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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 07:40
De nombreux secteurs ont commencé à tenter d’ouvrir la brèche par leur mobilisation ces derniè res semaines. Boris Horvat / AFP

De nombreux secteurs ont commencé à tenter d’ouvrir la brèche par leur mobilisation ces derniè res semaines. Boris Horvat / AFP

26 mai. « Pour forcer Macron à écouter, il faut taper plus fort »
MARION D’ALLARD, OLIVIER CHARTRAIN, SÉBASTIEN CRÉPEL, SYLVIE DUCATTEAU, MAËL DUCHEMIN, JULIA HAMLAOUI, KAREEN JANSELME ET LOLA RUSCIO
VENDREDI, 25 MAI, 2018
L'HUMANITÉ
De nombreux secteurs ont commencé à tenter d’ouvrir la brèche par leur mobilisation ces derniè res semaines. Boris Horvat / AFP
 

Syndicats, partis de gauche, associations ont lancé un appel inédit à se mobiliser, samedi. Salariés en lutte, étudiants et simples citoyens, beaucoup espèrent qu’une « marée populaire » déferle dans les rues.

Samedi, Fabienne a rendez-vous à la gare de l’Est, à Paris. Pas pour partir en week-end profiter du soleil de cette fin de printemps. Avec son « ras-le-bol absolu » pour tout bagage, cette ex-militante socialiste prendra la direction de la place de la Bastille. « Enfin ! soupire-t-elle, comme soulagée. Seul le nombre pourra faire bouger les choses. » Comme elle, des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes attendent que la « marée populaire » espérée déferle dans les rues du pays ce 26 mai. Plus de quatre-vingts manifestations sont prévues, à l’appel d’un vaste collectif d’organisations. Syndicats, partis politiques de gauche, associations ont lancé un appel inédit à descendre dans la rue pour répondre à l’offensive tous azimuts d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. « La multiplication des mesures prises avec brutalité sur tous les fronts a un objectif, celui de créer un effet de sidération et espérer ainsi empêcher toute riposte, écrivent-ils. (…) Ce coup de force peut échouer », si « les mobilisations (qui) se multiplient dans le pays » ne restent pas « isolées » mais que toutes se rassemblent pour donner naissance à une « marée populaire ».

« ça suffit maintenant »

« Il faut réussir à établir un rapport de forces qui dise (au gouvernement) “ça suffit maintenant” », résume Michel, posté au métro Laumière, à Paris, avec deux de ses camarades communistes, appels au 26 mai en main. Y parvenir n’est cependant « pas de la tarte » : « Les gens s’engagent s’ils pensent qu’il y a quelque chose au bout qui permette vraiment de s’en sortir », pense-t-il. Parmi ceux à qui il tend ses tracts, il estime que beaucoup sont à « un point d’équilibre. Ils hésitent : est-ce qu’on continue à attendre ou est-ce qu’on fait le saut ? ». C’est justement le cas de Claudia. Malgré son « dégoût » de la situation – fonctionnaire en catégorie C, son salaire est gelé depuis longtemps et finir le mois « devient impossible » – elle a « l’impression que les gens se mobilisent mais qu’on ne les entend pas ». « Pour forcer le gouvernement à écouter, il faudrait taper plus fort », dit-elle. Originaire de Guadeloupe, elle prend l’exemple du mouvement social de 2009 sur l’île qui avait « tout bloqué ». Paul est étudiant, lui aussi est un peu désabusé mais il garde un petit espoir cependant : « J’encourage les gens qui en ont la force à se mobiliser, quand je verrai qu’il y a une fissure, je serai peut-être de ceux-là. »

« Les colères peuvent s’agréger »

De nombreux secteurs ont commencé à tenter d’ouvrir la brèche par leur mobilisation ces dernières semaines. Les cheminots sont de ceux-là, et beaucoup devraient prendre part, d’une manière ou d’une autre, à la grande marée populaire de samedi. Si les fédérations de cheminots CGT et SUD, dont les maisons mères – la confédération CGT et l’union syndicale Solidaires – font partie des artisans de cette mobilisation, appellent sans retenue leurs syndiqués à défiler, l’affaire est plus complexe pour les cheminots CFDT. « Certains d’entre nous y seront, sans forcément s’afficher comme cédétistes, mais plutôt en tant que citoyens », confie l’un d’eux. En effet, la confédération, arguant de l’indépendance syndicale vis-à-vis des partis politiques, n’a pas appelé à la Marée populaire. Idem du côté de l’Unsa ferroviaire ou de FO, dont les syndiqués auront eux aussi à faire un choix individuel. Sous couvert de l’« autonomie » des structures du syndicat, « nous n’appelons pas à manifester le 26 », explique Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa ferroviaire. Toutefois, poursuit-il, « ce ne serait pas étonnant du tout que beaucoup d’entre nous y soient quand même ». Pour Romuald Ternisien, secrétaire CGT aux ateliers du Landy à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), peu importent finalement les organisations derrière l’appel à mobilisation, « l’important, c’est de manifester main dans la main avec les salariés et de prouver à ce gouvernement que les colères peuvent s’agréger. Ce sera l’occasion d’une convergence avec les salariés en lutte, du privé comme du public ».

