Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 07:00
Macron lance le chantier du big-bang des retraites
Protection sociale
SÉBASTIEN CRÉPEL
VENDREDI, 1 JUIN, 2018
L'HUMANITÉ
L’exécutif a donné le coup d’envoi, jeudi, à la réforme qui doit être présentée à la mi-2019, et selon laquelle « chaque euro cotisé doit donner les mêmes droits » à pension pour tous. Derrière se profile un régime par points qui prépare l’éclatement du système solidaire. Décryptage.

Emmanuel Macron en avait fait un de ses slogans de campagne pour l’élection présidentielle : « Un euro cotisé (doit) donne (r) les mêmes droits » à la retraite pour chacun. La formule, séduisante car elle renvoie à une apparence d’égalité parfaite, a été explicitée par Jean-Paul Delevoye à l’occasion du lancement, hier, d’une « consultation citoyenne » sur la future réforme des retraites, qui doit être présentée à la mi-2019. Le haut-commissaire nommé pour préparer ce chantier confirme qu’il s’agit bien de passer à un « système par points ». « L’objectif est qu’à carrière identique, revenu identique, la retraite soit identique », a-t-il déclaré dans un entretien publié dans le Parisien-Aujourd’hui en France. L’égalité, à revenus et carrières comparables, donc. Mais comme, dans la vie, les carrières et les salaires ne sont pas les mêmes pour tous – et encore moins pour toutes –, les capacités contributives de chacun, dans ce nouveau système « à la carte », seront très différentes d’un individu à l’autre. « Dire que pour un euro, on aura la même valeur de retraite, c’est passer outre le fait que certain-es gagnent beaucoup d’euros et d’autres beaucoup moins », a fait ainsi valoir le syndicat Solidaires. Quant à la CGT, elle a réagi hier en estimant que « les problématiques et les questions posées (dans la consultation – NDLR) sont orientées et les réponses attendues téléphonées », et en dénonçant une volonté de « casser notre système de retraite par répartition et solidaire » et de « poursuivre la baisse des pensions ».

1 Un principe faussement juste et inégalitaire

De fait, dans le système à points, quand certains gagneront à peine de quoi cotiser à un taux minimal, d’autres pourront y consacrer une large part de leurs revenus. En clair, plus on est aisé, plus on pourra partir plus tôt à la retraite et avec une meilleure pension. Ce nouveau système va donc en réalité reproduire, voire amplifier, les inégalités au détriment des salaires les plus faibles et des parcours professionnels les plus chaotiques. Les femmes, les ouvriers, les chômeurs, les malades en seront les premières victimes. « L’argument d’un euro cotisé donne les mêmes droits et va à l’envers du principe qui veut que la retraite compense un peu les inégalités de salaires et de carrière, relève Henri Sterdyniak, membre des Économistes atterrés. Dans le système actuel, quand vous ne cotisez pas parce que vous êtes malade ou au chômage, vous avez quand mêmes des droits. » Prévenant les critiques, Jean-Paul Delevoye le promet : « Cette réforme maintiendra et consolidera les solidarités qui seront les piliers du nouveau système. » La majoration pour enfants, la prise en compte des périodes d’invalidité et de chômage, les minima contributifs et la pension de réversion (pension du conjoint décédé versée au conjoint survivant) seront donc conservés dans le nouveau système, mais ces correctifs pourraient être financés par l’impôt, c’est-à-dire par la « solidarité nationale » et non par les cotisations. À l’instar de « la majoration pour enfants (qui) est une politique de caractère familial », prévient Jean-Paul Delevoye : logique, d’une certaine manière, puisque ces politiques de solidarité contredisent le principe posé des « mêmes droits pour chaque euro cotisé ». Ce qui réintroduit un peu de justice dans des carrières fondamentalement inégalitaires pourrait ainsi ne plus relever de la responsabilité sociale des entreprises, à l’exemple de certains avantages sociaux « déjà payés par le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), donc en partie par la CSG qui le finance, souligne Henri Sterdyniak, et par l’excédent de la branche famille », dont les ressources sont à 40 % fiscalisées (CSG et autres impôts et taxes) en 2018.

2la retraite à 62 ans réservée aux plus aisés ?

Jean-Paul Delevoye abat franchement ses cartes sur un aspect : « Dans un système à points, la notion de durée (de cotisation pour partir à la retraite – NDLR) disparaît. C’est votre nombre de points qui vous permet un arbitrage personnel. » Adieu, les 43 annuités exigées pour des générations nées à partir de 1973. Désormais, chacun fera « un arbitrage personnel » en fonction du nombre de points collectés. Dans les faits, ce choix sera là encore réservé aux plus aisés, qui auront les moyens de cotiser vite et beaucoup. Les autres devront arbitrer entre une pension réduite ou la poursuite du travail… à condition d’être épargnés par le chômage. Conséquence, fixer un âge de la retraite n’aura plus de sens. « L’âge actuel de 62 ans devrait être conservé », prétend pourtant Jean-Paul Delevoye. Mais il s’agit surtout d’un « seuil en dessous duquel (les gens) ne peuvent pas partir pour éviter que cela pèse » dans les comptes, précise le haut-commissaire. « C’est injuste pour les travailleurs manuels aux carrières longues et pénibles qui ne peuvent pas se maintenir au travail jusqu’à 60-62 ans », estime Henri Sterdyniak. Pour tous les autres, cet âge légal « ne garantit aucunement qu’on parte à 62 ans », souligne encore l’économiste.

3 Un niveau de pension qui ne sera plus garanti

« Dans le système par points, le niveau des retraites n’est pas garanti par un taux de remplacement (le taux de la pension calculé par rapport au salaire de référence) comme dans le système actuel », poursuit Henri Sterdyniak. C’est même tout l’inverse : alors que le système actuel est dit à « prestations définies », c’est-à-dire qu’« il garantit un niveau de pension au moment du départ à la retraite », explique la CGT, le système par points renverse la logique, puisqu’il s’agit d’« un régime à cotisations définies (qui) garantit un plafond de cotisation ». Dès lors, ce ne sont plus les actifs qui supportent les aléas financiers du système grâce au réglage de paramètres comme l’âge de départ, la durée de cotisation, le salaire de référence ou encore le taux de cotisation, mais les retraités eux-mêmes, pour lesquels « le niveau des prestations (...) est imprévisible à long terme », poursuit le syndicat. En d’autres termes, le niveau de pension peut baisser en cours de retraite en cas de choc économique ou démographique. « Dans les systèmes envisagés, on saura ce qu’on paiera chaque année, mais on ne saura qu’à la fin ce qu’on aura comme retraite », résume l’union syndicale Solidaires.

