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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 11:58

La Chambre sociale de la Cour de cassation vient d’annuler le 12 avril 2018 , à la demande de la direction du Crédit mutuel, une délibération du CHSCT de cette banque qui demandait une expertise indépendante sur une application d’intelligence artificielle qui devait être introduite auprès des chargés de clientèle et dont il considérait que sa mise en œuvre avait un impact important sur les conditions de travail des salariés.

Le lundi de Pentecôte, le gouvernement, à grand renfort de communication, a rendu public l’algorithme national de Parcoursup.

En cela, il ne faisait qu’enfin respecter la « loi pour une république numérique » de 2016 qui prescrit que sur toute décision administrative individuelle basée sur un algorithme, elle doit expressément communiquer les procédés du traitement et les principales caractéristiques de sa mise en œuvre à toute personne en faisant la requête.

Les administrations sont donc dans l’obligation de publier en ligne, dans un format lisible par tous leurs principaux documents, y compris les codes informatiques sources, la nature des données traitées et leurs origines, les paramètres de traitement et leur pondération, et les opérations effectuées3.

Or que le gouvernement n’a pas respecté la loi jusqu’au bout. Il a refusé de publier les paramé- trages et algorithme « locaux » qui sont en fait le véritable cœur nucléaire de Parcoursup, car c’est à partir d’eux que les universités sélectionnent leurs futurs étudiants.

Le gouvernement, pour justifier son viol de la loi, se retranche derrière le secret des délibérations alors qu’un algorithme est tout sauf délibératif. En effet, la délibération est le propre d’un collectif humain ; or un algorithme n’est pas un collectif et il ne prend ses décisions qu’à partir de règles préétablies ou d’un apprentissage pour l’intelligence artificielle. Il y a donc fort à parier que la censure par le gouvernement des algorithmes et paramétrages « locaux » sera attaquée à juste raison en justice.

La vérité est que derrière un paravent du mythe de la neutralité de la technologique, Parcoursup systématise et automatise une ségrégation territoriale au détriment des lycéennes et lycéens de banlieue.

Au nom du secret des affaires Aux États-Unis, le logiciel Compas « assiste » les juges pour décider de l’incarcération des suspects avant leur procès et pour évaluer leur risque récidive. Ce logiciel a été réalisé par une société privée qui au nom du secret des affaires refuse de rendre accessible son code source à qui que ce soit. Or une enquête menée par quatre journalistes d’investigation sur le parcours de plus de dix mille prisonniers a montré que la conception du logiciel était affectée d’un fort biais raciste : Les Noirs étaient systématiquement désignés comme potentiels récidivistes, car l’un des critères décisifs conditionnant le fonctionnement de l’algorithme était la couleur de peau.

Ces trois exemples, qui sont loin d’être uniques, montrent que le refus de l’opacité des systèmes informatiques, la demande d’auditabilité des algorithmes, pour en particulier ceux qui ont recours aux techniques d’intelligence artificielle, deviennent un enjeu de lutte sociale et politique. C’est pourquoi, alors que les entreprises se retranchent de plus en plus, derrière les lé- gislations préservant le « secret des affaires » ou « la propriété intellectuelle », il est nécessaire de mener la bataille pour que les recommandations énoncées dans le rapport de la CNIL : « Comment permettre à l’homme de garder la main ?  Les enjeux éthiques des algorithmes et de l’intelligence artificielle », aient un débouché législatif.

Ce qui donnerait les moyens légaux aux salariés sur les lieux de travail et aux citoyens dans la cité de reprendre le pouvoir sur des choix économiques, sociaux, et politiques qui sont camouflés derrière des choix technologiques. Il y a aussi besoin, par la loi, d’étendre le champ du compte pénibilité au domaine du numérique et de donner les moyens d’agir aux syndicats sur des situations nouvelles de travail dû à la numérisation des entreprises : obéissance exclusive aux instructions d’une machine, impossibilité de discuter avec ses collègues sans passer par une interface machine…

Car ce sont les salariés qui sont les plus à même d’apprécier ce que doit être leur travail et comment il doit être organisé. L’enjeu étant de savoir si on asservit le salarié au numérique et à la recherche à tout prix du profit maximum – c’est-à-dire le « waltstreet management » via le numérique –, ou si on travaille au contraire la complémentarité humain-machine dans le sens d’un travail émancipateur.

Derrière l’idée de l’État plateforme en vogue à Bercy et dans nombre de milieux libéraux, se cache un cercle vicieux : baisse des dépenses publiques hors remboursement de la dette, baisse des effectifs statutaires et recourt à l’externalisation, baisse de la qualité du service rendu, automatisation effectuée sans ou contre les agents, échec technologique comme le logiciel de paie Louvois dans les armées ou exclusion de nombreux ayants droit qui n’arrivent plus à faire valoir leur droit. C’est pourquoi toute numérisation d’un service public devrait impliquer en regard les moyens humains de médiation afin de permettre à chacun de faire valoir ses droits. Il n’y a pas de neutralité ou d’impartialité de l’algorithme car le comportement de celui-ci est dicté par la conception que leurs créateurs ont du monde et les objectifs qu’ils poursuivent.

Par exemple, on ne fait pas le même logiciel, on n’apprend pas à une intelligence artificielle de la même manière si l’objectif est de réduire les dépenses publiques ou si on recherche plus de justice sociale et un meilleur accès à ses droits pour toutes et tous. Face à la mutation anthropologique que représente la révolution numérique et l’intelligence artificielle, il y a nécessité d’ouvrir le débat politique sur la place de l’automatisation dans les décisions humaines. L’intelligence humaine est faillible, sujette à la fatigue, à l’inattention, affectée de biais cognitifs et de névroses. Les intelligences artificielles sont limitées, dépendantes de la qualité et des hypothèses qui fondent leurs apprentissages. Elles sont dépourvues de sens commun et de réelles capacités créatives .