Air France, McDonald’s, Carrefour… le privé ne devrait d’ailleurs pas faire pâle figure dans les cortèges. La CGT Air France appelle à manifester ce samedi aux côtés des organisations syndicales et politiques. « On participe à toutes les mobilisations pour essayer d’en finir avec cette politique ultralibérale », explique Karine Monsegu, co-secrétaire générale du syndicat de l’ex-compagnie publique, dont les salariés ont désavoué le patron lors d’un retentissant référendum d’entreprise. Et ont inspiré leurs camarades cheminots, qui se sont prononcés à 95 % de votants contre la réforme ferroviaire du gouvernement. De quoi doper le moral de ceux qui luttent malgré des rapports de forces défavorables. « On a toujours été de toutes les manifestations parce que les salariés prennent de plein fouet le système ultralibéral de McDonald’s », estime ainsi Gilles Bombard, secrétaire général CGT de la chaîne de restauration rapide en Île-de-France. La manifestation régionale partira au pied du restaurant de la gare de l’Est. Ses employés en grève pour les salaires et les droits syndicaux se joindront au cortège. Même si le mélange des étiquettes syndicales et politiques rend certains méfiants. « J’aurais préféré l’exclusivité syndicale, ou alors une plus ample participation des partis. Mais le commerce CGT sera là car il s’agit d’un même combat contre toutes les attaques du gouvernement : les ordonnances travail, la privatisation de la SNCF, la volonté de s’en prendre au statut des fonctionnaires », explique Isabelle Raset, employée chez Carrefour et déléguée syndicale de son hypermarché, qui se bat contre une direction qui vient d’annoncer la fermeture de 227 magasins avec 2 000 emplois menacés.

Tout a été pourtant fait pour que le risque de la récupération qui avait un peu gâché le 5 mai la Fête à Macron soit contenu au maximum. « Il y a eu beaucoup d’initiatives unilatérales, commente Willy Pelletier, responsable de la Fondation Copernic, en charge, avec Attac, de coordonner le dispositif unitaire. Celle-ci n’est ni unilatérale ni, comme certains médias le laissent penser, bilatérale (entre la CGT et la France insoumise – NDLR). C’est une initiative multilatérale, où des forces très diverses dans leur champ d’intervention se mettent en commun. Personne ne va monopoliser ce cadre. » Du côté des militants politiques, on s’emploie à convaincre les sceptiques. Syndicats, partis, associations, « l’objectif est le même pour tous : obtenir la satisfaction des besoins sociaux », plaide Nicolas, de la FI, tract en main à la sortie du métro Crimée. Le militant parisien espère « un front unique, populaire, pour dire aux gens qu’ils ne sont pas seuls ». Dans l’arrondissement où il milite, le concept est décliné. Un « collectif de lutte » s’est monté en vue du 5 mai et a perduré pour le 26. Sergio Tinti, élu local du PCF, va plus loin : « L’essentiel, samedi, c’est de créer une dynamique. Il faut que chaque citoyen se rende compte que son pouvoir ne se résume pas au vote. Contre la politique antisociale, chacun a quelque chose à faire. »

« Le premier pas vers une unité »

Étudiant en histoire à Nanterre et militant à l’Unef qui se bat depuis des semaines contre la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) ou de son avatar et principal instrument, la plateforme Parcoursup, Barthélémy Piron fait partie de ceux qui jugent « positif que les associations, les syndicats, les partis politiques se retrouvent dans la rue, tous ensemble. C’est juste dommage qu’il n’y ait pas un appel à la grève en même temps, car il y a aussi des salariés qui travaillent le samedi, et là ils ne pourront pas venir ». À cette réserve près, il voit cette marée populaire comme un point de départ, « le premier pas d’une unité qui se construit, un signal pour qu’on arrête de lutter chacun dans notre coin. On ne gagnera pas contre Macron juste avec ça, mais on peut montrer que la colère sociale existe et qu’elle s’exprime ». 

Des manifestations prévues dans toute la france

Samedi, des rassemblements festifs et des manifestations auront lieu dans toute la France. Cela commencera dès 10 heures à Bayonne, place de la Mairie ; à Perpignan, devant la gare, et à Orléans, devant la préfecture, comme à la bourse du travail de Narbonne. À 10 h 30, le cortège d’Avignon partira de la gare centrale et celui de Montpellier se rassemblera place du Peyrou. À Lyon, les organisateurs de la Marée populaire ont choisi d’inviter à un grand rassemblement festif et revendicatif à partir de 11 heures sur les berges du Rhône, au niveau du pont de la Guillotière, dans le souci de ne pas faire concurrence à la manifestation antifasciste, prévue de longue date, qui partira à 14 h 30 de la place des Terreaux. De nombreux rassemblements auront lieu également en début d’après-midi. Les Marseillais se retrouveront à partir de 14 heures à l’angle du Vieux-Port et de la Canebière. Même heure à Toulouse, place Jeanne-d’Arc ; à Rennes, devant la poste au 66, mail François-Mitterrand ; à Strasbourg, place Kléber ; à Nancy, place Dombasle, ou encore à Bordeaux, place Pey-Berland. À Paris, le cortège partira de gare de l’Est à 14 h 30, passera par République et ira jusqu’à Bastille. Les rassemblements à Nice et à Metz auront lieu devant à la gare et, à Lille, sur la place de Paris, à 14 h 30 également. Plus sur mareepopulaire.fr/

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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 06:46
Monseigneur Gaillot et Marie-Pierre Vieu s'engagent pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah (vendredi 25 mai 2018)

Monseigneur Gaillot et Marie-Pierre Vieu s'engagent pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah (vendredi 25 mai 2018)

Georges Ibrahim Abdellah, militant communiste et anti-colonialiste libanais, emprisonné depuis 1984 et condamné à la prison à perpétuité depuis 1987 en France

Georges Ibrahim Abdellah, militant communiste et anti-colonialiste libanais, emprisonné depuis 1984 et condamné à la prison à perpétuité depuis 1987 en France

Vendredi 25 mai devant la prison de Lannemezan pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Avec Monseigneur Gaillot venu le rencontrer ainsi que les prisonniers basques détenus, et les collectifs locaux.
Abdallah est emprisonné depuis 1984 ce qui est en fait le plus ancien détenu en Europe. « Je tiens parce que je pense aux miens à ma famille. Je tiens parce que je vous vois Gaza et continue à croire au combat des palestiniens » a-t-il dit à son visiteur.
Aujourd’hui Abdallah est libérable, il faut faire œuvre de justice et que le gouvernement français œuvre à sa liberté. La question des droits de l’homme ne peut être seconde surtout quand on se retrouve face à l’ Amérique de Trump. 
#Solidarité
Pour ma part je vais continuer à partir ce combat au Parlement Européen.