4 Un système à deux vitesses avec les fonds de pension

Le système à la suédoise qui fait la part belle à la capitalisation, « ce n’est pas du tout notre philosophie », jure le haut-commissaire, qui se prononce pour le « maintien d’un système de répartition par cotisation couvrant un maximum d’actifs ». En apparence, l’essentiel est sauf, et les fonds de pension ne sont pas pour demain. En apparence seulement… Car « la question se pose pour les plus gros salaires qui excéderaient un certain plafond », concède Jean-Paul Delevoye. Ceux qui gagnent 120 000 ou 160 000 euros annuels ou davantage pourraient être éligibles à une « épargne individuelle, éventuellement en capitalisation ». Même si cela ne concerne que « 200 000 à 300 000 personnes », le problème serait alors que ces très hauts revenus ne voient plus l’intérêt de cotiser au « système universel » à partir du moment où ils tireraient l’essentiel de leur retraite des fonds de pension. « La grande idée, c’est d’attirer les traders de Londres en fixant un plafond au-delà duquel ils seront exonérés de cotisation. Le risque est alors que ne s’instaure un système à deux vitesses, avec l’abaissement progressif de ce plafond, qui permette à de plus en plus de gens de sortir du régime universel », commente Henri Sterdyniak.

Le medef en renfort de macron, veut « aller vite »

« Il est urgent d’aboutir avant 2019 », expliquait, fin mars, Claude Tendil, vice-président du Medef. En somme, détaillait le Monsieur social de l’organisation patronale, il suffit d’ « inciter les assurés à partir plus tard que l’âge légal » en instaurant « une nouvelle décote suffisamment forte ». De son côté, Jean-Charles Simon, candidat à la succession de Pierre Gattaz, estime qu’il faut carrément supprimer les cotisations Agirc/Arrco au-delà de 3 310 euros de salaire brut mensuel. En clair, exonérer les plus riches de la solidarité et alléger, encore, les entreprises de cotisations. Une « économie » qu’il chiffre à 25 milliards d’euros. Quant aux favoris, Alexandre Saubot et Geoffroy Roux de Bézieux, s’ils entendent conserver le système des complémentaires, ils se laisseraient bien tenter par un financement par fonds de pension.

Macron lance le chantier du big-bang des retraites (Sébastien Crépel, l'Humanité, 1er juin 2018)
Partager cet article
Repost0
1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 06:30
Indécence des riches: 4 millions d'euros d'indemnités de départ pour le PDG de Carrefour: combien de dizaines de milliers d'euros l'emploi supprimé?

Après avoir touché 10 millions d'euros en 2016, l'ancien PDG de Carrefour va partir avec prés de 4 millions d'€ d'indemnité de départ et une retraite annuelle de 500 000 € !!! et pendant ce temps là on vire des salariés, on sous paye les salariés et on détruit leurs conditions de travail !!!

Partager cet article
Repost0
1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 06:05

Gérard Collomb

En deux mots résumés le vide de l'esprit, du cœur, de l'idée politique progressiste. 

Un cadre de la droite du Parti Socialiste qui a viré à droite toute sous Hollande et avec Macron. 

Un ministre de l'Intérieur qui ose tout ce que la droite extrême et l'extrême-droite rêvaient de dire et de faire: 

- Prétendre que c'est aux manifestants pacifiques d'organiser leurs services d'ordre pour empêcher les violences dans les manifestants, sans quoi le droit de manifestation pourrait être remis en cause: 
"Si on veut garder le droit de manifester (…) il faut que les participants puissent s’opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivité, être d’un certain point de vue, complices de ce qui se passe.»

- Prétendre que les migrants et réfugiés vont en Europe comme au Supermarché comparant les étiquettes, les droits sociaux, les situations économiques avant de choisir notre pays dans une attitude purement consommatrice de calcul égoïste: cette propension au "benchmarking" des migrants et exilés que ce ministre de l'Intérieur a l'indécence et le profond cynisme d'affirmer.

Après Valls, Hortefeux, Sarkozy, Pasqua, on pensait être vacciné contre les saloperies des premiers flics de France, mais là, on touche le pompon. 

- Une politique d'expulsion accélérée des déboutés du droit d'asile

- Les restrictions aux demandes de régularisation, les refus généralisés d'asile pour des réfugiés qui fuient des pays en guerre ou en situation de dictature. 

- L'enfermement des enfants

- Une politique de mise à la rue des jeunes migrants.

- La répression du mouvement social. 

Collomb est de la race de ces hommes politiques qui sans assise politique forte au niveau des principes humains et idéologiques, privilégiant leur carrière et leur petit nombril à l'intérieur d'un milieu bourgeois de privilégiés, sont prêts à toutes les compromissions. 

Gérard Collomb, c'est la honte de la République! 

Ismaël Dupont  

   

 

 

Partager cet article
Repost0
31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 05:44

Invitées par les sénateurs du groupe PCF-Verts alors que s’ouvrent les discussions sur la réforme ferroviaire, des délégations de cheminots d’Europe et d’ailleurs sont venues témoigner des conséquences de la libéralisation du rail dans leur pays.

Ils ont donné du grain à moudre aux sénateurs, qui planchent en ce moment sur la réforme ferroviaire portée par le gouvernement. Hier, à l’invitation du groupe Communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), des cheminots allemands, britanniques, espagnols, belges, italiens, luxembourgeois, mais aussi norvégiens ou néo-zélandais sont venus dresser un bilan de la situation du chemin de fer dans leur pays. Parfois totalement privatisé, souvent libéralisé ou en voie de dérégulation, partout le service public de transport ferroviaire souffre de la politique du tout-rentabilité.

