Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 13:56

Aujourd’hui, lundi 7 novembre 2022, une enquête édifiante de l’Humanité dévoile le vrai bilan social d’Amazon : une véritable casse sociale subventionnée par notre argent public.

Amazon, c’est 121 milliards de bénéfices en 2021 en Europe. Pourtant, loin de participer à la richesse des territoires dans lesquels il s’implante, le géant américain prend soin de s’exempter d’un maximum de ses responsabilités fiscales et sociales.

Ainsi, sa stratégie « d’optimisation » lui permet de ne pas payer un centime d’impôt sur le sol français. Pire encore, l’entreprise touche des aides publiques pour des créations d’emplois qui n’en sont pas. En effet, l’article révèle que l’entreprise embauche désormais en CDI... pour rompre ces contrats avant le terme de la période d’essai (962 contrats concernés en 2021). Cette pratique prouve que non seulement Amazon est une machine à précariser, mais aussi une machine à frauder. Amazon nous vole !

Sur ce point comme sur les autres, les faits relatés par l’article sont atterrants du point de vue droit du travail, et en disent long sur la politique de gestion des ressources humaines d’Amazon.

Le taux de recours démentiel à l’intérim (42% des effectifs de l’entreprise) et le niveau massif de recours aux heures supplémentaires (900 000, soit 562 emplois équivalents temps plein que l’entreprise ne crée pas) témoignent d’une volonté claire de ne pas embaucher en interne.

Le taux de rotation (qui atteint près de la moitié des effectifs) tout comme le nombre croissant de salariés inaptes ou encore le nombre important de licenciement pour abandon de poste (62 en 2021) est l’expression d’une organisation toxique qui fait souffrir les salariés, qui les maltraite.

Nous demandons alors au gouvernement de donner les moyens à l’inspection du travail de réaliser un contrôle national sur les pratiques sociales d’Amazon, au nom de l’intérêt général et de celui des travailleurs.

Nous demandons par ailleurs le remboursement des aides publiques versées pour chaque embauche en CDI qui s’est soldée par une rupture de la période d’essai. Amazon ne peut continuer à financer la précarisation du monde du travail au frais du contribuable.

Nous demandons enfin la fin des pratiques « d’optimisation fiscale » qui déresponsabilise les entreprises. Cela passe par le prélèvement à la source des multinationales.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Paris, le 7 novembre 2022.

Partager cet article
Repost0
6 novembre 2022 7 06 /11 /novembre /2022 06:49

 

Alors que le ministre de l’Agriculture se rend demain dans le Doubs, trois présidents de syndicats d’éleveurs interpellent le chef de l’État sur la souveraineté alimentaire de la France. Car la Commission européenne vient de conclure un accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande et en prépare un autre avec l’Australie. Mais la France garde le silence sur ce sujet et continue d’appliquer l’accord conclu en 2016 avec le Canada, sans l’avoir ratifié pour le moment.

Depuis la mise en place du gouvernement dirigé part Élisabeth Borne au mois de mai, nous avons, à plusieurs reprises, insisté sur le fait que le titre officiel de Marc Fesneau est « Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire ». Demain, 22 octobre, il va se rendre dans le département du Doubs. Son programme prévoit notamment une « réunion de travail avec les organisations professionnelles du Doubs sur la situation actuelle de l’agriculture et notamment de la question de la prédation du loup ». Nous évoquions dans notre édition d’hier les difficultés supplémentaires causées aux éleveurs par les attaques des meutes de loup contre les troupeaux.

Mais comme le ministre doit également « déjeuner avec les organisations professionnelles agricoles, les acteurs de la filière fromagère et les élus », on imagine que l’on parlera aussi du prix du lait en France. Les producteurs de lait à comté, dotés d’un cahier des charges axé sur la qualité de leur fromage et la maîtrise des volumes de production, perçoivent environ 600 € pour 1 000 litres livrés à leurs coopératives. Mais il n’en va pas de même dans les autres régions du pays. Selon les chiffres fournis par FranceAgriMer, le prix moyen des 1 000 litres de lait de vache au départ de la ferme était de 510,30 € en juillet dernier dans les pays membres de l’Union européenne. Mais il atteignait 600 € aux Pays Bas, en Allemagne et en Italie, alors qu’il n’était que de 445,60 € en France.

« Déléguer à d’autres notre alimentation serait une folie »

Les prix bas au départ de la ferme ne concernent pas que le lait en France. En témoigne la lettre commune au président de la République publiée le 19 octobre par les présidents de la Fédération nationale bovine (FNB), la Fédération nationale ovine (FNO) et la Fédération nationale de producteurs de lait (FNPL), toutes trois affiliées à la FNSEA. Ce courrier débute par un rappel poli de plusieurs engagements verbaux du président de la République dont voici quelques extraits :

« Vous avez, à plusieurs reprises, dans vos discours, envoyé des signaux clairs et porteurs d’espoir aux éleveurs français. En matière de souveraineté, d’abord, lorsque vous déclariez, en 2020, à propos des leçons à tirer de la pandémie, que « déléguer à d’autres notre alimentation serait une folie ». Comme le chef de l’État avait aussi parlé plus récemment de « la durabilité de notre modèle d’élevage », les trois syndicalistes font ce premier constat : « Voilà donc le cap que la France avait fixé, sous votre impulsion, pour son élevage. Voilà la vision politique, pour notre secteur, que nous avions tous accepté de porter. Malheureusement, en quelques décisions ou déclarations récentes, ce cap a été brutalement détourné. Cette vision collective a été largement brouillée ».

Silence total sur la Nouvelle-Zélande

La lettre ouverte au chef de l’État, cite ensuite le récent accord de libre-échange que la Commission européenne vient de signer avec la Nouvelle-Zélande avec l’accord de la France. Ce nouvel accord de libre-échange « acte l’ouverture du marché européen à droits de douane nuls ou réduits à plusieurs dizaines de milliers de tonnes de produits laitiers, de viandes bovines et ovines et ce, sans que ces concessions commerciales ne soient conditionnées au respect des normes d’élevage européennes en matière de traçabilité, de bien-être animal ou d’utilisation de produits phytosanitaires ». constatent les trois syndicalistes en voyant là un avantage de compétitivité indu accordé à la Nouvelle-Zélande.

