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30 octobre 2018 2 30 /10 /octobre /2018 12:13
Un nombre record d’expulsions locatives en 2017

mardi 30 octobre 2018

Alors que la trêve hivernale débute le 31 octobre et se terminera le 31 mars prochain, dans un communiqué publié le 29 octobre, la fondation Abbé-Pierre dénombre un record d’expulsions locatives en 2017.

Au total "15 547 ménages ont en effet été expulsés avec le concours de la force publique en 2017 (contre 15 222 en 2016)", note l’association qui lutte contre le mal-logement.

La fondation Abbé-Pierre demande à l’État une "inversion de la courbe", regrettant que le plan national de prévention des expulsions mis en œuvre en 2016 n’ait "pas été en mesure d’enrayer cette hausse de 46% depuis dix ans et de 106% depuis quinze ans". L’association relève tout de même un "signal encourageant : à l’heure où se déploie un second plan de prévention, le nombre de décisions de justice prononçant l’expulsion est, pour la deuxième année de suite, en baisse en 2017, avec 125 971 décisions (contre 129 189 en 2016)".

Invité de franceinfo le 24 octobre dernier, le délégué général de la fondation Abbé-Pierre, Christophe Robert, avait insisté : "Il n’y a pas qu’en hiver qu’on a besoin d’un toit sur la tête, mais toute l’année", rappelant la nécessité que "toutes les collectivités se mobilisent pour ne laisser personne à la rue".

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30 octobre 2018 2 30 /10 /octobre /2018 12:10
Le gouvernement fait sur le dos des fonctionnaires, des économies drastiques pour réduire les déficits publics (Jean-Marc Canon, CGT)
Le gouvernement fait sur le dos des fonctionnaires, des économies drastiques pour réduire les déficits publics

mardi 30 octobre 2018 - Lettre du cidefe

Lundi 29 octobre au matin, le Premier ministre a dévoilé la feuille de route du gouvernement pour la réforme de la fonction publique.

Le premier objectif est de supprimer 50 000 postes de fonctionnaires d’ici 2022. Le gouvernement souhaite donc inciter les agents à quitter leur emploi via des plans de départs volontaires. Ceux qui acceptent partiraient avec 24 mois de salaire et le droit aux allocations chômage.

Sur France Info, Jean-Marc Canon, secrétaire général de syndicat CGT de la Fonction publique a dénoncé "le gouvernement, le président de la République, de vouloir faire des fonctionnaires (...) le bouc émissaire d’une crise pour laquelle ils ne sont en rien responsables et ils ont choisi de faire sur leur dos des économies drastiques pour réduire les déficits publics.

« il y a déjà plus d’un million d’agents non titulaires sur les cinq millions d’agents de la fonction publique. Les administrations écornent déjà le principe selon lequel un emploi permanent doit être pourvu par un titulaire. Certains agents restent en CDD pendant six ans avant de pouvoir passer en CDI. Au-delà du problème de la précarité, le statut est avant tout un gage de neutralité et d’impartialité des agents, notamment face à des ordres qui pourraient être illégaux donnés par un supérieur ». Il craint ainsi que l’emploi titulaire passe " de la norme à l’exception"

Précarisation du statut des agents : le plan d’E. Philippe pour la Fonction publique

mardi 30 octobre 2018[]

Le 29 octobre, le Premier ministre a réuni le "deuxième Comité interministériel de la transformation publique".

Le chef du gouvernement a annoncé un bouleversement profond de l’action publique. Il a précisé les actions du gouvernement pour mettre en place ses 4 orientations :

- Des services publics plus proches des usagers 
- Des démarches plus simples et plus accessibles 
- Une intervention publique plus claire et plus performante 
- Un Etat qui se transforme lui même

Concernant les territoires, "il faut concentrer les efforts là où il y en a le plus besoin" a t-il affirmé. Pour lui "il est nécessaire de passer d’une logique d’uniformité à une logique d’équité et investir les moyens du service public là où ils sont les plus nécessaires et les plus attendus pour compenser les inégalités.

"Il nous faut aussi organiser les services de l’État avec plus de modularité, dans le sens d’une plus grande différenciation selon les territoires. C’est le sens de la circulaire relative à l’organisation territoriale des services publics du 24 juillet 2018.