C’est pourquoi la question n’est pas de substituer l’intelligence artificielle à l’intelligence humaine, ni d’asservir l’humain aux choix préconisés par l’intelligence artificielle, mais au contraire de travailler à un couple vertueux entre les deux intelligences. Mais cela suppose de changer radicalement les modes de production, y compris dans leur dimension institutionnelle et culturelle. 

Yann Le Pollotec - 

animateur de la Commission Industrie-Révolution Numérique du PCF

Yann Le Pollotec en conférence des Mardi de l'éducation populaire sur les enjeux de la Révolution numérique à Morlaix le 12 juin 2018, invité par la section du PCF

Yann Le Pollotec en conférence des Mardi de l'éducation populaire sur les enjeux de la Révolution numérique à Morlaix le 12 juin 2018, invité par la section du PCF

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 11:41
Congrès: les parlementaires PCF préparent un nouveau Serment du Jeu de paume

Congrès: les parlementaires PCF préparent un nouveau Serment du Jeu de paume

AFP | mardi 26 juin 2018

Députés et sénateurs communistes se rendront bien le 9 juillet à Versailles pour le discours d'Emmanuel Macron devant le Congrès, mais ils prêteront auparavant "le serment de défendre une République démocratique", devant la salle du Jeu de paume, ont indiqué mardi plusieurs parlementaires.

"Nous allons porter notre voix" au Congrès et "nous n'en resterons pas là", a déclaré le chef de file des députés communistes, André Chassaigne, lors d'une conférence de presse.

"Nous appelons celles et ceux qui le souhaitent à nous rejoindre pour prêter le serment de défendre une République démocratique et appeler à un référendum" sur la réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron, a ajouté Pierre Dharréville.

Le 20 juin 1789, dans la salle du Jeu de paume, toute proche du château de Versailles, les députés avaient juré de ne pas se séparer avant d'avoir donné à la France une Constitution.

Le rendez-vous communiste est fixé à 13H00 le 9 juillet, le discours du chef de l'Etat devant débuter a priori à 15H00.

Pierre Laurent, secrétaire général du PCF et lui-même sénateur, avait appelé dès début juin à une manifestation "aux portes du château de Versailles" le jour de la réunion du Congrès. "Nous proposerons à toutes les forces engagées dans les mobilisations du printemps de venir dire ce jour-là à Macron (...) ce que la République pense de sa politique et de l'exercice monarchique de son pouvoir", avait-il précisé.

A l'annonce récente de la date du Congrès, les députés PCF s'étaient interrogés sur un éventuel boycott.

L'an dernier, des députés de La France insoumise et des parlementaires communistes avaient déserté la salle du Congrès pour le premier discours d'Emmanuel Macron. Les élus PCF, arborant leurs écharpes tricolores, s'étaient rassemblés auparavant devant la mairie de Versailles, près de la rue des Etats-Généraux, "pour dire non à la monarchie présidentielle".

Au lendemain de la réunion du Congrès débutera à l'Assemblée l'examen du projet de loi constitutionnelle "pour une démocratie plus représentative, responsable et efficace", qui passe dès cette semaine en commission.

Ce texte porte "des coups extrêmement durs contre notre République et en particulier contre le Parlement", selon le patron des députés PCF. Son groupe défendra des amendements pour "empêcher les pouvoirs d'hyper-président", favoriser la démocratie participative, mais aussi inscrire "le principe d'une République solidaire", celui de "l'égale dignité de chacun", et encore celui de la démocratie en entreprise.

Ces parlementaires veulent en outre supprimer le mot "race" de la Constitution - proposition portée par les communistes dès 2003 - et compléter la Charte de l'environnement, qui est adossée à la Constitution. Ce qui est proposé par la majorité en matière environnementale est "cosmétique", selon eux.

Avec "l'ambition d'un nouveau souffle démocratique", "nous ouvrons des chemins vers une VIe République", selon M. Chassaigne.

Congrès: les parlementaires PCF préparent un nouveau Serment du Jeu de paume
Le 9 juillet, les élu-e-s des groupes GDR et CRCE prêteront serment à Versailles pour défendre la démocratie

mercredi 27 juin 2018[]

Le 9 juillet prochain, Emmanuel Macron convoque une nouvelle fois le Congrès du Parlement au château de Versailles, quelques jours avant la célébration de la prise de la Bastille. Les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Ecologiste (CRCE) et les député-e-s du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) prêteront "le serment de défendre une République démocratique" ce jour là, à 13h00, devant la salle du Jeu de Paume à deux pas de l’hémicycle du Congrès :

« Nous, élus et citoyens, attachés à la République et à la démocratie, dénonçons le projet de révision de nos institutions par le Président de la République, la dérive monarchique de notre régime qu’il aggrave encore, la méthode qui consiste à le faire adopter dès cet été, sans débat public dans le pays, sans consulter nos concitoyens, alors qu’il s’agit d’un bouleversement majeur de nos institutions et de la Constitution. Nous nous engageons à combattre ce projet dangereux pour la démocratie en faisant éclater la vérité sur son véritable contenu, à agir, propositions à l’appui, pour une nouvelle République, à exiger la consultation par référendum de notre peuple à l’issue du débat parlement, comme le permet l’article 89 de la Constitution. »

- Lire le communiqué du groupe CRCE au Sénat

- Lire l’article de l’AFP sur le Facebook des députés communistes

Réforme constitutionnelle : conférence de presse des députés communistes

mercredi 27 juin 2018

L’Assemblée nationale a entamé, mardi 26 juin au soir, l’examen en commission des premiers amendements au projet de révision constitutionnelle, la majorité les rejetant tous.

