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18 octobre 2022 2 18 /10 /octobre /2022 05:36
30ème anniversaire de la reconnaissance par l'ONU de la Journée Internationale du refus de la misère

"Agir en dignité contre la pauvreté" : 30ème anniversaire de la reconnaissance par l'#ONU de la Journée Internationale du refus de la misère
#inégalités #injustice #AtdQUARTmonde

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14 octobre 2022 5 14 /10 /octobre /2022 05:50
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13 octobre 2022 4 13 /10 /octobre /2022 17:44
TotalEnergies, la pièce manquante de la planification énergétique (Alec Desbordes et Kevin Guillas-Cavan, Economie & politique)
TotalEnergies,
la pièce manquante de la planification énergétique

https://www.economie-et-politique.org/2022/09/07/totalenergies-la-piece-manquante-de-la-planification-energetique/?fbclid=IwAR2112AWBO37N9No1JLSAfD0gY0exZ5IKJfjiWC8HeIZs7TgB4gH7U9Xd6Q

Engrangeant un résultat net de plus de 10 milliards de dollars au premier semestre de 2022, les marges de TotalEnergies provoquent la colère et l’incompréhension. D’autant plus qu’elles sont rendues publiques alors que l’inflation galopante est en grande partie tirée par les prix de l’énergie. Ces profits importants, partagés par les entreprises pétrolières et gazières à travers le monde, sont bien le résultat de la guerre et de la conjoncture mondiale du secteur.

Pour répondre à cette situation déséquilibrée et à la précarité des populations face à l’inflation, certains États ont mis en place une taxe exceptionnelle sur ces « superprofits ». L’Italie, la Grande-Bretagne, l’Espagne ou encore la Hongrie ont toutes adopté une taxe conjoncturelle sur les entreprises de l’énergie et de quelques autres secteurs. Les recettes de ce taux complémentaire de 10 à 25 % ont généralement une vocation redistributive : financement des plans d’aide aux ménages, à la consommation, voire aux pensions de retraite en Espagne. Cette solution sociale-démocrate est non seulement insuffisante face à l’urgence de la situation, mais surtout passe à côté du rôle stratégique d’une entreprise comme TotalEnergies dont la maîtrise publique et sociale est indispensable pour réaliser la transition écologique et la sécurisation des approvisionnements.

La concentration de la plus-value par les capitalistes financiers au lieu des forces productives

En France, les parlementaires de gauche ont proposé plusieurs amendements au Projet de loi de finances rectificative au cours de l’été pour mettre en place une taxe de ce type. Celle-ci viserait TotalEnergies mais aussi les sociétés de transport maritime et les concessionnaires d’autoroutes. La majorité, flanquée des Républicains, s’est sans grande surprise opposée à une telle politique.

N’appréciant guère faire l’objet de tels débats, l’entreprise pétrolière a annoncé une réduction temporaire des prix des carburants sur le territoire français qui doit s’ajouter à la remise subventionnée directement par l’État[2]. Cette ristourne qui doit coûter un peu plus d’un demi-milliard d’euros représente cependant un faible montant des profits de l’entreprise qui servent d’abord et avant tout à la rémunération des capitalistes. En effet, rien qu’en 2021, TotalEnergies a distribué plus de 8 milliards de dollars en dividendes et 1,5 milliard de dollars de valeur actionnariale supplémentaire par rachat d’actions (auquel sont déjà venus s’ajouter 2 autres milliards pour le seul premier semestre 2022).

Ces sommes colossales, distribuées sans contrepartie comme rente aux capitalistes financiers, pourraient avoir une bien tout autre utilité sociale et écologique. Par exemple en servant à l’investissement dans l’outil de production et au pouvoir d’achat de la population à travers une réduction de prix plus importante. De telles ressources pourraient aussi être redistribuées aux travailleurs et travailleuses à travers l’augmentation des salaires et la réduction du temps de travail, comme le revendiquent les syndicats[3].

Plus que de bonnes volontés, la nécessité d’une maîtrise publique des énergéticiens

Malgré une certaine mauvaise foi, le gouvernement n’a donc pas totalement tort quand il affirme qu’une remise sur les prix est plus désirable qu’une taxe dont les rentrées et les effets ne seront pas immédiats tout en appelant « toutes les entreprises qui le peuvent [à] augmenter les salaires » par la voix du ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Lemaire.

Le problème de ce vœu pieux est qu’il dépend de la bonne volonté des dirigeants et des actionnaires privés de TotalEnergies. Pour influencer les choix de gestion des entreprises, l’État dispose pourtant d’un levier relativement simple et qui a fait ses preuves indéniables dans le secteur de l’énergie : la nationalisation. Un État qui prétend vouloir qu’une entreprise agisse comme un service public doit couper les chaînes entre le capitalisme financier et l’outil industriel pour s’immerger, conjointement avec les représentants des salariés et des usagers, dans ses opérations courantes. Une gestion sociale de TotalEnergies permettrait effectivement de protéger le pouvoir d’achat, d’assurer la sécurité énergétique et de lutter contre le réchauffement climatique.

Le gouvernement actuel s’est déjà retrouvé forcé de reconnaitre le besoin urgent d’impulsion politique dans la gestion d’une entreprise énergétique avec EDF. En effet, quoiqu’il n’y ait aucun doute que le gouvernement conserve des velléités de démantèlement de certaines activités historique de l’entreprise qui figurait dans le Plan Hercule, il s’est néanmoins vu obligé d’admettre que lui seul a la capacité de répondre aux besoins de planification et de financement du renouvellement du parc nucléaire français.

Au-delà de la seule question du nucléaire, l’inflation des prix de l’énergie, les crises d’approvisionnement et l’urgence climatique forcent à admettre que la collectivité seule a la capacité d’impulser la transformation profonde du système énergétique mondial. Cette nécessaire planification industrielle doit incorporer l’ensemble des entreprises structurantes du secteur, recouvrant les trois piliers historiques de l’énergie : l’électricité, le gaz et le pétrole.

À partir de cette démarche, il devient évident que le projet du Parti communiste français de nationalisation et de retour au statut d’EPIC d’EDF et d’Engie reste incomplet tant ne s’y ajoute pas la socialisation de TotalEnergies. La nationalisation et la transformation en EPIC des trois grands énergéticiens français avec des droits d’intervention des salariés et des usagers est d’ailleurs désormais une revendication portée conjointement par les fédérations de la chimie et de l’énergie de la CGT[4].

Une courte histoire de Total et du pétrole, entre public et privé

À la différence de l’électricité et du gaz, et même du charbon, le secteur pétrolier français n’a jamais été nationalisé dans sa totalité. Son origine date de 1924, quand l’industriel Ernest Mercier, sous mission du président du Conseil français, Raymond Poincaré fonde la Compagnie française des pétroles (CFP). L’État en devient rapidement un actionnaire important mais laisse l’entreprise opérer sur les marchés boursiers et faire ses propres choix d’investissement et de gestion.

La collectivité adopte cependant une approche différente lorsque des hydrocarbures sont découverts sur le sol français. Elle crée la Régie autonome des pétroles (R.A.P.) et la Société national des pétroles d’Aquitaine (SNPA) pour exploiter les gisements de gaz découverts dans le Sud-Ouest. Alors que la CFP lance la marque Total pour son réseau de distribution de pétrole, l’État rapproche ses deux entreprises et lance aussi sa marque de stations-services, Elf. En 1976, les entreprises pétrolières publiques achèvent leur fusion donnant naissance à la Société Nationale Elf-Aquitaine (SNEA) et consolidant l’industrie autour de deux pôles, l’un privé, l’autre public. À l’aube du nouveau millénaire, alors que la CFP adopte le nom de sa marque Total, elle absorbe Fina, la pétrolière belge, et Elf-Aquitaine dorénavant privatisée pour devenir une des plus grandes majors pétrolières au monde, définitivement débarrassée de la participation de l’État.

De la major pétrolière à l’énergéticien total…

C’est seulement au cours de la dernière décennie que l’entreprise choisit de se diversifier. Elle affiche et vend ce choix stratégique en 2021 en adoptant sa nouvelle dénomination : TotalEnergies. La position actuelle de l’entreprise dans l’industrie énergétique doit donc être saisie dans sa complexité.

