hausse, de + 1,3 point depuis 2011. Pour sa part, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) donne une image moins positive de notre pays. En prenant en compte l’ensemble du revenu salarial et pas seulement le salaire horaire, l’institut note que « le revenu salarial des femmes reste inférieur en moyenne de 24 % à celui des hommes » et précise qu’« un quart de cet écart seulement s’explique par des différences de durée du travail ».
L’inégalité persiste au cœur même de l’appareil du pouvoir. Ainsi, dans la fonction publique d’État, le salaire net des femmes est inférieur de 14,3 % à celui des hommes, il atteint même 20,6 % dans la fonction publique hospitalière. Une des « ficelles » de l’« art » de la discrimination consiste à confiner les femmes dans des grades et des catégories inférieurs à ceux des hommes alors que, en moyenne, leur niveau d’instruction est supérieur.
Dans le privé la discrimination prend un autre visage. On la retrouve certes à travail égal, mais elle s’exerce surtout par le cantonnement d’une part importante de la gent féminine dans des secteurs pratiquant de bas salaires : le textile, le commerce, la restauration, l’hébergement. Aux âges plus avancés, note encore l’Insee, les conditions de vie des femmes sont plus difficiles que celles des hommes.
Les différences de carrières professionnelles se traduisent chez les femmes par des départs à la retraite plus tardifs et des pensions inférieures de 42 % par rapport aux hommes. S’il ne suffit pas de mettre en cause le capitalisme pour améliorer la situation des femmes, le combat féministe nous aide à combattre le capitalisme.
L’inégalité persiste au cœur même de l’appareil du pouvoir.
Les discriminations dont sont victimes les femmes ont la vie dure. Une étude de l’institut statistique européen Eurostat montre que l’écart séparant le salaire horaire brut moyen des femmes de celui des hommes au sein de l’Union européenne s’est à peine réduit de 0,6 point entre 2011 et 2016, passant de 16,8 % à 16,2 %. Dans certains pays, l’écart se creuse même. C’est le cas en Irlande, où il augmente de 1,2 point, et également en Bulgarie, Croatie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Slovénie.
Face à la colère qui gagne le pays contre le renchérissement de l’énergie, Emmanuel Macron annonce des mesurettes qui ne changeront rien au problème posé par une politique fiscale injuste et qui n’a d’écologique que le nom.
Alors que la protestation contre l’augmentation du prix et des taxes sur les carburants fait des émules sur les réseaux sociaux, le président de la République a tenté hier de redresser le tir. « Il faut aider nos concitoyens les plus modestes qui n’ont pas le choix », a affirmé le chef de l’État. Il préconise d’« améliorer le chèque énergie » pour le chauffage des ménages modestes et de généraliser dans toutes les régions l’aide au transport mise en place par les Hauts-de-France (20 euros par mois pour ceux qui, sans transports en commun, habitent à plus de 30 km de leur travail). Un dispositif qu’Emmanuel Macron promet de défiscaliser. Cette annonce est « très surprenante », pour l’association Régions de France, car elle demande un effort financier aux collectivités « alors que c’est l’État qui perçoit les recettes liées à la contribution climat énergie ». Pour le député PCF Sébastien Jumel, le président « dit tout et son contraire : il dit “j’assume” le parti pris de l’écologie punitive, mais il propose finalement aux régions de payer ». L’élu de Seine-Maritime rappelle que « 9 millions de Français n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur voiture ». Pour la plupart d’entre eux, les mesures proposées par Emmanuel Macron ne changeront rien au problème posé par une politique fiscale injuste, et qui n’a d’écologique que le nom.
Décryptage.
