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21 juillet 2018 6 21 /07 /juillet /2018 03:27

 

Comme nous l’avons montré hier, les parlementaires de La République en Marche (LaREM) ont différé le vote de la « Egalim » promise l’an dernier par Emmanuel Macron. Probablement sur injonction du gouvernement et du chef de l’Etat, ils ont pris cette décision afin de permettre aux distributeurs de mettre la pression sur leurs fournisseurs cet automne pour d’obtenir des baisses de prix. Voilà une mauvaise nouvelle pour les paysans alors que l’on annonce, en même temps, une baisse des rendements céréaliers au vu des premiers résultats des moissons en cours. Parallèlement, le prix de l’énergie a augmenté de 12% sur douze mois et celui des produits pétroliers de 21%.

On sait que les prix agricoles ont été particulièrement bas en 2015 et 2016 pour les céréales, le lait de vache, la viande bovine, voire la viande porcine qui a connu de fortes fluctuations. Publiés le 5 juillet dernier par l’INSEE, les comptes provisoires de l’agriculture pour 2017 disent que la valeur de la production agricole a augmenté de 3,2% l’an dernier, sans toutefois retrouver son niveau de 2015, année de bons rendements dans plusieurs productions.

Dans le secteur des céréales, les volumes récoltés en 2017 ont été supérieurs de 6,3% à ceux de 2016 mais les prix ont baissé de 4,1% en moyenne. En élevage, toutes activités confondues, la valeur totale de la production a progressé de 5,7% en 2017, suite à une hausse moyenne des prix de 6,8%. Cette hausse a été de 6,6% pour la viande de porc et de 11,3% pour le lait de vache. Mais on sait que le prix du lait a baissé de 25% en moyenne en 2015 et 2016 par rapport à 2014, en raison de l’augmentation de la production européenne avec la sortie des quotas laitiers par pays en avril 2015. Du côté des coûts de production, les charges ont baissé de 1,8% dans les exploitations françaises en 2017 du fait de la baisse du prix des engrais.

LE PRIX DU LAIT BAISSE À NOUVEAU EN 2018

Mais il apparaît déjà que cette fragile amélioration constatée en 2017 après deux années de prix agricoles déprimés n’est pas acquise pour l’année 2018. Le prix des engrais azotés, utilisés notamment pour produire des fourrages et des céréales, est en forte hausse depuis des semaines, soit plus 9 à 13% selon les formules. Parallèlement, dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, le prix du lait a reculé de 1,7% en mai dernier et de 3% sur un an pour s’établir à 320,70€ pour 1.000 litres en moyenne européenne, loin de 370 € de prix moyen en France en 2014. Enfin, alors que la chaleur et le temps sec sévissent en France depuis plusieurs semaines, l’herbe ne pousse plus dans les prairies, ce qui  va se traduire par une baisse du rendement par vache et par une augmentation sensible du prix de revient de chaque litre de lait dans les fermes. Comme la production européenne de lait a augmenté durant la première moitié de 2018 par rapport à la même période de 2017 alors qu’il reste encore un stock de 278.000 tonnes de poudre, suite à la surproduction de 2015 et 2016, le prix du lait au départ de la ferme ne remonte pas.

Depuis deux à trois semaines, le prix du blé est en hausse. A 184,50€ la tonne rendu au port de Rouen pour l’exportation, il a grimpé de 8,50€ en une semaine. Mais c’est parce que les rendements sont en baisse par rapport aux prévisions dans le cadre de la moisson en cours en France comme dans les autres pays européens. On s’attend à une baisse de 3% de la récolte de blé tendre en Europe avec un volume total de 139 millions de tonnes contre 143 millions l’an dernier. Il reste à savoir les la hausse des prix compensera la baisse des rendements dans le bilan des producteurs. Le maïs ne sera récolté qu’à l’automne et, pour le moment, son prix n’est que de 152€ la tonne contre 170€ l’an dernier à la même époque. La tonne de colza ne cote que 356€ actuellement et son prix a été régulièrement plus bas que cela entre novembre 2017 et avril 2018. Il était supérieur à 400€ entre novembre 2016 et février 2017.

Parce qu’elle doit à la fois nourrir les humains et les animaux qui nous fournissent une bonne partie de notre alimentation, l’agriculture reste dépendante des aléas climatiques. La soumettre en permanence à la spéculation haussière et plus souvent baissière comme ces dernières années sur ses principaux produits met en danger permanent la santé financière des exploitants agricoles et la sécurité alimentaire des consommateurs. De Paris à Bruxelles, ces enjeux que sont la sécurité et la souveraineté  alimentaire ne sont pas pris en compte depuis des décennies par les décideurs politiques.

 

 

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20 juillet 2018 5 20 /07 /juillet /2018 05:44

Alexandre Benalla, collaborateur de l’Élysée, a fait le coup de poing dans la manif du 1er Mai sans être sérieusement sanctionné. Une illustration du clanisme qui règne au cœur du pouvoir.

«Je n’ai aucune indulgence pour la grande violence ou les tenants du désordre. » C’est ainsi qu’Emmanuel Macron commentait, depuis Sydney en Australie, les heurts du 1er Mai, préjudiciables avant tout à l’image du mouvement social. Mais le président de la République ne s’est toujours pas exprimé sur cette « grande violence » qu’a commise, le même jour, un adjoint au chef de son propre cabinet ! Sur une vidéo tournée par un manifestant place de la Contrescarpe, dans le Quartier latin, et mise en ligne par le Monde, on voit ce collaborateur, Alexandre Benalla, étrangler et violemment frapper un jeune homme au sol. Il s’avère que Benalla, alors chargé d’organiser « la sécurité des déplacements du président », avait « demandé l’autorisation d’observer les opérations de maintien de l’ordre pour le 1er Mai », précisait hier le porte-parole de l’Élysée, Bruno Roger-Petit, autorisation qui lui avait été donnée car « il agissait dans le cadre d’un jour de congé et ne devait avoir qu’un rôle d’observateur ». Or on l’a vu, portant un brassard de la police, casqué comme les CRS qu’il accompagnait, une radio Acropol du même modèle qu’eux à la ceinture, intervenir à plusieurs reprises.

