Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 14:12

 

Si les transports en commun ne peuvent pas remplacer la voiture, surtout en milieu rural, seul leur développement peut en faire vraiment reculer l’usage.

Quand le prix des cigarettes monte, le nombre de fumeurs diminue : c’est ce principe que le gouvernement prétend reproduire avec les prix des carburants, affirmant qu’il faut maintenir leur augmentation pour réduire les émissions de CO2 dues aux transports. Sauf que ça ne peut pas marcher, car si fumer est un vrai choix, prendre sa voiture pour se déplacer résulte le plus souvent d’une contrainte. D’ailleurs, une grande partie de la politique de ce gouvernement – comme de ceux qui l’ont précédé – consiste, sans le dire, à contraindre les Français à prendre de plus en plus leur voiture. Ceux-ci le savent bien, et ce double langage n’est pas pour rien dans la colère qui se manifeste avec le mouvement des « gilets jaunes ».

Rouvrir des petites lignes

Permettre aux Français de réduire leur dépendance à la voiture passe forcément par leur proposer des alternatives valables et économes en carbone, à commencer par les transports en commun. Or, on est loin du compte. Si à Paris et dans une poignée de très grandes villes, on peut assez aisément se passer de voiture, dès qu’on s’éloigne un tant soit peu – que ce soit vers les zones périurbaines ou rurales –, ce n’est plus du tout le cas. Au contraire. Dernier exemple en date, et non des moindres : la « réforme » de la SNCF. L’un de ses objectifs les plus connus n’est-il pas la fermeture, à plus ou moins brève échéance, des « petites » lignes ? Celles, précisément, qui joignent entre elles petites et moyennes villes de province, irriguent au passage nombre de bourgs et évitent autant de trajets en voiture. Depuis de nombreuses années, le mouvement de réduction des dessertes et des fréquences (qui permet à la SNCF de tirer argument des baisses de fréquentation) est à l’œuvre. Mais les fermetures de lignes, fermetures de gares, fermetures de guichets promettent de se multiplier. L’enjeu est majeur, au point que l’économiste Jean Gadrey proposait la semaine dernière de « bloquer immédiatement non pas les routes mais… les projets actuels de fermetures de lignes, de gares ou de guichets de la SNCF ».

Le financement de ces alternatives est un enjeu majeur. Et les idées ne manquent pas : mettre fin à la détaxation du kérosène utilisé dans les avions et du fioul lourd utilisé dans le transport maritime ; baisser, comme le propose le PCF, la TVA sur les transports publics à 5,5 % (au lieu de 10 %) ; élargir l’assiette du versement transport des entreprises… Une écologie « non punitive », qui permettrait d’investir dans les transports non polluants et de les mettre à la disposition de tous – y compris gratuitement, comme un certain nombre de villes moyennes l’ont déjà fait. Car c’est bien une affaire de volonté politique.

 

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 14:07

Avec Christian Favier, président PCF du conseil départemental du Val-de-Marne, Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’Association des maires de France et André Mellinger, maire PS de Figeac, vice-président du conseil départemental du Lot.

Rappel des faits. Alors que les discours se veulent apaisants en direction des collectivités, les actes les rendent de plus en plus exsangues économiquement.

La cohésion sociale du pays et la démocratie par Christian Favier, président PCF du conseil départemental du Val-de-Marne

Les relations entre le gouvernement et les collectivités territoriales n’ont jamais connu un tel niveau de défiance. Les associations d’élus dénoncent, par-delà leurs différences, cette situation inédite où la reconcentration des pouvoirs et la remise en cause de la décentralisation sont en marche. Dans ce contexte, les collectivités ont moins besoin d’un grand ministère que d’un changement de politique. Car si la situation est aujourd’hui si inquiétante, si la République décentralisée va si mal, c’est à cause de choix opérés par les gouvernements successifs ces dernières années. Des choix dictés par la règle absurde et inique de diminution de la dépense publique. Cette course effrénée à la baisse à tout-va endommage les services publics si utiles à tous, garants d’équité sociale et territoriale.

Pour le département du Val-de-Marne, ces décisions ont conduit l’État à réduire de plus de 92 millions d’euros la dotation globale de fonctionnement. Cette saignée dans les finances départementales nous contraint malheureusement dans les réponses à apporter aux besoins croissants et divers des citoyens. À ces diminutions de recettes, le gouvernement a ajouté unilatéralement un encadrement des dépenses de fonctionnement des collectivités. Un comble alors que ce sont les cadeaux fiscaux aux très riches qui font déraper les dépenses de l’État et non pas ses obligations en matière de solidarités malgré ce que l’on tente de nous faire croire.

En Val-de-Marne par exemple, l’État doit plus de 1,4 milliard d’euros au département au titre de la non-compensation des allocations relevant pourtant de la solidarité nationale (RSA, APA, PCH), soit un an de budget de fonctionnement du département. En 2019, au niveau national, la non-compensation de ces allocations va engendrer un reste à charge pour les ­départements français de près de 10 milliards d’euros. Dans le même temps, le gouvernement consent 40 milliards d’allégements fiscaux aux grands groupes pour la seule année 2019. Voilà le nouveau monde !

Cette situation n’est pas tenable. Elle est révoltante. Ces décisions contribuent irrémédiablement à remettre en cause la solidarité nationale et les principes constitutionnels des collectivités territoriales, ceux de leur libre administration et de leur autonomie financière.

