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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 06:03
Elections au Mexique: la gauche chasse le pouvoir réactionnaire en place (PCF - 2 juillet 2018)

Élections au Mexique : la gauche chasse le pouvoir réactionnaire en place

 

Le candidat de gauche Andrés Manuel Lopez Obrador (parti Morena, Mouvement de régénérescence nationale) a remporté ce dimanche 1er juillet l'élection présidentielle mexicaine. C’est une véritable victoire de la gauche avec 53,7% des suffrages exprimés contre le candidat José Antonio Meade qui n’obtient que 15,2% (Parti révolutionnaire institutionnel qui était au pouvoir). Quant au candidat conservateur Ricardo Anaya, il arrive en 2e position avec 22%.des voix.

Avec ses alliés évangélistes « Encuentro Social », le nouveau président obtient la majorité à l’Assemblée et au Sénat, tout comme il gagne de nombreux postes régionaux ou locaux. Le parti Morena remporte notamment la mairie de Mexico où pour la 1ère fois, une femme, Claudia Sheinbaum, scientifique de 56 ans et fidèle du président, est élue à la tête de la mégapole mexicaine.

Ce séisme politique mexicain est une bonne nouvelle pour le continent latino-américain qui fait face actuellement à une contre-offensive néolibérale. En effet, Donald Trump ne cesse de vilipender des déclarations plus qu'insultantes à l’encontre des Mexicains qu’il tient comme responsables de la délinquance dans son pays.

Le Mexique a donc choisi le changement. De nombreux défis attendent Andrés Manuel Lopez Obrador sur le terrain des relations avec les États-Unis, le traité de libre-échange (entre le Canada, les États-Unis et le Mexique) qui est dans une phase délicate de renégociation après avoir été dénoncé par Donald Trump, tout comme la question migratoire, point de friction entre les deux pays.

Dans un pays marqué par la violence - plus de 200 000 personnes ont été tuées depuis 2006, près de 145 assassinats d’hommes et femmes politiques pendant la campagne présidentielle, dont 48 candidats ou pré-candidats -, l’objectif du président élu est d'éradiquer la pauvreté qui alimente ces violences, et de bannir la corruption qui est un des principaux fléaux du Mexique.

Le PCF félicite et apporte tout son soutien à Andrés Manuel Lopez Obrador et à ses alliés pour cette victoire sans appel qui sera, sans nul doute, un point d’appui pour l’ensemble des progressistes de la région.

Parti communiste français
le 2 juillet 2018

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 06:06
Migrants et réfugiés: retablissons quelques vérités...

Rétablissons quelques vérités ! Les six pays les plus pauvres du monde accueillent 51% des réfugiés. Les six pays les plus riches, seulement 9%. En Suède, c'est un réfugié pour 101 habitants, en Allemagne 1 pour 141 et en France 1 pour 1340. Et après, certains en France hurlent à l'invasion migratoire...

10 000 migrants sont morts en Méditerranée depuis 2010: c'est l'hécatombe sur la frontière la plus meurtrière du monde du fait de la politique des Etats européens. Et cela n'est pas près de changer avec le dernier sommet européen!  

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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 15:37

DIMANCHE 1 JUILLET 2018

 
Crédibilité de la parole
 
 
Méfions-nous des belles paroles que les faits, souvent, contredisent. Les 28 pays de l’Union ont donc trouvé un accord sur la question migratoire. Ils auraient ainsi sauvé l’Europe… à défaut de sauver les migrants. «La coopération européenne l’a emporté!» a exulté Emmanuel Macron. La réalité est affligeante. Des «plates-formes de débarquement» pourraient être créées hors UE, en Afrique du Nord, dans des pays non consultés: la Tunisie, le Maroc et l’Albanie ont d’ores et déjà refusé! En Europe, des «centres contrôlés» seront installés, mais sur la base du volontariat: la France et l’Italie –qui se veulent les promoteurs de cet accord– refusent d’y participer! Et ils nous parlent d’un succès pour l’Europe…

Non seulement les accords de Dublin n’ont pas été abrogés, mais rien ne permet de dire que la «coopération» sera renforcée, comme l’affirme le chef de l’État. Récemment, celui-ci s’indignait pourtant de la progression des nationalismes, cette «pègre qui monte» (dixit), et du sort réservé aux migrants sur notre continent et aux États-Unis. Et chez nous? A-t-il permis l’accueil de l’Aquarius et du Lifeline? Et sa loi asile-immigration, n’est-elle pas plus restrictive que jamais?

La crédibilité de la parole, ça se gagne. Il suffira, pour s’en convaincre, de lire l’entretien accordé dans Society par le maire socialiste de Grande-Synthe, Damien Carême, acteur actif de l’accueil aux réfugiés. Celui-ci rapporte une rencontre avec le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. «Je l’ai vu trois quarts d’heure et il ne m’a parlé que de répression, affalé sur sa chaise, en lançant: “Je n’en ai rien à foutre des associations, je n’ai rien à prouver et à Lyon, je les ai virées”!» Abjects, non? Pour mémoire, Emmanuel Macron vient de recadrer, puis de limoger l’ambassadeur de France à Budapest, qui avait érigé la Hongrie en «modèle» dans sa gestion des migrants, qualifiant de « fantasmagoriques » les accusations de nationalisme à l’égard de Viktor Orban (épinglé par l’UE, l’OSCE et l’ONU pour ses entorses à l’État de droit). Nous attendons avec impatience que le président limoge à son tour Gérard Collomb. Seulement voilà, ce serait comme s’il se sanctionnait lui-même… et au passage son infâme politique de l’immigration! 
 