Il est important aussi développer la logique contractuelle avec les collectivités territoriales. Certaines régions en font déjà l’expérience (pacte Bretagne). Enfin, dans le cadre de ses missions, l’Agence nationale de cohésion des territoires apportera appui et expertise aux territoires. Nous voulons être à leurs côtés et les accompagner, en particulier les plus fragiles."

Le Premier ministre a confirmé vouloir accroître le recours aux contrats non-titulaires.

Il a rappelé sa volonté de renforcer l’individualisation de la rémunération des agents, et de mettre en place des outils favorisant des plans de suppressions d’emplois massifs, alors que l’objectif de 50 000 postes de fonctionnaires en moins a été avancé d’ici 2022.

Le doublement de la couverture des frais liés aux mobilités, une compensation en cas de salaire moins élevé dans le nouveau poste pouvant durer jusqu’à six ans et le droit au chômage, est mis en avant.

La dématérialisation des démarches, la numérisation des administrations et le recours à l’intelligence artificielle sera amplifié. Des ordonnances médicales aux inscriptions sur les listes électorales en passant par les dépôts de plainte, de nombreux actes administratifs devraient être désormais accessibles en ligne dès 2019.

- Lire l’article de Vie Publique

Le dossier de presse

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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 18:28
Les libéraux, les libertés, l'argent - par Ian Brossat, PCF

Les libéraux, les libertés et l'argent...

La leçon de ce qui vient de se passer au Brésil, c’est que les libéraux, loin de faire barrage à l’extrême droite, en sont le marchepied.

Emmanuel Macron ne cesse d’affirmer que le combat se situe désormais entre les « progressistes » libéraux et les populistes. Nous avons une nouvelle preuve du contraire. Les libéraux, les élites économiques, ne se préoccupent que de la liberté des riches. Mais ils n’ont aucun problème avec le fait de marcher sur la liberté des pauvres ou des minorités. C’est valable au Brésil, où les marchés financiers ont massivement fait le choix du candidat fasciste. Et c’est valable en France, où Macron lui-même montre chaque jour à quel point sa boussole idéologique n’est rien d’autre que l’argent.

On vient de le voir sur la question de la vente d’armes par la France à l’Arabie Saoudite, qui mène une guerre effroyable au Yémen où près de 4000 civils ont été massacrés. Vouloir cesser ces ventes d’armes serait « pure démagogie », selon Macron, car cela priverait le complexe militaro-industriel français de 12 milliards d’euros de contrats. On l’a vu également avec cette vidéo du « progressiste » Macron recevant le dictateur turc Erdogan à l’Elysée, et le félicitant d’avoir récupéré la résidence du premier ministre, poste supprimé lors de la grande purge de l’année dernière : « Un ministre m’a dit que c’était pour le Premier ministre avant, mais comme tu as réglé le problème... ».

Chez Macron et chez les libéraux la question des droits des peuples et des droits de la personne passe toujours derrière la nécessité de réaliser des profits. Et c’est ce cynisme, cet agenouillement permanent devant les riches et les puissants, qui tiendrait lieu de barrage à l’extrême droite ?

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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 11:37
De 7% à 10% de travailleurs pauvres en Europe: voilà le résultat du libéralisme économique et de l'austérité en Europe (Ian Brossat)

L'Europe n'a jamais été aussi riche avec 17 Milliards d'euros produits par les travailleurs, et en même il n'y a jamais eu autant de travailleurs pauvres en Europe. Vous trouvez ça normal ? 

Ian Brossat, chef de file des communistes pour les élections européennes du 26 mai 2018

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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 11:36
Accueil des migrants: le serment du 104
Accueil des migrants: le serment du 104
Accueil des migrants : le Serment du 104

lundi 29 octobre 2018

Pour appeler les responsables politiques à faire le serment d’accueillir les migrants, une déclaration a été lue, le 25 octobre lors de la soirée de Solidarité au Centquatre à Paris, par Politis, Mediapart, Regards, Bastamag, L’Humanité, Alternatives économiques, le Bondy Blog, Là-bas si j’y suis, La Marseillaise, Siné Mensuel et Le Courrier des Balkans.