Les trois présidents de fédérations que sont Michèle Boudoin pour la FNO, Bruno Dufayet pour la FNB et Thierry Roquefeuil pour la FNPL, dénoncent aussi « le soutien réaffirmé de la France au CETA, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada qui n’a toujours pas été soumis à l’approbation du Sénat… ». Ils dénoncent aussi le soutien apporté par la France « aux négociations entre l’Union européenne et l’Australie, au travers desquelles des contingents importants d’importation de produits laitiers, de viande s bovines et de viandes ovines pourraient être « troqués », sans réelle conditionnalité, contre d’hypothétiques ouvertures de marché dans d’autres secteurs de l’économie européenne ».

Échapper au vote du Parlement sur l’accord UE Mercosur

Mais il y a encore plus grave. La lettre ouverte dénonce aussi « le silence de la France, à Bruxelles, face à la tentative actuelle de la Commission européenne de modifier la ratification de l’accord avec les pays du Mercosur ». Pour les trois présidents de fédérations d’éleveurs, « ne soumettre le volet commercial de cet accord qu’à un simple vote à la majorité qualifiée des États membres, pour contourner le vote à l’unanimité au Conseil de l’Union européenne et échapper à la consultation des parlements nationaux serait particulièrement choquant au plan démocratique ».

D’où cette question posée au président de la République : « en matière d’élevage, la France fait-elle encore le choix de la souveraineté et de la durabilité ? Où a-t-elle, sans en informer les éleveurs et les consommateurs, radicalement changé d’orientation pour suivre finalement la voie d’une mondialisation ultra-libéralisée ? ».

Des importations au bilan carbone désastreux

En attendant de savoir si le chef de l’État répondra à ces questions, il convient d’ajouter que ces importations massives et inutiles de viandes et des produits laitiers, avec le maintien de la chaîne du froid sur des milliers de kilomètres, ont aussi un bilan carbone désastreux. Or nous sommes désormais à moins de trois semaines de l’ouverture de la COP 27 sur le climat qui doit se tenir en Égypte. Or, des projections de températures pour la France publiées le 4 octobre dans la revue « Earth System Dynamics » prévoient une hausse moyenne de la température moyenne à +3,8 °C d’ici à 20 100 si les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas au niveau planétaire. Et en même temps, pour reprendre une expression chère au président Macron, l’Europe relance un peu partout les centrales à charbon pour produire de l’électricité.

Partager cet article
Repost0
5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 10:28

 

 

La hausse des salaires serait préjudiciable à l’emploi, prétend le patronat. À bien y regarder, ce serait plutôt le contraire.

 

La recherche a montré que la hausse des salaires n’est pas destructrice d’emplois. Mais elle a pour effet de réduire la rente des actionnaires.

L’idée selon laquelle la hausse des salaires serait destructrice d’emplois renvoie aux vieux débats sur le salaire minimum. Les économistes libéraux du XIX e siècle (les « classiques ») considéraient le salaire comme une variable d’ajustement de l’offre et de la demande de travail : sa hausse résorbait les difficultés de recrutement et il devait pouvoir baisser pour diminuer le chômage. Ceux du début du XX e siècle (les « néoclassiques ») insistaient sur la productivité : l’adoption d’un salaire minimum risquait, selon eux, d’exclure des travailleurs peu productifs.

La plupart des pays ont aujourd’hui un salaire minimum. L’analyse éco nomique dominante est devenue « néolibérale » au sens où elle cherche à mettre l’intervention de l’État au service du marché et des entreprises. Il s’agit d’empêcher la hausse du salaire minimum et de soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs par les prestations sociales, ou l’embauche par la baisse des cotisations. C’est en tout cas l’avis du groupe d’expert·e·s sur le Smic qui refuse tout coup de pouce au salaire minimum et a même proposé, dans son rapport de novembre 2021, sa désindexation par rapport à l’inflation. Ce groupe est composé d’économistes néolibéraux. Il considère que la hausse du salaire minimum, en augmentant le coût du travail pour les employeurs, détruirait des emplois (notamment pour les moins qualifiés et les plus jeunes, réputés peu productifs). Si ce raisonnement a été prédominant dans les années 1980, il a depuis été mis à mal par de nombreuses études empiriques.

L’INFLATION GRÈVE LE POUVOIR D’ACHAT DES MÉNAGES, LA REVALORISATION DES BAS SALAIRES EST INDISPENSABLE.

En Allemagne, les évaluations de la mise en place, en 2015, d’un salaire minimum ont montré une amélioration du pouvoir d’achat des salarié·e·s à bas salaire et confirmé que les craintes de destructions massives d’emplois étaient infondées. Au Royaume-Uni, les évaluations impulsées par l’introduction d’un salaire minimum en 1999, par ses revalorisations successives jusqu’en 2007, ou encore par sa transformation en 2015 en « salaire décent » plus proche du salaire médian, ont abouti aux mêmes conclusions. Le dogme français sur les salaires est dépassé. Alors que de nombreux secteurs essentiels peinent à recruter et que l’inflation grève le pouvoir d’achat des ménages, la revalorisation des bas salaires est indispensable.

Celle-ci ne détruit pas d’emplois, au contraire : elle réduit les inégalités, soutient le pouvoir d’achat et l’emploi. La faiblesse du pouvoir de négociation des travailleurs a longtemps permis aux entreprises (surtout les grands groupes) de dégager une « rente », si bien que la revalorisation des bas salaires amoindrit cette rente plus qu’elle n’affecte l’emploi. En améliorant le niveau de vie des plus modestes (qui consomment tout leur revenu), elle assure aussi des débouchés aux entreprises et soutient l’emploi, conformément à ce que disent les économistes keynésiens. Enfin, la hausse des bas salaires réduit les inégalités, une nécessité en temps difficiles… La transition écologique ne se fera pas en demandant plus de sobriété à celles et ceux qui se privent déjà.