Les pourfendeurs du monopole public, gouvernement et direction de la SNCF en tête, dépeignent une concurrence idéale et positive, qui tire les prix vers le bas et garantit la qualité du service rendu aux usagers. « Faux », a répondu hier Oystein Aslaken, cheminot de Norvège et président d’ITF (Syndicat international des travailleurs du transport), qui chapeaute la rencontre. « La libéralisation des chemins de fer est partout négative, c’est l’augmentation assurée des coûts et des tarifs, le tout reposant sur un choix politique délibéré de privatiser l’argent public. »

Une libéralisation toujours synonyme de dégradation

Dans une petite salle du deuxième étage du Palais du Luxembourg, les sénateurs, aux côtés des représentants des syndicats français (CGT, Unsa, SUD, CFDT), ont écouté les cheminots étrangers. Tous vont dans le même sens. Tous dénoncent la concurrence. Tous en appellent au développement du rail et tous, surtout, sont venus témoigner leur solidarité à la lutte des cheminots français. « Nous savons bien que, vraisemblablement, la réforme ferroviaire française, si elle va à son terme, inspirera d’autres gouvernements », a pointé Laurent Bour, cheminot luxembourgeois. Libéralisé sur sa partie fret, le réseau ferroviaire du Grand-Duché, qui cumule 275 kilomètres de lignes, reste largement financé par les pouvoirs publics et l’opérateur historique existe toujours. Mais jusqu’à quand ?, interroge Laurent Bour. En Italie, où le transport de marchandises et de passagers a été ouvert à concurrence – comme en Espagne –, « la compagnie nationale Trenitalia a perdu 25 % du trafic local et 15 % du trafic grandes lignes hors grande vitesse », explique Maria Christina Marzola. Résultat, poursuit-elle, « une forte baisse du nombre de trains avec des conséquences indirectes mais évidentes sur les prix. Car, quand on ne peut plus faire une longue distance d’un trait, on additionne les petits trajets et le nombre de billets ». Mais la cheminote italienne va plus loin : « L’externalisation des travaux de maintenance a désorganisé profondément les choses, c’est l’anarchie en termes de gestion et en dehors de la baisse de ponctualité, cela entraîne surtout des problèmes de sécurité pour les cheminots et pour les salariés des entreprises prestataires. » Finalement, explique Pierre Lejeune, venu de Belgique, « c’est toujours les petites lignes rurales qui subissent le plus durement ces politiques ». Dans son pays, la séparation comptable du gestionnaire d’infrastructures et de l’opérateur ferroviaire est effective depuis 2005. Et « en échange, poursuit le cheminot d’outre-Quiévrain, l’État a repris les 7 milliards d’euros de dette de la SNCB (la compagnie belge – NDLR). Mais malgré les suppressions de postes (4 000 depuis 2015 – NDLR), l’endettement atteint de nouveau 4 milliards d’euros cumulés ».

Restent l’Allemagne et le Royaume-Uni. Cités par le gouvernement, l’une comme exemple, l’autre comme contre-exemple. Collé au « modèle allemand », le pacte ferroviaire d’Édouard Philippe entend libéraliser le secteur sans le privatiser totalement, comme ce fut le cas en Grande-Bretagne. Mais à entendre les cheminots allemands et anglais, les deux options aboutissent au même résultat : dégradation du service, augmentation des coûts et des tarifs. En Allemagne, 19 % du réseau n’est plus exploité depuis 2005, la dette sur l’infrastructure a été reconstituée à hauteur de 18,8 milliards d’euros, les subventions publiques ne cessent d’augmenter, les prix des billets ont augmenté de 50 % – bien plus que l’inflation – et la Deutsche Bahn, la compagnie germanique historique, a perdu sur la période la moitié de ses effectifs, a détaillé Winfried Wolf.

Quant au Royaume-Uni, « où, vingt-deux ans après la dérégulation, 70 % de l’opinion publique est favorable à une renationalisation du rail », précise un cheminot britannique, « les tarifs atteignent des sommes faramineuses ». Pour exemple, poursuit-il, « un abonnement annuel à la ligne Manchester-Newcastle – 142 km – coûte 11 500 euros et Manchester-Liverpool – seulement 42 km – 5 000 euros par an ».

Autant d’arguments qui « renforcent la détermination de notre groupe parlementaire », a résumé sa présidente, Éliane ­Assassi, sénatrice communiste de Seine-Saint-Denis. Une détermination exprimée dans une motion du groupe CRCE qui dénonce non seulement le choix du gouvernement de « passer en force par la voie des ordonnances », mais également un travail parlementaire réduit à « un toilettage à la marge, puisque sur le dur du texte, rien n’est négociable ». « Le combat sera difficile », a pour sa part noté Pierre Laurent. « Mais nous voulons rendre ce débat utile, et nous sommes capables de faire bouger les lignes » d’une réforme qui « ne résout aucun des problèmes concernant l’avenir du ferroviaire », a ajouté le secrétaire national du PCF et sénateur de Paris.

Hier, en début d’après-midi, quelques heures avant que ne s’ouvrent les travaux dans l’Hémicycle, des milliers de cheminots sont venus crier leur colère sous les fenêtres du Palais du Luxembourg. Parmi la foule et la fumée, Francis tente de se frayer un passage. Il porte à la veste un badge sur lequel on peut lire « usager solidaire ». Parce que « le service public est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas », il encourage les cheminots à poursuivre la lutte. Et à ceux qui considéreraient les usagers comme les premières victimes de ce combat, Francis répond qu’« on ne mesure pas la légitimité et l’importance d’un mouvement aux embarras qu’il peut causer ».

 

Partager cet article
Repost0
31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 05:42
Partager cet article
Repost0
29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 10:51
Le groupe communiste au Sénat mobilisé contre la réforme du gouvernement

mardi 29 mai 2018

Le pacte ferroviaire du gouvernement est examiné à partir d’aujourd’hui en séance publique au Sénat. Les élu-e-s du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste s’apprète à mener une bataille parlementaire contre la réforme du gouvernement

Les discussions en séances publiques se poursuivront jusqu’au 5 juin, date fixée du vote solennel des sénateurs sur le texte. Début juin, une table ronde tripartite avec le gouvernement, les syndicats et l’UTP (patronat de la branche ferroviaire) devrait également se tenir.

