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18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 15:07
Ce ne sont pas les prestations sociales qui maintiennent les gens dans la pauvreté: Christian Favier, président communiste du conseil départemental du Val-de-Marne

« On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas » … « les gens pauvres restent pauvres ».  Avec ces propos, le Président de la République assume un choix politique dangereux pour la cohésion sociale de notre pays. Celui de stigmatiser 7 millions de français, enfants compris, qui, grâce à la solidarité nationale, et malgré des réalités quotidiennes particulièrement difficiles, peuvent vivre dans la dignité.

Créteil, le 14 juin 2018

 

Plus que toute autre chose, ces mots sont déconnectés de la réalité. Aujourd’hui, 33% des personnes éligibles au RSA ne le demandent pas.   Surtout, 83% des ayants droits suivent un parcours d’insertion professionnelle. Tous les indicateurs démontrent ainsi que notre système de solidarité nationale est un des plus efficaces d’Europe.

Ce ne sont donc pas les prestations sociales qui maintiennent les gens dans la pauvreté. La pauvreté existe parce que l’on compte 5,2 millions de demandeurs d’emplois pour seulement 1,7 millions de projets d’embauches. La pauvreté s’aggrave lorsque la politique fiscale gouvernementale est érigée au profit des 5% les plus riches, quand les autres sont écrasés par une fiscalité injuste. La pauvreté prospère parce que l’Etat contraint les Collectivités à réduire les moyens de leurs ambitions dans leurs actions de proximité.

Le montant des minima sociaux représente 1% du PIB. C’est trois fois moins que les 80 milliards d’euros de fraude fiscale. L’argent existe donc pour investir dans l’emploi, dans les salaires et les pensions, dans la formation et dans l’éducation.

Aujourd’hui, l’Etat doit plus d’1 milliard d’euros au Conseil départemental du Val-de-Marne dans la non compensation du transfert des allocations de solidarité. Malgré cela, nous prenons nos responsabilités pour continuer des politiques utiles et d’inclusions sociales et, face aux difficultés de la vie, toujours tendre la main à celles et ceux qui ont besoin d’un coup de pouce pour mieux se relever.

 

Christian Favier,
Président du Conseil départemental du Val-de-Marne (PCF)

Ce ne sont pas les prestations sociales qui maintiennent les gens dans la pauvreté: Christian Favier, président communiste du conseil départemental du Val-de-Marne
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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 06:50
Retraites, le nouveau chantier de démolition
DIEGO CHAUVET
JEUDI, 14 JUIN, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE

Le coup d’envoi de la future réforme des retraites vient d’être donné. L’objectif du gouvernement : remplacer le système actuel, basé sur la répartition, par une capitalisation à peine déguisée. à la clé, des pensions toujours plus basses.

Après le Code du travail, les cotisations sociales, l’ISF ou encore la SNCF, le gouvernement vient de donner le coup d’envoi de son prochain grand chantier de démolition sociale : sa réforme des retraites. C’est le 31 mai que le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a lancé une « première expédition citoyenne dans le futur de notre système de retraite ». Une réunion de 20 « citoyens », en fait, au ministère des Solidarités et de la Santé, en présence du haut-commissaire et un intitulé alléchant : « En 2040, tous égaux dans le nouveau système de retraite ». Dans la foulée, le gouvernement a ouvert un site Internet (1) au moyen duquel il annonce donc lancer une grande consultation des Français dans la perspective d’un futur projet de loi prévu à l’horizon fin 2019-début 2020. Et le ton est donné, puisqu’il s’agit, dans la présentation qu’il en fait, d’instaurer l’égalité pour tous dans un nouveau système de retraite qui viendrait de surcroît régler les problèmes de financement.

La méthode est donc en soi biaisée. On trouve dans les questions qui sont débattues lors des « expéditions citoyennes » des idées avec lesquelles on ne pourrait qu’être d’accord (l’égalité) et des préoccupations futuristes éliminant notamment les syndicats, représentants des salariés et des retraités… voire toute décision politique : « Quelles seront les conséquences à moyen terme si une intelligence artificielle décidait tous les cinq ans du niveau des pensions en fonction de l’espérance de vie moyenne actualisée et de la croissance du pays ? » peut-on lire dans le résumé des sujets en débat le 31 mai dernier. Ainsi, donc, le simple fait de poser cette question permettrait de dessiner une solution qui viendrait à bout de toutes les revendications. L’intelligence artificielle, solution miracle pour le Medef !

Nous vendre le modèle suédois
Plus sérieusement, Emmanuel Macron tente de nous vendre une réforme en s’inspirant, dit-il, du modèle suédois… Il s’agit de la retraite par points. Exit les trimestres de cotisation, on compterait désormais les droits à la retraite en euros sonnants et trébuchants : accumulés tout au long de la carrière, ils formeraient à la fin un capital qui serait donc reversé sous forme de rente. La retraite par points n’est rien d’autre qu’une forme de retraite par capitalisation. Là encore, le gouvernement nous tend un miroir aux alouettes. Si les retraites ne sont plus calculées en fonction des trimestres cotisés, l’âge légal de départ pourrait lui-même disparaître… « Que se passerait-il dans vingt ans si chacun pouvait décider de partir à la retraite quand il le souhaite ? » interroge le site officiel de la consultation en ligne. En somme, il suffirait de compter ses points, et si on estime en avoir assez, choisir de partir un peu plus tôt que prévu. Mais l’âge légal de 62 ans restera en vigueur, et le Medef veille à ce que l’on rende le mécanisme suffisamment dissuasif, en mettant en place de nouvelles décotes, pour pousser les salariés à travailler plus longtemps, soit à s’aligner sur les 65-67 ans en vigueur dans d’autres pays européens.