Considérant que l’humanité n’est pas assignée à résidence et qu’il n’y a pas de crise migratoire mais une crise de l’accueil ;

• Considérant que toute concession aux idéologies de rejet des étrangers et aux politiques de préférence nationale nourrit les peurs et fait le lit de la haine, au lieu de faire reculer les ombres qui menacent ;

• Considérant que, de même qu’hier, un peuple qui en opprimait un autre ne pouvait être libre, aujourd’hui un peuple ne sachant pas être au rendez-vous des solidarités avec l’humanité ne saura plus les défendre pour lui-même ;

• Considérant que toute dérobade au devoir d’hospitalité ouvre la voie à la remise en cause de l’égalité des droits, fondement premier d’une politique démocratique, au plus grand bénéfice de l’autoritarisme et du fascisme qui grandissent.

Les médias initiateurs du manifeste « Pour l’accueil des migrants » demandent aux élus locaux, nationaux et européens, à tous les responsables politiques qui entendent solliciter les soutiens et les suffrages des citoyennes et citoyens pour pouvoir agir et gouverner, de faire le serment d’accueillir les migrants.

C’est-à-dire :

• Le serment de s’engager à respecter les droits fondamentaux de tout être humain à quitter tout pays, y compris le sien, à y revenir et à circuler librement à l’intérieur d’un État, tels qu’ils sont énoncés par l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

• Le serment de promouvoir un accueil digne de tous les nouveaux arrivants, de leur assurer les droits civils, sociaux et politiques qui leur sont dus, avec des dispositifs publics assurant la prise en charge des personnes les plus vulnérables et l’information complète de tous les migrants sur leurs droits.

• Le serment de garantir le respect effectif du droit d’asile des personnes menacées de persécution, avec l’élargissement des critères ouvrant droit au statut de réfugiés afin de prendre en compte les causes variées de l’exil forcé.

• Le serment de refuser toute discrimination liée à l’origine, à la culture, à l’apparence ou à la croyance, tout comme au sexe et au genre.

• Le serment de faire en sorte que le pays où furent proclamés sans frontières les droits de l’homme et du citoyen ne soit pas celui de sa seule déclaration, mais celui qui leur donne vie et réalité, par une politique volontaire et exemplaire.

Paris, le 25 octobre 2018
Accueil des migrants: le serment du 104
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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 07:13

Un pays où l'on fouette et exécute les athées ou les individus qui affirment leur liberté, un pays où l'on applique une dictature théocratique, un pays qui répand grâce à ses pétro-dollars l'islamisme le plus réactionnaire en dehors de ses frontières quand ses puissants vivent dans un luxe consumériste ostentatoire, un pays qui découpe en morceau un journaliste dans une ambassade d'un État étranger, un pays qui mène la plus sales des guerres au Yémen, et ce serait "démagogique" d'exiger qu'on interrompre les ventes d'armes à l'Arabie Saoudite. 

Pourquoi?

Parce que c'est l'allié privilégié d'Israël et des Américains dans la région, et donc le nôtre?

Parce que des contrats juteux pour notre complexe militaro-industriel sont en jeu?

Macron marche dans les pas de la politique étrangère de Sarkozy et Hollande, très atlantiste, très liée aux enjeux de la vente d'armes. 

Cela n'a rien à voir avec une politique de paix et de civilisation, ni par une politique inspirée par des valeurs démocratiques et de progrès humain.

Communiqué du groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au Sénat 

M. MACRON, IL EST IMPOSSIBLE DE NE PAS PARLER DES VENTES D'ARMES A L'ARABIE SAOUDITE

Lors de la discussion de la Loi de Programmation Militaire en avril dernier, les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE avaient alerté le Gouvernement sur le rôle indirect de la France dans les atrocités commises au Yémen du fait de la vente répétée d'armes françaises au Royaume.