Contrairement à ce que prétend le patronat, les salaires contribuent à l’emploi en favorisant la consommation des ménages, qui compte pour 52 % du PIB.

Des bons niveaux de salaires favorisent la croissance et les emplois, à la fois dans le privé et la fonction publique. Notre économie étant étroitement liée à la capacité des travailleurs à pouvoir acheter des biens et des services, il faut donc revaloriser les salaires pour augmenter la consommation des ménages.

Les dépenses de consommation des ménages représentent près de 52 % du PIB, donc des richesses créées par le travail chaque année dans le pays. Mettre en opposition les salaires et les emplois est une vieille recette libérale. À cela, on peut ajouter que, selon le patronat, augmenter les salaires n’aura jamais des vertus économiques, et ce n’est jamais le bon moment pour le faire. Il dit qu’en période de crise financière, il ne faut surtout pas augmenter les salaires parce que les entreprises n’ont pas les moyens de le faire. De même, en période d’embellie financière, il ne faut surtout pas les augmenter parce que l’économie est fragile et on ne sait pas de quoi demain sera fait ! À ce rythme-là, les salaires ne sont pas près d’être augmentés.

METTRE EN OPPOSITION LES SALAIRES ET LES EMPLOIS EST UNE VIEILLE RECETTE LIBÉRALE. 

En mai 1968, par exemple, les syndicats patronaux criaient à la catastrophe, alors que le mouvement de grève avait réussi à arracher une hausse du Smic de 35 % et des augmentations de salaires entre 20 et 30 % selon les branches. Résultat, l’économie française ne s’est pas écroulée. Cette hausse a même stimulé l’économie et l’emploi. En revanche, pour les actionnaires, c’est une tout autre musique. Quoi qu’il arrive et quelle que soit la situation économique, le capital trouve toujours les moyens pour rétribuer les actionnaires en dividendes, quitte même parfois à emprunter sur les marchés financiers pour en verser encore plus.

Dans le même état d’esprit, une célèbre maxime a fait long feu : les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain. Comme les faits sont têtus, on peut facilement dire que rien ne va dans cette formule libérale. Les profits d’hier comme d’aujourd’hui vont à la spéculation et aux actionnaires, tournant le dos à la répartition des richesses, à l’investissement productif nécessaire à notre économie ou encore au développement des services publics.

L’augmentation générale des salaires permet de faire face efficacement à l’inflation particulièrement forte dans le pays depuis plus d’un an et qui risque encore d’être importante, notamment pour les produits de première nécessité ou les énergies (carburant et électricité). La remise en place d’une échelle mobile des salaires, c’est-à-dire l’indexation automatique de tous les salaires sur le coût de la vie, serait de nature à faire face à cette inflation.

Une autre répartition des richesses créées par le travail est non seulement un enjeu de justice sociale, mais aussi d’efficacité économique. Une hausse des salaires remplirait mécaniquement, via la fiscalité et les cotisations, les caisses de l’État et la protection sociale. C’est tout l’enjeu de la séquence de forte mobilisation des salariés, des privés d’emploi et des retraités, à l’appel des organisations syndicales, dont la CGT.

 

Partager cet article
Repost0
5 novembre 2022 6 05 /11 /novembre /2022 06:39

De nouveau, la guerre et les menaces d’extension de la guerre ressurgissent sur le continent européen, avec tous les risques d’embrasement, leur cortège de souffrances et de destructions mais aussi leurs charognards de tous poils, marchands d’armes, spéculateurs et profiteurs de guerre et des conséquences déjà concrètes sur notre vie quotidienne.

 

Un débat a eu lieu à Beauvais, le 7 octobre, avec Patrick Le Hyaric, ancien directeur de l’Humanité et ancien député communiste européen, autour de son dernier livre (à lire absolument !), pour débattre sur les causes de la guerre en Ukraine et sur des pistes et propositions pour une « sécurité humaine globale ». Retour sur 3 heures de conférence puis de débats passionnants.

Patrick Le Hyaric a d’emblée posé les choses clairement : « Il ne peut y avoir aucune justification, aucune circonstance atténuante à l’agression guerrière de Poutine contre l’Ukraine et son infernale mécanique des atrocités. » Soulignant que cette guerre provoque d’ailleurs l’effet inverse de ce qu’il prétend rechercher puisque l’Otan est réhabilité et que des pays neutres jusqu’ici comme la Suède et la Finlande demandent à y adhérer ; quant au Danemark, il réintègre la « politique commune européenne de défense » qu’il avait quittée après avoir rejeté le Traité de Maastricht il y a 30 ans ! Le dirigeant communiste a aussi enfoncé le clou : « La Russie de Poutine soumise au règne des oligarques n’a rien à voir avec l’URSS mais rêve ouvertement de la reconstitution de l’empire des tzars. »

Pour autant, les choses étant dites sans complaisance aucune pour le pouvoir russe, il est indispensable de chercher à comprendre quel enchaînement a conduit à cette situation gravissime et dans quel contexte mondial s’inscrit ce conflit qui déjà provoque une nouvelle course aux armements.

P. le Hyaric est alors revenu sur les 30 dernières années, en montrant, faits précis à l’appui, comment les dirigeants des USA avaient violé délibérément l’engagement fait auprès de Gorbatchev, au moment du processus de « réunification » de l’Allemagne, de ne pas étendre l’Otan vers l’Est ; et comment, malgré les multiples avertissements venus de toutes parts, ils avaient poursuivi leur volonté d’expansion de ce bras armé des USA jusqu’à vouloir y intégrer l’Ukraine en violation d’un accord de 1994 qui en avait organisé la « dénucléarisation militaire ».

Cette fuite en avant militaire des USA et de l’Otan s’inscrit dans des logiques de domination économique et territoriale, dans le cadre d’une crise profonde du capitalisme mondialisé : les richesses considérables du sol et du sous-sol ukrainien étant un enjeu de premier plan, comme d’ailleurs la volonté des USA d’imposer aux pays européens l’achat du gaz de schiste venu d’Outre-Atlantique plutôt que celui qui était acheminé de Russie par le gazoduc dit Nord Stream (saboté mystérieusement il y a peu…).