Les députés communistes ont tenu une conférence de presse le même jour, pour dénoncer cette réforme des institutions, qui entérine la vision technocratique que Macron a du pouvoir au service d’un projet ultra-libéral.

Extraits :

"Une attaque sans précédent contre le Parlement dans sa capacité à écrire la loi, à la modifier et à s’y opposer."

"Non content d’affaiblir le Parlement cette réforme franchit un pas de plus dans la mise en miettes des communes"

Ils irons à Versailles et dès 13 heures ils serons devant la salle du Jeu de Paume pour prêter serment pour la défense d’une République démocratique et appeler à un référendum sur la révision constitutionnelle.

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 06:31
Ian Brossat

Ian Brossat

Pognon de dingue...? 

Ian Brossat, chef de file communiste pour les élections européennes :

"Le résultat net cumulé des groupes du CAC 40 a atteint 94 milliards d'euros en 2017 contre 77 milliards en 2016, soit un bond de 22%. Heureusement que Macron est là pour nous rappeler que les pauvres coûtent un pognon de dingue..."

 Un chiffre à rapporter aux "aides sociales" montrées du doigt, qui représentent 26 milliards d'euros pour les minima sociaux, 4,1 milliards pour la prime d'activité, 6,4 milliards pour les prestations familiales versées aux plus démunis et 10 millards pour les allocations logement en direction des plus pauvres. Et nous sommes sûrs d'une chose, c'est que cet argent-là va dans l'économie réelle, via la consommation, lui.

FINANCE. LES PROFITS DU CAC 40 ONT EXPLOSÉ EN 2017
Mardi, 26 Juin, 2018

Les entreprises cotées à l’indice parisien ont vu leurs bénéfices bondir de 22 % l’an dernier. La santé des grands groupes est au beau fixe, sauf sur l’investissement, qui chute de 15,1 %.

«Un pognon de dingue » : l’expression prend ici tout son sens. Les profits du CAC 40 ont bondi de 22 % par rapport à l’année précédente, d’après le profil financier de l’indice réalisé par les cabinets Ernst & Young et Ricol Lasteyrie Corporate Finance (EY-RLCF). Ce sont 94 milliards d’euros de bénéfices qui ont ainsi été engrangés par les plus grandes cotations boursières l’an dernier, retrouvant quasiment le niveau d’avant la crise de 2008. Les dividendes ont eux connu une hausse de 2 %, pour atteindre 47 milliards d’euros. Un montant légèrement inférieur à l’estimation effectuée mi-mai par l’association de lutte contre la pauvreté Oxfam, qui évaluait à 51 milliards d’euros le montant des dividendes versés par les entreprises de l’indice en 2017. « Toutes les entreprises du CAC 40 distribuent un dividende cette année. 34 entreprises versent un dividende en hausse », souligne en revanche l’étude EY-RLCF. Outre ce niveau de profitabilité exceptionnel, les grands groupes ont également bénéficié d’une reprise d’activité avec une croissance du chiffre d’affaires de 5 %, passant de 1 243 milliards à 1 306 milliards d’euros. Dans le même temps, la marge opérationnelle (l’indicateur de rentabilité) progressait de 7,6 % à 7,9 %. Parallèlement, l’endettement net a continué de diminuer en valeur absolue – après six années consécutives de baisse – et a atteint son plus bas niveau depuis douze ans.

DES PROFITS ET TOUJOURS DES PROFITS

Tous les voyants semblent donc au vert pour les grands groupes. Tous sauf celui de l’investissement. En dehors du secteur banque-assurances, l’investissement a connu son niveau le plus bas depuis 2007, à 69 milliards d’euros contre 75 milliards d’euros dix ans plus tôt. Il représente 6,1 % du chiffre d’affaires, contre 7,7 % en 2016. Pour nuancer légèrement cette baisse, on peut observer que cette chute est en grande partie due aux décisions de Total en la matière. Le géant pétrolier a ainsi revu ses investissements à la baisse de 5 milliards d’euros en 2017. Le groupe hôtelier Accor souffre pour sa part de la comparaison avec l’année 2016, où celui-ci avait investi 3 milliards d’euros.

Enfin, le remplacement d’Alcatel-Lucent par Nokia dans l’indice CAC 40 en 2016 achèverait d’expliquer ce différentiel entre 2016 et 2017, Nokia étant sorti de l’indice l’an dernier. « En dépit de la baisse de ses investissements, Total demeure toutefois le principal investisseur du CAC 40, suivi d’Orange et d’Engie, puis des constructeurs automobiles PSA et Renault. Ces cinq entreprises réalisent ainsi 47 % du total des investissements effectués par les membres du CAC 40 », souligne le rapport EY-RLCF. Au-delà des performances des plus grands groupes cotés à la Bourse de Paris, l’étude constate une stabilisation de la part du chiffre d’affaires des entreprises réalisé en Europe à 56 %. Un niveau stable depuis 2015, après une baisse quasi continue depuis 2006.

DES MONTANTS VERTIGINEUX

Si l’industrie et le BTP continuent de dominer le CAC 40 en 2017 – avec 16 sociétés sur 40 et 39 % du chiffre d’affaires total –, les données récupérées par EY-RLCF sur le début de l’année 2018 laissent entrevoir un changement dans le podium des secteurs les plus profitables. L’entrée d’Hermès le 18 juin dernier à la place de LafargeHolcim devrait notamment rééquilibrer le rapport de force, souligne le site d’informations économiques la Tribune. Avec Kering (Gucci), l’Oréal et LVMH, ce quatuor du luxe pèserait 380 milliards d’euros de capitalisation, plaçant le secteur des biens de consommation quasiment à égalité avec le BTP.