[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 2 juillet 2018
Crédibilité de la parole - éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin, L'Humanité, 2 juillet 2018: quand Macron et l'Europe veulent sous-traiter la rétention des migrants à des pays peu regardants sur les droits de l'Homme
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1 juillet 2018 7 01 /07 /juillet /2018 06:26
Aminata Traoré en 2016 - photo Francine Bajande

Aminata Traoré en 2016 - photo Francine Bajande

AMINATA DRAMANE TRAORÉ : « LES MIGRANTS SONT LES RÉFUGIÉS D’UNE GUERRE ÉCONOMIQUE »
Jeudi, 28 Juin, 2018

Pour l’essayiste Aminata Dramane Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali, la « crise migratoire » est d’abord le symptôme de l’échec d’une marche forcée vers le libre-échange.

En quoi les procédures de tri appliquées aux migrants relèvent-elles des logiques néolibérales, capitalistes ?

Aminata Dramane Traoré Je pense, d’abord, que cette politique de l’« immigration choisie » ne date pas d’aujourd’hui. Nicolas Sarkozy, celui qui a prononcé le discours sur « l’homme africain » à Dakar, revendiquait cette politique de tri. Les dirigeants européens savent parfaitement que le défi est éminemment économique. Ils ont cruellement besoin des richesses des pays d’origine de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants dont ils ne veulent pas sur leur sol. Ceux qui organisent la chasse à l’homme sur leur territoire, en mer, dans le désert sont largement responsables de la paupérisation de ces populations. On occulte complètement les causes historiques et structurelles de l’errance de ces hommes et de ces femmes, la responsabilité des pays européens dans la destruction des écosystèmes, du tissu économique et social qui pousse des populations à s’exiler. On parle de « migrants économiques », comme si le commerce ne prenait pas la forme, aujourd’hui, d’une guerre livrée à des peuples qui n’ont rien demandé. Toute l’histoire de la relation Union européenne-ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique – NDLR) se résume à une marche forcée vers le libre-échange, de la convention de Yaoundé, en passant par Lomé I, II, III, jusqu’à l’accord de Cotonou et aux accords de partenariat économique. Cette question du libre-échange est au cœur du sort de tous les migrants, qu’il s’agisse des Latino-­Américains ou des Africains. La particularité de notre situation, c’est le retour d’un racisme anti-Noirs qui n’a jamais été aussi décomplexé depuis les indépendances. Les passagers de ces embarcations de fortune, en Méditerranée, sont en majorité des Noirs. On les désigne comme des « migrants économiques ». Ce qui signifie : ces gens-là, les Subsahariens, ne fuient pas des guerres. Mais comment peut-on prétendre aujourd’hui qu’il n’y a pas de guerre au Mali, au Nigeria, en Centrafrique ? Ceux qui nous ont embarqués dans ces guerres osent aujourd’hui projeter d’ouvrir des centres européens de tri dans ces mêmes pays.

La frontière européenne se déplace en effet vers les pays de provenance des migrants…

Aminata Dramane Traoré Là encore, ces logiques de sous-traitance de la violence policière, institutionnelle contre les migrants se déploient depuis longtemps. Les premières personnes blessées, tuées à Ceuta et Melilla se heurtaient déjà à cette frontière européenne délocalisée. Nos pays sont sommés, par ailleurs, de signer des accords de réadmission des migrants : « Reprenez vos gens mais, pendant ce temps, libéralisez davantage, ouvrez vos frontières à nos entreprises accompagnées de nos armées ! »

Officiellement, la mission des militaires français de l’opération « Barkhane » se concentre sur la lutte antiterroriste. Mais cette opération se redéploie avec, pour épicentre, le Niger et, pour objectif, le contrôle des migrants. Qu’en pensez-vous ?

Aminata Dramane Traoré Je n’ai jamais eu d’illusions sur les missions de « Serval », puis de « Barkhane ». En fait, on criminalise les migrants sous prétexte qu’ils auraient des opportunités économiques chez eux alors qu’on sait parfaitement que, dans ces pays, l’État, les services et les biens publics ont été détruits par les plans d’ajustement structurel. À un jet de pierre de Paris, en Seine-Saint-Denis, ce sont les mêmes maux, l’État est absent, les conditions d’accès aux soins, à l’éducation se dégradent. Les mêmes logiques sont à l’œuvre. Au terme de plusieurs décennies de coopération, d’accords économiques, nous nous retrouvons dans une situation ingérable. En 2015, alors qu’était célébrée l’Année européenne du développement, surgissait cette « crise migratoire », dans une concomitance très frappante. Les conséquences des ingérences en Libye et en Syrie explosent aujourd’hui à la figure des dirigeants européens, qui se tournent vers les victimes de ces situations pour leur dire : « Restez chez vous ! » Mais comment peut-on survivre dans ces économies de guerre ? En fait, nous assistons à un naufrage moral de l’Europe, du commerce international et de la finance.

Ceux que l’on désigne comme des « migrants économiques » sont-ils des réfugiés de guerre, des réfugiés climatiques ?

Aminata Dramane Traoré Avec les conséquences du changement climatique, les sécheresses récurrentes, l’insécurité alimentaire vient compliquer encore des situations déjà intenables. Ces migrants sont donc en effet des réfugiés climatiques et des réfugiés de guerre. Aujourd’hui, c’est la hiérarchie militaire française, le commandant de l’opération « Barkhane » lui-même, qui affirme qu’il n’y a pas de solution militaire au Mali. Le Sénat français admet que cette stratégie a atteint ses limites. Les attaques de ces derniers mois témoignent d’une dangereuse dégradation de la situation sécuritaire au Sahel. Il faut une solution politique malienne. Mais, de grâce, qu’on nous laisse définir nous-mêmes cette réponse politique, en lui donnant un contenu social, culturel, écologique, en imaginant une autre économie. La question migratoire comme la question sécuritaire sont d’abord des symptômes de l’échec du néolibéralisme.