Marie-Pierre Vieu 

 

Georges Ibrahim Abdallah, né le 2 avril 1951 à Al Qoubaiyat au Liban, proche de Georges Habache, le leader du FPLP, militant communiste libanais, entamera le 24 octobre sa 35 ème année dans les prisons fran­çaises. Empri­sonné depuis 1984, il a été condamné à la réclusion à per­pé­tuité en 1987, à la suite d’une mani­pu­lation des ser­vices français l’impliquant pour son enga­gement au sein des Forces Armées Révo­lu­tion­naires Liba­naises dans des faits pos­té­rieurs à sa détention.

Ayant effectué la totalité de sa peine de sûreté, il est libérable depuis 1999.

Après plu­sieurs rejets de ses demandes de libé­ration, il a obtenu le 21 novembre 2012 un avis favo­rable à sa demande de libé­ration, assorti d’une inter­diction de séjour sur le ter­ri­toire français. Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, malgré la demande du Premier ministre libanais, s’était refusé à signer l’arrêté d’expulsion, empê­chant déli­bé­rément sa libération.

Georges Ibrahim Abdallah ne peut être indé­fi­niment maintenu en prison. Il doit être libéré sans délai ni conditions !

 

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 16:53
Parcoursup. La folle répression des lycéens du 22 mai (Laurent Mouloud, L'Humanité - 25 mai 2018)
Parcoursup. La folle répression des lycéens du 22 mai
LAURENT MOULOUD
VENDREDI, 25 MAI, 2018
L'HUMANITÉ
Ce jeudi, devant le tribunal de Paris, une centaine de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer les gardes à vue. Photo : Alain Jocard/ADP
 

Garde à vue à rallonge, mise en examen... des dizaines d’élèves qui voulaient occuper le lycée Arago ont été réprimés dans des conditions invraisemblables.

«On n’est plus dans un État de droit ! » Pierre ne décolère pas. Sa fille Jeanne, 16 ans, fait partie de la centaine de personnes, dont une quarantaine de mineurs, interpellées mardi soir à Paris, alors qu’elles tentaient d’occuper le lycée Arago pour dénoncer la loi Vidal et Parcoursup. Un coup de filet opéré dans des conditions ahurissantes. Et qui se traduit, depuis deux jours, par une répression invraisemblable.

Tout a débuté après la manifestation des fonctionnaires. Vers 19 heures, des dizaines de jeunes décident de pénétrer dans cet établissement afin d’organiser une AG. Alertés, les CRS débarquent en nombre. Fouilles brutales, palpations, interpellations au hasard… une soixantaine de ces jeunes atterrissent dans les bus de la police, garés sur le parking du commissariat du 19e. « Ma fille y est restée enfermée pendant 5 heures, sans eau, sans accès aux toilettes, ni possibilité de communiquer », raconte Pierre. Tous sont finalement dispatchés dans divers commissariats et placés en garde à vue (GAV) bien après le délai maximal de 4 heures de rétention. Et sans que les parents ne soient informés ! Les GAV vont durer 24 heures, parfois plus. Et seront rudes. Une élève, sous le choc, devra être hospitalisée. « D’autres se sont retrouvés avec des détenus majeurs, dont l’un déféquait à même le sol », assure Pierre. Les motifs d’arrestation, eux, restent flous : « attroupement », « intrusion », « vols », « dégradations »… « En fait de dégradations, il s’agit de chaises renversées, quelques tags sur des tables et une vitre brisée par les CRS qui essayaient de rentrer », témoigne un des lycéens. Lucie Simon, membre d’un collectif d’avocats, se dit « choquée » et évoque « des dossiers vides ».

Las, une vingtaine de ces adolescents ont tout de même été déférés, jeudi, au tribunal de grande instance, en vue d’une mise en examen. Rien de moins. Pierre n’en revient pas : « Le gouvernement exerce une répression féroce car il redoute que les lycéens ne bougent, c’est inadmissible. » De la FSU à la FCPE, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer cette intervention disproportionnée. Nicolas Bonnet-Oulaldj, président du groupe PCF-FG au Conseil de Paris, a interpellé le préfet de police. Pierre, lui, a déjà décidé de monter un « collectif du 22 mai ». Et s’apprête à saisir le Défenseur des droits. Laurent Mouloud

Communiqué de la JC Ille-et-Vilaine: 

30 000 personnes refusé·e·s par Parcoursup, plus de 350 000 autres "en attente", une centaine de lycéen·ne·s raflé·e·s et en garde à vue jusqu'à 48H au lycée Arago, sans même que les familles ne soient prévenues...

Des personnes qui meurent dans les hôpitaux par manque de moyens, des lignes de train qu'on ferme, des services publics qu'on vend au privé.

Et à côté de ça, les profits mirobolants de quelques milliardaires s'envolent.

Ce Samedi 26 Mai, soyons des milliers à Rennes pour nous battre pour l'égalité, la justice, et la solidarité, avec toutes les organisations politiques, syndicales, associatives, unies dans un même combat.

RDV à 14H sur le mail François Mitterrand pour une marée populaire contre Macron et son monde ! 

➡️ https://www.facebook.com/events/642339619445204/

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 16:20
Fabien Gay, quand il était encore directeur de la Fête de l'Humanité

Fabien Gay, quand il était encore directeur de la Fête de l'Humanité

Fabien Gay

La banlieue était déjà stigmatisée, elle est désormais méprisée

vendredi 25 mai 2018

"Une chance pour chacun", selon le Président de la République, comme un slogan pour la Française des Jeux. Surtout un ticket gagnant pour les nantis de ce pays, et pour les autres citoyens, un billet perdant, au grattage comme au tirage ! dénonce Fabien Gray lors de la séance des questions d’actualités au Sénat (le 24 mai dernier).