D’une part, elle reste dominante dans le secteur historique des hydrocarbures, de l’exploration-production à la distribution et à la chimie. TotalEnergies détient en effet le deuxième plus grand réseau de distribution en dehors de l’Amérique du Nord avec 16 000 stations-services dans le monde. Ce réseau confère à l’entreprise une position stratégique indéniable dans le contrôle des prix de l’énergie à la consommation. C’est d’ailleurs bien pour ça que la question des superprofits et du prix du carburant à la pompe de TotalEnergies fait tellement de bruit. Le contrôle de l’entreprise, c’est donc aussi la gestion d’un des plus gros réseaux de distribution énergétique au monde.

D’autre part, elle essaie de s’implanter dans les nouvelles formes d’énergies, comme les renouvelables, mais tout particulièrement de développer massivement ses activités dans le gaz. Ces développements en font un acteur majeur pour assurer la transition énergétique et rendent nos propositions de maîtrise publique d’EDF et d’Engie incomplètes si les activités électriques et gazières de TotalEnergies n’y sont pas intégrées.

…qui navigue les nouvelles routes du gaz

TotalEnergies a toujours été un producteur de gaz naturel, mais n’en contrôle que peu les activités de transport et de vente. Dans le nouveau contexte de la transition énergétique, les dirigeants de l’entreprise ont la volonté de développer fortement ce segment avec l’objectif que celui-ci représente 50 % de son mix de vente d’ici 2030. Ce but doit être atteint en grande partie en confortant les positions de l’entreprise à travers la chaîne d’approvisionnement du gaz naturel liquéfié (GNL). Grâce, entre autres, à l’acquisition des activités GNL d’Engie (ex-Gaz de France), l’entreprise peut se vanter d’avoir vendu 42 Mt (tonnes métriques) de GNL en 2021. Cela représente plus de 10 % du marché mondial, faisant de l’entreprise le deuxièmeacteur du secteur.

TotalEnergies a aussi pris des participations dans un très grand nombre des ports de liquéfaction situés dans les grandes zones de production de gaz à travers le monde. Son acquisition récente de 26,5 % dans le projet Mozambique LNG vient s’additionner à sa participation au capital et dans les opérations de nombreux ports méthaniers au travers le monde, notamment en Afrique, au Moyen-Orient en Océanie. Ces positions donnent à TotalEnergies une position stratégique et centrale sur les nouvelles routes du gaz. En amont et en aval du transport de GNL, TotalEnergies est aussi confortablement installée dans la production de gaz naturel et la vente aux clients et aux entreprises. Cet outil industriel doit avoir la vocation à entrer sous maitrise publique dans l’intérêt de la société, de la transition écologique mais aussi pour l’instauration de nouveaux rapports internationaux débarrassés des relents colonialistes.

En effet, au contraire du pétrole, le gaz est devenu une énergie de transition incontournable de nombreux pays. Les nouvelles centrales cycles combinés gaz (CCG) émettent moins de gaz à effet de serre que les centrales à charbon ou au fioul. Elles servent donc d’infrastructures de transition en attendant le développement de parcs électrique totalement décarbonés (renouvelable, nucléaire, hydraulique…). Elles permettent aussi de complémenter autant les énergies renouvelables en circonstances de sous-production que les centrales nucléaires en période de pic de consommation. En addition de ce rôle centrale dans la transition électrique, le gaz est une énergie encore primordiale comme source de chauffage, pour le résidentiel et pour les entreprises du tertiaire. Il constitue aussi un élément crucial dans certains processus de production industrielle. Prôner la maîtrise publique d’Engie (ex-GDF) n’a donc pas de sens sans l’intégration des activités gazières de TotalEnergies.

Des positions novatrices dans l’électricité et la R&D

Les activités de l’entreprise s’étendent bien au-delà du secteur pétrolier et gazier, malgré la centralité à venir de ce dernier. TotalEnergies consolide sa position dans les renouvelables et l’électricité en y investissant chaque année plus de 3 milliards de dollars. En dehors des plus de 10 GW d’électricité renouvelable qu’elle opère actuellement, elle s’est affirmée comme un investisseur important dans les projets d’éolien en mer flottant, une technologie en développement cruciale au futur des renouvelables. Dans le secteur de l’hydrogène, TotalEnergies s’essaie à la décarbonation de ses raffineries en France comme à la Mède avec la production d’hydrogène vert en partenariat avec Engie. Les points de charge électriques viendront eux aussi compléter le réseau de consommation énergétique des clients de TotalEnergies.

Cette position dans les technologiques innovantes doit être renforcée, ce que permettra la maîtrise publique et sociale de TotalEnergies tout en se débarrassant des coûts du capital tels que le versement des dividendes. Une entreprise dont le chiffre d’affaires frôle les 200 milliards ne peut se limiter à 1 milliard de R&D pour que la France puisse réellement percer dans l’innovation énergétique.

Les défis et opportunités d’une socialisation transnationale

Une grande partie des activités industrielles et commerciales de TotalEnergies a lieu hors de France. Socialiser une entreprise de ce calibre sera un défi géopolitique, notamment concernant les champs d’exploitation pétroliers et gaziers, ainsi que les terminaux de GNL. Il faut cependant noter que cette situation ne s’applique plus seulement à TotalEnergies, mais aussi aux deux autres énergéticiens français. Une expropriation de TotalEnergies, tout autant que le projet de nationalisation d’EDF et d’Engie, doit se saisir de manière politique du rapport aux pays dans lesquelles ces entreprises ont une activité importante. Le défi écologique, ainsi que les crises géopolitiques à répétition, doivent et peuvent motiver une coopération forte entre les gouvernements qui y sont prêts.

Les moyens de production énergétique sous propriété de L’État et des travailleurs peuvent faire primer l’intérêt collectif dans le monde. Concernant EDF, cela légitime les transferts de technologies et le développement de centrales nucléaires et d’infrastructures électriques avec les pays qui le désirent. Pour Engie, cela permettra, quand les peuples le décideront, de rendre leur intégrité et leur souveraineté aux infrastructures de réseau électriques et gazier d’Amérique du Sud. Concernant l’entreprise publique TotalEnergies, elle peut faciliter une transition qui protège les populations au lieu d’être des vecteurs de déstabilisation de régions industrielles entières.

Le coût de la nationalisation : rêve inabordable ou opération neutre

La question qui se pose maintenant est celle concrète du coût de la socialisation de TotalEnergies, c’est-à-dire de ramener l’intégralité de l’entreprise sous propriété publique. La question s’était posée dans le cadre du chiffrage du programme des Jours heureux porté par Fabien Roussel dont nous reprenons ici la méthodologie pour TotalEnergies uniquement[5].

En sus des grands actionnaires (individuels et fonds d’investissement), il faut bien reconnaitre qu’il y a dans l’actionnariat des entreprises cotées de petits actionnaires individuels, ayant mis leur peu d’épargne en bourse. Nous proposons donc d’indemniser différemment ces petits actionnaires et les grands actionnaires.

Pour les actionnaires salariés qui ont créé par leur travail la valeur de l’entreprise dont ils détiennent une fraction, nous proposons une indemnisation au prix fort, celui de leurs actions sur le marché boursier à l’instant t. Dans le cas de TotalEnergies où les salariés détiennent 6,4 % du capital de l’entreprise, cela représente donc un coût de 9,1 milliards, en partant de la capitalisation boursière actuelle, particulièrement gonflée par la spéculation.

De même, pour les petits actionnaires individuels, disposant d’un portefeuille d’actions inférieur à 20 000 euros, toutes entreprises comprises, nous proposons de les indemniser au prix de la capitalisation boursière actuelle. En France, un actionnaire individuel sur deux seulement possède plus de 20 000 euros d’actions (52 % précisément). En partant du principe que cette proportion moyenne se retrouve dans l’actionnariat de TotalEnergies, cela représente un coût supplémentaire de 5,8 milliards.