A ce commerce remis en cause par une question lors d’une commission au Sénat, la Ministre des Armées répond : « si nos partenaires utilisent des matériels que notre pays lui a vendus il y a longtemps contre ses populations civiles, ce n'était pas l'objectif initial. Si le pays acquéreur fait du matériel un autre usage, il y a une vraie difficulté mais cela ne nous regarde pas. ».
Aujourd'hui, Madame Parly et Monsieur Macron restent dans la même ligne politique en refusant de répondre aux questions des journalistes sur le sujet, alors même que la question yéménite occupe l'actualité.
Faut-il voir une nouvelle preuve de l’intérêt du commerce des armes avec l’Arabie Saoudite dans la réaction de la France vis-à-vis de Riyad suite au meurtre de Jamal Khashoggi, journaliste et opposant saoudien tué au consulat du Royaume à Istanbul ?
Certes, la France a demandé une clarification aux autorités saoudiennes et condamné fermement ce qui, au fil des nouveaux éléments d'enquête, s'apparente à un meurtre politique commandité par le prince héritier Mohammed Ben Salman.
Mais, des puissances occidentales, plus audacieuses, haussent dans une toute autre mesure le ton. L'Allemagne, par exemple, souhaite suspendre ses contrats d'armement avec le Royaume. Au vu du passif yéménite, le principe de précaution tel qu'appliqué par Berlin, semble le minimum à faire.
Les sénatrices et sénateurs du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste demandent au Gouvernement une plus grande fermeté dans sa coopération avec l’Arabie Saoudite.

Paris, le 25 octobre 2018

 

 

Emmanuel Macron qualifie de démagogie la remise en cause des ventes d'armes à l'Arabie Saoudite - réaction des sénateurs communistes
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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 13:03
Stephane Peu

Stephane Peu

Stéphane Peu: «La loi ELAN est une régression totale pour les personnes handicapées»
Par

Des députés ont signé un recours contre la loi ELAN devant le Conseil constitutionnel. Entretien avec l’un d’eux, le communiste Stéphane Peu, pour qui l’allègement des normes de construction de logements adaptés aux personnes handicapées accroît la discrimination à l’encontre de cette population.

Les députés de La France insoumise, du groupe de la Gauche démocratique et républicaine et du Parti socialiste ont porté la loi ELAN (pour évolution du logement, de l’aménagement et du numérique) devant le Conseil constitutionnel. Cette loi complexe vise à obtenir un « choc d’offre » dans le logement, mais pourrait fragiliser le financement du logement social. Les élus de gauche ont cependant centré leur recours sur deux dispositions de cette loi.

La première vise à ramener la proportion de logements neufs adaptés aux handicapés de 100 % à 20 %. La majorité défend l’idée d’une réduction des normes favorisant la production de logement, mais les élus de gauche considèrent qu’il y a là atteinte au principe d’accessibilité aux logements qui découle des alinéas 10 et 11 du préambule de la Constitution de 1946, repris dans celle de 1958.

La seconde concerne l’assouplissement des normes de construction sur le littoral français contrevenant, selon le recours des députés, au « droit à un environnement sain » qui a été reconnu comme un principe constitutionnel par les « Sages » de la rue de Montpensier.

Dans cet entretien avec Mediapart, le député Stéphane Peu, élu communiste (groupe GDR) de Seine-Saint-Denis et l’un des députés qui ont signé ce recours, développe les conséquences concrètes de cette loi ELAN sur l’accès et les droits des personnes handicapées.

La réduction de l’obligation de construire des logements adaptés aux personnes handicapées motive votre recours devant le Conseil constitutionnel. Le gouvernement estime cependant que ces normes devaient être allégées…

Stéphane Peu : Aujourd’hui, 100 % des logements dans les immeubles nouvellement construits devaient être accessibles aux handicapés. Il faut bien souligner que cette obligation ne concernait que le neuf, et pas les réhabilitations, par exemple. C’est donc simplement une obligation qui tendait à faire évoluer le parc de logements, pour basculer vers une autre génération d’immeubles qui prendraient en compte le handicap. Cette obligation n’empêchait pas par ailleurs le besoin fréquent d’adapter les logements aux particularités du handicap. Néanmoins, plusieurs éléments essentiels pour les personnes concernées, par exemple la largeur des portes et des couloirs, permettaient de résider dans ces logements. C’était une mesure qui facilitait la prise en compte des difficultés des personnes handicapées à se loger, afin qu’il n’y ait pas une « double punition » et que s’ajoute au handicap le mal-logement.

 

Mais sous la pression des lobbies de promoteurs immobiliers, le gouvernement a supprimé cette obligation de 100 %, conformément à la logique d’ensemble de la loi ELAN qui est de faire confiance au secteur privé. Or le secteur privé demande moins de normes, qui sont conçues comme autant de contraintes qui freineraient l’offre. S’il est vrai qu’il s’agit d’un coût supplémentaire, c’est aussi un droit dû à des personnes vulnérables qui est le miroir d’un devoir de solidarité.