Evincer les syndicats
En attendant un contenu qui va être appelé à se préciser dans les mois qui viennent, la méthode choisie par le gouvernement relève déjà en soi de la manipulation. Avec cette consultation en ligne et les quelques dates « d’expéditions citoyennes » à venir, il s’agit d’une véritable opération d’enfumage des citoyens et de contournement des syndicats. Avec cette méthode, le gouvernement cherche à faire croire qu’il pourrait obtenir l’assentiment des « Français », qu’il opposerait ainsi aux organisations syndicales qui ne manqueraient pas de s’élever contre cette réforme. Cette apparence « démocratique » n’est qu’un nouvel avatar de la stratégie utilisée par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne de 2012. L’ex-président s’en était alors violemment pris aux « corps intermédiaires qui font écran entre l’État et le peuple ».

(1) Sur https ://participez.reforme-retraite.gouv.fr/projects

Journaliste à l'Humanité Dimanche
Retraites, le nouveau chantier de démolition (Diego Chauvet, l'Humanité Dimanche - 14 juin 2018)
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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 05:58
La fusion entre Fincantieri et Naval Group, l’autre dossier entre la France et l’Italie (Médiapart - Martine Orange, 15 juin 2018)
La fusion entre Fincantieri et Naval Group, l’autre dossier entre la France et l’Italie
 PAR 

 

En dépit des tensions diplomatiques, le nouveau premier ministre italien avait une bonne raison de se rendre à l’Élysée : discuter de l’avancement du projet de rapprochement entre les chantiers publics navals italiens Fincantieri et les anciens arsenaux français Naval Group.

 

n dépit des tensions diplomatiques entre la France et l’Italie sur l’immigration, il y avait une bonne raison pour que le nouveau premier ministre italien rencontre, malgré tout, Emmanuel Macron ce vendredi 15 juin à l’Élysée. Pas plus que son prédécesseur, Giuseppe Conte ne veut laisser passer la chance historique que lui offre le gouvernement français actuel : réaliser une fusion entre les chantiers navals italiens Fincantieri et Naval Group (ex-DCNS).

Alors que le groupe public naval italien a déjà récupéré 50 % des chantiers de Saint-Nazaire pour 80 millions d’euros – les actifs du chantier sont estimés entre un et deux milliards d’euros –, le gouvernement français propose de prolonger la coopération en y adjoignant les anciens arsenaux militaires. « C’est le gros lot offert par la France pour faire oublier le clash avec l’Italie au moment de l’affaire STX France », grince un proche du dossier. Le gouvernement français avait alors violemment froissé Rome, en annonçant en juillet 2017 la pseudo-nationalisation des chantiers de Saint-Nazaire pour s’opposer à la prise de contrôle de Fincantieri.

Le dossier est complexe. Pourtant, côté français, on semble pressé d’aboutir : les deux gouvernements espèrent, selon nos informations, pouvoir annoncer ce grand projet en octobre, à l’occasion du salon Euronaval. Le sujet est quasi exclusivement discuté par l’Élysée, sous la direction d’Alexis Kohler, et par Bercy ; le ministère de la défense, pourtant le premier concerné, semble jouer les supplétifs, afin de contourner l’opposition de l’armée.

Dans un premier temps, le rapprochement se ferait par un échange de participations de l’ordre de 10 % : Thales, actionnaire à hauteur de 35 % de Naval Group, aux côtés de l’État, actionnaire à hauteur de 62 %, serait appelé à rétrocéder 10 % aux Italiens. Par la suite, les échanges de participations pourraient monter à 35 % ou davantage, au fur et à mesure que des programmes communs seraient élaborés. Il s’agirait de concevoir et de réaliser en commun de nouveaux bâtiments de surface, de mutualiser les efforts de recherche et de développement, de réaliser des synergies – en d’autres termes, des économies – grâce à la mutualisation des achats.

Le nom du projet est déjà tout trouvé. Pour le gouvernement, il s’agit de construire un « Airbus de la mer ». Le seul nom fait déjà frémir nombre d’observateurs, qui redoutent que l’Airbus de la mer ne devienne l’équivalent de l’Airbus du rail entre Siemens et Alstom. « Un nouveau bradage industriel français se prépare », dénonce une partie de l’encadrement et des salariés de Naval Group, qui multiplient les alertes auprès de tous les experts et décideurs politiques. À leurs côtés, de nombreuses voix, tant du côté industriel que militaire, se font entendre pour dénoncer ce mariage qui n’a rien d’égal, où DCNS risque de passer sous contrôle italien, désintégrant au passage la filière industrielle maritime ou ce qu’il en reste.

Car même si Fincantieri affiche un chiffre d’affaires (5 milliards d’euros) plus gros que Naval (3,7 milliards), les compétences entre les deux groupes sont loin d’être équivalentes. D’un côté, le groupe italien est d’abord et surtout un constructeur de bateaux de commerce et ne fabrique pas de coques de navire militaire. De l’autre, DCNS a grandi en développant des bateaux militaires totalement intégrés, à l’image des frégates Fremm (celles vendues pour plus d’un milliard d’euros par Sarkozy aux Russes).

Il s’appuie sur une coopération poussée avec Thales en matière de système d’armement et d’électronique embarquée, désormais beaucoup plus importants que les bâtiments. De plus, c’est DCNS qui conçoit et fabrique les sous-marins nucléaires, la partie la plus importante de la dissuasion française. C’est toute cette intégration, cette filière industrielle qui, selon des connaisseurs du dossier, est menacée, au risque de laisser la défense nucléaire orpheline car coupée du reste de l’entreprise, de ses recherches, de ses travaux.

Dans les discussions en cours, selon nos informations, c’est Fincantieri qui demande la direction des opérations. Le président du groupe italien, Giuseppe Bono, s’estime en position de force après avoir remporté au Qatar un contrat de cinq corvettes équipées, son premier grand contrat de ce type, obtenu semble-t-il après de nombreuses concessions et marchandages. S’appuyant sur ce succès, le groupe italien revendique aussi d’avoir le contrôle de certains marchés d’exportation substantiels comme le Brésil, bien que Naval Group y soit un fournisseur important et de longue date. De même, il pousse pour être le maître d’œuvre des futurs programmes, en s’appuyant sur ses fournisseurs et ses sous-traitants.