Pour Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat et sénatrice de Seine-Saint-Denis, l’examen du texte au Sénat sera « l’occasion de montrer que d’autres solutions sont possibles ».

Car, si une réforme du rail est nécessaire pour améliorer le service public, « celle du gouvernement ouvre la voix à la privatisation de l’entreprise publique », note la E. Assassi.

Après avoir déposé une vingtaine d’amendements de suppression lors des discussions en commissions, ce groupe devrait porter en séance publique une centaine d’amendements et présenter une motion de rejet du texte.

« Nous sommes le porte-voix de ce qu’expriment les cheminots », poursuit la sénatrice.

Le groupe a déposé une centaine d’amendements et de motions (en savoir plus)

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au Sénat (photo L'Humanité)

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au Sénat (photo L'Humanité)

Partager cet article
Repost0
29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 07:18
Photo Dominique Resmon 23 mai 2018

Photo Dominique Resmon 23 mai 2018

tribune envoyée à la presse et publiée dans l'Humanité.
La Bretagne dans sa diversité appelle à une autre réforme ferroviaire
Face au projet de loi gouvernemental.
Mardi, 29 Mai, 2018
 

Élus, usagers et syndicalistes de la région Bretagne lancent un appel commun au regard de leurs expériences du terrain et des enjeux d’avenir. 

 

Nous, acteurs régionaux et locaux impliqués dans l’action publique des transports, nous, usagers des services de transport, nous, professionnels, salariés, des entreprises de transport sommes particulièrement attachés aux responsabilités de chacun pour moderniser l’action publique en matière de politique des transports.

 

Les enjeux environnementaux, le droit au transport inscrit dans notre législation, le droit à l’égalité des citoyens comme des territoires, les enjeux industriels et stratégiques, le rôle irremplaçable des services publics sont autant de considérations que nous vivons quotidiennement dans notre région.

 

De fait, la situation très grave que nous connaissons nous conduit en premier lieu à réaffirmer ici que la nécessité de réformer le système ferroviaire devrait d’abord s’appuyer sur des éléments concrets, objectifs, et non se traduire par une mise en cause injustifiée du corps social des cheminots qui entraîne ce vaste mouvement. Il n’est en effet pas acceptable de livrer à la vindicte populaire les cheminots et de les mettre en cause, en laissant entendre notamment qu’il y aurait un lien entre les problèmes que connaît la SNCF et leur statut social. Ce jeu pernicieux et irresponsable, qui a fait fleurir les caricatures les plus grossières du « cheminot nanti », alimente les pires populismes, dont les conséquences pourraient être particulièrement graves.

 

De surcroît, ce n’est pas honnête car, s’il est vrai que la dette de la SNCF est le problème majeur, rien n’est pour l’instant engagé pour la résorber et ce problème était déjà la cause de la création de la SNCF, en 1938, année où le déficit cumulé des cinq compagnies ferroviaires privées (qui assuraient à l’époque le ferroviaire en France) représentait déjà un montant cumulé de 37 milliards de francs.

À l’opposé de ces appréciations, la région Bretagne, ses collectivités, comme nombre d’usagers, se félicitent du professionnalisme des cheminot-e-s et de leur engagement quotidien car c’est ce travail concret qui permet de hisser la région au premier rang national des performances du TER et du transport ferroviaire des voyageurs.

 

Cela se vérifie au quotidien malgré des efforts continus de leur part et qui conduit l’entreprise publique SNCF à continuellement se réorganiser. Des évolutions dont les finalités (croissance externe du groupe, stratégie de filialisation du fret ferroviaire, externalisation, utilisation des fonds publics, etc.) doivent nous interroger !

 

Dire que les dérives financières ou les prix trop élevés du train sont imputables aux cheminots et à leurs conditions sociales ne résiste pas un instant à l’argumentation rationnelle. Depuis 2004, 2 000 emplois sont supprimés chaque année à la SNCF. Le taux de productivité des cheminots durant cette période a augmenté de 3,2 % contre 1,9 % pour l’ensemble de l’économie.

 

Mais la SNCF porte aussi de beaux exemples de réussite ! Pour ne prendre que le seul exemple de la Bretagne, où il reste aussi beaucoup de progrès à faire, les chiffres sont éloquents ! La région a beaucoup investi dans l’acquisition de trains neufs (530 millions d’euros), dans la rénovation des lignes, des gares, haltes ferroviaires et points d’arrêts. La fréquentation a été multipliée par 2 en quatorze ans et la subvention moyenne par voyage a baissé dans le même temps de 49 % ! Cela prouve bien que le développement, avec des cheminots à statut, du service public peut être vertueux, y compris pour la dépense publique elle-même. Avec un taux de régularité des trains en moyenne à 95 %, la démonstration est apportée du savoir-faire des cheminot-e-s grâce à qui la Bretagne se hisse au premier rang des régions de France en matière de fiabilité.

 

Dans le même temps, une étude bancaire récente (octobre 2017) révèle que le coût moyen annuel du TER par habitant en Bretagne est de 31 euros quand il est en moyenne à 57 euros au plan national. Ce résultat illustre bien les avantages de la mutualisation dans l’organisation des transports ferroviaires en région !

 

Ce nouveau service mutualisé, augmentant l’offre ferroviaire en région de 20 % depuis le 1er juillet 2017, se solde également par des résultats spectaculaires en termes de croissance du trafic (+ 18 % pour les TGV et + 9 % pour les TER).

La solidarité nationale est aussi menacée par l’ouverture annoncée à la concurrence. En effet, cela conduira la SNCF et les nouveaux entrants à se positionner sur les lignes les plus rentables. Ainsi, certains territoires pourraient être exclus de dessertes ferroviaires nationales dès lors que ne joueraient plus que les mécanismes adossés à la rentabilité des marchés. Il faut donc réinventer les principes de la solidarité nationale et territoriale et réinterroger le bon périmètre de son exercice pour garantir à chaque territoire les moyens de son développement.