il y a « usurpation de fonction » selon l’article 433-13

Hier matin, la ministre de la Justice estimait, devant l’Assemblée nationale, que « les agressions (...) témoignent de gestes absolument inadaptés ». D’autant, jugeait Nicole Belloubet, que Benalla « avait usurpé (...) une identification qui l’assimilait aux forces de police et tel n’était pas le cas ». En effet, outre les « violences par personne chargée d’une mission de service public », sanctionnées par l’article 222-13 du Code pénal de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende, il y a « usurpation de fonction », délit condamné (article 433-13) d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Le parquet de Paris a annoncé hier l’ouverture d’une enquête préliminaire sur ces deux délits, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne. Quant aux policiers présents, qui en vertu de l’article 40 du Code pénal auraient dû empêcher toute violence, ils sont visés par une enquête de l’Inspection générale de la police, décidée hier.

Des actes judiciaires à mettre au crédit de la presse, car, à tous les étages du pouvoir, on a couvert le collaborateur. Alexandre Benalla a bien été « mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire », soulignait hier le porte-parole de l’Élysée, et « démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président » pour « punir un comportement inacceptable ». Mais ce « dernier avertissement avant licenciement » n’a eu que peu d’impact : on a pu voir le collaborateur assurer la sécurité, à la cérémonie du Panthéon pour Simone Veil, début juillet, ou autour du bus des champions du monde de football, cette semaine. En matière de sanction, on fait pire…

Benalla n’est pas ce qu’on appelle un perdreau de l’année. Militant du Parti socialiste, il assurait, lors de la primaire du parti, en 2011, la sécurité de Martine Aubry. Il entre au service d’ordre de François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012, avant de devenir chauffeur d’Arnaud Montebourg… une semaine seulement : selon l’ancien ministre du Redressement productif, Benalla, après avoir été impliqué dans un accident de la circulation, aurait voulu prendre la fuite, provoquant la colère de son patron. Viré ! Mais le pouvoir ne le lâche pas puisque, selon le Monde, il intègre en 2015, sur arrêté du premier ministre Manuel Valls, la session « jeunes » de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice. Pour mieux revenir en 2016, comme responsable de la sécurité du candidat d’En marche ! (lire encadré).

Il se « distinguera » plusieurs fois. En novembre 2016, Emmanuel Macron officialise sa candidature au campus des métiers de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Grégoire (1), alors militant des Jeunes communistes, assure avoir été violemment poussé vers la sortie et frappé par Alexandre Benalla et la sécurité (la vidéo est visible sur la page Facebook des Jeunes communistes de Bobigny-Drancy). « On était quatre ou cinq militants à avoir réussi à rentrer à l’intérieur, témoigne-t-il à l’Humanité. Ils sont venus directement me voir, Benalla m’a dit de dégager et m’a agrippé pour me faire sortir. » Une fois dans le couloir, poursuit-il, « j’ai essayé de me débattre pour qu’ils arrêtent de me tenir et ils m’ont mis deux coups au visage, et Benalla m’a mis une béquille. » Rebelote en mars 2017. Au meeting du candidat Macron à Caen, Benalla empoigne un photographe qui s’était approché un peu trop près du fondateur d’En marche !, relate le Monde, et le soulève du sol…

« à l’Élysée, on se croit au-dessus de tout »

Plus que sa personnalité, c’est « l’impunité » dont a bénéficié Benalla qui fait réagir l’opposition. Le président des « Républicains », Laurent Wauquiez, se demandait hier sur Europe 1 si « à l’Élysée, on se croit au-dessus de tout », supposant qu’il y a eu « des manœuvres pour tenter d’étouffer l’affaire ». Le député PCF Sébastien Jumel pointe « l’absence de réaction appropriée au sommet de l’État », sans compter que « le chef de cabinet du président de la République n’a pas jugé utile d’en informer le procureur de la République, en contradiction avec ses obligations ». Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) va plus loin, demandant des démissions : « L’autorité de l’État a été engagée d’une manière tellement ample et tellement forte que la sanction doit être exemplaire. » Encore faut-il dégager les responsabilités, estime sur Twitter le député PCF Stéphane Peu, espérant que « François de Rugy et la majorité accepteront (sa) proposition de commission d’enquête ». Éliane Assassi, au nom du Groupe communiste du Sénat, a demandé au président de la commission des Lois, Philippe Bas, d’auditionner de toute urgence le ministre de l’Intérieur, ainsi que la garde des Sceaux et le premier ministre, « pour faire la lumière sur cette affaire » : « L’intervention des barbouzes du nouveau monde dans les mouvements sociaux » ne saurait, selon elle, être tolérée.

(1) Le prénom du militant, qui souhaite conserver l’anonymat, a été modifié.

Pendant la campagne présidentielle, les curieuses dérives sécuritaires des chefs du service d’ordre d’en marche !

C’est un épisode de la campagne présidentielle révélateur de l’état d’esprit d’Alexandre Benalla et de ses proches que révèle la lecture attentive des Macronleaks, ces échanges de courriels internes à En marche ! authentifiés par Wikileaks. En mars 2017, une société de matériel de sécurité demande confirmation à la direction du mouvement d’une commande passée par Vincent Crase, le gendarme réserviste que l’on voit aux côtés de Benalla dans les vidéos du 1er mai. Alors « prestataire » pour En marche !, il souhaitait – démarche validée par Ludovic Chaker, directeur des opérations, et Alexandre Benalla, chef de la sécurité – obtenir deux pistolets Gomm Cogne avec leurs munitions et deux holsters, des boucliers, un Flash-Ball, un équipement en kevlar… Le directeur de campagne d’Emmanuel Macron, Jean-Marie Girier – devenu directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, et étrangement muet depuis l’explosion de l’affaire –, avait tranché : « Hors de question ! » Le trésorier de campagne, Cédric O, lui, s’interrogeait : « Je n’ai jamais entendu dire que les partis politiques avaient des vigiles armés. Je trouve même ça dangereux… » La commande est annulée. Mais, même après que le directeur financier de la campagne, Raphaël Coulhon, a signalé que Benalla « a un port d’arme, c’est sûrement aussi le cas de Christian Guedon (autre membre de l’équipe de campagne), et peut-être Vincent Crase », et qu’il « ne (savait) pas s’ils sont armés au QG », personne ne les a écartés du service d’ordre.