Thales a tout de suite vu le danger. Il craint de ne plus être le fournisseur exclusif de la défense française et de se retrouver exclu ou en position minoritaire des futurs contrats au bénéfice de son concurrent italien, Leonardo. « Nous sommes davantage qu'un actionnaire, puisque nous avons apporté en 2007 nos systèmes de combat en échange d'une montée dans le capital du constructeur naval, afin de partager notre destin. Quand on fait la frégate FTI avec Naval Group, c'est comme pour le Rafale avec Dassault, c'est une alliance à la vie, à la mort », a expliqué fin mai le PDG de Thales, Patrice Caine, lors de son assemblée générale. Et pour asseoir son opposition à ce projet, il menace de ne pas céder une seule action de Naval Group s’il ne récupère pas ses systèmes de combat.

La demande est jugée inacceptable par le gouvernement et par le PDG de Naval Group, qui veulent à tout prix voir aboutir l’opération. Ceux-ci cherchent par tous les moyens à tordre le bras au président de Thales. Car sans lui, rien ne peut se conclure.

« Macron a remis en cause la doctrine de la France sur la défense »

Cela fait longtemps que la France souhaite un regroupement des capacités de construction navales en Europe, afin de réduire les coûts de développement et les surcapacités. Pendant des années, les gouvernements allemand et français ont regardé si un rapprochement était possible entre leurs chantiers navals. Le projet n’a jamais pu aboutir. « Il aurait fallu sacrifier soit Kiel, soit Cherbourg. Aucun des États n’était prêt à un tel sacrifice », explique un connaisseur du dossier. L’idée a donc été enterrée. 

En parallèle, des conversations ont été engagées avec l’Italie, sans que cela n’aille très loin. Jusqu’à ce que Hervé Guillou soit nommé président de DCNS en 2014. Ingénieur de l’armement, passé chez EADS où il a travaillé aux côtés de Tom Enders, alors président de la branche défense (Cassidian, devenu Airbus Defence & Space), avant de reprendre lui-même la présidence de cette unité, Hervé Guillou rêve dès son arrivée chez DCNS – qu’il renomme Naval Group – à une grande alliance européenne.

Il commence donc à travailler sur des hypothèses de rapprochement avec le groupe public italien Fincantieri. Plusieurs scénarios sont alors évoqués sous le nom de Magellan, Magellan +, Magellan ++, qui échafaudent un rapprochement plus ou moins poussé avec Fincantieri. Mais le projet capote. Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la défense de François Hollande, s’oppose à ce rapprochement, considéré tant par les militaires que par les industriels comme une perte de compétences et de contrôle dangereuse pour la défense.

L’arrivée d’Emmanuel Macron change radicalement la perspective. Sous l’influence d’Hervé Grandjean, concepteur de son programme de défense dans le cadre de la campagne présidentielle, devenu conseiller industriel au ministère de la défense, le président de la République n’a plus du tout la même approche des questions stratégiques.

 

« Peu de personnes y ont pris garde. Mais lors de son intervention au Bourget [le 20 juin 2017], Emmanuel Macron a totalement remis en cause la doctrine traditionnelle de la France en matière de défense. Tandis que jusqu’alors tout reposait sur la conception de l’autonomie nationale stratégique, il a parlé de compétences partagées, de dépendance mutuelle. En gros, on partage tout avec les autres Européens, au nom d’une défense commune qui risque de ne jamais exister. En matière de défense, les Européens ne sont d’accord sur rien. Et il n’y a que la France qui mette ses compétences en partage. Tous les autres les conservent soigneusement », dénonce un opposant à ce changement de doctrine.

Ce jour-là, tous les observateurs relèvent qu’Hervé Guillou est au premier rang pour écouter le discours présidentiel du Bourget. Il attend son heure, qui ne tarde pas à venir. Alors que le conflit avec Rome s’envenime en juillet 2017, après l’annonce de la nationalisation de STX, le président de Naval Group s’empresse de ressortir son dossier Magellan et d’aller le vendre auprès du gouvernement.

Proposer une grande alliance avec Fincantieri dans le domaine militaire maritime, voilà la bonne solution pour sortir par le haut de la brouille diplomatique avec le gouvernement italien et amener Fincantieri à accepter des concessions sur Saint-Nazaire comme le demandent les grands clients du chantier, à commencer par MSC. Dès sa visite à Rome début septembre, Bruno Le Maire, qui est chargé de déminer le dossier, commence à parler de ce projet. L’idée est tout de suite acceptée par le gouvernement italien : il n’en espérait pas tant, surtout à de telles conditions.

Depuis, le projet de rapprochement chemine rapidement. Outre l’opposition de Thales, le seul vrai point d’achoppement semble être la bataille des égos entre le président de Naval Group et Fincantieri, l’un et l’autre réclamant tout le pouvoir. C’est ainsi que se décide la politique industrielle et de défense française pour le gouvernement. Au vu des précédents d’Alstom, de Technip ou de Saint-Nazaire, menées avec la même logique par Emmanuel Macron, il y a tout à craindre.

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16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 05:28
On va met un pognon dingue dans les minimas sociaux - c'est MACARON l'homme aux millions qui l'dit!

La sortie d'Emmanuel Macron sur les minima sociaux n'est pas passée inaperçue. La vidéo, qui circule partout, a été diffusée par les services de l'Elysée. 

Dans un langage de charretier, le Président déclare : "On met un pognon de dingue dans les minima sociaux (...). On met trop de pognon, on déresponsabilise."