Le président de la République a enterré le rapport Borloo.

En Seine-Saint-Denis, le taux de chômage et les difficultés économiques sont deux fois supérieurs à la moyenne nationale. Et contrairement aux idées reçues, les tribunaux sont deux fois bien moins dotés en magistrats qu’à Paris. L’établissement scolaire le moins bien doté de Paris l’est toujours plus que le mieux doté de Seine-Saint-Denis ! Le budget d’État pour la culture est le tiers de ce qu’il est dans la capitale, sans parler du logement ou des transports.

La banlieue est stigmatisée, elle est désormais méprisée. Nous avons été abasourdis par les propos du président de la République qui a parlé de « deux mâles blancs... ».

Plus que l’espoir des associations et des élus, c’est leur travail que vous avez anéanti sur le terrain. Les banlieues, mais aussi bien des territoires ruraux et une partie des outre-mer, perdent deux fois dans cette loterie : au grattage et au tirage. Nous ne voulons pas voir inscrit libéralisme, inégalités, adversité au fronton de nos mairies ! Monsieur le ministre, allez-vous enfin faire République, ou bien accroître encore l’apartheid territorial ?

Réponse de Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires

Le bilan de la République est ce qu’il est, il ne remonte pas à juin 2017... Je ne peux pas partager la caricature que vous faites des propos du président de la République. Enterrement du plan Borloo ? Jean-Louis Borloo s’est lui-même dit satisfait.La réalité des banlieues est une responsabilité commune. Des actions ont été lancées en matière économique et sociale, sur l’école, les emplois francs, la modification de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), l’accélération des dossiers. Telles sont les pistes à suivre.

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 15:38
Brest, samedi 26 mai: rassemblement à 15h pour la marée populaire contre la politique d'Emmanuel Macron (Le Télégramme, 25 mai 2018)
 

 Les organisations espèrent mobiliser largement samedi contre la politique du gouvernement Macron.

Quatorze organisations syndicales, associations, collectifs et partis politiques (*) brestois appellent à une « marée populaire » ce samedi, en signe de réaction à la politique du gouvernement. Une mobilisation assez inédite, au mot d'ordre fédérateur : « Pour l'égalité, la justice sociale et la solidarité ».
 
Après la « Fête à Macron », lancée le 5 mai par la France Insoumise, c'est donc une « marée populaire » qui est appelée à battre le pavé à Brest, comme partout en France, où une cinquantaine d'organisations sont mobilisées. Car pour les organisateurs brestois, il y a urgence à répliquer à la politique du gouvernement Macron, « qui attaque tous les secteurs en même temps, avec une telle force et une telle violence qu'ils espèrent un effet de sidération, qui nous empêche de relever la tête ». Pour répondre à ces attaques, les mobilisations traditionnelles et sectorielles ne suffiraient donc pas. « Il faut dépasser les clivages », appellent les organisateurs. « Et rappeler qu'on veut autre chose que la casse des services publics et sa politique libérale décomplexée : on veut plus de solidarité, de protection, pour un épanouissement dans le travail et une libération des initiatives. Cette mobilisation doit favoriser l'émergence de propositions alternatives à la politique du gouvernement ». 

Manif à 15 h 
La mobilisation devrait toutefois prendre une forme assez classique, avec des prises de parole place de la Liberté, à 15 h, ouvrant une manifestation jusqu'au bas de la rue de Siam, où auront lieu de nouvelles prises de paroles. Toutefois, chaque organisation aura la liberté d'apporter ses propres initiatives à l'édifice commun. Avec un objectif : être le plus nombreux possible, pour balayer la résignation qui pourrait gagner les rangs. « Oui, on espère faire mieux que la manifestation de mardi », assurent les organisateurs, alors que près de 4.000 personnes ont défilé à Brest, en début de semaine pour la Fonction publique. Reste à savoir s'il sera possible de capitaliser sur cette « marée populaire » et son modèle original. « Il n'y a pas de raison de ne pas renouveler l'expérience », assurent les organisations mobilisées.
 
* Solidaires, France Insoumise, POID, Tout à faire, Génération.s, Attac, PCF, NPA, Mouvement de la Paix, CGT, Colère 29, PG, Collectif Fête à Macron et FSU.


Le Télégramme

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 05:28
Un plan d'urgence pour l'hôpital public... Le PCF propose un virage à 180 degrés par rapport à la politique menée actuellement de casse de l'hôpital public
Un plan d'urgence pour l'hôpital public... Le PCF propose un virage à 180 degrés par rapport à la politique menée actuellement de casse de l'hôpital public

Un plan d'urgence pour l'hôpital - Création de 100 000 emplois, arrêt des restructurations - les propositions et exigences de civilisation du PCF : nous ne pouvons plus tolérer la casse généralisée actuelle de la santé publique! Ce n'est pas à la finance de gérer nos vies et nos maladies.

Voici le dernier tract de la commission santé du PCF avec nos analyses et propositions transmis par Christiane Caro.  

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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 05:18
Parcours-Sup: une loterie nationale et une machine à stresser et dégoûter les jeunes désireux de faire des études

 

On parle de 810 000 jeunes suspendus aux caprices d'un logiciel et d'une usine à gaz fondée sur des critères de sélection souvent arbitraires et dangereux. On parle de classer les individus pour ouvrir des droits à apprendre. 

La situation est plus grave que nous l’imaginions.

400 lycéens du bassin de Morlaix – Landivisiau – Saint-Pol-de-Léon se sont vu refuser ou mettre en attente l’ensemble de leur voeux.

Il n'y a que la moitié des jeunes qui ont obtenu un oui à l'un de leurs voeux, et pas forcément un de leurs premiers choix. 