Grégory Marin, avec Olivier Morin et Lola Ruscio

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20 juillet 2018 5 20 /07 /juillet /2018 05:42

 

Après la suppression par Nicolas Sarkozy en 2014 de la demi-part du quotient familial accordée aux veufs et veuves, suivie par le plafonnement des majorations pour enfants, c'est maintenant la pension de réversion qui est visée.

Depuis des années les différents gouvernements rêvent de la supprimer.

Chaque jour, nous avons une série d’annonces aussitôt démenties. Qui croire ? Ce qui est sûr, c’est que ce gouvernement a bien la volonté de réformer les pensions de réversion. Christophe Castaner, le patron de La République en Marche a en effet déclaré qu'il y aurait des "gagnants" et des "perdants" à la suite de la réforme des pensions de réversion. Ce qui est également sûr, c’est qu’avec la réforme envisagée du régime des retraites et l'introduction du système de retraite à point, la réversion serait considérablement diminuée.

Aujourd'hui, 4,4 millions de Français touchent une pension de réversion, ce qui représente environ un quart du total des retraités. Une très large majorité (89%) sont des femmes. Et pour plus d’un million d’entre elles, c’est leur seul revenu. Un complément de retraite indispensable pour celles qui ont eu de petits salaires, des temps de travail partiels où ont dû s'arrêter de travailler pour élever les enfants.

Le maximum d'une pension de réversion est de moins de 900 euros. La moyenne s'établit autour de 500 euros.

Emmanuel Macron au Congrès de Versailles, désavouant les propos de certains de ses ministres, a nié vouloir supprimer les pensions de réversion, mais en précisant "pour les retraités actuels". Ce qui signifie que le gouvernement envisage de les réduire voire de les supprimer pour les futurs retraités. Supprimer ou même réduire la pension de réversion serait catastrophique pour des millions de personnes.

L'UCR est opposée à toute remise en cause des pensions de réversion aujourd'hui et demain. Bien au contraire, nous demandons que le taux des pensions de réversion soit porté à hauteur de 75% de la pension du conjoint décédé, sans conditions d’âge ni de ressources. La pension de réversion doit être étendue aux pacsés et aux concubins dans les mêmes conditions.

 

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20 juillet 2018 5 20 /07 /juillet /2018 05:39

À la suite des révélations de l’Humanité, la majorité a modifié sa réécriture constitutionnelle liée à la Sécu, tout en conservant la même philosophie.

La copie a été revue. Après nos révélations du 4 juillet concernant la suppression de presque toutes les références à la Sécurité sociale dans la Constitution, un nouvel amendement a été déposé. Son auteur, Olivier Véran (LaREM), avait promis qu’il étendrait la loi de financement de la Sécu « à d’autres champs que la seule Sécurité sociale au sens strict ». C’est chose faite. L’amendement 1521, pas encore adopté, ne prévoit plus de remplacer partout dans la Constitution le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) par un projet de loi de financement de la « protection sociale ». Mais il fait entrer la « protection sociale obligatoire » (PSO) apparemment dans le champ des lois de financement de la Sécu, tout en renvoyant la définition de cette « PSO » à une loi organique. « On reste dans le bricolage et l’ambiguïté. Il serait bien plus simple et efficace d’assurer une couverture de la dépendance par la Sécu. Là, on est toujours dans l’idée de prise en charge en partie par des organismes privés. Ce flou menace aussi les retraites et l’assurance-chômage, qui pourraient sortir de la Sécu », réagit Pierre-Yves Chanu, conseiller confédéral CGT et vice-président de l’Acoss. « Nous avons obtenu une victoire symbolique avec le retrait du premier amendement. Mais la majorité cherche toujours à se frayer un chemin constitutionnel pour sortir massivement de la logique de la Sécu », prévient le député PCF Pierre Dharréville. L’exposé des motifs d’Olivier Véran est d’ailleurs quasiment le même. Le chômage n’est plus « conjoncturel », et les cotisations sociales ne permettent plus « à elles seules d’assurer un financement pérenne » de la Sécu. « L’idée est de basculer vers une augmentation de la CSG aux dépens du salaire socialisé », pointe Pierre-Yves Chanu, qui rappelle que le texte de réforme de la Constitution du gouvernement propose que le projet de loi de finances et le PLFSS puissent être examinés conjointement (ce à quoi Véran pourrait s’opposer). « S’agissant de questions aussi fondamentales que la Sécu, cette méthode sans dialogue social reste de toute façon totalement inadmissible ! » s’indigne enfin le conseiller confédéral CGT.

 

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 16:43
AFFAIRE BENALLA - COMMUNIQUE DES DEPUTES  COMMUNISTES
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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 16:42

Alors que les syndicalistes d’Air France sont condamnés à 4 mois de prison avec sursis pour avoir arraché une chemise, qu’un cheminot est menacé de licenciement pour avoir allumé une torche en gare, ou qu’un sans-abri qui a volé, chez une habitante de Figeac, une paquet de riz, des pâtes et une boîte de sardines est condamné à deux mois de prison ferme, le collaborateur d’Emmanuel Macron n’a qu'une suspension de 15 jours. Inadmissible.