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 12:23
La détention administrative de Salah Hamouri, 10 mois après sa mise en détention sans motif, prolongée de 3 mois (Liberté pour Salah Hamouri, 27 juin 2018)

L'abjecte nouvelle vient de tomber : Salah Hamouri reste en prison.
Un nouvel ordre vient d'être émis, la détention administrative de Salah est prolongée de 3 mois.

➡ Après 10 mois de détention, toujours aucune charge n'est prononcée contre notre compatriote.
➡ Après 10 mois de détention, les demandes des autorités françaises, y compris du Président Emmanuel Macron en personne à Netanyahou n'ont eu aucun effet sur les autorités israéliennes qui s'acharnent sur Salah Hamouri.
➡ Après 10 mois d'injustice qui se prolongent aujourd'hui, nous demandons une nouvelle fois quels moyens sont mis par France Diplomatie pour faire respecter un Français arbitrairement incarcéré. C'est un homme, une famille qui sont atteints brutalement par cette décision perverse. Mais c’est aussi la France qui est insultée avec cette prolongation alors qu'elle n'a de cesse de dérouler le tapis rouge aux dirigeants israéliens.

📍Dans ces conditions nous demandons solennellement au Président Macron de manifester publiquement sa position de soutien à Salah Hamouri et qu’il reçoive son épouse, Elsa Lefort, afin de l’informer des dispositions qu’il entend prendre face à cette situation qui n’a que trop duré. La liberté de Salah Hamouri ne saurait s’arrêter aux frontières de l’Etat israélien. La liberté est universelle, la France doit en être dépositaire et actrice majeure.

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 06:00
Répression judiciaire féroce contre les leaders du mouvement social et démocratique du Rif au Maroc

‪20 ans de prison ferme pour les détenus politiques Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik, Ouassim El Boustati et Samir Ighid, leaders de la révolte qui a éclaté dans le Rif après la mort de Mouhcine Fikri, ce jeune vendeur de poisson broyé dans une benne à ordures après la saisie de sa marchandise. Les autres porte-voix du Hirak, une cinquantaine détenus depuis un an à Casablanca, écopent de peines allant de 3 à 15 ans de prison. Le syndicaliste Mohamed Jelloul est condamné à 10 ans de prison. Les journalistes Mohamed Asrihi, directeur de Rif 24 et Rabie El Ablak, très affaibli par sa grève de la faim, prennent 5 ans. Ils ont été maltraités, humiliés, torturés. Ils ne faisaient que demander PACIFIQUEMENT justice et une vie meilleure, ils finissent dans les geôles du roi.

Rosa Moussaoui, journaliste à l'Humanité - 27 juin 2018 

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 05:34
Elections en Turquie: la sénatrice PCF des Côtes d'Armor Christine Prunaud arrêtée (Le Télégramme)

 

Christine Prunaud, sénatrice communiste des Côtes-d’Armor, a été arrêtée en Turquie samedi. Elle était venue observer les élections avec une délégation du PCF. La délégation a été relâchée un peu avant 17 h ce dimanche et est attendue à Paris, lundi, en fin de journée.

 

Une délégation du Parti communiste français (PCF) a été arrêtée samedi, en Turquie. Cette délégation, qui était venue observer le déroulement des élections présidentielles et législatives, compte parmi ses membres Christine Prunaud, sénatrice communiste des Côtes-d’Armor. L’élue bretonne est membre de la commission permanente des Affaires étrangères, défense et forces armées au Sénat.

 

« La délégation du PCF qui séjourne en Turquie à Agri comme observateur des élections présidentielles et législatives a été arrêtée et ses membres ont comparu ce matin, devant le procureur de la république », avait affirmé le PCF dans un communiqué publié dimanche. Outre Christine Prunaud, la délégation est composée de Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin, et Pascal Torre, membre du secteur des Relations Internationales au PCF.

 

Retour en France prévu lundi en fin de journée

 

Jointe sur son téléphone portable, dimanche peu après 16 h, par Le Télégramme, la sénatrice avait indiqué « être dans une situation compliquée et ne pas savoir quand elle pourra rentrer en France. Mais je vais bien et je suis bien traitée ». La délégation du PCF a été relâchée vers 17 h.

 

C’est depuis son hôtel, à Agri, où elle est actuellement consignée avec les deux autres membres de la délégation PCF, que la sénatrice bretonne vient de nous indiquer qu’elle et ses deux camarades doivent prendre l’avion demain à Istanbul, direction Paris où ils sont attendus en fin de journée. « Pour éviter une nouvelle arrestation, le consul de France en Turquie nous a demandé de rester très discrets jusqu’à notre départ. »

 

Stéphane de Sallier Dupin, conseiller régional et élu de l’opposition lamballaise

 

« Je salue le courage de Christine Prunaud. Je souhaite que le gouvernement français fasse le nécessaire pour organiser son retour rapidement. La réaction du gouvernement turque est la preuve définitive que ce pays n’a rien à faire dans l’union européenne ».

 

Yannick Le Cam, élu communiste de Saint-Brieuc.

 

« Christine Prunaud conduisait une délégation comme observateur d’un scrutin dont on sait qu’il y a des doutes sur l’organisation. Je viens d’apprendre qu’elle a été arrêtée, ainsi que le reste de la délégation. C’est choquant mais ça montre surtout une grande faiblesse du président Erdogan. Ce n’est pas trois personnes qui allaient mettre en péril la démocratie turque ».

 

Loïc Cauret, maire de Lamballe et proche de Christine Prunaud.