Comme nous avions prévu, le dispositif « parcoursup » est un véritable échec et bien au-delà : un désastre social.

Le téléphone de la Fidl n’arrête pas de sonner et nous sommes submergés par les demandes d’aide.

La jeunesse est dépossédée des moyens d’éducation qui lui restent. 

Tous les soirs, nos lycéens vont être suspendus à internet pour voir si d'autres ont libéré une place sur leurs choix d'orientation.

Il y a de toute façon moins de places que de demandes avec le décalage entre les moyens des facs et l'arrivée des bébés du baby boom de l'année 2000. 

Au moins de juin, si le jeune n'a pas une place en établissement ou en fac, il refera 10 vœux parmi les options qui restent et qui ne correspondent sans doute pas ces choix.  

Macron promet vaguement 1 milliard en 5 ans pour l'université: c'est 10 milliards qu'il faut, tout de suite, pour rattraper le sous-investissement qui sape depuis des années l'enseignement supérieur.  

Glenn Le Saout 

 

Glenn  Le Saout avec ses amis syndicalistes Marc Corbel et Patrick Le Goas

Glenn Le Saout avec ses amis syndicalistes Marc Corbel et Patrick Le Goas

Elsa Faucillon, députée communiste de Seine-St Denis:  " Profond soutien aux centaines de milliers de lycéens qui subissent concrètement la sélection dès ce soir. Des rêves d'avenir balayés en masse par #Parcoursup".

Elsa Faucillon, députée communiste de Seine-St Denis: " Profond soutien aux centaines de milliers de lycéens qui subissent concrètement la sélection dès ce soir. Des rêves d'avenir balayés en masse par #Parcoursup".

Pas d’affectation, ou des affectations sans rapport avec les choix premiers des élèves (forcément avec 10 voeux non hiérarchisés), le règne de l’algorithme, del’arbitraire, du tri social et géographique, bref, la jungle ultralibérale dans toute sa violence. Ce soir des centaines de milliers de lycéens sont plongés dans le stress, l’angoisse, l’expectative, à la veille des épreuves du baccalauréat. Parcoursup, miroir d’un gouvernement cynique et d’une société bloquée, asphyxiée, vampirisée par des « élites » aussi médiocres qu’égoïstes.#Parcoursupercherie

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22 mai 2018 2 22 /05 /mai /2018 06:27

Pour financer les 5 milliards de cadeaux fiscaux au plus riches et les 800 millions de suppression de l'exit tax, Macron s apprete à taper dans la caisse des APL, de l'AAH ou en encore des bourses étudiantes. Et la? Tu la perçois mieux la lutte des classes?

Le billet économique d'Anaëlle Grelier sur France Culture, 21 mai 

Allons-nous vers une baisse des aides sociales ? Bercy planche en tous cas sur la question pour son prochain budget alors que le ministre de l'Économie Bruno Le Maire déclarait hier que le gouvernement envisageait de réduire les aides à l'emploi.

C'est un peu raide comme annonce, il faut bien le dire, la veille de la journée de solidarité, ce jour anciennement férié créé en 2004 suivant la canicule meurtrière de l'été 2003 pour financer une meilleure prise en charge des personnes dépendantes. Une journée qui consistait à supprimer un jour férié pour les salariés français, initialement fixée au lundi de Pentecôte, elle est redevenue fériée en 2008 et laissée depuis à l'appréciation des employeurs publics et privés. Certains, depuis, suppriment un jour de congé ou de RTT. D'autres offrent cette journée à leurs salariés mais tous s'acquittent d'une contribution à la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie. Elle rapporte en moyenne 2 milliards et demi d'euros par an et 30 milliards ont été collectés depuis sa création. Alors que le gouvernement parle d'une deuxième journée de solidarité toujours pour financer la prise en charge de la dépendance, Bercy, par la voix de son ministre, prépare nos esprits à accepter de nouvelles baisses de prestations sociales.

Faut il revoir la légitimité de certaines aides ?

Bruno Le Maire, lors du grand rendez vous Europe 1 les Echos Cnews hier, s'interrogeait publiquement sur la cohérence finalement des prestations sociales. "Nous ne sommes pas condamnés à compenser les inégalités par toujours plus de dépenses publiques, c'est-à-dire toujours plus d'impôts au bout du compte pour le contribuable." Une réflexion déjà lancée à Bercy puisque la semaine dernière le journal Le Monde assurait avoir en sa possession le document qui prépare un plan de réduction des dépenses dans les aides sociales. Ce rapport de la direction du budget est intitulé « transformer les prestations sociales » et délivre plusieurs pistes d'économie. Parmi les pistes suggérées, il faut revoir les critères d'attribution de certaines aides sociales ou réduire leur montant, par exemple en prenant en compte le patrimoine des personnes dans le calcul de l'allocation ou en conditionnant l'octroi de certains minima sociaux « à des démarches actives de recherche » d'un poste. 

L'Aide personnalisée au logement (APL) est, une fois encore, dans le collimateur des gestionnaires. Ils proposent cette fois-ci d'intégrer les minima sociaux et les prestations familiales dans les ressources servant de base à leur calcul « à compter de 2020 ». En outre, les bourses sur critères sociaux (BCS), accordées aux étudiants pourraient être revues ou gelées. 

Par ailleurs, l'allocation personnalisée pour l'autonomie (APA), pour les personnes âgées en difficulté physique, est jugée «trop diluée et insuffisamment redistributive» , l'allocation adultes handicapés (AAH) doit être maitrisée. Sur toutes ces aides, la note conseille de mieux cibler, c'est-à-dire, en filigrane, de réserver les aides aux plus démunis, privant d'autres populations des aides auxquelles elles avaient jusqu'à présent droit.

Combien pèsent les aides sociales dans le budget de l'Etat ? 