L’ancien député européen a appelé à prendre la mesure des bouleversements du monde (Tony Blair, ex-Premier Ministre anglais, a dit le 16 juillet 2022 : « Nous arrivons à la fin de la domination politique et économique de l’Occident ») avec l’essor de nouvelles puissances « émergentes » : les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) représenteront en 2050, 50 % des richesses produites dans le Monde tandis que le G7 n’en représentera plus que 20 % ! Et la Chine devançera les USA dès 2030.

Toute la politique des USA vise à tenter d’empêcher cette perte de leur puissance par trois moyens : la domination financière avec le dollar qui accorde aux USA un privilège incroyable de faire financer leurs dépenses par le reste du monde ; la domination juridique avec la scandaleuse extra-territorialité du droit états-unien qui lui permet de s’ingérer dans la politique intérieure des États et de dicter leurs décisions aux entreprises en fonction des intérêts des USA ; et évidemment la domination militaire avec la volonté constante d’enrôler les États européens dans cette aventure, au prix d’une folle relance de la course aux armements (les dépenses atteignent désormais 2 113 milliards de dollars!!!) avec des risques insensés – y compris nucléaire - pour la planète et la dilapidation d’argent dans des œuvres de mort alors que tant d’argent manque pour relever les défis sociaux et environnementaux.

Deux faits inquiétants parmi d’autres illustrent bien cela : le budget militaire de l’Otan est désormais 20 fois celui de la Russie, et le changement de stratégie militaire de la France est passé de « paix-crise-paix » à « compétition-contestation-affrontement », dans une logique clairement guerrière illustrée par exemple par le commandement français de bases de l’Otan en Roumanie et Estonie.

S’inspirant de l’esprit de Jaurès, P. Le Hyaric a longuement appelé à créer les conditions de « gagner la paix » plutôt que l’illusion meurtrière de « gagner la guerre » : en encourageant toutes les initiatives diplomatiques de l’ONU, de la Chine, de l’Inde pour une désescalade, un cessez-le-feu et l’engagement de discussions ; et en travaillant à la perspective d’une nouvelle Conférence pour la Sécurité et la coopération en Europe associant tous les pays européens y compris la Russie. Pour cela, il y a une nécessité urgente d’agir pour développer un vaste mouvement citoyen et des peuples pour la paix, pour contrebalancer la guerre idéologique des va-t-en-guerre et les poisons des nationalismes, et pour imposer un nouveau rapport de force favorable aux forces de paix, avec l’objectif d’un Pacte mondial pour une sécurité humaine globale.

Thierry Aury

secrétaire départemental PCF Oise

membre du Conseil national du PCF

 

Partager cet article
Repost0
4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 17:05
Mobilisons-nous, jeudi 10 novembre 2022  - Appel de Fabien Roussel
Mobilisons-nous, jeudi 10 novembre 2022
 
Appel de Fabien Roussel
 
Pour la 4e fois en deux semaines, le gouvernement vient de sortir l’arme fatale, le 49-3 afin de couper court aux débats au sein de l’Assemblée nationale. Pourtant, ces derniers jours, nous étions parvenus à faire voter des amendements importants pour l’investissement dans le réseau ferroviaire, pour la rénovation énergétique des bâtiments, pour des mesures d’urgence en faveur des habitants des Outre Mer.
Le gouvernement impose ainsi sa politique d'austérité pour les budgets de l’État et de la Sécurité sociale. Et il vient de mettre en débat des propositions dangereuses sur l'immigration qui feront reculer les droits de toute la population, des salarié.es français.es et étranger.es. Nous ne mettrons pas cette politique en échec à coups de motions de censure minoritaires et qui prennent le risque de brouiller les repères idéologiques comme lorsque le Rassemblement national décide de voter celles de La France insoumise.
Les Français attendent des mesures fortes, notamment pour leur pouvoir d’achat par le biais de la hausse des salaires et des pensions de retraites.
Augmenter les salaires en fonction de l’inflation, dans le secteur public comme dans le privé, c’est possible et c’est même urgent ! C’est le sens de la proposition de loi que nous avons déposée à l’Assemblée nationale.
C’est pourquoi j'appelle chacune et chacun à se mobiliser partout dans le pays pour faire pression sur le gouvernement et obtenir avec les salarié.es et leurs organisations syndicales des avancées concernant les salaires et les pensions.
Soyons nombreux.ses à participer à la prochaine manifestation organisée par la CGT, la FSU et les organisations de jeunesse le jeudi 10 novembre prochain.
Un tract est à la disposition de toutes et tous (télécharger le tract). Faisons en sorte de le diffuser largement et d’appeler à manifester sur les réseaux sociaux. Organisons des réunions publiques pour populariser nos propositions sur les salaires, l'emploi et la formation ainsi que sur les retraites alors que le gouvernement persiste à vouloir imposer dans les prochaines semaines un nouveau recul de l'âge de départ.
Les lycéens et les enseignants seront aussi mobilisés contre la réforme de l’enseignement professionnel lors d'une journée de grèves et de mobilisations le 17 novembre.
Et le 19 novembre soyons nombreuses et nombreux à manifester partout en France contre les violences faites aux femmes.
Sache aussi que dès samedi, les élus communistes et républicains se rassembleront pour demander des mesures d’urgence pour les collectivités, face à la hausse des factures d’énergie et des produits alimentaires. Pour celles et ceux qui le souhaitent, venez nombreux ce samedi 5 novembre à 11h45 devant la mairie de Montreuil.
En dehors de ces rendez-vous, nous continuerons d’interpeller le gouvernement, au Sénat et à l’Assemblée nationale, pour défendre des amendements de progrès et de justice sociale. Ensemble, continuons à agir de toutes nos forces pour permettre au monde du travail et à la jeunesse d’arracher une grande victoire sociale et politique.
Et je serai auprès de vous, dans le cadre de mes rencontres sur le terrain dans les prochains jours :
📍 En Mayenne, le lundi 7 novembre avec réunion publique à 19h à l'auditorium de Laval ;
📍 Dans le Loiret, le lundi 14 novembre avec réunion publique à 18h30 à la salle des fêtes de Montargis ;
📍 En Gironde et dans les Landes, le lundi 21 novembre avec réunion publique à 19h à la salle Saint-Maurice de Bègles ;
📍 Dans le Finistère, le lundi 5 décembre avec réunion publique à 19h au Roudour de Saint-Martin-des-champs, la commune limitrophe de Morlaix (Park ar Roudour).
Restons mobilisé.es !
 