Au regard de ces montants vertigineux, l’argument selon lequel l’État ne pourrait pas mettre à contribution les grandes entreprises pour participer à l’effort fiscal national semble bien léger. D’autant qu’en parallèle, la dépense totale de minima sociaux s’établissait en 2016 à 26,6 milliards d’euros, celle de la prime d’activité à 4,1 milliards, les prestations familiales et les allocations logement versées aux ménages pauvres atteignaient respectivement 6,4 milliards d’euros et 10 milliards d’euros, d’après les derniers comptes de la protection sociale parus jeudi dernier. D’après les chiffres de l’Insee, sans prélèvements ni prestations, le taux de pauvreté serait 8,9 points supérieur à son niveau actuel (22,8 % contre 13,9 %). Pas de quoi justifier un coup de rabot quand les profits du CAC 40 sont au beau fixe.

Croissance en berne

Si le CAC 40 solde la crise et sabre le champagne, en revanche l’économie française marque un sérieux coup de frein. Après une progression de 2,3 % l’an dernier, elle devrait afficher un taux de croissance de seulement 1,7 %, a annoncé l’Insee, qui a révisé, la semaine dernière, sa prévision. Selon l’institut, le ralentissement se ressentira notamment dans l’investissement des entreprises (+ 3,1 % contre + 4,4 % en 2017) et la production de biens et de services (+ 2 % contre + 2,6 % en 2017). Malgré les alertes, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a affirmé : « 2 % de croissance, ça reste notre objectif, mais tout cela, c’est de la volonté. »

Finance: les profits du CAC 40 ont encore explosé en 2017: Loan Nguyen, L'Humanité, 26 juin 2018
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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 06:29
La SNCF va annoncer la fermeture de 3000 emplois dans le fret

La SNCF va annoncer la suppression de 3000 emplois dans le fret. Cette annonce était pressentie par les organisations syndicales depuis de nombreux mois. Elle devrait avoir lieu dans le courant du mois de juillet.

L’information avait été démentie à l’époque par la direction de la SNCF. Mais la perspective de l’annonce de la suppression de 3000 emplois dans le secteur du Fret SNCF semble de plus en plus probable. C’est en tout cas ce que rapportent plusieurs organisations syndicales. Elle pourrait avoir lieu autour du 11 juillet. Cela signifierait la suppression de la moitié des emplois de ce secteur d’activité.

C’est donc une nouvelle attaque d’ampleur qui se prépare, dans la droite ligne de l’auto-sabotage que pratique la SNCF depuis plusieurs années depuis la mise en concurrence de l’activité du Fret. Suppression d’une bonne partie de ses effectifs (16 .000 salariés en 2009), cession de son parc roulant, auto-mise en concurrence à travers la création de filiales de transport sur voie ferré ou route (Géodis). Avec à la clé, une baisse drastique de la part du transport de marchandises par voie ferrée, en dépit du coût écologique du transport routier. Côté Fret, tout est permis pour avancer vers la mise en concurrence et la privatisation à marche forcée, qu’ quelque en soient les conséquences économiques, sociales et écologiques.

Cette annonce prochaine se situe de plus dans un contexte particulier après trois mois de grève des cheminots contre la casse de leur statut et pour l’avenir du service public du rail. En effet, les conséquences actuelles des réformes du Fret SNCF sont un avant-goût de ce que la direction projette de faire à l’échelle de l’entreprise dans son entier. Et avec la même méthode : nier le projet de privatisation et installer progressivement tous les éléments de la chaîne jusqu’à ce que la pilule devienne trop grosse pour être avalée.

Les cheminots sont bien conscients de cette situation : c’est pour ça qu’ils ont massivement rejeté la réforme du rail annoncée par le gouvernement et participé à la grève.

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 05:30
Expulser pour mieux accueillir - LREM et LR dans la surenchère au Sénat (Médiapart - Pascal Pascariello, 26 juin 2018)
«Expulser pour mieux accueillir»: LREM et LR dans la surenchère au Sénat
 PAR 

Le Sénat a voté, mardi 26 juin, le projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie ». La nouvelle version, réécrite par la commission des lois et portée par la majorité sénatoriale LR, durcit le texte du gouvernement sans en trahir l’état d’esprit : restreindre les droits des migrants. Retour sur une semaine de débats.

« De l’air, de l’air, ouvrez les frontières », « Stop à l’enfermement des enfants ». Mardi 19 juin, devant le Sénat, plusieurs associations d’aide aux migrants manifestent, dont La Cimade, le Réseau éducation sans frontières et le Gisti. Des magistrats, des avocats mais aussi – plus inhabituel – des policiers dénoncent le texte du gouvernement sur l’asile et l’immigration. Pour Anthony Caillé, de la CGT Police, ce projet de loi « criminalise et pénalise les migrants. La logique comptable et répressive de ce texte est inacceptable. C’est tout simplement le code de la honte ».

À l’intérieur du palais du Luxembourg, la honte ne semble pas de mise. Dès l’ouverture des débats, François-Noël Buffet, rapporteur de la commission des lois et sénateur LR, félicite le gouvernement d’avoir proposé des « adaptations bien vues sur la lutte contre l’immigration » tout en insistant sur le durcissement du texte par la majorité sénatoriale, garant selon le rapporteur d’un meilleur accueil.