En ce qui concerne les autres actionnaires, individuels mais (très) aisés et institutionnels, nous proposons de les dédommager sur la base d’un calcul qui associe pour un tiers le cours moyen des dix dernières années avant l’épidémie de Covid-19 et l’emballement spéculatif de ces derniers mois (ce qui représente une décote de 19 %). Pour les deux tiers restants, nous comptabilisons la part que l’on veut bien reconnaitre au capital dans les capitaux propres, proportionnellement à sa participation dans la valeur ajoutée. Le raisonnement est le suivant : plus une entreprise verse de dividendes, moins il lui reste de quoi abonder les fonds propres et réinvestir. Or les capitaux propres de TotalEnergies sont relativement bas par rapport à sa capitalisation. Les actionnaires se sont déjà bien servis et ont laissé relativement peu de moyens à collectivité quand celle-ci reprendra l’entreprise. Il n’est pas question de les payer deux fois. En prenant ce calcul, cela représente un coût de 45 milliards (2,2 milliards pour les gros actionnaires individuels et 42,8 milliards pour les institutionnels).

Ce coût total de 59,9 milliards peut sembler important. Il faut cependant avoir en tête que cela représente entre 27 % et 42 % des aides que verse chaque année l’État aux entreprises françaises (CIR, CICE, allègements Fillon, etc.) sans contrepartie, ou encore un peu plus de la moitié des 100 milliards de la « guerre contre le covid ». Il faut aussi mettre en regard ce chiffre aux presque 10 milliards distribués sans contrepartie aux actionnaires l’année dernière, un chiffre qui devrait être en très nette hausse cette année. Ce qui compte, c’est le coût net et sur la durée d’un quinquennat, l’opération de nationalisation de TotalEnergies est neutre financièrement, voire extrêmement rentable. Bien sûr, ce coût net neutre impliquerait que l’on continue de gérer TotalEnergies de la même manière que les capitalistes, ce qui n’est pas notre projet. Néanmoins, cela illustre les marges de manœuvre que nous avons en remboursant tout ou partie du coût sur les profits de l’entreprise.

Une telle approche n’est en vérité nullement nécessaire si nous décidions de reproduire pour TotalEnergies la méthode mise en œuvre lors de la nationalisation des compagnies de chemin de fer en 1936 ou des compagnies d’électricité en 1945. Nous pourrions indemniser les actionnaires en obligations d’État non-cessibles afin d’éviter que les 49,6 milliards versés quittent immédiatement le territoire national. En échange de cette capture, ces obligations garantiraient aux anciens actionnaires un rendement de 2 % par an sur 5 ans, ce qui ramène le coût à 10 milliards par an, une dépense tout à fait supportable.

Conclusion

Alors que TotalEnergies bat des records de profits et de distribution de valeur au capitalisme financier, le reste de la société ne reçoit que des miettes. Des miettes que les dirigeants de l’entreprise privée lâchent seulement pour qu’on les laisse en dehors du débat public. La supermajor est pourtant un des piliers du système énergétique mondial, que ce soit à travers sa production d’hydrocarbures, sa place dominante sur les nouvelles routes du gaz et les nouvelles énergies, ou son réseau en pleine expansion de distribution énergétique au consommateur. Une socialisation de TotalEnergies au côté de celle d’EDF et d’Engie, offrirait à l’État français les moyens d’être le fer de lance dans la planification énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique au niveau mondial.

Une telle mesure doit cependant constituer plus qu’une simple étatisation qui collectivise les coûts sans modifier les critères de gestion de l’entreprise. Pour ce faire, il faut développer de nouveaux pouvoirs des salariés de TotalEnergies. Ces derniers doivent, par exemple, être associés pleinement au recrutement et à la formation du personnel dans son ensemble, mais aussi détenir un droit de préemption prioritaire en cas de fermeture de site qui déstabilisent l’emploi et qui n’aurait pas étudié toutes les alternatives. Au niveau du groupe, les syndicats doivent être réellement associés aux choix de gestion avec des pouvoirs renforcés par rapport au 1/3 d’administrateurs historiques dans les entreprises nationalisées qui n’offrent au mieux qu’un droit de regard. L’entreprise elle-même ne doit pas être isolée du reste de la sphère économique et des choix de société et donc rentrée dans le cadre de la planification de l’emploi et la formation au niveau régional et national. Cela permettrait aux choix d’investissements d’être fait en considération et en faveur des sous-traitants, du système de formation professionnelle dans les territoires, du développement des services publics et des infrastructures locales et nationales. L’épisode des Gilets jaunes l’a démontré, la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique ne pourra pas se faire contre la classe travailleuse. Bien au contraire, notre classe doit être pleinement associée à la planification écologique pour que celle-ci soit un réel succès qui repose sur le travail émancipateur en France et dans le monde. Alors que notre ministre de l’Économie et des finances se permet de dénoncer les « vieux réflexes datés » de la taxation, nous affirmons quant à nous que c’est la gestion privée de l’énergie qui est à remettre au placard. L’avenir est à la maîtrise publique et sociale !


[1][1] Cf. l’article en ligne de Francetvinfo, « Inflation : quels pays appliquent déjà une taxe sur les superprofits des entreprises, en débat en France ? », 30 juillet 2022.

[2] Cf. le communiqué de presse de TotalEnergies, « TotalEnergies s’engage pour un programme massif de réduction des prix des carburants jusqu’à la fin de l’année dans toutes ses stations-service en France », 22 juillet 2022.

[3] Cf. le tract de la Coordination des syndicats CGT groupe TotalEnergies « Augmenter les salaires, c’est urgent ! », publié le 7 juillet 2022.

[4] Cf. la tribune dans L’Humanité du 5 juillet 2022 de Sébastien Menesplier (secrétaire général de la FNME) et d’Emmanuel Lépine (secrétaire général de la FNIC), p. 13.

[5] Cf. F. Boccara, G. Cailloux, F. Charnière, A. Desbordes, D. Durand, K. Guillas-Cavan, T.  Sarcey, A. Tournebise, « Des nationalisations pour le XXIème siècle », Économie et politique, n° 810-811, pp. 44-45.

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13 octobre 2022 4 13 /10 /octobre /2022 17:39
Adresse de Fabien Roussel aux adhérents du Parti communiste pour la mobilisation du 18 octobre
Adresse de Fabien Roussel aux adhérents pour la mobilisation du 18 octobre
 
Cher.e camarade,
 
Après la mobilisation du 29 septembre initiée par les organisations syndicales, un mouvement social d'ampleur est en train de se développer dans le pays.
La mouvement de grève des salariés des raffineries et dépôts d'Exxon et de TotalEnergie pour obtenir l'augmentation de leurs salaires est bien sûr la face la plus visible de ce mouvement, qui existe en réalité dans bien d'autres secteurs (distribution, énergie, transports publics, etc...).
Depuis le début de cette grève, notre parti et ses parlementaires se sont mobilisés pour soutenir cette lutte, symbolique à bien des égards.
Elle concerne en effet des multinationales qui affichent des profits insolents (10 Mds pour le seul 1er semestre 2022 s'agissant de TotalEnergie), distribuent des dividendes supplémentaires (2,6 milliard d'acompte versés par Total à ses actionnaires), alors même que notre pays, les familles, les collectivités et les petites entreprises subissent la violence de l'explosion des prix des carburants et de l'énergie.
Le pouvoir, par médias interposés, a tenté de discréditer le mouvement des salariés de la pétrochimie, en relayant les mensonges de la direction de Total sur le niveau des salaires des raffineurs.
 
La réalité, je l'ai dit à l'Assemblée nationale, c'est que nombre de salariés de ces raffineries ont des niveaux de salaires très faibles, compris entre 1400 et 2500 euros net.
 
L'ensemble des salariés de la pétrochimie ont donc raison d'exiger leur dû : un salaire décent, conforme à leurs conditions de travail et à leurs besoins pour vivre dignement alors que tous les prix explosent.
 
C'est aussi l'exigence d'une plus juste et plus efficace orientation des richesses qu'ils créent par leur travail, alors que des milliards d'euros sont aujourd'hui gaspillés au profit des actionnaires.
 
Pour se rendre compte de la crédibilité de leur revendication, les 2,6 milliards de dividendes versés comme acomptes en 2022 correspondent à une augmentation de 300 euros pour les 35 000 salariés du groupe TotalEnergie en France ... pendant 12 ans !
 