L’enjeu n’est donc pas de changer un périmètre ministériel mais bien de changer de cap. Il est temps de redonner aux collectivités les moyens d’agir pour l’intérêt des populations et de respecter leurs libertés. Dès leur création et de surcroît depuis les lois de ­décentralisation, les collectivités ont été les piliers de notre modèle républicain, garant de nos valeurs d’égalité et du vivre-ensemble et acteur de la démocratie.

À ce titre, j’appelle de mes vœux une réforme de la fiscalité locale qui donne à chaque niveau de collectivités les leviers d’une juste répartition des ressources. Ces moyens seront d’autant plus nécessaires que l’État propose des plans sans concertation et sans financement, mais dont la mise en œuvre reposera essentiellement sur les collectivités. Je pense tout particulièrement au plan de lutte contre la pauvreté. Trop de communication, place aux dotations ! À l’heure où les fractures se multiplient dans notre société, il est indispensable de s’appuyer sur ce qui fonctionne plutôt bien pour ­redonner un souffle à la démocratie : le service public territorial. Il ne s’agit plus seulement de défendre une conception de l’action publique décentralisée basée sur les communes, les départements et les régions mais d’alerter sur ce qui est véritablement en jeu : la cohésion sociale du pays.

 

La République des Territoires par Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie

Je suis du monde réel. Je ne suis ni de l’ancien monde ni du nouveau monde. Je suis de ce monde réel que, depuis vingt mois maintenant, ce gouvernement a du mal à entendre et comprendre. Je pense à nos concitoyens, d’abord, dont le pouvoir d’achat ne cesse de s’éroder quand les plus riches sont toujours plus soustraits de la solidarité nationale. Je pense, aussi, à tous ces élus du « réel », à portée d’engueulade, maires, conseillers ­départementaux, régionaux, souvent montrés d’un doigt accusateur, parce que « dépensiers » ou « réfractaires », comme tout bon Gaulois, aux « réformes », mot magique et fourre-tout qui, bien souvent, cache une réalité : la baisse de l’investissement public dans les territoires. Ces territoires, rappelons-le, participent heureusement et très majoritairement à l’investissement public dans le pays. Un train de nuit à sauvegarder ? Une route à construire ? Une université à soutenir… Je ne compte plus les interventions de la région, parfois en dehors de ses compétences, en lieu et place de l’État. Rien qu’en Occitanie, ce sont 560 millions d’euros de retard de crédits de l’État sur le contrat de plan État-région !

Le contrat avec l’État aurait pu, devrait être, constructif. Las, les collectivités territoriales ont été méprisées, voire infantilisées, au mépris de leur autonomie et de la légitimité de leurs élus. Le paroxysme a été atteint avec la contractualisation financière qui nous a été imposée. Le tout enveloppé dans une recentralisation qui va à rebours, pas seulement de l’Histoire, et de fait ne contribue en rien à résoudre les problèmes quotidiens de nos concitoyens.

Après la mobilisation de toutes les collectivités, communes, départements, régions, à Marseille – une première durant la Ve République –, le président Macron a, paraît-il, compris son échec et a promis un « reset », anglicisme chic pour parler de « remise à plat » de ses relations avec les collectivités. Chiche ? Il a nommé une nouvelle ministre et lui a donné la main sur tous les services de l’État à la tête d’un ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales reconfiguré. Soit.

Soyons clairs sur les mots : derrière « la cohésion des territoires », il se cache autre chose qu’une vision purement arithmétique des politiques menées par les collectivités. Il y a des vies, des territoires. Il y a un pays, des citoyens.

La cohésion des territoires, c’est un état d’esprit, une vision de l’aménagement du territoire, un approfondissement de la démocratie.

Je crois fondamentalement à cette République des territoires qui met en avant l’intelligence territoriale et l’imagination citoyenne, à un moment où les citoyens ont trop souvent le sentiment de ne pas avoir la main sur le destin de leur nation et sur leur propre avenir, tandis que certains territoires vivent un réel déclassement. Il y a aujourd’hui un consensus assez large pour dire qu’en termes d’inventivité et d’efficacité, les collectivités, fortes de trente-cinq ans de décentralisation accrue, n’ont rien à craindre de la comparaison avec l’État. J’en veux pour preuve la réactivité qui a été celle de notre région Occitanie et du département de l’Aude après les terribles inondations que nous avons affrontées mi-octobre…

Agilité, réactivité, innovation… Ce pourrait être les principes d’une nouvelle étape de la décentralisation. Si le gouvernement souhaite des idées au service de sa nouvelle ambition, les élus en ont. L’expérience me fait ainsi dire que nous pourrions, demain par le biais de la réforme constitutionnelle en chantier, exercer de nouvelles compétences, l’État se concentrant toujours plus, toujours mieux, sur ses missions régaliennes. L’Occitanie est ainsi prête à l’exercice de la compétence « mobilités » qui devrait être inscrite dans la future loi LOM, comme nous avons l’ambition de prendre la compétence « gestion de l’eau ». Ces deux sujets sont à la fois symboliques et concernent directement nos concitoyens : plus de transports collectifs, de meilleures dessertes et une complémentarité des modes de transport ; une meilleure protection de la ressource, une qualité des approvisionnements et une maîtrise des cycles de l’eau. Le tout, bien évidemment, par le biais d’un service public régional.

Voilà des propositions concrètes, des sujets à poser sur la table. En espérant que le gouvernement tende désormais, non seulement l’oreille, mais une main, franche et solide, aux territoires et aux élus. Avec le respect et le sens des responsabilités que nous devons tous avoir au vu de la situation de notre pays, et de son inclusion dans un monde en tourmente.