 

Ainsi, s’agissant de la région Bretagne, au moment de l’ouverture à la concurrence pour le TGV, les opérateurs de transport feront leurs offres sur le segment le plus rentable, c’est-à-dire entre Paris et Rennes. Quand la concurrence s’exacerbera entre Paris et Rennes, restera-t-il encore un opérateur pour assurer la desserte TGV jusqu’à Brest et Quimper, beaucoup moins rentable ? La réponse est hélas connue : la desserte de la pointe bretonne ne pourra être garantie que par le service public et les moyens financiers s’y rapportant. C’est tout le contraire du combat mené pendant des décennies pour atteindre l’objectif de mettre la Bretagne à trois heures de Paris.

 

En déclarant que les petites lignes seraient maintenues, Monsieur le premier ministre s’est bien gardé de nous dire comment.

En effet, aujourd’hui, dans le cadre du contrat de performance qui la lie à l’État, la SNCF finance à hauteur de 7 % à 8,5 % la remise en état des lignes capillaires du réseau ! Ceci revient à dire que les collectivités, au premier rang desquelles les régions, financent déjà la part essentielle de ces investissements (entre 40 % et 50 % en Bretagne). C’est ce qui a permis, en Bretagne, la réalisation de travaux importants sur les axes Quimper-Brest, Plouaret-Lannion, Carhaix-Guingamp-Paimpol et c’est ce qui permet de mettre en perspective la remise à neuf des axes Rennes-Chateaubriant, Dol-Dinan-Lamballe, etc. Si l’État et la SNCF venaient à se désengager, comme suggéré dans un certain nombre de rapports, ces axes seraient condamnés à la fermeture.

 

Ainsi, à l’heure où sont engagés les travaux de réforme du ferroviaire par le gouvernement, il est impératif de créer les conditions d’une appropriation pleine et entière des acteurs du mode ferroviaire et des enjeux d’intermodalité. C’est par l’affirmation de processus démocratiques qui incluent les élu-e-s de la République, les usagers, leurs associations, les salarié-e-s et leurs représentants que nous pourrons avancer dans l’esprit d’un réel dialogue autour des réalités et besoins de notre pays.

 

Cela passe nécessairement par une redéfinition des moyens au travers d’une fiscalité réhabilitée à la hauteur des enjeux posés. Les propositions autour de l’extension du versement transport, le niveau de TVA (retour à 5,5 % contre 10 %), comme la contribution nécessaire des concessionnaires privés (autoroutes, PPP, etc.) à la promotion d’un service public ferroviaire, répondant aux besoins de transport, tant de marchandises que de voyageurs, nationaux qu’aux enjeux environnementaux, doivent être entendus.

En laissant chaque citoyenne et chaque citoyen libre de son appréciation sur un mouvement qui appartient en propre aux cheminots eux-mêmes, nous, signataires de cette tribune, ne ménageons aucun effort pour continuer à porter quotidiennement avec confiance une grande ambition publique, solidairement avec les cheminotes et les cheminots.

 

C’est pourquoi nous exigeons une autre réforme pour que d’autres choix puissent trouver une issue favorable dans le cadre d’une démarche de dialogues et de négociations impliquant tous les acteurs du ferroviaire.

 

Signer l'appel

Signer l'appel

 

La liste des premiers signataires :

A.C.C.R.E.T (Association Citoyenne Châteaubriant Rennes En Train)

Collectif Fougères Rennes En Train (CGT – FSU – CNL – Bretagne Ecologie – FI, Passiflore)

AUDIC Stéphane Conseiller municipal de Roscoff (Gauche Unie)

BELLEC Claude Conseillère municipale déléguée (PCF) de Brest

BENMAKHLOUF Khaled Conseiller municipal de Fougères

BERROCHE Eric Président du Groupe Communiste et Progressiste au Conseil Régional de Bretagne, adjoint au Maire de Rennes

BONNIN Philipe Maire de Chartres de Bretagne, Conseiller départemental Ille et Vilaine

BROUDIC Françoise conseillère municipale de Plérin, conseillère communautaire agglo St Brieuc

BUI Gwenegan Conseiller régional Bretagne (PS)

CADIOU Gaby Conseillère régionale (PCF), adjointe au Maire de Plouaret

CHERBIT Alain secrétaire régional Bretagne UNSA Ferroviaire

CUEFF Daniel Maire de Langouët

DAVID Jean-Claude Conseiller municipal de Plourin-les-Morlaix

DEMOLDER Michel Adjoint au maire de Pont-Péan

DESBROUSSES Jérôme Conseiller municipal délégué de Chevaigné

DUPONT Ismaël Conseiller municipal et communautaire (PCF) de Morlaix

ECH-CHEKHCHAKHI Moulay Hamid Conseiller municipal délégué à la réussite éducative, membre du Groupe Ecologiste

ETIEMBLE Fernand Adjoint (PCF) au maire de St Jacques de la Lande

FLAGEUL Didier Adjoint au maire de Plérin

FAUCHEUX Valérie Conseillère municipale de Rennes (Gauche sociale et écologiste)

GARNIER Jean-François Adjoint au maire de Fougères, délégué aux transports

GAUDIN Jean Luc Maire de Pont-Péan (35), Vice-Président Aménagement Rennes Métropole

GOATER Jean-Marie Adjoint à la mairie de Rennes (EELV)

GOUEDARD Hervé Conseiller municipal (PS) de Morlaix

GUELLEC Eric Conseiller municipal (PCF) de Brest, Vice-président de Brest Métropole

GUILLEMOT Matthieu Conseiller municipal (NPA) de Carhaix, Conseiller communautaire de Poher Communauté

HAMON Laurent Conseiller municipal de Rennes, délégué au numérique, Conseiller métropolitain de Rennes Métropole

HERE Jacqueline Maire-adjointe (PCF) de Brest

HERE Roger Conseiller municipal(PCF) de Plouigneau

JUMEAU Philippe, conseiller municipal (PCF) de Lanester

LAFAYE Elsa Conseillère municipale de Fougères

LAHELLEC Gérard Vice-Président du Conseil Régional de Bretagne chargé des transports et de la mobilité

LAGARGASSON Yannick Conseiller municipal de Rennes

LATREILLE André Conseiller municipal délégué Le Rheu

LE CAM Yannick Conseiller municipal et communautaire de St Brieuc

LE FESSANT Thierry Conseiller municipal (PCF) – Plérin (22)

LE GALL Mireille Secrétaire régionale du syndicat CFDT cheminots de Bretagne

LE GENTIL Morvan Président du groupe écologistes et citoyen.ne.s de Rennes Métropole