Un tel langage est sans doute destiné à "faire peuple" et à contrebalancer son image de Président des riches. En clair, il veut dire que nous dépensons trop d'argent pour les pauvres, qui sont responsables de leur situation.

Celles et ceux, qui, à " La République en marche", commençaient à réclamer un tournant social de la politique gouvernementale peuvent aller se rhabiller.
Pour paraphraser le Président, je serais tenté de dire : "On met un pognon de dingue dans les exonérations fiscales et sociales, dont bénéficient, en priorité, les entreprises du CAC 40: crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi : 44 milliards d'euros, crédit d'impôt recherche : 7 milliards d'euros, exonérations de cotisations pour la sécurité sociale : 28 milliards d'euros, par an.

Cela déresponsabilise leur direction et ne résout pas le chômage

Mais cela, Macron ne l'a pas dit. Il est tellement plus simple de cibler les pauvres, ceux qui "ne sont rien", comme il le dit tout aussi élégamment. 

Puisqu'il est beaucoup question de "pognon de dingue", ces jours-ci, l'actualité de ce vendredi nous en livre un brillant exemple.
Le groupe Carrefour réunit aujourd'hui l'assemblée générale de ses actionnaires. Un plan massif de suppressions d'emplois est en cours : 2400 au siège social, 1800 dans les ex-magasins Dia; dont 243 seront fernés sur 273, 485 dans le réseau des hypermarchés. Notons, au passage, que Carrefour ne se sera guère démené pour trouver des repreneurs des magasins Dia, qu'ils avaient rachetés. Cette blague! On ne va pas nourrir la concurrence.
Dans ces conditions, nous aurions pu penser que les dirigeants du groupe seraient modestes sur les rémunerations qu'ils s'attribuent. Et bien, pas du tout. C'est même le contraire.
L'ex-PDG, Georges Plassat, qui a exercé jusqu'à mi-2017, a perçu 13,1 millions d'euros de revenus fixes, auxquels s'ajoutent 900 000 euros de revenus variables, le tout pour 6 mois. Le tableau ne serait pas complet si nous omettions ses 140 000 actions qu'il possède dans le groupe, pour une valeur de 3 millions d'euros, qu'il pourra percevoir l'année prochaine. Il disposera, par ailleurs, d'une retraite de 517 000 euros par an..
Le nouveau PDG, Alexandre Bompart, quant à lui, aura perçu, pour les 6 derniers mois de 2017, 1,9 million d'euros. Il fait presque figure de parent pauvre.
Il y a, en outre, toutes les chances pour que l'assemblée générale des actionnaires ne trouve rien à redire sur ce pont d'or à l'ancien PDG. Eux-mêmes se seront partagé 350 millions d'euros au titre des dividendes de 2017, soit environ 50% des bénéfices annuels réalisés;
A l'inverse, les salariés se seront vus attribuer une prime annuelle, au titre de l'intéressement aux bénéfices, de...57 euros; Il aura fallu qu'ils fassent grève pour que la somme soit portée à 557 euros.
Pour paraphraser Emmanuel Macron, il existe bien des premiers de cordée, mais, derrière eux, il n'y a pas de cordée.

Patrice Carvalho, ancien député communiste de l'Oise (jusqu'en 2017) - 14 juin 2018

On va met un pognon dingue dans les minimas sociaux - c'est MACARON l'homme aux millions qui l'dit!
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15 juin 2018 5 15 /06 /juin /2018 15:53
Aidants familiaux: l'amendement défendu par le député Pierre Darhéville et le PCF adopté (La Marseillaise, 14 juin 2018)

Aidants. L’amendement défendu par le PCF adopté

 

L'Assemblée nationale a décidé hier à la quasi-unanimité d'améliorer les droits à la formation pour les proches aidants, en adoptant un amendement communiste, porté par Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône.

Ancien rapporteur d'une mission sur les aidants, l’élu a souligné qu'à l'heure actuelle, « aucun dispositif spécifique ne permet de soutenir les droits à la formation afin d'envisager un retour à l'emploi ou une reconversion professionnelle ». Et ce alors que « le rôle d'aidant se traduit bien souvent par un renoncement total ou partiel » à l'activité professionnelle. Une information sur laquelle nous reviendrons dans nos colonnes.

La Marseillaise, le 14 juin 2018

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15 juin 2018 5 15 /06 /juin /2018 10:52
Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat

Explications du vote Contre du groupe CRCE

Ferroviaire : "Ces tenants de l’ultralibéralisme qui veulent danser sur la dépouille de la SNCF"

vendredi 15 juin 2018

Le 14 juin, le Sénat a adopté les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire.

Les sénateurs communistes ont voté CONTRE

Explications de leur vote :

"A l’occasion du vote des conclusions de la Commission mixte paritaire, le groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) rejette une fois de plus ce pacte ferroviaire agité comme un trophée par tous les tenants de l’ultralibéralisme qui veulent danser sur la dépouille de la SNCF" dénonce Eliane Assassi, présidente du groupe.

"Lors des explications de vote la semaine dernière, un sénateur a vomi pendant quatre minutes trente sur les sept qui lui étaient dévolues sa haine des cheminots, des syndicalistes et des communistes. La confrontation d’idées n’autorise pas les insultes.

Cette CMP ne clôt que provisoirement le débat parlementaire puisqu’il nous faudra encore ratifier de nombreuses ordonnances. Notre groupe sera un opposant déterminé à tout recul du service public. Notre boussole ne varie pas : c’est l’intérêt général et le respect des droits de nos concitoyens.

Le compromis trouvé entre majorités présidentielle et sénatoriale ne nous surprend pas, nous avions constaté leur volonté partagée d’en finir avec l’histoire publique du rail en changeant le statut de la SCNF. Or la libéralisation s’accompagne toujours d’une dégradation du service, de l’abandon des activités non rentables, d’un changement de logique. L’exemple du gaz est éclairant, si j’ose dire (Sourires) : le service public a été livré au privé, pour le plus grand bonheur des actionnaires d’Engie : plus 333 % de dividendes de 2009 à 2016 ! Cela fait un « pognon dingue », comme dirait l’autre... (Rires) Pendant ce temps, le taux de participation des salariés était de 1 % et les tarifs augmentaient de 80 % pour les usagers !