Les faits ? Équipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, alors qu’il n’est pas policier, il s’en est pris à un jeune homme à terre pendant une manifestation qui se tenait place de la Contrescarpe, à Paris. Les images parlent d’elles mêmes, Alexandre Benalla tabasse un jeune homme au sol en marge de la manif du 1er Mai.

En plus d’être intolérable, cet acte est d’une lâcheté incroyable. Frapper un jeune homme sans défense et qui se trouve au sol vous classe un homme. Un seul mot minable.

Le passivité de la police présente en nombre au moment des faits interroge aussi. Pourquoi ne sont-ils pas intervenus ? Pourquoi ont-ils laissé faire ? Pourquoi la justice n’a-t-elle pas été saisie pour des faits pénalement condamnables ?

Derrière cette histoire sordide, se cache une réalité du macronisme : la justice de classe. Il apparaît évident que Emmanuel Macron a à la fois tenté d’étouffer cette affaire, et que la justice ne s’applique pas à tous de la même manière.

Aujourd’hui il faut faire toute la lumière sur cet acte de violence. Gérard Collomb doit s’expliquer et la justice doit ouvrir une enquête.

Dans l’immédiat une chose s’impose, la démission de Alexandre Benalla.

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 16:38

"Le Monde" a révélé mercredi qu'un collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, a violemment frappé à plusieurs reprises un manifestant, le 1er mai à Paris. Franceinfo revient sur les différentes personnes impliquées dans cette affaire. 

La polémique prend de l'ampleur, au lendemain des révélations du Monde sur les violences commises par Alexandre Benalla, collaborateur de l'Elysée, lors des manifestations du 1er-Mai. Après la diffusion d'images le montrant en train de frapper un jeune manifestant, le parquet a annoncé à franceinfo l'ouverture d'une enquête préliminaire, jeudi 19 juillet, pour "violences par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions" et "usurpation de signes réservés à l'autorité publique".

Ce chargé de mission, adjoint au chef de cabinet François-Xavier Lauch, a été suspendu entre le 4 et le 19 mai, avant de réintégrer l'Elysée, officiellement, pour des fonctions plus administratives. Un autre collaborateur, Vincent Crase, a également été mis à pied pendant deux semaines après les faits, a annoncé le porte-parole de l'Elysée, Bruno Roger-Petit, jeudi matin. Franceinfo fait le point sur les acteurs de ce dossier. 

Alexandre Benalla, le collaborateur de Macron auteur des violences

Il est, à ce stade, la principale personne mise en cause dans cette affaire. Alexandre Benalla a été identifié par Le Monde comme étant l'auteur de violences sur un manifestant, lors d'un rassemblement le 1er mai place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. 

Le conseiller a été reconnu par le quotidien sur des images filmées et diffusées sur les réseaux sociaux ce jour-là, le montrant entouré de CRS, en train de frapper à plusieurs reprises un jeune manifestant à terre. L'homme, muni d'un casque de policier, "agissait dans le cadre de l'un de ses jours de congé", et "ne devait avoir qu'un rôle d'observateur" auprès des forces de l'ordre, a précisé Bruno Roger-Petit jeudi. 

Alexandre Benalla travaille depuis plus d'un an pour Emmanuel Macron, il a été responsable de sa sécurité pendant sa campagne pour l'élection présidentielle, selon Le Monde. L'homme s'est fait remarquer à plusieurs reprises sur cette période : selon les documents "Macron Leaks", cités par le quotidien, ce collaborateur d'Emmanuel Macron a souhaité commander deux pistolets à balles en caoutchouc, mais aussi un Flash-Ball et des boucliers anti-émeutes pour l'équipe de la sécurité du candidat. Il avait évacué avec force un photographe au cours d'un meeting à Caen (Calvados), en mars 2017, le jugeant trop près d'Emmanuel Macron. 

Entre 2011 et 2012, le chargé de mission a également été chargé de la sécurité de Martine Aubry, puis a fait partie du service d'ordre en charge de la protection de François Hollande, alors candidat socialiste à l'élection présidentielle. Il a aussi travaillé pour Arnaud Montebourg, précise Le Monde. Ce dernier a mis fin à leur collaboration "au bout d'une semaine", après qu'Alexandre Benalla a provoqué un accident de voiture et "voulait prendre la fuite", a relaté au Monde l'ancien ministre de l'Economie et du Redressement productif.

D'après les informations du Monde, Alexandre Benalla a été en parallèle salarié du groupe de sécurité privée Velours et a lancé une Fédération française de la sécurité privée au printemps 2016, avec l'homme qui l'accompagnait le 1er mai, Vincent Crase. 

Vincent Crase, le gendarme réserviste présent lors du 1er-Mai

Il s'agit du deuxième collaborateur de l'Elysée mis à pied dans le cadre de cette affaire. Vincent Crase, un gendarme réserviste basé dans le département de l'Eure, était "employé de la République en marche", et "très ponctuellement mobilisé, comme d'autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République", a révélé Bruno Roger-Petit jeudi. 

Présent aux côtés d'Alexandre Benalla lors des manifestations du 1er-Mai, il a lui aussi "outrepassé" son autorisation d'assister à une intervention des forces de l'ordre, a précisé le porte-parole de l'Elysée. 

Selon les informations du Monde, Vincent Crase travaille depuis plusieurs années dans le milieu de la sécurité privée. En avril 2016, Alexandre Benalla a créé une Fédération française de la sécurité privée avec Vincent Crase. D'après les "Macron Leaks", cités par le quotidien, le gendarme a lui aussi travaillé au service de la sécurité d'Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, en 2017. Il était impliqué dans la commande, par Alexandre Benalla, de pistolets à balles en caoutchouc. 

Patrick Strzoda, le directeur de cabinet de Macron qui a délivré une autorisation à Benalla 

Le directeur de cabinet du chef de l'Etat est celui qui a autorisé Alexandre Benalla à assister, auprès des policiers, aux rassemblements du 1er-Mai. Le chargé de mission "m'avait prévenu deux jours plus tôt qu'il souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police, pour voir comment se gérait une grande manifestation", a révélé Patrick Strzoda au Monde. "Il m'en a demandé l'autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu'il y allait en observateur", a-t-il ajouté. 