Du Président de la République et du gouvernement à la droite jusqu'au Rassemblement National, toutes les forces réactionnaires se mobilisent pour mettre en cause la légitimité de cette grève et opposer les salariés entre eux.
Pire, plus soucieux des bénéfices des pétroliers que de l'intérêt général et de celui des salariés, ils préfèrent réquisitionner les salariés pour briser ce mouvement.
 
Dans cette situation, la CGT appelle à une riposte de grande ampleur et propose de faire du 18 octobre une nouvelle étape d'une mobilisation des salariés dans toutes les entreprises.
 
A l'image des initiatives par plusieurs fédérations qui se sont rendues sur les sites de Total et Exxon soutenir les grévistes, j'appelle l'ensemble du parti, de ses adhérent.es et de ses élu.es à se mobiliser partout dans le pays :
 
- pour soutenir les raffineurs et leur lutte, comme tous les salariés également mobilisés pour les salaires et l'emploi, notamment avec des mouvements de grève et d'occupation ;
- pour organiser des caisses de soutien financier aux grévistes ;
- pour porter partout l'exigence d'une conférence salariale visant à une augmentation générale des salaires ;
- pour faire grandir l'exigence de nouveaux pouvoirs d'intervention des salarié.es sur les choix des entreprises et la sécurisation de l'emploi et de la formation
 
Un modèle de tract national du PCF va être mis à disposition des fédérations dans les prochaines heures. Organisons-nous pour le diffuser dans un maximum d'entreprises et de services publics.
Soyons également nombreux dans toutes les manifestations et rassemblements que la CGT organisera mardi 18 octobre partout dans le pays, pour l'augmentation des salaires et contre les réquisitions et l'atteinte portée au droit de grève !
 
Fabien Roussel
 
Secrétaire national du Parti communiste français
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13 octobre 2022 4 13 /10 /octobre /2022 05:47
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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 06:16
Au centre, lors de la conférence de presse du Comité de soutien à Vincenzo Vecchi, le député PCF Pierre Dharréville, initiateur d'une tribune collective de parlementaires pour Vincenzo Vecchi

Au centre, lors de la conférence de presse du Comité de soutien à Vincenzo Vecchi, le député PCF Pierre Dharréville, initiateur d'une tribune collective de parlementaires pour Vincenzo Vecchi

« Au nom de quelles valeurs l’exécutif s’acharne-t-il contre l'altermondialiste Vincenzo Vecchi ?» demande l’écrivain Eric Vuillard

Pilier du comité de soutien à l’altermondialiste italien, menacé d’extradition vers l’Italie, l’écrivain Eric Vuillard décortique, avec précision, les enjeux pour toutes et tous de cette affaire qui sera examinée ce mardi par la cour de Cassation. Voici le texte intégral de son intervention lors de la conférence de presse organisée à l’initiative du député PCF Pierre Dharréville mercredi dernier.

Publié le Lundi 10 Octobre 2022 - L'Humanité
 

La liberté de tous commence par la liberté d’un seul. Et cela, nous le comprenons à chaque fois différemment, au gré des rencontres, dans des circonstances nouvelles. Ainsi, la liberté défendue contre l’Ancien régime ou contre une dictature moderne n’est déjà pas de même nature, et celle défendue contre une démocratie libérale peut sembler à première vue de plus faible intensité ; pourtant, c’est toujours une personne, une personne comme vous et moi, que l’on tourmente, et qui se trouve prise dans le vent glacé des institutions, et livrée à l’arbitraire des impératifs d’un gouvernement. C’est toujours un individu que l’on menace, c’est toujours un individu contre lequel le pouvoir s’acharne.

Vincenzo Vecchi a participé en 2001 aux importantes manifestations contre le G8, à Gênes. Il faut se souvenir que 16 ans plus tard, dans un entretien à  La Repubblica, le chef de la police italienne, Franco Gabrielli, a reconnu que, lors de la terrible répression subie par les manifestants, ont été commis « des actes de tortures », ce sont ses propres mots. Et il ajoute : « A Gênes, un nombre incalculable de personnes innocentes ont subi des violences physiques et psychologiques qui les ont marquées à vie. » C’est le chef de la police italienne qui parle.

Mais la répression ne s’est pas cantonnée aux manifestations : après la police, la justice italienne a réactivé un ancien dispositif répressif, les lois Rocco, contre dix manifestants, parmi les 350 qui furent arrêtés, et ces dix manifestants furent condamnés à de très lourdes peines.

Ainsi, condamné à plus de dix ans de prison, Vincenzo Vecchi s’est réfugié en France. Il y a vécu paisiblement. En 2019, deux mandats d’arrêt européens sont émis contre lui. Le premier est caduc, la justice italienne ne pouvait l’ignorer, il s’agissait seulement de donner le sentiment à la justice française que Vincenzo Vecchi est un récidiviste. On instrumentalise le droit. On s’en sert à d’autres fins que celles pour lequel il est créé. Un mandat d’arrêt caduc est délivré pour donner l’impression que le prévenu est relaps, un repris de justice. Ce premier mandat d’arrêt n’est donc pas un mandat d’arrêt à proprement parler, c’est une manœuvre politique.

C’est donc à propos du second mandat d’arrêt que nous sommes réunis aujourd’hui. Il réclame que Vincenzo Vecchi soit livré à l’Italie afin d’y accomplir une peine de dix ans de prison pour « dévastation et saccage. » Le nom même de l’incrimination fait frémir : « dévastation et saccage. » On le sait bien, les noms ne sont jamais choisis au hasard. Ici, il faut faire peur, il faut donner le sentiment que les prévenus sont des gens sans aveux, des personnes dangereuses.

En réalité, c’est plutôt l’incrimination pour « dévastation et saccage » qui est un danger pour la justice. Elle répond en effet à une conception du droit tout à fait étrangère à nos traditions, tout à fait contraire à une tradition démocratique. Elle établit une infraction collective, sans qu’il soit besoin de démontrer une participation active de chacun ; il suffit que chacun ait « concouru moralement », notion bien vague, aux dégradations produites par la foule pour en être jugé responsable. Il s’agit d’une complicité passive. Or, dans notre droit, la responsabilité pénale ne peut être que personnelle, et la complicité active, on ne peut être accusé au nom d’une infraction que l’on n’a pas personnellement commise. Il faut des preuves, il faut une action personnelle. Cela va en réalité de soi. Alors qu’avec  dévastation et saccage, il suffit d’avoir été présent, il suffit d’avoir commis de menus délits qui, reliés à des délits commis par d’autres, constituent l’incrimination. Et les peines sont alors très lourdes, et pourtant il s’agit seulement d’atteintes aux biens. Les peines vont de 8 à 15 ans de prison, ce sont des peines criminelles.

On le comprend, c’est le droit de manifester qui est visé, il faut intimider les citoyens, cette loi est une menace. Mais les sanctions sont bien réelles, elle n’est pas qu’une menace, elle est une répression très sévère. Elle constitue donc une atteinte très grave au droit de manifester. Il suffit d’avoir été présent sur une manifestation pour être responsable des désordres qui s’y commettent, et risquer une peine qui peut aller jusqu’à 15 ans de prison !

Dans les démocraties libérales, on s’est malheureusement habitué à une régression dans ce domaine, la liberté de manifester est de plus en plus contrariée, limitée, encadrée. Mais ces régressions restent cependant sans rapport avec ce que permet la loi « dévastation et saccage ». Car cette loi n’est pas le triste aménagement répressif d’une démocratie libérale, cette loi est une loi d’origine fasciste, elle a été conçue, rédigée par des juristes fascistes et promulguée le 19 octobre 1930. Il s’agit donc à proprement parler d’une loi mussolinienne. C’est au nom d’une loi mussolinienne que Vincenzo Vecchi est aujourd’hui réclamé par la justice italienne.