Un « grand ministère » n’y suffira pas par Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’Association des maires de France

La création d’un « grand » ministère en charge de la « cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales », secondé par deux ministères, l’un en charge des collectivités territoriales, l’autre de la ville et du logement, s’est voulue, à l’occasion de récent remaniement, comme une réponse à ce qui a longtemps été appelé la « grogne » des maires et des élus locaux. Cette réponse, si elle apporte quelques éclaircissements bienvenus dans le précédent maquis des responsabilités, n’est pas suffisante. La personnalité des titulaires de ces postes n’est naturellement aucunement en cause, au contraire. Mais le mal est bien plus profond et, soyons clairs, ne date pas de l’actuel pouvoir, même si celui-ci en a accéléré le développement.

Il s’agit, tout simplement, de l’avenir de notre modèle de société et de la cohésion nationale. Il s’agit de la République. La faute du pouvoir, ce n’est pas tant d’avoir aggravé la situation que de sembler ne pas être capable d’en analyser les causes profondes.

Les inquiétudes et la lassitude des maires – qu’ils exprimeront lors de leur congrès cette semaine – relèvent d’un questionnement de fond sur cet avenir, pas d’un mécontentement passager qu’on peut apaiser avec quelques mots agréables et quelques millions. Les maires ressentent une incompréhension profonde, de la part de quelques gouvernants puissants et de ceux qui les entourent – au premier rang desquels une partie de la très haute administration –, concernant la façon dont fonctionne le pays et dont vivent les gens. Ils subissent, eux qui travaillent quotidiennement sur le lien social, la lente dilution de l’engagement collectif dans la montée de l’individualisme. Ils assistent, souvent impuissants, à la remise en cause incessante du service public, composante essentielle de la ­République. Ils constatent l’affadissement du sentiment national. Tout cela fait bien plus qu’une « grogne ». C’est le symptôme d’une crise profonde à venir.

La réponse est d’abord dans un travail que doivent accomplir sur eux-mêmes les plus hauts dirigeants de l’État, plutôt que de s’en tenir à des comportements accusateurs et parfois bien politiciens. Ce travail, c’est de changer de culture : que l’État central et ses dirigeants comprennent enfin – et en acceptent toutes les conséquences – qu’il ne peut plus décider seul. Qu’il ne détient pas le monopole de définir et représenter l’intérêt général. Qu’il doit s’appuyer sur la capacité d’initiative et d’innovation qui existe sur tous nos territoires. Que la diversité de ceux-ci est une incomparable richesse de notre pays. Que les ressources publiques doivent être équitablement partagées entre tous les acteurs publics. Qu’entre partenaires qui se respectent, il n’est pas convenable de faire des cadeaux avec l’argent des autres, comme dans l’affaire – aux conséquences d’une extrême gravité à tous points de vue – de la suppression progressive de la taxe d’habitation.

Changer de culture, c’est comprendre au plus profond de soi-même que la République est tout autant présente dans la mairie d’une petite commune que dans les palais ministériels. Et c’est d’accepter d’être convaincu qu’on ne réussira pas la France sans ses communes.

Oui, il faut bien plus qu’un « grand ministère ».

 

La double peine pour les maires par André Mellinger, maire PS de Figeac, vice-président du conseil départemental du Lot

Nos communes ont été créées lors de la Révolution, pour être l’expression de l’échelon de base de la démocratie. L’État a confié successivement à ces lieux d’entraide des missions d’équipement collectif, d’enseignement, de délégation de ses prérogatives en matière de sécurité, d’application de la loi. La libre administration de nos collectivités était la règle, les citoyens choisissant démocratiquement leurs représentants locaux pour porter leurs projets et voter l’impôt local. Les lois Defferre de 1982 ont étendu ce principe aux départements, en leur donnant une autonomie réglementaire et fiscale. La décentralisation portait en elle le principe de subsidiarité : se substituer à l’État (moyennant compensation financière) pour déployer en proximité des actions autrefois centralisées : d’abord les routes puis les collèges, et ensuite les prestations sociales en direction des personnes âgées, handicapées ou en insertion. Les ponctions successives, opérées au titre du redressement des comptes publics, ont mis à mal cette belle répartition des rôles et des moyens.

Alors que l’État peine à faire des économies sur ses propres budgets, il contraint les communes et les départements à réduire les leurs, en réduisant sa contribution. Acculé financièrement, sauf à reporter sur le contribuable local la charge, le bloc communal se voit contraint de réduire la qualité du service public : ­réduction du nombre de ses agents et réduction des investissements, avec un retentissement sur l’emploi local et la croissance. C’est la double peine pour certains de nos habitants les plus précaires : moins d’aides et moins de services. Dans un mouvement de plus en plus visible de quasi-tutelle de nos collectivités, avec des tentatives ­renouvelées de faire disparaître tantôt le département, accusé d’être inutile, ou les communes en les regroupant, ou les ­communautés en les fusionnant, personne ne peut croire que le mouvement va s’inverser. La pensée technocratique d’économies qui seraient réalisées en supprimant l’échelon de proximité ne repose sur rien. Au contraire, tous les regroupements à des échelons supérieurs se sont avérés générateurs de dépenses supplémentaires. Jeter l’opprobre sur les élus ­(#BalanceTonMaire) ne fera pas faire d’économies non plus. Tant que la verticalité des décisions s’appliquera sans un vrai dialogue équilibré et respectueux entre le gouvernement et tous les échelons des collectivités, le nombre de ministères en charge du sujet ne changera rien à l’affaire.