 

« Christine Prunaud est une élue lamballaise et sa situation nous touche forcément. On sait toute la fougue et la passion qu’elle met dans ces sujets qui lui tiennent à cœur. Je présume qu’il n’y aura pas de conséquences graves mais on constate que le régime autoritaire du président Erdogan ne souffre pas de ce genre de choses. »

LIBEREZ NOS CAMARADES !
J'apprends à l'instant l'arrestation de la délégation du PCF en Turquie venue à l'occasion de l'élection présidentielle composée de Christine Prunaud, Hülliya Turan et Pascal Torre . La France doit immédiatement intervenir pour leur liberation. Ce nouvel acte autoritaire du président Erdogan montre la fuite en avant du pouvoir turc. L'annexion du canton d'Afrin, les atteintes aux droits et libertés, la menace de condamnation à mort qui pèse sur Selahattin Demirtaş ont montré la violence dont était capable le régime d'Erdogan. Amplifions la bataille pour exiger que la France et l’Union européenne agissent à la hauteur des enjeux et isolent Erdogan sur le plan international. Liberté pour nos camarades !

Igor Zamichéi, secrétaire départemental PCF Paris

Pascal Torre

Pascal Torre

Hulliya Türan

Hulliya Türan

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 12:15

A l’heure où le Sénat examine la loi asile immigration qui durcit les conditions d’accueil des migrants et que les passagers de l’Aquarius viennent d’accoster en Espagne, il est plus que nécessaire de se mobiliser pour que la France reste un pays hospitalier et solidaire.

 

Nous ne sommes pas face à une crise migratoire mais à une crise de l’accueil des réfugié.e.s. Seuls 12 % des migrations se font des pays du sud vers les pays du nord. La plupart des personnes que les guerres, les catastrophes climatiques ou économiques poussent à fuir leur pays trouve en effet refuge dans les pays voisins. Nous sommes à un moment où doivent se mettre en place en France, en Europe et dans le monde, des politiques qui puissent assure un accueil digne des migrant.e.s en élargissant notamment le droit d’asile.

 

Inscrire en urgence la question des migrants au prochain Conseil européen

 

Par son inaction, l’Union Européenne met en danger des vies humaines. Elle tourne le dos à son histoire et à son identité. En demeurant passifs, Bruxelles laisse les populistes et les xénophobes régner sur la politique migratoire européenne.

De façon incompréhensible, Emmanuel Macron aura mis 48h à réagir face au drame de l'Aquarius, finissant par dénoncer le « cynisme et l’irresponsabilité » du gouvernement italien. Mais plutôt que des belles paroles, nous avons besoin que la France prenne l’initiative. Elle doit exiger l’inscription en urgence de la question de l’accueil des réfugiés et de la réforme du règlement de Dublin au prochain Conseil européen des 28 et 29 juin.

 

Il est nécessaire de réformer en urgence le règlement de Dublin qui impute au premier pays d’entrée au sein de l’UE la charge d’examiner les demandes d’asile. Du fait de cette disposition, les populations de l’Europe du Sud assument seules l’accueil des réfugiés dans des conditions humaines dramatiques.

 

Les propositions du Parti communiste français

 

 En France

Abrogation de la loi Asile et immigration

Simplification du dépôt des demandes d’asile

Raccourcissement de la durée du maintien en rétention

Création de 50 000 place d’accueil en centre d’hébergement

des demandeurs d’asile (CADA)

Interdiction de l’enfermement de mineurs en centre de rétention

 

En Europe

Partage de la responsabilité des demandeurs d’asile entre tous les pays de l’UE

Réorientation de Frontex vers le sauvetage

Création d’un couloir humanitaire en méditerranée

Migrants : une France fraternelle et hospitalière, c’est possible ! L'Humain d'abord! (PCF)
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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 11:30
1800 élu-e-s français-e-s soutiennent Salah Hamouri en détention depuis 300 jours!
1800 élu-e-s soutiennent Salah Hamouri en détention depuis 300 jours !

mercredi 20 juin 2018

Cela fait 300 jours que Salah Hamouri, avocat franco-palestinien est en détention administrative en Israël. A quelques jours de la fin de sa peine, il n’y a aucune garantie qu’il sera libéré, la prolongation de la peine étant toujours à craindre. L’Etat français doit enfin obtenir se libération !

INTERPELLONS LE PRÉSIDENT MACRON avec le hashtag : #LiberezSalah !

➡ Facebook d’Emmanuel Macron
➡ Twitter : https://twitter.com/emmanuelmacron
➡ Instagram : www.instagram.com/emmanuelmacron/

Des élu-e-s, des militants, des avocat-e-s, des journalistes, des chercheur-e-s, des citoyen-ne-s, des artistes considèrent que l’arrestation de Salah Hamouri les exhorte à agir contre l’arbitraire israélien, et à se mobiliser pour sa libération

1800 élu-e-s ont déjà donné leur soutien à Salah

 Voir la liste des 1 800 élu-e-s

 Signez l’appel (en bas de page du site libertepoursalah.fr)

1800 élu-e-s français-e-s soutiennent Salah Hamouri en détention depuis 300 jours!
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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 18:29
Trump contre les migrants: la politique de l’effroi maximal (19 JUIN 2018 PAR MATHIEU MAGNAUDEIX, Mediapart)
Trump contre les migrants: la politique de l’effroi maximal
 PAR 

 

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump entend terrifier les migrants pour satisfaire sa base et obtenir du Congrès une loi qui finance le mur avec le Mexique promis pendant sa campagne. Mais sa dernière trouvaille, la séparation des familles à la frontière, suscite une immense indignation.

 

New York (États-Unis), de notre correspondant.-  Donald Trump réussit parfois des miracles. Il est ainsi parvenu à ressusciter une sorte de nostalgie bizarre pour la famille Bush. Depuis qu'il est président des États-Unis, la dynastie aux deux chefs d'État apparaît, par contraste, comme un summum de distinction et de modération politique. Si bien que le célèbre clan du Texas se permet même de lui donner des leçons de morale.