Mais ce n’est pas seulement  une loi mussolinienne, ce n’est pas le sinistre vestige d’un ordre politique défunt, ce n’est pas  une loi parmi d’autres, une loi anodine, vénielle, quelconque. Non. L’incrimination pour  dévastation et saccage dont la cour de Cassation française va devoir dire le 11 octobre si elle est oui ou non compatible avec notre droit, puisque c’est là  le point central de l’affaire, le problème juridique qui se pose, cette incrimination dont la cour de Cassation va devoir dire si elle est comparable à une incrimination de droit français, si, comme le prétend outrageusement l’avocat général, on pourrait, par exemple, l’assimiler au vol, (et cela pour des madriers que monsieur Vecchi aurait pris sur un chantier pour les placer au milieu de la route), cette incrimination dont le gouvernement prétend qu’elle est compatible avec notre droit puisqu’il appuie ouvertement la remise à l’Italie de Monsieur Vecchi, cette incrimination, « dévastation et saccage », n’est pas une incrimination vénielle, comme le vol, n’est pas le genre d’incrimination que l’on retrouve dans le code pénal d’un droit libéral, et pour cause, c’est non seulement une incrimination d’origine mussolinienne, mais c’est même  la loi fasciste par excellence.

Lorsqu’elle est adoptée par décret en 1930, Mussolini est au pouvoir depuis huit ans. L’Italie est alors l’une des dictatures les plus autoritaires de l’Histoire. Et la loi « dévastation et saccage » est le cœur même de son arsenal répressif. Cette loi est donc par essence fasciste, elle est l’expression juridique d’un ordre dictatorial. En 1930, la structure pénale du régime mussolinien est définitivement consolidée par cette loi. On ne peut donc pas interpréter cette loi comme s’il s’agissait d’une loi  comme les autres. Ce n’est pas le genre de loi que l’on vote dans un Parlement, et le mot « fasciste », ici, n’est pas une expression imagée, ni une comparaison éloquente ou excessive, c’est une loi  littéralement fasciste. Dans sa propagande Mussolini voyait même dans cette loi un cas emblématique, il parlait d’une loi  fascistissime.

Il est donc inquiétant de lire, dans les mémoires des différents avocats généraux, une tentative impérieuse, résolue, d’amalgamer cette loi à notre droit. Il est inquiétant de penser qu’un avocat général français, notre contemporain, discute et interprète l’arsenal répressif de la dictature mussolinienne comme un autre élément de droit, et le juge parfaitement compatible avec le droit français, au point même de se pourvoir deux fois en cassation contre les décisions de deux cours d’appel qui elles, Dieu merci, ont jugé à l’inverse que cette loi fasciste ne devait pas être confondue avec le droit français.

Mais alors, que veut l’exécutif ? Au nom de quelles valeurs s’acharne-t-il à appuyer la requête de la justice italienne ? Au nom de quelles valeurs fait-il  comme s’il ne s’agissait pas d’une loi fasciste, mais d’une simple loi de  notre voisin italien ?

Il y invoque pour cela une raison, dans le rapport que le gouvernement français a fait parvenir à la Cour de justice de la communauté européenne, qui vient de rendre sur l’affaire Vecchi un avis très préoccupant. La raison que le gouvernement français invoque, c’est la coopération européenne. Au nom de cette valeur suprême, la coopération européenne, mieux vaudrait, c’est la voix de la France, que soit appliquée une loi littéralement fasciste plutôt que l’impunité d’un prévenu. Il n’y aurait rien de pire qu’une mauvaise  coopération européenne.

Ce serait donc cela  nos valeurs ? Cette expression qui revient à longueur de temps ne signifierait ici que cela : la coopération européenne à tout prix, fût-ce au prix de l’identification de notre droit pénal avec le droit pénal mussolinien ?

Enfin, on ne peut pas oublier le contexte politique. Depuis que Vincenzo Vecchi est réclamé par l’Italie, l’extrême droite italienne est présente. Aujourd’hui, elle est même aux portes du pouvoir. Matteo Salvini était ministre de l’Intérieur lors de l’exécution du mandat d’arrêt européen à l’encontre de Vincenzo Vecchi. On sait que sa politique et ses références flirtent avec le régime fasciste, qu’il détourne sans complexe des slogans de Mussolini, qu’il se montre au balcon depuis lequel le dictateur avait assisté au lynchage de deux jeunes antifascistes. Ce n’est donc pas anodin.

À présent, c’est Frères d’Italie (Fratelli d’Italia) qui arrive au pouvoir, et dont l’idéologie se revendique très clairement  du fascisme. C’est donc au nom d’une loi instituant une odieuse complicité passive, et réprimant autoritairement le droit de manifester, que le gouvernement français veut ouvertement livrer Vincenzo Vecchi à l’Italie, mais c’est encore une loi d’origine mussolinienne, et pas une loi ordinaire, mais une loi appartenant au cœur du dispositif pénal fasciste, une loi destinée à assurer l’autorité nécessaire à une dictature, que l’avocat général voudrait assimiler à la loi française, et cela au moment même où, en Italie, les émules du fascisme sont au pouvoir, c’est au nom d’une loi mussolinienne qu’il faudrait leur livrer un opposant, un militant antifasciste, un altermondialiste !

Mais alors, à quoi sert le contrôle du juge, à quoi bon, et quelle est donc la qualité cachée, la morale secrète de cette coopération européenne, qu’il faudrait assurer par-dessous tout, en sacrifiant, ici, les principes les plus fondamentaux, ceux que nous avons hérités de toute l’histoire démocratique ?

Car enfin, le problème technique posé par le mandat d’arrêt européen n’est pas qu’une affaire de droit. La cour de Justice a rendu un avis qui pourrait juguler terriblement le pouvoir de contrôle du juge.

Rappelons que dans le cadre des mandats d’arrêt européens, il existe une liste de 32 incriminations pour lesquelles il n’y a pas de discussion possible, si le droit a été formellement respecté, le prévenu est livré au pays européen qui le réclame. Mais dans tous les autres cas, le juge doit contrôler si la condition de double incrimination est respectée. En 2021, c’est un membre de la commission des lois, ici même, un député de la majorité présidentielle qui déclarait, lors de l’examen d’un amendement à la loi pour la confiance dans l’institution judiciaire : « La double incrimination doit être maintenue car elle est un principe fondamental du droit international. »

Si c’est un principe fondamental, alors le juge doit pouvoir contrôler, dans l’affaire Vecchi, si à une loi fasciste correspond une loi française. Ce ne peut pas être le cas. Si la cour de Cassation acceptait de réduire son contrôle, autrement dit son pouvoir, ce qui pour une institution serait une première assez curieuse, elle ferait du mandat d’arrêt européen une simple formalité. Dans ce cas, la cour de Cassation sacrifierait son rôle judiciaire, elle se cantonnerait à une fonction purement exécutive. Or, on le sait bien, il existe au moins trois pouvoirs, c’est au fondement de nos institutions, il existe trois pouvoirs qui doivent être séparés les uns des autres. Mais à priver le juge de son moyen de contrôle sur les mandats d’arrêt européen, on le ravale à une fonction exécutive, on en fait le simple exécutant des volontés gouvernementales. Ce serait inquiétant.

Car en dernière instance, le ton général de notre droit vient de la Révolution française, de ses prolongements. Le rapport que nous avons au droit vient d’un moment où les avocats, les juristes, ont joué un rôle de premier plan dans l’émancipation des hommes, dans l’expression des libertés et dans leur défense. Aussi, c’est la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui constitue le fond idéologique de notre droit. Il ne faut jamais l’oublier. C’est au nom de cette déclaration qu’en dernière analyse les magistrats doivent juger et interpréter le droit. C’est au nom de la liberté qu’ils doivent contrôler si un mandat d’arrêt doit ou non être exécuté, c’est au nom de la liberté qu’il leur faut écarter l’application d’une loi répressive venue d’un régime totalitaire.

C’est pourquoi, je remercie sincèrement, au nom du comité de soutien, les journalistes qui se sont, à un degré ou un autre, intéressés à l’affaire et qui ont tenté de la faire connaître et d’en faire comprendre les enjeux. Nous remercions notamment Antoine Agasse, de l’AFP Rennes, Emmanuel Cazale, de l’agence de presse italienne, François Bonnet de Mediapart, Grégoire Leménager de L’Obs, Emmanuel Fansten de Libération, Henri Seckel et Christine Rousseau du Monde, Thomas Lemahieu de L’Humanité, Bénédicte Lutaud du Figaro, Nolwenn Weiler de Bastamag, Sonia Kronlund et Adila Bennedjaï-Zou pour France Culture.