1 Une taxe indirecte, injuste et créatrice d’inégalités
Avec la hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (Ticpe), qui intègre la contribution climat énergie (CCE), « les punis sont toujours les mêmes, les plus modestes », résume Alexandre Derigny. Et le secrétaire général de la CGT finances de rappeler que « la fiscalité en France repose sur deux blocs distincts : d’un côté l’impôt progressif – comme l’impôt sur le revenu – qui est par nature plus juste puisqu’il veut que tous les citoyens contribuent “en raison de leurs facultés”. De l’autre, l’impôt proportionnel, qui comprend le mastodonte TVA ». Or, les politiques fiscales depuis vingt ans consistent à affaiblir le premier bloc en déve-loppant le second, « ce qui revient, proportionnellement, à taxer plus ceux qui ont le moins », explique Alexandre Derigny. Une injustice « parfaitement assumée par les libéraux, qui réduisent globalement l’imposition des plus riches ». Ces mesures « contribuent largement à l’accroissement des inégalités », poursuit le syndicaliste. Quant au rééquilibrage après coup à l’instar de la défiscalisation des aides régionales proposées par Emmanuel Macron, Alexandre Derigny n’y croit pas. « C’est très compliqué à mettre en place et créateur de nouvelles inégalités. »
2 À elle seule, la taxe n’accélère pas la transition énergétique
Édouard Philippe et Bruno Le Maire ont beau jeu d’invoquer la transition énergétique. La hausse de la taxe sur les carburants a, de fait, été décidée en ce sens. En 2014, la taxe carbone, défendue dans le cadre du Grenelle de l’environnement, était rebaptisée contribution climat-énergie (CCE) et instaurée par la loi de finances, l’objectif étant d’inciter les consommateurs à recourir à des énergies moins émettrices de particules ou de CO2 que le diesel ou l’essence. Depuis, la tonne de carbone est passée de 7 euros à près de 45 euros. Entre 2016 et 2017, la CCE a ainsi déjà contribué à une hausse de 6,5 % de la taxe de consommation intérieure sur le diesel, et de 1,5 % de celle sur l’essence E5.Le truc, relèvent les organisations environnementales, c’est que la CCE n’a jamais eu pour vocation de s’appliquer seule et brute. « Une taxe sur les énergies, en créant un signal prix, permet de tracer un chemin vers la transition, défend Kévin Puisieux, responsable économie et finance de la Fondation pour la nature et l’homme (FNH). Encore faut-il que tout le monde ait les moyens d’emprunter ce chemin. » En bref, encore faut-il proposer d’une part des alternatives à la voiture thermique, de l’autre des aides pour les ménages. « Si le gouvernement veut réellement ouvrir la voie de la transition, il ne peut exclure d’investir », poursuit Kévin Puisieux. Or, c’est l’inverse qui se passe. Illustration avec les 9 000 kilomètres de petites lignes ferroviaires menacées de fermeture faute d’argent mis dans la régénération du réseau. De fait, la hausse de la CCE n’a pour l’heure eu aucun impact, ni sur l’usage de la voiture particulière, ni sur l’achat de véhicules électriques… ni sur la courbe des émissions de CO2. En zone rurale, les politiques de mobilité restent centrées sur la voiture et n’offrent pas d’alternatives aux ménages. En zone urbaine, alors que plus de la moitié des déplacements concernent des trajets de moins de 3 kilomètres, la CCE s’avère paradoxalement insuffisamment incitative pour provoquer l’électrochoc attendu. Au final, les émissions de gaz à effet de serre du transport routier ne baissent pas. Un rapport publié en octobre par l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales) relevait qu’elles augmentent même de façon continue depuis 2015 (plus de 0,5 % de hausse).
3 Les gros pollueurs toujours épargnés
Les voitures particulières ne sont pas seules à porter la responsabilité de cette hausse. Une large part incombe aussi au transport routier. Si l’on élargit encore la focale, l’automobile individuelle est loin d’être l’unique contributrice aux 30 % d’émissions de gaz à effet de serre (GES) qui émanent, chaque année, du secteur des transports (premier secteur émetteur de GES en France). Or, la CCE ne s’applique pour ainsi dire qu’à elle. Le Code des douanes prévoit ainsi des exonérations pour les entreprises grandes consommatrices d’énergie – celles, par exemple, pour lesquelles les achats d’énergie représentent au moins 3 % de la valeur de la production. Ainsi en sont exemptés les transporteurs routiers, exonérés à hauteur de 1,2 milliard d’euros. Ces derniers, s’ils subissent comme tout le monde la hausse du baril du pétrole, ne sont, de fait, pas concernés par celle de la CCE. L’aviation civile (et militaire) s’en sort, elle aussi, à bon compte, quand le kérosène qu’elle utilise n’est pas non plus taxé. Le trafic aérien intérieur, qui vaut pour 1,4 % des émissions de la France, continue de se développer sans contrainte.