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 14:05

Monsieur le Premier ministre, vous venez de présenter un vaste plan de destruction de la fonction publique (MM. Roger Karoutchi et Christian Cambon sourient.) par la baisse des effectifs et la fragilisation du statut.

Ce plan poursuit le vieux rêve d’un État faible face au jeu des intérêts privés. Que proposez-vous ? Cinquante mille fonctionnaires d’État en moins, après une baisse de 11 % depuis vingt ans, une casse du statut avec un appel massif aux contractuels.

Monsieur le Premier ministre, la France ne peut se gérer comme une start-up, les règles du service public et le sens de l’intérêt général ne sont pas compatibles avec l’objectif de rentabilité.

Votre plan impose aussi une réduction de 70 000 postes dans la fonction publique territoriale. C’est un non-sens : chacun sait que la défaillance du service public d’État est prise en charge par les collectivités locales. D’ailleurs, les points de contact que vous annoncez existent déjà, ce sont les mairies !
Monsieur le Premier ministre, votre plan libéral est en totale contradiction avec les besoins de notre société. Quand admettrez-vous que la casse du service public, de ce qui ne se marchandise pas, brise le trait d’union, la solidarité sociale territoriale au sein de notre République ?

Monsieur le Premier ministre, la voie que vous avez choisie est sans issue, et elle interroge sur l’avenir de notre pays et de l’Europe. Nous attendons de votre part un sursaut républicain pour stopper la saignée que vous imposez aux services publics nationaux et locaux. Allez-vous y mettre fin ?

(Applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste et sur des travées du groupe socialiste et républicain.)

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d’État auprès du ministre de l’action et des comptes publics. (Exclamations sur des travées du groupe Les Républicains. Un poids lourd ! sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)

M. Olivier Dussopt, secrétaire d’État auprès du ministre de l’action et des comptes publics. Madame la sénatrice Cukierman, comme l’a dit M. le président du Sénat, vous avez réussi à rejoindre Paris malgré un épisode neigeux, qui nous donne, aux uns et aux autres, l’occasion de saluer le travail des fonctionnaires.

Je saisis cette opportunité pour rappeler notre attachement, à la fois, au service public et aux fonctionnaires. (Exclamations sur plusieurs travées.) C’est justement parce que nous y sommes attachés que nous menons une réforme de transformation.

Cette réforme a pour objectif de simplifier le dialogue social, tout en garantissant la totalité des droits des agents. Nous sommes en effet convaincus qu’en simplifiant ce dialogue, nous pourrons donner plus d’opportunités de mobilité, plus de réactivité à l’administration, et rendre celle-ci plus performante pour faire face aux défis qui nous attendent et aux besoins de la population.

Nous ferons en sorte que soit mieux reconnu l’engagement de chacun des agents publics de ce pays en permettant une individualisation, un intéressement, individuel ou collectif. Nous pourrons ainsi mieux accompagner les agents publics dans la tâche qui est la leur au quotidien.

Nous donnerons aux employeurs publics plus de marge de manœuvre et plus de liberté pour choisir celles et ceux qu’ils doivent recruter pour mener à bien leur mission. Il s’agit ainsi de permettre l’élargissement des conditions de recrutement des contractuels, sans remettre en cause le principe général de l’occupation des emplois permanents par des agents titulaires.

Nous ferons en sorte, aussi, de mieux accompagner les transitions professionnelles et les mobilités, et de garantir une plus grande transparence des emplois publics.

Parce que les services et les besoins évoluent, parce que le numérique s’impose à la fonction publique comme à l’ensemble du pays, notre objectif est de former et d’accompagner les agents publics afin qu’ils aient un avenir et des perspectives d’emploi dans la fonction publique, et afin que ceux d’entre eux qui le souhaitent puissent rejoindre, sur la base du volontariat, le secteur privé.

Nous accompagnerons ces transformations d’une réorganisation du réseau territorial.

Le Premier ministre nous a donné une consigne : privilégier l’échelon départemental comme moyen d’action. Vous le savez, à la suite d’interventions de nombreux élus de la Loire, nous avons notamment pris la décision de maintenir les trésoreries de Bourg-Argental et de Renaison. Nous savons en effet que la proximité compte, et c’est dans cet esprit que nous voulons travailler. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche. – M. Jean-Marc Gabouty applaudit également.)

M. le président. La parole est à Mme Cécile Cukierman, pour la réplique.

Mme Cécile Cukierman. Vous l’avez évoqué, monsieur le secrétaire d’État, cette nuit, nous avons manqué de fonctionnaires dans mon département. Cette nuit, des femmes et des hommes qui sont restés bloqués dans leur voiture n’ont vu personne venir à leur secours ou se soucier de la situation dans laquelle ils étaient.

Cette nuit, nous avons manqué de fonctionnaires d’État et de fonctionnaires départementaux. Voilà quelle est la réalité !

Avec votre réforme, vous voulez faire une fonction publique sans fonctionnaires, de même que vous voulez un Parlement sans parlementaires ! 

(Applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste et sur des travées du groupe socialiste et républicain. – Des sénateurs du groupe Les Républicains frappent sur leur pupitre.)