La direction du budget estime que les aides sociales constituent « un poids croissant » pour les finances publiques, de l'ordre de 26% des dépenses soit 5 points supplémentaires en une quinzaine d'année.  

Comme depuis juin 2017, le gouvernement s'est effectivement lancé dans une vaste entreprise de réduction de ces dépenses, de l'ordre de 80 milliards d'euros d'ici 2022... Il va falloir être créatif, n'est-ce pas ? Un défi de taille quand le gouvernement a déjà renoncé à plusieurs milliards d'euros de rentrées fiscales après la transformation de l'impôt sur la fortune (ISF) qui entraîne une baisse de recettes pour l'Etat de près 4 milliards d'euros ; le coup de rabot sur l'imposition du capital produit un manque à gagner d'au moins 1,5 milliard d'euros et  la suppression de l'exit tax induit quant à elle un manque à gagner de près de 800 millions d'euros...

Il va donc falloir faire des efforts ! Allez ! Souhaitons nous tout de même une belle journée de Solidarité ! Bonne journée à toutes et à tous.  

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22 mai 2018 2 22 /05 /mai /2018 05:28
Blessing, 20 ans, meurt noyée en France en traversant la frontière dans les Hautes-Alpes (Médiapart, 21 mai 2018- Mathilde Mathieu)
Blessing, 20 ans, meurt noyée en France en traversant la frontière
 PAR 

La justice confirme l’identité du cadavre repêché récemment dans une rivière des Alpes : Blessing, une Nigériane, s’est noyée en traversant la frontière. C’est la première fois qu’un·e migrant·e perd ainsi la vie dans les Hautes-Alpes. Sur place, des bénévoles pointent les dangers des « courses-poursuites » policières. Reportage.

Quand les agents EDF découvrent son cadavre dans la Durance le 9 mai, elle est nue, sans identité. Ses vêtements ont disparu, arrachés par les courants de la rivière, ultra violents en cette saison. Même son visage n’existe plus, comme dilué. Mais il y a ses longues tresses, sa bague, son collier… Et puis ce corps noir. Instantanément, dans la région, tout le monde comprend : une migrante s’est noyée en tentant de rallier Briançon depuis la frontière italienne. 

Cette mort que l’on redoutait tant, ce « cadavre du printemps » que les bénévoles des Hautes-Alpes s’imaginaient trouver avec la fonte des neiges au col de Montgenèvre, ou plus sûrement au col de l’Échelle, si piégeux, a finalement surgi des eaux. La Durance ?« Ce n’est pas qu’elle est méchante, écrivait Jean Giono. Mais pour elle, le bien et le mal, c’est pareil. »

Voilà donc le premier cas recensé, dans les Hautes-Alpes, d’un·e exilé·e qui perd la vie en pénétrant sur le territoire français – des dizaines sont décédés en essayant plutôt de le quitter du côté de Calais.

Ce ne sera pas le dernier cadavre. À peine cet article était-il rédigé que le parquet de Gap annonçait la découverte d’un second corps non identifié, toujours noir, masculin cette fois, sur un chemin près de Montgenèvre. Pour les militants locaux, épuisés par un hiver de mobilisations et de maraudes, écœurés par les opérations médiatiques des « identitaires », c’est le choc. « Leur » frontière ne se contente plus de blesser, ou de geler pieds et mains en série, elle tue.

Vendredi 18 mai, à l’issue d’une analyse ADN, le procureur de Gap a mis officiellement un nom sur la dépouille de la Durance, confirmant l’identité que les bénévoles avançaient depuis déjà plusieurs jours : il s’agit de Blessing Matthew, Nigériane de 20 ans, qui ne donnait plus signe de vie depuis la nuit du 7 mai, date de son départ de « Chez Jesus », un refuge autogéré situé côté italien, à 1 800 mètres d'altitude, où dorment nombre de migrants avant de tenter la frontière.

« On fait nos comptes tous les matins », confie un membre de l’équipe. Les migrants appellent en général pour signaler qu’ils sont parvenus à Briançon sains et saufs après dix-sept kilomètres de marche (au bas mot) sans tomber sur des policiers. Le coup de fil de Blessing, lui, n’est jamais arrivé. C’est que, d’après divers témoignages, elle a justement croisé des forces de l’ordre à mi-chemin, au village de La Vachette, alors qu’elle avait fait le plus dur.

Encore floues, les circonstances de cette « rencontre » ont mis Briançon en ébullition. Car depuis des mois, des bénévoles pointent la dangerosité des contrôles en haute montagne et reprochent à certains policiers (ou gendarmes) de « jouer au chat et à la souris », d’abuser des « courses-poursuites », de recourir à des « méthodes de cow-boys », voire « des guet-apens » – les termes varient selon le degré de défiance accumulée et les opinions politiques. Or à La Vachette, hameau traversé de bout en bout par la Durance, gonflée à bloc par la fonte des neiges, chaque mètre de berge est un piège.

 

Ouverte dès l’apparition du cadavre par le parquet de Gap, une enquête pour « recherche des causes de la mort » est désormais censée reconstituer le scénario catastrophe.

Retrouvé par Mediapart sur le quai d’une petite gare déserte du Briançonnais, l’un des compagnons de marche de Blessing accepte de livrer un bout, au moins, de l’histoire.« Au départ de “Chez Jesus”, on était huit », raconte Roland une semaine après les faits, alors qu’il s’apprête à grimper dans un train de nuit pour Paris où il compte demander l’asile. « Une fois à La Vachette, vers 5 heures, on n’était plus que deux à attendre Blessing, qui était très fatiguée, avec des crampes. » Tendu, pas en confiance avec nous, Roland compte ses mots. « Tout à coup, des policiers [en tout cas des forces de l’ordre – ndlr] ont surgi avec des lumières et nous ont pourchassés. »

D’après lui, les trois migrants auraient détalé dans des directions différentes. Tandis que lui se cachait, le troisième homme, Hervé, aurait été interpellé. Qu’est-il arrivé à Blessing ? Roland n’en sait rien. Terrorisé, il est resté cloîtré dans son abri jusqu’à 9 heures du matin.