Le directeur de cabinet a été informé dès le lendemain des faits commis par son collaborateur. Il a alors alerté Emmanuel Macron sur ces violences, qui lui a répondu que "si les faits sont avérés, il faut prendre des sanctions", rapporte Le Monde. Patrick Strzoda a par la suite convoqué Alexandre Benalla, qui a reconnu les faits face à lui. 

Condamnant un "comportement manifestement inapproprié" qui a "porté atteinte à l'exemplarité qui est attendue, en toutes circonstances, des agents de la présidence de la République", le directeur de cabinet a annoncé par courrier au chargé de mission qu'il était mis à pied pour une période de deux semaines. "Je vous invite (...) à faire preuve, à l'avenir, d'un comportement exemplaire", lui a-t-il écrit. "A défaut, je mettrai fin définitivement à votre collaboration au sein des services de la présidence de la République." 

Directeur de cabinet du chef de l'Etat depuis le 16 mai 2017, selon Ouest-France, Patrick Strzoda doit prendre sa retraite au mois d'octobre, d'après le quotidien régional. A 66 ans, il a été directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, en 2016. Il avait auparavant été préfet dans les Hautes-Alpes, les Deux-Sèvres et les Hauts-de-Seine, avant d'être nommé préfet de la région Bretagne en 2013, puis préfet d'Ille-et-Vilaine.

Cet homme, c'est Alexandre Benalla, chargé de mission auprès du chef de cabinet du président, casque de CRS sur la tête, identifié par le quotidien sur plusieurs vidéos et dont l'identité est confirmée par le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron. Le parquet de Paris a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête préliminaire, notamment pour "violences par personne chargée d'une mission de service public" et "usurpation de fonctions".

Ce chargé de mission, adjoint au chef de cabinet François-Xavier Lauch, a été suspendu entre le 4 et le 19 mai, avant de réintégrer l'Elysée, officiellement, pour des fonctions plus administratives. Un autre collaborateur, Vincent Crase, a également été mis à pied pendant deux semaines après les faits, a annoncé le porte-parole de l'Elysée, Bruno Roger-Petit, jeudi matin. Franceinfo fait le point sur les acteurs de ce dossier. 

Alexandre Benalla, le collaborateur de Macron auteur des violences

Il est, à ce stade, la principale personne mise en cause dans cette affaire. Alexandre Benalla a été identifié par Le Monde comme étant l'auteur de violences sur un manifestant, lors d'un rassemblement le 1er mai place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris. 

Le conseiller a été reconnu par le quotidien sur des images filmées et diffusées sur les réseaux sociaux ce jour-là, le montrant entouré de CRS, en train de frapper à plusieurs reprises un jeune manifestant à terre. L'homme, muni d'un casque de policier, "agissait dans le cadre de l'un de ses jours de congé", et "ne devait avoir qu'un rôle d'observateur" auprès des forces de l'ordre, a précisé Bruno Roger-Petit jeudi. 

Alexandre Benalla travaille depuis plus d'un an pour Emmanuel Macron, il a été responsable de sa sécurité pendant sa campagne pour l'élection présidentielle, selon Le Monde. L'homme s'est fait remarquer à plusieurs reprises sur cette période : selon les documents "Macron Leaks", cités par le quotidien, ce collaborateur d'Emmanuel Macron a souhaité commander deux pistolets à balles en caoutchouc, mais aussi un Flash-Ball et des boucliers anti-émeutes pour l'équipe de la sécurité du candidat. Il avait évacué avec force un photographe au cours d'un meeting à Caen (Calvados), en mars 2017, le jugeant trop près d'Emmanuel Macron. 

Entre 2011 et 2012, le chargé de mission a également été chargé de la sécurité de Martine Aubry, puis a fait partie du service d'ordre en charge de la protection de François Hollande, alors candidat socialiste à l'élection présidentielle. Il a aussi travaillé pour Arnaud Montebourg, précise Le Monde. Ce dernier a mis fin à leur collaboration "au bout d'une semaine", après qu'Alexandre Benalla a provoqué un accident de voiture et "voulait prendre la fuite", a relaté au Monde l'ancien ministre de l'Economie et du Redressement productif.

D'après les informations du Monde, Alexandre Benalla a été en parallèle salarié du groupe de sécurité privée Velours et a lancé une Fédération française de la sécurité privée au printemps 2016, avec l'homme qui l'accompagnait le 1er mai, Vincent Crase. 

Vincent Crase, le gendarme réserviste présent lors du 1er-Mai

Il s'agit du deuxième collaborateur de l'Elysée mis à pied dans le cadre de cette affaire. Vincent Crase, un gendarme réserviste basé dans le département de l'Eure, était "employé de la République en marche", et "très ponctuellement mobilisé, comme d'autres réservistes, par le commandement militaire de la présidence de la République", a révélé Bruno Roger-Petit jeudi. 

Présent aux côtés d'Alexandre Benalla lors des manifestations du 1er-Mai, il a lui aussi "outrepassé" son autorisation d'assister à une intervention des forces de l'ordre, a précisé le porte-parole de l'Elysée. 

Selon les informations du Monde, Vincent Crase travaille depuis plusieurs années dans le milieu de la sécurité privée. En avril 2016, Alexandre Benalla a créé une Fédération française de la sécurité privée avec Vincent Crase. D'après les "Macron Leaks", cités par le quotidien, le gendarme a lui aussi travaillé au service de la sécurité d'Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, en 2017. Il était impliqué dans la commande, par Alexandre Benalla, de pistolets à balles en caoutchouc. 