Ce week-end, Laura Bush a étrillé sa politique migratoire, jugée sans pincettes « cruelle et immorale ». « J’ai le cœur brisé », a lâché dans le Washington Post l'épouse de George W. Bush, le quarante-troisième président, celui-là même qui a déclenché la guerre en Irak sur des mensonges et semé le chaos au Moyen-Orient. « Ces images, a-t-elle dit, nous rappellent de façon sinistre les camps d’internement pour les Japonais-Américains de la Seconde Guerre mondiale, un des épisodes les plus honteux de notre histoire. »

La cause de son courroux ? La politique migratoire dite de« tolérance zéro » de l'administration, partie en guerre contre l'immigration illégale, le thème favori des électeurs de Donald Trump. Et notamment, sa décision la plus contestée : la séparation arbitraire des parents et de leurs enfants.

Instaurée de façon discrète ces derniers mois, elle est désormais mise en place de façon officielle. Selon les derniers chiffres transmis au Sénat américain, 2 342 enfants, parfois des tout-petits, ont été ainsi arrachés à leurs parents entre le 5 mai et le 9 juin

 

Placés dans des foyers, ils doivent en théorie être confiés à des proches et des familles d'accueil. La coordination entre les services de l'immigration et les services sociaux étant quasi inexistante, ils n'ont aucune garantie de retrouver leurs parents… incarcérés ou renvoyés à toute vitesse dans leur pays par une justice expéditive qui s'assoit, et depuis longtemps, sur les règles internationales régissant le droit d'asile.

Annoncée le 7 mai par l'attorney general (ministre fédéral de la justice) Jeff Sessions, la séparation des familles provoque un haut-le-cœur national. Et pour une fois, l'émoi est si grand que Donald Trump, maître de la contre-programmation improvisée, n'arrive pas à faire diversion.

Chaque jour, les protestations vont crescendo. Elles proviennent des associations de défense des droits humains (« torture », dit Amnesty International), de l'opposition démocrate, de simples citoyens qui twittent frénétiquement, récoltent des millions de dollars sur Facebook pour aider les associations d'aide aux migrants, participent dans tout le pays à des protestations… ou d'un ancien directeur de la CIA qui compare Trump à Hitler.

Elles émanent aussi des Nations unies, de l'association des pédiatres américains qui parle de « maltraitance infantile », des églises et même d'une partie desévangéliques protestants ultras, qui jusqu'ici ont applaudi tout ce que Trump a fait. Même des figures conservatrices comme Bill O' Reilly, l'ancienne star de la chaîne ultraconservatrice Fox News, ami de Trump limogé pour agression sexuelle, ont exprimé leur dégoût.

Donald Trump, conseillé à la Maison Blanche par son très droitier conseiller Stephen Miller – un protégé de Steve Bannon, l'ami américain des Le Pen –, imaginait que la mesure allait contraindre les démocrates à accepter au Congrès une loi très dure contre l'immigration, incluant notamment un financement massif du « mur » avec le Mexique, cette fameuse barrière promise pendant sa campagne.

Pour l'heure, il provoque surtout l'indignation. Et l'accord législatif espéré paraît bien loin : les démocrates n'entendent pas céder au chantage, et les républicains eux-mêmes sont déchirés entre les tenants de la ligne dure présidentielle et les plus modérés, qui craignent de payer le prix du fanatisme présidentiel lors des élections de mi-mandat de novembre.

La nouvelle doctrine a pour but d'enfermer et de poursuivre en justice tous les migrants qui ont franchi illégalement la frontière, quand bien même ils souhaiteraient faire une demande d'asile en raison de persécutions dans leur pays, souvent des États d'Amérique centrale comme le Honduras, le Salvador ou le Guatemala, ravagés par la violence, minés par la pauvreté.

Jusqu'ici, ils étaient le plus souvent relâchés dans l'attente d'un examen de leur statut. Désormais, le but explicite est de les juger au plus vite et de les renvoyer dans leur pays. Un millier de migrants passent devant les tribunaux chaque semaine. Un rythme infernal qui, selon l'ONG WOLA, risque de rapidement entraîner la thrombose dans les tribunaux, les prisons et les « ports d'entrée » où les migrants peuvent théoriquement demander le droit d'asile.

C'est là que la séparation des familles intervient. D'après la loi, les enfants ne peuvent en effet être incarcérés dans les centres de rétention, voire les prisons fédérales où sont détenus les adultes. Alors qu'ils sont venus avec leur famille, l'administration a donc décidé de les placer dans les centres de rétention spéciaux pour mineurs isolés, des centres gérés par les services sociaux. Concrètement, et malgré les dénégations têtues de l'administration Trump, il s'agit bien d'une politique délibérée.

Selon les groupes de soutien aux immigrés, la séparation s'opère dans des conditions terribles. « Parfois les gardes-frontières disent aux parents “On prend votre enfant”, et lorsqu’ils demandent “Quand revient-il ?”, on leur répond “On ne peut pas vous dire”. La justification n’est jamais claire », raconte dans le Texas Monthly Anne Chandler, directrice à Houston (Texas) de l'ONG Tahirih Justice Center.

« Parfois on ne leur dit rien du tout. Ou bien, assez souvent, des officiers leur disent “votre enfant va aller prendre un bain”. L’enfant s’en va, une demi-heure plus tard, le parent demande “Où est mon petit ?” de cinq ans, de sept ans… “Le bain est long”… et là, on leur dit “vous ne verrez plus votre enfant”. Parfois des mères pleurent, des enfants hurlent et vomissent, on interdit à leur père de les consoler (...) L'officier leur dit : “Vous devez les laisser partir, si vous ne le faites pas, je rajoute des charges contre vous”. (...) Les parents ne reçoivent pas d’information sur leurs droits pour communiquer avec leurs enfants, on ne leur dit pas comment ils les retrouveront. »

La Bible en renfort

Depuis une semaine, les médias publient des récits déchirants de familles séparées, de mères éplorées, ou la tragédie de ce père, Marco Antonio Muñoz, demandeur d'asile du Honduras, qui s'est suicidé de désespoir après avoir été séparé de son garçon de trois ans.