La liberté de tous commence par la liberté d’un seul. Il ne faut jamais se dire : c’est un cas isolé, cela ne me concerne pas. C’est en se penchant sur la vie d’un autre que l’on saisit mieux les principes qui fondent une société, c’est en soutenant la liberté d’un autre que l’on comprend plus précisément le sens des mots, que l’on peut sentir palpiter en soi, en nous, un sentiment, quelque chose, une disposition qui n’appartient à personne en particulier, et qui garantit la liberté de tous.

Paris prêt à livrer à Rome un militant altermondialiste

Justice Le député PCF Pierre Dharréville a réuni le comité de soutien parlementaire à Vincenzo Vecchi, menacé d’extradition.

Publié le Lundi 10 Octobre 2022 - L'Humanité

Un fil ténu lie Vincenzo Vecchi à la future première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni. En 2001, le mentor de celle-ci, Gianfranco Fini, alors vice-président du Conseil, est à la préfecture de Gênes et orchestre la violente répression contre les protestations anti-G8. Vincenzo Vecchi, lui, se trouve parmi les manifestants. Depuis onze ans, le militant altermondialiste est réfugié en Bretagne. Mais dans son pays, il a été condamné à douze ans de prison pour « saccage et dévastation » avec des preuves très discutables. Ce délit n’est pas reconnu dans le droit français si bien qu’à deux reprises, la justice française a rendu une décision en faveur de Vincenzo Vecchi. Mais Rome s’acharne, avec le soutien du parquet français, à vouloir extrader son ressortissant en faisant usage du mandat d’arrêt européen.

Il serait de « sinistre augure que la première relation de Giorgia Meloni avec la République française soit de recevoir, au titre d’une loi de Mussolini, un militant altermondialiste »

L’affaire doit être à nouveau examinée le 11 octobre par la Cour de cassation. Ce mercredi, à l’Assemblée, le député PCF Pierre Dharréville a réuni le comité de soutien parlementaire à Vincenzo Vecchi. « La loi dont il est fait usage pour le condamner en Italie vient du code Rocco, qui date de 1930, soit l’un des éléments de l’édifice juridique qui date de la période mussolinienne ! » s’indigne l’élu communiste des Bouches-du-Rhône pour qui extrader le militant reviendrait à appliquer, en France, une loi fasciste . Il serait de « sinistre augure que la première relation de Giorgia Meloni avec la République française soit de recevoir, au titre d’une loi de Mussolini, un militant altermondialiste », relève l’ex-député FI Jean-Luc Mélenchon.

 

 

Le 14 juillet 2022, la Cour de justice de l’Union européenne (Cjue) a aboli le contrôle de double incrimination selon lequel un individu ne peut être extradé que s’il est retenu coupable d’un délit sanctionné dans les deux États. Or, le délit de « saccage et dévastation » n’existe pas dans le droit français et pour cause. Il permet de condamner quelqu’un au motif de sa « participation à une manifestation » qui a mal tourné, s’inquiète Paul Molac, député Libertés et Territoires. « On le condamne pour des faits commis par d’autres », relève-t-il. « Cette conception du droit est dangereuse », avertit l’écrivain Éric Vuillard, pour qui il s’agit d’une « infraction collective » contraire au droit français, dans lequel « la responsabilité pénale ne peut être que personnelle ». La fin de l’exigence de double incrimination, avalisée par la décision de la Cjue, est inquiétante , relève l’avocat Maxime Tessier. « Je ne veux pas faire de la science-fiction, s’alarme le juriste, mais si un gouvernement européen se mettait à pénaliser l’IVG, si une personne était condamnée et trouvait refuge chez nous, la remettrait-on à l’État qui la demande pour qu’elle soit condamnée ? » L’affaire Vecchi dépasse son seul cas.

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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 06:04
Fabien Roussel : « S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires » (L'Humanité, Naïm Sakhi, 10 octobre 2022)
Fabien Roussel : « S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires ».

Gauche Le secrétaire national du PCF a présenté à la presse, lundi, son Tour de France « avec vous sans tabou », commencé dans le Pas de Calais, le 3 octobre. Face à la flambée des prix de l’énergie, et au risque de récession, le communiste alerte sur les délocalisations en cascade à venir.

Publié le Lundi 10 Octobre 2022 -L'Humanité
 

« Je souhaite que le PCF soit en phase avec ce qu’attendent les Français. » Fabien Roussel a présenté ce lundi, lors d’une conférence de presse, son tour de France « avec vous sans tabou ». Commencée le 3 octobre dernier, dans le Pas-de-Calais, cette tournée de 13 étapes thématiques, dans chacune des régions métropolitaines, permettra au secrétaire national du PCF d’ouvrir un dialogue avec les Français, ponctué de rencontres avec les habitants, les élus, les militants et les syndicalistes. « Ils viendront avec leurs questions, moi avec mes réponses », glisse le député, qui se refuse à tenir des meetings. Un exercice déjà expérimenté durant la campagne présidentielle par l’ex-candidat du PCF, lors des « Rencontre des jours heureux ». Dorénavant pour Fabien Roussel, l’enjeu est double : « savoir ce que les Français attendent de la gauche et du PCF », assure-t-il, mais aussi « parler à nouveau à la France périphérique pour que la gauche devienne majoritaire demain », glisse Ian Brossat, le porte-parole de la formation.

« Total a versé 2,5 milliards d’euros de dividendes exceptionnels à ses actionnaires. Cela représente 300 euros d’augmentation mensuelle pendant 12 ans pour les salariés. S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires »

Après une halte dans le Pas-de-Calais sur le thème de l’industrie, la prochaine étape de ce tour de France se tiendra les 24 et 25 octobre, dans les Drôme et dans l’Isère, pour évoquer les enjeux du mix énergétique. Un sujet central en pleine crise climatique et de l’énergie, qui couplée à la menace nucléaire en Ukraine s’apparente à un « un cocktail explosif », selon Fabien Roussel. De plus, le communiste dit « craindre » une récession liée à la crise de l’énergie dans les mois, provoquant une vague de délocalisations. « Certaines entreprises pourraient accélérer des plans de suppression de postes déjà dans les cartons, poursuit le député, elles anticipent une augmentation durable de l’énergie, avec des coûts de production au final deux ou trois fois plus élevés qu’en Asie ou Amérique ». Le 3 octobre dernier, il avait d’ailleurs rencontré les syndicalistes et dirigeants de l’usine Arc Internationale, dans laquelle 4 800 emplois sont menacés par l’explosion de la facture énergétique, passant de 17 millions à 75 millions. En outre, Fabien Roussel a rappelé son soutien aux mobilisations en cours dans la pétrochimie, visant, selon la CGT à obtenir une hausse de 10 % des salaires  : « Total a versé 2,5 milliards d’euros de dividendes exceptionnels à ses actionnaires. Cela représente 300 euros d’augmentation mensuelle pendant 12 ans pour les salariés. S’il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires ».

Ce tour de France, en parallèle des mobilisations sociales et syndicales, doit aussi permettre au secrétaire national du PCF de porter la voix de sa formation, à côté du rassemblement à gauche . « Nous faisons partie de la Nupes, mais nous avons notre propre originalité et nous la faisons vivre, mesure Fabien Roussel, nous continuerions à nous faire entendre car à gauche, nous avons besoin de nous additionner ». Des rencontres avec les travailleurs sont notamment prévues, le député assure vouloir s’en « nourrir », afin d’incarner « une gauche qui défend le travail ». Une expression qui fait écho au débat suscité lors de la Fête de L’Humanité, où le député a jugé que la gauche ne devait pas être « celle des allocations et des minima sociaux. » Un mois plus tard, Fabien Roussel se dit « conforté » dans ses propos, satisfait des nombreux « témoignages de soutiens et d’encouragements » reçus lors de ses rencontres avec les Français.

Le secrétaire national du PCF a en tout cas marqué des points en termes d’incarnation. Selon un sondage Odoxa pour le Figaro, publié la semaine dernière, Fabien Roussel est la personnalité de gauche la plus populaire dans le pays, avec 29 % de bonnes opinions. Dans son camp, le député communiste (42 %) se classe second, derrière Jean-Luc Mélenchon (49 %), mais devant François Ruffin (34 %) et le socialiste Olivier Faure (28 %). Par ailleurs, à gauche, le secrétaire national du PCF (33 %) recueille moins de mauvaises opinions que Jean-Luc Mélenchon (45 %) ou encore Sandrine Rousseau (37 %).