Que propose la loi ELAN telle qu’elle a été votée ?

Le gouvernement avait d’abord ramené l’obligation de logements adaptés à 10 % du total. Le Sénat a proposé 30 % et finalement, la loi votée retient 20 %. Ces évolutions n’ont été possibles que grâce à la mobilisation des associations de défense des personnes handicapées, qui ont organisé des manifestations et qui, pourtant, sont des associations habituées à agir en partenaires des pouvoirs publics plus qu’en formations revendicatrices dans la rue. Reste qu’on est encore loin des 100 % et que ces associations vivent la loi ELAN comme une régression totale.

Cette décision a été accompagnée du jargon habituel de la majorité, prétendant que le reste des logements serait « évolutif ». Mais tous les logements sont évolutifs, la question est de savoir comment et à quel prix. Concrètement, les conséquences de cette règle des 20 %, c’est que l’on va donner aux personnes handicapées les logements les moins valorisés des immeubles, ceux qui sont exposés au nord, au-dessus du local poubelles, etc. Tous ces logements que l’on doit vendre moins cher en raison de ces inconvénients vont être les logements adaptés parce que les personnes handicapées, contraintes de vivre dans de tels logements, sont une clientèle captive. Elles n’auront pas le choix. Pour reprendre le mot préféré du président de la République, c’est une forme d’assignation à résidence dans des logements plus bas de gamme. Il y a donc là rupture d’égalité.

Mais vous pointez également les coûts pour ceux qui ne pourront pas bénéficier de ces 20 %…

Effectivement, c’est une question que j’ai beaucoup soulevée à l’Assemblée nationale pendant la discussion. Si 80 % des logements sont « évolutifs », qui paiera ces évolutions ? Lorsque l’on doit les adapter aux handicapés ou aux personnes à mobilité réduite en raison de l’âge, la facture n’est jamais inférieure à moins de 10 000 euros. Lorsque l’on doit transformer et agrandir des toilettes pour les rendre accessibles à un fauteuil ou à un déambulateur, abaisser des interrupteurs pour les mettre à hauteur d’un fauteuil ou encore changer la plomberie pour transformer, par exemple, une baignoire en douche adaptée, le coût est très élevé. Qui paiera ? Les personnes concernées, bien sûr. Et cela constitue une nouvelle discrimination, touchant les plus modestes qui ne peuvent financer les évolutions de ces logements. Je considère qu’une société qui est dure avec les plus faibles de ses membres est une société égoïste et cruelle. Mais cela échappe au logiciel de La République en marche.

La majorité avance l’argument du choc d’offre, qui est au cœur de la loi ELAN pour favoriser le logement…

 

Mais cette loi est par ailleurs une loi de récession du logement. Alors que l’Allemagne vient de se lancer dans une politique ambitieuse de construction de logement, nous faisons l’inverse. Les exemples étrangers montrent tous que le logement est une économie mixte avec une forte dimension publique. Penser que libérer l’économie suffira est irréaliste. Ce que l’on voit, c’est que la production commence déjà à reculer, et que cette baisse est inévitable compte tenu de la politique d’asséchement financier du logement social. Il est impossible que les mesures de la loi ELAN et du projet de loi de finances 2019 conduisent au choc d’offre promis.

On sait le Conseil constitutionnel très sensible à la « liberté d’entreprendre » et à la politique de l’offre, comme le prouvent plusieurs de ses décisions récentes. Peut-on s’attendre à une décision de censure dans ce cas ?

Nous verrons, mais ici, le sujet est davantage le handicap. Or en France, grâce aux efforts de Jacques Chirac, il existe une sensibilité particulière sur le sujet. Je pense qu’il existe ici un espace qui méritait qu’on interroge le Conseil.

 

Stephane Peu (député communiste): la loi Elan est une régression totale pour les personnes handicapées (Médiapart, Romaric Godin, 26 octobre 2018)
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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 10:22
Calcul de l’Allocation Adulte Handicapé : le Sénat repousse la proposition de loi du groupe CRCE

Le 24 octobre, le Sénat n’a pas adopté (171 contre (LERM et LR), 99 pour (CRCE et PS)) la proposition de loi du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) portant suppression de la prise en compte des revenus du conjoint dans la base de calcul de l’allocation aux adultes handicapés. (le dossier législatif).