Le site d'investigation ProPublica a publié lundi soir un enregistrement capté récemment dans un bâtiment du Customs and Border Protection (CBP), l'agence des douanes américaines. On y entend de petits enfants juste séparés de leurs parents crier, pleurer, réclamer leurs parents. « Nous avons un orchestre, là », plaisante un garde-frontière…

Les journalistes et les parlementaires qui ont reçu l'autorisation de visiter certains de ces centres pour mineurs, à McAllen ou Brownsville, deux villes situées à extrémité méridionale du Texas, décrivent des centaines d'enfants, certains traumatisés ou en pleurs, détenus derrière des barrières qui ressemblent à des cages, enroulés dans des couvertures de survie, sous une lumière constante, retenus à l'intérieur l'essentiel du temps (lire les comptes-rendus, concordants, d’Associated Press, du New York Times, du Washington Post ou de The Nation).

Les témoins n'ont pas pu prendre de photos, filmer, ni parler très longtemps aux détenus. Mais le CBP a publié des clichés officiels qui confirment leurs récits :

À 1 200 kilomètres de là, dans la ville texane de Tornillo, près d'El Paso, dans le désert où la température atteint 40 degrés en ce mois de juin, un nouveau camp de tentes (climatisées) pour adolescents est en train d'être construit. Ils seront d'ici quelques jours un peu plus de 400. Le camp pourrait à terme en accueillir dix fois plus.

Plus la contestation progresse, plus l'administration persiste et signe. Jeff Sessions, le ministre de la justice, un ultra-religieux d'Alabama, n'a fait que relancer les critiques encitant l'Épître aux Romains qui « commande », a-t-il dit, « d'obéir aux lois du gouvernement car Dieu a ordonné le gouvernement à ces fins ». Un passage contesté de la Bible, rappelle le Washington Post, utilisé dans le passé par les opposants à la révolution américaine et les partisans de l'esclavage…

Donald Trump, lui, trouve bien sûr la politique « horrible », sa femme Melania l'a condamnée. Mais c'est bien lui qui l'a mise en place, et il ne tient qu'à lui de l'annuler. Au lieu de cela, le président des États-Unis répète sur tous les tons que c'est une « loi »des démocrates qui prévoit la séparation des enfants, ce qui est faux. Il affirme qu'il n'appartient qu'à eux de se mettre autour de la table pour discuter d'immigration. Cocasse, alors qu'il a refusé à plusieurs reprises un accord bipartisan sur l'immigration négocié au Sénat qu'il jugeait trop mou...

En réalité, en prévision d'élections de mi-mandat qui s'annoncent difficiles pour lui, Trump a décidé d'utiliser le sort des enfants comme levier politique. Dans l'idéal, pour obtenir enfin la grande loi sur l'immigration qui graverait dans le marbre ses engagements de campagne. Et, à défaut, prouver à sa base chauffée à blanc qu'il fait ce qu'il a promis.

Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les décisions anti-migrants se sont succédé. Le décret présidentiel fixant le cadre de ce qui se passe aujourd'hui avait été signé cinq jours après son investiture. Puis Trump a supprimé le programme Daca, créé par Barack Obama, qui garantit à 700 000 enfants grandis aux États-Unis de parents étrangers de ne pas être renvoyés dans leur pays d'origine – il reste malgré tout en vigueur suite à des décisions de justice. Son administration poursuit en justice les villes« sanctuaires » qui refusent la collaboration de leur police dans les opérations d'expulsion. Elle veut aussi interdire aux migrantes en détention d'accéder à l'avortement.

Déjà très actifs sous Obama, un président qui a renvoyé un record de 2,5 millions d'immigrés illégaux entre 2009 et 2015, les services de la douane et de l'immigration (Immigration and Customs Enforcement, ICE) multiplient les raids contre les travailleurs immigrés, expulsent des sans-papiers présents dans leurs fichiers, ou même arrêtés lors d'accidents de voiture ou de banals contrôles, du jamais vu.

Début juin, un père de famille équatorien marié à une Américaine a été arrêté alors qu'il livrait une pizza dans un bâtiment de l'armée à Brooklyn : l'affaire est devenue le symbole de la traque aveugle des sans-papiers à travers le pays.

New York (États-Unis), de notre correspondant.-  Donald Trump réussit parfois des miracles. Il est ainsi parvenu à ressusciter une sorte de nostalgie bizarre pour la famille Bush. Depuis qu'il est président des États-Unis, la dynastie aux deux chefs d'État apparaît, par contraste, comme un summum de distinction et de modération politique. Si bien que le célèbre clan du Texas se permet même de lui donner des leçons de morale.

Ce week-end, Laura Bush a étrillé sa politique migratoire, jugée sans pincettes « cruelle et immorale ». « J’ai le cœur brisé », a lâché dans le Washington Post l'épouse de George W. Bush, le quarante-troisième président, celui-là même qui a déclenché la guerre en Irak sur des mensonges et semé le chaos au Moyen-Orient. « Ces images, a-t-elle dit, nous rappellent de façon sinistre les camps d’internement pour les Japonais-Américains de la Seconde Guerre mondiale, un des épisodes les plus honteux de notre histoire. »

La cause de son courroux ? La politique migratoire dite de« tolérance zéro » de l'administration, partie en guerre contre l'immigration illégale, le thème favori des électeurs de Donald Trump. Et notamment, sa décision la plus contestée : la séparation arbitraire des parents et de leurs enfants.