Patrick Strzoda, le directeur de cabinet de Macron qui a délivré une autorisation à Benalla 

Le directeur de cabinet du chef de l'Etat est celui qui a autorisé Alexandre Benalla à assister, auprès des policiers, aux rassemblements du 1er-Mai. Le chargé de mission "m'avait prévenu deux jours plus tôt qu'il souhaitait participer à une intervention auprès de la préfecture de police, pour voir comment se gérait une grande manifestation", a révélé Patrick Strzoda au Monde. "Il m'en a demandé l'autorisation, je la lui ai donnée, mais en précisant bien qu'il y allait en observateur", a-t-il ajouté. 

Le directeur de cabinet a été informé dès le lendemain des faits commis par son collaborateur. Il a alors alerté Emmanuel Macron sur ces violences, qui lui a répondu que "si les faits sont avérés, il faut prendre des sanctions", rapporte Le Monde. Patrick Strzoda a par la suite convoqué Alexandre Benalla, qui a reconnu les faits face à lui. 

Condamnant un "comportement manifestement inapproprié" qui a "porté atteinte à l'exemplarité qui est attendue, en toutes circonstances, des agents de la présidence de la République", le directeur de cabinet a annoncé par courrier au chargé de mission qu'il était mis à pied pour une période de deux semaines. "Je vous invite (...) à faire preuve, à l'avenir, d'un comportement exemplaire", lui a-t-il écrit. "A défaut, je mettrai fin définitivement à votre collaboration au sein des services de la présidence de la République." 

Directeur de cabinet du chef de l'Etat depuis le 16 mai 2017, selon Ouest-France, Patrick Strzoda doit prendre sa retraite au mois d'octobre, d'après le quotidien régional. A 66 ans, il a été directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, en 2016. Il avait auparavant été préfet dans les Hautes-Alpes, les Deux-Sèvres et les Hauts-de-Seine, avant d'être nommé préfet de la région Bretagne en 2013, puis préfet d'Ille-et-Vilaine.

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 05:29

 

Le chef de file du PCF pour le scrutin européen, Ian Brossat, s’est rendu cette semaine dans la vallée de la Roya. « Nous avons un devoir d’hospitalité », insiste-t-il après y avoir rencontré des migrants et ceux qui se battent à leurs côtés.

Vous vous êtes rendu dans la vallée de la Roya et avez rencontré Cédric Herrou mercredi. Pourquoi une telle initiative ?

Ian Brossat Il s’agissait de saluer la victoire remportée par la question prioritaire de constitutionnalité de Cédric Herrou, grâce à laquelle le principe de fraternité vient d’être reconnu comme constitutionnel. En outre, la question des réfugiés sera importante dans cette campagne. Aujourd’hui, beaucoup sont tétanisés par la montée de l’extrême droite en Europe et n’osent plus défendre un accueil digne. S’il ne reste qu’une liste pour tenir la dragée haute aux populistes et aux xénophobes, ce sera la nôtre.

Que retenez-vous de ces rencontres et de ce que vous avez vu dans la vallée ?

Ian Brossat D’abord, le dispositif policier colossal qui y est déployé. Nous avons été contrôlés avant de pouvoir entrer chez Cédric Herrou. Ce dispositif coûte chaque jour 50 000 euros aux contribuables. C’est exorbitant. Imaginons l’accueil que cela permettrait de financer. Ce qui m’a frappé également, c’est la détermination de ceux qui se battent pour accueillir les réfugiés dans un contexte si difficile. Enfin, pour faire peur, on ne traite cette question qu’en termes de stocks et de flux. Or, en réalité, ce sont des hommes, des femmes, parfois des mineurs qui fuient la guerre, la misère. Les réfugiés que j’ai croisés ont fui des situations absolument monstrueuses et aspirent à reconstruire leur vie, pour une part en France. Nous avons un devoir d’hospitalité.

« Plateformes de débarquement », « centres contrôlés »… Que pensez-vous des conclusions du sommet européen de la fin juin ?

Ian Brossat Ce sommet est une honte pour l’Europe et pour la France. Emmanuel Macron s’est aligné sur les positions de l’extrême droite italienne. Depuis 2000, 15 milliards d’euros ont été investis pour renforcer les frontières extérieures de l’Union européenne. Mais ceux qui fuient ces pays en guerre ou sous le joug de dictatures sanguinaires finissent toujours par trouver les chemins qui permettent de partir. Et, trop occupés à tenter de les empêcher d’entrer, on ne se mobilise pas sur la question de l’accueil. C’est un échec sur toute la ligne, construit avec la complicité de la France. Il faut donc porter d’autres exigences. Quand on permet à ces hommes et femmes d’avoir un toit sur la tête et un accompagnement social, personne n’a ce sentiment de chaos sur lequel joue le ouvernement.

Qu’opposez-vous à la formule « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » utilisée pour justifier ce type de politique ?

Ian Brossat Remettons un peu de rationalité dans le débat. Depuis 2015 et la « crise migratoire », qui est en réalité une crise de l’accueil, l’ensemble des pays de l’Union européenne ont vu arriver 3 millions de demandeurs d’asile, soit l’équivalent de 0,6 % de la population. Depuis le début de 2018, ce sont 41 000 personnes qui sont arrivées par la Méditerranée. On est très très loin d’une « submersion » comme voudrait nous le faire croire l’extrême droite ou comme certains, dont Gérard Collomb, le répètent à l’envi. L’écrasante majorité des réfugiés est aujourd’hui accueillie par des pays du Sud. Nous sommes non seulement très loin d’« accueillir toute la misère du monde » mais nous n’y prenons même pas la part que nous devrions.

Alors que les gouvernements d’extrême droite se multiplient en Europe, peut-il y avoir une solution à l’échelle du continent ?