- Lire les interventions du groupe CRCE

Sur Twitter, France handicap a déploré la décision du Sénat, en interrogeant : « À quand un revenu individuel d’existence déconnecté du revenu du/de la conjoint-e ? »

Pour rappel, cette proposition de loi a pour objet de supprimer la prise en compte des revenus du conjoint dans le versement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Le groupe estime que cette prise en compte des ressources du conjoint "crée de nombreuses difficultés morales et financières et est contraire au principe même de l’allocation, qui est de garantir l’autonomie du bénéficiaire".

Le texte propose :

•de supprimer la prise en compte des revenus du conjoint dans le versement de l’AAH quand celle-ci est versée en complément des autres ressources du bénéficiaire (article 1er) ;
•de mettre fin à la prise en compte des revenus du conjoint dans le plafonnement de l’AAH (article 2) ;
•de demander au Gouvernement de remettre au Parlement un rapport relatif à la situation sociale et financière des bénéficiaires de l’AAH afin d’identifier les difficultés rencontrées et les moyens d’améliorer leur autonomie (article 3).

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 06:46
Avec Macron et ses amis, ils se font un pognon de dingue! (suite au débat budgétaire)

Un pognon de dingue !

Selon le rapport annuel du groupe bancaire Crédit suisse publié le 18 octobre, tout va décidément toujours très bien pour les Français les mieux nantis : le nombre des ménages millionnaires en France a connu, entre la mi-2017 et la mi-2018, la deuxième plus forte augmentation mondiale derrière les Etats-Unis. 259.000 foyers supplémentaires affichent ainsi des patrimoines d’au moins un million de dollars (la monnaie utilisée pour l'étude) depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, portant le club des six zéros à 2,147 millions de ménages. La France pointe en cinquième position au classement des pays comptant le plus de foyers millionnaires, ex æquo avec l'Allemagne mais derrière la Grande-Bretagne, le Japon, la Chine et les Etats-Unis. 

En 2017, les PDG du CAC 40 ont touché en moyenne 14% de plus que l'année précédente selon une étude de Proxinvest citée par Le Monde sous le titre "Les salaires des grands patrons se remettent à flamber". 

Le député communiste Jean-Paul Dufrègne a souligné mardi 23 octobre à l'Assemblée Nationale que les deux premiers budgets des gouvernements Macron "entraînent une baisse du pouvoir d'achat pour les 20% des ménages les plus modestes et une augmentation importante du pouvoir d'achat des 1% les plus riches". 

" En résumé le ruissellement des richesses existe bel et bien. Mais il coule des plus pauvres vers les plus riches. La France compte même 146 000 millionnaires de plus depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Soit une augmentation record dans le monde" (Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 24 octobre 2018) 

Les élus communistes ont tenté de remédier à ce déséquilibre en proposant de rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), de supprimer la Flat Tax et d'augmenter le nombre de tranches d'impôts sur le revenu, afin de le rendre plus juste. Ils ont été renvoyés dans les cordes. 

La majorité a préféré augmenter le prix des carburants, qui touche fortement les plus modestes, sans même prévoir l'indexation des gains au financement d'un plan sur l'écologie. Idem pour l'augmentation de la CSG qui touche fortement les retraités. 

L'augmentation du taux d'exonération sur les plus-values en cas de cessions dans le cadre de la niche Copé (de 88 à 95%) a été vivement dénoncée par Fabien Roussel (PCF) mais cette mesure est passée.

" C'est aussi le cas de la pérennisation du Cice sans aucune condition, qui va coûter plus de 40 milliards d'euros cette année, soit 1,8 point de PIB. Ou encore de l'augmentation constante de la part de la TVA dans les recettes nettes de l'Etat (157 milliards d'euros sur 232,9). Sitôt après avoir voté contre (la première partie recettes du projet de loi de finances 2019), les députés PCF ont déposé une motion de rejet face au projet de budget de la Sécurité Sociale, dont l'examen a démarré hier. Pierre Darhéville s'est notamment indigné des 900 millions d'euros d'économies imposés à des "hôpitaux publics déjà exsangues"  (Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 24 octobre 2018)    

Première partie du Budget 2019 : Le 23 octobre dernier, Jean-Paul Dufrègne, député communiste, est intervenu pour expliquer le vote contre des députés communistes.