 

 

 

Instaurée de façon discrète ces derniers mois, elle est désormais mise en place de façon officielle. Selon les derniers chiffres transmis au Sénat américain, 2 342 enfants, parfois des tout-petits, ont été ainsi arrachés à leurs parents entre le 5 mai et le 9 juin.

Placés dans des foyers, ils doivent en théorie être confiés à des proches et des familles d'accueil. La coordination entre les services de l'immigration et les services sociaux étant quasi inexistante, ils n'ont aucune garantie de retrouver leurs parents… incarcérés ou renvoyés à toute vitesse dans leur pays par une justice expéditive qui s'assoit, et depuis longtemps, sur les règles internationales régissant le droit d'asile.

Annoncée le 7 mai par l'attorney general (ministre fédéral de la justice) Jeff Sessions, la séparation des familles provoque un haut-le-cœur national. Et pour une fois, l'émoi est si grand que Donald Trump, maître de la contre-programmation improvisée, n'arrive pas à faire diversion.

Chaque jour, les protestations vont crescendo. Elles proviennent des associations de défense des droits humains (« torture », dit Amnesty International), de l'opposition démocrate, de simples citoyens qui twittent frénétiquement, récoltent des millions de dollars sur Facebook pour aider les associations d'aide aux migrants, participent dans tout le pays à des protestations… ou d'un ancien directeur de la CIA qui compare Trump à Hitler.

Elles émanent aussi des Nations unies, de l'association des pédiatres américains qui parle de « maltraitance infantile », des églises et même d'une partie desévangéliques protestants ultras, qui jusqu'ici ont applaudi tout ce que Trump a fait. Même des figures conservatrices comme Bill O' Reilly, l'ancienne star de la chaîne ultraconservatrice Fox News, ami de Trump limogé pour agression sexuelle, ont exprimé leur dégoût.

Donald Trump, conseillé à la Maison Blanche par son très droitier conseiller Stephen Miller – un protégé de Steve Bannon, l'ami américain des Le Pen –, imaginait que la mesure allait contraindre les démocrates à accepter au Congrès une loi très dure contre l'immigration, incluant notamment un financement massif du « mur » avec le Mexique, cette fameuse barrière promise pendant sa campagne.

Pour l'heure, il provoque surtout l'indignation. Et l'accord législatif espéré paraît bien loin : les démocrates n'entendent pas céder au chantage, et les républicains eux-mêmes sont déchirés entre les tenants de la ligne dure présidentielle et les plus modérés, qui craignent de payer le prix du fanatisme présidentiel lors des élections de mi-mandat de novembre.La nouvelle doctrine a pour but d'enfermer et de poursuivre en justice tous les migrants qui ont franchi illégalement la frontière, quand bien même ils souhaiteraient faire une demande d'asile en raison de persécutions dans leur pays, souvent des États d'Amérique centrale comme le Honduras, le Salvador ou le Guatemala, ravagés par la violence, minés par la pauvreté.

Jusqu'ici, ils étaient le plus souvent relâchés dans l'attente d'un examen de leur statut. Désormais, le but explicite est de les juger au plus vite et de les renvoyer dans leur pays. Un millier de migrants passent devant les tribunaux chaque semaine. Un rythme infernal qui, selon l'ONG WOLA, risque de rapidement entraîner la thrombose dans les tribunaux, les prisons et les « ports d'entrée » où les migrants peuvent théoriquement demander le droit d'asile.

C'est là que la séparation des familles intervient. D'après la loi, les enfants ne peuvent en effet être incarcérés dans les centres de rétention, voire les prisons fédérales où sont détenus les adultes. Alors qu'ils sont venus avec leur famille, l'administration a donc décidé de les placer dans les centres de rétention spéciaux pour mineurs isolés, des centres gérés par les services sociaux. Concrètement, et malgré les dénégations têtues de l'administration Trump, il s'agit bien d'une politique délibérée.

Selon les groupes de soutien aux immigrés, la séparation s'opère dans des conditions terribles. « Parfois les gardes-frontières disent aux parents “On prend votre enfant”, et lorsqu’ils demandent “Quand revient-il ?”, on leur répond “On ne peut pas vous dire”. La justification n’est jamais claire », raconte dans le Texas Monthly Anne Chandler, directrice à Houston (Texas) de l'ONG Tahirih Justice Center.

« Parfois on ne leur dit rien du tout. Ou bien, assez souvent, des officiers leur disent “votre enfant va aller prendre un bain”. L’enfant s’en va, une demi-heure plus tard, le parent demande “Où est mon petit ?” de cinq ans, de sept ans… “Le bain est long”… et là, on leur dit “vous ne verrez plus votre enfant”. Parfois des mères pleurent, des enfants hurlent et vomissent, on interdit à leur père de les consoler (...) L'officier leur dit : “Vous devez les laisser partir, si vous ne le faites pas, je rajoute des charges contre vous”. (...) Les parents ne reçoivent pas d’information sur leurs droits pour communiquer avec leurs enfants, on ne leur dit pas comment ils les retrouveront. »

La Bible en renfort

Depuis une semaine, les médias publient des récits déchirants de familles séparées, de mères éplorées, ou la tragédie de ce père, Marco Antonio Muñoz, demandeur d'asile du Honduras, qui s'est suicidé de désespoir après avoir été séparé de son garçon de trois ans.