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 21:00
Gilets jaunes: Pierre Laurent (PCF): J'attends du gouvernement qu'il suspende la hausse injuste des taxes sur le carburant

 " J'attends du gouvernement qu'il suspende la hausse injuste des taxes sur le carburant, qu'il change de cap sur la revalorisation du pouvoir d'achat, des salaires et des retraites, qu'il ouvre d'autres pistes sur la transition écologique.

Emmanuel Macron récolte la colère qu'il a semée en revendiquant avec arrogance sa politique en faveur des premiers de cordée, la suppression de l'ISF, le hold-up de la CSG sur les retraités. Il méprise l'exigence populaire sur le pouvoir d'achat et l'angoisse qui grandit dans les territoires. Il creuse des trous dans le budget avec ses cadeaux fiscaux aux plus fortunés et au capital. C'est toute cette colère qui explose aujourd'hui. 

Nous sommes solidaires de cette colère populaire et nous en désignons les vrais responsables: les grands groupes pétroliers qui continuent d'accumuler des profits considérables sans payer d'impôts à leur mesure, les sociétés autoroutières qui grâce aux privatisations amassent les dividendes totalement indus, la stagnation des salaires imposés pour le profit des grands actionnaires, le recul des retraites, ce sont ces choix-là qui sont en cause" . 

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste

Entretien à l'Humanité, lundi 19 novembre 2018

 

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 19:53
Pierre Laurent

Pierre Laurent

Situation des mineurs isolés étrangers – Respecter les conventions internationales ratifiées par la France
Question écrite n° 07798

J’ai attiré l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur la situation des mineurs non accompagnés (MNA) anciennement désignés comme mineurs isolés étrangers (MIE).

Le dispositif français de la protection de l’enfance est intégralement applicable à ces enfants. Ce suivi nécessite non seulement un hébergement et une scolarisation de ces adolescents mais souvent aussi un suivi sanitaire, voire psychologique.

Au vu de ces obligations de nombreux acteurs estiment qu’un nombre considérable de MNA fait l’objet d’un traitement indigne des institutions concernés que ce soit du point de vue de la situation administrative, de l’hébergement, de la scolarisation ou du suivi sanitaire et psychologique. Ils dénoncent également le fait que ces MNA soient très souvent privés de contrats jeune majeur et se retrouvent le jour de leurs 18 ans en situation administrative irrégulière, sans hébergement, sans nourriture et sans soutien.

Je lui ai demandé ce que le Gouvernement compte entreprendre en vue d’une prise en charge effective de ces jeunes personnes, garantissant leurs droits à la protection, à l’éducation et au séjour, dans le respect des conventions internationales ratifiées par la France.

Pierre Laurent

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 10:02
Ian Brossat avec Franck Saillot. Salarié de la papéterie Arjo Wiggins, il a occupé son usine avec ses camarades pour éviter sa fermeture. Grâce à leur lutte, ils ont trouvé un repreneur, l'activité reprend. On fête la victoire ce soir. Ian Brossat - 16 novembre 2018

Ian Brossat avec Franck Saillot. Salarié de la papéterie Arjo Wiggins, il a occupé son usine avec ses camarades pour éviter sa fermeture. Grâce à leur lutte, ils ont trouvé un repreneur, l'activité reprend. On fête la victoire ce soir. Ian Brossat - 16 novembre 2018

Elections européennes : le parti communiste s'entoure de figures syndicales du Nord  vendredi 16 novembre 2018 - France Bleu, Par Cécile Bidault, France Bleu Nord

France Bleu Nord -  vendredi 16 novembre 2018 

Par Cécile Bidault, France Bleu Nord

Le parti communiste se lance dans la campagne des élections européennes, qui auront lieu le 26 mai 2019. La tête de liste, Ian Brossat, passe trois jours dans le Nord-Pas-de-Calais, jusqu'à ce samedi soir. Il veut une liste constituée de personnes issues du monde du travail, notamment ouvrier.

A six mois des élections européennes, le parti communiste commence à faire campagne. La tête de liste, l'adjoint à la mairie de Paris Ian Brossat, passe trois jours dans le Nord-Pas-de-Calais. Ce jeudi, il était dans la métropole lilloise, vendredi dans le Douaisis, le Valenciennois et l'Avesnois, et ce samedi dans le bassin minier du Pas-de-Calais.

Sa liste ne sera pas bouclée avant la fin de l'année, mais d'ores et déjà, il annonce qu'elle sera composée pour moitié de candidats issus du monde du travail, en partie des ouvriers : "sur 700 eurodéputés au Parlement européen, il y a aujourd'hui trois ouvriers. Il faut que ça change. Ce sera la liste des grandes gueules de gauche, je l'assume. Face à des lobbies puissants, il faut des hommes et des femmes qui ont l'habitude de se battre". 

Expliquer les préoccupations du peuple

Les places sur la liste PC ne sont pas encore définies, mais on pourrait retrouver, en position éligible, Marie-Hélène Bourlard, bien connue dans la région pour son combat lors de la fermeture de l'usine textile ECCE à Poix du Nord, et son rôle dans le documentaire "Merci Patron". Elle compte bousculer les habitudes au parlement européen : "nous, on vit le quotidien, on peut expliquer les préoccupations du peuple".

Parler vrai

Même discours pour Franck Saillot, figure du combat mené pour l'emploi à la papeterie Arjowiggins, à Wizernes, dans l'Audomarois. Le délégué CGT dénonce "la langue de bois des cols blancs". Il explique, sans langue de bois justement : "si on va dans ces assemblées-là, on va parler vrai, dire les choses clairement. Ces gens là, il faut les bousculer, leur mettre un coup de pied au cul !"