Ce budget est un budget INJUSTE dénonce le député de l’Allier en introduction de son intervention.

Il rappelle que pour la seconde année, ce budget est avant tout le budget des riches, et d’ailleurs l’Institut des Politiques Publiques ne s’y trompe pas et note que les 2 derniers PLF entraînent une baisse du pouvoir d’achat pour les 20% de ménages les plus modestes et une augmentation importante du pouvoir d’achat des 1% les plus riches.

Ce budget est aussi un budget D’ABANDON dénonce également JP Dufrègne.

Le ministère de la cohésion des territoires connaît une forte baisse de même que celui de l’emploi. Des orientations difficilement compréhensibles au moment où les territoires ruraux ou périphériques ont besoin de soutien et de visibilité dans l’action publique, notamment pour conjurer ce sentiment d’abandon souvent exprimé.

- Lire son intervention en intégralité

Nous voterons contre la première partie de ce projet de loi de finances, non pas parce que nous sommes dans l’opposition et que vous êtes dans la majorité, mais tout simplement parce que ce budget est d’abord injuste.

Il est injuste comme l’était votre précédent PLF et il reproduit les mêmes injustices, et tout d’abord concernant l’impôt sur le revenu et sa progressivité. Nous souhaitons rouvrir ce débat car nous considérons que la diminution du nombre de tranches et l’abaissement du taux marginal ne permettent pas de prendre suffisamment en compte les disparités de revenu pour une juste contribution à l’impôt que pour notre part, contrairement à d’autres, nous ne diabolisons pas. On peut toujours en effet clamer sur tous les toits qu’on paie trop d’impôts – c’est toujours populaire. Nous pensons au contraire qu’il faut réhabiliter l’impôt sur le revenu parce que c’est le plus juste : il est effectivement progressif et il permet de financer les fonctions régaliennes de l’Etat.

Qui veut moins d’enseignants devant les élèves ? Qui veut moins de policiers, moins de gendarmes ? Je pourrais continuer la liste. Il faut donc plus de recettes d’impôt sur le revenu pour diminuer par exemple la TVA sur les produits de première nécessité. Je rappelle que la TVA est l’impôt le plus injuste car, frappant la consommation, il pèse proportionnellement beaucoup plus sur les petits revenus que sur les gros. Vous avez d’entrée verrouillé ce dossier dont on ne devrait plus parler, alors qu’en 2000 par exemple, il y avait sept tranches avec un taux marginal de 52,75 %, contre cinq  tranches aujourd’hui et un taux marginal de 45 % ! Tous nos amendements ont été repoussés sans ménagement, sous prétexte que ce serait confiscatoire !

Ce projet de loi de finances est  injuste aussi parce que, contrairement à ce que vous affirmez, il privilégie le capital par rapport au travail en exonérant de contributions les gros patrimoines financiers et en plafonnant à 12,8 % l’imposition des revenus financiers.

Il faut que le travail paie, dites-vous, oubliant d’ajouter  : « et que le capital rapporte ! » Ceux qui le détiennent peuvent dormir sur leurs deux oreilles : la maison est bien gardée. Je ne reviens pas sur le véritable scandale que constitue le renforcement de la niche Copé, et que dire de la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale, qui reste au stade des bonnes intentions.

Ce PLF est injuste enfin parce qu’il désigne des boucs émissaires, tels les retraités, dont le rôle dans la société n’est pas reconnu, ou encore les familles.

La transformation du CICE en réductions de cotisations sociales offrira un cadeau de 40 milliards aux entreprises sans que soit exigé la moindre contrepartie, ce qui aurait été un minimum !

Pour la seconde année, ce budget est avant tout le budget des riches. D’ailleurs l’Institut des politiques publiques ne s’y trompe pas, qui note que les deux derniers PLF entraînent une baisse du pouvoir d’achat pour les 20 % de ménages les plus modestes et une augmentation importante de celui des 1 % les plus riches.

Ce budget est aussi un budget d’abandon. Les crédits du ministère de la cohésion des territoires connaissent une forte baisse de même que le budget de l’emploi. Ces orientations sont difficilement compréhensibles au moment où les territoires ruraux ou périphériques ont besoin de soutien et de visibilité de l’action publique, notamment pour conjurer un sentiment d’abandon souvent exprimé.