« Le PCF ne se résume pas à ma personne, nous pouvons compter sur un grand nombre de militants et de personnalités qui ont émergé durant la campagne présidentielle »

Le député du Nord a également précisé, lors de la conférence de presse, qu’il sera bien présent au rassemblement nordiste contre la vie chère, prévu le samedi 15 octobre, mais qu’il sera en revanche absent du défilé parisien, le dimanche 16 octobre. « Le PCF ne se résume pas à ma personne, nous pouvons compter sur un grand nombre de militants et de personnalités qui ont émergé durant la campagne présidentielle », insiste l’élu de Saint-Amand-les-Eaux, qui assure être, comme tous les week-ends, retenu dans sa circonscription.

Fabien Roussel : « S’Il y a du carburant à mettre, c’est bien dans les salaires » (L'Humanité, Naïm Sakhi, 10 octobre 2022)

Dans le cadre de son tour de France, Fabien Roussel sera dans le Finistère et la région de Morlaix les 5 et 6 décembre 2022. Une réunion publique-forum avec Fabien Roussel est prévue au Roudour de Saint-Martin-des-Champs, commune voisine de Morlaix, le lundi 5 décembre.

Fabien Roussel engage un tour de France à la rencontre du monde du travail

PCF Le député du Nord Fabien Roussel entame une tournée qui fera escale dans 14 départements pour un dialogue « sans filtre et sans tabou » avec les Français. Première étape dans le Pas de Calais, lundi, autour des enjeux industriels et énergétiques. Reportage.

Publié le Mardi 4 Octobre 2022 - L'Humanité

Arques, Avion et Sallaumines (Pas de Calais), envoyé spécial.

« Je me fais poser une prothèse à la hanche dans 10 jours. J’ai 59 ans et je suis physiquement et mentalement usé. Impossible pour moi de tenir jusqu’à 65 ans pour avoir une retraite ». Jean-Luc est ouvrier chez Faurecia. Après 37 années à enchaîner les horaires décalés, sa rémunération ne décolle pas du Smic. Un salaire qui ne lui permet plus de faire face à l’inflation, d’autant que son entreprise, un sous-traitant dans l’automobile, a placé ses employés au chômage technique plusieurs jours par mois, entraînant une baisse de revenu 100 euros. Ce, « alors que le groupe a versé 90 millions de dividendes aux actionnaires », soupire ce syndicaliste CGT, en interpellant Fabien Roussel, lors d’une réunion publique à Sallaumines, lundi. Depuis le Pas-de-Calais, le secrétaire national du PCF a tenu la première des 14 étapes de son « Tour de France du monde du travail ». « Cette tournée des régions va nous permettre de nous confronter à la réalité de nos concitoyens, assure le député du Nord. Je ne suis pas là pour faire un meeting, mais pour dialoguer sans tabou ni filtre, car je me nourris de ces échanges. »

Christophe était le premier, salle Maurice Thorez, à interpeller l’ex-candidat du PCF à l’Élysée. « Nous sommes des citrons pressés et jetés à la poubelle », tance, les larmes aux yeux, l’ancien secrétaire de la CGT de l’usine Bridgestone à Béthune, qui a fermé ses portes il y a 17 mois. « Les dégâts sont irréparables, le seul responsable c’est le capital », ajoute le référent du cabinet de reclassement, alors que seulement 30 employés ont pu être recasés. « Notre crainte est que la crise énergétique entraîne de nouvelles vagues de délocalisation », pointe Fabien Roussel. Un sujet de taille dans les Hauts-de-France.

«  Les gens doivent vivre dignement avec un salaire, nous refusons l’affrontement entre les chômeurs et ceux qui travaillent, favorisé par la politique des chèques. » Fabien Roussel.

Dans la matinée, le communiste avait rencontré les syndicats et dirigeants de l’usine Arc Internationale. 4 800 emplois sont en jeu, alors que la facture énergétique a explosé de 341 %, dépassant pour la première fois la masse salariale de l’entreprise des arts de la table. Pour faire face, le député réclame à plan d’envergure de soutien à l’industrie : « L’Allemagne, qui n’est pourtant pas un pays socialiste, l’a fait en débloquant 200 milliards d’euros. » Et, à l’issue de la rencontre, il raconte comment il a été interpellé par un ouvrier qualifié, qui malgré 34 ans d’ancienneté, ne touche que 1 448 euros mensuels, l’obligeant à s’en remettre à la prime d’activité et au chèque énergie pour boucler les fins de mois. « Les travailleurs pauvres, cela ne devrait pas exister. Que les ouvriers fassent fortune !, lance le dirigeant du PCF. Les gens doivent vivre dignement avec un salaire, nous refusons l’affrontement entre les chômeurs et ceux qui travaillent, favorisé par la politique des chèques. »

Une référence au débat que le député a suscité lors de la Fête de l’Humanité, en affirmant vouloir incarner « une gauche qui défend le travail et non pas celle des allocations et des minima sociaux ». Parmi les 250 participants venus aborder les questions du quotidien, lundi soir, cette position trouve de l’écho. Comme chez Frédéric, ouvrier chez Arkema, pour qui « Fabien Roussel et François Ruffin s’emparent de la grande absente de l’élection présidentielle : le travail ». Un moyen selon l’employé dans l’industrie chimie « de poser les bases de la lutte des classes ». « Moi je suis fier de créer la richesse. Le problème c’est qu’elle n’est pas partagée et les oisifs ne sont pas les chômeurs, et l’enjeu est bien de valoriser le travail », poursuit Jean-Luc.

« Quelles sont les propositions du PCF pour enrayer la crise de l’énergie ? »

Raphaël, lui, s’inquiète des conséquences de la flambée des prix de l’énergie, malgré le bouclier tarifaire. « Quelles sont les propositions du PCF pour enrayer la crise de l’énergie ? », interroge ce salarié d’Enedis. « Recréer un service public, défendre le nucléaire et sortir de l’ARENH (qui contraint EDF à vendre de l’énergie nucléaire aux fournisseurs privés, N.D.L.R.) et du marché européen de l’énergie », lui répond le parlementaire. Plus tôt dans la journée, le communiste avait d’ailleurs visité l’entreprise Gazonor, qui produit de l’énergie verte, à partir du méthane relâché naturellement par les anciennes mines de Charbon. Outre le gaz et l’électricité, le site produira de quoi chauffer les équipements municipaux de la ville d’Avion, d’ici 2025. « D’entrée de jeu, c’est minimum 50 % d’économie pour la ville », souligne l’édile PCF Jean-Marc Tellier. L’entreprise prévoit de passer de 4 à 22 transformateurs électriques, dans le Nord et le Pas-de-Calais. Mais sans les autorisations gouvernementales, le projet est pour l’heure bloqué. « Il est assez invraisemblable d’importer du gaz de schiste des États-Unis alors qu’avec le gaz de mines nous pourrions fournir 200 000 foyers dans le bassin minier », insiste Fabien Roussel. Le secrétaire national du PCF poursuivra son tour de France jusqu’en avril, date à laquelle se tiendra le congrès de sa formation.

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9 octobre 2022 7 09 /10 /octobre /2022 11:56
Liberté pour Salah Hamouri: Vœu adopté à l'unanimité moins une abstention par le conseil municipal de Quimper le 6 octobre 2022
Liberté pour Salah Hamouri: Vœu adopté à l'unanimité moins une abstention par le conseil municipal de Quimper le 6 octobre 2022
LIBERTÉ POUR SALAH HAMOURI !
 
Vœu adopté à l'unanimité moins une abstention par le conseil municipal de Quimper le 6 octobre 2022 sur proposition des élus communistes Yvonne Rainero, Bernard Jasserand et Ronan Sinquin, avec le soutien de la majorité de gauche et écologiste.
 
Yvonne Rainero présenté ce vœu en séance en faisant part à mes collègues de la grève de la faim entamée en protestation par Salah Hamouri avec 30 "détenus administratifs" la semaine dernière et du danger qui pèse sur leurs vies.