Autre personnalité, Héloïse Dhalluin, 40 ans, déléguée CGT à la SNCF. Elle espère, déjà, convaincre les électeurs d'aller voter : "souvent on me dit que l'Europe, ça sert à rien. J'essaye de leur expliquer que tout ce qui leur arrive actuellement découle des directives européennes".

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2018 6 17 /11 /novembre /2018 07:51
Ne laissons pas étrangler L'Humanité (Patrick Le Hyaric, 16 novembre) - Faire un don en ligne - télécharger le bon de souscription pour la survie du quotidien du monde du travail et de la gauche sociale, anti-libérale, humaniste!

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité

Nous sonnons le tocsin pour l’Humanité.

Nous le faisons en redoutant que la répétition des alertes puisse laisser penser qu’une fois encore « nous nous en sortirons ». Rien n’est moins sûr.

Depuis bientôt trois ans, nous vous avons informés du plan que nous tentions de mettre en œuvre pour créer les conditions d’une relance de notre groupe. Il a été élaboré à la demande des services de l’État pour permettre notre développement numérique et motiver l’engagement des banques.

FAIRE UN DON EN LIGNE  OU TÉLÉCHARGER LE BON DE SOUSCRIPTION

Malheureusement, sa mise en œuvre tarde faute d’apports de ces dernières et par manque de clarté de l’État sur ses intentions. Nous avons manifesté beaucoup de patience. Des efforts considérables ont été déployés. Si, comme c’est le cas de tous les journaux, notre diffusion en kiosques recule, notre nombre d’abonnés pour l’Humanité reste stable depuis deux ans et celui de l’Humanité Dimanche augmente, tandis que le nombre d’abonnés numériques connaît une forte progression depuis huit mois. L’Humanité peut donc vivre et se développer si on ne l’étrangle pas. 

Nous ne perdons pas espoir. Mais nous alertons sur l’urgence. Et nous posons une question aussi claire qu’importante qui concerne tous les démocrates. 

Alors que se manifestent avec tant de puissance et de complicité les forces de l’obscurantisme, des nationalismes, des extrêmes droites qui couvrent l’Europe et le monde de leur long manteau brun, va-t-il être décidé de laisser agoniser et mourir l’un des journaux qui leur est le plus radicalement et foncièrement opposé : l’Humanité ? 

Il ne fait nul doute que la disparition de nos journaux serait fêtée par ces irréductibles ennemis comme une nouvelle et précieuse victoire. La question, certes brutale, doit être posée tant la situation s’apparente au supplice de Tantale dans l’attente d’une chute fatale.Et ceci au moment même où non seulement la presse est concentrée entre quelques grandes fortunes, mais est absorbée, dans des proportions non négligeables, par des puissances industrielles et financières étrangères. 

Personne ne peut rester indifférent aux conséquences possibles d’une telle stratégie. Ces magnats de l’industrie, du numérique ou de l’énergie s’accaparent à vil prix une partie de la presse française. Ce n’est pas gratuit. Cela vise à faire pression sur notre pays. C’est une part de la souveraineté qui est ainsi attaquée. Aucun démocrate, aucun humaniste, aucun républicain ne peut rester indifférent et laisser faire en silence.J’en appelle donc à nouveau au gouvernement et au Parlement. Mesurons ce que coûterait au débat démocratique, au pluralisme, à notre capacité à faire société ensemble une nouvelle phase d’accaparement de nos journaux par des capitaux étrangers.

Nous ne voulons pas, à l’Humanité, devoir choisir entre notre disparition et notre perte d’indépendance. Dans un cas comme dans l’autre, la France et de nombreuses voix combattantes à travers le monde seraient amputées d’un journal portant les valeurs et les idées progressistes.

L’Humanité est ce journal qui, il y a quelques jours encore, dans un dossier remarqué, a porté un regard original sur les fondements de la Première Guerre mondiale qui coûta la veille de son déclenchement la vie à son fondateur, Jean Jaurès. C’est ce journal qui a alerté et obtenu que la Sécurité sociale ne soit pas rayée de la Constitution, qui a défendu la nécessité de développer la SNCF aux côtés des cheminots, dans l’intérêt général et pour réussir la transition environnementale ; celui qui, jour après jour, montre et démontre les effets néfastes de la destruction des conquêtes et principes issus du Conseil national de la Résistance ; ce journal qui porte le drapeau de la paix et du désarmement, de la préservation de notre environnement ; celui qui a révélé ce salon ubuesque de l’évasion fiscale à Cannes. 

Ce journal qui s’attache à mettre en lumière le travail en souffrance, les espoirs ensevelis et les luttes qui se mènent parfois dans l’ombre pour la justice et la dignité humaine.Tout autant journal de la question sociale que de la promotion de l’éducation et de la culture, l’Humanité est un outil utile et nécessaire à l’œuvre d’émancipation humaine. Il est l’un des piliers du pluralisme des idées et de la presse. S’amputer de son existence revient à amputer la démocratie elle-même. 

Tel est l’enjeu. Il concerne tous les citoyens, les acteurs sociaux, syndicaux, les élus, le Parlement comme le pouvoir ou le monde de l’économie. Il est grand temps d’engager une réflexion large sur les moyens de faire vivre le pluralisme de la presse dans les conditions d’aujourd’hui, bien plus rudes qu’hier. Des décisions doivent être prises en conséquence et en conscience.