Ian Brossat Dans l’immédiat, la France doit être beaucoup plus ferme à l’égard des pays qui refusent l’accueil et ouvrir ses ports aux bateaux humanitaires. Les dirigeants européens sont capables de taper du poing sur la table quand il s’agit de défendre la finance, comme cela a été le cas en Grèce, et ils feignent l’impuissance lorsqu’il s’agit d’imposer le respect des droits fondamentaux. Les libéraux ont fait le lit des fachos avec une politique qui conduit à ce que désormais 10 % des actifs vivent sous le seuil de pauvreté, contre 7 % il y a dix ans. Le discours de Macron au Congrès lundi, selon lequel le débat se joue entre progressistes proeuropéens et nationalistes, est très dangereux. Il jette dans les bras de l’extrême droite tous ceux qui contestent l’Union européenne libérale. C’est pourquoi nous voulons mettre à l’ordre du jour, lors des élections, une Union européenne qui porte les aspirations des peuples.

 

 

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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 05:24

 

La plateforme rouvrait le 26 juin à la fin des épreuves du bac. À cette date, ils étaient plus de 170 000 sans proposition de place : Eolia, Louis, Salomé et Thomas témoignent d’une attente insupportable.

Tous les jours, c’est le même rituel. Ouvrir l’ordinateur. Se connecter sur Parcoursup. Regarder la progression de sa place, ou pas. Salomé Vella est dépitée. D’emblée refusée dans les écoles d’art qu’elle convoitait, ainsi que dans les prépas, elle doit tout miser aujourd’hui sur une filière arts plastiques à l’université parisienne très convoitée de la Sorbonne. « Mais je suis 600e en attente et il n’y a que 350 places », explique l’élève du lycée de Domont, dans le Val-d’Oise. Pourtant, depuis longtemps, elle se voyait travailler plus tard dans le design, la mode. Encouragée par ses professeurs, elle avait mis tous ses espoirs dans Parcoursup. Quand on lui pose la question : et ce bac, comment ça s’est passé ? Elle fait la moue. « Je me suis dit qu’il valait peut-être mieux ne pas l’avoir. Redoubler pour avoir une seconde chance », soupire-t-elle. Mais la plateforme n’aime pas trop les redoublants. « Parcoursup, c’est bien plus stressant que le bac. Avec la peur au ventre de se retrouver sans rien l’année prochaine. » Elle le sait : avec une réponse positive, elle se serait bien plus accrochée pour réussir son examen. « On est beaucoup à être déçus, dit-elle. À ne pas avoir la filière que l’on souhaitait. » Pour elle, les vacances rimeront avec une attente insupportable. Son père parle de lui payer une école privée. « Mais comment va-t-il faire pour débourser 8 000 euros par an ? »

 

SALOMÉ VELLA, ÉLÈVE EN TERMINALE ES, DOMONT (95)

"JE ME SUIS DIT QU'IL VALAIT PEUT ÊTRE MIEUX NE PAS AVOIR MON BAC. REDOUBLER POUR AVOIR UNE SECONDE CHANCE."

La deuxième phase d’admission Parcoursup a démarré le 26 juin et 20 % des candidats n’avaient toujours pas de place garantie à la rentrée prochaine. Il reste encore plus de 130 000 candidats en attente d’une place en enseignement supérieur. Et 40 000 se sont désinscrits du système. Parmi eux, 30 000 n’avaient que des refus sur tous leurs vœux. Au total donc, 170 000 lycéens n’ont pas eu satisfaction. Bien plus en réalité, car beaucoup ont préféré accepter un vœu qui ne correspondait pas à leur choix, dans une filière qui n’est pas sous tension, comme leur avaient souvent conseillé leurs professeurs.

RÊVE BRISÉ

 

THOMAS THEBAULT, ÉLÈVE EN TERMINALE S, LILLE (59)

"CERTAINS SONT PRIS DANS CE QU'ILS VOULAIENT. ILS ONT DES MAILLEURES NOTES QUE MOI, CELA CRÉE UNE AMBIANCE TRÈS PARTICULIÈRE. IL FAUT ÊTRE EXCELLENT MAINTENANT POUR SUIVRE LES ÉTUDES DE SON CHOIX ?"

Jeudi 28 juin. Dans les rues de Paris, la colère gronde. Les cheminots, retraités, étudiants ont répondu à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO. Thomas Thebault manifeste sous la banderole de l’Union nationale des lycéens. Élève en terminale S dans un lycée de Lille, il avait choisi histoire par sécurité. En 85e position d’attente sur 3 000, il a de fortes chances d’intégrer cette filière. « Mais ce ne sont pas les études que je souhaite mener », dit-il. Il acceptera par défaut, car il se voyait bien dans un BTS audiovisuel, ou une prépa. Rêve brisé. S’il arpente cet après-midi les pavés parisiens, c’est parce « les cheminots aussi sont contre la sélection à l’université, ils sont avec nous ! Comme nous, ils défendent le service public ». Il avoue avoir très mal vécu un système qui « met les uns les autres en compétition ». Il explique : « Certains sont pris dans ce qu’ils voulaient. Ils ont des meilleures notes que moi, ça crée une ambiance très particulière. Il faut être excellent maintenant pour suivre les études de son choix ? » La phase complémentaire ? Il ne s’est pas encore penché dessus. De toute façon, il sait qu’il ne pourra pas accepter une université dans une autre académie que la sienne. « Mes parents n’ont pas les moyens de me payer un logement, des frais de transport. Ils sont très stressés, eux aussi, et Parcoursup revient tous les jours dans nos conversations. »

GÉNÉRATION SACRIFIÉE

 

EOLIA, ÉLÈVE EN TERMINALE S, GAGNY (93)

"DES ÉLÈVES MOINS BONS ONT ÉTÉ PRIS... C'EST UN TIRAGE AU SORT ORGANISÉ CE TRUC"