Malgré de nombreux amendements, les intentions des sénateurs LR et celles du gouvernement se rejoignent sur cette dialectique. Comme l’explique d’ailleurs François Patriat, président du groupe LREM au Sénat et ancien ministre dans le gouvernement de Lionel Jospin : « Nous devons mieux expulser pour mieux accueillir. » Cette formule tend à vouloir faire passer des mesures répressives pour certains migrants comme bénéfiques pour d’autres. François Patriat essaie de nous la résumer : « J’ai évidemment de l’émotion lorsque je vois le bateau Aquarius. Mais qui accepte d’accueillir tout le monde ? Nous devons faire des choix et distinguer l’immigration économique. Ce projet de loi n’est pas seulement un message qu’on lance à l’opinion publique, c’est un moyen de pédagogie pour dire : regardez, nous maîtrisons les flux. » Et François Patriat de conclure : « Vous pensez qu’ancien socialiste, je suis mal dans ma peau ? Être mieux que je ne le suis serait indécent ! » S’il le dit.

Alain Richard, ancien ministre de la défense, lui aussi passé du PS à LREM, nous livre une présentation plus claire du projet de loi du gouvernement : « Nous ne pouvons plus supporter l’immigration économique. Mais nous reconnaissons le titre de réfugié lorsqu’il est justifié. Cette distinction est nécessaire et équitable. » Dans ce contexte, le terme « équitable » surprend. Nous l’interrogeons sur la présence d’entreprises françaises et de ressortissants installés pour des raisons économiques dans des pays dont on rejette les migrants. Alain Richard se crispe : « C’est dans l’intérêt national de ces pays qu’ils accueillent Total ou Bouygues, mais ce n’est pas dans le nôtre de les accueillir. C’est contraire à nos intérêts nationaux, qu’il s’agisse de personnes non qualifiées comme de personnes qualifiées. » Les intentions du gouvernement se clarifient.

 

Pierre Charon, sénateur LR, n’y va pas par quatre chemins : « C’est simple, 10 millions de personnes ont voté pour Le Pen. Ne pas en tenir compte, c’est irresponsable. Avec ce projet dont le texte initial était déjà relativement dur, le gouvernement a décidé de regagner un électorat qui part vers le Rassemblement national. Nous devons devancer le souhait des Français pour éviter qu’ils votent comme des cons aux futures élections. C’est ce qu’a réussi à faire Sarkozy en 2007, en mettant à poil Le Pen. »

La majorité LR a donc ressorti ses bonnes vieilles méthodes. « Nous avons remis nos amendements historiques, adoptés par la commission des lois et votés par la majorité que nous formons au Sénat », explique Roger Karoutchi, sénateur LR. « Il y a notamment les quotas, c’est-à-dire définir au Parlement, chaque année, des objectifs chiffrés et des indicateurs en matière de flux d’entrée, de séjour et d’éloignement. Autre disposition qui me tient à cœur : la suppression de l’aide médicale d’État, remplacée par une aide médicale d’urgence », réduite à des maladies graves ou douloureuses.

Parmi les autres mesures votées : la restriction du regroupement familial avec l’allongement de la durée de séjour minimum du demandeur (24 mois au lieu de 18 mois). Contrairement au projet de loi initial du gouvernement, le regroupement familial n’est plus rendu possible pour les frères et sœurs d’un mineur réfugié.

Le texte qui ressort du Sénat prévoit de réduire la délivrance des visas à l’égard des pays qui ne seraient pas assez coopératifs pour remettre des laissez-passer consulaires, nécessaires lors de l’expulsion des étrangers en situation irrégulière.

Le Sénat a également adopté la création d’un fichier biométrique pour les mineurs isolés déclarés majeurs après une procédure d’évaluation confiée aux départements. Cette procédure repose en partie sur des examens radiologiques, tests osseux, dont la fiabilité est largement contestée. L’objectif est de faire sortir ces jeunes mineurs isolés de la protection de l’enfance que les départements ne veulent plus assurer.

Cette proposition n’est pas nouvelle. À la demande du premier ministre, un rapport, rendu en janvier et conduit notamment par l’inspection générale de l’administration et l’Assemblée des départements de France, recommandait déjà un tel fichier. Idée reprise par Christophe Blanchet, député LREM, et adoptée par les sénateurs LR. « Il faudrait enfermer les mineurs isolés dans des centres pour les protéger et protéger la population. Des centres de protection fermés. C’est l’intérêt français. On pourrait les vacciner, les soigner et prendre leurs empreintes. » Sébastien Meurant, sénateur LR, poursuit : « Il faut faire le tri, enfin il faut choisir qui rentre en France. »

La droite sénatoriale se targue d’avoir apporté quelques assouplissements au projet de loi du gouvernement. Elle a voulu donner « une leçon d’humanisme au gouvernement », pour reprendre l’expression d’un sénateur LR, membre de la commission des lois. À la marge et symboliquement. Un volet sur l’intégration a été ajouté, par exemple, au projet de loi. Les sénateurs républicains sont revenus sur la réduction des délais de recours pour les personnes déboutées en première instance, rétablis à 30 jours au lieu des 15. Ils ont revu – légèrement – à la baisse le temps de rétention dans les centres, qui n’excédera pas 90 jours (contre 135 dans le texte initial), 45 jours devant être la règle.

Enfin, le texte voté limite à 5 jours la rétention des mineurs accompagnés de leurs parents. Faussement protectrice, cette mesure rend surtout possible l’enfermement des mineurs. La sénatrice Laurence Cohen (PC) estime que « restreindre le placement des mineurs en rétention accompagnés de leur famille ne protégera pas les enfants mais contribuera à banaliser cette pratique ». Marie-Pierre de La Gontrie (PS) regrette, quant à elle, « de considérer que le texte de la commission des lois est un progrès, ce qu’il est effectivement par rapport au texte du gouvernement. Ce n’en est pas moins un renoncement : nous transigeons sur un principe. (…) Nous n’avons pas su empêcher la rétention des mineurs ».