C’est dans ce contexte préoccupant que nous nous trouvons dans l’obligation d’appeler une nouvelle fois à la mobilisation de nos lectrices et lecteurs, des amis, et de toutes celles et ceux qui ont le pluralisme et la démocratie au cœur, en participant à une grande souscription populaire pour faire face à nos échéances de fin décembre et de mi-janvier.

Nous savons l’effort que cela demande à chacune et chacun en ces temps de pouvoir d’achat rogné. Nous avons besoin à court terme de plus d’un million d’euros.

Nous remercions à nouveau celles et ceux qui répondront positivement à notre appel pressant et qui nous aideront à élargir le cercle de ceux qui s’y joindront, comme tous ceux qui font découvrir l’Humanité et l’Humanité Dimanche et réalisent un abonnement. Par avance, merci de votre engagement.

 

FAIRE UN DON EN LIGNE  OU TÉLÉCHARGER LE BON DE SOUSCRIPTION

Ne laissons pas étrangler L'Humanité (Patrick Le Hyaric, 16 novembre) - Faire un don en ligne - télécharger le bon de souscription pour la survie du quotidien du monde du travail et de la gauche sociale, anti-libérale, humaniste!
Partager cet article
Repost0
17 novembre 2018 6 17 /11 /novembre /2018 07:47
Alerte sur les RASED (AFPEN, AGSAS, FCPE, FNAME, FNAREN, CGT-Éduc'action, Sgen-CFDT, SE-Unsa, SNPI-FSU, SNUipp-FSU, SUD-Éducation, 16 novembre)

Un an après la réforme de la formation des enseignants spécialisés, onze organisations syndicales et associatives, dont le SNUipp-FSU, s’inquiètent d’une possible disparition de l’adaptation scolaire et notamment des Rased. Elles formulent une série de demandes sur l’organisation du CAPPEI, que soient réaffirmées les missions des maîtres G et E, et que soit assurée la présence des réseaux partout sur les territoires.

Le communiqué du collectif RASED*

Danger ! Vers la disparition des métiers de l'adaptation scolaire

Le bilan de la première année du CAPPEI confirme les craintes exprimées par le collectif RASED : la réforme de la formation des enseignants spécialisés signe la fin de l’adaptation scolaire et notamment de la rééducation à l’école et du dispositif RASED. Or, les difficultés d'adaptation à l’école relèvent du rapport au savoir, du rapport à la loi, du rapport à l’apprentissage, à l’école, à la vie en collectivité en présence ou non d’un handicap reconnu.

Les personnels des RASED témoignent de la forte croissance des demandes d’aide au RASED formulées par les enseignants des classes et de leur impossibilité à répondre à toutes ces demandes, faute de moyens. Sur les territoires où les RASED sont désormais absents ou incomplets, il n’existe plus d’autre réponse que la réponse médicale, tant pour les enseignants que pour les familles.

En raisonnant « à moyens constants », le ministère de l’Éducation nationale, bannit de l’école la prévention de l’échec scolaire, au risque de voir un grand nombre d’enfants verser dans le champ du trouble ou du handicap, faute d’aide spécialisée « ordinaire ».

Dans ce contexte, le collectif Rased demande :

  • un bilan qualitatif des réalités de la formation ;
  • que les deux dominantes du parcours « travailler en RASED » soient clairement identifiées et offertes dans tous les lieux de formation ;
  • que le ministère réaffirme les missions et les pratiques actuelles des rééducateurs (maîtres G) et des maîtres d’adaptation (maîtres E) dans l’école et en assure la mise en œuvre sur tous les territoires dans l’esprit de la circulaire de 2014 toujours en vigueur (notamment en ce qui concerne les modalités d’intervention) ;
  • que les associations professionnelles participent à la conception des maquettes de formation au vu de leur expertise ;
  • que les stagiaires bénéficient d’un tutorat auprès d’un pair expérimenté qu’ils accompagnent dans l’ensemble de ses missions ;

et enfin, que l’aide relationnelle, si ce nom perdure, soit inscrite explicitement dans la continuité et la filiation de l’aide rééducative.

Nous soutenons le principe d’une école inclusive. Elle doit bénéficier des moyens nécessaires à sa mise en œuvre sans remettre en cause les métiers de l’adaptation scolaire. Inclusion et adaptation participent, conjointement, de la lutte contre les inégalités scolaires.

Paris, le 16 novembre 2018

* AFPEN, AGSAS, FCPE, FNAME, FNAREN, CGT-Éduc'action, Sgen-CFDT, SE-Unsa, SNPI-FSU, SNUipp-FSU, SUD-Éducation

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 06:25

Extrait de l'échange tendu entre Olivier Dartigolles (Porte parole national PCF)  et Pascal Praud, dans l’émission l'Heure des Praud sur CNEWS

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2018 5 16 /11 /novembre /2018 06:22

 

Hormis des mesurettes, le premier ministre ne lâche rien face au ras-le-bol des tarifs à la pompe et maintient son racket sur les ménages. Fiscalité injuste, spéculation sur les cours, marges indécentes : décryptage d’une véritable pompe à fric.

«Non, on ne va pas annuler la taxe carbone. » L’exécutif persiste et signe. En quinze minutes sur RTL, le premier ministre a confirmé hier les dispositifs « d’accompagnement » visant à atténuer la flambée du prix à la pompe (voir ci-contre). Chèque, prime… Si la boîte à outils semble plus généreuse, le dogme reste identique, laissant sans réponse le motif au cœur de la colère qui prévoit de s’exprimer le 17 novembre. Pis, la carotte étant insuffisante, le premier ministre n’a pas hésité à agiter le bâton. « Celui qui se dit “je vais bloquer ici” (...), il sait que, ce faisant, il prend un risque s’il ne respecte pas la loi. » Signe que l’opération déminage est loin d’être à la hauteur de l’exaspération.