 

****************************************
Notre compatriote Monsieur Salah Hamouri, avocat franco-palestinien de 37 ans spécialisé dans la défense des Droits Humains et travaillant pour l’ONG Adameer, ancien élève du collège catholique De la Salle des Frères des Écoles Chrétiennes de Jérusalem, demeurant dans cette ville où il est né d’une mère française professeure de français et d’un père palestinien restaurateur, est une nouvelle fois emprisonné en Israël depuis le 7 mars 2022 sans procès et sans que lui ait été notifié aucun motif d’inculpation.
Monsieur Salah Hamouri est marié, sa femme française et ses 2 enfants nés en France qui résident dans notre pays se voient interdire depuis janvier 2016 de le rejoindre à Jérusalem contrairement à toutes les conventions internationales.
Lui-même s’est vu retirer son droit acquis de naissance de résident permanent de Jérusalem Est et si cette décision est confirmée il est expulsable à tout moment.
L’internement « administratif » qui le frappe, hérité des pratiques coloniales du mandat britannique sur la Palestine au début du siècle dernier, est utilisé par les autorités israéliennes pour emprisonner arbitrairement par périodes allant jusqu’à 6 mois, renouvelables à l’infini, tout opposant à leur politique dans les territoires palestiniens.
Les autorités européennes et françaises ont exprimé à de multiples reprises leur vive préoccupation concernant un dispositif aussi contraire à tous les usages démocratiques.
La ville de Quimper a plusieurs fois témoigné son soutien à Monsieur Salah Hamouri.
Ainsi en septembre 2012 il avait été reçu en mairie par M. Piero Rainero adjoint au maire en charge des relations internationales, représentant le maire M. Bernard Poignant.
En février 2017 un vœu fut voté par le Conseil Municipal exigeant sa libération alors qu’il venait d’être emprisonné dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui.
En décembre 2018, libéré grâce à la mobilisation nationale et européenne en sa faveur, il fut reçu à la mairie par le maire M. Ludovic Jolivet.
Les autorités françaises ont été amenées elles aussi à agir en faveur de notre compatriote.
Le Président Nicolas Sarkozy et le Ministre des Affaires étrangères M. Alain Juppé sont intervenus en leur temps auprès du gouvernement israélien pour obtenir sa libération.
Le Président Emmanuel Macron s’en est entretenu avec les autorités israéliennes et, son chef de cabinet, dans un courrier, a précisé que : « l’ensemble des services français sont mobilisés sur ce dossier. »
Les organisations de défense des Droits Humains, la Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, l’ACAT (Association des Chrétiens contre la Torture), Caritas International, l’Union Juive Française pour la Paix, une Autre Voix Juive, le Syndicat des Avocats de France et bien d’autres ont demandé la libération de Monsieur Salah Hamouri.
De nombreuses personnalités sont intervenues dans ce sens comme MM. Michel Warschawski (historien israélien, fils de l’ancien Grand Rabbin de Strasbourg), Jean Ziegler (Vice-Président du comité consultatif des Droits de l’Homme de l’ONU), Rony Brauman (fondateur de Médecins sans Frontières), les cinéastes Ken Loach, Robert Guédiguian, l’acteur François Cluzet, M. Richard Falk (professeur de droit international aux USA), M. Dov Kénin député israélien à la Knesset, etc....
Le comité national de soutien en faveur de Salah Hamouri comporte des personnalités comme Mme Christiane Taubira, MM. Jack Lang, Jean Louis Bianco, Edgar Morin, Monseigneur Jacques Gaillot..…
Monsieur Jean-Jacques Urvoas ancien Garde des Sceaux est intervenu lui aussi en sa faveur ainsi qu’il l’a fait savoir par courrier.
Plus de cent élu-e-s du Finistère ont cosigné en novembre 2021 une lettre demandant le rétablissement de ses droits.
Le Conseil Municipal de Quimper, fidèle à sa tradition de défense des Droits de l’Homme à laquelle est attachée la population de notre ville, exige la libération de notre compatriote Monsieur Salah Hamouri et demande au gouvernement et au Président de la République d’agir avec la plus grande fermeté pour que soient levées toutes les mesures de privation de liberté dont il est victime.
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9 octobre 2022 7 09 /10 /octobre /2022 05:46
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9 octobre 2022 7 09 /10 /octobre /2022 05:43

 

Alimentation, transports, aides à domicile… de nombreux domaines économiques sont ciblés par l’ubérisation. En moins d’une décennie, les applis ont envahi nos vies, faisant de la politique du « clic » et de l’instantanéité la nouvelle norme. Derrière ces nouveaux modes de consommations, c’est un véritable capitalisme de plateforme qui a pris place avec des plateformes numériques de travail qui façonnent non seulement beaucoup de nos activités au quotidien, le monde du travail mais aussi notre modèle de société.

 

 

Présent à Strasbourg pour le rendez-vous annuel des communistes aux universités d’été qui se sont tenues les 26, 27 et 28 août derniers, Pascal Savoldelli, sénateur communiste du Val-de-Marne, a sensibilisé les camarades, tant au « choc » qu’au « choix » de société de ce nouveau modèle alimenté par la numérique ubérisation. Dans son intervention, il rappelle que si les avantages de ce modèle semblent nombreux, il est important de s’interroger sur la façon dont notre société pourrait en subir les conséquences et pousse à réfléchir aux alternatives à ce capitalisme qui tend à nous vendre l’actualisation de ses formes de domination, d’exploitation et d’aliénation comme de nouveaux espaces de liberté.

L’aboutissement d’un rêve néo-libéral

En s’affranchissant des règles de concurrences et des règles sociales et fiscales, c’est une véritable offensive pour un acte fondateur qui s’opère avec l’ubérisation. Uber, Deliveroo, Docadom et consorts, avec la complicité de différents gouvernements, ont réussi à disrupter le marché avec succès en rendant leurs nouveaux standards de qualité de services et d’orientation client incontournables. D’une part, les entreprises traditionnelles n’ont d’autres choix que de s’aligner sur ce modèle pour survivre. De l’autre, c’est le retour du travail à la tâche et du tâcheron enfermé dans la précarité. Ce même forçat qui devrait remercier ces multinationales d’être enfermé dans la boite noire de l’algorithme. Affectant le statut de l’emploi, les conditions de travail, le rapport à l’espace et au temps de travail, c’est une véritable casse du salariat et de ses protections qu’entraine la plateformisation de la société.

Une nécessaire organisation collective

L’une des premières stratégies pour lutter contre l’ubérisation repose sur l’organisation collective. Le travail ubérisé est par essence une forme d’emploi qui se veut rendre les mobilisations improbables. Cependant, entre actions collectives pour requalifier l’activité de ceux qui offrent leur service en emploi salarié, création de « mutuelle de travail associé » et mise en place de plateforme coopérative de communs numériques, l’uberisation doit constituer un terrain de lutte de classe sans merci. Si les algorithmes nous enferment dans une bulle, il ne tient qu’à nous de nous ouvrir à nouveau au rassemblement. L’ubérisation relève bien évidemment d’une lutte syndicale qu’il convient d’adapter et d’organiser pour répondre aux nouveaux défis que pose le monde du travail numérique et l’ubérisation. Il ne tient qu’à nous de reconstruire un service commun qui porterait une institution de la valeur pour le travail des communes contre la seule qui existe à ce jour, celle du capital.

Pour un nouveau modèle de société

Ce qu’on appelait la “question sociale” doit opérer un retour en force dans nos réflexions. Remettant complètement en question le modèle économique traditionnel, le modèle du salariat et de l’emploi et, encore pire, le caractère interventionniste de notre État, l’ubérisation rappelle qu’il est urgent de penser la société que nous voulons, puis d’agir pour la construire. C’est dans cette volonté d’impulser une nouvelle orientation politique que, dans le prolongement de sa proposition de loi sur la requalification en statut salarial, Pascal Savoldelli a, pour le groupe CRCE, récemment légiféré sur le rôle des algorithmes et leur seuil d’interférence à l’autonomie des travailleurs. Car pourquoi faudrait-il adouber l’uberisation de l’économie sans en interroger l’idéologie et les effets délétères à long terme ? Ce monde-là n’est pas une fatalité. Le chantier est immense et à engager d’urgence. À penser sur le temps long, il est politique au sens premier du terme.

Héléna Laouisset-Royer

Collaboratrice du sénateur communiste Pascal Savoldelli 

 

 

 

 

 

 

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