« Ce ne sont pas des mineurs, ce sont des enfants »

Les groupes socialiste et communiste ont voté contre le texte de la majorité sénatoriale. Tout comme les sénateurs LREM. Pour des raisons, évidemment, bien différentes.

Sur la suppression de l’aide médicale d’État, par exemple, lorsque les communistes s’inquiètent de la restriction des droits octroyés aux migrants, le ministre de l’intérieur invoque le risque de « favoriser les contagions et d’augmenter le coût des soins ».

Alors que la majorité des sénateurs PS souhaite l’interdiction de l’enfermement pour tous les mineurs, le ministre de l’intérieur considère qu’avec une telle mesure, « tous les mineurs isolés pourraient entrer sur le territoire français ». La question des mineurs cristallise d’ailleurs les dérives vers lesquelles a conduit le projet de loi du gouvernement. Lors des débats, Guillaume Gontard, sénateur (CRCE), fait part de son désarroi : « Jeune élu, jamais je n’aurais cru devoir discuter dans cet hémicycle pour savoir s’il fallait ou non enfermer des mineurs. Ce ne sont pas des mineurs, ce sont des enfants. J’ai des enfants, vous en avez sans doute : vous demandez-vous en les regardant dans les yeux s’il faut les enfermer ? » Et se tournant vers le ministre de l’intérieur :« Monsieur Collomb, vous avez été maire de Lyon, la ville des Justes. Souvenez-vous-en ! »

Gérard Collomb s’insurge et lance alors : « Vous n’avez aucune dignité, monsieur ! »Étrange conception de la dignité.

Ce nouveau texte a, néanmoins, une espérance de vie réduite. Il doit repasser devant la commission mixte paritaire, prévue le 4 juillet. Si les négociations n’aboutissent pas, son détricotage se fera à l’Assemblée nationale avant de revenir au Sénat.

À l’issue de cette semaine de débats, force est de constater que le gouvernement et Les Républicains affichent leur volonté commune d’une plus grande fermeté à l’égard des migrants. Le discours des uns rejoint celui des autres, et inversement. Lorsque Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, parle de « submersion », Sébastien Meurant, sénateur LR, utilise l’expression « d’afflux incontrôlés et massifs ». La surenchère est ouverte.

Roger Karoutchi, sénateur LR, défend une politique de fermeté pour reconquérir des Français apeurés : « Autriche, Hongrie, Slovaquie : voulons-nous être le prochain ? (…)Notre responsabilité est d’abord envers le peuple français, dans sa diversité sociale et la diversité de ses origines. Pas d’illusions, les fractures sociales seront d’autant plus fortes que nous ne serons pas maîtres de la situation et je ne veux pas que la France soit l’Autriche. » En écho, Gérard Collomb poursuit sur la même voie : « Nous tenons à la distinction entre les réfugiés, qui fuient une menace, et les migrants économiques. La population de l’Afrique passera de 1,2 milliard à plus de 2 milliards d’ici 2050 ! Illusoire de penser qu’ils pourront être accueillis en Europe. (…) Quand les citoyens désespèrent, l’on voit comment ils se prononcent. (…) Je vous appelle à voter notre texte. Sinon, les Français, exaspérés, nous le reprocheront. »

Philippe Bas, sénateur LR, président de la commission des lois, résume ainsi la situation : « Lorsque Gérard Collomb dit au Sénat que les migrants font dubenchmarking et choisissent les législations des pays européens les plus souples, il donne le ton de fermeté qui est celui de son projet. Nous avons donné au gouvernement les moyens de sa politique. Nous avons fait gagner le texte en densité et en intensité. Nous l’avons musclé. Les intentions du projet de loi du gouvernement sont bonnes, mais il ne s’est pas donné les moyens de l’efficacité. Le Sénat les lui a donnés. »

« Emmanuel Macron disait son parti LREM ni droite ni gauche ? C’est surtout ni gauche ni gauche dans les faits. On le voit dans l’hémicycle, le gouvernement émet rarement un avis contraire aux Républicains. Sur le fond, ils sont d’accord », constate Éric Bocquet, sénateur communiste. « Mais c’est un jeu dangereux auxquels les LR et LREM se livrent. Il y a un ressentiment qui grandit parmi la population, que ce soit au niveau français, européen comme international, du fait de la dégradation des conditions économiques due à la gestion libérale, voire ultralibérale. Et pour défendre leur politique économique, ils instrumentalisent l’immigration, l’agitent comme un bouc émissaire. L’immigration permet en fait au libéralisme de perdurer. On joue avec cette peur. Vieille recette qui risque de faire gagner les extrêmes comme en Italie ou en Autriche. »

Jean-Yves Leconte, sénateur PS et membre de la commission des lois, n’hésite pas à qualifier Emmanuel Macron « d’Orbán en bas de soie ». Il nous en explique les raisons :« J’assume ce que j’ai dit. D’ailleurs, mon groupe a proposé de renommer ce projet : “projet de loi tendant à renier les engagements de la France en matière d'accueil des réfugiés et à restreindre le droit des étrangers et leur intégration”. Au-delà du manque de connaissance technique du gouvernement sur les questions migratoires, ce projet et les débats au Sénat ont permis de découvrir un nouveau visage d’Emmanuel Macron. Lorsque Collomb parle de submersion, Macron tourne le dos à l’Aquarius et propose des centres fermés sur le sol européen. Cette stratégie de lutter contre le FN en adoptant ses propres positions dure depuis près de 40 ans. C’est un échec et pourtant aucun parti n’est prêt à abandonner cette stratégie, stratégie adoptée également par le PS lorsqu’il était au pouvoir, en particulier avec Manuel Valls », concède Jean-Yves Leconte.