Le Gouvernement misait sur une division syndicale après l’examen au Sénat, il n’en est rien. Les cheminots restent mobilisés. Les pseudo-garanties apportées en cas de transfert n’ont pas rassuré les agents. Les amendements « très sociaux » du rapporteur n’auront pas pu cacher votre sombre dessein : la fin programmée du statut et le renvoi à une nouvelle convention collective sans doute moins favorable. C’est un mépris inacceptable envers les acteurs quotidiens du ferroviaire. À croire que l’on voulait la peau des cheminots, prélude à d’autres régressions.

Notre groupe continue à demander le retrait de ce texte" déclare E. Assassi."

Elle poursuit son intervention en expliquant que "l’avenir du rail, c’est la maîtrise publique. L’avenir, c’est la démocratisation de l’entreprise publique, la relance du fret ferroviaire comme outil de transition écologique, la fin de l’avantage concurrentiel de la route et des cars Macron - pour que la France respecte enfin ses engagements internationaux en matière d’émissions de gaz à effet de serre. L’avenir, ce sont aussi des trains plus nombreux, sûrs, ponctuels. Moderniser le service, c’est d’abord moderniser des installations vétustes. Pour cela, la concurrence ne changera rien. Il faut des financements.

Notre groupe avait proposé une taxe poids lourds pour financer les infrastructures, un versement transport régional, une baisse de TVA sur les services de transports, une renationalisation des autoroutes. Vous avez éludé, Madame la Ministre. Nous prenons acte et réitèrerons ces propositions à l’occasion de la loi d’orientation des mobilités.

En attendant, notre groupe votera contre ce texte porté par les tenants de l’ultralibéralisme qui veulent danser sur la dépouille de la SNCF."

La réforme ferroviaire définitivement adoptée

vendredi 15 juin 2018

14 juin 2018, le Sénat a adopté, par 245 voix pour et 83 voix contre (voir les résultats du scrutin public), les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire, ainsi considéré comme définitivement adopté.

Parmi les apports du Sénat, figurent dans le texte définitif des dispositions visant à :

- préciser le caractère incessible du capital de SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités ;
- renforcer, par plusieurs dispositions, les garanties offertes aux salariés, notamment, en portant à huit ans la durée pendant laquelle les salariés transférés pourront demander à réintégrer le statut en cas de réembauche au sein du groupe SNCF ;
- préserver les dessertes TGV utiles à l’aménagement du territoire ;
- assurer la soutenabilité des redevances d’infrastructure pour les services conventionnés (TER, Intercités, Transilien) afin de maintenir une desserte fine de tous les territoires ;
- poser les conditions d’une ouverture réussie à la concurrence et maintenir un haut niveau de sécurité et de sûreté au sein du système ferroviaire ;
- ouvrir les comités de suivi des dessertes aux associations représentant les personnes handicapées et aux élus des collectivités territoriales.

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15 juin 2018 5 15 /06 /juin /2018 05:24
🔴 Financer le capital avec l'argent des pauvres, c'est la ligne que l'Etat a choisie. Pour nous communistes, le partage des richesses est la seule ligne qui pourrait engager la France sur la voie du progrès !

🔴 Financer le capital avec l'argent des pauvres, c'est la ligne que l'Etat a choisie. Pour nous communistes, le partage des richesses est la seule ligne qui pourrait engager la France sur la voie du progrès !

POUR LES PAUVRES, MACRON, 
C'EST THATCHER ET SARKOZY REUNIS...
Il ose tout. Par mépris de classe. Emmanuel Macron reprend la fable de «l'assistanat». A la vue de la vidéo postée ce mercredi matin par les services de l’Elysée, où on le voit réfléchir à haute voix à son futur discours sur notre politique sociale, difficile ne pas être saisi par un sentiment de sidération et d’indignation. Ainsi, la France met «trop de pognon» dans le social. Outre la vulgarité, la preuve serait imparable: tout cet argent ne sert pas à grand-chose, puisque «les gens pauvres restent pauvres». Mais personne à ce jour, aucun homme politique, aucun responsable d’association, aucun acteur de terrain n’a osé soutenir que les minima sociaux étaient de nature à permettre aux pauvres de quitter leur condition. On ne sort pas de la misère avec 550,93 euros par mois (le montant du RSA pour une personne seule). On survit. On évite de sombrer. Tous les acteurs sociaux répètent la même chose: ces minima sociaux sont indispensables mais certainement pas suffisants. Mais le président va plus loin: il faudrait dorénavant «responsabiliser les pauvres». Derrière ce terme, chéri par la droite la plus libérale, Macron prend le risque de légitimer ce poison du fameux «assistanat» des plus démunis. Honte à lui. Les 9 millions de pauvres savent à quoi s'attendre...

Jean-Emmanuel Ducoin, journaliste à L'Humanité 

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15 juin 2018 5 15 /06 /juin /2018 05:00
Huffington Post
 

POLITIQUE - Marlène Schiappa persiste et signe. Pour appuyer la politique gouvernementale, la Secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes n'hésite pas à citer Karl Marx et Friedrich Engels, deux des théoriciens fondateurs du communisme. De quoi rendre le Parti communiste français rouge de colère.

"Toucher 550€ de RSA/mois ne permet pas de sortir de la pauvreté s'il n'y a pas d'accompagnement efficace vers le travail. Un vrai travail, un vrai salaire: voilà le projet du gouvernement!", a ainsi tweeté, mercredi 13 mai, Marlène Schiappa, dans la lignée de la petite phrase d'Emmanuel Macron sur le "pognon dingue" que coûteraient les minimas sociaux et les pauvres qui "restent pauvres".