1 Une taxe qui sert de variable d’ajustement budgétaire

En 2018, entre les mesures fiscales et la hausse des prix du carburant, la facture s’élèvera de 100 à 225 euros par foyer, a calculé l’association de consommateurs CLCV. Si les automobilistes ont la fiscalité dans le collimateur, c’est que celle-ci représente près des deux tiers du prix d’un litre de gazole ou de sans-plomb 95. Outre la TVA, la principale taxe est la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). Quatrième source de financement du pays, juste derrière la TVA, l’impôt sur le revenu et celui sur les sociétés, ses recettes sont transférées en grande partie aux régions et aux départements. Depuis 2014, une composante « carbone » est venue s’ajouter et compenser le déficit budgétaire. C’est cet élément, mais aussi le rapprochement de la fiscalité de l’essence et du diesel qui ont déclenché la flambée des prix. Les deux mesures cumulées devraient dégager 3,7 milliards d’euros de recettes en 2018.

Or la facture s’annonce à l’avenir encore plus salée, puisque aux 2,6 centimes d’euro de plus chaque année pendant quatre ans sur la fiscalité du gazole s’ajoutera la contribution carbone, qui passera de 44,6 euros la tonne en 2018 à progressivement 86,2 euros en 2022. « Cela induirait un surcoût annuel moyen pour les ménages de 313 euros par an en 2022 par rapport à 2017 », a calculé la CGT finances publiques. En ciblant les produits énergétiques (gaz, fioul, pétrole, charbon...), la taxe carbone, comme toute fiscalité indirecte, touche plus fortement les ménages les plus modestes en les imposant au même taux que les plus riches, et ce, alors même qu’ils sont déjà les plus sensibles aux hausses du prix du combustible, soit du fait de la vétusté des logements (augmentation du prix du chauffage), soit du fait de l’éloignement entre leur domicile et leur travail (augmentation du prix du carburant), ajoute le syndicat.

Cette taxe sur les carburants, présentée comme une réponse aux enjeux du réchauffement climatique, « va surtout servir à boucher les trous du budget, note de son côté l’association Attac. En 2019, sur les 37 milliards prévus de taxe sur les produits énergétiques, seuls 7,2 milliards seront affectés à la transition écologique ». Pis, de l’aveu même du premier ministre, hier sur RTL, il s’agit, au travers de la taxe carbone, d’« organiser un système dans lequel on va progressivement faire peser sur le pétrole, et donc sur le carbone et donc sur la pollution, une partie des prélèvements fiscaux plutôt que sur le travail ».

2 Les géants du pétrole toujours gagnants

Si le plein d’essence brûle le porte-monnaie, l’État est loin d’être le seul responsable. Le prix du carburant est lié aux soubresauts du cours de l’or noir. Depuis 2016, celui-ci a été multiplié par trois, en passant la barre des 80 dollars le baril. Même si, depuis quelques semaines, celui-ci est repassé sous la barre des 70 dollars, plusieurs éléments alimentent la spéculation sur les cours. Or le prix de la matière première pèse entre 28 % et 30 % dans le prix des carburants, le raffinage y entrant pour 5 %.

De l’extraction au raffinage et même jusqu’à la distribution, les géants du pétrole jouent sur tous les leviers. De telle sorte que, lorsque le cours est à la baisse, les supermajors vont chercher à écouler le stock de pétrole acheté plusieurs mois auparavant à un prix plus élevé. Et ainsi profiter quelque temps de la baisse des prix du pétrole pour restaurer leurs marges. Alors que, lorsque l’envolée du cours survient, la répercussion à la pompe est quasi immédiate. C’est ce qu’on appelle « l’effet parachute », explique Éric Sellini, coordinateur CGT du groupe Total.

3 Les Grandes surfaces prennent leur part du butin

Une aubaine dont jouent également les grands de la distribution. Outre les effets slogans marketing à moindres frais, ces derniers ne gèrent pas moins de 45 % du parc des stations-service, et écoulent 61 % des volumes de carburant vendus. Or, s’ils ont longtemps pratiqué des marges de 6 à 7 centimes le litre, correspondant aux plus basses d’Europe pour rafler le marché, les choses ont depuis bien changé. Selon l’association de consommation CLCV, « la hausse tendancielle » porte désormais les marges à « une dizaine de centimes le litre ». Ainsi, la marge appliquée par les distributeurs était de 13,9 centimes en moyenne depuis le début de cette année pour l’essence et de 12,6 centimes en moyenne pour le gasoil.

Face à cette rente, les compagnies pétrolières exultent. À l’image de Total qui, l’an dernier, a engrangé 8,6 milliards d’euros de profits. Selon Éric Sellini, cette manne devrait doubler et avoisiner les 14 à 15 milliards d’euros en 2018. Un pactole que le gouvernement n’ose pas toucher. Pis, l’État n’hésite pas chaque année à distribuer les chèques. Pour Total, ce sont entre 70 et 80 millions d’euros au titre du crédit d’impôt recherche, et 40 millions de Cice. Alors que, selon France Info, la multinationale ne paierait pas d’impôt sur les sociétés sur une partie de ses activités en France.

Clotilde Mathieu

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011