« Je l’ai trouvé en allant nourrir les poules, se souvient, de son côté, une habitante de La Vachette. Il m’a regardé, assoiffé, je l’ai vite fait rentrer dans la maison. Je ne voulais même pas qu’il prenne le risque d’aller ramasser son sac. » Aux militants venus le récupérer discrètement, Roland a confié alors ce qu’il aurait vu depuis sa cachette : des policiers qui cherchent au bord de l’eau, avec leurs torches, pendant des heures.

Ce témoignage central, le jeune « sans papiers » est allé le livrer aux gendarmes enquêtant sur la mort de Blessing, assisté par l’avocat du collectif « Tous migrants », avec son visage juvénile, ses mini-tresses et son collier long comme le bras. Courageux ?« Quelqu’un qui meurt comme ça, c’est triste. Je devais dire ce que je sais. » Mais voilà déjà que son train arrive, et il ne le raterait pour rien au monde.

Sollicités par Mediapart, ni le parquet de Gap, ni les services de gendarmerie, ni les services de police, n’ont souhaité confirmer, démentir ou commenter la présence de fonctionnaires la nuit du 7 mai à La Vachette. Encore moins préciser les modalités des contrôles éventuellement opérés, voire les secours sollicités – pourquoi pas ?

Au nom du secret de l’enquête, le verrouillage est parfait.

« Les forces de l’ordre sont coupables », tranche la grande sœur de Blessing, 36 ans, alertée par des militants, arrivée en catastrophe depuis sa résidence du sud de l’Italie (où elle vit avec des papiers). Non pas qu’elle soupçonne des gendarmes ou des policiers d’avoir poussé sa sœur à l’eau. « Mais quand vous acculez quelqu’un au bord d’une fenêtre et qu’il tombe, c’est comme si vous le poussiez. Et même s’il s’avère qu’ils ont cherché Blessing ensuite pendant des heures, ça ne suffit pas. Dans ces cas-là, tu appelles des renforts, tu fais venir des chiens, tu cherches, tu cherches encore ! Les agents français qui mettent les immigrés en danger comme ça, la nuit, dans le froid, ils sont coupables. » Christina ne pleure pas. Sa colère est comme ses yeux, sèche et noire.

Quand Mediapart la rencontre, côté italien, la justice n’a pas encore identifié formellement le cadavre. Ce jour-là, Christina se présente donc au poste-frontière, au milieu des touristes et des télésièges à l'arrêt, pour réclamer de voir la dépouille, aider comme elle peut la justice. Elle se voit refuser l’entrée. À la place, les gendarmes prélèvent son ADN : c’est l'échantillon qui, in fine, permettra l’identification du cadavre.« Mon ADN est autorisé à rentrer en France mais pas moi pour voir le corps de ma sœur ! », s’indigne Christina, dont la mère, au Nigeria, ignore encore tout du drame.

« Je ne veux pas lui annoncer par téléphone sans personne pour la soutenir, confie la grande sœur, dans son blouson à fleurs, avec des boucles d’oreilles en forme de cœurs.Alors j’ai envoyé mon frère la prévenir. » Protestante, Christina a quitté le delta du Niger depuis dix ans déjà, dix ans qu’elle n’a pas vu la petite, qui ne lui avait rien confié de son périple. Mais Christina sait tout, bien sûr, des dangers du voyage, des naufrages en Méditerranée, des violences sexuelles. « Et Blessing qui meurt noyée en France… »

Elle s'emporte soudain : « Vos dirigeants acceptent le président corrompu du Nigeria, le pétrole du Nigeria, mais pas ses citoyens ? Il y a si peu de réfugiés chez vous en comparaison de l’Italie ou de la Libye ! » Pas une once de sentimentalisme, le discours est politique pendant une heure et demie. À un souvenir près, qui ressurgit.

« Quand Blessing était enfant, on lui disait toujours : « Tu es trop petite, tu ne vas pas y arriver ! » Mais elle essayait quand même et elle y arrivait toujours. Elle voulait tout essayer. » Que dire, désormais ? « Je veux qu’elle soit la première et la dernière à mourir ici, souffle Christina. Il faut que la France change. » Pour que les gens réalisent, elle accepte de montrer un cliché de Blessing, assez daté déjà, qu'elle trouvait si joli.

« Les maraudeurs ont sauvé plus de vies que moi comme chirurgien »

Attablés dans le jardin de « Chez Jesus », le refuge autogéré de Claviere en Italie, ouvert cet hiver en urgence dans le soubassement d’une église, deux Français confient recevoir moult témoignages de migrants sur des forces de l’ordre qui « surgissent de façon effrayante, braquent leurs torches, leur courent après ». Dans ces cas-là, « tu réfléchis pas, tu cours aussi ! Et ça produit inévitablement des accidents ».