LELIEU Florence Conseillère municipale (PCF) de Ploumiliau

LE LORC’H Jean-Michel Conseiller municipal délégué (PCF) de Brest

MAZELIN Isabelle Adjointe (PCF) au maire de Relecq Kerhuon

MESCAM Bernard Adjoint au maire de Retiers

MISSIR Stéphanie Conseillère municipale et communautaire de Dinan

NADEZAN Yannick Conseiller Municipal (PCF) de Rennes

NIOCHE Robert Conseiller consultatif (PCF) de Kernével

NIOCHE Françoise Conseillère municipale (FdG) de Rosporden

NOLL Sarah Conseillère municipale et communautaire (Coopérative Citoyenne) de Morlaix

PEREIRA Véronique Maire du Cloître St Thégonnec

PRUNAUD Christine Sénatrice (CRC), Conseillère municipale de Lamballe

RAINERO Piero Conseiller municipal (PCF) de Quimper

RANNOU Jacques Maire délégué (PCF) de Fernevel, Conseiller communautaire de Concarneau Cornouaille Agglomération

RICHARD Anita Conseillère municipale (PCF) de Rosporden Kernevel

ROULAND Pascal Conseiller municipal de Fougères

SCHEUER Alexandre Conseiller municipal de Lanester (FI)

SCATTOLIN Valérie Conseillère municipale(FdG) de Morlaix

THOMAS Claire Conseillère municipale PS de Morlaix 

TIZON Yannick secrétaire général secteur CGT des cheminots de Bretagne

TOURENNE Jean-Louis sénateur (PS) d’Ille et Vilaine

TUAL Jean-Paul Conseiller municipal de Rennes

VEANTIN Cyrille Secrétaire régional Bretagne SUD Rail

VERMOT Jean-Paul Conseiller départemental PS du Finistère (Morlaix)

VIGOUROUX Gaëlle Conseillère régionale (PCF) et Vice-Présidente du Parc Naturel Régional d’Armorique

 

 

Partager cet article
Repost0
29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 06:50
Marée Populaire du 26 mai - Les Absents n'étaient pas contre! - Par Monique David

LES ABSENTS N’ETAIENT PAS CONTRE !


« 250 personnes à la Manif »* dit la presse, pour défendre l’hôpital, la SNCF, les migrants, les étudiants, la poste, tout ce qui est touché par le gouvernement de Macron. Mais, combien auraient voulu faire partie de cette manif. !? Beaucoup. Oui, car malheureusement, les seniors touchés par ces mesures « macronistes » auraient aimé le faire savoir au gouvernement, mais pour Morlaix, le tracé de la manif était assez difficile. Mais leur cœur était avec les manifestants.
L’Hôpital est primordial pour eux, on le comprend, ils ne sont pas réjouis devoir partir à Brest ( ou autre part) pour se faire soigner. Non seulement il faut avoir le temps d’y arriver mais en plus, ils se coupent un peu plus de leur famille, dont ils ont bien besoin (c’est la galère pour trouver une place de parking à Brest d’après les dires des familles).
Et là aussi, c’est curieux, on les incite à prendre leur voiture (donc pollution) car on touche à la SNCF. On voit « fleurir » de plus en plus les cars privés (Bizarre !) On nous « bassine » avec la pollution et on remet de plus en plus de voitures, cars, sur les routes !
On pourrait continuer à faire le détail de tout ce qui ne va pas. La poste, où on leur demande de faire plus, sans gagner plus ! L’hôpital, même topo, où les soignants n’en peuvent plus mais c’est de l’humain qu’ils ont entre leurs mains, alors !!! ? , on continue.
Les étudiants, très inquiets, la vie est en suspens…  vont-ils trouver des places !!! Les migrants, très, très vaste et profonde question.
Alors ! Que fait-on ? Restons-nous dans nos  « charentaises » ou nous bougeons-nous ! ?
                                                                                                                     Monique DAVID

* 300 en réalité

Partager cet article
Repost0
28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 07:37
Photo Dominique Resmon - AG des Cheminots finistériens et bretons (intersyndicale) Morlaix 23 mai 2018

Photo Dominique Resmon - AG des Cheminots finistériens et bretons (intersyndicale) Morlaix 23 mai 2018

La Bretagne dans sa diversité appelle à une autre réforme ferroviaire. 
 
Nous, acteurs régionaux et locaux impliqués dans l’action publique des transports, nous usagers des services de transports, nous professionnels, salariés, des entreprises de transports sommes particulièrement attachés aux responsabilités de chacun pour moderniser l’action publique en matière de politique de transports. 
 
Les enjeux environnementaux, le droit au transport inscrit dans notre législation, le droit à l’égalité des citoyens comme des territoires, les enjeux industriels et stratégiques, le rôle irremplaçable des services publics sont autant de considérations que nous vivons quotidiennement dans notre région. 
 
De fait, la situation très grave que nous connaissons nous conduit en premier lieu à réaffirmer ici que la nécessité de réformer le système ferroviaire devrait d'abord s'appuyer sur des éléments concrets objectifs et non se traduire par une mise en cause injustifiée du corps social des cheminots qui entraîne ce vaste mouvement. 
 
Il n'est en effet pas acceptable de livrer à la vindicte populaire les cheminots et de les mettre en cause, en laissant entendre notamment qu'il y aurait un lien entre problèmes que connaît la SNCF et leur statut social. 
 
Ce jeu pernicieux et irresponsable qui a fait fleurir les caricatures les plus grossières du « cheminot nanti » alimente les pires populismes dont les conséquences pourraient être particulièrement graves. 
 
De surcroît, ce n'est pas honnête car s'il est vrai que la dette de la SNCF est le problème majeur, rien n'est pour l'instant engagé pour la résorber et ce problème était déjà la cause de la création de la SNCF en 1938, année où le déficit cumulé des 5 compagnies ferroviaires privées (qui assuraient à l'époque le ferroviaire en France) représentait déjà un montant cumulé de 37 Milliards de Francs. 
 
A l'opposé de ces appréciations, la région Bretagne, ses collectivités, comme nombre d’usagers, se félicitent du professionnalisme des cheminot-e-s et de leur engagement quotidien car c'est ce travail concret qui permet de hisser la région au premier rang national des performances du TER et du transport ferroviaire des voyageurs. 
 