Fraternellement
 
Fabien Roussel
Partager cet article
Repost0
4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 10:19
Partager cet article
Repost0
1 novembre 2022 2 01 /11 /novembre /2022 08:36
Hillion: Mort de Jean-René Auffray : les algues vertes devant la justice (L'Humanité, Alexandra Chaignon, 27 octobre 2022)
Mort de Jean-René Auffray : les algues vertes devant la justice

 

Jeudi 27 Octobre 2022, L'Humanité

Pollution. Le tribunal administratif de Rennes examine ce jeudi 27 octobre l’affaire de Jean-René Auffray, joggeur mort en 2016 dans une vasière de la baie de Saint-Brieuc. Sa famille attend que des mesures à la hauteur des enjeux soient prises.

Pour Yann Auffray, sa mère et ses sœurs, c’est une « étape ». Ce jeudi 27 octobre, le tribunal administratif de Rennes (Ille-et-Vilaine) doit se pencher sur le décès de leur défunt père et mari : le 8 septembre 2016, Jean-René Auffray, 50 ans, sportif confirmé qui faisait un jogging dans l’estuaire du Gouessant, à Hillion, près de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), est retrouvé mort dans une vasière.

Assez rapidement, une possible intoxication au sulfure d’hydrogène (H2S) – un gaz très toxique émanant des algues vertes (ulves) en décomposition – est suspectée. Mais l’affaire est classée sans suite.

En juin 2019, la famille décide de porter l’affaire devant les tribunaux « pour carence fautive des autorités publiques que sont la mairie d’Hillion, la communauté d’agglomération de Saint-Brieuc et la préfecture ». L’objectif : « voir reconnaître la faute commise par les autorités publiques et faire indemniser la famille pour le préjudice subi suite au décès de leur proche », précise Me François Lafforgue, l’avocat de la famille.

Un « danger qui ne se repère pas visuellement »

L’un des enjeux de cette audience portera notamment sur l’établissement ou non d’un lien entre le décès de Jean-René Auffray et les ulves. Un lien que ses proches n’avaient eux-mêmes « pas fait immédiatement ». « Mon père n’a pas été retrouvé dans un tas d’algues », admet Yann Auffray. Mais, comme le souligne Annie Le Guilloux, coprésidente de l’association Halte aux marées vertes, c’est un « danger qui ne se repère pas visuellement ».

Me Lafforgue pense d’ailleurs que ce « lien de causalité » peut être établi par le tribunal : « Du côté des adversaires, ils avancent le fait que l’autopsie a été réalisée dix-neuf jours après le décès et que, en l’absence de prise de sang immédiate, on ne peut pas avoir de certitude médicale sur l’intoxication par hydrogène. De notre côté, nous nous fondons sur un faisceau de présomptions qui permettent de faire ce lien : c’est au même endroit que des sangliers et des ragondins étaient morts en 2016. Les résultats des analyses toxicologiques laissaient peu de doutes sur l’origine de leur mort. Et deux chiens étaient déjà morts au même endroit en 2008. Les analyses menées quelques jours après le décès de Jean-René Auffray ont également révélé un taux extrêmement important de gaz, 1 000 ppm (parties par million – NDLR), une dose mortelle. Ces éléments nous permettent de dire que le gaz est susceptible d’être la cause de son décès, sachant que l’autopsie a permis d’écarter les causes de type malformation cardiaque. »

Une toxicité mise en cause depuis 2009

« Il faut que les responsabilités soient établies et reconnues, et que des mesures de fond à la hauteur des enjeux soient enfin prises afin que cesse ce fléau qui empoisonne nos côtes », attend l’association Halte aux marées vertes, qui sera présente ce jeudi au tribunal pour soutenir la famille Auffray. La toxicité des ulves en décomposition est en effet mise en cause depuis longtemps par les associations environnementales en Bretagne. « Ce n’est pas la première affaire » dans les Côtes-d’Armor, résume Annie Le Guilloux, évoquant entre autres la mort de Thierry Morfoisse, un transporteur d’algues décédé en 2009 à Binic.

« Malgré toutes les alertes lancées, notamment depuis la mort en 2011 de 36 sangliers au même endroit, jusqu’en 2016, aucune mesure n’a été prise par les autorités pour interdire l’accès de cette zone connue pour être dangereuse, où des niveaux d’hydrogène sulfuré extrêmement élevés avaient pourtant été relevés sous contrôle d’huissier », déplore la militante. À ses yeux, les mesures prises depuis dans l’estuaire du Gouessant – des pieux barrant symboliquement la zone, accompagnés de panneaux explicatifs – sont insuffisantes.

Surtout, le problème des ulves, qui contraint pourtant des collectivités à fermer des plages ponctuellement, mais à intervalles réguliers, n’est pas pris à la racine. Cette dernière est pourtant connue depuis cinquante ans : l’agriculture et les élevages intensifs bretons, qui rejettent massivement des nitrates dans les sols et les cours d’eau via les effluents (déjections animales).

Résultat, les eaux bretonnes se retrouvent saturées de nutriments dont les algues se nourrissent, notamment d’azote, directement issu des nitrates. Leur concentration dans les rivières est ainsi passée de moins de 5 mg/l dans les années 1960 à plus de 50 mg/l en moyenne dans les années 1990. Une prolifération d’algues vertes « à plus de 90 % d’origine agricole », selon un rapport de la Cour des comptes de 2021. Et si, entre 1990 et 2014, la concentration de nitrates a quasiment été réduite de moitié, selon ce même rapport, les taux stagnent, voire augmentent légèrement depuis.