Révoltés par ces contrôles à répétition, qu’ils assimilent à des « mises en danger d’autrui », ils résument l’absurdité de la situation : « Les migrants qui dorment ici arrivent tous à passer, certes en plusieurs fois s’ils sont interpellés et ramenés en Italie, mais ils finissent par passer. Sauf les plus vulnérables : enfants, femmes enceintes, personnes handicapées… Ce système de répression est tel que la sélection, en fait, elle est physique. »

Interrogé sur le nombre de « blessés de la frontière » recensés en bas, à Briançon, Max Duez, chirurgien récemment retraité, tient toutefois à relativiser le nombre d’accidents. Ce motard aux cheveux ébouriffés, communiste hyper actif à « Refuges solidaires » (l'association qui héberge des exilés dans un bâtiment mis à disposition par la ville) se souvient surtout des deux Guinéens tombés dans un ravin l’été dernier (dont un souffre encore de lourdes séquelles), effrayés par des gendarmes qui planquaient dans un tunnel. « Cette année, on a vu aussi une fracture ouverte de la cheville. »

Mais sinon, Max Duez est surtout confronté à des blessures mal soignées (que les exilés traînent depuis la Libye), de l’hypertension, de la gale ou encore des parasitoses, et bien sûr des gelures en bataille. « Quand ils ont les pieds dans la bassine d’eau chaude, je fais aussi beaucoup de psy, souffle Max Duez. En résumé, cette année, les maraudeurs ont sauvé bien plus de vies que moi. »

Pas hostile dans l’absolu aux contrôles des forces de l’ordre, respectueux des sauvetages assurés par le peloton de gendarmerie de haute-montagne (PGHM), le traumatologue s’interroge. « Les contrôles en milieu dangereux, que ce soit en Méditerranée ou en haute-montagne, c’est inacceptable. Alors comment faire mieux ? Peut-être faudrait-il circonscrire les contrôles sur les routes? Moi, je n’ai pas les réponses, mais je sais qu’il faut poser des questions. »

Dans un récent communiqué, la préfète des Hautes-Alpes a cependant réaffirmé, sans ciller, « sa confiance dans les forces de l'ordre quant au respect [des] règles » de déontologie, qui imposent de « veiller à se comporter de manière exemplaire en toutes circonstances, [à] tenir compte de la nature des risques et menaces de chaque situation ». Une réplique directe au collectif « Tous migrants » de Briançon.

Il y a quelques jours, les bénévoles ont en effet déposé un signalement dans le casier du procureur de la République, dénonçant un chapelet d’infractions potentiellement commises, à leurs yeux, par les forces de l’ordre dans la nuit du 7 mai à La Vachette (« non assistance à personne en danger », « mise en danger délibéré de la vie d’autrui »,« homicide involontaire par imprudence, négligence, ou manquement à une obligation de sécurité », etc.). L'an dernier, ils n'avaient pas admis, déjà, que l'enquête ouverte sur la chute des deux Guinéens soit classée sans suite, « en l’absence d’infractions »identifiées par le parquet.

« Cette mort, c’est l’affaire de trop », juge Michel Rousseau, l’une des figures du collectif, rencontré sur le pont de La Vachette alors que des bénévoles affluent par dizaines pour une veillée funèbre organisée en mémoire de Blessing, avec des lilas dans les bras.

 Il faut bannir les guets-apens, clame cet ancien syndicaliste. Sinon, il est où le principe de “discernement” prévu dans le code de la sécurité intérieure ?! Au collectif, nous disons qu’il y a des pratiques illégales. Et on nous reprocherait de dire des bêtises ? Mais alors le Défenseur des droits ? La CNCDH ? Le pape ? L’évêque ? Le tribunal administratif de Nice ? Ce seraient tous des bandits ? » Dans la nuit qui tombe, deux migrants venus du refuge de Briançon brandissent une enceinte qu’ils portent à l’épaule comme on soulève un cercueil.

 

Benoît Ducos prend le micro. Son visage, la France entière l’a découvert cet hiver quand il a secouru une femme enceinte sur le point d’accoucher sous la neige,illico conduite vers l’hôpital avec son mari et leurs deux enfants, ce qui lui a valu une convocation à la police aux frontières. « Il est où le discernement ? », répète cet ancien pisteur, épuisé par un hiver de maraudes dans la poudreuse. Silence de mort. Sous ses pieds, la Durance gronde.

Sur le petit pont de La Vachette, on ne distingue plus grand-chose, tout juste le blanc des sommets, tout là-haut, et des larmes qui coulent sur la joue du montagnard.

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21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 12:24

Co-voiturage à partir de Morlaix pour les manifs de Brest et Quimper du mardi 22 mai pour la Fonction Publique à partir de Morlaix: 

de l'ancienne parking de la bio-COP derrière le Feu Vert: 

8h30 pour Quimper 

10h pour Brest

Pour les manifestations de 11h à Quimper et à Brest. 

Soyons nombreux et déterminés! 

Grève nationale et manifestation du 22 mai: adresse du PCF aux agents de la Fonction Publique - co-voiturage à partir de Morlaix pour les manifestations de BREST et QUIMPER à 11H
Grève nationale et manifestation du 22 mai: adresse du PCF aux agents de la Fonction Publique - co-voiturage à partir de Morlaix pour les manifestations de BREST et QUIMPER à 11H

Les organisations syndicales CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FSU, Solidaires et UNSA appellent à une journée de grève ce mardi 22 mai 2018.

 

C'est le service public qui est menacé par des projets qui ont pour finalité:

 

  • L’abandon au secteur privé de certaines missions

 

  • La mise en concurrence de services aujourd’hui assurés en partie par l’État et les collectivités

 

  • La réduction des moyens des services publics avec la suppression de 120 000 emplois

 

  • La réduction des protections des agents publics

 

 

Comment se passer aujourd’hui de toutes et tous ces agents-es qui, chaque jour, font vivre la Fonction publique ?

 

Lire en P.J. le détail de l'analyse et des revendications

 

Il n'est plus possible de laisser faire sans réagir et clamer haut et fort:

 

  • l’arrêt des suppressions d’emplois et les créations d’emplois statutaires nécessaires
  • un plan de titularisation des contractuels et de nouvelles mesures pour combattre la précarité
  • la préservation du statut général des fonctionnaires
  • l’amélioration du pouvoir d’achat pour toutes et tous les agents-es
  • l’ouverture de discussions pour répondre mieux aux besoins de la population et permettre aux agents-es de remplir correctement toutes les missions des services publics (formation, conditions de travail...)

 

 

Manifestations le 22 mai à 11h à:

Brest (place de la Liberté)

Quimper (place de la résistance)

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