Ne souhaitant pas participer à cette surenchère, Richard Yung, sénateur LREM, s’est désolidarisé de son groupe, en tout cas sur le projet de loi sur l’immigration. « Je ne suis pas un frondeur, je soutiens le gouvernement mais pas son projet de loi sur l’immigration. J’approuve certaines mesures comme la carte de séjour de 1 à 4 ans, mais la majorité du texte ne me convient pas. Nous sommes 70 millions en France et nous octroyons le droit d’asile à près de 23 000 personnes par an. On est loin de la “submersion” dont parle Gérard Collomb. Ils ont peur du durcissement de l’opinion publique qui est réel, mais l’alimentent en parlant de submersion. Ce n’est pas la bonne solution. »

Sans surprise, le texte a été voté par la majorité sénatoriale LR et les centristes. La suite se décidera le 4 juillet lors de la commission mixte paritaire. « Nous ne lâcherons pas sur certains amendements comme celui des mineurs ou la délivrance des visas conditionnée », prévient déjà François-Noël Buffet, rapporteur de la commission des lois. « Ce durcissement du projet de loi par les sénateurs va profiter au gouvernement. Il aura le beau rôle pour dire qu’il assouplit le texte des sénateurs LR tout en profitant de quelques mesures plus restrictives », commente Richard Yung, sénateur LREM.

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 14:56
Austérité: les collectivités refusent la mise sous tutelle par l'Etat
Les collectivités refusent la mise sous tutelle par l’Etat

lundi 25 juin 2018

À quelques jours du 30 juin, jour de clôture des signatures des contrats Etat-collectivités, la défiance monte chez les élus locaux.

En cause : cette contractualisation concerne les collectivités et établissements publics de coopération intercommunale (Epci), dont les dépenses de fonctionnement dépassent les 60 millions d’euros par an. Dans les termes du contrat, l’obligation consiste à ne pas dépasser un taux de croissance des dépenses de ­fonctionnement de 1,2 % par an, inflation comprise.

Les bons élèves de l’austérité budgétaire pourront bénéficier, à partir de 2019, d’une majoration du taux de subvention des projets financés par la dotation de subvention à l’investissement local (Dsil)… selon le bon vouloir du préfet.

Pour rappel, l’Association nationale des élus communistes et républicains (Anecr) a affirmé sa ferme opposition vis-à-vis de ces contrats, dénonçant « une remise en cause sans précédent de la décentralisation et du principe de libre administration des collectivités territoriales, garanti par la Constitution ».

De son côté, l’Assemblée des départements de France (ADF) est allée jusqu’à rejeter ce qu’elle considère comme « des lettres de cadrage plutôt que des pactes financiers ».

Les présidents de régions ont, eux, annoncé qu’ils ne comptaient pas signer un texte « diabolique et humiliant »… et visiblement dogmatique, tant il est éloigné des réalités décrites par les élus des territoires, toutes tendances confondues.

Parmi les municipalités qui refusent que leurs initiatives soient corsetées par ce pacte avec l’État, celle de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). En plus de ­dénoncer le fait que la commune signataire « n’a plus la liberté d’engager les dépenses qu’elle juge nécessaires à sa population et à l’intérêt général, alors même qu’elle dispose des ressources nécessaires », le conseil municipal déplore les nouvelles dépenses imposées par l’État et un dispositif qui nie les réalités et les spécificités de la ville.

La Seine-Saint-Denis, les Hautes-Pyrénées, Gennevilliers (Hauts-de-Seine), etc. – ont, depuis, refusé de se retrouver sous tutelle.

La liste n’est pas bouclée.

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 14:54
Personnes étrangères malades : Soigner ou suspecter ? (Rapport de la Cimade)
Personnes étrangères malades : Soigner ou suspecter ?

lundi 25 juin 2018 - lettre du CIDEFE, ELUNET

La Cimade publie un rapport pour dresser le bilan des effets de la loi du 7 mars 2016sur le droit au séjour des personnes étrangères gravement malades et leur protection contre l’expulsion.

Le bilan est sombre : la suspicion de fraude est au cœur du dispositif d’évaluation médicale, et mobilise des moyens au détriment de la protection des personnes malades. La Cimade formule, en conclusion de ce rapport, un ensemble de recommandations visant à faire de la protection de la santé la priorité en matière de droit au séjour et de protection contre l’expulsion des personnes malades étrangères.

Au sommaire :

 Historique du séjour et de l’expulsion des personnes malades étrangères ; 
 Le parcours illustré des combattant·e·s ; 
 Entamer les démarches : le premier obstacle ; 
 Refus de récépissés : des privations inédites de droits pendant l’examen des demandes ; 
 Les convocations par l’Ofii, la marque de la suspicion ; 
 L’expulsion, épée de Damoclès pour les malades enfermé·e·s ; 
 Des avis médicaux rendus sur la base d’informations opaques ; 
 La santé bafouée : moins de personnes régularisées, plus de personnes expulsées.

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25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 14:49
Christine Prunaud

Christine Prunaud

La sénatrice de Côtes d'Armor Christine Prunaud et les deux militants communistes français arrêtés dimanche à Agri (est de la Turquie), où ils étaient venus observer les élections à l'invitation d'un parti pro-kurde, ont été relâchés à la fermeture des bureaux de vote.