L’inaction des pouvoirs publics confirmée six fois par les tribunaux

C’est le signe d’un laisser-faire, vivement dénoncé par les associations mais aussi de nombreuses institutions : « Arrivés au 7e cycle, l’inefficacité des plans d’action nitrates successifs est manifeste, comme celle de chacun des plans d’action régionaux, mais rien ne semble fait pour y remédier », assénait ainsi l’Autorité environnementale, en juillet 2021. « On en est au 3e plan algues vertes et au 7e plan d’action nitrates. Sauf qu’il n’est toujours pas question de remettre en cause l’élevage intensif. Ces plans ne comportent rien de nouveau, si ce n’est des mesurettes recyclées », renchérit Annie Le Guilloux.

Dans son combat, l’association Halte aux marées vertes précise bien qu’elle n’est pas là pour « incriminer les agriculteurs ». « Ils sont pris en otage par les lobbies agro­alimentaires, qui tiennent l’amont et l’aval. Les agriculteurs se retrouvent ubérisés : propriétaires de leur outil de production, sans en maîtriser les usages, contraints à une course permanente à l’endettement », analyse la militante. Les proches de Jean-René Auffray ne disent pas autre chose. Yann, ses sœurs et sa mère préviennent : ils ne sont pas « dans l’optique de chercher des coupables », et encore moins de « cibler » les agriculteurs. « Il faut bien comprendre que ce ne sont pas les agriculteurs qu’on attaque. Derrière ce modèle, il y a des hommes qui n’ont plus le contrôle de leur outil de production. Il y a là de la misère sociale, économique, humaine, écologique. »

Mais, malgré les drames, le déni persiste. L’« inaction fautive » a pourtant été reconnue à plusieurs reprises par les juridictions publiques. « L’absence de prise de mesures pour lutter efficacement contre la prolifération des algues vertes dans cette zone a été confirmée par la cour administrative d’appel de Nantes à cinq reprises et par le tribunal de Rennes en 2018 », rappelle ainsi Me Lafforgue. « On remet systématiquement en cause le moindre accident. On est toujours en train de cultiver le doute sur le lien entre les algues, l’hydrogène sulfuré et les accidents, regrette Annie Le Guilloux. Le 14 octobre, au conseil régional, on a encore entendu la droite dire qu’il fallait s’occuper des stations d’épuration pour diminuer le problème des algues vertes, mais toutes seraient aux normes que ça ne changerait rien au phénomène ! »

Un protocole d’intervention médicale finalement mis en place en 2022

La militante rappelle qu’il a fallu attendre 2021 pour que soient installés en Bretagne 12 capteurs mesurant les taux d’hydrogène sulfuré. Et septembre 2022 pour la mise en place d’un protocole spécifique d’intervention en cas de suspicion d’intoxication, afin d’identifier les causes d’une mort suspecte ou d’un malaise (prélèvements à faire, quand et où les envoyer).

« Mais cela ne signifie pas que la situation est sous contrôle. Ce n’est pas parce qu’il y a une surveillance qu’il faut se résigner à vivre avec les algues vertes. Il faut se donner les moyens de les combattre à la racine », insiste la coprésidente de l’association, qui ne manque pas de rappeler que « toutes les avancées obtenues dans ce dossier l’ont été grâce au combat militant ».

« Nous voulons agir et non pas réagir », confie Yann Auffray, pour qui cette procédure s’apparente à une « démarche citoyenne ». « La procédure ne fera pas revenir mon père. Mais des algues vertes, il y en aura toujours, même si on les ramasse. Nous voulons que l’État soit confronté à ses responsabilités et qu’il agisse, qu’il s’attaque aux sources du problème afin de protéger les citoyens. »

 
Partager cet article
Repost0
1 novembre 2022 2 01 /11 /novembre /2022 08:32
Fabien Cohen au débat santé de l'espace Bretagne de débat du PCF à la fête de l'Humanité 2022 avec Hamama Bourabaa: Rendez les soins aux soignants!

Fabien Cohen au débat santé de l'espace Bretagne de débat du PCF à la fête de l'Humanité 2022 avec Hamama Bourabaa: Rendez les soins aux soignants!

Santé des peuples ou du capital : il faut choisir
Publié le  Vendredi 28 Octobre 2022

Fabien Cohen Membre du conseil national et commission santé/protection sociale du PCF

Des décennies de privatisation et financiarisation des services de santé ont provoqué une catastrophe sanitaire dont le Sars-CoV-2 n’est que le révélateur. Nous sommes loin du slogan mobilisateur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lancé à la fin des années 1970,  « La santé pour tous en l’an 2000 », Les pays ont mené, à des vitesses différentes, la privatisation d’abord, puis la commercialisation et, enfin, la financiarisation des services de santé, transformant l’offre de soins en objet de spéculation boursière. Ainsi se sont développés les grands groupes pharmaceutiques (près de 1 000 milliards d’euros de chiffre d’affaires mondial), l’industrie des services de santé (hôpitaux, cliniques, soins aux personnes âgées, maisons de repos et laboratoire privés), mais aussi les fonds d’investissement et les banques, qui, par leur lobby, ont fait évoluer dans leur intérêt les législations nationales et internationales.

La santé environnementale n’est pas en reste avec l’immense pillage des ressources naturelles : la déforestation, les trafics d’animaux sauvages, l’extension d’un modèle agro-industriel destructeur de la biodiversité sur tous les continents sont reconnus, au moins depuis l’épidémie de sida des années 1980, comme vecteurs de nouvelles menaces infectieuses. Cette philosophie hégémonique du néolibéralisme a conduit au fiasco de la réponse à la pandémie Covid.