La baisse du budget de l’emploi est particulièrement inquiétante, de même que celle du budget de l’agriculture à un moment où le doute s’est installé dans des campagnes de plus en plus touches par une sécheresse touchant de nombreux départements, comme l’Allier.  

Et puis ce n’est pas un budget d’anticipation, mais plutôt un budget de contradictions. Nous estimons qu’il est nécessaire et absolument urgent de s’investir dans la transition écologique. Tous les rapports, et notamment le dernier du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – GIEC –, tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences du réchauffement climatique. Cependant, votre boussole libérale vous entraîne sur d’autres chemins : baisser les dépenses publiques, dites-vous, pour réduire le déficit public, pour baisser les impôts et pour diminuer la dette. Que reste-t-il ? Rien, rien, rien ! Trois fois rien, alors qu’il faudrait des milliards pour inverser la courbe. C’est au moment où on en a le plus besoin qu’on se prive de recettes considérables pour faire plaisir aux copains. Il est pourtant incontournable que ceux qui ont les plus gros patrimoines contribuent à dégager les ressources nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique, et nous y viendrons. La fiscalité énergétique punitive pour celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur véhicule – pour des raisons toutes aussi recevables les unes que les autres – a atteint son niveau d’acceptabilité, surtout lorsque l’on sait que seuls 25 % de cette taxe sont véritablement affectés à des opérations structurantes ou de compensation. Ceux qui passent à la caisse pour financer les cadeaux fiscaux faits aux plus riches apprécieront ! Pour toutes ces raisons – et pour bien d’autres, que je n’ai pas le temps de développer –, le groupe GDR, avec ses composantes communiste et ultramarine, votera donc contre ce projet de loi de finances. 

Avec Macron et ses amis, ils se font un pognon de dingue! (suite au débat budgétaire)
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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 10:02
Cathy Apouceau Poly

Cathy Apouceau Poly

Laurence Cohen

Laurence Cohen

NOTRE PROPOSITION DE LOI VISANT À MIEUX INDEMNISER LES ALLOCATAIRES DE L’AAH REJETÉE EN COMMISSION DES AFFAIRES SOCIALES

Ce matin en commission des affaires sociales, les parlementaires se sont prononcés sur la proposition de loi portée par le groupe CRCE visant à rendre plus juste le calcul de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH). Cette PPL, dont la rapporteure est Cathy Apourceau-Poly et l’auteure Laurence Cohen, a pour objet de mettre fin à une mesure injuste qui nie la condition des allocataires : la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l’allocation.

Aujourd’hui, plus d’un million de Françaises et Français sont dans une situation de handicap qui ne leur permet pas d’accéder à l’emploi. L’AAH n’est donc pas une simple aide de l’Etat, il s’agit d’une réelle compensation liée au handicap.

Cette injustice, partagée par la majorité sénatoriale, s’est pourtant traduite par un rejet. En effet, le groupe LREM ainsi que le groupe LR ont voté contre notre proposition de loi, tandis que l’Union centriste et le groupe RDSE se sont abstenus. Seul le groupe socialiste et républicain a soutenu notre initiative.

Nous prenons acte de ce vote mais nous le regrettons, car cette proposition de loi permet d’améliorer considérablement la situation d’environ 250 000 personnes, dont les conditions de vie ont d’ailleurs été dégradées par plusieurs mesures gouvernementales (baisse des APL, plafonnement du cumul AAH/RSA, prise en compte de l’AAH dans le calcul de la prime d’activité, etc).

Les associations de défense des personnes en situation de handicap dénoncent unanimement ce système de calcul pénalisant, auquel nous voulons mettre fin.
Il est encore temps de faire bouger les choses. Cette proposition de loi fera l’objet d’un débat suivi d’un vote en séance publique le 24 octobre, précédé d’une conférence de presse organisée par le groupe CRCE, le même jour à 11h30. A cette occasion, les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain citoyen écologiste ne manqueront pas de rappeler les enjeux de cette proposition de loi : rendre plus juste le calcul de l’AAH et tenter d’améliorer le quotidien des personnes handicapées qui subissent la précarité.

Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes

Groupe de 16 sénateurs avec un sénateur FI, une sénatrice écologiste (Esther Benbassa), et Marie-Noëlle Lienneman 

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