"Nous avons été arrêtés à 10h30 et retenus à la gendarmerie jusque 17h, à la fin des opérations de vote. On nous a dit qu'il n'y aurait pas de poursuites contre nous car notre présence n'était pas délictuelle", a expliqué Hulliya Turan, secrétaire départementale du Bas-Rhin. La délégation, composée également de Christine Prunaud, sénatrice des Côtes-d'Armor, et Pascal Torre, membre du secteur des Relations Internationales au PCF, s'était rendue dans deux bureaux de vote et revenait en ville quand elle a été interpellée. "On nous a emmenés à la gendarmerie pour vérifier nos identités puis on nous a demandé ce qu'on faisait là, pour quelle organisation on travaillait", a raconté Mme Turan. "Ils avaient du mal à admettre qu'on était juste là pour observer les élections", a-t-elle ajouté.
 

Appel du HDP, principal parti pro-kurde

La délégation, qui avait répondu à un appel du HDP, le principal parti pro-kurde, a été laissée libre de poursuivre son séjour en Turquie, a-t-elle précisé. Le Parti communiste a dénoncé plus tôt dans un communiqué une volonté du pouvoir turc "d'étouffer toutes les voix qui dénoncent les fraudes massives à l'oeuvre". C'était "une mission d'observation de nature citoyenne comme cela se fait dans d'autres pays", pour s'assurer qu'aucune fraude n'était commise car "il y a eu des doutes lors des précédentes élections", et "on n'a pas du tout caché la raison pour laquelle ils se rendaient sur place", a déclaré à Franceinfo le numéro un du PCF et sénateur, Pierre Laurent. "Cette attitude des autorités turques montre leur grande fébrilité", selon lui.

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 07:51
Laurence Cohen, sénatrice communiste, groupe Communiste, Républicain, Citoyen, Ecologiste

Laurence Cohen, sénatrice communiste, groupe Communiste, Républicain, Citoyen, Ecologiste

Le Sénat a refusé mercredi in extremis d'accorder le statut de réfugié aux militants des droits des femmes à l'occasion de l'examen du projet de loi asile-immigration.

Deux amendements identiques avaient été déposés, l'un par le groupe CRCE (à majorité communiste), l'autre par Laurence Rossignol (PS). Mme Rossignol a retiré son amendement au profit de celui du CRCE qui a recueilli autant de voix favorables que de voix défavorables, 166 pour et 166 contre.

L'ensemble du groupe LR a voté contre, à l'exception de Laure Darcos et de Fabienne Keller, ainsi que 19 LREM. Les autres ont été pour.

Le règlement du Sénat prévoit que pour être adopté un amendement doit obtenir une majorité de voix favorables, plus une. L'amendement a donc été rejeté.

"Cet amendement reconnaît le statut de réfugié aux femmes persécutées ou menacées de persécutions dans leur pays, en raison de leur action en faveur des droits des femmes ou du fait de leur refus de se soumettre aux coutumes, normes sociales, pratiques discriminatoires de leur pays ou de leur orientation sexuelle", a plaidé Laurence Cohen (CRCE).

"Les contraintes sociales portent particulièrement sur les femmes: elles sont emprisonnées pour leurs opinions politiques, assassinées pour avoir refusé un mariage, violées pour ne pas être hétérosexuelles", a-t-elle poursuivi.

"Il existe des persécutions qui passent sous les écrans des radars, tant elles sont inscrites dans les coutumes, tant elles font l'objet d'une complaisance coupable", a déclaré Laurence Rossignol. "La France doit protéger les activistes des droits des femmes; comme pour l'avortement, elle doit avoir une position diplomatique claire en leur offrant son soutien".

En revanche, pour le ministre de l'intérieur Gérard Collomb qui n'avait pas pu participer mardi à la première journée du débat, "votre objectif est satisfait par les textes en vigueur, à commencer par la Convention de Genève".

Pour le rapporteur François-Noël Buffet (LR), "l'intention, louable, est satisfaite par le droit en vigueur". "L'action en faveur du droit des femmes peut être reconnue comme une opinion politique au sens de la Convention de Genève et la persécution des femmes en tant qu'appartenant à un groupe social particulier est également prise en compte", a-t-il dit.

"Il y a des pratiques abominables que personne ici ne cautionne et que nous voulons tous combattre", a déclaré le président de la commission des lois Philippe Bas (LR). "Mais encore faut-il démontrer la nécessité, l'utilité de l'amendement", a-t-il ajouté. "Si nous énumérons les actions politiques éligibles au statut de réfugié, nous dégradons la protection".

Le Sénat votera sur l'ensemble du texte le 26 juin, après examen de près de 600 amendements.

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 07:45
Cathy Apourceau Poly

Cathy Apourceau Poly

CATHY APOURCEAU-POLY. UNE NOUVELLE « SÉNATRICE MILITANTE »
Vendredi, 22 Juin, 2018

La femme du jour. 

Née dans le bassin minier du Pas-de-Calais, elle en porte les combats depuis de nombreuses années comme militante et élue du PCF. Bientôt, Cathy Apourceau-Poly les fera entendre à Paris, au palais du Luxembourg. Elle s’apprête en effet à prendre le relais du sénateur communiste Dominique Watrin, qui avait annoncé, à l’automne dernier, que sa 65e bougie soufflée il passerait le témoin. C’est chose faite en ce mois de juin, sa suivante de liste fera donc son entrée au Sénat dès le 1er juillet. « Comme mon prédécesseur, je veux être une sénatrice militante. On ne peut pas se contenter de l’institution, il faut être au contact des élus locaux, des gens, des combats », explique-t-elle, se relevant d’ores et déjà les manches. « Avec Macron qui tape tous azimuts, je vais immédiatement être jetée dans le grand bain. » Forte de ses douze ans comme conseillère régionale en charge de la formation et de l’apprentissage, mais aussi comme présidente de la « mission bassin minier », elle entend porter les aspirations et les espoirs d’un territoire « rongé par la souffrance, les difficultés sociales ».

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