Pour appuyer la vision du gouvernement, la Secrétaire d'État invoque l'auteur du "Manifeste du parti communiste" Karl Marx et sa célèbre citation: "l'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes."

Une récupération qui agace, notamment chez les communistes. Sur Twitter, le PCF accuse Marlène Schiappa de travestir l'histoire et répond à la secrétaire d'Etat: "Quand Marx parle de l'émancipation des travailleurs, c'est justement pour se débarrasser des gens comme vous qui défendez 'les intérêts conservateurs dont [vous êtes] l'humble valet'", dénonce le parti sur son compte.

 

Pas de quoi impressionner Marlène Schiappa. Après Karl Marx, la ministre n'a pas hésité à citer un autre penseur phare du communisme, Friedrich Engels. "Si l'humanité en arrivait à ne plus opérer qu'avec des vérités éternelles ayant une validité souveraine (...) cela voudrait dire qu'elle est au point où l'infinité du monde intellectuel est épuisée en acte comme en puissance" écrit-elle, avant de répondre plus frontalement aux communistes: "vous n'avez pas le monopole de Marx."

Et le PCF a une nouvelle fois répondu, moquant la "dialectique" de la ministre tout en glissant une petite pique sur le système d'orientation post-bac "Parcoursup", mis en place par le gouvernement et qui peine parfois à convaincre.

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14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 14:46
Le crime était presque parfait ! - adoption du pacte ferroviaire au Sénat (Fabien Gay, sénateur communiste)

Le crime était presque parfait ! - par Fabien Gay, sénateur communiste

La droite n’a eu de cesse de citer Lénine, Staline, ou encore Maurice Thorez. Ce qui me vient à l’esprit, c’est ce film d’Hitchcock.

Le Sénat a voté aujourd’hui, par 145 voix contre 82, le projet de loi portant « nouveau pacte ferroviaire ». Il ne leur aura fallu que quelques jours à l’Assemblée nationale, trois jours au sénat et une heure en Commission mixte paritaire pour casser 80 ans de service public du rail. C’est un travail d’expert, un ultra-libéralisme à la sauce Thatcher.

Pourtant, l’expression « pacte ferroviaire » a été, avec cette réforme, totalement galvaudée. Point de pacte, qui supposerait un dialogue et une décision concertée avec les cheminots et leurs organisations syndicales, les usagers et les citoyens de ce pays, ni de vision d’un réel développement de notre système ferroviaire dans cette réforme dogmatique. C’est une union entre les droites sénatoriale et gouvernementale pour porter un nouveau coup au service public.

L’absence totale d’un véritable projet d’aménagement du territoire, d’une stratégie sur les défis d’humanité que nous avons à relever, en particulier en termes d’environnement, ainsi que d’un projet de droit à la mobilité, font craindre le pire. Les marchandises à transporter vont tripler dans les décennies à venir, pourtant le transport par fret a diminué depuis la privatisation au début des années 2000. Nous ne le dirons jamais assez, il faut tirer les conclusions des ouvertures à la concurrence. Nous ne le dirons jamais assez, l’urgence environnementale impose des actions fortes. Ce texte va à l’encontre des discours présidentiels en la matière.

Cette réforme se fonde sur trois piliers. Tout d’abord, l’ouverture à la concurrence, qui a eu des effets désastreux dans tous les autres pays où elle a été mise en place ; l’explosion des prix, la détérioration des conditions de transport pour les usagers, la détérioration des conditions de travail pour les salariés, le manque d’investissement et d’entretien, les failles de sécurité…

Ensuite, la transformation des trois EPIC en SA, sans justification crédible et que l’on ne comprend malgré tout que trop bien -la préparation d’une future privatisation, notamment avec la filialisation des TER ou de Gares et Connexions. De plus, il faut le rappeler, cela va empirer la dette, car la SA ne sera plus gagée sur l’État et empruntera donc plus cher sur les marchés financiers.

Et enfin, le totem ! Le fameux statut des cheminots, malheureux objet de préjugés savamment entretenus par le gouvernement -l’actuel et les autres. C’est là où le mépris de classe et la haine ont été les plus forts, dans l’hémicycle comme sur nombre de médias ; je vous invite à regarder le dernier reportage de Capital de dimanche dernier, qui est simplement édifiant.

Mais tout le monde l’aura compris, il ne s’agit que d’une première étape. Partout où je rencontre des salariés et des agents de la fonction publique ils me répètent leur solidarité avec les cheminots et les cheminotes. Ils le disent eux-mêmes ; « on ne peut pas se mettre en grève, car nos salaires sont trop peu élevés, et nos managements sont devenus pires que dans le privé. On ne parle plus d’humain, on ne parle plus que de rentabilité ». Ils le savent, si l’on scalpe les cheminots, c’est pour ensuite s’attaquer à l’ensemble des statuts de la fonction publique, et pour ensuite pouvoir s’occuper des retraites qui vont avec.

Ce n’est pas en tirant vers le bas les avancées sociales que nous améliorerons l’existence des Français-e. C’est au contraire en créant de la protection pour tous.

Enfin, j’ai été ulcéré par le fait que certains parlent d’avancée sociale dans ce texte. « Avancée sociale », ce sont des mots qui ont un sens dans l’histoire de notre pays, et pour le mouvement ouvrier. C’est 36, 45, 68, toutes les luttes pour la liberté syndicale, la création des Comités d’entreprise, les congés payés, la réduction du temps de travail, etc. Ce texte a concédé quelques demi-reculs sociaux au mouvement des cheminots qui en est aujourd’hui à son 30ème jour.

Je tiens d’ailleurs une nouvelle fois à saluer avec force leur courage et leur détermination pour ce combat d’intérêt général qu’ils mènent. Et ils le savent, nous serons toujours à leurs côtés dans cette bataille qui n’est pas finie, et au cours des prochaines qui arriveront.