Cela se vérifie au quotidien malgré des efforts continus de leur part et qui conduit l’entreprise publique SNCF à continuellement se réorganiser. Des évolutions dont les finalités (croissance externe du groupe, stratégie de filialisation du Fret ferroviaire, externalisation, utilisation des fonds publics, etc.), doivent nous interroger ! Dire que les dérives financières ou les prix trop élevés du train sont imputables aux cheminots et à leurs conditions sociales ne résiste pas un instant à l'argumentation rationnelle.
 
Depuis 2004, 2000 emplois sont supprimés chaque année à la SNCF. Le taux de productivité des cheminots durant cette période a augmenté de 3,2% contre 1,9% pour l'ensemble de l'économie. Mais la SNCF porte aussi de beaux exemples de réussites ! 
 
Pour ne prendre que le seul exemple de la Bretagne, où il reste aussi beaucoup de progrès à faire, les chiffres sont éloquents ! La région a beaucoup investi dans l'acquisition de trains neufs (530M€), dans la rénovation des lignes, des gares, haltes ferroviaires et points d'arrêts. 
 
La fréquentation a été multipliée par 2 en quatorze ans et la subvention moyenne par voyage a baissé dans le même temps de 49% !
 
Cela prouve bien que le développement, avec des cheminots à statut, du service public peut être vertueux, y compris pour la dépense publique elle-même.
 
Avec un taux de régularité des trains en moyenne à 95%, la démonstration est apportée du savoir-faire des cheminot-e-s grâce à qui la Bretagne se hisse au premier rang des régions de France en matière de fiabilité.
 
Dans le même temps une étude bancaire récente (octobre 2017) révèle que le coût moyen annuel du TER par habitant en Bretagne est de 31€ quand il est en moyenne à 57€ au plan national. Ce résultat illustre bien les avantages de la mutualisation dans l'organisation des transports ferroviaires en région ! 
 
Ce nouveau service mutualisé, augmentant l'offre ferroviaire en région de 20% depuis le 1 er juillet 2017, se solde également par des résultats spectaculaires en termes de croissance du trafic (+18%TGV et +9%TER). La solidarité nationale est aussi menacée par l’ouverture annoncée à la concurrence. En effet, ceci conduira la SNCF et les nouveaux entrants à se positionner sur les lignes les plus rentables. 
 
Ainsi certains territoires pourraient être exclus de desserte ferroviaire nationale dès lors que ne joueraient plus que les mécanismes adossés à la rentabilité des marchés. Il faut donc réinventer les principes de la solidarité nationale et territoriale et réinterroger le bon périmètre de son exercice pour garantir à chaque territoire les moyens de son développement.
 
Ainsi, s'agissant de la région Bretagne, au moment de l'ouverture à la concurrence pour le TGV, les opérateurs de transports feront leurs offres sur le segment le plus rentable, c'est à dire entre Paris et Rennes. Quand la concurrence s'exacerbera entre Paris et Rennes, restera-t-il encore un opérateur pour assurer la desserte TGV jusqu'à Brest et Quimper, beaucoup moins rentable?
 
La réponse est hélas connue : la desserte de la pointe Bretonne ne pourra être garantie que par le service public et les moyens financiers s'y rapportant. C'est tout le contraire du combat mené pendant des décennies pour atteindre l'objectif de mettre la Bretagne à 3 heures de Paris.
 
En déclarant que les petites lignes seraient maintenues, Monsieur le premier ministre s'est bien gardé de nous dire comment. En effet, aujourd'hui, dans le cadre du contrat de performance qui la lie à l’État, la SNCF finance à hauteur de 7% à 8,5% la remise en état des lignes capillaires du réseau ! Ceci revient à dire que les collectivités, au premier rang desquelles les régions, financent déjà la part essentielle de ces investissements (entre 40 et 50% en Bretagne). 
 
C'est ce qui a permis en Bretagne la réalisation de travaux importants sur les axes Quimper-Brest, Plouaret-Lannion, CarhaixGuingamp-Paimpol) et c'est ce qui permet de mettre en perspective la remise à neuf des axes RennesChateaubriant, Dol-Dinan-Lamballe...etc.
 
Si l’État et la SNCF venaient à se désengager, comme suggéré dans un certain nombre de rapports, ces axes seraient condamnés à la fermeture. Ainsi, à l’heure où sont engagés les travaux de réforme du ferroviaire par le gouvernement, il est impératif de créer les conditions d’une appropriation pleine et entière des acteurs du mode ferroviaire et des enjeux d’intermodalité.
 
C’est par l’affirmation de processus démocratique qui inclut les élu-es de la République, les usagers, leurs associations, les salarié-e-s et leurs représentants que nous pourrons avancer dans l’esprit d’un réel dialogue autour des réalités et besoins de notre pays. Cela passe nécessairement par une redéfinition des moyens au travers d’une fiscalité réhabilitée à la hauteur des enjeux posés.
 
Les propositions autour de l’extension du versement transport, le niveau de TVA (retour à 5,5% contre 10%), comme la contribution nécessaire des concessionnaires privés (autoroutes, PPP, etc…) à la promotion d’un service public ferroviaire, répondant aux besoins de transport tant marchandise que voyageurs nationaux, qu’aux enjeux environnementaux doivent être entendus. 
 
En laissant chaque citoyenne et chaque citoyen libre de son appréciation sur un mouvement qui appartient en propre aux cheminots eux-mêmes, nous, signataires de cette tribune ne ménageons aucun effort pour continuer à porter quotidiennement avec confiance une grande ambition publique, solidairement avec les cheminotes et les cheminots. C’est pourquoi nous exigeons une autre réforme pour que d’autres choix puissent trouver une issue favorable dans le cadre d’une démarche de dialogues et de négociations impliquant tous les acteurs du ferroviaire. 
La Bretagne dans sa diversité appelle à une autre réforme du ferroviaire -   Intersyndicale cheminots Bretagne, élus bretons: une tribune-pétition pour une autre réforme du ferroviaire!
Nous avons eu hier des contacts avec la CGT Cheminots Bretagne pour nous demander de signer et faire signer cette tribune-pétition validée par l'intersyndicale des cheminots qui sera signée par les secrétaires des organisations syndicales de Cheminots en Bretagne, et de nombreux élus municipaux, départementaux, régionaux de la région Bretagne en soutien au service public ferroviaire face aux projets de Macron partant de l'exemple breton, tribune initiée par la CGT Cheminots Bretagne et qui doit être déposée avant le débat au Sénat le 29 mai sur le projet de Macron sur la SNCF.  
 