Christelle Gokpon comprend très bien. Sa fille, Eolia, en terminale S option SVT dans un lycée de Gagny (Seine-Saint-­Denis), est toujours en attente. « Au stress du bac se rajoute celui de l’incertitude de la poursuite de ses études », déplore la maman. Elle parle d’une anxiété permanente, le nez collé sur l’ordinateur via Parcoursup matin et soir. « Une amie de ma fille m’a même avoué : “en libérant des places, j’ai l’impression d’avoir sauvé des vies” ! » S’il le faut, c’est sûr, elle y ira au culot. À la rentrée, elle frappera aux portes des universités pour défendre le dossier de sa fille. Avec 13 de moyenne, Eolia pensait avoir au moins une réponse positive dans ses choix, en biologie. Mais non. « Des élèves moins bons ont été pris… » souffle-t-elle. Dès le 26 juin, Eolia cliquait sur ce que proposait la phase complémentaire. Eh oui, on brade aussi chez Parcoursup ! Mais il faut faire vite : huit jours pour se décider et répondre. Elle découvre « deux ou trois propositions à Lille, mais tout le reste, c’est en Guyane ou à La Réunion » ! Elle décroche un sourire face à l’absurdité. « C’est un tirage au sort organisé ce truc ! » Si rien ne bouge, elle pense partir une année en Espagne. Aller à l’étranger, histoire de ne pas perdre son temps. Comment va-t-elle payer ? Ou sera-t-elle logée ? Elle n’en sait rien, avoue-t-elle, un peu perdue. Les projets d’été, les vacances semblent tellement loin… Bien loin de ce qui les préoccupe aujourd’hui. Christelle Gokpon, elle, a la désagréable sensation d’une génération sacrifiée au profit des seules élites.

 

LOUIS BOYARD, ELEVE EN TERMINALE ES DANS UN LYCEE DU VAL DE MARNE

VIVRE DU BON CÔTÉ DU PÉRIPH

Louis Boyard, avant d’être président de l’Union nationale des lycéens, est avant tout lycéen. En terminale ES dans un lycée du Val-de-Marne, il se passionne pour l’histoire et les sciences politiques. Avec 17 de moyenne dans ces deux matières, il espérait pouvoir intégrer Sciences-Po, ou une fac d’histoire. « Le 22 juin, jour de l’ouverture de la plateforme, j’ai découvert que je n’aurai pas mon projet de vie. » Même s’il pensait s’y être préparé, le choc est brutal. Partout, en attente avec un positionnement qui ne lui laissait guère d’espoir. Il a choisi des facs parisiennes « car c’est un fait admis que les diplômes y ont une plus grande valeur », mais il ne vit pas du bon côté du périph. Alors, « il faut passer à autre chose », assure-t-il, puisqu’il se sait condamné à ne pas suivre une formation qu’il aura choisie. « Je vais étudier, car aujourd’hui c’est une nécessité. Là où je peux. Mais de toute façon, je sais que ça ne me plaira pas. » Les études qu’il convoitait définissaient la suite de sa vie. Alors, à cet instant précis, il veut juste ne plus réfléchir. S’échapper de tout ça. « C’est notre avenir qui est condamné », tempête-t-il.

 

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18 juillet 2018 3 18 /07 /juillet /2018 05:51

 

l’idéologie de la dette

Comment et quand en sommes-nous arrivés là ? Comment ce qui était le champ du débat démocratique, et qu’on nommait politique, a-t-il soudain été remplacé par une comptabilité vétilleuse jalonnée de « reportings », d’évaluations et de contrôles de gestion qui infantilisent les peuples ?

À ces questions, l’économiste Jacques Rigaudiat, qui fut conseiller social de Jospin et de Rocard, apporte des réponses d’une grande clarté. Le tour de passe-passe s’opère autour du concept de dette. Et le grand tournant est l’entrée en vigueur du traité de Maastricht, en 1993, qui a transformé en code disciplinaire le nouveau rapport de force résultant de la mondialisation. L’arnaque – car c’en est une – a consisté, nous dit Rigaudiat, à identifier la « dette publique » à ce qu’il nomme « dette maastrichtienne » dont « nulle créance n’est défalquée ». En oubliant les actifs d’un État ou d’un service public, les magiciens de l’ordolibéralisme parviennent rapidement à faire exploser l’endettement. Ils n’ont ensuite aucun mal à démontrer que les peuples « vivent au-dessus de leurs moyens » et à contraindre les gouvernements aux fameuses réformes «qui s’imposent ».

Rigaudiat parle, à la manière de La Boétie, de « servitude volontaire ». Une fois le système en place, un discours culpabilisant invoquant le bon sens bourgeois («on ne vit pas au-dessus de ses moyens ») fait le reste. Or, un véritable nœud coulant antisocial ne cesse de se resserrer. Les États, et par conséquent les peuples, ne sont pas seulement montrés du doigt pour leur irresponsabilité dispendieuse, ils perdent leur autonomie. Le traité de Maastricht les soumet directement au diktat des marchés. Son article 104, que confirmera par la suite le traité de Lisbonne de 2007, interdit à la Banque centrale européenne « d’accorder des découverts ». Les prêteurs seront désormais privés. Pour lutter contre l’endettement, l’État n’a plus de prêteurs institutionnels. Ce sont les marchés qui deviennent ses seuls créanciers. Rigaudiat a une formule dont la justesse fait froid dans le dos : « L’État devient privé. » La corporate gouvernance remplace la politique.

On voit combien, dans un tel paysage, un personnage comme Macron est l’homme de la situation. Entre l’État et les marchés, nous dit Rigaudiat, « c’est le vide ». Et c’est aussi le vertige qui s’est emparé des démocraties. L’auteur étend ensuite sa démonstration aux administrations. Les pages consacrées au déficit de la Sécurité sociale sont particulièrement édifiantes. Où l’on voit que ce déficit, en partie artificiel, sert in fine à financer des entreprises. La dette est bien devenue une « arme de dissuasion massive » pour le modèle social français.Rigaudiat n’élude pas la question politique, la nécessaire remise en cause des traités avec, comme corollaire, un affrontement que l’auteur croit inévitable avec l’Allemagne.

La Dette, arme de dissuasion sociale massive, Jacques Rigaudiat, éditions du Croquant, 212 p., 12 euros.

Source : Denis Sieffert (Journal Politis)

 

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