Je terminerai par une paraphrase d’un célèbre proverbe mexicain : Ils ont essayé de nous enterrer, mais ils ne savaient pas que nous étions des graines. Ce sont les graines de la colère et de l’espoir de construire un autre monde qu’ils ont semées aujourd’hui.

Le crime était presque parfait ! - adoption du pacte ferroviaire au Sénat (Fabien Gay, sénateur communiste)
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13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 15:24
Livret A: les épargnants spoliés de plus de 6 milliards
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Si les prévisions officielles d’inflation sont respectées, autour de + 1,6 % en 2018, le maintien à 0,75 % du taux de rémunération du livret A va faire perdre aux épargnants une somme considérable : entre 5,9 et 7,7 milliards d’euros, selon nos évaluations. Confirmation que ce gouvernement, très généreux pour les plus riches, n’a nulle intention de protéger le pouvoir d’achat des plus modestes.

Cherchant à gommer dans l’opinion l’image de « président des riches » qui colle à Emmanuel Macron, le gouvernement répète à l’envi que son premier souci est celui du pouvoir d’achat. Il n’est pas certain, pourtant, que le message ait un quelconque effet. Car le pouvoir d’achat des Français est actuellement souvent malmené.

Nouvelle illustration avec le livret A : selon les évaluations de Mediapart, le maintien du taux de rémunération du produit fétiche des Français à 0,75 % va faire perdre aux épargnants, tous produits confondus, fiscalisés ou non, une somme considérable qui sera comprise entre 5,9 et 7,7 milliards d’euros sur l'ensemble de l'année 2018.

Ces calculs ne sont pas difficiles à vérifier.

Il faut d’abord prendre en compte le taux de rémunération du livret A. Depuis le 1er août 2015, il est fixé à 0,75 % et le gouvernement l’a gelé de manière totalement arbitraire jusqu’au 1er février 2020. C’est le taux le plus bas enregistré depuis la création de ce livret, en 1816. Il contrevient gravement aux intérêts des épargnants les plus modestes, dont le livret A est le produit d’épargne favori.

Ce taux est d’autant plus choquant qu’il ne résulte plus de l’application d’une formule d’indexation, connue de tous les Français. Manquant constamment à sa parole, l’État a sans cesse changé les règles du jeu, d’un gouvernement à l’autre, à chaque fois que la formule d’indexation risquait de jouer, même de manière infime, en faveur des épargnants.

Combien de fois cette règle a-t-elle été modifiée ? Près de dix fois en moins de quinze ans ? Cela a été si fréquent que même les experts les plus pointus ont fini par s’y perdre. Et les épargnants plus encore. Tout juste ont-ils appris au fil des ans que la parole de l’État ne valait effectivement rien du tout. Et celle du gouverneur de la Banque de France encore moins.

C’est ainsi qu’en août 2015, l’État a une nouvelle fois renié ces engagements en fixant ce taux de rémunération du livret A à 0,75 %, alors que la formule d’indexation lui faisait obligation de retenir un taux de rémunération supérieur (lire nos enquêtes ici et là).

 

Depuis trois ans, les épargnants, et notamment les épargnants les plus modestes, perdent donc en pouvoir d’achat car l’inflation a souvent été légèrement supérieure à ce taux. Ils ont d’autant plus perdu que ce taux de 0,75 % est celui du livret A, mais tous les autres livrets défiscalisés suivent les mêmes fluctuations que lui. Et pour les livrets fiscalisés, c’est-à-dire les comptes sur livret distribués par les banques, celles-ci disposent de la liberté de fixer les taux de rémunération qu’elles souhaitent, mais en pratique, pour des raisons bien compréhensibles, on a toujours constaté qu’ils suivaient à la hausse ou à la baisse des évolutions parallèles à celles du livret A.

Pour l’avenir, Bercy prétend certes qu’il va fixer une nouvelle règle du jeu. Dans uncommuniqué en date du 19 avril, le ministère de l’économie et des finances assure qu’à compter du 1er février 2020, une nouvelle formule d’indexation – une de plus ! – interviendra. Passablement peu favorable aux épargnants, elle ne garantira pas que le livret A suive au moins l’inflation. Tout juste une clause garantira-t-elle – si l’État tient parole ! – que le taux du livret A ne « pourra jamais être inférieur à un minimal absolu de 0,5 % » par rapport à l’inflation.

Mais d’ici là, cette clause, pourtant très défavorable aux épargnants, ne sera pas même respectée. Or c’est très préoccupant, parce que le deuxième élément à prendre en compte dans notre calcul des pertes massives subies par les épargnants, c’est précisément l’inflation, qui depuis plusieurs mois est repartie sensiblement à la hausse. Ce qui entraîne une spoliation sans précédent depuis plusieurs décennies pour les épargnants.

Si l’on prend les dernières statistiques de l’Insee, celles publiées pour la période s’achevant à la fin du mois de mai 2018, la hausse des prix s’est en effet accélérée, pour atteindre 2 % en rythme annuel. Autrement dit, fin mai, l’écart entre l’inflation en rythme annuel et le taux de rémunération du livret A était de 1,25 point. Ce qui correspond pour les épargnants à une perte de pouvoir d’achat sans précédent au cours des récentes décennies.

 

D’après les prévisionnistes, il s’agit là d’un pic. L’inflation devrait rester, par la suite, un peu moins forte. Un peu, mais c’est tout : selon les dernières prévisions de la Banque de France, publiées le 15 mars dernier, « l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) se redresserait nettement en 2018, à 1,6 % en moyenne annuelle, après 1,2 % en 2017, en particulier sous l’effet de la remontée des prix de l’énergie et des hausses de taxes sur le tabac. Elle évoluerait toutefois avec quelques à-coups, se repliant à 1,4 % en 2019 avant d’augmenter plus franchement en 2020, à 1,8 % en moyenne annuelle ».