Nous comptons sur votre soutien pour le mouvement des cheminots et la défense public ferroviaire. 
 
Si, en tant qu'élu, vous souhaitez signer, vous pouvez m'adressez un mail à : dupont.ismael@yahoo.fr pour que je les transmette à la CGT Cheminots
 ou directement à un responsable de la CGT Cheminots sur Rennes: dallois.cyril@gmail.com
 
Ismaël Dupont (élu PCF-Front de Gauche à Morlaix et Morlaix-Communauté) 
 
Voici les premiers signataires de cette tribune parmi les élus auxquels nous l'avons transmise de notre côté pour collecter les signatures pour l'intersyndicale des Cheminots Bretagne: 
 
Stephane Audic Conseiller municipal - Roscoff d'une gauche unie qui n'existe pas encore 
 
Claude Bellec conseillère municipale déléguée PCF à Brest 
 
Gwenegan Bui conseiller régional Parti Socialiste 
 
Jean-Claude David conseiller municipal à Plourin-les-Morlaix
 
Ismaël Dupont conseiller municipal et communautaire PCF Morlaix 
 
Hervé Gouédard conseiller municipal PS à Morlaix
 
Eric Guellec, conseiller municipal de Brest, vice-président de Brest Métropole, PCF
 
Matthieu Guillemot NPA conseiller municipal à Carhaix et conseiller communautaire de Poher Communauté
 
Jacqueline Héré Maire-ajointe PCF à Brest
 
Roger Héré conseiller municipal PCF à Plouigneau 
 
Philippe Jumeau élu PCF-Front de Gauche à Lanester
 
Florence Lelieu conseillère municipale PCF à Ploumiliau
 
Jean-Michel Le Lorc'h Conseiller municipal délégué PCF de Brest 
 
Isabelle Mazelin adjointe au maire PCF au Relecq Kerhuon
 
Françoise Nioche PCF-Front de Gauche, conseillère municipale Rosporden
 
Robert Nioche Conseiller consultatif PCF de Kernével 
 
Sarah Noll conseillère municipale et communautaire Coopérative citoyenne Morlaix
 
Véronique Péreira, maire du Cloître St Thégonnec
 
Piero Rainero Conseiller municipal PCF de Quimper 
 
Jacques Rannou - PCF - Maire-Délégué de Kernevel (29) - Conseiller communautaire de Concarneau Cornouaille Agglomération 
 
Anita Richard conseillère municipale PCF de Rosporden Kernevel 
 
Valérie Scattolin Conseillère municipale Front de Gauche à Morlaix
 
Jean-Paul Vermot, conseiller départemental PS du Finistère - Morlaix
 
Pour une sortie demain, l'intersyndicale des Cheminots Bretagne vient de communiquer à la presse la tribune et les premiers signataires.
 
A compter de maintenant la tribune peut être soutenue sur le lien suivant:
 
 
Elle sera reprise dans l'Humanité du mardi 29 mai.
 
 
 
 
Partager cet article
Repost0
27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 19:40
De la combativité
 
Mobilisations anti-Macron du samedi 26 mai: quand le mépris de classe va jusqu'à nier la réalité d'une belle mobilisation, partout dans les médias et ailleurs...
 
Curieux, à quel point les moments de combativité collective suscitent la haine, quitte à oublier la réalité objective en la noyant dans des considérations d’apothicaire. Que les thuriféraires des politiques macroniennes et de la casse des services publics se rassurent à bon compte: même les participants aux rassemblements du 26 mai auraient évidemment souhaité être encore plus nombreux dans les rues pour combattre la destruction de notre civilisation sociale. Mais quand même, soyons sérieux! Entre 250 000 et 300 000 personnes ont défilé, samedi, avec au cœur et à l’esprit une identique pugnacité. Est-ce une raison pour qualifier d’«échec» cette mobilisation, importante et presque historique en raison de son périmètre élargi, à savoir plus de soixante organisations politiques, syndicales et associatives, unies toutes ensemble dans le respect des uns et des autres? Plusieurs centaines de milliers de manifestants, cela ne compte donc plus, dans ce pays, qu’il faille écouter toute la médiacratie rabâcher leurs commentaires de classe sur ce «peuple de la rue» qui ose, oui, qui ose encore se dresser pour dire «non» à la société promise par le chef de l’État, alors même que des conflits sociaux fondamentaux pour notre à-venir continuent d’agiter la France… et l’opinion. 

Nous avons assez écrit, ici, que les combats sociaux en cours relevaient d’un enjeu politico-culturel (au sens gramscien du terme), pour ne pas répéter que, en effet, la bataille de l’opinion reste essentielle. Personne ne peut prédire ce qu’il se passera dans les toutes prochaines semaines, en particulier du côté des cheminots. Toutefois, certains feraient bien se méfier de leur orgueil mal placé. Ainsi en est-il d’Édouard Philippe, de plus en plus «droit dans ses bottes». Dans un entretien au JDD, celui-ci rappelle que, sur le fond de la réforme concernant la SNCF, il n’entend rien lâcher, ni sur l’ouverture à la concurrence, ni sur le statut, ni sur la transformation de l’entreprise. La loi votée «s’appliquera», affirme-t-il. Savez-vous pourquoi il le prétend de la sorte? La réponse vient d’un conseiller de l’Élysée qui, anonymement, déclare: «Le président pense avoir convaincu les Français. (…) Cette bataille est gagnée.»Vous ne rêvez pas… La morgue additionnée au mépris offrent toujours de la médiocrité. Les citoyens savent à quoi s’attendre. Ils savent aussi, surtout, que l’affaire n’est pas finie! 
 
[EDITORIAL publié dans l'Humanité du 28 mai 2018.]
De la combativité - éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l'Humanité du 28 mai 2018
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011