Le site d'investigation ProPublica a publié lundi soir un enregistrement capté récemment dans un bâtiment du Customs and Border Protection (CBP), l'agence des douanes américaines. On y entend de petits enfants juste séparés de leurs parents crier, pleurer, réclamer leurs parents. « Nous avons un orchestre, là », plaisante un garde-frontière

Les journalistes et les parlementaires qui ont reçu l'autorisation de visiter certains de ces centres pour mineurs, à McAllen ou Brownsville, deux villes situées à extrémité méridionale du Texas, décrivent des centaines d'enfants, certains traumatisés ou en pleurs, détenus derrière des barrières qui ressemblent à des cages, enroulés dans des couvertures de survie, sous une lumière constante, retenus à l'intérieur l'essentiel du temps (lire les comptes-rendus, concordants, d’Associated Press, du New York Times, du Washington Post ou de The Nation).

Les témoins n'ont pas pu prendre de photos, filmer, ni parler très longtemps aux détenus. Mais le CBP a publié des clichés officiels qui confirment leurs récits :

À 1 200 kilomètres de là, dans la ville texane de Tornillo, près d'El Paso, dans le désert où la température atteint 40 degrés en ce mois de juin, un nouveau camp de tentes (climatisées) pour adolescents est en train d'être construit. Ils seront d'ici quelques jours un peu plus de 400. Le camp pourrait à terme en accueillir dix fois plus.

Plus la contestation progresse, plus l'administration persiste et signe. Jeff Sessions, le ministre de la justice, un ultra-religieux d'Alabama, n'a fait que relancer les critiques encitant l'Épître aux Romains qui « commande », a-t-il dit, « d'obéir aux lois du gouvernement car Dieu a ordonné le gouvernement à ces fins ». Un passage contesté de la Bible, rappelle le Washington Post, utilisé dans le passé par les opposants à la révolution américaine et les partisans de l'esclavage…

Donald Trump, lui, trouve bien sûr la politique « horrible », sa femme Melania l'a condamnée. Mais c'est bien lui qui l'a mise en place, et il ne tient qu'à lui de l'annuler. Au lieu de cela, le président des États-Unis répète sur tous les tons que c'est une « loi »des démocrates qui prévoit la séparation des enfants, ce qui est faux. Il affirme qu'il n'appartient qu'à eux de se mettre autour de la table pour discuter d'immigration. Cocasse, alors qu'il a refusé à plusieurs reprises un accord bipartisan sur l'immigration négocié au Sénat qu'il jugeait trop mou...

En réalité, en prévision d'élections de mi-mandat qui s'annoncent difficiles pour lui, Trump a décidé d'utiliser le sort des enfants comme levier politique. Dans l'idéal, pour obtenir enfin la grande loi sur l'immigration qui graverait dans le marbre ses engagements de campagne. Et, à défaut, prouver à sa base chauffée à blanc qu'il fait ce qu'il a promis.

Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les décisions anti-migrants se sont succédé. Le décret présidentiel fixant le cadre de ce qui se passe aujourd'hui avait été signé cinq jours après son investiture. Puis Trump a supprimé le programme Daca, créé par Barack Obama, qui garantit à 700 000 enfants grandis aux États-Unis de parents étrangers de ne pas être renvoyés dans leur pays d'origine – il reste malgré tout en vigueur suite à des décisions de justice. Son administration poursuit en justice les villes« sanctuaires » qui refusent la collaboration de leur police dans les opérations d'expulsion. Elle veut aussi interdire aux migrantes en détention d'accéder à l'avortement.

Déjà très actifs sous Obama, un président qui a renvoyé un record de 2,5 millions d'immigrés illégaux entre 2009 et 2015, les services de la douane et de l'immigration (Immigration and Customs Enforcement, ICE) multiplient les raids contre les travailleurs immigrés, expulsent des sans-papiers présents dans leurs fichiers, ou même arrêtés lors d'accidents de voiture ou de banals contrôles, du jamais vu.

Début juin, un père de famille équatorien marié à une Américaine a été arrêté alors qu'il livrait une pizza dans un bâtiment de l'armée à Brooklyn : l'affaire est devenue le symbole de la traque aveugle des sans-papiers à travers le pays.

Il y a une semaine, Jeff Sessions, encore lui, a annoncé que les victimes de gangs ou de violences domestiques n'obtiendront l'asile aux États-Unis que si elles prouvent que les autorités de leur pays d'origine ont refusé de les secourir. En pratique, cette condition risque de se révéler impossible à remplir.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump nourrit ce que le think tankMigration Policy Institute de Washington appelle un « narratif de la frontière en crise ».

Il dépeint les candidats à l'asile en membres de gangs, envoie la garde nationale à la frontière, fait ériger des prototypes de son futur mur à la frontière mexicaine, tempête contre une « caravane » de migrants qui avance vers la frontière, traite certains d'entre eux d'« animaux », dénonce les immigrés venus de « pays de merde » et prévoit derenvoyer chez eux à partir de l'an prochain 400 000 ressortissants d'Haïti, du Salvador ou du Honduras qui bénéficiaient jusqu'ici de protections temporaires.

Le but de toute cette agitation est aussi de « dissuader » par tous les moyens les candidats à l'asile en les effrayant. Pourtant, contrairement à ce que pourraient laisser penser ces déclarations incendiaires, le nombre d'arrestations à la frontière américaine aux États-Unis (40 000 par mois) est plutôt stable.

Quant aux stratégies de « dissuasion » de l'immigration lancées dès les années 1990 sous l'administration Clinton, amplifiées depuis par Bush et Obama, et désormais en passe d'être industrialisées par Trump – notamment les procédures judiciaires de plus en plus expéditives, ou les restrictions constantes du droit d'asile –, elles n'ont en réalité qu'uneinfluence faible sur les flux : ceux-ci sont bien davantage liés à la situation économique, politique et sociale des pays d'origine.

Occupé à galvaniser la base républicaine obsédée par les immigrés, Donald Trump se contrefiche de cette réalité : il pense que l'immigration sera sa botte secrète pour mobiliser la base républicaine aux élections du 6 novembre. Ça vaut bien quelques milliers d'enfants en cage.

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