Pour l’année 2018, cela permet donc de disposer désormais de deux premiers paramètres pour calculer la perte de pouvoir d’achat subie par les épargnants : avec un taux de rémunération de 0,75 % du livret A et une inflation moyenne de l’ordre de 1,6 %, les épargnants subiraient une spoliation équivalente à 0,85 % de leur épargne. Ce qui, là encore, est une ponction considérable.

Pour arriver à connaître la perte de pouvoir d’achat des épargnants disposant de livrets d’épargne fiscalisés ou défiscalisés, ne reste plus à connaître que le montant des sommes déposées sur ces différents produits. L’évaluation précise, à l’euro près, n’est pas encore possible car la Banque de France met un temps infini à publier les statistiques ad hoc, par le biais de son Observatoire de l’épargne réglementée. Le dernier rapport annuelpublié par cet organisme porte ainsi sur l’année 2016.

Mais le Fonds d’épargne, qui est géré par la Caisse des dépôts et consignations, publie des chiffres plus récents. Le dernier rapport en date porte sur l’année 2017. La Caisse des dépôts publie en outre des communiqués réguliers, donnant le bilan de la collecte sur certains des produits d’épargne défiscalisés. Selon le communiqué le plus récent, en date du 23 mai dernier, on sait ainsi que l’encours des dépôts, à la fin du mois d’avril 2018, sur le livret A et le livret de développement durable et solidaire (LDDS) atteignait 385,6 milliards d’euros.

La perte de pouvoir d’achat se poursuivra en 2019

On ne dispose pas, pour les autres produits d’épargne défiscalisés, de statistiques aussi récentes. Mais on sait approximativement que le montant des dépôts avoisine 50 milliards d’euros pour le livret d’épargne populaire (LEP), près de 30 milliards d’euros pour le compte épargne logement (CEL) et 6 milliards pour le livret jeune. Ce qui fait un total un peu supérieur à 470 milliards d’euros pour la totalité des produits défiscalisés, qui ont des taux d’indexation identiques au livret A ou dont les évolutions sont similaires.

Dès lors, une première évaluation est possible. Si la perte en pouvoir d’achat des épargnants est équivalente à 0,85 % de leurs placements, cela veut donc dire que sur tous les produits défiscalisés, ils vont être spoliés d’environ 4 milliards d’euros en 2018.

Ce manque à gagner n’est pas le seul, puisqu’il faut aussi prendre en compte les produits fiscalisés distribués par les banques qui suivent, en pratique, des évolutions parallèles à ceux du livret A, même si ces taux sont libres. Pour ces produits, on ne dispose pas davantage de statistiques récentes, mais on peut se reporter au rapport de l’Observatoire de l’épargne réglementée pour 2016, qui donne des ordres de grandeur : les livrets ordinaires avaient cette année-là des encours de 160,4 milliards d’euros et les comptes à terme des encours de 70,8 milliards. Si l’on retient ces chiffres, même s’ils ont un peu vieilli, on arrive à un total de 231,2 milliards d’euros pour les produits fiscalisés. Toujours dans l’hypothèse minimale de perte de 0,85 % du pouvoir d’achat de l’épargne, cela veut dire que les épargnants concernés seront perdants de 1,9 milliard d’euros en 2018.

Les comptes sont donc vite faits : au total, la spoliation des épargnants pourrait atteindre 5,9 milliards d’euros, tous produits d’épargne confondus. Et davantage encore si d’aventure l’inflation restait au-dessus de la moyenne de 1,6 % sur l’ensemble de l’année 2018, ce que l’on ne peut pas exclure. De surcroît, ce chiffre de 5,9 milliards ne prend en compte que la perte de pouvoir d’achat des épargnants par rapport à l’inflation.

Car si l’on prend en compte la formule d’indexation du livret A qui était en cours jusqu’au printemps 2017, aux termes de laquelle le taux de rémunération devait être supérieur d’un quart de point à l’inflation – formule qui a été dévoyée par le ministre des finances Bruno Le Maire et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau –, la spoliation est encore plus spectaculaire : elle devrait avoisiner 7,7 milliards en 2018.

Et cette évaluation ne vaut que pour 2018. Car les pertes de pouvoir d'achat sur l'épargne se poursuivront tout au long de 2019, puisque les prévisions économiques suggèrent que le taux d'inflation restera toujours sensiblement supérieur au taux de rémunération du livret A. Extraite du rapport du Fonds d'épargne pour 2017, l'infographie ci-dessous permet de visualiser que cette spoliation est sans précédent pour la période récente.

 © Caisse des dépôts© Caisse des dépôts

 

Ce constat d’ensemble est bien sûr à manier avec beaucoup de précaution parce que les épargnants concernés ne sont pas tous modestes. Mais tout de même, si l’on ne retient que les produits défiscalisés, et surtout le seul livret A qui recueille l’épargne des moins aisés, la perte de pouvoir d’achat reste massive.

L’argument mille fois avancé par le gouvernement pour justifier un bas taux de rémunération est que cela permet de financer le logement social dans de meilleures conditions. Mais l’argument est fallacieux, car une part importante de la collecte de l’épargne défiscalisée n’est plus centralisée à la Caisse des dépôts pour le financement du logement social ; et ces mêmes banques profitent en outre de l’effet de ce taux bas sur tous les autres produits fiscalisés. Ceux qui profitent de cette spoliation historique des épargnants peuvent donc être facilement identifiés : il s’agit, pour une part modeste, du logement social, et pour une part massive… des banques.

Preuve qu’Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires, fait décidément toujours la part belle à ceux qu’il a servis !

Livret A: les épargnants spoliés de plus de 6 milliards 13 JUIN 2018 PAR LAURENT MAUDUIT
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