4 Le retour de bâton : le réveil du rejet de l’écologie
L’environnement, ça commence – de nouveau – à bien faire : c’est la petite musique qui perce de toute cette histoire. Faute d’alternatives, nombre de ménages n’ont d’autre choix que de continuer à prendre leur voiture et de payer plus. Cela ne vaut pas uniquement pour l’essence : la facture du chauffage grimpe aussi, quand la CCE concerne également le fioul domestique et le gaz naturel. Difficile, dans ces conditions, de ressentir la transition comme facteur de mieux-être, et ce n’est pas le chèque énergie promis par le gouvernement qui modifiera la sentence. « Il sauvera les meubles, reprend Kévin Puisieux, mais ne résoudra pas, sur la durée, le fait d’habiter dans des passoires thermiques ou d’être obligé de rouler dans une vieille voiture. » Les propositions pour une transition aussi juste qu’efficace ne manquent pourtant pas. « Taxer le kérosène sur les vols intérieurs et augmenter les malus sur l’achat de voitures neuves polluantes, type SUV, seraient bien plus efficaces pour l’environnement et moins pénalisant que la hausse de la taxe sur les carburants », avance ainsi Jacques Baudrier, responsable mobilités du PCF. La lutte contre l’étalement urbain demeure elle aussi un levier essentiel, relève pour sa part le Réseau action climat, de même que la diversification des modes de transport dans tous les territoires. Pour rendre le train attractif et accessible au plus grand nombre, « le gouvernement doit soutenir le réseau ferré à hauteur de 3 milliards d’euros chaque année », estime l’organisation.
5 Une fiscalité rondelette qui finance peu l’écologie
Si la transition écologique recevait autant de taxes prélevées en son nom, on l’appellerait Crésus. La TIPCE est à ce titre caricaturale. En 2019, l’État prévoit de ponctionner 37,7 milliards d’euros. Soit 4 milliards de plus qu’en 2018 et 7 milliards de plus qu’en 2017. Une manne pour faire décoller les énergies renouvelables ? Que nenni : le projet de loi de finances pour 2019 prévoit une enveloppe de 7,2 milliards d’euros, soit à peine 80 millions de mieux qu’en 2018. Les moyens de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France vont augmenter de 200 millions, mais ils serviront en grande part à financer « l’entretien et la régénération »… du réseau routier national. Quant aux régions et départements, elles recevront 5,9 milliards d’euros, autant qu’en 2018.
La hausse de la taxation dite verte ne fait qu’un gagnant, le budget général de l’État, qu’il utilise pour tout autre chose que l’écologie. La majorité précédente l’avait fait pour amorcer le crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), que l’actuelle transforme en baisse pérenne de cotisations. Mais l’écriture des comptes publics rend impossible le fléchage des dépenses réalisées à partir des 17 milliards d’euros de recettes que l’État se met de côté. Voilà pourquoi le gouvernement s’arc-boute sur ces taxes. S’il avait voulu desserrer l’étau autour des carburants, il aurait pu user de la taxe sur les transactions financières (TTF), portée par Attac, Oxfam et bien d’autres, pour générer de nouveaux financements à la transition écologique. Raté. Une petite TTF existe bien en France, mais dont Édouard Philippe a réduit la voilure dès son entrée à Matignon. Quant au projet de TTF européen, il a été torpillé par Emmanuel Macron en proposant de soumettre son adoption aux 27 membres de l’Union européenne.
QUAND MACRON JUSTIFIE QU'ON RENDE HOMMAGE A PETAIN
Emmanuel Macron juge "légitime" de rendre hommage à Pétain, avec les sept autres maréchaux de la Grande guerre, samedi aux Invalides, soulignant que le dirigeant du régime de Vichy avait été "pendant la Première Guerre mondiale un grand soldat", même s'il a "conduit des choix funestes" pendant la Deuxième...
Un peu de mémoire ! Pétain n'est plus "maréchal" et le nommer encore ainsi relève d'une réécriture odieuse de l'Histoire, puisque ce traître à la France a été frappé d'indignité nationale et donc déchu de ses titres militaires lors de son procès en 1945. Plus personne n'a le droit de l'appeler "maréchal".
Macron ajoute à propos de Pétain: "La vie politique comme l’humaine nature sont parfois plus complexes que ce qu’on voudrait croire." Mais que veut-il dire? Parle-t-il de l'humaine nature de Pétain? C'est une honte, une insulte et encore une fois une offense à l'Histoire. Nous pensons à Guy Môquet, au Colonel Fabien, à Jean Moulin, à Pierre Brossolette et à tous les martyrs résistants. Nous pensons aux milliers de Juifs de France, massacrés, gazés, parce que Juifs. Nous pensons à l’abolition de la République, à la collaboration, au statut des Juifs, à la répression des résistants, à l’aide à la déportation, à la rafle du Vél d’Hiv, aux crimes de la milice...
Macron dira-t-il bientôt que Jean-Marie Le Pen a lui aussi été un "grand soldat" durant la guerre d'Algérie? Et si l'Allemagne rendait hommage à Hitler, puisque celui-ci était forcément un bon soldat durant la Première Guerre mondiale? On croît rêver...
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Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste.
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