Nous étions prévenus depuis au moins quarante ans ! L’urgence est à un investissement massif des gouvernements dans la formation et le recrutement d’agents de santé du secteur public, en finir avec le « pillage » des intellectuels des pays les plus pauvres par les plus puissants. L’urgence est à la création d’une démocratie sanitaire mondialisée. À l’image de la Sécurité sociale révolutionnaire permise et préservée par la détermination des communistes, une nouvelle politique mondiale de santé est à inventer. Une politique basée sur la coopération plutôt que la concurrence, sur la satisfaction des besoins des populations plutôt que sur les profits des actionnaires. Un nouveau rôle de l’OMS est à inventer. Cela suppose notamment, sur le plan mondial, la création et le développement des systèmes de prévention, de soins et de protection sociale pour tous où les services publics ont un rôle prépondérant à jouer ; élargir le Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, loin de répondre aux besoins, et aux résultats décevants, en dotant l’OMS de moyens élargis pour développer les grandes campagnes de santé publique concomitamment aux mobilisations contre les grandes épidémies ; aider à l’émergence de systèmes de santé et le développement de systèmes de protection sociale ; obtenir l’universalité du droit des femmes à disposer de leur corps.

La création d’une caisse de sécurité médicale, mais aussi d’un fonds thérapeutique international, la mise en conformité avec la convention sur la biodiversité des Nations unies de 1990 permettraient – comme les grandes puissances savent le faire pour sauver la finance – de mutualiser les moyens pour sauver des millions de vies. Il faut mettre un terme au modèle de recherche et de développement qui laisse aux sociétés pharmaceutiques la possibilité de fixer les prix grâce au système de bre­vets, qu’il faut revoir en profondeur, et immédiatement classer les molécules indispensables à la survie des populations au patrimoine de l’humanité.

Cela suppose d’investir davantage dans la recherche publique en constituant aux plans nationaux et mondial des pôles publics capables de mutualiser les moyens comme pour le développement des recherches sur les maladies rares. Nous avons besoin de traités internationaux, qui maîtrisent les échanges en faveur du développement de biens communs et mettent en place des institutions chargées de leur protection, de l’organisation des coopérations mondiales dans ces domaines. Les personnes immigrées, réfugiées ou sans papiers se voient refuser des soins de base. Il faut refuser ce monde inhumain et xénophobe.

Nous voulons une planète de la solidarité. Il ne peut y avoir de sortie de crise en santé sans mouvement social mondial ! Il faut le construire ensemble, professionnels et usagers, pour exiger que les besoins sanitaires et humains, les conditions de travail et de vie des soignant·e·s, soient placés au cœur d’un système public de santé réorganisé visant à s’opposer aux inégalités sociales en matière de santé et de soins de santé. Entre les banquiers et la santé – l’accès universel et gratuit des sociétés à la santé –, il faut choisir ! 

Partager cet article
Repost0
1 novembre 2022 2 01 /11 /novembre /2022 08:19
Fabien Roussel: Avec les ZFE, « les classes populaires vont être stigmatisées » (Emilio Meslet, L'Humanité, Jeudi 27 octobre 2022)
Avec les ZFE, « les classes populaires vont être stigmatisées »

Écologie Pour le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, le gouvernement s’apprête à lancer une « bombe sociale » en instaurant des zones à faibles émissions sans mesures d’accompagnement des plus modestes.

Publié le Jeudi 27 Octobre 2022 - L'Humanité
 

Trois lettres qu’il va falloir retenir, un acronyme qui va animer le débat public ces prochains mois : ZFE. Pour zone à faibles émissions. D’ici le deuxième semestre de 2024, 43 métropoles de plus de 150 000 habitants seront des ZFE, soit des zones dans lesquelles il sera interdit de circuler avec des véhicules jugés trop polluants (classés Crit’air 3 à 5), sous peine d’amende. Une mesure injuste pour le communiste Fabien Roussel puisqu’elle frappera d’abord les plus modestes. Car ces derniers vivent souvent plus loin des centres urbains, ne disposent pas forcément de transports publics, ni de moyens pour acheter un véhicule plus vert.

Le gouvernement a annoncé que les automobilistes au volant de véhicules trop polluants circulant dans une ZFE se verraient infliger une amende de catégorie 3 (68 euros). Qu’en pensez-vous ?

Il est urgent de prendre des mesures pour lutter contre la pollution qui provoque 40 000 décès par an. Mais s’il n’y a pas de mesures d’accompagnement de ces ZFE, c’est une véritable bombe sociale que le gouvernement s’apprête à lancer. Au total, 14 millions d’automobilistes sont concernés par cette interdiction de circuler. Autant de personnes qui vont devoir changer de véhicule dans les dix-huit mois, faute de quoi elles seront pénalisées ou interdites de se déplacer. C’est pourquoi nous proposons une prime de 10 000 euros pour l’achat de véhicules d’occasion de Crit’air 1 et 2. Parmi ceux-là, il n’y a pas que des véhicules électriques, mais c’est indispensable, sinon les classes populaire et moyenne vont être stigmatisées. Tout le monde n’a pas les moyens de s’acheter une voiture électrique à 35 000 euros. Et la prime de 7 000 euros pour l’achat d’un véhicule neuf n’est pas suffisante quand on voit les salaires extrêmement faibles de ces salariés.

Remettez-vous en cause le principe des ZFE ?

Mettre en place des ZFE est une bonne idée pour se fixer des objectifs concrets dans les métropoles. Elles sont nécessaires. Il faut mettre en place des plans climat qui doivent s’accompagner d’investissements importants pour que cela ne pénalise pas les citoyens. Ils doivent leur permettre de vivre mieux. Ces ZFE devraient avoir pour priorité de rénover la totalité des logements collectifs, les bâtiments publics d’ici trois ans, avec les moyens financiers de l’État et les crédits à taux zéro de la Banque centrale européenne. Mais il existe un autre levier : le développement des transports collectifs, en allant vers leur gratuité. Deux exemples. Le premier avec l’agglomération de la Porte du Hainaut, où je suis élu, qui met en place un plan climat. En même temps, la SNCF supprime des TER entre Saint-Amand et Lille aux heures de pointe. Ce qui va obliger les salariés et les étudiants à prendre un véhicule pour y aller. Il faut faire l’inverse. C’est pourquoi je soutiens un véritable plan Marshall pour les transports collectifs (métro, tramway, bus propres). Autre illustration à Aubagne, l’une des premières villes à avoir mis en place la gratuité des transports publics. La fréquentation a triplé. Aujourd’hui, comme la communauté d’agglomération d’Aubagne est intégrée à la métropole Aix-Marseille dirigée par la droite, il lui est demandé de s’aligner sur les tarifs de la métropole et de rendre les transports payants. Je suis un militant écologiste qui veut favoriser les transports en mode doux sans taper sur les automobilistes, mais en leur proposant des alternatives.

Que proposez-vous à long terme pour revoir les mobilités et les usages individuels, quand 31 % des émissions de gaz à effet de serre viennent des transports ?

On a métropolisé la France en même temps qu’on l’a désindustrialisée, en mettant les services en ville. Il faut faire marche arrière et développer du travail et des services publics dans les zones rurales, pour éviter que des millions de concitoyens soient contraints d’aller chercher du travail loin de chez eux et de prendre la voiture. Pour cela, il faut un plan d’aménagement du territoire sur quinze ans.

Pensez-vous que ce puisse être le déclencheur d’un large mouvement de colère populaire comme les gilets jaunes ?

J’ai le souvenir qu’en novembre 2018, l’instauration de la taxe carbone sur l’essence avait déclenché ce grand mouvement des gilets jaunes. Je crains que ces ZFE ne fassent exploser les gens de colère quand ils se rendront compte de ce qu’elles impliquent. Aujourd’hui, ce n’est pas assez connu. S’il le faut, nous nous mobiliserons contre cette forme d’écologie punitive et pour la mise en place de mesures d’accompagnement.

 
Partager cet article
Repost0
1 novembre 2022 2 01 /11 /novembre /2022 08:14
Sur l’immigration, Fabien Roussel rappelle ses principes

Histoire Depuis l’Ariège, le secrétaire national du PCF a rendu un hommage aux prisonniers du camp du Vernet. L’occasion pour lui de revenir sur les dangers que représente l’extrême droite en Europe.

Publié le Lundi 31 Octobre 2022 Lola Ruscio
 

C’est une commémoration qui invite à lutter plus que jamais contre l’extrême droite. Fabien Roussel a rendu hommage, samedi, aux militants communistes, syndicalistes, brigadistes espagnols morts dans le camp du Vernet (Ariège), créé dès 1939. Son arrière-grand-père, Salvador Lardiès, républicain espagnol engagé contre la dictature du général Franco et les phalangistes, y avait été détenu. « Pour l’extrême droite française, qui domine alors le pays, il fallait enfermer ces étrangers qui croyaient à la liberté », a rappelé, en présence de Carole Delga, la présidente socialiste de la région Occitanie, le secrétaire national du PCF, tissant un lien avec l’actuel climat politique régnant dans les pays européens, dont la France.

« Soixante-dix ans plus tard, les mêmes mots résonnent encore », a-t-il mis en garde, avant de faire référence à l’affaire Lola, une fillette de 12 ans assassinée le 14 octobre, à Paris. La principale suspecte de ce meurtre est une femme étrangère en situation irrégulière. « Ce crime odieux devient une affaire nationale tant les partis d’extrême droite et quelques animateurs TV s’en emparent pour tirer un trait d’égalité entre immigré et meurtrier, ou pour exiger une justice expéditive, sans avocat ! » a-t-il lancé, insistant de nouveau sur le fait que « le racisme, l’antisémitisme servent de ressorts à des forces politiques pour conquérir le pouvoir ».

Fabien Roussel a ainsi rappelé avec force l’engagement du PCF conre l’extrême droite : « C’est pourquoi, je le redis ici : jamais, nulle part, à aucun moment, nous, les communistes, ne mêlerons nos voix, nos suffrages aux leurs et ce pour quoi que ce soit. Jamais nous ne serons complices de leurs crimes. » Il ajoute : « Nous sommes les enfants de celles et ceux qui ont été martyrisés par l’extrême droite.»

Un discours fraternel, combatif, loin de ceux tenus par Emmanuel Macron. Le président de la République a évoqué l’immigration comme un « problème ». « Oui, l’immigration illégale est très présente dans les faits de délinquance », a-t-il ajouté mercredi 26 octobre, sur France 2. Une rhétorique nauséabonde déjà utilisée par son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui souhaite conditionner l’obtention d’un titre de séjour à « l’acceptation des valeurs de la République ». Sa future loi immigration, annoncée pour début 2023, prévoit notamment le rétablissement de la double peine pour les étrangers délinquants et la délivrance d’une obligation de quitter le territoire français dès la première décision de rejet de la demande d’asile.

À rebours de cette offensive, consistant à attaquer les droits des étrangers, le secrétaire national du PCF a martelé la ligne humaniste de son parti : « Nous serons toujours aux côtés de celles et ceux qui fuient leur pays, car ils ne le font jamais de gaîté de cœur. (…) Ils ont besoin de la solidarité de tous les pays d’Europe, car nous appartenons à la même humanité. »

 
 
Fabien Roussel: "Je suis venu rendre hommage en Ariège, avec Carole Delga, la Présidente de Région, à ces 35 000 déportés, internés au camp de concentration du Vernet, camp tenu par la police de Vichy.  Beaucoup étaient des républicains espagnols, dont mon arrière grand père, qui y a passé 3 ans de sa vie. Il en est mort de la tuberculose.  54 nationalités de militants venus de toute l’Europe on été internés ainsi que des enfants juifs. N’oublions jamais ce qu’a fait l’extrême droite quand elle a été au pouvoir dès 39."

Fabien Roussel: "Je suis venu rendre hommage en Ariège, avec Carole Delga, la Présidente de Région, à ces 35 000 déportés, internés au camp de concentration du Vernet, camp tenu par la police de Vichy. Beaucoup étaient des républicains espagnols, dont mon arrière grand père, qui y a passé 3 ans de sa vie. Il en est mort de la tuberculose. 54 nationalités de militants venus de toute l’Europe on été internés ainsi que des enfants juifs. N’oublions jamais ce qu’a fait l’extrême droite quand elle a été au pouvoir dès 39."

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011